Le blog de Dasola
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30 avril 2011

L'étrangère - Feo Aladag

Encensé par la critique, le film allemand L'étrangère de Feo Aladag, sorti il y a une semaine, raconte une histoire tragique ponctuée par des moments de tendresse, mais la fin m'a parue prévisible. En Turquie, Umay, âgée de 25 ans, très malheureuse en ménage, prend son petit garçon Cem avec elle et quitte son mari qui la bat. Elle repart à Berlin, en Allemagne, où vivent ses parents qui l'accueillent d'abord avec joie. Quand ils découvrent qu'Umay ne repartira pas auprès de son mari, l'ambiance se gâte. Les deux frères et la soeur d'Umay lui en veulent beaucoup, ainsi que ses parents, qui deviennent indifférents vis-à-vis d'elle. Leur unique but est de séparer Umay de Cem pour que ce dernier reparte auprès de son père. Umay devient le déshonneur de cette famille très intégrée dans la communauté turque berlinoise. Une réplique du père en dit long: "Ah si elle était un garçon". Néanmoins Umay (la si jolie Sibel Kekilli), longue liane élancée, ne baisse pas les bras pour garder son petit garçon. Elle trouve un travail, reprend des études et rencontre même un homme charmant qui a le béguin pour elle. Malheureusement, suite à quelques scènes terribles, on devine que les choses ne vont pas s'arranger. Même Berlin filmée souvent de nuit apparaît comme une ville menaçante. Je trouve qu'il y a une scène de trop qui rend le film un peu démonstratif, celle où l'on voit le père et ses deux fils pleurer: j'ai pressenti la séquence finale. Ceci mis à part, le film me paraît quand même réussi. La réalisatrice ne fait aucune concession à certaines traditions ancestrales pesant sur les individus et plus particulièrement sur les femmes. En revanche, il faut noter que la religion est relativement peu évoquée. Je ne suis pas prête d'oublier la dernière séquence. Un film que je vous conseille.

21 avril 2011

La pecora nera - Ascanio Celestini

J'ai été une privilégiée, semble-t-il, d'avoir pu rencontrer le réalisateur et l'une des actrices à l'issue de la projection en avant-première du film italien La Pecora Nera (La brebis galeuse) à laquelle j'ai assisté le 4 avril 2011. Ce film, sorti en salles hier 20 avril 2011, est réalisé par Ascanio Celestini, également l'auteur du scénario, de la pièce de théâtre écrite en 2005 (qui fut représentée au Théâtre de la Ville en 2010 interprétée par A. Celestini) et du livre (Editions du sonneur). C'est quelqu'un dont, personnellement, je n'avais jamais entendu parler (il est pourtant très connu en Italie). Selon moi, le film nous raconte l'histoire de Nicola, né en Italie dans la région de Rome au sein d'une famille de bergers durant "les fabuleuses années 60". La maman de Nicola étant morte à l'asile (il y a une scène terrible où Nicola embrasse sa mère mourante), le garçonnet est pris en charge par sa grand-mère, qui élève des poules. Il a du mal à suivre à l'école, toujours au fond de la classe, et la maîtresse le surnomme "la brebis galeuse". Il tombe amoureux d'une camarade de classe, Marinella. Peu après, il est interné (à la demande de son père, certainement) dans un institut privé tenu par des soeurs. En effet, dès 1978, la loi "Basaglia" (du nom d'un psychiatre italien célèbre), qui imposait une approche nouvelle dans le traitement de la maladie mentale, a entraîné la fermeture des asiles psychiatriques publics en Italie. La plus grande partie du film se passe en 2005 (au moment du décès de Jean-Paul II). Dès le début du film, Nicola, le narrateur, nous parle beaucoup en voix off: des martiens, du docteur, des saints, des femmes qui lèchent des hommes nus... Enfermé depuis 35 ans dans un "asile électrique", son discours et son comportement ne m'ont pas paru totalement incohérents, bien que parfois il semble perturbé. Chargé de faire des courses au supermarché, autre lieu d'enfermement, il retrouve Marinella. Cette rencontre va déterminer le reste de sa vie. Je ne peux pas dire que j'ai été totalement enthousiasmée par ce film (je suis restée en dehors, je n'ai pas été touchée, ce que je dis est un sentiment très personnel) mais il y a suffisamment de scènes marquantes (l'enfant qui mange une araignée ou le suicidé contre un radiateur), sans oublier le sourire de Maya Sansa (vue dans Nos meilleures années et qui joue ici Marinella adulte), pour que vous alliez voir le film.

La rencontre - nous étions une quinzaine de personnes (en me comptant) - avec le réalisateur et l'actrice Maya Sansa s'est passée dans les locaux de Bellissima, le distributeur du film. J'ai posé la première question, "Pourquoi ce film et ce sujet?". Restropectivement, je ne suis pas sûre que Celestini ait répondu. C'est un sujet qui lui tient à coeur depuis des années, mais je ne sais pas pourquoi car ce n'est pas un sujet banal et grand public. J'aurais été intéressée de voir la pièce avec lui en scène.

 Voir le billet de Neil.

18 avril 2011

Incendies - Denis Villeneuve

Avant de reparler de films sortis plus récemment et de refaire un billet "livre", je voulais évoquer un film projeté depuis trois mois dans toutes les bonnes salles et que j'ai enfin vu: Incendies de Denis Villeneuve. C'est un très très grand film primé de nombreuses fois (et nominé aux Oscars 2011) que je vous recommande absolument. D'ailleurs, je ne suis pas la seule. Voir le billet de Yohan. Adaptée d'une pièce de théâtre qui fait partie d'une quadrilogie écrite par Wadji Mouawad (parue aux Editions Papier Actes Sud et Babel), cette tragédie à l'antique vous prend aux tripes. Au Canada, Narwal Marwan, une femme de 60 ans, vient de décéder en laissant à ses jumeaux, Jeanne (mathématicienne) et Simon, deux lettres à remettre à leur frère (dont ils ignoraient l'existence) et à leur père (qu'ils n'ont jamais connu, ne sachant pas s'il est mort ou vivant). C'est Jeanne qui décide la première de partir sur les traces de sa mère et de son frère dans un pays du Moyen-Orient. Le film est découpé en plusieurs chapitres dans lesquels on fait connaissance de Nawal (grâce à des flash-backs très habilement amenés) et de toutes les horreurs qui lui sont arrivées: à la fin des années 60, Nawal se retrouvant enceinte sans être mariée, elle fut obligée d'abandonner son fils à la naissance. Devenue une meurtrière par conviction politique, elle fut emprisonnée pendant 15 ans. Auparavant elle fut témoin d'au moins un massacre. En prison, elle fut violée et humiliée mais elle a survécu. Des séquences restent en mémoire: le petit garçon au regard terrible à qui on tond les cheveux, l'explosion d'un car plein de cadavres mitraillés, une cellule de prison où des femmes ont croupi pendant des années, sans parler de Simon qui devine, grâce à une formule mathématique, la terrible vérité. Il faut ajouter que les acteurs sont tous remarquables. A la fin de la projection du film qui dure 2H10, les spectateurs semblaient très touchés. Un grand moment de cinéma. Je n'ai plus qu'à lire la pièce de théâtre qui, sur scène, dure 4 heures.

15 avril 2011

The Company men - John Wells / Morning Glory - Roger Michell

Je voudrais évoquer deux films américains vus récemment, pas inoubliables mais qui font passer un (bon) moment.

The Company men de John Wells bénéficie d'un casting impeccable (Tommy Lee Jones, Ben Affleck, Chris Cooper). Des cadres supérieurs travaillant dans une compagnie de transport se trouvent licenciés du jour au lendemain suite à une fusion de leur société. Les temps deviennent durs dans un pays où les licenciés peuvent être payés 12 semaines de chômage et pas plus (le temps de retrouver un travail), où il faut se résoudre à diminuer son train de vie (plus de golf, on revend sa Porsche, sa belle demeure, etc.), où il faut rabattre ses prétentions. Ils perdent plus ou moins leurs repères, Bobby (Ben Affleck) qui n'est pas un personnage très sympathique (heureusement que sa femme est là pour le remettre à sa place) se retrouve à travailler sur un chantier de construction d'une maison grâce à son beau-frère (Kevin Costner), chef de travaux. Le film est bourré de bonnes intentions et de quelques clichés. Certains remonteront la pente, d'autres non. C'est assez un "film du samedi soir". Les spectateurs avec moi avaient l'air content. Je ne regrette pas de l'avoir vu.

Morning Glory (1) de Roger Michell vous permet de voir Harrison Ford "faire la gueule" du début à la fin de ce film qui nous montre la vie de quelques journalistes ou animateurs télé et comment certaines émissions se préparent. Becky (Rachel Mc Adams, manquant un peu de sobriété), une jeune productrice pleine d'énergie (qui vient d'être virée d'une émission radio) est embauchée pour remonter le taux d'audience de "Daybreak", une émission de télé à bout de souffle diffusée par une chaîne télé en queue des sondages. A force de persuasion et de quelques menaces pécuniaires, elle arrive à persuader Mike Pomeroy (Harrison Ford), un grand journaliste d'investigation sur la touche, d'être co-présentateur de cette matinale avec Coleen Peck (Diane Keaton qui en fait des tonnes sur le registre comique mais avec talent). Morning Glory (1), bien mené et parfois assez drôle, rend hommage au métier de journaliste.

(1) et non Star, comme je l'avais écrit (voir commentaire de Neil ci-desssous)

9 avril 2011

L'agence - George Nolfi

Adapté d'une nouvelle de Philip K. Dick, le film L'Agence (The Adjustement bureau) m'a fait passer un bon moment. C'est une romance sur fond de science-fiction qui se passe aux Etats-Unis à New-York, de nos jours ou bien dans un futur proche, à moins que cela soit dans un passé récent (qui sait?). David Norris (Matt Damon), célibataire, est appelé à devenir sénateur, mais il tombe amoureux au premier regard d'Elise (Emily Blunt), une ballerine qui pourtant disparaît très vite on ne sait où. Ce sentiment amoureux contrarie le Plan conçu par une Agence dirigée peut-être par Dieu lui-même. Commence pour David une recherche pour retrouver Elise qui durera trois ans. Il arrive à ses fins au grand dam des agents de l'Agence. Ces derniers portent des chapeaux Stetson qui leur permettent d'aller d'un endroit à l'autre en passant par des portes (toute distance est abolie). Elles débouchent sur des lieux comme un stade (alors qu'ils étaient dans une rue), un tunnel, un immense parking, un bureau... J'ai été sensible au côté ludique de l'histoire qui traite de la prédestination. Est-on maître de son destin? Est-ce que l'on a notre libre-arbitre? Les effets spéciaux relativement discrets mais très bien fait donnent du rythme, et pour une fois (comme me l'a fait remarquer une collègue), Matt Damon joue le rôle d'un amoureux (sauf erreur de ma part, c'est la première fois que cela arrive), et il le fait avec conviction. Mentions spéciales à Emily Blunt, toujours aussi ravissante, et à Terence Stamp qui joue un personnage savoureux. Les acteurs ont tous l'air de beaucoup s'amuser. Un film distrayant que je recommande.

31 mars 2011

Easy money - Daniel Espinosa

Le 16 mars 2011, j'ai vu, en avant-première, Easy Money (le titre original est Snabba cash) de Daniel Espinosa (né en Suède mais d'origine chilienne par ses parents). L'affiche ne m'inspirait pas plus que cela et je m'attendais à un simple film policier avec des bons, des méchants et pas mal de coups de feu. Et bien pas tout à fait. D'abord, ce film policier (sorti cette semaine, le 30 mars) est suédois. Le scénario est adapté d'un roman (paru en Presse Pocket) de Jens Lapidus (que je ne connais pas du tout). On y suit l'itinéraire de trois hommes impliqués dans un trafic de drogue à grande échelle: JW, un jeune Suédois, beau gosse, fréquente des gens aisés en faisant croire qu'il est issu du même milieu qu'eux alors qu'il vit dans une chambre d'étudiant et fait le taxi pour payer ses études; un Serbe, Mrado, tueur à gages, qui se retrouve à garder sa fille (la mère étant incapable de le faire); et un latino, Jorge, qui vient de s'évader de prison. Avant de s'enfuir de Suède, ce dernier prépare un gros coup: importer une grande quantité de cocaïne. Mais lui aussi a une famille: sa soeur, mariée à un Suédois, attend un bébé. J'ai trouvé que le film était un peu long à démarrer et je me demandais qui était qui, et puis, au fur à mesure du déroulement de l'histoire, on se retrouve dans l'intimité de ces trois personnages avec leurs états d'âme, leur code de l'honneur, leurs doutes. Sans les défendre, on arrive à être proche d'eux. A part l'une des dernières séquences avec une fusillade, la violence n'est pas trop présente dans ce film où l'on peut noter quelques moments de tendresse. La relation de Mrado avec sa fille m'a touchée. Les acteurs, qui me sont inconnus, jouent avec justesse. Dans le dossier de presse, il est dit que certains sont des non-professionnels. Ce polar nordique qui a été un triomphe dans son pays (1 Suédois sur 9 l'a vu!) montre un nouveau souffle du cinéma suédois. Un remake américain est déjà prévu. Je vous conseille ce film (malgré ses maladresses) s'il passe par chez vous.

25 mars 2011

True Grit - Joel et Ethan Coen

Trois semaines après sa sortie, j'ai vu True Grit et je dois dire que j'ai passé un très bon moment en compagnie de Rooster Cogburn et Matty Ross qui poursuivent en territoire indien (ils n'en croiseront guère) l'homme qui a tué le père de Matty. Je ne qualifierai pas ce film de chef d'oeuvre mais c'est un western assez humoristique même si la fin est plutôt désenchantée. Tout le début avec la première rencontre entre Mattie et Rooster, Mattie qui dort dans un cercueil à côté de pendus, Mattie et la grand-mère qui ronfle, Mattie qui négocie le rachat des poneys, consiste en des scènes très bien faites et assez drôles. Après, mon intérêt s'est peut-être un peu émoussé avec le "méchant" plus bête qu'autre chose qui apparaît très tard dans le film. Mais le Texas Ranger joué par Matt Damon et une bande de hors-la-loi mettent du piment dans l'histoire. On ne devine pas forcément que c'est un film des frères Coen, qui aiment changer de genre à chaque film. Appréciant Jeff Bridges depuis longtemps (et c'est un des raisons qui m'a donné envie de voir le film), j'ai constaté qu'il en fait des tonnes mais avec beaucoup de talent. Il est touchant. La jeune actrice qui joue Mattie s'en sort très bien. Un bon film.

19 mars 2011

We want sex equality - Nigel Cole

Je voudrais tout d'abord dire que le titre sous lequel le film de Nigel Cole est distribué en France, We want sex equality ("Nous voulons l'égalité des sexes") m'a semblé quelque peu racoleur, alors que le titre original Made in Dagenham ("Fabriqué à Dagenham") est plus neutre. Toujours est-il que l'histoire (basée sur des faits réels) se passe en 1968 à Dagenham en Angleterre où étaient implantées les usines Ford. A cette époque, Ford employait 55000 hommes et... 187 femmes. La tâche principale de ces dernières consistait à coudre à l'aide de coupons de tissu (sans qu'on leur fournisse de modèle), les revêtements des portières des voitures sortant des usines. Elles étaient considérées comme des ouvrières non qualifiées et pourtant... Beaucoup moins bien payées que les hommes, elles se mirent en grève avec le soutien d'un contremaître (Bob Hoskins, très bien). Elles réclamaient le même salaire que les hommes: à travail égal, salaire égal. C'était la première fois que des femmes osaient se mettre en grève. Très déterminées dans leur revendication, elles sont arrivées à paralyser la fabrication des voitures. Parmi les grévistes, on fait la connaissance de Rita (Sally Hawkins) qui devient la meneuse de l'action de ces femmes qui ont des personnalités attachantes. C'est un film optimiste, mais en même temps, il fait regretter cette époque où les hommes politiques n'étaient pas inféodés aux hommes d'argent. En l'occurrence, ici, il s'agit de la ministre du travail de l'époque, Barbara Castle (Miranda Richardson, plus vraie que nature) qui sut résister aux menaces de fermeture de l'usine par la direction. Son attitude fut exemplaire et elle sut être diplomate. Le film comporte quelques longueurs et maladresses et quelques histoires annexes n'apportent rien au récit, mais je vous le conseille vivement.

13 mars 2011

Winter's bone - Debra Granik

Voici un billet sur Winter's bone de Debra Granik (d'après un roman de Daniel Woodrell). Film recommandé en particulier par Yuko (que je remercie), il semble qu'il ait reçu des prix dans de nombreux festivals. J'avoue que je n'avais pas du tout entendu parler de ce film jusqu'à sa sortie et si je ne n'avais pas lu plusieurs bonnes critiques, je ne suis pas sûre que j'y serais allée. Je ne regrette vraiment pas de l'avoir vu, bien au contraire. La réalisatrice nous plonge dès les premières images dans un paysage d'hiver triste au milieu des bois (nous sommes dans les monts Ozarks du Missouri). De nos jours, deux jeunes enfants, un garçon et une fille, jouent avec pas grand-chose devant la maison qui est une masure sans confort. Elle suinte la misère et l'abandon comme les baraques aux alentours. Leur grande soeur, Ree Dolly, âgée de 17 ans, devenue le chef de famille, veille sur eux, leur fait faire les devoirs, cuisine, etc. La mère qui vit avec eux est mutique et ne fait rien. Quant au père, il a disparu (pour ne pas rester en prison) après avoir payé une caution (en l'occurrence, il a donné la maison). C'est d'ailleurs tout le sujet du film. Ree Dolly, très déterminée, n'a de cesse de retrouver ce père qui doit se présenter au tribunal, sinon elle, ses deux frère et soeur et leur mère seront obligés de quitter les lieux. On assiste à des scènes dures où la violence et la faim sont très présentes. On tue les écureuils pour les manger. Le cheval de la famille qui n'a pas eu de foin depuis trois jours est cédé aux voisins (plutôt solidaires et compatissants). Ree Dolly n'est pas la bienvenue quand elle pose des questions sur son père. Même son oncle semble menaçant. Tous les personnages frustres et souvent analphabètes ont des trognes pas possibles, autant les femmes que les hommes. Le shérif du comté ne peut pas faire grand-chose. La description de cette Amérique profonde du Missouri n'est pas rose. Les caractères des personnages sont aussi âpres et durs que le climat. C'est vraiment l'Amérique des laissés-pour-compte. Le film se situe dans la lignée de Frozen River et aussi de Wendy et Lucy. La jeune comédienne, Jennifer Lawrence (que la réalisatrice filme au plus près et qui est pratiquement présente de la première à la dernière image), joue très bien. Un film que je vous recommande. Voir les billets de Yuko, Alex, Marco Ze blog et Ariane.

7 mars 2011

Films vus et non commentés depuis le 11/02/11

Je voudrais évoquer trois films que j'ai vus le week-end dernier. Ils n'ont aucun rapport entre eux, si ce n'est qu'ils sont sortis dans très peu de salles à Paris et qu'ils ne resteront peut-être pas à l'affiche très longtemps (ce qui est bien dommage).

Je commence par le film kirghize (sorti cette semaine), Le Voleur de lumière de Aktan Arym Kubat (qui interprète le rôle principal avec une bouille sympathique). Pendant 1H15, on se retrouve dans un Etat de l'ex-Union soviétique que personne ou presque ne peut situer sur une carte géographique. Dans les montagnes, dans un village oublié par la civilisation, vit M. Lumière, électricien de son métier. Il entretient les lignes électriques tout en trafiquant les compteurs pour les plus démunis qui ne peuvent pas payer les factures. Il est heureux en ménage, entouré de sa femme et de ses trois filles, et il conseille et écoute les autres. Son rêve est de construire des éoliennes dans la vallée battue par les vents. Mais des hommes corrompus, nouveaux maîtres du pays, ne l'entendent pas ainsi. Le fil de l'histoire m'a paru décousu mais le film dégage une certaine chaleur humaine et la dernière image avec l'ampoule qui fonctionne grâce à une éolienne bricolée donne une lueur d'espoir. Voir le billet de Neil.

J'ai suivi le conseil d'Ed concernant Santiago 73, post mortem de Pablo Larrain. J'ai été assez surprise par le début, au point de me demander si je m'étais pas trompée de film. Je ne m'attendais pas du tout à ce que j'allais voir. Mario, homme sans âge défini avec ses cheveux gris mi-long, traîne sa solitude entre chez lui (une petite maison impersonnelle) et la morgue où il travaille comme fonctionnaire (il tape les rapports du médecin légiste). On assiste à trois autopsies dont une femme (qu'on aura vu vivante dans le film) et un homme (le président Allende). C'est difficile d'évoquer ce film à l'atmosphère grise et métallique comme l'image. Les scènes de morgue sont hallucinantes avec des cadavres entassés (tués par balles) ou des agonisants. Il n'y aucun cri, quelques pleurs et des coups de feu. Le réalisateur évoque le coup d'Etat de Pinochet en 1973 et l'assassinat (ou le suicide?) de Salvador Allende, mais rien n'est montré. Tout est figé sauf la scène de larmes (que je n'ai pas comprise) à un moment donné du film. En revanche, la séquence finale est remarquable. Je l'ai comprise comme un drame de la jalousie (une femme a des relations intimes avec un homme: Mario ne peut l'admettre). Car plus tôt dans l'histoire, Mario avait bien fait comprendre à l'assistante du médecin légiste qu'il ne coucherait pas avec elle puisqu'elle avait couché auparavant avec ledit médecin. C'est un film abstrait mais qui mérite d'être vu. On ne voit pas ce genre de film très souvent.

Je terminerai avec Amours salés, plaisirs sucrés, un film espagnol de Joaquin Oristell qui donne la pêche. L'histoire se passe entre 1968 (année de la naissance de Sofia, l'héroïne du film sur un fauteuil de coiffeur) et 2001. Sofia se découvre très tôt une passion pour la cuisine et les garçons. Elle devient une cuisinière d'exception grâce à deux hommes: son mari et son amant (très mignons tous les deux). Ce ménage à trois fait des étincelles. Le film dégage une bonne humeur communicative. Le film a des saveurs salées, poivrées, pimentées, acides et sucrées. La charmante actrice qui illumine le film s'appelle Olivia Molina (elle est la fille d'Angela Molina qui a débuté dans un film de Luis Bunuel, Cet obscur objet du désir, en 1977). Je vous recommande vraiment ce film, tout comme Neil (encore lui - j'ai d'ailleurs vu son billet affiché à un des frontons du cinéma où j'ai assisté à la projection du film).

1 mars 2011

Les femmes du 6ème étage - Philippe Le Guay

Pour me remettre de mes émotions "black swanesques", je suis allée voir Les femmes du 6ème étage, dans la foulée. Qu'est-ce que j'ai apprécié ce film sympathique et sans prétention! J'ai passé un excellent moment en compagnie de ces Espagnoles vivant dans des chambres de bonnes (sans le confort élémentaire), au dernier étage d'un immeuble parisien cossu. L'histoire débute en 1962. Jean-Louis Joubert (Fabrice Luchini, très bien), agent de change de père en fils depuis 3 générations, mène une vie (très) bourgeoise avec sa femme Suzanne (Sandrine Kiberlain) et ses deux garçons (têtes à claques). Leur domestique bretonne venant de les quitter, ils engagent Maria qui vient de débarquer d'Espagne et qui loge dans l'une de ces chambres du 6ème étage accessibles par un escalier de service, l'ascenseur leur étant interdit. Suite à quelques événéments que je ne dévoilerai pas, la vie de Jean-Louis Joubert va changer du tout au tout, au point qu'il va laisser femme et enfants pour se réfugier au 6ème. Je vous conseille vraiment ce film sans vulgarité et qui met de bonne humeur.

23 février 2011

Black Swan - Darren Aranofsky

Après moult hésitations (voir mon billet du 17/02/11), j'ai vu Black Swan de Darren Aranofsky. Je suis sortie de la projection avec un sentiment plus que mitigé. D'abord, je suis presque certaine que je le reverrai pas. Je dirais que l'un des défauts du film est l'inconsistance de son scénario et donc du personnage principal, Nina Sayers interprétée par Natalie Portman, qui affiche un rictus de souffrance pendant tout le film. Au bout d'un moment, cela devient insupportable. On ne peut pas avoir de l'empathie pour cette jeune femme qui n'a qu'un credo: être parfaite dans son métier de danseuse. Je pense qu'elle devrait se faire soigner car elle m'a semblé bien atteinte psychologiquement. D'ailleurs les cauchemars éveillés qu'elle fait semblent nous le prouver. Elle m'a davantage crispée qu'autre chose, j'avais envie de la secouer ou de lui donner une claque, mais pas de la consoler, surtout quand elle jette ses peluches au vide-ordures. Autre bémol à propos de ce film, qui est le côté que je trouve toujours déplaisant dans les films d'Aranofsky, c'est de nous montrer les scarifications du corps (en l'occurrence celui de Nina): quand elle s'arrache la peau de ses doigts ou qu'elle se gratte jusqu'au sang. Cette jeune femme qui est sous la coupe de sa mère (ancienne danseuse elle-même) a du mal à devenir une vrai femme et elle est aussi dominé par le seul personnage masculin du film, Thomas Leroy (joué par un Vincent Cassel pas si mal par rapport au rôle qu'il doit endosser). Je note que pour Darren Aranofsky (en tout cas dans ce film), le sexe se résume à la masturbation et à une séquence saphique. Je trouve que ce film manque cruellement de sensualité. Personnellement, j'adore voir des spectacles de ballets classiques. Je m'attendais à vibrer devant ce film comme je peux vibrer devant un ballet; et bien pas du tout. Le peu de danse que l'on voit est assez mal filmé. On parle aussi de la musique de Tchaikovski. Je ne la trouve pas du tout mise en valeur. Tout cela pour dire que Black Swan n'est pas mon film de l'année (1). En revanche, je verrais bien, un de ces jours, une belle interprétation du Lac des cygnes, cela m'en a redonné envie.

(1) Voir les critiques bonnes et moins bonnes de Leunamme, Ffred, Wilyrah, Neil, Edisdead, Tinalakiller, Chris, Alain, Quaty, Vincent, Ornelune, Oriane, Choupynette, Bond007 et beaucoup d'autres.

11 février 2011

Films vus et non commentés depuis le 29/12/2010

Voici quelques films qui ne méritent pas vraiment un billet à part entière. Il y en a pour tous les goûts (surtout si on n'est pas trop exigeant pour certains).

Les chemins de la liberté de Peter Weir narre le périple de 7 hommes évadés d'un camp de Sibérie en 1941, dont certains ont parcouru plus de 6500 km à pied pour arriver en Inde. Les acteurs ne jouent pas mal, les paysages sont beaux, mais il manque un souffle épique et je trouve que le réalisateur a du mal à faire croire que ces hommes ont marché autant de kilomètres. Changer de paysage et de climat ne fait pas tout.

Si vous voulez voir un film plutôt risible (surtout la fin), allez voir Le dernier templier de Dominique Sena. Si j'étais Satan, je porterais plainte pour atteinte à mon image démoniaque. A part ça, Nicolas Cage s'est fait plein de cheveux et Ron Perlman finit en cendres. Pour résumer l'histoire, on assiste à une suite de tueries lors de croisades sur plus d'une dizaine d'années, la peste fait des ravages, et tout cela est l'oeuvre de Satan qui cherche à détruire tous les exemplaires du livre de Salomon dont des passages lus à haute voix servent d'exorcismes contre lui. Film évitable même s'il a fait déjà pas mal d'entrées en salles en France.

J'ai vu Rien à déclarer de Dany Boon pour Benoît Poelvoorde, car le réalisateur et ses ch'tis ne m'avaient pas fait rire. L'histoire: à la veille de 1993 avec l'ouverture des frontières européennes, le métier de douanier est menacé. On sourit parfois à des scènes que l'on a l'impression d'avoir déjà vues. Comme dirait Ffred, cela ressemble quand même à du sous-De Funès. Mais Karine Viard, Benoît Poolvoerde, Bouli Lanners sont très bien. Pour le reste, bof, surtout que les dialogues ne sont pas un modèle de finesse.

Carancho
(Rapace en espagnol) de Pablo Trapero m'a laissé une impression mitigée. En pré-générique, on nous annonce qu'il y a des centaines de milliers de morts par accidents de la route en Argentine. Je voulais voir le film pour Ricardo Darin, et la BA me semblait prometteuse. J'avoue que, comme d'autres blogueurs, j'ai été déçue, car les tenants et les aboutissants de l'histoire sont nébuleux. Le film a été tourné caméra au poing, très près des acteurs: cela bouge beaucoup. Concernant le thème central de l'histoire, l'escroquerie aux assurances, on ne sait pas trop comment cela fonctionne si ce n'est que tout le monde semble dans le coup: les hôpitaux, les avocats véreux, les policiers et même les victimes consentantes (quand elles ne sont pas déjà mortes). A cela se greffe une histoire d'amour improbable entre l'avocat (Ricardo Darin) et une jeune urgentiste (Martina Gusman) qui se drogue pour tenir. Je n'y ai pas vraiment cru. En revanche la fin du film vous laisse tétanisé. Un film qui ne peut pas plaire à tout le monde. Pedro Trapero est le réalisateur d'un film que j'avais bien apprécié, Leonera, interprété déjà par Martina Gusman (sa compagne dans la vie).

L'avocat, de Cédric Anger, se laisse voir grâce à un scénario bien ficelé et un Benoît Magimel pas mal du tout en avocat idéaliste qui ne rêve que de plaider devant une cour. En face de lui, Gilbert Melki, patron véreux d'une entreprise de retraitement de déchets toxiques, est inquiétant à souhait, surtout qu'il est entouré d'acolytes peu recommandables. Une diffusion à la télé aurait peut-être été suffisante.

5 février 2011

Poupoupidou - Gérald Hustache-Mathieu

Poupoupidou de Gérald Hustache-Mathieu ressemble à un bonbon fondant mais qui laisse un goût un peu acide au fond de la bouche, car l'héroïne du film, une certaine Martine Langevin qui a pris comme pseudonyme Candice Lecoeur (elle est, en effet, jolie comme un coeur) est déjà morte quand l'histoire commence. David Rousseau (Jean-Paul Rouve), écrivain en mal d'inspiration, se retrouve à Mouthe (ville la plus froide de France), dans le Jura, en Franche-Comté. Il apprend qu'une jeune femme, célébrité locale, a été retrouvée morte dans la zone franche qui sépare la Suisse de la France. Il décide de savoir ce qui est arrivé à Candice. Il est aidé en cela par un gendarme inconsolable de la mort de cette dernière. David Rousseau retrouve le journal intime de Candice, qui se compose de plusieurs carnets. De nombreux flash-back ponctuant le film donnent l'occasion d'admirer, en plus de son talent, les formes rebondies et attrayantes de Sophie Quinton, qui, de rousse, se transforme en jolie blonde. Des scènes restent en mémoire comme celle de la séance photo du calendrier des pompiers, ou celle de la présentation de la météo. Le film est un bel hommage réussi aux films américains des années 50 (comme All about Eve) et même ceux plus contemporains comme Barton Fink des frères Coen (la chambre d'hôtel et l'écrivain), C'est aussi une sorte de transposition d'une partie de la vie de Marilyn Monroe. Ce film, au scénario très original mais qui reste modeste, mérite toute votre attention. S'il passe par chez vous, allez le voir sinon attendez sa sortie en DVD.

30 janvier 2011

Le discours d'un roi - Tom Hooper

Après avoir été récompensé du Golden Globe en ce début d'année, Colin Firth devrait recevoir l'Oscar du meilleur acteur, mérité en tout état de cause pour son interprétation du roi George VI (alias Bertie), qui souffrait de bégaiement. Ce prince né Albert, Frederick, Arthur George, a été le père de l'actuelle reine Elisabeth II et de la princesse Margaret. Marin de formation, il ne devait pas régner, mais se retrouva couronné roi pendant la période difficile de la fin des années 30. En effet, son frère Edward VIII abdiqua pour l'amour d'une Américaine, Wallis, deux fois divorcée (mais cette raison ne fut a posteriori qu'un prétexte). Le film commence en 1934, le futur George VI a des problèmes d'élocution qui l'handicapent énormément. On apprend que son bégaiement débuta à l'âge de 4 ou 5 ans et qu'il était un gaucher contrarié. Sa femme, Elisabeth (Helen Bonham Carter), lui présente un orthophoniste (acteur raté), Lionel Logue (un Australien installé à Londres), aux méthodes peu orthodoxes. George, très réticent, renonce plusieurs fois à suivre les conseils de cet homme (Goeffrey Rush, absolument formidable) qui le soutient jusqu'au fameux discours, le premier d'une longue série, où George VI s'adresse aux Anglais en les incitant à lutter et à vaincre la barbarie (personnifiée par Hitler). Le film est une réussite en tous points: les décors, les costumes, le scénario et les acteurs (uniquement des pointures) qui transcendent ce film à voir absolument en ce début d'année. Je l'ai vu en avant-première devant une salle comble: les spectateurs ont énormément applaudi à la fin.

24 janvier 2011

Tolstoï, le dernier été - Michael Hoffman

Un peu en désespoir de cause (je trouve qu'il y a très peu de films dignes de ce nom sortis depuis trois semaines), je suis allée voir Tolstoï, le dernier été (sorti dans très peu de salles) dont j'avais entendu dire du bien lors d'une émission du Masque et la Plume sur France Inter. Ce qui m'a aussi poussée à le faire est que je suis une grande admiratrice depuis longtemps d'Helen Mirren. L'histoire se passe en 1910. Tolstoï (Christopher Plummer) n'a plus que quelques mois à vivre. Adulé dans son pays, l'auteur de Guerre et Paix et Anna Karenine est marié depuis 48 ans avec Sofia (Helen Mirren). Sous l'influence de quelques idéalistes et par conviction personnelle, Leon Tolstoï (initiateur du mouvement tolstoïen) avait décidé de céder ses droits d'auteur à la nation russe, au grand dam de Sofia, mère de ses 13 enfants (dont 8 vécurent) et qui fut sa secrétaire dévouée pendant toutes ces années, recopiant 6 versions successives de Guerre et Paix! Abandonnant sa demeure et sa famille, Tolstoï meurt d'une pneumonie, assez seul. Sofia est montrée comme une femme qui veut protéger sa famille. Helen Mirren est absolument formidable. Moi qui n'ai jamais lu d'oeuvre de Tolstoï, je finirai bien par lire des nouvelles. Sinon, on vient de publier les mémoires de cette épouse hors du commun. Un film intéressant, joué en anglais, mais cela ne m'a pas dérangée.

15 janvier 2011

Harry Brown - Daniel Barber

Que dire du film Harry Brown sorti le 12 janvier 2011 et vu en avant-première courant décembre 2010? Qu'il est d'une violence inouïe. Je suis sortie de la projection en étant mal à l'aise et assez sonnée. Quoi qu'en dise le dossier de presse, il pourrait être sous-titré "Un justicier dans la ville" - en l'occurrence, un quartier de Londres. Harry Brown (Michael Caine, impressionnant), ancien "marine" à la retraite, y vit dans un quartier difficile, gangréné par la violence et les trafics en tout genre (le réalisateur ne nous épargne pas grand-chose). Son vieil ami et voisin, Leonard, est assassiné par une bande de jeunes. Face à la police impuissante dont une inspectrice jouée par Emily Mortimer, Harry, qui vient de perdre sa femme, décide de se faire justice lui-même. Et là, on assiste à des scènes qui frôlent parfois l'insoutenable, à l'image de la première séquence du film où deux jeunes sur une moto tirent au hasard avec une arme, et une femme s'écroule, tuée net à côté de son bébé dans un landau. Une autre séquence m'a beaucoup perturbée. Harry veut trouver une arme et se retrouve dans l'antre d'un petit malfrat camé jusqu'au yeux. A proximité, une jeune femme avachie sur un divan, la bave aux lèvres, est proche de l'overdose. Je ne vous en dirai pas plus. Je reprocherai au film son manque d'humour et de recul. Ce portrait proche d'une certaine réalité n'est pas bien gai. Je suis étonnée qu'Harry Brown ne soit même pas interdit au moins de 12 ans. En résumé, je dirais que ce n'est pas un film pour se détendre un samedi soir.

12 janvier 2011

Bullitt - Peter Yates (billet N°2)

Venant d'apprendre le décès du réalisateur Peter Yates survenu le 9 janvier 2011, j'en profite pour écrire un mini-billet sur son film le plus célèbre, Bullitt (1969), avec le regretté Steve Mc Queen (je n'ai pas vu les autres ou alors, ils ne m'ont pas laissé de souvenirs précis). Ce film devenu un classique n'avait d'autre but que de distraire. C'est un très bon film policier avec beaucoup de suspense. La musique de Lalo Schifrin joue un grand rôle. Le film permet d'admirer les rues de San Francisco, la célèbre poursuite en voiture dans la ville est devenue une référence en la matière. Et puis il y avait Steve Mc Queen (dans le rôle de Bullitt), au faite de sa gloire, mort sans héritier cinématographique. Jacqueline Bisset, toute jeunette, joue les utilités avec talent. Bullitt est le genre de film que l'on revoit toujours avec plaisir (il existe en DVD à petit prix). Il dégage un charme certain qui donne la nostalgie de la fin des années 60. [film déjà chroniqué le 22 août 2007]

5 janvier 2011

Another year - Mike Leigh

Je voulais dire beaucoup de mal du dernier Mike Leigh, et bien c'est raté. Another year est LE film qui me réconcilie avec ce réalisateur dont j'avais beaucoup beaucoup aimé Naked en 1993 (prix de la mise en scène et prix d'interprétation masculine au festival de Cannes de cette année là), mais qui par la suite m'avait toujours déçue: je n'avais pas aimé Secrets et mensonges, Vera Drake ni Be Happy (ce dernier film m'avait particulièrement horripilée). Pour en revenir à Another year, l'histoire se passe sur quatre saisons: printemps, été, automne et hiver. Tom et sa femme Gerry forment un couple uni depuis de nombreuses années. Ils vivent dans une maison agréable et ont un fils de 30 ans, Joe. Gerry est psychologue et Tom géologue. Tom et Gerry dont la passion commune est le jardinage sont à l'écoute des autres, et en particulier de Mary (une collègue de Gerry), une femme paumée, handicapée de la vie, seule, mariée et divorcée deux fois, qui boit et parle beaucoup. Elle vient souvent chez eux, cette maison lui sert de refuge (elle reste parfois la nuit). En revanche, Mary n'est pas toujours aimable: il faut voir le regard meurtrier qu'elle lance à Katie, la petite amie de Joe, quand celui-ci vient la présenter à ses parents. En effet, Mary ressent un tendre sentiment pour Joe. Elle se fait des illusions à tout point de vue. Ken, une autre connaissance du couple, fait aussi peine à voir quand il est invité chez eux. Il boit beaucoup trop et fume pas mal. La dernière partie se passe en hiver où survient un décès et où Mary semble au bout du rouleau (elle se raccroche à Gerry comme à une bouée). Son état de détresse extrême rejoint celui d'une patiente de Gerry que l'on voit au tout début du film et que l'on ne revoit plus après. Le film dure un peu plus de deux heures, je n'ai pas vu le temps passer. Les comédiens sont tous formidables. Another year (sélectionné au dernier festival de Cannes) fut, je le confirme, le grand oublié du palmarès. Allez le voir.

3 janvier 2011

Mon bilan ciné 2010

J'ai vu 134 films en 2010. Il y en a beaucoup que j'ai déjà oubliés. Mais je trouve que le cru 2010 fut très honorable avec au moins une vingtaine de films à retenir. Voici mes dix préférés (dont trois (1) documentaires), pas forcément dans l'ordre.

The ghost writer de Roman Polanski qui fut et reste mon coup de coeur 2010.
The social network de David Fincher pour la maîtrise de la réalisation.
The American d'Anton Corbijn pour la photo, l'atmosphère feutrée et George Clooney.
Des Hommes et des dieux de Xavier Bauvois pour le sujet et les comédiens et la sobriété de la réalisation.
Les rêves dansants (sur les pas de Pina Bausch): un documentaire intelligent et un bel hommage à l'oeuvre de Pina Bausch.
Les mystères de Lisbonne de Raul Ruiz, 4H30 d'images somptueuses et envoûtantes.
Inside job de Charles Ferguson pour voir ce que c'est qu'un grand documentaire percutant et pédagogique sur la crise financière de 2008.
Dans ses yeux de Juan José Campanella parce que l'histoire se passe en Argentine et que c'est une sublime histoire d'amour.
La terre de la folie de Luc Moullet parce que ce documentaire est bourré d'humour malgré son sujet grave (sur le papier).
Policier Adjectif de Corneliu Porumboiu pour les dialogues de rhétorique vers la fin de ce film d'une grande intelligence.

Je n'oublie pas les comédies trop souvent sacrifiées dans les palmarès:
Holiday de Guillaume Nicloux pour Jean-Pierre Darroussin et l'humour très second degré de l'histoire.
Potiche de François Ozon pour le plaisir d'écouter des "tubes" des années 70 et pour le côté "kitsch" de l'ensemble.
Copacabana de Marc Fitoussi parce qu'Isabelle Huppert montre qu'elle est capable de jouer dans un registre léger.
Petits meurtres à l'anglaise de Jonathan Lynn car Bill Nighy est un acteur irrésistible.
Les petits ruisseaux de Pascal Rabaté pour Daniel Prévost absolument formidable.

Et je voudrais redire tout le bien que je pense de cinq films:

Le braqueur de Benjamin Heisenberg.
Mardi après Noël de Radu Muntean.
Ander de Roberto Caston.
Ce que je veux de plus de Silvio Soldini.
Poetry de Lee Changdong

Allons, encore un de plus: Valhalla rising de Nicolas Winding Refn (2).

(1) et non deux (comme je l'avais écrit). Merci PierreAfeu pour cette judicieuse remarque comptable.
(2)
suite à la demande expresse et acceptée de Mymp (voir son commentaire ci-dessous).

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