mardi 21 août 2012

Karoo - Steve Tesich

 

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Karoo de Steve Tesich (1942-1996), publié aux Editions Monsieur Toussaint Louverture, est un roman étrange d'un écrivain américain d'origine serbe (il fut aussi scénariste) qui le termina peu avant son décès. Les 600 pages se lisent d'une traite. L'histoire se passe entre 1990 et 1991 aux Etats-Unis. Saul Karoo, la cinquantaine bedonnante, alcoolique, fumeur et associal, ne sait pas aimer les gens autour de lui. Doté d'une mémoire auditive exceptionnelle (élément important pour l'histoire) mais écrivain médiocre (il le sait et l'assume), Karoo réécrit pour Hollywood les scénarios écrits par d'autres ou fait remonter des films déjà terminés (il mutile parfois des chefs-d'oeuvre). Séparé mais non divorcé de sa femme Dianah et père d'un fils adoptif (Billy), "Doc" Karoo devient attachant au long de cette histoire tragique qui se passe entre New-York, Los Angeles et Pittsburgh. On va découvrir Karoo, qui ne semblait pas éprouver de sentiment, rongé par le remords moral et la déliquescence physique dans les 100 dernières pages de ce roman narré à la première personne. Pendant cette histoire, on va faire aussi la connaissance du rire de Leila Millar (serveuse devenue actrice le temps d'un film) et de Jay Cromwell, producteur de films et homme mauvais assimilé au Néant (dixit Karoo). Ce roman, dense avec pas mal de rebondissements et que j'ai beaucoup aimé (même si j'ai un peu calé sur la toute fin), est aussi conseillé par Incoldblog.

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Ceci étant écrit, j'ai appris une nouvelle passionnante (?!) le 20 août 2012 en écoutant la radio: cela fait 20 ans qu'Amélie Nothomb nous gratifie d'un roman par an. Personnellement, je n'ai lu aucun de ses romans. J'en eu l'occasion mais pas le désir. Et vous?

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vendredi 3 août 2012

La vie sans principe - Johnny To / Rebelle - Mark Andrews et Brenda Chapman

Avant qu'il ne disparaisse définitivement des écrans, je veux évoquer La vie sans principe (1) du réalisateur hong-kongais Johnny To, un film assez jubilatoire (si, si) sur un sujet grave. En effet, en 2010, Hong-Kong est frappée de plein fouet par la crise financière européenne et surtout grecque car la bourse de Hong-Kong a spéculé sur l'Euro. L'essentiel de l'intrigue se passe dans une banque où des épargnants plus ou moins fortunés essaient de perdre le moins possible. Comme l'a très bien dit Alain Riou dans une récente émission récente du Masque et la Plume, ce film parle très bien de la cupidité humaine. Le film, qui m'a paru au début un peu confus, est constitué d'une suite de séquences qui forment un tout cohérent à la fin. J'ai surtout suivi le parcours de Theresa, une jeune employée de la banque. Sur le point d'être virée (elle ne fait pas assez de "chiffre", et pourtant elle ne ménage pas ses heures), elle va parvenir à s'en sortir grâce à une manne financière inespérée. C'est le premier film que je voyais de ce réalisateur. Je vous le conseille vraiment. Voir le billet très complet d'Oriane.

Et maintenant, voici Rebelle, le dernier né des studios Disney-Pixar, qui donne les deux rôles principaux à deux femmes: la mère, la reine Elinor, et sa fille, la princesse Merida, jolie rousse flamboyante et très bouclée. J'avais vu la bande-annonce qui m'avait moyennement attirée. Le film vaut nettement mieux que cela. En Ecosse, à une époque indéfinie, Merida, jeune princesse impétueuse, très douée à l'arc, va se rebeller contre sa mère, Elinor, qui veut qu'elle devienne une vraie jeune fille à marier. Le roi Angus, mari d'Elinor, regarde cela de loin. Pour tout compliquer, en Ecosse, dans cette période reculée, les légendes, les sorcières, les ours, les feux follets, les rivalités entre clans vont s'en mêler. Je ne vous dévoilerai rien de plus pour vous laisser la surprise. C'est un film qui peut plaire aux petits et aux grands. Je voudrais faire remarquer la grande qualité de l'animation. Les animaux comme les ours et le cheval Fergus sont très réussis. Le scénario original bien écrit n'est pas niais. Vraiment bien en 2D, mais la 3D existe. J'ai malheureusement vu le film en VF. Je pense que la VO vaut la peine d'être vue et entendue, car les acteurs qui font les "voix" sont tous d'origine écossaise.

(1) et non "Une vie sans principe" comme j'avais écrit initialement

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lundi 12 mars 2012

Oslo, 31 août - Joachim Trier

Oslo, 31 août, librement adapté d'un roman de Drieu La Rochelle, Le feu follet, est un film que je vous conseille de ne pas rater. Cela commence comme du Perec, "Je me souviens" de ce jour où il se passe plein de choses pour quelques personnes que l'on entend en voix "off". Puis une date et un lieu apparaissent: Oslo, 31 août, qui sera le dernier jour de la vie d'Anders. Profitant de la permission d'une journée accordée par la maison de santé où il vient de passer quelques mois pour une cure de désintoxication, Anders renoue avec d'anciennes connaissances, il passe un entretien d'embauche sans aller jusqu'au bout et essaie surtout d'appeler sans succès une petite amie à qui il laisse des messages. Anders se rend compte que la vie a continué sans lui. Il n'attend plus rien de sa vie gâchée (il n'a pourtant que 34 ans). Il n'y a rien de larmoyant dans cette histoire qui se termine par quelques notes de piano. L'acteur principal est remarquable. Je ne connaissais pas le réalisateur. Je suis contente d'avoir réparé cette lacune. Il y a vraiment de belles choses venant du cinéma nordique.

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dimanche 26 février 2012

La rivière de nos amours (The Indian Fighter) - André de Toth / La ville abandonnée (Yellow sky) - William Wellman

Avant de reparler des dernières sorties, je vais évoquer deux "vieux" films que j'ai vus en début d'année, projetés à une semaine d'intervalle dans une salle "Art et Essais" à Paris. Ce sont deux westerns de très bonne qualité et à peu près inconnus (surtout par moi).

La rivière de nos amours, titre français sirupeux pour The Indian Fighter d'André de Toth (1955) avec Kirk Douglas (qui a produit le film), une très jolie brune italienne, Elsa Martinelli, qui joue le rôle d'une indienne, et Walter Matthau dans le rôle du méchant. On voit pas mal d'Indiens qui sont de vrais personnages. Occupant un territoire où se trouve une mine d'or très convoitée par des blancs indélicats, ils savent se défendre. J'ai retenu la séquence où les Indiens sur leurs chevaux font le siège d'un fort avec des lances enflammées. Kirk Douglas interprète un homme qui comprend les Indiens, et il tombe même amoureux d'une Indienne. Un bon western.

La ville abandonnée (Yellow sky), de William Wellman (1948), avec Gregory Peck, Richard Widmark et Anne Baxter (elle débutait). La salle, composée d'un public pas très jeune et cinéphile, était presque pleine. Le film a été tourné en en noir et blanc. On a bénéficié d'une belle copie. Pendant 1H40, j'ai été captivée par cette histoire qui se passe dans l'Ouest en 1867. Un groupe de 7 hommes attaquent une banque, puis ils sont poursuivis et se retrouvent à traverser un grand désert (cette séquence est marquante). Ils arrivent dans une ville fantôme, "Yellow sky", où une jeune femme et son grand-père les ont précédés. Richard Widmark, dont c'était le deuxième film, est un "méchant" convaincant face à Grégory Peck qui va changer au cours de cette aventure. J'avoue avoir une préférence pour ce western-ci. Voir le billet d'Eeguab.

Il faut redire que voir ce genre de film autrement que sur un écran télé est une belle expérience.

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jeudi 2 février 2012

Manchette/Tardi (suite) - Griffu - Le petit bleu de la côte ouest

Je [ta d loi du cine, squatter] n'avais pas prêté une attention particulière au nom de Jean-Patrick Manchette (par exemple, je n'avais pas "capté" qu'il était mort en 1995...) avant d'avoir l'occasion par dasola de lire les 3 adaptations posthumes par Tardi de trois de ses romans. J'avais lu Griffu il y a des années (en édition Dargaud des années 80, et non dans l'EO aux Editions du square de 1978). A l'époque, je l'avais lu davantage pour le dessin de Tardi que pour son scénariste. Plus courte que les adaptations (une cinquantaine de pages, contre 75 pour Le petit bleu de la côte ouest, et une centaine pour La position du tireur couché ou Ô dingos, Ô châteaux), cette oeuvre (Griffu) est un peu particulière par rapport aux trois autres, parce qu'il s'agit d'un scénario de BD écrit directement pour Tardi et que les deux auteurs ont personnellement collaboré puisque Griffu a été publié du vivant de Manchette.

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Ce n'est pas l'édition en photo ci-dessus (dont la couverture est totalement différente) que j'avais lue. Dans l'autre dessin de couv' (qu'on retrouve plus ou moins hors-texte de page de garde, et en page intérieure, p.29), le héros éponyme portait un imperméable boutonné, avec flingue en pogne et poing fermé, et avait donc l'air d'un dur, et non d'un gentil jeune homme...

A mon avis, l'habillement de Gérard Griffu a son importance. Son action commence en costard-cravate bien rasé pour finir près de poubelles, avec la barbe des 3 jours du con qui a mal dormi et en sale état. Au bout de quelques pages, on lui a fait le coup du renard au fond du puits, avant qu'il réussisse à se cavaler. La nouvelle couverture se situerait par là, mais cette image ne devrait pas exister (à cause de détails que je vous laisse trouver). Ensuite, évidemment, il cherche à savoir pourquoi et qui, et c'est parti (on ne le verra pratiquement plus qu'en imper hermétique ou à poil - à part 2 vignettes intermédiaires). Comme le dit souvent Tardi, le scénario de Manchette est un mécanisme d'horlogerie où chaque petit fait est à sa place. L'histoire se déroule sur trois jours, avec ce qui m'apparaît personnellement comme quelques incohérences (quelques repères permettent de savoir que, s'achevant un mercredi, son prologue s'était joué un samedi ou un dimanche - est-ce qu'un "privé" reçoit sa clientèle ce jour-là, en robe de chambre et mal rasé? Et pouvait-on dormir 14 heures dans une station de métro pour en sortir à 2 heures du matin dans les années '70?). Ca mêle étudiantes en sociologie et boite de strip-tease (quel rapport?). Il suit des pistes (adresse... petite... agenda... restaurant...  journal... encore la petite...), s'accroche, en dur qui sait encaisser, malgré les gnons qui pleuvent et les morts qui s'accumulent. Il réfléchit, et ça l'énerve qu'on le prenne pour un crétin. Ca se termine donc avec deux pages pour résoudre l'intrigue, et deux pages de flingage final, où Griffu, en légitime défense et ne faisant que riposter, tue son monde à chaque coup de feu et quitte seul la scène, sur ces mots: "A cette pensée, là où je suis, je ris".

Il est hors de question que je me lance dans des évocations d'éventuelles similitudes avec des polars ou films noirs (américains ou autres), je ne m'y connais pas assez. Je dirai juste que, pour ma part, cet univers me fait penser, un peu, aux Enquêtes de Sam Pezzo, trois BD de Giardino parues chez Glénat dans les années '80.

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Et voici maintenant la chronique annoncée par dasola dans son article précédent. Concernant Le petit bleu de la côte ouest (je ne sais pas pourquoi ce titre me fait penser par association d'idée à "pigeon"? Peut-être à cause du Vieux bleu de Walthéry. Bref), je ne vais pas en faire une critique sociopolitique (ça a déjà été fait) sur le spleen du cadre. L'histoire dessinée par Tardi commence et s'achève sur des tours de périphérique où rêvasse le héros, Georges Gerfaut. Entretemps, ce père de famille sans histoire a dû rentrer dans la clandestinité, en quittant femme et enfants, parce qu'on en voulait à sa peau sans qu'il sache pourquoi (ben oui, ça arrive à tout le monde d'amener un blessé d'accident de la route à l'hôpital, non? On ne vous en veut pas à mort pour ça, d'habitude).

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Il se retrouve traqué par deux tueurs professionnels, que l'on voit agir pour le compte d'un mystérieux commanditaire (le lecteur suit aussi l'action vue côté tueurs). Par chance, il réussit à en éliminer un, avant d'être contraint d'aller se terrer dans les montagnes pendant plusieurs saisons. Seule la résurgence inopinée du tueur survivant (qui avait repris la traque à son compte) ramène Gerfaut vers la civilisation - urbaine (arguer d'une amnésie, ça semble marcher facilement). Un dernier coup de balai pour liquider l'immonde salaud de service, et il peut reprendre sa vie antérieure - qui ne paraissait pourtant pas particulièrement lui manquer pendant tous ces mois? Et tourner en rond en voiture sur le périph'.

Ah, vérification faite, "petit bleu de Gascogne", c'est une race de pigeon "idéale pour la chasse", semble-t-il (?). Mais un télégramme ("petit bleu") joue aussi un rôle dans l'histoire. Et le gerfaut, c'est un faucon. Alors, allez savoir ce que l'auteur avait en tête...

Il reste encore plusieurs polars de Manchette à adapter, je ne sais pas si c'est dans les projets de Tardi? En 2009, il expliquait son (r)apport aux romans de Manchette, sans annoncer qu'il en dessinerait un troisième pour 2011. Mais si ce devait être le cas, je parierais sur Fatale, dont il parle incidemment dans une interview vidéo.

PS du 13/02/2012: on m'a familièrement soufflé que "petit bleu de la côte ouest" ferait référence à un morceau de jazz - enfin, du blues. Vous suivez? Mieux que moi alors!

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lundi 12 décembre 2011

Manchette/Tardi - La position du tireur couché / Ô dingos, Ô chateaux

Les romans de Jean-Patrick Manchette inspirent Jacques Tardi. Preuve en est avec La position du coureur couché et Ô dingos, Ô châteaux que je vais évoquer. Mon ami se chargera plus tard du Petit bleu de la côte ouest. [cf. billet du 02/02/2012].

Jean-Patrick Manchette (1942-1995) fut considéré comme le père spirtituel du néo polar. Les histoires qu'il raconte sont noires, très noires. Tous les personnages ont des zones d'ombre. Ils sont pour la plupart psychopathes, asociaux, tueurs. Tout se termine plutôt mal en général. Il a aussi écrit pour le cinéma dont La guerre des polices de Robin Davis, Trois hommes à abattre de Jacques Deray, Légitime violence de Serge Leroy, La Crime de Philippe Labro entre autres.

Concernant Jacques Tardi, je l'ai découvert dans ses adaptations en BD des romans de Léo Malet. Je les ai tous en ma possession. J'apprécie son trait de crayon en noir et blanc, la façon qu'il a de dessiner les personnages et les arrière-plans. Les femmes se ressemblent beaucoup, brunes en général et rarement sympathiques quand elles n'ont pas "un grain".

Les albums de 100 pages sont publiés aux Editions Futuropolis.

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Dans La position du tireur couché (BD parue en 2010, roman datant de 1981), Martin Terrier est un tueur à gages qui veut se retirer des affaires après un "contrat" qui l'a mené en Irlande. Ce n'est malheureusement pas simple car un individu nommé Cox qui l'emploie ne veut pas le lâcher. En outre, sa petite amie dont il vient de se séparer est sauvagement assassinée ainsi que son chat. Martin mène l'enquête où il renoue avec une femme qu'il aime depuis toujours (mais cette dernière ne l'a pas attendu). Il va se retrouver contraint de faire un dernier "coup" en assassinant un homme politique. C'est vers la fin de l'histoire que l'on comprend le titre de l'album qui est fidèle au roman de J.P. Manchette. Noir, très noir.

 

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Ô dingos, Ô châteaux (2011 / 1972) raconte la fuite d'une jeune femme et d'un gamin, qui lui a été confié, traqués par un tueur nommé Thompson, très mal en point physiquement. Julia Ballanger, sortie d'un asile psychiatrique, est engagée par un dénommé Hartog (devenu maître de la fortune de son frère défunt) afin de veiller sur son neveu Peter. Comme le dit son chauffeur, Hartog est entouré d'êtres "tarés". Peu de temps après, Julia et Peter (un gamin insupportable) sont enlevés. Julie est une fille courageuse qui n'a pas peur d'utiliser un pistolet si besoin est. Elle arrive à se libérer de ses ravisseurs et la traque commence, qui l'emmène jusqu'à une tour Maure. La confrontation finale est assez "gore".

Les deux histoires, se déroulant à la fin des années 70-début des années 80, permettent à Tardi de dessiner des DS et autres Renault 16, et certains endroits de Paris que j'ai bien reconnus. 

Deux BD à lire et à offrir.

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samedi 5 novembre 2011

Intouchables - Eric Toledano et Olivier Nakache

J'ai eu l'occasion de voir ce film en avant-première il y a plusieurs semaines grâce encore à Florian (que je remercie). A la différence de Neil qui a moyennement aimé le film, je reconnais que j'ai souvent ri. Omar Sy, le grand noir avec un sourire éclatant, est irrésistible. Le rôle qu'il interprète a été écrit pour lui. Il crève l'écran. Je dirais que ce film tirée d'une histoire vraie est une suite de saynètes avec comme fil conducteur la cohabitation explosive entre Driss, un Noir des banlieues, et Philippe, devenu tétraplégique à la suite d'un accident, lui-même issu de la grande bourgeoisie. En effet, après plusieurs candidats peu engageants, Philippe embauche Driss un mois à l'essai pour l'aider dans sa vie de tous les jours, du lever jusqu'au coucher. A partir de cette rencontre, les deux personnages vont bien évidemment évoluer: l'un va se sortir du chômage et de sa banlieue, et l'autre va retrouver goût à la vie. C'est une bonne comédie très sympathique mais qui aborde un sujet que les réalisateurs auraient pu traiter avec parfois plus de gravité. Mais ils nous ont bien dit, à la fin de la projection, qu'ils voulaient faire une comédie. C'est le "vrai" Philippe qui acceptait que l'on parle de lui mais sur le ton de la comédie, pourquoi pas?

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Séance de rattrapage inavouable.
Je n'avais jamais vu Rowan Atkinson dans Mr Bean ni dans le premier Johnny English. J'avoue avoir ri tout le long du film Johnny English le retour d'Oliver Parker. Cela ne vole pas très haut, mais comme divertissement, c'est bon pour les zygomatiques. La séquence d'ouverture dans un monastère du Tibet restera dans ma mémoire. La course-poursuite entre Johnny English (agent calamiteux du MI7) - qui ne se presse pas - et un jeune asiatique virevoltant qui court avant d'être rattrapé par Johnny English est assez mémorable. Ce film est une suite de scènes gaguesques de bon aloi où j'ai eu le plaisir de revoir Gillian Anderson (X-Files). Je n'ai pas boudé mon plaisir.

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dimanche 30 octobre 2011

Les marches du pouvoir - George Clooney / La couleur des sentiments - Tate Taylor

Voici deux autres films sortis le 26 octobre 2011 dont je voulais parler:

Le premier, Les marches du pouvoir (The Ides of March, en VO) de et avec George Clooney, est une sorte de complément à L'exercice de l'Etat. Aux Etats-Unis, la bataille fait rage entre deux candidats à l'investiture démocrate. En coulisses, des consultants travaillent pour que leur candidat respectif remporte la primaire de l'Ohio. Deux consultants au service du sénateur Morris (George Clooney), Stephen Meyers (Ryan Gosling, encore lui) et son supérieur hiérarchique Paul Zara (Philip Seymour Hoffman), se trouvent rivaux. L'un des deux doit partir. Face à eux, on trouve la journaliste inquisitrice et Tom Duffy (Paul Giamatti), l'un des consultants du sénateur adverse. Tous les coups sont permis, même les plus sordides. C'est bien mené et très bien joué. Il n'y a rien de spectaculaire mais c'est un bon film que je vous recommande. Petite précision, je pense que les Ides de Mars du titre anglais font référence à Jules César qui fut assassiné pendant les Ides de Mars (le 15 mars dans le calendrier romain) en 44 avant Jésus-Christ.

Et maintenant, un autre film américain adapté d'un roman de Kathryn Stockett, La couleur des sentiments (The Help, en VO) qui m'a paru être un gros gâteau très lourd et indigeste, surjoué (mention spéciale à Bryce Dallas Howard, qui en fait des tonnes dans le rôle d'Holly). Je n'ai pas lu le roman qui semble avoir donné beaucoup de plaisir à ses lectrices et lecteurs. Je suppose qu'il est mieux que ce film interminable (2H20) qui se passe dans les années 60, dans le Mississipi où la ségrégation entre noirs et blancs était très présente. Dans cette histoire, les blanches sont particulièrement abjectes dans leur comportement (sauf une), et les noires supportent plus ou moins cet état de fait. D'autant plus que l'on nous dit et répète que les noires servaient de "nounous" aux petites filles blanches. Beaucoup de scènes m'ont semblé répétitives et manquent de finesse, et je n'ai pas été émue par cette histoire, ce qui est un comble. J'ai vu ce film en avant-première dans une salle pleine. Les spectateurs à la sortie ne m'ont pas semblé très enthousiastes. Ce film manque d'un réalisateur digne de ce nom. Comme film du même genre, je vous en conseille deux, sortis il y 20 et 25 ans: Beignets de tomates vertes de Jon Avnet (1991), et La couleur pourpre de Steven Spielberg (1985). C'était quand même autre chose.

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vendredi 19 août 2011

Melancholia - Lars Von Trier

Que dire de ce film en général, et de l'histoire en particulier? Cela commence comme une suite de tableaux où des personnages et des chevaux au milieu d'un paysage au ton vert sont presque figés avec Tristan et Isolde de Richard Wagner en fond sonore, et cela se termine par une magnifique séquence d'apocalypse avec la planète Melancholia qui percute la terre, où deux femmes et un petit garçon sous un abri formé par des branches (comme un tipi indien sans la toile) attendent le choc final. Entre ces deux séquences, deux histoires:
- Première partie: "Justine", où une fête de mariage débute avec une limousine qui a du mal à avancer et se termine en masquarade; et,
- Deuxième partie: "Claire", qui nous montre la relation de deux soeurs, Justine et Claire, dont l'une souffre d'une grave dépression tandis que l'autre fait tout pour lui être agréable, et pendant ce temps-là, la planète Melancholia s'approche inexorablement de la Terre.

J'aime le début et la fin du film, la compassion que Claire a envers sa soeur Justine, certains plans comme les mini-montgolfières éclairées qui s'envolent dans la nuit, et la deuxième partie, "Claire", dans son ensemble.

En revanche, je n'aime pas de nombreux éléments:
La façon de filmer avec ces suites de plans hachés (très "Dogme") auxquels je suis pourtant habituée mais qui là m'ont pas mal gênée.
Je n'ai pas aimé les personnages tous assez antipathiques ou sans relief comme le mari.
La demeure immense où se passe l'histoire, au milieu d'un parc avec un parcours de golf, m'a paru sinistre.
Je n'ai pas aimé la première partie qui tourne en rond et aboutit à une impasse.
Je n'ai pas aimé le côté artificiel de cette première partie, et en particulier Justine qui se déshabille pour prendre un bain dans une baignoire, et qui, le plan suivant, est à nouveau en robe de mariée (avec ses voiles) comme si de rien n'était.
Je n'ai pas aimé le pli amer sur la bouche de Charlotte Rampling.

Le film dure deux heures. Une heure aurait suffi et Melancholia aurait mérité mes louanges.
Voir les billets de ffred, phil siné, neil, Thomas grascoeur, Alain (du ciné d'Alain), Alex, Wilyrah, Brize, Veranne et j'attends de lire celui de Ed avec impatience [et le voici].

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mercredi 20 juillet 2011

Le diable danse à Bleeding Heart Square - Andrew Taylor

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Répéré chez Keisha (qui a moyennement aimé) et Cuné (qui, elle, a bien apprécié), j'ai voulu lire Le diable danse à Bleeding Heart Square (quel titre!) et je ne regrette pas d'avoir lu ce roman (collection NéO aux éditions du Cherche-midi).

Sans dévoiler beaucoup de l'histoire, cela se passe en 1930 et 1934 à Londres, dans une pension située à Bleeding Heart Square. Il est question d'une femme, Penelope Penhow, qui n'a pas donné signe de vie depuis 4 ans, sauf par une lettre envoyée des Etats-Unis. L'un des personnages principaux, Lydia Langstone, issue de la haute bourgeoisie, s'émancipe en quittant son mari qui la bat. Elle trouve refuge temporairement dans la pension de Bleeding Heart Square où vit son père qu'elle n'a pas vu depuis des années. Elle croise plusieurs personnages dans cette pension, dont le propriétaire, Joseph Serridge, qui reçoit par la poste des coeurs en décomposition. Cet homme fut l'ami et l'amant de Miss Penhow, la femme disparue. L'auteur, Andrew Taylor, évoque aussi les milieux d'extrême-droite de l'époque avec Gerald Mosley. C'est une triste histoire de jalousie, de concupiscence, de jeunes femmes dévoyées, de crimes impunis. Je vous laisse découvrir ce roman de 480 pages qui se lit d'une traite et vous connaîtrez ainsi la légende de Bleeding Heart (littéralement le coeur saignant - ou qui saigne) Square.

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