Le blog de Dasola
Derniers commentaires
Archives
Challenges terminés

Pour les challenges de l'année en cours, 
voir colonne de droite

11 novembre 2009

Sin nombre - Cary Fukunaga

Sin nombre (les "sans-noms") sont les centaines de candidats à l'immigration (clandestine) venant d'Amérique centrale et du Mexique et voulant partir aux Etats-Unis. Ils essaient de fuir la misère pour un monde meilleur (?). Sayra et Willly (alias Casper) se rencontrent sur le toit d'un wagon d'un long train. C'est une des techniques que les futurs émigrants utilisent pour voyager (souvent au péril de leur vie). L'introduction un peu longue montre comment Sayra quitte le Honduras avec son père et son frère pendant que Willy (alias Casper), qui fait partie d'un gang dangereux, La Mara, est mis à l'épreuve. Avec le chef du gang, Lil Mago, tatoué de la tête au pied, qui l'accompagne, ils rançonnent les voyageurs en partance. Peu de temps avant, Lil Mago, en voulant violenter la petite amie de Willy, l'a tuée par accident. En effet, les membres de ces gangs sont des hommes jeunes voire des adolescents, et sont violents. Le nombre de leurs tatouages est proportionnel aux actes violents qu'ils commettent (le meurtre en fait partie). Ils vivent selon leurs propres lois qui se résument à supprimer tous ceux qui leur cherchent des ennuis. On voit comment ils peuvent faire disparaître les corps de ceux qu'ils ont tués sans sommation. Ils règnent par la terreur. Je ne vous dirai pas comment Willy et Sayra arrivent à se cotoyer et à faire un brin de chemin ensemble. La fin est en demi-teinte: tragique pour l'un et avec l'espoir d'une nouvelle vie pour l'autre. J'ai été touchée par le destin de ces deux personnages. Ce film réalisé par un réalisateur inconnu du grand public a reçu plusieurs prix dans des festivals internationaux. Il s'est inspiré de faits réels pour nous raconter cette histoire. Cela fait un bon complément au documentaire qui est encore projeté (tout au moins à Paris): La vida loca (sorti le 30 septembre dernier) du réalisateur Christian Poveda qui s'est fait malheureusement tuer par balles par le gang salvadorien des "Maras". Son film est dans mes films à voir. En tout cas, Sin nombre mérite toute votre attention.

7 novembre 2009

Le ruban blanc - Michael Haneke

Le ruban blanc (Das Weisse Band en VO) est la Palme d'Or méritée (1) du dernier festival de Cannes. Le film de Michael Haneke est un chef-d'oeuvre visuel (le noir et blanc est une splendeur) et scénaristique, et l'interprétation est de tout premier ordre (adultes et enfants). L'histoire se passe de 1913 à l'été 1914 dans une petite communauté villageoise protestante en Prusse qui travaille essentiellement pour un baron (et sa femme) propriétaires des terres cultivables alentour. La communauté est composée de paysans mais aussi de personnalités emblématiques comme le pasteur rigoriste, le médecin (et la sage-femme), le régisseur et l'instituteur (le narrateur du film). Le pasteur comme le régisseur et les paysans sont des pères de familles nombreuses. D'ailleurs, on remarque vite ces ribambelles d'enfants ou d'adolescents tous plus blonds les uns que les autres qui se déplacent en groupe (les filles d'un côté et les garçons de l'autre). Grâce à la voix "off" vieillie de l'instituteur, on est tout de suite dans le vif du sujet: le village est en émoi à cause d'actes malveillants perpétrés contre le médecin, la femme d'un paysan victime d'un accident mortel, le petit garçon (attardé mental) de la sage-femme, le fils du baron et un nourrisson (sauvé in-extremis). Pendant ce temps, le pasteur fait régner une sorte de terreur feutrée dans sa maison. Deux de ses six enfants (un garçon et une fille) ont fait des bêtises. Ils sont obligés de porter un brassard blanc pour redevenir purs (et ils reçoivent dix coups de cravache en guise de punition). Cette vie se déroule au rythme des saisons et des moissons. L'instituteur tombe amoureux d'une jeune fille; le médecin (guéri) qui est revenu de l'hôpital se montre odieux envers la sage-femme et se permet des privautés sur sa fille; un oiseau en cage fait les frais de la colère d'une enfant; un paysan se pend; une grange brûle. C'est à ce moment-là que la guerre de 14 est déclarée. Rien n'est résolu, les crimes restent impunis (et pourtant, comme l'instituteur, on devine ce qui s'est passé). L'histoire se situe en Allemagne mais cela pourrait se passer ailleurs. Le réalisateur montre surtout les dégâts que peut faire une éducation faite de punitions et de violence mentale sur de jeune esprits et tout cela au nom de Dieu et de la recherche de la pureté. Je répète que c'est à mon avis un grand film qu'il faut voir.

(1) Les nombreux commentaires évoquant cette Palme d'Or (et notamment celui de MichCiné qui rappelle la polémique) me font souvenir que j'avais moi-même été dubitative sur ses conditions d'attribution méritée ou non dans mon billet du 26/05/09. Hé bien, maintenant que j'ai vu le film, mon opinion est faite: "chef-d'oeuvre". Dont acte.

3 novembre 2009

Capitalism, a love story - Michael Moore

Après Sicko (cf. mon billet du 16/09/07), notre trublion préféré, Michael Moore, s'attaque au capitalisme en général et à ses conséquences sur les finances américaines et sur les vies des petites gens en particulier. Le titre Capitalism, a love story est assez ironique puisque Michael Moore n'aime pas le capitalisme et il le dit. C'est un film qui m'a plu de par ses différentes démonstrations. Par exemple, celle qui démont[r]e comment quelques individus, financiers, membres de sociétés de courtage, assureurs et surtout banquiers, ont ruiné des millions de gens aux USA. Il a bien expliqué comment l'Amérique a été insouciante dans les années 50: elle dominait tout sans concurrence, et ensuite, elle s'est retrouvée face à la concurrence internationale (il prend l'exemple de l'industrie automobile avec l'Allemagne et le Japon). Il a bien analysé les rouages du hold-up financier de Wall Street sur l'économie. Et il parle bien entendu de la collusion entre financiers et hommes politiques. La mainmise financière sur l'économie a commencé sous Reagan. Parallèlement, je suis sensible à sa manière généreuse de s'attacher aux petites gens: ceux qui se retrouvent à la rue avec un viatique de 1000 dollars. J'ai bien aimé au début la comparaison entre la chute de l'Empire romain et la chute de l'Empire américain, et aussi celle où Wall Street est un casino dans lequel quelques personnes misent sur l'argent mondial. C'est effrayant. Comme Michael Moore, je ne sais toujours pas ce qu'est un dérivé de crédit. Pour mettre une légère touche d'optimisme, il évoque une société qui est gérée par son personnel (comme une coopérative). Je ne sais pas si ce film sera un succès aux Etats-Unis. C'est là qu'il devrait avoir un impact pour que les choses changent. D'après ce que j'ai lu, Goldman Sachs continue de faire des profits vertigineux. En revanche, je pense que le film marchera en France, il le mérite, c'est vraiment bien et on apprend des choses. D'ailleurs, il faudra que j'y retourne car le film est très dense (il dure 2H00) et il y a une grande masse d'informations que je n'ai pas forcément assimilées en une fois. Sinon j'ai eu la chance de voir le film en avant-première, mardi 20 octobre 2009. Le film sort le 25 novembre prochain: allez-y! C'est mieux qu'une fiction et on sort hébété. Voici deux extraits du film: le premier et le second.

31 octobre 2009

Le démon des femmes - Robert Aldrich

J'ai enfin revu un film longtemps invisible qui m'avait marquée il y a plus de 25 ans (il date de 1968). C'était au temps du cinéma de minuit sur France 3. The legend of Lylah Clare (titre original et plus parlant que "Le démon des femmes") est un des trois films qu'Aldrich a consacré à l'univers impitoyable du cinéma en général et d'Hollywood en particulier (Les autres sont The big Knife et What happened to Baby Jane?). Lylah Clare, grande star d'Hollywood, est morte il y a plus de 20 ans sous les yeux de son mari et réalisateur Lewis Zarkan. Ce dernier, qui vit retiré, rêve de faire un film sur elle. Un impresario trouve un sosie de Lylah en la personne d'Elsa Brickman (qui est rebaptisée Elsa Campbell), jeune actrice pleine de fraîcheur, d'espoirs et d'illusions (Kim Novak, magnifique, tient les deux rôles: des flash-back ponctuent l'histoire). Le tournage va pouvoir se faire. Elsa, amoureuse de Zarkan, ira jusqu'au bout de l'expérience... Bien sûr, le spectateur saura, au fur et à mesure, comment est morte Lylah Clare. Ce n'est pas un film confortable, il prend à rebrousse-poil, il est dense et étouffant. Il y a pas mal de personnages tous plus monstrueux les uns que les autres, avec la femme à la jambe artificielle rapporteuse de ragots, l'impresario mourant, le producteur avide (Ernest Borgnine), le réalisateur égocentrique et l'actrice lesbienne disparue. Aux Etats-Unis, lors de sa sortie, le film fut un échec critique et donc commercial cuisant. Il faut dire que la fin, par exemple, atteint un niveau de cynisme rarement vu: une pub télé pour pâté pour chien "barkwell" (aboie bien) qui vient juste après l'annonce d'un décès. Je vous conseille de voir ce film pour les comédiens, pour la re-création de l'univers hollywoodien d'antan (comme on peut éventuellement l'imaginer), et pour le scénario riche. Je ne regrette pas de l'avoir revu. Comme Victime, il est projeté dans une seule salle. Dans le même ordre d'idées, il y a en ce moment à Paris une rétrospective Robert Aldrich à la cinémathèque française. J'espère que cela annonce de prochaines (re)sorties en DVD.

29 octobre 2009

Away we go - Sam Mendes

Vu dans le cadre d'une avant-première (je remercie Jérôme de Cinefeed et Cinefriends), je n'ai pas aimé (du tout!) ce film, Away we go (sortie le 4 novembre 2009), qui m'a paru sinistre à tout point de vue. Je l'ai même trouvé déplaisant par certains côtés, surtout le jeu des acteurs que j'ai trouvé outré voire insupportable (même si c'est leur rôle qui le veut); c'est flagrant pour Maggie Gyllenhaal et Alison Janney. Je ne sauverais du film que la jeune femme (Maya Rudolph, actrice pas très connue), qui irradie. Elle est belle et touchante, c'est un vrai bonheur. Pour le reste, cette vision d'adultes tous plus immatures, têtes à claques, les uns que les autres, m'a profondément énervée. Je plains les enfants qui sont avec eux. Verona et Burt, un jeune couple déjà installé ensemble (ils ont respectivement 34 et 33 ans), attendent un bébé. C'est au cours d'un dîner que les parents (un peu azimutés) de Burt annoncent qu'ils s'en vont deux ans à Anvers, en Belgique. De là, Vérona et Burt, avant de décider où s'installer pour élever le futur bébé (une fille), se rendent chez les uns ou les autres, qui sont soit des connaissances soit des membres de la famille (formant une belle brochette de fêlés ou de "disjonctés"). Ils vont de Miami à Phoenix, en passant par Madison et Montréal, pour se retrouver à la fin au bord du Mississippi. Je pense que je n'ai plus l'âge (à moins que je sois vieux-jeu) pour apprécier ce genre de film à l'humour qui me laisse de marbre (ce qui n'était pas le cas de d'une grande partie de la salle qui riait bien). Le public était jeune: 20 à 35 ans peut-être. Après Les noces rebelles qui fut une déception, Sam Mendes continue un parcours qui me laisse perplexe. J'avais tant aimé American Beauty et Jarhead... Que dire? Je ne sais pas.

26 octobre 2009

Invitations à une avant-première du film Rapt - Lucas Belvaux

Bonjour à tous et toutes, j'ai le plaisir d'inviter quelques fidèles de mon blog à une avant-première de Rapt (cf. mon billet du 11/10/2009) de Lucas Belvaux (sortie le 18/11/09) en présence d'Yvan Attal, le vendredi 6 novembre 2009 à 20 heures, Club de l'Etoile, 14, rue Troyon, 75008.
Si cela vous intéresse, merci de me contacter par mail ou avec un commentaire et je vous communiquerai l'adresse où vous inscrire (il y a 10 invitations et c'est 1 ou 2 par personne).

25 octobre 2009

Katalin Varga - Peter Strickland

Katalin Varga de Peter Strickland est un film d'atmosphère, de sons, d'images de forêts profondes menaçantes ou de plaines accueillantes. C'est une histoire de vengeance (sur la fin) qui se dénoue abruptement de façon assez logique. Ce film, joué en langue hongroise, se passe en Roumanie, et plus précisément en Transylvanie, pays de Dracula où l'on trouve encore la charrette tirée par un cheval pour se déplacer. Suite à une indiscrétion sur son passé, Katalin Varga, très belle jeune femme, est contrainte de partir: son mari la chasse avec son fils, Orban. Ils s'en vont sur les routes car Katalin Varga cherche quelqu'un. Elle a été violée, il y a douze ans. De ce viol est né Orban. Sa vengeance va être terrible mais elle paiera le prix fort car elle retrouve ses deux violeurs et la femme de l'un deux qui ignorait tout. Mais au bout du compte, on ressent un certain apaisement. Quand on sort de la projection, on est sonné. La fin ne s'oublie pas, notamment une scène sur une barque pendant laquelle Katalin raconte tout sur son viol. Les comédiens sont tous remarquables, en particulier l'actrice principale dont c'est le premier film: Hilda Péter. Il serait dommage que ce film reste un succès confidentiel. S'il se donne par chez vous, allez le voir. Rob dit beaucoup de bien du film.

21 octobre 2009

Films vus et non commentés depuis le 03/10/09

Pour continuer ma série, voici 4 films qui n'ont aucun rapport entre eux mais qui sont à voir si les histoires vous inspirent.

Mères et filles de Julie Lopes-Curval. J'y suis allée pour les actrices (surtout Marina Hands et Marie-José Croze). Je trouve Catherine Deneuve assez antipathique (c'est son rôle qui le veut). Les scènes où le passé et le présent se mêlent sont bien faites. Louise, Martine et Audrey sont respectivement la grand-mère, la mère et la fille. Louise a disparu, il y a 50 ans. Les deux autres n'arrêtent pas de se chamailler pendant tout le film. Revenue du Canada pour passer des vacances auprès de ses parents, Audrey (jeune trentenaire) est enceinte (elle ne veut pas garder le bébé). Sa mère, Martine, médecin, vit pour son travail. Tout se passe du côté du bassin d'Arcachon. Il y a 50 ans, Louise était malheureuse. Elle faisait partie de ces femmes qui devaient demander la permission à leur mari pour travailler et/ou avoir un compte en banque. Audrey devine ce qui est arrivé à sa grand-mère après quelques retournements de situation. Le scénario n'est pas mal écrit mais cela manque de quelque chose. Et surtout, j'aurais aimé qu'il y ait plus de scènes avec Louise (LE personnage intéressant de l'histoire et puis Marie-José Croze est tellement jolie, les toilettes des années 50 lui vont bien).

Les joies de la famille d'Ella Lemhagen, ou comment un couple d'homosexuels suédois mariés, Goran et Sven, se retrouve après une demande d'adoption devant un garçon de 15 ans (pré-délinquant) et non de 1,5 ans (erreur de frappe malheureuse). L'histoire se passe dans une petite ville proprette en Suède où tous les voisins se connaissent et où l'hétérosexualité est de mise. L'arrivée de Patrick provoque une crise dans le couple. Goran veut garder Patrick, l'autre s'en va (temporairement?). C'est un film sans prétention plein de fraîcheur et les comédiens sont épatants.

La proposition d'Anne Fletcher, avec Sandra Bullock. Cette dernière est éditrice dans une grande maison d'édition à New-York. Etant Canadienne, elle doit être reconduite à la frontière car elle n'a pas régularisé son permis de travail. Qu'à cela ne tienne, elle propose le mariage à son assistant / souffre-douleur. L'employé de l'immigration n'est pas dupe. Pour apprendre à se connaître, nos deux tourtereaux, Margaret et Andrew, partent en Alaska chez les parents d'Andrew qu'ils doivent aussi convaincre de leur intimité. Il s'ensuit quelques situations parfois drôles mais j'ai trouvé cette comédie un peu molle et elle ne restera pas dans les annales. En revanche, j'aimerais bien passer quelques jours dans la maison des parents. Si vous allez voir le film, vous verrez.

Je garde pour la fin...
... District 9 de Neil Blomkamp: le film dont on parle, qui est un succès public et que je suis donc allée voir. Pour être honnête, je reconnais que c'est bien fait, on y croit: ce faux reportage avec interviews en direct d'humains et d'Aliens (appelés "crevettes") parqués comme des bêtes dans des bidonvilles de Johannesburg (Afrique du Sud) qui sont "rackettés" par des gangs qui leur fournissent de la pâté pour chats (un délice pour les extra-terrestres). Wikus, membre d'une multinationale en armement, est chargé par celle-ci de faire évacuer les Aliens pour les déporter dans un autre endroit. Wikus est l'incarnation de la condescendance envers ces êtres par ailleurs intelligents et qu'on humilie. Contaminé par inadvertance par un liquide extraterrestre, le cauchemar commence pour Wikus qui mute très vite. De chasseur, il devient chassé. On en veut à ses organes. La tension et le suspense sont tenus jusqu'au bout. En devenant Alien, Wikus s'humanise. C'est le genre de film où il ne faut pas rater le début. Cela va à tout allure. L'image n'est pas très belle. Et ce que l'on contemple à l'écran n'est pas toujours ragoûtant. Ceci mis à part, on peut le voir.

19 octobre 2009

Victime - Basil Dearden

Victime est un film rare, il n'a pas été beaucoup projeté depuis 1961, date de sa sortie. L'histoire, filmée dans un beau noir et blanc, se passe Angleterre (plus précisément à Londres) où l'homosexualité (considérée comme un crime) était punie de prison. Sa dépénalisation date de 1967 dans ce pays (en 1982 en France). Le film démarre sur les chapeaux de roue. On voit un jeune homme, Barrett, qui cherche à contacter un grand avocat, Melville Farr (Dirk Bogarde), qui fut son amant. Ce dernier croit que Barrett le harcèle pour une raison quelconque. En réalité, c'est Barrett lui-même qui est victime d'un chantage à cause d'une photo, et il veut prévenir Farr. Le jeune homme se suicide après avoir été arrêté (il avait volé son entreprise pour payer le maître-chanteur). Tout cela paraît compliqué (c’est le premier quart d’heure du film), mais l’histoire se met en place par la suite. Plusieurs hommes sont aux abois: homosexuels, ils ont reçu des lettres anonymes (les mêmes que celle de Barrett) leur demandant de payer de fortes sommes. Assez vite, on sait qui est l’un des «méchants», mais la personne responsable ne sera démasquée qu’à la toute fin (personnellement, je m’en doutais un peu). Entre-temps, il y aura eu une autre mort et une fausse piste. Dirk Bogarde joue donc le rôle de l'avocat qui s’implique dans l’enquête avec la police. Il met sa réputation et donc son avenir en jeu (risquant la radiation du barreau et la prison) puisque il n'avait pas révélé son homosexualité. Seule sa femme, Laura, avait accepté cette situation. Basil Dearden a réalisé un très bon film policier haletant avec en toile de fond un fait sociologique où des hommes étaient traités, il y a encore 40 ans, comme des criminels parce qu’ils préféraient les hommes aux femmes. Il paraît que ce film, à sa sortie, aurait fait bouger les choses et provoqué un débat. Victime n’est sorti (en octobre 2009) que dans une salle à Paris. Je ne sais pas ce qu’il en est des projections en province. Avec ce billet, je voudrais remercier les éditions de films Carlotta qui nous permettent de voir des films rares et de qualité (ce fut le cas cet été pour Signore et Signori et Divorce à l'Italienne de Pietro Germi). 

13 octobre 2009

Mary et Max - Adam Elliot

Ce film d'animation australien en pâte à modeler, Mary et Max, est mon coup de coeur de ce quatrième trimestre 2009. Mary Daisy Dinkle, une brunette de 8 ans, portant des lunettes, pas jolie avec sa tache de vin sur le front mais intelligente, vit en Australie aux paysages marron. Mary vit entre une mère qui boit du sherry (beaucoup) et un père dont le passe-temps est d'empailler des animaux victimes d'accidents et dont le gagne-pain (depuis des années) est de relier la marque au sachet sur une chaîne de montage de fabrication de thé (Earl grey). Mary se sent seule. Sa vie change quand elle écrit à Max Jerry Horowitz dont elle a trouvé l'adresse par hasard sur un bottin. Max Jerry Horowitz, âgé de 44 ans, obèse et atteint du syndrome d'Asperger (un genre d'autisme), vit seul à New-York, dessinée comme une ville toute grise foncée tirant sur le noir, oppressante, où même la statue de la Liberté fait la tête. L'histoire se passe sur vingt ans pendant lesquelles la relation épistolaire de Mary Daisy (qui écrit un livre sur le syndrome de Max) et de Max Jerry (dont l'état mental s'aggrave) connaît des hauts et des bas et même une interruption. Le récit alterne entre l'Australie et New York dans un parfait équilibre pendant lequel un narrateur omniprésent donne de l'élan à l'ensemble. Il faut voir le film en VO avec les voix de Toni Colette (Daisy adulte), de Philip Seymour Hoffmann (Max Jerry) et du narrateur (Barry Humphries). Ce film dégage une grande tristesse (surtout la fin), de la déprime mais aussi de l'espoir, c'est la vie. L'humour n'est pas absent de cette histoire où les personnages sont tous laids physiquement (même un bébé) mais si attachants (ils ont tous des "tronches" improbables). Ils sont plus humains que nature. L'animation est une réussite (qui n'a rien à voir avec celle de Wallace et Gromit) renforcée par de beaux moments musicaux. Je conseille Mary et Max toutes affaires cessantes aux adultes qui liront ce billet (ce n'est pas du tout un film pour enfants). Vous n'oublierez pas de sitôt les personnages de Mary et Max et ceux qui les entourent. Beaucoup de blogueurs en parlent, notamment: Céline/Diane_Selwyn, Ffred, FredMJg, Rob, Tinalakiller, Alain, Leunamme et Rom_J.

11 octobre 2009

Rapt - Lucas Belvaux

Décidément, je n'arrête plus de voir des films en avant-première. Grâce à Jérôme de Cinefeed et Cinefriends (que je remercie), j'ai eu la chance de voir, le 30 septembre dernier, Rapt de Lucas Belvaux qui sort le 18 novembre prochain dans toutes les bonnes salles. Quand j'ai accepté, je ne savais pas quel était le sujet. Dès que j'ai su qu'il y avait une histoire de doigt coupé, je me suis dit que cela me rappelait quelque chose. En effet, Lucas Belvaux s'est librement inspiré de l'affaire du Baron Empain (qui s'est passée en 1978). Dans le film, le personnage s'appelle Stanislas (1) Graff. Il s'agit d'un homme d'affaires aisé (avec une grande fortune personnelle), dont on voit, pendant les premières minutes de Rapt, la vie quotidienne en accéléré. Marié, père de deux filles et patron d'un grand groupe industriel, passant d'un rendez-vous à l'autre, il mène en parallèle une existence où se mêlent le jeu (poker) et quelques maîtresses. Il joue gros et perd beaucoup. Un matin, Stanislas Graff est enlevé. Une rançon de 50 millions d'euros est demandée. Pour montrer qu'ils ne plaisantent pas, les ravisseurs lui coupent le majeur de la main gauche. Le film alterne les scènes de détention et l'"extérieur" où la famille de Sébastien (sa femme en particulier) ainsi que les collaborateurs du groupe essaient de trouver la rançon. Petit à petit, la situation évolue et pas forcément en faveur de l'otage humilié, enchaîné avec des ravisseurs encagoulés. Je ne raconterai pas la fin, assez proche de la réalité et qui est passionnante (on pourrait même en faire une suite). Les acteurs, Yvan Attal et Anne Consigny en tête, sont bien dans leur rôle. C'est un film qui m'a beaucoup plu grâce à un scénario très bien écrit, une réalisation nerveuse et sans temps mort. Les dialogues ont été considérés comme un peu littéraires au goût d'au moins un spectateur (qui a trouvé que cela faisait "théâtre" et que seul Yvan Attal semblait naturel; il a trouvé le jeu des autres acteurs un peu trop retenu). Quant à moi, j'ai apprécié d'entendre des dialogues intelligibles (même les ravisseurs parlent "bien"). Cette projection s'est déroulée dans une salle avec des fauteuils moelleux, nous étions une vingtaine de spectateurs, des blogueurs qu'avait invités Jérôme. A la fin de la projection, Lucas Belvaux en personne s'est prêté gentiment au jeu des questions/réponses. Je lui ai tout de suite demandé s'il s'était inspiré de l'affaire du Baron Empain, il m'a répondu oui. Je lui ai demandé après: pourquoi cette affaire? et pourquoi maintenant? Il a répondu que c'était une affaire qui l'intéressait depuis longtemps et qu'il avait lu le livre du baron Empain, dont il avait vu une interview à la télé il y a quelques années. L'histoire est transposée de nos jours. Parmi les autres réponses, Lucas Belvaux nous a expliqué qu'il avait rencontré des "vrais" inspecteurs de police qui travaillent en groupe de 6 ou 7 et dont la tâche principale est d'écrire. Il nous a exposé comment il avait choisi les acteurs, etc. A priori, le baron Empain avait vu le film le même jour (on ne sait pas ce qu'il en a pensé). Lucas Belvaux est un homme passionné qui reste simple. Je lui souhaite du succès pour son film qui le mérite. Merci encore à Jérôme (pour m'avoir invitée de nouveau après Looking for Eric) et à son assistant Florian.

(1) et non Sébastien comme je l'avais écrit. Merci à Rom_J qui m'a fait rectifier le 08/11/2009 cette erreur par son commentaire ci-dessous.

9 octobre 2009

Mademoiselle Chambon - Stéphane Brizé

J'ai été invitée le 6 octobre 2009, avec mon ami "ta d loi du cine", à une avant-première en petit comité pour voir ce film qui sort le mercredi 14 octobre 2009 (je remercie l'attachée de presse). Il y avait une vingtaine de femmes dans la salle, contre seulement 5 hommes (sans doute tous venus "pour accompagner"?). Pour résumer, j'ai aimé, mon ami moins. Il trouve que le film n'est pas nerveux du tout, que si le film avait été un court-métrage de 20 minutes, cela aurait été suffisant (il dure 1H40), que s'il revoyait le film, il le ferait en accéléré sur 10 minutes (avec une télécommande) en s'arrêtant sur quelques scènes. Il m'a redit que le cinéaste aurait pu tourner un film plus dense, moins intériorisé voire statique. En revanche, il admet que les acteurs sont très bien. La collègue de l'attachée de presse nous a souhaité une bonne projection. Elle a demandé à celles qui tenaient un blog (sic!) d'en parler si on avait apprécié le film ou de ne rien dire dans le cas contraire (ceci dit sur le ton de la plaisanterie). Avant le film proprement dit, on nous a projeté la bande annonce (avec une chanson de Barbara que je ne connaissais pas et qui est la chanson du générique de fin du film) qui reflète bien ce qu'est Mademoiselle Chambon, film peu bavard, presque contemplatif, qui donne la part belle aux acteurs. Jean (Vincent Lindon, une fois de plus très crédible) est maçon, il forme, avec Anne-Marie (Aure Atika) sa femme et Jérémy leur fils, une famille sans histoire. Jean s'occupe beaucoup de son père qui va fêter ses 80 ans. Il se trouve que Jean va rencontrer l'institutrice de Jérémy, Véronique Chambon (Sandrine Kiberlain). Quand il la voit pour la première fois, elle est appuyée sur un bureau d'élève de trois quart profil dans sa classe. Elle attend. Il la regarde et on comprend que sa vie et ses sentiments sont chamboulés. Pendant tout le film, ces deux êtres ne vont pas arrêter de se regarder sans rien dire (ou presque), d'ébaucher des gestes tendres, de se rencontrer pour des raisons plus ou moins futiles, de se séparer, de se revoir et de se quitter à nouveau. Mlle Chambon joue du violon, on entend en particulier une belle mélodie d'Elgar. L'histoire prend son temps avec des petits riens et c'est ce qui m'a plu (le couple Lindon/Kiberlain fonctionne bien), mais il faut adhérer au parti pris du réalisateur qui semble ne pas avoir fait l'unanimité parmi les spectateurs (mâles). Dans le press book, Stéphane Brizé parle de la relation qu'il a construite depuis 12 ans avec ses producteurs, TS Production. J'ai vu que ceux-ci ont aussi entre autre produit deux films récents que j'ai bien aimés et chroniqués (Séraphine et Le fils de l'épicier) ainsi que Violence des échanges en milieu tempéré (2003) qu'avait aussi apprécié ta d loi du cine.

7 octobre 2009

Fish Tank - Andrea Arnold

Fish Tank veut dire littéralement "bocal à poisson". En effet, on ressent assez vite une impression de tourner en rond dans cette banlieue du grand Est de Londres. Les personnages vivent comme dans un bocal dont on peut difficilement sortir. Dès que le film commence, on suit Mia, jeune adolescente de 15 ans, "vilain" petit canard (l'actrice est ravissante) dans la cité "dortoir" (sinistrée) se trouvant dans l'Essex. Parlant comme un charretier, elle marche vite en arpentant les rues où des HLM affreux alternent avec des terrains vagues. En échec scolaire, elle ne se gêne pas pour insulter des filles de son âge (elle les trouve nulles en "break dance", elle-même s'entraîne dans son coin); mais dans le même temps, elle essaie de libérer une jument de ses chaînes. Mia ne fait que de courtes apparitions chez elle où vivent sa petite soeur, Tyler, qui parle aussi crûment qu'elle, et leur mère, Joanne (elle non plus n'a pas un langage châtié), encore jeune et qui vient de trouver un petit ami, Connor. Mia ne reste pas insensible au charme de ce dernier qui l'encourage à travailler sa "break dance". Il lui apporte une certaine sérénité. Ce qui pouvait arriver se passe et Connor disparaît de leur vie. J'ai craint à un moment donné que Fish Tank ne sombre dans le mélo avec une petite fille qui tombe à l'eau, mais non. Mia a la rage au coeur car elle se sent trahie par Connor, mais elle réagit, sa vie va peut-être changer, elle va sortir de son bocal. Je recommande vraiment ce film qui est l'occasion de découvrir Katie Jarvis, une belle révélation présente à l'écran de la première à la dernière image. Connor (Michael Fassbender assez charismatique) est très ambigu. Il abuse d'une certaine situation, il a en définitive un comportement minable. En revanche, on s'attache à Joanne et Tyler vers la fin. Et il y a une très belle scène où la mère et les deux filles dansent ensemble. Alex en parle ainsi que Rob.

3 octobre 2009

Films vus et non commentés depuis le 01/09/09

Voici à nouveau (cf. série précédente ici) quatre films chroniqués dont trois français dont on a beaucoup parlé et que vous pouvez vous dispenser (à mon avis) de voir.

Bienvenue à cadavres les bains de Wolgang Murnberger est un film à voir pour l'humour autrichien (si, si). C'est adapté d'un roman policier, l'histoire se passe (contrairement à ce que dit le titre) dans les montagnes autrichiennes dans une auberge. C'est sanglant, un peu "gore", et pourtant le criminel qui est un aubergiste ne le fait pas par plaisir mais plutôt pour se défendre et/ou pour éviter qu'on l'embête. Il déteste les maîtres-chanteurs. Pour se débarrasser de ses victimes, je vous laisse le plaisir de voir comment il fait (le film n'étant malheureusement plus à l'affiche, il faudra attendre le DVD). En même temps, cet aubergiste fait de bonnes actions en recueillant un transexuel et une prostituée en détresse. Et puis, il n'est pas gâté avec son fils qui voudrait bien prendre sa place à l'auberge (même s'il ignore les actes criminels de son père). J'avais lu que cela ressemblait au thème de "L'auberge rouge": je ne suis pas d'accord. C'est un film qui ne peut pas plaire à tout le monde mais j'ai passé un bon moment. Rien que le titre est savoureux.

A part ça, je voudrais évoquer trois films français vus coup sur coup qui m'ont beaucoup déçue.

Rien de personnel de Mathias Gokalp ou les malheurs de certains cadres dans une entreprise. Lors d'une soirée cocktail avec pince-fesses et petits fours, des cadres sont mis à l'épreuve (sans le savoir) en passant des genres de tests notés avec un coach. L'entreprise va être rachetée et donc des licenciements de certains cadres sont programmés dont celui du personnage joué par Mélanie Doutey. Ce sont les meilleurs qui resteront. Les acteurs font ce qu'ils peuvent: les incontournables Jean-Pierre Darroussin et Bruno Podalydès (les réalisateurs ne peuvent plus se passer d'eux) jouent un coach pour le premier et un responsable syndical du CE pour le deuxième. Zabou Breitman en DRH se demande bien ce qu'elle fait là. D'ailleurs, à un moment donné, son personnage enferme le PDG dans les toilettes (elle règle un compte personnel). Peu de temps avant, ce même PDG chantait du Eugène Chabrier pour adoucir l'atmosphère. Il y a une idée de scénario mais pas plus. La seule petite originalité est que l'on voit la même scène répétée plusieurs fois dans des mises en situation différentes avec les mêmes protagonistes dont, tous comptes faits, on finit par comprendre certaines réactions. Le film se termine en queue de poisson.

L'armée du crime de Robert Guédiguian a été une vraie déception. Vu le sujet qui a été peu traité au cinéma, je m'attendais à mieux. Les acteurs (surtout la jeune génération) ne sont pas en cause. Le film raconte l'histoire de Missak Manouchian et de tout un groupe de Juifs étrangers et de communistes qui ont commis des sabotages et des attentats contre l'occupant nazi à Paris pendant la seconde guerre mondiale. Il y a bien entendu une courte évocation de la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942 pendant laquelle un flic joué par Jean-Pierre Darroussin (encore lui) montre un certain zèle à traquer les Juifs: il est ignoble. La police française n'est pas décrite sous son meilleur jour. On nous montre comment on arrivait à faire parler les gens. A part ça, la mise en scène est trop sage. Il manque les tenants et les aboutissants. J'ai assisté à une suite de scènes sans véritable lien. Je m'attendais à être émue, bouleversée. Je suis restée en dehors. On est loin du chef d'oeuvre de Jean-Pierre Melville, l'Armée des Ombres (1969). Pour avoir un avis très différent, lire le billet de Edisdead.

L'affaire Farewell de Christian Carion fut ma troisième déception. Ffred l'avait bien dit! L'histoire est pourtant passionnante (j'en ai lu des comptes-rendus récemment). Elle est une des raisons de la chute du bloc soviétique. J'ai quand même appris pourquoi les Français avaient baptisé l'affaire "Farewell" (pour tromper les Américains). Guillaume Canet a un rôle effacé (il était mieux dans Espions). J'ai noté pour l'anecdote que Philippe Magnan qui joue le rôle de François Mitterrand est d'une ressemblance frappante avec son modèle. David Soul (Hutch de Starsky et Hutch) joue le conseiller de Ronald Reagan (Fred Ward). Je trouve que ce qui nous est narré n'est pas très clair. Et j'ai tout juste compati au sort réservé à Grigoriev (Emir Kusturica), le "traitre". C'est d'ailleurs lui qui est la seule raison de voir ce film très lisse. En y repensant, j'aurais dû me méfier en sachant qui était le réalisateur (celui du catastrophique Joyeux Noël).

Voilà donc mes avis, à vous de juger.

29 septembre 2009

A propos d'Elly - Asghar Farhadi

Ce très beau film iranien, A propos d'Elly (qui a été récompensé à juste titre d'un Ours d'argent du meilleur réalisateur au dernier festival de Berlin), est à voir s'il est encore projeté par chez vous. Je pense que vous ne le regretterez pas. L'histoire se passe en Iran de nos jours. Elly, jeune institutrice célibataire, est invitée par Sedipeh, la mère d'une de ses élèves, lors d'un week-end prolongé au bord de la mer Caspienne. Sedipeh souhaite faire rencontrer Elly à Ahmad, un ami, fraîchement divorcé d'une Allemande. C’est ainsi que trois couples, deux enfants, Elly et Ahmad se retrouvent dans une grande maison. Du sentiment d’insouciance au début, nous passons tout à coup à une atmosphère tendue quand Elly disparaît subitement. Est-elle morte ou vivante ? Au moment de sa disparition, elle aidait une des enfants du groupe à tenir un cerf-volant. Tout le monde s'interroge. Qu'est-elle devenue? Petit à petit, on apprend que personne ne connaissait Elly. Seule Sedipeh sait quelque chose mais elle se tait. C’est là que l’on se rend compte que nous sommes en Iran, pays pétri de traditions (même si les personnages décrits paraissent décontractés et d’un milieu aisé) où les femmes non mariées ne sont pas censées voyager seule, où une femme ne peut pas se trouver seule avec des hommes autour d’elle. D’ailleurs, au début, quand le groupe arrive dans la grande maison, il fait croire aux logeurs qu’Elly et Ahmad viennent de se marier. A aucun moment, il n’est fait mention de religion. Mais les femmes se baignent habillés ou alors gardent des foulards pour couvrir les cheveux. Dans une scène, pour la faire parler, un mari lève la main sur sa femme (il n’en revient pas lui-même de son geste). Ce film est presque un huis-clos sans être statique (bien au contraire) avec une unité de lieu, de temps et d’action. Filmé caméra à l’épaule, ce qui donne de la fluidité à l’ensemble, A propos d'Elly fait la part belle aux acteurs qui sont tous très bien. Leunamme et Alex en parlent aussi.

23 septembre 2009

Le temps qu'il reste - Elia Suleiman

Grand oublié du palmarès de Cannes cette année, Le temps qu'il reste du réalisateur palestinien Elia Suleiman (film dont j'ai lu de bonnes critiques chez Yohan et Dr Orlof) est à voir pour tous les moments de poésie auxquels nous assistons ainsi que la mise en scène: Elia Suleiman sait placer sa caméra et a le sens du cadre. Il y a peu de dialogues mais tout est compréhensible et intelligible. Le film retrace la vie des parents d'E.S. (son nom dans le film) et de quelques personnages hauts en couleur dont un homme qui veut à tout prix se suicider. Elia Suleiman s'est inspiré de carnets qu'a laissés son père. Tout se passe à Nazareth de 1948 à nos jours, avec quelques années mises en exergue où l'on assiste à la cohabitation plus ou moins tendue entre Palestiniens et Israéliens. Je retiens quelques scènes, dont l'homme au téléphone portable en ligne de mire d'un char, des jeunes qui malgré l'appel au couvre-feu continuent de danser dans un appartement très éclairé (et rien ne se passe), celle d'une institutrice qui détourne l'attention de jeunes écoliers quand deux acteurs s'embrassent lors d'une scène dans une projection de cinéma. Il n'y pas d'histoire mais plutôt des instants de vie. Après Intervention divine (2002) qui ne m'avait pas convaincue, je ne peux que vous recommander Le temps qu'il reste.

13 septembre 2009

The Molly Maguires - Martin Ritt

Le titre français de ce film de 1969, pas très bien trouvé (pour ne pas dire nul), est Traître sur commande. Quand mon ami ta d loi du ciné m'a dit que cela le tentait (il n'en avait lu que du bien dans le "pavé" Amis américains de Bertrand Tavernier), je lui ai dit: "Pourquoi pas?". La distribution est de premier ordre: Sean Connery, Richard Harris et Samantha Eggar. Je n'avais jamais entendu parler de ce film qui mérite vraiment sa ressortie (cette semaine) sous son titre original, The Molly Maguires. C'est un projet qui tenait à coeur à Martin Ritt (réalisateur et producteur du film), qui fut lui-même une des personnalités victimes du Maccarthysme dans les années 50. De ce réalisateur disparu en 1990, je vous conseille, comme eeguab (son commentaire ci-dessous): Hud, Stanley et Iris ainsi que Norma Rae, et un film méconnu, Paris Blues. The Molly Maguires se donne sur grand écran en version intégrale inédite avec 19 minutes de plus (à Paris, il est projeté dans 2 salles; et en province, dans 4 salles: à Toulouse, Bordeaux, Avignon et Rennes). L'histoire se passe en 1876 en Pennsylvanie dans des mines de charbon où travaille une colonie d'Irlandais. Pendant le premier quart d'heure avant même le générique du début, on voit se dérouler une journée dans la mine sans qu'une parole ne soit échangée. En revanche, on ressent tout de suite le côté harassant et étouffant du labeur produit par ces centaines d'ouvriers, "les gueules noires", dont une partie sont de jeunes garçons. A la fin de cette journée, les derniers à sortir du trou de la mine viennent de commettre un acte de sabotage (on apprend que ce n'est pas le premier). Les responsables forment un groupe de quatre hommes dont le chef est Jack Kehoe (Sean Connery, impeccable). Ces quatre hommes (dont deux mariés) font partie d'une société secrète: les "Molly Maguires" venus d'Irlande. Leur credo est de se venger comme ils peuvent (en allant jusqu'au meurtre) pour dénoncer les conditions de travail et l'exploitation dont souffrent les mineurs, sans parler des maladies pulmonaires puisque les grèves sont durement réprimées. Peu de temps après, un homme arrive par le train. Il dit s'appeler John McKenna (Richard Harris). Assez rapidement, on comprend qu'il infiltre le groupuscule en gagnant leur confiance quitte à leur prêter main-forte (on pourrait croire qu'il est de leur côté). Arriviste, il a été engagé par la police (qui garde la mine) pour faire cesser les agissements des "Molly". Qui dit Irlandais, dit religion et catholicisme. Le prêtre de la paroisse a un rôle intéressant et somme toute ambigu. On ne sait s'il défend ou non les agissement des "Molly". L'histoire est concentrée sur les mineurs. On ne voit guère les propriétaires exploiteurs. En revanche, une scène en particulier résume la situation: la paye hebdomadaire qui se réduit comme une peau de chagrin, puisque le mineur paye au patron la pioche dont il se sert (surtout si elle casse) ou la lampe sur son casque... Le chef opérateur, James Wong Hoe, a réalisé un travail exceptionnel sur la couleur. Tout réside dans les contrastes entre l'obscurité de la mine (filmée en lumière naturelle avec les seules lampes des mineurs, paraît-il) et les extérieurs jour. La musique est de Henri Mancini. Le film est semble-t-il sorti une première fois en 1970 à Paris dans un quasi-anonymat. Il dure 2H04. Il faut le voir.

9 septembre 2009

Numéro 9 - Shane Hacker

J'ai hésité à voir ce Numéro 9, mais quelques bonnes critiques comme celles de ffred et Alex m'ont convaincue et je ne le regrette pas. Numéro 9 est d'abord un film d'animation visuellement très beau. Le scénario (écrit par une femme) n'est pas d'une originalité folle avec ces machines très "terminatoresques". En revanche, je me suis tout de suite attachée aux petits personnages qui portent des numéros et ont des jumelles à la place des yeux. L'histoire est sombre. Au commencement, sur une planète que l'on devine être la Terre, tout n'est que ruines et désolation. Seule une grande église (peut-être une cathédrale) tient encore debout. Une horrible machine arachnéenne sème la terreur autour d'elle et son repaire est une ancienne usine désaffectée. Jusqu'à présent, elle était seule. Quand Numéro 9 "se réveille", il ne sait pas trop où il est. Il a en sa possession une sorte de clé électronique avec des signes kabbalistiques. Par inadvertance, il l'emboite dans l'alvéole correspondante sur l'araignée de métal, ce qui active la machine infernale et déclenche une fabrication à la chaîne de robots, volants ou non, très destructeurs. Puis Numéro 9 fait la connaissance de Numéro 1 (le chef pas très sympa) assisté du numéro 8 (un gros balourd) et de quelques autres numéros dont un numéro "fille". Malheureusement certains sont déjà morts tragiquement. Les survivants vont s'unir pour combattre les machines. On découvre à la fin qu'ils sont les éléments d'une seule entité que je vous laisse découvrir. Numéro 9 fut une bonne surprise en ce qui me concerne. Mais je ne conseillerai pas ce film aux jeunes enfants (il n'y avait que des adultes dans la salle où je l'ai vu) et j'ai moi-même eu peur devant certaines scènes.

5 septembre 2009

Tu n'aimeras point - Haim Tabakman

Je viens d'aller voir ce premier film Tu n'aimeras point (Eyes wide open) sorti cette semaine, réalisé par un jeune réalisateur israélien, parce qu'il a reçu de bonnes critiques (justifiées). Il était sélectionné en 2009 dans la section "Un certain regard" au Festival de Cannes. L'histoire se passe dans le milieu de la communauté juive ultra-orthodoxe de Jérusalem. Aaron prend la relève de son père (récemment décédé) comme boucher casher. Ezri, suite à une annonce affichée sur la porte du magasin, devient un employé de la boucherie en attendant une place dans une école talmudique. Agé de 22 ans, Ezri est jeune et beau. Aaron, marié à Rivka et père de 4 enfants, semble heureux dans sa vie. Contre toute attente, une passion homosexuelle naît entre Aaron et Ezri. Mais dans le monde orthodoxe, l'homosexualité n'existe pas. Elle n'est pas reconnue comme une possibilité. Tout le film repose sur cette passion somme toute assez pudique qui se déroule essentiellement dans la boucherie et la communauté qui regarde d'un oeil sévère ce qui arrive. Ezri et Aaron sont profondément religieux indépendamment de ce qu'ils ressentent. Ils vont ensemble étudier la Torah. On assiste à des lectures de la Torah qui se terminent par des chansons. Mais cela n'empêche pas qu'il y a un sentiment de pesanteur avec Dieu au-dessus du reste. De son côté, Rifka sent qu'il se passe quelque chose mais elle attend, elle ne pose aucune question. J'ai été sensible au rythme du film qui prend son temps, à la photo dans les tons gris et bleus, au décor un peu délabré. Le réalisateur, Haim Tabakman, a été aussi monteur sur My Father, My Lord de David Volach (chroniqué sur ce blog). Même si son film (davantage "d'auteur" que "grand public") n'a pas la même force que celle du long-métrage de David Volach, je vous le conseille malgré tout. Et décidément, le cinéma israélien révèle des cinéastes à suivre.

1 septembre 2009

Films vus et non commentés depuis le 21/07/2009

Avant de reprendre, j’espère, mes billets tous les deux jours, voici quelques mini-critiques de films que je n’avais pas encore chroniqués et que j'ai vu depuis mon billet précédent fin juillet 2009.

Public enemies de Michael Mann est un film que je ne conseille pas vraiment (à moins d'être fan du réalisateur): il consiste en une suite de fusillades tournées en caméra numérique sans profondeur de champ. Mon oeil ne s’est pas habitué pendant le film et cela donne une impression étrange. Dillinger, joué par un Johnny Depp légèrement empâté, s'évade de prison avec des complices. Tout le film repose sur la traque de Dillinger par Melvin Purvis (Christian Bale), agent du FBI. Marion Cotillard joue très bien les utilités mais ce n’est pas suffisant. C’est un film qui manque d’âme.

Victoria, les première années d'une reine du Canadien Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.) constitue un beau livre d'images avec de belles toilettes, de beaux décors, et Emily Blunt est crédible dans le rôle de la jeune Victoria, mais l’ensemble reste un peu anecdotique. On ne sait pas trop qui est qui et pourquoi. Il manque un contexte historique dans lequel on apprendrait pourquoi la jeune reine a été, par exemple, la cible d'attentat (ce que je ne savais pas). Le couple formé par Victoria et Albert (Rupert Friend tout droit sorti de Chéri) est très "glamour" et ravira les âmes romantiques.

Là-haut, dessin animé de Pete Docter et Bob Peterson, m'a plu pour les 10 premières minutes du film, qui narrent presque sans paroles la vie d'un couple, Carl et Ellie, du jour où ils se rencontrent jusqu'à la mort d'un des deux. Et pour la scène de l'envol de la maison grâce à des ballons gonflés à l'hélium. A part ça, le film m’a paru un peu niais comme certains personnages (le petit garçon tête à claques et le chien qui vient en aide à Carl).

Adieu Gary de Nassim Amaouche a été tourné dans la ville blanche du Teil en Ardèche (d’après ce qui est annoncé dans le générique de fin). Cette ville "fantôme" est un beau décor de cinéma très "western. C’est une tranche de vie de quelques personnes qui (sur)vivent dans cet endroit sinistré (plus d’industrie, plus d'emploi) perdu au milieu de nulle part. Parmi ceux-ci, un père ouvrier (à la retraite ou au chômage?) joué par Jean-Pierre Bacri, ses deux fils (l’un sortant juste de prison), son amie Maria (Dominique Reymond) qui accepte d'être cobaye pour tester des médicaments, le fils de cette dernière, José mutique, attendant son père Gary parti depuis des années. Le film dégage une atmosphère étrange, pas désagréable. Ce film permet de voir Yasmine Balmadi (un des deux fils) dans son dernier rôle. Il vient de disparaître tragiquement cet été. Je l’avais découvert dans Wild Side de Sébastien Lifshitz (2004).

Simon Konianski de Micha Wald donne l’occasion de voir Popeck dans un rôle émouvant de grand-père juif qui aimerait bien que son fils Simon (Jonathan Zaccaï, parfait dans le rôle d’un homme un peu immature) trouve une nouvelle compagne qui ne soit pas "goy" comme celle qui vient de le quitter. Ce grand-père meurt brusquement. Simon et son fils partent en Ukraine avec le frère et la soeur d'Ernest pour l'enterrer. Après moult péripéties, ils arriveront sur le pays natal d'Ernest, rescapé des camps de la mort. Le film est sympathique mais décousu avec une scène qui m’a semblée invraisemblable (le passage de la frontière pour arriver en Ukraine). 

Le blog de Dasola
  • CINEMA, LIVRES, DVD, SPECTACLES, TV - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur films, livres et spectacles. [Secrétaire de rédaction et statistiques: "ta d loi du cine" (274 commentaires, du 17/01/07 au 30/09/26)].
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Newsletter
80 abonnés
Liens (en cours de mise à jour)

²F4aA²** INDEX AUTEURS (LITTÉRATURE), FILMS & REALISATEURS (CINÉMA) **

*** CHALLENGES DE L'ANNEE EN COURS ***


** LE SITE DU STATISTICIEN **


*** LIENS ***
(BLOGUEURS COMMENTANT SOUVENT LE MIEN)

  • = Onze blogueuses et blogueurs ayant fait au moins 500 commentaires chez dasola se présentent =
  • On crée un lien lorsqu'un blogueur a commenté au moins cinq billets en venant à (au moins) deux dates différentes sur ce blog. 
  • Une adresse de mail (xxx@yyy.fr ou com...) [non publiée!] est exigée par Canalblog pour enregistrer votre commentaire. 
  • Vous ne voyez pas tout de suite apparaître votre commentaire, car il doit d'abord être validé (cela peut prendre quelques heures)
 
CINÉMA (23 blogs en activité)

DIVERS - CULTURE (53 blogs en activité)

LIVRES (63 blogs en activité)

QUELQUE TRISTESSE

QUELQUES BLOGS DÉSORMAIS EN PAUSE (À MON GRAND REGRET)

QUELQUES INFIDÈLES (NE ME RENDENT PLUS MES COMMENTAIRES...)

QUELQUES INTROUVABLES (BLOGS SUPPRIMÉS OU DISPARUS?)

SANS BLOG (COMMENTATEURS SUR LE MIEN)

STATISTIQUES, INFORMATIONS, RECORDS (DEPUIS LA CRÉATION DU BLOG)

  • * Blog créé le 09/01/2007, transféré sur Canalblog en juin 2007, migré à l'insu de son plein gré sur l'outil Overblog en février 2024 *
  • 3181 billets (au 11/10/26) dont tous ont eu au moins un commentaire
  • 38 051 commentaires (au 12/10/26 [+ 2 [anciennement 203] "égarés" lors de la migration"]) [dont 274 dasola] par au moins 1305 personnes, dont 99 (re)venues en 2026
  • 425 blogueurs [dont 136 actifs en 2026] m'ont fait au moins 5 et jusqu'à 1338 (au 10/08/2026) commentaires (voir ci-dessus)
  • Abonnés (être prévenu à chaque nouveau billet publié sur le blog): 80 au 21/07/26 (via "Newsletter" ci-dessus)
  • Billet commenté par le plus de personnes: 77 commentaires par autant de commentateurs/trices (billet du 09/01/2014)
  • Billet comptant le plus de commentaires: 123, par 46 commentateurs/trices différent(e)s (billet du 10/06/2023)
  • Record de commentaires en 1 an de date à date par 1 même blogueur-euse: 160 par Manou (du 01/08/23 au 31/07/24)
  • Record de commentaires en un mois: 355 en janvier 2014
  • Record de commentaires en une année civile (même blogueur-euse): 162 par Manou en 2024
  • Record de commentaires en une journée: 44 le 09/04/2009
  • Records de nouveaux commentateurs en un mois: 24 (dont 22 blogueurs) en mai 2008 et mars 2009
Pages