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Quand j'ai appris qu'un nouveau Jean Echenoz était paru, je me suis précipitée dans une de mes librairies préférées. Et voilà, je viens d'achever Vie de Gérard Fulmard (Les Editions de Minuit, 235 pages). Tout commence avec la chute d'un fragment d'un satellite soviétique obsolète s'écrasant sur un centre commercial à Auteuil, dans l'ouest parisien. Et l'histoire se termine près du pont Mirabeau. Nous suivons donc les (més)aventures de Gérard Fulmard, 45 ans, ancien steward licencié pour faute, qui devient un détective privé sans client. Cet homme aux "vie sociale et revenus proches de rien, famille réduite à plus personne" vit dans un deux pièces et demie où vivait sa maman, rue Erlanger dans le XVIème arrondissement. Une rue pas bien gaie où deux faits divers tragiques se sont déroulés. Par l'intermédiaire d'un psychologue dont il est le patient, Gérard Fulmard, à son corps défendant, va accepter un "contrat" sur un homme politique leader d'un petit parti mineur, la FPI (Fédération Populaire Indépendante). Racontée comme cela, l'histoire n'a rien d'extraordinaire, mais l'écriture d'Echenoz est un régal. "Le salon, chez Dorothée Lopez, relève du même genre fortuné que le salon d'été de Louise Tourneur près de sa piscine, mais en plus vaste et mieux adapté aux trois autres saisons. Les tapis et les meubles - guéridons stratifiés de livres d'art et de catalogues de salles des ventes, méridiennes, sofas, poufs - ainsi que la décoration - un Staël, un Klein, trois antiquités soclées - dénotent un goût et un matelas bancaire analogues." (p.40). Un roman que je conseille, tout comme Sandrine.