Le blog de Dasola
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29 juillet 2016

The Strangers - Hong-jin Na

Après The Chaser et The Murderer du même réalisateur, je viens de voir The Strangers (sorti le 6 juillet 2016), le nouveau film du Sud-Coréen Hong-jin Na. Le film dure plus de 2H30 sans temps mort. The Strangers se passe de nos jours, dans la petite ville de Goksung ("Goksund" est le titre original du film). Des événements étranges commencent à s'y dérouler: les membres d'une famiille sont massacrés par un des leurs, pris d'une crise de folie. Un policier de la ville, Jong Goo, qui est mal considéré par sa hiérarchie (on le trouve paresseux et peu fiable), se met à enquêter à titre personnel, car Hyo-Jin sa petite fille, jusqu'à présent si souriante, change tout à coup de personnalité. Elle devient agressive, ordurière, avec des accès de violence. Comme les autres personnages pris de folie, elle est couverte de plaques d'urticaire. On découvre qu'un vieil ermite, un Japonais, s'est installé dans une masure au fond des bois. Des cauchemars récurrents où il voit le Japonais avec des yeux rouges dévorant des animaux crus réveillent Jong Goo. La liste des morts s'allongent dans la ville où il pleut souvent des trombes d'eau sans que l'on sache quoi faire. Un chaman est néanmoins appelé à la rescousse pour exorciser Hyo-Jin. La scène est impressionnante et n'est pas ridicule. Qui est l'incarnation du Mal? Le Japonais ou une autre personne? Est-ce des humains ou des fantômes? Le film comporte des moments éprouvants et sanglants et une atmosphère angoissante, avec un confrontation finale dans une grotte que l'on n'oublie pas entre Satan et un jeune diacre. J'ai aimé le film dans son ensemble. Un film à découvrir. Dans un prochain billet, je parlerai d'un deuxième film sud-coréen, sorti le 20 juillet et qui m'a aussi beaucoup plu. Lire les billets de Trillian, Tinalakiller, Mymp et Ffred.

26 juin 2016

Le monde de Dory - Andrew Stanton

Le monde de Dory, le nouveau dessin animé des studios Pixar/Disney, représente une belle réussite visuelle et scénaristique. L'histoire, bourrée d'humour, est une suite au Monde de Nemo sorti en 2003. Dory, le poisson chirurgien bleu qui souffre de "trouble de la mémoire immédiate", qui avait bien aidé Marin (un poisson-clown) à retrouver son fils Nemo, est l'héroïne de ce nouveau long-métrage. Malgré sa mémoire défaillante, Dory se souvient qu'elle a un père et une mère. Elle décide de partir à leur recherche. Dory a beaucoup de courage. Elle est même téméraire, à la limte de l'inconscience. Elle va traverser un océan et être aidée par Hank, un poulpe neurasthénique à sept (et non huit) tentacules (il en a perdu un). Pour ce faire, Hank se sert de ses cellules chromatophores pour se fondre dans le décor (ce sont des moments très amusants). Destinée, un requin-marteau myope, ainsi que Bailey, un belouga dont le sonar donne des signes de faiblesses, vont aussi beaucoup contribuer à ce que Dory atteigne son but. Je ne vous dirai pas si Dory retrouve ses parents. En tout cas, la salle a applaudi à la fin et j'ai passé 103 minutes très sympathiques.

9 février 2015

Felix et Meira - Maxime Giroux

Voici un film sorti le 4 février 2015 qui risque de passer inaperçu. Cela serait dommage car ce film canadien raconte une histoire touchante qui se passe pour partie dans le milieu juif hassidique. Meira, mère d'une petite fille (encore bébé), Elishevah, est marié à Shulem. Elle a de plus en plus de mal à supporter le carcan de la communauté hassidique dans laquelle elle vit. Elle n'a pas le droit de dessiner ni d'écouter de la musique. Elle est douée dans la première matière et aime écouter du jazz. Felix, lui, traîne son spleen. Il vient de perdre son père et il a hérité d'une certaine somme d'argent. Il n'a pas d'attache à part sa soeur. Par hasard, il rencontre Meira dans une épicerie casher à Montréal. Ce n'est pas forcément le coup de foudre entre ces deux êtres, mais ils commencent à se parler, à se revoir. Ils sont très différents et pourtant ils vont se rapprocher. J'ai apprécié ce film tout en retenue dont l'histoire est narrée par petites touches. Les personnages sont tout en nuance particulièrement Shulem, le mari de Meira qui se révèle ne pas être aussi psychorigide qu'on pourrait le penser au début. Un joli film à voir avec tout de même une fin un peu décevante (en ce qui me concerne): à force d'être dans la retenue, ça se termine dans le flou sur leurs relations futures...

12 août 2014

Détective Dee II (La légende du dragon des mers) - Tsui Hark

Ayant beaucoup aimé Détective Dee (et la flamme fantôme) sorti il y a 3 ans, je me suis précipitée pour voir Détective Dee II (La légende du dragon des mers) du même réalisateur. Le film est sorti le 6 août 2014. Je l'ai vu en 2D (et c'est très bien comme cela). Chronologiquement, l'histoire qui nous est contée dans Détective Dee II est antérieure à celle de La flamme fantôme. Dee vient d'être nommé juge auprès la cour impériale en 665 après J.-C. Dès la première séquence très spectaculaire, on assiste à la destruction presque totale de la flotte impériale par un monstre marin (que l'on ne voit pas). Parallèlement, une jeune courtisane est enlevée par des hommes masqués. Le juge Dee est chargé par l'impératrice de mener l'enquête sur cet enlèvement. Cette enquête l'amène à poursuivre un homme mutant recouvert d'écailles. De fil en aiguille, Dee découvre un complot ourdi contre l'empereur et la cour. Ce qui fait le charme du film, c'est en particulier les manières qu'ont les personnages de se déplacer: ils grimpent, sautent de toit en toit, marchent à l'envers avec une aisance à nulle autre pareille. C'est virevoltant. Les combats sont spectaculaires. Du grand art. Je dirais que l'intrigue elle-même m'a moins emballée que celle de La flamme fantôme mais l'ensemble vaut la peine d'être vu.

9 août 2014

Winter Sleep - Nuri Bilge Ceylan

S'il y a un film à voir en ce moment, c'est bien Winter Sleep du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan, récompensé à juste titre par une Palme d'Or au dernier Festival International de Cannes en 2014. C'est le 4ème film que je vois de ce réalisateur, et je pense que c'est son film le plus accessible, le moins statique par rapport aux autres. Le film qui dure 3H15 (on ne les voit pas passer) se distingue par sa photo, sa lumière, l'éclairage des visages, son cadrage, ses décors extérieurs sublimes. C'est la marque de fabrique des films du réalisateur: vraiment du très grand cinéma. Aydin est un homme dans la soixantaine, ancien comédien (et non acteur, il y tient) de théâtre pendant 25 ans, qui vit de ses rentes. Quand commence l'histoire, l'hiver et la neige arrivent en Anatolie, dans la région de Cappadoce où Aydin est le propriétaire d'un hôtel troglodyte. Il y vit en compagnie de sa soeur Necla (traductrice) et de sa jeune femme Nahal. Aydin possède aussi quelques maisons qu'il loue dans la région. Il a un "factotum" qui est chargé de récupérer les loyers. Cela ne se passe pas toujours très bien... Aydin passe le temps à écrire des articles pour un journal et il lui arrive d'avoir de longues conversations avec sa soeur et sa femme qui tournent à l'affrontement. Les deux femmes lui reprochent sa condescendance et sa suffisance. Ce sont deux belles séquences du film parmi d'autres. C'est un film ample et riche. J'ai noté que les personnages ne se touchent pas sauf quand un père gifle son fils. Il n'y a pas vraiment d'histoire mais des bouts d'histoires. J'ai lu que cela fait penser à une pièce de Tchekov, je suis d'accord, avec une touche contemporaine de bon aloi. Allez voir ce film, je pense que vous ne le regretterez pas et que vous aurez envie, comme moi, d'aller passer un séjour dans l'hôtel troglodyte appellé "Othello". Lire les billets d'Alex-6 et Alain.

14 août 2014

Lauren Bacall est morte

Décidément, la série noire continue à Hollywood. Après Robin Williams, Lauren Bacall (1924-2014) nous a quittés victime d'un AVC. Elle avait 89 ans. Cette actrice à la voix rauque et au regard éloquent avait beaucoup de classe. Et quelle carrière! Avec et sans Humphrey Bogart. Récemment, avec mon ami, j'ai revu Une vierge sur canapé (Sex and the single girl, en VO) où elle partageait l'affiche avec Henry Fonda, Tony Curtis, Natalie Wood et Mel Ferrer. Je vous conseille absolument ce film qui doit exister en DVD. Avec Bogart, il faut bien entendu voir Le port de l'angoisse d'Howard Hawks (1944), Le grand sommeil également d'Howard Hawks (1946), et Key Largo de John Huston (1948). Et personnellement, je l'avais trouvée très bien dans Dogville de Lars von Trier (2003). En dernier, elle faisait quelques doublages de dessins animés comme Ernest et Célestine.

13 août 2014

Robin Williams est mort

Je viens d'apprendre avec tristesse la disparition de Robin Williams (1951-2014) qui est un acteur que j'appréciais beaucoup. Je me rends compte que je l'avais vu dans beaucoup de films. Il interprétait des rôles très différents (souvent comiques mais parfois inquiétants) que l'on n'oublie pas. J'en cite quelques-uns:

Le monde selon Garp de Goerge Roy Hill (1982) adapté du roman de John Irving: je vous recommande ce film dans lequel j'avais découvert cet acteur.

Good Morning Vietnam de Barry Levison (1987): Robin Williams très bien mais le film: bof.

Le cercle des poètes disparus de Peter Weir (1989): un film culte à l'époque.

Fisher King de Terry Gillam (1991): très bon film.

Mrs Doubtfire de Chris Columbus (1993): Robin Williams est irrésistible.

Will Hunting de Gus Van Sant (1997).

Deux films dans lesquels il interprète des personnages ambigus:

Photo Obsession de Mark Romanek (2002).

Insomnia de Christopher Nolan (2002): face à Al Pacino, il est remarquable.

Et je l'avais vu tout récemment dans un second rôle au côté d'Annette Bening et Ed Harris dans The Face of love.

Un acteur qui va manquer.

28 juin 2014

Xenia - Panos H. Koutras

Le film Xenia (concept antique, proche de l'hospitalité, en grec) de Panos H. Koutras se passe en Grèce de nos jours. Dany et Odysseas sont deux frères, nés d'une mère albanaise (qui vient de mourir), et d'un père grec qui les a abandonnés très jeunes. Dany, presque 16 ans, homosexuel assumé, vit grâce à la générosité d'amants de passage. Il est fan d'une chanteuse italienne de variétés des années 60: Patti Pravo. Odysseas, presque 18 ans et qui a une très belle voix, va concourir pour devenir la nouvelle star "grecque". Parcourant le pays du sud au nord, où l'économie est exangue, les deux frères sont considérés comme des "métèques", n'étant pas grecs à 100%. Aidés par quelques amis marginaux du monde de la nuit, ils entreprennent de retrouver leur père, qui pourra leur faire obtenir la nationalité grecque tant convoitée. Le film a des airs de "road-movie", ressemble parfois à une comédie musicale et comporte aussi des moments oniriques, où le lapin (nommé Dido) que transporte Dany dans son sac à dos se met à lui parler. A part la longue séquence vers la fin où Dany et Odysseas affrontent leur père putatif (qui m'a paru un peu longue, alourdissant l'ensemble), je trouve que Xenia (qui est aussi le nom d'un grand hôtel abandonné où les deux frères trouvent refuge) sort de l'ordinaire, et tous les acteurs sont vraiment bien (mention spéciale à Kostas Nikouli qui interprète Dany). Lire les billets d'Alex-6, Ffred, Alain et miriam.

9 août 2013

Keep smiling - Rusudan Chkonia

Keep smiling de la réalisatrice Rusudan Chkonia est un film géorgien que j'ai vu en avant-première et qui sort le 14 août 2013. En 2010, à Tbilissi, lors une émission de télévision, une dizaine de femmes concourent pour remporter le titre de mère de l'année avec des prix somptueux à la clé (un appartement et une belle somme d'argent). Ce concours se déroule en plusieurs étapes (il y a 4 épreuves) pendant quelques semaines. Ces femmes, mariées, veuves, divorcées ou mères célibataires, mènent une vie difficile dans cette république de l'Ex-URSS devenue indépendante. La réalisatrice, par l'intermédiaire de ces femmes, nous brosse un portrait peu flatteur de la Géorgie, dont la situation économique semble assez catastrophique. Les gens vivent dans la promiscuité et la précarité. Entre elles, ces dix femmes ne se font pas de cadeau car l'enjeu est important. Pour ma part, je ne peux pas dire que j'ai été enthousiasmée plus que cela par ce film qui m'a paru brouillon. Malheureusement, je ne me suis pas attachée au destin de ces femmes même si une d'entre elle (au moins) a un destin tragique. A l'issue de la projection, il y a eu une séance de questions/réponses avec la réalisatrice et une des actrices (qui vit en France) qui a laissé les gens assez frustrés semble-t-il, car la traductrice n'était pas très douée. J'ai été contente d'aller voir ce film, mais je m'attendais vraiment à mieux, vu qu'il a reçu quelques prix dans des festivals.

16 juillet 2013

Hijacking - Tobias Lindholm

Me voici donc revenue d'Ecosse après une semaine de ciel bleu, de soleil et de températures estivales. En revanche, je n'ai vu ni fantôme ni Nessie.

Avant de faire un petit compte-rendu sur ce voyage illustré avec quelques photos, je voudrais évoquer un film danois (sorti cette semaine), qui est prenant et passionnant de bout en bout. Hijacking (Kapringen en VO) a été écrit et réalisé par Tobias Lindholm (le scénariste de la série télé Borgen et du film La Chasse de Thomas Vinterberg). Dans ce film tiré d'une histoire vraie, nous assistons pendant 1H40 aux négociations entre des pirates somaliens (qui ont pris à l'abordage dans l'Océan indien un bateau d'une compagnie maritime danoise) et le PDG de la compagnie. Les Somaliens se servent de l'équipage, composé de sept hommes, comme objet de négociations. L'action se déroule alternativement au siège de la société danoise et sur le bateau. Nous assistons aux échanges téléphoniques par téléphone cellulaire interposé entre Peter, le PDG de la compagnie, et Omar, le négociateur somalien. Pendant les 137 jours qu'aura duré cette affaire, les protagonistes de cette triste histoire vont pas mal changer, et certains vont longtemps rester marqués comme Mikkel Hartman, le cuistot du bateau. C'est un film intelligent qui montre comment il est plus rapide de négocier avec des hommes d'affaires pour un contrat commercial de plusieurs millions de dollars qu'avec des preneurs d'otages miséreux qui n'ont pas grand-chose à perdre. 

3 juillet 2013

Moi, moche et méchant 2 - Pierre Coffin et Chris Renaud

Moi qui vais en général voir une moyenne de 8 films par mois, je me retrouve un peu en panne sèche de chroniques cinéma, n'ayant vu qu'un film pendant les trois dernières semaines. Cela ne m'était jamais arrivé, sauf en vacances hors de Paris. Actuellement, les films qui sortent ne me tentent vraiment pas. Toujours est-il qu'après une journée de dur labeur au travail, je suis quand même allée voir hier soir (mardi 2 juillet 2013) Moi, moche et méchant 2 de Pierre Coffin et Chris Renaud. Il s'agit de la suite logique du premier (qui m'avait plu). Gru est devenu un vrai "papa gâteau" avec les trois orphelines dont il s'occupe. Ils vivent tous ensemble dans une grande maison avec un immense sous-sol, dans lequel il mène des expériences avec les minions et le professeur Nefario afin de mettre au point des confitures et gelées idéales. Cependant, les minions sont tellement nombreux que Gru ne se rend pas compte que quelques-uns disparaissent, tout comme une base secrète militaire au pôle nord littéralement arrachée du sol par un gros aimant. En effet,le "méchant" de l'histoire rève de dominer le monde en commençant par changer (je vous laisse découvrir comment) les minions en créatures chevelues de couleur violette avec des dents acérées. Le scénario est plein d'humour avec des clins d'oeil aux films de James Bond: cascades, voiture amphibie et même une "Gru girl" (si je puis m'exprimer ainsi) dont notre héros va tomber amoureux. Et puis les minions sont nettement plus présents que dans le premier film. Le film est vraiment agréable à regarder, et plaira aux petits et aux grands. Bref, je conseille.

27 juin 2013

Le fils unique - Yasujiro Ozu

Quoi de neuf comme sortie "cinéma"? Et bien je viens d'aller voir Le fils unique de Yasujiro Ozu (1903-1963), un "vieux" film en noir et blanc de 1936 resté inédit en France. Ce fut le premier film parlant du réalisateur du Goût du saké. L'image et le son (malgré la restauration) crachottent beaucoup mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier ce film. Comme souvent dans les films d'Ozu, la caméra est à hauteur du sol. Le film débute par une citation: "Le drame de la vie commence avec le lien entre parents et enfants". Dans le Japon d'avant-guerre, Ozu nous raconte une histoire simple, celle d'une veuve, ouvrière dans une filature de soie, et de son fils (âgé de 15 an au début). En 1923, cette femme, qui vit dans une province du centre du Japon, vend tout ce qu'elle possède afin que son fils aille au lycée. Elle veut qu'il réussisse dans la vie et qu'il ne tombe pas dans la misère comme elle. Pourtant, treize plus tard, en 1936, rendant visite à son fils qui vit à Tokyo, elle se rend compte qu'il mène à son tour une vie assez misérable avec sa femme et son fils âgé de quelques mois. A 28 ans, il travaille comme "demi-prof" dans un collège et gagne très peu. Il souffre de cette situation. Le couple vit dans une masure d'un lotissement au milieu d'un terrain vague. Ozu nous décrit les dures conditions de vie de ces gens humbles. Mais il n'y aucun misérabilisme. Je vous conseille d'aller voir ce film s'il ressort en province. A Paris, il se donne dans 2 salles.

18 juin 2013

Shokuzai 1 et 2 - Kiyoshi Kurosawa

Tournés à l'origine pour la télévision japonaise, ces deux films (dont le scénario est adapté d'un roman) durent 2H00 pour le premier volet et 2H30 pour le second. Ils forment un tout indissociable, décomposé en une introduction, quatre chapitres et une longue conclusion.

"Dans la cour d'école d'un paisible village japonais, quatre fillettes, Sae, Maki, Akiko et Yuka, sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir du visage du tueur. Asako, la mère d’Emili, désespérée de le savoir en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde: si elles ne s’en souviennent pas, elles devront faire pénitence (Shokuzai) toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues?"...

...Voici le résumé de ces deux films que j'ai vus en une soirée l'un à la suite de l'autre. Il faut dire que Shokuzaï 1, "Celles qui voulaient se souvenir", m'a totalement enthousiasmée.
Dans ce premier volet, 15 ans après le meurtre d'Emili, Sae travaille comme esthéticienne. Rejetant toute sexualité (elle n'a jamais eu ses règles), elle se marie avec un homme impuissant et fétichiste (il a une passion pour les poupées françaises). Maki, elle, est devenue une enseignante très sévère qui se fait mal voir par les parents d'élèves. Dans Shokuzaï 2, "Celles qui voulaient oublier", Akiko vient d'être internée, elle essaye d'expliquer pourquoi à Asako (cette dernière sert de fil rouge à tout le film). Akiko n'a jamais vraiment grandi dans sa tête, elle vit chez ses parents, n'a aucune vie sociale. En revanche, elle est très observatrice... Ces trois jeunes femmes traumatisées à vie craignent les hommes et elles le payent très cher à tout point de vue. C'est tout le contraire qui se passe avec Yuka, qui se sert des hommes pour arriver à ses fins: ouvrir un magasin de fleur et se faire faire un enfant. Quant à la conclusion (qui dure presque 3/4 d'heure), dans laquelle Asako va enfin savoir qui a violé et tué Emili, elle aurait gagné à être plus resserrrée. Peut-être aussi étais-je un peu fatiguée après 4 heures de film.

Je conseille ce film-diptyque superbement filmé, glaçant, inquiétant, triste (que de vies gâchées). L'interprétation est d'un très bon niveau. Le réalisateur nous fait ressentir l'angoisse et la peur qu'éprouvent les protagonistes. Lire les billets d'Armelle, Chris, Ffred, Dr Orlof et Trillian.

7 avril 2013

Perfect mothers - Anne Fontaine / Quartet - Dustin Hoffman

Je voudrais rendre compte de deux films qui viennent de sortir le mercredi 3 avril 2013.

D'abord, Perfect Mothers, de la réalisatrice française Anne Fontaine, est adapté d'un roman de Doris Lessing, Les grands-mères. De nos jours, l'histoire pas banale se déroule en Nouvelle Galles du Sud, en Australie, au bord de la mer dans un cadre assez idyllique. Deux femmes à la quarantaine épanouie, Lil (Naomi Watts) qui est veuve, et Roz (Robin Wright) qui est mariée, sont amies depuis des années. Elles ont chacune un fils, Ian et Tom, qui sont amis depuis l'enfance. Ils font du surf ensemble. Un soir, Ian (le fils de Lil), amoureux de Roz, devient son amant. Pour se venger, Tom (le fils de Roz) fait de même avec Lil. On aurait pu attendre d'Anne Fontaine, réalisatrice de Nettoyage à sec, Coco avant Chanel, Entre ses mains ou Nathalie, quelque chose de plus sulfureux, de transgressif. Mais non, c'est un film sage, beau à regarder (tant les acteurs que les paysages). Les deux actrices sont vraiment bien (surtout Robin Wright). Les deux jeunes hommes sont plutôt bien de leur personne. Je vous laisse découvrir ce que devient ce quatuor (presque incestueux) qui s'agrandit pendant un certain temps (Ian et Tom se marient et ont chacun une fille). Petite remarque: le titre original anglais (!) est Two mothers (Deux mères). Pour sa sortie française, le titre devient, toujours en anglais (!), Perfect mothers (Mères parfaites). C'est un film qui m'a donné envie de découvrir la Nouvelle Galles du Sud et de lire Les grands-mères, et que je peux vous conseiller (1).

En ce qui concerne Quartet, c'est la première réalisation de l'acteur Dustin Hoffman. Il permet d'admirer, une fois de plus, des acteurs comme Maggie Smith ou Tom Courtenay, qui ont l'âge des rôles. Dans un paysage idyllique en Angleterre, une maison de retraite abrite des artistes retraités: chanteurs d'opéras, musiciens et acteurs, etc. Une soirée de gala se prépare afin de recueillir des fonds pour garder l'établissement ouvert. Jean Horton (Maggie Smith), ancienne chanteuse lyrique, vient juste d'intégrer l'institution, provoquant la fureur de Reggie (interprète lyrique lui aussi). Je vous laisse découvrir pourquoi. La musique classique (Bach) et des airs d'opéra comme Rigoletto de Verdi servent de musique de film. D'ailleurs, le quatuor de Rigoletto sert de "clou du spectacle" et conclut le film. Il semble que c'est la passion de Dustin Hoffman pour l'opéra qui l'a amené à faire un tel film. C'est plaisant, avec quelques répliques plutôt drôles, même si on sent aussi une certaine tristesse qui se dégage de l'ensemble. En effet, c'est une histoire sur la vieillesse qui atteint beaucoup d'entre nous un jour ou l'autre. A voir et à entendre.

(1) Pour répondre à la question de Keisha ci-dessous, je précise que j'ai vu le film en VO.

6 mai 2011

Sibérie mon amour - Slava Ross

J'ai vu ce film, sorti en catimini, grâce au conseil d'une collègue (et à une très bonne critique sur le Canard enchaîné). Disons-le tout de suite, Sibérie mon amour de Slava Ross, qui est aussi l'auteur du scénario, n'est pas un film rigolo du tout. L'histoire se passe de nos jours, en Sibérie. Des gens survivent comme ils peuvent dans cette contrée hostile oubliée de tous. On fait, par exemple, la connaissance d'un vieil homme et de son petit-fils Lyochka, qui vivent dans une masure avec une chèvre dans un enclos à côté, avec Dieu qui veille sur eux: ils font des prières régulièrement face à une icône (seul trésor qu'ils possèdent). La nourriture est rare, surtout que des chiens affamés en meute font des ravages et représentent une menace permanente envers les humains et les autres animaux. Orphelin de mère, Lyochka attend le retour de son père. Iouri, son oncle, loge dans une maison de la ville voisine avec sa femme et ses filles. Préoccupé par le sort du vieil homme et de Lyochka, il leur rend régulièrement visite en apportant de la nourriture. Par ailleurs, des rôdeurs pillent les maisons. On découvre aussi une garnison de soldats en attente de filles aux moeurs légères. Le film dégage une grande violence qui est autant suggérée que montrée. Je retiens les cris poussés par une spectatrice bouleversée par une ou deux scènes choquante, dont une avec un homme mangé par les chiens. Néanmoins, la fin du film donne une lueur d'espoir. Je retiens du film: les paysages grandioses de Sibérie, le climat hostile, le comportement sauvage des humains; et, en même temps, le chemin de croix que subit le grand-père pour sauver son petit-fils. Un film à voir si vous avez le moral.

19 avril 2013

20 ans d'écart - David Moreau

[Billet de ta d loi du cine, "squatter" chez dasola, rédigé le 15/04/2013]

Avec quelques semaines de retard, je voudrais rendre compte du film 20 ans d’écart, auquel j’avais consacré une entrée «Solo *GC» ayant comme date limite le 31 mars 2013. Dasola avait refusé de m'accompagner sur le moment (un peu comme pour Lucky Luke?) (1). Lorsque je suis arrivé dans la salle, les rangs clairsemés m’ont fait craindre le navet bouche-à-oreillé. Et puis on est passé, très vite, de quelques dizaines de spectateurs à une salle bien remplie (disons 200 places sur 300 ?). Pour l'anecdote, il me semble bien que figurait parmi les bandes-annonces pré-projection Perfect Mothers (que je n'ai toujours pas vu) - même si je ne pourrais en jurer. Pour notre 20 ans d'écart, ce n'est sans doute pas la peine de rappeler l'argument du film, bien résumé dans son titre: une comédie (romance) qui fonctionne sur le ressort du «contraste» entre deux personnes contemporaines; mais je qualifierais ce contraste de «vertical» (l’âge) au lieu des contrastes «horizontaux» que l’on a vus mille fois (religion, couleur de peau, culture, milieu social, caractère, profession…).

Pour des raisons professionnelles (pour faire preuve d'originalité) dans un milieu pas si glamour qu'il n'y paraît, et suite à un quiproquo initial, une quasi-quadra séduit un étudiant. A partir de là, si l'on ricane à certains moments, à d’autres on rit de bon cœur (ah, les scènes avec le scooter rose -"je l'ai acheté sur photo N&B!"- ou les pétarades...). Avec manipulation ou naïveté, le scénario navigue intelligemment entre les péripéties pro et perso. Côté féminin, ce qui est au départ calculé devient un peu plus abandonné (à défaut d’être sincère) quand le jeu prend un coup de chaud. J’ai trouvé que c’était joué avec beaucoup de crédibilité, même si les acteurs principaux (à ce jour, pas encore 36 ans pour Virginie Efira, mais déjà 24 ans pour Pierre Niney "de la Comédie Française" [ça m'a fait sourire, dans le générique]) n'ont pas tout à fait l'âge des rôles. Il me semble avoir relevé qu'ils n’ont d'ailleurs dans le film pas 20 ans d’écart, mais seulement 17 (si j’ai bien compris, 21 ans contre 38: à un moment, je crois qu’«elle» dit «quand tu auras 31 ans, j’en aurai 48… - ou 41, 58…»). Côté mâle, on a donc un (jeune) homme sincère (par parenthèse, en langage codé, est-ce que que ça ne signifie pas «ne disant pas ne pas être marié/maqué s’il l’est»?); mais un grand cœur que l’on fracasse, ça vous ramène le petit jeunot de base au stade larvaire (attendrissant?).

Au-delà de la comédie, peut-être y a-t-il un brin de satire légère de la dé-composition de relations familiales compliquées (dans un certain milieu social, tout de même!), avec une grande soeur plus que crispante, une pré-ado sensible aux réseaux sociaux et au qu'en-dira-t-on, et des pères qui ont refait leur vie en fricotant sans embarras avec des jeunettes. Pour notre héroïne, c'est mignon (touchant?) de lui voir faire des efforts -assumés!- pour se donner un look rajeunissant (une caricature d'adulescent?): petits états d'âme, mais grandes ambitions. En fait, elle doit mettre toute son énergie à satisfaire une papesse de la mode (diablesse dont je suis bien incapable de distinguer si elle s’habillait en Prada). Sa hiérarchie lui "met la pression": de belles relations de business où, à un moment, entre deux gentillesses, on te dit sans appel «c'est ça ou tu dégages» (et exécution au final). Pour continuer à parler en termes d'images, photographe et coiffeur (?) de mode sortent de ce film habillés pour l’hiver.

Je pourrais encore parler des «effets» attendus qui ne se produisent pas: par exemple, je croyais entendre en «morceau de bravoure» un exposé improvisé sur Oscar Niemeyer et le Bunker (PCF)... ou alors, ça a été coupé au montage et on y aura droit dans des bonus de DVD? Mais pour conclure, je dirais que j'ai bien aimé, que c’est un film bien gentillet, déjà, à revoir au moins tous les 15 ou 20 ans (à différentes étapes de sa propre vie…). Et je ne sais pas si on peut le mettre sur le même plan (c'est prématuré), mais j'aurais envie d'y rentrer régulièrement, comme j'aime bien revisionner d'autres comédies ou romances comme Avanti!, Holiday, Un jour sans fin... Enfin, un truc à retenir: surtout, surtout, ne confiez jamais à une personne que vous avez menti à une autre - occasion de méditer l’expression «être tenu(e) à bout de gaffe»!

(1) elle en revient: voir son billet ici.

29 octobre 2010

En ce sanctuaire - Ken Bruen

Dans En ce sanctuaire, publié chez Gallimard Noir, on retrouve pour la 7ème fois notre Jack Taylor. Il n'a pas encore rendu sa veste toutes saisons n°8234 (celles et ceux qui ont lu les enquêtes précédentes savent de quoi je parle; sinon, voir mes billets des 05/12/2009 et 15/01/2010). Jack mène l'enquête à l'insu de son plein gré, après avoir reçu une missive dans laquelle est annoncée la mort de deux policiers, d'une nonne, d'un juge et hélas d'un enfant. On apprend peu de temps après que Jack sera le dernier de la liste. La lettre est signée d'un certain Benedictus. Ancien flic, Jack est très seul malgré la relation (un mélange d'hostilité et d'alliance précaire) qu'il entretient depuis des années avec une policière appelée Ridge. Cette dernière a appris qu'elle était atteinte d'un cancer du sein. Jack n'a pas d'amis dans la police et surtout pas son ex-collègue Grady devenu son ennemi. Il se remet à boire jusqu'au delirium tremens, plein de remords d'avoir causé la mort (croit-il) de la petite fille mongolienne d'un couple d'amis. Il se fait le défenseur des homosexuels en détresse et son nouvel adversaire est une femme, une nonne "aux yeux brûlant d'une malfaisance pure". Tout se termine dans la crypte d'une cathédrale. Le roman se lit d'une traite (200 pages), il coûte 14,50 euros, et j'en redemande même si je trouve que Ken Bruen ne s'est pas trop foulé cette fois-ci, il se répète un peu.

PS: Je rajoute mention de la traduction du roman par Pierre Bondil: il m'a fait un commentaire ci-dessous sans même le dire! :-)

23 octobre 2010

The Housemaid - Im Sang-soo

Sorti le 15 septembre 2010, The Housemaid est un film coréen de Im Sang-soo, qui a réalisé aussi Le vieux jardin (2006) [mon billet du 29/04/2007], The President's Last Bang (2005) et Une femme coréenne (2003). Dès la première séquence, le ton est donné: un soir, une jeune femme se jette d'un immeuble et s'écrase dans une rue fréquentée. Dans la séquence suivante, Euny, une jeune femme, est engagée comme aide-gouvernante chez un couple très riche. Elle est chargée de s'occuper de leur petite fille car la maman (très jeune) attends des jumeaux. Le mari, peut-être un homme d'affaires, joue très bien du piano. C'est un homme sensuel qui aime les plaisirs de la chair. Euny reçoit aussi des ordres de la gouvernante en place, femme torturée qui observe tout ce qui se passe autour d'elle. On ne sait pas ce qu'elle veut, ce qu'elle pense. C'est le personnage le plus intéressant de l'histoire (elle saura néanmoins partir à temps). Mais c'est à cause de ses indiscrétions que le sort d'Euny est scellé. En effet, Euny devenue très vite la maîtresse du mari, tombe enceinte. Le film distille une angoisse sourde tout du long. On devine que l'histoire va mal se terminer. La fin brutale m'a paru outrée par rapport au reste du film qui n'était que violence feutrée. Exceptée la petite fille qui avait de l'affection pour Euny, les maîtresse de la maison, mère et grand-mère de la petite fille ont un comportement abject; quant au mari, je l'ai trouvé particulièrement antipathique. Pour résumer, j'ai aimé, sauf les 5 dernières minutes, ce film d'une grande cruauté. The Housemaid est une réinterprétation d'un film coréen de Kim Ki-young de 1960, Hanyo.

17 octobre 2010

Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg - Jacques Fortier

Et voici un billet sur Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg, le deuxième livre que j'ai reçu dans le cadre de la dernière opération de Masse Critique Babelio. Pourquoi deux, me direz-vous? Et bien lors d'une édition précédente de cette opération, je n'ai jamais reçu l'ouvrage qui m'était attribué, pas encore paru (paraît-il?). Toujours est-il que ce roman policier (de 180 pages chez le Verger Editeur, 9,50 euros), d'un journaliste des Dernières Nouvelles d'Alsace à Strasbourg, a été écrit en hommage à Sir Conan Doyle (1859-1930) pour le 150ème anniversaire de sa naissance. C'est un roman élégant, bien écrit dont l'histoire se passe en 1909 en Alsace et plus précisément au château du Haut-Koenigsbourg dont la restauration vient d'être achevée grâce à l'argent du Kaiser Guillaume II. N'oublions pas que l'Alsace et la Lorraine sont annexées au IIème Reich allemand depuis 1870 et la défaite de Sedan. Sherlock Holmes flanqué de son fidèle Watson sont envoyés sur place car les gouvernements anglais et français (dans les débuts de l'Entente cordiale) craignent que la restauration du château ne soit qu'une couverture pour dissimuler de noirs desseins, peut-être même une arme secrète. Durant leur enquête pleine de rebondissements, Sherlock et Watson apprennent que trois ouvriers du chantier de restauration sont morts de manière peu naturelle quelques mois auparavant. Ils ont découvert quelque chose qu'ils n'auraient pas dû voir. Ils croisent le chemin de personnages historiques tels que Guillaume II (dont on rappelle que Holmes l'avait tiré d'une situation embarrassante, vingt ans auparavant) ou Bodo Ebhardt (l'homme qui tel Viollet-Leduc a supervisé la restauration du château du Haut Konigsbourg entre 1901 et 1908), et des personnages de fiction comme des envoyés du Vatican et la belle et mystérieuse Xénia Honegger, historienne à Berlin. Sans rien dévoiler de l'intrigue, je dirais que l'arme secrète n'est pas une invention diabolique mais elle renvoie au début de la chrétienté et à la passion du Christ. J'ai passé un très agréable moment à lire ce pastiche holmesien. Je vous le recommande.

13 octobre 2010

Facebook: mes amis, mes amours... des emmerdes! - La vérité sur les réseaux sociaux - Olivier Levard & Delphine Soulas

Le titre de cet ouvrage (publié aux éditions Michalon et reçu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio) m'a semblé tiré de la chanson de Charles Aznavour: Mes emmerdes. Il paraît qu'une série télé française récemment diffusée porte aussi un titre approchant.

Etre ou ne pas être
F***b**k (ou T***tter ou M*sp*ce), là est ma question.

J'ai choisi ce livre car ce phénomène des réseaux sociaux m'est étranger. Je ne sais même pas ce que l'on peut y mettre et y raconter (tout, semble-t-il). Personnellement, mon blog me prend suffisamment de temps pour ne pas m'être inscrite sur F***b**k et autre T***tter et M**pace ou un site français Copainsd'avant (pour les plus connus). Ce n'est que cette année, à la suite d'une séance de sensibilisation au sein de mon entreprise assez édifiante sur ce sujet que j'ai pris conscience de ce qu'étaient les réseaux sociaux, et des risques et des dangers qu'ils pouvaient engendrer. Cet ouvrage va tout à fait dans ce sens. Pour résumer: F***b***k: Attention danger! Je trouve que là résident les limites de cet essai qui n'est qu'une charge contre les réseaux sociaux. Le seul point positif évoqué rapidement à propos des réseaux sociaux, c'est qu'ils peuvent servir de contre-pouvoir face à certains gouvernements dictatoriaux quand les portables sont coupés (voir l'exemple tout récent de l'épouse du dernier Prix Nobel de la paix qui communique grâce à T***tter).

Or donc, suite à la lecture de cet essai, je n'ai pas forcément tout compris au fonctionnement des réseaux sociaux, mais il semblerait que ce sont des plates-formes idéales pour dévoiler sa vie privée (sa religion, ses orientations sexuelles, son statut amoureux, ses opinions politiques
) et où les photos sont bienvenues. L'inscription se fait avec son vrai nom. Toutes ces infos sont stockées et partagées auprès d'"amis": des vrais que vous connaissez, et d'autres que vous n'avez jamais rencontré de votre vie. Car l''un des buts principaux d'un réseau social, c'est de collectionner "les amis" et de leur faire partager vos avis, vos envies, vos photos, votre vie. La mise en garde principale de cet essai est que les amis ne sont pas tous bien intentionnés et qu'avec de simples recoupements, des paroles ou des actes que vous n'aviez pas l'intention de révéler, sont dévoilés à tout le monde et peuvent se retourner contre vous, comme un futur employeur (après une recherche avec votre nom) qui découvre des photos où vous ne vous présentez pas sous votre meilleur jour.

En passant (ça ne figure pas dans le livre), je vous recommande de lire les conseils d'utilisation de F***b**k traduits directement de l'anglais. Il ne faut pas oublier que F***b**k est une création américaine, et en Amérique, il n'y a pas de protection de la vie privée comme en France (avec la CNIL). Les Américains sont très attachés au premier amendement de leur Constitution sur la liberté d'expression. En France, Edvige n'a pas survécu 3 mois car les Français rechignent à donner des informations personnelles alors que des millions de gens n'hésitent plus à exposer leur vie sur Internet (En France, 19 millions de personnes se connectent par mois). Les auteurs mettent l'accent sur le fait que les enfants sont des cibles vulnérables pour les délinquants sexuels ou autres.

L'inscription sur F***b***k est gratuite mais la plate-forme sert d'espace publicitaire pour des sponsors et et très récemment, les actionnaires sont apparus.
F***b**k doit devenir rentable en se servant de ses utilisateurs: elle se concentre d'un côté sur la publicité ciblée et de l'autre sur la recommandation sociale par vos amis. Voilà l'intérêt de F***b**k qui s'adresse directement à ceux qui sont concernés par les produits qu'ils doivent écouler: vendre des couches aux jeunes mamans, des rencontres et des soirées aux célibataires. Parlez du baptême de bébé à votre meilleure amie et F***b**k vous envoie une pub pour des dragées, etc. F***b**k et les autres réseaux sociaux sont devenus des "Big Brothers" en provoquant des forums de discussion sur les marques.

J'ai noté dans ce livre que pour se désinscrire de F***b**k, c'est très difficile; quant à effacer des donnés, cela relève de  mission
pratiquement impossible car les données sont stockées quelque part et le restent, et elles réapparaissent un jour ou l'autre.

En ce qui me concerne, mon blog suffit à mon bonheur. Les réseaux sociaux, pourquoi pas? Mais avec modération et circonspection.
En tout cas, je remercie encore Babelio pour cet ouvrage (200 pages et 16 euros). Esmeraldae en parle aussi.

15 avril 2010

Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer

C'est en lisant le dithyrambe qu'a rédigé Cuné sur ce roman que je me suis précipitée chez le premier libraire sur ma route pour acquérir Quand souffle le vent du nord d'un écrivain autrichien inconnu en France (jusqu'à ce jour), Daniel Glattauer (Editions Grasset). Je remercie Cuné pour ce conseil: j'ai dévoré ce roman en 2H30. Il fait 350 pages mais comme il s'agit d'échanges de mails entre trois personnages, la lecture est aisée et rapide. J'ai passé un moment délicieux en compagnie d'Emmi (Emma) Rothner, de Leo Leike et de Bernhard Rothner (le mari d'Emmi). Tout commence par une demande de résiliation par mail concernant un abonnement à une revue. Emmi Rothner se trompe d'adresse à une lettre près et la demande aboutit chez Leo Leike. 9 mois plus tard, à l'occasion des fêtes  de fin d'année, Emmi envoie un mail groupé à des amis: l'adresse de Leo est incluse par inadvertance. C'est l'occasion pour Leo de faire une réponse pleine d'esprit qui se termine par: "...Il faut que vous le sachiez: j'aime les mails groupés destinés à un groupe auquel je n'appartiens pas...". De là commence une correspondance drôle, touchante, amusante, intelligente, caustique, parfois  cruelle, qui dure un an. Du simple échange de politesse, les relations qui se nouent virtuellement entre Emmi et Leo évoluent vite. Lui sort d'une rupture sentimentale, elle semble heureuse en ménage. Comment tout cela va finir? Vont-ils se rencontrer "en vrai" ou pas? Je ne vous dirai rien si ce n'est que Bernhard, le mari d'Emmi, est le grain de sable qui fait que les choses auraient pu tourner différemment (je m'avance peut-être). A priori, une suite a été écrite à la demande unanime des lecteurs germanophones qui ont fait un triomphe à ce roman. Je pense que Cuné et toutes les blogueuses qui ont apprécié Quand souffle le vent du nord attendent de pied ferme la traduction de cette suite [La septième vague, chroniquée le 06/04/2011].

PS: Quand mon ami l'aura lu, je serais heureuse d'en faire un livre voyageur. Vous pouvez vous manifester par mail.

29 décembre 2009

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte - Thierry Jonquet

Ce roman (publié en 2006) dont le titre, Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, est tiré d'un poème écrit en 1871 par Victor Hugo (pour rendre hommage aux Communards), restera le dernier de Thierry Jonquet (disparu en 2009). Une fois de plus, ce roman noir est une grande réussite. Il semble que Thierry Jonquet ait eu une prémonition puisqu'il avait commencé à écrire son roman avant les émeutes de banlieue et avant le crime antisémite contre Ilan Halimi. Il a donc pris comme toile de fond une petite ville dans le 9-3, Certigny, avec son collège "difficile" et où des blacks, des blancs et des beurs font la loi en se partageant la ville vivant de la prostitution, du racket et du trafic de drogue sans oublier l'existence de quelques religieux fondamentalistes et des apprentis kamikazes. Même si c'est un roman, on sent que Jonquet s'est imprégné et s'est documenté sur le sujet de la "banlieue" en général et de la vie dans certains collèges en particulier. Je l'ai vu comme une synthèse de ce qu'on peut lire ou entendre sur le 9-3 ou peut-être ailleurs. C'est noir et assez désespérant. Il y a des morts plus ou moins atroces mais Thierry Jonquet arrive à nous attacher à certains personnages comme la jeune professeur nouvellement nommée, d'origine juive, Anna Doblinsky, ou Lakdar Abdane, jeune beur, doué en dessin, intelligent, travailleur, qui a eu le malheur d'être victime d'une erreur médicale fatale pour sa main droite (il est droitier). Quant à la police, elle fait ce qu'elle peut. Jonquet va à l'essentiel. Il n'y a pas de gras, pas de digression. C'est brutal. Un roman à lire et à conseiller.

PS: pour mémoire, j'avais chroniqué d'autres romans de Thierry Jonquet après sa disparition.

25 décembre 2009

Tag érotique

L'érotisme en questions

J’ai vu quelques blogs qui se sont penchés (si je puis dire) sur ce questionnaire (1) auquel il n'est pas du tout facile de répondre (en ce qui me concerne), et je sèche pour plusieurs questions. Ce sont surtout les garçons qui ont répondu. Je vais essayer en tant que membre du sexe féminin de m’y coller. En y pensant, ce genre de questionnaire est davantage fait pour les hommes que pour les femmes, ne serait-ce que parce que l'on voit plus souvent des actrices déshabillées que des acteurs (même si ces derniers s'y mettent). Mais est-ce que les spectatrices aiment tant que ça voir des hommes nus à l'écran? Le débat est ouvert. C'est souvent ce que l'on ne voit pas qui peut faire fantasmer, ce que l'on imagine...

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1- Quel est votre plus ancien souvenir d'émoi érotique ayant un lien avec le cinéma?

La chatte sur un toit brûlant de Richard Brooks (1958).

2- Quels films (un par décennie depuis les années 20) représentent pour vous le summum de l'érotisme?

Années 20 : je passe.
Années 30 : Lucrèce Borgia d’Abel Gance (1935).
Années 40 : Gilda de Charles Vidor (1946) .
Années 50 : En cas de malheur de Claude Autant-Lara (1958).
Années 60 : Le silence d'Ingmar Bergman (1961).
Années 70 : Raphaël ou le débauché de Michel Deville (1970).
Années 80 : Meurtre dans un jardin anglais de Peter Greenaway (1982).
Années 90 : La leçon de piano de Jane Campion (1993).
Années 2000 : Twenty Nine Palms de Bruno Dumont (2007).

3 et 4- Quelle acteur/actrice a su vous montrer la plus belle chevelure ? Les plus beaux pieds ?

La chevelure de Rita Hayworth dans Gilda de Charles Vidor (1946).
Les pieds de Sue Lyon dans Lolita de Stanley Kubrick (1962) quand le prof. Humbert Humbert lui passe le vernis sur les ongles.

5- Si tout comme dans La Rose pourpre du Caire, un personnage devait sortir de l'écran et vous accompagner quelques jours avant de disparaître à jamais, qui serait-il ?

Le patient anglais (avant son accident), Ralph Fiennes est magnifique.

6- Quelle est votre scène de pluie préférée ?

La scène finale dans Breakfast at Tiffany’s de Blake Edwards (1961).

7- Y a-t-il une musique de film qui saurait accompagner vos ébats amoureux ?

Un air de Tango: Astor Piazzola.

8- Avez-vous vu dans un film un vêtement que vous aimeriez porter ou offrir ?

Les robes ou ensembles de Sharon Stone dans Basic Instinct (1992).

9- Existe-t-il une actrice de films pornographiques que vous aimeriez voir dans un film d'un autre genre ?

Je passe, je n’en connais pas.

10- Quelle est la scène (ou le film) ayant le mieux stimulé votre odorat ?

Le festin de Babette de Gabriel Axel (1987).

11 et 12- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer la plus belle poitrine ? Les plus belles dents ?

Pour la poitrine, les seins de Françoise Fabian que l'on aperçoit dans Raphaël ou le débauché (1970) sont photogéniques.
Pour les dents: Christopher Lee dans Dracula (1958).

13- Quel est pour vous le mot, la phrase ou le dialogue le plus empreint de sensualité ?

"Change mon monde": Robert Redford à Lena Olin dans Havana de Sidney Pollack (1990).

14- Quelle est votre scène de douche préférée ?

Kevin Spacey qui se donne du plaisir dans American Beauty (2000).

15- Existe-t-il une actrice que vous aimeriez voir dans un film pornographique?

Pas du tout.

16- Quel film et/ou quel cinéaste vous paraît le moins érotique ?

Steven Spielberg.

17 et 18- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer le plus beau ventre ? Les plus belles mains?

Pour le plus beau ventre, Hafsia Herzi dans la Graine et le mulet (2007), ce n’est pas qu’il est beau, mais on ne voit que lui.
Emmanuelle Devos a de belles mains dans Sur mes lèvres de Jacques Audiard (2001).

19- Quelle est la scène (ou le film) ayant le mieux stimulé votre goût ?

Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant de Peter Greenaway (1989).

20- Quelle est votre comédie musicale préférée?

Ce n'est pas une comédie musicale en particulier mais la "compilation" appelée That's entertainement sortie en 1974 (d'ailleurs il y a eu au moins une suite) où on retrouve les meilleurs moments des comédies musicales américaines les plus connues.

21- En inversant le principe de La Rose pourpre du Caire, si vous pouviez pénétrer dans un film, lequel choisiriez-vous ?

Les damnés de Luchino Visconti (1969) pour rencontrer Ingrid Thulin, Helmut Berger et Dirk Bogarde.

22- Quelle est votre scène muette entre deux amants préférée?

Elle n'est pas vraiment muette et les protagonistes ne sont pas encore amants, c'est celle dans le Vieux fusil de Robert Enrico (1975), Philippe Noiret regarde Romy Schneider qui soulève sa voilette pour boire sa coupe de champagne. J’en garde un souvenir ému, surtout qu’il lui dit au bout d’un moment: "je vous aime".

23- Quel film vous a toujours semblé manquer d'une ou de plusieurs séquences érotiques ?

Comme ça à brûle-pourpoint, je ne vois pas; même si on se dit parfois, quand on voit parfois un film: oui, cela manque de piment. D'un autre côté, l'imagination sert à ça. On peut se jouer ce genre de scènes dans sa tête.

24- Quel est pour vous le plus beau plan de femme ou d'homme endormi ?

Nicole Kidman parmi les pommes dans Dogville de Lars Von Trier (2003).

25 et 26- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer la plus belle nuque ? Le plus beau sexe ?

La nuque d’Ada dans la Leçon de piano de Jane Campion (1993).
Pour ce qui est du plus beau sexe, je dirais David Wissak dans Twenty Nine Palms
 de Bruno Dumont (2003) car on a largement de le temps de le contempler.

27- Quelle voix vous a le plus troublé au cinéma ?

Celle de Marie Trintignant dans tous ses films.

28- Y a-t-il un film classé X, dont vous aimeriez découvrir le remake sans aucune scène pornographique ?

Je passe.

29- Quelle est votre scène de danse préférée (hors comédies musicales)?

Le tango à trois à la fin du film dans The Tango Lesson de Sally Potter (1997)

30 et 31- Quelle actrice ou quel acteur a su vous montrer les plus belles fesses ? Le plus beau sourire ?

Pour les fesses, Lena Olin dans l’Insoutenable légèreté de l’être de Philip Kaufman (1988).
Pour le sourire: Sandrine Bonnaire avec sa fossette dans tous ses films.

32- Existe-t-il un plan, une séquence ou un film qui aient réussi à vous émoustiller sans avoir à priori été conçus à cet effet ?

Aucun ne me vient à l'esprit spontanément (et j'ai pourtant passé un certain temps sur ce questionnaire!)

33- Quelle actrice ou quel acteur aimeriez-vous voir grimé en l'autre sexe?

Je ne sais pas, mais il y a deux films, dont l'un est le remake de l'autre où les acteurs jouaient le jeu de s'habiller en femme (même si c'était peut-être caricatural): Priscilla Reine du Désert (avec Terence Stemp, Guy Pearce et Hugo Weaving) de Stephen Elliot (1994) et To Wong Foo Thanks for Everything, Julie Newmar de Beeban Kedron (1995) avec Patrick Swayze, Wesley Snipes et l'excellent John Leguizamo (qui était très mignon en fille).

34-Quel regard-caméra vous a le plus ému?

Je ne comprends pas bien la question.

35- Quel réalisateur est selon vous le mieux parvenu à  filmer l'acte sexuel (hors films pornographiques)?

Bruno Dumont.

36- Est-ce le même que celui que vous considérez comme le plus grand maître en érotisme ?

Non, pas vraiment. Je ne sais pas s’il y a vraiment un maître de l’érotisme en matière de cinéma, peut-être Greenaway même si ce n’est pas volontaire.

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(1) L'initiateur du questionnaire est Ludovic, du blog Cinématique.

23 octobre 2009

Seul le silence - R. J. Ellory

Moi aussi, j'ai d'abord cru à une faute de frappe, mais il ne s'agit effectivement pas de James Ellroy. En attendant que sorte Vendetta en poche, je viens de terminer Seul le silence, roman de presque 600 pages (Livre de Poche) de R. J. Ellory (qui a dédié son oeuvre à Truman Capote) où le narrateur Joseph est aussi le (triste) héros de l'histoire. Tout commence en 1939 et se termine en 2005. Entretemps, Joseph aura été le témoin direct ou indirect de 32 meurtres atroces de petites filles toutes âgées de 8 à 12 ans sur une période de plus de 30 ans. En 1939, en Georgie, Etat sudiste et conservateur, les étrangers sont vus d'un mauvais oeil. Une famille allemande, les Krüger, paiera un lourd tribut dans cette histoire. Joseph, 12 ans, est orphelin de père depuis longtemps. Il est très attachée à sa mère, celle-ci finit dans une institution psychiatrique. Joseph est doué pour l'écriture et encouragé par sa mère d'abord, puis par son institutrice et par quelques autres; il deviendra un écrivain reconnu. Ce long roman est rythmé (si je puis dire) par les meurtres des petites filles. On veut savoir qui est le meurtrier et pourquoi il fait cela, et pourtant toute cette histoire reste en arrière-plan. L'auteur montre les failles du système pour mener une enquête criminelle quand plusieurs circonscriptions sont concernées. Il n'y a pas de cohésion. Seul un shérif, ami de Joseph, mène l'enquête. Quant à moi, l'accumulation de malheurs sur la tête du héros narrateur me paraît un peu beaucoup à mon goût: deux femmes (enceintes de lui) qui meurent jeunes et tragiquement, 14 ans d'incarcération pour un crime qu'il n'a pas commis. Joseph semble supporter cet état de faits sans trop broncher. Il ne se révolte pas et pourtant il aurait des raisons. Surtout, ne commencez pas par lire les deux dernières pages (comme le fait souvent mon ami) car il n'y aurait plus de suspense. C'est un roman que je conseille même si je n'ai pas été complétement enthousiaste.

11 octobre 2008

Jacques Brel, il y a trente ans...

... a tiré sa révérence, le 9 octobre 1978. Je me rappelle avoir versé une grosse larme. J'avais en main son dernier disque "Les Marquises" et sa pochette bleue que ma maman m'avait acheté. Brel a été le chanteur qui m'a marquée pendant toute mon adolescence. Je connaissais beaucoup de ses chansons par coeur. Je chantais avec lui (à la manière du karaoké) en écoutant ses disques et je continue encore. Je me rappelle - plusieurs fois - ma voisine du dessus et ses coups au plafond (au plancher de chez elle) lorsque je chantais à tue-tête... Mes regrets sont de ne pas être assez âgée pour avoir entendu Brel en concert et surtout de ne pas avoir assisté à l'Homme de la Mancha. J'ai presque tous ses disques en 33 tours et en CD. Je reste une inconditionnelle. C'est un artiste intemporel qui transmettait sa fièvre, sa passion quand il chantait, rien qu'avec l'intonation de sa voix. Parmi ses chansons, je retiens: "Mathilde", "Les bonbons", "Vesoul", "Zangra", "Les vieux", "Ces gens-là", "La chanson des vieux amants", "Ne me quitte pas", "Amsterdam" (pour sa façon de la chanter), "Rosa", "Marieke", "Orly", "Les bourgeois", "Jef", "Vieillir". A la fondation Jacques Brel, à Bruxelles, j'avais découvert Far West (qui vient de sortir en DVD double avec Franz) [cf. mon billet du 25/06/2007]. Brel reste mon chanteur de prédilection.

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