lundi 17 février 2014

Ida - Pawel Pawlikowski / Hipotesis (Thèse sur un homicide) - Hernan Goldfrid

En Pologne, au début des années 60, Anna, jeune novice dans un couvent, apprend, avant de prononcer ses voeux, qu'elle est née juive. En effet, la mère supérieure du couvent a convaincu Anna de faire la connaissance de la seule parente qui lui reste: sa tante, Wanda. C'est cette dernière, magistrate dans dans les tribunaux, qui lui annonce que son vrai nom est Ida Lebenstein. Wanda était la soeur de la mère d'Ida. Après quelques échanges aigre-doux, Wanda et Ida partent faire leur enquête afin de découvrir comment sont morts les parents d'Ida pendant la seconde guerre mondiale et où ils ont été enterrés. Le film est marquant à plus d'un titre: il est filmé dans un très beau noir et blanc qui va bien avec l'époque où se passe l'histoire. Les acteurs sont souvent décadrés comme les visages que l'on voit en bas de l'écran. Hors les murs du couvent, Ida découvrira la vie, le sexe, la mort. Pourtant, rien n'entame la fraîcheur du visage lisse et lumineux d'Agatha Trzebuchowska qui interprète Ida. Sur quelques notes de John Coltrane et Adriano Celentano, Ida de Pawel Pawlikowski est un beau film avec une fin qui m'a paru logique, même s'il ne m'a pas totalement enthousiasmée. Je le conseille néanmoins. Lire les billets d'Aifelle et Alex-6.

Maintenant, je passe à un film argentin d'Hernan Goldfrid qui est seulement sorti dans quatre salles à Paris (je ne sais pas ce qu'il en est pour la province). Sorti sous le titre Hipotesis (Tesis sobre un homicidio), j'ai eu le plaisir d'y retrouver un de mes acteurs "chouchous", Ricardo Darin, qui interprète le rôle d'un professeur de droit à l'université, spécialisé en droit pénal. Il dirige un séminaire. Parmi ses étudiants, il en soupçonne un, Gonzalo, d'avoir commis un homicide devant l'université. Un crime gratuit, un crime parfait, peut-être pas le premier. J'ai suvi ce film avec intérêt surtout après avoir "râlé" contre un mangeur de "popcorn" qui m'a gâché les 10 premières minutes du film (c'était insupportable). Il s'est arrêté net, je l'en remercie (il a laissé par terre son carton de popcorn à moitié plein quand il a quitté la salle). Quant au film, même si ce n'est pas un chef d'oeuvre, j'ai aimé la fin qui laisse planer le doute.

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vendredi 14 février 2014

Quattrocento - Stephen Greenblatt

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C'est grâce à Dominique (que je remercie) que j'ai eu envie de lire Quattrocento de Stephen Greenblatt (Edition Flammarion, 288 pages + 40 pages de notes et 10 pages d'index en fin de volume). Stephen Greenblatt, un universitaire américain, est un spécialiste de Shakespeare. Il ne s'agit pas d'un roman, mais d'un genre d'essai universitaire très accessible pour le grand public qui nous raconte comment un texte, De la nature de Lucrèce (écrivain de l'Antiquité qui vécut peut-être entre -98 et -55 av J.-C.), a été un des facteurs du début de la période de la Renaissance. Il nous brosse surtout le portrait d'un homme, Le Pogge (Poggio Bracciolini), un italien (1380-1459) qui fut secrétaire apostolique auprès d'un Pape. Scribe hautement qualifié célèbre pour sa belle écriture, il savait déchiffrer les parchemins (particulièrement en vélin) qui lui passaient entre les mains, et il les recopiait et les diffusait (c'était sa manière de gagner sa vie). Très bon latiniste, il était aussi un chasseur de manuscrits. C'est en Allemagne, en janvier 1417, dans l'abbaye de Fulda, que Le Pogge découvrira le texte De la nature que l'on croyait disparu (il avait été composé 1400 ans plus tôt). Ce poème de 7400 hexamètres évoque des méditations philosophiques sur la mort, la religion, le plaisir et surtout l'athéisme (l'indifférence à l'égard des dieux). Dans une période, le XVème siècle, où les tribunaux de l'Inquisition étaient encore en activité, le livre de Lucrèce était dérangeant. Le texte développe des idées plus subversives encore (pour l'époque jusqu'à nos jours), comme le fait que "...l'Univers est composé de particules (atomes) élémentaires de matière (humains et animaux compris), que l'Univers n'a pas de concepteur ni de créateur. Les particules n'ont pas été fabriquées et ne peuvent être détruites. L'ordre et le désordre du monde ne sont pas le produit d'un plan divin. La providence est le fruit de l'imagination, etc ..."(pages 204 à 222). Dans ce chaptitre, Greenblatt a établi une liste exhaustive des grandes idées de De la nature (De rerum natura). Puis l'auteur revient sur le personnage du Pogge, mort à 79 ans, père de 18 enfants, qui vécut un temps en Angleterre sans faire de découvertes de manuscrits aussi marquantes. Enfin, Stephen Greenblatt parle de la postérité du texte de Lucrèce, qui influença des hommes comme Montaigne, Molière, Giordano Bruno, Botticelli, Machiavel, peut-être Spinoza, Galilée et Thomas Jefferson, l'un des auteurs de la Déclaration d'indépendance américaine où il est fait mention "La poursuite du bonheur" comme dans le texte de Lucrèce. J'ai trouvé ce livre bien documenté, argumenté, en un mot idéal pour un lectorat américain (si j'ose dire). Je dirais que c'est un peu scolaire mais pas désagréable.

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mercredi 5 février 2014

Minuscule: La Vallée des fourmis perdues - Thomas Szabo et Hélène Giraud

Voilà un film d'animation français qui plaira autant aux grands qu'aux petits. Minuscule: La Vallée des fourmis perdues a d'abord pour origine une série télé que je n'ai jamais vue. Dans une belle région vallonnée de France, une petite coccinelle va être séparée de ses congénères. Qu'à cela ne tienne, grâce à une boîte pleine de morceaux de sucre, elle va se lier d'amitié avec une fourmi noire après l'avoir sauvée de la fringale d'un lézard. Poursuivies par des fourmis rouges belliqueuses, la coccinelle, la fourmi noire et toute une colonie de la même espèce vont parvenir à la fourmilière avec les quelques morceaux de sucre qu'elles auront pu sauver. Car pendant presque 1H30, on assiste à beaucoup de péripéties dont une poursuite dans une rivière. La coccinelle ne se laisse jamais abattre et affronte les dangers avec détermination. Elle fait preuve de beaucoup d'astuce face aux mouches moqueuses, au crapaud, au lézard, sans parler du brochet. Le film est muet (sans dialogues) mais très sonore grâce à de la musique et des bruitages parfois tonitruants et souvent explicites. La fusion entre décors réels et animation est une vraie réussite. Je pense que ce film va avoir du succès et il le mérite.

Je vous donne le lien vers le blog du film qui est assez complet.

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mardi 24 décembre 2013

Capitaine Phillips - Paul Greengrass

Sorti depuis quelques semaines, Capitaine Phillips du réalisateur anglais Paul Greengrass (La mémoire dans la peau) vaut vraiment la peine d'être vu, même si vous avez déjà apprécié (comme moi) Highjacking. Les deux films traitent du même sujet (le piratage d'un bateau), et, de ce fait, ils se complètent bien, car le traitement du sujet est assez différent. Au large de la Somalie, un bateau de ravitaillement américain est piraté par quatre hommes, des Somaliens qui n'ont pas grand-chose à perdre. C'est très bien mené et filmé. Après un préambule qui nous présente les principaux protagonistes, on entre vite dans le vif du sujet: la course-poursuite avec, d'un côté, quatre pirates sur un petit bateau à moteur puissant, et de l'autre un immense bateau container qui paraît monstrueux et inattaquable (les membres d'équipages sont nombreux, 30 ou 40). Je vous laisse découvrir la prise d'assaut spectaculaire des quatre Somaliens armés de leurs mitraillettes. Après plusieurs péripéties, l'action se resserre sur le capitaine Philips (Tom Hanks assez remarquable) pris en otage par les quatre hommes. Les spectateurs sont tenus en haleine jusqu'au bout. C'est palpitant. Il paraît que c'est tiré d'une histoire vraie. S'il se donne par chez vous, allez le voir.

Sinon, je vous souhaite un très bon réveillon ce soir, seul ou accompagné - et surtout pas trop d'excès.

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samedi 30 novembre 2013

Les garçons et Guillaume, à table! - Guillaume Gallienne

J'avais plutôt un a-priori négatif sur ce film, mais faute de mieux à me mettre devant les yeux et après la lecture du billet d'Aifelle, je me suis décidée à aller le voir. J'avoue être restée perplexe devant Les Garçons et Guillaume, à table! de Guillaume Gallienne. Plutôt qu'une histoire, il s'agit d'une suite de saynètes où Guillaume et sa maman sont les protagonistes principaux: Guillaume au Maroc, en internat en Angleterre, en Espagne (il apprend à danser), singeant Sissi (l'impératrice), en cure en Allemagne, chez les psys (il en voit plusieurs), au conseil de révision pour partir au service militaire, dans un bar gay, etc. Je reconnais avoir eu deux fous rires irrépressibles qui m'ont prise par surprise, mais sinon, je me suis demandé pourquoi le film fait autant parler de lui, car pour moi il s'agit d'assister à la psychanalyse d'un homme qui a obéi à sa maman en acceptant de se comporter comme une fille. Guillaume nous fait profiter de cet état de fait (nous, spectateurs). J'ai trouvé dommage que l'on ne voit pas plus la mère ("Maman") qui est un personnage haut en couleur. Les scènes où elle apparaît m'ont paru les plus drôles, et c'est Guillaume Gallienne qui l'interprète. C'est donc un film en hommage aux mères en général et à la maman de Guillaume en particulier, mais cela ne va pas plus loin. Par ailleurs, je n'avais pas vu le spectacle éponyme, mais j'apprécie l'émission de Guillaume Gallienne le samedi en fin d'après-midi à la radio sur France Inter (quand je pense à l'écouter).

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lundi 21 octobre 2013

Room 514 - Sharon Bar-Ziv / Salvo - Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

Voici deux films qui risquent trop de passer inaperçus (surtout qu'ils se donnent dans très peu de salles même à Paris). C'est pourquoi je tiens à en parler, car je les ai vus l'un après l'autre dans le même cinéma que j'aime fréquenter (aux Champs-Elysées à Paris) et j'ai passé très bon moment.

D'abord, Room 514 de Sharon Bar-Ziv (on devait être 6 ou 7 dans la salle) est un huis-clos qui se passe dans une salle d'interrogatoire pendant quelques jours. Anna, une jeune femme qui termine son service militaire dans l'armée israëlienne, est chargée de faire toute la lumière sur un affrontement entre une patrouille israélienne et quelques civils palestiniens dont l'un au moins a été gravement blessé. Le réalisateur respecte l'unité de lieu, d'action et presque de temps. Il se passe pas mal de choses dans cette salle 514, un drame se noue, un couple s'enlace, il y a des pleurs et des moments de rage et de désespoir. Il paraît que le film a été tourné en 4 jours. Un film à voir.

Puis j'ai enchaîné avec Salvo de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza (cette fois-ci, on devait être 15 dans la salle). En Sicile, Salvo est un tueur à gages (beau brun aux yeux bleus) qui exécute des contrats sans états d'âme particuliers, jusqu'au jour où il épargne une jeune aveugle qui est la soeur d'un homme qu'il vient de tuer. On se rend compte que Salvo est subjugué par cette jeune fille obstinée. Je vous laisse découvrir ce qui arrive à ces deux personnages qui ne parlent pas beaucoup, mais certains gestes sont éloquents de la part de Salvo. Il y a peu de dialogues, un peu de musique, un paysage aride brûlé par le soleil avec la mer que l'on voit de temps en temps et une usine désaffectée. Tout cela donne une ambiance particulière. J'espère que le film ne disparaîtra pas trop vite des écrans.

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samedi 14 septembre 2013

Une place sur la Terre - Fabienne Godet / Ilo, Ilo - Anthony Chen

Voici deux films que j'ai vus pendant les trois dernières semaines et qui m'ont plu.

Pour le premier, Une place sur la Terre de Fabienne Godet, j'y suis allée parce que j'apprécie beaucoup Benoît Poelvoorde. Dans le registre dramatique, il excelle. Il joue le rôle d'un photographe professionnel mal dans sa peau qui boit, fume et s'occupe occasionnellement du petit garçon d'une voisine. Un jour, de l'autre côté de la cour où donnent ses fenêtres, il entend jouer le début du 1er concerto de Tchaikovski. C'est une jeune femme, Elena (Ariane Labed), qui peu de temps après essaie de se suicider en se jetant du toit de son immeuble, et se rate. Il a eu le temps de la prendre en photo lors de ces instants tragiques. Il n'aura de cesse de se rapprocher d'elle et de la photographier à son insu. La fin de l'histoire est émouvante. Le film comporte des longueurs mais cela n'empêche pas de vous le conseiller. Ariane Labed est une actrice à suivre.

Maintenant, avec Ilo, Ilo d'Anthony Chen qui a reçu la caméra d'or (pour un premier film) au dernier festival du film de Cannes, nous sommes transportés à Singapour dans les années 90. Jiale, âgé d'une dizaine d'années, est un garçon infernal qui n'arrête pas de faire des bêtises. Il vit avec ses parents, la mère enceinte travaille dans un "pool" de secrétaire et le père un peu fâlot est représentant de commerce. Pour seconder la maman, le couple décide d'engager une Philippine, Teresa, qui devient le souffre-douleur de Jiale. Ne se plaignant jamais, Teresa arrive à trouver sa place dans cette famille car les chose changent à Singapour qui est une cité-Etat. En 1997, cette république jusque-là prospère est durement frappée par la crise économique de l'Asie du sud-est. La famille de Jiale va en pâtir comme d'autres. La grande qualité du film est qu'il ne tombe pas dans le misérabilisme; et pourtant, Teresa dort presque par terre à côté de Jiale. Elle n'a pas de vie privée. C'est presque une esclave. D'ailleurs, la mère confisque le passeport de Teresa dès son arrivée, craignant qu'elle ne s'enfuie. Les personnages évoluent à mesure que se déroule l'histoire. On s'attache à eux. Un film plutôt subtil. Je recommande. Lire le billet d'Alex-6.

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lundi 29 juillet 2013

L'inconnu du lac - Alain Guiraudie

Et voici le deuxième film vu juste avant de partir en voyage. Dans un registre particulier, L'inconnu du lac d'Alain Guiraudie (interdit aux moins de 16 ans) est avant tout un film d'atmosphère (assez crépusculaire). Tout se passe au bord d'un lac pendant l'été. Il n'y pas de musique mais on entend le bruit de l'eau et du vent dans les feuillages. Quelques hommes se prélassent nus (du bas) sur le sable. D'autres vont dans les fourrés pas loin pour faire l'amour. Tous ces hommes semblent se connaitre. C'est un lieu de drague. On ne sait pas qui ils sont, quel est leur milieu social (c'est le côté intéressant du film). Ce sont des hommes qui aiment les hommes. Franck, le héros de l'histoire, est un de ceux-là. Il tombe amoureux d'un nouveau venu, Michel, dont on se rend compte rapidement que c'est un dangereux meurtrier qui n'hésite pas à supprimer ceux qui risquent d'être un danger pour lui. Il y a aussi Henri, qui s'est mis à l'écart des autres (mais il observe), plus très jeune, un gros ventre et qui se prend d'amitié pour Franck. Henri est le personnage que j'ai préféré. Et puis il y a le policier maigrichon qui mène l'enquête sur une noyade suspecte. L'histoire, tout en respectant l'unité de lieu et d'action, se déroule sur plusieurs jours. Si on fait abstraction de certaines scènes et de plans plus ou moins scabreux, on peut voir ce film, noir et violent dans tous les sens du terme. Je suis contente de l'avoir vu même si ce n'est pas un sujet qui me touche. Ffred, Neil, Mymp et d'autres en parlent.

PS : pour répondre au commentaire de Pyrausta (antidaté par rapport à la date de parution de mon billet: celui-ci avait été publié par erreur le 25/07/13 pendant quelques minutes...), je ne suis pas du tout allée voir ce film par voyeurisme (j'ai longtemps hésité). Certains dialogues et plans ne mettent pas très à l'aise. J'ai parfois regardé ailleurs. Mais j'ai une (et non un) collègue qui l'a vu et qui me l'a conseillé. Ce n'est pas un film grand public mais j'ai été surprise de voir presque autant de femmes que d'hommes dans la salle où j'étais. En revanche, quand ma collègue l'a vu, c'était dans une grande salle pleine avec seulement trois spectatrices dont elle.

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jeudi 27 juin 2013

Le fils unique - Yasujiro Ozu

Quoi de neuf comme sortie "cinéma"? Et bien je viens d'aller voir Le fils unique de Yasujiro Ozu (1903-1963), un "vieux" film en noir et blanc de 1936 resté inédit en France. Ce fut le premier film parlant du réalisateur du Goût du saké. L'image et le son (malgré la restauration) crachottent beaucoup mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier ce film. Comme souvent dans les films d'Ozu, la caméra est à hauteur du sol. Le film débute par une citation: "Le drame de la vie commence avec le lien entre parents et enfants". Dans le Japon d'avant-guerre, Ozu nous raconte une histoire simple, celle d'une veuve, ouvrière dans une filature de soie, et de son fils (âgé de 15 an au début). En 1923, cette femme, qui vit dans une province du centre du Japon, vend tout ce qu'elle possède afin que son fils aille au lycée. Elle veut qu'il réussisse dans la vie et qu'il ne tombe pas dans la misère comme elle. Pourtant, treize plus tard, en 1936, rendant visite à son fils qui vit à Tokyo, elle se rend compte qu'il mène à son tour une vie assez misérable avec sa femme et son fils âgé de quelques mois. A 28 ans, il travaille comme "demi-prof" dans un collège et gagne très peu. Il souffre de cette situation. Le couple vit dans une masure d'un lotissement au milieu d'un terrain vague. Ozu nous décrit les dures conditions de vie de ces gens humbles. Mais il n'y aucun misérabilisme. Je vous conseille d'aller voir ce film s'il ressort en province. A Paris, il se donne dans 2 salles.

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vendredi 21 juin 2013

Oh boy - Jan Ole Gerster

Pour le moment, je reste sur la chronique de films. Depuis presque trois semaines, j'ai pourtant lu cinq romans dans le cadre du prix du roman FNAC, ayant été sélectionnée comme membre du jury, mais je ne dois pas en divulguer les titres. Une blogueuse dont je tairai le nom est dans le même cas que moi...

Bref, toujours est-il que j'ai vu récemment Oh Boy, un film allemand de Jan Ole Gerster tourné en noir et blanc dont l'histoire se passe pendant environ 24 heures à Berlin. Il s'agit d'une journée dans la vie de Niko Fisher (Tom Schilling) qui dès l'aube quitte sa petite amie et, après un crochet par son appartement presque vide, part chez un psy pour essayer de récupérer son permis de conduire (qu'on lui a retiré pour conduite en état d'ivresse). Toute cette journée, entre deux rencontres, il essaiera désespérément de boire un café. Après s'être fait "remonter les bretelles" (sur un terrain de golf) par son père qui a découvert que son fils "sèche" l'université depuis deux ans, Niko croise son voisin d'immeuble (envahissant), une grand-mère qui abrite son petit-fils dealer, et une ancienne copine de lycée, jadis obèse, qui est devenue une actrice de théâtre d'avant-garde. Je n'oublie pas la confrontation de Niko avec des contrôleurs de tickets de métro. Niko termine sa journée dans un bar où il écoute le soliloque d'un vieux Juif rescapé de la Nuit de cristal en 1938. La musique du film que l'on entend en continu est très "jazzy". J'ai vu ce film dans une salle pleine avec des spectateurs qui avaient l'air satisfaits. Je pense que le "bouche-à-oreille" fonctionne bien, et c'est mérité. J'ai passé un très bon moment. S'il passe par chez vous: allez-y!

Lire les billets d'Emma, Mymp et Wilyrah.

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Pour rester en Allemagne, j'ai vu lundi soir 17 juin 2013, au Théâtre de la Ville à Paris, Kontakhof, un des spectacles les plus célèbres de Pina Bausch (disparue le 30 juin 2009). La dernière est ce soir, vendredi 21 juin 2013, ça se joue à guichets fermés. Le spectacle dure 2H50 (avec entracte). SUPERBE! Les artistes (de toutes les nationalités) ont entre 25 et 45 ans à peu près. Mais l'ensemble est très homogène. Cela m'a évidemment rappelé le documentaire que je vous recommande: Les rêves dansants (Sur les pas de Pina Bausch).

 

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