Les naufragés des Auckland - François Edouard Raynal
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En cette fin septembre 2026, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente une réédition du récit (non-fiction) rédigé par un Français et publié à l'origine en 1870 (sous le titre Les naufragés ou Vingt mois sur un récif des îles Auckland). Après quelque 18 années d'aventures hors de France, François Edouard Raynal a, à la suite du naufrage de leur bateau, passé vingt mois sur une île inhabitée au large de la Nouvelle-Zélande avec quatre autres hommes, tous de nationalités différentes, en 1864. Cette (més)aventure a sans doute inspiré Jules Verne pour la rédaction de son roman L'île mystérieuse.
F. E. Raynal, Les naufragés des Auckland,
La table Ronde, coll. la petite vermillon N°350, 2011, 318 pages
Le texte de Raynal est précédé de 10 pages de préface par Simon Leys.
L'édition "d'époque" disponible sur Gallica affiche en page de garde (je cite dans le désordre!) "Librairie Hachette et Cie", "Bibliothèque des écoles et des familles", "récit authentique illustré de 40 gravures par A. de Neuville et accompagné d'une carte", "septième édition", "Ouvrage couronné par l'Académie française". Dans la réédition de 2011, les gravures ont été reprises (à noter qu'Alphonse de Neuville a illustré 20 000 lieues sous les mers par exemple, mais non L'Île mystérieuse). Le récit à la première personne m'a vraiment, dans le style "daté", rappelé tant les traductions de Robinson Crusoé ou du Robinson suisse dont je me délectais gamin, que mes Jules Verne et leur langue du XIXe siècle...
Le récit proprement dit de cette aventure en particulier prend un peu de temps à démarrer. Raynal commence par s'adresser à sa mère (deux pages),nau lecteur (deux pages aussi), avant une introduction de 16 pages, où il décrit sa vie "d'aventurier": né dans le Tarn-et-Garonne (en 1830), rêvant de voyages, il embarque à Bordeaux à 14 ans comme mousse puis comme marin (direction ce qui est aujourd'hui La Réunion). Puis il sera régisseur dans une plantation (sucre de canne) à 20 ans, après s'être formé "sur le tas", avant de partir pour l'Australie comme chercheur d'or (mineur).
En 1863, un de ses amis et l'associé de celui-ci lui confient la mission d'aller vérifier dans l'île Campbell l'existence d'une mine d'étain argentifère. Pour cela, ils embauchent un capitaine, Thomas Musgrave, Américain. Le bateau choisi pour l'expédition est le Grafton, petite goélette pouvant porter de 75 à 80 tonneaux de marchandise. Pourvu pour une expédition devant durer quatre mois, le bateau part avec un équipage complémentaire de deux matelots et un cuisinier. Il est prévu qu'au bout de quatre mois, les associés restés en Australie devraient envoyer à leur recherche", et si besoin faire une demande à cet effet au gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud... Bref, le bateau appareille avec ses cinq hommes à bord le 12 novembre 1863. p.76, dans la nuit du 2 au 3 janvier 1864, le navire, ayant rompu sa chaîne d'ancre alors qu'il était au mouillage, fait naufrage à proximité de la côte de l'île d'Auckland. L'aventure commence...
Se loger (une cabane à construire). S'organiser (désigner un chef et lui promettre obéissance), se répartir les tâches tout en les faisant tourner. Chercher la nourriture quotidienne et la préparer. Ah, ils vont en bouffer, du "lion de mer", des huîtres, des moules et du poisson! La nourriture est peu végétale. Raynal entreprend de fabriquer de la bière, mais préfère y renoncer, redoutant les querelles d'ivrognes. De même, après avoir fabriqué des cartes à jouer, voyant que certains sont "mauvais joueurs", il les met au feu sans mot dire à la fin d'une ultime partie. Après avoir attendu des mois qu'on vienne les chercher, ils décident de se lancer dans la fabrication d'une embarcation, en "upgradant" la petite embarcation de service du Grafton après avoir fabriqué (forgé) les outils nécessaires. Mais l'embarcation ne pourra emmener que trois d'entre eux... qui n'auront de cesse, une fois parvenus en Nouvelle-Zélande le 24 juillet 1865 (p.261), d'envoyer du secours au deux derniers.
Puis ce sera le retour en France, la rédaction et la publication du livre. Entretemps, ils auront appris que, sur la même île qu'eux, d'autres naufragés séjournaient en même temps...
Le capitaine Musgrave a publié son propre récit en 1866 (en anglais). Je ne sais pas s'il en existe une réédition contemporaine, en tou tcas pas de traduction en français à ma connaissance.
J'ai réussi à dénicher quelques blogs qui en avaient parlé à l'époque (liste certainement pas exhaustive): Corboland78 (dernier billet en 2017), Sophie (dernier billet en 2013). ClaudiaLucia et Keisha en avaient parlé (pour d'autres rééditions sous le titre d'origine) lors du BTEM1 *.
Mon billet sur cet ouvrage s'inscrit bien évidemment sur le challenge Book trip en mer (saison 3) chez Fanja, et aussi pour le challenge 2026 sera classique aussi! organisé par Nathalie.
* Merci Fanja pour le rappel!
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