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23 août 2009

Questionnaire cinéphile estival

Avant que l'été ne s'achève et après au moins quatre éminents blogueurs cinéphiles (Ed, Dr Orlof, Vincent et T.G.) qui ont répondu avant moi (il doit y en avoir d'autres!), voici donc mes réponses à 38 questions qui ont pour but de raviver les souvenirs, de susciter la curiosité et éventuellement de polytraumatiser les amateurs de Robert Altman. En ce qui me concerne, j'ai eu du mal avec certaines questions dont j'ignore le pourquoi du comment.


1) Quel est votre second film favori de Stanley Kubrick?
Pourquoi second? Je ne sais pas. Surtout que la filmographie de Kubrick est diverse et variée. Mais je mettrais en second Full Metal Jacket pour la première partie de ce film qui est un modèle de mise en scène. Je l'avais vu au moment de sa sortie en salle. Je me rappelle avoir été secouée.

2) Quelle est l'innovation la plus significative / importante / intéressante dans le cinéma de la dernière décade (pour le meilleur ou pour le pire)?
En entendant certaines conversations dans les magasins qui vendent des DVD ou maintenant les "Blue Ray", force est de constater que les gens téléchargent les films sur Internet et ne se déplacent plus dans les salles de cinéma. Je dirais que cela concerne la jeune génération de spectateurs mais les autres ne sont pas en reste.

3) Bronco Billy (Clint Eastwood) ou Buffalo Bill Cody (Paul Newman)?
Je choisis Paul Newman pour ses yeux bleus et son engagement pour les enfants malades mais je n'ai pas vu Buffalo Bill et les Indiens de Robert Altman (1976).

4) Meilleur film de 1949.
Noblesse oblige (Kind Hearts and Coronets) de Robert Hamer (Studio Ealing): un chef-d'oeuvre.

5) Joseph Tura (Jack Benny) ou Oscar Jaffe (John Barrymore)?
Je n'ai vu aucun film avec l'un ou l'autre.

6) Le style de mise en scène caméra au poing et cadre tremblé est-il devenu un cliché visuel?
Ce n'est pas un cliché mais une façon de filmer qui peut être réussie comme Rachel is getting married de Jonathan Demme.

7) Quel est le premier film en langue étrangère que vous ayez vu?
Cela doit être Lawrence d'Arabie de David Lean, Autant en emporte le vent de Victor Fleming ou West Side Story de Robert Wise sur grand écran au Kinopanorama dans le 15e arrondissement de Paris (cinéma aujourd'hui disparu), je n'arrive plus à départager leur ordre de vision dans mes souvenirs.

8) Charlie Chan (Warner Oland) ou Mr. Moto (Peter Lorre)?
Plutôt Peter Lorre, je ne connais pas l'autre.

9) Citez votre film traitant de la seconde guerre mondiale préféré (période 1950-1970).
La grande évasion (The Great escape) de John Sturges avec une pléthore de bons acteurs dont Steve McQueen.

10) Citez votre animal préféré dans un film.
Ex-aequo, les chats Pyewacket dans L'adorable voisine (Bell, Book and candle) de Richard Quine et Le Chat dans Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's) de Blake Edwards.

11) Qui ou quel qu'en soit le fautif, citez un moment irresponsable dans le cinéma.
Il y en a certainement, mais je ne vois pas.

12) Meilleur film de 1969.
Impossible de choisir et soyons chauvins, deux grands Chabrol: La femme infidèle et Que la bête meure (sortis la même année) ainsi que L'armée des ombres de Jean-Pierre Melville.

13) Dernier film vu en salles, et en DVD ou Blu-ray.
En salle, Les poupées du diable de Tod Browning (1936), et en DVD, Le trésor du pendu de John Sturges.

14) Quel est votre second film favori de Robert Altman?
The player (le premier c'est Gosford Park).

15) Quelle est votre source indépendante et favorite pour lire sur le cinéma, imprimé ou en ligne?
Positif / Studio-Ciné-live / Première / Brazil (heu, pas dans l'ordre, je précise).

16) Qui gagne ? Angela Mao ou Meiko Kaji?
Kesako?

17) Mona Lisa Vito (Marisa Tomei) ou Olive Neal (Jennifer Tilly)?
Je ne sais pas de quels rôles il s'agit. Mais j'aime bien les deux actrices.

18) Citez votre film favori incluant une scène ou un décor de fête foraine.
Gun crazy de Joseph H. Lewis (1950).

19) Quel est à aujourd'hui la meilleure utilisation de la video haute-définition sur grand écran?
Je réponds comme presque tous les autres: L'anglaise et le duc d'Eric Rohmer (2001).

20) Citez votre film favori qui soit à la fois un film de genre et une déconstruction ou un hommage à ce même genre.
Les westerns spaghetti de Sergio Leone.

21) Meilleur film de 1979.
Le tambour (Die Blechtrommel) de Volker Schlöndorff.

22) Quelle est la plus réaliste / Sincère description de la vie d'une petite ville dans un film?
Comme j'ai (parfois) mauvais esprit, je vais dire Le corbeau d'Henri-Georges Clouzot (1943); sinon, plus contemporain: Loin du paradis (Far from Heaven) de Todd Haynes (2002) avec la sublime Julianne Moore.

23) Citez la meilleure créature dans un film d'horreur (à l'exception de monstres géants).
Predator.

24) Quel est votre second film favori de Francis Ford Coppola?
Dracula (d'ailleurs, je n'ai pas de premier film favori).

25) Citez un film qui aurait pu engendrer une franchise dont vous auriez eu envie de voir les épisodes.
Aucun.

26) Votre séquence favorite d'un film de Brian De Palma.
La mort d'Al Pacino dans L'impasse (Carlito's way) (1993). Cela vous remue.

27) Citez votre moment préféré en Technicolor.
Tout Lawrence d'Arabie.

28) Votre film signé Alan Smithee préféré.
Je ne sais pas.

29) Crash Davis (Kevin Costner) ou Morris Buttermaker (Walter Matthau)?
Kevin Costner dans Bull Durham, je n'ai pas vu l'autre film.

30) Quel film post-Crimes et délits de Woody Allen préférez-vous?
Whatever works, Match Point, Meurtres mystérieux à Manhattan et Maudite Aphrodite.

31) Meilleur film de 1999.
Ce n'est pas forcément le meilleur film de 1999 mais j'avais beaucoup aimé Tabou (Gohatto) de Nagisa Oshima.

32) Réplique préférée.
Au tout début des Dames du bois de Boulogne de Robert Bresson: Jacques en voix "off" dit "... Il n'y a pas d'amour, Hélène, il n'y a que des preuves d'amour".

33) Western de série B préféré.
Les sept mercenaires de John Sturges (1960) [Allo? Oui, on me fait remarquer que ce n'est peut-être pas une "série B". Mais c'est le remake des sept samouraï].

34) Quel est selon vous l'auteur le mieux servi par l'adaptation de son oeuvre au cinéma?
Mort à Venise de Thomas Mann.

35) Susan Vance (Katharine Hepburn) ou Irene Bullock (Carole Lombard)?
Joker, je préfère Joan Crawford et Susan Hayward.

36) Quel est votre numéro musical préféré dans un film non musical?
Alex chantant "Chantons sous la pluie" dans Orange mécanique.

37) Bruno (Le personnage si vous n'avez pas vu le film, ou le film si vous l'avez vu): une satire subversive ou un stéréotype?
Une chose vulgaire.

38) Citez cinq personnes du cinéma, mortes ou vivantes, que vous auriez aimé rencontrer.
Robert Mitchum, Audrey Hepburn, Luchino Visconti (mais seulement de loin), Louis Jouvet et Billy Wilder.

19 août 2009

Joueuse - Caroline Bottaro

Pour un premier film, Joueuse de Caroline Bottaro (adapté d'un roman que je n'ai pas lu: La joueuse d'échecs, de Bertina Henrichs, Edition Liana Levi) est une réussite malgré quelques maladresses dans le scénario (par exemple les rapports entre Sandrine Bonnaire et sa fille: les deux actrices ne jouent pas sur le même registre).

Voici quelques raisons pour aller voir Joueuse:

- pour Sandrine Bonnaire, son sourire éclatant et son talent dans un de ses plus beaux rôles;

- pour la Corse hors des sentiers battus et loin des clichés habituels: la réalisatrice donne envie d'y partir tout de suite;

- pour Kevin Kline avec un accent délicieux qui joue le rôle d'un homme un peu mystérieux. Veuf, il vit dans une grande maison isolée dont on ne le voit jamais sortir. Kevin Kline ne fait rien mais avec talent. Et quelle présence!

- pour les échecs, jeu de stratégie plutôt difficile dont mon ami, ta d loi du cine, m'a appris depuis les rudiments de base;

- pour une belle histoire où Hélène, femme de chambre dans un hôtel, se découvre une passion pour les échecs au grand dam de son mari. Elle est entraînée par un homme mystérieux appelé Krüger chez qui elle fait aussi des ménages. Ces rencontres régulières font naître une relation qui m'a paru ambiguë. D'ailleurs, vers la fin du film, on assiste à une belle scène entre Krüger et Hélène, chargée d'émotion: ils annoncent à tour de rôle le n° des cases (H8, B5, C6, etc.) sur lesquelles, en pensée, ils avancent leurs pions d'une partie imaginaire.

C'est un film que je conseille et on se sent bien quand on sort de la salle.

11 août 2009

Signore et Signori - Pietro Germi

Si vous ne savez pas quoi aller voir au cinéma ces temps-ci (c'est un peu mon cas); si vous avez envie d'apprécier ce qu'est une histoire à la mécanique bien huilée (digne de Feydeau et Labiche (en plus acide) pour le théâtre, et de Billy Wilder pour le cinéma); si vous vous posez la question: quel film a gagné la Palme d'Or à Cannes en 1966?; si vous voulez rire et sourire pendant 2 heures; si vous voulez entendre parler italien; si vous voulez voir des hommes mariés (pas si jeunes) issus de la bourgeoisie locale qui ne pensent qu'à "ça", si cela ne vous dérange pas de voir des hommes et des femmes qui n'hésitent pas à se donner des gifles; si vous voulez voir un film à la morale corrosive où l'argent résoud bien des choses; si vous voulez voir une peinture au vitriol d'une certaine classe de la population; si vous aimez Virna Lisi; si le fait de découvrir des acteurs italiens pas très connus (enfin pour moi), ne vous dérange pas... Alors allez, que dis-je, courez voir Signore & Signori (Ces messieurs dames) de Pietro Germi (film que je n'avais jamais vu, honte à moi!) qui me paraît être UNE des comédies de l'année. Deux salles à Paris le projettent. C'est dans le cadre d'une rétrospective de films italiens. J'espère que des copies circulent en province (et/ou que la sortie en DVD ne va pas tarder). Ce film tourné en noir et blanc se divise en 2 parties et 3 mouvements. Il se passe à Trevise en Vénétie (où le film fit scandale). L'histoire se concentre sur un groupe d'amis constituant la bourgeoisie locale qui navigue entre sauteries et coucheries. 1er mouvement: avant une sauterie, Toni Gasparini confesse son impuissance à son médecin à qui il demande de garder le secret. Ce dernier, bien entendu, s'empresse d'en faire part à tout le monde. Mais "est pris qui croyait prendre". 2ème mouvement: le comptable Bisigato séduit une caissière de bar (Virna Lisi), en tombe amoureux et veut donc quitter sa femme, une mégère pas apprivoisée du tout. Mais, à cette époque, le divorce étant interdit avec une Eglise omnipotente, le pauvre Bisigato se retrouve à avoir tous ses amis, sa femme, la cousine de sa femme et même la police face à lui pour le faire renoncer à son projet. 3ème mouvement: une jeune fille aguichante, arrivée en ville pour faire du shopping, se retrouve en butte à la concupiscence de membres du groupe d'amis (ils se la "repassent" tour à tour). Sur ces entrefaites, le père de la jeune fille (un paysan mal dégrossi) arrive: sa fille est mineure et il porte plainte. Le rythme du film est effréné, sans temps mort, et la musique ne laisse aucun répit. Un grand film à revoir ou à découvrir.

5 août 2009

Films deux par deux (8)

Comme c'est l'été et que je publie un billet tous les 2 ou 4 jours, j'ai décidé de refaire comme l'année passée et de chroniquer deux films dans un billet quand je le juge opportun. Je commence par deux oeuvres très différentes et qui m'ont plu.

D'abord, Whatever works que j'ai vu récemment. Grâce à ce film, j'ai retrouvé la verve (avec le débit rapide qui va avec) et l'humour de Woody Allen, même si, dans ce film bavard (à voir en VO), on ressent la misanthropie voire le désenchantement du réalisateur. Boris Yellnikov (le double de Woody mais un peu plus jeune), joué par un acteur pas connu en France, Larry David, vit dans un quartier bohême de New York. Cet homme qui a (presque) été lauréat du prix Nobel de physique n'arrête pas de se plaindre, en particulier de la nullité des jeunes élèves à qui il essaie d'apprendre les échecs. Un jour, il tombe sur une jeune fille un peu perdue, Melodie Ann Celestine (délicieuse Rachel Evan Wood), qu'il accepte de recueillir une nuit. Résultat, elle s'incruste et ils se marient. J'ai apprécié le fait que l'on ne tombe pas dans le libidineux: on ne les voit même pas s'embrasser. En revanche, le "ménage à trois" (en français dans le film) formé par la mère de Mélodie, Marietta (Patricia Clarkson), avec deux amis de Boris, est assez savoureux. Et la fin est particulièrement euphorisante avec un "coming out" bien sympathique. Cela m'a fait plaisir de voir Woody Allen revenu à New-York comme s'il ne l'avait jamais quitté. Même si les quelques années d'errance européenne ont donné de très bons films, comme, par exemple, Match Point ou Le Rêve de Cassandre.

Bronson du réalisateur danois de la trilogie Pusher, Nicolas Winding Refn, est à voir pour la performance de Tom Hardy, l'acteur principal qui a un visage "élastique" comme on dit. Un vrai "clown" au sens noble du terme. Bronson est un film qui sort de l'ordinaire (même si je suis consciente qu'il ne peut pas plaire à tout le monde). Visuellement, j'ai presque senti un hommage à Kubrick et au personnage d'Alex dans Orange mécanique au vu de certains travellings. Dans Bronson, on suit la vie de Michael Peterson (qui est une personne réelle) ayant pris le pseudo de Charlie Bronson. A la fin des années 70, après avoir eu une jeunesse agitée (pendant laquelle il n'hésitait pas à frapper ses petits camarades dès qu'on l'embêtait), il se retrouve à 20 ans derrière les barreaux, condamné à 7 ans de prison pour vol. Et comme il continue d'exercer sa violence contre des gardiens ou d'autres détenus, il est, à ce jour, détenu depuis 34 ans dont 30 en isolement. Il s'est même retrouvé un temps dans une institution psychiatrique. Tout cela se passe en Angleterre où l'on voit des conditions de détention inhumaine pour les fortes têtes comme lui qui doit être considéré comme "irrécupérable". Il n'y a aucune explication psychologique, pas de message. Charlie Bronson n'est ni antipathique, ni sympathique. On se demande jusqu'où il veut ou va aller. Le film laisse une impression durable pour certaines scènes.

29 juillet 2009

The Reader (Le liseur) - Stephen Daldry

Produite par feu Sydney Pollack et feu Anthony Minghella (excusez du peu), cette adaptation du roman Le Liseur, de l'auteur allemand Bernard Schlink, m'a beaucoup plu, pour diverses raisons, dont les interprétations dignes d'éloges des acteurs, en particulier celle du jeune David Kross qui interprète le rôle de Michael Berg jeune (une révélation), et puis pour l'histoire elle-même qui est prenante. Le Liseur (Der Vorleser en VO) est le roman qui a fait connaître Bernhard Schlink au grand public. Pour ceux qui n’ont pas encore vu le film, The Reader (pourquoi avoir gardé le titre en anglais?) commence par un flash-back en 1958 à Berlin. Michael Berg, âgé de 15 ans, rencontre fortuitement Hannah Schmitz qui a 20 ans de plus que lui. Chez elle, il découvre l’amour physique avec cette femme un peu fruste qui parle peu mais qui demande à Michael de lui faire la lecture pendant, avant ou après leurs ébats, ce que Michael fait avec plaisir (toutes ces scènes sont très belles). Cette liaison ne dure que quelques semaines avant qu’Hannah ne disparaisse sans rien dire, laissant Michael désemparé. Etudiant en droit, il la retrouve 8 ans plus tard, en 1966: il assiste à un procès où Hannah est une des accusées. Là, il apprend le passé de cette dernière. Pendant les 20 ans qui suivent, Michael refusera d’aller rendre visite à Hannah en prison mais il lui enregistrera des livres sur cassettes. Toute la vie d’homme de Michael sera hantée par ce qu’il a vécu avec elle. On suppose qu’il en veut à Hannah mais en même temps il aime encore cette femme qui a bouleversé sa vie. Malgré quelques longueurs sur la fin et le maquillage pour vieillir Kate Winslet (pas forcément une réussite), je vous conseille ce film que j’ai vu dans une salle pleine de spectateurs attentifs. Parmi les blogueurs que je lis [liste non exhaustive!], Wilyrah, Diane_Selwyn, Armelle, Vlad, Tinalakiller, Pimprenelle en disent du bien, Rob a trouvé le film impeccable mais ennuyeux, pL est aussi un peu mitigé.

21 juillet 2009

Films vus et non commentés depuis le 7 juilllet 2009

Poursuivant ma série, voici cinq films (dont trois réalisés par des femmes) dont les personnages principaux sont des membres de la gente féminine pas toujours très bien dans leur peau. C'est le moins que l'on puisse dire. Quatre sont américains, le dernier est un film français qui se passe au Québec.

Coraline de Henry Selick (le réalisateur de l'Etrange Noël de Mister Jack) est un conte qui fait peur. Très beau visuellement, ce film d'animation m'a quand même paru long à démarrer. Coraline et ses parents se sont installés dans une grande maison isolée à la campagne. Ses parents sont tellement pris par leur travail que Coraline s'ennuie. Une nuit, attirée par une porte dérobée, elle suit un couloir bas à quatre pattes et se retrouve dans une maison (presque) identique où une autre mère et un autre père semblent être les parents idéaux. Petit détail sinistre, ils ont des boutons à la place des yeux. Je retiens du film les personnages annexes: Mesdames Spink et Forcible, femmes obèses, trapézistes à leurs heures qui se produisent devant des spectateurs d'un genre particulier: une multitude de chiens scottish terriers; Mr Bobinski, acrobate contorsionniste; un chat très intelligent qui ne donne que des bons conseils à Coraline. C'est un film ni aimable ni gentillet, bien au contraire, je l'ai trouvé très noir. Je le déconseille aux tout-petits. D'ailleurs, il est long: au moins 1h30. Nous étions une dizaine dans la salle où je l'ai vu: uniquement des adultes.

Sherrybaby, de Laurie Collyer, vaut pour Maggie Gyllenhaal, que l'on voit de la première à la dernière image. Elle interprète Sherry, une jeune femme assez paumée qui est en liberté conditionnelle (on ne connaît pas son délit). Bien qu'elle soit "clean" depuis quelques mois, elle est sur le point de "replonger" dans l'addiction à la drogue. Mais Sherry n'a qu'un bonheur dans sa vie: sa petite fille de 6 ou 7 ans, Alexis, qui est à la charge de son frère et de sa belle-soeur. Pour pouvoir la récupérer, Sherry est prête à tout (vraiment tout) pour se réinsérer en trouvant un travail. Au détour d'une scène, on devine peut-être pourquoi l'héroïne s'est droguée: son père, veuf qui s'est remis en ménage, a des gestes déplacés envers Sherry. Ceci explique peut-être cela. Ce film a été tourné en 2006 et est sorti en France seulement cette année: mystère de la programmation. Maggie Gyllenhaal crève l'écran.

Sunshine cleaning, de Christine Jeffs, raconte comment deux soeurs, Rose et Norah, se retrouvent à nettoyer les scènes de crimes ou de suicides. Malgré le sujet, le film dégage beaucoup de bonne humeur grâce au charme et au talent des deux actrices principales, Amy Adams et Rachel Blunt. Rose, qui avait des rêves de réussite étant plus jeune, fait des ménages. Mère célibataire, elle a du mal à joindre les deux bouts, et ceci d'autant plus qu'elle a inscrit son jeune fils, Oscar, dans une école privée. Norah, elle, cherche encore sa voie (si je peux m'exprimer ainsi). Grâce à Mac, son amant (qui-ne-peut-pas-quitter-sa-femme), flic de profession, Rose se met à exercer ce métier très lucratif de "nettoyeuse de scènes de crime". Elle s'associe avec sa soeur pour créer l'entreprise "Sunshine cleaning" dans ce nouveau boulot pas très ragoûtant. Le fait de travailler ensemble les rapproche même si des souvenirs douloureux reviennent à la surface. Comme l'affiche sa pub, il s'agit d'un film des producteurs de Little Miss Sunshine (cf. mon billet du 01/03/2007), mais avec un ton différent. Le père des deux femmes, joué par Alan Arkin (comme ressuscité du film précédent), donne un petit grain de folie supplémentaire.

Rachel se marie de Jonathan Demme a été tourné en vidéo. Ce qui explique que l'image bouge beaucoup. Mais cela permet une grande fluidité dans les scènes de groupe (comme le mariage, ou le dîner juste avant, par exemple). L'héroïne du film est la soeur de Rachel, Kym (Ann Hataway). En cure de désintoxication, on lui a accordé la permission de sortir pour cet événement: Rachel se marie avec un Afro-américain. L'histoire se déroule sur un week-end pendant lequel des rancoeurs refont surface. La mère de Rachel et Kym, Abby, divorcée depuis quelques années du père des deux jeunes femmes, fera une apparition (quel plaisir de retrouver la trop rare Debra Winger). Les scènes de groupes sont très bien filmées. J'ai lu que Jonathan Demme présente son film comme une sorte d'hommage à Un mariage de Robert Altman (1978). Le scénario est de Jenny Lumet (la fille de Sidney). Pour la scène du remplissage du lave-vaisselle (pour ceux qui ont vu le film), elle s'est inspirée d'une scène réelle qui s'est passée entre son père et Bob Fosse.

Romaine par -30 d'Agnès Obadia (seul film francophone de cette série) se passe au Canada par -30 degré celsius. C'est l'occasion de voir Sandrine Kiberlain de la première à la dernière image. Comédie farfelue qui n'apporte pas grand-chose à part qu'on a l'occasion d'entendre parler québécois avec l'accent, de constater que les Québecois sont des gens sympathiques et qu'il ne fait pas chaud au Québec en hiver. L'histoire est irracontable et se finit en queue de poisson.

13 juillet 2009

Jaffa - Keren Yedaya

Après Amerikka, voici Jaffa (de Keren Yedaya), du nom d'un faubourg de Tel Aviv en Israël, connu pour ses oranges. On sait moins que les Palestiniens et les Israéliens y cohabitent tant bien que mal et ce n'est pas toujours facile. La preuve en est l'histoire qui nous est racontée. Mali, une jeune femme israelienne âgée de vingt-et-un ans, travaille avec son frère Meir dans le garage de leur père, Reuven, marié à Osnat (Ronit Elkabetz) qui paraît beaucoup plus jeune. Reuven a deux employés palestiniens, le père et le fils, Malik. Mali et Malik s'aiment en secret, ils veulent même se marier. Les rapports entre Meir et ses parents sont difficiles. Mali, quant à elle, parle peu. Osnat est une femme choyée qui semble n'avoir qu'une occupation dans la vie: regarder la télé en se faisant masser les pieds. Je trouve qu'elle parle à sa fille comme si elle était une étrangère. Je n'ai pas ressenti d'affection entre elles. Un matin, au garage, Meir, qui n'est pas très bien dans sa peau, s'en prend violemment au père de Malik. Le drame éclate. Malik qui tue Meir accidentellement est incarcéré pour plusieurs années. Enceinte, Mali veut avorter (en Israël, il faut avoir l'accord des autorités) mais décide en fin de compte de garder le bébé. Bien entendu, ses parents ignorent tout de sa peine, de son désarroi et qui est le père de l'enfant. Se sentant coupable de ce qui arrive, Mali ne veut plus avoir de nouvelles de Malik. Sa fille Shiran naît. Quelques années passent... Peu à peu, Mali s'émancipe de l'autorité de ses parents qui apprennent la vérité sur le père de Shiran (ils le prennent très mal). Le conflit entre eux est palpable. Pendant ce temps, Malik sort de prison. Et la dernière séquence est pleine d'espoir. En y repensant, j'ai trouvé le film bien mais je n'ai pas été touchée par les personnages. J'ai même trouvé le couple formé par Reuven / Osnat assez antipathique malgré leur détresse. Jaffa m'a semblé lisse, un peu froid, même si je le répète, la fin peut faire espérer. Dans le dossier de presse en ma possession, la réalisatrice, dans une interview, donne des clés pour comprendre les personnages mais ce n'est pas visible à l'écran.

9 juillet 2009

Le Hérisson - Mona Achache

Librement inspiré du roman à succès L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery (éditions Gallimard) dont il n'a été gardé que la moitié du titre, Le Hérisson de Mona Achache m'a bien plu. C'est un film reposant. Je ne peux pas mieux le décrire. Je trouve que la réalisatrice s'est bien tirée de sa tâche de scénariste, en réussissant à retrouver le ton du livre, léger et grave à la fois, même s'il manque peut-être un peu de l'humour du roman. Personnellement, j'avais beaucoup ri. L'angle du récit a changé en faisant de Paloma l'unique narratrice de l'histoire. A l'aide d'une caméra, elle filme ce qui se passe autour d'elle et fait aussi du graphisme. Le récit se concentre essentiellement sur trois personnages: Paloma, Renée, la concierge, et un Japonais, Monsieur Kakuro Ozu, nouveau venu dans l'immeuble chic (cinq appartements, un par étage) d'un arrondissement chic de Paris où se déroule le récit. Paloma Josse (étonnante Garance Le Guillervic) veut se suicider le jour de ses 11 ans. Il lui reste donc moins d'un mois à vivre. Très intelligente, elle a décrété qu'elle ne veut pas devenir un poisson dans un bocal comme ses parents: son père, ministre sur le déclin, et sa mère, qui est dépressive et en analyse. Paloma a aussi une grande soeur qui traite la concierge avec mépris. Renée, veuve depuis 15 ans, la cinquantaine, pas belle, pas mince, et parfois à la mauvaise haleine, n'a comme compagnon qu'un chat débonnaire mais (fait rare) qui transpire des pattes. Il s'appelle Léon (comme Tolstoï). Dès qu'il a emmenagé, M. Kakuro devine tout de suite que Renée n'est pas celle que l'on croit. Lui aussi possède deux chats gris, Kitty et Levine (deux personnages d'Anna Karénine du même Léon Tolstoï). Il lui offre une édition rare de ce roman et l'invite à dîner chez lui. Renée n'en revient pas, elle, qui dans une pièce attenante à sa loge, cache au regard des autres une bibliothèque (les 4 murs sont tapissés de livres). Le film se termine comme le roman. Les trois comédiens prinicipaux sont bien. Josiane Balasko, toute en retenue, la jeune Garance Le Guillervic, une révélation pleine de fraîcheur, et Togo Igawa qui a appris son texte français phonétiquement. J'espère que ce film donnera envie de lire le roman très bien écrit. Et oui, Rob, je dois être une des trois petites vieilles qui ont aimé le film.

7 juillet 2009

Films vus et non commentés (suite de la série)

Faisant suite au billet du 23/06/09, en voici un autre sur trois films, dont deux m'ont plu mais sans plus; ils sont encore largement à l'affiche du fait de leur succès.

Je commence par Tokyo sonata de Kiyoshi Kurosawa qui a été pour moi une grande déception. Je l'ai vu un jour après The Chaser, pendant la même opération des "séances de rattrapage" (cf. mon billet du 19/06/09). J'avais lu de très bonnes critiques dont celle d'Ed. A Tokyo, un père de famille se trouve licencié du jour au lendemain de la société de services qui l'employait. Il fait comme si de rien n'était, n'avouant rien à sa femme. D'ailleurs, il part le matin avec son costume cravate et sa serviette. Il trouve un travail de "technicien de surface" dans une galerie marchande. C'est là que sa femme le rencontre par hasard. Pendant ce temps, leur fils aîné s'engage dans l'armée américaine (oui, oui, les Américains ont décidé d'enrôler quelques dizaines de jeunes Japonais dans l'armée américaine - on est juste au début de la guerre d'Irak) et le plus jeune prend des cours de piano sans en parler à ses parents. Il paie ses leçons avec l'argent de la cantine. Et en l'espace de 6 mois, il devient un virtuose capable de jouer "Clair de Lune" de Claude Debussy. Je n'y ai pas cru une seconde (en plus, on voit bien que ce n'est pas lui qui joue). Ce film bizarre m'a laissé perplexe avec ses ellipses et quelques scènes un peu irréalistes: la mère et le cambrioleur d'un part et le père que je croyais mort, renversé par une voiture, d'autre part. L'ensemble paraît être une illustration de l'état du monde en général et du Japon en particulier. Un grain de sable provoque le chaos mais la sérénité peut revenir. Je n'avais encore jamais vu de film de ce réalisateur, Kiyoshi Kurosawa (ne pas confondre avec Akira), qui est plus connu pour des films d'horreur comme Kairo et Cure. Personnellement, je ne suis pas pressée de connaître le reste de son oeuvre.

Tout, dans Good Morning England du réalisateur de Love Actually (Richard Curtis), est un hommage aux années 60: la musique, les costumes, les coiffures. J’aime bien le titre original au double sens: "The boat that rocked" (allusion au rock n’ roll et au fait que le bateau chavire à la fin du film.) L'essentiel de l'histoire se passe sur un bateau genre cargo un peu épave, stationné au large de la Mer du Nord, où une bande de DJ's passait sur les ondes radio du rock'n'roll au grand dam de certains membres du gouvernement britannique. C'était une musique de "sauvages" avec des textes qui n'étaient pas pour toutes les oreilles. Personnellement, j'ai passé un bon moment à la projection mais sans plus. Je n'ai pas compris l'engouement "bloguesque" pour ce film qui manque un peu de scénario et beaucoup de réalisation. Et tant qu'à faire d'écouter la musique, on peut l'acheter ou la télécharger. En revanche, les acteurs sont tous excellents, mais on ne voit pas assez Bill Nighy (toujours très très drôle et "so British").

Tellement proches (de Eric Toledano et Olivier Nakache), sur lequel Jérome de cinefeed et cinefriends a rédigé un genre de journal de bord (il a été sur le tournage), est sorti depuis quelques semaines. J'ai beaucoup aimé les personnages tous attachants mais un peu disjonctés. C'est le genre de famille où, quand on en épouse un membre, on épouse la famille entière avec tout ce que cela signifie. C'est plus une suite de saynètes qu'autre chose. Nous avons le couple formé par Alain (Vincent Elbaz) qui a épousé Nathalie (Isabelle Carré), et sa famille, à elle, avec. Ils ont un garçonnet, Lucien, un hyperactif qui n'arrête pas de provoquer des catastrophes. Le beau-frère d'Alain, Jean-Pierre (François-Xavier Demaison), et sa femme Catherine (Audrey Dana), vivent à Créteil. Ils ont deux enfants dont Gaëlle qui chante faux. Pour Alain, le dîner de famille est chaque fois une corvée: il n'arrête pas de se perdre en voiture avant de trouver la bonne adresse. Il y a enfin Roxanne, la soeur de Nathalie et de Jean-Pierre. Roxane, dont l'horloge biologique tourne, rêve d'avoir un enfant et le papa qui va bien. Elle jette son dévolu sur un grand et beau noir, médecin interne des hôpitaux que l'on prend régulièrement pour un brancardier ou un infirmier. Personnellement, je n'aimerais pas vivre dans ce genre de famille formidable, ils s'agitent trop. A part ça, tous les comédiens jouent juste.

5 juillet 2009

Amerrika - Cherien Dabis

J'ai vu Amerrika dans une salle qui a applaudi à la fin. Cherien Dabis, réalisatrice jordano-américaine, a réalisé un film chaleureux, presque un conte de fées. Et par les temps qui courent, cela fait du bien. Une Palestinienne, Mouna, mère divorcée (son mari l'a quitté plusieurs années auparavant parce qu'il en a trouvé une plus mince), employée de banque, et son fils, Fadi, âgé de 16 ans, décident de quitter les territoires de Cisjordanie pour les Etats-Unis. En effet, ils ont enfin reçu un visa pour l'Amérique, plusieurs années après en avoir fait la demande. Rien ne retient Mouna et Fadi en Palestine, où la construction du mur qui entoure les territoires occupés, ainsi que les contrôles permanents, rendent leur quotidien difficile. La mère de Mouna qui vivait chez sa fille va partir habiter chez son fils. Néanmoins, dès leur arrivée à l'aéroport à Chicago, les choses commencent mal: les services de l'immigration et des douanes les retiennent trois heures, on fouille tous leurs bagages dont une grosse boîte de biscuit qui est confisquée sans que Mouna fasse attention à cet incident. Ils sont accueillis par Raghda, la soeur de Mouna, le mari de celle-ci et leur trois filles (ils vivent aux Etats-Unis depuis 15 ans). Mouna et Fadi vont loger chez eux en attendant. C'est là que Mouna constate la disparition de la boîte de biscuits dans laquelle elle avait dissimulé toutes ses économies: 2500 dollars. Puis, malgré son expérience professionnelle, Mouna ne trouve qu'un emploi de serveuse dans un fast-food. Mais elle fait croire à sa famille (par fierté) qu'elle travaille dans la banque attenante. Fadi, lui, est en butte à la méchanceté de ses nouveaux camarades qui le traitent de terroriste. Nous sommes en 2003: les USA sont en guerre avec l'Irak. Par ailleurs, le mari de Raghda, Nabil, qui est médecin, perd peu à peu ses clients. Mouna, à l'énergie débordante, ne se laisse abattre. Le fait que le personnage principal du film soit une femme est important. Mouna veut s'en sortir et on y croit. Je voulais finir en disant que les comédiens sont tous formidables, dont Nisreen Faour qui interprète Mouna. Et c'est toujours un plaisir de retrouver Hiam Abbass qui joue le rôle de la soeur, Raghda. Enfin, j'ai appris quelque chose. A un moment donné, Mouna demande à son jeune collègue du "fast food" son prénom. Il répond "Matt". Mouna dit que cela veut dire "mort" en arabe comme dans l'expression "shâh mat", "le roi est mort", d'où "échec et mat" pour le jeu d'échecs. Un de mes prochains billets sera consacré à Jaffa, également réalisé par une femme, Keren Yedaya, une réalisatrice israélienne [chroniqué le 13/07/2009].

29 juin 2009

Mariage à l'islandaise - Valdis Oskarsdottir

Mariage à l'Islandaise de Valdis Oskarsdottir, sans être très drôle (et certainement pas un chef-d’œuvre), est un film plaisant à regarder. D’abord, comme son titre l’indique, cela se passe en Islande avec ses paysages vallonnés mais désertiques, battus par les vents, ses fjords. La réalisatrice nous raconte l'histoire d'un mariage qui doit se dérouler dans une église perdue au milieu de nulle part bien en dehors de Reyjkavik. Dans chaque car (contenance 40), il y a moins de 10 personnes: dans l'un se trouve la future mariée et sa famille, et dans l'autre, le futur marié et sa famille. En effet, les deux futurs époux ne sont pas censés se regarder avant la cérémonie. Sinon, le témoin du marié, avec les alliances, manque à l'appel (tout au moins au début). On le récupère sur la route. Une grand-mère fait partie des invités surprises. Au moment des arrêts, certains changent de car suite à des disputes. Des relations se nouent ou se dénouent. Des vérités pas toujours plaisante sont dites. Et l'église est introuvable, personne n'a de plan et le pasteur qui doit marier les deux fiancés regarde un match de foot en les attendant. Quand on l'appelle, il donne des indications vagues pour trouver l'église au toit rouge. Tout finit dans un désordre total avant même que le mariage ait lieu. Et je n'ai rien dit des relations entre les personnages, qui sont essentielles dans cette chronique devant laquelle on passe un bon moment.

27 juin 2009

Du Riffifi chez les hommes - Jules Dassin

Avant de continuer de chroniquer les films sortis en salle, cette année, je veux évoquer le film Du Riffifi chez les hommes, qui vient de sortir en DVD dans une belle édition. Réalisé par le réalisateur américain Jules Dassin (1955), qui a aussi participé au scénario avec Auguste Le Breton (auteur du roman), je ne l'avais jamais vu: cette grave lacune est réparée. Jean Servais interprète un truand, Tony le Stéphanois, qui vient de sortir de taule. Après avoir réglé un petit compte avec son ancienne maîtresse, il renoue avec deux comparses: Joe le Suédois (marié et père d'un petit garçon) et Mario. Ensemble, ils décident de cambrioler une bijouterie et pour ce faire, ils recrutent un perceur de coffre-fort de grand talent, César le Milanais, Don Juan à ses heures - ce qui le perdra (c'est Jules Dassin lui-même qui joue le rôle). Mais d'autres truands sont à l'affût (dont Robert Hossein, tout jeunot), qui vont tout faire pour récupérer les bijoux volés, même kidnapper le garçonnet du Suédois. On retient de ce film, entre autre, toute la partie cambriolage, qui dure presque vingt minutes sans qu'une parole ne soit échangée, où l'on voit comment un parapluie peut jouer un rôle important. Mon ami m'a dit que cette séquence lui avait fait penser à des scènes du Trou de Jacques Becker (1960). On entrevoit aussi un Paris disparu avec les gendarmes à bicyclettes, les anciennes stations de métro, une atmosphère générale. Jules Dassin venait de fuir les Etats-Unis, il fut une des victime du McCarthysme. Il a une manière bien à lui de filmer ce film noir à l'américaine. La mise en scène est nerveuse sans temps mort. La musique de Georges Auric complète l'ensemble. Les comédiens plus très connus du grand public de nos jours sont tous très bien. Je vous recommande de louer ou d'acheter Du Riffifi chez les hommes qui n'est pas qu'un film de gangster.

23 juin 2009

Films vus et non commentés (suite du 01/06/2009)

Sans désormais plus mettre de fourchette de dates de vision, je continue à publier quelques billets de films vus et non commentés car je me rends compte que je vois plus de films que je n'arrive à écrire de billets (les précédents de la série sont ici). Et certains de ces films ne sont déjà plus à l'affiche et souvent sont sortis dans une ou deux salles à Paris. Je ne parle même pas de la province.

Jerichow de Christian Petzold est une libre adaptation du Facteur sonne toujours deux fois de James Cain, déjà plusieurs adapté au cinéma avec bonheur. Ici, dans ce film allemand, le mari est plus présent et certainement plus retors que dans les adaptations que l'on connaît déjà. Sa fin est tragique mais pas pour les mêmes raisons.

Harvey Milk de Gus Van Sant: un "biopic" honorable et pourtant l'affiche ne donne pas envie. Sean Penn est bien (Oscar mérité) mais les autres acteurs aussi. Je n'avais jamais entendu parlé d'Harvey Milk, cette erreur est réparée. Ce film me réconcilie avec Gus Van Sant après un Paranoïd park soporifique à souhait (cf. mon billet du 21/11/07). Dans Harvey Milk, je trouve qu'il arrive bien à rendre l'atmosphère de la fin de ces années qui furent plutôt insouciantes indépendamment de ce qui arrive à Mr Milk.

La Fenêtre de Carlos Sorin: le réalisateur de Bonbon el perro (mon billet du 11/08/08) et Historias minimas (deux oeuvres que je préfère de beaucoup) a tourné un film au ton très différent des deux cités. D'abord, c'est un film avec un lieu unique: une grande demeure un peu décrépite et un champ tout autour. Un vieil homme très malade est alité. Il entr'aperçoit l'extérieur par la fenêtre. Il attend son fils, musicien qui arrive d'Europe avec une jeune femme dont la seule obsession est qu'il n'y a pas de réseau pour son téléphone portable.
En effet, nous sommes en Argentine au milieu de nulle part. Les gens communiquent par radio pour appeler le médecin, par exemple. Le seul endroit où l'amie du fils arrive à recevoir un appel, c'est justement dans la chambre du vieillard, agonisant après être sorti tout seul en ayant échappé à l'attention des deux dames qui s'occupent de lui. C'est un film minimaliste qui dure 1h15.

Les beaux gosses de Riad Sattouf est, pour moi, une suite de scènes sympathiques où l'on peut sourire, mais pas plus. Comme je n'ai pas connu la mixité au collège, cela ne me parle pas. Les deux héros de l'histoire sont Hervé (d'après le chanteur Hervé Vilar), qui vit avec sa mère crispante au plus haut point en femme divorcée dépressive, et Camel dont on ne sait pas grand-chose. Cela se passe à Rennes au Collège Eric Tabarly (je ne sais pas s'il existe en vrai). On entend de temps en temps les mouettes. L'obsession d'Hervé et Camel, ce sont les filles, mais ils sont maladroits comme tout et ils n'ont que des catalogues de lingerie pour servir leur fantasme. Une jeune fille, Aurore, sent qu'Hervé est un garçon sensible. Elle le drague, elle l'embrasse. Il voudrait aller plus loin, elle n'est pas prête. Le film se termine en points de suspension.

19 juin 2009

The Chaser - Hong-jin Na

Grâce à l'opération "séances de rattrapages" de mon cinéma d'Art et d'essai favori (Le Lido à Limoges pour ne pas le nommer), j'ai enfin vu le film sud-coréen, The Chaser, dont Shin a dit le plus grand bien. Je le rejoins totalement dans son enthousiasme. Ce film noir (âmes sensibles s'abstenir) se passe presque entièrement de nuit à Séoul. Joong-ho, un ancien flic  devenu un proxénète moyennement prospère, s'interroge sur la disparition très récente de certaines de "ses filles" et de l'argent par la même occasion. Comme dit Shin, c'est l'anti-héro par excellence. Personnellement, malgré son "métier" peu recommandable, je ne l'ai pas trouvé antipathique. Et il se trouve qu'il se prend d'affection pour la petite fille de la dernière disparue. Assez vite, on connaît tout de l'horrible vérité: il y a un tueur qui ne craint rien ni personne. C'est un homme jeune d'aspect banal (d'ailleurs j'ai cru au début qu'il n'était qu'un simple "rabatteur") qui agit seul dans une grande demeure vide où la salle de bain immonde sert de lieu pour perpétrer des meurtres. Je vous épargnerai les détails quant au modus operandi. Quand ce tueur est arrêté par hasard, nous sommes dans le premier tiers du film, il avoue tout: c'est-à-dire avoir tué au moins 12 personnes. En revanche, comme les policiers n'arrivent pas à lui faire dire où il habite, ils ne peuvent rien contre lui puisqu'ils n'ont pas de cadavres. Il est relâché au grand désespoir du proxénète (qui retrouve ses réflexes de flic). La police ne veut pas être accusée de commettre une bavure. Une course-poursuite au sens propre et figuré s'engage entre Joon-ho et le tueur. Pendant ce temps, la dernière victime, que l'on croyait morte, parvient à s'échapper de la maison du crime. Jusqu'au bout, la peur est palpable: qui, du tueur ou du l'ex-flic, va réussir? La fin est terrible mais logique. Vraiment un grand film d'un réalisateur que je ne connaissais pas, et qui est haletant pendant les deux heures qu'il dure, sans un temps mort.

17 juin 2009

Liste de quelques films ...

Ce questionnaire trouvé chez Inisfree, Docteur Orlof et Ed m'a bien plu, mais je me rends compte qu'il est très difficile d'y répondre. Tout au moins en pensée "ouverte". Les réponses données dans les blogs cités ci-dessus sont très éclectiques et émanent de cinéphiles avertis.
En ce qui me concerne, j'ai changé des phrases pour des affirmations qui me correspondent mieux et j'en ai supprimées.

Voici donc quelques films...

... dont la deuxième vision est aussi bien que la première, puis la troisième aussi bien que la deuxième puis la quatrième aussi bien que la troisième puis la cinquième...: Le Mariage de Maria Braun (Rainer Werner Fassbinder), Une affaire de femmes (Claude Chabrol), Excalibur (John Boorman), The Thing (John Carpenter) (1) (en fait, presque tous les films de Carpenter), Avanti! (Billy Wilder), Petit déjeuner chez Tiffany (Blake Edwards), Usual suspects (Bryan Singer)

... que j'ai dû voir trois, quatre, cinq, six fois et plus, et dont j'aimerais que cela se sache: La Leçon de piano (Jane Campion), Nos meilleures années (Marco Tullio Giordana), De battre mon coeur s'est arrêté (Jacques Audiard), Les Damnés (Luchino Visconti), Voyage au bout de l'Enfer (Michael Cimino)

... qui sont 5 réussites incontestables (qui plus est, signées de grands cinéastes) mais qui ne me touchent pas trop: Pickpocket (Robert Bresson), Persona (Ingmar Bergman), Jeanne d'Arc (Carl Dreyer), Psychose (Alfred Hitchcock), Impitoyable (Clint Eastwood)

... qui m'ont laissé de mauvais souvenirs, et vu le calibre de leurs auteurs, j'ose quand même le dire: Le procès (Welles), Short cuts (Robert Altman), La petite Lily (Claude Miller), Blue Velvet (David Lynch), Mystic River (Clint Eastwood)

... réputés mineurs ou oublié, signés par des cinéastes reconnus, mais qui m'ont davantage impressionnée que certains de leurs titres emblématiques: The major and the minor (Billy Wilder), La chambre verte (Truffaut), Gens de Dublin (Huston), Sandra (Visconti), Le secret magnifique (Douglas Sirk), Dillinger est mort (Marco Ferreri)

... grands chocs cinématographiques malgré les conditions déplorables de leur découverte: je ne vois pas. Pas de réponse.

... dont j'ai (ou aurais) eu une vision totalement différente selon la période de la vie à laquelle je les ai vus: Le jardin des Finzi-Contini (De Sica), Hôtel du Nord (Marcel Carné), Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant (Peter Greenaway), Un Eté 42 (Robert Mulligan)

... que (presque) tout le monde aime, mais moi, je n'y arrive pas: Pulp fiction (Tarantino), Magnolia (PT Anderson), Citizen Kane (Welles), Caché (Haneke), La ligne rouge (Terence Malick)

... que je continue à défendre bien que signés de cinéastes qu'on adore détester: Dogville (Lars von Trier), Les prédateurs (Tony Scott), I comme Icare (Henri Verneuil)

... d'abord aimé puis beaucoup moins, les goûts changent: Tootsie (Sydney Pollack) est l'exemple qui me vient tout de suite à l'esprit. J'ai été incapable (avec mon ami) de le revoir récemment jusqu'au bout.

Bonus track futile et sans intérêt :

... J'ai rencontré quelquefois des gens célèbres à des projections: Jean Réno (L'impasse de Brian de Palma), Patrice Chéreau (Il était une fois en Amérique de Sergio Leone), Micheline Presle (souvent).

(1) et non de David Cronenberg comme me l'a fait justement remarquer eelsoliver (merci à lui).

13 juin 2009

Trois films vus avec mon ami

Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier, Millenium de Nils Arden Oplev et Wolverine X men origins de Gavin Hood sont trois films que j’ai vus coup sur coup avec mon ami moins cinéphile que moi (personne n'est parfait mais il a d'autres qualités).

Pour Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier (je l'ai vu à une séance tardive), j’émets quelques réserves quant au déroulement de l’intrigue car j'ai trouvé que tout allait trop vite. J’ai l’impression que le réalisateur a voulu aller à l’essentiel sans prendre son temps. Les caractères des personnages ne sont qu’esquissés. D’ailleurs, je ne me rappelle pratiquement plus l’histoire à part le fait que l'on trouve des ossements d’un Noir enchaîné au fond du bayou et que des jeunes filles ont été assassinées. Je retiens surtout les paysages de Louisiane et les maisons en bois dévastées qui restent à l’abandon, après le passage de l’ouragan Katrina. L’apparition de revenants (des soldats confédérés) donne une touche de surnaturel originale. La photo jaunie que l’on voit à la fin aussi. Je suis allée le voir parce que Tavernier est un réalisateur que j’apprécie et Tommy Lee Jones dans le rôle du shérif Dave Robicheaux m’a semblé crédible dans son rôle (au vu de la bande-annonce). J'ai eu aussi plaisir à revoir John Goodman (Barton Fink des frères Coen) dans un rôle inquiétant et Mary Steenburgen (dans le rôle de la femme de Robicheaux), un des rôles féminins qui adoucit l'ensemble. L’histoire est adaptée d’un roman de James Lee Burke, écrivain dont je n’ai jamais rien lu (le shérif Robicheaux est un personnage récurrent dans l’œuvre de Burke). A part ça, j’attends la sortie en DVD de Dans la brume électrique. J'ai cru comprendre que le film ne bénéficiait que d'une sortie directe en DVD sur le territoire américain (je me demande bien pourquoi?) et que les scènes avec les revenants avaient été coupées (je me demande à nouveau pourquoi?).

Pour Millénium de Nils Arden Oplev (réalisateur danois), je n’ai pas été déçue du tout par cette adaptation même s’il y a des coupes sombres par rapport au roman. Tout est concentré sur l’histoire criminelle de la disparition d’Harriet Vanger. Vu que j’ai lu le roman Millénium 1, les hommes qui n’aimaient pas les femmes, dès sa parution en septembre 2006, ce film m’a permis de faire une bonne révision. Quant à mon ami qui n’avait rien lu, il a «dévoré» la trilogie en 4 jours (c’est un lecteur avide), ce qui démontre au moins que le film donne envie de lire le roman. Concernant l’atmosphère générale du film, c’est noir, très noir, mais le roman l’est. Bien évidemment, les acteurs qui jouent les rôles principaux ne sont pas ceux que l’on imaginait forcément. Noami Rapace qui joue Lisbeth m’a paru plus âgée que dans le roman mais cela n’est pas très grave. C’est dommage que l’on ne la voie pas plus avec ses ordinateurs et tout ce qu’elle est capable de faire avec, plutôt que d’assister aux actes violents dont elle est la victime. En revanche, j’ai aimé que ce film tiré d’un roman suédois soit tourné dans cette langue. Et j’attends impatiemment les deux adaptations suivantes de Millénium 2 et 3 qui doivent sortir fin de cette année ou début de l’année prochaine. [15/11/07: ma chronique du 3e tome]

Pour Wolverine – X men origins de Gavin Hood, je viens de constater qu’il n’est plus du tout à l’affiche à Paris. Je suis allée voir le film parce que j’avais beaucoup aimé X-Men, 1, 2 et 3: les effets spéciaux, en particulier, sont une grande réussite. Concernant ce film, Wolverine..., c’est l’occasion d’apprendre comment tout a commencé pour Wolverine avec ses mains d’où poussent des lames quand il veut attaquer ou se défendre ou quand il est en colère. Comme les vampires, il passe les siècles sans vieillir après avoir atteint l’âge adulte. Agé d’une dizaine d’années, Wolverine a pris conscience de sa mutation dans les années 1860, après un crime commis contre son père. Il a un demi-frère, Dent de sabre, un être peu recommandable. On apprend aussi comment une «confrérie» de mutants va se former. Tout cela pour dire que le film se regarde avec plaisir mais il faut aimer ce genre sans faire la fine bouche. Le scénario tient moins la route que les trois premiers. Les effets spéciaux ne sont pas toujours à la hauteur et sont moins spectaculaires. Ce genre de film peut attendre la sortie DVD (en location).

Moi qui vais la plupart du temps au cinéma toute seule, j’ai été bien contente pour ces fois-là d’être accompagnée. Merci "Ta d loi du cine".

11 juin 2009

Departures - Yojiro Takita

Après Still walking, je chronique un deuxième film japonais. Departures vient de recevoir l'Oscar du meilleur film étranger cette année (Entre les murs et Valse avec Bachir étaient aussi en compétition). Il paraît que, sans cette récompense, il ne serait jamais sorti en Europe (dont la France), et cela aurait été dommage. Car à la différence de Rob, j'ai beaucoup aimé (comme ffred ou Tinalakiller) ce film que j'ai vu dans une salle très recueillie (si je puis m'exprimer ainsi). Ce film a mérité son Oscar (quoi qu'en disent certains esprits chagrins). Daigo, jeune violoncelliste, se retrouve au chômage du jour au lendemain, quand l'orchestre dans lequel il jouait est dissous. Il décide de retrouver ses racines en venant habiter avec sa jeune épouse, Mika, dans la demeure de sa mère décédée (un genre de bar désaffecté). Pour subvenir à ses besoins, il répond à une annonce qui parle de voyage. Il est engagé immédiatement. L'annonce était incomplète: il s'agit de voyages dans l'au-delà. Le vieil homme, patron de cette entreprise, a eu du mal à recruter. C'est lui qui enseignera le métier à Daigo. La tanathopraxie (le mot n'est pas employé dans le film) n'est pas bien vue au Japon (comme peut-être partout ailleurs). D'ailleurs, Daigo n'ose pas avouer à sa femme son nouveau métier (c'est par hasard qu'elle le découvre et elle en est horrifiée). A partir de là, on est hypnotisé par le cérémonial de la toilette et de l'habillage des morts. Il faut voir les gestes étudiés de Daigo pour habiller, coiffer, maquiller la personne décédée. Juste avant la crémation. Chaque fois, la famille du (de la) défunt(e) est présente. Les réactions sont souvent vives, certains veulent retrouver la personne comme si elle était "vivante". Tout est fait avec un grand respect et beaucoup de pudeur. Un grand film pas triste du tout, bien au contraire. Le petit défaut du film est dû à quelques facilités scénaristiques mais rien de grave. Le générique de fin montre, encore une fois, Daigo en train de "préparer" un mort; les spectateurs sont restés jusqu'au bout.

7 juin 2009

Still walking - Hirokazu Kore-Eda

Du réalisateur du magnifique et poignant Nobody knows (2004), Still walking que je viens de voir deux fois pour mieux m'en imprégner est une chronique familiale qui se passe sur une journée et demie, à l'occasion de l'anniversaire de la mort du fils aîné, Fenjei, mort noyé accidentellement quelques années auparavant en voulant sauver un jeune homme. La première séquence s'ouvre avec deux femmes qui conversent dans une cuisine. La plus âgée, Toshiko Yokoyama, une soixantaine d'année, est en train de préparer des légumes pour les cuisiner, l'autre qui l'assiste, est sa fille, You. Elles parlent de recettes de cuisine et d'autres sujets. Dans une autre pièce de la maison, un vieil homme aux cheveux blancs, Atsushi, mari de la première et médecin à la retraite, s'ennuie; il n'est plus capable de soigner. You est venue avec son mari et ses deux jeunes enfants. Ryo, le fils cadet de la famille, arrive en train et bus avec sa jeune épouse, Yukari, et le fils de celle-ci (né d'un précédent lit). Ryo est au chômage mais ne veut rien dire à ses parents. Il leur fait croire au contraire qu'il a beaucoup de travail dans la restauration de tableaux. Leur bru, qui est pourtant bien gentille, est vue d'un mauvais oeil par les parents de Ryo. Ils ne comprennent pas cette "mode" des familles recomposées. Ils trouvent que, tant qu'à faire, une divorcée aurait mieux fait l'affaire car Yukari qui est veuve peut faire la comparaison entre son nouveau mari et le défunt (encore aimé?). Les enfants de You sont bruyants et un peu envahissants. Le fils de Yukari est plus posé. La journée se passe. Un hommage est rendu au fils défunt (qui devait prendre la succession de son père) avec une visite sur sa tombe où se déroule un petit cérémonial en présence d'un papillon jaune (qui pourrait être la réincarnation de Fenjei). La mère, Toshiko, a invité (comme tous les ans) l'homme que son fils a sauvé, c'est un être obèse qui mène une vie sans attrait. Après son départ, Toshiko dit le haïr. Elle en veut aussi à son mari de ne pas avoir été présent quand leur fils est décédé. A la fin de cette première journée, You et sa famille s'en vont. Seuls restent pour la nuit, jusqu'au lendemain, Ryo, Yukari et son fils. Toshiko explique qu'elle ne pourrait pas supporter ses petits-enfants bruyants très longtemps. Nous assistons encore à de belles scènes que je ne décrirai pas. J'ai été frappée par les extérieurs. La maison familiale, avec d'autres, semble se trouver en surplomb de la ville avec la mer au fond. Le cimetière aussi est en hauteur. Tout est pentu. Dans une des dernières scènes, on voit Toshiko et Atsushi monter les grands escaliers qui les mènent vers chez eux. L'épilogue se situe quelques années plus tard avec un rituel qui se perpétue. Sous des abords de comédie douce-amère, le film montre les rancunes, les petites mesquineries mais aussi les moments de bonheur d'une famille unie malgré tout. Cette histoire tend à l'universel. Quand le film se termine, on regrette d'avoir quitté la famille Yokoyama, on s'attendrait presque à une suite. C'est un des meilleurs films à voir actuellement. Depuis sa sortie, le succès ne se dément pas grâce à de bonnes critiques et au bouche-à-oreille. C'est mérité. Voir aussi l'article d'Oriane.

3 juin 2009

Clara - Helma Sanders-Brahms

De cette réalisatrice, j'avais vu, lors de sa sortie (1980), Allemagne Mère Blafarde, que j'avais aimé (et qui a, paraît-il, beaucoup marqué à l'époque). Le film était un beau portrait de femme qui essayait de survivre avec mari et enfant pendant la 2ème guerre mondiale en Allemagne. Concernant Clara, Helma Sanders-Brahms a mis 12 ans (selon le dossier de presse) pour pouvoir tourner ce film sur Clara Schumann, femme de Robert, compositeur de la Symphonie Rhénane, d'un concerto et de très belles sonates pour piano. Mort dans un asile d'aliénés en 1856, à 46 ans, il laissa Clara veuve avec 5 enfants. Musicienne en plus d'être une pianiste de grand talent, elle a été du vivant de Robert Schumann plus célèbre que lui. C'est elle qui a interprété les oeuvres de son mari. Le film se concentre sur la rencontre du jeune Johannes Brahms avec le couple, vers 1850. Cela s'est passé à Dusseldorf où Robert, malgré ses maux de tête, devait diriger l'orchestre de la ville. Le film montre que Clara prenait souvent la place de Robert à la tête de l'orchestre au grand dam de certains musiciens qui n'admettaient pas d'être dirigé par une femme. Johannes Brahms, issu d'un milieu populaire, a voué une véritable adoration à Clara et peut-être plus (en tout cas au vu de ce que l'on voit dans le film). Il lui a écrit et dédié de nombreuses oeuvres musicales, et elle-même a interprété au moins un des deux concertos pour piano de Johannes. Clara Schumann a survécu 40 à son mari et Brahms est mort 1 an après elle en 1897. Pour parler du film proprement dit, Clara souffre de quelques défauts, dont l'interprétation de Pascal Greggory n'est pas des moindres. De film en film, je le trouve assez limité comme acteur. Il n'est pas très crédible dans le rôle de Schumann. Martina Gedëck qui joue Clara est bien. Elle fait ce qu'elle peut mais elle n'est pas "habitée" par le rôle. L'ensemble manque un peu de "consistance". La coproduction fait que les acteurs parlent dans leur langue et sont doublés. Cela ne fait pas naturel. C'est un film très sage mais on a quand même le plaisir d'écouter de la belle musique. Personnellement, j'aime la musique de Brahms depuis toujours mais quand je suis sortie de la projection, j'ai senti que les spectateurs n'étaient pas très enthousiastes. On peut le comprendre. Illustrer les affres de la création musicale constitue une gageure. Ken Russell l'avait partiellement réussi avec Music Lovers (1970) pour Tchaikovski.

1 juin 2009

Films vus et non commentés depuis le 23/04/09 (début)

Je constate une fois de plus mon retard impardonnable pour commenter les films que j'ai vu plus ou récemment (suite de ma série). J'ai déjà vu 66 films depuis le début de l'année.
En voici 4 que je ne conseille pas forcément. Vous pouvez attendre de les voir en location en DVD ou lors d'un passage à la télé.

Tulpan de Sergei Dvortsevoy est un film que j'ai vu il y a deux mois. Je considère que c'est plus un documentaire qu'une fiction. Ce film kazakh raconte les mésaventures d'un jeune homme qui voudrait se marier avec une jeune fille dont il ne connaît pas le visage. Cette dernière ne le trouve pas à son goût: il a les oreilles décollées. Et pourtant, former un couple et fonder une famille est nécessaire pour pouvoir continuer à vivre dans la steppe sous la yourte. Tout cela est un prétexte à voir une nature désertique et des brebis qui mettent bas avec difficulté. Le film m'a un peu ennuyée et il se termine en queue de poisson. J'avais nettement préféré L'histoire du chien jaune de Mongolie de Byambasuren Davaa (2006).

The other man (dans le texte) de Richard Eyre, réalisateur précédemment d'Histoire d'un scandale (cf. mon billet du 03/03/07): là, je m'attendais à un bon thriller. C'est complètement raté. Adapté d'une nouvelle de Bernard Schlink, un homme, Peter (Liam Neeson, très monolithique et pas très expressif) suspecte sa femme de le tromper. Il fait tout pour retrouver "l'autre homme", Ralph (prononcez Raife), joué par Antonio Banderas que j'ai vu meilleur. Entretemps, on ne revoit jamais la femme (Laura Linney, très bien). Le découpage du scénario est à mon avis maladroit car, au moment du générique de fin, je me suis dit que je n'avais rien compris. On assiste à des flash-back. Même le début du film est un long flash-back. C'est l'occasion de voir Romola Garai (l'héroïne d'Angel de François Ozon (2007) [cf. mon billet du 25/03/07]). Le film se passe entre Milan et Cambridge. Rien d'autre à dire.

La 1ère étoile de Lucien Jean-Baptiste: il y a quelques années, je m'étais divertie avec un film que je recommande si vous ne l'avez pas (encore) vu, Rasta Rocket en VF et Cool Runnings en VO (1993), qui narrait l'histoire de l'équipe de bobsleigh jamaïcaine en route pour les JO de Montréal (histoire authentique). C'était absolument hilarant. Pour la 1ère étoile, je m'attendais un peu à la même chose. Malheureusement, c'est nettement moins drôle et un peu répétitif mais la comédie est sympathique. Jean-Gabriel (joué par le réalisateur), un père de famille antillais marié à une femme blanche, a promis à sa progéniture de les emmener aux sports d'hiver. Le problème est qu'il a perdu aux courses la somme mise de côté pour les vacances. Qu'à cela ne tienne, avec le "système D", le père, les enfants et la grand-mère passeront une semaine à la montagne et la fille de la famille arrivera à gagner sa 1ère étoile de ski. Le film est encore un grand succès, tant mieux pour lui mais je m'attendais à autre chose.

Confessions d'une accro du shopping de P.J. Hogan n'est pas aussi réussi que Le Diable s'habille en Prada. Je n'ai pas lu les livres de Sophie Kinsella, mais j'ai l'impression que les intrigues sont mieux tournées. Moi, je suis allée le voir car j'avais envie de me changer les idées (mon hygiène mentale). Tout est hautement invraisemblable, mais le beau Hugh Dancy et quelques scènes sympathiques sauvent le film.

(à suivre...)

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  • On crée un lien lorsqu'un blogueur a commenté au moins cinq billets en venant à (au moins) deux dates différentes sur ce blog. 
  • Une adresse de mail (xxx@yyy.fr ou com...) [non publiée!] est exigée par Canalblog pour enregistrer votre commentaire. 
  • Vous ne voyez pas tout de suite apparaître votre commentaire, car il doit d'abord être validé (cela peut prendre quelques heures)
 
CINÉMA (23 blogs en activité)

DIVERS - CULTURE (50 blogs en activité)

LIVRES (62 blogs en activité)

QUELQUE TRISTESSE

QUELQUES BLOGS DÉSORMAIS EN PAUSE (À MON GRAND REGRET)

QUELQUES INFIDÈLES (NE ME RENDENT PLUS MES COMMENTAIRES...)

QUELQUES INTROUVABLES (BLOGS SUPPRIMÉS OU DISPARUS?)

SANS BLOG (COMMENTATEURS SUR LE MIEN)

STATISTIQUES, INFORMATIONS, RECORDS (DEPUIS LA CRÉATION DU BLOG)

  • * Blog créé le 09/01/2007, transféré sur Canalblog en juin 2007, migré à l'insu de son plein gré sur l'outil Overblog en février 2024 *
  • 3068 billets (au 04/03/26) dont tous ont eu au moins un commentaire
  • 36 969 commentaires (au 04/03/26 [+ 2 [anciennement 203] "égarés" lors de la migration"]) [dont 268 dasola] par au moins 1300 personnes, dont 70 (re)venues en 2026
  • 422 blogueurs [dont 135 actifs en 2026] m'ont fait au moins 5 et jusqu'à 1325 (au 01/03/2026) commentaires (voir ci-dessus)
  • Abonnés (être prévenu à chaque nouveau billet publié sur le blog): 82 au 10/01/26 (via "Newsletter" ci-dessus)
  • Billet commenté par le plus de personnes: 77 commentaires par autant de commentateurs/trices (billet du 09/01/2014)
  • Billet comptant le plus de commentaires: 123, par 46 commentateurs/trices différent(e)s (billet du 10/06/2023)
  • Record de commentaires en 1 an de date à date par 1 même blogueur-euse: 160 par Manou (du 01/08/23 au 31/07/24)
  • Record de commentaires en un mois: 355 en janvier 2014
  • Record de commentaires en une année civile (même blogueur-euse): 162 par Manou en 2024
  • Record de commentaires en une journée: 44 le 09/04/2009
  • Records de nouveaux commentateurs en un mois: 24 (dont 22 blogueurs) en mai 2008 et mars 2009
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