vendredi 14 décembre 2007

Lumière silencieuse - Carlos Reygadas

Lumière silencieuse de Carlos Reygadas peut décontenancer certains spectateurs. En ce qui me concerne, c'est le premier film que je vois de ce réalisateur. Tout commence par une nuit noire étoilée puis le soleil qui se lève sur un paysage non défini avec quelques arbres et des cris d'animaux. Tout finit (à la fin du film) par un soleil couchant puis une nuit étoilée avec le même fond sonore. Et au milieu coule l'histoire.
Dans une grande exploitation agricole, un couple, Johan et Esther, et leurs 6 enfants, tous plus blonds les uns que les autres, font une prière avant de prendre le petit-déjeuner en silence. Puis le maître de maison, resté seul, se met à pleurer à chaudes larmes. On apprend qu'il est tombé amoureux d'une autre femme appelée Marianne et dans leur communauté c'est impensable. En effet, nous sommes au Mexique, dans la communauté mennonite, une population qui descend d'européens immigrés. Etrangement, Marianne et Esther se ressemblent physiquement : nez aquilin et visage en longueur. Elles ne sont pas vraiment belles mais il émane quelque chose de particulier de leur personne.
Johan a un père pasteur à qui il demande conseil, mais ce dernier ne peut rien faire pour lui sur le dilemme de quitter ou non sa femme (qui l'aime encore) pour aller vivre avec une autre.
J'ai été très intriguée pendant tout le film par la langue que parlent les acteurs. J'ai appris qu'ils utilisaient un dialecte proche du néerlandais médiéval. Au cours de cette histoire vient se glisser un élément incongru : Jacques Brel qui chante "Les bonbons" à la télé. Cet interlude fait du bien. Car après, Esther meurt subitement sous une pluie battante. On assiste à la veillée funèbre et est-ce un rêve ou la réalité, Esther ressuscite en présence de Marianne. Elle lui parle. Ce miracle religieux peut paraître sublime mais personnellement je n'ai pas été touchée par la grâce. Le film est un peu trop contemplatif à mon goût. Les comédiens non-professionnels sont tous excellents.

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jeudi 13 décembre 2007

Nous les vivants - Roy Andersson

Après réflexion, j'ai décidé de faire un billet séparé pour Nous les vivants de Roy Andersson : film iconoclaste qui ne raconte pas une histoire, mais où l'on assiste à un enchaînement de saynètes sans début, ni fin, des instants de vie baignés parfois dans le brouillard suédois mais qui laissent perplexe. Je n'ai pas ri mais je n'ai pas été émue non plus. Je me demande ce que le réalisateur veut nous dire à part que la condition humaine est à la fois tragique et comique. Tous les décors sont dans les tons beige et vert qui donnent à l'ensemble un sentiment de claustrophobie et de tristesse infinie. Je retiens la très belle scène vers la fin du film (digne de E la nave va de Fellini) où une grande maison à un ou deux étages, occupée par deux jeunes mariés, quitte un quai comme si elle était sur des rails. Des gens lancent des "viva" à ce départ. Cette scène est inoubliable. Le reste est déjà presque sorti de ma mémoire à part la dame grassouillette, coiffée d'un casque à pointe, en train de faire l'amour pendant que son partenaire parle de ses placements financiers. Je crois que j'achèterai le film quand il sortira en DVD pour revoir (et pourquoi pas apprécier) certaines séquences.

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mercredi 12 décembre 2007

L'histoire de l'amour - Nicole Krauss

Encore un livre qui faisait partie de ma PAL depuis un an (voir mon billet du 24/10/07)! J'ai lu en un jour avec un immense plaisir L'histoire de l'amour de Nicole Krauss (Ed. Gallimard), roman de 356 pages. C'est le premier roman traduit en français de cette écrivaine américaine qui, jusqu'à présent, a surtout écrit pour l'hebdomadaire The New Yorker. Le roman se compose de trois histoires dont le point commun est un manuscrit écrit d'abord en yiddish, puis traduit en espagnol et enfin retraduit en anglais appelé L'histoire de l'amour. Une jeune fille de 15 ans, Alma Singer, et un juif polonais émigré à New York au moment de la seconde Guerre Mondiale, sont les héros et narrateurs des deux premiers récits qui s'entrecroisent avec la 3ème histoire dont le personnage principal est un Polonais émigré au Chili. Le roman évoque la Shoah et les bouleversements que cela a provoqués. Le récit, l'histoire de l'amour, écrit par un des protagonistes, sera publié par un autre en se l'appropriant à la suite d'un concours de circonstances. Tout la structure du récit est limpide. Chaque récit est reconnaissable par sa structure. Celui d'Alma, par exemple, se compose de mini chapitres. Quand on a refermé le livre, on se dit que l'on aimerait bien rencontrer "pour de vrai" tous ces personnages très attachants. Un très grand roman.

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mardi 11 décembre 2007

Un baiser s'il vous plaît - Emmanuel Mouret

Dans une même soirée, après avoir vu Cow-Boy (que je chroniquerai plus tard), j'ai assisté à l'avant-première d'Un baiser s'il vous plaît d'Emmanuel Mouret, réalisateur et scénariste, qui était présent ainsi que les trois actrices du film (Virginie Ledoyen, Frédérique Bel et Julie Gayet). Je commence donc par Un baiser s'il vous plaît (qui sort mercredi 12 décembre 2007), suite à une demande insistante de mon ami. Je crois qu'il aime le titre...
Après Changement d'adresse du même réalisateur (et que j'avais beaucoup aimé), j'ai été un tout petit peu déçue par celui-ci. C'est moins ludique, moins aérien. Virginie Ledoyen n'est pas très à l'aise dans l'univers de ce cinéaste, elle récite trop son texte. Les dialogues, écrits dans une langue que l'on ne parle pas dans la vie de tous les jours, ne lui facilitent pas la tâche. En revanche, quel bonheur de revoir Frédérique Bel (remarquée dans Changement d'adresse), elle donne du piquant à ce film que l'on pourrait sous-titrer "On ne badine pas avec l'amour" - non, je veux dire, en fait, "On ne badine pas avec un baiser". En effet, le fait d'échanger un baiser entre deux personnes fait voler en éclats, et un mariage, et une liaison amoureuse. A la fin du film, la scène du baiser entre Julie Gayet et Mikael Cohen est une des plus belles que j'ai vue depuis longtemps. La musique du film tirée d'oeuvres classiques très connues donne du charme à l'ensemble. Emmanuel Mouret, avant la projection, a déclaré tout simplement qu'il avait été content d'écrire et de réaliser Un baiser s'il vous plaît avec ces trois actrices. Le film a été très applaudi à la fin.

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lundi 10 décembre 2007

Ce que mes yeux ont vu - Laurent de Bartillat

Pour ceux qui aiment les énigmes sans meurtre ni violence, je recommande Ce que mes yeux ont vu, premier film de Laurent de Bartillat. L'histoire se passe dans le monde de l'art et tourne autour du peintre Jean-Antoine Watteau, célèbre pour le "Gilles" exposé au musée du Louvre. Au début du film, de nos jours, Lucie (Sylvie Testud), fille d'une actrice, fait un exposé suite à des recherches qu'elle effectue sur ce peintre du XVIIIème. Elle s'intéresse plus particulièrement à la peinture appelée "l'Enseigne Gersaint" qui représente un salon tapissé de peintures de grands maîtres de l'époque à l'exception d'un seul...
Pourquoi Watteau a-t-il peint une femme vue de dos ? Il semble avoir été fasciné par le monde du théâtre. Une actrice de l'époque a certainement été le grand amour de sa vie qui conserve quelques pans de mystère. Lucie cherche à savoir qui elle est. L'exposé de Lucie intéresse un certain Dussart (Jean-Pierre Marielle), spécialiste de renommée mondiale du peintre Watteau. Après l'avoir encouragée dans ses recherches, il fait tout pour la faire abandonner sans raisons apparentes.  Néanmoins, elle ne renonce pas. Au contraire, elle découvre l'identité de l'actrice et fait une très belle découverte  qui a un rapport avec des tableaux repeints l'un sur l'autre.
A part ça, j'émettrai une petite réserve sur l'histoire annexe avec James Thierrée qui joue un sourd-muet. A mon avis, cela n'ajoute rien au film et tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Pour vous faire votre propre opinion, allez voir ce film qui m'a passionnée.

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dimanche 9 décembre 2007

Lessivée par Blogger

Petit coup de gueule suite à une récente modification de l'enregistrement des commentaires sur les plates-formes over-blog et blogspot.
Jusqu'à tout récemment, lorsque je commentais des billets sur des blogs de ces plates-formes (où se trouvent 14 de mes "fidèles", une quinzaine d'autres blogueurs venus mettre au moins un commentaire chez moi, et d'autres que je visite), pour commenter, il suffisait de cliquer sur "autre" et on inscrivait son pseudo ainsi que son site web (lien automatique).
Maintenant (je m'en suis aperçue dimanche 2 décembre), il est seulement possible d'écrire, sous "pseudonyme", son pseudo, et je suis obligée de penser à indiquer mon adresse de blog en corps du commentaire (sans que le lien fonctionne, bien entendu!). J'ai même essayé de me créer un compte "blogger", mais ça ne suffit pas, il faudrait que je m'y crée un blog (encore!). Je déteste les systèmes "propriétaires" et exclusifs!

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samedi 8 décembre 2007

Films vus non commentés depuis le 31 octobre 2007

Mon ami m'a demandé comment et sur quels critères je décidais de faire un billet sur un film, ou bien de le mentionner simplement avec 3 ou 4 autres (comme ci-après, dans la lignée de mon billet du 31/10/07). Je n'ai pas de raison particulière qui me vient à l'esprit. Peut-être que, pour tel ou tel film traité en 3 lignes, j'aurais pu me forcer à en écrire davantage, si je n'avais eu aucun autre sujet d'avance. Mais je préfère consacrer un billet à ceux qui m'ont vraiment plu. Bien sûr, il est parfois arrivé (faute de mieux!) que je fasse une chronique complète sur un film qui m'a déplu, ou même auquel je suis restée indifférente.
Sur les quatre d'aujourd'hui, 3 sont bien ou très bien et 1 m'a laissée perplexe. Mais je n'ai pas envie de me casser la tête à en raconter l'histoire.

Le Royaume de Peter Berg avec Jamie Foxx et Chris Cooper. Bon film d'action et pour une fois les Américains ne sont pas les rois du monde. Suite à un attentat en Irak (des centaines de civils américains s'étant fait mitrailler et exploser), un groupe de 5 Américains du FBI sont envoyés en mission pour découvrir le ou les coupable(s). Les scènes de fusillades sont spectaculaires. Regardable car on ne s'ennuie pas une seconde.

La France de Serge Bozon: Objet Cinématographique Non Identifié. Il y a Sylvie Testud déguisée en garçon pour partir à la recherche de son mari pendant la Guerre de 14-18. Elle croise le chemin d'un groupe de 10 hommes qui se trouvent être des déserteurs essayant de fuir la France pour se réfugier aux Pays-Bas. A quatre reprises, des chansons sont jouées et interprétées par les acteurs. Cela paraît saugrenu. Je n'ai pas compris le message du film, parce que je pense qu'il y en a un (?).

Once de John Carney: si vous aimez la musique et les chansons du film (ce qui est mon cas), interprétées par les deux acteurs principaux (touchants) même si Once n'est pas un film musical, il est très plaisant à regarder et à écouter. Sinon passez votre chemin.

Agent double
de Billy Ray avec un face-à-face entre Chris Cooper et Ryan Philippe. Chris Cooper interprète Robert Hanssen, personnage réel,
agent du FBI et une "pointure" en informatique, qui, pendant 25 ans, a trahi les Etats-Unis en vendant des renseignements aux Russes. Le film est très classique, sans courses-poursuites effrénées mais avec beaucoup de psychologie. Très bien.

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vendredi 7 décembre 2007

Représentations de petites catégories (sans commentaires)

Cette «compilation» parachève mon retour sur mes billets «sans commentaires» par les catégories les moins représentées sur mon blog (cf. mon précédent billet du 16/11/2007).
Petite satisfaction: tous ceux de la catégorie «Réalisateurs» ont été abondamment commentés. Et, fort heureusement, tous ne consistent pas en hommages après décès. Par contre, pratiquement tous les billets sur le théâtre (ceux ci-dessous) n’ont eu aucun succès. Peut-être est-ce une question de public, soit sur ce blog, soit en général (la sortie au théâtre est bien plus onéreuse qu’une place de cinéma)?

Acteurs/Actrices
Cécile de France - Marion Cotillard (15 mars 2007)

Laurel et Hardy (26 mai 2007)
Jean-Claude Brialy (1er juin 2007)

Télévision
Théâtre filmé (29 janvier 2007)

Les Mystères de l'Ouest - Série TV (6 février 2007)
Suspect n°1 avec Helen Mirren (6 avril 2007) (1)

Théâtre
L'affaire de la rue de Lourcine - Eugène Labiche - mise en scène Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff (18 mars 2007)

Délit de Fuite - Jean-Claude Islert (8 mai 2007)
La Tempête - William Shakespeare (mise en scène Dominique Pitoiset) (11 mai 2007) (1)
Les temps difficiles - Edouard Bourdet (4 juin 2007)
Mars et Vénus au théâtre (14 novembre 2007)

(1) Commentaire suscité par le présent billet durant le mois où il est resté en page d’accueil de mon blog.

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jeudi 6 décembre 2007

La nuit nous appartient - James Gray

Après les excellents Little Odessa (1994) et The Yards (2000) qui se passaient déjà dans la population d'origine Russe à New York, La nuit nous appartient (We Own the Night) de James Gray nous captive dès le début. Deux frères, l'un flic, Joseph (Joe) (Mark Whalberg)(1), et l'autre tenancier d'une boîte de nuit, Robert (Bob) (Joaquim Phoenix) (1), ont un père, flic aussi, Albert (Bert) (Robert Duvall). Robert semble le "vilain petit canard" de la famille. Il fréquente des Russes qui le protègent en ignorant le fait qu'il soit fils et frère de policier. En effet, ces Russes se trouvent (sous des airs respectables) être organisateurs d'un vaste trafic de drogue. D'ailleurs la façon d'importer la drogue est plutôt originale (allez voir le film pour la découvrir). Après Les Promesses de l'ombre de David Cronenberg (voir mon billet du 11/11/07), la Mafia russe est si je puis dire sous les feux des projecteurs. Un tragique événement fait prendre à Robert une décision radicale. Il devient flic à son tour et trahit en quelque sorte les personnes qu'il croyait être ses amis. L'histoire se passe en automne ou en hiver donnant un air lugubre à l'ensemble. Une course-poursuite d'anthologie est filmée à travers les vitres des voitures et sous un rideau de pluie. Tous les comédiens sont remarquables, Joaquin Phoenix en tête, qui fait d'ailleurs partie de la distribution du prochain James Gray en cours de tournage (Two Lovers).

(1) Merci à Bertrand (voir son commentaire ci-dessous) de m'avoir fait remarquer un quiproquo que je viens de rectifier. Contrairement à ce que j'avais écrit au départ, Joseph est le flic et Robert est le tenancier de boîte de nuit.

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mercredi 5 décembre 2007

Bijoux de la comédie américaine (4)

Comme après toute bonne trilogie, voici le 4ème épisode et peut-être pas le dernier (et, non, ce n'est pas pour l'argent!).
Je viens de revoir en DVD avec mon ami (qui ne connaissait pas) Frankie et Johnny (1991), de Garry Marshall, le réalisateur de Pretty Woman (1990). Interprétée par Al Pacino (Johnny) et Michelle Pfeiffer (Frankie), cette histoire fait du bien au moral. C'est un film tendre, un véritable conte qui finit bien. Comme les trois "bijoux" (films) précédents, cela se passe encore à New-York, dans un "coffee shop" (au sens anglo-saxon!). Johnny qui vient de sortir après 18 mois de prison pour un chèque falsifié se fait engager comme cuistot à l'Apollo situé dans la 9ème avenue de New-York. C'est aussi cela l'Amérique, on a droit à une deuxième chance. Tous les membres du personnel forment une famille. L'ambiance est chaleureuse. Peu de temps après que Johnny soit embauché, une des serveuses décède et seules ses collègues assistent à la cérémonie religieuse. C'était toute sa famille. Les clients du "coffee shop" sont des habitués. Parmi les autres serveuses, Johnny remarque Frankie qui a vécu un drame personnel douloureux. Elle n'est pas prête à s'engager dans une nouvelle aventure sentimentale à moins que... En revanche, elle a un voisin homosexuel (Nathan Lane) qui lui sert de confident et cela donne lieu à des scènes savoureuses. Ce film, adapté d'une pièce de théâtre, n'a d'autre ambition que de distraire, et bien la réussite est totale.

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