Les Pontiques - Ovide
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J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) bien songé à chroniquer, pour le thème de septembre "Les Balkans" du challenge de Cléanthe "Escapades en Europe - saison 2", Conan le Cimmérien de Robert E. Howard, au motif que les Cimmériens ont un lien avec les Balkans... C'est vrai que le "bond de géant pour l'humanité" aurait quand même été un peu gros cette fois-ci.
Mais j'ai lu chez Tullia un billet de l'an dernier, qui m'a orienté vers les Pontiques d'Ovide - même si, ce mois-ci, j'arrive largement après la bataille - et avec une histoire à compter sur une échelle graduée en millénaires plutôt qu'en siècles.
Ovide, Pontiques, Les Belles Lettres, 2022
(sixième tirage, premier tirage 1977), 193 pages
Collections Universités de France publiées sous le patronage de l'association Guillaume Budé, série latine
Un peu d'Histoire, d'abord. Ces "Lettres du Pont" ont été écrites par Ovide à Tomis (aujourd'hui Constanta en Roumanie). Le poète Ovide [Publius Ovidius Naso], poète latin (43 av. J.-C. - 17 ou 18 ap. J.-C.), fut assigné à résidence par un simple édit d'Auguste à l'automne de l'an 8 après J.-C. (sous les consulats de Marcus Furius Camillus et Sextus Nonius Quinctilianus sauf erreur de ma part). Ni exilé ni banni (ce qui aurait demandé d'autres formalités juridiques), il est "relégué" sur l'île de Tomis (sur les bords de la Mer Noire). Il y inaugure son genre de la littérature d'exil avec ses poèmes Les Tristes, recueil de lettres (fictives?) où il se plaint de ses conditions d'existence auprès de destinataires divers. Pourquoi cette relégation? Deux raisons. D'abord, la publication de son oeuvre poétique L'art d'aimer (manuel de séduction, publié autour de l'an I) s'opposait au retour de l'ordre moral souhaité par Auguste (lois Juliae contre l'adultère promulguées en 18 av. J.-C.). D'autre part, d'éminents historiens ont avancé l'hypothèse qu'il aurait pu assister, dans sa propre maison, à une séance de divination concernant l'avenir de tel ou tel membre de la famille impériale (chose rigoureusement interdite). On peut enfin noter que, à titre symbolique, son exil fut officiellement "révoqué" par la Ville de Rome en ...2017, quelque 2000 ans après sa mort. Patience et longueur de temps font plus que stances et pleurs.
Comme souvent lorsque j'aborde un nouveau "Budé" (j'ai hérité des deux collections de mes parents, latines et grecques), j'ai été intéressé par l'introduction érudite, en général due au spécialiste ayant "établi" et traduit le texte. Elle raconte comment cette oeuvre antique nous a été transmise, par quelles "séries" de manuscrits médiévaux (ou parfois quels papyrus conservés dans le climat sec et les sables de l'Egypte) on a aujourd'hui des textes que les copies successives ont pu plus ou moins altérer depuis leur rédaction, et qu'il s'agit donc de "restituer" dans leur rédaction initiale la plus "probable". Il s'agit de reconstituer des "arbres de transmission (parce qu'ils transmettent des erreurs ou des lacunes différentes), j'ai toujours trouvé cela passionnant. Et puis, l'histoire des premières éditions imprimées (et traduites), par les humanistes de la Renaissance, puis améliorées par des générations d'érudits, au fur et à mesure de la mise au jour de nouveaux manuscrits...
De ces poèmes eux-mêmes, je n'ai pas grand-chose à dire. Comme il l'avait commencé dans les Tristes, Ovide se lamente de vivre dans un pays de Barbares. Cette fois-ci, Les Pontiques constituent probablement un recueil de lettres ayant véritablement été envoyées à des destinataires susceptibles d'intervenir pour faire révoquer la sentence qui le condamne à vivre loin de Rome. Pour ma part, il y a un demi-siècle déjà ou peu s'en faut, je souffrais sang et eau à tâcher de "scander" ces vers latins quand venait mon tour d'être interrogé (parce qu'il ne suffisait pas de traduire!). Pour qui l'ignore, la poésie antique (latin ou grecque) ne "fonctionne" pas avec un système de "rimes" finales comme notre poésie classique française, mais avec un système d'alternance de syllabes (brèves ou longues) [j'ai cru comprendre que c'était un peu la même chose avec la poésie de langue anglaise?]. Ici, apparemment, Ovide écrit en "hexamètres dactyliques".
Et voici mon "pensum" du mois sur les Balkans enfin rédigé, puisque la Roumanie y prend place dans la plupart des définitions (exceptée celle des Anglo-Saxons, semble-t-il?)...
Edit du 20/09/2026: merci à Nathalie de m'avoir rappelé que cette oeuvre était largement éligible à son challenge 2026 sera classique aussi!
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