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15 juin 2026

La guerre des salamandres - Karel Capek

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me suis dépêché de finaliser un billet sur cet ouvrage avant de le rendre à la bibliothèque (sans plus de possibilité d'en prolonger l'emprunt...). C'est un titre pionnier dans le domaine de la science-fiction, non dénué de vision politique.

Karel Čapek, La guerre des salamandres, éditions Cambourakis, 2012, 381 pages
trad. Claudia Ancelot en 1960 (EO  en tchèque 1936)

 

Il y a déjà plusieurs mois que j'avais emprunté ce livre dont je me doutais bien, ayant lu quelques billets dessus, qu'il rentrerait dans le thème de la mer. Malheureusement, j'ai remis de semaine en semaine la finalisation du billet en résultant, alors que la lecture de l'ouvrage m'avait plu, de par la variation des thèmes, des personnages, des approches, des modes de narration... C'est vraiment un livre "multiple".

 

Cela commence comme du Jack London (îles des mers du Sud), avec des "indigènes" exploités, moyennant quelques pacotilles de faible valeur, comme main-d'oeuvre au service des "colonisateurs" dans les îles du Pacifique. En fait, c'est un peu plus compliqué que cela: le vieux loup de mer (capitaine Van Toch) qui "crée le lien" n'est pas, rétrospectivement, un personnage si antipathique... comparé à ses successeurs. Et on passe vite du "roman d'aventures" à la satire.

 

Satire sociale, avec la présentation de quelques éléments choisis de la jeunesse américaine, des "fils de famille" qui jettent leur gourme lors d'une croisière en yacht en compagnie de starlettes aux prétentions cinématographiques inversement proportionnelles à leur intelligence (désolé mesdames!). Quand elles font leur "rencontre du troisième type", elles s'avèrent (ces starlettes) moins résilientes que Vivien Leigh dans Autant en emporte le vent...

 

Satire capitaliste (assemblée générale...) lorsque, après la mort du Capitaine qui avait initié le projet de l'exploitation de la salamandre (nous y voilà!) par l'homme, il ne s'agit plus de définir le meilleur accord gagnant-gagnant entre les deux espèces (partenariat artisanal), mais bien d'optimiser la rentabilité financière de la société mise en place à l'échelle industrielle: comment entraîner l'assentiment des actionnaires (chapitre Salamandre syndicats, p.155 et suiv.) pour les investissements nécessaires?

 

Il s'agit de vendre des populations de salamandres comme main-d'oeuvre pour de gros travaux hydrauliques, ce qui est fait, nonobstant les preuves ponctuelles de leur intelligence. Les débats "intellectuels" en découlant m'ont fait songer à la problématique abordée, plus tard, dans le roman Les animaux dénaturés de Vercors (1952).  En tout cas, dans La guerre des salamandres, à un moment, il se produit un "point de basculement", pour cause de croissance démographique, où l'homme sur la terre n'est plus le dominateur de la planète. 

 

Car les salamandres, dont la population s'est démesurément accrue, vont revendiquer leurs droits à un "espace vital" côtier... quitte à entamer de gigantesques travaux "contre" ce qui est notre terre ferme. Les explosifs dont les humains leur ont imprudemment appris à se servir leur servent à combattre les flottes de guerre des nations humaines. Sur notre planète, l'Homme en est réduit à devenir le plus petit dominateur commun sur terre (le pouvoir est passé sous la mer), au point que les habitants de fragments d'anciens continents temporairement épargnés se réjouissent d'être devenus îliens... En politique, cela peut symboliser le soulagement lâche de ceux que le crocodile totalitaire mangera en dernier!
Le livre se finit un peu en queue de poisson, ai-je trouvé.

 

J'ignore bien entendu ce qu'il en est dans l'édition originale ou dans d'autres éditions françaises. Mais en tout cas, l'édition Cambourakis a trouvé le moyen de rendre compte typographiquement des éléments "non-littéraires": présentation de la carte de visite du capitaine par-ci (p.45 - je crois que les maquettistes ne se sont pas foulés pour le visuel de "l'ancre de marine", reprise d'éléments "libres de droits" plutôt que création ex nihilo), extraits de journaux et/ou de rapports d'enquête avec des typos différentes et des "trous de classeurs"...  (pp.132-133)

 

 

Pour ma part, je crois que c'est dans la préface d'une oeuvre de Robert Merle lue il y a des décennies que j'avais dû voir citer pour la première fois La guerre des salamandres (sans doute Un animal doué de raison, lu et relu bien des fois mais que je n'ai pas sous la main?).

 

Le côté science-fiction justifie l'inscription de cette oeuvre au 14e challenge de l'imaginaire, organisé par Tornade. Et le côté maritime à la 3e saison du Book trip en mer de Fanja

Oh, allez, tiens, je vais aussi essayer de le faire passer pour la saison 2 du challenge Littératures européennes chez Cléanthe, dont le thème de juin 2026 est "îles". Après tout, cela commence dans une île du Pacifique, et finit alors que le continent européen est en train d'être morcelé par des "invasions de la mer"... 

Comme toujours, l'avantage de lire tardivement une oeuvre "culte" (hop, inscription au challenge 2026 sera classique aussi! organisé par Nathalie...), c'est que l'on peut citer de nombreux blogs (déjà connus ou non!) en ayant déjà parlé.

Voici une liste (non exhaustive! Certains billets mènent à d'autres...) de chroniques dénichées sur la blogoboule: Jenevelle Laclos récemment, Brumes, Patrice (et si on bouquinait), Anne-yes, Keisha, La bouche à oreille, Sacha, Le chien critique, Hugues (du blog collectif Charybde 27)Pativore a vu une adaptation théâtrale

Edit du 16/06/2026: je rajoute le lien vers Fanja qui avait chroniqué le livre il y a 12 ans sans que son billet contienne les mots "mer", "île" ou "côte"!

12 juin 2026

L'objet du délit - Agnès Jaoui

Pendant mon récent week-end limousin, je suis allée au cinéma et j'ai vu entre autres L'objet du délit d'Agnès Jaoui, un film qui permet d'écouter beaucoup de morceaux des Noces de Figaro. En effet, le film se passe dans le monde de l'opéra où Igor (Daniel Auteuil), un chef d'orchestre reconnu, va diriger pour une soirée en plein air, dans le sud de la France, l'un des chefs d'oeuvre de Mozart. Agnès Jaoui, en plus d'être la réalisatrice, a écrit les dialogues et le scénario. Dans le film, elle tient l'un des rôles principaux, celui de Hannah Liebmann qui doit chanter le rôle de la comtesse Almaviva. Les répétitions sont un peu houleuses car le baryton qui tient le rôle d'Almaviva semble avoir des gestes déplacés pendant les répétitions. Igor pense qu'il va être mis en cause dans une affaire de harcèlement. La metteuse en scène (Mirabelle), novice en la matière, a du mal à faire accepter sa vision de l'oeuvre. Parmi les décors, il y a des phallus géants noirs et flexibles qui donnent lieu à des moments savoureux. Le thème principal du film est le mouvement #MeToo. Au bout du compte, on ne sait pas si le spectacle se tiendra ou non car des personnages comme Cora (Eye Haïdara) qui chante Chérubin et Sophie (Tiphaine Daviot) qui chante Suzanne sont les plus acharnées contre Piazzoni (Vincenzo Amato) qui joue le Comte Almaviva). Le spectacle est menacé. Je vous laisse découvrir ce qui va se passer. Le rythme du film est enlevé et puis quel bonheur d'écouter Mozart. C'est lui le vrai héros du film.

10 juin 2026

Challenge Les épais de l'été 2026 (4e édition) du 21 juin au 22 septembre 2026

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) lance officiellement l'annonce, avec ce billet, de la quatrième édition du challenge "Les Epais de l'été": pour 2026, il faut lire et chroniquer un ou plusieurs livres, avec comme condition qu'il existe pour chacun au moins une édition comptant un minimum de 750 pages (contre 700 pages en 2025, 650 pages en 2024 et 600 pages en 2023). 

[Challenge Les épais de l'été 2026, organisé chez dasola par ta d loi du cine]
(Logo composé avec l'aide de l'IA - mais toujours par mon collègue, merci!)

 

Je rappelle les règles - que connaissent déjà celles et ceux qui ont participé à l'une et/ou l'autre des trois premières éditions des Epais de l'été.

* Votre billet doit paraître entre le 21 juin et le 22 septembre 2026 et annoncer le nombre de pages revendiquées.

* Ce nombre égal ou supérieur à 750 pages peut concerner une autre édition que celle que vous avez eue entre les mains (y compris édition en gros caractères). Si celle-ci est trop mince, il ne vous restera plus qu'à dénicher sur internet l'existence de l'édition en javanais ou autre dialecte improbable... qui comptera plus de 750 pages, selon un site internet de référence. 

* Le volume peut rassembler plusieurs oeuvres (p. ex., un volume de la Pléiade est bienvenu!).

* Les oeuvres en langue originale sont acceptées (que vous l'ayez lue en traduction ou en VO). 

* Si vous lisez sur "liseuse" voire écoutez en audio livre, nous nous fierons, pour le nombre de pages en édition "papier", à ce qu'indiquent les sites internet "fn*c" ou "am*z*n"...

* À part le nombre de pages, le challenge ne comporte aucune contrainte ni suggestion, ni aucun thème imposé (il peut s'agit d'un ou plusieurs romans, d'une biographie, d'un essai... etc.).

* Il est tout à fait possible, autorisé, voire même conseillé, de faire participer un même billet à plusieurs challenges. Voir colonne de droite pour une liste non exhaustive. Voir aussi Sandrine (qui liste les lectures communes proposées). 

 

* Bien entendu, tout livre s'inscrivant ici est invité à s'inscrire aussi au challenge Les Pavés de l'été chez Sibylline (La petite liste), qui accepte cette année encore les participations à partir de 500 pages (et sans limite supérieure bien sûr). Et vous pouvez lui réserver vos lectures qui, tout en dépassant les 500 pages, n'atteignent pas [même en ayant fait des recherches sur toutes les éditions du monde] les 750. 

 

= Cette année, j'aurais bien aimé proposer aussi un "partenariat" (participations croisées...) à un blogueur que j'avais repéré sur la Toile naguère et dont je sais que, depuis au moins 10 ans, il anime un "challenge illimité" qui répertorie les billets sur des livres de plus de 1000 pages. Malheureusement, je n'arrive pas à retrouver son blog! Si cela vous dit quelque chose, je suis preneur de toute information à son sujet. =

 

* Les inscriptions sont acceptées dès aujourd'hui, mais les premiers billets devront paraître à partir du 21 juin pour être comptabilisables. 

* Les parutions de billets seront à mentionner par commentaire sous ce billet-ci. 

* Bien entendu (bis!), n'hésitez pas à aller lire et même commenter les billets des autres participant(e)s! 

* Les chroniques postées uniquement sur les plateformes monopolistiques que sont b*b*lio, livr*ddict et autres b**knode ne sont pas acceptées. Pourquoi ne pas aller "squatter" pour publier votre billet chez l'un ou l'autre blogueur-euse de votre connaissance (cela arrive à des gens très bien...)? Ça peut aussi permettre de se motiver pour des lectures communes, pourquoi pas?

* Je n'utilise pas (ni ne prends donc en compte) Inst*gr*m ni f*c*b**k.

 

Rappel des bilans précédents:

En 2025: 72 "épais" d'au moins 700 pages (dans 71 billets) pour 67 094 pages, par 30 participant(e)s, avec 64 livres différents, par 60 auteurs ou co-auteurs. 

En 2024: 75 "épais" (d'au moins 650 pages) pour 62 012 pages, par 32 participant(e)s, avec 65 livres différents, par 62 auteurs ou co-auteurs.

En 2023: 106 "épais" (d'au moins 600 pages) pour 79 164 pages, par 34 participant(e)s, avec 92 livres différents, par 77 auteurs ou co-auteurs. 

Et en 2026? On verra bien!

 

Pour mémoire, Brize avait assuré onze éditions de son challenge Le pavé de l'été (2012-2022), ne souhaitait pas le poursuivre en 2023, mais en avait accepté la reprise par d'autres blogueurs... Merci à elle!

 

Nota: autant anticiper l'hypothèse où l'on aurait cet été maille à partir avec le fonctionnement estival de la plateforme canalblog (facteur non maîtrisable): si vous n'arrivez vraiment pas à déposer un commentaire ici, vous pourrez l'envoyer par mail à :


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Inscriptions [15 (datées) parfois déjà dans la blogroll], objectifs annoncés à venir (25 pour 19 142 pages, par 15 participantes) : 

* Aliénor (13/06/2026)

* Anne-yes (13/06/2026)

* Athalie (10/06/2026)

* Audrey (Light and Smell) (10/06/2026)

* Belette2911 (13/06/2026): [je la compte parmi les "objectifs" pour un premier "forfait" de 10 volumes au moins!]

* Claudialucia (13/06/2026): George Sand - Histoire de ma vie [864 pages]

* Dasola (14/06/2026): 2 livres

* Dviolante (12/06/2026): Mariam Petrosyan - La maison dans laquelle [1088 pages]

* Eimelle (10/06/2026)

* Keisha (14/06/2026): Victor Hugo - Les Misérables

* Nathalie (14/06/2026)

* Sandrion (15/06/2026)

* Sunalee (10/06/2026)

* Sibylline (13/06/2026)

* Violette (10/06/2026): deux ou trois "pavés"

9 juin 2026

Les villes hanséatiques - 5/5 & Pont-Neuf à Paris

Un Van Gogh et deux Monet vus au musée des Beaux-Arts de Brême.

 Deux Max Liebermann (1847 - 1935) l'un au musée de Brême, l'autre musée des Beaux-Arts de Hambourg.

 Trois tableaux de Caspar David Friedrich (1774-1840) dont deux se trouvent au musée des Beaux-Arts de Hambourg. Le tableau du haut est La mer de glace (1823-1824). Un des deux  tableaux célèbres de Friedrich. Celui en bas à droite est dans un musée suisse. Friedrich est considéré comme l'artiste le plus influent et important de la peinture romantique allemande.

Entrée du musée des Beaux-Arts de Hambourg.

Vous ne voyez pas forcément sur cette photo, mais la pluie nous a accompagnés une grande partie de la journée pour notre visite de Hambourg. Heureusement que ce fut la seule journée pluvieuse sur les huit jours. 

Le voyageur contemplant une mer de nuages  (1818), l'une des deux peintures les plus célèbres de Caspar David Friedrich avec La mer de glace.

On a commencé notre visite avec l'Église Saint-Michel (Der Michel), l'une des cinq églises luthériennes de Hambourg. L'église possède cinq orgues, on en a vu quatre car il y a un orgue à distance dans le grenier. L'église a été construite à la fin du XVIIIème siècle. 

 

Ci-dessus, trois des cinq orgues.

L'hôtel de ville (sous la pluie) siège du Parlement et du sénat de Hambourg

La pluie n'a pas aidé pour apprécier la ville. On a fait un tour en car et on a quand même pu faire une mini croisière en bateau sur l'Elbe qui nous a permis de voir les entrepôts et les immenses porte-conteneurs. 

On est aussi allé à l'Elb philarmonie, une salle de concert et qui est aussi un beau  bâtiment dans lequel on peut voir Hambourg à 360°...

 ...dont la flèche de l'Eglise Saint-Nicolas qui est le seul vestige de l'édifice pratiquement détruit lors des bombardements alliés en 1943.

 

Voici la maison du Chili (Chilehaus) qui fut construite dans les années 20, c'est un exemple d'architecture expressionniste en brique. Il s'agit d'un immeuble de bureaux de 10 étages.

Et nous avons terminé par la visite express du musée maritime international qui a été installé dans un entrepôt. Il retrace plus de 3000 ans d'histoire maritime sur neuf étages. On a vu peu de choses mais j'ai aimé les bateaux en ambre.

Ici se termine le compte-rendu de mon voyage en Allemagne du nord que j'ai beaucoup apprécié.

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Sinon, depuis le 1er juin 2026, je suis en pré-retraite (congé de fin de carrière). Et c'est génial de se balader dans Paris en semaine. Et bien j'ai constaté qu'il y avait beaucoup de touristes en cette période de l'année. J'ai photographié l'installation de JR sur le Pont-Neuf pas encore terminée. A la suite des intempéries, l'installation n'est pas encore ouverte au public. Mais on la voit bien de loin. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais j'avais préféré le Pont-Neuf emballé par Christo en 1985.

 

8 juin 2026

Le garçon qui faisait chanter les collines - Georgi M. Unkovski

Hier, dimanche 7 juin 2026, j'ai vu Le gars qui faisait chanter les collines, le premier long-métrage de Georgi M. Unkovski. J'ai énormément aimé ce film qui se passe en Macédoine du nord dans la communauté des Yörüks, une population nomade ou semi nomade d'origine turkmène et de confession musulmane. Les deux thèmes du film sont: le début de l'émancipation de la jeunesse yöruk grâce aux réseaux sociaux et Internet, et le fait que des jeunes femmes font encore des mariages arrangés par leur famille.
Ahmed (un jeune homme de 15 ans) et son petit frère Naim vivent avec leur père qui est berger (un homme taciturne et dur avec son fils aîné). La maman est décédée et c'est pourquoi Naim, un petit garçon brun aux yeux magnifiques, ne parle plus depuis que sa maman les a quittés. Ahmed est retiré de l'école par son père car il doit s'occuper des vingt brebis et faire la cuisine. Néanmoins, cela n'empêche pas Ahmed d'écouter de la musique techno turque. Et il rencontre une jolie jeune fille, Aya, revenue d'Allemagne pour être mariée. Ahmed tombe amoureux d'Aya et va tout faire pour que cette dernière réalise ses rêves grâce à la danse et à la musique. Il y a des moments très amusants comme quand le Muezzin veut se mettre sur Facebook où il doit changer son mot de passe ou quand Ahmed qui a égaré une brebis en retrouve une (la même?) peinte en rose. J'avais peur que le film se termine mal mais pas du tout. J'espère que vous irez voir ce film dépaysant qui bénéficie de beaux paysages de collines. Dans la salle où j'étais, nous étions cinq. Lire le billet de Dameskarlette.

7 juin 2026

Les socialos - Wolinski

Alors que les grandes et les petites manœuvres ont commencé en vue des élections présidentielles (dans moins d'un an désormais), je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente un ouvrage que j'ai acheté récemment, d'occasion bien sûr: un vénérable recueil de dessins de Wolinski, publié en 1991.

Wolinski, Les socialos, Albin Michel, 1991, 224 pages
[selon la 4e de couv', car elles ne sont pas numérotées!]
Sous-titre: "10 ans de pouvoir en 400 dessins"

 

Dans ce gros bouquin (de format 24 x 15,5 cm), à part les textes faisant intégralement partie du dessin, il n'y a rien à lire... C'est juste juste un recueil, brut. Pas d'introduction, pas de préface. Ni références (date de parution, titre de presse de première publication...), ni mise en contexte. Les dessins sont classés comme dans un abécédaire (mais pas forcément par ordre chronologique?). La période couverte est la décennie 1981-1991 (en gros... sûrement pas après en tout cas). Des dessins à thèmes sociaux, des approches humoristiques, parfois (faussement) cyniques... Des textes et dessins complémentaires... du Wolinski, quoi!

 

Si j'ai bien compris, sur la période considérée, Wolinski a travaillé pour Charlie Hebdo (dont la première série s'est interrompue en 1982), pour L'Humanité jusqu'en 1984, pour L'Echo des Savanes, pour Phosphore aussi, je crois. Mais il me paraît difficile d'attribuer ici avec certitude tel dessin à tel titre! Selon la page "Du même auteur" en début de livre qui liste ses oeuvres, avant ce titre, Wolinski n'avait plus été édité chez Albin Michel depuis 1985 (entre 1981 et 1985, il y avait publié six albums). En 1986 et 1987, il en a publié quatre chez Denoël, puis trois aux éditions Belfond (1987-1988), et enfin trois chez Flammarion entre 1988 et 1991 (je dois en posséder quelques-uns). 

 

Ci-dessous, comme toujours quand je chronique des recueils de dessins de presse, je me permets de vous en citer quelques-uns. Je pense que mon choix surreprésente l'époque et/ou le thème de la première cohabitation (Chirac premier ministre, 1986-1988) puis la période qui lui a succédé, post-réélection de François Mitterrand (Rocard premier ministre, après mai 1988). Mon choix est subjectif, j'ai surtout apprécié des situations parfois encore savoureuses 35 ans après... (même si Mitterrand ou Rocard ne sont plus là!). Savourons!

Aux armes, contribuables! 2026, le grand réarmement?

Ici, c'était clairement l'époque de la chute du mur...

Tout s'explique: ils n'avaient pas d'intelligence artificielle (seulement la Pascaline, sous-utilisée...). 

Bah non, il en faudra bien trois...  

Aujourd'hui, c'est par tonnes entières que la Marine en intercepte, de la drogue... 

Vaste programme! Déjà, on entend le loup, le renard et la belette chanter...

Retour au cas précédent. 

Désolé, mais ce dessin m'a fait rire... (je sais, j'ai pas de coeur!).

Tout reste bon dans cette page! Juste remplacer Clemenceau par Charles... 

À l'aise, mollahs?

Déjà le capitaliste perçait sous le béret.

Visionnaire...

Le green washing ne date pas d'hier... "L'écologie, ça commence à bien faire" n'était pas encore passé par là!

Pfou... PFAS?

Juste une précision: le personnage de droite, ce n'est ni Macron ni Darmanin!

Je ne sais pas si le personnage qui parle était Tapie ou non?

La rentrée est loin de nous, et le prochain printemps encore plus...

Les deux dessins ci-dessus ont pour caractéristique d'être comme les "ébauches" de dessins de couverture de recueils. À gauche, vous reconnaissez celui utilisé pour le présent ouvrage. J'avais chroniqué C'est la faute à la société (publié en 2006) l'an dernier...

Et encore une curiosité ci-dessous, avec ces extraits de deux recueils... 

À gauche, la version en noir et blanc publiée dans le présent recueil. À droite, une version publiée dans un recueil titré Le bal des ringards (1993) en noir et blanc (et nuances de gris...), mais que je soupçonne d'avoir été aquarellée en couleur dans la publication de presse initiale (en "repasse", donc, avec quelques mini-modifications ici ou là...). Ce recueil, je le chroniquerai sûrement un mois ou l'autre aussi!

 

En tout cas, je suis resté bien au-dessous des 10% de dessins cités! Si vous voulez voir les autres, à vous de jouer.

 

*** Je suis Charlie ***

4 juin 2026

Le virtuose - Daniel Roher

Je viens de voir Le virtuose de Daniel Roher, un film assez sympathique où l'on entend de la musique classique, un peu de jazz et où on a le plaisir de voir Dustin Hoffman (88 ans) dans un petit rôle, celui d'Harry Horowitz, un accordeur de piano qui a pris sous son aile Niki White (Leo Woodall, très bien), un jeune qui a l'oreille absolue. Ce dernier souffre d'hyperacousie et pour cela, il porte des oreillettes et un casque pour atténuer les bruits alentour qu'il ne supporte pas. Il est aussi hypermnésique. Niki est un accordeur de grand talent mais par un concours de circonstances que je ne vous dévoilerai pas, il devient aussi ouvreur de coffres-forts en compagnie d'une bande de malfrats qui s'avèrent violents. Niki accepte ce "travail" car Harry est hospitalisé mais il ne peut pas régler le montant prohibitif des soins. C'est grâce à l'argent gagné de façon malhonnête que l'hôpital peut être payé. Par ailleurs, Niki fait connaissance avec Ruthie, une jeune femme pianiste et compositrice. Je ne vous dirai pas comment le film se termine, cela serait dommage. Ce film très plaisant vaut la peine d'être vu. Lire le billet de Selenie

1 juin 2026

Les villes hanséatiques 4/5

Falaises de craie sur l'île de Rügen

Je continue à vous chroniquer mon escapade dans le nord-est de l'Allemagne. Après Rostock, nous nous sommes dirigés vers l'île de Rügen qui est la plus grande île d'Allemagne. Elle se situe sur la Baltique. Elle fait partie de la région du Mecklembourg-Poméranie occidental (Meck-Pom). On a contourné l'île en bateau en partant de la ville de Sassnitz. J'ai regretté que l'on ne s'approche pas plus de ces falaises mais en revoyant mes photos, c'est assez spectaculaire. Ces falaises font partie du parc national de Jasmund.

 

 

Après notre balade en bateau, nous sommes restés sur l'île qui, jusqu'à la seconde guerre mondiale, était la station de vacances la plus célèbre d'Allemagne. Entre 1936 et 1939, les autorités nazies ont créé sur l'île, Prora, une station de vacances qui se composait d'un immeuble uniforme de 5 km de long (aujourd'hui, sa longueur n'est plus que 2,5 km), les logements et les équipements n'ont jamais été achevés. C'est l'organisation Kraft durch Freude "La force par la joie" qui était à l'origine de Prora. Il fallait occuper le temps libre des ouvriers allemands par groupe de 20 000 personnes.

 

Les bâtiments non restaurés, ils sont à l'abandon avec des vitres cassées

 

Les bâtiments restaurés qui sont devenus des résidences hôtelières.

Juste derrière des rangées d'arbres devant les bâtiments. Une plage de sable à perte de vue.

Après avoir quitté l'île de Rügen, nous sommes partis vers Stralsund qui est aussi une ville hanséatique. Nous ne sommes pas restés longtemps. 

La place principale avec l'église Saint-Nicolas construite sur le modèle de Sainte-Marie de Lübeck et l'hôtel de ville.

Maintenant, voici Schwerin et son château qui date du XIXème siècle. Schwerin est la capitale du land de Mecklembourg-Pomeranie. Le château était la résidence du grand-duc de Mecklembourg. Je trouve que le château a un petit côté Chambord et Saint-Germain-en-Laye.

 

Le château est entouré d'un jardin et de beaux arbres.

Un ginkgo biloba

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Suite et fin de mon voyage avec Hambourg dans un prochain billet

30 mai 2026

D'écume et de sang - Mireille Calmel

Le titre présenté ci-après avait été reçu (en édition grand format) il y a quelques années (2023) comme service de presse par le journal à thématique "marine" pour lequel je travaille à temps partiel. Mais ce n'est pas moi (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) qui l'avais lu et chroniqué à l'époque. Il y a bientôt un an, j'avais croisé l'édition format poche dans un bac d'occasion...

Mireille Calmel, D'écume et de sang, XO éditions, Pocket N°19043, 2023, 394 p. (EO 2022)
Mon propre exemplaire à côté de l'exemplaire reçu en service de presse par mon collègue 
(photo DLD)

 

Un peu comme Le nom de la rose d'Umberto Eco, ce roman historique se présente comme un récit écrit au soir de la vie, à la première personne. D'écume et de sang est basé sur des personnages et des faits historiques (éventuellement déjà revus au XIXe s. par la littérature romantique). Il se déroule en Bretagne (et un temps en Angleterre) dans le cadre de la Guerre de Cent Ans et plus particulièrement de la "Guerre de Succession de Bretagne". L'oeuvre est construite autour de la figure de Jeanne de Belleville (dite aussi un temps Jeanne de Clisson), une ravissante rouquine (rebaptisée au XIXe s. "la tigresse bretonne" ou "la lionne sanglante"). Nous suivons notre héroïne depuis son enfance heureuse: dans sa noble famille, sa mère lui apprend toutes les vertus - partage de la vie, des travaux et des savoirs des humbles, pratique des armes et des arts de la chasse comme un garçon, tout en conservant la partie éducative typiquement féminine. Coup de foudre pour le bel Olivier (hélas ennemi de la famille paternelle). Et puis, maman meurt, et tout change...

 

Mariée contre son gré, à un cousin rustre, par son père, elle subit deux accouchements (et ce qui précède bien entendu), ses enfants sont éloignés d'elle. Ce n'est qu'à l'occasion d'une absence de son époux qu'elle retrouve les vertus de son enfance en prenant la tête d'une chasse au loup et en poignardant en personne le chef de meute. À partir de là, le mari, n'ayant guère envie de se faire égorger, va filer un peu plus doux... 

 

Je vous passe quelques péripéties, Jeanne réussira quand même à épouser son bel Olivier de Clisson, et s'ensuivront 13 années de bonheur familial (1330-1343). En parallèle, la grande Histoire mêlée à la petite, la noblesse bretonne doit se partager (à partir de 1341) entre deux prétendants au duché de Bretagne, Jean de Montfort et Charles de Blois. Ce dernier est fortement soutenu par le roi de France, Philippe VI de Valois, devenu roi (élu par les pairs, donc surnommé ironiquement roi "trouvé) alors qu'il n'était que le neveu de Philippe IV le Bel, dont aucun des trois fils, qui ont successivement régné, n'a laissé un héritier mâle survivant à la petite enfance. L'exhumation opportune de la "loi salique" consolidera plus tard juridiquement les réticences de la grande noblesse française à passer sous la souveraineté d'un roi étranger. Pour le moment, depuis 1316, Edouard II d'Angleterre puis son fils Edouard III d'Angleterre se sont montrés de plus en plus réticents à prêter hommage aux souverains français successifs pour les fiefs que les Plantagenêt possèdent sur le continent. Et Édouard III (petit-fils de Philippe IV Le Bel par sa mère Marguerite de France) se montre ulcéré que ses prétentions au trône de France soient écartées (jusqu'au point, en 1337, de s'autoproclamer Roi de France). Heu... vous suivez toujours?

 

Bon, revenons à nos Bretons (accrochez-vous!). Le royaume de France ne peut "tomber en quenouille" (être attribué à un roi via les femmes). Or Philippe VI va soutenir comme prétendant au duché de Bretagne son neveu Charles de Blois (fils de sa soeur Marguerite)... alors que les droits de celui-ci ne lui viendraient que de sa femme (Jeanne de Penthièvre). Inversement, l'autre prétendant, Jean de Montfort, est, lui, le demi-frère (né d'un second mariage d'Arthur II) du Duc précédent Jean III, mais a pour principal défaut d'être vassal du roi d'Angleterre (et non du roi de France)! Jeanne de Penthièvre, elle, était la fille du frère cadet (mêmes père et mère) de Jean III (Guy de Penthièvre). Deux poids, deux mesures... Après cette parenthèse historique (merci Wikip' [consulté largement le 29 mai 2026]!) et contextuelle, je reviens au bouquin.

 

Le roman montre les Clisson (madame et monsieur) écartelés entre la fidélité au Roi de France et l'amitié avec les Montfort (Bretagne d'abord!). Tous ces nobles, "ennemis" ou pas, copinent entre eux... Olivier, chargé de défendre la ville de Vannes pour le Roi de France, est fait prisonnier en 1342 et emmené en Angleterre, rapidement libéré, puis attiré dans un guet-apens, emprisonné et exécuté par le Roi de France (au motif de trahison au profit de l'Angleterre). Et là, notre Jeanne voit rouge... 

 

J'avoue que le personnage ne m'a pas paru spécialement sympathique. Le roman fait la part belle aux légendes forgées au XIXe siècle. Jeanne, impitoyable guerrière, exécute par centaines, par vengeance "privée", les soldats ou les marins "ennemis", et ne manifeste guère de remords ni d'empathie quand périssent tant ses ennemis que ses propres soldats ou marins - la piétaille! Car - et c'est là la raison initiale de ma lecture! - elle aurait fait armer trois navires pour mener une "guerre de course" sous l'égide d'Edouard III contre les navires de France. Elle tue ou fait tuer même ceux qui se rendent, exécute parfois elle-même (dans le roman!) femme et enfant d'un chef vaincu... Cette partie maritime occupe (dans mon édition) les pages 261 à 312. Bon, on peut y ajouter quelques pages où le bel Olivier avait ordonné de brûler des navires français à l'ancre sur la Loire à Port-Maillard, l'un des ports de Nantes (le 19 janvier 1343? Je n'ai pas trouvé d'infos là-dessus [p.168-173]). 

 

Les 80 dernières pages du livre montrent notre lionne (ou tigresse) retrouver l'amour, et si vous voulez en savoir davantage, hé bien lisez le livre! Je n'avais jamais rien lu de Mireille Calmel, ce n'est qu'après coup que j'ai vu qu'elle a publié une oeuvre très fournie et s'inscrit dans la promotion de la "littérature de l'imaginaire". Pour ma part, durant ma lecture, j'avoue qu'il m'a semblé à certains moment lire un Harlequin, qui aurait eu pour caractéristique de se dérouler au Moyen-Âge. 

 

Quelques blogs ayant chroniqué ce titre: Isabelle-Marie Angèle (elle-même auteure), Kaika, Ninis47.

 

Bon, je sais bien que c'est en général l'éditeur, et non l'auteur, qui choisit l'illustration de couverture. Mais je me demande ce qu'aurait pensé un POM [peintre officiel de la Marine] des deux navires s'affrontant choisis pour illustrer un roman se déroulant au XIVe siècle (type de navire, canonnade, sens des voiles etc.)! 

Allez, je l'inscris tout de même pour le Book trip en mer (saison 3) chez Fanja... 

 

29 mai 2026

L'être aimé - Rodrigo Sorogoyen

Il faut voir L'être aimé de Rodrigo Sorogoyen qui était en compétition dans la sélection officielle au dernier festival international du film de Cannes 2026 pour au moins deux séquences, la séquence d'ouverture où un père et sa fille s'affrontent alors qu'ils ne se sont pas vus depuis des années, et celle du tournage d'une scène d'un film dans le film sur l'île de Fuerteventura (une des îles des Canaries). Javier Bardem, exceptionnel, a trouvé un de ses meilleurs rôles. Il interprète Esteban Martinez, un réalisateur célèbre qui, après s'être exilé aux Etats-Unis, revient en Espagne pour tourner un film, "Desierto"; et en même temps, il souhaite renouer avec sa fille Emilia. Cette dernière travaille comme serveuse dans un bar et est actrice à ses moments perdus. Pour doper la carrière de sa fille, Esteban lui propose l'un des rôles principaux. À partir de là, on se rend compte du caractère tyrannique d'Esteban envers l'équipe du tournage, envers son entourage, envers sa fille qui lui en veut de l'avoir abandonnée ainsi que sa mère plusieurs années auparavant sans une explication. Le film ne laisse pas de répit au spectateur, c'est prenant de bout en bout. Les paysages désolés de l'île où le vent souffle sont magnifiques. La réalisation de Sorogoyen est remarquable. Un film qui aurait mérité un prix à Cannes, au moins celui d'interprétation à Javier Bardem qui, dans son regard, fait passer beaucoup de choses. La seule question que je me suis posée était quel est l'intérêt du petit rôle tenu par Marina Foïs, qui ne sert pas à grand-chose. Lire les billets de Pascale, Selenie et Princecranoir.

26 mai 2026

Bobby Mars Forever - Alan Parks / L'énigme de la stuga - Camilla Grebe

J'ai terminé ce week-end Bobby Mars Forever d'Alan Parks (Rivages/Noir, 457 pages, 2020). C'est le troisième de la série qui en compte six (pour le moment) mais c'est le cinquième que je lis. Après Janvier Noir et L'enfant de février, voici donc Bobby Mars Forever qui, à la différence des autres, ne se passe pas pendant le mois du titre mais à partir du 13 juillet 1973 jusqu'en septembre 1973 avec des retours en arrière en 1964. J'ai retrouvé avec plaisir l'inspecteur Harry McCoy qui vit toujours à Glasgow. Il est appelé sur une scène de crime dans une chambre d'hôtel. Bobby Mars, star du rock a été retrouvé mort d'une overdose. Crime? Suicide? Accident? On le saura à la fin du roman. Par ailleurs, on demande à Harry avec son adjoint Wattie d'enquêter sur l'enlèvement d'Alice Kelly, 13 ans. Glasgow est en émoi. Et à titre officieux, son supérieur Murray lui demande de retrouver sa nièce Laura qui a fugué. Comme dans les autres romans, la ville de Glasgow en arrière-plan est très présente. Le roman est haletant et Harry McCoy toujours aussi attachant. Un excellent roman comme les autres. Je viens de commencer Les morts d'avril et je conseille les deux suivants : Joli mois de mai et Mourir en juin.

 

 

 

Je passe au premier roman de la suédoise Camilla Grebe que je lis, L'énigme de la stuga (édition Calmann Levy noir, 474 pages). Le récit alterne le présent et huit ans auparavant où un drame affreux a eu lieu. L'un des deux narrateurs du roman est Lykke Andersen, éditrice accomplie, mariée à Gabriel, un écrivain à succès. Elle est la mère de jumeaux, David et Harry, âgés de 17 ans. Lors de la fête suédoise de l'écrevisse en août (j'avoue que je n'avais jamais entendu parler de cette tradition), Bonnie, âgée aussi de 17 ans, la meilleure amie des garçons est invitée pour la fête. Le lendemain de cet événement, elle est retrouvée morte dans la dépendance pas loin de la maison où vivent les parents. David et Harry étaient aussi dans la dépendance avec Bonnie. Ils sont très vite soupçonnés et mis en prison. Manfred Olsson est chargé de l'enquête. C'est lui, le deuxième narrateur. J'avoue que j'ai trouvé que l'histoire faisait du sur-place. Il ne se passe pas grand-chose sauf les trente dernières pages car seuls les deux garçons sont soupçonnés et chacun des deux rejette le crime sur l'autre. Ce qui provoque le chaos dans la famille. J'ai oublié de dire que c'est un crime en "chambre close" puisque les fenêtres et la porte étaient verrouillées de l'intérieur quand on a trouvé le corps. Le roman avec des courts chapitres et beaucoup de pages blanches aurait pu être plus court: 300 pages, c'était amplement suffisant. 

23 mai 2026

Les villes hanséatiques 3/5

En préambule et suite au commentaire de Violette sur mon billet précédent, c'est vrai que la gastronomie n'est pas ce qui caractérise le mieux l'Allemagne mais dans le nord, il y a du poisson très frais qui est proposé : hareng, saumon et cabillaud. Ils sont vendus souvent dans des petits pains et c'est délicieux. 

 

Après avoir quitté Lübeck (voici une dernière photo, prise lors d'une mini-croisière), nous nous sommes dirigés vers Wismar (dont la fondation remonte au XIIIème siècle), qui était dans l'ex-Allemagne de l'Est jusqu'à la chute du Mur en novembre 1989.  Nous avons vu principalement la place du Marché, l'une des plus grande place d'Allemagne, où l'on trouve l'hôtel de ville qui date du XIXème siècle. 

Hôtel de Ville (Rat Haus) et la place du Marché

Wismar, c'est aussi quelques belles maisons, des églises et un port

Une rue de Wismar

L'église Saint-Georges en brique de style gothique flamboyant

L'église Sainte-Marie (ou ce qu'il en reste), il ne reste plus que le clocher haut de 80 mètres. Tout le reste a disparu lors d'un bombardement pendant la seconde guerre mondiale. 

Et voici une petite partie du port

Avant d'arriver à Rostock, nous avons fait une halte à l'abbatiale de Bad Doberan qui se trouve dans un joli parc plein de verdure. Cette ancienne abbatiale cistercienne érigée au XIVème siècle a nécessité cinq millions de briques. 

 

 

Cette abbatiale aurait mérité un arrêt plus long car l'endroit est magnifique et reposant.

Arrivés à Rostock, nous avons tout de suite vu l'hôtel de ville couleur rose. La façade baroque date du XVIIIème siècle.

Ce n'est pas facile de prendre de belles photos car il y a des grues et des échafaudages qui gênent la vue. 

 

L'église Notre-Dame en arrière-plan que l'on n'a pas visitée.

La rue principale

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La suite dans un prochain billet. 

22 mai 2026

Les goûteuses d'Hitler - Silvio Soldini

Les goûteuses d'Hitler de Silvio Soldini est un film dont le scénario est adapté d'un roman de Rosella Postorino paru en 2018. Cette romancière s'est inspirée de la vie de Margot Wölk qui, deux ans avant son décès en 2012, avait raconté son histoire. L'intrigue se passe entre 1943 et 1944 en Prusse orientale (désormais en Pologne). Le film tourné en allemand se focalise sur Rosa Sauer et six de ses compatriotes qui ont été choisies pour goûter les plats préparés par le cuisinier personnel d'Hitler avant que ce dernier ne les mange. Rosa est une jolie femme blonde qui espère le retour de son mari Gregor envoyé sur le front russe. C'est une épreuve de goûter les plats pour ces sept femmes en très bonne santé. Elles sont obligées de goûter les futurs déjeuners et dîners et d'attendre une heure après les repas pour voir si elles s'empoisonnent ou non. Elles sont étroitement surveillées, parfois giflées par quelques soldats ou officiers dont un certain Albert. Elles sont obligées de manger toute leur assiette. C'est un calvaire payé deux cents marks par mois. J'ai aimé ce huis-clos au cours duquel on évoque l'attentat manqué contre Hitler en juillet 1944 ou la débâcle de l'Allemagne. On apprend la vraie identité d'une des sept femmes. Rosa, elle, est une jeune femme courageuse qui essaye de ne pas se laisser faire. J'ai aimé ce film qui dure deux heures que je n'ai pas vu passer.

20 mai 2026

Le marin rejeté par la mer - Yukio Mishima

Voici un bouquin "gardé au chaud" quelques mois en vue du Book trip en mer (saison 3) de Fanja. Avant Le marin rejeté par la mer, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'avais jamais rien lu de cet auteur dont je me faisais d'ailleurs une image plutôt négative et sulfureuse. Il me permet en outre une participation au challenge 2026 sera classique aussi! de Nathalie.

Yukio Mishima, Le marin rejeté par la mer, Gallimard, Folio N°1147, 2005, 183 pages 
(DL 1999, trad. G. Renondeau 1975, EO 1963)

 

Au port de Yokohama d'un Japon de l'après-guerre, un gamin de 13 ans (orphelin de père), Noboru, passionné par les bateaux, convainc sa mère, Fusako (33 ans), de faire jouer ses relations pour qu'il puisse en visiter un. Elle l'accompagne à bord du cargo Rakuyo, en escale. Leur cicérone se trouve être le capitaine en second, Ryûji Tsukazaki. La nuit suivante, la mère accueille volontiers le marin dans sa chambre. Le gamin se trouve être quelque peu voyeur... 

 

Le livre est à la fois empli de détails et de descriptions, et très clair dans l'exposé des faits. On comprend vite, ou il nous est dit, que ce marin, embarqué à 16 ans à sa sortie d'une école de la marine marchande, et qui a gravi au fil des ans tous les échelons jusqu'à se retrouver officier en second, a navigué mais n'est pas ou plus satisfait de sa vie à bord. "Tandis que la plupart des hommes choisissent le métier de marin par amour de la mer, Ryûji s'était fait marin parce qu'il détestait la terre" (p.22). Malgré tout, il va repartir à bord du Rakuyo après sa brève aventure avec Fusako, à la fin de la première partie du livre qui s'intitulait "L'été".

 

La seconde partie, "L'hiver", est plus dramatique. Ryûji revient avec l'envie de fonder enfin une famille. Mais la perspective que, dépouillé de toute son aura, il se révèle seulement comme le brave homme qu'il est au fond, ne convient pas à Noboru. Ce dernier, en proie à la jalousie et à l'exaltation provoquée par la puberté (ce n'est pas dit explicitement, mais c'est ce que j'ai perçu!) et sous l'emprise du "meneur" de sa petite bande de gamins, va être amené à une terrible décision. La bande de gamins m'a fait songer à celle évoquée par William Golding dans Sa majesté des mouches. Le thé proposé par son juvénile auditoire à Ryûji pendant qu'il s'efforce de leur narrer avec pédagogie sa vie à bord sera trouvé par lui terriblement amer. "Comme chacun sait, la gloire est amère" (p.183).

 

Je ne sais pas ce que la psychanalyste Elsa Cayat aurait pu dire des homophonies en français (mer / mère / amer) pour cet ouvrage. Mishima était lui-même plutôt perturbé, je crois.

 

Alice du blog Ça sent le book avait chroniqué Le marin rejeté par la mer en 2015, Moka en 2022, Argoul en 2013 (1).  

J'ai appris que le livre de Mishima a été adapté et transposé dans un film britannique de 1976, Le marin qui abandonna la mer, de Lewis John Carlino (je n'avais jamais non plus entendu parler ni du film ni du cinéaste!).

 

(1) Edit du 21/05/2026: je rajoute les liens vers les billets d'Une comète et d'Ingannmic (cette dernière dans le cadre du BTEM 1 - merci Fanja!).

19 mai 2026

Les villes hanséatiques 2/5

Porte de Holsten côté ville de Lübeck  (cette porte abrite un musée que je n'ai pas visité)


Avant de reprendre mon périple, je veux vous donner quelques informations :

Dans toutes les villes où nous sommes allés, c'est la priorité aux vélos (même avant les piétons). Il y a relativement peu de voiture. Et j'ai vu très peu de touristes non allemands.

À part Lübeck, les villes que nous avons visitées sont parcourues de tramways.

Dans les musées, il vaut mieux connaître la langue allemande, car il y a très peu d'explications en anglais et je ne parle pas des brochures ou livres exclusivement édités en allemand. La population ne parle pas français. D'où l'intérêt d'avoir des guides parlant français qui nous ont donné beaucoup d'explications. Parfois, les voyages organisés ont du bon de ce point de vue-là. J'ai appris que pour dire bonjour ou au revoir, les Allemands du nord disent "Moin"

Sinon, beaucoup de maisons que l'on croirait moyenâgeuses datent plutôt du XVIIème ou XIXème siècle et certaines ont été restaurées après la Seconde Guerre Mondiale. 

Sur les plaques d'immatriculation des voitures de Hambourg, Lübeck, Wismar, Rostock, il y a la lettre "H" (pour Hansestadt) HH, HL, HW, et HROS. Villes de la Hanse. L'origine du mot Hanse (Hansa en allemand) signifie "association de marchands".

Enfin, à partir de Wismar, on était dans l'ex-Allemagne de l'Est. 

Voici maintenant la suite de mon voyage: après Brême, nous avons un peu visité Lunebourg sous la pluie. On a surtout visité l'hôtel de ville, un peu le vieux port et le musée du sel (tout était écrit en allemand). Il faut savoir que Lunebourg fut une ville très riche grâce au commerce du sel dès le Moyen-Age. La  ville est en effet construite sur une colonne de sel baignant dans une nappe phréatique.

La façade de l'Hôtel de ville de Lunebourg

Une des rues principales

Le vieux port et à droite une vieille grue de levage

Barque qui sert à transporter le sel

La grue de levage

Le lendemain, nous avons commencé notre visite à Lübeck, la "reine de la Hanse" qui a été fondée au VIIème siècle.  On a bénéficié d'un très beau temps. Cela aide pour admirer une ville. Après être passés sous la porte Hosten, nous sommes arrivés dans la vieille ville. À droite de la porte, on trouve encore des bâtiments en brique rouge qui servaient d'entrepôts 

 

Il faut noter que le vieux Lübeck est sur une île. On a parcouru quelques rues, des ruelles et les arrière-cours. 

 

Une maison ouvrière séparée par le milieu où vivaient deux familles. C'était très petit. 

On est arrivé au musée Saint-Anne qui abrite des sculptures du XIIIème au XVIème siècle et un très beau retable de Hans Memling (1430-1494) qu'il a peint en 1491 pour une famille, le retable de la passion du Christ. 

Puis on s'est dirigé vers la place du marché où se trouve l'Hôtel de ville et l'église Sainte-Marie (très endommagée par les bombardements britanniques de 1942)

La place du marché et l'hôtel de ville

La place du marché

Deux cloches qui ont créé un cratère quand l'église Sainte-Marie a été bombardée. On les a laissées en l'état.

Intérieur de l'église

 

Les deux tours de l'église Sainte-Marie

Hospice du Saint-Esprit dont une partie sert pour accueillir des personnes âgées

La rue principale

La maison Buddenbrook (qui est en travaux depuis au moins 5 ans, on ne peut pas la visiter)

On a terminé par une balade en bateau autour de Lübeck, une ville dont la spécialité est le massepain (Marzipan en allemand). Un régal.



La suite de mon voyage dans un prochain billet 

16 mai 2026

Les villes hanséatiques 1/5

Porte fortifiée de Holsten (XVème siècle) à Lübeck

Pendant huit jours, je suis partie en Allemagne du nord visiter les villes hanséatiques. En voyage organisé en car, nous avons parcouru 1372 km. Je voulais visiter Lübeck, ville natale de Thomas Mann (Prix Nobel de Littérature 1926), de son frère Henrich Mann ainsi que de Willy Brandt (Prix Nobel de la Paix 1971). Günter Grass (prix Nobel de Littérature 1999), né à Gdansk, a vécu pratiquement toute sa vie à Lübeck.

Après avoir atterri à Hambourg, nous sommes passés par Stade, Brême, Lunebourg, Lübeck, Wismar, l'abbatiale de Bad Doberan, Rostock, l'île de Rugen, retour vers Schwerin et enfin Hambourg. 

Pour rappel, la Hanse est une association de villes marchandes d'Europe du Nord autour de la mer du Nord et la mer Baltique qui existe depuis le Moyen-Age (XIIème siècle, quand Lübeck fut fondée, vers 1158) jusqu'à la fin du XVIIème siècle où cette association a décliné après la Guerre de Trente Ans. Plusieurs articles sur wiki expliquent bien ce qu'est la Hanse, les villes hanséatiques, etc. Les villes se trouvaient entre Bergen en Norvège et Novgorod en Russie.

À part deux jours de pluie (à Lunebourg et la matinée à Hambourg), on a eu très beau temps. Le voyage fut intense, et que de belles choses à voir! Beaucoup de maisons ont été construites en briques rouges. On a fait trois balades en bateau et on a visité quelques musées, dont le musée du sel qui a fait la richesse de Lunebourg. 

Voici quelques photos :

Stade est située à 60 km à l'ouest de Hambourg.

Stade est une ville qui a été fondée depuis plus de 1000 ans, elle a été sous domination suédoise. Les maisons sont du XVIIème siècle et ont été bâties pour la plupart après 1659 (date d'un grand incendie qui a ravagé plus de 60% de la ville). 

Brême est une des villes hanséatiques les plus connues. Elle adhéra à la Hanse en 1358 et devint ville libre d'Empire en 1653. Elle fait le commerce du café depuis 300 ans.

La gare de Brême

Les musiciens de Brême : L'âne, le chien, le chat et le coq. Je ne me rappelais plus que c'était un conte des frères Grimm.

La statue de Roland sur la place du marché où se trouve aussi la Rathaus (l'hôtel de ville) et tout à côté se trouve la cathédrale Saint-Pierre. Je rappelle que toutes les églises et cathédrales catholiques sont devenues des églises luthériennes dans la région.

L'hôtel de ville

La cathédrale Saint-Pierre où nous sommes entrés.

 

 

Je termine cette visite de Brême (qui a été bombardée par les Britanniques pendant la seconde guerre mondiale comme Hambourg et d'autres villes) par la Böttcherstrasse (rue des tonneliers) qui existe depuis le Moyen-Age mais dont les bâtiments existants ont été érigés entre 1922 et 1931. Les constructions sont d'une architecture expressionniste de briques.

Entrée de la rue Böttcherstrasse avec les porteurs de lumière.

 

Entre deux pignons, on voit un carillon de trente cloches en porcelaine de Meissen qu'on a entendu sonner. 

Suite de mon voyage dans un prochain billet. 

14 mai 2026

Le diable s'habille en Prada 2 - David Frankel

En résumé, le premier "Diable" déjà réalisé par David Frankel et rediffusé le 3 mai dernier à la télé était nettement meilleur et c'était souvent amusant avec le fameux "jété de manteau". Pour ce nouvel opus Le diable s'habille en Prada 2, tourné vingt ans après (que le temps passe!), les acteurs ont vieilli avec talent. Meryl Streep qui a presque 77 ans est toujours magnifique. Un peu moins "méchante" que dans le premier. Il faut voir le film pour elle. Une partie du film se passe à Milan et au lac de Côme et non plus à Paris. Les défilés de mode, avec une courte prestation chantée par Lady Gaga en personne, sont plus clinquants qu'autre chose et à mon avis, les tenues présentées ne conviennent que pour les femmes jeunes très grandes et très maigres. L'apparition pendant trois secondes de Donatella Versace est effrayante... J'ai aimé la prestation de Stanley Tucci, le factotum de Miranda (Meryl Streep). Kenneth Branagh en mari d'icelle est bien mais on le voit très peu. À part ça, le film fait un carton. À ce jour, il a rapporté plus de 300 millions de $. Lire le billet de Pascale qui n'est pas tendre ainsi que celui de Selenie qui n'a pas aimé non plus.

10 mai 2026

La PLAISANCE, quelle galère... - Françoise Platnic

Profitant de l'absence de la maîtresse de blog, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) poursuis "au-delà du rythme de croisière" mes participations au challenge Book trip en mer (saison 3) de Fanja. C'est la participation d'Alexandra au challenge qui m'a donné l'idée de mettre "sur le dessus de la pile" la navigation évoquée d'un point de vue féminin. Ici, la thématique maritime est envisagée sous l'angle humoristique... 

Françoise Platnic, La PLAISANCE, quelle galère..., éditions du Gerfaut, 2009, 190 pages

 

Françoise Platnic semble avoir publié en tout et pour tout trois titres, dont deux dans notre thématique: celui-ci et Les croisières, quelle galère, que je n'ai encore jamais croisé (j'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'un livre illustré par Eve Marie paru en 2012). La plaisance, quelle galère... semble pour sa part avoir connu trois éditions (chez deux éditeurs différents). Même après l'avoir lu, je ne me sens pas capable de trancher si l'ouvrage vise bien un lectorat féminin, ou... est destiné à faire "songer" les hommes.

 

Notre Françoise s'adresse à une hypothétique Monique, qui, comme elle, aura pu être séduite par un "loup de mer"... amateur. Première invitation sur le bateau d'icelui, et premières galères (nous ne sommes pas seuls!). Mais cela peut finir par un mariage. Et là... Toutes les mésaventures du monde nous sont détaillées avec humour en 48 chapitres et une conclusion (j'y reviendrai). 

 

Alors que Monsieur n'est heureux (principalement) que sur l'eau, y consacre son temps libre et ses économies, Madame a un point de vue plus féminin sinon "terre-à-terre". Sur le bateau, la place est réduite, l'encombrement maximum, chaque chose a sa place... sauf elle. Et c'est à elle de s'en accommoder. 

 

J'ai beaucoup souri aux clichés enfilés comme des perles. Quelques extraits du chapitre 3, titré "Petit avertissement": "(...). vos petites mains manucurées, mal soutenues par des bras bronzés mais sans muscles, vous lâcheront au moment de hisser la grand voile (...). Le charmant personnage que vous pensiez si bien connaître va se transformer en un odieux individu au gré des événements. (...) Autre possibilité, changer de bonhomme et choisir un rat de bibliothèque. (...)". 

 

Et "Lorsque l'enfant paraît," un bateau n'est pas semble-t-il l'endroit le plus simple pour nourrir, changer, laver, faire dormir un nourrisson. Quand le deuxième enfant arrive, c'est l'occasion... d'acheter un bateau plus grand! Plus tard, les enfants grandissant à bord (tour du monde... ou navigation juste pour les vacances, avec ou sans copains), les angoisses ou les prétextes à exaspérations de l'épouse-mère ne diminuent pas pour autant. La mère de famille doit surveiller comme une louve de mer ses enfants à bord.

 

L'autrice aborde tous les sujets: l'accueil de port en port, les voisins de mouillage, l'invitation d'amis à bord (qui, eux, rêvaient d'un rythme de croisière, et non d'être bombardés équipiers à l'insu de leur plein gré!). Les provisions, les conditions de navigation, les avaries, où ranger tant les objets du quotidien que le matériel de survie "au cas où"... Les pannes de moteur au moment du départ (et, comme avec une automobile, la pièce est indisponible chez le "diéséliste"). L'"hivernage" du bateau "hors saison". Et tous les frais induits pour maintenir le bateau en état (de naviguer). Et j'en oublie (ou plutôt, je vous en laisse à découvrir!). 

 

"En paraphrasant une chanson célèbre vous pouvez chanter:
- j'ai mes portes qui se rouillent... / mes coussins qui moisissent... / mes rideaux qui s'déchirent / mon annexe qui s'dégonfle... / ma peinture qui s'fissure... / mon vernis qui fout l'camp... / mon plastique qui jaunit... / mon porte-monnaie qui éclate..." (p.174).

 

En conclusion (optimiste) du livre, malgré tout, durant tous les tracas de la vie quotidienne (au bureau notamment), il est exprimé que c'est bien de pouvoir rêver à un départ sur son voilier -à moteur-, comme évasion (et ça n'a pas de prix!). 

 

Bref, pour ma part (regard masculin), je me suis plutôt amusé à la lecture de cette "vision féminine", même si, de mon côté, je me suis toujours bien gardé de mettre le pied sur les Corsaires que deux de mes frères ont chacun possédé de leur côté (ils n'ont jamais navigué ensemble... Deux skippers à bord, c'est un de trop!). Oui, j'assume plutôt mon profil "rat de bibliothèque".

7 mai 2026

Histoire d'urgences - Patrick Pelloux

Aujourd'hui, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais présenter un livre que j'ai "chiné" il y a quelques mois. Il s'agit du premier recueil des premières chroniques écrites par Patrick Pelloux dans Charlie Hebdo. Alors, même s'il a quitté Charlie il y a plus de 10 ans, cet ouvrage rentre dans le thème général de mes "billets du 7" autour du journal et de tous ceux qui y ont participé à un moment ou un autre de sa longue histoire. 

Patrick Pelloux, Histoire d'urgences, Le cherche midi, 2007, 340 pages

 

À l'époque, "le docteur Patrick Pelloux tient une rubrique "Histoire d'urgences" dans Charlie Hebdo. Il est aussi chroniqueur sur I-Télévision", comme le dit la 4ème de couv'. Je sais que ce recueil a été suivi d'Histoire d'urgences 2 (2010), et d'un ultime volume titré Toujours là, toujours prêt (2015), mais je ne les ai pas (encore) lus. 

Dans sa préface du livre, Philippe Val explique comment il a contacté Patrick Pelloux deux ans avant que celui-ci "passe à l'action". Dans l'introduction, Patrick Pelloux, raconte comment, en novembre 2004, il s'est retrouvé autour de la célèbre table en "fer à cheval" de la rédaction, avant de rédiger sa première chronique. Il précise en fin d'ouvrage comment Gérard Biard, rédacteur en chef, le "cadrait" à 4000 signes. 

 

Dans le livre, un petit chapeau de quelques lignes en italiques contextualise chaque chronique. Près des deux tiers (64, sauf erreur de ma part) sont illustrés d'un dessin de Charb. Je ne peux pas, bien sûr, rentrer dans le détail des 106 chroniques (entre le 24/11/2004 et le 21/02/2007, dans un laps de temps couvrant donc 118 semaines). Certains sujets reviennent régulièrement, même si le contenu est varié d'une semaine sur l'autre: anecdote, "semainier" du service des urgences de l'hôpital Saint-Antoine, activité d'un week-end ou affluence lors des soirées d'événements "festifs" ou de manifestation, textes liés à l'actualité... Une constante est le constat de la baisse des moyens de l'hôpital public, et la dénonciation de cette baisse comme liée à l'idéologie du libéralisme économique souhaitant "casser" le service public pour "privatiser" ses activités les plus rémunératrices. 

 

En le lisant en 2026, je vois bien qu'il y a plus de 20 ans donc, il évoquait déjà la baisse du nombre de lits dans les hôpitaux (qu'il chiffre à plusieurs reprise à plus de 100 000 en une douzaine d'années, entre 1993 et 2005). Je suppose qu'on peut ergoter sur ces chiffres... Une recherche, aujourd'hui, me donne 564 880 lits en 1990, 473 843 en 2005, 367 000 en 2024 (les chiffres entre 2013 et 2024 ne semblent pas aisément accessibles en ligne?). À leur maximum, en 1982, le nombre de lits frôlait semble-t-il les 613 000. Mais ce n'était pas le même hôpital, pas les mêmes soins... Pas la même logique économique non plus? En tout cas, il y a bien eu baisse du nombre de lits. il y a eu aussi le développement de la "chirurgie ambulatoire", des soins à domicile, la baisse de la durée moyenne de séjour (DMS), considérée comme un indicateur de l'efficience des soins (?). Bref, je reviens à ces chroniques.

 

Pelloux y épingle à plusieurs reprises Jean-François Mattéi (ministre de la santé de 2002 à 2004 [interview en vacances sur la canicule en 2003], UMP, président de la Croix-Rouge française de 2005 à 2013 [fermeture de centres de santé dans le "93"]) et sa gestion imprégnée de "libéralisme économique". Il rend fréquemment hommage à l'ensemble des soignants (et même au-delà: personnel administratif, ouvriers techniques) des services d'urgences. Il explique, ici, les raisons d'une grève. Là, les avantages ou les inconvénients d'avoir des "vigiles" (de sociétés privées!) pour "assurer la sécurité" (?) à l'entrée. 

 

Nombre de chroniques évoquent des "patients", pas toujours simples à gérer, mais parfois éclatants de vitalité (l'âge ne faisant rien à l'affaire). J'ai souri à l'évocation de cette octogénaire qui, malgré son poignet fracturé sur le chemin de l'aéroport, insistait pour ne pas renoncer à son voyage en Egypte, rêve de toute sa vie... (p.225, "Mémé Champollion"). Mais certaines chroniques sont plus pessimistes, évoquant tous les patients qui ne peuvent être dirigés vers d'autres services faute de place, et qui passent leurs derniers jours sur un brancard aux urgences. Pelloux défend un service public humain (ce que son service des urgences semble être) et correctement financé (ce qui ne semble pas être le cas).

 

Aujourd'hui, je constate aussi, si je regarde notre système de santé, quelques avancées, notamment la loi du 14 juin 2013 (sous Hollande) qui a rendu obligatoire la complémentaire santé pour tous les salariés du privé (avec une contribution de l'employeur). Depuis 2014, tout établissement de santé doit avoir son "plan blanc", pour s'exercer, au-delà de la gestion des "stocks" normaux, à prendre en garde un soudain afflux d'un grand nombre de patients (sans doute ce qui a permis de ne pas "craquer" lors du Covid-19?). Ces dernières années (2024-2025-2026), ont été menés des exercices "secteur de santé" (en France, en Allemagne et ailleurs) dans les hôpitaux, bien moins médiatisés que les coups de menton martiaux de notre actuel Président... Exercice MASCAL (Massive Casulties) pour les armées, AMAVI (Afflux Massif de Victimes) pour les civils [j'espère que chacun des participants a aimé...]. Quadrature du cercle à résoudre: comment mettre la Nation en ordre de bataille sans affoler le peuple... ni augmenter les impôts?

 

Chaque chronique est courte, "bien torchée". Une édition en format poche du livre (j'ai lu N°8991) est parue en 2009.
Par ailleurs, Patrick Pelloux a été accusé en 2024 de harcèlement (MeToo à l'hôpital).

 

Edit du 14/05/2026: j'ai eu bien du mal à sélectionner une demi-douzaine des dessins de Charb... 

p.20

p.27

p.161

p.206

p.245

p.257

*******

Je glisse à la fin de ce billet quelques mots que j'avais rédigés et "enregistrés" dans un coin il y aura bientôt deux ans sans les "utiliser" à l'époque.

Dans Charlie Hebdo N°1670 du 24/07/2024, quelques dessinateurs, ainsi que Gérard Biard (p.13) et Philippe Lançon (p.11) ont fait allusion à "l'affaire Abbé Pierre" (c'est moi qui emploie cette formulation). Je vais citer quelques extraits de la chronique de Philippe Lançon. "Je n'ai pas sous les yeux les dessins que Charlie a pu consacrer à l'abbé Pierre, mais je me rappelle que Cabu, en 1995, l'avait mis au centre d'un album d'une férocité assez tendre, À votre bon coeur! Sa cible, dans mon souvenir, était moins le curé des pauvres que les hommes politiques qui lui tournaient autour, ça rime avec vautour (...). Instrumentaliser l'abbé n'était pas facile: à l'hiver 1954 comme à l'hiver 1986, dates où il surgit et ressurgit spectaculairement comme un diable monté sur ressort, le fondateur d'Emmaüs ne se laissait pas faire. Si l'on apprend aujourd'hui qu'il a touché les seins des femmes ou mis sa langue dans la bouche de l'une d'elles, horreur et damnation, il ne faudrait pas oublier que, lorsqu'un grand fauve électoral l'approchait, il ne lui aurait vidé les bourses que pour mieux les vider au profit des pauvres ou les lui tordre. il y avait pas mal de colère sociale et de générosité en lui, mais notre société en est arrivé à un point tel de léninisme sexuel que, face au vice qu'on découvre, tout ce qu'il y a de vertu en l'homme semble avoir disparu (...)". La chronique, titrée "L'abbé et la bête", parle aussi de Polanski et de Roland Barthes...

Pour ma part, cette "affaire" m'a donné l'occasion de mettre au net mes idées sur la "cancel culture". Je n'aime pas la sommation qui nous est faite de brûler aujourd'hui et à jamais tout ce qu'ont pu réaliser des personnes, des créateurs, dont on adorait hier les "oeuvres". Sans même rentrer dans des débats sur l'échelle des crimes et délits, la prescription et l'imprescriptibilité, le paiement de l'affront fait aux règles de vie en société "du temps" et la réparation due aux victimes, je pense surtout que "personne n'est parfait" et que si désormais l'on doit admirer uniquement les oeuvres d'artistes, de savants ou de tous êtres humains "irréprochables à tous égards", il ne va pas rester grand-chose à l'humanité dans le futur (des réalisations par des IA... en attendant qu'à leur tour celles-ci se lancent dans le "crime contre l'humanité"?). 

*** Je suis Charlie ***

3 mai 2026

Hayat - Zeki Demirkubuz

Hayat (Vie) de Zeki Demirkubuz que j'ai vu la semaine de sa sortie, le 15 avril 2026, est un film de 2h40 assez dur sur la condition des femmes jeunes ou moins jeunes en Turquie et sur le patriarcat étouffant tant pour les femmes que pour les hommes. L'histoire se passe dans un village rural en Turquie puis à Istanbul. Mehmet, le père d'Hicran, n'accepte pas que sa fille se soit enfuie le lendemain de ses fiançailles avant un mariage arrangé. On lui avait trouvé comme fiancé Riza (plutôt pas mal physiquement), un jeune boulanger. La première partie du film met l'accent sur Riza qui ne comprend pas pourquoi Hicran est partie. Il va jusqu'à tout abandonner pour essayer de la retrouver à Istanbul tandis que le père d'Hicran, fou de rage, promet qu'il tuera sa fille si cette dernière revient. Jusqu'à sa fuite, Hicran vivait avec son père, sa mère (très soumise) et sa jeune soeur. Dans la deuxième grande partie du film, la narration se focalise sur Hicran (Miray Daner) qui retourne chez ses parents avant ou après qu'elle ait vécu brièvement avec un veuf qu'elle n'aime pas vraiment. La chronologie des événements devient floue. Il y a des moments où le réalisateur nous perd (enfin moi) avec un mélange de rêve et de réalité. Personnellement, j'ai trouvé que tous les acteurs étaient bons. Il y a très peu de salles qui le projettent mais le film n'est pas facile et il est long. C'est peut-être pour cela que, datant de 2023, Hayat n'est sorti en salle que cette année en France. J'ajouterai que je ne me suis pas ennuyée.

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Ceci est mon dernier billet avant une dizaine de jours. Je ne m'en vais pas très loin de France mais loin d'Internet. Je ne manquerai pas de publier à mon retour un ou plusieurs billets sur mon voyage. 

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