Le blog de Dasola
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10 novembre 2021

Compartiment n°6 - Juho Kuosmanen

Compartiment n°6 du réalisateur Juho Kuosmanen a reçu le Grand prix ex-aequo avec le film Un héros de l'Iranien Asghar Farhadi au dernier au Festival international du film de Cannes en 2021. En hiver, à Moscou, Laura, une jeune femme finlandaise, aime Irina, une Russe avec qui elle vit. Toutes les deux devaient prendre le train pour se rendre à Mourmansk, la plus grande ville au monde au nord du cercle arctique. Dans la région, on a découvert des pétrogloyphes (des dessins sur pierre) vieux de 10 000 ans que Laura désire voir. Il se trouve qu'Irina se prétend occupée à autre chose (et il semble qu'elle veuille se débarrasser de Laura), renonce au voyage prévu, mais Laura décide faire le trajet et elle se retrouve dans un compartiment de train qu'elle doit partager avec un jeune homme russe, Vadim. Ce dernier, un peu rustre et bien porté sur la bouteille, lui demande si elle est une prostituée. Leur relation débute donc de manière houleuse mais elle va s'améliorer au gré des longues haltes qui ponctuent leur voyage. Ils font des rencontres et boivent de la vodka. Vadim part à Mourmansk pour travailler sur le port. C'est un jeune homme beaucoup plus sensible qu'il n'y paraît. On découvre même qu'il est un peu jaloux. C'est un "road-movie" en train qui se voit agréablement même si tout le film est filmé dans une lumière sombre. Le train est vétuste (surtout les sanitaires) mais on peut trouver de l'eau chaude pour boire du thé. Et on apprend que l'on peut difficilement voir les pétroglyphes l'hiver car les routes sont impraticables. Les deux acteurs principaux que je ne connaissais pas sont très bien. Lire les billets de Pascale, Baz'art, Le bleu du miroir, miriam et Lilylit.

5 novembre 2021

Debout les femmes! - François Ruffin et Gilles Perret

Debout les femmes!, le nouveau documentaire de François Ruffin, est prenant et émouvant. Le film traite de la proposition de loi "sur les métiers du lien" déposée à l'Assemblée nationale par François Ruffin et Bruno Bonnell afin de relever les revenus des auxiliaires de vie sociale, femmes de ménage et accompagnants d'élèves en situation de handicap. La tâche n'est pas facile. Les réalisateurs ont choisi de montrer ces métiers non reconnus et payés au lance-pierre. Les femmes qui parlent et agissent devant la caméra sont d'une grande dignité. Elles exposent leur situation, leurs conditions de travail, les grandes amplitudes horaires qu'elles doivent assurer. Elles se lèvent à l'aube et se couchent tard. Elles travaillent à la tâche. Elles sont en CDD et gagnent souvent moins de 1000 euros par mois. Et pourtant, ces femmes ne se plaignent pas car la plupart aiment ce qu'elles font. Elles apprécient le côté humain du travail, le contact avec les autres, et pourtant, la plupart du temps, elles font des toilettes intimes, elles aident à l'habillage. Tout est chronométré mais parfois, elles arrivent à s'occuper des papiers administratifs des personnes âgées qui n'ont pas toujours de famille pour s'occuper d'eux. Les cinéastes ont choisi d'interroger des femmes vivant en particulier à Amiens et Dieppe. A la fin de la projection, la majorité des spectateurs (la salle était pleine) ont applaudi et c'est mérité. Personnellement, j'avais la larme à l'oeil.

30 octobre 2021

Illusions perdues - Xavier Giannoli

J'avoue ne pas avoir lu Illusions perdues de Balzac, mais je pense que ce n'est pas grave pour apprécier le film. Le réalisateur qui est aussi co-scénariste a choisi d'adapter la deuxième partie du roman, Un grand homme de province à Paris. Le spectateur est tout de suite transporté au début du XIXe siècle sous la Restauration (1814-1830), en faisant la connaissance de Lucien Chardon (Benjamin Voisin), qui préfère qu'on l'appelle Lucien Rubempré (le nom de famille de sa mère). Ce jeune homme né à Angoulême écrit des vers et rêve de se faire publier. Il est devenu l'amant de Louise de Bargeton (Cécile de France), une jeune femme noble qui s'ennuie beaucoup auprès de son vieux mari. Louise et Lucien partent à Paris séparément. Louise va vivre chez sa cousine la marquise d'Espard (Jeanne Balibar). Pendant ce temps, Lucien dépense en peu de temps tout l'argent en sa possession. Au jardin du Palais-Royal où la vie parisienne bat son plein entre les prostituées et les maisons d'édition, il espère trouver un éditeur qui le publiera. Il rencontre Lousteau (Vincent Lacoste excellent), un jeune journaliste qui lui fait connaître d'autres journalistes écrivant des critiques qui s'achètent ou se vendent. Ces journalistes sont à l'origine des rumeurs qui peuvent détruire un artiste, un écrivain ou un homme politique. Après avoir été présenté à Raoul Nathan (Xavier Dolan), un écrivain de talent, Lucien fait la connaissance de Doriat (Gérard Depardieu), un éditeur ne sachant ni lire ni écrire (un comble pour un éditeur), comme le dit si bien le narrateur de l'histoire dont on connaitra l'identité vers la fin. Lucien va devenir un journaliste comme ceux qu'il fréquente et il va en perdre son âme et sa crédibilité, passant du camp des royalistes à celui des républicains. Et Lucien va tomber amoureux de Coralie, une ancienne prostituée très jeune qui fait du théâtre. Leur histoire est touchante car on devine que cela va mal se terminer. Ce film tourbillonnant et foisonnant bénéficie de décors et costumes somptueux et d'une distribution de premier ordre. Dans trois ou quatre scènes, on frémit devant Jeanne Balibar qui incarne une femme venimeuse tout en gardant le sourire (du venin sur pied comme je l'ai entendu à la sortie de la projection). Le jeune Rubempré va en subir les conséquences. Le film dure 2H30, il est un peu long mais allez le voir. Il donne en particulier envie de (re)lire le roman de Balzac. Les billets de Pascale, Princecranoir, Henri Golant, Strum et Pierre D en parlent beaucoup mieux que moi. 

24 octobre 2021

Le dernier duel - Ridley Scott

Le dernier duel de Ridley Scott qui dure 2H30 ne m'a pas paru trop long. L'histoire, inspirée de faits réels, se passe au XIVème siècle vers 1380, au temps de Charles VI le fol, marié à Isabeau de Bavière. On est en pleine guerre de 100 ans. Un chevalier, Jean de Carrouge (Matt Damon), et un écuyer, Jacques Le Gris (Adam Driver), vont s'entretuer dans un duel judiciaire d'une rare violence. On assiste à leur affrontement dans la dernière partie du film. Le film se décompose en quatre parties avec le récit de Jean de Carrouges, puis le récit de Jacques Le Gris et enfin le récit de Marguerite de Thibouville, épouse de Jean de Carrouges. On apprend assez vite que de Carrouges et Le Gris ont été amis et puis ils sont devenus rivaux pour atteindre les faveurs du Comte d'Alençon (Ben Affleck que je n'ai pas reconnu tout de suite avec ses cheveux teints en blond et ses joues creusées). De Corrouges a des problèmes financiers et en épousant Marguerite, il espérait récupérer un lopin de terre qui malheureusement va revenir à Jacques Le Gris. De Carrouges part combattre en Ecosse et revient vaincu. Pendant ce temps là, Le Gris en a profité pour forcer Marguerite à lui accorder ses faveurs. Entre le récit du viol de Le Gris et celui de Marguerite, je n'a pas trouvé beaucoup de différences à part que Marguerite n'était pas consentante. Elle montre un certain courage quand elle avoue ce qu'elle a subi à son mari. En effet, elle risque d'être condamnée à mort en étant brûlée vive si elle a menti. La seule manière de venger son honneur, ce fut un duel judiciaire, le dernier à être autorisé par le Parlement de Paris. Le film m'a plu malgré sa violence. Les acteurs dont Jodie Comer (une inconnue pour moi) sont tous parfaits dans leur rôle. Lire les billets de Pascale et Selenie.

16 octobre 2021

Boîte noire - Yann Gozlan/ Shang-chi et la légende des dix anneaux - Destin Daniel Cretton/ Gaza mon amour -Tarzan & Arab Nasser

Je viens de me rendre compte que je suis allée "pas mal" au cinéma et j'ai du retard dans mes billets.

Boîte noire de Yann Gozlan prouve que l'on peut être à la hauteur du cinéma américain dans le cinéma d'action sans temps mort. Matthieu est acousticien au BEA. Après la disparition mystérieuse d'un de ses collègues, on lui demande d'enquêter sur le crash d'un avion dans les Alpess. Il s'agissait d'un vol Dubaï-Paris. L'enquête conclut assez rapidement que cela pourrait être un attentat terroriste dans lequel le terroriste fait partie des victimes. Matthieu n'est pas convaincu par cette conclusion car dans la boîte noire de l'avion, il entend des voix et des bruits qu'il n'arrive pas à identifier. Pierre mène une enquête qui remet en question beaucoup de choses et qui implique sa femme et son meilleur ami. Le film est très bien mené et bien interprété par un Pierre Niney convaincant. André Dussollier qui joue son supérieur hiérarchique est toujours impeccable. Il faut noter le personnage intéressant interprété par Olivier Rabourdin. Lire les billets de Choup, Géraldine, Pierre D, Selenie, Wilyrah, Pascale.

Je passe à Shang-chi et la légende des dix anneaux. Le personnage de Shang-chi est issu des Marvel Comics. Il a été créé dans les années 70. Vous avez l'histoire complète narrée sur Wikipedia. Ce qui m'a plu, ce sont les effets spéciaux assez époustouflants. Un gros serpent surgit de l'eau et tournoie dans le ciel, tandis que le père de Shang-chi fait tout pour abattre une montagne, derrière laquelle il croit qu'il va récupérer sa femme décédée depuis des années. Les dix anneaux du titre lui donnent une force incroyable et la vie éternelle. Tout est chorégraphié avec maîtrise. Visuellement, l'ensemble est superbe et j'ai été très contente de revoir Michèle Yeoh qui joue la tante de Shang-chi, et Tony Leung Chiu Wai en "méchant". Il joue le père de Shang-chi. J'ai trouvé qu'il avait pris un "coup de vieux" depuis In the Mood for Love et 2046. Lire le billet de Wilyrah.

Je termine avec Gaza mon amour, réalisé par deux frères jumeaux, Tarzan et Arab Nasser, qui ont d'ailleurs dédié le film à leur père. Issa, un vieux pêcheur gazaoui, est toujours célibataire mais il est bien décidé à enfin se marier avec Siham, une couturière dont il est tombé amoureux. Siham (Hiam Abbass) est veuve et elle vit avec sa fille, elle-même divorcée. Tous les jours, Issa part pêcher dans les eaux pas très étendues qui sont allouées aux Gazaouis. Sa pêche lui permet de gagner sa vie. Un jour, au lieu de poissons, Issa trouve dans ses filets une belle statue d'Appolon en bronze avec un phallus bien visible. Rentré chez lui avec la lourde statue, il la fait tomber et le phallus se détache de la statue. Les autorités du Hamas se mettent à persécuter Issa et s'emparent de la statue sans son appendice. J'ai aimé le ton du film qui est une comédie sentimentale. La conclusion du film est charmante et sympathique. Lire le billet de Chris.

6 octobre 2021

Au nom de la loi - Pietro Germi

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Avant de repartir à Riga, j'ai souhaité vous emmener en Sicile en 1948-1949 avec Pietro Germi (1914-1974). Avec mon ami, on vient de voir Au nom de la loi (In nome della Legge en VO), publié en DVD/Blu-Ray tout récemment. Nous ne l'avions jamais vu. L'histoire est adaptée d'un roman écrit par un magistrat et juriste, Giuseppe Guido Loschiavo (1899-1973). Il semble que c'est le premier film qui parle ouvertement de la Mafia. Le film commence dans une contrée désertique. Un homme attend le train qui doit le reconduire à Palerme. On ne saura pas pourquoi il s'en va. Son successeur Guido Schiavi (Massimo Girotti) vient d'être nommé juge dans la petite ville de Capodorso où les coutumes ont la vie dure. Face à lui, il va affronter un baron, propriétaire terrien qui a mis au chômage toute une partie de la population après avoir fermé une mine de soufre de la région. Ce baron qui est un être détestable (il bat sa femme) est épaulé pour défendre ses terres par des hommes à cheval et fusil à l'épaule, dirigés par Passalacqua (Charles Vanel, surprenant), le chef de la mafia locale. Guido ne reste pas insensible au charme de la femme du baron. Les paysages de ce film pourraient faire penser à certains décors de western et les hommes à cheval font penser aux cow-boys dans lesdits westerns. Le juge est un idéaliste qui aimerait changer les choses, mais il a du mal. Je ne vous dirai rien de la fin qui peut sembler optimiste. Il faut noter que le scénario adapté a été écrit par Pietro Germi lui-même, Mario Monicelli et Federico Fellini (si, si). Un très bon film à (re)découvrir.

2 octobre 2021

Eugénie Grandet - Marc Dugain

Après L'échange des princesses d'après Chantal Thomas (récemment diffusé à la télévision), l'écrivain réalisateur Marc Dugain s'est attaqué à un des romans les plus connus de Balzac, Eugénie Grandet, paru en 1834. Marc Dugain s'est aussi chargé de l'adaptation. C'est après avoir vu la bande-annonce que j'ai eu envie de voir ce film tout public qui m'a beaucoup plu. L'histoire se passe pendant la période de la Restauration à Saumur. Dans une demeure austère et froide, on fait la connaissance d'Eugénie Grandet, une belle jeune femme d'une vingtaine d'année en âge de se marier, de son père, Félix Grandet, un homme avare, de sa mère et de la servante Nanon. Félix Grandet, tonnelier, amasse des années de l'argent sans que sa femme ou sa fille soient au courant, car la famille vit chichement. Félix a tout mis sous clé. Les repas se composent de peu de choses et de presque pas de viande. Marié depuis 24 ans, il n'exprime pas beaucoup ses sentiments à sa femme ni à sa fille, qui sans le savoir est le plus beau parti de la ville. Seuls le banquier et le notaire de Grandet connnaissent la situation financière de la famille. Eugénie rêve d'un mariage d'amour et elle croit trouver l'âme soeur quand Charles Grandet, son cousin qui vient de Paris, s'installe un temps chez eux. En effet, François Grandet, le père de Charles et le frère de Felix vient de se donner la mort car il est couvert de dettes. Eugénie irradie au contact de Charles. Cependant, pour Felix, ce neveu n'est pas un gendre valable puisqu'il est pauvre. Felix veut garder sa fille pour lui, il n'a aucune intention de donner une dot. Le film vaut pour l'interprétation magistrale d'Olivier Gourmet dans le rôle de Félix Grandet. Il est exceptionnel dans le rôle de ce personnage tyrannique. Joséphine Japy dans le rôle d'Eugénie Grandet n'est pas en reste. Son beau visage est très expressif. Ce film classique, avec une histoire un brin féministe (Eugénie ne se laisse pas faire et sait tenir tête à son père), devrait plaire aux spectateurs qui iront le voir.

Lire les billets de Wilyrah, Selenie, une interview de M. Dugain par Baz'art sur le film. 

20 septembre 2021

Délicieux - Eric Besnard

Pour mon retour de vacances, et avant d'écrire quelques billets sur les pays baltes, je veux vous conseiller Délicieux d'Eric Besnard que j'avais vu en avant-première en juillet. Cette histoire qui se passe à la veille de la Révolution française m'a plu pour plusieurs raisons dont le sujet: la création du premier restaurant en France. Grégory Gadebois, très crédible dans le rôle de Manceron, un cuisinier au service du duc de Chamfort, est renvoyé après avoir créé sans autorisation un genre de petit pâté appelé "délicieux" à base de truffe et de pomme de terre. Manceron est humilié devant une assemblée de convives car on lui fait remarquer que l'on ne nourrit pas la noblesse avec de la nourriture pour cochon trouvée dans la terre. Manceron part sur les routes avec son fils jusqu'à ce qu'il s'installe dans un relais de poste abandonné. Là, il se met à déprimer jusqu'au jour où une femme nommée Louise (Isabelle Carré) lui demande de l'initier à l'art culinaire. Plus que réticent, Manceron refuse pendant plusieurs jours, et puis il sort de sa déprime. Manceron et Louise vont s'apprivoiser autour de recettes de cuisine en commençant par la base: trouver de quoi manger aux alentours. La cuisine, c'est d'abord goûter les ingrédients et comment les préparer. Benjamin, le fils de Manceron, va être aussi d'un grand soutien. On souhaite que le projet de Manceron se réalise: ouvrir un lieu où on sert de la nourriture variée, avec du choix dans le menu, à la différence des tavernes, des auberges ou des cabarets où l'on servait avant tout des boissons accompagnées éventuellement de nourriture. A propos de nourriture, les plats que Manceron prépare font saliver les spectateurs (enfin moi, j'ai salivé). Un joli film qui fait du bien et que j'ai trouvé original. Lire les billets d'Anne et Selenie

6 septembre 2021

Un triomphe - Emmanuel Courcol / Une histoire de désir et d'amour - Leyla Bouzid

Voici deux films que je conseille. Je les ai vus le même soir.

Je commence donc par Un triomphe d'Emmanuel Courcol dont le scénario s'inspire d'une histoire vraie, qui s'est déroulée en Suède dans les années 80. Etienne (Kad Merad) interprète un acteur en manque de projets. Il accepte de reprendre un atelier de théâtre dans une prison. Cinq détenus sont présents. Ils ont surtout étudié des fables de La Fontaine et ils aimeraient faire des sketchs. Ce n'est pas vraiment du théâtre. Etienne a l'idée de monter En attendant Godot de Samuel Beckett. Il explique aux détenus que c'est "l'histoire de deux mecs dans la m...de qui attendent des jours meilleurs", tout comme eux qui attendent toute la journée. Il se donne six mois pour arriver à présenter la pièce sur une scène. Les répétitions ne sont pas faciles mais Etienne y croit. Des obstacles administratifs sont résolus grâce à la directrice de la maison d'arrêt. J'avoue que je n'avais pas entendu parler de cette histoire et j'ai été surprise par le dénouement qui se passe à Paris au théâtre de l'Odéon. Car non seulement les détenus ont eu du succès dès la première représentation au théâtre de la Croix-Rousse à Lyon, mais d'autres théâtres les ont réclamés. Les détenus sont interprétés par des acteurs épatants. Un film agréable à voir. Lire les billets de missfujii et Rock07.

Mon second film vu la même soirée est Une histoire d'amour et de désir réalisé par une femme, Leyla Bouzid. Le premier plan du film montre un corps sous une douche. Il s'agit du corps d'un jeune homme, Ahmed, d'origine algérienne mais né en France, qui commence son cursus universitaire en littérature comparée à la Sorbonne. C'est son premier jour de fac et dans un des couloirs de l'université, il croise le regard de Farah, une jeune Tunisienne fraîchement débarquée de Tunisie. Elle compte bien découvrir Paris et toutes ses tentations. Ahmed et Farah suivent le même cursus consacré à la poésie arabe séculaire, très versée dans l'érotisme. Ahmed, de par ses convictions et son éducation, a du mal à exprimer ses sentiments et pourtant Farah lui plaît bien. Il est très réservé face à l'exubérance de Farah. Cet amour platonique va évoluer grâce peut-être à un ouvrage que Farah lui offre, Le jardin parfumé, un manuel d'érotologie arabe qui date du XVème. Un très joli film avec deux jeunes acteurs épatants. Lire le billet de Pierre D

***

A partir de ce lundi 6 septembre au soir, je me mets en pause de blog pour une dizaine de jours. Je pars visiter les pays Baltes. Néanmoins, un billet paraîtra le mercredi 15 septembre, il s'agit d'une lecture commune pour rendre hommage à Goran, un blogueur disparu tout récemment. Et ta d loi du cine a prévu de prendre les rênes du blog en mon absence.

3 septembre 2021

Les sorcières d'Akelarre - Pablo Agüero

Le film Les sorcières d'Akelarre de l'Argentin Pablo Agüero nous raconte une histoire qui se passe au Pays Basque côté espagnol en 1609. Le réalisateur s'est inspiré d'une "chasse aux sorcières" menée par Pierre de Lancre (1553-1631) dans la région du Labourd. Il était conseiller au Parlement de Bordeaux sous Henri IV. Appelé par un jeune prêtre de la région, de Lancre arrive en tant que juge accompagné d'un conseiller. Six jeunes filles d'un village de pêcheurs sont arrêtées car elles sont accusées d'avoir participé à une cérémonie diabolique, un sabbat. Elles sont condamnées d'avance au bûcher. Ces jeunes femmes belles, libres et intelligentes même si elles n'ont pas appris à lire et à écrire vivent la plupart de l'année seules car les hommes sont partis pêcher à Terre-Neuve. Interrogées les unes après les autres, elles sont torturées, humiliées. Quand on les interroge, on cherche une marque sur leur corps. Ana, la plus rusée des six, décide d'entrer dans le jeu du juge en avouant qu'elle est en effet une sorcière. Telle Shéhérazade, elle se met à raconter des histoires à de Lancre qui est comme envoûté. Malgré cela, le sort de ces jeunes filles est scellé mais pas de la manière que l'on croit après une cérémonie de Sabbat plus vraie que nature. J'ai été sensible à la manière dont le réalisateur filme caméra à l'épaule. C'est aéré et jamais pesant. Un très bon film qui sort des sentiers battus.

Lire les billets de Selenie, Baz'art et Pascale.

31 août 2021

La Terre des hommes - Naël Marandin

La Terre des hommes de Naël Marandin nous emmène dans la campagne bourguignonne de nos jours. On apprend que le quotidien des éleveurs comme ailleurs n'est pas de tout repos. Les temps sont durs, les exploitations fragiles qui ne savent pas s'adapter ou s'agrandir se font acheter par les plus grandes et les plus solides. Dans ce monde dominé par la gent masculine, on trouve quelques femmes, dont Constance, qui vit dans une ferme au bord de la faillite avec son père Bernard (Olivier Gourmet) et son fiancé Bruno (Finnegan Oldfield), avec qui il est prévu qu'elle se marie très bientôt. Malgré les réticences de son père, elle monte un dossier qui permettrait que la ferme soit sauvée. Elle compte sur l'appui de Sylvain Rousseau (Jalil Lespert), qu'elle aperçoit souvent lors du marché aux bestiaux. Marié à une femme vétérinaire, Sylvain a un certain charisme qui ne laisse pas Constance indifférente. Il lui promet de l'aider dans son projet qu'il trouve viable. Mais il est le seul à le penser au sein de la SAFER de la région. Il en est un membre éminent. Un jour, en fin de journée, Constance se rend dans le bureau de Sylvain qui fait tout pour la rassurer. Dans un moment de faiblesse, la jeune femme laisse faire Sylvain qui abuse d'elle malgré qu'elle ait dit non. Quelques jours plus tard, Sylvain va de nouveau abuser de Constance qui ne porte pas plainte immédiatement. Elle n'en parle ni à son père ni à son fiancé. Je n'avais jamais vu Diane Rouxel dans un film, cette actrice de 28 ans porte littéralement le film sur ses épaules. Elle est pratiquement de tous les plans. Rien que pour elle, je vous conseille de voir le film. Vous n'oublierez pas de sitôt son beau visage.

27 août 2021

Drive my car - Ryusuke Hamaguchi

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Après Senses 1, 2, 3, 4 et 5 et Asako 1&2, Drive my car du réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi, qui vient de sortir, a été récompensé du prix du scénario au dernier Festival de Cannes 2021. Ce film qui dure 3 heures raconte la rencontre, à Hiroshima, de Yusuke Kafuku, 47 ans, acteur et metteur en scène de théâtre, et de Misaki, une jeune femme de 23 ans qui est devenue chauffeur d'invités de la ville car elle ne sait rien faire d'autre. Le film s'ouvre avec un préambule qui dure plus d'une demi heure, où l'on fait la connaissance de Yusuke et de sa femme Oto. Cette dernière est scénariste pour la télévision. On apprend rapidement qu'ils ont perdu leur petite fille âgée de cinq ans plusieurs années auparavant. Le couple est encore uni, même si Oto a des relations charnelles avec d'autres hommes quand son mari est absent. Un jour, Yusuke revient chez lui et trouve sa femme inanimée. Elle vient de décéder d'une attaque cérébrale. Le générique apparait et on retrouve Yusuke deux ans après. Il est invité à Hiroshima pour mettre en scène Oncle Vania pendant un festival. Les organisateurs l'obligent à ce ne pas conduire sa voiture, et c'est donc Misaki qui va lui servir de chauffeur. Il faut évoquer les scènes se rapportant aux répétitions de la pièce. D'abord, c'est une lecture autour d'une table. Les acteurs et actrices choisis sont de différentes nationalités: hong-kongaise, chinoise, japonaise et coréenne, et ils ne s'expriment que dans leur langue. Parmi eux, il y a une Coréenne sourde et muette qui s'exprime dans le langage des signes. Le réalisateur a très bien su filmer Hiroshima, ville moderne, sans que l'on voit les traces du passé. Petit à petit Yusuke et Misaki se confessent l'un à l'autre, lui qui ne se remet pas du décès de sa femme et elle qui n'aimait pas sa mère, mais qui néanmoins se sent responsable de sa mort. Ils vont jusqu'à traverser une partie du Japon du sud au nord en voiture et aller jusqu'à l'île d'Hokkaïdo où habitaient Misaki et sa mère. La séquence finale où l'on voit les acteurs jouer Oncle Vania face à une salle comble est un moment très émouvant. Je n'ai pas forcément tout aimé dans ce film (sa durée par exemple), mais je vous conseille de le voir. L'histoire est adaptée d'une nouvelle de Haruki Murakami. Lire les billets du Bleu du miroir, miriam et Pascale.

21 août 2021

BAC Nord - Cédric Jimenez

BAC Nord, un film français qui est sorti le mercredi 18 août 2021, évoque la vie de trois flics, Grégory, Antoine et Yassine. Ils appartiennent à la BAC (Brigade Anti Criminalité) Nord et ils opèrent dans les quartiers nord de Marseille qui ressemblent assez à une zone de combat.
En préambule, on voit Grégory (Gilles Lellouche) en mauvaise posture. Il a été arrêté et on le traite comme un criminel. Quelques mois auparavant, les trois policiers, Grégory un homme seul, Antoine (François Civil) qui a un chien et Yassine (Karim Leklou) futur papa grâce à sa compagne Nora (Adèle Exarchopoulos) traquent en voiture ou à pied des "charbonneurs" (dealers). Parfois il y de la casse (la voiture banalisée est très abîmée). Ils reçoivent des remarques désagréables de leur hiérarchie qui trouve que leurs interpellations coûtent cher à la police alors qu'ils sont censés faire du chiffre. Et pour faire du chiffre, qu'importe les méthodes. C'est ce qui va les perdre même si au départ ils sont couverts justement par leur chef. Ils franchissent la ligne jaune entre ce qu'il est permis de faire ou non. Ils en prennent plein la figure malgré leur réussite dans une opération à grande échelle qui permettra de rafler une grande quantité de drogue (et d'argent). 
La réalisation de Cédric Jimenez est nerveuse sans temps mort. Les trois comédiens principaux sont formidables. J'ai apprécié que les personnages (les policiers) ne soient pas ou tout blanc ou tout noir. Un film que je vous conseille. Lire les billets de Baz'art et Selenie.

18 août 2021

Rouge - Farid Bentoumi

Rouge de Farid Bentoumi, qui est inspiré de faits réels, est très intéressant pour son traitement du sujet: très sobre. Nour Hamadi, une jeune femme infirmière, vient de démissionner de son poste dans un hôpital, suite à un drame dont elle n'est pas totalement responsable. Grâce à son père, Slimane Hamadi, elle est engagée dans l'usine chimique où travaille son père depuis 29 ans. Il est responsable syndical. Il semble que, grâce à lui, l'usine n'a pas encore fermé. Cette usine fait vivre 214 familles. Dès qu'elle prend ses fonctions, Nour constate assez vite qu'il y a des anomalies concernant la santé de certains des ouvriers, dont un n'est pas passé devant le médecin du travail depuis 16 ans. Elle apprend que, dans les années 90, les déchets toxiques (boues rouges) de l'usine étaient déversés dans un lac en pleine nature. Désormais, les mêmes déchets sont enterrés dans des cavités souterraines. Avec les dossiers des ouvriers, elle se rend compte qu'il y a des malades chroniques et deux ouvriers décédés de cancer très jeunes. Avec détermination et avec l'aide d'une journaliste indépendante, Nour doit trouver des preuves pour que la terrible vérité éclate. Elle se met à dos son père, son beau-frère et tous les autres ouvriers. J'ai aimé ce film: même s'il n'a pas la force de films américains comme Dark Waters ou Erin Brokovitch, il remplit son rôle d'informer et de distraire. Lire le billet d'Henri Golant. Je suis d'accord avec ce dernier, Rouge risque de ne pas rester longtemps l'affiche, et donc allez-y.

10 août 2021

OSS 117 - Alerte rouge en Afrique noire - Nicolas Bedos

Je n'avais pas beaucoup ri aux deux premiers "OSS 117" avec Dujardin dont j'avais dû voir des extraits plutôt que les films en entier. Cet été, parmi des sorties peu tentantes, je me suis donc décidée malgré tout à aller voir OSS 117 - Alerte rouge en Afrique noire. Nous sommes en janvier 1981, peu de temps avant l'élection de François Mitterrand. OSS 117 alias Hubert Bonisseur de La Bath vient juste de s'évader d'Afghanistan où il était retenu par des militaires Russes qui voulait l'échanger contre des armes. Je rappelle que les Russes ont envahi l'Afghanistan en 1979. Revenu dans les locaux du SDECE à Paris, il est tout de suite appelé dans le bureau de son supérieur, Armand Lesignac. Sur le trajet, il en profite pour mettre la main aux fesses de toutes les femmes qu'il croise dans le bâtiment. Lesignac lui présente un nouvel agent, Serge, alias OSS 1001 (Pierre Niney) à qui on confie une mission en Afrique de l'ouest. On sent qu'Hubert prend en grippe très vite OSS 1001. Pour ce qui concerne OSS 117, il est assigné au traitement informatique des dossiers de l'agence. Dans cette nouvelle tâche, il devient un pro du langage Cobol. Quelque temps après, Lesignac, très inquiet d'être sans nouvelles de OSS 1001, décide d'envoyer Hubert prendre la relève et continuer la mission: mater des rebelles d'un pays où le président en titre doit être réélu avec 84% des suffrages. A partir de là, on se rend compte que non seulement OSS n'est pas futé, mais en plus qu'il est raciste, homophobe, misogyne, qu'il a des pannes sexuelles et qu'il est très jaloux de OSS 1001 pour différentes raisons. Dès son arrivée en Afrique, Hubert (alias Emile Cousin, il opère "undercover", "sous couverture") retrouve OSS 1001. Ce dernier (qui s'était infiltré parmi les rebelles) avait de l'admiration pour OSS 117. Il déchante de plus en plus et à juste titre sur le comportement de son aîné. Je vous laisse découvrir qui est à la tête des rebelles, d'où viennent les armes qui pourraient renverser le pouvoir en place, comment Hubert repousse les assauts d'un tigre et comment le langage Cobol l'aide dans son entreprise de détruire un entrepôt d'armes. Je trouve qu'il y a pas mal d'humour grinçant et Hubert est un personnage pas sympathique (selon moi). Quand on voit le début du générique de fin, on peut supposer qu'il y aura une suite. Un film qui se laisse voir mais pas plus. Lire les billets de Princecranoir, Henri Golant, Pascale.

6 août 2021

Onoda : 10 000 nuits dans la jungle - Arthur Harari

Comme Pascale et Strum, je recommande Onoda: 10 000 nuits dans la jungle, un film de 2H43 réalisé par un Français, Arthur Harari, avec des acteurs japonais. Onoda est un Japonais qui a vraiment existé. En 1944, ce jeune soldat aurait dû être pilote mais, parce qu'il avait le vertige, son destin changea du tout au tout. Il fut envoyé aux Philippines sur la petite île de Lubang avec un bataillon de soldats. En compagnie de quatre d'entre eux, formés à la guerilla comme lui, il commence à parcourir l'île, prêt à retarder l'ennemi. Ils ne sont pas convaincus que la guerre soit terminée. Seul le supérieur d'Onoda pourra le convaincre de se rendre. Il faudra attendre 30 ans, en 1974, pour cela. Entretemps, on suit avec intérêt la vie de ces quatre hommes, puis de ces trois, puis de ces deux, puis d'Onoda tout seul. Pendant toutes ces années, ils vivent sans nourriture ou presque, sans abri digne de ce nom. Les pluies diluviennes au temps de la mousson alternent avec un soleil de plomb. Les armes à la main, ils commettent quelques exactions ou bien ils ripostent quand on leur tire dessus. Car les autochtones les voient de loin d'un très mauvaix oeil. De loin en loin, grâce à un petit poste de radio, ils apprennent qu'en 1969, l'homme a marché sur la Lune. Un film un peu long qui réserve quelques moments forts ou violents. Le vrai Onoda est mort à 91 ans en 2014.

3 août 2021

La loi de Téhéran - Saeed Rouastee

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Quel film que La loi de Téhéran de Saeed Rouastee, sorti mercredi 28 juillet 2021! Dès la première image, j'ai été captivée. On est dans une rue de Téhéran. Des flics encerclent une maison. Un des policiers est dehors et, tout à coup, il voit une ombre sur le toit. L'ombre se déplace et saute dans la rue. L'ombre, qui est un homme jeune, se met à courir. Le flic se met à courir derrière lui. Ils courent vite. L'homme, un dealer, passe par dessus une palissade en métal et il tombe de l'autre côté, je vous ne dirai pas où et ce qu'il lui arrive. Et pendant ce temps, le flic cherche désespérément le dealer qui a laissé tomber un paquet de drogue par terre juste avant de disparaître. Dans l'une des séquences suivantes, on voit des vrais accros au crack entassés dans des énormes cylindres qui servent de matériaux de construction. C'est une vraie cour des miracles où les enfants et les femmes côtoient des hommes drogués jusqu'aux yeux. Certains sont même décédés comme le découvre un des  policiers arrivé sur place pour emmener toute de cette population qui n'offre pas vraiment de résistance. Les postes de police à Téhéran semblent immenses pour recueillir autant de personnes d'un coup. Samad, un policier des stups et l'un des personnages principaux du film, est un homme obstiné qui veut trouver le pourvoyeur de drogue de la ville où on a dénombré plus de 6,5 millions de toxicomanes. Les dealers détenteurs de 5 grammes ou 500 kg sont pratiquement assurés d'être condamnés à mort. Et les toxicomanes sont aussi lourdement condamnés. Samad arrive à trouver Nasser K., un des parrains de la drogue. Nasser, à son tour, devient le personnage essentiel de ce polar haletant avec beaucoup de dialogues. C'est un film foisonnant avec une vraie épaisseur dans les personnages. Il faut noter les interprétations exceptionnelles des acteurs, dont Payman Maadi (Samad) et le beau Navid Mohammadzadeh (Nasser K.). L'un des grands films de 2021. Lire le billet d'Henri Golant.

25 juillet 2021

Benedetta - Paul Verhoeven

N'étant pas entièrement vaccinée, il faut que j'attende la fin de la première semaine d'août pour retourner au cinéma. (-:..
Je peux tout de même vous écrire quelques mots sur Benedetta de Paul Verhoeven. Un film qui m'a un peu déçue malgré les bonnes critiques. Je ne l'ai pas trouvé sulfureux du tout. Je m'attendais vraiment à autre chose. A la fin du XVIème siècle, Benedetta, une petite fille âgée de 9 ans issue de la noblesse, entre dans un couvent toscan moyennant une grosse somme versée au couvent. Benedetta a beaucoup d'aplomb et n'a peur de rien. Jésus s'adresse à elle sans intermédiaire. Dix-huit ans passent et Benedetta (Virginie Efira) est devenue une belle jeune femme pétante de santé qui s'adresse toujours directement à Jésus. Le couvent dirigé par Soeur Felicita (Charlotte Rampling) accueille une nouvelle jeune fille, qui devient Soeur Bartolomea, fuyant la violence de son père et de ses frères. Entre Benedetta et Bartolomea, c'est le coup de foudre qui va perturber la routine du couvent. Je ne m'étendrai pas sur leurs relations intimes. En revanche, Benedetta a de plus en plus souvent des crises de mysticisme, elle prend une voix d'homme (j'ai trouvé les scènes un peu grotesque), elle présente les stigmates du Christ, et pendant ce temps, la peste frappe Florence et les environs. Vous pouvez aller voir le film ou pas, c'est à vous de juger. Lire les billets de Pascale et Christoblog

19 juillet 2021

Un espion ordinaire - Dominic Cooke / L'un des nôtres - Thomas Bezucha

Voici deux films que j'ai appréciés pour leurs scénarios et les acteurs.  

L'histoire inspirée de faits réels d'Un espion ordinaire nous fait revenir au début des années 60 en pleine Guerre froide. A Londres, Grevill Wynne (Benedict Cumberbatch), un homme d'affaires qui se rend régulièrement en URSS, va être recruté par le MI6 et la CIA pour servir de messager entre l'Est et l'Ouest. Il doit se lier d'amitié avec Oleg Penkovsky, un colonel du GRU soviétique. Pendant plusieurs mois, Penkovsky transmets à Wynne des documents sur les armes nucléaires soviétiques. Wynne se rend de plus en plus souvent en Russie sans révéler quoi que se soit à sa femme. qui se met à le soupçonner de la tromper. Penkovsky ne se doute pas qu'il est surveillé mais un jour on tente de l'empoisonner. C'est le KGB qui découvre ce trafic de documents sensibles. Les deux hommes sont arrêtés et Wynne va connaître les geôles soviétiques pendant plusieurs mois avec torture, mauvais traitements et privation de nourriture. Et pourtant, il clame son innocence et les services secrets occidentaux vont tout faire pour le sortir de là. A l'écran, on assiste à tout ce qu'endure Wynne mais le réalisateur n'en montre pas trop. Cumberbatch qui est co-producteur exécutif du film fait une prestation sobre. Un film qui met en lumière des personnages peu connus de l'histoire contemporaine. Lire le billet de Pascale.

Je passe à L'un des nôtres que je suis allée voir après avoir été attirée par la bande-annonce. L'histoire se passe aussi dans les années 60, mais cette fois-ci aux Etats-Unis, dans les paysages impressionnants du Dakota du nord et du Montana. Ce film est l'occasion de revoir Kevin Costner dans le rôle de George, un shérif à la retraite. Il est marié depuis de nombreuses années avec Margaret (Diane Lane). Ils vivaient dans le Montana dans une grande maison en compagnie de leur fils, qui vient de décéder accidentellement. Celui-ci était marié à Lorna et père d'un petit garçon. Quelques années passent et Lorna se remarie avec un dénommé Weboy et elle emmène son fils, ce qui laisse Margaret désemparée. Cette dernière convainc George de partir avec elle afin d'essayer de  revoir leur petit-fils et même d'en récupérer la garde. Quand ils arrivent dans le Dakota du nord, ils ne sont pas les bienvenus. Blanche Weboy (Lesley Manville terrifiante), la grand-mère, ne veut pas laisser le petit garçon. Elle mène d'une main de fer toute sa tribu, composée de ses trois garçons et d'un neveu. Il y a des scènes qui font peur. C'est bien réalisé et bien joué. Kevin Costner est aussi coproducteur du film. Malheureusement, le film n'est resté qu'une semaine à l'affiche à Paris. Lire le billet de Martin K.

13 juillet 2021

Présidents - Anne Fontaine

Présidents d'Anne Fontaine est une belle fable dans laquelle on cotoie deux anciens présidents de la république, Nicolas et François. Et l'on rit beaucoup. Nicolas (Jean Dujardin, très bien) s'occupe de passer l'aspirateur chez lui (il s'ennuie) tandis que sa femme est chanteuse lyrique. François (Grégory Gadebois, excellent), lui, vit une petite vie tranquille auprès d'Isabelle (Pascale Arbillot, qui a les répliques les plus amusantes), sa femme vétérinaire, en Corrèze, près d'Uzerche. Les prochaines élections présidentielles approchent et Nicolas craint que le RN ne gagne. Il aimerait éviter à nouveau un deuxième tour entre Emmanuel et Marine. Nicolas décide de prendre le train pour aller visiter François et le sortir de sa retraite. François est apaisé mais il a eu mal à se remettre de la trahison de Macron (le nom du président de la république en exercice est explicitement nommé). Nicolas a l'idée de créer un nouveau parti, "La France pour toujours", qui s'allierait avec le parti EELV (Europe Ecologie Les Verts). Nicolas a un mal fou à prononcer le nom de ce parti car il bute sur les mots de manière cocasse. J'ai aimé ce film pour les personnages jamais caricaturaux. Les femmes ont le beau rôle. La fin optimiste m'a plu et j'ai trouvé qu'Anne Fontaine avait beaucoup d'empathie et de tendresse pour les personnages. Un joli film. Lire les billets de Pascale et Henri Golant

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