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29 mars 2026

L'espion aux yeux verts - Bernard Clavel

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) acheté hier samedi 28 mars ce recueil de nouvelles (marqué "roman" en couverture!) que je termine alors que nous sommes maintenant dimanche. Il me permet (de justesse!) une participation au challenge "2026 sera classique aussi!" organisé par Nathalie

Bernard Clavel, L'espion aux yeux verts, J'ai Lu N°499, 1985, 243 pages
(1er DL dans la collection 1974, copyright Robert Laffont 1969)

 

Je me suis acheté hier une bonne douzaine de bouquins d'occasion divers et variés (13 pour un coût total de 5,50 euros...), autant dire qu'il y avait peu de nouveautés de l'année dans le lot! J'ai tiré ce volume-ci du bac à cause de son auteur Bernard Clavel (1923-2010): j'ai déjà lu près d'une demi-douzaine de titres de cet "écrivain populaire", que j'aime bien... Cette fois-ci, pourtant, la première nouvelle, celle qui donne son nom au recueil, ne m'a pas enthousiasmé. Mais bien m'en a pris de ne pas abandonner ma lecture: sur les neuf du recueil, je la mets en dernière - ou en avant-dernière - position, là où d'autres m'ont vraiment plu. Je vais dire quelques mots de chaque nouvelle.

* L'espion aux yeux verts (p.5-33): un veuf reste cloitré chez lui en proie à la paranoïa... Il croit que tout son entourage l'espionne!

* Le père Vincendon (p.34-52) et Le père Minangois (p.236-242), deux nouvelles qui m'ont paru se répondre, se présentant chacune comme souvenirs d'un enfant concernant un vieil artisan qui venait chez ses parents... Un ébéniste dans un cas, un cordonnier dans l'autre.

* Légion (p.53-129): l'une de mes nouvelles préférées. Un ancien légionnaire démobilisé, qui "trace la route", arrive dans un village de montagne où la route fait un cul-de-sac: pas moyen d'aller plus loin malgré l'envie qu'il en a, continuer serait trop dangereux... et pour aller où? Travailleur, homme à tout faire, il va se faire apprécier de tous au village où il décide de séjourner. Mais l'envie est trop forte... et ce sera le drame, conclu en quelques phrases précipitées et abruptes. La nouvelle est dédicacée à Pierre Mac Orlan.

* Le soldat Ramillot (p.201-235): encore une histoire de soldat, donc, mais aussi l'occasion, comme Légion, d'évoquer la ruralité de la première moitié du XXe siècle et ses travaux... Cette nouvelle-là est celle qui m'a le plus fait songer à du Maupassant. 

* Le jardin de Parsifal (p.130-156): Parsifal, c'est un chien, le fidèle gardien de la maison d'une espèce de Landru musicien. Mais ce n'est pas ce chien-là qui le perdra. La nouvelle est datée d'avril 1962.

* Le fouet (p.157-166): une courte nouvelle qui se déroule quasiment le temps d'un numéro de cirque, après la Seconde Guerre Mondiale, avec une fin ambiguë et ouverte (le pardon ou non?).

* La barque (p.167-188): lors d'une inondation due à de fortes pluies, une barque toute neuve, utilisée pour le sauvetage, doit traverser un tunnel dans lequel l'eau monte... 

* L'homme au manteau de cuir (p.189-199): une autre histoire de soldats et de pluie, le sergent d'un poste de garde se laisse attendrir, malgré les consignes, en laissant un motard en panne se réchauffer dans le poste de garde (on doit être en période de conflit!). J'ai apprécié l'humanité des protagonistes de cette courte nouvelle, qui l'emporte sur la discipline militaire. 

 

Je ne l'ai pas indiqué systématiquement, mais la plupart des nouvelles sont dédiées à telle ou telle personne. 

Bien entendu, en 2026, impossible de savoir via un moteur de recherche si tel ou tel blog en a parlé... Il faudrait que je tombe dessus directement, ou bien chercher à l'intérieur des blogs eux-mêmes...

27 mars 2026

Momies - Exposition jusqu'au 25 mai 2026 au Musée de l'Homme à Paris

Pour une fois, je ne vais pas écrire sur un film ou un livre mais sur une exposition qui dure jusqu'au 25 mai 2026 au Musée de l'Homme à Paris (au Trocadéro). Il s'agit d'une exposition temporaire sur les momies du monde entier et sur certains rites funéraires. Car il n'y a pas eu de momies uniquement en Egypte. Les momies les plus anciennes que l'on ait trouvé (au Pérou) ont plus de 9000 ans. L'exposition convient à tous les publics. Des enfants avec leurs parents faisaient partie des visiteurs. On n'avait pas le droit de prendre en photos les six momies présentées. Dans trois salles, il y a des panneaux explicatifs, quelques films et des objets. On a trouvé des momies sur les cinq continents jusqu'en Chine, Afrique du Sud, aux Iles Marquises et en France (la "jeune fille de Strasbourg" au XVIIème siècle). Au Danemark, on a trouvé des corps momifiés enfouis dans la tourbe (un bon conservateur). On nous explique les méthodes de l'embaumement. C'est une exposition très intéressante et pas effrayante du tout. Le très beau catalogue très complet de l'exposition vaut la peine qu'on le regarde aussi. D'ailleurs, j'ai ai pris des photos que voici.

La jeune fille de Strasbourg, XVIIème siècle 

La beauté de Loulan, Chine, âge du bronze, IIème millénaire avant notre ère

Iles Marquises, certains crânes étaient prélevés post-mortem.
Crâne d'ancêtre dit "crâne-trophée", XIXème siècle

L'enfant Chancay, Lima Pérou, XIIème - XVème siècle

Homme guanche momifié, Iles Canaries, Espagne, 3000 - 2000 ans avant notre ère

L'homme Chachapoya, Pérou, 1100-1532, C'est la momie qui m'a le plus impressionnée. Peut-être que Edvard Munch s'en est inspiré pour sa toile "Le cri". De face, dans la position où elle est, elle m'a aussi fait penser à la momie Rascar Capac dans Le Temple du Soleil. Il manque plus que les bijoux et la tiare.

Je termine comme je l'ai commencé avec la jeune fille de Strasbourg et ses bijoux. A priori, elle est décédée entre l'âge de 7 et 11 ans.

Post-scriptum de ta d loi du cine ("squatter" chez dasola): selon ce qu'elle m'a raconté, dasola avait acheté ce catalogue à 39 euros en province, dans une librairie bien achalandée qu'elle fréquente lors de ses séjours dans un ancien chef-lieu de région. Elle se souvient que la vendeuse lui a parlé de ce sujet très intéressant qu’étaient les momies, et qu'elle a répondu juste « oui, oui »… Dasola a laissé un moment le livre sous blister dans son studio provincial, voulant d’abord voir l’exposition avant de le lire, sans le ramener à Paris parce que trop lourd et parce qu'elle manque de place. Et puis, en février, son voyage prévu pour venir y séjourner a tourné court, et elle y est revenue seulement maintenant. En tout cas, le jour où elle était allée voir l’exposition, la boutique était fermée « pour raison technique », et elle n’aurait même pas pu l’acheter ce jour-là !

24 mars 2026

The Bride! - Maggie Gyllenhaal

Grâce à Pascale qui m'a convaincue, je suis allée voir The Bride! de l'actrice et réalisatrice Maggie Gyllenhaal et je la remercie, même si je suis un peu moins enthousiaste qu'elle à propos de ce film. Surtout, le début m'a décontenancée. Cela se passe pendant les années 30 à Chicago, puis à New York et aux Chutes du Niagara. Cela part dans tous les sens et je me suis demandé si tout le film allait être aussi survolté et pas très compréhensible, et puis, petit à petit, je me suis habituée au rythme. L'histoire commence vraiment après le meurtre d'Ida, une jeune femme prostituée qui vient d'être inhumée et que Franck (Frankenstein en mal d'amour) va faire déterrer. Il emmène le corps auprès du docteur Cornelia Euphronius (Annette Bening) qui, comme elle l'a fait pour Franck, va revitaliser Ida. Cette dernière devient "The Bride", la fiancée de Frankenstein. Ils sont très vite poursuivis par la police. Il y a quelques morts violentes mais Ida et Franck jurent de s'aimer jusqu'à la fin des temps. Le couple Christian Bale / Jessie Buckley est magnifique, on veut qu'ils s'en sortent même s'ils sont déjà morts. C'est gothique en diable, les vrais méchants sont punis. Comme l'écrit Pascale, il y a un côté très féministe dans cette histoire et la toute fin pourrait faire penser qu'il pourrait y avoir une suite, mais ce n'est pas sûr. Je vous conseille de voir le film en VO. Lire le billet de Selenie qui a aussi beaucoup aimé ce film. 

21 mars 2026

Les rayons et les ombres - Xavier Giannoli

Les rayons et les ombres de Xavier Giannoli est un film qui fait pas mal parler de lui. Je l'ai vu en avant-première le 15 mars. Ce long-métrage dure 3h20 est sorti le mercredi 18 mars 2026. Ce qui m'a frappé très vite, c'est que tous les personnages ou presque fument sans arrêt d'une séquence à l'autre pendant tout le film. 

Par ailleurs, j'ai été gênée par le brassage de plein d'événements qui semblent se juxtaposer et non se suivre. Il y a un problème de chronologie et la narration passe du coq à l'âne. Il n'y a pas vraiment de liant. Je pense que Xavier Giannoli et son scénariste Jacques Fieschi ont voulu trop en raconter sur la collaboration à Paris pendant les cinq ans d'occupation nazie. On assiste au transfert des cendres de l'Aiglon au Panthéon en décembre 1940, à la fuite des collaborateurs célèbres français à Sigmaringen en 1944, aux orgies décadentes. Je n'ai pas vraiment compris comment Jean Luchaire (Jean Dujardin) est passé d'idées pacifistes à celles prônant l'antisémitisme et se ralliant au nazisme. Il est vrai que son ami d'enfance était l'Allemand Otto Abetz qui voulait aussi soutenir les bonnes relations entre la France et l'Allemagne. Ce dernier est devenu ambassadeur d'Allemagne en France pendant la guerre. La connivence était totale entre les deux hommes. Le journal Les nouveaux temps dont Luchaire était directeur a servi pour la propagande pro-allemande. Il dépensait sans compter le peu d'argent que le journal rapportait. Le film nous raconte surtout l'histoire d'un père et de sa fille tuberculeux qui s'adoraient tous les deux. Les séjours de Corinne Luchaire en sanatorium qui ont commencé dès 1941 ne sont évoqués que pendant la dernière heure du film. Corinne Luchaire (1921-1950), narratrice du film, est le deuxième personnage principal du film. Elle a eu une vie courte et tragique. Malade, elle n'a plus eu le droit de tourner après 1940. Son film le plus célèbre est Prison sans barreaux (1938) réalisé par Léonide Moguy, un Juif russe. Le film démarre en 1948. Une jeune femme, Corinne Luchaire, vit chichement dans un appartement HLM avec sa petite fille Brigitte. Lors d'une sortie avec la poussette de l'enfant, elle est suivie par deux hommes qui lui crachent dessus. Une voisine la prend en pitié et elle lui propose de s'occuper de Brigitte pendant que Corinne raconte sa vie grâce un magnétophone à bandes. Elle dira souvent qu'elle ne savait pas, qu'elle ignorait les abominations survenues pendant cette période. Cette jeune femme a été condamnée en 1946 à 10 ans d'indignité nationale et son père, Jean Luchaire sera fusillé en 1946. Il était né en 1901. Le film ne m'a pas déplu du tout mais il est quand même long et touffu. Et il est très bien interprété par Jean Dujardin et Nastya Goloubeva (la fille de Léos Carax). Je ne suis pas sûre que quelqu'un qui ne connaît pas trop ce qu'était la France collaborationniste en saura beaucoup plus en sortant de la projection. 

18 mars 2026

La guerre des prix - Anthony Déchaux

Aujourd'hui, mercredi 18 mars 2026, est sorti La guerre des prix, un premier film d'Anthony Déchaux sur l'univers impitoyable du yaourt (bio). Audrey (Ana Girardot, très bien) est chef de rayon des laitages (dont les yaourts) dans une grande enseigne. Peu après, elle intègre la centrale d'achat de cette enseigne car on a remarqué qu'elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. On la met en binôme avec Fournier (Olivier Gourmet, impérial) pour négocier à la baisse l'achat de yaourts auprès des exploitants car il faut contenter le bout de la chaîne, c'est-à-dire les consommateurs. Les discussions sont houleuses. On apprend dès le début qu'Audrey est née dans une exploitation de 72 vaches laitières en Normandie et son frère Ronan est celui qui la dirige. Il fabrique des yaourts bio. Audrey espère donc que la filière bio et locale dont fait partie Ronan arrive à un accord avec la centrale. Rien n'est simple et il y a un retournement de situation que l'on ne voit pas arriver à la fin. Mais comme dit Fournier "A la fin, c'est toujours une question d'argent". On sent que le réalisateur a dû étudier son sujet. L'ensemble est très bien mené. Un très bon film qui laisse un goût un peu amer pour certains personnages.

15 mars 2026

Le brave soldat Chvéïk - Jaroslav Hasek

Le sujet de ce mois de mars, pour le challenge Escapades en Europe - Voyages dans les littératures européennes organisé par Cléanthe, porte sur Le beau Danube bleu – Focus sur la Mitteleuropa. Si la seconde partie de l'intitulé ne pose pas question, il m'a fallu (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) faire non seulement un "pas de côté", mais carrément le grand écart pour raccrocher au Danube ma relecture de ce mois... 

Jaroslav Hasek, Le brave soldat Chvéïk, trad. par Henry Horejsi, Gallimard, 1932 (EO 1921)
* Folio N°676, 1992 pour mon exemplaire (DL 1975), 364 pages
* Le livre de poche N°1050, 1969 (DL 1963), 249 pages

 

J'ai acheté l'un des deux livres ci-dessus il y a près de 30 ans, et l'autre édition il y a quelques mois en vue de la verser dans telle ou telle des "bilbliothèques partagées de hall d'immeuble" que je fréquente (avec un succès mitigé - je me demande si la seule "sortie temporaire" que j'ai cru remarquer n'était pas due à un simple glissement derrière le rayonnage...). Saurez-vous deviner laquelle est laquelle? Dans les deux cas, il s'agit bien du même texte (de la même traduction) même si l'une des deux éditions (celle en Folio) a des caractères plus gros que l'autre... 

 

Né à Prague en 1883 (comme Kafka, tiens!), Jaroslav Hašek est décédé un an avant ce dernier, en 1923, à Lipnice nad Sázavou dans la Tchécoslovaquie de l'époque (aujourd'hui en Tchéquie). Il a lui-même effectué une partie de la guerre de 1914-1918 mobilisé dans l'armée autrichienne. Voilà pour les liens avec le Danube (même si l'actuelle Tchéquie n'est pas baignée par ce fleuve, elle a fait jadis partie d'ensembles plus vastes!)... Le brave soldat Chvéïk reste l'oeuvre de Hašek la plus célèbre, et a connu quelques suites que seule la mort de l'auteur a interrompues (il prévoyait six livres). Si je connaissais ce titre-là (premier de la saga) depuis quelques décennies, je n'ai encore jamais lu les Nouvelles aventures du brave soldat Chvéïk ni les Dernières aventures du brave soldat Chvéïk. Au moins l'un des deux livres semble disponible dans les bibliothèques parisiennes, je verrai si je le croise en 2026... Mais qui est ce brave soldat?

 

Au début de l'histoire, fin juin 1914, Chvéïk n'est encore qu'un civil (qui a réussi à se faire réformer du service militaire après avoir été déclaré "complètement idiot" par la commission médicale de l'armée impériale d'Autriche-Hongrie). Son activité? Revendeur de chiens... Apparemment, à cette époque, les innocentes conversations que pouvaient tenir clients et patrons de troquets de Prague pouvaient facilement être prises à mal par des agents provocateurs de la police en quête de "mauvais sujets". Arrêté, Chvéïk va devoir jouer d'un mélange d'innocence et de roublardise pour écoeurer ses interrogateurs, de commissariat en asile d'aliénés, avant d'être renvoyé dans ses foyers. Convoqué de nouveau, après les premières défaites autrichiennes dans la guerre, devant la commission médicale chargée de statuer sur ses capacités à être versé dans la Réserve de l'armée, le voici cette fois-ci pris pour un simulateur... et mis en prison. Là, il a la chance de "taper dans l'oeil" d'un aumônier militaire quelque peu particulier, qui s'arrange pour se le faire affecter comme ordonnance. Tout se passe à peu près bien (que d'aventures!) jusqu'à ce que cet aumônier le perde malencontreusement aux cartes, au profit d'un certain lieutenant Lucas. Ce que je dis en deux phrases occupe des dizaines de pages savoureuses, bien entendu.

 

Le caractère "intemporel" du personnage de Chvéïk, qui s'avère un bon valet de comédie, fait pour nous, lecteurs d'un siècle plus tard auxquels échappent peut-être certaines des fines allusions ou des faits de société, le sel de cette lecture. Ce qui apparaît à ses infortunés interlocuteurs comme du non-sens verbal n'atteste-t-il pas plutôt d'un solide bon sens à toute épreuve? Chvéïk noie le poisson, de pied ferme, en répondant systématiquement à côté de la question posée par des anecdotes n'ayant souvent ni queue ni tête mais qu'il présente comme tirées de son expérience personnelle. 

L'aumônier puis le lieutenant apparaissent aussi comme des "types" truculents. La visite du mari venu reprendre l'épouse qui s'était invitée chez l'amant (p.305-326) constitue une scène d'anthologie. Nous sommes entre personnes du beau monde. Je ne vous dirai pas comment le mari a su où était l'épouse. Mais ce qui conduira lieutenant et ordonnance à leur perte (ou en tout cas sur le front et non plus tranquillement "à l'arrière"), c'est un chien volé - soit le secteur d'activité de Chvéïk dans le civil. Le fait d'appâter les toutous avec du "saucisson de cheval" m'a rappelé qu'à l'époque, la traction de véhicules était encore souvent hippomobile.

 

Cette relecture m'a en tout cas donné l'impression que Jaroslav Hasek a parfois dû être plagié, presque mot pour mot, par d'autres auteurs: j'ai de vagues souvenirs - eux aussi fort lointains - de personnages de soldats allemands qui jouent les niais face à des médecins voire à des officiers ou sous-officiers et font "tourner en bourrique" des spécialistes en santé mentale (Sven Hassel? H. H. Kirst?). Mais lui-même avait-il lu la scène des Trois mousquetaires où Athos joue aux dés son valet Grimaud?

 

Je n'ai pu trouver, en faisant des recherches, que quelques blogs ayant parlé du Brave soldat Chvéïk: je l'ai trouvé cité sur Littérature des 5 continents et chez Crémieu-Alcan (blog Les 100 livres). Si j'en trouve d'autres, je ne m'interdis pas de les rajouter! 

 

Edit du 17/03/2026: c'est seulement aujourd'hui que j'ai pris conscience que Le brave soldat Chvéïk pouvait aussi s'inscrire aux deux challenges organisés par Nathalie, Pages de la grande guerre 2026 et 2026 sera classique aussi!

 

14 mars 2026

Les orphelins (Une histoire de Billy the Kid) - Eric Vuillard

Je viens enfin de terminer Les orphelins (Une histoire de Billy the Kid) d'Eric Vuillard (Edition Actes Sud, 163 pages). Ce petit livre narre la vie de Billy the Kid, né supposément fin novembre 1859 et mort en 1881 (à 21 ans), qui est devenu célèbre surtout par l'intermédiaire de livres et de films. J'avoue que j'ai mis du temps à lire ce livre parce que j'ai été perdue avec tous les personnages évoqués. Tout est parcellaire dans la vie de Billy, né peut-être à Manhattan d'une mère irlandaise et d'un père disparu. Sa mère le laissa orphelin à l'âge de 14 ans. On ne sait rien d'autre de Billy Bonney the Kid qui tua son premier homme à l'âge de 17 ans en 1877. L'écrivain fait des suppositions. Son récit (ce n'est pas un roman) lui permet de faire le portrait de quelques personnages qui ont gravité dans l'entourage de Billy, un gamin à l'enfance difficile qui était un vagabond et voleur de bétail. Eric Vuillard nous parle bien évidemment de Pat Garrett qui a tué Billy. La vie de Billy s'est surtout déroulée dans l'état du Nouveau-Mexique. Il avait été condamné à mort pour meurtre mais s'était évadé avant d'être abattu. Et on apprend que Billy avait un frère plus âgé ou plus jeune, on ne sait pas vraiment. Il s'appelait Joseph et il est mort en 1930. Le livre contient quelques photos d'époque. D'Eric Vuillard, j'ai préféré 14 juillet et L'ordre du jour.

 

11 mars 2026

Rue Malaga - Maryam Touzani

Si Rue Malaga de Maryam Touzani passe par chez vous (on peut rêver), allez le voir. C'est un film avec une grande actrice qui assume son âge (80 ans) et qui est formidable dans le rôle de Maria Angelès. Je veux parler de Carmen Maura (une des actrices des premiers films d'Almodovar). De nos jours, à Tanger, vit encore une communauté espagnole dont les premiers arrivants fuyaient le régime de Franco dans les années 30. Marie Angelès fait partie de cette communauté. Elle est veuve depuis plusieurs années. Elle vit seule dans un grand appartement avec ses souvenirs et un tourne-disque auquel elle tient beaucoup. Marie Angelès est attachée à son quartier sympathique où les langues se mélangent. Elle est amie avec tous les commerçants alentour qui lui font crédit. Elle aime cuisiner, s'occuper de ses fleurs sur son balcon. Mais voilà que sa fille Clara arrive de Madrid. Cette dernière est divorcée et a du mal à joindre les deux bouts avec son métier d'infirmière et ses deux enfants à élever. C'est pour ça qu'elle a décidé de vendre l'appartement de sa mère pour s'en sortir. L'appartement est à son nom. Elle donne le choix à Marie Angelès, soit de s'installer dans un Ehpad, soit de partir à Madrid avec elle. Bien entendu Marie Angelès n'est pas contente. Elle est née à Tanger, elle veut mourir à Tanger. Elle semble accepter son sort mais après avoir quitté l'appartement, ce sera pour mieux y revenir sans que sa fille le sache tout de suite. Il y a plusieurs scènes savoureuses dont les confessions parfois très crues que Marie Angeles fait auprès de sa meilleure amie Josefa, une carmélite qui a fait voeu de silence. Je ne vous en dirai pas plus sur ce qui arrive à Marie Angelès et sur les personnes qu'elle rencontre mais c'est un film qui fait vraiment du bien. Je l'ai vu dans une salle pleine. Lire le billet de Miriam où vous pourrez entendre la chanson du film et lire le billet d'Henri Golant.

9 mars 2026

Woman and Child - Saeed Rostaee

Ayant été préoccupée par beaucoup de choses au travail, j'ai oublié très vite que j'avais vu Woman and Child, le nouveau film du réalisateur iranien Saeed Rostaee (La loi de Téhéran et Leila et ses frères). Woman and Child était en compétition au dernier festival de Cannes en 2025. Le film est prenant mais j'avoue que le comportement du personnage principal, Mahnaz, ne la rendait pas très sympathique. On n'arrive pas toujours à la plaindre malgré ce que lui arrive. Mahnaz, qui exerce comme infirmière dans un hôpital, est veuve avec deux enfants dont un garçon, Aliyar, âgé d'environ 14 ans. Il est intelligent mais très dissipé à l'école. C'est un meneur. La fille, Neda, a 8 ans. Mahnaz vient de trouver un prétendant, Hamid, un ambulancier qui loue ses ambulances à ceux qui n'ont pas de logement. Mahnaz doit être présentée à sa future belle-famille mais elle ne veut pas dire qu'elle a déjà deux enfants. Mahnaz a une soeur, Mehri, dont Hamid va tomber amoureux. Cet homme n'est pas très sympathique, il peut devenir violent tout comme le beau-père de Mahnaz (le père du mari décédé). C'est à ce moment-là qu'une tragédie frappe Mahnaz et les siens. Elle essaye de savoir ce qui s'est passé. Et cela ne va pas lui plaire. Folle de chagrin, Manhaz mène donc son enquête au risque de tout perdre. Le film est un peu long mais bien joué. Il se termine sur une belle note d'espoir. Un film à voir malgré mes réserves. Selenie le conseille aussi. Lire le billet de Princecranoir.

7 mars 2026

Tchatche de banlieue suivi de L'argot de la police - Philippe Pierre-Adolphe, Max Mamoud, Georges-Olivier Tzanos / dessins de Luz

Cet ouvrage-là, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) l'ai d'abord déniché dans un bac de bouquins d'occasion et ai "tilté" sur la couverture de Luz. J'ai immédiatement pensé que ça pourrait me servir pour une chronique. Mais après, il a fallu le lire d'abord, et rédiger le présent billet ensuite. 

Philippe Pierre-Adolphe, Max Mamoud & Georges-Olivier Tzanos, Tchatche de banlieue (suivi de L'Argot de la police), éd. Mille et une nuits, coll. Le rire jaune N°2, 1998, 128 pages

 

Le 1er volume de cette collection Le rire jaune, titré Rien à foot [?!?] était illustré par Cabu, je ne l'ai jamais vu encore. Pour sa part, Philippe Pierre-Adolphe (1961-2023) était apparemment un journaliste qui s'est intéressé tant à l'art (cinéma, musique - il a créé un label musical en 1998!) qu'aux faits de société. Le lien avec mes propres "Hommages du 7" est constitué par les 20 dessins de Luz disséminés au fil des pages (de même que j'avais jadis chroniqué deux ouvrages illustrés par Charb, l'un de Michel Husson et l'autre de Daniel Bensaïd).

 

Pour citer la 4e de couv', "plus qu'un simple recueil de mots et d'expressions, Tchatche de banlieue est un petit précis de linguistique banlieusarde à l'usage des joibourg et des centre-villois. Il est illustré par Luz, dessinateur à Charlie Hebdo." Avant mes propres illustrations et citations de dessins, si je dis que "la cité" y est omniprésente, me fais-je bien comprendre? 

p.60: surtout, ne parlons pas... de rime de rap.
...Ils en ont parlé! 

 

Le livre se présente sous la forme d'un double abécédaire, dont le plus important (jusqu'à la page 89) s'intéresse au "bouillon culturel" des mots inventés "de l'autre côté du périph'" (vu depuis Paris, évidemment). Le lexique des "tchatcheurs" puisait (1998) dans celui des cultures cohabitant dans les cités: africaines, arabes, gitanes et même anglo-saxonnes... Aujourd'hui (2026), certains de ces "mots" sont entrés dans le dictionnaire. L'ouvrage fonctionne beaucoup sur la connivence. Un mot défini précédemment sera utilisé pour une phrase d'illustration, le vocabulaire sera malaxé, trituré, pour montrer surtout que sa "signification" dépend fortement tant du contexte que des relations entre les locuteurs, qui cultivent aussi bien l'hermétisme que la "vanne". 

Un exemple avec une glose précisant la définition du "Respect" (p.68): "toute la subtilité réside dans la définition du comportement irrespectueux. Dire à un copain "va te faire enculer, pauvre dalpé", c'est respectueux. On est entre amis, on se dit bonjour. Dire à quelqu'un qu'on ne connaît pas "hé, ta soeur, elle est bonne", c'est lui manquer de respect et s'exposer à de graves et immédiates représailles".  

 p.47: salut, comment va? 

 

On sent que les auteurs, dans leur petit ouvrage, s'adressent moins aux locuteurs d'origine qu'à des lecteurs ayant un certain "bagage" culturel, avec de la connivence, des jeux de mots et de l'humour. Ma lecture "au fil de l'eau" m'avait rappelé un article "savant" lu naguère, où un linguiste avertissait des risques de refus par les "jeunes des cités" de l'apprentissage tant du français "académique" que des langues étrangères telles qu'enseignées au collège et lycée, pour se replier sur "leur" propre langage. N'importe quel linguiste rompu aux "mécanismes" linguistiques décryptera cette "langue" (si absconse parût-elle vis-à-vis de l'extérieur à ses "inventeurs") en deux coups de cuillère à pot, tandis que nos gamins & jeunes se seront privés d'une "ouverture au monde" dont l'absence les handicapera pour le reste de leur vie... 

p.87: maîtriser les codes en vue de se faire accepter? Prof, sociologue ou "civil" infiltré?  

 

C'est vrai que je me sens personnellement éloigné de l'univers en toile de fond du langage concerné, dont le vocabulaire et les préoccupations principales semblent tourner pour la plus grande part vers le milieu du corps (des deux sexes), l'apparence extérieure (habillement...) et l'art de "parler pour ne rien dire" (rien qui ME paraisse "utile" et constructif, en tout cas). De la sociologie concrète , sinon de l'ethnologie, via le langage (j'espère ne pas apparaître trop "méprisant" en constatant cela).  

Je me rappelle un récit de reportage "sur le terrain" (en banlieue!) dans Indélébiles de Luz. Mais je ne me souviens pas si l'année ou les circonstances étaient mentionnées... Il a dessiné dans Charlie "seconde série" durant 23 ans, jusqu'à son départ pour raison personnelle (annoncé plus de trois mois à l'avance) en septembre 2015.

p.53: tous ces massifs sont aussi de grands enfants...

  

Ce dessin-là (p.121) est l'un des quatre figurant dans les 30 pages consacrées à "l'argot de la police". Celui-ci est, je pense, plus classique, plus stable aussi (avec un moindre souci d'hermétisme), et sans doute bien davantage "parlant" au grand public du fait de sa reprise au cinéma ou à la télévision (séries policières). 

 

Au final, ce qui m'a presque le plus intéressé, c'est les cinq pages de l'entretien socio-linguistique à la fin de l'ouvrage (entretien réalisé le 23/11/1997), qui éclaire les "raisons sociales" du besoin d'un langage qui se veut hermétique, avec des mots abandonnés par leurs locuteurs initiaux (banlieue) dès qu'ils sont passés dans un public élargi... (via les média, d'abord avec des guillemets, puis sans). 

 

La Maison d'édition Les Mille et une nuits avait été créée en 1993. Je possède depuis longtemps un certain nombre de leurs anciens petits ouvrages, surtout de la collection "Les petits libres", et j'avais l'impression qu'il s'agissait de livres d'inspiration résolument altermondialiste (%Attac etc.). J'ai vu en rédigeant le présent article que les Mille et une nuits sont devenues en 1999 un département de Fayard. Un changement de politique éditoriale semble être intervenu en 2020 pour se recentrer sur des "classiques" du domaine public choisis par un collectif de libraires.

 

Bref, Tchatche de banlieue m'est apparu comme un livre certainement daté, dont les dessins peuvent encore faire sourire, alors que les enjeux des années 1990 (trafics, petite délinquance, repli, "segmentation" de populations dans tous les sens) nous paraissent aujourd'hui "dépassés" par l'aggravation de fractures notamment liées à des faits religieux montés en épingle ou des conflits interminables ailleurs et aujourd'hui importés en France métropolitaine.

 

*** Je suis Charlie ***

4 mars 2026

Le roi des cendres - S.A. Cosby

Le roi des cendres de S.A. Cosby (Edition Sonatine, 406 pages) est le quatrième roman de l'auteur paru en français et que je viens de terminer après La colère, Le sang des innocents et Les routes oubliées. J'avoue avoir été un peu déçue par ce nouveau roman, qui narre un histoire plus banale que les précédentes. Roman Carruthers, un trentenaire qui est gestionnaire de patrimoine, revient dans sa ville natale de Jefferson Run en Virginie, car il a été appelé par sa soeur. Leur père Keith vient d'être hospitalisé dans le coma après avoir été percuté par un véhicule. Cette ville est gangrenée par la violence à cause de la guerre de gangs. Roman est l'ainé de trois enfants. Son frère Dante a des problèmes de drogue et sa soeur Neveah dirige désormais l'entreprise de crématorium créée par leurs parents, Keith et Bonita. Bonita, elle, a disparu mystérieusement vingt ans auparavant. On ne sait pas ce qu'elle est devenue. Neveah est persuadée que Keith l'a tuée et a brûlé son corps. Roman apprend que Dante a de sérieux problèmes avec un des deux gangs qui dirige la ville. À sa tête, il y a Torrent et Tranquil, deux frères psychopathes. Dante leur doit beaucoup d'argent et c'est Roman qui va tout organiser pour sauver sa famille et l'entreprise familiale. Je vous laisse découvrir comment il va parvenir à ses fins. L'ensemble est bien mené mais je ne me suis attachée à aucun des personnages qui ne sont pas spécialement sympathiques ni d'un côté ni de l'autre. Une déception en ce qui me concerne. Ce roman peut faire partie du challenge Un hiver polar d'Alexandra. Lire le billet d'Alex-mot-à-mots, pas plus convaincue que moi.

 

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