Le blog de Dasola
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1 novembre 2015

The Lobster - Yorgos Lanthimos / L'homme irrationnel - Woody Allen

En sélection officielle au dernier festival de Cannes (mai 2015), The Lobster du réalisateur grec Yorgos Lanthimos narre une histoire étrange. Ce film surprenant qui peut dérouter les spectateurs se découpe en deux parties (d’une heure chacune) assez distinctes. J’ai préféré la première à la deuxième. En revanche, la conclusion m’a plu.

Dans la première partie, dans une époque future (?) et un pays indéterminé, le célibat est interdit. Comme David vient de perdre sa femme, il n’a plus que 45 jours pour retrouver l’âme sœur, sans quoi il sera transformé dans l’animal de son choix (il a choisi le homard qui peut vivre centenaire). C’est dans un hôtel sans âme au bord de l’eau que David séjourne accompagné d’un chien (c’est son frère, qui n’a pas réussi à trouver la bonne personne). David (Colin Farrell bedonnant est très sobre) et quelques autres peuvent retarder l’échéance en participant à des chasses obligatoires: ils traquent dans la forêt voisine des «solitaires» résistant à ce système. Ils leur tirent dessus avec des balles hypodermiques. Ils gagnent un jour par personne touchée. Dans l’hôtel, malgré le fait que les célibataires des deux sexes se côtoient, les couples ont du mal à se former. L’amour n’a pas trop sa place. Ce sont souvent des caractéristiques physiques ou physiologiques qui rapprochent les célibataires: saigner du nez, boiter. David qui paraît insensible est attiré par une jeune femme sans coeur aux instincts meurtriers.

Dans la deuxième partie du film, David s’est enfui de l’hôtel pour une raison que je ne vous dévoilerai pas. Il se réfugie parmi les solitaires, où les relations sexuelles sont bannies. La vie des solitaires n’est pas confortable et pas plus enviable que celles des couples. David rencontre une jeune femme myope (Rachel Weisz) qui aime manger les lapins. Le groupe des solitaires est dirigé par une femme (Léa Seydoux), véritable chef de guerre qui ne supporte pas que David et la femme myope tombent amoureux.

Je ne vous dirai rien de plus sur ce film aux scènes souvent provocantes et parfois incongrues. C’est grinçant, parfois cruel. Rien que la scène d’ouverture, une femme qui tire plusieurs coups de feu sur un âne, donne le ton de tout ce film iconoclaste.

En revanche, j’ai trouvé que L’homme irrationnel, le dernier film de Woody Allen, manquait de cruauté et d’immoralité. Abe, qui est prof de philo, arrive dans une petite ville universitaire de l’est (à Providence) pour enseigner durant un semestre. Il entame une relation avec une collègue professeur de son âge, et une liaison avec Jill (Emma Stone), une de ses étudiantes. Il s’ennuie, n’a pas d’entrain pour faire des choses. Jusqu’au jour où incidemment, il décide de supprimer un juge en charge de divorces. Il commet le crime parfait, semble-t-il. Bien entendu, un grain de sable fait tout capoter. C'est un film léger malgré le thème, mais un peu trop moral à mon goût. Joaquin Phoenix est très bedonnant et Emma Stone toujours charmante. A vous de voir.

29 octobre 2015

Belles familles - Jean-Paul Rappeneau / Un héros ordinaire "Elser" - Olivier Hirschbiegel

Belles familles de Jean Paul Rappeneau m'a plu pour son rythme trépidant (qui m'a fait penser au film Le Sauvage de 1975 du même réalisateur). On n'a pas le temps de réfléchir sur le scénario qui comporte des invraisemblances (mais ce n'est pas grave). La mécanique est bien huilée. Jérôme Varenne (Mathieu Amalric) est de passage en France avec sa fiancée chinoise car il vit à Shanghaï. Il apprend que le beau manoir de sa famille est presque vendu et cherche à en savoir davantage. Pour ce faire, il renoue avec son frère Jean-Michel et sa mère Florence (Nicole Garcia). Il va aussi faire la connaissance de Florence (Karine Viard) et de la fille de cette dernière, Louise (Marine Vacth), qui ont représenté la deuxième famille (la vie cachée) de son père décédé avec qui il ne s'entendait pas. La vente de la maison est au coeur d'une opération immobilière pas très nette qui se déroule dans une petite ville de province dont le maire est secrètement amoureux de Florence. André Dussolier, dans le genre obséquieux, est parfait dans son rôle. Je n'ai pas boudé mon plaisir.

Elser d'Oliver Hirschbiegel raconte avec de nombreux flash-back ce qui a amené Georg Elser, un Allemand souabe jurassien, à attenter à la vie de Hitler en fabriquant et armant tout seul une bombe artisanale. Cette bombe a explosé treize minutes trop tard un soir de novembre 1939 dans un grand lieu de réunion à Munich. Quand eut lieu l'explosion (qui provoqua la mort de huit personnes), Hitler venait de quitter la salle après un discours. Georg Esler, ébéniste de métier, était un homme banal proche du parti communiste. Il ne supportait pas les exactions contre la population allemande perpétrées par les nazis depuis qu'ils étaient arrivés au pouvoir. On assiste à quelques scènes de tortures un peu pénibles, qui alternent avec des souvenirs du passé quand Georg rencontre Elsa à un bal en 1934 et le début de leur histoire d'amour alors qu'Elsa est déjà mariée. Georg Elser ne fut pas exécuté tout de suite car les nazis voulaient pouvoir l'interroger encore et encore, car ils ne voulaient pas croire qu'il avait agit seul. Jusqu'en 1945, il fut détenu à Dachau avant de mourir d'une balle dans la nuque tirée le 9 avril 1945, un mois avant la capitulation de l'Allemagne. Le film est un peu didactique, mais il a le mérite de faire connaître un homme qui est resté longtemps méconnu. Ce n'est que dans les années 1990 que l'on l'a reconnu comme résistant contre le nazisme.

26 octobre 2015

Seul sur Mars - Ridley Scott

 J'ai eu l'occasion d'assister (avec mon ami) à une avant-première de Seul sur Mars de Ridley Scott dans de très bonnes conditions avec des lunettes 3D "active". Même si je ne crie pas au chef d'oeuvre, j'ai apprécié les 2H20 de projection pendant lesquelles on suit avec intérêt comment Mark Watney, astronaute de la NASA, survit pendant presque deux ans sur la planète rouge. En effet, quand débute le film, on assiste à une tempête martienne qui sépare l'astronaute de ses collègues. Il est laissé pour mort par l'équipage qui n'arrive pas à le retrouver. La navette spatiale repart sans lui. A partir de là, Mark Watney qui n'a été que blessé prend les choses en main pour survivre sur cette planète inhospitalière. Ingénieur agronome, il cultive des pommes de terre en écoutant du disco. Il arrive grâce à la sonde spatiale Pathfinder (enfoui dans la poussière depuis des années) à contacter la Terre. Même si, pour le moment, l'histoire est de la science-fiction (l'homme sur Mars), les conditions de survie semblent être proche d'une certaine réalité selon des scientifiques. Le spectateur pourra être frustré, car nulle part on ne voit de petits hommes verts. La surface de la planète est une suite de monts et de vallées couleur ocre complètement désolée. La 3D permet d'être immergé complètement dans le film. On a l'impression d'être à côté de Matt Damon sur la planète. Et puis voir les astronautes flotter dans la navette spatiale quand ils se déplacent m'a plu. Cela donne envie d'être à leur place. Un film plaisant, à voir en 3D. Avant la projection, on nous a distribué le roman d'Andy Weir (paru en 2014) dont le film est adapté. Mon ami l'a lu en deux jours. Quant à moi, je ne suis pas tentée.

Lire les billets d'Alex6 et Wilyrah.

21 octobre 2015

Crimson Peak - Guillermo del Toro

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Voilà un film dont j'avais vu la bande-annonce et qui tient toutes ses promesses. Crimson Peak de Guillermo del Toro est gothique, sanguinolent, horrifique, mais visuellement je l'ai trouvé splendide et les acteurs sont convaincants. A la fin du XIXème siècle, aux Etats-Unis, Edith Cushing, perd sa maman de maladie, alors qu'elle est encore une enfant. Elle reste seule avec son père. Peu de temps après, le fantôme de la mère apparaît pour mettre en garde sa fille contre "Crimson peak". Il faut noter que le fantôme apparait tout habillé, mais en guise de visage, on voit un crâne de squelette noir assez terrifiant. Devenue une jeune fille à marier (elle est une riche héritière et enfant unique), son coeur balance entre un jeune médecin et un parfait inconnu, un beau brun ténébreux nommé Thomas Sharpe. C'est ce dernier qu'elle choisit. Thomas a une soeur, Lucille. Ces deux personnages vivent en Angleterre dans le Cumberland, dans une demeure immense et décrépite. Une partie du toit a disparu. C'est une maison "vivante" qui s'enfonce de plus en plus en dans le sol. Elle saigne et elle a été le lieu de drames affreux. Je ne vous en dis pas plus. Allez voir ce film parce que le scénario est bien écrit, parce que les effets spéciaux sont réussis, parce qu'il s'agit d'une histoire d'amour et parce que Jessica Chastain en brune fait très peur quand elle verse du poison dans le thé, sans oublier Tom Hiddleston pas mal de sa personne, ni que Mia Wasikowska est bien charmante en victime qui sait se défendre. Elle ne craint pas les fantômes, même effrayants. Une réussite. Lire le billet de Potzina.

18 octobre 2015

Sicario - Denis Villeneuve

Voici un film que j'ai aimé malgré le thème assez violent. Sicario de Denis Villeneuve avait été sélectionné en compétition officielle au dernier festival international du film de Cannes en 2015. De ce réalisateur, j'avais aimé Incendies et PrisonersSicario vient du mot "Sicaire" ("Les Sicaires étaient une faction de dissidents juifs extrémistes qui, au Ier siècle de notre ère, tenta d’expulser les Romains et leurs partisans de la Judée, au moyen de l’assassinat": voilà le genre d'information qui apparaît au début du film). Ce mot définit aussi un tueur à gages. Lors d'une mission, Kate (Emily Blunt, vraiment très bien) qui est agent du FBI, découvre dans une demeure isolée plus de 35 cadavres qui sont suspendus derrière des cloisons de la maison. Ce sont certainement des victimes de cartels de la drogue qui sévissent entre les Etats-Unis et le Mexique. A la suite de ça, elle accepte d'opérer dans une brigade spéciale qui essaye de démanteler un cartel en particulier. Dans cette brigade, on trouve Alejandro (Benicio del Toro). Il a un compte à régler à avec le chef du cartel visé. Il y a quelques séquences marquantes comme celle où un convoi de 4x4 blindés traverse la ville limitrophe de Juarez au Mexique, ville où les meurtres se commettent par dizaines tous les jours. On voit des cadavres pendus au dessous de voies rapides. C'est hallucinant. Tout comme la morale de l'histoire où le légal et l'illégal se confondent. Le film est certes sanglant mais la réalisation est précise et rigoureuse.

12 octobre 2015

Fatima - Philippe Faucon

Fatima de Philippe Faucon m'a intéressée et touchée, et je vous le conseille rien que pour Soria Zeroual, une actrice non professionnelle très convaincante. Son personnage, Fatima, 44 ans, est une femme courageuse qui, à Lyon, ne vit que pour ses deux filles, Souad, 15 ans et Nesrine, 18 ans. Fatima ne parle pas bien le français. Elle ne le lit pas non plus malgré ses nombreuses années passées en France. Pour subvenir à ses besoins et à celles de ses filles, elle fait des heures de ménage parfois non déclarés. Souad, la plus jeune, en révolte, méprise sa mère de n'être qu'une femme de ménage. Nesrine, qui prépare des études de médecine, est plus charitable envers sa mère. Fatima tombe un jour dans l'escalier. Elle profite de son arrêt maladie pour écrire en arabe des choses qu'elle ne peut exprimer en français. J'ai aimé ce film de 1H20 car il n'y a rien de misérabiliste dans le propos. Il n'est fait allusion à aucune religion, quelle qu'elle soit. Fatima ne se plaint pas même si elle voudrait être plus proche de ses filles en apprenant le français. C'est un lourd handicap pour elle que de le méconnaître. Elle sent qu'elle ne vit pas dans le même monde que ses filles. J'ai beaucoup aimé la dernière séquence où Fatima revient au centre d'examen et arrive à déchiffrer le nom de sa fille qui a été reçue à l'examen. 

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9 octobre 2015

Le nouveau stagiaire - Nancy Meyers

Si vous voulez voir un film "sympa" comme je l'ai entendu dire quand je suis sortie de la projection, allez voir Le nouveau stagiaire (The Intern en anglais) de Nancy Meyers. De nos jours, à New-York, dans le quartier de Brooklyn, un bâtiment abrite une start-up de vente en ligne de vêtements. Jules Ostin (c'est une femme) est la créatrice de cette société. Ben Whittaker (Robert de Niro, parfait), un septuagénaire veuf mais encore fringant qui fait du Taï chi, devient un stagiaire senior dans l'entreprise après avoir répondu (par vidéo) à une petite annonce. Lui qui est très attaché au papier et au stylo, qui a une antique malette avec tout son nécessaire pour travailler, qui s'habille en costume cravate, fait sensation dans l'entreprise où les employés sont jeunes, légèrement débraillés et connectés en permanence à Internet. Ben, devenu le stagiaire personnel de Jules, rend de menus services, il sert de chauffeur, de conseiller, de baby sitter occasionnel (Jules est mariée et a une petite fille) et même de logeur en dépannant un stagiaire "normal". Je veux laisser la surprise des quelques péripéties qui émaillent ce film plein d'humour, avec un Robert de Niro qui n'écrase pas ses partenaires. Face à lui, Anne Hathaway s'en tire très bien dans le rôle de Jules. Le film se termine comme il a commencé, avec une séance de Taï Chi. On se sent "zen" quand on sort de la salle.

8 octobre 2015

Vers l'autre rive - Kiyoshi Kurosawa

Un matin, chez elle, Mizuki constate que son mari Yusuke disparu trois ans auparavant est devant elle. Elle venait de préparer sans y faire attention un plat que Yuzuke aimait. Sans être étonnée outre mesure, la première chose qu'elle lui demande, c'est de retirer ses chaussures pour marcher sur le parquet, puis pourquoi il a été absent depuis si longtemps. Il lui explique qu'il est mort par noyade et que son corps a été dévoré par des crabes. Ceci étant établi, il propose à Mizuki de partir avec lui à la rencontre de ceux qu'il a croisés pendant ces trois années. Après un court séjour chez un distributeur de prospectus (un décédé lui aussi), ils vont séjourner chez un couple de restaurateurs bien vivants puis rejoignent un village où Yusuke a donné des cours d'astro-physique. Pendant ce périple, Mizuki et Yusuke vont à nouveau se rapprocher, même si c'est temporaire. Le ton du film n'est pas triste du tout. La mise en scène est importante quant à la façon dont apparaissent et disparaissent les personnages. En tant que spectatrice, je n'ai pas été perturbée par ces rencontres entre morts et vivants, on ne fait pas la différence. Vers l'autre rive de Kiyoshi Kurosawa (Shokuzaï et Tokyo Sonata) a reçu un prix de la mise en scène bien mérité dans la section "Un certain regard" lors du dernier festival de Cannes (2015). En revanche, je n'ai pas été très émue par cette histoire, même si les acteurs sont bien. Je suis restée "en dehors".

2 octobre 2015

Boomerang - François Favrat / Maryland - Alice Winocour

Boomerang, du réalisateur Michel Favrat, est l'adaptation d'un roman homonyme (que je n'ai pas lu) de Tatiana de Rosnay, paru en 2009. Antoine Rey, 40 ans, père divorcé et chef de chantier, emmène sa soeur Agathe sur l'île de Noirmoutier où ils ont passé une partie de leur jeunesse. C'est sur cette île que leur mère est morte noyée trente ans auparavant. Au cours d'une conversation avec l'ancienne domestique de la famille, Antoine apprend que le corps de leur maman a été retrouvé à un endroit différent de ce qui avait été dit. Antoine, menant son enquête personnelle, découvre les secrets enfouis de sa famille. Son père et sa grand-mère (Bulle Ogier) ont essayé de gommer ce passé douloureux. Le spectateur apprend en même temps qu'Antoine la tragique vérité. Laurent Lafitte ainsi que tous les autres acteurs sont très bien dans leur rôle. Film à voir, qui est aussi conseillé par Alain.

Je passe à Maryland d'Alice Winocour. Ce long-métrage avait été sélectionné dans la section "Un certain Regard" au dernier festival de Cannes en 2015. C'est un film étrange où le scénario a peu d'importance. En revanche, une grande partie du film se concentre sur les sons (alarme de maison, sonnerie de téléphone, etc.), les bruits (de la pluie qui tombe, de pas, etc.), la musique (pas très mélodieuse). Et puis il y a Matthias Schoenaerts, dont le corps est magnifié par la caméra. C'est un film physique avec des moments de grande violence. Vincent (M. Schoenaerts) vient de revenir d'Afghanistan après avoir subi un stress post-traumatique. Il a des acouphènes qui le perturbent beaucoup. Il a du mal à rester dans un endroit clos, il a besoin d'air. Il accepte néanmoins un emploi de garde du corps dans une belle demeure (Maryland) où résident Jessie, l'épouse d'un homme d'affaires libanais (intermédiaire dans la vente d'armes) et Ali, son petit garçon. Vincent observe Jessie. Il semble fasciné par elle. En même temps, il perçoit assez vite qu'une menace pèse sur elle et son enfant. Le film peut rebuter à cause de certaines scènes sanglantes, mais, je le répète, il y a Matthias Schoenarts qui est vraiment bien. A vous de voir.

26 septembre 2015

Agents très spéciaux: Code U.N.C.L.E - Guy Ritchie / Le prodige - Edward Zwick

Voici deux films plaisants mais pas inoubliables.

Je commence par celui réalisé par Guy Ritchie, Agents très spéciaux: Code U.N.C.L.E, une adaptation sur grand écran de la série télé des années 60 (dont j'avais vu plusieurs épisodes). L'intrigue du film est une sorte de "prequel" de la série. En 1962 ou 1963, en pleine Guerre Froide, Napoleon Solo (espion américain de la CIA) et Ilya Kuryakin (espion russe du KGB) sont à la recherche à Berlin est de la même personne, la fille d'un scientifique qui a fabriqué une bombe atomique et qui l'a vendue à des très "méchants". Les 10 premières minutes du film sont haletantes. Après, le rythme ralentit. Napoleon et Ilya sont ennemis de principe et ils vont se gêner mutuellement avant de s'allier pour désamorcer la bombe. La "méchante" de l'histoire est une belle et très grande italienne. Napoleon (comme dans la série) va essayer de la séduire tandis qu'Ilya reste en retrait. Il y a quelques trouvailles mais l'ensemble manque de folie et pas mal d'humour. Une suite est prévue mais vu que le film a été un "bide" aux USA, rien n'est moins sûr.

Je passe au film Le prodige d'Edward Zwick qui retrace la vie tourmentée du joueur d'échecs américain Bobby Fisher (1943-2008) depuis son enfance à Brooklyn dans le milieu juif russe dans les années 50 jusqu'au tournoi historique en Islande à Reykjavik en 1972 entre lui et le Russe Boris Spassky (Arnaldur Indridason s'est servi de ce tournoi comme toile de fond dans Le Duel). J'avoue que j'ai trouvé le personnage de Bobby Fisher absolument odieux, très conscient de sa valeur. Il est odieux avec tout le monde et en particulier avec sa mère. Il est tyrannique, ayant des revendications qui ont contribué de façon décisive, lors des tournois, à l'amélioration de la condition de joueur d'échecs professionnel, tant du point de vue financier que de l'organisation matérielle des tournois. Malgré ses origines juives, il est antisémite. Il semble avoir souffert de schizophrénie paranoïde. Tobey Maguire, coproducteur du film, fait une interprétation assez remarquable de ce personnage complexe. Et même si on ne connait pas les règles du jeu d'échecs (comme c'est mon cas), on n'est pas gêné pour comprendre ce film, que je conseille pour le sujet.

23 septembre 2015

Marguerite - Xavier Giannoli

Voici une histoire pas banale. Le réalisateur qui est aussi scénariste s'est inspiré de faits réels. En septembre 1920, un concert privé est organisé dans une belle demeure bourgeoise de la grande banlieue parisienne. Marguerite Dumont, maîtresse des lieux, se prépare à chanter. Elle est la vedette de la soirée.  C'est une femme riche qui dit de façon très naturelle quelque chose comme "L'argent n'a pas d'importance mais l'important c'est d'en avoir". Elle est mariée à Georges Dumont qui a un titre nobiliaire. Georges est attendu avec impatience pour le concert, alors que lui retarde ce moment le plus possible. On peut le comprendre, car dès que Marguerite commence à chanter, le public du concert et par la même occasion les spectateurs dans la salle de cinéma sont épouvantés par ce qu'ils entendent. Marguerite chante plus faux qu'une casserole. C'est épouvantable. Je vous laisse découvrir comment elle massacre l'air de la Reine de la nuit de La Flûte enchantée de Mozart. On a du mal à s'en remettre. A la fin de cette épreuve, Marguerite est néanmoins applaudie car personne n'a le courage de lui dire la vérité: Marguerite ne s'entend pas chanter. Beaucoup de gens plus ou moins bien intentionnés gravitent autour d'elle et profitent de ses largesses. Georges en fait partie même s'il éprouve des remords. Je ne vous en dis pas plus sur cette histoire tragi-comique. Le personnage de Marguerite n'est pas ridicule, on éprouve de la compassion. Catherine Frot est très convaincante dans son rôle. Les personnages secondaires ne sont pas uniquement des faire-valoir, en particulier Madelbos, le majordorme, homme à tout faire, photographe et premier admirateur de Marguerite. Un film que j'ai aimé et que je conseille.

18 septembre 2015

Le tout nouveau Testament - Jaco Van Dormael

J’ai voulu voir ce film après avoir souri à la bande-annonce. J’ai été surprise par le ton du film, qui n’est pas comique malgré la présence de Benoit Poelvoorde et Yolande Moreau. Dieu (Benoit Poelvoorde) existe, il vit à Bruxelles. Il a une femme (Yolande Moreau) et on apprend qu’il a aussi une fille (âgée d’environ 10 ans) appelée EA. EA en a assez d’être confinée dans un appartement sinistre. Son père est un être odieux qui martyrise par ordinateur interposé les humains créés à son image. Pour ce faire, il s’enferme dans une immense pièce où en plus de l’ordinateur se trouvent des milliards (une par humain) de fiches rangées dans des boîtes. Quant à la femme de Dieu, elle a la passion du baseball. EA, pour se venger de la tyrannie de son père, envoie d’un seul clic les dates de mort de chaque humain. A partir de là, le ton du film change: on entre dans le registre du tragi-comique avec une pointe d’onirisme. EA qui est enfin arrivée à s’échapper de l’appartement, part à la recherche de six personnes (dont deux femmes) qui seront les six prochains apôtres. Il apparaît que les apôtres choisis sortent de l’ordinaire: la première a un bras en silicone, un autre fantasme sur les jolies filles aux formes avenantes, une troisième tombe amoureuse d’un gorille. Je vous laisse découvrir les trois autres. Bien entendu Dieu, fou de rage, part à la recherche d’EA qui est secondée dans sa tâche par un SDF. Ce dernier écrit le tout nouveau testament. Le film se laisse voir mais, je le répète, ce n’est pas une comédie. L’ensemble dégage une certaine mélancolie et de la tristesse malgré une fin optimiste.

31 août 2015

Dheepan - Jacques Audiard

Etant une grande admiratrice du cinéma de Jacques Audiard depuis son premier film Regarde les hommes tomber, je me suis réjouie de la Palme d'or reçue par le réalisateur pour son dernier film, Dheepan. Sorti le 26 août 2015, Dheepan est sous-titré en français à 95% puisque les personnages principaux dialoguent en langue tamoule. Le film m'a plu même si les vingt dernières minutes assez violentes peuvent provoquer une polémique. L'hstoire débute au Sri Lanka où Dheepan, Yalini (26 ans) et la jeune Illayaal (9 ans) se font passer pour une famille et prennent l'avion à destination de la France. Ils quittent leur pays. Dheepan est un Tigre tamoul qui fuit après la défaite de l'organisation séparatiste face au gouvernement du Sri-Lanka.

Cette fausse "famille", après avoir été hébergée dans divers foyers, accepte de devenir les gardiens d'une barre d'habitations dans la banlieue parisienne. On voit tout de suite que des gangs se servent des halls des bâtiments pour se réunir et se livrer à divers trafics. Dheepan et Yalini, en attendant leurs papiers en règle, font tout pour s'acclimater à leur nouvelle vie, malgré tout ce qui se passe autour d'eux. Illayaal intègre une école pour apprendre le français. Audiard filme toujours très bien en restant au plus près des personnages. La violence est là, mais dans la fusillade finale, beaucoup de morts sont hors-champ. C'est un film prenant sauf l'épilogue idyllique en Angleterre qui gâche un peu l'ensemble.

Lire le billet d'Alain.

28 août 2015

La belle saison - Catherine Corsini

Je dirais que La belle saison, c'est La vie d'Adèle en plus tonique et plus joyeux. Pour tout dire, j'ai nettement préféré ce fllm, La belle saison, peut-être parce qu'il est réalisé par une femme. Catherine Corsini filme avec plus de naturel les scènes de s***e qui ne durent jamais très longtemps. Cela ne tombe pas dans le voyeurisme. L'histoire se passe en 1971, au temps du MLF et de la pilule qui se démocratise. Delphine, une jeune agricultrice du Limousin (elle vit dans une ferme avec ses parents), se sent plus à l'aise avec les filles qu'avec les garçons. Et pourtant, ses parents voudraient bien la marier. Elle "monte" à Paris pour travailler temporairement chez Felix Potin (et oui, cette enseigne existait encore). Un jour, vers le Luxembourg, elle croise la route de Carole qui partage la vie de Manuel. Carole est professeur d'espagnol et militante pour la cause des femmes. Entre les deux jeunes femmes, c'est le coup de foudre réciproque. Elles vont vivre une belle histoire d'amour semée d'embûches. En particulier, la mère de Delphine considère cette liaison comme inacceptable. Je ne vous dévoilerai pas la fin qui m'a plu car elle laisse des ouvertures. Il faut saluer les interprétations dignes d'éloges de Cécile de France (qui joue Carole) mais surtout celle d'Izïa Higelin que je ne connaissais pas et qui a beaucoup de talent comme actrice. Un film que je vous conseille. Lire le billet d'Alain.

25 août 2015

Mission: Impossible, Rogue Nation - Christopher McQuarrie

Ayant apprécié en son temps la série télé Mission Impossible multidiffusée sur le petit écran et qui date des années 60-70, je me souviens que je me réjouissais d'avance de voir, en 1996, une transposition cinéma de la série. A l'époque, ma déception fut à la hauteur de mon attente. C'est pourquoi j'ai "zappé" les films suivants de cette série. Jusqu'à cet été où, après avoir lu et entendu de bonnes critiques sur ce cinquième opus, je suis allée voir Mission: Impossible, Rogue Nation. Et j'ai été très agréablement surprise par ce film qui bénéficie d'un scénario solide (malgré pas mal d'invraisemblances), des personnages ayant de l'épaisseur dont Ilsa Faust (Rebecca Ferguson). Quand le film commence, l'équipe de Mission Impossible est sur le point d'être dissoute mais c'est compter sans Ethan Hunt (Tom Cruise) qui est capturé par un groupuscule criminel appelé "Le syndicat" qui agit à l'échelle international. Le film est ponctué de séquences notables comme une plongée en apnée dans un centre de données implanté sous l'eau. Le rythme du film est trépidant sans temps mort. On peut noter des références à des films comme ceux d'Alfred Hitchcock et j'ai apprécié le fait que le personnage féminin est essentiel à l'histoire. Tom Cruise qui est le producteur du film n'écrase pas ses partenaires. Le film est un succès en salle, c'est mérité.
Lire les billets d'Alex-6, Géraldine, Princécranoir, Wilyrah, Wolvy128 qui ont aimé le film autant que moi.

22 août 2015

Coup de chaud - Raphaël Jaculot / Une famille à louer - Jean-Pierre Améris

Voici deux films que j'ai appréciés. Il faudrait qu'ils trouvent leur public.

Coup de chaud de Raphaël Jaculot se passe dans le Lot et Garonne, un été de canicule dans un village agricole. La commune manquant d'eau, le conseil de la mairie achète une pompe à eau qui va servir à prendre de l'eau dans l'étang voisin pour que les agriculteurs puissent arroser leur culture. Dans ce village sans histoire, on fait la connaissance de Joseph Bousou, un garçon un peu simplet d'une vingtaine d'années qui est le fils de gens du voyage sédentarisés. Ils sont ferrailleurs. Joseph aime faire du bruit avec l'autoradio de sa petite voiture. Il entre chez les gens sans demander la permission. On sait qu'il n'est pas méchant mais les gens le craignent un peu. Un jour, la pompe disparaît et c'est bien entendu Joseph qui est accusé de ce larcin même s'il n'y a pas de preuve contre lui. Le réalisateur sait ménager un certain suspense. On sent que tout ça va mal se terminer. Joseph est retrouvé mort poignardé. Pendant les 25 dernières minutes, on assiste aux interrogatoires des suspects éventuels. Le coupable n'est pas celui auquel on s'attend. A part Jean-Pierre Darroussin que tout le monde connaît, les autres acteurs sont pas ou peu connus. Un film qui mérite d'être découvert. Lire les billets d'Alex-6 et d'Alain.

Je passe maintenant à Une famille à louer de Jean-Pierre Améris. Le film est mal perçu par les critiques et je le regrette. Ce n'est pas le film de l'année mais j'ai trouvé l'histoire touchante. Paul-André (Benoît Poelvoorde) est un vieux garçon maniaque. C'est un homme seul, riche et neurasthénique. Il vit dans une grande demeure bétonnée qui ressemble à un bunker. Son chauffeur et majordome, Léon (François Morel) est sa seule compagnie. Un jour à la télé, aux infos, il voit Violette sortir d'un tribunal. Elle a été jugée pour acte de violence contre un vigile de supermarché. Violettte est sans travail et sans le sou mais elle vante les mérites d'avoir une famille, d'être soutenue par les siens. Paul-André a l'idée de "louer" Violette et ses deux enfants Auguste et Lucie. Il éponge les dettes de Violette (par contrat, il lui versera un an de salaire). Cette dernière conservera la garde de ses deux enfants: Auguste et Lucie. Le passe-temps de Violette est la sculpture sur fruits et légumes. Je vous laisse découvrir comment Paul-André et sa "famille" vont cohabiter. On devine assez vite comment l'histoire va se terminer. J'ai trouvé le film sans prétention, un brin maladroit par moment mais plaisant à voir. A vous de juger.

9 août 2015

A Touch of Zen - King Hu

L'été est propice à des sorties ou des ressorties de films qui sortent dans peu de salles mais qui peuvent attirer des spectateurs curieux.

A Touch of Zen est sorti en deux parties en 1970 et 1971 à Taïwan. Il a été récompensé, en 1975 au Festival de Cannes, du prix de la Commission supérieure technique. Ce prix révèla le réalisateur en Occident. En effet, King Hu (1931-1997) a révolutionné le film de sabre ("wuxia pian"). A Touch of Zen en est une belle illustration même si on peut trouver le film lent, long (il dure 3 heures) et souffrant d'un certain déséqulibre. Le résumé ci-après n'est pas de moi: "Yang Hui-chen, dont le père a été assassiné par la police politique du Grand Eunuque Wei a réussi à s'échapper avec l'aide de deux généraux rebelles. Ayant trouvé refuge dans une citadelle frontalière abandonnée, la jeune fille est repérée par des espions impériaux. Pour l'aider à affronter les gardes lancés à sa recherche, elle trouvera un soutien inespéré auprès de Ku Sheng-chai, un jeune lettré (écrivain public et peintre) qui se révèle un redoutable stratège, et surtout de Maître Hui-Yuan, un moine bouddhiste dont la force spirituelle n'a d'égale que sa maîtrise des arts martiaux…" (source Wikipedia). Cette histoire pas très compliquée en apparence est déroulée au compte-goutte. On met du temps à savoir qui est qui. Il y a quelques flash-back qui expliquent comment et pourquoi Yang Hui-chen et les deux généraux sont devenus excellents au combat (de sabre ou à mains nues). A un moment donné, on croit que le film va se terminer: et bien non, l'histoire repart de plus belle (3/4 d'heure avant la fin) avec en particulier une très belle séquence de combat dans une forêt de bambous verts. On arrive à se demander quand est-ce que le film va se terminer et surtout comment. Ce n'est pas un film très bavard mais il y a pas mal de musique et j'ai trouvé l'image très belle. Ce film mythique (que je suis contente d'avoir vu) a semble-t-il inspiré Ang Lee (pour Tigre et Dragon), Quentin Tarantino (Kill Bill) ou peut-être même Zhang Yimou (Le secret des poignards volants).

6 août 2015

Papa lumière - Ada Loueih / Je suis mort mais j'ai des amis - Guillaume et Stéphane Malandrin

Voici deux films qui sont sortis dans très peu de salles à Paris et qui ne se donnent déjà presque plus.

Je commence par Papa lumière d'Ada Loueih, sorti le 29 juillet 2015, que je suis allée voir pour Niels Arestrup. L'acteur joue le rôle de Jacques, qui s'est expatrié pendant trente ans à Abidjan en Côte d'Ivoire. Il était propriétaire d'un hôtel qui a brûlé. L'histoire commence dans un avion début 2011: fuyant la crise ivoirienne, Jacques est assis à côté d'une jeune fille noire métisse. On apprend très vite qu'ils sont père et fille. Jacques et Safi arrivent à Roissy avant de se diriger dans un centre d'accueil à Nice. Safi, qui est grande pour ses 14 ans, apprend à connaître son père (ours mal léché), car, à Abidjan, elle vivait avec sa mère, "pute" "de luxe" qui semble avoir disparue. Jacques trouve un emploi de "dog-sitter" avant de redevenir gérant d'un hôtel tandis que sa fille va au collège. Il ne se passe pas grand-chose, mais l'histoire sort de l'ordinaire. Arestrup est égal à lui-même. Lire le billet d'Alex-6.

Et maintenant, je passe à un film belge sorti le 22 juillet 2015, Je suis mort mais j'ai des amis, réalisé par deux frères nettement moins connus que les frères Dardenne. Guillaume et Stéphane Malandrin ont réalisé un film qui m'a fait penser à ceux de Benoît Delépine et Gustave Kervern, dans le style "foutraque", iconoclaste. Et le point commun entre leurs films, c'est Bouli Lanners, qui s'en donne à coeur joie dans le délire. Dans Je suis mort mais j'ai des amis, le chanteur et leader d'un groupe de rockers quinquas meurt subitement, juste avant un concert à Los Angeles. Incinéré, le chanteur va tout de même participer au concert puisque ses potes rockers (ils sont trois, dont Ivan [Bouli Lanners]) emportent l'urne avec eux. Dany, un militaire et amant du chanteur, va se joindre à leur voyage qui les emmenera au Canada et non aux USA. L'ensemble est sympathique même si ce n'est pas impérissable.

31 juillet 2015

La femme au tableau - Simon Curtis

Conseillée par un de mes collègues, je suis allée voir La femme au tableau et je ne le regrette pas. Inspirée d’une histoire vraie, la femme au tableau représente Adèle Bloch Bauer, qui a posé pour l’un des tableaux les plus célèbres de Gustav Klimt dans les années 1900: la femme en or. Comme son nom de famille l’indique, Adèle était juive et née dans une famille très aisée. En 1998, sa nièce Maria Altmann, vivant aux Etats-Unis depuis des années, confie à un jeune avocat (petit-fils du compositeur Arnold Schoenberg) la mission de récupérer le tableau qui se trouve depuis la dernière guerre mondiale au musée du Belvédère à Vienne. Sa famille a été spoliée par les Nazis comme beaucoup d’autres familles juives. Pendant une heure cinquante, on suit avec beaucoup d’intérêt comment l’avocat Randol Schoenberg mène sa mission et arrive à assigner l’Etat autrichien devant un tribunal américain. En parallèle, le film comporte des retours en arrière qui décrivent la fuite de Maria (toute jeune mariée) et son époux en 1938 juste après l’Anschluss. Les quelques scènes où l’on voit les exactions des Nazis envers les Juifs sont marquantes. C’est un film prenant qui vaut vraiment la peine d'être vu. Les spectateurs semblaient très attentifs. Il faut noter une fois de plus qu’Helen Mirren qui interprète Maria Altmann est remarquable ainsi que tous les autres acteurs.

25 juillet 2015

Les nuits blanches du facteur - Andreï Kontchalovski

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Je voulais évoquer Les nuits blanches du facteur d'Andreï Kontchalovski sorti le 15 jullet dernier. Il est projeté dans peu de salles. Le film est interprété par des acteurs non professionnels. L'histoire se passe de nos jours autour du lac de Kenozero à presque 1000 kilomètres au nord de Moscou. Le facteur Aleksey Tryaptisyn est le seul lien entre les habitants autour du lac et le monde extérieur. Il apporte par bateau le maigre courrier, les pensions de retraite et autres médicaments. Aleksey est un homme affable qui mène une vie régulière (il se lève tous les jours à la même heure) après avoir cessé de boire depuis 2 ans. De temps en temps, un chat gris (un chartreux) vient lui rendre visite (c'est certainement un songe). Il vit seul mais il est amoureux d'Irina, une amie d'enfance. Timur, le fils de cette dernière, est très attaché à Aleksey qui lui fait faire des tours sur son bateau en lui évoquant des légendes plus ou moins effrayantes se rapportant au lac. Ou alors il lui montre une école en ruines qui rappelle la Russie d'avant. Les plans larges sur le lac et le paysage tout autour en été et en automne sont magnifiques. Tout est calme dans ces lieux où il y a l'électricité mais pas l'eau courante. Un matin, Aleksey se rend compte que le moteur de son bateau a été volé et la vie du facteur va être chamboulée. Le réalisateur qui est aussi le co-scénariste nous montre une Russie rurale pauvre mais qui garde une certaine dignité. Le film dure 1H45 et il m'a plu.

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