Attention, film à voir! Grand prix au festival de Deauville cette année, The Visitor de Tom McCarthy est une oeuvre émouvante qui va droit au coeur. Réalisée avec sobriété, elle donne la part belle aux acteurs. Walter Vale (Richard Jenkins), la soixantaine, veuf, prof d'économie à la fac et écrivain, mène une vie morne et égoïste. Il se partage entre le Connecticut et New-York. De prime abord, c'est un homme peu sympathique. Il "fait semblant" (I pretend) (pour toute chose) depuis 20 ans. Il essaie de prendre des leçons de piano (sa femme était pianiste) et il en est à son 4ème professeur. Il renonce. Sur l'en-tête de son unique cours dactylographié, on le voit effacer avec du "tipp-ex" l'année en cours et inscrire la prochaine année. Mais tout va changer le jour où il est amené à aller à New-York donner une conférence. Quand il arrive, l'appartement dont il est propriétaire a été loué (lui dit-on), sans qu'il le sache, à un couple mixte: syrien (Tarek, l'homme) et sénégalais (Zaineb, la femme). Grâce à eux et à la mère de Tarek, Mouna (magnifique Hiam Abbass, héroïne des Citronniers [cf. mon billet du 19/05/08]), il s'ouvre à la musique du djembé (grand tambourin) et se remet à avoir des sentiments. Avec l'arrestation fortuite de Tarek qui, comme sa compagne, est un clandestin sans papiers, Walter et nous par la même occasion apprenons comment sont traités (depuis le 11/09/01) ces personnes. C'est fait avec finesse mais le constat est là, terrible et sans appel. Sous l'oeil du réalisateur, j'ai bien reconnu le New York que j'aime. J'ai vu ce film le jour de sa sortie: la salle était comble et très attentive. Je pense que les spectateurs ont été aussi émus que moi. Je répète: The Visitor de Tom McCarthy, dont c'est le deuxième long-métrage (comme réalisateur et scénariste) après le très réussi The station agent (2003), est à ne pas rater.