Le blog de Dasola
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4 octobre 2010

SOS Cocotte

Cette fois, c'est la fin, je [ta d loi du cine] racle mes fonds de tiroirs pour finir de "squatter" le blog de Dasola jusqu'à son retour...
Voici en guise d'oeuvre littéraire (désolé Dasola - je sais bien que ce n'est pas non plus le genre de la maison...) une (més)aventure datant d'octobre 2006. Ces échanges de mails commencent par un petit "Help" à mes "friends".

Salut Les Gens
Est-ce que vous connaîtriez un "truc" QUI FONCTIONNE pour décoincer le couvercle d'une cocotte-minute? En fait, je ne l'ai pas utilisée durant plusieurs années, et elle est restée fermée (mea culpa!), donc je pense que le joint en caoutchouc a dû morfler...?
Et, tout seul, c'est pas facile de tirer sur les machins dans deux sens opposés!
Donc voilà, j'attends vos solutions miraculeuses pour pouvoir faire cuire mes légumes d'AMAP!
Merci, à+

Réponse de Copain 1:
Mais es-tu sûr de vouloir vraiment lâcher ce qui mijote dans la cocotte depuis trois ans ?
Peut-être que [Copain 2] pourrait te conseiller sur les services de santé publique à avertir avant d'entreprendre une telle manoeuvre.

Réponse de Copain 3:
Peut-être faut-il plonger la cocotte dans de l'eau bouillante un peu savonneuse.
Puis, en se protégeant les mains à l'aide d'un torchon, tenter de décoincer le couvercle en tournant vigoureusement la poignée du couvercle.
Sinon il faut faire brûler un cierge, réciter quelques prières ou bien danser autour de la cocotte (car les menaces ça ne marche pas).
Sinon au micro-onde (avec un peu d'eau) ou à l'eau bouillante (encore !), les légumes ça cuit aussi. Comment faisait-on avant les cocottes ?

Réponse (pragmatique) de Copain 2:
Salut,
Si le joint du couvercle de la cocotte colle au récipient, c'est que le joint a dû fondre : le joint est foutu.
Foutu pour foutu, tu peux le travailler au tournevis (un qui ne risque rien) pour le glisser entre le couvercle et le rebord de la cocotte, et décoller progressivement le joint.
A un moment, tu pourras faire un bras de levier avec le tournevis et séparer les deux pièces.
Après, tu prends la mesure du couvercle et tu vas chez Darty (surfe d'abord sur internet pendant que tu y es) ou chez le constructeur de la cocotte pour trouver un joint.
N'oublie pas auparavant de te renseigner pour savoir comment on peut remettre le machin en place; ils peuvent peut-être te faire ça sur place.
Après ça, il va te falloir retirer les morceaux de joint collés sur le rebord, il faut tout enlever.
D'ici là, je pense que tes légumes de l'AMAP auront pourri et même germé...
Si tu veux manger, il faut peut-être recourir à la casserole, couverte de son couvercle, bien entendu. La cuisson dure plus longtemps que pour la cocotte mais c'est jouable.
Sinon, effectivement, y a le "krohonde" qui n'est pas mal.

Réplique de Copain 1:
Avant la cocotte minute, on attendait un peu plus longtemps pour le cuisson, c'est tout.
[Ta d loi du cine], laisse tomber la cocotte ! (Qui sait, ça peut décoincer quelque chose....).

Copain 4 (lapidaire):
Tu n'as qu'à écrire à Seb.

(48 heures plus tard)
Resalut Les Gens.
Merci à [Copain 4], [Copain 2] et [Copain 3] qui m'ont répondu en privé.
1/ J'ai bien noté les quelques conseils, notamment celui de laisser tomber (la cocotte! avec l'idée que ça la décoincera (la cocotte!)).
Ou de passer sous l'eau bouillante (sans s'ébouillanter).
J'ai pas bien compris pourquoi je devais écrire à Bastien: il a fait un article sur les cocottes?
Ou c'est une blague que j'ai pas comprise?
Quant aux légumes au micro-onde: ??
Moi, j'utilise mon micro pour faire chauffer de l'eau, ou réchauffer des aliments déjà cuits (conserves par exemple au hasard), PAS pour cuire des éléments crus...
2/ Gore: est-ce qu'il y en a qui seraient intéressés, un de ces jours/soir, pour aller voir "Une vérité qui dérange", sur le réchauffement climatique, de cet ex-futur Président? (...)
Merci,
A+ Les Gens

Précision utile de Copain 4:
Bonjour [Ta d loi du cine],
je te parlais de Seb, le fabricant de cocottes-minute et non de Seb(astien) [Copain 5].
a+

Copain 1 (répondant à l'invitation ciné):
Pour un instant, j'ai cru comprendre que le gore était dans la cocotte, maintenant ouverte... (...).

Intervention technique de Copine 1:
Je me permets de donner mon avis pour dire que les légumes à la cocotte c'est pas top comme cuisson, parce que trop rapide ! (ça tue les vitamines)
il vaut mieux utiliser un cuit-vapeur (genre couscoussier...), je te déconseille aussi le micro-onde pour la même raison...

Copine 2 (le mot de la fin!):
Coucou à tous,
De mieux en mieux. C'était déjà à mourir de rire mais alors là... J'adore, même si je passe pour une folle. Hier au bureau en lisant le 1er mail cocotte de [Ta d loi du cine] je commence à rire un peu, puis je me suis mise à rire fort et à en pleurer. Fou rire, je ne pouvais même pas lire à mes collègues les messages qui me faisaient rire tellement je riais et là ça continue. Non je n'y crois pas SEB et Seb. Merci les gars, ça fait du bien de rire comme ça.

Le problème a donc fini par se résoudre, et depuis, entre moi, ma cocotte et mes légumes d'AMAP (fûssent-ils patisson), tout va bien, merci...

17 février 2008

Mal de pierre - Milena Agus / Un petit boulot - Iain Levison

Après les films vus et non commentés, j'ai décidé de faire la même chose pour les livres lus. Les deux ouvrages ci-après ont un rapport: ils se lisent vite et sont tous deux édités aux Editions Liana Levi. Je n'avais pas assez de matière pour faire deux billets (quoique...), mais cette formule de deux livres commentés d'un coup me convient bien.

J'ai terminé Mal de Pierres de Milena Agus, qui est un "best-seller" avec plus de 120 000 exemplaires vendus selon la jacquette. Il y est aussi indiqué qu'il s'agit d'une Bovary Sarde, etc. Pour ma part, j'ai été déçue par ce court roman de 123 pages et 20 chapitres ni passionnant, ni touchant. Je dirais que la narratrice est la petite-fille de l'héroïne du récit qu'elle appelle toujours "grand-mère". L'histoire se passe en Sardaigne, de la Seconde guerre mondiale jusqu'à nos jours. Cette grand-mère s'est mariée sur le tard avec un homme qu'elle n'aime pas. Elle souffre de calculs rénaux qui l'empêchent d'avoir des grossesses à terme, jusqu'à ce qu'elle fasse une cure thermale où elle rencontre "Le rescapé". Je m'attendais à du suspense, une révélation puisque sur la 4ème de couverture, il est indiqué "Mais sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il..." Et bien je suis restée sur ma faim. Dommage.

Un petit boulot de Iain Levison, paru en édition de poche Piccolo, est l'histoire d'un chômeur, Jake, à qui l'on propose de devenir un tueur. Il a perdu son boulot suite à la fermeture de l'unique usine de la ville américaine où il vit. Il est endetté et sa petite amie l'a quitté. Tout va mal. Et donc, en plus d'un travail de nuit qu'un copain lui trouve dans une station-service, il accepte assez facilement, le "petit boulot" de supprimer des gens avec un fusil. Comme en plus il est doué, il ne rate jamais sa cible, et il y prend goût sans état d'âme. Il supprime même un "gêneur" pour son propre compte. Jake est le narrateur de l'histoire, ce qui donne à ce court roman un ton très détaché pour décrire les crimes commis, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. La fin n'en est pas une: Jake n'est pas arrêté et la dernière ligne du roman nous fait supposer que sa carrière de tueur est loin d'être terminée. Le constat est un peu amer.

22 septembre 2010

Tomber la chemise - Pascal Cabero

Reprise d'une "note de lecture" que je [ta d loi du cine, squatter] avais rédigée en février 2007 sur "les années Zebda" (groupe musical) racontées par un des membres.
*****************
Pascal Cabero, Tomber la chemise, éditions Danger Public (imprimé en décembre 2006, en vente depuis le 11/01/2007).

D’où parle ce livre ?

Après lecture, on ressent comme un sentiment de manque. Ce livre se définit un peu en «creux» (sans que ce jugement – personnel – soit péjoratif). L’auteur lui-même se trouve-t-il aujourd’hui dans l’état d’esprit de goûter la plénitude de ses souvenirs ?

Essayons donc de voir ce que ce bouquin n’est pas – ne dit pas. On n’y trouve pas vraiment une «chronologie» complète du groupe Zebda (combien de «le surlendemain» ou de «cette même année»…), plutôt une ambiance. Il s’agit de la vision subjective – revendiquée comme telle – d’un de ses sept «composants». Pascal Cabero raconte, à sa manière, comment il a suscité, puis a vécu, et fait vivre, Zebda.
Cette page est-elle tournée, pour lui ? Peut-être lui reste-t-il un deuil à faire ? En tout cas, il n’a pas mis dans ses pages sa biographie complète d’avant, pendant et après Zebda (il est bien vivant – n’a pas été volontaire pour «assurer la promo» à la manière de Lennon, Morrison, Cobain etc – cf. liste p. 132 !). Il donne peu d’informations personnelles (sa vie de famille?); lorsque mention en est faite au fil d’une page, c’est toujours en rapport avec Zebda. Et quand des informations arrivent enfin sur son enfance, c’est à 30 pages de la fin du livre. Sa «tranche de vie» dans le groupe bénéficie pourtant de quelques éclairages – mais il s’agit plutôt d’éclairs qui déchirent un voile de mystères, l’individu Pascal Cabero restant fondu dans le groupe pour lequel il a tant travaillé. «En verlan, arabe se dit beur. En arabe, beurre se dit zebda. On avait un nom, il ne restait plus qu’à se le faire» (p. 33).

On ne devient Zebda qu’en mouillant sa chemise

J’ai apprécié dans ce livre que ne soit pas vendu, au lecteur, du rêve à la Star’Ac. Le monde du Show-business est étalé sans fard («…il y a show, mais il y a aussi business», p. 98). Il ne dissimule pas que, cette musique, à la base, il fallait en vivre (à 7, 9, 11, 13 personnes…). Ils ont créé leur petite entreprise musicale (avec une structure juridique «association loi 1901» au départ). On sent un crescendo : jouer dans des bars devant 50 auditeurs, puis remplir des salles de 100, puis 1000, puis 5000, puis 18 000 places. «Vendre notre spectacle entre 8 et 15 000 F» (p. 123). Mais il raconte quand même davantage qu’il n’explique (anecdotes sur les galères). Le lien entre les concerts et la vente des disques est explicité (p. 126). Qui penserait, en écoutant leurs disques (du 1er, en 1992, à l’apogée avec celui de 1998), aux problèmes de logistique ? En sillonnant la France (et au-delà), le groupe semble avoir tué sous lui au moins deux véhicules (estafette Renault, Iveco rouge). Peut-être, en 2007, apparaîtront-ils comme des «privilégiés», ayant pu bénéficier de l’ancien statut des intermittents du spectacle? On aimerait une prise de position publique de Pascal Cabero à ce sujet – une cause pour laquelle se battre?

Que sont les autres devenus?

On attendrait, aussi, des «nouvelles» des autres musiciens. La séparation est-elle encore trop douloureuse? De fortes personnalités ont coexisté, il fallait sans doute ne pas manquer de repartie au sein de la caravane (les «Voltaire» et les «Rousseau», p. 163). Serait-il, aujourd’hui, possible qu’émerge un groupe similaire, refusant, par exemple, volontairement de passer sur TF1 (p.176 – au fait, ont-ils tenu jusqu’au bout?)? On apprécie en tout cas le rappel qu’ils ont commencé eux-mêmes par assurer des «premières parties» (Les Garçons Bouchers en 1989; la Mano Negra en 1991; … Johnny Hallyday en 1993 aux Francofolies), avant que, en 1998, d’autres fassent leurs propres «1ères parties».
Dans quelques décennies, aurons-nous droit aux «inédits» de Zebda (les quelques K7 citées p. 52)? Y a-t-il un «tarif collector» pour leur premier 45 tours (p.39) ?

Pascal Cabero

Pour qui veut suivre la piste tracée dès le revers de la couv’, on tombe sur son blog. Magie d’internet: il doit réellement être à quelques clics de souris, mais semble susciter peu de commentaires ? Personne ne s’y rappelle encore, avec «nostalgie», avoir dansé, entre 20 et 30 ans, en bande, chemise(s) au vent? Un passant y déplore l’absence d’extraits du livre. Des mots, peut-être plus sincères que ceux figurant sur le «matériel promotionnel» du livre lui-même, l’y annoncent. Et Pascal Cabero, aujourd’hui, semble se chercher dans l’écriture. Au fait, avait-il lui-même envoyé son manuscrit aux Editions Danger Public, ou bien s’agit-il d’un éditeur qui a fait son travail: susciter une œuvre ?

PS du 22/09/2010: malgré une recherche poussée (gougueulisation sur "tomber la chemise cabero": 142 réponses...), je n'ai trouvé aucun blog qui ait chroniqué ce livre (qui a l'air toujours disponible sur http://www.dangerpublic.fr). Le dernier billet sur le blog http://pascal.cabero.over-blog.com date du 6 juin 2009. Il semble que Zebda ait des velléités de revenir en musique depuis 2008-2009, peut-être (?) sans Pascal Cabero.

23 août 2010

Cleveland contre Wall Street - Jean Christophe Bron

Si, comme moi, vous n'avez toujours pas compris ce que sont les subprimes, la titrisation et autres termes barbares qui ont causé tant de dégâts financiers non négligeables aux Etats-Unis (et ce n'est pas fini), je vous conseille ce documentaire-fiction absolument remarquable fait par un Suisse. C'est un authentique film à suspense. On assiste à un procès avec un vrai juge, de vrais avocats, 8 vrais jurés et des protagonistes qui ont été acteurs et/ou témoins de ce qui s'est passé et se passe encore à Cleveland (Ohio, USA), et plus précisément dans un ghetto du ghetto nommé Slavic Village à l'est de Cleveland. 20 000 familles soit 100 000 personnes ont été expulsées de leurs maisons. Celles-ci ont été laissées à l'abandon, vendues aux enchères et sont souvent devenues des "squats". Ces expulsions ont commencé avant même la crise financière mondiale que l'on connaît. Cleveland est une ville sinistrée qui a voulu intenter un procès à 21 banques de Wall Street pour leur demander réparation. Les avocats des banquiers ont réussi à faire arrêter la procédure. Le réalisateur, Jean Stéphane Bron, a donc reconstitué un procès qui aurait dû avoir lieu. On est frappé par la personnalité de chacun des protagonistes: l'avocat de la défense, l'avocat "du diable" (Wall Street) au visage patelin; et surtout par les témoins comme l'ancien policier, les larmes aux yeux quand il raconte qu'il a dû expulser une vieille dame de 86 ans, ou comme un père de famille, ouvrier qualifié, qui, après avoir témoigné, regarde impuissant la vente aux enchères de sa maison; ou bien encore le jeune noir dealer de drogue à ses heures qui est devenu démarcheur pour vendre des subprimes. Plus il en vendait, plus il était payé "au noir", jusqu'à 7000 dollars. On assiste au procès jusqu'aux délibérations et au verdict qui se défend (si, si). C'est surtout la faillite d'un système (la vie à crédit) qui est montrée du doigt. Je vous laisse découvrir les exemples qui sont donnés. La plupart des victimes sont des personnes faibles ou vulnérables: les noirs, les personnes âgées et les gens pas très fortunés (c'est un euphémisme). La grande force de ce documentaire-fiction Wall Street contre Cleveland réside dans l'absence de manichéisme (à la différence des films d'un autre documontreur, Michael Moore pour ne pas le nommer). A ce jour, des familles continuent à être expulsées. Allez voir ce film riche d'enseignements et de questionnements... Non, courez-y plutôt!

19 septembre 2010

Quelques polars lus pendant les vacances et à la rentrée (littéraire)

Voici un billet complémentaire sur des lectures que j'ai faites courant août et dont je n'avais pas encore parlé.

Le cercueil de pierre de Kjell Eriksson (Babel Noir) n'est pas du tout l'histoire que je pensais. Il m'a rappelé l'intrigue du Cerveau de Kennedy ou La Constance du jardinier. Je ne suis d'ailleurs pas sûre d'avoir tout compris avec une intrigue qui a des ramifications jusqu'en République dominicaine où des humains servent de cobayes pour tester des médicaments. J'ai oublié de dire que tout commence en Suède, dans la région d'Uppala, avec une femme et sa petite fille renversées par une voiture et tuées sur le coup. La voiture appartient au mari. J'ai aussi appris ce qu'est un cercueil de pierre qui a deux significations dans le roman. A part ça, je crois que je n'en lirai pas d'autre de cet auteur suédois.

Les marécages de Joe R. Lansdale (Folio policier) consiste en une histoire racontée par un petit garçon, Harry dans les années 1933-34. Son père tient un salon de coiffure et il est "constable", une sorte de shérif qui maintient l'ordre. Cette famille, comme tous les autres, n'est pas riche: ils vivent encore de la terre qu'ils cultivent. La crise de 1929 se ressent encore dans l'East Texas. Le KKK (Ku Klux Klan) sévit plus que jamais. Il n'est pas bon d'être noir dans cette région. Et ce n'est pas un cadavre d'une femme noire retrouvée ligotée avec des barbelés qui émeut la population (surtout que c'était une prostituée). D'autres suivent et ils changent de couleur... J'ai noté que Joe R. Lansdale s'est arrangé pour que tout le récit soit narré du point de vue du gamin qui se retrouve de ce fait dans des situations et des positions assez périlleuses pour décrire par exemple une autopsie. Ce parti pris ne m'a pas dérangée mais donne au roman un air de "devoir appliqué", d'exercice de style. De cet auteur, j'ai déjà chroniqué l'arbre à bouteilles. Pour une critique encore plus mitigée, lire le billet de eeguab.

Le démon dans ma peau de Jim Thompson (Folio Policier): Michael Winterbottom vient d'en réaliser une adaptation cinématographique que je n'ai pas vue. Publié en 1966, le roman est écrit à la première personne par Lou Ford, shérif adjoint de Central City, qui tire beaucoup de jouissance à tabasser les femmes et même à les tuer ou à les laisser pour mortes (ce qui le perdra). On comprend sa haine des femmes au détour d'un chapitre: Lou a été abusé sexuellement par une femme quand il était petit (la bonne de la famille). Je ne sais pas si c'est la traduction mais l'histoire ne m'a pas passionnée.

Maintenant, comme je pars demain en Chine en voyage organisé pour deux semaines avec le CE de mon entreprise, sans pouvoir être du tout connectée pendant ce temps, je laisse les clés du blog entre les mains de mon statisticien (Ta d loi du cine), il m'a promis des surprises... Espérons qu'il ne fera pas de bêtises!

Allons, en attendant, un petit dernier "pour la route": je vous rajoute une critique d'un roman dont je viens juste de terminer la lecture.

Un employé modèle de Paul Cleave (Editions Sonatine) était récommandée par mon libraire. Je l'ai lu en deux jours avec intérêt mais au fur et à mesure que l'histoire se déroule, cet intérêt s'est quelque peu émoussé. En Nouvelle-Zélande, à Christchurch, Joe Middleton, un serial killer (un de plus), sévit: il a tué 7 femmes (dans d'atroces conditions) après les avoir violées. Il est au fait des enquêtes en cours car il est homme de ménage au commissariat de la ville. On le prend pour un demeuré. Une huitième victime morte avec le même mode opératoire est mise à son triste actif. Joe Middleton ne l'entend ainsi et il décide de découvrir qui veut lui faire porter le chapeau pour un crime qu'il n'a pas commis (non mais!). Joe n'a pas d'ami excepté deux poissons rouges, Cornichon et J*h*vah (qui connaîtront un sort tragique), mais a une mère, acariâtre, possessive au-delà de toute expression, c'en est une caricature. Il ne vit pas avec elle mais il va dîner chez elle presque tous les jours. Il rêve qu'elle disparaisse et même temps il ne supporte pas cette idée. Cela n'empêche pas Joe de mettre de la mort-aux-rats dans le café de sa mère ou de graisser le bas du rideau de douche pour qu'elle tombe. Pendant son enquête et sa quête de nouvelles victimes, Joe tombe sur un "os", un adversaire plus fort que lui, en la personne de Mélissa, dont je vous laisse découvrir les talents (si je puis dire). C'est justement ce personnage de Melissa qui alourdit le récit. Ceci mis à part, le premier roman de ce Néo-zélandais vaut la peine d'être lu.

A mon retour, un billet sur trois films français, que j'ai vus il y a déjà un petit moment, est prévu [chroniqué le 07/10/2010].

13 juillet 2010

Le chuchoteur - Donato Carrisi

J'ai acheté Le chuchoteur (publié aux éditions Calmann-Lévy) pour la bibliothèque loisirs dont je m'occupe. Je l'ai vu en tête des ventes chez mon libraire, je me suis dit qu'il avait l'air bien. Et bien m'en a pris, je l'ai lu en un week-end. Une fois que l'on est plongé dedans, on ne le lâche plus jusqu'à la fin des 435 pages absolument haletantes. Je veux préciser tout de suite que l'auteur ne donne aucune indication de temps ni de lieu, à part que cela se passe entre un 5 février et le mois d'octobre suivant, et dans un endroit indéfini où il fait froid en hiver quelque part en Europe ou ailleurs. Pour brouiller les pistes encore plus, l'auteur a donné aux personnages des noms de différentes origines: Boris, Goran, Roche, Mila (pour Marie Elena), Rosa, Stern, Krepp: tous sont des policiers ou travaillent pour la police, sauf une religieuse d'origine grecque, Nicla Papaklidis, qui les aide à un moment donné avec ses dons de voyance avérés. Le sous-titre du roman est "Dieu se tait, le diable murmure". L'histoire débute par la macabre découverte de six bras gauches coupés nets, enterrés dans un champ. Ils appartiennent à six petites filles âgées de 7 ans à 13 ans dont on nous donne les prénoms, comme Caroline, Debbie, Anneke, Sabine. Les corps martyrisés (mais non violentés) des fillettes sont découverts (sauf un) au fur et à mesure que l'histoire avance dans des endroits tels qu'un pavillon, un sous-sol, un coffre de voiture, un jardin d'une grande demeure. Ce ne sont pas des lieux choisis au hasard. Les corps sont arrangés dans des positions plus ou moins naturelles. Un d'entre eux est retrouvé dans une flaque de larmes (si, si). C'est une histoire très complexe, sans temps mort, où les personnages principaux menant l'enquête ont eux-mêmes des secrets inavouables ou un passé qu'ils ne dévoilent pas, où un homme chuchote (le titre original italien est "Il suggeritore"): celui qui incite, qui fait surgir les instincts les plus bas d'êtres humains influençables et faibles. C'est lui qui tire les ficelles et donne des indices pour que la police trouve les corps des petites victimes. Le passé et le présent se confondent dans cette histoire qui remonte loin dans le temps. Stop, je ne dirai rien de plus. C'est le premier roman de cet auteur: un coup de maître. C'est un coup de coeur pour Calypso.

15 mai 2010

Dans ses yeux - Juan José Campanella

Je vous conseille de voir Dans ses yeux, le film argentin d'un réalisateur venu de la télévision, qui a reçu l'Oscar du meilleur film étranger cette année. Cette récompense est largement méritée (et pourtant la concurrence était rude avec Le Ruban blanc et Un prophète). Je ne savais pas du tout ce que j'allais voir et j'ai été "cueillie" par l'histoire qui se déroule sur deux périodes: 1975, et 25 ans après. Benjamin Esposito (le talentueux Ricardo Darin) vient de prendre sa retraite d'employé enquêteur au palais de justice de Buenos Aires. Pour s'occuper, il décide d'écrire un livre sur un fait divers (pas vraiment résolu) qui l'avait beaucoup marqué, lui et sa supérieure hiérarchique, Irène Menendez Hastings (sublime Soledad Villamil). Cela s'était passé en 1975. Une institutrice de 23 ans, jeune mariée, fut trouvée violée et tuée chez elle. Son mari, inconsolable, n'avais cependant pas souhaité la mort du meurtrier (un proche, amoureux éconduit) qui fut emprisonné puis relâché avant de s'évanouir dans la nature car en 1975, en pleine période de dictature, des gens pouvaient disparaître sans laisser de traces. C'est Benjamin qui avait permis l'arrestation. Il avait été aidé dans sa tâche par son collègue Sandoval, alcoolique mais efficace. Ce personnage donne une touche tragi-comique au film. Le passé et le présent n'arrêtent de se confondre avec beaucoup d'habileté, car le film est aussi une histoire d'amour entre Benjamin et Irène qui ne s'est jamais concrétisée. Cette dernière n'est pas issue du même milieu social que Benjamin. Il y a une scène sur un quai de gare digne des meilleurs mélos des années 50. Je ne vous dirai rien de la fin inattendue, mais courez voir ce film qui ne peut que vous bouleverser. Il dure 2H10, je n'ai pas vu le temps passer. Voir les critiques élogieuses de Pascale et Rob. Et celle, nettement plus négative (il en faut) de ffred.

23 avril 2010

Le Mystère de la maison Aranda - Jeronimo Tristante

Le Mystère de la maison Aranda (édition 10/18, collection Grands détectives) de Jeromino Tristante (qu'une blogueuse a mentionné sur son blog quand il est paru récemment en édition de poche: le titre m'a "accrochée") nous plonge dans le Madrid de 1877. Un jeune sous-inspecteur de police, Victor Ros, ancien mauvais garçon né en Estramadure, enquête, d'une part sur des crimes de prostituées poignardées sur lesquelles on retrouve trente réaux (comme les deniers du traître Judas), et d'autre part sur le pourquoi du comportement de deux jeunes femmes, toutes les deux jeunes mariées vivant dans une grande maison bourgeoise (la maison Aranda), qui, à 10 ans d'intervalle, ont essayé de tuer leur mari et sont restées prostrées depuis. Victor Ros est un digne contemporain de Sherlock Holmes, il fait des déductions avec logique, intelligence et psychologie. C'est un jeune homme brillant mais qui reste humain avec ses doutes.  J'ai dévoré ce roman qui fait 400 pages. J'attends avec impatience la parution en poche de la suite des enquêtes de Victor Ros avec Le Mystère de la veuve noire publié comme le précédent aux éditions Phébus.
Madrid nous change du Londres victorien de la même époque mais j'ai trouvé des similitudes avec la série "Charlotte et Thomas Pitt" d'Ann Perry. En particulier, la distinction des classes, le fait que les policiers ne sont pas très bien vus dans les milieux bourgeois quand ils veulent mener des enquêtes, et l'épilogue de ce roman, sont très proches de la première enquête de Thomas Pitt dans l'Etrangleur de Cater Street (aux mêmes éditions 10/18). Jeronimo Tristante connaît bien ses classiques de la littérature policière. Il est né en 1969 et professeur de biologie et de géologie, je considère que c'est un auteur à suivre.

27 avril 2010

Contrebande - Enrique Serpa

Le roman Contrebande du journaliste et écrivain cubain Enrique Serpa (1900-1968), publié en 1938 et réédité aux éditions Zulma (310 pages), a été une belle découverte pour moi (c'était un roman recommandé par ma librairie). Je l'ai lu d'une traite. Comme son titre l'indique, l'histoire parle de contrebande (de bouteilles de rhum) dans les années 20 entre Cuba et les Etats-Unis au moment où fut promulguée la loi sur la prohibition. A cette époque, la population cubaine vit dans le dénuement complet (les choses ne se sont guère améliorées par la suite). La Havane, en particulier, est gangrénée par la prostitution et le jeu (les Américains sévissent déjà dans ce secteur comme propriétaires des maisons de jeux). L'un des seuls moyens de subsistance de l'île, la pêche (au mérou, principalement), se trouve en pleine crise face à la pêche industrielle qui pointe son nez. Les pêcheurs cubains n'arrivent plus à écouler le résultat de leur pêche qui pourrit vite avant d'avoir trouvé preneur. Outre le mérou, la daurade et la perche (et les moyens de les attraper), j'ai d'ailleurs appris quelques noms de poissons comme le rousseau, le pagre ou le sarde à queue jaune. Le narrateur du roman que les marins surnomment l'Amiral (et qui a mené jusque-là une vie dissolue entre alcool et femmes de mauvaise vie) est propriétaire de trois bateaux. Au bord de la faillite, il accepte de faire de la contrebande entre les Etats-Unis et Cuba sous la pression insistante de Requin, le capitaine de bord d'un de ses bateaux, "La Buena Ventura". Grâce à un récit à la première personne (au passé simple), on a l'impression de lire un journal de bord qui nous fait côtoyer au jour le jour et au plus près la vie rude et miséreuse de ces pêcheurs devenus contrebandiers. Un grand admirateur d'Enrique Serpa fut Ernest Hemingway, à qui on le compara: c'est mérité.

3 avril 2010

Ander - Roberto Caston

Ander est le prénom du personnage principal de ce film basque espagnol et gay de Roberto Caston où les dialogues sont à 90% en basque. Il ne faut pas réduire ce film à ces deux mots (basque et gay), car il s'agit surtout d'une très belle histoire d'amour entre deux hommes, Ander le fermier basque et José le Péruvien, et où la femme n'est pas exclue. Toute l'histoire, qui se déroule d'août à fin 1999, a pour décor les magnifiques collines verdoyantes de la région de la Biscaye. Pendant deux heures dix (prenantes), on suit l'évolution d'un personnage, Ander, qui vit entre sa mère autoritaire et sa soeur prête à se marier. Il s'occupe de la ferme dans son ensemble et a aussi un emploi à la ville voisine. Il garde les brebis, trait les vaches. Immobilisé pendant deux mois suite à une fracture du tibia, il est contraint d'engager quelqu'un pour le remplacer à la ferme. C'est José, jeune Péruvien déraciné à la recherche d'un travail, qui s'acquitte de cette tâche. La vie d'Ander s'en trouve bouleversée. On sent son trouble rien qu'en le voyant regarder José. Mais il n'y a rien de provoquant ou de gênant, bien au contraire. Néanmoins, la scène d'amour entre les deux protagonistes est intense. Ander a peur d'assumer ses sentiments, il ne comprend pas ce qui lui arrive.
Ce film sans fioriture et sobre (qui va à l'essentiel) est composé de trois parties: "Ander", "Ander et José" et "Ander, José et Reme". Reme est une femme qui vend son corps en attendant le retour de son mari, qui l'a quittée en apprenant qu'elle était enceinte. Son personnage est attachant et loin des clichés vulgaires. La plupart des séquences se terminent par un fondu au noir. Il n'y a pas de musique ou presque (on entend seulement du jazz qu'Ander écoute grâce à un petit poste de radio). Mais ce n'est pas un film aride, bien au contraire, il se dégage beaucoup de sentiments et d'humanité de l'ensemble. Les acteurs (inconnus) sont tous excellents. S'il passe dans votre région, allez le voir, je pense que vous le ne regretterez pas. Voir le billet de ffred.

1 mars 2010

Underworld USA - James Ellroy

Ce n'est pas évident de parler d'un livre aussi foisonnant. Je me contenterai de quelques considérations qui j'espère, vous donneront envie au moins de commencer à lire ce livre. J'ai mis deux semaines pour terminer ce "pavé" de 840 pages imprimé sur papier fin. Le roman de James Ellroy se divise en 5 parties et 131 chapitres. Underworld USA (Editions Rivages) clôt la trilogie commencée avec American Tabloid et American Death Trip (pas lus - AT est planqué, avec une dédicace, derrière mes PAL). L'histoire se passe aux Etats-Unis entre le 14 juin 1968 (peu de temps après la mort de RFK - Robert Fitzgerald Kennedy) et MLK - Martin Luther King) et le 3 mai 1972, en plein règne de Richard Nixon qui à la fin parle déjà de micros cachés au Watergate. Il y a aussi un prologue de 4 pages qui consiste en une description magistrale et très cinématographique du braquage d'un transport de fonds qui a eu lieu le 24 février 1964 à Los Angeles: bilan de 6 morts mais un butin de quelques millions de dollars et plusieurs dizaines d'émeraudes qui disparaissent (c'est le fil rouge de l'histoire: que sont devenues ces émeraudes et à quoi ont-elles servies?). Le reste du roman est un peu de l'histoire de l'Amérique vue par James Ellroy, où Edgar Hoover (homosexuel, raciste et grand patron du FBI pendant 50 ans), Howard Hughes (surnommé Dracula, avionneur milliardaire), Sal Mineo (un des acteurs de La Fureur de vivre de Nicholas Ray), personnages ayant existé, côtoient des personnages a priori fictifs, comme Dwight Holly, agent du FBI, Wayne Trudrow, ancien flic et bon chimiste travaillant pour la pègre, Donald Crutchfield, détective privé, Scotty Bennett, inspecteur de police assassin et violent, Marshall Bowen, un noir qui infiltre des partisans de groupuscule "blacks" qui menacent la tranquillité de l'Amérique "blanche" de Hoover. Il y aussi trois ou quatre très beaux personnages féminins, Joan Rosen Klein, Karen Sefakis, Celia Reyes et Mary Beth Hazzard. C'est un roman où l'on apprend la mainmise des Etats-Unis sur la République Dominicaine (RD dans le texte), et comment HaÏti et les Haïtiens (descendants d'esclaves noirs) sont méprisés par les Dominicains (d'ascendances espagnole et française). Les Haïtiens étant considérés comme de simples tueurs de poules pour les rites vaudous. Puis on apprend aussi comment, en RD, les hôtels et les casinos se sont implantés grâce aux pots-de-vin versé par les Américains au dictateur dominicain de l'époque et à ses sbires. A part ça, je n'ai pas évoqué la narration proprement dite qui est pleine de ramifications compliquées (mais je n'ai pas trop perdu le fil). C'est un roman ample, bien construit, avec un style particulier propre à Ellroy qui utilise beaucoup d'acronymes et des termes peu châtiés. Il y est beaucoup question de drogues de toutes sortes, d'alcool, d'amphétamines, de tortures, de meurtres, de sang versé. Et pourtant, de la tendresse se dégage dans certains passages. Je ne regrette pas ma lecture et puis cela m'a fait plaisir de relire du James Ellroy que j'avais abandonné après Le Dahlia Noir (très bien). Du même auteur, je recommande aussi les trois premiers parus (et qui l'ont fait connaître au public français). Ils sont publiés en Rivages poche: Lune sanglante, A cause de la nuit et La Colline aux suicidés, avec le détective Lloyd Hopkins.

11 mars 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10

Avant de prendre quelques jours de pause pour cause de "coup de mou" et de beaucoup de boulot, voici un billet avec une partie des films vus que je n'avais pas encore eu l'occasion d'évoquer. Un ou plusieurs billets sur les autres films suivront à partir de mon retour, vendredi 19 mars 2010. Je tiens à remercier tous les blogueurs pour leur fidélité et leur gentillesse à mon égard. 

A Serious Man des frères Ethan et Joel Coen ne laisse personne indifférent sur les blogs. Personnellement, je me suis interrogée devant cette évocation des années 60 (assez autobiographique semble-t-il) par les deux frères. Il y a d'abord un prologue (la séquence la plus réussie du film), qui se passe au 19ème siècle et semble déconnecté du reste de l'histoire: un dibbouk (un mort) vient rendre visite aux vivants. Puis, sans transition, on se retrouve dans une petite ville de l'Etat du Minnesota aux Etat-Unis, avec un prof stagiaire, Larry Gopnik, marié et père de famille, qui attend sa titularisation dans l'université où il enseigne la physique. Sa femme (au "look" vestimentaire et à la coiffure un peu ridicules voire vulgaires) lui annonce qu'elle veut divorcer pour aller vivre avec un autre, tout en respectant la pure tradition juive. Les enfants ne sont pas en reste: le fils préfère écouter de la musique en classe plutôt que d'apprendre l'hébreu; quant à la fille, elle veut se refaire le nez. N'oublions pas le rôle des rabbins (il y en a trois dans le film), qui font office de confesseur et de psy pour Larry, mis à la porte de sa maison, devant aider son frère au chômage, pas insensible au charme d'une voisine et en butte aux menaces d'un élève voulant le soudoyer pour que Larry lui donne une meilleure note (ouf!). Le film n'est pas vraiment une comédie mais plutôt une étude de moeurs qui finit avec la célébration de la bar mitzvah du fils. Pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre des frères Coen, je ne leur conseille pas forcément de commencer par celui-ci; pour les autres, ce film leur montrera une autre facette du talent des deux frères, même si je n'ai pas été complètement enthousiasmée.

L'autre Dumas de Safy Nebbou commence à être bien dans le dernier quart d'heure. En un mot, j'ai été déçue par ce film, après m'être attendue à une histoire sur l'écriture à deux mains, les romans, la création littéraire. En effet, les deux protagonistes principaux du film sont Alexandre Dumas et Auguste Maquet. Ce dernier, dont de nos jours on a oublié l'existence ou presque, a été (paraît-il) l'inspirateur des Trois mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo. L'histoire se passe en 1848 à la veille de la prise du pouvoir par Napoléon III. A Trouville, où Dumas et Maquet passent quelque jours, une jeune fille se méprend en prenant Maquet pour Dumas. Je ne raconterai pas la suite, qui est pleine de rebondissements mais qui traine en longueur. Benoît Poelvoorde est vraiment bien, ainsi que Catherine Mouchet qui joue sa femme et Dominique Blanc en compagne de Dumas. Depardieu fait du "Depardieu", et je ne dirai pas grand-chose d'autre, à part que, à mon avis, c'est du niveau d'un honnête téléfilm mais sans plus.

Liberté de Tony Gatlif constitue un film à voir pour l'histoire, pour la musique, la modestie dans le traitement du sujet, pour la musique, pour James Thierrée, pour Marie-José Croze et Marc Lavoine: que de bonnes raisons en somme. C'est un très beau film sur un sujet connu mais qui n'avait pas encore été traité au cinéma (me semble-t-il). L'histoire est inspirée de faits réels. En 1943, en France, les gens du voyage sont pourchassés par le régime de Vichy. Une famille de 15 personnes, qui vivent dans des roulottes et parcourent la France, va bénéficier d'un répit grâce à l'aide du maire d'un village (Marc Lavoine) et d'une institutrice (Marie-José Croze). Parmi les gens du voyage, il y a Taloche (James Thierrée) qui donne un peu de folie au film. En revanche, une fois de plus, Carlo Brandt dans le rôle de M. Pentecôte joue encore le salaud de service. Son personnage est vraiment abject. La musique tzigane que l'on entend est bien agréable mais il y en a trop peu.

Crazy Heart de Scott Cooper est un premier film réussi et il a permis à Jeff Bridges d'être justement récompensé de l'Oscar du meilleur acteur dimanche 7 mars 2010. C'est une histoire simple et belle d'un chanteur de country au bout du rouleau, alcoolique et se produisant dans des arrière-salles minables. Mais sa rencontre avec une jeune journaliste débutante, mère célibataire qui pourrait être sa fille, va le transformer. L'histoire est un peu convenue mais il se dégage une vraie chaleur humaine. Robert Duvall qui est aussi producteur exécutif du film joue un petit rôle de tenancier de bar. Maggie Gyllenhaal en jeune mère méfiante envers les hommes irradie avec ses beaux yeux bleus. Il faut noter l'apparition et la prestation tout à fait honorable de Colin Farrell, en chanteur country. Mais revenons à l'essentiel: Jeff Bridges, qui est magnifique et joue avec beaucoup de sobriété. Il joue de la guitare et chante très bien. Un grand rôle pour un grand acteur. En revanche, on a un petit coup de "blues" (nostalgie...) quand on sort de la salle.

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9 mars 2010

La clé des mensonges - Jean-Bernard Pouy

Jean-Bernard Pouy, l'auteur des aventures du Poulpe, a reçu, pour La clé des mensonges, le Prix du polar 1989. C'est le premier roman que je lis de cet auteur et cela ne sera pas le dernier (j'en ai deux autres dans ma PAL). Paru en folio policier, La clé des mensonges est un roman assez court (180 pages), et haletant, puisque nous suivons deux personnes en cavale à leur corps défendant. Le roman alterne deux récits dans le temps, qui se rejoignent à un moment donné. Cela commence à la gare d'Austerlitz et se termine vers Carcans-Plages, dans la région de Bordeaux. L'histoire est narrée à la première personne par le maréchal des logis de gendarmerie Pierre Zapala, 55 ans, veuf et à 15 jours de la retraite. Il est chargé, avec son collègue Morzodec, d'escorter une jeune femme d'une vingtaine d'années, menottée. Elle est le témoin-clé dans une affaire criminelle, avec en toile de fond un trafic d'armes et d'oeuvres d'art. Dans le train, ils se font tirer dessus par on ne sait qui et Morzodec est tué. La cavale commence pour Zapala et la jeune femme, Alix. Ils sont poursuivis par des tueurs et des policiers. Alix avale une clé qu'elle avait à une chaîne autour du cou. Cet objet de convoitise ouvre un coffret renfermant quelque chose, mais quoi? Au bout du compte, cette partie de l'histoire nous est dévoilée par bribes à la page 120, mais cela demeure flou et reste seulement un prétexte. L'auteur préfère se concentrer sur les deux fugitifs aux rapports d'abord houleux et tendus mais qui finissent par se tolérer et s'entraider, car ils ne peuvent faire autrement. On voit une évolution dans leur relation qui devient un rapport père/fille. Je trouve que le titre "La grande illusion" conviendrait bien. On peut dire que Zapala n'aura jamais autant vécu que ces quelques jours. J'ai aimé ce style direct et ces phrases courtes. A découvrir.

21 janvier 2010

L'arbre à bouteilles - Joe R. Lansdale

Afin de ne pas lasser mes lectrices(teurs) avec seulement des billets "cinéma", en voici un sur un roman policier paru en poche (Folio policier) de John R. Lansdale. Ce dernier auteur semble être une des références de Ken Bruen (ils sont contemporains, nés tous les deux en 1951) qui le mentionne en tête de chapitre dans Le Dramaturge. Dans L'arbre à bouteilles, nous faisons connaissance de Hap Collins (un blanc hétéro) et Leonard Pine (un noir homo) qui vivent au Texas de nos jours dans un comté où les blancs sont minoritaires. Les deux compères sont vite attachants. Quand le roman commence, l'auteur nous donne très peu d'information sur leur vie: comment ils la gagnent, comment ils se sont connus, etc. On sait juste que Hap récolte quelques cents en faisant du piquage de boutures de fleurs dans un champ, qu'il a été marié, et que Leonard a une patte "folle" pour avoir sauvé la vie à Hap sans qu'on sache dans quelles circonstances. Suite au décès d'un oncle appelé Chester, Leonard se retrouve l'héritier de 100 000 dollars, de bons de réduction pour de la nourriture (pizza essentiellement), et surtout d'une vieille bicoque devant laquelle se trouve un grand poteau planté de clous auxquels sont accrochées des bouteilles en verre ou des canettes de bière et de soda bien abîmées. Hap appelle cela "l'arbre à bouteilles". Au cours de travaux effectués dans la maison avec son copain Hap, Leonard met au jour un squelette d'enfant assassiné enterré sous le plancher (d'autres seront découverts par la suite). De là, ils mèneront une enquête en parallèle avec la police du coin, ce qui n'empêchera pas Hap de vivre une courte liaison avec l'avocate (une très jolie femme noire) d'oncle Chester. Je ne dis rien de plus de l'histoire à part le fait que le mobile des crimes est sordide. Pour ma part, je ne manquerai pas de lire d'autres romans où l'on retrouve nos deux héros: Le mambo des deux ours, Bad Chili et Tape-cul. En attendant, j'ai prévu de lire un autre roman de Lansdale où ils n'apparaissent pas: Les marécages (avant la mienne, voir la chronique d'eeguab).

27 octobre 2009

Rien, plus rien au monde - Massimo Carlotto

Suite à un billet de Dominique, je me suis procuré ce roman noir, très noir de Massimo Carlotto (éditions Métailié). Il est très court (50 pages) et se lit en moins d'une demi-heure. Une mère vient de tuer sa fille "accidentellement" avec un couteau et tout le roman (sauf vers la fin) est un monologue intérieur que nous débite la mère frustrée, alcoolique (4 bouteilles de Vermouth par semaine), aigrie à cause de sa petite vie médiocre. Elle est pleine de rancoeur, contre sa vie (elle fait des ménages "au noir"), son mari Arturo (pas très actif au lit), métallo au chômage et maintenant magasinier (il gagne moins), et enfin sa fille qu'elle appelle "la petite", qui ne répond pas à ses attentes et qui n'avait rien trouvé de mieux que de s'amouracher d'un Tunisien (heureusement que le problème est résolu). Rien, plus rien au monde est une phrase d'une chanson que cette femme avait apprise par coeur. Elle préfère se tuer plutôt que de finir dans un hospice. "Rien, plus rien au monde [ne] m'obligera à finir ma vie au milieu d'autres vieux, tristes et pauvres" (p.29), "Rien, plus rien au monde [ne] pourra remettre les choses à leur place" (p.9). Même si cette histoire est tragique, le ton de l'ensemble est drôle. J'ai souri souvent. Le seul gros défaut de ce roman, c'est son prix: 6 euros, cela fait cher la page.

13 octobre 2009

Mary et Max - Adam Elliot

Ce film d'animation australien en pâte à modeler, Mary et Max, est mon coup de coeur de ce quatrième trimestre 2009. Mary Daisy Dinkle, une brunette de 8 ans, portant des lunettes, pas jolie avec sa tache de vin sur le front mais intelligente, vit en Australie aux paysages marron. Mary vit entre une mère qui boit du sherry (beaucoup) et un père dont le passe-temps est d'empailler des animaux victimes d'accidents et dont le gagne-pain (depuis des années) est de relier la marque au sachet sur une chaîne de montage de fabrication de thé (Earl grey). Mary se sent seule. Sa vie change quand elle écrit à Max Jerry Horowitz dont elle a trouvé l'adresse par hasard sur un bottin. Max Jerry Horowitz, âgé de 44 ans, obèse et atteint du syndrome d'Asperger (un genre d'autisme), vit seul à New-York, dessinée comme une ville toute grise foncée tirant sur le noir, oppressante, où même la statue de la Liberté fait la tête. L'histoire se passe sur vingt ans pendant lesquelles la relation épistolaire de Mary Daisy (qui écrit un livre sur le syndrome de Max) et de Max Jerry (dont l'état mental s'aggrave) connaît des hauts et des bas et même une interruption. Le récit alterne entre l'Australie et New York dans un parfait équilibre pendant lequel un narrateur omniprésent donne de l'élan à l'ensemble. Il faut voir le film en VO avec les voix de Toni Colette (Daisy adulte), de Philip Seymour Hoffmann (Max Jerry) et du narrateur (Barry Humphries). Ce film dégage une grande tristesse (surtout la fin), de la déprime mais aussi de l'espoir, c'est la vie. L'humour n'est pas absent de cette histoire où les personnages sont tous laids physiquement (même un bébé) mais si attachants (ils ont tous des "tronches" improbables). Ils sont plus humains que nature. L'animation est une réussite (qui n'a rien à voir avec celle de Wallace et Gromit) renforcée par de beaux moments musicaux. Je conseille Mary et Max toutes affaires cessantes aux adultes qui liront ce billet (ce n'est pas du tout un film pour enfants). Vous n'oublierez pas de sitôt les personnages de Mary et Max et ceux qui les entourent. Beaucoup de blogueurs en parlent, notamment: Céline/Diane_Selwyn, Ffred, FredMJg, Rob, Tinalakiller, Alain, Leunamme et Rom_J.

1 septembre 2009

Films vus et non commentés depuis le 21/07/2009

Avant de reprendre, j’espère, mes billets tous les deux jours, voici quelques mini-critiques de films que je n’avais pas encore chroniqués et que j'ai vu depuis mon billet précédent fin juillet 2009.

Public enemies de Michael Mann est un film que je ne conseille pas vraiment (à moins d'être fan du réalisateur): il consiste en une suite de fusillades tournées en caméra numérique sans profondeur de champ. Mon oeil ne s’est pas habitué pendant le film et cela donne une impression étrange. Dillinger, joué par un Johnny Depp légèrement empâté, s'évade de prison avec des complices. Tout le film repose sur la traque de Dillinger par Melvin Purvis (Christian Bale), agent du FBI. Marion Cotillard joue très bien les utilités mais ce n’est pas suffisant. C’est un film qui manque d’âme.

Victoria, les première années d'une reine du Canadien Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.) constitue un beau livre d'images avec de belles toilettes, de beaux décors, et Emily Blunt est crédible dans le rôle de la jeune Victoria, mais l’ensemble reste un peu anecdotique. On ne sait pas trop qui est qui et pourquoi. Il manque un contexte historique dans lequel on apprendrait pourquoi la jeune reine a été, par exemple, la cible d'attentat (ce que je ne savais pas). Le couple formé par Victoria et Albert (Rupert Friend tout droit sorti de Chéri) est très "glamour" et ravira les âmes romantiques.

Là-haut, dessin animé de Pete Docter et Bob Peterson, m'a plu pour les 10 premières minutes du film, qui narrent presque sans paroles la vie d'un couple, Carl et Ellie, du jour où ils se rencontrent jusqu'à la mort d'un des deux. Et pour la scène de l'envol de la maison grâce à des ballons gonflés à l'hélium. A part ça, le film m’a paru un peu niais comme certains personnages (le petit garçon tête à claques et le chien qui vient en aide à Carl).

Adieu Gary de Nassim Amaouche a été tourné dans la ville blanche du Teil en Ardèche (d’après ce qui est annoncé dans le générique de fin). Cette ville "fantôme" est un beau décor de cinéma très "western. C’est une tranche de vie de quelques personnes qui (sur)vivent dans cet endroit sinistré (plus d’industrie, plus d'emploi) perdu au milieu de nulle part. Parmi ceux-ci, un père ouvrier (à la retraite ou au chômage?) joué par Jean-Pierre Bacri, ses deux fils (l’un sortant juste de prison), son amie Maria (Dominique Reymond) qui accepte d'être cobaye pour tester des médicaments, le fils de cette dernière, José mutique, attendant son père Gary parti depuis des années. Le film dégage une atmosphère étrange, pas désagréable. Ce film permet de voir Yasmine Balmadi (un des deux fils) dans son dernier rôle. Il vient de disparaître tragiquement cet été. Je l’avais découvert dans Wild Side de Sébastien Lifshitz (2004).

Simon Konianski de Micha Wald donne l’occasion de voir Popeck dans un rôle émouvant de grand-père juif qui aimerait bien que son fils Simon (Jonathan Zaccaï, parfait dans le rôle d’un homme un peu immature) trouve une nouvelle compagne qui ne soit pas "goy" comme celle qui vient de le quitter. Ce grand-père meurt brusquement. Simon et son fils partent en Ukraine avec le frère et la soeur d'Ernest pour l'enterrer. Après moult péripéties, ils arriveront sur le pays natal d'Ernest, rescapé des camps de la mort. Le film est sympathique mais décousu avec une scène qui m’a semblée invraisemblable (le passage de la frontière pour arriver en Ukraine). 

3 juillet 2009

1er salon du livre de Rouen - 27 et 28 juin 2009

Suite à l'annonce de ce salon par Aifelle, j'avais décidé de venir à Rouen (au moins une journée) pour 3 raisons: d'abord la rencontrer, puis visiter la ville que je ne connaissais pas et enfin, aller faire un tour à ce salon dont l'entrée était gratuite. Rendez-vous pris, Aifelle m'a accueillie à la gare, le samedi 27 juin, et notre rencontre fut chaleureuse avec un arrêt au café où allait Simone de Beauvoir (dixit Aifelle). Cette dernière avait apporté un plan pour que je me guide dans la ville et elle m'a indiqué quelques édifices à voir. Elle m'a aussi signalé qu'à l'Office du Tourisme (qui est installé dans une très belle maison face à la cathédrale), ils louaient des audiophones sur lesquels est enregistrée une visite guidée de la ville que l'on fait à son rythme. Elle dure à peu près deux heures. Je me suis donc baladée avant de me rendre au Salon. A la différence d'Aifelle, ma moisson de livre y fut plus modeste (c'était volontaire): un seul roman en poche, Dans l'or du temps (Editions Babel), chaudement recommandé par Aifelle et joliment dédicacé par son auteure, Claudie Gallay. Je viens d'ailleurs de le terminer [chroniqué le 17/07/2009]. Ce 1er salon du livre dans la ville où fut brûlée Jeanne d'Arc ("cramée" comme je l'ai entendu dire de la bouche de jeunes adolescents) était organisé par des librairies rouennaises indépendantes. Il s'est déroulé dans une grande halle, pas bien indiquée (et où il manquait peut-être un peu l'air conditionné), mais bien située, pas très loin de la cathédrale. Au milieu d'une grande salle étaient disposés surtout des livres de poche (je trouve que c'était une bonne idée). Seules les dernières parutions des écrivains présents (surtout des femmes jeunes) étaient en "grand format". Dans une salle au fond de la halle, des rencontres ont eu lieu pendant les deux jours entre les écrivains et le public. J'ai assisté en partie seulement à celle avec Catherine Cusset. Ensuite, après avoir pris un goûter dans un salon de thé assez chic et renommé à l'ombre de la cathédrale, Aifelle et moi, nous nous sommes dirigées vers une bouquinerie (la seule qu'elle connaisse à Rouen), où j'ai déniché trois vieux "Contes et légendes" pour mon ami qui les collectionne. Puis, après un arrêt photo dans la rue de l'Etoupée où se trouve un bas-relief, nous avons été dans un square pour finir de discuter avant que je reprenne mon train pour Paris. Le trajet direct sans arrêt dure seulement 1h10. Je remercie à nouveau Aifelle qui m'a bien parlé de sa ville où se trouvent au moins 120 maisons moyenâgeuses. Elles sont pour la plupart bien restaurées. En revanche, un horrible palais des congrès qui n'a jamais servi et qui se délabre "sur pied" fait désordre juste à côté de la cathédrale. Et j'avais cru comprendre qu'une médiathèque avait été démolie, à cause de sombres histoires politiques, alors qu'elle n'était même pas terminée (mais heureusement, j'avais mal compris cette information, voir le commentaire d'Aifelle ci-dessous). De tout ce que j'ai vu, je retiens l'Aître Saint-Maclou, du latin Atrium ou cour centrale qui désignait un cimetière au Moyen-Age: on y a brûlé les victimes de la grande Peste de 1348. C'est l'une des dernières nécropoles médiévale d'Europe en centre-ville. Aujourd'hui, c'est l'Ecole régionale des Beaux-Arts. En 1945, les Américains ont voulu le prendre pierre par pierre pour le reconstruire quelque part aux Etats-Unis. Heureusement qu'à l'époque, des personnes se soient émues et rien n'a bougé! En conclusion, j'espère qu'il y aura un deuxième salon du livre à Rouen et que les blogueu(rs)ses s'y déplaceront.

13 juin 2009

Trois films vus avec mon ami

Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier, Millenium de Nils Arden Oplev et Wolverine X men origins de Gavin Hood sont trois films que j’ai vus coup sur coup avec mon ami moins cinéphile que moi (personne n'est parfait mais il a d'autres qualités).

Pour Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier (je l'ai vu à une séance tardive), j’émets quelques réserves quant au déroulement de l’intrigue car j'ai trouvé que tout allait trop vite. J’ai l’impression que le réalisateur a voulu aller à l’essentiel sans prendre son temps. Les caractères des personnages ne sont qu’esquissés. D’ailleurs, je ne me rappelle pratiquement plus l’histoire à part le fait que l'on trouve des ossements d’un Noir enchaîné au fond du bayou et que des jeunes filles ont été assassinées. Je retiens surtout les paysages de Louisiane et les maisons en bois dévastées qui restent à l’abandon, après le passage de l’ouragan Katrina. L’apparition de revenants (des soldats confédérés) donne une touche de surnaturel originale. La photo jaunie que l’on voit à la fin aussi. Je suis allée le voir parce que Tavernier est un réalisateur que j’apprécie et Tommy Lee Jones dans le rôle du shérif Dave Robicheaux m’a semblé crédible dans son rôle (au vu de la bande-annonce). J'ai eu aussi plaisir à revoir John Goodman (Barton Fink des frères Coen) dans un rôle inquiétant et Mary Steenburgen (dans le rôle de la femme de Robicheaux), un des rôles féminins qui adoucit l'ensemble. L’histoire est adaptée d’un roman de James Lee Burke, écrivain dont je n’ai jamais rien lu (le shérif Robicheaux est un personnage récurrent dans l’œuvre de Burke). A part ça, j’attends la sortie en DVD de Dans la brume électrique. J'ai cru comprendre que le film ne bénéficiait que d'une sortie directe en DVD sur le territoire américain (je me demande bien pourquoi?) et que les scènes avec les revenants avaient été coupées (je me demande à nouveau pourquoi?).

Pour Millénium de Nils Arden Oplev (réalisateur danois), je n’ai pas été déçue du tout par cette adaptation même s’il y a des coupes sombres par rapport au roman. Tout est concentré sur l’histoire criminelle de la disparition d’Harriet Vanger. Vu que j’ai lu le roman Millénium 1, les hommes qui n’aimaient pas les femmes, dès sa parution en septembre 2006, ce film m’a permis de faire une bonne révision. Quant à mon ami qui n’avait rien lu, il a «dévoré» la trilogie en 4 jours (c’est un lecteur avide), ce qui démontre au moins que le film donne envie de lire le roman. Concernant l’atmosphère générale du film, c’est noir, très noir, mais le roman l’est. Bien évidemment, les acteurs qui jouent les rôles principaux ne sont pas ceux que l’on imaginait forcément. Noami Rapace qui joue Lisbeth m’a paru plus âgée que dans le roman mais cela n’est pas très grave. C’est dommage que l’on ne la voie pas plus avec ses ordinateurs et tout ce qu’elle est capable de faire avec, plutôt que d’assister aux actes violents dont elle est la victime. En revanche, j’ai aimé que ce film tiré d’un roman suédois soit tourné dans cette langue. Et j’attends impatiemment les deux adaptations suivantes de Millénium 2 et 3 qui doivent sortir fin de cette année ou début de l’année prochaine. [15/11/07: ma chronique du 3e tome]

Pour Wolverine – X men origins de Gavin Hood, je viens de constater qu’il n’est plus du tout à l’affiche à Paris. Je suis allée voir le film parce que j’avais beaucoup aimé X-Men, 1, 2 et 3: les effets spéciaux, en particulier, sont une grande réussite. Concernant ce film, Wolverine..., c’est l’occasion d’apprendre comment tout a commencé pour Wolverine avec ses mains d’où poussent des lames quand il veut attaquer ou se défendre ou quand il est en colère. Comme les vampires, il passe les siècles sans vieillir après avoir atteint l’âge adulte. Agé d’une dizaine d’années, Wolverine a pris conscience de sa mutation dans les années 1860, après un crime commis contre son père. Il a un demi-frère, Dent de sabre, un être peu recommandable. On apprend aussi comment une «confrérie» de mutants va se former. Tout cela pour dire que le film se regarde avec plaisir mais il faut aimer ce genre sans faire la fine bouche. Le scénario tient moins la route que les trois premiers. Les effets spéciaux ne sont pas toujours à la hauteur et sont moins spectaculaires. Ce genre de film peut attendre la sortie DVD (en location).

Moi qui vais la plupart du temps au cinéma toute seule, j’ai été bien contente pour ces fois-là d’être accompagnée. Merci "Ta d loi du cine".

13 mars 2009

Hiver arctique - Arnaldur Indridason

Je viens de lire le cinquième roman d'Arnaldur Indridason, Hiver arctique (Editions Metailié Noir) dans lequel le commissaire Erlendur ainsi que les inspecteurs Elinborg (c'est une femme pour ceux qui ne le savent pas) et Sigurdur Oli enquêtent sur le meurtre d'un petit garçon de 10 ans, Elias, d'origine thaïlandaise par sa maman. Il a été poignardé et son corps repose sur la neige islandaise dans un quartier de Reykjavik. C'est l'occasion pour Indridason d'évoquer le problème du racisme lié à l'immigration d'Asiatiques en Islande. Un grand nombre de Philippins, Thaïlandais et Vietnamiens se sont installés en Islande. Dans le cas précis de l'histoire, un Islandais était parti se trouver une épouse (Sunee) en Thaïlande et l'a ramenée (il n'en n'est pas à sa première épouse immigrée). Depuis, le couple a divorcé. Sunee, la mère d'Elias, parle mal l'Islandais, son frère Virote et son fils aîné Niran (né d'un premier lit) également. D'ailleurs, pendant l'enquête qui se passe sur une courte période, une interprète est présente. Niran se sent déraciné. Il supporte mal cette situation. Concernant le meurtre d'Elias, tout porte à croire qu'il s'agit d'un crime raciste ou pédophile. Indridason donne, cette fois-ci, moins d'importance aux relations houleuses entre Erlendur et ses enfants, Sindri et Eva Lind, que dans l'Homme du lac ou la Voix (mon billet du 15/04/2008). L'intrigue est resserrée sur différents suspects dont on fait la connaissance tour à tour. Parmi ceux-ci, des enseignants de l'école où allait Elias, un voisin de palier et même Niran. Si, comme mon ami, vous aimez savoir comment cela se termine, vous pouvez lire les 25 dernières pages... mais vous ne serez pas beaucoup avancé en connaissant le nom du ou des meurtrier(s), puisqu'il(s) n'apparait(ssent) qu'au tout dernier moment, presque par hasard. En effet, Arnaldur Indridason a l'art de distiller au compte-goutte les informations. Je pense que l'auteur se sert une fois de plus d'une intrigue policière (bien menée) pour décrire une certaine réalité de la société islandaise. Je conseille cet Hiver arctique. 

19 décembre 2008

Leonera - Pablo Trapero

Pablo Trapero a réalisé avec Leonera (et non Leonora comme je l'avais mal lu au départ) un film prenant, qui est tenu jusqu'au bout grâce à un scénario bien écrit. Même si je n'ai pas été émue (et pourtant l'histoire s'y prête), j'ai ressenti de l'empathie pour Julia Zapate emprisonnée à tort ou à raison. Tout le film (sauf la séquence du début et les dernières scènes à la fin) se passe dans une section d'un pénitencier en Argentine, où sont enfermées des femmes enceintes ou avec de jeunes enfants. Au début du film, Julia Zapate, couverte de sang, est incarcérée car, étudiante un peu paumée, elle est accusée du meurtre de son amant et d'avoir blessé le petit ami de celui-ci. Elle est enceinte mais elle ne sait pas de combien de mois. Après l'accouchement, une commission lui déclare qu'elle pourra garder et élever son petit garçon Tomas dans l'enceinte de la prison pendant 4 ans. Dans une partie du bâtiment transformée en jardin d'enfants, nursery, garderie, les femmes vont d'une cellule à l'autre, les enfants aussi. Des liens intimes se créent. Julia Zapate se transforme peu à peu en mère qui ne vit (ou survit?) plus que pour son fils. Elle s'affirme surtout contre sa propre mère. Il y a de la distance entre nous et les personnages, même si ce n'est pas voulu (à moins que...); cela ne m'a pas dérangé, au contraire. Julia, quand elle enrage (comme les lions), on la soutient, j'ai senti que rien ne l'arrêterait pour récupérer son fils. Ce n'est pas un film larmoyant. Les prisonnières ne pleurent pas sur leur sort, elles survivent, elles se battent. Après avoir vu le film, je me suis rendue compte que le début dans la vie de ces enfants (dont Tomas) n'est fait que de barreaux aux fenêtres, de cris, de pleurs, de promiscuité, de béton. Ils sont en cage comme des bêtes, le titre Leonera veut dire "cage aux lions", ces enfants sont autant punis que les mères alors qu'ils ne sont coupables de rien. A un moment, il y a un plan muet mais avec des bruits métalliques, où l'on voit les femmes avec des poussettes derrière des grillages qui vont de leur cellule à la garderie. Quand Tomas est confié à sa grand-mère, il semble oublier sa maman: il ne veut même plus l'embrasser lors de ses visites en prison. Je ne raconterai pas la fin (un espoir d'une vie nouvelle pour Julia très déterminée et Tomas?). Martina Gusman qui interprète Julia est aussi la productrice du film, c'est une révélation. D'aucuns disent qu'elle aurait mérité le prix d'interprétation féminine à Cannes. C'est un film que je recommande.

27 novembre 2008

Le tango

Pour moi, le tango, c'est d'abord cette musique qui m'envoûte. Je l'ai découverte en écoutant Astor Piazzolla. J'ai écumé je ne sais combien de disquaires pour trouver certains airs. Le tango se chante aussi. Je vous conseille d'écouter Susanna Rinaldi (je ne sais pas s'il existe des CD disponibles, je l'écoutais en 33 tours) ou Roberto Goyeneche. Enfin, le tango, c'est de la danse. Et je ne désespère pas d'apprendre un jour à le danser. C'est la danse la plus sensuelle que je connaisse et qui me fait vibrer. Dès qu'un spectacle de tango est programmé, je cours le voir. Et puis, il y a quelques films comme Tangos, l'exil de Gardel (1985) et Sur (1988) de Fernando Solanas ou The Tango Lesson de Sally Potter (1997), ou Assassination Tango de Robert Duvall (2002). Plus récemment, j'ai vu le documentaire El café de los maestros, qui évoquait (un peu rapidement) différents interprètes ou musiciens de tango. Le tango, c'est aussi le bandoneon (pour le profane, cela ressemble à un petit accordéon). Il faut voir les interprètes (pas toujours très jeunes) qui jouent avec maestria de cet instrument. On a envie de se lever quand le morceau est fini. Le tango se joue aussi au violon et au piano. Le tango est né dans les bas-fonds de Buenos Aires, il y a 100 ans. L'engouement en France pour le tango perdure et c'est tant mieux. Peut-être que Carlos Gardel, un Français qui lui a donné ses lettres de noblesse, y est pour quelque chose. Pour en revenir à Astor Piazzola, tout le monde ne l'apprécie pas, mais quand j'entends "Oblivion", mon coeur chavire. Vous aurez compris que pour moi, le tango est une passion même si je n'en écoute pas tous les jours.

5 octobre 2008

Films vus et non commentés depuis le 29/07/2008 (fin)

J'expédie dans ce billet 4 films vus au mois d'août et que je n'avais pas fait l'effort de lister dans mon billet précédent.

Manipulation de Marcel Langenegger (2008). Dans ce film, Hugh Jackman joue le rôle d'un "méchant". Je suis allée voir le film parce que j'aime bien ce genre ainsi que les acteurs mais j'en ai vu de meilleurs sur ce thème de la duperie (Deception en anglais et titre original du film) comme Engrenages (D. Mamet), ou Usual Suspects (B. Singer). Petite anecdote, Micheline Presle, qui va beaucoup au cinéma, était incognito dans la salle où je l'ai vu au Quartier Latin à Paris.

Xfiles: Regeneration de Chris Carter. Où l'on retrouve Fox Mulder et Dana Scully qui ont mûri et ont pris des rides (mais cela leur va bien). Nous sommes sur la côte Est des Etats-Unis, pendant l'hiver, la neige tombe drue. Une femme disparaît, puis une autre. Des expériences à la "Frankenstein" sont pratiquées dans une clinique vétérinaire: c'est épouvantable et une fois de plus les Russes n'ont pas le beau rôle.

Be Happy de Mike Leigh: dès la première scène, j'ai senti que je n'allais pas aimer. Le personnage de Poppy avec son sourire accroché aux lèvres pendant presque tout le film ainsi que sa bonne humeur est crispant et insupportable. Poppy et le SDF, Poppy et le moniteur d'auto-école, Poppy et ses copines, Poppy au cours de flamenco, Poppy institutrice et Poppy amoureuse. J'ai été contente quand le film s'est terminé.

Comme les autres de Vincent Varenq (2008): malgré la présence de Lambert Wilson, le film n'est pas un chef-d'oeuvre. On nous montre d'une façon simplette comment un couple homo (dont l'un est stérile) peut devenir parents. Le personnage de Pascal Elbé est totalement sacrifié. La jeune femme est charmante. C'est très "bobo" bien pensant.

11 août 2008

Bombon, el perro (le chien) - Carlos Sorin

Je viens de faire découvrir, en DVD, Bombon, el perro de Carlos Sorin (2004) à mon ami. Réalisateur d'Historias minimas (2002) - déjà très très bien -, Carlos Sorin confirme son talent avec ce film joué entièrement avec des non-professionnels (qui ont même gardé leur vrai nom dans le film). En Argentine, Juan, 52 ans, vient d'être licencié de la station-service où il travaillait depuis 20 ans (elle a été vendue). Avec sa camionnette, il se retrouve à aller de chantier en chantier pour vendre des couteaux dont il fabrique les manches. Encore marié même s'il n'a pas vu sa femme depuis 20 ans, il vit chez sa fille qui n'est pas d'une grande aide entre un bébé et un mari apathique. Lors d'un de ses trajets en voiture, Juan dépanne une femme qui a eu un accident mécanique. Pour le remercier, la mère de celle-ci lui offre un magnifique chien de race, un dogue argentin appelé Bombon. Avec tous les certificats en règles, les voilà tous les deux, côte-à-côte, dans la fourgonnette qui sillonne les routes argentines. De passage avec son maître dans une banque (pour toucher un chèque), Bombon est remarqué par le banquier qui conseille à Juan de le faire dresser pour qu'il se présente à des concours et il lui donne l'adresse d'un dresseur, Walter. Ce dernier, bien qu'un peu profiteur, est enthousiasmé par le potentiel de Bombon, et il propose à Juan une association (scellée par une poignée de mains) pour faire voyager le chien jusqu'aux concours canins et le faire connaître dans le milieu des éleveurs de chiens. Cette histoire simple et touchante nous fait découvrir qu'un chien de race peut avoir des problèmes de libido et cela donne l'occasion à Juan de rencontrer une femme très sympathique, chanteuse et lisant le marc de café, mais leur relation restera platonique. Cependant que Bombon, lui, finira par concrétiser avec une chienne de race différente. Quand le film se termine, on a l'espoir que, grâce à ce chien, la vie de Juan va peut-être changer. Ils sont bien partis pour gagner de nombreux concours canins. Bombon, el perro est vraiment le genre de film que j'aime, qui brosse le portrait de personnages ordinaires que je serais heureuse de rencontrer dans la vie.

27 août 2008

Films deux par deux (6)

Le point commun de ces deux films (poursuite de ma série), c'est qu'il n'y en a pas, à part, peut-être, le thème de la fuite. Dans le premier, c'est un fantasme, c'est l'idée fixe du père qui se croit poursuivi. Dans le deuxième, la fuite est pour échapper à la mort.

Dans Un monde à nous, de Frédéric Balekdjian, Edouard Baer (remarquable) joue Marc, le père d'un petit garçon de 10 ans, Noë (Anton Balekdjian, propre fils du réalisateur). Dès le début du film, on sent une atmosphère étrange, Marc, l'air autoritaire, vit avec son fils. Il l'entraîne à se battre (comme un boxeur) et à parer les coups. De temps en temps, Marc simule une attaque contre Noë pour qu'il se défende. Le père et le fils fuient quelque chose. Ils semblent être poursuivis. Ils emménagent dans une maison à l'aspect abandonné sans meubles. Ils vivent de façon spartiate. Noé dort dans le lit à même le matelas. A l'école, il devient le souffre-douleur d'un groupe de petits durs (il ne montre pas qu'il peut se défendre), en revanche, une jeune fille noire le prend en amitié. Ce film de Frédéric Balekdjian comporte des maladresses dans le scénario mais le suspense se maintient jusqu'au bout et il vaut vraiment la peine pour voir Edouard Baer dans un registre qui lui convient bien. J'espère le revoir dans un rôle dramatique.

Les proies de Gonzalo Lopez-Gallego. Le titre original de ce film est "El rey de la montana". J'ai cru tout d'abord qu'il s'agissait du qualificatif du chasseur (on apprend vers la fin que c'est le nom d'un jeu). Dans les critiques que j'ai lues, il est écrit que cela rappelle Duel de Spielberg, cela m'a rappelé aussi un film plus récent mais pas totalement réussi: Ils de Xavier Palud (2006). Mais dans Les proies, au lieu d'une maison isolée en Roumanie, l'histoire se passe dans un paysage grandiose de montagnes et d'arbres (en Espagne?) où il n'y a signe de vie, nulle part. Tout commence dans une station service (sur une route déserte), un homme fait le plein d'essence. Peu après, une jeune femme arrive. Dans les toilettes, ils font l'amour et se séparent. Il la poursuit après avoir constaté qu'elle lui a volé son portefeuille et son briquet. C'est là que ses ennuis commencent: on tire sur sa voiture et une chasse à l'homme commence. Entretemps, il retrouve la jeune femme et leur course pour fuir l'ennemi invisible les mènera au bout de l'enfer. C'est un film qui met les nerfs du spectateur à rude épreuve jusqu'à ce que l'on découvre qui est (sont) le(s) chasseurs. Et là, curieusement, la tension se relâche (en ce qui me concerne) et pourtant la conclusion est épouvantable. Film de genre dont on se souvient mais que je ne reverrai pas.

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