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Le mercredi 9 mai 2012 est sorti à Paris, dans deux salles seulement, Saya Zamouraï d'Hitochi Matsumoto, une tragi-comédie nippone émouvante et plutôt drôle, à l'image de la mimique de clown triste sur le visage de l'acteur (non professionnel), comme vous pouvez le voir sur l'affiche. Au Japon, dans une période indéterminée, Kanjuro Nomi (Takaaki Nomi), un samouraï mutique et sans sabre (le fourreau qu'il porte est vide), erre dans la campagne en compagnie de sa petite fille (qui le rabroue souvent). C'est un veuf inconsolable. Sa tête est mise à prix depuis un certain temps car il refuse de combattre. Capturé par un seigneur rival de son clan, il a 30 jours pour faire sourire le fils dudit seigneur par tous les moyens imaginables. Si, au bout de ce laps de temps, le petit garçon ne rit pas, il devra mourir comme un samouraï en pratiquant le "seppuku". Nomi se donne beaucoup de mal pour dérider le garçonnet, il se transforme même en homme-canon. Il se grime, se maquille, fait des dessins sur son torse et d'autres choses de ce genre, mais en ne prononçant jamais une parole. Au fur et à mesure que le temps passe, il recueille le soutien des villageois qui sont enthousiastes devant les performances de Nomi.

C'est le troisième film du réalisateur, que je ne connaissais pas. Hitoshi Matsumoto a plusieurs cordes à son arc puisqu'il est aussi acteur, humoriste et animateur de spectacles à la télévision japonaise. C'est d'ailleurs lors d'une de ces émissions qu'il a rencontré Takaaki Nomi qui devait faire le clown devant une caméra. Il semblerait que Takaaki Nomi, qui ignorait tout du scénario, n'a su qu'à la fin qu'il tournait un long-métrage. Si vous voulez voir un film bizarre, poétique, humoristique, décalé, et qui se termine avec une chanson, allez le voir. J'espère qu'il sera projeté dans quelques salles en province.