samedi 13 octobre 2007

John Cassavetes

Acteur et réalisateur, John Cassavetes (1929-1989) est une personnalité à part dans le cinéma américain. Il a produit et réalisé ses films grâce à son métier d'acteur. Il a eu beaucoup de mal à les faire. Heureusement qu'il avait une bande de "potes" (dont sa femme, Gena Rowlands) qui tournaient souvent à titre gracieux dans ses films: Seymour Cassel, Ben Gazzara et Peter Falk parmi les plus connus ont joué dans beaucoup de long-métrages de Cassavetes. Je citerais Minnie et Moskowitz (1971 - qui vient de sortir en DVD), Meurtre d'un bookmaker chinois (1974), Gloria (1980), Une femme sous influence (1976). Dans Husbands (1970), Opening Night (1977) et Love Streams (1984), il était aussi acteur. John Cassavetes c'est aussi un des Douze Salopards (1967) de Robert Aldrich et le mari de Mia Farrow dans Rosemary's Baby (1968) de Roman Polanski, dans lequel il jouait un rôle très inquiétant et que je déconseille toujours aux femmes enceintes (ce film n'a rien perdu de son impact). Et puis, il a tourné dans onze épisodes d'une série télé, Johnny Staccato (1959). Les épisodes font moins de 30 minutes, ils sont en noir et blanc et ont une ambiance jazzy sensationnelle, et John Cassavetes en a réalisé cinq. John Cassavetes y était vraiment très bien en détective privé, pianiste de jazz. J'ai vu des épisodes, il y a plusieurs années, à la télévision française, diffusés après un magazine de cinéma (malheureusement disparu), "Cinéma, Cinéma" d'Anne Andreu et Michel Boujut. Cela serait bien qu'un jour Johnny Staccato soit édité en DVD zone 2.

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lundi 8 octobre 2007

L'immense obscurité de la mort - Massimo Carlotto

Publié aux Editions Métailié, L'immense obscurité de la mort est vraiment très noir et on ressent un certain malaise en le lisant. Il a reçu le prix du meilleur roman noir étranger au Festival du film policier de Cognac. Le roman se compose de courts chapitre où le narrateur est, en alternance, Silvano ou Raffaello. Dans le prologue en 1989 dans une ville du nord-est de l'Italie, un braquage d'une bijouterie se termine tragiquement par la mort d'une femme et de son petit garçon tués à bout portant par un malfrat : Raffaello. Son complice s'échappe avec le butin. Raffaello est condamné à perpétuité. 15 ans plus tard, Silvano le mari et père des deux victimes du hold-up décrit la vie monotone qui est la sienne depuis le drame. Raffaello souffrant d'un cancer à un stade avancé demande une suspension de peine. Ivre de vengeance, Silvano, de victime, devient bourreau. Raffaello, sous la plume de l'écrivain, se sacrifiera. Il a sa rédemption. Le malaise que j'ai ressenti en lisant ce roman tient à ce que Silvano, par pure vengeance dérisoire qui ne lui donne aucun apaisement, devient excessivement antipathique dans la peau du justicier solitaire, alors que Raffaello devient presque sympathique. Ce sont deux êtres humains à la dérive concentrés sur leur douleur respective, l'une morale et l'autre physique. Un roman policier qui se lit d'une traite.

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lundi 27 août 2007

La fille coupée en deux - Claude Chabrol

Bon cru chabrolien à part peut-être l'extrême fin un peu ratée. Il y a une séquence en trop. A part cela, grâce à ce film, Ludivine Sagnier est beaucoup remontée dans mon estime en tant qu'actrice. Le scénario original de Claude Chabrol est bien écrit avec quelques ellipses bienvenues dans la mise en scène. La description des moeurs bourgeoises de province est au vitriol avec les non-dits et les perversions cachées de quelques-uns. Aucun personnage n'est vraiment sympathique à part Gabrielle Laneige (Ludivine Sagnier). C'est elle, La fille coupée en deux au sens propre, dans la dernière séquence et au sens figuré pendant tout le reste du film, tiraillée entre deux hommes. Elle aimera l'un à la folie (François Berléand), écrivain de talent, mais elle épousera par dépit l'autre (Benoit Magimel), jeune héritier milliardaire qu'elle n'aime pas. Quand l'histoire touchera à sa fin, après un assassinat et l'incarcération du meurtrier, Gabrielle sera congédiée comme une simple domestique par sa future ex-belle-mère, magistralement interprétée par Catherine Sihol. Film à voir.

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jeudi 19 juillet 2007

A la vitesse de la lumière - Javier Cercas

Roman espagnol recommandé en 2006 par les libraires de la FNAC, A la vitesse de la lumière de Javier Cercas (Actes Sud) est un très beau roman, bien écrit et qui se lit assez vite. Un Catalan rêvant d'acquérir le statut d'"écrivain raté", qui porte le même prénom que l'auteur, connaît la notoriété suite à un concours de circonstances qui lui fait rencontrer un Américain, Rodney Falk, vétéran du Vietnam, dans une université près de Chicago. Rodney Falk lui avoue avoir été responsable, à la fin des années 60, dans un village vietnamien, d'un massacre de plus de 50 personnes. Il ne s'en est jamais remis. Javier lui-même (le personnage) vit un drame personnel qui le change à jamais. Il se sent coupable de l'accident de personnes très proches. Une grande partie du roman tourne autour du sentiment de culpabilité. Mais la rédemption vient grâce à l'écriture. Achetez A la vitesse de la lumière ou empruntez-le en bibliothèque.

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mardi 19 juin 2007

Adaptation en BD - La Malédiction d'Edgar - Marc Dugain

Un ami m'a offert l'adaptation en BD de la Malédiction d'Edgar de Marc Dugain adapté par lui-même pour le texte et Chardez pour les illustrations. Il y a plus d'un an, j'avais lu le roman que j'avais énormément aimé. J'ai été plutôt décontenancée par cette adaptation. Le narrateur, amant du patron du FBI, est à peine présent. Je dois dire que je n'ai pas compris toute l'histoire en bande dessinée. Certains personnages comme Kennedy, Nixon ou Jackie Kennedy sont reconnaissables. D'autres comme Hoover lui-même sont moins connus et, sur certaines planches, on a du mal à reconnaitre qui est qui. La BD fait 46 pages alors que le roman compte plus de 300 pages. Il est évident que tout le roman ne peut être retranscrit en images. Il manque ce qui fait un roman : l'écriture et le style. Le roman se lit très vite avec un grand plaisir. J'ai lu la BD avec plus de mal et, parfois, j'ai relu certaines bulles car je n'ai pas compris du premier coup de quoi ou de qui l'auteur parlait. Quand j'ai refermé la BD, je me suis dit que j'allais relire le roman que j'ai nettement préféré.

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mardi 12 juin 2007

La belle lurette - Henri Calet

Henri Calet (1904-1956) n'est pas un écrivain très connu et, après sa mort, il est tombé dans l'oubli. Dans les années 80, certains jeunes écrivains l'ont découvert ou redécouvert. Olivier Adam dans Falaises aux Editions de l'Olivier (2005) lui dédie son roman. D'Henri Calet je viens de terminer La belle lurette parue en 1935 et rééditée dans la collection L'Imaginaire Gallimard. C'est plus ou moins autobiographique. Le récit est à la première personne. Dans le roman, le narrateur Henri naît le 14 juillet 1902 d'une mère Sophie, faux-monnayeuse et, d'un père, sans boulot fixe, buvant un peu. Avec cette hérédité, souvent malade, mis en pension, il a vécu la première guerre mondiale à Bruxelles en Belgique avec sa mère, le père ayant disparu. Cette chronique, aussi misérabiliste et triste qu'elle peut paraître, ne l'est pas. Henri prend la vie comme elle vient et il profite au mieux. Le vocabulaire est souvent cru avec des tournures de phrases poétiques. J'ajouterai que la belle lurette du titre n'est pas employée pour dire "il y a bien longtemps". L'expression est employée deux fois où lurette a sa signification première d'heurette (diminutif d'heure) (Le Petit Robert). La première, au début du livre, quand les parents déménagent en pleine belle lurette et, la deuxième fois, dans la dernière phrase du livre : "Le chômage et les cris dans la crise, ce n'est plus la belle lurette". La belle lurette compte 168 pages et se lit très vite et agréablement.

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dimanche 3 juin 2007

Abandonnée - Nacho Cerda

Je ne suis pas une grande passionnée du cinéma d'horreur auquel appartient Abandonnée (2007) de Nacho Cerda mais de temps en temps, je me laisse tenter. L'originalité de ce film, réalisé par un Espagnol, tient en ce qu'il est interprété en anglais par des acteurs d'origine russe. Il est très bien fait grâce à une bande son bruissante, craquante et inquiétante à souhait. Sauf une scène à la fin, on voit très peu d'effets "gore". Tout est plutôt suggéré et dans l'atmosphère. L'action se passe dans une maison abandonnée au milieu d'un paysage de forêt grandiose et très verte en Russie. En 1966, ont eu lieu de tragiques événements avec une maman et deux bébés. 40 ans plus tard, une quarantenaire vivant aux Etats-Unis, divorcée, une fille, débarque en Russie pour prendre possession d'une maison ayant appartenu à sa famille et dont elle est l'unique héritière, semble-t-il. Elle aurait mieux fait de rester aux Etats-Unis car comme je l'ai lu dans une critique : Famille, je vous hais ! Le film n'est pas exempt de défauts surtout certains effets appuyés mais le réalisateur est à suivre. Petite remarque : le titre original est The Abandoned (Les abandonnés) qui est plus exact que le titre français.

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jeudi 31 mai 2007

La Dame à la Licorne - Tracy Chevalier

Au Musée du Moyen Age des Thermes de Cluny à Paris, parmi la très belle collection d'objets, se trouvent les six tapisseries qui composent la série de la Dame à la Licorne. La romancière américaine Tracy Chevalier, auteur de la Jeune Fille à la perle, a imaginé la genèse de ces tapisseries dans un roman très bien écrit, La Dame à la Licorne, paru dans la collection Folio Gallimard. Les six tapisseries sont appelées les "verdures" ou aussi "mille-fleurs". Cinq d'entre elles représentent les cinq sens : le goût, le toucher, l'odorat, l'ouïe et la vue. La sixième est connue sous le nom de "A mon seul désir". Elles auraient été fabriquées à Bruxelles. Le livre se compose de cinq grands chapitres : 1490 Pâques et Pentecôte, 1491, mêmes périodes et 1492. Le récit est raconté à tour de rôle par les principaux protagonistes de l'histoire. Ils font chacun avancer l'action. On apprend beaucoup sur la façon de faire de la tapisserie à l'époque. C'était un travail long, fastidieux et très fatigant. C'est absolument passionnant. Il ne me reste plus qu'à retourner voir les tapisseries suspendues dans la salle ronde qui leur est spécialement dédiée au Musée de Cluny. Je les admirerai d'un oeil nouveau.

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mardi 15 mai 2007

La Leçon de piano - Jane Campion

Ce mardi 15 mai au soir est diffusé à la télévision La Leçon de piano de Jane Campion (1993), Palme d'or ex-aequo avec Adieu ma concubine, de Chen Kaige, en 1993. Grand film romantique, je l'ai vu à l'époque, une vingtaine de fois. J'ai été transcendée par l'histoire et la musique sublime de Michael Nyman. C'est une histoire d'amour au bout du monde, en Nouvelle-Zélande, au 19ème siècle. Ada (Holly Hunter) ne parle pas mais joue du piano, et George (Harvey Keitel) l'écoute et la désire. Leur relation évolue dans les regards échangés et la façon de jouer. Tout le film dégage une forte sensualité. Flora, la fille d'Ada, aura un rôle important dans l'évolution de l'histoire. Film vivement conseillé à ceux qui croient encore aux belles histoires et même à ceux qui n'y croient pas.

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samedi 28 avril 2007

Films non commentés depuis le 7 mars 2007

Suite à mon billet du 6 mars, voici la liste des films vus depuis que je n'ai pas jugé bon de commenter dans un billet particulier :

 

Le voile des illusions de John Curran : pas aussi émouvant que je m'y attendais, décevant malgré les paysages et la musique.

 

La bête dans le coeur de Francesca Comencini : pas léger, prévisible ou presque dès le début. Dommage, car Giovanna Mezzorgiorno est toujours aussi jolie.

 

La cité interdite de Zhang Yimou : je n'ai pas compris grand-chose, les effets spéciaux ne sont pas inédits, on a déjà vu cela dans Tigre et Dragon, Hero et Le secret des poignards volants, films bien supérieurs.

 

Dangereuse séduction de James Foley : scénario un peu alambiqué. Fausses pistes pour un film pas très intéressant malgré Halle Berry et Bruce Willis.

 

Les châtiments de Stephen Hopkins : film dans le genre démons, envoûtements et satanisme. Hillary Swank n'y croit pas ou plus, elle a perdu la foi suite à un passé tragique. Et pourtant... L'histoire se passe dans les bayous de Louisiane. Vous pouvez y aller ou vous pouvez éviter de le faire. A vous de voir.

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