Le roi des cendres de S.A. Cosby (Edition Sonatine, 406 pages) est le quatrième roman de l'auteur paru en français et que je viens de terminer après La colère, Le sang des innocents et Les routes oubliées. J'avoue avoir été un peu déçue par ce nouveau roman, qui narre un histoire plus banale que les précédentes. Roman Carruthers, un trentenaire qui est gestionnaire de patrimoine, revient dans sa ville natale de Jefferson Run en Virginie, car il a été appelé par sa soeur. Leur père Keith vient d'être hospitalisé dans le coma après avoir été percuté par un véhicule. Cette ville est gangrenée par la violence à cause de la guerre de gangs. Roman est l'ainé de trois enfants. Son frère Dante a des problèmes de drogue et sa soeur Neveah dirige désormais l'entreprise de crématorium créée par leurs parents, Keith et Bonita. Bonita, elle, a disparu mystérieusement vingt ans auparavant. On ne sait pas ce qu'elle est devenue. Neveah est persuadée que Keith l'a tuée et a brûlé son corps. Roman apprend que Dante a de sérieux problèmes avec un des deux gangs qui dirige la ville. À sa tête, il y a Torrent et Tranquil, deux frères psychopathes. Dante leur doit beaucoup d'argent et c'est Roman qui va tout organiser pour sauver sa famille et l'entreprise familiale. Je vous laisse découvrir comment il va parvenir à ses fins. L'ensemble est bien mené mais je ne me suis attachée à aucun des personnages qui ne sont pas spécialement sympathiques ni d'un côté ni de l'autre. Une déception en ce qui me concerne. Ce roman peut faire partie du challenge Un hiver polar d'Alexandra. Lire le billet d'Alex-mot-à-mots, pas plus convaincue que moi.
* Camilla Läckberg, La Princesse des glaces, Babel noir N°61, 2012, 509 pages
(trad. du suédois par Lena Grumbach & Marc de Gouvenain,
1ère éd. française chez Actes Sud en 2008, EO 2004)
* Adaptation BD d'après le roman: Léonie Bischoff (des.) & Olivier Bocquet (scén.),
Casterman, 2014, 126 pages
Pour ce dixième mois chez Cléanthe, j'ai eu l'idée de revenir vers un titre que j'avais découvert alors que la série dont il est désormais la "tête de liste" comptait seulement trois ou quatre volumes. Elle en comprend désormais 11, et le dernier titre (à ce jour), Le nid du coucou, est paru en 2022 en suédois, en 2024 en français, et son édition en Babel noir est annoncée pour avril 2026.
En ce qui concerne La princesse des glaces, ce roman de 500 pages met en place tout l'univers d'une petite ville suédoise, sous la plume d'une autrice omnisciente qui nous fournit une multitude de détails (lieux, pensées, actions de telle ou telle personne narrés presque minute par minute). Camilla Läckberg est elle-même originaire de la ville (véritable) de Fjällbacka (selon wikipedia [consulté le 15/02/2026], elle compte moins de 1000 habitants sur une étendue d'un kilomètre carré).
Le personnage principal de ce polar suédois est Erica Falck, une jeune femme écrivain qui est revenue dans la maison familiale à Fjällbacka après la mort de ses parents, pour faire du rangement et trouver l'inspiration afin de rédiger son prochain livre, une biographie d'une écrivaine, sa cinquième. Lors d'une promenade, elle est l'une des premières à découvrir le cadavre d'une amie d'enfance, Alexandra, qu'elle n'avait plus vue depuis 25 ans, avant d'appeler la police. Nous ne découvrirons le commissariat qu'après la page 70. Il s'avère assez rapidement que, si la mise en scène évoquait un suicide (le cadavre, dans l'eau d'une baignoire gelée en surface, avait les poignets ouverts), celui-ci doit être écarté: il s'agit d'un assassinat.
Entretemps, les parents d'"Alex" avaient demandé à Erika de rédiger un article sur leur fille destiné à être publié dans le journal local. Elle va donc chercher à en savoir davantage... en rêvant d'en tirer l'inspiration pour une écriture romanesque! Du coup, elle est amenée à mettre le nez hors de chez elle et rencontre plusieurs personnes qu'elle avait connues dans son enfance et/ou sa jeunesse... J'ai remarqué que, p.72, il est question d'une ville de "12 000 habitants": erreur de traduction ou bien licence romanesque pour "avoir matière"?
Différents suspects seront successivement soupçonnés voire arrêtés, diverses pistes suivies. En parallèle à l'histoire purement policière, il faut attendre plus de la moitié du roman pour qu'une grande scène (digne d'un Harlequin "Audace") plante le décor pour la suite de la série... L'enquête en cours sera résolue à la fin de ce tome, comme ce sera ensuite le cas dans les autres volumes. Je ne dirai pas comment, mais seulement que, à chaque fois, se mêlent le présent des personnages et des "affaires" datant de plusieurs décennies, parfois de plusieurs siècles dans d'autres tomes, avec souvent des révélations de "secrets de famille".
Ceux qui découvrent aujourd'hui la série ont désormais la chance de pouvoir lire ses différents volumes à la suite. Le "centre" de la série, avec comme fil conducteur Erica elle-même, est constitué par le commissariat, son équipe et les proches des policiers ou autres personnels. Alors que la rédaction de la douzaine de volumes s'est étendue sur une vingtaine d'années, la vie des personnages se déroule plus lentement (quelques années seulement). Le fait d'avoir fait commencer l'action quelques années avant la date de publication a permis de développer une chronologie "alternative", sans obligation de tenir compte de l'actualité. Au début de la série, dasola me ramenait les volumes au fur et à mesure de leur acquisition par la bibliothèque du personnel de son employeur, mais j'avoue avoir "lâché l'affaire" au bout de quelques tomes, il y a déjà un certain temps.
Je noterai enfin que, parmi les titres de l'"Extrait du catalogue" de Babel noir figurant en fin d'ouvrage, il y a Millenium II (N°52). Cela ne nous rajeunit pas.
P.S.: pour répondre à la question de Nathalie ci-dessous, je précise que, si j'ai apprécié cette relecture, je pense que seule une occasion spéciale comme un nouveau confinement pourrait me décider à prendre le temps de me plonger dans l'intégralité de la série! J'ai tellement d'autres lectures "prioritaires" dans mes PAL & LAL... ;-/
P.S.2: pour la question d'Anne-yes: je pense qu'à un moment, j'ai dû lire le tout dernier tome alors sorti, et puis j'ai eu bien d'autres lectures et d'autres envies ou priorités en LAL... et n'ai jamais "raccroché les wagons" à la sortie du tome puis des tomes suivants, tout simplement ("situation de fait" bien davantage que "décision")!
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Si j'avais déjà lu le roman (en édition "grand format" et non en Babel noir), je ne connaissais pas son adaptation en bande dessinée, et j'ai souhaité la découvrir pour la présenter à l'occasion de ce challenge. J'ai eu un peu de mal à me la procurer. Le bibliothécaire qui me l'a ramené de leur "réserve" m'avait amené en plus un autre tome qu'ils possèdent aussi (et que je n'avais pas demandé), je l'en ai remercié mais ne l'ai pas pris. J'ai en tout cas appris à cette occasion que les trois premiers tomes de la série BD ont été adaptés, de 2014 à 2018, mais pas les suivants, j'ignore pourquoi (peut-être en rapport avec les ventes, ou bien avec les droits à payer, vu le succès grandissant des romans? Pures hypothèses de ma part).
Pour faire tenir un roman de 500 pages en 120 pages dessinées, la bande dessinée a, bien évidemment, dû tailler jusqu'à l'os nu. Très intelligemment, cet album a pour prologue une galerie des portraits de quelque 18 personnages qui se présentent en quelques mots, brisant le quatrième mur.
En symétrie avec cette "ouverture", un "épilogue" en trois pages presque muettes (que je ne vous ai pas photographié) livre la clé du mystère, alors que celle-ci est confirmée, dans le roman, lors d'un entretien entre deux personnes qui dure une dizaine de pages.
Le nom de la dessinatrice me disait quelque chose (pas forcément les dessins, plutôt torturés). Vérification faite, c'est elle (Léonie Bischoff) qui a dessiné le joli conte qu'est La longue marche des dindes. Quant à Olivier Bocquet, romancier, il a collaboré comme scénariste avec de nombreux dessinateurs.
Nulle part où revenir d'Henry Wise (Editions Sonatine, 425 pages) est un premier roman prometteur qui se passe dans la région de la ville de Richmond en Virginie, de nos jours. L'histoire commence avec l'incendie d'une maison avec un homme à l'intérieur. Cet homme noir, Tom Janders, était mort avant que le feu ne se déclare. Un ami d'enfance, Will Seems, un blanc qui vient d'être nommé adjoint du shérif de la ville où s'est passé le drame, décide d'enquêter. Il est revenu après dix ans d'absence qu'il a passés à Richmond. Zeke Hathom, un homme qui était près de la maison, est tout de suite soupçonné car il n'a pas vraiment d'alibi. Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Le shérif Mills est convaincu de sa culpabilité. J'ai cru au début que Mills était un flic pourri, ce qui n'est pas entièrement le cas, quoique... La femme de Zeke fait engager Bennico Watts, une femme noire, détective privée. Cette dernière collabore tant bien que mal avec Will pour trouver qui a tué Tom Janders. Tom était l'amant de Farriday Pace, une jeune femme blanche, la mère de sa fille, un bébé de 11 mois. Will Seems s'occupe aussi de Sam Hathom (qui a du mal à décrocher de la drogue), un autre copain d'enfance qui est par ailleurs le fils de Zeke. On se demande comment l'histoire va se terminer même si on sait avant la fin qui a tué Tom et pourquoi. Si vous avez aimé les romans de Chris Offutt ou S.A. Cosby ou même ceux de David Joy, ce roman peut vous plaire.
J'ai à nouveau pris l'idée de cette lecture chez Alexandra (Je lis Je blogue) dans le cadre de son challenge Un hiver polar qu'elle organise jusqu'au 20 mars prochain. Proies d'Andrée A. Michaud (Editions Rivages Noir, 380 pages) m'a permis de découvrir cette romancière québecoise. J'avoue que je n'ai pas eu le coup de foudre. L'intrigue est plutôt mince et on connait le "méchant" de l'histoire assez vite. Je n'ai pas vraiment ressenti d'empathie pour les victimes. J'en suis désolée. J'ai d'ailleurs eu du mal à entrer dans ce roman. Je me suis demandée si je n'allais pas l'abandonner et puis à partir de la page 72, je l'ai lu assez vite. Abigail, Alexandre et Judith, 16 ans tous les trois, ont décidé de passé trois jours seuls à camper dans la forêt près du village Rivière-Brûlée. L'histoire se situe non loin de l'état du Maine aux Etats-Unis. Dès le premier jour, ils sentent qu'on les observe. Pendant ce temps, une fête foraine se prépare dans le village. Un habitant de Rivière-Brûlée, le "prédateur" de l'histoire appelé Gerry Nantel, un marginal qui porte un masque, attaque les trois jeunes gens. Abigail (Aby) après avoir été ligotée à un arbre et blessée au couteau va se vider de son sang sans que personne ne s'en aperçoive. Et elle meurt. Celle que Gerry voulait attraper était Judith. Cette dernière s'enfuit tout comme Alexandre. Judith est bien évidemment traumatisée avant de retrouver sa famille et Alexandre se perd dans la forêt. A partir de là, il ne se passe pas grand-chose. Pour me faire une idée plus favorable de Mme Michaud, il faudrait peut-être que je lise Baignades ou même Bondrée. J'ajouterais que les termes québécois pas toujours compréhensibles qui émaillent le récit ne m'ont pas gênée.
Grâce à Alexandra (Je lis je blogue) et à son challenge Un hiver polar, je viens de terminer en même pas deux jours Kalmann de Joachim B. Schmidt (Folio Policier, 367 pages haletantes,2023), un polar écrit par un "Suisse allemand" qui vit en Islande depuis 2007. Et l'histoire se passe justement en Islande, à Raufarhöfn (le village le plus septentrional d'Islande), 173 habitants dont Kalmann, le "simplet" du village. Il est le narrateur du roman. Depuis que son grand-père qui perd la tête est dans une maison de retraite, Kalmann, presque 34 ans, est le seul pêcheur de requin gris du Groenland (ou laimargue du Groenland) de la région. Il est très doué dans la fabrication du requin fermenté (faisandé) qui demande une longue préparation. Les morceaux de requin fermenté s'appellent Hakarl (requin en Islandais). J'ai appris que ce requin pouvait vivre presque 500 ans dans les profondeurs des eaux polaires de l'Atlantique nord. Pour en venir à l'intrigue, Kalmann, né d'un père américain qui est reparti aux Etats-Unis depuis longtemps, aime porter un chapeau de cow-boy et une étoile de shérif et il porte aussi un revolver a priori non chargé. Kalmann est quelqu'un qui peut piquer des grosses colères, qui n'aime pas la foule et qui déteste le changement. Il a une mère qui est infirmière à Akureyri. Elle vient le voir dès qu'il sent qu'il ne va pas bien. Kelmann est très seul, les gens se moquent parfois de lui. Un jour, alors qu'il est à la recherche d'un renard polaire à fourrure bleue baptisé Schwarzkopf, il voit une très grande tache de sang dans la neige. Après analyse, il s'avère que ce sang appartient à Robert McKenzie, un homme qui est en train de provoquer la ruine du village à cause des quotas de pêche. On se demande jusqu'au bout ce qui est arrivé à McKenzie. J'ai trouvé ce roman bien mené avec du suspense. Et on s'attache bien évidemment au personnage de Kalmann qui suggère que McKenzie pourrait avoir été tué par un ours polaire venu du Groenland.
Lors du lancement du challenge, ce titre était une suggestion d'Alexandra que je remercie à nouveau. J'ai vu à la fin de l'ouvrage qu'un nouveau titre, Kalmann et la montagne endormie, avait été publié en 2025. Je pense que je le lirai. Lire les billets de Belette2911 et Actu du noir, Shangols.
C'est grâce à mon ami Ta d loi du cine que j'ai lu en une soirée une BD que j'ai beaucoup appréciée. Il s'agit de La dernière reine, un album écrit et dessiné par Rochette (Edition Casterman, 238 pages, 2022). J'ai trouvé l'histoire vraiment pas gaie dans l'ensemble. Dans le Vercors, il y a des centaines de milliers d'années, vivaient des ours (et des loups). En 1898, la dernière ourse est tuée, a priori. Emile Roux, un jeune garçon roux orphelin de père, aime bien se bagarrer, et a une passion pour les animaux en général et pour les ours en particulier. Avec sa mère, il vit dans les montagnes du Vercors. Quelques années plus tard, lors de la guerre de 14-18, il va être le seul survivant de son bataillon mais à quel prix. Il est devenu une "gueule cassée" qui va renaître, si je puis dire, grâce à une certaine Jeanne Sauvage qui fabrique des prothèses souples pour masquer les parties manquantes d'un visage. Elle est très douée et pleine de compassion. Entre elle et Emile, une histoire d'amour débute. Il l'emmène dans le Vercors, ils vivent une folle passion et il lui fait découvrir une grotte ornée où l'on peut admirer une très belle sculpture d'ourse (la dernière reine). Jeanne s'est spécialisée dans les dessins et les sculptures d'animaux. Emile l'incite à recréer une sculpture semblable. Elle pourrait enfin être reconnue comme une grande artiste. Mais c'est compter sans les aléas de la vie. Je vous laisse découvrir le reste de cette histoire d'où émane beaucoup de tristesse. Une histoire d'amour qui reste en mémoire. Il me faut noter tout de même que les couleurs sont très sombres sur tout l'album. Cela ne doit pas vous rebuter. Lire le billet d'Hélène.
Il faut noter que Jeanne et Emile croisent Picasso et Cocteau
Il y a des années, j'avais chroniqué un autre album de Rochette, Le loup.
Après Le grand monde et Le silence et la colère, je viens de terminer Un avenir radieux de Pierre Lemaitre (Edition Calmann Levy, 585 pages haletantes), le troisième tome de sa série "Les années glorieuses", j'ai à nouveau côtoyé la famille Pelletier qui s'est agrandie avec les deux enfants de Nine et François et la fille d'Hélène, cette dernière étant à nouveau enceinte. L'histoire se passe cette fois ci entre avril et mai 1959 à Paris et sa banlieue et à Prague. Colette qui a désormais presque 11 ans vit avec ses grands-parents Louis et Angèle. Le couple est très attaché à leur petite-fille qui n'est pas vraiment aimée par sa mère Geneviève, qui avait failli la rendre handicapée dans le tome précédent. En revanche, Geneviève couve littéralement son petit garçon Philippe, un garçon très perturbé. Jean Pelletier, le mari de Geneviève et l'aîné de la famille, est martyrisé par sa femme qui le méprise. Il est toujours à la tête des magasins Dixie. Hèlene, la soeur de Jean et François, travaille dans une radio en animant une émission nocturne. Quant à François, il est toujours journaliste et il coproduit une émission d'informations à la télévision. Il va se retrouver au coeur d'une affaire d'espionnage en prenant la place d'un futur transfuge à Prague, en Tchécoslovaquie. Le récit composé de petits chapitres alterne le récit. C'est toujours aussi prenant. Geneviève est de plus en odieuse. Jean continue d'avoir des pulsions criminelles qui restent toujours impunies. La petite Colette va être éprouvée dans sa chair. Louis tombe gravement malade. Et François va passer par des épreuves que je vous laisse découvrir. Le roman se lit donc d'une traite et j'attends de lire le quatrième tome qui vient de paraître. Je conseille de lire les romans dans l'ordre, en commençant par le premier. Lire les billets d'Athalie, d'Enna, mhf, Alex-mot-à-mots.
Pour accéder au livre présenté ci-dessous, il a fallu que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) le fasse venir de la "Réserve centrale" des bibliothèques de la ville de Paris. Peut-être que certains ont déjà vu le film que l'ouvrage avait inspiré, ce n'est pas mon cas. Avec lui, je participe en tout cas au challenge "Escapades en Europe - Voyages dans les littératures européennes" de Cléanthe, dont le thème de ce mois de janvier est "Istanbul".
Billy Hayes (avec collab. William Hoffer), Midnight express, France loisirs, 1988
(fin rédaction août 1976, EO 1977, trad. Danielle Michel-Chic, Presses de la cité 1986)
222 pages [âge de lecture: à partir de 16 ans?]
Cette "histoire vraie" se lit comme un polar, et c'en est plus ou moins un, d'ailleurs (une fois mon billet rédigé, je verrai si je peux l'inscrire à d'autres challenges!). Voici les premières lignes du chapitre 1 (sur 25): "L'aéroport international Yesilkoy est situé en pleine campagne, à une trentaine de kilomètres d'Istanbul, non loin de la côte". Le 7 octobre 1970, le narrateur à la première personne (William Hayes, né en avril 1947 s'y fait "attraper" avec, cachés sur lui, deux kilos de haschich (malchance!). Américain ou pas, en Turquie, les Turcs ne plaisantent pas avec le trafic de drogue: il se retrouve d'abord au commissariat de Sirkeci (près du port d'Istanbul), puis très vite en prison, à Sagmalcilar (à l'autre bout de la ville).
Dès la cellule commune du commissariat, il semble avoir la chance de sympathiser avec un "caÏd" local, attrapé, lui, avec 60 kilos. La première nuit qu'il y passe est l'occasion de méditer sur sa vie. William Hayes, né en avril 1947 selon Wikipedia consulté ce 15/01/2025), était un jeune homme de la classe moyenne américaine: père qui n'a pas fait d'études supérieures mais dont le salaire assure l'existence de la famille, mère vraisemblablement au foyer. Sa voie semble toute tracée par ses parents: lui ira à l'Université (catholique), aura ainsi un bon emploi, puis se mariera... Or nous sommes dans les années 1960, les études ennuient le gamin, peu motivé, qui ne les poursuit que pour conserver le sursis lui garantissant de ne pas partir au Viet-Nam (cependant que papa est choqué qu'il ne souhaite pas servir son pays!). Et puis la fumette..
Bref, le lendemain, on lui propose une liste d'avocats turcs, il en choisit un ayant fait ses études et même enseigné en Amérique. La première lettre qu'il envoie à ses parents pose un repère temporel (8 octobre 1970), les lettres envoyées et datées apparaîtront de loin en loin (souvent en début de chapitre) dans ce qui va devenir un séjour au long cours dans l'univers carcéral turc. Au chapitre 4, il arrive véritablement en prison (il n'a pas encore été jugé). On l'amène dans le quartier des étrangers (le kogus). Il commence à s'inquiéter quand il apprend qu'un noir américain a pris douze ans et demi pour avoir eu 100 g de haschich sur lui. Il apprendra vite la musique... Ayant frappé le memisir Emin (le prisonnier chargé du kogus) qui l'importunait, il va faire connaissance avec la bastonnade, appliquée (par une matraque en bois dur d'un mètre de long) notamment sous la plante des pieds... (ce sera, semble-t-il, la seule fois de son séjour).
Je manque sans doute d'empathie, mais j'avoue que le "héros" de cette autobiographie ne m'est jamais apparu comme sympathique. Les deux kilos de "came", achetés 200 dollars à Istanbul, auraient eu une valeur de 5000 dollars (1970) à New York. il ne voulait pas les revendre (dit-il), mais les consommer personnellement et avec ses amis. Le livre se garde bien de dire si c'était son premier "voyage" ou non. Lors de son procès (attendu durant des mois), il écope de quatre ans et deux mois pour possession de haschich. À propos de voyage, j'ai été intéressé par la découverte, au détour d'une page, de ce que signifiaient différents trains possible, dont l'express de minuit, l'omnibus légal, ou plus loin le train de transfert.
Les années passent, politique intérieure turque, politique intérieure américaine (Nixon) et géopolitique (lutte contre la production... d'opium) influencent les relations entre les deux pays (William étant au mauvais endroit au mauvais moment!). Le procureur turc a fait appel a minima, un nouveau procès porte la peine de notre Américain à perpétuité (pour trafic de drogue cette fois-ci), ramenée à 30 ans par le juge qui ne peut réduire davantage. Ses parents le soutiennent (sans approuver ni ce qu'il a fait, ni ses plans d'évasion), le financent... Nous avons le récit de sa vie quotidienne, de ses interactions avec co-détenus et gardiens., de ses espoirs (être extradé vers son pays par un gouvernement turc plus compréhensif...), des démarches de ses parents et ami(e)s...
Son "retour à la maison" interviendra en octobre 1975 (William cite p.181 une définition du [poète] Robert Frost: "la maison est l'endroit où l'on vous accepte toujours lorsque vous devez y aller"). L'une de ses premières démarches est de contacter plusieurs agents littéraires, directeurs de maisons d'éditions et producteurs de cinéma. Son "avance" pour le livre lui a permis de rembourser la seconde hypothèque prise par son père sur leur maison afin de lui apporter en prison nombre de billets de 100 dollars bien dissimulés... (un ex-co-détenu lui en a arnaqué une bonne partie).
Le livre, et surtout le film, je suppose, ont dû donner une mauvaise image de la Turquie à l'étranger (particulièrement en Amérique). De la même manière, je pense, qu'aujourd'hui l'opinion publique américaine touchant notre capitale est certainement davantage forgée par leur feuilleton Emily in Paris que par ce que peut dire ou faire Emmanuel à l'Elysée ou par les actions des millions de Parisiens ou même de Français!
Mr K, du blog cafard at home (Le Capharnaüm éclairé), avait parlé de ce livre en 2013.
Comme premier "billet du sept" de cette nouvelle année 2026, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente un ouvrage de l'un des collaborateurs actuels de Charlie Hebdo, mais qui ne l'était pas encore lors du massacre intervenu à la rédaction il y a 11 ans. C'était aussi un mercredi, je me souviens que j'étais au boulot et que c'était ma chef qui m'avait annoncé la nouvelle de l'annonce médiatique qu'une attaque avait eu lieu à Charlie.
L'album que je présente aujourd'hui a, lui, un quart de siècle.
Vuillemin, Y a rien de plus beau que le boulot,
L'écho des Savanes / Albin Michel (CEFAM), 2001, 64 pages
J'ai déjà parlé de [Philippe] Vuillemin lorsque j'avais évoqué l'an dernier Y a pas photo!, sélection de dessins publiés dans Charlie Hebdo parue en 2019.
Même si l'information ne figure pas sur Wikipédia (sauf erreur de ma part, ni dans la page Vuillemin ni dans celle de Libération consultées ce 7 janvier 2025), il semble que le dessinateur ait collaboré plusieurs années avec le Libération de Serge July.
Dessin figurant en exergue de l'ouvrage (page de gauche)
J'avoue être fan de son humour (même si souvent trash). J'ai compté au total 46 grands dessus (chacun occupant la moitié supérieure d'une page). Voici ma petite sélection de citations...
Pas de pagination dans cet album (ni non plus de "référence" à la date de première publication)
... Ce qu'on appelle la voix de la nature?
L'humour crade se montre capable de rire de tout, en exagérant les situations (je connais le cas d'une cycliste à qui un camion avait roulé sur les jambes en plein Paris - les joies de "l'angle mort". De longs mois de rééducation après opération s'ensuivirent...).
Tous les dessins ci-dessus, comme signalé, viennent des "hauts de page". La cerise sur le gâteau (l'argument pour vous inciter à prendre en main vous-même l'album!) est que les "bas de page" sont occupés par ce qui semble être une immense frise qui se poursuit sur toutes les pages, à savoir la suite de la file d'attente devant le guichet figurant sur la couv' (pour les "jeunes", je rappellerai qu'il s'agissait de l'ancien nom de l'une des deux composantes de l'actuel "France Travail", avant qu'ANPE et les ASSEDIC soient fusionnés en 2008 en Pôle emploi, désormais renommé en "France travail" depuis 2024... Tout un programme!). Une galerie croquignolette de profils (... variés!), dont la clé se trouve en quatrième de couverture (que j'aurai la cruauté de ne pas vous montrer)!
L'extrait ci-dessus est simplement celui qui m'a le plus fait rigoler!
De nos jours, dans Charlie, Vuillemin publie régulièrement un "strip vertical" de quelques cases racontant une historiette. Il assure aussi régulièrement la couv' une colonne dans l'hebdomadaire, dont il illustre parfois la couverture. Les dessins que j'avais choisis pour le bas de mon article précédent (déjà cité) le montraient bien.
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Même s'il n'est pas de Vuillemin et n'a aucun rapport avec Charlie, je tenais à glisser dans ce billet un extrait de l'un des albums de la série BD Les Vieux fourneaux (des. Cauuet, scén. Lupano) sur un thème connexe.
"L'avaleur travail" (slogan de la vignette médiane), in Chauds comme le climat, septième tome de la série, p.6.
Peut-être qu'un jour, afin de poursuivre laborieusement dans la même veine, je trouverai matière à vous parler de ma propre découverte des joies de la retraite progressive...
Je viens de terminer dans le train du retour de mes vacances L'amulette (Edition Monsieur Toussaint Louverture, 480 pages), le tout premier roman de Michael McDowell qui date de 1979 et qui vient donc de paraître en français. Comme dirait l'autre, c'est du "lourd". Que de morts : 7-2-2-1-2-2 et encore 2 et 2 avant la destruction finale d'une usine d'armement qui fabrique des fusils. Tout commence en mars 1965 à Fort Rocca, en Alabama. Nous sommes en pleine guerre du Vietnam. Dean Howell n'ayant pas eu de travail en usine a été tiré au sort pour partir combattre. Lors d'un entrainement, un fusil avec lequel il s'exerce lui explose à la figure, le laissant gravement blessé. Désormais, réduit à un état végétatif, il est veillé à Pine Cone par sa mère obèse, Josephine Howell, et son épouse Sarah. Jo(sephine) est une femme méchante, aigrie et paresseuse qui traite sa bru Sarah comme une domestique. Sarah est une femme sensible qui travaille sur une des chaînes de fabrication de fusils dont l'un a blessé Dean Howell. C'est pourquoi Jo s'est prise de haine pour toute la ville de Pine Cone où elle habite. Inconsciemment ou non, on ne saura pas vraiment, c'est elle qui va être à l'origine de la tragédie s'abattant sur la ville. Elle offre une belle amulette à un certain Larry qui n'avait pas pu proposer un poste à Dean dans l'usine. Cette amulette est ronde, noire et a des bords dorés (de l'or?). La chaînette est fine sans fermoir apparent, sauf quand quelqu'un la met autour du cou. Les conséquences sont immédiates, la personne qui la porte perd tout contrôle d'elle-même et se met à tuer avant de se tuer elle-même. Cette amulette va passer de cou en cou (si je puis dire) avec comme conséquence des gens qui meurent, de manières toutes plus horribles les unes que les autres. Sarah, qui a deviné que cette amulette est ensorcelée, essaye de la retrouver pour la détruire, mais c'est toujours trop tard, jusqu'à la fin que je ne vous dévoilerai pas. Un vrai "page-turner" gore mais qui garde une certaine distance. McDowell était vraiment sans pitié pour ses personnages à quelques exceptions près. Après Blackwater (je n'ai lu que les trois premiers tomes), Les aiguilles d'or, Katie, Lune froide sur Babyloneet avant Les luminaires à paraître en 2026, L'amulette se lit bien, je vous le conseille.
Comme promis, voici mon billet sur Rosa & Björk de Satu Ramo (Seuil cadre noir, 429 pages) qui est la suite d'Hildur. On a le plaisir de retrouver Hildur et son collègue Jakob (qui continue de tricoter, qui vit avec la mercière/hôtesse de l'air de la ville et qui a des relations de plus en plus houleuses avec son ex-femme) et sa cheffe Beta, trois mois après les événements précédents. Nous sommes donc en février et mars 2020. Il y a plusieurs allusions à l'épidémie de la Covid 19 qui va bientôt se propager en Islande. Un politicien local, Hermann Hermannsson, est tué à bout portant sur une piste de ski avec une carabine de marque Sako. A peu près à la même période, un médecin meurt dans un accident d'avion. Il y a un lien entre les deux morts. En parallèle, Hildur continue ses investigations pour savoir ce que sont devenues ses deux petites soeurs après que l'on ait retrouvé leurs sacs d'école. Il y a quelques courts chapitres qui narrent les mois ayant précédé la disparition de Rosa et Björk. L'histoire se concentre surtout sur Rakel, la mère d'Hildur, Rosa et Björk. On apprend des choses sur cette femme tourmentée. On en saura plus à la fin de ce tome qui évoque les violences faites aux femmes en général. Ce tome m'a autant plu que le premier. J'attends le troisième tome avec intérêt. Il s'agit en effet d'une trilogie. Lire les billet de Baz'art, Eva, Bruno Menetrier et Eimelle.
Je passe derrière pas mal de blogueuses pour chroniquer Hildur de la romancière finlandaise Satu Rämö. J'ai beaucoup aimé ce volume parlant d'une vie d'inspecteur de police à Isafjordur dans les fjords de l'ouest de l'Islande.
Hildur (Seuil, cadre noir, 441 pages) se réfère donc au personnage principal du roman. Nous sommes en octobre 2019, Hildur a la trentaine et est célibataire. C'est une passionnée de surf qu'elle pratique régulièrement dans les eaux Islandaises. Pour toute famille, elle n'a plus que sa tante Tinna, devenue aveugle. En effet, les parents d'Hildur sont morts dans un accident de voiture et ses deux petites soeurs, Rosa et Björk, 6 et 8 ans, ont disparu 25 ans plus tôt à l'entrée d'un tunnel en revenant de l'école. On ne sait pas si elles sont mortes ou vivantes. Hildur ne s'est jamais vraiment remise de ce qui est arrivé. Hildur a une cheffe nommée Beta avec qui elle s'entend bien et elle est désormais secondée par un stagiaire finlandais, Jakob Johanson, qui une passion pour les tricots islandais. Il en tricote lui-même. Jakob a beaucoup de problèmes personnels avec son ex-femme qui fait tout pour qu'il ne puisse pas parler avec son petit garçon Matias. Le trio Hildur, Beta et Jakob, va être appelé à enquêter sur la mort d'un pédophile dans une avalanche (il a été égorgé avant). Un autre meurtre a lieu à Reykavik et enfin Freysi, l'amant d'Hildur, est assassiné. Y-a-t-il un lien entre les trois meurtres? Je vous laisse le découvrir. C'est un roman qui se lit agréablement grâce à de courts chapitres. A la fin, on reste avec des interrogations comme "que sont devenues Rosa et Björk?" C'est pourquoi, je me suis empressée de me procurer le deuxième tome que je viens juste de terminer et dont le titre est justement Rosa & Bjork et dont je vous parlerai l'année prochaine. Lire le billet de Cath L qui renvoie à d'autres blogs, Bruno Menetrier, Baz'art.
J'en profite pour vous souhaiter un très bon réveillon de fin d'année.
Dessin Kanoka TANA, scénario Aito AOYAGI: Once Upon a Crime, T.1 (sur 4),
sept. 2025 en France (2023 au Japon)
Le Petit Chaperon Rouge est en retard... Et, brisant le quatrième mur, il commence à nous expliquer pourquoi (il a résolu bien des mystères)! Il est vrai que le sous-titre de ce premier tome semble être "les enquêtes du petit chaperon rouge". Comme on voit, ceci est un détournement... de plusieurs de nos contes européens traditionnels, à la sauce japonaise. Tout commence au royaume du clair de lune (sic!), où notre chaperon (1) se trouve en butte aux avances d'une ... fée (?) rondouillarde, qui tient à toute force à améliorer sa vêture. Du coup, ses chaussures tombent dans l'eau d'une rivière, et notre fillette n'a plus qu'à courir après!
En chemin, elle rencontre... Cendrillon, de son côté toute triste, pieds nus et les mains abimées. "Pourquoi, pourquoi, pourquoi?", interroge notre chaperon. "Mes soeurs vont au bal, je suis la seule qui n'y sera pas". Et hop, réapparition de la... non, on ne la nomme décidément pas "fée", mais "magicienne louche", qui se prénomme Barbara!
(pas de numéro de pages, mais cette rencontre a lieu vers le début du volume - à croire que "Fée" serait une marque protégée?)
Et c'est une autre "magicienne" (Tecla, la nièce de la première?) qui fournira "ex nihilo" les "fameux" (?) souliers de verre, garantis pour durer une semaine (et non jusqu'à minuit, contrairement au produit de la transformation par Barbara de la citrouille et des souris dénichées par Cendrillon. Je m'arrête là pour cette "mise en bouche", mais il y aura un meurtre et une enquête, à laquelle s'associeront le prince et son grand chambellan...
Je ne sais pas si c'est une question de culture, mais j'avoue que je connaissais davantage la version "pantoufle de vair" (peau d'écureuil, je crois bien) que "soulier en verre" (escarpins à talons hauts - presque aiguille, en plus!). Cela m'a fourni l'occasion de découvrir qu'il semble que ce soit Balzac qui le premier ait introduit, en 1841, l'écureuil dans l'équation (Wikip', consulté le 28/12/2025, est mon ami!).
Une fois la première énigme résolue (nous sommes à peu près à 60% de ce volume), notre Petit Chaperon Rouge se remet en route... pour poursuivre son voyage (enchanté?). Cette fois-ci, l'aventure sera titrée "La destruction de la chambre close sucrée" (on est en N&B, j'ignore donc si elle est jaune!). Il y aura un loup et deux enfants, on assiste à une scène terrible dès le départ, pan!
Alors, à votre avis, conte de fée ou de sorcière? Nous n'aurons pas encore, à la fin du volume, la manière notre enquêtrice débrouillera les choses (évoquera-t-elle Barbara avec la "patte de lapin" que cette dernière lui avait laissée?). J'avoue que ce début de deuxième épisode m'a un peu fait songer à Monster (de Naoki Urasawa). Finalement, afin de ne pas être trop frustré (comme j'ai pu l'être) en ne sachant pas ce qui se passe ensuite, je crois que je conseillerais d'attendre que les quatre volumes soient parus en français afin de pouvoir les lire à la suite. Le T.2 est sorti fin octobre 2025 (mais ne se trouve pas encore en bibli parisienne), le T.3 est annoncé pour mars 2026, je suppose que le dernier tome sera paru d'ici un an!
Merci à Fanja chez qui j'avais trouvé l'idée de chroniquer (le début de) cette série. Le nocher des livres en a parlé très récemment, Espritotaku dès septembre.
Le livre des prodiges d'Oliver Ciechelski (Edition du Rouergue noir, 365 pages) est le deuxième titre du romancier qui est aussi "script Doctor" et il enseigne le scénario à Paris. Je ne savais pas que je m'aventurais dans une histoire pas très classique. Nora, une jeune femme noire sortie première du concours d'officier de police est toujours patrouilleuse dans le commissariat où elle affectée. Il s'agit de Gennevilliers et de son importante zone portuaire. Sur presque une page, le romancier fait la liste de toutes les marchandises arrivées par conteneurs. Une vraie liste à la Prévert. C'est impressionnant. Olivier Ciechelski a une écriture bien à lui qui sort des sentiers battus. Nora est une personne très croyante qui va souvent voir un prêtre dans une église proche. Lors des patrouilles, Nora est accompagnée de Djabri (un vieux policier désabusé) et de William, une jeune recrue sous-brigadier qui tombe amoureux de Nora. Les autres policiers (hommes) la méprisent et se moquent d'elle. Une nuit dans un conteneur, plusieurs femmes et un bébé venus d'Afrique sont découverts inanimés, crime ou accident? Nora s'empare de cette affaire au grand dam de sa hiérarchie qui lui met des bâtons dans les roues. On saura pourquoi vers la fin du roman. Une femme avec une béquille a vu ce qui s'est passé avec le conteneur et à un moment donné, elle sauve la vie de Nora avant de disparaître. Pendant l'enquête, Nora croisera des prostituées et une mère maquerelle qui ne sont pas inquiétés par les collègues et le chef de Nora. Le surnaturel intervient de temps en temps dans cette histoire qui ne se termine pas forcément très bien. Olivier Ciechelski est une nouvelle voix intéressante du polar français. A découvrir.
Paul Féval, La fée des grèves, Gründ, coll. Bibliothèque précieuse, 1954 (DL 1952), 252 pages
(première publication: 1850)
Nous sommes en 1450, période de la fin de ce Moyen-âge où les fées étaient fréquentes. Et, comme le laisse voir l'image de couverture, l'histoire contée se déroule dans la baie du Mont-Saint-Michel. Le contexte historique est globalement respecté par Paul Féval, sans être forcément très explicite (ce n'est sans doute pas le sujet principal). Nous sommes dans une période où le Roi de France tente de mettre la main sur le duché de Bretagne, cependant que les Anglais ne sont pas loin, même s'ils ont été en grande partie chassés du royaume. Le roman commence alors que le duc de Bretagne François Ier de Bretagne (1414-1450) se voit publiquement reprocher d'avoir suscité l'emprisonnement puis surtout la mort de l'un de ses frères cadets, Gilles de Bretagne (1420-1450), lors des funérailles organisées pour celui-ci. Le téméraire accusateur, Hue de Maurever, ancien écuyer de Gilles, réussit à s'éclipser après son défi. Mais la fée des grèves? Patience!
Bien des personnages gravitent autour de Hue et de François. Deux écuyers plus ou moins cousins (à la mode de Bretagne?), l'un de 20 ans et l'autre de 35, Aubry et Méloir. Un village d'une dizaine de maisons, dont le "paysan libre" qui en est le plus notable a deux enfants (Julien et Simonnette), anciens compagnons de jeu de Reine (16 ans), fille de Hue le proscrit. Jeannin, blondinet de 20 ans sans le sou, est amoureux de Simonnette. Lors de la "veillée de la Saint-Jean" (?) est évoquée la légende de la fée des grèves, capable d'exaucer tout voeu de qui ose l'attraper (chapitre V, p.33). Or il manque à Jeannin 50 écus (dont il n'a pas le premier liard) pour oser demander à ses parents la main de Simonnette. Quand passe la fée devant la maisonnette (p.74), il n'hésite pas à la courser jusque sur la grève...
p.35: "La Fée des Grèves allait jouer son rôle.
La Fée des Grèves! L'être étrange dont le nom revenait toujours dans les épopées rustiques, racontées au coin du foyer.
Le lutin dans les grands brouillards.
Le feu follet des nuits d'automne.
L'esprit qui danse parmi la poudre éblouissante des mirages de midi.
Le fantôme qui glisse sur les lises dans les ténèbres de minuit.
La Fée des Grèves! Avec son manteau d'azur et sa couronne d'étoiles!"
Je le rappelle, ce livre a été écrit en 1850. Or il contient quelques belles pages sur les risques d'ensevelissement dans la "tangue" de la baie du Mont Saint-Michel, à marée montante. De son côté, Victor Hugo a écrit, dans Les Misérables publié en 1867, des pages saisissantes sur le risque d'enlisement mortel en baie du Mont Saint-Michel, juste avant l'épisode du fontis que franchit Jean Valjean portant Marius. Mon niveau d'érudition ne me permet pas de savoir s'il avait lu Paul Féval ou bien si tous deux se référaient à une source antérieure... ou encore s'ils avaient fréquenté le Mont Saint-Michel et/ou eu vent de ce que pouvait transmettre la culture populaire à propos de sa baie...
Paul Féval (1816-1887) reste de nos jours surtout connu pour Le bossu (roman "de cape et d'épée" publié un peu plus tard, en 1857). Né à Rennes (père magistrat qui meurt en 1827, mère de noblesse bretonne), il est "monté" à Paris en 1837 et y a caressé l'espoir d'une carrière littéraire. Même si j'en possède désormais quelques autres (Le loup blanc, Le cavalier Fortune), je crois que La fée des grèves est le premier livre de lui que je m'étais offert (d'occasion, déjà! - 3,00 francs, à l'époque), il y a plus de 45 ans.
Pour les beaux yeux de Reine qui courait les grèves afin de ravitailler son père caché à Tombelène, les villageois rejoints par Aubry y soutiendront un siège épique contre des soudards menés par Méloir. Dans ce combat picaresque, un Frère Bruno (de l'abbaye du Mont) accomplit des prouesses dignes de Frère Tuck. Féérie? C'est une sorte de lunette d'approche (un tube garni de lentilles de verre - même si l'invention officielle en est postérieure d'un ou deux siècles pour le moins) qui permettra à Aubry de repérer Reine prisonnière de Méloir dans les sables mouvants et d'arriver à temps pour la sauver. Une fois François Ier (de Bretagne) mort, les deux couples pourront convoler. Mais quand j'ai dit cela, naturellement, je n'ai presque rien raconté des péripéties qui se succèdent sur 250 pages!
La fée des grèves demeure, à mon humble avis, plaisant à lire aujourd'hui. On est dans du "roman d'aventure médiévale", genre popularisé en Angleterre par Walter Scott à peine quelques décennies avant (Ivanhoé [1819], Quentin Durward [1823]). L'on sent que le titre s'inscrit aussi dans le "roman-feuilleton" et son tir à la ligne (dialogues percutants, descriptions, digressions). Je trouve fabuleux de songer que Paul Féval écrivait 400 ans après les événements qu'il raconte (même si on peut lui reprocher de ne pas souligner que Gilles avait été emprisonné pour complot avec les Anglais), alors que 175 ans nous séparent maintenant de sa rédaction, tellement "moderne" par rapport à la littérature d'Ancien Régime qui ne remontait guère qu'à 65 ans auparavant, une durée moindre que celle qui nous sépare aujourd'hui des débuts de notre Vème République (vertige de l'historien et/ou de l'amateur de littérature!).
Ce titre reste aujourd'hui trouvable dans plusieurs éditions plus ou moins récentes. La Maison Gründ avait une orientation "jeunesse", même si tous les titres de la "collection précieuse" n'étaient pas, dans la "liste interne", précédés de l'étoile indiquant qu'ils [pouvaient] être mis entre toutes les mains. J'ai découvert qu'il avait aussi existé une édition en "bibliothèque verte" Hachette datant, elle aussi, de 1952. Ne l'ayant jamais eu entre les mains, je n'en connais pas les illustrations. À noter enfin que, si le titre est, dans une autre Maison, aujourd'hui disponible tant en "neuf" qu'en numérique, on peut se demander si la personne qui a écrit la description du roman l'a lu ou non: elle se trompe de 90 ans par rapport à la date où se déroule l'histoire! Vite, un coup de baguette magique?
Quelques blogueuses en ayant parlé (liste non exhaustive): Claudialucia, Miriam, Camélia (nièce de Géraldine).
Comme pour beaucoup de monde je présume, ces trois premières semaines du dernier mois de l'année ont été plutôt chargées. Du coup, j'ai nettement moins blogué (heureusement que le blog de dasola - dont je [ta d loi du cine] suis seulement le "squatter" - ne dépend pas de moi pour vivre!). Cette phase trop "intense" étant passé, je vais essayer de rattraper mon petit retard. Je n'ai pu contribuer dans les temps au challenge de CléantheEscapades en Europe – Voyages dans les Littératures européennes dont le thème de décembre était "Contes de fée" pour être cité dans son billet récapitulatif, mais on a jusqu'à la fin du mois pour participer! Pour le challenge Littérature jeunesse chez Pativore, les thèmes mensuels suggérés ne sont pas obligatoires.
Dans ce livre, à un moment, il est question de Bach. Et d'une fugue, aussi. Cela fait plusieurs fois qu'un roman m'évoque le terme "choral" pour qualifier un livre, mais ici comme dans Blizzard, chaque (court) chapitre nous est raconté, à la première personne, par l'un des personnages, héros ou comparse. Cela commence avec la visite d'une assistante sociale qui ramène, dans une ferme, un enfant suite à un problème à son collège; quand elle parle de lui, elle en parle au passé. Et puis interviennent, séparément, un par un, les parents, puis les (nombreux) frères du premier gamin. La fratrie est composée de trois paires de jumeaux et du petit dernier...
En lisant depuis le début, en lecture séquentielle (sans tricher en sautant des paquets de pages), il m'a fallu attendre exactement la moitié du livre (p.76) pour avoir la "révélation" sur le pourquoi du comment de ce qu'il s'est passé, et l'évocation des sept "petits poucets". Il m'a semblé qu'ici, plusieurs "fées" bienveillantes apparaissent au fil de l'histoire: une étudiante noire, une boulangère (blanche?)... L'ogre, lui, est un "ami de l'ordre et de la justice" (du genre de celle qu'on rend soi-même), glaçant.
Bon, je ne vous raconterai pas toute l'histoire, le livre est suffisamment court pour être lu très rapidement, et d'autres blogs en ont déjà (bien) parlé, par exemple Manou chez qui je l'ai découvert (merci!), mais aussi Cristie, Monique, MyaRosa, Lisa (dernier billet en 2015), très explicite, Dibou (dernier billet en 2012!), Tralilou (dernier billet en 2022), Majanissa (dernier billet en 2020), Florinette il y a longtemps, l'ancien blog de Victor... et il y en a sûrement de nombreux autres. J'ai fait la grimace en découvrant les commentaires chez Viotetapoux.
Enfin, Blondin m'apprend qu'il existe une adaptation en BD!
Mais si vous ne l'avez pas encore découvert, qu'il vous suffise de savoir que Yann, "l'enfant Océan" qui a guidé ses frères pour aller à la mer, n'a pas subi le sort que l'on imaginait, avant de savourer ce livre estampillé "à partir de 10 ans"!
Je viens de terminer L'écho des ruines d'Harald Gilbers (Calmann Levy noir, 380 pages passionnantes), septième tome des enquêtes du commissaire Richard Oppenheimer. C'est toujours avec le même plaisir que j'ai retrouvé à Berlin ce commissaire de la Kripo (Police criminelle en VF) d'origine juive. Nous sommes désormais en mars 1949. Oppenheimer a réussi à survivre à la deuxième guerre mondiale sans être trop inquiété parce qu'il est marié avec Lisa, une non-juive, et qu'il est un très bon enquêteur. A Berlin, la ville n'est pas reconstruite, elle reste encore en friche. Des avions cargos ravitaillent plusieurs fois par jour, et même de nuit, Berlin ouest qui subit un blocus, qui se terminera en mai 1949. Dans ce volume, Richard Oppenheimer enquête sur trois hommes froidement exécutés et trouvés empilés dans une décharge. Il s'agissait de malfrats qui ne voulaient pas coopérer avec des jeunes en bande organisée. A Berlin, à cette époque, ces bandes qui se composaient de jeunes hommes de 18 ou 19 ans avaient des comportements violents allant jusqu'au meurtre. Pour les contrer, autour d'Oppenheimer, le groupe d'enquête "L'Echo des ruines" parcourt Berlin pour trouver le repaire du chef d'une bande repérable à ce qu'ils étaient coiffés d'un Borsalino et portaient un costume avait une pochette jaune à la boutonnière. L'enquête les emmène jusque dans des studios de cinéma. On apprend que le chef du gang qui s'appelle Jo a des complices parmi des policiers qu'il fait chanter. Gregor Wenzel, un collègue d'Oppenheimer, veut la "peau" de Jo pour une autre raison. Une fois de plus, Gilbers sait mener son récit de main de maître. Si vous n'avez pas lu les tomes précédents, ce n'est pas trop grave. C'est une histoire indépendante des autres. Mais j'espère que ce roman vous donnera envie de lire les tomes précédents. Je vous conseille le premier, Germania, et le deuxième, Les fils d'Odin. Les suivants sont très bien aussi. Lire le billet de bigmammy. Sinon, il y a encore au moins deux volumes pas encore traduits à paraître.
En ce 7 décembre 2025, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) poursuis mon exploration de l'oeuvre autobiographique de François Cavanna (1923-2014), fondateur du premier Charlie Hebdo et membre jusqu'à sa mort de la rédaction de l'actuelle série du titre. Cela fait plus de 18 mois que j'avais chiné ce titre de 1983, dans son édition d'origine (grand format) et non en réédition "poche" comme d'autres oeuvres de Cavanna déjà chroniquées.
Cavanna, Les yeux plus grands que le ventre, Belfond, 1983, 315 pages
Dans un autre titre, Maria, acheté ultérieurement et dont je parlerai une autre fois, l'"Avertissement" (p.9) dit: "Ce livre [Maria] est le cinquième d'une série autobiographique qui commença avec Les Ritals et continua avec Les Russkoffs, puis Bête et méchant, enfin Les yeux plus grands que le ventre".
Pour cet ouvrage qui est mon sujet du jour, p.9 aussi, l'exergue signée Cavanna annonce sobrement: "Ce livre aurait dû s'appeler "Mémoires d'un vieux con", mais le titre était déjà pris".
Alors qu'en fait (?!), cet ouvrage narre l'histoire d'une rencontre et d'une "histoire" entre une jeune femme de 28 ans (prénommée Gabrielle), mariée et mère d'un bambin d'un an, et Cavanna, la cinquantaine, en couple depuis 27 ans avec Tita et beau-père ou père de cinq enfants déjà grands (trois et deux). Il s'agit d'une autobiographie parfois "à la troisième personne", forme sans doute appropriée alors qu'il s'agit de "prendre du recul" (comme on pourrait dire). Gabrielle débarque à la rédaction, avec en projet un journal animé par son "collectif" d'assistantes sociales, psy, etc. ciblant les "seniors" (comme on ne disait pas encore) pour leur permettre de s'autonomiser... et c'est "l'indicible essentiel", comme [il] l'avait déjà su, trois fois, pas davantage, au cours de [sa] vie (p.16) - ils "concluront" environ un an plus tard, à l'improviste, une nuit de bouclage de leurs journaux respectifs (chapitre "Avant l'aurore, il y a l'aube", p.43). Petit retour en arrière sur l'aventure de ses hémorroïdes en mai 68 (avec Suzanne, proctologue, une éphémère - mais première blessure pour Tita). Et, encore plus loin, jusqu'à expliquer sa fascination enfantine (il emploie le mot "obsession") pour LA femme, en attendant l'Amour (adolescent timide!).
Le titre du livre, nettement plus polysémique que Les Ritals ou Les Ruskoffs, évoque bien les crises et les contradictions dont Cavanna va exposer les rouages, en long, en large et en travers, au fil des pages. Il mêle, dans cet exposé-analyse, l'avancée du temps, la vie professionnelle et la manière dont pour lui elle fonctionne, la relation aux autres en général et à la femme (... au pluriel!) en particulier. Et c'est là tout le "problème": en relation amoureuse avec ses deux femmes, et ne souhaitant (sincèrement?) faire de mal à aucune, il ne sait pas choisir, ne choisit pas, reste dans un flou inconfortable pour tout le monde, en veut et s'en veut... Il doit assumer une tentative de suicide ici, s'apercevoir là qu'il se conduit bêtement en "mâle jaloux" en refusant instinctivement la liberté réciproque... Cavanna se donne dans ce livre de fort grands airs d'égoïsme et d'égotisme, "très vulnérable aux tentations" même s'il rêverait de ne faire souffrir personne (contradiction dans les termes!). Il se complait peut-être un peu (mais c'est, comme toujours, brillamment écrit!) à faire comprendre que, conscient quelque part qu'il fait souffrir les deux femmes et lui-même, il laisse faire les choses par faiblesse sans trancher.
Et puis nous avons des anecdotes sur ses demeures successives ou simultanées (toujours bricoleur dans l'âme), sur sa basse-cour à la campagne (pintades, canards de Barbarie, chiens, chats...). Il nous parle de "ses" journaux (Hara Kiri, L'Hebdo Hara Kiri devenu Charlie Hebdo qui, lorsque l'ouvrage est rédigé, vient de cesser sa publication...). Notre auteur nous livre une vision de son processus d'écriture très personnel pour ses chroniques dans Charlie Hebdo: texte pondu à la dernière minute, en cherchant longuement l'inspiration, seul dans la nuit, juste pour le bouclage, chaque lundi, en s'étant désespérément efforcé de dire quelque chose d'original sur l'actualité chaude du moment, pour amener le lecteur de Charlie à se dire "oui, c'est ça que je pensais sans savoir l'exprimer"! Il a (pp.280-281) quelques pages définitives (et très pessimistes) sur la politique.
Vers la fin du livre, nous trouvons une (non moins définitive?) ode à la solitude (p.299): "les autres sont parfois - rarement - source de joie (par exemple quand j'aime, sexuellement ou autrement). Ils sont infiniment plus souvent source de contrainte, d'ennui, de danger. Par dessus-tout quand ils t'imposent leur amitié, leur gentillesse. Leur amour, jamais en résonance avec le tien", qu'a précédé (p.274) un lapidaire "La femme pense à l'homme. L'homme pense à soi". Bref, tout ça ne peut finir que par le suicide du rédacteur, bien entendu. En fait, comme chacun sait (puisque dit plus haut), Cavanna est mort en 2014, plus de 30 ans après la parution de ce "roman autobiographique". De son côté, Tita est morte en 2022, sans avoir contrepointé les dires et affres de Cavanna. Ou peut-être dans l'ouvrage posthume (2020) signé François Crève, Ducon!, que je finirai bien par dénicher aussi et par lire une année ou l'autre...?
Pas de rapport direct avec Cavanna, mais je souhaite signaler que je lis chaque semaine, dans les numéros actuels de Charlie Hebdo, des réactions (en général positives) de lecteurs à la proposition (boutade?) de faire entrer Charb au Panthéon (proposition lancée il y a deux mois). Pour ma part, je ne trouve pas cette idée plus bête (et méchante) qu'une autre! Donc allons-y, je suis "pour" aussi.
Avant de lire Eden qui est dans ma Pal depuis quelque temps, je viens de terminer le nouveau roman d'Audur Ava Olafsdottir, Dj Bambi (Edition Zulma, 197 pages). C'est une histoire narrée à la première personne par Logn, une personne transgenre qui, à 61 ans, attend d'être opérée du bas. Logn est le prénom que V. a choisi avant de pouvoir porter un jour le prénom de sa grand-mère Gudridur. Cela fait six ans que Logn attend. Elle est divorcée de Sonja, a un fils Kari et surtout un frère jumeau Trausti auquel il est très attaché. Trausti est né quatre heures avant lui. Le drame de Logn est qu'elle est née dans un corps masculin qui ne lui convient pas. Très jeune, elle aimait s'habiller en fille. Sa grand-mère ne lui a jamais fait de reproche. En revanche Logn a des rapports difficiles avec ses deux soeurs ainées qui lui en veulent de son état et d'avoir été le dernier à recueillir les paroles de leur mère. Trausti prend des nouvelles de Logn tous les jours. C'est un homme marié avec quatre filles et qui a quatre petits-enfants. Désormais Logn (ce qui veut dire en islandais: "absence total de vent" ou "calme plat") vit seul dans une copropriété pour senior. Il était biochimiste de formation. On s'attache au personnage de Logn qui ne pleure pas sur son sort. Il fait une description clinique de la vie qu'il mène. Il parle beaucoup de son enfance et de son attachement à sa grand-mère. Dans les toutes dernières pages, on a une révélation qui peut expliquer l'état d'esprit de Logn. Le roman évoque aussi les oiseaux comme les goélands qui provoquent des dégâts ou sont agressifs envers les humains. Un roman qui se lit bien. Le titre fait référence au fait que Logn a été disc-jockey et Bambi est un surnom que sa famille lui avait donné. Je conseille. Lire les billets de Pamolico, Sylire, Philisine Cave, Lettres exprès, Cathulu.
J'ai lu tout récemment La Menace atlante d'Yves Sente et Peter Van Dongen (Edition Blake et Mortimer, 64 pages) qui vient de paraitre. J'ai beaucoup aimé ce 31ème volume de la série d'après les personnages d'Edgar P. Jacobs. A priori, c'est la suite de L'énigme de l'Atlantide d'Edgar P. Jacobs lui-même (publié en 1957). Le Professeur Philip Mortimer qui n'est pas très en forme est chargé par le gouvernement britannique de faire une étude sur l'approvisionnement en énergie pour rendre le Royaume-Uni plus indépendant. Pendant ce temps, Magon avec la complicité d'Olrik (tout deux rescapés de l'épisode de l'Atlantide) se prépare à provoquer une catastrophe qui pourrait rayer l'Europe de la carte, pour récupérer de l'orichalque, le métal légendaire qui pallierait le manque d'énergie frappant désormais la planète où se sont installés les Atlantes. En effet, l'un des trois soleils qui éclaire la planète est en train de s'éteindre. L'orichalque sur terre se trouve au fond de la Mer du Nord dans la zone du Doggerland. Avant la catastrophe finale, l'action se déplace sur la planète des Atlantes où Blake et Mortimer affrontent différents dangers tout en essayant de contrecarrer les plans de Magon, Olrik et leurs complices, qui veulent renverser le Basileus qui gouverne les Atlantes. Le texte est dense comme l'intrigue. Un très bon tome selon moi. Lire le billet de Sheherazade2000.
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