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8 janvier 2025

Flow - Gints Zibalodis / La plus précieuse des marchandises - Michel Hazanavicius

Au tout début de cette année 2025, je suis allée voir deux films d'animation intéressants, mais quand je suis sortie de chacune des deux projections, mon moral était au plus bas.

Le premier, Flow, d'un jeune réalisateur letton, peut se définir comme un film survivaliste sans paroles. Flow, un petit chat noir, va tenter de survivre dans un monde envahi par les eaux où toute humanité semble avoir disparu. Il se retrouve sur un bateau à voile en compagnie d'un labrador sympathique, d'un capybara (un genre de gros rongeur), d'un grand oiseau (un messager sagittaire) et d'un lémurien. Ils vont naviguer au gré du courant entre de la végétation et des bâtiments. Malgré leurs différences, ces animaux vont s'entraider. Flow n'hésite même plus à sauter à l'eau pour attraper des poissons. J'ai trouvé le film empreint d'une grande tristesse, et son ton m'a chamboulée. Le film vient de recevoir le Golden Globe du meilleur film d'animation aux Etats-Unis début janvier 2025. Lire les billets de Pascale, Selenie.

Je passe à La plus précieuse des marchandises de Michel Hazanavicius, qui est très différent dans le style, mais l'histoire n'est vraiment pas gaie non plus. Elle évoque la deuxième guerre mondiale et la Shoah, certainement en Pologne, pas loin de camps d'extermination, dans les années 40. Le narrateur est le regretté Jean-Louis Trintignant, qui raconte l'histoire d'un pauvre bûcheron et d'une pauvre bûcheronne qui vont recueillir une petite fille encore bébé, jetée par son père d'un train en route pour la mort. Il s'agit d'une adaptation d'un roman du dramaturge Jean-Claude Grumberg. Le film est rythmé par le passage des trains et des arbres qu'on abat. Grâce à un voisin à la gueule cassée et à sa chèvre, la petite fille est nourrie. Il y a des moments joyeux mais d'autres beaucoup moins. La plupart du temps, cela se passe dans un paysage désolé et neigeux. Il y a un long passage sur le tragique destin des déportés dans les camps avant leur libération. La fin délivre une note d'espérance, mais elle est ténue. J'ai trouvé l'animation réussie. Mais je ne suis pas sortie guillerette de la projection. Lire les billets de Miriam, Pascale, Selenie.

7 janvier 2025

C'est dur d'être aimé par des cons - Daniel Leconte

Acte manqué? Quand j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voulu revoir le film que je présente aujourd'hui, afin de terminer le billet que je projetais de longue date pour ces "dix ans" écoulés depuis le massacre de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015, je me suis aperçu, dimanche dernier, que je n'arrivais pas à remettre la main sur le DVD! Il m'a donc fallu attendre de l'avoir déniché d'occasion pour parachever mon billet. 

En cette journée de commémoration, je suppose que chacun a préparé l'événement depuis des mois, en pesant soigneusement ses mots. Pour ma part, ce film, je l'ai vu et revu. À l'époque de sa sortie, il pouvait encore prêter à l'optimisme: il date de 2008, soit 7 ans avant... 

Daniel Leconte, C'est dur d'être aimé par des cons, 2008, 1 h 42

 

Bien sûr, je revois ce film en sachant ce qui a eu lieu 8 ans après le procès (c'était déjà le cas lors de ma première vision, largement postérieure à 2015). Il s'agit d'un documentaire sur le "procès des caricatures". Il commence bien entendu par égrener le rappel des faits (qui ont été rappelés par Richard Malka, l'avocat de Charlie, dans ses ouvrages): l'assassinat par un islamiste de Theo Van Gogh en novembre 2004; la publication de 12 "caricatures de Mahomet" sélectionnées après appel à concours par le journal danois Jyllands-Posten en septembre 2005; la tromperie réalisée par des imams danois en diffusant dans les pays musulmans ces caricatures augmentées d'images rajoutées sciemment aux 12 initiales dans le but d'attiser la haine. La publication par France Soir, la décision de L'Express (sous la responsabilité de Denis Jembar) et de Charlie de publier une nouvelle fois ces caricatures, en février 2006​. Enfin, le sujet du film: le procès intenté par la Mosquée de Paris à Charlie Hebdo (et à Charlie seul: ni à France Soir ni à L'Express), visant deux des caricatures danoises ainsi que la couverture de Charlie Hebdo avec le dessin de Cabu. 

Le documentaire contractualise le déroulement du procès en filmant la rédaction en réunion, au restaurant, en déplacement... Le procès proprement dit commence le 7 février 2007 (oui, cela fera 18 ans dans un mois!). Val (alors Directeur de la publication) court de journal télévisé en intervention à la radio (lors de l'une d'elles, il est évoqué que ce procès se tient avec l'aval au moins tacite de l'Elysée, où Jacques Chirac acheait son second mandat, à l'époque).

Daniel Leconte n'a pu bien entendu filmer les audiences elles-mêmes. Mais il filme souvent la "salle des pas-perdus" et les échanges (?) qui s'y déroulent. Caroline Fourest est très présente à l'écran. Le film alterne entre les images "captées sur le vif" et des entretiens réalisés a posteriori sur fond noir, avec des membres de l'équipe (Val est omniprésent), les avocats de Charlie, des témoins, ceux des parties adverses (Francis Szpiner entre autres), la procureur(e) de la République, qui sont amenés à répéter, à commenter, ce qu'ils ont déclaré. 

Je retiens, quand il est question du procès en conférence de rédaction, Cabu disant (vers la 16e minute) "L'humour est complètement évacué chez les Talibans, tu ne dois pas plaisanter... j'avais lu un truc là-dessus". Ou Riss disant qu'on peut rire pour de multiples raisons, positives ou négatives (insulter ou intégrer...). En ce qui le concerne, "ça peut vous paraître étonnant mais je riais pour dire aux Musulmans: vous faites partie de la démocratie française".

On rigole à la noria des différentes parties pour se rendre aux (mêmes?) toilettes lors des interruptions de séance (36e minute). Parmi les personnes qui témoignent à portée de micro dans le palais de justice, il y en a certaines que je trouve... pénibles. On sent que des "militants" se sont mobilisés pour venir, non pas débattre, mais marteler un argument unique avec ce que je considère comme une pensée pauvre. Il y a, devant les micros tendus par la presse dans la salle des pas-perdus, quelques grands moments, comme le témoignage d'Elisabeth Badinter disant qu'elle espère que, surtout, la justice ne donnera pas tort à Charlie Hebdo, parce qu'alors on aurait tellement peur qu'on ne pourrait plus rien dire... Elle est admirative du courage des journalistes, en disant "on sait tous ce qui pourrait arriver maintenant, ce ne sont pas des fantasmes...".

Dans sa plaidoirie, Richard Melka a réussi à faire rire toute la salle d'audience avec l'argument: "c'est l'égalité de traitement avec les autres religions que vous voulez pour l'islam? Donc, vous voulez qu"il soit traité ainsi? (et d'exhiber d'innombrables dessins anti catholiques, antichrétiens...)? Voyons du côté du bouddhisme. Vous voulez ceci? Peut-être Charlie est-il boudhophobe?... Et les Sikhs... etc." (ces dessins ne sont pas montrés à l'écran. Mais il n'est que de parcourir des recueils de dessins des différents dessinateurs ayant oeuvré à Charlie à l'époque pour voir desquels il pouvait être question). 

Le verdict est rendu le 22 mars 2007, relaxant Charlie Hebdo. L'insert final informe que le verdict a été confirmé après l'appel interjeté par l'UOIF et la ligue islamique mondiale, avec ce commentaire de la cour d'appel de Paris le 12 mars 2008: "les caricatures poursuivies comme toutes celles qui figurent dans ce numéro de l'hebdomadaire ont, par leur publication, participé au débat d'intérêt général sur la liberté d'expression."

À l'époque, les blogs de YukoMa pause café et h6 avaient fait un billet. La fourmi des montagnes, elle, l'avait chroniqué en 2015. 
PS : DonaSwann aussi (en 2008).

PS2 (du 16 janvier 2024): Charlie Hebdo N°1695 du 15 janvier 2025 signale en p.3 le petit film (7 mn 43) produit par l'association Dessinez Créez Liberté: Tout ça pour ça. L'histoire du dessin de Cabu publié le 8 février 2006. On peut le découvrir sur le site cabu-officiel.com.

*

*         *

Dix ans se sont désormais écoulés depuis le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.

Pour ma part, j'avais rédigé "à chaud" quelques billets en réaction à l'événement dès début 2015, tout en en commençant un certain nombre sans parvenir ensuite à les finaliser... Après le 7 janvier 2017 (deux ans après), j'ai enfin trouvé ma formule actuelle. J'ai décidé que je publierai désormais un billet tous les mois (le 7 de chaque mois), en lien plus ou moins proche ou lointain avec Charlie Hebdo, ses morts et ses vivants, et je m'y suis tenu depuis. J'en suis désormais à 107 billets, auxquels on peut ajouter les deux billets "Je suis Charlie" de dasola. 

Dans mon billet du 7 janvier 2020 (il y a 5 ans), j'avais recensé ceux (49) parus à cette date. J'adopte la même logique pour ceux (60, exactement) que j'ai rédigés et publiés depuis: vous en trouverez ci-dessous un classement par collaborateur de Charlie concerné, eux-mêmes étant regroupés sous différentes rubriques.

 

== Les dessinateurs ou chroniqueurs qui sont morts durant le massacre ==
Cabu
[assassiné]
Pas complètement BÊTE... mais pas encore MÉCHANT (période bleue) (7 mai 2023)
Le rire de cabu (exposition & livre) (7 janvier 2021)
La rafle du Vel d’Hiv (exposition & livre) (7 octobre 2022)
Cabu, premier écolo de France! - HS Charlie Hebdo (7 août 2024)
cf. aussi ouvrages collectifs plus bas

Elsa Cayat [assassinée]
Elsa Cayat & Antonio Fischetti : Le désir et la putain (7 mai 2020)

Charb [assassiné]
Charlie Hebdo, 1992-2015 (7 décembre 2022)
Paris Pontoise (7 décembre 2021)
cf. Bensaïd
cf. aussi ouvrages collectifs plus bas

Honoré [assassiné]
cf. Vialatte

Bernard Maris [assassiné]
Et si on aimait la France (7 octobre 2020)
Keynes ou l’économiste citoyen (7 juillet 2022)
Souriez, vous êtes français ! (7 avril 2023)
Bernard Maris & Philippe Labarde : Ah Dieu! Que la guerre économique est jolie! / Malheur aux vaincus / La bourse ou la vie (7 juillet 2021)

Tignous [assassiné]
Ecojolie (7 juin 2020)
cf. aussi ouvrages collectifs plus bas
cf. aussi Expositions

Wolinski [assassiné]
Les falaises (7 décembre 2020)
Une vie compliquée / La vie compliquée de Georges le tueur! (7 septembre 2021)
Maryse & Georges Wolinski : La divine sieste de papa (2) (7 novembre 2021)
Wolinski / Barkats : Merci Hannukah Harry (7 août 2023)
cf. aussi ouvrages collectifs plus bas

 

== Ceux qui ont (heureusement) survécu ==
Fabrice Nicolino [blessé]
Qui a tué l'écologie? (7 février 2021)
Bidoche (7 novembre 2022)
Fabrice Nicolino & Catherine Meurisse : Ma tata Thérèse (7 décembre 2023)

Riss [blessé]
Une minute quarante-neuf secondes (7 septembre 2020)
Lettre au futur locataire de l’Elysée (7 avril 2022)
Le procès Papon (livre & exposition) (7 février 2024)
cf. Coline Renault
cf. Simon Fieschi
cf. aussi ouvrages collectifs plus bas

Simon Fieschi (blessé [décédé en 2024])
Charlie Témoignage: se réveiller dans un sarcophage en janvier 2015 (dessins de Riss) (7 novembre 2020)

 

== Autres collaborateurs de Charlie Hebdo [passés, présents, ...] ==
Catherine [Meurisse] 
Les grands espaces (7 août 2021)
Scènes de la vie hormonale (7 septembre 2024)
cf. Fabrice Nicolino

Cavanna
Bête et méchant (7 novembre 2023)
La déesse mère (7 novembre 2024)
Les Ritals (7 novembre 2023)
Les Russkoffs (7 mars 2023)

Coco
Dessiner encore (7 mars 2022)
Coco & Foolz : c’était Calais (7 août 2022)
cf. aussi Virginia Ennor (ci-dessous)

Antonio Fischetti : cf. Elsa Cayat

Foolz : cf. Coco

Gébécf. ouvrages collectifs plus bas

Inna Shevchenko / Simon Rochepeau / Thomas Azuélos
Prénom : Inna (BD, T.1 & T.2) (7 octobre 2023)

Jul
L’herbier impitoyable (7 juillet 2024)
cf. aussi ouvrages collectifs plus bas

Luz
Indélébiles (7 janvier 2023)
cf. aussi ouvrages collectifs plus bas

Robert McLiam Wilson
La vilaine veuve (Nice, le procès oublié) (7 septembre 2023)

Patrick Pelloux
Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux (7 février 2020)

Gilles Raveaud
Retraites: le casse du siècle (7 juillet 2023)

Coline Renault
Arcachon, le long exil des marins sénégalais (dessins de Riss) (7 avril 2024)

Riad Sattouf
La vie secrète des jeunes, T.I & T.II (7 octobre 2024)
La vie secrète des jeunes (tome III) (7 juin 2023)

Siné
cf. ouvrages collectifs plus bas

Willem
Akbar! (7 juin 2024)

 

== Ouvrages collectifs (Hors-série, etc.) ==
Rédacteurs de Charlie
Catherine, Cabu, Charb, Jul, Luz, Riss, Tignous, Wolinski : Bonne fête Nicolas (7 juin 2022)
Wolinski, Cabu, Gébé, Siné, ... : Mai 68 (7 mai 2021)
Du goudron et des plumes (7 octobre 2021)
Charlie Hebdo - Calendrier perpétuel 52 semaines (7 août 2020)
Aux armes, paysans! - Charlie Hebdo Hors série N°21H (février-avril 2020) (7 avril 2020)
Caricature mode d'emploi - Charlie Hebdo Hors série N°20H (novembre/décembre 2019 - janvier 2020) (7 mars 2020)
Coronavirus: on est les champions! - Charlie Hebdo HS N°22H (juillet-septembre 2020) (7 janvier 2022)
Elysée 2022 - Des candidats à croquer! (HS Charlie Hebdo N°27H) (7 avril 2022)
Peter Cherif - Charlie Hebdo HS N° 8H - octobre décembre 2024 (7 décembre 2024)

Autres auteurs
La BD est Charlie (7 janvier 2024)

 

== Co-rédacteurs (ou dessinateurs) d'ouvrages [déjà listés ci-dessus - sauf exceptions] ==
Thomas Azuélos : cf. Inna Shevchenko

Barkats : cf. Wolinski

Daniel Bensaïd
Marx [mode d'emploi] (illustrations de Charb) (7 juin 2021)

Philippe Labarde : cf. Bernard Maris

Simon Rochepeau : cf. Inna Shevchenko

Alexandre Vialatte
Bestiaire (dessins d'Honoré) (7 mai 2024)

Maryse Wolinski
Au diable vauvert (7 septembre 2022)

 

== Ouvrages de proches ou d’amis, ouvrages à propos de membres de Charlie… ==
Denise Charbonnier
Lettre à mon fils Charb (7 février 2022)

Richard Malka
Le droit d’emmerder Dieu (7 février 2023)
Traité sur l'intolérance (7 mars 2024)

Natacha Wolinski
Son regard seul me reste (7 juillet 2020)

Pascal Tassy
Cavanna, paléontologue! (7 mars 2021)

Virginia Ennor
Coco: nature, culture et poil à gratter (7 avril 2021)

 

== Divers autres articles (de types différents des précédents: expositions) ==
Exposition "Tignous Forever" à Montreuil (avril-mai 2022) (7 mai 2022)
cf. aussi Cabu
cf. aussi Riss

 

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Je voudrais signaler que j'ai bien entendu acheté le numéro spécial publié par Charlie Hebdo (mais ne l'ai pas encore lu. J'aurai vraisemblablement l'occasion d'en reparler un prochain mois.

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Pour finir, je souhaite citer ce que j'avais relevé dans la Lettre N° 90 - janvier 2024 du Souvenir Français (créé en 1887 pour entretenir le souvenir des combattants - ceux de la guerre de 1870, à l'époque?) concernant les commémorations (la mise en gras est de moi):

"Les commémorations décennales jouent un rôle essentiel dans la vie commémorative française. Il en a été ainsi en particulier pour le bicentenaire de la Révolution en 1989 et le centenaire de la Première Guerre mondiale (2014-2018).

(...) Mais tous ces anniversaires décennaux n’ont pas le même « poids commémoratif ». En fonction de l’allongement de la vie, trois sont essentiels :

- Les 40ème anniversaires : c’est le moment où l’on peut rassembler le plus grand nombre d’acteurs d’une page d’histoire, dont une majorité ont atteint la retraite.
- Les 70ème anniversaires : c’est le moment où les derniers acteurs, ceux qui étaient jeunes au moment des faits peuvent encore témoigner d’avoir participé à l’événement commémoré.
- Les 80ème anniversaires enfin : c’est le moment où les acteurs cèdent la place aux derniers témoins, ceux « qui ont vu se dérouler l’événement ».


À partir du 90ème anniversaire, la place est cédée intégralement aux historiens, aux descendants et aux nouveaux acteurs mémoriels.

(...)." 

 

*** Je suis Charlie ***

5 janvier 2025

Un ours dans le Jura - Franck Dubosc

J'ai vu ce film en avant-première le 29 décembre dernier. Un ours dans le Jura est sorti le 1er janvier 2025 et j'espère qu'il rencontrera du succès. J'avais été attirée par la bande-annonce très amusante. C'est une comédie noire avec au bout du compte huit ou neuf morts. On apprend qu'il y a en effet un ours dans le Jura qui sème la panique et la mort sans l'avoir vraiment fait exprès. L'histoire se passe entre un 20 et un 27 décembre d'une année. Michel (Franck Dubosc), un pépiniériste spécialisé dans la vente de sapins, écoute Marie Laforêt dans son pick-up quand tout à coup, il croise la route d'un ours qui vient de semer la panique parmi un groupe de clandestins. Michel fait une embardée et percute une voiture à l'arrêt. Un couple meurt : une femme et un homme. Ce dernier est empalé sur une branche. En parallèle, le chef du groupe des clandestins (des "mules" qui transportent des boules de drogue) tombe dans un ravin. Michel est paniqué et le soir il révèle tout à sa femme Cathy (Laure Calamy, très bien). Ce couple mène une vie routinière sans passion, ils sont criblés de dettes et ils ont un garçon surnommé Doudou, mutique et un peu bizarre. Dans la voiture percutée, en plus des cadavres, Cathy et Michel trouvent un sac avec beaucoup d'argent. La police s'en mêle avec le gendarme divorcé plein d'humanité Benoit Poelvoorde (un de ses meilleurs rôles) et ses collègues Florence et Samy. Le film enchaîne des péripéties sans temps mort avec l'intervention d'un prêtre, d'un "parrain" mexicain et de son neveu, de la tenancière d'un club libertin et d'une juge d'instruction. Un très bon film français pour débuter l'année. Lire les billets de Pascale, Selenie et Henri Golant

20 décembre 2024

Sarah Bernhardt, La divine - Guillaume Nicloux

Sarah Bernhardt, La Divine de Guillaume Nicloux vaut la peine d'être vu pour les décors, les costumes et surtout l'interprétation légère et malgré tout inspirée de Sandrine Kiberlain qui est de tous les plans. Elle est merveilleuse dans le rôle de Sarah Bernhardt. On la découvre en 1915, huit ans avant sa mort, sur un lit d'hôpital, on doit lui couper la jambe droite. Vingt plus tôt en 1896, on assiste à une grande journée "Sarah Bernhardt" où sont réunis le Tout-Paris et encore dix ans plus tôt, en 1886, Sarah est en pleine idylle avec Lucien Guitry (le père de Sacha). Leur relation souvent houleuse durera jusqu'à la mort de Sarah Bernhardt en 1923. Le film, qui est court, se voit avec beaucoup d'intérêt même si on a du mal à évaluer le talent de l'actrice considérée comme un trésor national par Georges Clémenceau. Sarah a côtoyé Edmond Rostand, Reynaldo Hahn, Emile Zola et beaucoup d'autres. Elle avait un fils, Maurice, qu'elle a choyé. Dépensier et n'ayant aucun sens des affaires, Maurice a pas mal profité de sa mère. Sarah était une femme libre qui a aimé une autre femme et elle fut Dreyfusarde. Le film n'est pas un film à la gloire de l'actrice mais on sent une admiration certaine de la part du réalisateur. Et je le répète, Sandrine Kiberlain est vraiment très bien. On sent qu'elle a eu beaucoup de plaisir à jouer le rôle. En cette fin d'année, allez le voir. 

PS: Selenie a aussi publié un billet dessus ce 20 décembre et Pascale le 22 décembre.

13 décembre 2024

Vingt dieux - Louise Courvoisier

Vingt dieux, le premier film de Louise Courvoisier est porté aux nues par beaucoup de critiques et je ne comprends pas pourquoi. Je l'ai vu en avant-première, un dimanche soir dans une salle assez pleine. Je m'attendais à un film qui parlait du comté (le fromage), de sa fabrication, qu'il y ait une vraie intrigue. Cela se passe dans le Jura, on y voit des vaches laitières, du lait, un grand chaudron et puis pas grand-chose. C'est l'histoire de Totone (tout juste 18 ans) et de sa petite soeur, qui viennent de perdre leur père victime d'un accident de la route. Ce dernier était complètement "bourré" en reprenant la route. Le frère et la soeur, sans famille pour s'occuper d'eux, sont désormais seuls au monde et sans aide. Totone décide de travailler dans une fabrique de comté. Cette fabrique familiale est réputée pour la qualité et le goût du fromage fabriqué grâce au lait de la ferme tenue par une jeune femme. Cette dernière apprend la vie à Totone. Et Totone apprend que tous les ans, lors d'un concours, le meilleur comté en meule peut rapporter 30 000 euros. Je vous passe les quelques péripéties qui émaillent le film et le film est entièrement joué par des non-professionnels. Mais l'engouement pour ce film m'échappe et je n'ai pas appris grand-chose sur la fabrication du comté. À vous de juger.

Voir les billets de selenie ou Christoblog, plus positif que le mien. Pascale avait aussi nettement plus apprécié que moi ce film qu'elle avait découvert en festival [article republié à l'identique le 14/12/2024]. 

2 décembre 2024

En fanfare - Emmanuel Courcol

Suite aux conseils avisés de Pascale et d'une collègue, mon ami Ta d loi du cine et moi-même sommes allés voir En fanfare d'Emmanuel Courcol. Nous avons eu tous les deux une larme à l'oeil à la fin du film. Thibaut Désormeaux (Benjamin Lavernhe, très bien), un grand chef d'orchestre de renommée internationale fait la connaissance de son frère qu'il ne connaissait pas. Ce frère qui s'appelle Jimmy (Pierre Lottin, très touchant) travaille dans une cantine et joue du trombone dans une fanfare amateur à Walincourt, une ville du nord de la France. Tout les sépare, en particulier le milieu social mais une chose va les rapprocher très vite, leur passion pour la musique : classique, jazz ou variétés. Jimmy se met à rêver d'intégrer un grand orchestre. Thibaut l'encourage à diriger la fanfare. Tout est un peu compliqué car le maire de la ville préfère privilégier la musique et la danse country plutôt que la fanfare qui s'est fait mal voir lors d'un concours à Hazebrouck. Par ailleurs, les musiciens de la fanfare sont en train de perdre leur emploi suite à la fermeture de leur usine. Ce film se termine par un Boléro de Ravel chanté accompagné par un orchestre professionnel, qui ne peut qu'émouvoir. Nous recommandons chaudement (de toute façon, j'ai intérêt car sinon Pascale [qui en avait parlé ici et ] va nous récuser à vie). Et je confirme qu'il y a eu quelques applaudissements à la fin. Lire aussi les billets de Martin K et Anne.

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Sinon, comme mauvaise nouvelle du jour, j'ai appris la disparition de l'acteur Niels Arestrup à 75 ans et c'est bien triste car c'était un grand acteur au cinéma et au théâtre. 

29 novembre 2024

Une part manquante - Guillaume Senez

Voici un film dont j'ai trouvé l'histoire déchirante. Jérôme (Jay) vit au Japon depuis longtemps et cela fait 9 ans qu'il recherche sa fille Lily, qu'il a eu avec une Japonaise appelée Keiko qui l'a quitté (en emmenant Lily) sans qu'il ait eu son mot à dire. La garde alternée n'existe pas. Et c'est pourquoi Il est encore marié, car sinon il perdrait son droit parental, et il paye quand même une pension alimentaire. La famille de Keiko empêche Jérôme de voir sa fille. Ils ont tourné une page. Ils considèrent que Lily a oublié son père. Après avoir été cuistot, Jay est devenu chauffeur de taxi, il parle japonais couramment et il connaît les rues de Tokyo comme sa poche. Cela lui a permis de chercher partout dans la mégapole, jusqu'au jour où il emmène une jeune fille en taxi jusqu'à son collège. Il est sûr que c'est sa fille Lily. Romain Duris est exceptionnel dans le rôle de Jay. Quand il a l'occasion de côtoyer Lily même brièvement, Jay est enfin heureux après si longtemps. Il renonce même temporairement au projet de revenir en France où son père aimant l'attend. La fin est bouleversante mais on perçoit de l'espoir avec le lien créé. Un film qui est à l'affiche depuis deux semaines dans peu de salles, et qui ne se donne malheureusement presque plus. Lire le billet de Pascale

24 novembre 2024

Trois amies - Emmanuel Mouret / Louise Violet - Eric Besnard

J'ai vu ces deux films dans la même journée. 

Trois amies d'Emmanuel Mouret est un film plein de délicatesse sur les amours de trois amies, professeures toutes les trois. L'histoire se passe dans la ville de Lyon, très bien filmée. Joan (India Haïr), professeur d'anglais, se rend compte qu'elle n'est plus amoureuse de son mari Victor (Vincent Macaigne, très émouvant). Ils ont une petite fille ensemble. Victor, qui est le narrateur de l'histoire, disparaît tragiquement et Joan est inconsolable. Ses amies Alice et Rebecca essayent de la consoler mais rien n'y fait. Alice n'éprouve aucune passion pour son compagnon Eric, mais elle est quand même heureuse, sans savoir qu'Eric a une liaison avec Rebecca. On suit l'histoire de ces trois femmes avec leurs mensonges, les non-dits. Cela pourrait faire penser à du Alfred de Musset ou du Marivaux. C'est bien écrit et bien joué. Il y a de la belle musique classique. Personnellement, à part Vincent Macaigne, je n'ai pas été touchée par ce film. Je suis restée en dehors. Dommage pour moi. Lire le billet de Pascale qui a mis 4*.

Je passe à Louise Violet d'Eric Besnard qui raconte l'histoire d'une jeune institutrice en 1889, venue de Paris et mutée dans un village français reculé où les enfants travaillent aux champs avec leurs parents. Et pourtant, depuis 1882, l'école est devenue laïque et obligatoire pour les enfants de 6 ans jusqu'à 14 ans. Louise (Alexandra Lamy, convaincante dans son rôle), dont on va apprendre le lourd passé tragique, a beaucoup de difficultés à se faire accepter malgré l'aide du maire (Grégory Gadebois, toujours très bien) et du postier (Jérôme Kircher), qui lit les lettres qu'on lui confie. Grâce à un accouchement pour lequel elle apporte son aide, Louise apprivoise les villageois et elle se retrouve avec une dizaine d'élèves, garçons et filles, même s'il y a quelques réfractaires parmi les parents. Un film qui m'a plu grâce à une histoire sans vraiment de surprises mais qui tient la route. Dommage que, deux semaines après sa sortie, il ne se donne presque plus en salle à région parisienne. Lire le billet de Selenie

20 novembre 2024

A toute allure - Lucas Bernard / Challenger - Varante Soudjian

J'écris un billet groupé sur A toute allure de Lucas Bernard et Challenger de Varante Soudjian même si ces deux comédies françaises n'ont rien à voir l'une avec l'autre.

Dans A toute allure, Pio Marmaï interprète Marco, un chef de cabine sur une ligne aérienne qui fait escale sur une île avec d'autres membres d'équipage. Il se retrouve dans un bar hôtel où il croise Marianne (Eye HaÏdara), une femme sous-marinière et c'est le coup de foudre. Il la suit et il se retrouve passager clandestin et aide cuistot dans un sous-marin nucléaire français. C'est une comédie enlevée mais un poil décousue. J'ai trouvé que Pio Marmaï en faisait un peu beaucoup, le rôle de Marianne n'est pas très étoffé et on ne voit pas assez José Garcia, le plus désopilant de tous en commandant pince-sans-rire. Dans l'ensemble, je n'ai pas beaucoup ri et la chanson de Richard Cocciante "Un coup de soleil" chanté par l'équipage n'a pas suffi à mon bonheur. Cette comédie romantique ne m'a pas transportée. On est quand même loin d'Opération Jupons de Blake Edwards (1959). J'ai trouvé les critiques lues et entendues très indulgentes. Lire les billets de Pascale, Henri Golant, Selenie.

Je passe à Challenger qui est un film de boxe pas banal avec un certain Luka Sanchez (Alban Ivanov, très crédible) qui n'a jamais combattu un adversaire. Il s'entraîne comme un malade et il sait encaisser les coups tout en étant employé dans un restaurant très quelconque. Son amie Stéphanie, gameuse et opératrice dans un centre d'appel, manage Luka comme elle peut. Un jour, miracle, grâce à un uppercut au menton qui met KO un pro, Luka prend sa place et s'apprête à affronter un champion qui n'a jamais été battu. Le réalisateur montre très bien la montée en puissance de la publicité sur le combat à venir, et comment Luka s'entraîne avec un ex-boxeur un peu zinzin mais efficace. Luka et Marianne sont touchants. Une petite comédie très sympathique. Lire les billets d'Henri Golant et Selenie.

9 novembre 2024

Au boulot! - François Ruffin et Gilles Perret

Des critiques pourront dire que ce documentaire cinéma, Au boulot!, permet à François Ruffin (ex-LFI) de faire de la propagande politique. Et bien je ne le pense pas. Ce film permet surtout de mettre en lumière les gens, les "sans dents", les "invisibles". Ceux qui, avec souvent bonne humeur, s'astreignent à des tâches pas faciles en ne gagnant pas plus que le SMIC. Afin d'illustrer son propos, François Ruffin a trouvé l'oiseau rare, si je puis dire, en ayant convaincu une certaine Sarah Saldmann (je n'avais jamais entendu parler de cette personne), avocate de la classe aisée et chroniqueuse à la télé (où ses discours font polémique), d'aller à la rencontre des classes populaires un peu partout en France et de faire le travail de quelques-uns: livreur de colis, aide soignante, cuisinière, emballeuse de poissons fumés dans une conserverie, fermière, travailler au Secours populaire en distribuant de la nourriture (c'est du bénévolat), ou dans une association qui fait des réparations d'ordinateurs ou autre, etc. Entre chaque rencontre, on se rend compte que Madame Saldmann ne vit pas sur la même planète que tout le monde. Elle ne fait habituellement pas grand-chose de ses dix doigts. Quand elle n'exerce pas, elle passe ses journées à "bruncher" au Plaza Athénée (par exemple) où un croque-monsieur à la truffe vaut 54 euros. Elle s'achète des robes à plus de 2000 euros et craque sur des montres de luxe à 20 000 euros. A part ça, elle pense que vivre avec 1300 euros par mois, c'est déjà bien et que c'est mieux que rester sur son canapé à vivre des allocations. C'est un documentaire qui comporte des situations amusantes, émouvantes et où les "gens de peu" sont bien mis en valeur. C'est la France d'en bas et elle est bien courageuse. J'ai noté la séquences où deux Afghans ont traversé 16 pays pour arriver à Amiens et faire des genres de tartiflettes. Ils sont heureux de vivre en France même s'ils ont du mal à joindre les deux bouts. Un film que je conseille s'il passe par chez vous.

30 octobre 2024

Miséricorde - Alain Guiraudie

Miséricorde d'Alain Guiraudie vaut la peine d'être vu pour les acteurs, en particulier Catherine Frot dans un registre plus grave que d'habitude. Le film débute avec Jérémie (Felix Kysyl, moins innocent qu'il ne paraît) qui arrive en voiture dans un petit village dans le sud de la France. Il doit assister aux funérailles de son ancien patron, un boulanger. Sans raison précise, il s'installe chez Martine (Catherine Frot) la veuve. Le fils de Martine voit d'un très mauvais oeil cet état de fait. Dans ce village, il y a aussi le curé affable très ambigu qui aime aller cueillir des champignons et il y a un voisin célibataire, ami de longue date de Jérémie. On assiste à un meurtre très violent. L'enquête teintée d'humour qui s'ensuit est menée par un gendarme inquisiteur et sa collègue. Il est aussi question d'hommes qui aiment les hommes. C'est une comédie très noire qui a une fin très amorale mais qui ne m'a pas dérangée. A vous de vous faire une opinion. Sinon, lire le billet de Pascale.

8 octobre 2024

L'histoire de Souleymane - Boris Lojkine

Mercredi 9 octobre 2024 sort un film formidable qui ne peut pas laisser indifférent. L'histoire de Souleymane de Boris Lojkine suit, sans le lâcher, Souleymane Sangare (Abou Sangare, une révélation), un jeune Guinéen sans papiers qui circule comme un fou en vélo dans Paris. Il fait des livraisons grâce à un compte que lui "prête" un des ses compatriotes (qui lui prélève 120 euros tout de même) toutes les semaines sur ses livraisons. C'est un vrai "racket". Et Souleymane est anxieux, car dans trois jours, il doit passer un entretien à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Pour info, Abou Sangare, le jeune acteur de 23 ans en est à son 3ème refus de demandeur d'asile. Il est en train de faire sa quatrième demande. Dans la vie, il est mécanicien sans papiers. Il est arrivé en France en 2017. Le réalisateur s'est pas mal inspiré de la vie d'Abou Sangare. Pour en revenir au film, on se rend compte que même s'il a des contacts avec d'autres livreurs, Souleymane est très seul. C'est chacun pour soi et il n'y a pas beaucoup de solidarité car les liens se résument à une histoire d'argent. J'espère qu'avec ce film, l'acteur va enfin obtenir des papiers en règle. Il le mérite. Il s'est mis à apprendre à lire et à écrire le français dès son arrivée alors qu'il n'a jamais été à l'école en Guinée. Grâce son cachet, il a pu rembourser ses dettes. Le film n'a pas de gras, aucun plan inutile. Je vous le recommande chaudement. 

4 octobre 2024

Quand vient l'automne - François Ozon

Après 15 jours de disette par manque d'envie, je viens d'aller voir Quand vient l'automne, le nouveau film de François Ozon qui m'a absorbée. On est enveloppé par cette histoire. Je ne peux pas mieux dire. Michelle (Hélène Vincent, magnifique), une octogénaire, vit dans une grande maison près de Cosne-sur-Loire. La maison est entourée d'un potager en friche. Avec sa vieille et meilleure amie, Marie-Claude (Josiane Balasko, très sobre), elles se voient fréquemment et Michelle accompagne souvent Marie-Claude en voiture pour que cette dernière aille visiter son fils Vincent (Pierre Lottin) incarcéré. Valérie (Ludivine Sagnier), la fille de Michelle, arrive avec son jeune fils, Lucas, qui doit passer une semaine de vacances avec sa grand-mère. Dès son arrivée et après avoir été odieuse avec sa mère, Valérie est victime d'un malaise, un empoisonnement alimentaire. Sa mère, après avoir cueilli des champignons avec Marie-Claude, les avait cuisinés et servis au déjeuner. Michelle et Lucas n'en n'ont pas pris. Banal accident ou empoisonnement intentionnel? On ne le saura pas mais cela va déclencher plusieurs événements dont un tragique qui se passe hors champ. Tout reste très feutré mais on apprend, au bout de 50 minutes de film, le passé de Michelle qui fait que sa fille la méprise. Un film d'atmosphère qui m'a beaucoup plu.

23 septembre 2024

Le procès du chien - Laetitia Dosch / Les Barbares - Julie Delpy

Le point commun entre ces deux films est qu'ils ont été réalisés et interprétés par des femmes.

Le procès du chien se passe en Suisse. Avril (Laetitia Dosch) est une avocate qui perd régulièrement ses procès. Mais quand Dariuch (François Damiens) vient la voir pour défendre son chien Cosmos qui a mordu plusieurs femmes et qui risque l'euthanasie, Avril sent qu'elle peut enfin arriver à quelque chose. Elle arrive à ce qu'un procès se tienne. Pour défendre Cosmos (Kodi, un chien très bien dressé), un comportementaliste et quelques personnalités de différentes religions ainsi que des philosophes sont appelés à la barre. Car davantage que le procès d'un chien, c'est une discussion sur la place des chiens dans notre société. A sa charge, Cosmos (qui est un mâle non castré) est accusé de ne s'en prendre qu'aux femmes. La dernière a été affreusement défigurée. C'est une comédie douce-amère dont je vous laisse découvrir la fin. Kodi a reçu une Palme dog bien méritée au dernier festival de Cannes. Lire le billet d'Henri Golant

Je passe au film Les Barbares de Julie Delpy, qui se passe dans la petite ville de Paimpont en forêt de Brocéliande en Bretagne. Le maire, qui veut que tout soit filmé, annonce qu'une famille de six réfugiés Ukrainiens doit arriver. Tout est prévu. Mais au denier moment, vu qu'il n'y a plus assez d'Ukrainiens "en stock", c'est une famille de six Syriens qui arrive. Ce changement d'origine des réfugiés ne plait pas à tout le monde, dont le plombier Hervé Riou (Laurent Lafitte, excellent en beauf "bas de plafond"). Les réfugiés ont un peu de mal à s'acclimater et à se faire accepter. L'institutrice (Julie Delpy) qui est à l'origine du projet se débat avec l'administration (les Syriens n'étaient pas prévus). J'ai trouvé l'ensemble très sympathique avec quelques scènes savoureuses comme la scène de ménage entre Sandrine Kiberlain et Mathieu Demy: elle le bat avec une grosse andouillette. Un film qui fait passer un bon moment. Lire les billets de Pascale et Henri Golant (dans le même billet une critique favorable et une défavorable). À vous de vous faire une opinion. 

11 septembre 2024

Le fil - Daniel Auteuil

L'acteur Daniel Auteuil est aussi réalisateur. Pour le Fil, il s'est donné le premier rôle, celui d'un avocat qui n'a pas plaidé depuis 15 ans et qui reprend la robe pour défendre un homme dont il est convaincu de l'innocence. Dans le rôle de l'accusé, on a le plaisir de voir Grégory Gadebois qui joue un rôle "casse-gueule" en s'en sortant très bien. En février 2017, Nicolas Milik (Grégory Gadebois) est mis en garde à vue puis en détention provisoire car il est accusé d'avoir tué sa femme après une dispute. Cette dernière buvait trop. Pendant les trois ans de sa détention provisoire, Nicolas Milik n'avoue rien mais il a hâte de revoir ses cinq enfants qu'il élevait presque seul. Pendant ce temps-là, Jean Monier (Daniel Auteuil) a du mal à trouver un angle d'attaque pour sa future plaidoirie devant le mutisme de son client. Et en fin de compte, je ne vous dirai pas si Nicolas Milik est condamné ou non, et il y a une révélation finale inattendue. Je ne me rappelais pas l'affaire qui a inspiré le film - car c'est tiré d'une histoire vraie. Un bon film très bien interprété. 

1 septembre 2024

Emilia Perez - Jacques Audiard

Que puis-je dire sur Emilia Perez, le nouveau film de Jacques Audiard? Je ne lis que des éloges à son propos. Je suis allée le voir samedi 31 août matin après avoir lu les billets de Pascale, de Princecranoir, de Selenie et de mhf. Et bien, je me sens très seule face à mes fidèles blogueurs car je n'ai pas été transcendée (si je puis dire) par ce film. L'histoire ne m'a du tout intéressée. Je me suis même ennuyée au bout de trois quarts d'heure. Je ne comprends pas non plus pourquoi les quatre actrices ont été récompensées, Zoë Saldana (dans le rôle d'une avocate) et Karla Sofia Gascon (dans le rôle d'Emilia Perez) auraient mérité seules le prix d'interprétation. Et je trouve justifié que le film n'ait pas reçu la Palme d'or. Le mélange de comédie musicale, telenovelas, film noir et drame intimiste n'est pas gênant en soi, mais un narco trafiquant qui change de sexe ne change pas forcément dans sa tête. J'ai trouvé cela assez invraisemblable, comme quand on nous dit que cela fait deux ans que Manitas (le narco trafiquant) prend un traitement hormonal sans que sa femme ne s'en soit rendu compte. Il y a vraiment beaucoup d'invraisemblances. Enfin bref, j'avais adoré les quatre premiers long-métrages de Jacques Audiard, que je vous recommande (Regarde les hommes tomberUn héros très discret, Sur mes lèvres et De battre mon coeur s'est arrêté), mais à partir du Prophète et des quatre films suivants (De rouille et d'os, Dheepan, Les Frères Sisters et Les Olympiades), ses films m'ont plus ou moins déçue. Emilia Perez ne m'a même pas émue. Je sais d'ores et déjà qu'il ne fera pas partie de mon "top" de l'année 2024. Une déception en ce qui me concerne. 

23 août 2024

Le roman de Jim - Arnaud et Jean-Marie Larrieu

Le roman de Jim des frères Larrieu est un film qui se déroule dans le Jura (région de l'écrivain Pierric Bailly qui a écrit le roman dont le film est adapté). L'histoire se passe sur plus de 20 ans à partir de l'an 2000. Le film aurait pu s'appeler Le roman d'Aymeric (Karim Leklou, formidable). Aymeric est un garçon gentil qui rend service: résultat, il fait même de la prison pour un cambriolage. N'ayant dénoncé personne, il a payé pour les autres. Aymeric se met à faire des missions en CDD ou en intérim. Il rencontre une ancienne collègue, Florence, très enceinte, et très vite il emménage avec elle et il assiste à l'accouchement. Jim naît, Aymeric s'attache tout de suite à lui et devient son père de substitution. Et cela dure plusieurs années, jusqu'au jour où Christophe, le père biologique, reparait. C'est un bouleversement dans la vie d'Aymeric, surtout que Florence et Christophe décident de partir refaire leur vie au Canada avec Jim. Et c'est à partir de là que j'ai trouvé le personnage de Florence détestable. Elle ment à son fils, elle coupe les ponts avec Aymeric. Quinze plus tard, on assiste aux retrouvailles de Jim et Aymeric. Que va-t-il se passer? Une histoire qui ne peut qu'émouvoir. Et le film permet d'admirer Coyron dans le Jura. Lire le billet de Pascale

20 août 2024

Gena Rowlands (1930-2024) - Alain Delon (1935-2024)

Gena Rowlands et Alain Delon qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre viennent de disparaitre à quatre jours d'intervalle: la première le 14 août 2024 et le second le 18 août 2024. Je voulais leur rendre un petit hommage.

L'Américaine Gena Rowlands est surtout connue pour avoir été la femme de l'acteur et réalisateur John Cassavetes (1929-1989). Cette actrice de grand talent a joué dans sept films de son mari dont Faces (1968), Minnie et Moskowitz (1971), Une femme sous influence (1974), Opening Night (1977) , Gloria (1980 - que je viens de revoir récemment et que je vous conseille) et Love Streams (1984). Par la suite, elle a tourné d'autres films comme Une autre femme de Woody Allen que Princecranoir vient de chroniquer ou N'oublie jamais (The Notebook) et elle a aussi participé à des séries télé. 

Maintenant, le Français Alain Delon dont on attendait la disparition depuis quelque temps. Quelle carrière! et puis Delon, c'était des yeux bleus, des cheveux bruns, une allure féline et des films inoubliables comme Rocco et ses frères (1960), Plein Soleil (1959), Le Guépard (1963), Le Samouraï (1967 - chroniqué par Princecranoir), La piscine (1969), La veuve Couderc (1971),  Le professeur (1972 - mais que j'ai découvert récemment),  Monsieur Klein (1976) que je vous recommande. Un acteur qui fut plus connu en Europe (Russie comprise) et en Asie qu'aux Etats-Unis. Il fut aussi producteur de nombreux films et il est même monté sur les planches. On a du mal à le dissocier de Romy Schneider, Nathalie Delon et Mireille Darc (quelques femmes de sa vie). Je n'en dirai pas plus. La télévision depuis dimanche soir nous a gâtés pour les hommages, films et documentaires. Lire l'hommage de Pascale.

13 juillet 2024

Elyas - Florent-Emilio Siri

Le film français Elyas, du nom du personnage principal de l'histoire, m'a fait penser à Leon de Luc Besson, à la série des Equalizer et un petit peu à la série des John Wick. Elyas (Roschdy Zem, excellent) est un ancien soldat qui a fait plusieurs guerres dont il est revenu traumatisé. Devenu paranoïaque, il oublie de prendre parfois son traitement. Il a des TOC, il entend des voix et a des visions. Plus qu'un soldat, c'est un "guerrier" hors pair. Un ami, pour le remettre en selle, lui propose de devenir garde du corps d'une mère et de sa fille qui passent un séjour dans une belle résidence en France. Elyas sent très vite que quelque chose d'inquiétant se prépare. Mais il a le temps de s'attacher à Nour, la fille de 13 ans, capricieuse et tête à claques mais qui est passionnée par l'astronomie. Elyas va tout faire pour que Nour échappe au destin qu'on lui réserve. Les choses se précipitent qui vont entraîner notre héros et les deux femmes du Maroc au Nord-Pas de Calais jusqu'à un gratte-ciel à Dubaï. J'ai trouvé les scènes d'action très réussies et Roschdy Zem m'a impressionnée. Un bon film sans temps mort. Je vous le conseille. Henri Golant est assez de mon avis. Selenie en a parlé aussi. 

9 juillet 2024

Les fantômes - Jonathan Millet

Après avoir entendu une critique dithyrambique sur France Inter, j'ai eu envie de voir Les fantômes de Jonathan Millet dont c'est le premier film. Les fantômes raconte l'obsession d'Hamid, ancien professeur de littérature, qui, appartenant à un groupe secret à la poursuite d'anciens criminels de guerre syriens, cherche dans Strasbourg son bourreau, celui qui l'a torturé dans la prison syrienne de Saidnaya près de Damas. Il n'a jamais vu son visage car lui-même portait une cagoule, mais il a gardé le souvenir de son odeur, de son parfum. Hamid est un homme brisé qui a perdu sa femme et sa fille dans un bombardement. La caméra suit Hamid (Adam Bassa) du début à la fin, il est de tous les plans. C'est surtout son visage qui est filmé au plus près. Il est obsédé par sa recherche, il ne fait plus rien d'autre. Quand il croit avoir retrouvé l'homme qu'il recherche, il n'est pas vraiment soulagé, mais une page se tourne pour lui et peut-être va-t-il commencer une nouvelle vie. Je ne suis pas aussi enthousiaste que France Inter mais le film est intéressant et puis Adam Bessa, un acteur franco-tunisien que je ne connaissais pas, joue son personnage de manière crédible. Je lui trouve une ressemblance avec Tahar Rahim. Le bleu du miroir en parle (dommage qu'on ne puisse plus faire de commentaires), Mymp aussi.

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