Après Wadjda qui m'avait beaucoup plu, la réalisatrice Haifaa Al-Mansour nous revient avec un film lumineux qui brosse de beaux portraits de femmes. Dans une petite ville de province d'Arabie Saoudite, Mariam, l'aînée d'une fratrie de filles, travaille comme médecin dans un genre de clinique dispensaire. Elle est encore célibataire tout comme sa soeur cadette, qui filme des mariages ou des événements où il n'y a que des femmes. Les deux vivent avec la cadette encore adolescente chez leur père, un musicien. Il est veuf depuis peu et laisse beaucoup de liberté à ses filles, mais le souvenir de la mère défunte elle-même chanteuse est très présent. La réalisatrice fait un portrait assez nuancé de la société souadienne où les hommes n'ont pas un rôle totalement négatif. Les femmes peuvent enfin conduire une voiture (depuis 2018), mais elles n'ont pas le droit de sortir du territoire sans autorisation de leur tuteur (père, frère ou mari). Mariam, ne pouvant pas aller à Dubaï pour un congrès, se retrouve à se porter candidate aux prochaines élections municipales. Elle est la seule femme à le faire, avec un programme en un point: goudronner le chemin qui mène à la clinique où elle travaille. Elle fait une réunion électorale devant un parterre de femmes lors d'un défilé de mode, ou bien devant un public masculin par écran interposé. C'est du bricolage mais elle est déterminée. Pendant ce temps-là, le père qui joue de l'oud (et chante) dans un orchestre se produit en plein air ou dans des salles fermées avec les hommes d'un côté et les femmes de l'autre. Ce film féministe où les moments humoristiques ne manquent pas m'a vraiment beaucoup plu. Allez le voir. Henri Golant le conseille aussi ainsi que Miriam.