Des 17 films vus depuis ce début d'année dont beaucoup déjà chroniqués, voici mon film préféré de 2018 (pour l'instant). Il s'agit de L'insulte de Ziad Doueiri, un réalisateur franco-libanais dont j'avais aimé L'attentat (l'adaptation du roman de Yasmina Khadra). A Beyrouth, au Liban, Toni, un Chrétien libanais propriétaire d'un garage, arrose ses plantes sur le balcon de son appartement. Ceci étant, la gouttière d'évacuation mal positionnée arrose les ouvriers d'un chantier voisin qui passaient par là. Le contremaitre, Yasser, un Palestinien mariée à une Chrétienne et vivant dans un des camps alentour, veut réparer cette gouttière. Il se fait "rembarrer" vertement par Toni. Plus tard, Yasser va traiter Toni de "sale con". Les choses vont s'envenimer, Yasser n'arrivant à s'excuser. Il y aura une escalade verbale malheureuse de la part de Toni et des violences physiques de la part de Yasser. Cette confrontation va les mener jusqu'au tribunal. Dans ce lieu, on se rend rapidement compte qu'il ne s'agit pas simplement d'insultes verbales et de violence physique. C'est plus profond. On constate la remontée de haines recuites entre communautés. Je rappelle que la guerre au Liban, qui a duré 15 ans entre 1975 et 1990, a été terrible. Chrétiens et Palestiniens se sont durement affrontés. Il s'agit d'une guerre où il n'y a pas eu de vainqueurs. J'ai trouvé le film absolument passionnant. Les personnages ont beaucoup d'épaisseur. Chaque point de vue se défend. La note humoristique, si je puis dire, est que l'on apprend au détour d'une phrase du juge que les avocats qui représentent d'un côté Toni et de l'autre Yasser sont père et fille. Un très bon film que je recommande toutes affaires cessantes. Ce film est sélectionné dans la catégorie "Meilleur film étranger" aux prochains Oscars (c'est amplement mérité), et l'acteur Kamel El Basha qui interprète Yasser a reçu le prix d'interprétation masculine au dernier festival de Venise en septembre dernier. Lire le billet du blog du Bleu du miroir (Wilyrah).