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11 mars 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10

Avant de prendre quelques jours de pause pour cause de "coup de mou" et de beaucoup de boulot, voici un billet avec une partie des films vus que je n'avais pas encore eu l'occasion d'évoquer. Un ou plusieurs billets sur les autres films suivront à partir de mon retour, vendredi 19 mars 2010. Je tiens à remercier tous les blogueurs pour leur fidélité et leur gentillesse à mon égard. 

A Serious Man des frères Ethan et Joel Coen ne laisse personne indifférent sur les blogs. Personnellement, je me suis interrogée devant cette évocation des années 60 (assez autobiographique semble-t-il) par les deux frères. Il y a d'abord un prologue (la séquence la plus réussie du film), qui se passe au 19ème siècle et semble déconnecté du reste de l'histoire: un dibbouk (un mort) vient rendre visite aux vivants. Puis, sans transition, on se retrouve dans une petite ville de l'Etat du Minnesota aux Etat-Unis, avec un prof stagiaire, Larry Gopnik, marié et père de famille, qui attend sa titularisation dans l'université où il enseigne la physique. Sa femme (au "look" vestimentaire et à la coiffure un peu ridicules voire vulgaires) lui annonce qu'elle veut divorcer pour aller vivre avec un autre, tout en respectant la pure tradition juive. Les enfants ne sont pas en reste: le fils préfère écouter de la musique en classe plutôt que d'apprendre l'hébreu; quant à la fille, elle veut se refaire le nez. N'oublions pas le rôle des rabbins (il y en a trois dans le film), qui font office de confesseur et de psy pour Larry, mis à la porte de sa maison, devant aider son frère au chômage, pas insensible au charme d'une voisine et en butte aux menaces d'un élève voulant le soudoyer pour que Larry lui donne une meilleure note (ouf!). Le film n'est pas vraiment une comédie mais plutôt une étude de moeurs qui finit avec la célébration de la bar mitzvah du fils. Pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre des frères Coen, je ne leur conseille pas forcément de commencer par celui-ci; pour les autres, ce film leur montrera une autre facette du talent des deux frères, même si je n'ai pas été complètement enthousiasmée.

L'autre Dumas de Safy Nebbou commence à être bien dans le dernier quart d'heure. En un mot, j'ai été déçue par ce film, après m'être attendue à une histoire sur l'écriture à deux mains, les romans, la création littéraire. En effet, les deux protagonistes principaux du film sont Alexandre Dumas et Auguste Maquet. Ce dernier, dont de nos jours on a oublié l'existence ou presque, a été (paraît-il) l'inspirateur des Trois mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo. L'histoire se passe en 1848 à la veille de la prise du pouvoir par Napoléon III. A Trouville, où Dumas et Maquet passent quelque jours, une jeune fille se méprend en prenant Maquet pour Dumas. Je ne raconterai pas la suite, qui est pleine de rebondissements mais qui traine en longueur. Benoît Poelvoorde est vraiment bien, ainsi que Catherine Mouchet qui joue sa femme et Dominique Blanc en compagne de Dumas. Depardieu fait du "Depardieu", et je ne dirai pas grand-chose d'autre, à part que, à mon avis, c'est du niveau d'un honnête téléfilm mais sans plus.

Liberté de Tony Gatlif constitue un film à voir pour l'histoire, pour la musique, la modestie dans le traitement du sujet, pour la musique, pour James Thierrée, pour Marie-José Croze et Marc Lavoine: que de bonnes raisons en somme. C'est un très beau film sur un sujet connu mais qui n'avait pas encore été traité au cinéma (me semble-t-il). L'histoire est inspirée de faits réels. En 1943, en France, les gens du voyage sont pourchassés par le régime de Vichy. Une famille de 15 personnes, qui vivent dans des roulottes et parcourent la France, va bénéficier d'un répit grâce à l'aide du maire d'un village (Marc Lavoine) et d'une institutrice (Marie-José Croze). Parmi les gens du voyage, il y a Taloche (James Thierrée) qui donne un peu de folie au film. En revanche, une fois de plus, Carlo Brandt dans le rôle de M. Pentecôte joue encore le salaud de service. Son personnage est vraiment abject. La musique tzigane que l'on entend est bien agréable mais il y en a trop peu.

Crazy Heart de Scott Cooper est un premier film réussi et il a permis à Jeff Bridges d'être justement récompensé de l'Oscar du meilleur acteur dimanche 7 mars 2010. C'est une histoire simple et belle d'un chanteur de country au bout du rouleau, alcoolique et se produisant dans des arrière-salles minables. Mais sa rencontre avec une jeune journaliste débutante, mère célibataire qui pourrait être sa fille, va le transformer. L'histoire est un peu convenue mais il se dégage une vraie chaleur humaine. Robert Duvall qui est aussi producteur exécutif du film joue un petit rôle de tenancier de bar. Maggie Gyllenhaal en jeune mère méfiante envers les hommes irradie avec ses beaux yeux bleus. Il faut noter l'apparition et la prestation tout à fait honorable de Colin Farrell, en chanteur country. Mais revenons à l'essentiel: Jeff Bridges, qui est magnifique et joue avec beaucoup de sobriété. Il joue de la guitare et chante très bien. Un grand rôle pour un grand acteur. En revanche, on a un petit coup de "blues" (nostalgie...) quand on sort de la salle.

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7 mars 2010

Questionnaire "de Rob"

Pour changer un peu des critiques de films (j'en ai encore une douzaine en cours de rédaction), voici un petit questionnaire trouvé (entre autre) chez Rob.

01. Le film que vous possédez mais que vous n'avez jamais vu?

8 1/2 de Federico Fellini.

02. L'album qui ferait une excellente bande originale?

N'importe quel album des Doors (mais c'est déjà fait en partie).

03. Le biopic que vous ne voulez surtout pas voir?

La vie de Romy Schneider (je sais que c'est dans les tuyaux). Sinon, pas intéressée par la vie (et l'oeuvre) de M. Sarkozy sur grand écran.

04. La scène la moins érotique de l'histoire du cinéma?

Il n'y a pas une scène mais toutes celles où l'on voit des actrices se déshabiller sans raison précise. Je pense en particulier à la première séquence de La petite Lily de Claude Miller, Ludivine Sagnier qui se dévêt. Sans intérêt, cela me gêne et ce n'est pas érotique du tout.

05. Le film que tout le monde a vu sauf vous?

 Avatar de James Cameron.

06. Le film que tout le monde a détesté sauf vous?
 
Je sais que le film n'a pas été très prisé, mais moi j'avais trouvé la construction à rebours très originale: il s'agit de 5x2 de François Ozon.

07. La personnalité qui devrait faire du cinéma?

Je ne vois pas. Il y a déjà trop d'acteurs qui ne trouvent pas de rôle.

08. Le film de 2025 que vous attendez le plus?

Dans 15 ans, le 11ème film de Jacques Audiard.

09. Le film des mois à venir qui va vous décevoir?

Peut-être le Alice de Tim Burton. En y pensant, je ne sais pas si l'univers de Lewis Carroll et celui de Tim Burton sont compatibles.

10. Le cinéaste avec qui vous aimeriez boire des coups?

Comme je ne bois pas, c'est dur de répondre. J'aimerais bien discuter avec Claire Denis.

11. L'objet auquel vous aimeriez consacrer un film?

C'est un gros objet: la Tour Eiffel. Je la vois tous les jours ou presque depuis 48 ans. Elle sert immanquablement d'arrière-plan à moult films (surtout américains). Elle mériterait que l'on en fasse une héroïne à part entière.

12. La réplique que vous aimeriez connaître par coeur?

Toutes les répliques écrites par Michel Audiard dans les Tontons Flingueurs de Georges Lautner. 

13. L'acteur/actrice en qui vous vous reconnaissez?

Dominique Blanc.

14. Le festival que vous aimeriez créer?

L'anti-festival de Cannes, dont les critiques "officiels" seraient bannis. Ce serait un festival avec des films choisis par et projetés pour le grand public et récompensés par le même grand public.

15. La chose qu'on ne devrait plus jamais voir au cinéma?

La vulgarité et la bêtise mais c'est un vaste programme.

16. La place idéale dans la salle de cinéma?

Au milieu du milieu avec personne devant.

17. Le nom d'acteur/réalisateur que vous n'arrivez pas à retenir?

Je suis incapable de retenir les noms des acteurs et réalisateurs coréens.

18. Le métier de cinéma auquel vous ne comprenez rien? 

Un métier que je ne comprends pas parce que je ne sais pas en quoi cela consiste: l'étalonnage.

19. Le conseil à donner à un ado qui veut faire du cinéma?

Rester humble en toute chose.

20. La question que vous aimeriez ajouter à ce questionnaire?

"Quel métier du cinéma aimeriez-vous exercer?"
[Ma réponse:] Monteuse. On crée à partir de l'existant.

21. Le film à regarder le 24 décembre au soir?

The shop around the Corner d'Ernst Lubistch.

22. Le film que vous prétendez aimer alors qu'en fait pas vraiment?

Eyes wide shut de Stanley Kubrick.

23. Le film que vous êtes la seule à détester?

Le goût des autres d'Agnès Jaoui.

24. Le film que vous avez honte d'avoir vu?

Le derrière, le film de Valérie Lemercier. J'étais surtout très en colère d'avoir perdu mon temps.

5 mars 2010

The Ghost Writer - Roman Polanski

Brillantissime! C'est le terme qui me vient immédiatement à l'esprit après avoir vu The Ghost Writer, mercredi 3 mars 2010, le jour de sa sortie. Quelle maestria dans la mise en scène, qui se caractérise par sa fluidité, ai-je trouvé. Pour moi, Roman Polanski a amplement mérité sa récompense au dernier festival de Berlin. Quant aux acteurs, je commencerai d'abord par Ewan Mc Gregor qui a trouvé son meilleur rôle à ce jour. Olivia Williams avec ses airs de femme sage joue l'ambiguïté juste comme il faut. Pierce Brosnan interprète un ex-premier ministre très crédible. Tom Wilkinson est impeccable comme souvent. Même Eli Wallach, dans une scène, fait une prestation qui se remarque. Avec The Ghost Writer (adapté d'un roman de Robert Harris), Roman Polanski montre qu'il fait encore partie des très grands du métier. C'est le premier film que j'aime autant de ce réalisateur depuis... Chinatown (en 1974). Un "ghost writer" (un écrivain fantôme) est l'équivalent anglais de "nègre littéraire" en français. Celui qui est le héros de l'histoire (Ewan Mc Gregor) est chargé par un éditeur londonien de corriger ou de réécrire certains passages des mémoires d'un ex-Premier ministre anglais démissionnaire, Adam Lang, retiré aux Etats-Unis sur une île battue par les vents, au large de la Nouvelle-Angleterre. Le cadavre du "nègre" précédent, tombé d'un ferry, a été retrouvé sur le rivage près de la demeure d'Adam Lang. Pour 250000 dollars, le "nouveau nègre" emménage chez Adam Lang, qui est entouré de sa femme, Ruth, et de sa "garde rapprochée". A partir de ce moment-là, parce qu'il est un homme curieux, Le Nègre se retrouve en peu de temps amené à enquêter sur la mort de son prédécesseur, sur les débuts de Lang dans la politique, etc. L'atmosphère se fait de plus en pesante voire menaçante. Le Nègre est seul face aux autres, et doit affronter des situations qui mettent sa vie en danger. Il rencontre des gens et pose des questions. La dernière séquence, fulgurante, où tout se passe "hors champ", est inoubliable.

Si donc vous voulez voir ce qu'est un film bien réalisé (même si je n'y connais rien en cette matière), courez voir The Ghost Writer. Vous passerez un moment de bonheur intense comme le public qui était dans la salle avec moi. Certains spectateurs ont applaudi à la fin. Je n'ai pas vu passer les 2H08 (pour la première fois depuis longtemps). C'est un film prenant, jubilatoire, ambigu, intriguant, ironique, passionnant, virevoltant, angoissant, "hitchcockien" dans le bon sens du terme (et j'en oublie). La musique d'Alexandre Desplat s'harmonise bien à l'ensemble. The Ghost Writer fait d'ores et déjà partie de mes films de l'année. Voir les excellentes critiques de Céline et Pascale.

3 mars 2010

Shutter Island - Martin Scorsese

J'ai trouvé que Shutter Island, le dernier film de Martin Scorsese, démarrait bien (pendant les 20 premières minutes) avec une atmosphère lourde, une image sombre. C'est après que cela se gâte. Par ailleurs, on se sent tout de suite oppressé d'autant plus qu'il n'arrête pas de pleuvoir pendant tout le film. L'inspecteur de police Teddy Daniels et son adjoint Chuck Aule sont à bord d'un bateau qui relie le continent à une île au large de la Nouvelle-Angleterre (USA). Arrivés sur place, ils commencent à enquêter sur la disparition d'une certaine Rachel Solando qui s'est évaporée d'une cellule où elle était internée, dans l'institution psychiatrique pour criminels malades mentaux situé en ce lieu. Auparavant, comme la tempête faisait rage et que le bateau tanguait, Teddy Daniels a eu le mal de mer. C'est le début de son mal-être. L'aspect de l'île est sinistre avec ses bâtiments cernés de barbelés. Les fous les plus dangereux sont emprisonnés dans une sorte d'édifice fortifié. Au loin, un phare domine l'île. En plus de cette Rachel, il semble qu'un autre individu ait disparu, le numéro 67. Je vous passerai les détails de l'histoire, car petit à petit, on se lasse un peu de ce que l'on voit sur l'écran. L'enquête des deux hommes est parasitée par des scènes où Teddy Daniels, en proie à des migraines ou des cauchemars, voit sa femme disparue, à moins qu'il ne se trouve dans le camp de concentration de Dachau (il a fait partie des libérateurs). On se demande où le réalisateur nous emmène. L'utilisation de ces flashback m'a gênée et ralentit l'histoire qui nous intéresse (Le film dure 2H15). La fin m'a parue démonstrative, à la différence du roman, que j'avais lu il y a 4 ou 5 ans, et qui est plus énigmatique, brutale et imprévisible. Leonardo Di Caprio joue bien son rôle mais sans plus (il est vrai que son personnage n'est pas évident). Je décerne une mention spéciale à Patricia Clarkson qui apparaît de manière vraiment sensationnelle dans une scène unique. Emily Mortimer et Michelle Williams sont plutôt pas mal et même bouleversantes par moment. Le film fait un démarrage sur les chapeaux de roue aux Etats-Unis où il est sorti en même temps qu'en France. A vous de juger ce film. Voir aussi les billets très élogieux d'Amanda, de ffred et de Dr Orlof et celui plus mesuré d'Edisdead.

NB: au vu de la plupart des commentaires ci-dessous, je voudrais redire que ce film m'a déçue; et je vous conjure d'aller voir The Ghost Writer.

27 février 2010

12 - Nikita Mikhalkov

Je vous conseille vivement de voir 12, le film de Nikita Mikhalkov, qui dure 2H35 avec 11 acteurs russes inconnus, plus le réalisateur lui-même qui interprète le 12ème juré chargé de donner le verdict à la fin. Il s'agit d'une adaptation de Douze hommes en colère, la pièce de Reginald Rose (je pense que tout le monde connaît le film de Sidney Lumet avec Henry Fonda). Ce film, 12, n'est pas qu'une simple adaptation, c'est plus que cela. Le jeune homme en attente du verdict (qui doit rendu à l'unanimité) est tchétchène (il est accusé d'avoir poignardé son père adoptif qui était russe). Les délibérations se passent dans un gymnase. Dès le départ, onze jurés jugent le Tchétchène coupable, le 12ème juré le déclare non coupable après quelques considérations personnelles. A partir de ce moment-là, le débat s'éternise mais il est passionnant. Pour l'aérer, si je puis dire, ce huis-clos est entrecoupé de scènes de luttes armées entre soldats russes et Tchétchènes (j'ai rarement vu des scènes aussi violentes), sans parler d'une scène répétée un peu floue avec un chien qui a quelque chose dans la gueule (à la fin, on voit ce qu'est cette "chose"). Les jurés (uniquement des hommes) sont représentatifs de la diversité de la population russe, et deux d'entre eux sont de confession juive. Tour à tour, chacun d'eux donne son état d'âme, et l'on croit percevoir leur faiblesse ou leur force. Grâce à ces onze hommes (le personnage joué par Mikhalkov reste en retrait), c'est un portrait de la Russie actuelle qui nous est présenté. J'ai été bercée par cette langue que je ne comprends pas. Les acteurs sont tous sensationnels. Il y a bien deux ou trois longueurs mais j'ai trouvé ce film passionnant. S'il passe dans votre région, allez le voir. La conclusion est celle de la pièce originale mais avec une variante assez inattendue. Voir aussi le billet de Céline.

26 février 2010

Sumo - Sharon Maymon et Erez Tadmor

Sumo, malgré son titre, n'est pas une comédie japonaise mais israélienne (de Sharon Maymon et Erez Tadmor). En plus du sport cher à notre ancien président, l'histoire traite de l'acceptation de soi face au surpoids, des relations entre mère et fils, et tout simplement d'amitié. C'est un film qui dégage beaucoup de chaleur humaine. Hirzl, qui pèse plus d'un quintal et demi, suit avec quatre amis (de corpulence équivalente) des séances de "weight losers". On ne peut pas dire que cela soit une réussite. Bien au contraire, l'animatrice des séances (filiforme comme de bien entendu) lui fait la morale en lui disant qu'elle le voit grossir à vue d'oeil depuis six mois. Dans le même temps, Hirzl ayant perdu son emploi de serveur de restaurant (son physique est malheureusement le responsable), il se fait engager dans un restaurant japonais. De fil en aiguille, il décide de devenir sumo après avoir vu un combat à la télévision, et il convainc les quatre copains de faire de même... C'est un film sans prétention et qui fait un bien fou. Je suis sortie de la projection toute contente, et tant pis pour eux, vraiment, si certains critiques trouvent Sumo ni très profond, ni intéressant, comme je l'ai lu.

23 février 2010

Complices - Frédéric Mermoud

J'annonce tout de suite que j'ai trouvé Complices très réussi. C'est le premier film du réalisateur Frédéric Mermoud (auteur aussi du scénario) qui a construit une histoire avec habileté. Le corps d'un jeune homme Vincent (Cyril Descours) est retrouvé dans le Rhône. Les inspecteurs Hervé Cagan (Gilbert Melki) et Karine Mangin (Emmanuelle Devos) sont chargés de l'enquête. Les séquences alternent: d'une part, celles en flash-back qui nous présentent Vincent (jeune prostitué mâle) et sa rencontre avec une jeune lycéenne en année du bac, Rebecca (Nina Meurisse), et tout ce qui s'ensuit jusqu'à la tragédie finale. Ils vont s'aimer passionnément et elle accepte même d'être sa partenaire sexuelle chez des clients. Certaines scènes sont crues mais c'est tellement bien filmé que cela ne choque pas. Et d'autre part, les scènes de l'enquête menée par le couple formé par Gilbert Melki et Emmanuelle Devos. La relation entre eux est touchante et pleine de non-dits. On veut croire qu'ils vont tomber dans les bras l'un de l'autre, mais non, et c'est dommage. Plutôt que passer par meetic (avec des rencontres peu concluantes), Karine aurait le partenaire tout trouvé en face d'elle. Et lui, grand timide, ne dit rien. C'est un film noir qui se termine avec une note d'espoir. Plus qu'une simple histoire criminelle, cette oeuvre dépeint la difficulté de dire ses sentiments. Un réalisateur prometteur.

19 février 2010

Une exécution ordinaire (le film) - Marc Dugain

J'avais lu le roman de Marc Dugain il y a plus de 3 ans (voir mon billet du 08/02/07). Il vient de passer à la réalisation en adaptant une seule partie de son roman: celle qui se passe en 1952, en Russie où Staline vit ses derniers mois d'existence. Anna est urologue et magnétiseuse. Elle aime son mari Vassili qui ne vit que pour elle. Ils désespèrent d'avoir un enfant. Dans le dispensaire où elle exerce, elle est en butte à la concupiscence d'un supérieur hiérarchique. Elle devient la magnétiseuse de Staline sous la contrainte et ne doit en parler à personne, même pas à son mari. Elle le quitte. A la place, elle se retrouve à écouter Staline qui lui parle un peu pendant qu'Anne arrive à le soulager de ses douleurs. Dans son discours, il énonce une phrase terrible parmi d'autres: "Crois-tu que j'ai instauré la terreur de gaité de coeur? Les hommes doivent accepter qu'à tout moment, sans raison précise, on puisse les ramener à cette forme absolue de modestie qu'est la mort". Je trouve que pour un premier film, Marc Dugain ne s'en sort pas si mal. On sent bien la menace, l'oppression, la peur. Les décors sont lugubres. Les acteurs jouent tous très bien. Edouard Baer en mari désespéré est touchant, Marina Hands, très bien comme d'habitude, et André Dussolier dans le rôle de Staline est plus vrai que nature. Cela m'a même donné envie de relire en partie le roman.

15 février 2010

Tetro - Francis Ford Coppola

Je suis contente d'avoir enfin vu Tetro, magnifique oeuvre en noir et blanc et en couleur qui se passe à Buenos Aires et en Patagonie. J'ai été surprise que deux de mes collègues de travail avec qui j'en parlais m'aient dit être partis au bout d'une heure de projection, ils n'en pouvaient plus. En revanche Véranne et quelques autres blogueurs/euses en ont dit du bien. J'ai été vraiment emballée par ce film où l'on apprend que Tetro (le diminutif de Tetrocini) est le nom de famille des personnages principaux de l'histoire. Bennie et Angelo (surnommé justement Tetro), deux frères, ne se sont pas vus depuis dix ans. Benny est un jeune marin à la veille de ses 18 ans. Suite à une avarie du navire où a embarqué le jeune Benny, ce dernier fait escale à Buenos Aires et y retrouve son frère Tetro qui l'accueille avec froideur. Ce dernier vit avec une charmante jeune femme. La période où se passe l'histoire est indéfinie: années 60, années 70? Les séquences en couleurs constituent des retours en arrière avec l'enfance de Tetro et les drames qui se sont produits. Les séquences en noir et blanc se passent donc à Buenos Aires et en Patagonie. La réparation du navire prenant plus de temps que prévu, Bennie reste plus longtemps qu'il ne le pensait, et celui permet de découvrir le passé de son frère et donc le sien. Tetro essaye d'écrire une pièce de théâtre autobiographique qu'il n'arrive pas à terminer, c'est Bennie qui le fera. Comme parfois au théâtre, il y a un retournement final. Il paraît que cette oeuvre est bien plus ou moins autobiographique pour Coppola lui-même. Et, pour ma part, cela a renforcé mon envie de retourner en Argentine un jour.

11 février 2010

A single man - Tom Ford

Quand Jérôme de Cinefeed/cinefriends (et oui, encore lui) m'a invitée à la projection de A single man de Tom Ford qui sort le 24 février 2010, j'ai dit oui tout de suite, et pourtant je ne savais pas du tout ce que j'allais voir. C'était une projection de presse avec des journalistes critiques de cinéma (ou faisant fonction de -) qui semblaient un peu blasés. Tout le monde se fait la bise, on (non-professionnel[le]) se sent de trop. En plus, une dame à côté de moi qui venait d'assister à une projection, juste avant, du dernier film de Fatih Akin (très bonne comédie paraît-il), répétait que A single man était très mauvais (c'était des oui-dire). Cela démarrait mal, parce que, dans ce genre de circonstance, à son corps défendant, on a un a priori. Après avoir vu le film réalisé par un créateur de mode (Tom Ford a travaillé chez Gucci et YSL avant de créer sa propre maison de couture en 2005), je ne suis pas aussi négative. Rien que pour la prestation de Colin Firth en homosexuel (oui mesdames les blogueuses), le film vaut le détour. Colin est remarquable de sobriété. Il ne tombe jamais dans la caricature. Sa prestation a été récompensée par le prix d'interprétation masculine au Festival de Venise en 2009 (et il est nommé aux Oscars, cette année). L'histoire est adaptée d'un roman de Christopher Isherwood (assez autobiographique). Cela se passe en 1962 (en pleine crise des missiles à Cuba). A Los Angeles, un professeur d'université, George Falconer (Colin Firth), vient de perdre, dans un accident de voiture, son compagnon Jim (architecte avec qui il vivait depuis presque 15 ans). Il n'arrive pas à faire son deuil malgré la sollicitude de son amie Charley (Julianne Moore), qui a un tendre sentiment pour lui. Jusqu'au jour où il rencontre un jeune étudiant qui suit un de ses cours. Mais le destin veille. On peut reprocher à Tom Ford quelques afféteries. Le début surtout fait un peu film de pub, avec un travail sur la couleur de l'image et une voix off désincarnée. Disons que cela manque de simplicité; et puis petit à petit, je suis bien entrée dans le film, mais Colin Firth y est pour beaucoup. Il est présent dans tous les plans ou presque. C'est LA bonne raison d'aller voir le film. La bande-originale années 60 n'est pas mal non plus.

9 février 2010

Le refuge - François Ozon

Entre la descente en flammes de Dr Orlof et la critique élogieuse de Céline, je me situe au milieu avec une opinion plutôt positive.
L'argument (l'histoire): Louis et Mousse se droguent. Le dernier "shoot" est fatal à Louis mais Mousse s'en sort et en plus elle apprend qu'elle est enceinte depuis 8 semaines. Voici maintenant les miens (d'arguments).
Les points plutôt négatifs du Refuge de François Ozon sont à mon avis:
- les séquences du début où l'on voit le couple en train de se droguer en se faisant des piqûres en gros plan. Il y a un côté complaisant assez insupportable et qui n'apporte rien;
- le fait que cela se passe dans un milieu bourgeois très riche (du côté de Louis). Le même couple (Louis et Mousse interprété par Melvil Poupaud et Isabelle Carré) squatte en plein Paris un appartement de plus de 200 m2 et donne 400 euros pour 6 grammes d'héroïne frelatée. Je trouve cela un peu cliché;
- le fait qu'on ne sait pas de quoi vit Mousse, il n'y a aucune information sur qui elle est, d'où elle vient ni de quoi elle vit;
- le fait que la mère de Louis, très grande bourgeoise, semble un monstre insensible et qui demande à Mousse de se faire avorter: son fils Louis ne peut pas avoir de descendance. Elle est un peu caricaturale (L'actrice Claire Vernet, très bien, n'est pas en cause).

Le point ni négatif, ni positif, mais qui peut provoquer un débat: la question de l'homoparentalité.

Les points positifs qui me font adhérer au film sont:
- L'actrice qui était vraiment enceinte pendant le tournage. Elle irradie. On sent la plénitude. Ozon filme avec une grande délicatesse les formes arrondies d'Isabelle Carré (Mousse).
- Le pays Basque (la région de Guétary) où Mousse s'est retirée en attendant d'accoucher. Elle vit dans une jolie maison avec vue sur mer au loin. Superbe. Cela donne envie de partir. Les trois-quarts du film se passent dans cet endroit paradisiaque.
- Le frère homosexuel de Louis, Paul, très protecteur envers Mousse. Il la rejoint quelque temps avant de partir pour l'Espagne.
- Pour ce contraste brutal entre le début de l'histoire violente et mortifère et tout le reste du film où c'est l'attente d'une naissance dans une atmosphère apaisée.

3 février 2010

Quelques films vus et non commentés depuis le 27/01/10

Cette fois-ci, contrairement à ma série précédente, le regroupement se justifie par le fait que j'ai vu depuis le début de l'année beaucoup de films qui risquent de disparaître des salles rapidement et dont je souhaite parler tant qu'ils passent encore, au moins, à Paris.

Agora (dont Céline a dit le plus grand bien) est un des premiers films que j'ai vus cette année. Il a été réalisé par Alejandro Amenabar (qui a aussi tourné Les autres, en 2001, et Mar adentro, en 2005). On peut le qualifier de "peplum" parce qu'il se passe pendant l'Antiquité, à Alexandrie, au IVème siècle après Jésus-Christ. L'originalité de l'histoire est que le personnage principal est une femme, Hypathie, une astronome qui a réellement existé. Son père, Theon, fut le dernier directeur de la célèbre bibliothèque de la ville. Cette période reflète une transition entre le déclin de la civilisation gréco-romaine et l'influence croissante du christianisme. Tour à tour, les Chrétiens, les Juifs et les non-croyants se persécutent mutuellement, sans parler de la bibliothèque mise à sac et des parchemins et autres documents brûlés (c'est un autodafé). Mais au bout du compte, la dernière persécutée, c'est Hypathie, femme cultivée, savante: on lui reproche d'être ce qu'elle est (cela reste malheureusement très actuel). J'ai trouvé la dernière séquence bouleversante, entre Hypathie et un jeune esclave affranchi qui l'aime. La reconstitution d'Alexandrie et de sa bibliothèque est très belle avec de nombreux effets numériques. J'ai lu des critiques disant que les personnages masculins ne sont pas intéressants: cela ne m'a pas dérangée puisque c'est le personnage féminin (Rachel Weisz, lumineuse) qui est important.

Restons avec une femme comme personnage central mais dans un registre complétement différent: Mother de Bong Joon Hoo (à l'affiche depuis cette semaine), vu en avant-première grâce à Jérôme de cinefriends (et je l'en remercie une fois de plus). J'avoue que j'ai eu un peu de mal à "entrer" dans l'histoire, et puis petit à petit, je me suis laissée emmener dans cette histoire d'amour entre une mère et son fils (on n'est pas loin de l'inceste). Dans une ville de Corée, une jeune fille est retrouvée morte en haut d'un immeuble dans une posture grotesque. On accuse Do-Joon, 28 ans, qui est le dernier à l'avoir vue. La mère de Do-Joon (âgée d'une soixantaine d'année) fait tout pour le sortir de prison en essayant de prouver son innocence. Pour cela, elle commettra jusqu'à l'irréparable. On ne connaît pas leur passé à tous les deux qui a dû être difficile. Le fils est à la limite de la débilité. Il y a une séquence au début du film qui nous montre cette femme dans un champ de blé en train de danser. Le reste n'est pas aussi bucolique et la fin est terrible. En tout cas, avant de traiter quelqu'un d'idiot, je ferais attention (cet aparté est destiné à ceux qui connaissent déjà l'histoire). L'actrice qui joue la mère est sensationnelle, c'est elle qui porte tout le film. On plaint cette mère, et en même temps, elle est monstrueuse. Seul défaut du film, c'est un peu long (surtout quand on sait ce qui s'est passé): 2h10. Du même réalisateur, j'avais vu Memories of murder (2004) que je n'avais pas du tout aimé.

Pour finir dans un registre plus léger, j'ai bien apprécié Pas si simple (dont le titre original est It's complicated) de Nancy Meyers, qui met en scène des quinquas qui assurent plutôt bien côté bagatelle devant la jeune génération ébahie. Meryl Streep m'a épatée une fois de plus dans le rôle d'une femme, Jane, divorcée depuis 10 ans, mère de trois enfants et qui revit quelques moments de folle passion (sexuelle) avec son ancien mari, Jack (lui-même remarié avec une plus jeune), joué par un Alec Baldwin avec quelques kilos en trop. L'histoire se passe entre Malibu en Californie et New York. Jane dirige une grande pâtisserie / salon de thé (elle est la reine du croissant, ayant pris des cours de cuisine en France). En plus de son ex-mari, elle entame une relation plus chaste avec un architecte, Adam (Steve Martin), qui lui refait toute sa maison. Dans ce film, on trouve quelques moments d'anthologie, dont un où Jack, sur un lit, en tenue d'Adam, dissimule à nos yeux ses parties intimes derrière un écran d'ordinateur allumé sur le mode webcam. Je ne vous raconte pas la suite. La salle était hilare. Une très bonne comédie qui semble avoir du succès depuis sa sortie.

2 février 2010

Les chats persans - Bahman Ghobadi

Les chats persans de Bahman Ghobadi, long-métrage iranien très soutenu par Cinefeed/cinefriends, fait une jolie carrière grâce à un bon bouche-à-oreille. C'est une excellente surprise en ce qui me concerne, et je le conseille pour celles et ceux qui veulent découvrir un Iran différent de ce que l'on voit à la télé, loin des clichés habituels. Dans ce film tourné en 17 jours dans la clandestinité, une certaine jeunesse de Téhéran est à l'honneur, incarnée par Negar et Ashkan, une jeune femme et un jeune homme tout juste sortis de prison. Ils veulent former un groupe musical de rock afin de pouvoir partir vers d'autres horizons. Pendant tout le film, on les suit dans leur recherche, d'une part, de quelques musiciens pour leur groupe et d'autre part, d'un passeport et un visa "au noir" (donc onéreux). La séquence où de vieux messieurs fabriquent des faux-papier et énoncent les prix, selon que l'on veut un passeport afghan (cinq dollars), ou américain (plusieurs milliers de dollars), est assez marquante. Comme tout est clandestin, on passe de cave en cave avec une incursion dans une étable. Les chats persans donne l'occasion d'entendre du rock, du rap et du heavy metal (sur la bande originale, je vous recommande un rap en perse Ekhtelaf par Hichkas), et c'est une très belle expérience. Cette musique est totalement interdite par le régime iranien en place. Autre chose proscrite: promener son chien (ou son chat) dans la rue ou dans une voiture. Ce sont des animaux impurs comme la musique. Il y a une scène révoltante où une voiture est arrêtée avec Negar et Ashkan (Negar a un chien sur ses genoux). L'agent de police s'empare du chien. Je n'ose imaginer ce qu'il advient de cette pauvre bête. Et pourtant on n'entend pas une fois parler de religion. Bahman Ghobadi a filmé en numérique dans des conditions précaires. On le sent dans certains plans pris au vol où l'on peut voir par exemple que certains wagons de métro ne sont réservés qu'aux femmes. Un de mes coups de coeur de ce début d'année.

31 janvier 2010

La terre de la folie - Luc Moullet

La terre de la folie est un documentaire qui, malgré son sujet grave, est assez réjouissant (et bourré d'humour). On y voit et entend des personnes pas banales qui ont "un grain" (comme on dit) pour certains. Luc Moullet a pris le parti de nous raconter que dans le département des Alpes de Haute-Provence dont le chef-lieu est la ville de Digne-les-Bains, il y a un pourcentage de gens "fous" plus élevés que la moyenne nationale. C'est d'ailleurs une région où il y a beaucoup d'asiles psychiatriques. Je ne sais s'il faut prendre l'info au sérieux, mais au cours des conversations, on apprend que le nuage de Tchernobyl, qui est passé au dessus de cette région, ne serait pas étranger aux cas de folies récentes, sans parler du mistral qui souffle et excite les gens fragiles psychologiquement. Ce film donne l'occasion d'admirer des paysages magnifiques assez arides et déserts. Luc Moullet prend des exemples des faits divers qui ont défrayé la chronique, dont le plus célèbre est l'affaire Dominici dans les années 50, mais d'autres drames plus récents ont endeuillé une partie de la région où se trouve Manosque et Folcalquier (chère à Pierre Magnan). Si vous voyez le film (ce que je souhaite), vous verrez une séquence savoureuse où, sur une carte géographique, des épingles et un élastique qui les relie montrent que la région incriminée forme un pentagone. Comme dans d'autres endroits enclavés en France, les mariages consanguins étaient courants jusqu'au début du 20ème siècle: les accès de folie viennent peut-être de cette hérédité. Le seul reproche que je ferais au film, c'est que c'est trop court. Luc Moullet était bien parti pour faire un documentaire plus long. Certaines personnes interrogées valent à elles seules de voir le film. J'espère qu'il passe ou qu'il passera par chez vous. Sorti dans deux salles à Paris le 13 janvier 2010, il ne se donne déjà plus que dans une salle.

27 janvier 2010

Deux films vus et non commentés pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

Voici deux films que je considère comme ne méritant pas un billet individualisé (toujours dans la logique de ma série).

D'abord, Une petite zone de turbulence d'Alfred Lot. Ce film, vu en avant-première en présence des acteurs principaux, fut une déception. Et pourtant, comme l'a expliqué Michel Blanc, l'histoire est adaptée d'un roman anglais de Mark Haddon, "A spot of bother", qui a été traduit chez nous sous le titre "Une situation légèrement délicate". C'est Michel Blanc lui-même qui a écrit l'adaptation (on sent qu'il s'est fait plaisir), mais il n'a pas jugé bon de réaliser ce film qui s'étire en longueur. Je ne l'ai pas trouvé très drôle, même si je reconnais que certaines répliques font sourire. Michel Blanc joue le rôle de Jean-Paul, un retraité hypocondriaque (il se croit atteint d'un cancer de la peau), que sa femme, Anne (Miou-Miou), trompe avec un ancien collègue. Miou-Miou, excellente comme d'habitude, fait ce qu'elle peut, et j'ai eu l'impression qu'elle se demandait ce qu'elle faisait là. Gilles Lellouche joue le rôle d'un "con", son personnage (Philippe Faure) doit épouser la fille de Jean-Paul et Anne, Cathy (Mélanie Doutey), crispante dans son rôle de "chieuse", qui en est à son deuxième mariage tout en hésitant jusqu'au bout. Le fils, Mathieu, joué par Cyril Descours (plutôt beau gosse), est homosexuel. Michel Blanc nous a dit qu'il s'agissait d'une famille ordinaire. Vous pouvez vous contenter de la bande-annonce, qui nous donne à entendre et à voir les répliques qui font mouche.

Ensuite, Just another love story d'Ole Bornedal (Rob en a dit du bien). Personnellement, j'ai eu du mal à entrer dans ce film qui est une sorte d'histoire d'amour réalisée en numérique avec une caméra qui s'agite beaucoup et une image saturée. Dès le début, on assiste à une suite de scènes sans lien apparent. C'est à la toute fin qu'on finit par les comprendre. Entretemps, on a suivi l'histoire d'un homme, Jonas (photographe de personnes décédées dans une morgue), marié et père de famille, qui est responsable d'un accident de voiture (très spectaculaire) dans lequel une jeune femme gravement blessée devient amnésique. Se sentant coupable, il lui rend visite, et la famille de cette dernière croit qu'il est son petit ami. De fil en aiguille, Jonas quitte sa femme pour vivre avec la jeune femme dont il est tombé amoureux, mais on ne change pas impunément d'identité et on ne prend pas la femme d'un autre sans qu'il y ait des répercussions (tragiques au demeurant). C'est un film qui ne m'a pas touchée ou intriguée. En revanche, les acteurs sont très bien. A vous de voir.

23 janvier 2010

Une vie toute neuve - Ounie Lecomte - Films vus pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

Je voudrais commencer par une observation. Au moment où le générique de fin du film Une vie toute neuve a commencé, une dame à côté de moi était en larmes, et moi-même j'avais la gorge serrée. On venait de suivre, pendant plus d'une heure et demie, l'histoire d'une petite Coréenne de 9 ans, Jinhee, abandonnée par son père. Et l'histoire que la réalisatrice nous raconte, c'est la sienne. Cela se passe en Corée en 1975. Après avoir été laissée par son père dans un orphelinat tenue par des religieuses, Jinhee est certaine qu'il va revenir la chercher: son papa ne peut pas l'avoir abandonnée. Jinhee se fait tout de suite remarquer car elle reste en marge des autres. Quand des familles adoptives se présentent, elle ne sourit pas, elle reste mutique. Elle a des accès de colère et de violence (elle casse les poupées de ses petits camarades). Néanmoins, une fille plus grande qu'elle, âgée de 12 ans, arrive à s'en faire une amie. Elles recueillent un petit oiseau blessé. Le film est une suite de scènes inégales mais on ne peut pas rester insensible à la jeune actrice qui joue Jinhee, personnage avec un mélange de douceur, d'obstination et de caractère bien trempé qui ne pleure qu'à une occasion, quand elle explique à un médecin pourquoi son père l'a abandonnée (elle se sent coupable). C'est le plus long texte qu'elle ait à dire. Une autre scène nous émeut, quand elle veut s'enterrer dans la terre et disparaître comme le petit oiseau blessé (qui est mort entretemps) dont elle ne retrouve plus le cadavre. A la toute fin du film, on sait que la vie de Jinhee va changer: elle va se retrouver dans une nouvelle famille, parler une nouvelle langue (le français), et vivre dans un nouveau pays (la France). C'est la première fois, je pense, que l'on traite l'adoption du point de vue d'un enfant. Et c'est le côté bouleversant de l'histoire. Dans le dossier de presse, la réalisatrice française d'origine coréenne, Ounie Lecomte, explique qu'elle a situé son récit en 1975, car, de nos jours, il n'y a plus d'adoption d'enfants de cet âge. Le film est une coproduction franco-coréenne entièrement jouée en coréen (même si la réalisatrice ne le parle pas). Si le film est projeté par chez vous, allez le voir.

20 janvier 2010

Cracks - Jordan Scott - Films vus pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

Cracks est le premier film de Jordan Scott, la fille de Ridley Scott (qui est producteur du film). Cracks est sorti seulement dans trois salles à Paris le 30 décembre 2009 (il ne se donne plus que dans une seule) et a eu peu d'échos dans la presse. Il dégage pourtant un charme suranné un peu vénéneux. Nous sommes en 1934, dans un pensionnat de jeunes fille en Irlande. Elles paraissent assez libres de faire ce qu'elles veulent. L'histoire se focalise sur une dizaine d'adolescentes qui sont sous le charme (et non la férule) de Miss G (Eva Green et son beau regard bleu). Cette dernière les entraîne à faire des plongeons dans un lac voisin et leur donne un entraînement sportif. Tout en étant assez familière avec elles (elle est comme une grande soeur), elle les domine et garde toujours ses distances. On sentirait une harmonie parfaite jusqu'au jour où arrive une nouvelle pensionnaire venue d'Espagne, Fiamma, issue de la noblesse (le fait qu'elle soit asthmatique est un élément important pour la suite de l'histoire). Cette dernière est tout de suite prise en grippe par ses camarades de classe, mais Miss G a une attirance trouble pour cette jeune fille (mais ce n'est pas réciproque). Fiamma se méfie de Miss G et elle la défie. Miss G semble perturbée par la présence de Fiamma. Preuve en est que lors d'une séquence qui se passe dans le village voisin, on se rend compte que Miss G souffre vraisemblablement de problèmes psychiques. Je ne raconterai pas la fin, sauf pour dire que les pensionnaires vont vivre une expérience douloureuse qui les changera à jamais. Les paysages de collines et de bois sont bien filmés, le suspense bien mené. Le sujet est original (c'est l'adaptation d'un roman de Sheila Kohler - non traduit en français (1) - qui se passe dans les années 60). J'attends le prochain film de Mademoiselle Scott pour voir si son talent se confirme ou non.

(1) Du moins c'est ce que je croyais, jusqu'au com' de Moira ci-dessous. Lire mon billet sur Splash du 17/06/2010.

19 janvier 2010

Bright Star - Jane Campion - Films vus pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

D'abord, je voudrais dire que j'ai assisté à une séance du film dans une salle où j'étais pratiquement la benjamine des spectatrices(teurs) et la salle était comble. J'ai vu Bright Star de Jane Campion (en compétition au dernier Festival de Cannes en 2009) parce que les avis sont mitigés parmi les blogueurs(euses) - je voulais me rendre compte par moi-même - et parce que cela me faisait plaisir de retrouver Jane Campion après plusieurs années de silence. Il est intéressant de constater que certains films ne font vraiment pas l'unanimité. Pour ma part, j'ai trouvé que Bright Star manquait cruellement d'émotion (même si Fanny pleure beaucoup à l'annonce du décès de Keats). De plus, nous faire entendre "Ode to Nightingale" (l'Ode au rossignol) au moment du générique de fin, quand les spectateurs commencent à quitter la salle, est une faute de goût impardonnable. Il n'y a aucune traduction des vers récités et c'est dur de se concentrer sur un poème en voix-off alors que défilent sur l'écran des mots qui n'ont rien à voir. Ceci dit, l'histoire débute en 1818 lorsque John Keats, 23 ans, rencontre Fanny Brawne, 18 ans, dans la maison de cette dernière. Keats vient de perdre son frère du même mal qui l'emportera moins de 3 ans plus tard. Fanny n'apprécie pas forcément la poésie du jeune Keats mais elle tombe amoureuse de lui (c'est réciproque). Malheureusement, Keats est pauvre et il n'arrive pas à vendre sa poésie. Il vit au crochet d'un certain Mr Brown. Une liaison hors mariage est inenvisageable, c'est pourquoi ils se fiancent, mais cela n'ira pas au-delà; Keats s'éloigne souvent de Fanny. Il ne peut subvenir à ses propres besoins et commence à souffrir de phtisie. Au bout du compte, il n'y a pas vraiment d'histoire si ce n'est que Fanny est présente pendant tout le film (C'est elle, l'étoile brillante / Bright star). Les décors et les costumes sont beaux, les acteurs aussi. Mais il manque la passion.

Petite anecdote vécue: j'ai eu l'occasion d'aller à Rome, pendant 4 jours, il y a 9 ans, et la visite du cimetière protestant fut un de mes buts de promenade. Je suis donc allée dans ce lieu, calme, pas grand et loin des circuits touristiques, où sont enterrés Keats et Shelley. Les tombes sont sobres et sans aucune fleur. Je recommande d'autant plus la visite que vous pouvez voir de nombreux chats qui parcourent les allées. Je n'en avais jamais vu autant dans un cimetière (et j'en connais un certain nombre).

PS: Suite aux billets et/ou commentaires de Rob, ffred, moskau, yohan, céline, aifelle, coming soonn, jade et j'en oublie, il semblerait que les hommes apprécient plus le film de Jane Campion que les femmes. C'est une simple observation qui n'engage que moi.

18 janvier 2010

City Island - Raymond de la Felitta - Films vus pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

Comme je l'avais annoncé dans mon billet du 17/01/10, voici le deuxième film vu durant la dernière quinzaine. Grâce à une invitation du distributeur Chrysalis films que je remercie, j'ai assisté à une projection de City Island de Raymond de Felitta en avant-première (il sort le 20/01/10 [voir le site]). L'histoire se passe de nos jours dans une petite ville de pêcheurs dans le Bronx, un des districts de New York. Les personnages principaux sont les membres de la famille Rizzo, dont on découvre qu'ils ont des secrets les uns envers les autres. Vince (Andy Garcia), un gardien de la prison voisine, fait croire à sa femme Joyce (Juliana Margulies) qu'il joue au poker, alors qu'en réalité il suit des cours de théâtre (il se prend pour Marlon Brando). La fille, Vivian, dit qu'elle étudie le soir (elle a gagné une bourse universitaire) alors qu'elle se produit dans un cabaret de strip-tease. Le fils, Vinnie, surfe de son côté sur internet et se connecte à un club d'échange qui sort de l'ordinaire. D'autres personnages apparaissent: un fils caché de Vinnie qui écope d'une peine dans la prison où exerce son père, une certaine Molly, partenaire théâtrale de Vinnie et qui a aussi un lourd secret. Le ton du film est léger comme une bulle de savon, les acteurs se font plaisir, on nage dans l'optimisme. A part la scène où l'on voit Andy Garcia faire une imitation de Brando assez savoureuse devant une caméra, ce film sympathique ne restera pas dans les annales. Je trouve qu'Andy Garcia gâche son talent. Il mériterait des rôles plus consistants.

PS: j'aurais trouvé judicieux que ce film sorte en été, il rencontrerait sûrement son public plus facilement.

17 janvier 2010

Esther - Jaume Collet-Serra - Films vus pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

Ce début d'année ne m'a pas encore permis de voir de films vraiment marquants. J'en déjà vu 9 très différents tant par leur sujet que leur qualité. Pour certains, je suis mitigée voire déçue mais il y en au moins trois ou quatre que je conseille. Je commence à chroniquer les films dans l'ordre où je les ai vus. Je ne sais pas combien de jours il me faudra...

Concernant Esther de Jaume Collet-Serra, le scénario est bien ficelé mais la fin m'a déçue même si le suspense est insoutenable dans certaines scènes. Esther est une fille de 12 ans avec un accent russe. Elle est adoptée aux Etats-Unis par une famille américaine (avec deux enfants) qui vient de perdre leur troisième, mort-née. La maman semble psychologiquement perturbée et c'est une ancienne alcoolique. Esther est coiffée avec des couettes et a des rubans autour du cou et des poignets (elle ressemble à une petite fille modèle), mais cache un secret. On devine assez vite qu'elle fait tout pour se débarrasser de la mère afin de garder le père pour elle toute seule. Pour cela, elle fait de la petite fille de la famille, qui est sourde, sa complice forcée. Je serais intéressée de savoir si le "cas" d'Esther existe dans la réalité. Il faut noter que, dès le début, la tension est palpable avec un accouchement (plutôt sanglant) qui se passe mal. Puis toute l'histoire se passe pendant l'hiver où la neige est abondante. La maison de la famille se trouve au milieu des bois. Le décor de la maison est gris, l'image aussi. J'ai eu une impression d'étouffement. C'est le genre de film que l'on voit une fois mais pas plus. Le fait que le film soit une coproduction américano-européenne et que le réalisateur soit catalan donne à l'ensemble un petit "je ne sais quoi" d'indéfinissable. A noter que le titre original est "Orphan" (orpheline). Peut-être qu'"Esther" est plus vendeur.

Le deuxième film demain... ou plus tard!

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