Le blog de Dasola
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30 novembre 2014

Night call - Dan Gilroy

Voici un film dont l'histoire effrayante perturbe beaucoup. Il y a un message d'avertissement entièrement justifié avant d'entrer dans la salle. Dans Night call (Nightcrawler [ver de terre] en VO), Lou Bloom (Jake Gyllenhaal, stupéfiant dans sa métamorphose), un conducteur de voiture chevronné, cherche un nouveau moyen de subsistance pour changer (il volait des métaux qu'il revendait). C'est en assistant à un accident de la route mortel filmé au plus près par des chasseurs d'images sensationnelles vendues à des petites télés locales que Lou a une idée. Il se procure une caméra vidéo amateur et un capteur de fréquences radio d'appels de la police. Il se met à arriver très vite avant d'autres sur des lieux de drames routiers ou domestiques. Il a des idées très précises de comment filmer (il ose déplacer un corps sans vie) et quoi filmer. Pour s'aider dans sa tâche, il recrute Rick, un pauvre gars plutôt sympa qui accepte de passer des nuits entières dans la voiture en compagnie de Lou pour gagner très peu. Il est à la merci des desiderata de Lou qui est un être manipulateur aux réactions inattendues et souvent violentes. Lou revend ses vidéos à une station de télévision en particulier. Nina (Rene Russo, très bien), la rédactrice en chef de la station, se laisse manipuler par Jack pour des raisons mercantiles. Je répète, ce film est perturbant pour ce qu'il raconte. Dan Gilroy, le réalisateur, est aussi le scénariste de ce film intelligent, bien fait et porté par la prestation hallucinée de Jack Gyllenhaal. Un film marquant car la fin très cynique fait froid dans le dos. Lire le billet d'Alain.

25 novembre 2014

Mommy - Xavier Dolan

Je me suis enfin décidée à aller voir ce film couronné du prix du jury ex-aequo (avec le film de J.-L. Godard) au dernier Festival international du film de Cannes. Mommy de Xavier Dolan (Maman en VF) est en effet l'histoire d'une maman, Diane, complètement dépassée par le comportement de son fils, Steve, un garçon de 15 ou 16 ans, hyperactif, violent, incontrôlable, qui alterne les "hauts" et les "bas". Diane est veuve depuis 3 ans et elle galère pour trouver un travail. car elle vient d'être renvoyée de chez son dernier employeur. Steve, responsable d'un incendie dans l'institution où il suivait un traitement, doit revenir auprès d'elle. En face de chez eux vit Kyla, entourée de son mari et de sa fille. Elle ne se remet pas du deuil d'un enfant. Les problèmes d'élocution qu'elle a développés ne l'empêchent pas de donner des cours du soir à Steve pour qui elle s'est pris d'affection. Le film tourné en format carré, qui dure 2H15, n'est pas exempt d'affèterie et de maladresses (la dernière séquence peut paraître de trop). Mais je l'ai aimé (beaucoup) pour le formidable trio de comédiens composés d'Anne Dorval (Diane) - elle crève l'écran -, Suzanne Clément (Kyla) et Antoine-Olivier Pilon (Steve). Malgré un sujet très dur et des séquences éprouvantes (et je ne l'ai pas trouvé trop hystérique grâce au talent des acteurs), le film comporte de très belles scènes comme celle où Diane, Kyla et Steve dansent sur une chanson de J.-J. Goldman chantée par Céline Dion. Des trois films de Xavier Dolan (25 ans) que j'ai vus, c'est celui que j'ai préféré (et de loin).

Lire les billets d'Alex-6, Chez sentinelle, matchingpoints, Colette, Kathel, Tinalakiller, Wilyrah, Chris, Mior et Pierre D.

19 novembre 2014

Serena - Suzanne Bier / Quand vient la nuit - MIchael R. Roskam / Love is strange - Ira Sachs

Voici trois films américains que j'avais envie de voir et qui somme toute, m'ont plutôt déçu. Je n'ai eu aucun coup de foudre.

Je commence par Serena de Suzanne Bier qui est une adaptation plus ou moins fidèle du roman de Ron Rash. Je n'imaginais pas Serena sous les traits de Jennifer Lawrence. Cette dernière m'a paru un peu "poupine", pas assez femme affirmée. Le personnage du roman est plus flou et c'est cela qui en faisait tout l'attrait. Face à Bradley Cooper, bien brave, Jennifer Lawrence fait ce qu'elle peut pour jouer une "femme fatale". Je n'ai pas retrouvé le côté menaçant du roman, et pourtant on en reconnaît les grandes lignes. En revanche, la fin du film est différente, somme toute plus morale, et donc moins convaincante selon moi.

Je continue avec Quand vient la nuit de Michael R. Roskam (le réalisateur belge de Bullhead, qui ne m'avait pas plu). Pour son passage en Amérique, il a choisi de réaliser un film dont le scénario est adapté d'une nouvelle de Dennis Lehane. Bob (Thomas Hardy) et Marv (James Gandolfini) sont les tenanciers d'un bar de Brooklyn. Ce bar appartient à la mafia Tchéchène qui se sert de ce lieu et d'autres pour blanchir de l'argent sale. Bob est un homme à l'apparence affable qui recueille un bébé pitbull blessé trouvé dans sa poubelle. Ce petit chien lui permet de se rapprocher de sa voisine (Noomi Rapace) dont il est tombé amoureux. Quand Bob et Marv se font braquer la recette d'un soir, l'ordre des choses se dérègle et on découvre la face cachée peu recommandable d'un ou deux personnages. J'avoue n'avoir pas tout compris à l'histoire, ce qui m'a empêchée de l'apprécier autant que je l'aurais voulu. Lire les billets nettement plus positifs de Kathel et Wilyrah.

Je terminerai par Love is Strange d'Ira Sachs qui raconte l'histoire émouvante de Ben et George (John Lithgow et Alfred Molina, très bien tous les deux), un couple d'homosexuels qui vivent ensemble depuis 40 ans et qui décident enfin de se marier. Ce mariage ne convient pas à l'employeur de George (un collège religieux), et George, un professeur de musique et de chant, est renvoyé sur-le-champ. Ben, quant à lui, est peintre. Ils vivent à New-York où les loyers sont chers. La mise au chômage de George force le couple à renoncer à leur grand appartement dont ils ne peuvent plus payer l'emprunt. En attendant de trouver quelque chose dans leurs moyens, George et Ben sont obligés de faire appartement à part: l'un part vivre chez son neveu et l'autre chez des amis. Leur vie devient compliquée et la cohabitation chez les uns et les autres n'est pas facile. Honnêtement, je m'attendais à ce que l'histoire aille dans une direction différente. Il y a peu d'humour, mais la musique de Frédéric Chopin, que l'on entend pendant presque tout le film, est agréable.

A vous de juger ce que vous en penserez.

13 novembre 2014

A Girl at my door - July Jung / De l'autre côté du mur - Christian Schwochow

Voici deux films très différents sortis tout récemment et dont je ne connaissais pas les réalisateurs.

Dans le film sud-coréen A Girl at my door de July Jung, des thèmes qui paraissent pas couramment traités dans le cinéma asiatique sont abordés: l'homosexualité féminine, l'enfance maltraitée et les travailleurs clandestins. Une jeune "fliquette", Young-Nam, vient d'être mutée par mesure disciplinaire dans une petite ville de pêcheurs. Elle vit seule dans une maison à la décoration spartiate. Elle n'arrête pas de boire un liquide que j'ai cru être de l'eau, et qui s'avère être de l'alcool. Juste après son arrivée, elle fait la connaissance de Dohee, une gamine de 13 ou 14 ans, battue comme plâtre (et injuriée par la même occasion) par son père et sa grand-mère. La mère a quitté le foyer conjugal depuis longtemps. Dohee, qui a des crises de rage incontrôlables, s'attache à Young-Nam. La grand-mère meurt d'une manière brutale et le père qui est ivre presque tout le temps devient agressif envers Young-Nam. Je vous laisse découvrir comment se déroule l'histoire dont la fin amorale m'a gênée et met mal à l'aise. Un film que je ne reverrai pas. Lire le billet d'Alex-6.

Les grandes qualités du film allemand De l'autre côté du mur sont le rythme narratif (on est tout de suite pris dans l'histoire) et surtout l'interprétation. Jördis Triebel qui interprète Nelly Senff a reçu un prix d'interprétation en Allemagne. En 1978, Nelly et son petit garçon Alexei s'enfuient de RDA et arrivent à Berlin Ouest. Pour devenir citoyenne de RFA afin de trouver un travail et un logement, Nelly doit avoir sa demande d'asile tamponnée 12 fois par différents services qui lui font subir de nombreux interrogatoires. Pourquoi a-t-elle quitté la RDA? Qu'est devenu le père (d'origine russe) de son fils? Est-elle sûre qu'il est bien mort accidentellement? Il est fait souvent référence à la Stasi. En RFA, Nelly loge dans un centre d'accueil où règne la promiscuité et une certaine violence. Les conditions de vie sont dures. Nelly et Alexei essayent de se tenir les coudes même si ce n'est pas facile. Le reproche que je ferais à ce film de Christian Schwochow, c'est sa fin, où beaucoup de questions restent en suspens. C'est frustrant. Un film que je conseille mais sans plus. Lire les avis d'Aifelle et de ffred.

8 novembre 2014

'71 - Yann Demange / Paradise Lost - Andrea Di Stefano

Voici deux films plutôt réussis. 

Je commence avec '71 (1971) qui est l'année où se déroule l'histoire. Des jeunes recrues de l'armée britannique sont envoyées sur un champ de bataille particulier: Belfast, capitale de l'Irlande du nord, où, depuis plusieurs années, les protestants orangistes et les catholiques s'affrontent, souvent de manière sanglante. Les deux communautés vivent dans des quartiers différents mais cela n'empêche pas les nombreuses échauffourées. L'action principale se déroule pendant une nuit. Les militaires viennent de se battre contre des catholiques prêts à tout. Deux soldats sont battus sauvagement. L'un est tué d'une balle à bout portant, l'autre, Gary Hook (Jack O'Connell), arrive à s'enfuir dans le dédale des rues de Belfast. Ses poursuivants le traquent. C'est là que les choses se compliquent car on ne sait pas vraiment qui sont ceux qui pourchassent Gary, des "infiltrés", des militaires "pourris", des idéalistes, des catholiques repentis... Tout le monde a l'air de connivence pour faire disparaître Gary, c'est-à-dire l'empêcher de parler. La traque est haletante, l'histoire est bien menée. Tous les acteurs sont bien. Mention spéciale à Jack O'Connell que j'avais découvert dans Les poings contre les murs (Starred up). Lire le billet d'Alex-6.

Je passe maintenant à Paradise Lost d'Andrea Di Stefano. En Colombie, au milieu des années 80, deux jeunes Canadiens et l'épouse de l'un deux découvrent un endroit paradisiaque au bord de la mer. Ils sont surfeurs. L'un des deux, Nick, découvre par la même occasion la femme de ses rêves: Maria, une ravissante jeune femme qui est malheureusement la nièce de Pablo Escobar, chef du cartel de Medellin, traficant de cocaïne. Homme éminemment dangereux, Escobar a des idées de grandeur. Il donne une partie de son argent aux pauvres et tente de se lancer dans une carrière politique. En 1991, poursuivi par le gouvernement colombien, Escobar est obligé de renoncer à sa vie fastueuse, et il se met à éliminer des gens autour de lui. Bien que fiancé à Maria, Nick fait partie de ceux qui doivent disparaître. Je vous laisse découvrir ce qui va arriver à Nick, comment il essaye se tirer de ce piège mortel. Il y a pas mal de suspense. Benicio del Toro qui interprète Escobar est impressionnant. Josh Hutcherson, tout droit sorti de Hunger Games, s'en tire bien. Un film très regardable mais assez violent dans le propos.

5 novembre 2014

The November Man - Roger Donaldson

Je suis allée voir The November Man (L'homme de novembre) sorti le 29 octobre 2014 car j'aime ce genre de film d'action qui lorgne du côté de James Bond. Je n'ai pas été déçue (mon ami non plus), d'autant plus que le personnage principal est incarné par Pierce Brosnan (pas mal du tout) qui interpréta au moins quatre fois l'agent 007. J'apprécie aussi le réalisateur, que la jeune génération ne connaît pas forcément: Roger Donaldson a réalisé entre autres un excellent thriller que je vous recommande, Sens Unique (No Way out, 1987), avec Kevin Costner et Gene Hackman. Pour en revenir à The November Man, Devereaux (Pierce Brosnan), ex-agent de la CIA à la retraite, reprend du service. La femme qu'il aimait, une Russe nommée Natalia, est assassinée. Elle avait réussi à s'emparer de photos compromettantes qui pourraient nuire à un futur haut dirigeant russe. On trouve tous les ingrédients d'un film haletant sans temps mort. Il n'y a pas de ralenti, d'effets spéciaux, mais quelques scènes spectaculaires. C'est du brut(al). les morts sont nombreux et Devereaux montre ses talents tout azimuth. L'action se passe essentiellement à Belgrade. Jusqu'au bout, on se demande qui est le "méchant" de l'histoire qui n'est pas celui que l'on croit. Olga Kurylenko (ex-James Bond Girl dans Quantum of Solace) se défend bien, en particulier face à Alexa, une tueuse redoutable. Un bon film de genre. Lire le billet de Wilyrah qui a plutôt aimé.

31 octobre 2014

Magic in the Moonlight - Woody Allen / Le juge - David Dobkin

Voici deux films vus la semaine dernière.

J'ai trouvé le dernier Woody Allen, Magic in the Moonlight, assez mineur, on ne trouve pas la magie annoncée dans le titre, sauf dans la première séquence où Colin Firth, méconnaissable en grand magicien chinois, fait quelques tours sur une scène de music-hall. Quand il se démaquille, il redevient Stanley, un homme dont la réputation est de démasquer les faux médiums. C'est d'ailleurs la mission que lui confie Stanley Burkan, un de ses amis. Stanley doit déceler l'imposture d'une jeune femme appelée Sophie (accompagnée de sa mère). Sophie ,qui loge chez une mère et son fils dans une villa de la Côte d'Azur, semble montrer des vraies dispositions à la voyance. En tout cas, Stanley, pour une fois, est prêt de le croire. Il faut dire qu'il est tombé amoureux de Sophie. C'est un film aussi léger qu'une bulle de savon avant qu'elle n'éclate. On a connu Woody plus inspiré. Mais j'ai apprécié la fin, et Colin Firth et Emma Stone forment un couple charmant.

Je passe maintenant au film Le juge de David Dobkin que je suis allée voir pour Robert Downey Jr (et aussi parce que j'apprécie les films de "prétoire et de plaidoirie"). Hank est un avocat très doué. Il vit à Chicago avec sa fille et sa femme. Il est sur le point de quitter cette dernière. Hank Palmer (Robert Downey Jr) a deux frères et surtout un père, Joseph (Robert Duvall), procureur dans une petite ville de l'Indiana depuis 40 ans. Hank, qui est plus ou moins brouillé avec sa famille, renoue avec le passé à l'occasion des funérailles de sa mère. Il va se charger de la défense de son père, qui est accusé d'avoir renversé et tué un homme. Joseph Palmer est un vieux monsieur gravement malade qui n'a pas pardonné la désertion de son fils. Les rapports houleux entre le père et le fils sont constants pendant le film qui dure plus de 2H. Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais j'ai aimé la confrontation entre les deux Robert.

24 octobre 2014

Le labyrinthe - Wes Ball / Balade entre les tombes - Scott Franck

Comme j'étais très moyennement tentée d'aller voir Mommy de Xavier Dolan (mon masochisme a des limites), je suis allée voir deux films, pas forcément des chefs d'oeuvre, mais qui m'ont fait passer un bon moment.

Je commence avec Le labyrinthe que j'ai vu avec mon ami. Comme Hunger Games d'après Suzanne Collins, il s'agit de l'adaptation du premier tome d'une trilogie écrite pour les adolescents. L'écrivain s'appelle James Dashner (les livres sont parus en français chez Pocket Jeunesse). La trilogie est donc composée par Le Labyrinthe, La Terre brulée et Le Remède mortel. Dans un futur indéterminé, Thomas, âgé d'une vingtaine d'année, est l'avant-dernier arrivant dans un endroit étrange, en plein air, cerné d'un grand mur de plusieurs dizaines de mètres de haut qui forme un quadrilatère. A un endroit précis, tous les jours, un panneau dans le mur pivote et laisse entrevoir un chemin fait de béton. Il s'agit du début d'un labyrinthe plein de dangers mortels. Thomas fait partie de la trentaine (environ) de garçons retenus prisonniers. Certains sont là depuis 2 ou 3 ans sans espoir d'évasion. Thomas est celui qui va faire accélérer les choses pour trouver une solution de sortie. J'ai trouvé le film sans prétention, plutôt bien fait. Le Labyrinthe est impressionnant et les "griffeurs", qui peuvent faire penser à un croisement d'Arachne avec Alien, font assez peur. Comme mon ami, on attend la suite avec intérêt. D'ailleurs, mon ami a réservé les romans en bibliothèque.

Je passe à un film policier, Balade entre les tombes (le titre m'a attirée). Entièrement filmé à Brooklyn, New-York, cette adaptation d'un roman qui porte le même titre en français écrit par Lawrence Block ne m'a pas déçue (je n'ai pas lu le roman). Cela vient d'être réédité dans la série noire chez Gallimard. Matt Scudder, ancien policier qui a démissionné, est devenu détective privé. Il est engagé par un trafiquant de drogue. Ce dernier veut découvrir qui a kidnappé et tué sa femme (elle a été découpée "façon puzzle"). Scudder, qui fait partie des alcooliques anonymes, trouve une aide providentielle en la personne d'un jeune garçon noir qui aime lire et passe ses journées en bibliothèque. C'est un film d'ambiance. La fin est saignante. Liam Neeson qui joue Matt Scudder est pas mal du tout. Un polar honnête. La salle où j'ai vu le film était complète. Lire le billet d'Alex-6.

 PS: Peut-être irais-je voir tout de même Mommy ce week-end? Pas sûr. [finalement, chroniqué le 25/11/2014]

12 octobre 2014

Gone girl - David Fincher

Avant de vous faire un petit compte-rendu sur mon voyage en Andalousie où le soleil était de la partie, je voudrais évoquer un film que j'avais vu en avant-première.

Je me réjouissais d'avance: le réalisateur David Fincher (que l'on ne présente plus: Seven, Alien 3, The Game, Zodiac, etc.), + une adaptation de Les apparences, un thriller de Gillian Flynn (pas lu) qui est un best seller international. Le film Gone Girl fut une déception en ce qui me concerne.

Je reconnais que la réalisation est fluide, rien à dire de ce côté là. David Fincher est très doué. Mais c'est l'histoire (dont je ne vous dirai rien) qui me pose problème. Elle m'a mise très mal à l'aise. Après une première heure très réussie, un retournement de situation que je vous laisse découvrir fait basculer le film dans une atmosphère malsaine avec des moments de démence pure (sans que l'on sache le pourquoi du comment). L'ensemble manque de subtilité à l'image d'une scène "gore" inutile qui vire au grotesque. Nick Dunne, le mari (Ben Affleck, un peu terne), change de statut: de bourreau qui trompe sa femme et est soupçonné de meurtre, il devient la victime d'une machination infernale orchestrée par son épouse "disparue" Amy (Rosamund Pyke, qui fait une interprétation d'anthologie). Personnellement, j'ai trouvé ce film misogyne. J'ajouterais qu'en arrière-plan, la critique que fait Fincher sur la société du spectacle manque d'épaisseur. Gillian Flynn qui a écrit le scénario a changé la fin par rapport au roman. Je me demande ce que cela donne. Le film dure 2H30. C'est un peu long surtout vers la fin. Cela n'empêche pas qu'il va certainement avoir du succès. Lire les billets d'Alex-6, de Wilyrah et Wolvy28.

5 octobre 2014

Saint Laurent - Bertrand Bonello

Voici donc le deuxième "biopic" sur Yves Saint Laurent, celui pour lequel Pierre Bergé n'a pas donné son blanc seing. On peut comprendre sa position, car le réalisateur montre la face sombre d'YSL: ses démons, le fait qu'il se droguait, qu'il menait une vie dissolue (mais cela le rend plus humain). Au détour d'une scène, on apprend qu'Yves Saint Laurent, qui a refusé de faire la guerre d'Algérie est devenu dépendant aux médicaments à cette époque, durant son séjour à l'hôpital. J'ai noté que Bertrand Bonello a tenu à mettre l'accent sur le dur métier de la couture: la précision dans les gestes et chaque étape pour aboutir à ce qui deviendra une robe, un pantalon ou une veste. La maison Saint Laurent formait une grande famille (Yves Saint Laurent appelait chaque ouvrière par son prénom), mais le couturier était capable de renvoyer une employée sans état d'âme par une simple phrase. Bertrand Bonello, qui a aussi écrit le scénario avec Thomas Bidegain, a centré son film sur dix ans dans la vie de YSL: de 1967 à 1977, "l'âge d'or" de la maison de couture. Nettement plus en retrait que dans le film de Lespert, Pierre Bergé (Jérémie Rénier) est montré comme l'homme d'affaires qui sait négocier le nom d'YSL. Les amours (en particulier avec Jean de Bascher) et les dérives d'YSL sont évoquées, mais sans que cela soit trop appuyé. Le réalisateur a trouvé un juste équilibre. L'une des dernières séquences en "split screen" (l'écran divisé en plusieurs images) est très réussie: il s'agit du défilé de la collection automne-hiver de 1976, les poupées russes: c'est sublime. Il faut noter l'apparition d'Helmut Berger, méconnaissable à 70 ans, qui interprète Yves Saint Laurent âgé, très seul avec comme seul compagnon un bouledogue français, Moujik, le 4ème du nom. Cette race de chien était une des passions d'Yves Saint Laurent. Je n'ai pas vu passer les 2H30 que dure ce film que je recommande. A noter l'interprétation exceptionnelle de Gaspard Ulliel dans le rôle d'Yves Saint Laurent.

Ce billet paraît le lendemain du jour où je devrais être en Andalousie. Je fais un petit circuit d'une semaine loin d'Internet. A très bientôt.

2 octobre 2014

Leviathan - Andrey Zviaguintzev

Pour ceux qui me lisent, je vous recommande absolument Leviathan, un film russe d'Andreï Zviaguintzev, le troisième que je vois de ce réalisateur (après Le Retour et Elena). Il a reçu le prix du scénario (amplement mérité) au dernier festival international du film de Cannes. De nos jours, au bord de la mer de Barents au Nord-Ouest de la Russie, Kolya, sa femme Lilya et son fils Romka vivent dans une grande maison en bois. Lilya, qui est la seconde épouse de Kolya, a des relations difficiles avec son beau-fils Romka. Quant à Kolia, il tient un garage et fait de petites réparations. Quand l'histoire commence, on apprend que le maire de la petite ville voisine veut, pour son compte personnel, exproprier Kolya et sa famille: il guigne le terrain. Je vous laisse découvrir comment il va arriver à ses fins, par des moyens pour le moins brutaux qui peuvent faire désespérer du genre humain. Pendant les deux heures quinze que dure le film, les personnages parlent beaucoup, s'affrontent, s'aiment et boivent des litres de vodka (les femmes ne sont pas en reste). Les paysages où se côtoient squelette de baleine et bateaux échoués donnent une impression de fin du monde. La musique de Philip Glass est vraiment très belle. La fin laisse un goût amer. Il n'y a aucun espoir. Il semble que le réalisateur se soit inspiré d'un fait divers survenu aux Etats-Unis. Ce film admirable est, pour moi, un des meilleurs de 2014. Lire le billet de Miriam.

29 septembre 2014

Elle l'adore - Jeanne Herry / 3 coeurs - Benoit Jacquot / Avant d'aller dormir - Rowan Joffe

Voici un billet sur trois films, dont deux m'ont mise de très mauvaise humeur.

Je commence par le moins mauvais film selon moi, Elle l'adore de Jeanne Herry, avec Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte. Je l'ai vu en avant-première dans une salle de province, nous étions 2 (deux) dans une grande salle. Muriel Bayen (Sandrine Kiberlain), divorcée, mère de deux enfants et qui exerce la profession d'esthéticienne, est une "groupie" du chanteur Vincent Lacroix (Laurent Lafitte). Celui-ci commet un acte irréparable et lui demande son aide. Muriel s'acquitte plus ou moins bien de sa tâche mais s'en tire en mentant avec aplomb à un couple de policiers. Car Muriel est une affabulatrice-née, c'est ce qui la sauve. J'ai oublié de préciser que le couple de policiers, une femme et un homme, sont amants. Cela génère quelques scènes assez drôles. Kiberlain est très bien comme souvent. Mais je trouve que le ressort dramatique manque de "punch". Sans dévoiler davantage l'histoire, on peut dire qu'à la fin, Vincent a perdu une fan. Regardable. Pour ceux qui l'ignorent, Jeanne Herry est la fille de Miou-Miou et de Julien Clerc.

Maintenant, je passe à deux films que j'ai vus dans la même soirée (que j'ai eu l'impression d'avoir gâchée).

Pour 3 coeurs de Benoît Jacquot, je reprends à mon compte la critique assassine de Mymp et je pense être encore plus déçue que lui. Dans une ville de province, Valence (dans la Drôme), en fin de soirée, Marc Beaulieu (Benoît Poelvoorde), inspecteur des impôts, vient de rater son train et il erre comme une âme en peine dans la ville déserte. Il croise le chemin de Sylvie Berger (Charlotte Gainsbourg). C'est le coup de foudre. Ils se perdent de vue (je vous passe les détails à part le fait que Marc est fragile du coeur), et voici que Marc, revenu à Valence, tombe sous le charme de Sophie (Chiara Mastroianni), venue en pleurs dans son bureau des impôts pour régler un problème. Sophie est la soeur de Sylvie, ce que Marc ignore jusqu'au jour où ils se marient, et Sophie ignore que Sylvie a connu Marc avant elle. Les deux soeurs, qui tiennent un magasin d'antiquités, ont une relation fusionnelle. Que ce film est triste à voir et mortellement ennuyeux! Malgré le titre, je n'ai ressenti aucune passion amoureuse. Charlotte Gainsbourg passe son temps à allumer des cigarettes d'une scène à l'autre. Chiara Mastroianni n'est pas en reste. Quand elles ne fument pas, elles déjeunent chez leur mère (Catherine Deneuve, très bien), et face à elles, Benoit Poelvoorde qui fait ce qu'il peut. Je l'ai trouvé touchant, mais pas crédible en amoureux des deux soeurs. Il faut dire que l'on peut se demander pourquoi il tombe amoureux de Charlotte Gainsbourg qui "fait la gueule" tout le temps. J'ai eu de la peine pour lui. La musique n'est pas terrible et la voix off qui fait avancer l'action n'ajoute rien. Vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé le film, sauf la fin, qui m'a paru logique.

Je termine par mon deuxième "coup de gueule". Avant d'aller dormir, de Rowan Joffe (le fils de Roland), est d'abord un roman que je n'ai pas lu mais qui a été chroniqué sur des blogs (par exemple ici et [ce dernier article comporte d'autres liens]). On peut dire que l'histoire est Un jour sans fin sans humour. Depuis 14 ans, suite à un grave accident, Christine (Nicole Kidman) se réveille tous les matins sans se souvenir de ce qu'elle a fait la veille. Ben (Colin Firth) est toujours à ses côtés. Un certain docteur Nash (Mark Strong) essaye de lui faire retrouver la mémoire. Ce film est sinistre à tout point de vue, et j'ai été choquée par quelques scènes entre Colin Firth et Nicole Kidman. Pauvre Colin! Ceux qui ont vu ou verront le film me comprendront. Vivement le prochain Woody Allen, dans lequel il joue un des rôles principaux. Quant à Avant d'aller dormir, vous pouvez vous abstenir de le voir.

...Heureusement que mes deux prochains billets évoqueront deux films très réussis: Leviathan (chroniqué le 02/10/2014) et Saint Laurent (chroniqué le 05/10/2014).

23 septembre 2014

Pride - Matthew Warchus

Pride du réalisateur Matthew Warchus est le genre de film qui me rend euphorique. Je trouve que ce genre d'histoire qui met en valeur la solidarité et la tolérance est une belle leçon par rapport à notre époque où l'individualisme et le "chacun pour soi" priment sur beaucoup de choses. Nous sommes en pleine période Margaret Thatcher, Premier ministre britannique, la "dame de fer" qui est restée inflexible devant les protestations des mineurs britanniques. Certaines mines de charbon considérées comme déficitaires devaient fermer. La grève durera un an entre 1984 et 1985, au terme duquel le gouvernement britannique n'aura cédé sur rien. Lorsque le film commence, durant la "Gay Pride" de 1984 à Londres, des "gays" et lesbiennes décident de collecter de l'argent pour les mineurs en grève. Joe, Jonathan, Mike, Jeff et quelques autres, sous la houlette de Mark qui mène le groupe, se mettent en tête d'aider des mineurs en grève et plus particulièrement ceux d'une petite ville galloise. La rencontre va être explosive, les mineurs restant assez dubitatifs au départ. Heureusement que les femmes ou soeurs de mineurs sont là...  J'ai entendu les critiques de l'émission "Le Masque et la Plume" qui n'ont pas été très gentils pour ce film en évoquant en particulier la musique tonitruante (ce n'est pas faux); personnellement, cela ne m'a pas dérangée. Les personnages, dont beaucoup inspirés de personnes réelles, sont tous plus attachants les uns que les autres. Le défilé final (syndicats des mineurs et gays et lesbiennes ensemble devant le parlement britannique) donne "la pêche". Je conseille vraiment ce film qui m'a fait penser aux Virtuoses de Mark Herman (1996). 

17 septembre 2014

Un homme très recherché - Anton Corbijn

Ce mercredi 17 septembre 2014 sort en France un film d'espionnage avec du suspense comme je les aime: Un homme très recherché, réalisé par Anton Corbijn (The American). Le scénario du film est une adaptation d'un roman de John Le Carré. C'est l'occasion de voir le très regretté Philip Seymour Hoffmann dans un de ses derniers rôles. Il est magistral comme tous les acteurs qui l'entourent. Il interprète Günther Bachmann, un membre des services secrets allemands. En 2012, plus de 10 ans après les événements du 11 septembre, la ville de Hambourg n'oublie pas qu'elle a abrité une importante cellule terroriste à l'origine des attaques contre les tours du World Trade Center. Issa Kharpov, d'origine russo-tchétchène, affreusement torturé en Russie, arrive clandestinement à Hambourg afin de récupérer une fortune laissée par son père. Il est abrité par des membres de la communauté musulmane de la ville allemande. Günther Bachmann pense que le jeune homme n'est pas un terroriste, mais il va se servir de lui pour faire tomber un plus "gros poisson", un homme bien sous tout rapport qui pourrait financer des groupuscules terroristes par l'intermédiaire d'ONG. Le problème de Bachmann et de son équipe, c'est qu'ils ne sont pas tout seuls sur le coup et qu'ils sont eux-mêmes espionnés. Je ne vous en dirais pas plus si ce n'est que les personnages féminins (interprétés par Robin Wright, Rachel McAdams et Nina Hoss) ne sont pas que des faire-valoir, bien au contraire et que la ville de Hambourg n'est pas assez mise en valeur (et ça c'est dommage). Je compte bien revoir avec plaisir ce film qui dure 2H sans temps mort.

14 septembre 2014

Gemma Bovery - Anne Fontaine / Mademoiselle Julie - Liv Ullmann

Pour la projection de Gemma Bovery en avant-première, on était une vingtaine dans la salle de 200 places. Pour Mademoiselle Julie, on était sept pour une contenance aussi de 200 places. Le point commun entre ces deux films, à part le fait qu'ils sont adaptés plus ou moins librement d'oeuvres littéraire et théâtrale très connues où les héroïnes ont des destins tragiques, et qu'ils sont réalisés par des femmes, est que je les ai vus dans le même complexe cinématographique au nord de Paris. Depuis son inauguration voici presque un an, je constate avec inquiétude, quand j'y vais, que les spectateurs manquent à l'appel. Je sais que ce complexe n'est pas très bien desservi par les transports en commun; en particulier, il n'y a pas de station de métro proche (mais il y a le tramway). Personnellement, j'y vais à pied, habitant à un quart d'heure de là. J'espère que ces salles vont voir leur fréquentation augmentée d'ici un ou deux ans. En effet, des milliers de logements sont en cours de construction dans cette partie nord de Paris (boulevard Mac Donald); de plus, une passerelle est en train d'être construite au dessus du périphérique pour relier cette partie de Paris à la ville d'Aubervilliers.

Pour en revenir à Gemma Bovery d'Anne Fontaine, le film est une adaptation du roman graphique de l'Anglaise Posy Simmonds qui s'est elle-même inspirée de Madame Bovary, le roman de Gustave Flaubert. Martin Joubert (Fabrice Luchini), marié et père d'un grand adolescent, est un ex-bobo parisien qui rédigeait des notules dans l'édition. Depuis quelques années, il a repris la boulangerie de son père dans une petite ville de Normandie. Il faut le voir pétrir sa pâte.  Cela n'empêche pas Martin d'avoir garder sa passion pour les beaux textes en général et pour Madame Bovary en particulier. Et il n'en revient pas quand il apprend le nom des nouveaux occupants de la maison voisine de la sienne: Gemma et Charly Bovery, un jeune couple d'Anglais. Gemma est une jeune femme rayonnante qui semble s'ennuyer, Charly n'est pas médecin mais il fait de fréquents déplacements à Londres, il vend du vin et accessoirement, restaure des objets. Joubert, qui est le narrateur du film et dont l'imagination n'a pas de limites, a l'impression que Gemma va connaître le triste destin de l'héroïne de Flaubert. Il n'a de cesse d'essayer de faire changer les choses mais en vain. Il assiste même de loin à la liaison entre Gemma et Rodolphe (pardon, Hervé dans le film, un jeune bellâtre). La réussite du film tient beaucoup au charme déployé par Gemma Arterton et j'ai trouvé Luchini vraiment très bien. Cela m'a presque donné envie de lire le roman de Gustave Flaubert (je ne l'ai jamais terminé) et pourquoi pas Anna Karénine (ceux qui verront le film que je recommande sauront pourquoi). Lire les billets de Cathulu ou Cachou.

Maintenant, je passe à Mademoiselle Julie de Liv Ullman qui a aussi écrit l'adaptation d'après la pièce (écrite en 1888) d'August Strindberg. Le film dure 2H10 et c'est son gros défaut. La pièce d'origine est courte et représente en général 1H30 de représentation sur scène. Le film m'a paru long, très long malgré les trois acteurs (Jessica Chastain, Colin Farrell et Emily Norton) qui sont formidables. La réalisatrice a à peu près respecté l'unité de lieu (un grand domaine), de temps (la nuit de la Saint-Jean) et d'action, le jeu de séduction entre Mademoiselle Julie, fille de baron, et Jean (John), le domestique, avec comme témoin Kristin (Kathleen) la cuisinière. Je trouve que c'est une oeuvre qui est intéressante mais qui a vieilli de par son sujet: une jeune femme de la "haute" qui veut séduire quelqu'un qui est d'une classe sociale inférieure, tout en le méprisant (comme elle méprise les représentants de la gent masculine). Ella agit envers lui avec condescendance. De même Jean et Kristin éprouvent un certain mépris envers Mademoiselle Julie qui a osé s'abaisser à leur niveau. La réalisatrice a ajouté des choses: on voit Mademoiselle Julie enfant dans le préambule, la musique est très présente et meuble les temps d'arrêt, cela n'ajoute rien. Dommage. Lisez plutôt la pièce. [Pour ce film, voir le billet d'Alex_6].

9 septembre 2014

Enemy - Denis Villeneuve / Maintenant ou jamais - Serge Frydman / The Salvation - Kristian Levring

En attendant des sorties plus consistantes au mois de septembre, voici trois films qui m'ont plus ou moins plu.

Je commence par Enemy de Denis Villeneuve qui m'a laissée assez perplexe. De nos jours, à Toronto, Adam Bell, professeur d'université, mène une vie terne avec sa petite amie. Cependant, quand le film commence, il assiste à des ébats amoureux, dans un lieu fermé, en compagnie d'autres hommes. Ce n'est pas la première fois. Plus tard, par hasard, grâce à une vidéo conseillée par un collègue, il découvre qu'il a un double, une copie conforme de lui-même. Adam mène son enquête qui le met en présence d'Anthony, son sosie parfait, un acteur mariée à une femme enceinte. Chacun rejette l'autre, cette gemellité fait peur. Au loin, dominant Toronto, l'araignée ("la mère") sculptée par Louise Bourgeois fait son apparition. Ces éléments que je vous livre ne donnent qu'une vague idée de ce qu'est l'histoire. J'avoue n'avoir pas compris où le réalisateur voulait en venir. Jake Gyllenhaal qui joue les deux personnages d'Adam et Anthony est très bien, Toronto est superbement filmée. Tout le film baigne dans les tons ocres. Mais je me suis passablement ennuyée devant ce film trop abstrait pour moi. Lire le billet de ffred nettement plus enthousiaste.

Je continue avec Maintenant ou jamais de Serge Frydman (qui a aussi écrit le scénario), avec LaÏla Bekhti et Nicolas Duvauchelle, qui est un film que j'ai bien apprécié. Une jeune femme qui donne des leçons de piano rêve d'une belle maison où elle vivrait avec mari et enfant. Malheureusement, son mari vient d'être licencié de la banque où il officiait. Elle décide de braquer cette banque avec l'aide d'un libéré sur parole (Nicolas Duvauchelle) qui lui avait volé son sac à main peu de temps auparavant. Ce film m'a paru avant tout une jolie histoire d'amour. D'ailleurs la fin que je ne dévoilerai pas pourrait faire penser à une suite. Le couple Bekhti/Duvauchelle m'a fait un peu penser à celui formé par Emanuelle Devos/Vincent Cassel dans Sur mes lèvres de Jacques Audiard (2001). Lire le billet d'Alex-6.

Je termine par The Salvation, un western danois (si, si) dans lequel Mads Mikkelsen, Eva Green et quelques autres font merveille. J'ai personnellement beaucoup aimé cette histoire assez violente. En 1871, quelque part aux Etats-Unis (au Texas?), Jon, un Danois, ancien soldat très bon tireur, vient attendre au train sa femme et son fils qu'il n'avait pas vus depuis sept ans. Tous les trois s'embarquent dans une diligence en compagnie de deux hommes violents qui violentent la femme de Jon et tuent aussi le jeune garçon. La vengeance de Jon est assouvie très vite sans savoir que le frère d'un des "méchants" fait régner la terreur dans une petite ville voisine. La trame est classique, un homme solitaire, une petite ville où les habitants pas très courageux ont peur et commettent des actes de lâcheté face à des "très méchants" dont un Corse joué par Eric Cantona (himself). Eva Green qui a perdu sa langue (au sens propre du terme) sait très bien manier le fusil. Une curiosité que je vous conseille. Lire le billet de Trillian.

3 septembre 2014

Huit heures de sursis (Odd Man Out)- Carol Reed / Mon épouse favorite - Garson Kanin / Violence à Park Row - Samuel Fuller

Comme je l'ai annoncé dans un billet précédent, la période de l'été est l'occasion de (re)voir de "vieux" films qui sont projetés certains jours dans des salles "Art et Essai" à Paris. Le cinéma Action Christine dans le 6ème arrondissement à Paris remplit très bien sa mission. C'est mon ami qui a eu envie de voir Huit heures de sursis (Odd Man Out en VO) de Carol Reed (1947), un film qui dure presque deux heures. Le film tourné dans un très beau noir et blanc est d'une grande densité et âpreté. A Belfast, Johnny McQueen (James Mason), chef d'un groupe irlandais clandestin, vit caché depuis plusieurs mois dans la maison de Kathleen et sa mère. Johnny organise le hold-up d'une banque avec quelques comparses. Les choses tournent évidemment mal, un homme est tué et Johnny gravement blessé. Une chasse à l'homme est organisée, Belfast est quadrillée et Johnny est en train de se vider de son sang. Se réfugiant d'un endroit à l'autre, Johnny rencontre des personnes plus ou moins bien disposées à son égard. La ville vit dans la peur, la police est partout présente mais cela n'empêche pas qu'une certaine solidarité de la part de quelques individus se fasse jour pour essayer de sauver Johnny. La fin du film où Johnny est acculé par les forces de polices est un moment poignant. James Mason livre une prestation inoubliable qui lui a ouvert les portes de Hollywood. Le film existe en DVD. Je vous conseille de le voir.

Je continue avec un film nettement plus léger, Mon épouse favorite de Garson Kanin (1940), où Irene Dunne donne la réplique à Cary Grant. Irene Dunne (1898-1990) est une actrice que j'ai découverte grâce à ce film. Elle avait un grand tempérament comique. Quand le film commence, Nick (Cary Grant) vient de se remarier et part en voyage de noces. C'est à ce moment là qu'Ellen, sa première épouse portée disparue depuis 7 ans (elle était naufragée sur une île déserte) fait sa réapparition. Le pauvre Nick se retrouve donc bigame. C'est une comédie enlevée et vraiment très sympathique que je vous conseille aussi.

Je termine par Violences à Park Row de Samuel Fuller (1952). Dans les années 1880, plusieurs journaux de presse sont établis dans le périmètre de Park Row à New York, Etats-Unis. Phineas Mitchell, un journaliste qui a une certaine éthique de son métier, décide de fonder son propre journal. Il rencontre immédiatement le succès, au grand dam d'un journal rival (dirigée par une femme) pour qui il travaillait auparavant. Le succès de ce nouveau titre est d'autant plus grand que l'Allemand Ottmar Morgenthaler, l'inventeur de la première machine linotype, se met à son service, et que Mitchell a l'idée de soutenir la souscription qui permettra l'édification du socle de la statue de la liberté. Toute cette histoire est racontée en 1H20 sans temps mort. C'est passionnant. Un très bon film qui n'est sorti en France qu'en 1971.

28 août 2014

Les combattants - Thomas Cailley / Lucy - Luc Besson / Opération casse-noisette - Peter Lepeniotis

Vous pourrez constater que mes choix récents de cinéma sont éclectiques; mais il se trouve que pendant cet été, il y a eu peu de films nouveaux à se mettre sous les yeux. Dans un futur billet, j'évoquerai quelques "vieux" films que j'ai vus pendant cette période.

Cette fois-ci, je commence par Les combattants de Thomas Cailley avec Adèle* Haenel** (une jeune actrice qui monte) et Kévin Azaïs. C'est le premier long-métrage du réalisateur. Le film a été présenté dans la section de la Quinzaine des réalisateurs au dernier festival international du film de Cannes. A cette occasion, il a été récompensé par plusieurs prix et les critiques sont élogieuses. Je ne savais pas du tout ce que racontait le film. Je ne suis pas sûre d'en savoir plus maintenant. Dans les Landes, Madeleine décide de faire un stage commando dans l'armée de terre (le plus dur qui soit). C'est un vrai garçon manqué. Arnaud, lui, est apprenti-menuisier auprès de son frère dans l'entreprise familiale. Il est captivé au premier regard par Madeleine lorsqu'il vient faire des travaux chez les parents de cette dernière. Ni une, ni deux, il s'inscrit au stage pour être avec elle. Elle lui en fait voir de toutes les couleurs. Je trouve que le film démarre très bien, il y a de l'énergie, de l'humour; mais à partir du moment où les deux jeunes gens s'enfoncent seuls dans la forêt landaise, j'ai un peu décroché. Le côté "robinsonade" que prend l'histoire m'a laissée indifférente. Pour ma part, j'ai trouvé le film sympa mais sans plus.

Je continue avec Lucy de Luc Besson que mon ami voulait voir. Je l'ai accompagné en me disant "pourquoi pas". L'histoire n'a aucun intérêt et n'a ni queue ni tête (selon moi). Les effets psychédéliques sont plus ou moins réussis. Scarlett Johansson est très bien. Les méchants sont des Asiatiques (Coréens). Quelques scènes ont été filmées à la Sorbonne à Paris et j'ai trouvé la fin très frustrante: pauvre Scarlett réduite à devenir une clé USB. Le film a rapporté plus de 100 millions de dollars aux Etats-Unis (je pense que c'était l'objectif de Luc Besson).

Je termine par Opération casse-noisette, dessin animé destiné à un public à partir de 5 ans (ça va, je suis dans la tranche d'âge). Roublard (Surly en VO), un écureuil individualiste, est en quête de nourriture. Il compte bien garder pour lui tout seul ce qu'il va trouver car il vient d'être banni du parc où il vivait après avoir malencontreusement provoqué la destruction des réserves de nourriture stockées pour l'hiver. Dans la ville pleine de dangers, il repère un magasin où sont entreposés des sacs de noisettes. Avec l'aide de son copain Buddy, un rat mutique, il prépare une mise à sac pour récolter le plus de noisettes possible. Sa quête est semée d'embûches que je vous laisse découvrir. Le film m'a paru bien fait. J'ai aimé l'histoire et l'animation est réussie, mais il faut noter que les bambins dans la salle (1 pour 2 adultes...) n'ont pas ri. Je pense que les adultes (comme moi) l'apprécient plus que les enfants. Un film à voir une fois (mais pas plus) comme m'a dit mon ami en sortant de la salle.

* (et non Anaïs comme Bertfromsang (dans son commentaire ci-dessous) me l'a fait gentiment remarquer).

** (et non Hanael comme Martin (dans son commentaire ci-dessous) me l'a fait gentiment remarquer)

17 août 2014

La dune - Yossi Aviram

S'il passe par chez vous, essayez d'aller voir le film La dune (du réalisateur israélien Yossi Aviram) qui est sorti le 13 août 2014. Hanoch (Lior Ashkenazi), la quarantaine, vit en Israël avec sa compagne, mais il la quitte pour une obscure raison et part en France. Au même moment, Reuven Vardi (Niels Arestrup, excellent et tout en retenue), un vieux policier qui exerce dans une brigade de recherche de personnes disparues, termine une enquête dont la conclusion est tragique. Ce faisant, il demande à ses supérieurs de partir un peu plus tôt à la retraite. Il pourra enfin vivre une vie tranquille auprès de son compagnon Paolo (Guy Marchand). C'est à ce moment-là qu'un homme mutique dont on ne sait rien est retrouvé évanoui près d'une dune en Gironde. C'est Hanoch, qui semble attendre quelque chose ou quelqu'un. Reuven décide de chercher à savoir qui est cet homme brillant aux échecs (comme lui). C'est un film d'une grande subtilité et très pudique. Il faut noter la présence d'Emma de Caunes qui dans un petit rôle donne une touche féminine bienvenue. Le film est dédié à Reuven et Paolo (architectes tous les deux) qui se sont rencontrés dans les années 50 et ne se sont plus quittés.

12 août 2014

Détective Dee II (La légende du dragon des mers) - Tsui Hark

Ayant beaucoup aimé Détective Dee (et la flamme fantôme) sorti il y a 3 ans, je me suis précipitée pour voir Détective Dee II (La légende du dragon des mers) du même réalisateur. Le film est sorti le 6 août 2014. Je l'ai vu en 2D (et c'est très bien comme cela). Chronologiquement, l'histoire qui nous est contée dans Détective Dee II est antérieure à celle de La flamme fantôme. Dee vient d'être nommé juge auprès la cour impériale en 665 après J.-C. Dès la première séquence très spectaculaire, on assiste à la destruction presque totale de la flotte impériale par un monstre marin (que l'on ne voit pas). Parallèlement, une jeune courtisane est enlevée par des hommes masqués. Le juge Dee est chargé par l'impératrice de mener l'enquête sur cet enlèvement. Cette enquête l'amène à poursuivre un homme mutant recouvert d'écailles. De fil en aiguille, Dee découvre un complot ourdi contre l'empereur et la cour. Ce qui fait le charme du film, c'est en particulier les manières qu'ont les personnages de se déplacer: ils grimpent, sautent de toit en toit, marchent à l'envers avec une aisance à nulle autre pareille. C'est virevoltant. Les combats sont spectaculaires. Du grand art. Je dirais que l'intrigue elle-même m'a moins emballée que celle de La flamme fantôme mais l'ensemble vaut la peine d'être vu.

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