lundi 21 octobre 2013

Room 514 - Sharon Bar-Ziv / Salvo - Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

Voici deux films qui risquent trop de passer inaperçus (surtout qu'ils se donnent dans très peu de salles même à Paris). C'est pourquoi je tiens à en parler, car je les ai vus l'un après l'autre dans le même cinéma que j'aime fréquenter (aux Champs-Elysées à Paris) et j'ai passé très bon moment.

D'abord, Room 514 de Sharon Bar-Ziv (on devait être 6 ou 7 dans la salle) est un huis-clos qui se passe dans une salle d'interrogatoire pendant quelques jours. Anna, une jeune femme qui termine son service militaire dans l'armée israëlienne, est chargée de faire toute la lumière sur un affrontement entre une patrouille israélienne et quelques civils palestiniens dont l'un au moins a été gravement blessé. Le réalisateur respecte l'unité de lieu, d'action et presque de temps. Il se passe pas mal de choses dans cette salle 514, un drame se noue, un couple s'enlace, il y a des pleurs et des moments de rage et de désespoir. Il paraît que le film a été tourné en 4 jours. Un film à voir.

Puis j'ai enchaîné avec Salvo de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza (cette fois-ci, on devait être 15 dans la salle). En Sicile, Salvo est un tueur à gages (beau brun aux yeux bleus) qui exécute des contrats sans états d'âme particuliers, jusqu'au jour où il épargne une jeune aveugle qui est la soeur d'un homme qu'il vient de tuer. On se rend compte que Salvo est subjugué par cette jeune fille obstinée. Je vous laisse découvrir ce qui arrive à ces deux personnages qui ne parlent pas beaucoup, mais certains gestes sont éloquents de la part de Salvo. Il y a peu de dialogues, un peu de musique, un paysage aride brûlé par le soleil avec la mer que l'on voit de temps en temps et une usine désaffectée. Tout cela donne une ambiance particulière. J'espère que le film ne disparaîtra pas trop vite des écrans.

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samedi 14 septembre 2013

Une place sur la Terre - Fabienne Godet / Ilo, Ilo - Anthony Chen

Voici deux films que j'ai vus pendant les trois dernières semaines et qui m'ont plu.

Pour le premier, Une place sur la Terre de Fabienne Godet, j'y suis allée parce que j'apprécie beaucoup Benoît Poelvoorde. Dans le registre dramatique, il excelle. Il joue le rôle d'un photographe professionnel mal dans sa peau qui boit, fume et s'occupe occasionnellement du petit garçon d'une voisine. Un jour, de l'autre côté de la cour où donnent ses fenêtres, il entend jouer le début du 1er concerto de Tchaikovski. C'est une jeune femme, Elena (Ariane Labed), qui peu de temps après essaie de se suicider en se jetant du toit de son immeuble, et se rate. Il a eu le temps de la prendre en photo lors de ces instants tragiques. Il n'aura de cesse de se rapprocher d'elle et de la photographier à son insu. La fin de l'histoire est émouvante. Le film comporte des longueurs mais cela n'empêche pas de vous le conseiller. Ariane Labed est une actrice à suivre.

Maintenant, avec Ilo, Ilo d'Anthony Chen qui a reçu la caméra d'or (pour un premier film) au dernier festival du film de Cannes, nous sommes transportés à Singapour dans les années 90. Jiale, âgé d'une dizaine d'années, est un garçon infernal qui n'arrête pas de faire des bêtises. Il vit avec ses parents, la mère enceinte travaille dans un "pool" de secrétaire et le père un peu fâlot est représentant de commerce. Pour seconder la maman, le couple décide d'engager une Philippine, Teresa, qui devient le souffre-douleur de Jiale. Ne se plaignant jamais, Teresa arrive à trouver sa place dans cette famille car les chose changent à Singapour qui est une cité-Etat. En 1997, cette république jusque-là prospère est durement frappée par la crise économique de l'Asie du sud-est. La famille de Jiale va en pâtir comme d'autres. La grande qualité du film est qu'il ne tombe pas dans le misérabilisme; et pourtant, Teresa dort presque par terre à côté de Jiale. Elle n'a pas de vie privée. C'est presque une esclave. D'ailleurs, la mère confisque le passeport de Teresa dès son arrivée, craignant qu'elle ne s'enfuie. Les personnages évoluent à mesure que se déroule l'histoire. On s'attache à eux. Un film plutôt subtil. Je recommande. Lire le billet d'Alex-6.

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lundi 29 juillet 2013

L'inconnu du lac - Alain Guiraudie

Et voici le deuxième film vu juste avant de partir en voyage. Dans un registre particulier, L'inconnu du lac d'Alain Guiraudie (interdit aux moins de 16 ans) est avant tout un film d'atmosphère (assez crépusculaire). Tout se passe au bord d'un lac pendant l'été. Il n'y pas de musique mais on entend le bruit de l'eau et du vent dans les feuillages. Quelques hommes se prélassent nus (du bas) sur le sable. D'autres vont dans les fourrés pas loin pour faire l'amour. Tous ces hommes semblent se connaitre. C'est un lieu de drague. On ne sait pas qui ils sont, quel est leur milieu social (c'est le côté intéressant du film). Ce sont des hommes qui aiment les hommes. Franck, le héros de l'histoire, est un de ceux-là. Il tombe amoureux d'un nouveau venu, Michel, dont on se rend compte rapidement que c'est un dangereux meurtrier qui n'hésite pas à supprimer ceux qui risquent d'être un danger pour lui. Il y a aussi Henri, qui s'est mis à l'écart des autres (mais il observe), plus très jeune, un gros ventre et qui se prend d'amitié pour Franck. Henri est le personnage que j'ai préféré. Et puis il y a le policier maigrichon qui mène l'enquête sur une noyade suspecte. L'histoire, tout en respectant l'unité de lieu et d'action, se déroule sur plusieurs jours. Si on fait abstraction de certaines scènes et de plans plus ou moins scabreux, on peut voir ce film, noir et violent dans tous les sens du terme. Je suis contente de l'avoir vu même si ce n'est pas un sujet qui me touche. Ffred, Neil, Mymp et d'autres en parlent.

PS : pour répondre au commentaire de Pyrausta (antidaté par rapport à la date de parution de mon billet: celui-ci avait été publié par erreur le 25/07/13 pendant quelques minutes...), je ne suis pas du tout allée voir ce film par voyeurisme (j'ai longtemps hésité). Certains dialogues et plans ne mettent pas très à l'aise. J'ai parfois regardé ailleurs. Mais j'ai une (et non un) collègue qui l'a vu et qui me l'a conseillé. Ce n'est pas un film grand public mais j'ai été surprise de voir presque autant de femmes que d'hommes dans la salle où j'étais. En revanche, quand ma collègue l'a vu, c'était dans une grande salle pleine avec seulement trois spectatrices dont elle.

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jeudi 27 juin 2013

Le fils unique - Yasujiro Ozu

Quoi de neuf comme sortie "cinéma"? Et bien je viens d'aller voir Le fils unique de Yasujiro Ozu (1903-1963), un "vieux" film en noir et blanc de 1936 resté inédit en France. Ce fut le premier film parlant du réalisateur du Goût du saké. L'image et le son (malgré la restauration) crachottent beaucoup mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier ce film. Comme souvent dans les films d'Ozu, la caméra est à hauteur du sol. Le film débute par une citation: "Le drame de la vie commence avec le lien entre parents et enfants". Dans le Japon d'avant-guerre, Ozu nous raconte une histoire simple, celle d'une veuve, ouvrière dans une filature de soie, et de son fils (âgé de 15 an au début). En 1923, cette femme, qui vit dans une province du centre du Japon, vend tout ce qu'elle possède afin que son fils aille au lycée. Elle veut qu'il réussisse dans la vie et qu'il ne tombe pas dans la misère comme elle. Pourtant, treize plus tard, en 1936, rendant visite à son fils qui vit à Tokyo, elle se rend compte qu'il mène à son tour une vie assez misérable avec sa femme et son fils âgé de quelques mois. A 28 ans, il travaille comme "demi-prof" dans un collège et gagne très peu. Il souffre de cette situation. Le couple vit dans une masure d'un lotissement au milieu d'un terrain vague. Ozu nous décrit les dures conditions de vie de ces gens humbles. Mais il n'y aucun misérabilisme. Je vous conseille d'aller voir ce film s'il ressort en province. A Paris, il se donne dans 2 salles.

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vendredi 21 juin 2013

Oh boy - Jan Ole Gerster

Pour le moment, je reste sur la chronique de films. Depuis presque trois semaines, j'ai pourtant lu cinq romans dans le cadre du prix du roman FNAC, ayant été sélectionnée comme membre du jury, mais je ne dois pas en divulguer les titres. Une blogueuse dont je tairai le nom est dans le même cas que moi...

Bref, toujours est-il que j'ai vu récemment Oh Boy, un film allemand de Jan Ole Gerster tourné en noir et blanc dont l'histoire se passe pendant environ 24 heures à Berlin. Il s'agit d'une journée dans la vie de Niko Fisher (Tom Schilling) qui dès l'aube quitte sa petite amie et, après un crochet par son appartement presque vide, part chez un psy pour essayer de récupérer son permis de conduire (qu'on lui a retiré pour conduite en état d'ivresse). Toute cette journée, entre deux rencontres, il essaiera désespérément de boire un café. Après s'être fait "remonter les bretelles" (sur un terrain de golf) par son père qui a découvert que son fils "sèche" l'université depuis deux ans, Niko croise son voisin d'immeuble (envahissant), une grand-mère qui abrite son petit-fils dealer, et une ancienne copine de lycée, jadis obèse, qui est devenue une actrice de théâtre d'avant-garde. Je n'oublie pas la confrontation de Niko avec des contrôleurs de tickets de métro. Niko termine sa journée dans un bar où il écoute le soliloque d'un vieux Juif rescapé de la Nuit de cristal en 1938. La musique du film que l'on entend en continu est très "jazzy". J'ai vu ce film dans une salle pleine avec des spectateurs qui avaient l'air satisfaits. Je pense que le "bouche-à-oreille" fonctionne bien, et c'est mérité. J'ai passé un très bon moment. S'il passe par chez vous: allez-y!

Lire les billets d'Emma, Mymp et Wilyrah.

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Pour rester en Allemagne, j'ai vu lundi soir 17 juin 2013, au Théâtre de la Ville à Paris, Kontakhof, un des spectacles les plus célèbres de Pina Bausch (disparue le 30 juin 2009). La dernière est ce soir, vendredi 21 juin 2013, ça se joue à guichets fermés. Le spectacle dure 2H50 (avec entracte). SUPERBE! Les artistes (de toutes les nationalités) ont entre 25 et 45 ans à peu près. Mais l'ensemble est très homogène. Cela m'a évidemment rappelé le documentaire que je vous recommande: Les rêves dansants (Sur les pas de Pina Bausch).

 

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vendredi 15 février 2013

7 psychopathes - Martin McDonagh / Hitchcock - Sacha Gervasi / Shadow Dancer - James Marsh

Voici trois films vus assez récemment et qui m'ont procuré de bons moments de cinéma.

7 Psychopathes de Martin McDonagh (Bons baisers de Bruges) est un film qui bénéficie d'un casting assez exceptionnel et d'un adorable toutou, un shih tzu. C'est sanglant et loufoque. Marty (Colin Farrell), un scénariste en mal d'idées, se retrouve grâce à Billy (Sam Rockwell), un acteur de ses amis, à croiser le chemin d'individus tels un kidnappeur de chien, un tueur masqué au valet de carreau, un psychopathe qui adore son Shih Tzu, ou un serial-killer à la retraite. Ce film est surtout l'occasion de voir, en plus des deux acteurs déjà cités, Christopher Walken, Woody Harrelson, Tom Waits et Harry Dean Stanton. Dans une séquence, ce dernier en tenue de pasteur m'a fait penser à Robert Mitchum à côté d'un réverbère dans La nuit du chasseur. Assez distrayant mais violent.

Hitchcock de Sacha Gervasi peut faire penser à un "making of" du film Psychose. Dans ce film, Alfred Hitchcock (1899-1980) est décrit comme un boulimique vidant le frigo. Légèrement voyeur (il épie ses actrices), il est capable d'hypothéquer sa maison pour financer son film. En effet, après le triomphe de La mort aux trousses, "Hitch" a décidé d'adapter Psychose de Robert Bloch. Dans l'histoire, l'héroïne va être assassinée dans la première moitié du film au cours d'une scène d'anthologie sous une douche. La violence du sujet et la scène dénudée du crime mettent Hitchcock dans la ligne de mire de la censure américaine et du futur distributeur du film (nous sommes en 1959). Heureusement, Hitchcock reçoit l'appui presque indéfectible d'Alma, sa femme depuis plus de 30 ans, et de Lew Wasserman, son producteur. C'est toujours agréable pour moi de voir un film qui parle de cinéma, d'acteurs, de tournage. Dans le même genre, il m'a fait penser à un autre film récent, My week with Marilyn. Anthony Hopkins dans le rôle d'Hitchcock se sort plutôt bien de son personnage. Etant une fan d'Helen Mirren, je me suis régalée de la voir dans le rôle d'Alma qui fut l'assistante d'Hitchcock dans l'adaptation de plusieurs scénarios des films tournés par son mari. C'est une oeuvre qui m'a donné envie de revoir Psychose.

Shadow dancer de James Marsh est un film noir qui se passe à Belfast et à Londres en 1993. Colette McVeigh, une jeune femme membre de l'IRA, est obligée de devenir une informatrice pour le MI5. Pour cela, elle est menacée de prison à vie et d'être séparée de son petit garçon. J'ai aimé l'atmosphère pesante du film où l'on sent la menace permanente. Clive Owen qui joue un agent du MI5 est remarquable. Mac, son personnage, devient désemparé face aux tendres sentiments qu'il se met à éprouver pour Colette. C'est Andrea Riseborough qui interprète Colette. C'est une actrice à suivre. Petite anecdote, j'ai vu le film en avant-première en présence de Clive Owen. Ce fut un moment sympa mais trop court. La fin du film assez inattendue est glaçante.

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mardi 11 décembre 2012

Piazza Fontana - Marco Tullio Giordana

J'ai eu l'occasion de voir en avant-première il y a quelques semaines Piazza Fontana, dont le titre original est "Romanzo di una strage" (Roman d'un massacre), en présence du réalisateur. Le film est depuis sorti dans quelques salles à Paris depuis le 28 novembre 2012. Piazza Fontana à Milan est tristement célèbre pour avoir été le lieu d'un attentat à la banque agricole située sur cette place. Le bilan fut lourd: 16 morts et plusieurs dizaines de victimes. Ce massacre eut lieu le 12 décembre 1969, il y a tout juste 43 ans. A cette époque, l'Italie était politiquement instable et la peur du communisme était omniprésente. Des groupuscules de gauche furent accusés d'avoir commis cet acte barbare alors qu'il s'avère que cet attentat a été commis par l'extrême-droite. Mais à ce jour, les coupables n'ont toujours pas été identifiés. Piazza Fontana de Marco Tullio Giordiana se compose d'une suite de séquences avec comme point de départ l'attentat. De nombreux personnages ayant existé nous sont présentés, comme Luigi Calabresi, l'inspecteur qui a été chargé de l'enquête, et Luigi Pinelli, militant de gauche qui s'est défenestré pendant un interrogatoire (il semble qu'il ne s'est pas défenestré tout seul). La reconstitution assez minutieuse de ces événements m'a beaucoup intéressée. C'est plus un téléfilm qu'un film mais je vous le conseille, car c'est bien joué et il donne envie de se pencher sur ce moment de l'histoire de l'Italie dont je n'avais pas entendu parler (j'étais trop jeune) et qui a donné naissance, en partie, au mouvement des Brigades Rouges. A la fin de la séance, Marco Tullio Giordana qui parle assez bien le français nous a livré quelques anecdotes, et en particulier le fait qu'il vivait à Milan à l'époque de l'attentat et qu'il a rencontré, avant de réaliser le film, des personnes très liées à ces évenéments, en particulier les deux épouses de Calabresi et Pinelli.

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mardi 30 octobre 2012

God bless America - Robert Francis "Bobcat" Goldthwait

Voici le deuxième film américain dont je voulais parler et qui m'a plu malgré quelques maladresses (on pourrait le sous-titrer "Mort aux cons"). Frank (Joël Murray, le frère de Bill), fraîchement divorcé (et père d'une gamine "à baffer" qui vit avec sa mère) ne supporte plus la médiocrité ambiante, surtout celle diffusée à longueur de temps à la télévision américaine, hautement abêtissante. Il vient de se faire virer manu militari de son travail après avoir été accusé de harcèlement par une femme à son travail: il avait eu le malheur de lui offrir des fleurs et de lui prêter un livre. Enfin, il vient d'apprendre qu'il a une tumeur incurable au cerveau. Tout cela l'amène à prendre des décisions radicales: il vole la voiture jaune de son voisin (un abruti avec femme et enfant), et se met à flinguer quelques personnes qu'il considère comme nuisibles, en particulier des spécimens vus à la télévision. Sur son chemin, il croise Roxy, une "post-adolescente" qui s'embête dans la vie et qui décide de le suivre dans son équipée. C'est une histoire où l'on rit beaucoup malgré le propos. Le message du film peut sembler simpliste (il est interdit aux moins de 12 ans) mais j'adhère. Le final est digne de Bonnie and Clyde. Un film que je conseille.

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mardi 9 octobre 2012

Killer Joe - William Friedkin / Ombline - Stéphane Cazes / Jason Bourne, l'héritage - Tony Gilroy

Voici trois films vu depuis les deux dernières semaines. J'en recommande deux sur trois.

En premier, donc, Killer Joe de William Friedkin que je ne conseille pas vraiment, car tout est glauque dans ce huis-clos où les personnages s'entre-déchirent physiquement et moralement. Les femmes sont plus malmenées que les hommes. J'aurais dû me méfier (au vu du titre) avant d'aller voir ce film qui est dans la lignée de Bug. Je pense qu'il faut prendre cette histoire de crime à l'assurance-vie au second degré. La conclusion du film est amorale et je me suis sentie très mal à l'aise devant certaines image. C'est outré et cela manque cruellement d'humour. J'aurais interdit le film aux moins de 16 ans (l'interdiction n'est qu'aux moins de 12 ans). J'ai poussé un "ouf" de soulagement quand le film s'est terminé (comme pour Bug).

En revanche, voici deux films que j'ai beaucoup appréciés:

D'abord Ombline de Stéphane Cazes où Mélanie Thiery crève l'écran en jeune détenue qui devient maman. On ne sait pas pourquoi Ombline se trouve derrière les barreaux d'une prison mais on la sent prête à tout pour garder Lucas, même à travailler au sein de la prison. Elle s'adoucit. La caméra suit Ombline au plus près. Elle est de tous les plans. Seule, la conclusion m'a parue un peu trop optimiste (selon moi) mais je vous garantis que vous ne pouvez pas rester insensible devant Ombline et son petit garçon Lucas, que l'on voit grandir pendant 18 mois en restant enfermé avec sa maman. 

Enfin Jason Bourne: L'héritage de Tony Gilroy, film trépidant qui bénéficie d'un acteur épatant, Jeremy Renner dans le rôle d'Aaron Cross. L'histoire n'a pas beaucoup d'importance. Je crois avoir compris qu'il s'agissait de tests "top-secret" sur des cobayes humains (Aaron Cross étant l'un d'eux). J'ai été scotchée à mon fauteuil devant des péripéties qui nous emmènent en Alaska puis plus tard Manille en passant par la Nouvelle-Angleterre. Rachel Weisz se défend bien en chercheuse scientifique. Ce film est un excellent divertissement et il n'est pas nécessaire d'avoir vu les trois volets précédents avec Jason Bourne (j'avais chroniqué le troisième ici).

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mercredi 5 septembre 2012

Superstar - Xavier Giannoli / Madame Solario - René Féret

Superstar, le nouveau film de Xavier Giannoli, constitue un drame en trois actes:

  • Pourquoi Richard Kazinski, un parfait inconnu (banal), devient célèbre sans qu'il le veuille (il est reconnu dans le métro, dans les supermarchés  par de parfaits inconnus - des gens banals comme lui);
  • Pourquoi il se met à accepter peut-être cette situation malgré les conséquences sur sa vie privée (il n'en a plus);
  • [et enfin] Pourquoi tout le monde se met à lui "cracher" dessus.

Tout cela en l'espace de quelques semaines.

Ce très bon film ne nous donne pas de réponse quant aux "pourquoi", mais il interroge sur notre société de l'"instantanéité" (on prend, on jette, on aime, on n'aime plus), sur le pouvoir de l'image, d'internet, des médias de masse, de la rumeur. Comme le dit l'un des protagoniste de cette farce grotesque, producteur de télé, ce fut "divertissant". Ce film a été librement adapté d'un roman de Serge Joncour, l'Idole, et je vous le conseille même si j'aurais aimé encore plus de virulence dans le propos et quelques facilités scénaristiques en moins. Par exemple, le début d'idylle entre Kazinski (Kad Merad) et Fleur (Cécile de France), l'assistante du producteur télé, et l'amitié improbable de Kaminski avec un transexuel. Lire le billet de Mymp.

En revanche, vous pouvez vous épargner d'aller voir Madame Solario de René Féret adapté d'un roman (un chef d'oeuvre, parait-il) de Gladys Huntington (épuisé en édition française). Le réalisateur a donné le rôle principal de Mme Solario à sa fille: grave erreur. Marie Féret n'arrive pas à faire croire qu'elle est amoureuse de son frère (joué par Cyril Descours), ni qu'elle puisse faire tourner les têtes. L'histoire se passe au début du XXème siècle. On admire les belles robes des femmes et leur voilette, dans une résidence hôtelière très "viscontienne" au bord d'un lac italien C'est très beau avec un peu de charme, mais on s'ennuie beaucoup (en tout cas, en ce qui me concerne).

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