Le blog de Dasola

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11 avril 2026

Le cri des gardes - Claire Denis

Le cri des gardes qui vient de sortir en salles et qui a été réalisé par Claire Denis est une adaptation en anglais de la pièce de Bernard-Marie Koltès, Combat de nègre et de chiens que j'ai eu la chance de voir en 1983 dans la mise en scène de Patrice Chéreau au théâtre des Amandiers à Nanterre (une grande époque). Pour le film, Claire Denis a choisi des acteurs comme Matt Dillon et Isaac de Bankolé entre autres. C'est un huis-clos qui se passe quelque part en Afrique de l'Ouest pendant 24 heures. Cependant l'action principale se passe surtout de nuit dans un chantier de travaux publics clos avec miradors et gardes armés qui communiquent entre eux presque en criant (d'où le titre du film). Le chef de chantier Horn (Matt Dillon, étonnant) demande à son adjoint Cal (Tom Blyth) un ingénieur, d'aller chercher sa femme Leone (Mia McKenna-Bruce) qui arrive d'Europe. Horn a acheté du champagne et préparé un feu d'artifice. Le couple s'est marié tout récemment. Pendant ce temps, Alboury, un Africain très digne (Isaach de Bankolé), debout derrière les barbelés, réclame le corps de son frère qui est mort sur le chantier dans "un accident" écrasé par une pelleteuse. A moins qu'il n'ait été tué délibérément. La confrontation qui se passe pendant la nuit entre le chef de chantier et l'Africain est prenante. Pendant ce temps, Cal dont on comprend vite qu'il est responsable de la mort du frère d'Albouy se promène avec un pistolet. Quarante-trois ans ans après avoir vu la pièce, j'avoue que je ne me rappelais plus du tout de l'intrigue. Je me rappelais plutôt ce décor impressionnant imaginé par Richard Peduzzi. Dont voici quelques photos. Un embranchement d'autoroute. Et je me souviens des interprétations de tout premier ordre de Michel Piccoli, de Philippe Léotard ainsi que de Miriam Boyer et Sidiki Bakaba.
 

 

Michel Piccoli de dos

Philippe Léotard et Michel Piccoli

 



Le film de Claire Denis m'a plu mais il manque un petit quelque chose. Cela reste assez froid même si on sent une menace latente qui plane pendant tout le film. L'ensemble est traité de manière un peu abstraite, cela manque de vraie émotion. Mais les comédiens sont vraiment excellents. Cela m'a donné envie de relire la pièce en français.

7 avril 2026

Le butor étoilé - Sigolène Vinson

J'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) commandé auprès d'un de mes proches, pour Noël, ce livre qui m'est parvenu il y a seulement quelques semaines. J'avoue que je ne suis peut-être pas allé vers Le butor étoilé de Sigolène Vinson pour de simples raisons d'envie d'apprécier un ouvrage... 

Sigolène Vinson, Le butor étoilé, Le tripode, 2025, 190 pages

 

La conception plutôt elliptique de ce roman m'a un peu dérouté. L'écriture en est très poétique. Le butor étoilé? Un sujet d'observation ornithologique. Dès la première page (récit à la première personne, au bord d'un marais - qui, de lieu, devient quasiment un personnage à part entière), nous savons que l'héroïne (?) s'inquiète à propos d'une certaine Dedou: cela fait cinq jours que la gamine a disparu du village. 

 

Et puis apparaît un autre personnage "en interaction": Damien, lui-même en plein dialogue de sourd avec son père Kader, qui juge plutôt durement la manière dont Damien gère sa vie de couple "actuellement"... (en fantasmant sur une inconnue qui laisse chez lui des lettres adressées à un autre). Beaucoup de dialogues, avec soi-même ou avec d'autres, de l'introspection... Trop d'introspection et pas assez d'histoire clairement énoncée pour moi (qui suis très paresseux et qui aime les choses simples et évidentes). Beaucoup d'observations et d'attentes, des allégories et du symbole. Le butor étoilé, que l'héroïne cherche tellement à "observer", n'est-il pas lui-même une personnification de l'homme qu'elle attend (p.67)? Je l'ai lu jusqu'au bout. Mais l'abondance d'image a sans doute saturé ma mémoire: je n'en ai rien retenu. À la fin, on apprend une mort.

 

Manou, Géraldine, Emma [Messana] et Virginie Vertigo ont davantage apprécié le roman que moi.

 

En fait, si j'ai lu ce livre, c'est que je souhaitais évoquer une oeuvre de Sigolène Vinson dont je connaissais seulement le nom au titre de sa participation passée à Charlie Hebdo (jusqu'à l'attentat de 2015). Je l'avais déjà citée à l'occasion du récit de "l'opération commando" montée pour rajouter le portrait en "pochoir" du dessinateur Honoré à une oeuvre de rue qui avait uniquement cité les quatre autres dessinateurs de Charlie assassinés. Je pense que j'attendrai une éventuelle reprise en recueil de ses chroniques judiciaires pour le journal avant de revenir vers elle... à moins que je tente tout de même Courir après les ombres, dont Manou parle de manière alléchante ici?

 

*** Je suis Charlie ***

6 avril 2026

Plus fort que moi - Kirk Jones

Plus fort que moi de Kirk Jones permet de découvrir ce qu'est le syndrome de Gilles de la Tourette, une maladie neurologique caractérisée par des tics moteurs et vocaux. Le film qui est basé sur des faits réels débute en Ecosse dans les années 80 et il est centré sur le personnage de John Davidson qui a commencé à avoir les premiers symptômes de ce mal pas très connu vers l'âge de 13 ans. Ce sont surtout les écarts de langage qui frappent son entourage. Il se met à dire des grossièretés à son corps défendant et c'est accompagné de tics nerveux. Sa famille est dévastée. Elle croit qu'il simule, qu'il le fait exprès. Ses camarades de classe se moquent de lui et le directeur de l'école où il est inscrit lui inflige des punitions corporelles. Dans ces années 80, on connaît mal cette maladie qui touche surtout les garçons. Le jeune acteur qui interprète John jeune est remarquable et Robert Aramayo qui incarne John Davidson adulte est exceptionnel. Deux personnes vont le soutenir, dont Dottie, une infirmière qui le prend sous son aile. Elle a beaucoup d'empathie en ce qui le concerne. Tommy Trotter (Peter Mullan, vraiment bien) va l'engager pour un emploi. Mais bien évidemment, John ne fait pas d'études supérieures mais il va faire connaître sa maladie à un grand nombre de personnes lors de réunions. Ce film britannique vaut la peine d'être vu. Pascale et Henri Golant l'ont aussi bien apprécié.

Choup, dans un de ses commentaires sur mon blog, le conseille aussi. Je la cite: "J'ai pour ma part été voir hier Plus fort que moi, un super film, histoire vrai de John Davidson, atteint du syndrome Gilles de la Tourette et qui dédie sa vie à éduquer les gens sur ce syndrome et tout ce qu'il implique pour les personnes qui en sont atteintes et leurs familles. Un film formidable et l'acteur principal est phénoménal".

4 avril 2026

La ville couronnée d'épines - Gilbert Cesbron

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais encore publier un article sur un recueil de nouvelles, mais cette fois-ci un peu plus récent (même si je ne l'avais jamais lu jusqu'à aujourd'hui). Malgré son demi-siècle "bon poids", cet ouvrage est trop "récent" pour pouvoir figurer parmi les "classiques" de Nathalie... même si, m'a-t-il semblé, les saynètes qui le composent évoquent plutôt la fin des années 1950 ou les années 1960 que les années 1970.

Gilbert Cesbron, La ville couronnée d'épines, Robert Laffont, J'ai lu N°979, 219 pages,
1979 (EO 1974), illustration de couverture de Gyula Konkoly

 

Gilbert Cesbron (1913-1979) a toujours revendiqué haut et fort son catholicisme (déjà, un titre pareil est forcément christique, non?). Disons que, tout comptes faits, j'aime bien le lire "malgré cela" (même s'il m'agace parfois avec son insistance...). Dans mon enfance, je m'étais approprié le volume Chiens perdus sans collier qui était dans la bibliothèque familiale, puis ai mis quelques années avant d'en découvrir d'autres. Aujourd'hui, c'est en écumant les bacs d'occasion (à quelques dizaines de centimes d'euros le volume) que j'ai l'occasion d'en lire que je ne connaissais pas, avant de les verser dans telle ou telle bibliothèque partagée. Mais je n'en tire pas toujours un billet...

 

Chacune des 15 nouvelles est précédée d'un petit texte en italiques. Préface ou introduction? Souvent petite méditation philosophique, plutôt. Parfois, souvenir personnel (ou donné comme tel)...

Ces courts "récits" (terme qui figure en sous-titre dans l'une des pages intérieures) se donnent en point commun d'évoquer la banlieue et les deux classes sociales susceptibles de l'occuper: la nouvelle, celle des prolétaires et/ou ouvriers pauvres, d'une part. Et l'ancienne (en voie de disparition) constituée de ceux qui étaient sur place (à la campagne, alors) avant la construction des "cités". Quelques mots pour vous les présenter (en toute subjectivité!) ci-dessous.

 

* Un roman de poche (p.7): histoire douce-amère de jeunes déboussolés... la banlieue ouvrière et la ruralité semblent, tous comptes faits, peu miscibles.

* Carrosse d'un vieux roi (p.25): une jolie histoire de gain à une émission de radio (et de temps qui passe!), qui m'a rappelé Si j'avais un château

* La petite Agnès (p.34): ce "fait divers" terrible et l'analyse psy du personnage principal ne m'ont pas vraiment plu...

* La fiche (p.50): un retraité qui s'ennuie tellement qu'il se cherche, chaque matin, une liste de "quelques choses à faire" pour s'occuper est absolument ravi que le destin lui en envoie une palanquée!

* L'enfant de l'autoroute (p.57): un joli conte qui m'a bien plu. L'autoroute en construction qui traverse sa cité forme une voie d'accès (goudronnée pour la partie finie, de sable jaune pour celle que les engins tracent) qui permet à un gamin de découvrir, à quelques kilomètres de chez lui, campagne, ferme et vache, à l'insu de ses parents, les mercredis où il est censé rester seul à la maison...

* Le poids du monde (p.74): Brr... Crédible, trop crédible (même avec la pincée de bondieuserie que je trouve personnellement en trop).

* Le plus fidèle ami du chien (p.86): une nouvelle presque fantastique (sinon science-frictionnelle), à front renversé... pauvre bête!

* "Mame Denis" (p.86): cette nouvelle mettant en scène des militaires (anciens d'Afrique) a sonné, pour moi, comme certaines nouvelles de Joseph Kessel (Le coup de grâce?)

* Pavillon perdu (p.116): encore un conte, avec un côté pathétique, quelque chose  du roman d'Alain-Fournier Le grand Meaulne, ai-je trouvé: une rencontre "par hasard". Pour le malheureux héros, "cela a commencé pendant une triste nuit, le long d'une route solitaire de [banlieue], alors qu'il cherchait un raccourci que [malheureusement] il trouva [le lendemain]"... Bon, on peut espérer que, des lendemains de recherche, il y en aura encore d'autres!

* Le 8 juin (p.138): cette histoire amère qui se déroule dans un "mouroir" (qu'on n'appelait pas encore EHPAD) m'a évoqué" une atmosphère à la Alphonse Daudet... Une fête organisée théoriquement en l'honneur d'une centenaire démontre tragiquement qu'elle n'était pas au coeur des préoccupations, en fait!

* L'enfant prodigue revient toujours trop tôt (p.148): extrait de la spirituelle introduction (p.147). "Neuilly a toujours joué sur les deux tableaux: "je suis la ville, voyez mes pierres; je suis banlieue, voyez mes arbres...". Un "fils de famille" a encore besoin de bouffer un peu de vache enragée avant de "rentrer dans le moule"!

* Ci-gît (p.163): je n'ai pas réussi à comprendre la morale qui peut être sous-jacente dans cette histoire, celle d'une tombe abandonnée dans un cimetière depuis plus d'un siècle... auquel un inconnu redonne vie? Je n'ai pas vu venir la chute, non plus.

* L'autre chemin (p.167): un conte... avec un autobus à plateforme auquel chauffeur et receveur font prendre, un beau soir, le chemin des écoliers. Je doute (hélas!) qu'il soit basé sur une histoire vraie!

* Les amoureux de Garches (p.179): analyse amère de la différence entre infirmité (permanente) et blessure accidentelle (dont on se remet), croisée avec, là encore, une différence de classe sociale... tragique. 

* La châtelaine de Gentilly (p.206): j'ai perçu dans cette nouvelle "aristocratique" comme un pâle reflet de certaines de Jean de La Varende... Description d'un monde figé dans le passé, suranné, d'une "vieille dame" qui traverse les années sans accepter le changement... J'ai apprécié la rencontre avec le jeune curé nommé pour remplacer celui avec qui, depuis des décennies, elle s'occupait de "ses pauvres" (en se privant pour eux), qui essaie en vain de lui ouvrir les yeux et l'esprit concernant toute "la pauvreté" de na nouvelle cité - qu'elle repousse... Cela m'a un peu rappelé Les clés du royaume de A.J. Cronin.

 

J'ai appris (ce dont je ne me serais pas douté!) que Gyula Konkoly, né en 1941, est un (et non une) peintre hongrois, qu a demandé l'asile politique en France en 1970. Il a illustré couvertures de livres et affiches de livres entre 1874 et 1987, et a enfin a retrouvé la citoyenneté hongroise en 1991.

 

C'est vrai que je dois posséder quelques "Cesbron" achetés ces dernières années et qui figurent encore, non lus, dans l'une ou l'autre PAL. Mais, pour répondre à des blogueuses qui s'étonnent parfois que je chronique des livres en signalant que je les ai achetés il y a plusieurs décennies, je précise que, dans ces cas-là, en général, ce sont des rayonnages de ma bibliothèque de livres lus il y a fort longtemps mais conservés depuis, que je les tire (et non de piles de "jamais lus encore et restant à lire", bref, de PAL!). 

3 avril 2026

Le crime du 3ème étage - Remi Bezançon / Ceux qui comptent - Jean-Baptiste Leonetti

Le crime du 3ème étage de Rémi Bezançon est un hommage sympathique au film d'Alfred Hitchcock, Fenêtre sur cour, de 1954, avec Grace Kelly et James Stewart. Dans Le crime du 3ème étage, Laetitia Casta interprète Colette, une professeure d'université de l'histoire du cinéma et spécialiste d'Alfred Hitchcock. Gilles Lellouche, lui est François, un écrivain de romans policiers historiques. Ils vivent en couple mais leur vie intime est un peu en berne. Ils habitent un appartement sur cour avec de grandes baies vitrées. En face de chez eux, se sont installés de nouveaux voisins, Yann Kerbec (Guillaume Gallienne) et sa compagne sourde-muette directrice d'un théâtre. Un soir, Colette assiste derrière ses fenêtres à une scène de ménage qui la laisse perplexe. Elle est persuadée que Kerbec a tué sa femme. De fil en aiguille, Colette entraîne François à enquêter sur ce voisin inquiétant, un acteur qui joue Hamlet. L'action est bien menée mais il y a quelques longueurs tout de même. Cela manque un peu de "peps". L'ensemble se laisse voir mais le film m'a paru un peu trop gentillet. J'y suis surtout allée pour Laetitia Casta qui est très bien. Lire le billet de Pascale.


Je passe à Ceux qui comptent de Jean-Baptiste Leonetti. Ce film raconte une histoire assez triste. En tout cas, c'est ce que deux spectatrices et moi-même nous sommes dits en sortant de la projection. Cela commence comme une comédie avec l'histoire de Rose (Sandrine Kiberlain) et de ses trois enfants qui vivent dans un hôtel désaffecté. Rose déclare qu'ils ne sont pas pauvres mais qu'ils sont fauchés. Il faut voir comment Rose remplit son caddie à l'hypermarché du coin et part sans payer. C'est lors d'une de ses virées au magasin qu'elle fait la connaissance de Jean (Pierre Lottin) qui vit dans une caravane au bord d'une route. Rose se prend d'amitié pour lui. Elle a un côté déterminé qui force le respect. Elle veut surtout que ses trois enfants, un garçon et deux filles, ne soient pas séparés. Il y a beaucoup de pudeur dans les relations entre Rose et Jean. Je ne vous raconterai bien évidemment pas la fin. Un film très bien interprété (surtout par les deux adultes). Lire le billet de Selenie pas très enthousiaste. 

1 avril 2026

Le crépuscule des hommes - Alfred de Montesquiou

Je viens de terminer Le crépuscule des hommes d'Alfred de Montesquiou (Edition Pavillons - Robert Laffont, 383 pages dont 20 pages de notes biographiques et une bibliographie générale). 

Ce récit très vivant retrace l'année qu'a duré le procès de Nuremberg entre novembre 1945 et fin septembre 1946. Dans Nuremberg pratiquement détruite, quelques bâtiments sont cependant restés intacts, dont le palais de justice et le château Faber appartenant à la famille von Faber-Castells qui s'est enrichie grâce leurs crayons. Dans le château, les journalistes et les photographes qui ont suivi le procès se partageaient des chambres. Les hommes d'un côté et les femmes de l'autre (il y eut très peu de femmes à suivre le procès). Ce récit rappelle que des personnes célèbres sont venues plus ou moins longtemps pour suivre de près ou de loin les débats, écouter les témoignages la plupart du temps poignants. Pour les Français, Joseph Kessel, Elsa Triolet et Madeleine Jacob ainsi que Didier Lazard. Il y eut aussi le romancier américain John Dos Passos, Erika Mann, la fille de Thomas Mann, Walter Cronkite, un journaliste vedette de la chaîne CBS aux Etats-Unis. Il y a eu bien entendu quelques Russes qui appartenaient parfois au NKVD. C'était les plus virulents contre les accusés. Ils voulaient que tous soient condamnés à mort. Parmi les photographes, on retient surtout le nom de Ray d'Addario qui a photographié tout le procès de Nuremberg et tous les procès annexes. De Montesquiou rend toutes ces personnes proches de nous avec leurs qualités et leurs défauts. Le récit s'arrête avec l'exécution par pendaison de onze condamnés à mort. Le douzième, Goering, s'est empoisonné avec une capsule de cyanure avant son exécution. Ce livre est une bonne révision pour celles et ceux qui connaissent le sujet, et, pour les autres, un livre facile à lire et très intéressant.

29 mars 2026

L'espion aux yeux verts - Bernard Clavel

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) acheté hier samedi 28 mars ce recueil de nouvelles (marqué "roman" en couverture!) que je termine alors que nous sommes maintenant dimanche. Il me permet (de justesse!) une participation au challenge "2026 sera classique aussi!" organisé par Nathalie

Bernard Clavel, L'espion aux yeux verts, J'ai Lu N°499, 1985, 243 pages
(1er DL dans la collection 1974, copyright Robert Laffont 1969)

 

Je me suis acheté hier une bonne douzaine de bouquins d'occasion divers et variés (13 pour un coût total de 5,50 euros...), autant dire qu'il y avait peu de nouveautés de l'année dans le lot! J'ai tiré ce volume-ci du bac à cause de son auteur Bernard Clavel (1923-2010): j'ai déjà lu près d'une demi-douzaine de titres de cet "écrivain populaire", que j'aime bien... Cette fois-ci, pourtant, la première nouvelle, celle qui donne son nom au recueil, ne m'a pas enthousiasmé. Mais bien m'en a pris de ne pas abandonner ma lecture: sur les neuf du recueil, je la mets en dernière - ou en avant-dernière - position, là où d'autres m'ont vraiment plu. Je vais dire quelques mots de chaque nouvelle.

* L'espion aux yeux verts (p.5-33): un veuf reste cloitré chez lui en proie à la paranoïa... Il croit que tout son entourage l'espionne!

* Le père Vincendon (p.34-52) et Le père Minangois (p.236-242), deux nouvelles qui m'ont paru se répondre, se présentant chacune comme souvenirs d'un enfant concernant un vieil artisan qui venait chez ses parents... Un ébéniste dans un cas, un cordonnier dans l'autre.

* Légion (p.53-129): l'une de mes nouvelles préférées. Un ancien légionnaire démobilisé, qui "trace la route", arrive dans un village de montagne où la route fait un cul-de-sac: pas moyen d'aller plus loin malgré l'envie qu'il en a, continuer serait trop dangereux... et pour aller où? Travailleur, homme à tout faire, il va se faire apprécier de tous au village où il décide de séjourner. Mais l'envie est trop forte... et ce sera le drame, conclu en quelques phrases précipitées et abruptes. La nouvelle est dédicacée à Pierre Mac Orlan.

* Le soldat Ramillot (p.201-235): encore une histoire de soldat, donc, mais aussi l'occasion, comme Légion, d'évoquer la ruralité de la première moitié du XXe siècle et ses travaux... Cette nouvelle-là est celle qui m'a le plus fait songer à du Maupassant. 

* Le jardin de Parsifal (p.130-156): Parsifal, c'est un chien, le fidèle gardien de la maison d'une espèce de Landru musicien. Mais ce n'est pas ce chien-là qui le perdra. La nouvelle est datée d'avril 1962.

* Le fouet (p.157-166): une courte nouvelle qui se déroule quasiment le temps d'un numéro de cirque, après la Seconde Guerre Mondiale, avec une fin ambiguë et ouverte (le pardon ou non?).

* La barque (p.167-188): lors d'une inondation due à de fortes pluies, une barque toute neuve, utilisée pour le sauvetage, doit traverser un tunnel dans lequel l'eau monte... 

* L'homme au manteau de cuir (p.189-199): une autre histoire de soldats et de pluie, le sergent d'un poste de garde se laisse attendrir, malgré les consignes, en laissant un motard en panne se réchauffer dans le poste de garde (on doit être en période de conflit!). J'ai apprécié l'humanité des protagonistes de cette courte nouvelle, qui l'emporte sur la discipline militaire. 

 

Je ne l'ai pas indiqué systématiquement, mais la plupart des nouvelles sont dédiées à telle ou telle personne. 

Bien entendu, en 2026, impossible de savoir via un moteur de recherche si tel ou tel blog en a parlé... Il faudrait que je tombe dessus directement, ou bien chercher à l'intérieur des blogs eux-mêmes...

27 mars 2026

Momies - Exposition jusqu'au 25 mai 2026 au Musée de l'Homme à Paris

Pour une fois, je ne vais pas écrire sur un film ou un livre mais sur une exposition qui dure jusqu'au 25 mai 2026 au Musée de l'Homme à Paris (au Trocadéro). Il s'agit d'une exposition temporaire sur les momies du monde entier et sur certains rites funéraires. Car il n'y a pas eu de momies uniquement en Egypte. Les momies les plus anciennes que l'on ait trouvé (au Pérou) ont plus de 9000 ans. L'exposition convient à tous les publics. Des enfants avec leurs parents faisaient partie des visiteurs. On n'avait pas le droit de prendre en photos les six momies présentées. Dans trois salles, il y a des panneaux explicatifs, quelques films et des objets. On a trouvé des momies sur les cinq continents jusqu'en Chine, Afrique du Sud, aux Iles Marquises et en France (la "jeune fille de Strasbourg" au XVIIème siècle). Au Danemark, on a trouvé des corps momifiés enfouis dans la tourbe (un bon conservateur). On nous explique les méthodes de l'embaumement. C'est une exposition très intéressante et pas effrayante du tout. Le très beau catalogue très complet de l'exposition vaut la peine qu'on le regarde aussi. D'ailleurs, j'ai ai pris des photos que voici.

La jeune fille de Strasbourg, XVIIème siècle 

La beauté de Loulan, Chine, âge du bronze, IIème millénaire avant notre ère

Iles Marquises, certains crânes étaient prélevés post-mortem.
Crâne d'ancêtre dit "crâne-trophée", XIXème siècle

L'enfant Chancay, Lima Pérou, XIIème - XVème siècle

Homme guanche momifié, Iles Canaries, Espagne, 3000 - 2000 ans avant notre ère

L'homme Chachapoya, Pérou, 1100-1532, C'est la momie qui m'a le plus impressionnée. Peut-être que Edvard Munch s'en est inspiré pour sa toile "Le cri". De face, dans la position où elle est, elle m'a aussi fait penser à la momie Rascar Capac dans Le Temple du Soleil. Il manque plus que les bijoux et la tiare.

Je termine comme je l'ai commencé avec la jeune fille de Strasbourg et ses bijoux. A priori, elle est décédée entre l'âge de 7 et 11 ans.

Post-scriptum de ta d loi du cine ("squatter" chez dasola): selon ce qu'elle m'a raconté, dasola avait acheté ce catalogue à 39 euros en province, dans une librairie bien achalandée qu'elle fréquente lors de ses séjours dans un ancien chef-lieu de région. Elle se souvient que la vendeuse lui a parlé de ce sujet très intéressant qu’étaient les momies, et qu'elle a répondu juste « oui, oui »… Dasola a laissé un moment le livre sous blister dans son studio provincial, voulant d’abord voir l’exposition avant de le lire, sans le ramener à Paris parce que trop lourd et parce qu'elle manque de place. Et puis, en février, son voyage prévu pour venir y séjourner a tourné court, et elle y est revenue seulement maintenant. En tout cas, le jour où elle était allée voir l’exposition, la boutique était fermée « pour raison technique », et elle n’aurait même pas pu l’acheter ce jour-là !

24 mars 2026

The Bride! - Maggie Gyllenhaal

Grâce à Pascale qui m'a convaincue, je suis allée voir The Bride! de l'actrice et réalisatrice Maggie Gyllenhaal et je la remercie, même si je suis un peu moins enthousiaste qu'elle à propos de ce film. Surtout, le début m'a décontenancée. Cela se passe pendant les années 30 à Chicago, puis à New York et aux Chutes du Niagara. Cela part dans tous les sens et je me suis demandé si tout le film allait être aussi survolté et pas très compréhensible, et puis, petit à petit, je me suis habituée au rythme. L'histoire commence vraiment après le meurtre d'Ida, une jeune femme prostituée qui vient d'être inhumée et que Franck (Frankenstein en mal d'amour) va faire déterrer. Il emmène le corps auprès du docteur Cornelia Euphronius (Annette Bening) qui, comme elle l'a fait pour Franck, va revitaliser Ida. Cette dernière devient "The Bride", la fiancée de Frankenstein. Ils sont très vite poursuivis par la police. Il y a quelques morts violentes mais Ida et Franck jurent de s'aimer jusqu'à la fin des temps. Le couple Christian Bale / Jessie Buckley est magnifique, on veut qu'ils s'en sortent même s'ils sont déjà morts. C'est gothique en diable, les vrais méchants sont punis. Comme l'écrit Pascale, il y a un côté très féministe dans cette histoire et la toute fin pourrait faire penser qu'il pourrait y avoir une suite, mais ce n'est pas sûr. Je vous conseille de voir le film en VO. Lire le billet de Selenie qui a aussi beaucoup aimé ce film. 

21 mars 2026

Les rayons et les ombres - Xavier Giannoli

Les rayons et les ombres de Xavier Giannoli est un film qui fait pas mal parler de lui. Je l'ai vu en avant-première le 15 mars. Ce long-métrage dure 3h20 est sorti le mercredi 18 mars 2026. Ce qui m'a frappé très vite, c'est que tous les personnages ou presque fument sans arrêt d'une séquence à l'autre pendant tout le film. 

Par ailleurs, j'ai été gênée par le brassage de plein d'événements qui semblent se juxtaposer et non se suivre. Il y a un problème de chronologie et la narration passe du coq à l'âne. Il n'y a pas vraiment de liant. Je pense que Xavier Giannoli et son scénariste Jacques Fieschi ont voulu trop en raconter sur la collaboration à Paris pendant les cinq ans d'occupation nazie. On assiste au transfert des cendres de l'Aiglon au Panthéon en décembre 1940, à la fuite des collaborateurs célèbres français à Sigmaringen en 1944, aux orgies décadentes. Je n'ai pas vraiment compris comment Jean Luchaire (Jean Dujardin) est passé d'idées pacifistes à celles prônant l'antisémitisme et se ralliant au nazisme. Il est vrai que son ami d'enfance était l'Allemand Otto Abetz qui voulait aussi soutenir les bonnes relations entre la France et l'Allemagne. Ce dernier est devenu ambassadeur d'Allemagne en France pendant la guerre. La connivence était totale entre les deux hommes. Le journal Les nouveaux temps dont Luchaire était directeur a servi pour la propagande pro-allemande. Il dépensait sans compter le peu d'argent que le journal rapportait. Le film nous raconte surtout l'histoire d'un père et de sa fille tuberculeux qui s'adoraient tous les deux. Les séjours de Corinne Luchaire en sanatorium qui ont commencé dès 1941 ne sont évoqués que pendant la dernière heure du film. Corinne Luchaire (1921-1950), narratrice du film, est le deuxième personnage principal du film. Elle a eu une vie courte et tragique. Malade, elle n'a plus eu le droit de tourner après 1940. Son film le plus célèbre est Prison sans barreaux (1938) réalisé par Léonide Moguy, un Juif russe. Le film démarre en 1948. Une jeune femme, Corinne Luchaire, vit chichement dans un appartement HLM avec sa petite fille Brigitte. Lors d'une sortie avec la poussette de l'enfant, elle est suivie par deux hommes qui lui crachent dessus. Une voisine la prend en pitié et elle lui propose de s'occuper de Brigitte pendant que Corinne raconte sa vie grâce un magnétophone à bandes. Elle dira souvent qu'elle ne savait pas, qu'elle ignorait les abominations survenues pendant cette période. Cette jeune femme a été condamnée en 1946 à 10 ans d'indignité nationale et son père, Jean Luchaire sera fusillé en 1946. Il était né en 1901. Le film ne m'a pas déplu du tout mais il est quand même long et touffu. Et il est très bien interprété par Jean Dujardin et Nastya Goloubeva (la fille de Léos Carax). Je ne suis pas sûre que quelqu'un qui ne connaît pas trop ce qu'était la France collaborationniste en saura beaucoup plus en sortant de la projection. 

18 mars 2026

La guerre des prix - Anthony Déchaux

Aujourd'hui, mercredi 18 mars 2026, est sorti La guerre des prix, un premier film d'Anthony Déchaux sur l'univers impitoyable du yaourt (bio). Audrey (Ana Girardot, très bien) est chef de rayon des laitages (dont les yaourts) dans une grande enseigne. Peu après, elle intègre la centrale d'achat de cette enseigne car on a remarqué qu'elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. On la met en binôme avec Fournier (Olivier Gourmet, impérial) pour négocier à la baisse l'achat de yaourts auprès des exploitants car il faut contenter le bout de la chaîne, c'est-à-dire les consommateurs. Les discussions sont houleuses. On apprend dès le début qu'Audrey est née dans une exploitation de 72 vaches laitières en Normandie et son frère Ronan est celui qui la dirige. Il fabrique des yaourts bio. Audrey espère donc que la filière bio et locale dont fait partie Ronan arrive à un accord avec la centrale. Rien n'est simple et il y a un retournement de situation que l'on ne voit pas arriver à la fin. Mais comme dit Fournier "A la fin, c'est toujours une question d'argent". On sent que le réalisateur a dû étudier son sujet. L'ensemble est très bien mené. Un très bon film qui laisse un goût un peu amer pour certains personnages.

15 mars 2026

Le brave soldat Chvéïk - Jaroslav Hasek

Le sujet de ce mois de mars, pour le challenge Escapades en Europe - Voyages dans les littératures européennes organisé par Cléanthe, porte sur Le beau Danube bleu – Focus sur la Mitteleuropa. Si la seconde partie de l'intitulé ne pose pas question, il m'a fallu (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) faire non seulement un "pas de côté", mais carrément le grand écart pour raccrocher au Danube ma relecture de ce mois... 

Jaroslav Hasek, Le brave soldat Chvéïk, trad. par Henry Horejsi, Gallimard, 1932 (EO 1921)
* Folio N°676, 1992 pour mon exemplaire (DL 1975), 364 pages
* Le livre de poche N°1050, 1969 (DL 1963), 249 pages

 

J'ai acheté l'un des deux livres ci-dessus il y a près de 30 ans, et l'autre édition il y a quelques mois en vue de la verser dans telle ou telle des "bilbliothèques partagées de hall d'immeuble" que je fréquente (avec un succès mitigé - je me demande si la seule "sortie temporaire" que j'ai cru remarquer n'était pas due à un simple glissement derrière le rayonnage...). Saurez-vous deviner laquelle est laquelle? Dans les deux cas, il s'agit bien du même texte (de la même traduction) même si l'une des deux éditions (celle en Folio) a des caractères plus gros que l'autre... 

 

Né à Prague en 1883 (comme Kafka, tiens!), Jaroslav Hašek est décédé un an avant ce dernier, en 1923, à Lipnice nad Sázavou dans la Tchécoslovaquie de l'époque (aujourd'hui en Tchéquie). Il a lui-même effectué une partie de la guerre de 1914-1918 mobilisé dans l'armée autrichienne. Voilà pour les liens avec le Danube (même si l'actuelle Tchéquie n'est pas baignée par ce fleuve, elle a fait jadis partie d'ensembles plus vastes!)... Le brave soldat Chvéïk reste l'oeuvre de Hašek la plus célèbre, et a connu quelques suites que seule la mort de l'auteur a interrompues (il prévoyait six livres). Si je connaissais ce titre-là (premier de la saga) depuis quelques décennies, je n'ai encore jamais lu les Nouvelles aventures du brave soldat Chvéïk ni les Dernières aventures du brave soldat Chvéïk. Au moins l'un des deux livres semble disponible dans les bibliothèques parisiennes, je verrai si je le croise en 2026... Mais qui est ce brave soldat?

 

Au début de l'histoire, fin juin 1914, Chvéïk n'est encore qu'un civil (qui a réussi à se faire réformer du service militaire après avoir été déclaré "complètement idiot" par la commission médicale de l'armée impériale d'Autriche-Hongrie). Son activité? Revendeur de chiens... Apparemment, à cette époque, les innocentes conversations que pouvaient tenir clients et patrons de troquets de Prague pouvaient facilement être prises à mal par des agents provocateurs de la police en quête de "mauvais sujets". Arrêté, Chvéïk va devoir jouer d'un mélange d'innocence et de roublardise pour écoeurer ses interrogateurs, de commissariat en asile d'aliénés, avant d'être renvoyé dans ses foyers. Convoqué de nouveau, après les premières défaites autrichiennes dans la guerre, devant la commission médicale chargée de statuer sur ses capacités à être versé dans la Réserve de l'armée, le voici cette fois-ci pris pour un simulateur... et mis en prison. Là, il a la chance de "taper dans l'oeil" d'un aumônier militaire quelque peu particulier, qui s'arrange pour se le faire affecter comme ordonnance. Tout se passe à peu près bien (que d'aventures!) jusqu'à ce que cet aumônier le perde malencontreusement aux cartes, au profit d'un certain lieutenant Lucas. Ce que je dis en deux phrases occupe des dizaines de pages savoureuses, bien entendu.

 

Le caractère "intemporel" du personnage de Chvéïk, qui s'avère un bon valet de comédie, fait pour nous, lecteurs d'un siècle plus tard auxquels échappent peut-être certaines des fines allusions ou des faits de société, le sel de cette lecture. Ce qui apparaît à ses infortunés interlocuteurs comme du non-sens verbal n'atteste-t-il pas plutôt d'un solide bon sens à toute épreuve? Chvéïk noie le poisson, de pied ferme, en répondant systématiquement à côté de la question posée par des anecdotes n'ayant souvent ni queue ni tête mais qu'il présente comme tirées de son expérience personnelle. 

L'aumônier puis le lieutenant apparaissent aussi comme des "types" truculents. La visite du mari venu reprendre l'épouse qui s'était invitée chez l'amant (p.305-326) constitue une scène d'anthologie. Nous sommes entre personnes du beau monde. Je ne vous dirai pas comment le mari a su où était l'épouse. Mais ce qui conduira lieutenant et ordonnance à leur perte (ou en tout cas sur le front et non plus tranquillement "à l'arrière"), c'est un chien volé - soit le secteur d'activité de Chvéïk dans le civil. Le fait d'appâter les toutous avec du "saucisson de cheval" m'a rappelé qu'à l'époque, la traction de véhicules était encore souvent hippomobile.

 

Cette relecture m'a en tout cas donné l'impression que Jaroslav Hasek a parfois dû être plagié, presque mot pour mot, par d'autres auteurs: j'ai de vagues souvenirs - eux aussi fort lointains - de personnages de soldats allemands qui jouent les niais face à des médecins voire à des officiers ou sous-officiers et font "tourner en bourrique" des spécialistes en santé mentale (Sven Hassel? H. H. Kirst?). Mais lui-même avait-il lu la scène des Trois mousquetaires où Athos joue aux dés son valet Grimaud?

 

Je n'ai pu trouver, en faisant des recherches, que quelques blogs ayant parlé du Brave soldat Chvéïk: je l'ai trouvé cité sur Littérature des 5 continents et chez Crémieu-Alcan (blog Les 100 livres). Si j'en trouve d'autres, je ne m'interdis pas de les rajouter! 

 

Edit du 17/03/2026: c'est seulement aujourd'hui que j'ai pris conscience que Le brave soldat Chvéïk pouvait aussi s'inscrire aux deux challenges organisés par Nathalie, Pages de la grande guerre 2026 et 2026 sera classique aussi!

 

14 mars 2026

Les orphelins (Une histoire de Billy the Kid) - Eric Vuillard

Je viens enfin de terminer Les orphelins (Une histoire de Billy the Kid) d'Eric Vuillard (Edition Actes Sud, 163 pages). Ce petit livre narre la vie de Billy the Kid, né supposément fin novembre 1859 et mort en 1881 (à 21 ans), qui est devenu célèbre surtout par l'intermédiaire de livres et de films. J'avoue que j'ai mis du temps à lire ce livre parce que j'ai été perdue avec tous les personnages évoqués. Tout est parcellaire dans la vie de Billy, né peut-être à Manhattan d'une mère irlandaise et d'un père disparu. Sa mère le laissa orphelin à l'âge de 14 ans. On ne sait rien d'autre de Billy Bonney the Kid qui tua son premier homme à l'âge de 17 ans en 1877. L'écrivain fait des suppositions. Son récit (ce n'est pas un roman) lui permet de faire le portrait de quelques personnages qui ont gravité dans l'entourage de Billy, un gamin à l'enfance difficile qui était un vagabond et voleur de bétail. Eric Vuillard nous parle bien évidemment de Pat Garrett qui a tué Billy. La vie de Billy s'est surtout déroulée dans l'état du Nouveau-Mexique. Il avait été condamné à mort pour meurtre mais s'était évadé avant d'être abattu. Et on apprend que Billy avait un frère plus âgé ou plus jeune, on ne sait pas vraiment. Il s'appelait Joseph et il est mort en 1930. Le livre contient quelques photos d'époque. D'Eric Vuillard, j'ai préféré 14 juillet et L'ordre du jour.

 

11 mars 2026

Rue Malaga - Maryam Touzani

Si Rue Malaga de Maryam Touzani passe par chez vous (on peut rêver), allez le voir. C'est un film avec une grande actrice qui assume son âge (80 ans) et qui est formidable dans le rôle de Maria Angelès. Je veux parler de Carmen Maura (une des actrices des premiers films d'Almodovar). De nos jours, à Tanger, vit encore une communauté espagnole dont les premiers arrivants fuyaient le régime de Franco dans les années 30. Marie Angelès fait partie de cette communauté. Elle est veuve depuis plusieurs années. Elle vit seule dans un grand appartement avec ses souvenirs et un tourne-disque auquel elle tient beaucoup. Marie Angelès est attachée à son quartier sympathique où les langues se mélangent. Elle est amie avec tous les commerçants alentour qui lui font crédit. Elle aime cuisiner, s'occuper de ses fleurs sur son balcon. Mais voilà que sa fille Clara arrive de Madrid. Cette dernière est divorcée et a du mal à joindre les deux bouts avec son métier d'infirmière et ses deux enfants à élever. C'est pour ça qu'elle a décidé de vendre l'appartement de sa mère pour s'en sortir. L'appartement est à son nom. Elle donne le choix à Marie Angelès, soit de s'installer dans un Ehpad, soit de partir à Madrid avec elle. Bien entendu Marie Angelès n'est pas contente. Elle est née à Tanger, elle veut mourir à Tanger. Elle semble accepter son sort mais après avoir quitté l'appartement, ce sera pour mieux y revenir sans que sa fille le sache tout de suite. Il y a plusieurs scènes savoureuses dont les confessions parfois très crues que Marie Angeles fait auprès de sa meilleure amie Josefa, une carmélite qui a fait voeu de silence. Je ne vous en dirai pas plus sur ce qui arrive à Marie Angelès et sur les personnes qu'elle rencontre mais c'est un film qui fait vraiment du bien. Je l'ai vu dans une salle pleine. Lire le billet de Miriam où vous pourrez entendre la chanson du film et lire le billet d'Henri Golant.

9 mars 2026

Woman and Child - Saeed Rostaee

Ayant été préoccupée par beaucoup de choses au travail, j'ai oublié très vite que j'avais vu Woman and Child, le nouveau film du réalisateur iranien Saeed Rostaee (La loi de Téhéran et Leila et ses frères). Woman and Child était en compétition au dernier festival de Cannes en 2025. Le film est prenant mais j'avoue que le comportement du personnage principal, Mahnaz, ne la rendait pas très sympathique. On n'arrive pas toujours à la plaindre malgré ce que lui arrive. Mahnaz, qui exerce comme infirmière dans un hôpital, est veuve avec deux enfants dont un garçon, Aliyar, âgé d'environ 14 ans. Il est intelligent mais très dissipé à l'école. C'est un meneur. La fille, Neda, a 8 ans. Mahnaz vient de trouver un prétendant, Hamid, un ambulancier qui loue ses ambulances à ceux qui n'ont pas de logement. Mahnaz doit être présentée à sa future belle-famille mais elle ne veut pas dire qu'elle a déjà deux enfants. Mahnaz a une soeur, Mehri, dont Hamid va tomber amoureux. Cet homme n'est pas très sympathique, il peut devenir violent tout comme le beau-père de Mahnaz (le père du mari décédé). C'est à ce moment-là qu'une tragédie frappe Mahnaz et les siens. Elle essaye de savoir ce qui s'est passé. Et cela ne va pas lui plaire. Folle de chagrin, Manhaz mène donc son enquête au risque de tout perdre. Le film est un peu long mais bien joué. Il se termine sur une belle note d'espoir. Un film à voir malgré mes réserves. Selenie le conseille aussi. Lire le billet de Princecranoir.

7 mars 2026

Tchatche de banlieue suivi de L'argot de la police - Philippe Pierre-Adolphe, Max Mamoud, Georges-Olivier Tzanos / dessins de Luz

Cet ouvrage-là, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) l'ai d'abord déniché dans un bac de bouquins d'occasion et ai "tilté" sur la couverture de Luz. J'ai immédiatement pensé que ça pourrait me servir pour une chronique. Mais après, il a fallu le lire d'abord, et rédiger le présent billet ensuite. 

Philippe Pierre-Adolphe, Max Mamoud & Georges-Olivier Tzanos, Tchatche de banlieue (suivi de L'Argot de la police), éd. Mille et une nuits, coll. Le rire jaune N°2, 1998, 128 pages

 

Le 1er volume de cette collection Le rire jaune, titré Rien à foot [?!?] était illustré par Cabu, je ne l'ai jamais vu encore. Pour sa part, Philippe Pierre-Adolphe (1961-2023) était apparemment un journaliste qui s'est intéressé tant à l'art (cinéma, musique - il a créé un label musical en 1998!) qu'aux faits de société. Le lien avec mes propres "Hommages du 7" est constitué par les 20 dessins de Luz disséminés au fil des pages (de même que j'avais jadis chroniqué deux ouvrages illustrés par Charb, l'un de Michel Husson et l'autre de Daniel Bensaïd).

 

Pour citer la 4e de couv', "plus qu'un simple recueil de mots et d'expressions, Tchatche de banlieue est un petit précis de linguistique banlieusarde à l'usage des joibourg et des centre-villois. Il est illustré par Luz, dessinateur à Charlie Hebdo." Avant mes propres illustrations et citations de dessins, si je dis que "la cité" y est omniprésente, me fais-je bien comprendre? 

p.60: surtout, ne parlons pas... de rime de rap.
...Ils en ont parlé! 

 

Le livre se présente sous la forme d'un double abécédaire, dont le plus important (jusqu'à la page 89) s'intéresse au "bouillon culturel" des mots inventés "de l'autre côté du périph'" (vu depuis Paris, évidemment). Le lexique des "tchatcheurs" puisait (1998) dans celui des cultures cohabitant dans les cités: africaines, arabes, gitanes et même anglo-saxonnes... Aujourd'hui (2026), certains de ces "mots" sont entrés dans le dictionnaire. L'ouvrage fonctionne beaucoup sur la connivence. Un mot défini précédemment sera utilisé pour une phrase d'illustration, le vocabulaire sera malaxé, trituré, pour montrer surtout que sa "signification" dépend fortement tant du contexte que des relations entre les locuteurs, qui cultivent aussi bien l'hermétisme que la "vanne". 

Un exemple avec une glose précisant la définition du "Respect" (p.68): "toute la subtilité réside dans la définition du comportement irrespectueux. Dire à un copain "va te faire enculer, pauvre dalpé", c'est respectueux. On est entre amis, on se dit bonjour. Dire à quelqu'un qu'on ne connaît pas "hé, ta soeur, elle est bonne", c'est lui manquer de respect et s'exposer à de graves et immédiates représailles".  

 p.47: salut, comment va? 

 

On sent que les auteurs, dans leur petit ouvrage, s'adressent moins aux locuteurs d'origine qu'à des lecteurs ayant un certain "bagage" culturel, avec de la connivence, des jeux de mots et de l'humour. Ma lecture "au fil de l'eau" m'avait rappelé un article "savant" lu naguère, où un linguiste avertissait des risques de refus par les "jeunes des cités" de l'apprentissage tant du français "académique" que des langues étrangères telles qu'enseignées au collège et lycée, pour se replier sur "leur" propre langage. N'importe quel linguiste rompu aux "mécanismes" linguistiques décryptera cette "langue" (si absconse parût-elle vis-à-vis de l'extérieur à ses "inventeurs") en deux coups de cuillère à pot, tandis que nos gamins & jeunes se seront privés d'une "ouverture au monde" dont l'absence les handicapera pour le reste de leur vie... 

p.87: maîtriser les codes en vue de se faire accepter? Prof, sociologue ou "civil" infiltré?  

 

C'est vrai que je me sens personnellement éloigné de l'univers en toile de fond du langage concerné, dont le vocabulaire et les préoccupations principales semblent tourner pour la plus grande part vers le milieu du corps (des deux sexes), l'apparence extérieure (habillement...) et l'art de "parler pour ne rien dire" (rien qui ME paraisse "utile" et constructif, en tout cas). De la sociologie concrète , sinon de l'ethnologie, via le langage (j'espère ne pas apparaître trop "méprisant" en constatant cela).  

Je me rappelle un récit de reportage "sur le terrain" (en banlieue!) dans Indélébiles de Luz. Mais je ne me souviens pas si l'année ou les circonstances étaient mentionnées... Il a dessiné dans Charlie "seconde série" durant 23 ans, jusqu'à son départ pour raison personnelle (annoncé plus de trois mois à l'avance) en septembre 2015.

p.53: tous ces massifs sont aussi de grands enfants...

  

Ce dessin-là (p.121) est l'un des quatre figurant dans les 30 pages consacrées à "l'argot de la police". Celui-ci est, je pense, plus classique, plus stable aussi (avec un moindre souci d'hermétisme), et sans doute bien davantage "parlant" au grand public du fait de sa reprise au cinéma ou à la télévision (séries policières). 

 

Au final, ce qui m'a presque le plus intéressé, c'est les cinq pages de l'entretien socio-linguistique à la fin de l'ouvrage (entretien réalisé le 23/11/1997), qui éclaire les "raisons sociales" du besoin d'un langage qui se veut hermétique, avec des mots abandonnés par leurs locuteurs initiaux (banlieue) dès qu'ils sont passés dans un public élargi... (via les média, d'abord avec des guillemets, puis sans). 

 

La Maison d'édition Les Mille et une nuits avait été créée en 1993. Je possède depuis longtemps un certain nombre de leurs anciens petits ouvrages, surtout de la collection "Les petits libres", et j'avais l'impression qu'il s'agissait de livres d'inspiration résolument altermondialiste (%Attac etc.). J'ai vu en rédigeant le présent article que les Mille et une nuits sont devenues en 1999 un département de Fayard. Un changement de politique éditoriale semble être intervenu en 2020 pour se recentrer sur des "classiques" du domaine public choisis par un collectif de libraires.

 

Bref, Tchatche de banlieue m'est apparu comme un livre certainement daté, dont les dessins peuvent encore faire sourire, alors que les enjeux des années 1990 (trafics, petite délinquance, repli, "segmentation" de populations dans tous les sens) nous paraissent aujourd'hui "dépassés" par l'aggravation de fractures notamment liées à des faits religieux montés en épingle ou des conflits interminables ailleurs et aujourd'hui importés en France métropolitaine.

 

*** Je suis Charlie ***

4 mars 2026

Le roi des cendres - S.A. Cosby

Le roi des cendres de S.A. Cosby (Edition Sonatine, 406 pages) est le quatrième roman de l'auteur paru en français et que je viens de terminer après La colère, Le sang des innocents et Les routes oubliées. J'avoue avoir été un peu déçue par ce nouveau roman, qui narre un histoire plus banale que les précédentes. Roman Carruthers, un trentenaire qui est gestionnaire de patrimoine, revient dans sa ville natale de Jefferson Run en Virginie, car il a été appelé par sa soeur. Leur père Keith vient d'être hospitalisé dans le coma après avoir été percuté par un véhicule. Cette ville est gangrenée par la violence à cause de la guerre de gangs. Roman est l'ainé de trois enfants. Son frère Dante a des problèmes de drogue et sa soeur Neveah dirige désormais l'entreprise de crématorium créée par leurs parents, Keith et Bonita. Bonita, elle, a disparu mystérieusement vingt ans auparavant. On ne sait pas ce qu'elle est devenue. Neveah est persuadée que Keith l'a tuée et a brûlé son corps. Roman apprend que Dante a de sérieux problèmes avec un des deux gangs qui dirige la ville. À sa tête, il y a Torrent et Tranquil, deux frères psychopathes. Dante leur doit beaucoup d'argent et c'est Roman qui va tout organiser pour sauver sa famille et l'entreprise familiale. Je vous laisse découvrir comment il va parvenir à ses fins. L'ensemble est bien mené mais je ne me suis attachée à aucun des personnages qui ne sont pas spécialement sympathiques ni d'un côté ni de l'autre. Une déception en ce qui me concerne. Ce roman peut faire partie du challenge Un hiver polar d'Alexandra. Lire le billet d'Alex-mot-à-mots, pas plus convaincue que moi.

 

28 février 2026

Le chant des forêts - Vincent Meunier

Quel beau film que ce chant des forêts qui a été récompensé à juste titre par deux César en 2026 (avant-hier)! Vincent Meunier est celui qui avait fait équipe avec Sylvain Tesson pour La Panthère des neiges. Dans Le chant des forêts, il est accompagné de son père Michel et de son fils Simon dans la forêt des Vosges avec une incursion en Norvège. Vincent Munier est originaire des Vosges, tout comme son père qui est naturaliste. Le film commence dans la brume, les nuages et la forêt vosgienne. On entend très vite des sons et des chants. Michel Meunier raconte à son petit-fils que sa passion est de voir (ou d'apercevoir) le Grand Tétras qui a vécu dans les Vosges pendant 10 000 ans et qui malheureusement a pratiquement disparu de la région. La dernière fois qu'il en a vu un, c'était deux ans auparavant. Le film est aussi l'occasion de nous montrer et nous faire entendre différents animaux de la forêt: des chouettes, divers autres oiseaux dont je n'ai pas retenu les noms, un lynx, des cerfs, des biches et un renard. Pour les cerfs, on assiste à un combat, on entend le brame. Ils sont très impressionnants avec leurs bois. Le film montre la patience qu'il faut pour observer toute cette faune et, surtout, la nécessité de se fondre dans le décor et de rester silencieux. Il faudra que les trois Meunier aillent jusqu'en Norvège pour voir un Grand Titras (mâle) en pleine parade nuptiale. Sinon, j'ai adoré, au début, les chouettes avec leurs beaux yeux qui sortent de leur tronc d'arbres et regardent le cinéaste. Un film qui ne peut que plaire à un large public. Lire les billets enthousiastes de Pascale et Ritournelle.

27 février 2026

Films vus et non commentés en février 2026

J'ai vu quelques films en février qui m'ont plus ou moins plu. En voici déjà deux.

Je commence par Aucun autre choix du cinéaste sud-coréen Park Chan-Wook (futur président du Festival International de Cannes en 2026). Aucun autre choix est une libre adaptation du roman Le couperet de Donald Westlake. Ce livre avait déjà été adapté par Costa-Gavras en 2005 avec José Garcia dans le rôle principal. C'est l'histoire de Man-Su, qui était un homme comblé jusqu'à présent avec femme, deux enfants, deux chiens (genre labrador) et un travail qui lui plaisait. Malheureusement, l'usine de papeterie où il travaillait est rachetée par des Américains et bien évidemment, il fait partie des licenciés. Qu'à cela ne tienne. Il postule pour un autre emploi, car les temps deviennent durs financièrement, mais sa femme est là pour prendre des mesures drastiques. Voilà que Man-Su décide d'éliminer les candidats qui ont plus de chance que lui d'être embauchés sur le poste convoité. A partir de là, j'avoue que j'ai un peu décroché. Le ton du film m'a désarçonnée. Je me suis ennuyée, pour tout dire, alors qu'il se passe plein de choses, notamment les manières de mourir de chaque candidat sortent de l'ordinaire. J'ai trouvé le temps long (le film dure presque 2h15) malgré tout. Ce film n'était vraiment pas pour moi. Lire le billet de Pascale


Je passe à Urchin, un film anglais pas gai (ça rime). C'est le premier film d'Harris Dickinson, qui est aussi acteur. Urchin (oursin ou plutôt gamin des rues) suit la descente aux enfers (il n'y pas d'autre expression) de Mike, un jeune homme qui dort dans la rue et s'en prend à celui qui veut venir à son aide. On apprend qu'il a été un enfant adopté, mais c'est la seule chose que l'on apprendra de lui. Après être sorti de prison, il est incapable de garder un travail. Rien n'y fait, même quand des personnes veulent l'aider. Urchin comporte quelques moments oniriques qui donnent un peu de respiration à une histoire assez désespérée. L'acteur Frank Dillane qui interprète Mike est bien. Son air juvénile accentue la noirceur de l'histoire. Ce film sorti dans peu de salles n'est pratiquement plus projeté. 

23 février 2026

À pied d'oeuvre - Valérie Donzelli

J'ai enfin vu À pied d'oeuvre, le nouveau film de Valérie Donzelli avec Bastien Bouillon qui crève l'écran. À pied d'oeuvre est l'adaptation du roman éponyme de Franck Courtès paru en 2023 aux éditions Gallimard (que je n'ai pas lu). J'ai apprécié la voix off (du personnage principal) qui donne du rythme au film qui n'en manque pas. Du jour au lendemain, Paul Marquet (Bastien Bouillon) a abandonné son métier de photographe grâce auquel il menait une vie confortable avec femme et enfants (deux) pour devenir écrivain. Il vient de divorcer et son ex-femme est partie au Canada avec leurs deux grands enfants. Paul est un homme obstiné qui ne baisse pas les bras devant les épreuves qui l'attendent, dont le fait de tomber dans la pauvreté en ne vivant plus qu'avec 250 euros par mois. Il loge dans un sous-sol et s'inscrit sur un site qui propose des boulots divers et variés. C'est celui qui demande le moins de rémunération qui emporte la mise. Au contraire de lui, son père n'accepte pas la situation de son fils. Paul prend des notes en permanence sur un petit carnet. Le film ne tombe jamais dans le misérabilisme et il y a quelques touches d'humour. Un bon film que je vous conseille, tout comme Selenie.

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