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15 juin 2021

Films vus et non encore commentés depuis le 19 mai 2021 (réouverture des salles de cinéma) - 2/3

Villa Caprice de Bernard Stora m'a laissé un étrange sentiment : d'avoir été manipulée, comme Niels Arestrup qui joue le rôle d'un avocat. Villa Caprice raconte la rencontre entre Luc Germon, un des meilleurs avocats de France, et Gilles Fontaine (Patrick Bruel), un homme d'affaires. Germon a accepté de défendre Fontaine accusé d'avoir acquis, sur la Côte d'Azur, une sublime villa (Villa Caprice) de manière pas très honnête. Assez rapidement, l'histoire bifurque dans un face-à-face non dénué d'arrière-pensées entre l'avocat et son client, qui l'invite dans la villa et le fait profiter de son bateau mené par Jérémie, un  jeune homme un peu mystérieux. Germon est un homme seul qui n'a jamais été marié. Il vit avec son vieux père acariâtre (Michel Bouquet, très bien). J'ai été émue par les relations Germon et son père, et l'attitude de Germon quand son père décède. La fin inattendue m'a prise par surprise. Un film qui se voit mais qui peut attendre son passage sur petit écran. Sinon, j'ai fait une recherche sur Wikipedia, la villa que l'on voit à l'écran est le château Volterra, un domaine viticole français situé à Ramatuelle qui domine la baie de Saint-Tropez. Le domaine appartient depuis vingt ans à un groupe d'investisseurs canadiens. Lire le billet de Ffred.

Avec Nobody d'Ilya Naishuller, on change totalement de registre. L'histoire n'est pas très importante mais l'intérêt du film réside dans le personnage de Hutch Mensell, un ancien des services spéciaux du FBI. Un de ceux qui font le "ménage" quand c'est nécessaire. Désormais, Hutch Mensell est une sorte d'agent dormant qui mène une vie monotone, "métro, boulot, dodo", avec sa femme et ses deux enfants, dans un pavillon banal au premier abord. Et Hutch a la fâcheuse habitude de louper le passage des éboueurs. Une nuit, deux personnes s'introduisent dans sa villa. Ils ne dérobent pas grand-chose mais ils ont le toupet de prendre le bracelet à tête de chat de sa fille. Sans que soient prises des mesures radicales, les deux cambrioleurs vont se souvenir de leur rencontre avec Mensell. Tout comme les cinq hommes qui montent dans un bus où se trouve justement Mensell. A part lui, dans ce bus, il y a deux autres passagers dont une jeune fille, dont on s'attend à ce qu'elle passe un mauvais quart d'heure. Mais Mensell est là et la castagne commence. Parmi les cinq hommes qui ne vont pas sortir bien vaillants de cette bagarre, il y a le jeune frère de Julian, un "très méchant" appartenant à la Mafia russe. C'est l'engrenage et la multiplication des morts, mais Hutch ne sera plus considéré comme un "pas grand-chose". Je vous laisse découvrir toutes les péripéties qui, malgré les cadavres, sont teintées d'humour. Il faut voir le film comme il est : un bon moment à passer dans une salle. Il faut noter que le scénariste est celui de la série John Wick. Lire les billets d'Henri Golant, Trillian et Ffred.

10 juin 2021

Films vus et non encore commentés depuis le 19 mai 2021 (réouverture des salles de cinéma) - 1/3

Depuis le 19 mai, j'utilise à plein ma carte d'abonnement de cinéma qui m'a déjà permise de voir dix films et ce n'est pas fini puisque cette semaine, j'ai noté quelques long-métrages qui me tentent.

Parmi les films vus, certains m'ont relativement déçue comme Falling et Sons of Philadelphia,

Falling de et avec Viggo Mortensen (qui a aussi écrit le scénario) semble être un récit avec une grande part d'autobiographie. Je me réjouissais de voir ce film après avoir vu la bande-annonce prometteuse. Après coup, je pense que Mortensen aurait dû être devant ou derrière la caméra, mais pas les deux. Le personnage du père joué (très bien) par Lance Henriksen est un vieux grincheux insupportable qui a fini par me crisper. Cette histoire d'un vieil homme en fin de vie, de sa relation avec ses enfants et petits-enfants, aurait pu me toucher plus si le père n'arrêtait pas de dire des insanités du fait qu'il perd la tête. On dit que la vieillesse peut être un naufrage, c'est vrai. Et puis, désolée, Viggo Mortensen dans le rôle d'un homosexuel, je n'y ai pas cru une minute. Lire les billets de Pascale, Missfujii et Ffred autrement plus positifs.

Je passe à Sons of Philadelphia de Jérémie Guez (oui, l'écrivain français qui a écrit plusieurs romans noirs) que j'ai vu parce que la séance d'Hospitalité était complète. Ce film qui m'a encore moins plu que Falling: je n'ai rien compris à l'histoire où les flash-back sont nombreux (comme pour Falling où, là, ils sont pertinents). On suit l'itinéraire de deux cousins (Matthias Schoenaerts et Joël Kinnaman) de l'enfance, pendant laquelle Peter Flood (Mathias Schoenaerts) a subi un grave traumatisme, à leur vie d'adulte. Je suis restée complètement en dehors de l'histoire, dont je n'ai pas compris les tenants et les aboutissants, à part que cela se passe à Philadelphie au sein de la Mafia irlandaise. C'est adapté d'un roman de Pete Dexter. Lire le billet de Ffred.

Dans quelques jours, je vous ferai un billet sur deux autres films qui m'ont plu davantage.

6 juin 2021

Des hommes - Lucas Belvaux

A la différence de Pascale et Ffred, j'ai beaucoup aimé ce film même si l'on n'a pas toutes les réponses aux questions que l'on peut se poser. Les ellipses ne m'ont pas dérangée du tout. Bernard (Depardieu imposant, au sens propre et au figuré) arrive comme un éléphant dans un magasin de porcelaine dans la salle des fêtes du village du Morvan où il habite. Il a tenu à remettre un cadeau à sa soeur Solange (Catherine Frot) pour son anniversaire. Tout le village a été invité sauf lui. Lui, Bernard, qui se fait remarquer par ses remarques racistes envers le Maghrébin qui a aidé Solange pour l'événement. Bernard qui est ivre est mis à la porte de la fête. Il rentre chez lui et à partir de là, on commence à entendre les voix "off" des personnages, comme celle de Jean-Pierrre Darroussin qui interprète Rabut, le cousin de Bernard (alias Feu-de-bois). Cette altercation nous fait remonter plus de 60 ans en arrière quand Bernard, Rabut et quelques autres ont été en Algérie dans le cadre de leur service militaire qui à l'époque durait encore deux ans. Et cette guerre en Algérie a laissé un traumatisme indélébile à ces jeunes hommes. Les acteurs qui interprètent Depardieu et Darroussin jeunes (pour moi, ce sont des inconnus) sont remarquables. La guerre est vu à hauteur de ces jeunes soldats qui, parce qu'une nuit, ils reviennent trop tard d'une permission, provoquent un massacre. J'ai apprécié que Lucas Belvaux ne prenne pas trop partie: les "méchants" et les "gentils" sont dans les deux camps. Il n'y a pas de scène gratuite. Un film que je conseille absolument et qui m'a donné envie de lire le roman éponyme de Laurent Mauvignier dont le film est adapté.

30 mai 2021

Hospitalité - Kôji Fukada

Voici un film japonais tout à fait recommandable.

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Hospitalité de Kôji Fukada a été tourné en 2010 mais il sort seulement maintenant, en 2021. Le Japonais Kôji Fukada est aussi le réalisateur d'Harmonium (2016) et L'infirmière (2019). L'intrigue d'Hospitalité pourrait faire penser tout d'abord au film coréen, Parasite, mais pas du tout.

Mikio Kobayashi vit avec Natsuki, sa seconde épouse, Eriko, sa petite fille issue de son premier mariage, et Seiko, sa soeur, dans la maison familiale à un étage. Au rez-de-chaussée se trouve une petite imprimerie gérée par Mikio. Il est aidé par sa femme qui s'occupe des commandes et de la comptabilité et un employé. Pendant son temps libre, Natsuki enseigne des notions d'anglais à Eriko. C'est à cause de la disparition de la perruche d'Eriko, et des affiches imprimées d'avis de recherche de l'oiseau, qu'un élément perturbateur apparait en la personne d'Hanataro Kagawa qui se dit être le fils d'un ami du père décédé de Mikio. Il affirme savoir où se trouve la perruche mais les recherches restent vaines. En revanche, Hanataro va troubler la tranquillité de la famille. Il devient indispensable à la bonne marche de l'imprimerie après que l'employé est tombé malade. Mikio l'embauche et Hanataro s'installe dans une chambre à l'étage. Peu de temps après, Annabelle, une jeune femme blanche pas farouche  (la femme d'Hanataro), vient à son tour s'installer parmi la famille, qui regarde cette jeune femme non-japonaise avec des yeux ronds. Il faut savoir que le Japon a une population immigrée très faible, qui est considérée d'un mauvais oeil. Hanataro se montre vite curieux et inconvenant envers cette famille. On ne devine pas ses intentions. Jusqu'à ce qu'il invite toute une bande de garçons et filles de différentes nationalités qui vont squatter toute la maison. Heureusement (si je puis dire), les voisins veillent. En particulier une femme qui fait signer une pétition contre les sans-abri. L'histoire, un peu invraisemblable, m'a paru sympathique. Il y a des moments assez amusants avec un peu de folie et de piquant et tout est bien qui finit pas trop mal.

27 mai 2021

Si le vent tombe - Nora Martirosyan

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Grâce au cinéma grand écran, je suis partie en voyage dans une région que l'on ne trouve même pas sur Google Earth, le Haut-Karabakh, une enclave arménienne dans l'Azerbaïdjan. J'ai donc vu Si le vent tombe qui avait été sélectionné dans la compétition cannoise de l'an dernier. Bien entendu, le film a été tourné bien avant la dernière guerre qui a eu lieu d'octobre à novembre 2020 entre le Haut-Karabakh et l'Azerbaïdjan. Pour ceux qui l'ignore, le Haut-Karabakh est une république autoproclamée depuis 1991 mais qui n'est pas reconnue par l'ONU. Alain Delage (Grégoire Colin, très bien) arrive en Haut-Karabakh. Son passeport n'est pas tamponné. Le voyage depuis France a consisté en un déplacement en avion jusqu'à Erevan (Arménie) et à partir de là, il a été conduit en voiture pendant huit heures jusqu'aux environs de la ville principale, Stepanakert. Il n'y a qu'une route. Il est accueilli par le responsable de l'aéroport (notre petite cathédrale aéroportuaire, comme il dit). Car Alain est là pour un audit qui permettra ou non que cet aéroport fantôme (pour le moment, aucun avion ne décolle ou n'atterrit) fonctionne. Cela donnerait à la région une reconnaissance de la communauté internationale. Alain doit rester pour quelques jours. Tout le personnel de cet aéroport se met à sa disposition pour lui rendre les choses faciles. Alain se pose néanmoins des questions comme "Quelle est la distance jusqu'à la frontière?" ou "est-ce que les avions pourront faire demi-tour en cas de besoin?". Dès le début de son audit, Alain a remarqué un petit gamin qui transporte de l'eau dans des bonbonnes. Il coupe à travers champ et passe et marche près de la piste de l'aéroport. Avec d'autres, ce même gamin joue à la guerre avec des armes et des munitions qui sont entreposées dans un bâtiment en ruine. La réalisatrice a pris le temps de nous faire ressentir la beauté des paysages et le calme apparent qui y règne. Mais elle sait aussi filmer la guerre vers la fin du film. Un film que je conseille absolument.

23 mai 2021

Une vie secrète - Aitor Arregi, Jon Garaño et Jose Mari Goenaga

Une vie secrète (La Trinchera infinita en VO), un film espagnol réalisé conjointement par trois réalisateurs, évoque 33 ans de la vie d'Higino Blanco et de sa femme Rosa entre 1936 et le début du Franquisme jusqu'en 1969.  Ce film m'a plu malgré sa longueur: 2H27. Higinio (Antonio de la Torre) et Rosa (Belén Cuesta) viennent de se marier quand la guerre d'Espagne éclate. Ils n'ont même pas eu le temps de partir en voyage de noces. Le film est découpé en chapitres plus ou moins long avec des verbes ou des noms communs en référence à ce qui arrive à Higinio. En 1936, cet homme est un Républicain recherché par les phalangistes qui réussissent à l'attraper, avant qu'il ne s'évade d'un camion. Après s'être enfui dans la campagne, il est contraint de revenir chez lui où il va se cacher dans une cache sous le sol de sa cuisine. Sa femme va être interrogée et maltraitée par les phalangistes, en particulier par un voisin Gonzalo qui épie et dénonce tout le monde. Il accuse Higino d'avoir tué son frère. Il est certain qu'avant d'être poursuivi, on ne sait pas ce qu'a fait Higino et ses camarades. Le temps passe, on est en 1944-45, Higino attend la victoire des alliés mais rien ne change en Espagne, Franco est toujours là. Higinio et sa femme emménagent chez le père d'Higinio dans le même village d'Andalousie. Là se trouve une cache plus grande dont l'entrée sont les portes d'un buffet. J'ai aimé le personnage de Rosa qui, même si elle ne se cache pas (elle n'est pas recherchée), va vivre la même vie recluse que son mari. Elle va néanmoins tomber enceinte et donner naissance à un petit garçon appelé Jaime qu'elle fait passer pour son neveu. Il y a plein de péripéties dans et autour de l'espace clos où Higinio est cloîtré. En 1969, Franco accorde l'amnistie à tous les crimes commis avant 1939. Le personnage d'Higinio est inspiré du destin d'une centaine de personnes qui ont vécu 30 ans terrés chez eux. On les a appelés les "topos", les taupes. C'est un film où il ne faut pas être trop claustrophobe. La caméra est très près des personnages dans des pièces exiguës. On a parfois l'impression parfois d'étouffer. Un film qui risque de passer inaperçu (peu de critiques dans la presse) et c'est bien dommage. Lire le billet de Wilyrah

20 mai 2021

Drunk - Thomas Vinterberg

Ca y est, les cinémas sont rouverts et pour ma première séance, hier soir, je suis allée voir Drunk de Thomas Vinterberg. L'histoire se passe à Copenhague de nos jours. Dans un lycée, quatre enseignants, Martin, Tommy, Peter et Nikolaj, respectivement professeur d'histoire, de sport, de philosophie et de musique, manquent de motivation. Martin est devenu ennuyeux. Il ne sait plus quoi raconter à ses élèves. Chez lui, ce n'est pas mieux. Il voit à peine sa femme qui fait des gardes de nuit et ses enfants ne l'écoutent plus. Le soir de l'anniversaire des 40 ans de Nikolaj, les quatre enseignants se retrouvent au restaurant. Lors de leur dîner bien arrosé (champagne, vodka et vin de Bourgogne), ils évoquent un philosophe norvégien qui a théorisé sur le fait que l'humain a besoin de 0,05 gr d'alcool dans le sang pour mieux supporter son existence et pour développer sa créativité. Dès son retour chez lui, Martin commence à mettre en pratique cette idée et il commence par boire du vin et puis des alcools de plus en plus forts, jusqu'à 20 heures en semaine, et pas le week-end. Ses collègues se joignent assez vite à lui dans des séances de saoulographie pour le moins spectaculaires. Quand on voit ces personnages à l'écran, on se demande comment ils font pour tenir. On les plaint beaucoup et on les envie un peu d'oser faire quelque chose pour essayer de changer leur vie d'homme. Les quatre acteurs sont formidables, Mads Mikkelsen en tête, qui prouve encore une fois être un très bon acteur et un bon danseur. Le final du film a un côté euphorisant. On a envie de chanter et danser.

Lire les billets de Pascale, ffred, mymp, et Wilyrah qui a écrit une critique et a interviewé le réalisateur.

Dans la salle, on était une cinquantaine de personnes qui ont gardé leur masque. J'étais vraiment ravie de cette soirée. Je me sens revivre.

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12 mai 2021

Un flic - Jean-Pierre Melville

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Un flic est le dernier film qu'ait réalisé Jean-Pierre Melville en 1972. Je ne l'avais jamais vu. Je dirais que ce n'est pas son meilleur mais il y a des séquences marquantes comme la scène d'ouverture qui se passe en décembre quelque part dans une ville balnéaire battue par les vents et la pluie. Il se dégage une atmosphère lugubre. Quatre hommes pas très jeunes sortent d'une voiture, ils vont braquer une banque. Plus tard dans l'histoire, la nuit un train est survolé par un hélicoptère à bord duquel se trouve un homme, Simon, l'un des quatre braqueurs. Il descend avec un treuil pour s'introduire dans le train. Il va s'emparer d'une mallette pleine de drogue. Pendant ce temps-là, Edouard Coleman (Alain Delon), un flic austère, commence ses journées en parcourant l'avenue des Champs-Elysées déserte en voiture. Il est l'amant de Cathy (Catherine Deneuve) qui est aussi la maîtresse de Simon (sans forcément que l'un et l'autre le sachent). Comme souvent, chez Melville, on trouve une séquence se déroulant dans un night-club. Une fois de plus, il faut noter le peu de dialogues réduits au minimum. Plus que le film, j'ai beaucoup apprécié le documentaire de 25 minutes en bonus où sont interviewés Florence Moncorgé-Gabin et Jean-François Delon (le demi-frère). Elle débutait comme script-girl et lui était assistant-réalisateur sur le film de Melville. Ils racontent diverses anecdotes intéressantes.

6 mai 2021

La piscine - Jacques Deray / Max et les ferrailleurs - Claude Sautet

Dans treize jours, les salles de cinéma devraient rouvrir, hip hip hip, hourra!!!

En attendant, je continue à revoir quelques films qui sont devenus des classiques. Ce billet est une sorte de mini-hommage à Romy Schneider (disparue le 29 mai 1982) qui joue dans les deux films chroniqués.

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La piscine de Jacques Deray, sorti en France en janvier 1969 (il a été tourné en 1968), a permis à Romy Schneider de relancer sa carrière. Elle interprète Marianne qui file le parfait amour avec Jean-Paul (Alain Delon), un agent publicitaire. Ils passent des vacances idylliques dans une superbe villa au-dessus de Saint-Tropez. Ils reçoivent un coup de fil inattendu d'Harry Lannier (Maurice Ronet), qui a l'intention de venir avec sa fille Pénélope (Jane Birkin).  Harry, au sourire charmeur, arrive en Maserati, accompagné de Pénélope. Harry est le meilleur ami de Jean-Paul et l'ancien amant de Marianne. Petit à petit, un malaise s'installe au sein de ce quatuor, dans lequel Pénélope, qui parle peu va provoquer le chaos. Quelqu'un est assassiné, noyé dans la piscine, l'enquête n'aboutit à rien (dans la version que j'ai vue). Mais il existe une fin alternative. J'ai beaucoup aimé revoir ce film pour les acteurs qui sont tous magnifiquement filmés sous le soleil de Saint-Tropez dans une villa de rêve. Voir le billet d'Armelle. Le film a été redifffusé récemment sur Arte en hommage à Jean-Claude Carrière qui a co-écrit le scénario.

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Je passse à Max et les Ferrailleurs dont Strum a tiré un très beau billet. J'ai eu envie de revoir ce film de Claude Sautet sorti en 1971 et qui réunit une brochette d'acteurs français comme il n'y en a plus beaucoup: Bernard Fresson, François Périer, Georges Wilson, Phlippe Léotard, Bobby Lapointe (dans un petit rôle). Et bien entendu le couple de Les Choses de la vie, Michel Piccoli et Romy Schneider. Max (Michel Piccoli) est un inspecteur de police qui rêve d'attraper des gangsters en flagrant délit lors d'un casse. C'est un homme d'un abord froid au visage blafard à l'air inquiétant qui porte un chapeau et un costume sombre. Il rencontre fortuitement Abel, un ancien camarade de régiment (Bernard Fresson) qui est ferrailleur, pillant les chantiers avec toute une bande de petits truands aux casiers judiciaires plus ou moins chargés. Abel vit avec Lily (Romy Schneider), une prostituée d'origine allemande. De manière préméditée, Max fait la connaissance de Lily, dont il devient un des clients sans jamais coucher avec elle. Il se fait passer pour un banquier et arrive à influencer les ferrailleurs, par l'intermédiaire de Lily, pour organiser un futur hold-up. Michel Piccoli est absolument remarquable dans le rôle de Max et Romy Schneider est bien charmante. Un film à (re)voir.

29 avril 2021

Black Rain - Ridley Scott / Collateral - Michael Mann

Voici deux films que je n'avais pas revus depuis leur sortie. 

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Je commence par Black Rain (1989) qui n'est pas le film le plus connu de Ridley Scott. L'action se passe un peu à New-York mais beaucoup à Osaka et dans sa région. Nick (Michael Douglas), flic divorcé, père de famille et motard à ses moments perdus assiste, avec son collègue Charlie (Andy Garcia), à l'assassinat en direct de deux Japonais dans un restaurant new-yorkais. Le moment de sidération passé, ils se lancent à la poursuite des meurtriers (Japonais eux aussi). Ils parviennent à appréhender l'un des tueurs, Koji Sato, un Yakuza. Nick et Charlie sont chargés de ramener Sato au Japon pour y être jugé. A l'arrivée à Osaka, grâce à un subterfuge, Sato arrive à s'enfuir. Nick et Charlie, aidés par un inspecteur japonais qui parle anglais, vont tout faire pour le retrouver et ils vont découvrir la pègre japonaise. C'est un bon film d'action qui se passe essentiellement à la nuit tombée quand la ville d'Osaka et ses gratte-ciel sont illuminés. Cela fait pas mal penser au décor de Blade Runner du même réalisateur. 

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Collateral de Michael Mann date de 2004. J'ai été très contente de le revoir car je ne me rappelais pas toute l'histoire. Vincent (Tom Cruise, impressionnant) est un tueur à gages sans état d'âme. Venu d'on ne sait d'où, il débarque d'un avion à l'aéroport de Los Angeles. Max (Jamie Foxx) travaille comme chauffeur de taxi de nuit et rêve de se mettre à son compte. Tout le film se passe durant la nuit entre 22h et 4h du matin. Le destin va faire se rencontrer Max et Vincent. Max accepte de prendre Vincent dans son taxi. Ce dernier lui demande de le conduire dans cinq endroits où il doit rencontrer des personnes afin de conclure un contrat. La première personne, un homme que devait rencontrer Vincent, tombe malencontreusement sur le toit du taxi. Il a reçu une balle dans la tête. A partir de là, Max se rend compte que Vincent est un homme dangereux, et il ne sait pas quoi faire pour s'en débarrasser. Désormais, à l'insu de son plein gré, il doit conduire Vincent vers les quatre autres victimes, dont une se produit dans un club de Jazz. La confrontation finale entre Max et Vincent se passe dans le métro. Los Angeles, la nuit, est superbement filmée. On sent que Michael Mann connaît et aime cette ville (aire urbaine) de 17 millions d'habitants. Un très bon film. Lire le billet de Vincent

23 avril 2021

Compartiment tueurs - Constantin Costa-Gavras

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Je n'avais jamais vu Compartiment tueurs, le premier long-métrage de Costa-Gavras qui est sorti en 1965, un film policier sur le ton de la comédie malgré les nombreux cadavres. Le film se caractérise par sa distribution: Yves Montand, Simone Signoret, Jacques Perrin, Catherine Allegret, Jean-Louis Trintignant, Pierre Mondy et quelques seconds rôles que l'on remarque comme le regretté Charles Denner, ou encore Bernadette Lafont, Michel Piccoli, Claude Mann, Christian Marin, Monique Chaumette, Pascale Roberts, André Valmy et Jacques Dynam (ouf!). C'est adapté d'un roman de Sébastien Japrisot que je n'ai pas encore lu. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, je résume: sur la ligne Marseille-Paris, dans un wagon-couchette à six places, une passagère est retrouvée morte à l'arrivée en Gare de Lyon. Pendant le voyage, on fait la connaissance des passagers, une actrice sur le retour (Simone Signoret), un père de famille, un représentant de commerce (Michel Piccoli), Georgette (Pascale Roberts), une jeune femme aux jolies jambes un peu aguicheuse, Benjamine Bombat dite "Bambi" (Catherine Allégret) et un passager clandestin, Daniel (Jacques Perrin) qui n'est pas insensible au charme de Bambi et réciproquement. Et donc, une fois le train arrivé, Georgette est retrouvée étranglée. L'inspecteur Graziani (Montand) est chargé de l'enquête. Pour l'occasion, l'acteur a repris un accent du sud assez prononcé. Le rythme du film est haletant ; Simone Signoret qui interprète une actrice parle des fonctionnaires de manière irrésistible. Il faut noter la prestation haute en couleur "et tout le toutim" de Pierre Mondy en supérieur hiérarchique de Graziani et celle de Charles Denner en amant de la victime: très drôles tous les deux. J'ai écouté une émission récente Le Masque et la Plume dans laquelle l'un des critiques a dit que Japrisot pouvait s'être inspiré d'ABC contre Poirot d'Agatha Christie. Cela peut vous donner un indice sur le mobile du ou des tueurs.

Un film divertissant que j'ai eu grand plaisir à découvrir. Je le conseille vivement.

20 avril 2021

Trois films "Collection Film noir" en attendant que les cinémas rouvrent

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Je dois dire que je n'ai jamais vu autant de films en DVD que ces derniers mois. Comme je ne suis abonnée à aucune plate-forme comme Netflix ou OCS, je profite du support DVD qui est bien pratique, même si le cinéma grand écran, c'est mieux.

Voici trois films ressortis récemment et qui sont brillamment présentés par un trio de choc: le regretté Bertrand Tavernier, Patrice Brion (Le cinéma de minuit) et François Guérif qui livrent leurs  sentiments sur des films peu vus ou peu connus (en tout cas, en ce qui me concerne). 

Je commence par Du plomb pour l'inspecteur (Push-over en VO) de Richard Quine qui date de 1954 (et sorti en février 1955) où apparaît pour la première fois Kim Novak qui avait 21 ans à l'époque. On a fait des comparaisons avec le film de Billy Wilder, Assurance sur la mort, réalisé dix ans plus tôt. Ce n'est pas tout à fait du même niveau, à part le fait que le rôle principal est tenu par le même acteur Fred McMurray, mais la comparaison s'arrête là. Dans Du plomb pour l'inspecteur, il interprète Paul Sheridan, un policier qui tombe amoureux de Lona McLane, une jeune femme, maîtresse d'un gangster qui vient de commettre un hold-up. Evidemment, le policier ne sait pas trop quoi faire entre son devoir et et ses sentiments. Kim Novak est bien et il faut noter la présence de Dorothy Malone, dans un rôle pas si secondaire que cela. Pour l'anecdote, le réalisateur est tombé amoureux de Kim Novak et il l'a fait tourner dans trois fims par la suite dont L'adorable voisine en 1958. 

Je passe à Des pas dans le brouillard (Footsteps in the Fog en VO) d'Arthur Lubin (réalisateur américain qui m'est inconnu mais qui a fait débuter Clint Eastwood au début des années 50). Le film est sorti en France en 1955. Il réunit Stewart Granger et Jean Simmons qui étaient mari et femme à l'époque. Il faut noter que le chef opérateur de ce film, Christopher Challis, a travaillé sur les films les plus connus de Michael Powell et Emeric Pressburger à la fin des années 40. Tout cela pour dire que ce film de genre "gothique" se laisse voir agréablement, avec une très belle photo. Au tout début des années 1900, Stephen Lowry vient d'assister à l'enterrement de son épouse morte subitement. Revenu dans sa grande demeure, Stephen Lowry, en regardant un tableau représentant sa femme défunte, se met à sourire. C'est lui qui l'a empoisonnée. Il va pouvoir profiter des biens que sa femme lui a laissés. Mais il néglige le fait que Lily Watkins, la servante de la maison, avec ses jolis yeux et son air mutin, sait ce qui s'est passé. Et elle va le faire le faire chanter en lui demandant de devenir la gouvernante de la maison. Je vous laisse découvrir la suite. 

Je termine avec Le Dahlia bleu (The Blue Dahlia) de George Marshall, d'après un scénario de Raymond Chandler (qui été nommé aux Oscars). Le film sorti en 1948 en France réunit Veronica Lake et Allan Ladd. Johnny Morrison (Alan Ladd) vient d'être démobilisé. Il revient à Los Angeles avec deux camarades de la marine dont l'un a quelques troubles neurologiques. Il porte une plaque de métal à un endroit de son crâne. Johnny s'empresse d'aller retrouver sa femme qui semble s'être consolée de la mort de leur jeune fils dans les bras d'un autre, Eddie Harwood (Howard da Silva), patron d'un club, "Le dahlia bleu". Johnny très en colère part très vite, et le lendemain, la femme de Johnny est retrouvée morte chez elle. Evidemment, tout accuse Johnny qui va trouver un soutien inattendu en la personne de Joyce Harwood (Veronica Lake), séparée de son mari. Bertrand Tavernier rappelle qu'Howard da Silva était un très bon acteur qui a été victime du McCarthysme. On n'a pas manqué de nous rappeler qu'Allan Ladd étant petit par la taille, ses partenaires féminines étaient filmées souvent assises face à lui, ou alors, il était filmé sans que l'on voit le bas de ses jambes car il était monté sur quelque chose pour le surélever. Raymond Chandler a été obligé de reécrire la fin car la marine des Etats-Unis ne pouvait pas accepter que l'un des leurs soit un meurtrier. 

Je vous suggère de voir les suppléments avant de visionner chaque film de cette "Collection film noir". Ils situent bien chaque oeuvre.

14 avril 2021

Le professeur - Valerio Zurlini

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Je viens de découvrir un très beau film, Le professeur de Valerio Zurlini qui date de 1972. Si vous doutiez qu'Alain Delon est un grand acteur, je pense que ce film va vous faire changer d'avis: il y est sublime sans écraser ses partenaires. L'histoire se passe à Rimini (ville natale de Federico Fellini), une ville au bord de l'Adriatique, en hiver: c'est triste, gris et froid. Surgi d'on ne sait d'où, on voit Daniele Dominici (Alain Delon) qui marche sur une digue au bord de l'eau. Alain Delon porte un manteau à poil de chameau et un pull à col roulé vert qu'il ne va pas quitter (ou presque) pendant tout le film. Durant quelques mois, pour remplacer un professeur souffrant, il va donner des cours de littérature dans un établissement scolaire où les élèves sont presque des adultes. Parmi ceux-ci, il remarque Vanina, une jeune fille brune avec de très beaux yeux. Marié avec une femme (Léa Massari) qu'il n'arrive pas à quitter, il éprouve pour Vanina un amour sombre et douloureux. Amoureux de la littérature et des beaux-arts, il va lui offrir un exemplaire de la nouvelle de Stendhal, Vanina Vanini. Il va aussi l'emmener voir, à Monterchi, La Madonna del Parto de Piero della Frencesca. Cela ne l'empêche pas de fréquenter les oisifs (vitelloni) aisés de Rimini avec qui, entre autre chose, il joue (et perd) au poker. C'est à ce moment-là qu'il découvre que Vanina fréquente l'un d'entre eux. Chaque plan du film est travaillé. J'ai aimé la photo, la lumière, les décors avec quelques demeures décrépites. Un très très grand film de 2H10 (je n'ai pas vu le temps passer), que je vous recommande. A noter que le titre original italien du est La prima notte di quiete (litt. « La première nuit de quiétude ») d'après un vers de Goethe. Il s'agit de la mort. 

Lire le très beau billet de Strum.

11 avril 2021

Rocco et ses frères - Luchino Visconti

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Je viens de revoir ce film que mon ami ta d loi du cine n'avait jamais vu. Rocco et ses frères, le sixième long-métrage du réalisateur Luchino Visconti (1906-1976), se passe à Milan à la fin des années 50. Rosaria Parondi, veuve depuis peu, vient de quitter le sud de l'Italie pour s'installer à Milan. Elle est accompagnée par quatre de ses cinq fils, Simone, Rocco, Ciro et Luca. Ils ont prévu de s'installer chez Vincenzo, le fils aîné qui s'apprête à se marier. Malheureusement, ils ne sont pas les bienvenus chez la future belle-famille. Ils doivent s'installer dans un logement social pas chauffé. Le film est divisé en 5 segments qui portent le prénom des frères Parondi. Les deux parties les plus importantes sont celles qui concernent Simone (Renato Salvatori) et Rocco (Alain Delon). Simone, c'est le fils indigne qui a le malheur de rencontrer Nadia (Annie Girardot) en rupture avec sa famille. Rocco, lui, est bon et trop gentil, il pardonne tout à son frère, même l'impardonnable. Simone se met à la boxe, mais par manque de travail et d'assuiduité, il devient un boxeur raté et un vrai délinquant au comportement violent. Il joue, il perd et il constate que son frère Rocco débute une carrière prometteuse de boxeur et qu'en même temps, il fréquente Nadia, séparée de Simone depuis quelque temps. Ce film dans la veine du cinéma néo-réaliste italien est filmé dans un très beau noir et blanc avec des contrastes qui accentuent la dureté de l'histoire. Annie Girardot est remarquable dans le rôle de Nadia. Alain Delon m'a paru tout frêle. On le sent un peu écrasé par le poids de son rôle qui l'apparente à un saint. Il faut noter la belle musique de Nino Rota. Dans les suppléments du DVD, il y a une interview émouvante d'Annie Girardot en 2001 et des anecdotes sur le tournage dont les deux scènes censurées à l'époque, le viol de Nadia, et le meurtre de Nadia. Un film de 2H49 à voir et revoir.

4 avril 2021

Les enchaînés - Alfred Hitchcock

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Les enchaînés (Notorious en VO) d'Alfred Hitchcock est un film de 1946, année où se déroule l'intrigue. A Miami, Alicia Huberman (Ingrid Bergman) assiste au procès de son père accusé de haute trahison envers les Etats-Unis. C'est un espion d'origine allemande. Peu de temps après, le père d'Alicia se suicide en prison. Alicia, qui n'avait pas les mêmes idées que son père, est approchée par le FBI en la personne de Devlin (Cary Grant). Celui-ci tombe sous le charme d'Alicia. Ils échangent un baiser de cinéma devenu célèbre car c'est le baiser le plus long du cinéma. Envoyée au Brésil, à Rio, avec Devlin, Alicia est chargée de séduire Alex Sebastian, le chef d'un groupe d'hommes qui ont encore des sympathies nazies. Ce groupe semble préparer quelque chose de terrible. Je n'avais pas revu le film depuis longtemps et je ne me rappelais plus l'enchainement des événements dont une visite dans une cave à vin bien fermée et que l'on ouvre grâce à une clé échangée de main à la main. Il y a aussi l'empoisonnement d'Alicia à petit feu par Alex devenu son époux et la mère de celui-ci. Le film dure 1H37. Et c'est du très grand Hitchcock avec un très beau noir et blanc. Ingrid Bergman et Cary Grant sont bien, même si j'ai trouvé celui-ci un peu plus terne que dans d'autres films. Je ne sais pas comment dire. Sinon, en bonus, il y a une conversation entre Hitchcock et Truffaut qui est reprise dans le livre connu "Hitchcock Truffaut" que je vous conseille. Cela dure 29 minutes, on n'est pas allé jusqu'au bout car on entend surtout parler François Truffaut qui est traduit par Helen Scott, et Alfred Hitchcock, en guise de réponses, émet plus de borborygmes qu'autre chose. Au bout de 10 minutes, on a arrêté, c'est crispant. Dommage. 

29 mars 2021

Charade - Stanley Donen

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Rien que pour Audrey (Hepburn) et Cary (Grant), il faut (re)voir Charade de Stanley Donen (1963), cette divine comédie qui se passe pour l'essentiel à Paris. Regina ("Reggie") Lampert (Audrey Hepburn) a décidé de divorcer de son mari Charles qui -manque de chance- vient de mourir, en ayant été poussé d'un train entre Paris et Bordeaux. En revenant d'un séjour aux sports d'hiver, Reggie trouve son immense appartement entièrement vide. Elle apprend que son mari est décédé, qu'il avait 4 passeports, qu'il a vendu tous les meubles de l'appartement et qu'il partait à l'étranger. Reggie se rend compte qu'elle ne connaissait pas vraiment son mari, qui n'avait pas de famille. Trois "méchants" se mettent à la poursuivre car ils veulent récupérer un magot de 250 000 dollars-or qu'a priori Charlie voulait garder pour lui seul. Heureusement qu'un certain Peter Joshua vient à son secours, même si lui aussi semble intéressé par retrouver ledits 250 000 dollars. Le film est mené tambour battant. Audrey Hepburn porte différentes tenues Givenchy à chaque nouveau plan. Le Palais Royal, le théâtre du Palais Royal, le théâtre de Guignol des Champs-Elysées, le marché aux timbres, le métro, les promenades sur la Seine et même Notre-Dame de profil sont mis en valeur. Les "méchants" comme James Coburn ou George Kennedy ont l'air de bien s'amuser. Un film très sympa en cette période morose.

24 mars 2021

Raphaël ou le débauché - Michel Deville

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En ce moment, je suis d'humeur à visionner des films comme celui de Michel Deville sorti en 1971. Raphaël ou le débauché est un film qui me touche énormément. Pour me procurer le DVD il y a quelques années, il a fallu que j'achète un coffret de six long-métrages de Deville dont celui-ci que l'on ne trouve pas séparé. Je trouve cela très dommage. Cela faisait quelque temps que je ne l'avais plus vu et mon plaisir est intact. Cette histoire à la "Alfred de Musset" a été écrite et dialoguée par Nina Companeez avant qu'elle ne devienne réalisatrice. Ce fut sa dernière collaboration avec Michel Deville. Elle a aussi fait le montage du film. Quelque part en France dans les années 1830, une jolie veuve, Aurore de Charoy (Françoise Fabian), vit dans une gentilhommière en compagnie de son oncle, de deux amies et de sa cousine. Quand le film commence, les quatre femmes arrivent trop tard au bord d'un lac pour voir le soleil se lever ce dernier jour de l'été. Aurore est très belle mais elle n'attend rien des hommes qui la courtisent. Très pieuse, elle rend visite aux malades dans l'hôpital de la ville. Lors d'un bal donné en ville, elle va croiser le regard de Raphaël de Loris (Maurice Ronet), un bel homme brun aux yeux bleus qui ne fait rien de sa vie à part séduire les femmes, aller au bordel avec ses trois amis et boire du vin. Il cause des ravages parmi la gente féminine. Il y en a même une qui se pend à cause de lui. Il l'annonce souvent qu'il ne désire plus les femmes qu'il a eues. La vie l'ennuie, il se complaît dans la fange car il ne s'aime pas. C'est pourquoi cette rencontre entre Raphaël et Aurore va les bouleverser tous les deux, d'abord lui et ensuite elle. Après avoir repoussé ses avances, elle commence à éprouver des sentiments mais lui ne veut pas changer, il n'a plus quinze ans. Il a choisi cette vie dans laquelle Aurore n'a pas sa place. Il lui dit bien qu'il ne franchira jamais la ligne qu'il a tracée entre lui et elle. Et pourtant, elle est suffisamment amoureuse pour s'avilir. Je ne dirai rien de plus à part que les dialogues sont étincelants. C'est un très beau mélodrame qui ne peut qu'émouvoir. Françoise Fabian et Maurice Ronet sont magnifiques. Je les trouve inoubliables dans les rôles d'Aurore et Raphaël. J'imagine mal Alain Delon et Catherine Deneuve jouer dans ce film alors qu'ils étaient les premiers choix de Michel Deville et Nina Companeez. A mon avis, on l'a échappé belle. Il faut noter que la musique de Bellini apporte un plus au film. On reconnait des extraits des opéras Norma (1831) et de La sonnanbula (1831). Et enfin, Jean Vilar, en vieux sénateur libidineux, joue dans trois scènes marquantes. Lire le billet de Cinéluctable.

17 mars 2021

Films vus en DVD en attendant la réouverture des cinémas (14): Serpico / Le crime de l'Orient-Express - Sidney Lumet

Décidément, je n'arrête pas de chroniquer des films de Sidney Lumet. Après The Verdict, Le gang Anderson, Network, The Offense, La colline des hommes perdus, voici un billet sur deux films très différents, Serpico (1973) et Le crime de l'Orient-Express (1974).

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Serpico est une sorte de biographie filmique sur un flic, Franck Serpico (né en 1936), qui a voulu rester intègre pendant les 11 ans où il a été policier de terrain à New-York. Il a constaté pendant cette période que des collègues était corrompus: ils rackettaient différentes personnes dont des dealers. Pendant onze ans, on le voit changer de coiffure, se faire pousser la barbe, les cheveux et la moustache, se fondre dans le décor, mais pas une fois il n'a pas voulu prendre l'argent qu'on lui proposait. Il s'est bien entendu mis tous ses collègues à dos sauf quelques-uns. Il a eu plusieurs petites amies qui l'ont laissé tomber parce que Serpico faisait passer son métier avant tout. Malgré les menaces et fausses accusations (comme celui d'être homosexuel) venant de toutes parts, Serpico a tenu bon jusqu'à témoigner dans une commission. Ce fut un vrai lanceur d'alerte. Dans les bonus, on apprend que les premières scènes du film ont été tournées à la fin quand Al Pacino a pu se raser la moustache, la barbe et qu'il a pu se faire couper les cheveux. Il y a une interview de Franck Serpico qui dit que certaines scènes ne sont pas fidèles à ce qu'il a vécu. Après avoir reçu une balle en plein visage lors d'une arrestation au domicile de dealers de drogue, il est devenu sourd d'une oreille et il a des douleurs à la tête à cause de fragments de balle qui n'ont pas pu être enlevés. Je crois que je n'avais jamais vu ce film en entier. Il m'a bien plu. 

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Il y a longtemps que je voulais parler du Crime de l'Orient-Express (1974) d'après le roman d'Agatha Christie. C'est autre chose que le film récent de Kenneth Branagh. Le film de Sidney Lumet, c'est surtout le plaisir de voir des acteurs de légendes comme Lauren Bacall, Richard Widmark, Ingrid Bergman, Albert Finney dans le rôle de Poirot, Jacqueline Bisset, Anthony Perkins, Vanessa Redgrave, John Gielgud, Michael York, Jean-Pierre Cassel et même Sean Connery qui est très bien. Je ne vous ferai pas l'injure de vous raconter l'histoire que tout le monde connaît. Je l'ai vu à l'époque de sa sortie où il y avait encore des ouvreuses qui passaient dans les salle pour vendre bonbons et chocolats glacés. Nostalgie quand tu nous tiens...

5 mars 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (13): Le gang Anderson - Sidney Lumet

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Je crois que je n'avais jamais vu ce film de Sidney Lumet qui date de 1971. Le gang Anderson (The Anderson tapes en VO, littéralement parlant Les enregistrements Anderson) nous fait découvrir Christopher Walken dans son premier grand rôle au cinéma, il avait 28 ans et faisait presque gamin avec ses cheveux ébouriffés. Le gang Anderson permet à Sean Connery de retrouver le réalisateur avec qui il avait tourné La colline des hommes perdus en 1966. En 1973, il tournera de nouveau avec Lumet pour The Offense avant de le retrouver pour Le crime de l'Orient-Express en 1974. Dans Le gang Anderson, il interprète un Britannique qui sort tout juste de prison après avoir purgé une peine de 10 ans. Au vu du titre français, on s'attend à une histoire de gangsters. C'est en partie le cas mais pas uniquement. Le film fut vraiment le premier à traiter de la présence envahissante de la surveillance dans le domaine public ou privé. Dès que Duke Anderson (Sean Connery) sort de prison, il se rend illico chez sa maîtresse Ingrid (Dyan Cannon) qu'il n'a pas vu depuis 10 ans. Elle vit dans un somptueux appartement dans l'East side de New-York. On constate assez vite qu'Ingrid est surveillée même pendant ses ébats. Des fils dépassent de partout et en sous-sol, des bandes magnétiques enregistrent ce qui se passe dans l'appartement. C'est l'oeuvre d'un homme qui paye le loyer. Tout de suite, Duke a l'idée de cambrioler tous les appartements de l'immeuble car il devine qu'il y a plein de choses de valeur à dérober. Pour ce faire, avec l'aide d'un homme de la mafia, ll constitue une équipe de quatre personnes dont chacune individuellement est surveillée par différentes instances fédérales, le FBI, le bureau des narcotiques ou le département du fisc, mais pour d'autres raisons que ce vol à grande échelle. Et comme ces instances ne communiquent pas entre elles, elles n'anticipent pas ce qui va arriver. Parmi les victimes du cambriolage vivant dans l'immeuble, un jeune garçon hémiplégique va être le grain de sable qui va tout faire rater. Le film bénéficie d'une très bonne bande-son composée par Quincy Jones. Sean Connery est une fois de plus excellent. Mention spéciale à Martin Balsam qui interprète un homosexuel pas ridicule du tout. Du grand art. Un film à découvrir. Il faut noter qu'en bonus, il y a la présentation du film par Bertrand Tavernier, Patrick Brion et François Guérif.

26 février 2021

Film vu en DVD en attendant la fin du couvre-feu et la réouverture des cinémas (12): Guêpier pour trois abeilles - JL Mankiewicz

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J'ai découvert récemment un film de Joseph L. Mankiewicz que je n'avais encore jamais vu, Guêpier pour trois abeilles (The Honey Pot en VO) qui date de 1967. C'est l'avant-avant-dernier film réalisé par Mankiewicz, qui en a aussi écrit le scénario. L'histoire est inspirée de la pièce Volpone (le Renard en italien) de Ben Jonson qui date de 1606. Je vous conseille d'ailleurs de la lire. En préambule, on voit un homme, Cecil Fox, tout seul dans un théatre (La Fenice) pour qui des acteurs jouent justement la pièce Volpone. Dans le plan suivant, dans son palais vénitien, Cecil Fox (renard en anglais), un homme richissime, embauche un certain McFly (Cliff Robertson) pour lui servir de secrétaire. Il charge ce dernier de demander à trois anciennes maîtresses de venir le rejoindre dans son palais. Il va leur faire croire qu'il est mourant et qu'il va léguer sa fortune à l'une d'entre elles. Parmi les trois, il y a Mrs Sheridan (Susan Hayward qui était une actrice que j'aimais beaucoup) accompagnée de sa dame de compagnie/infirmière Miss Sarah Watkins (Maggie Smith toute jeunette - elle avait 33 ans à l'époque - et absolument ravissante). Les deux autres sont la princesse Dominique (Capucine) et Merle McGill (Edie Adams). Cecil Fox a élaboré tout un scénario qui ne va se passer du tout comme il l'imaginait. C'est une histoire de manipulation dans laquelle il va être piégé sans qu'il s'en soit rendu compte. Par rapport à la pièce de Ben Jonson, il y a une intrigue amoureuse, et Miss Watkins est celle qui va tirer les ficelles de l'intrigue. Les dialogues très écrits sont brillants. Cela fait très pièce de théâtre avec l'unité de lieu et d'action. Je pense que ce n'est pas le film le plus connu de Mankiewicz, essayez de le voir rien que pour la dernière scène, la place Saint-Marc de Venise vide. 

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