Fantaisie policière, Le crime est notre affaire de Pascal Thomas est la troisième adaptation d'un roman d'Agatha Christie (et la plus réussie) du réalisateur / scénariste. On retrouve pour la deuxième fois le couple André Dussolier/Catherine Frot dans les rôles de Bélisaire et Prudence Beresford (après Mon petit doigt m'a dit en 2005). Ils sont toujours à la retraite (lui, des services secrets) et Prudence s'ennuie à mourir. Elle trouve Bélisaire "popotte", elle qui rêve d'un petit meurtre à résoudre. Ni une, ni deux, sa tante (Annie Cordy), venue en visite avant de partir en Guyane à la chasse au papillon, vient d'assister à un crime dans un train: une femme s'est fait étrangler dans un wagon. Mais ce fait divers ne se retrouve pas à la une des journaux, il n'est rapporté nulle part. Prudence, peut-être au péril de sa vie, mène l'enquête. Pour ce faire, elle se fait engager comme employée de maison d'une grande demeure "La vallée des loups" (pas loin d'où a dû être jeté le corps). Là vit une famille aussi "gothique" que la maison, avec le patriarche (Claude Rich) qui ne veut pas mourir rien que pour embêter ses 4 enfants-héritiers dont Emma (Chiara Mastroianni). On s'éclaire souvent à la bougie dans cet endroit et, dans l'arrière-cour, se trouve un endroit avec des sarcophages. A l'entrée du parc, des loups en bois (?) sculpté veillent. Je ne révèlerai rien du coupable (ce n'est pas important). L'essentiel réside dans l'ambiance générale où la seule contribution à la modernité est le téléphone portable de Prudence. Sinon, on se croirait dans les années 50 ou début 60. Le petit morceau d'anthologie est la séquence avec Dussolier en kilt au dessus d'une bouche d'aération (irrésistible). La dernière scène est celle où il se fait traiter de "ballot" par Prudence et vous saurez pourquoi en y allant. Car mon conseil est bien d'aller voir Le crime est notre affaire.