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7 mars 2026

Tchatche de banlieue suivi de L'argot de la police - Philippe Pierre-Adolphe, Max Mahmoud, Georges-Olivier Tzanos / dessins de Luz

Cet ouvrage-là, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) l'ai d'abord déniché dans un bac de bouquins d'occasion et ai "tilté" sur la couverture de Luz. J'ai immédiatement pensé que ça pourrait me servir pour une chronique. Mais ensuite, il a fallu le lire d'abord, et rédiger le présent billet ensuite. 

Philippe Pierre-Adolphe, Max Mahmoud & Georges-Olivier Tzanos, Tchatche de banlieue (suivi de L'Argot de la police), éd. Mille et une nuits, coll. Le rire jaune N°2, 1998, 128 pages

 

Le 1er volume de cette collection Le rire jaune, titré Rien à foot [?!?] était illustré par Cabu, je ne l'ai jamais vu encore. Pour sa part, Philippe Pierre-Adolphe (1961-2023) était apparemment un journaliste qui s'est intéressé tant à l'art (cinéma, musique - il a créé un label musical en 1998!) qu'aux faits de société. Le lien avec mes propres "Hommages du 7" est constitué par les 20 dessins de Luz disséminés au fil des pages (de même que j'avais jadis chroniqué deux ouvrages illustrés par Charb, l'un de Michel Husson et l'autre de Daniel Bensaïd).

 

Pour citer la 4e de couv', "plus qu'un simple recueil de mots et d'expressions, Tchatche de banlieue est un petit précis de linguistique banlieusarde à l'usage des joibourg et des centre-villois. Il est illustré par Luz, dessinateur à Charlie Hebdo." Avant mes propres illustrations et citations de dessins, si je dis que "la cité" y est omniprésente, me fais-je bien comprendre? 

p.60: surtout, ne parlons pas... de rime de rap.
...Ils en ont parlé! 

 

Le livre se présente sous la forme d'un double abécédaire, dont le plus important (jusqu'à la page 89) s'intéresse au "bouillon culturel" des mots inventés "de l'autre côté du périph'" (vu depuis Paris, évidemment). Le lexique des "tchatcheurs" puisait (1998) dans celui des cultures cohabitant dans les cités: africaines, arabes, gitanes et même anglo-saxonnes... Aujourd'hui (2026), certains de ces "mots" sont entrés dans le dictionnaire. L'ouvrage fonctionne beaucoup sur la connivence. Un mot défini précédemment sera utilisé pour une phrase d'illustration, le vocabulaire sera malaxé, trituré, pour montrer surtout que sa "signification" dépend fortement tant du contexte que des relations entre les locuteurs, qui cultivent aussi bien l'hermétisme que la "vanne". 

Un exemple avec une glose précisant la définition du "Respect" (p.68): "toute la subtilité réside dans la définition du comportement irrespectueux. Dire à un copain "va te faire enculer, pauvre dalpé", c'est respectueux. On est entre amis, on se dit bonjour. Dire à quelqu'un qu'on ne connaît pas "hé, ta soeur, elle est bonne", c'est lui manquer de respect et s'exposer à de graves et immédiates représailles".  

 p.47: salut, comment va? 

 

On sent que les auteurs, dans leur petit ouvrage, s'adressent moins aux locuteurs d'origine qu'à des lecteurs ayant un certain "bagage" culturel, avec de la connivence, des jeux de mots et de l'humour. Ma lecture "au fil de l'eau" m'avait rappelé un article "savant" lu naguère, où un linguiste avertissait des risques de refus par les "jeunes des cités" de l'apprentissage tant du français "académique" que des langues étrangères telles qu'enseignées au collège et lycée, pour se replier sur "leur" propre langage. N'importe quel linguiste rompu aux "mécanismes" linguistiques décryptera cette "langue" (si absconse parût-elle vis-à-vis de l'extérieur à ses "inventeurs") en deux coups de cuillère à pot, tandis que nos gamins & jeunes se seront privés d'une "ouverture au monde" dont l'absence les handicapera pour le reste de leur vie... 

p.87: maîtriser les codes en vue de se faire accepter? Prof, sociologue ou "civil" infiltré?  

 

C'est vrai que je me sens personnellement éloigné de l'univers en toile de fond du langage concerné, dont le vocabulaire et les préoccupations principales semblent tourner pour la plus grande part vers le milieu du corps (des deux sexes), l'apparence extérieure (habillement...) et l'art de "parler pour ne rien dire" (rien qui ME paraisse "utile" et constructif, en tout cas). De la sociologie concrète , sinon de l'ethnologie, via le langage (j'espère ne pas apparaître trop "méprisant" en constatant cela).  

Je me rappelle un récit de reportage "sur le terrain" (en banlieue!) dans Indélébiles de Luz. Mais je ne me souviens pas si l'année ou les circonstances étaient mentionnées... 

p.53: tous ces massifs sont aussi de grands enfants...

  

Ce dessin-là (p.121) est l'un des quatre figurant dans les 30 pages consacrées à "l'argot de la police". Celui-ci est, je pense, plus classique, plus stable aussi (avec un moindre souci d'hermétisme), et sans doute bien davantage parlant" au grand public du fait de sa reprise au cinéma ou à la télévision (séries policières). 

 

Au final, ce qui m'a presque le plus intéressé, c'est les cinq pages de l'entretien socio-linguistique à la fin de l'ouvrage (entretien réalisé le 23/11/1997), qui éclaire les "raisons sociales" du besoin d'un langage qui se veut hermétique, avec des mots abandonnés par leurs locuteurs initiaux (banlieue) dès qu'ils sont passés dans un public élargi... (via les média, d'abord avec des guillemets, puis sans). 

 

La Maison d'édition Les Mille et une nuits avait été créée en 1993. Je possède depuis longtemps un certain nombre de leurs anciens petits ouvrages, surtout de la collection "Les petits libres", et j'avais l'impression qu'il s'agissait de livres d'inspiration résolument altermondialiste (%Attac etc.). J'ai vu en rédigeant le présent article que les Mille et une nuits sont devenue en 1999 un département de Fayard. Un changement de politique éditoriale semble être intervenu en 2020 pour se recentrer sur des "classiques" du domaine public choisis par un collectif de libraires.

 

Bref, Tchatche de banlieue m'est apparu comme un livre certainement daté, dont les dessins peuvent encore faire sourire, alors que les enjeux des années 1990 (trafics, petite délinquance, repli, "segmentation de populations dans tous les sens) nous paraissent aujourd'hui "dépassés" par l'aggravation de fractures notamment liées à des faits religieux montés en épingle ou des conflits interminables ailleurs et aujourd'hui importés en France métropolitaine.

 

*** Je suis Charlie ***

4 mars 2026

Le roi des cendres - S.A. Cosby

Le roi des cendres de S.A. Cosby (Edition Sonatine, 406 pages) est le quatrième roman de l'auteur paru en français et que je viens de terminer après La colère, Le sang des innocents et Les routes oubliées. J'avoue avoir été un peu déçue par ce nouveau roman, qui narre un histoire plus banale que les précédentes. Roman Carruthers, un trentenaire qui est gestionnaire de patrimoine, revient dans sa ville natale de Jefferson Run en Virginie, car il a été appelé par sa soeur. Leur père Keith vient d'être hospitalisé dans le coma après avoir été percuté par un véhicule. Cette ville est gangrenée par la violence à cause de la guerre de gangs. Roman est l'ainé de trois enfants. Son frère Dante a des problèmes de drogue et sa soeur Neveah dirige désormais l'entreprise de crématorium créée par leurs parents, Keith et Bonita. Bonita, elle, a disparu mystérieusement vingt ans auparavant. On ne sait pas ce qu'elle est devenue. Neveah est persuadée que Keith l'a tuée et a brûlé son corps. Roman apprend que Dante a de sérieux problèmes avec un des deux gangs qui dirige la ville. À sa tête, il y a Torrent et Tranquil, deux frères psychopathes. Dante leur doit beaucoup d'argent et c'est Roman qui va tout organiser pour sauver sa famille et l'entreprise familiale. Je vous laisse découvrir comment il va parvenir à ses fins. L'ensemble est bien mené mais je ne me suis attachée à aucun des personnages qui ne sont pas spécialement sympathiques ni d'un côté ni de l'autre. Une déception en ce qui me concerne. Ce roman peut faire partie du challenge Un hiver polar d'Alexandra. Lire le billet d'Alex-mot-à-mots, pas plus convaincue que moi.

 

28 février 2026

Le chant des forêts - Vincent Meunier

Quel beau film que ce chant des forêts qui a été récompensé à juste titre par deux César en 2026 (avant-hier)! Vincent Meunier est celui qui avait fait équipe avec Sylvain Tesson pour La Panthère des neiges. Dans Le chant des forêts, il est accompagné de son père Michel et de son fils Simon dans la forêt des Vosges avec une incursion en Norvège. Vincent Munier est originaire des Vosges, tout comme son père qui est naturaliste. Le film commence dans la brume, les nuages et la forêt vosgienne. On entend très vite des sons et des chants. Michel Meunier raconte à son petit-fils que sa passion est de voir (ou d'apercevoir) le Grand Tétras qui a vécu dans les Vosges pendant 10 000 ans et qui malheureusement a pratiquement disparu de la région. La dernière fois qu'il en a vu un, c'était deux ans auparavant. Le film est aussi l'occasion de nous montrer et nous faire entendre différents animaux de la forêt: des chouettes, divers autres oiseaux dont je n'ai pas retenu les noms, un lynx, des cerfs, des biches et un renard. Pour les cerfs, on assiste à un combat, on entend le brame. Ils sont très impressionnants avec leurs bois. Le film montre la patience qu'il faut pour observer toute cette faune et, surtout, la nécessité de se fondre dans le décor et de rester silencieux. Il faudra que les trois Meunier aillent jusqu'en Norvège pour voir un Grand Titras (mâle) en pleine parade nuptiale. Sinon, j'ai adoré, au début, les chouettes avec leurs beaux yeux qui sortent de leur tronc d'arbres et regardent le cinéaste. Un film qui ne peut que plaire à un large public. Lire les billets enthousiastes de Pascale et Ritournelle.

27 février 2026

Films vus et non commentés en février 2026 1/2

J'ai vu quelques films en février qui m'ont plus ou moins plu. En voici déjà deux.

Je commence par Aucun autre choix du cinéaste sud-coréen Park Chan-Wook (futur président du Festival International de Cannes en 2026). Aucun autre choix est une libre adaptation du roman Le couperet de Donald Westlake. Ce livre avait déjà été adapté par Costa-Gavras en 2005 avec José Garcia dans le rôle principal. C'est l'histoire de Man-Su, qui était un homme comblé jusqu'à présent avec femme, deux enfants, deux chiens (genre labrador) et un travail qui lui plaisait. Mais, l'usine de papeterie où il travaillait est rachetée par des Américains et bien évidemment, il fait partie des licenciés. Qu'à cela ne tienne. Il postule pour un autre emploi, car les temps deviennent durs financièrement, mais sa femme est là pour prendre des mesures drastiques. Voilà que Man-Su décide d'éliminer les candidats qui ont plus de chance que lui d'être embauchés sur le poste convoité. A partir de là, j'avoue que j'ai un peu décroché. Le ton du film m'a désarçonnée. Je me suis ennuyée, pour tout dire, alors qu'il se passe plein de choses, notamment les manières de mourir de chaque candidat sortent de l'ordinaire. J'ai trouvé le temps long (le film dure presque 2h15) malgré tout. Ce film n'était vraiment pas pour moi. Lire le billet de Pascale


Je passe à Urchin, un film anglais pas gai (ça rime). C'est le premier film d'Harris Dickinson, qui est aussi acteur. Urchin (oursin ou plutôt gamin des rues) suit la descente aux enfers (il n'y pas d'autre expression) de Mike, un jeune homme qui dort dans la rue et s'en prend à celui qui veut venir à son aide. On apprend qu'il a été un enfant adopté, mais c'est la seule chose que l'on apprendra de lui. Après être sorti de prison, il est incapable de garder un travail. Rien n'y fait, même quand des personnes veulent l'aider. Urchin comporte quelques moments oniriques qui donnent un peu de respiration à une histoire assez désespérée. L'acteur Frank Dillane qui interprète Mike est bien. Son air juvénile accentue la noirceur de l'histoire. Ce film sorti dans peu de salles n'est pratiquement plus projeté. 

23 février 2026

À pied d'oeuvre - Valérie Donzelli

J'ai enfin vu À pied d'oeuvre, le nouveau film de Valérie Donzelli avec Bastien Bouillon qui crève l'écran. À pied d'oeuvre est l'adaptation du roman éponyme de Franck Courtès paru en 2023 aux éditions Gallimard (que je n'ai pas lu). J'ai apprécié la voix off (du personnage principal) qui donne du rythme au film qui n'en manque pas. Du jour au lendemain, Paul Marquet (Bastien Bouillon) a abandonné son métier de photographe grâce auquel il menait une vie confortable avec femme et enfants (deux) pour devenir écrivain. Il vient de divorcer et son ex-femme est partie au Canada avec leurs deux grands enfants. Paul est un homme obstiné qui ne baisse pas les bras devant les épreuves qui l'attendent, dont le fait de tomber dans la pauvreté en ne vivant plus qu'avec 250 euros par mois. Il loge dans un sous-sol et s'inscrit sur un site qui propose des boulots divers et variés. C'est celui qui demande le moins de rémunération qui emporte la mise. Au contraire de lui, son père n'accepte pas la situation de son fils. Paul prend des notes en permanence sur un petit carnet. Le film ne tombe jamais dans le misérabilisme et il y a quelques touches d'humour. Un bon film que je vous conseille, tout comme Selenie.

19 février 2026

Maigret et le mort amoureux - Pascal Bonitzer

Enfin un film qui m'a comblée: les dialogues sont bons, l'interprétation est de tout premier ordre (la plupart des acteurs viennent du théâtre), la réalisation est sans temps mort et il ne dure qu'1h20. Le nouveau film de Pascal Bonitzer Maigret et le mort amoureux est une vraie réussite. Il est sorti hier, mercredi 18 février 2026. Le réalisateur a lui-même adapté le roman Maigret et les vieillards de Georges Simenon (écrit en cinq jours en juin 1960). J'ai lu le roman il y a quelques mois et l'adaptation est assez fidèle sauf peut-être la fin que je ne dévoile pas. Anne Alvaro interprète Jacotte Larrieu, la domestique, dame de compagnie depuis 46 ans d'un ancien ambassadeur, un dénommé Berthier-Lagès. Ce dernier a correspondu pendant 50 ans avec la princesse de Vuynes (Dominique Reymond) dont il est épris mais cette dernière est mariée de son côté. Malheureusement, le mari de la princesse vient de décéder d'un accident d'équitation. Peut-être est-ce une coÏncidence, Jacotte découvre l'ancien ambassadeur, mort dans le salon de l'appartement où il habitait. Il a été tué de cinq balles dont une dans la tête. Maigret avec ses adjoints ne savent pas ce qui s'est passé. Un vrai crime en chambre close. Il y a quelques suspects mais peu nombreux. Est-ce vraiment un meurtre? Chut, je n'en dirai pas plus. Le réalisateur a transposé l'histoire dans les années 2000 avec le début des portables. Maigret refuse d'en avoir un et il en emprunte à ses adjoints quand c'est nécessaire. Comme dans les romans, il boit de la bière, il fait monter des sandwichs lors des interrogatoires et il aime sa femme Louise (Irène Jacob). J'ai passé un excellent moment. Et par la même occasion, je vous conseille de lire les romans avec Maigret. Personnellement, je suis en train de les lire les uns après les autres dans les transports en commun et c'est un vrai bonheur de lecture.

18 février 2026

La Grazia - Paolo Sorrentino

Je ne sais pas si c'est le temps ou la période, mais les derniers films que j'ai vus ne m'ont pas emballée plus que cela. Et puis, ce ne sont pas des films forcément distrayants. Mais je vous conseille tout de même un film italien, La Grazia de Paolo Sorrentino, dans lequel j'ai eu l'occasion de revoir Toni Servillo, un acteur que j'apprécie beaucoup. Il interprète le président de la république italienne Mariano De Santis (un nom fictif). Au tout début du film, un texte nous liste les pouvoirs qu'a le Président de la république italienne, qui arrive au terme de son mandat. Sa fille Dorotea (Anna Ferzetti, très bien) est son assistante dévouée qui insiste pour qu'il prenne trois décisions importantes. En particulier, on lui demande de signer la loi sur l'euthanasie. Et on lui demande de gracier un homme et une femme qui ont commis un meurtre chacun de leur côté. Le président est un ancien juriste qui vit entouré de livres de droit. J'ai trouvé le film un peu long et terne voire austère, mais le personnage du Président est intéressant et très bien interprété par Toni Servillo qui est devenu un habitué de ce genre de rôle. Il y a quelques interludes qui n'apportent pas grand-chose à l'histoire mais un personnage haut en couleur, Coco Valori, une amie de longue date du président, dit une phrase qui m'a bien plu, "qu'il faudrait voter une loi interdisant l'ambition en politique". Je n'ai pas retrouvé la flamboyance de La Grande Bellezza mais cela se laisse voir. Je trouve qu'on a très peu parlé de ce film et c'est dommage. Lire les billets de ChristoblogLe bleu du miroir et Selenie.

15 février 2026

La Princesse des glaces - Camilla Läckberg (roman) / Léonie Bischoff & Olivier Bocquet (adapt. BD)

En vue de ma participation au thème "Polars scandinaves" du challenge Escapades en Europe – Voyages dans les littératures européennes de Cléanthe, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me suis procuré en bibliothèque les deux ouvrages que je présente aujourd'hui. J'en profite pour inscrire également mon billet chez Alexandra (challenge Un hiver polar) et chez Sharon (challenges Mois du polar 2026 ainsi que Polars & Thrillers 2025-2026).

* Camilla Läckberg, La Princesse des glaces, Babel noir N°61, 2012,  509 pages 
(trad. du suédois par Lena Grumbach & Marc de Gouvenain,
1ère éd. française chez Actes Sud en 2008, EO 2004)
* Adaptation BD d'après le roman: Léonie Bischoff (des.) & Olivier Bocquet (scén.),
Casterman, 2014, 126 pages

 

Pour ce dixième mois chez Cléanthe, j'ai eu l'idée de revenir vers un titre que j'avais découvert alors que la série dont il est désormais la "tête de liste" comptait seulement trois ou quatre volumes. Elle en comprend désormais 11, et le dernier titre (à ce jour), Le nid du coucou, est paru en 2022 en suédois, en 2024 en français, et son édition en Babel noir est annoncée pour avril 2026. 

 

En ce qui concerne La princesse des glaces, ce roman de 500 pages met en place tout l'univers d'une petite ville suédoise, sous la plume d'une autrice omnisciente qui nous fournit une multitude de détails (lieux, pensées, actions de telle ou telle personne narrés presque minute par minute). Camilla Läckberg est elle-même originaire de la ville (véritable) de Fjällbacka (selon wikipedia [consulté le 15/02/2026], elle compte moins de 1000 habitants sur une étendue d'un kilomètre carré).

Le personnage principal de ce polar suédois est Erica Falck, une jeune femme écrivain qui est revenue dans la maison familiale à Fjällbacka après la mort de ses parents, pour faire du rangement et trouver l'inspiration afin de rédiger son prochain livre, une biographie d'une écrivaine, sa cinquième. Lors d'une promenade, elle est l'une des premières à  découvrir le cadavre d'une amie d'enfance, Alexandra, qu'elle n'avait plus vue depuis 25 ans, avant d'appeler la police. Nous ne découvrirons le commissariat qu'après la page 70. Il s'avère assez rapidement que, si la mise en scène évoquait un suicide (le cadavre, dans l'eau d'une baignoire gelée en surface, avait les poignets ouverts), celui-ci doit être écarté: il s'agit d'un assassinat. 

Entretemps, les parents d'"Alex" avaient demandé à Erika de rédiger un article sur leur fille destiné à être publié dans le journal local. Elle va donc chercher à en savoir davantage... en rêvant d'en tirer l'inspiration pour une écriture romanesque! Du coup, elle est amenée à mettre le nez hors de chez elle et rencontre plusieurs personnes qu'elle avait connues dans son enfance et/ou sa jeunesse... J'ai remarqué que, p.72, il est question d'une ville de "12 000 habitants": erreur de traduction ou bien licence romanesque pour "avoir matière"?

Différents suspects seront successivement soupçonnés voire arrêtés, diverses pistes suivies. En parallèle à l'histoire purement policière, il faut attendre plus de la moitié du roman pour qu'une grande scène (digne d'un Harlequin "Audace") plante le décor pour la suite de la série... L'enquête en cours sera résolue à la fin de ce tome, comme ce sera ensuite le cas dans les autres volumes. Je ne dirai pas comment, mais seulement que, à chaque fois, se mêlent le présent des personnages et des "affaires" datant de plusieurs décennies, parfois de plusieurs siècles dans d'autres tomes, avec souvent des révélations de "secrets de famille". 

Ceux qui découvrent aujourd'hui la série ont désormais la chance de pouvoir lire ses différents volumes à la suite. Le "centre" de la série, avec comme fil conducteur Erica elle-même, est constitué par le commissariat, son équipe et les proches des policiers ou autres personnels. Alors que la rédaction de la douzaine de volumes s'est étendue sur une vingtaine d'années, la vie des personnages se déroule plus lentement (quelques années seulement). Le fait d'avoir fait commencer l'action quelques années avant la date de publication a permis de développer une chronologie "alternative", sans obligation de tenir compte de l'actualité. Au début de la série, dasola me ramenait les volumes au fur et à mesure de leur acquisition par la bibliothèque du personnel de son employeur, mais j'avoue avoir "lâché l'affaire" au bout de quelques tomes, il y a déjà un certain temps. 

 

Je noterai enfin que, parmi les titres de l'"Extrait du catalogue" de Babel noir figurant en fin d'ouvrage, il y a Millenium II (N°52). Cela ne nous rajeunit pas.

 

Au fil des ans, bien des blogs ont chroniqué La princesse des glaces. Quelques exemples non exhaustifs: Anne-yes, Athalie, Enna, VioletteCanaille27, Manou, Docbird, Bernie, Belette2911, Cléanthe (on avait choisi la même oeuvre sans nous concerter!), ... [liste à compléter!]

Shéharazade2000 l'avait audiolu en 2011.

 

P.S.: pour répondre à la question de Nathalie ci-dessous, je précise que, si j'ai apprécié cette relecture, je pense que seule une occasion spéciale comme un nouveau confinement pourrait me décider à prendre le temps de me plonger dans l'intégralité de la série! J'ai tellement d'autres lectures "prioritaires" dans mes PAL & LAL... ;-/

P.S.2: pour la question d'Anne-yes: je pense qu'à un moment, j'ai dû lire le tout dernier tome alors sorti, et puis j'ai eu bien d'autres lectures et d'autres envies ou priorités en LAL... et n'ai jamais "raccroché les wagons" à la sortie du tome puis des tomes suivants, tout simplement ("situation de fait" bien davantage que "décision")!

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Si j'avais déjà lu le roman (en édition "grand format" et non en Babel noir), je ne connaissais pas son adaptation en bande dessinée, et j'ai souhaité la découvrir pour la présenter à l'occasion de ce challenge. J'ai eu un peu de mal à me la procurer. Le bibliothécaire qui me l'a ramené de leur "réserve" m'avait amené en plus un autre tome qu'ils possèdent aussi (et que je n'avais pas demandé), je l'en ai remercié mais ne l'ai pas pris. J'ai en tout cas appris à cette occasion que les trois premiers tomes de la série BD ont été adaptés, de 2014 à 2018, mais pas les suivants, j'ignore pourquoi (peut-être en rapport avec les ventes, ou bien avec les droits à payer, vu le succès grandissant des romans? Pures hypothèses de ma part). 

 

Pour faire tenir un roman de 500 pages en 120 pages dessinées, la bande dessinée a, bien évidemment, dû tailler jusqu'à l'os nu. Très intelligemment, cet album a pour prologue une galerie des portraits de quelque 18 personnages qui se présentent en quelques mots, brisant le quatrième mur.

En symétrie avec cette "ouverture", un "épilogue" en trois pages presque muettes (que je ne vous ai pas photographié) livre la clé du mystère, alors que celle-ci est confirmée, dans le roman, lors d'un entretien entre deux personnes qui dure une dizaine de pages. 

 

Le nom de la dessinatrice me disait quelque chose (pas forcément les dessins, plutôt torturés). Vérification faite, c'est elle (Léonie Bischoff) qui a dessiné le joli conte qu'est La longue marche des dindes. Quant à Olivier Bocquet, romancier, il a collaboré comme scénariste avec de nombreux dessinateurs. 

 

Julitlesmots avait écrit quelques mots sur l'album naguère. Violette aussi.

13 février 2026

Le gâteau du président - Hasan Hadi

Je viens de voir Le gâteau du président, un premier film d'Hasan Hadi, un réalisateur d'origine irakienne. J'annonce tout de suite que ce n'est pas un film amusant. Ne vous attendez pas à une comédie. J'ai trouvé ce film très dur. Dans l'Irak des années 90 où les Etats-Unis ont mis un embargo sur le pays, la population a du mal à se nourrir. Parmi elle, il y a Lamia, 9 ans, une jolie petite fille plutôt intelligente qui vit avec sa grand-mère Bibi sur les rivages de l'Euphrate en Irak. Pour aller à l'école, elle se déplace en pirogue. Bibi, malgré son grand âge, continue de travailler mais elle perd son emploi brutalement. Bibi et Lamia s'adorent mais Bibi est inquiète pour sa petite-fille et songe à la confier à un couple ami pour qu'elle ait une vie meilleure. L'histoire se passe aux alentours d'un 26 avril, date anniversaire de Saddam Hussein. Dans tout le pays, un enfant de chaque classe est tiré au sort pour confectionner un gâteau au président. C'est bien évidemment Lamia qui est tirée au sort dans sa classe. Pour ce gâteau, il faut de la farine, des oeufs, du sucre et de la levure chimique. L'instituteur, sosie du dictateur, est un homme sans foi ni loi, qui vole le peu de nourriture (une pomme) qu'a apporté Lamia. Se procurer les ingrédients pour le gâteau sera le but de Lamia accompagnée de son coq Hindi qu'elle porte dans une besace. Arrivée dans la ville voisine avec sa grand-mère, elle échappe à sa surveillance. Lamia est aidée par un copain qui sait se débrouiller pour chaparder toutes sortes de choses. A part un chauffeur de taxi, les adultes sont des êtres sans scrupules qui profitent des enfants. Mais heureusement, ces derniers ont de la ressource même si on peut se demander ce qu'ils vont devenir quand le film se termine. Les jeunes acteurs sont formidables. Lire les billets de Pascale, Selenie et Miriam.

11 février 2026

Nulle part où revenir - Henry Wise

 

Nulle part où revenir d'Henry Wise (Editions Sonatine, 425 pages) est un premier roman prometteur qui se passe dans la région de la ville de Richmond en Virginie, de nos jours. L'histoire commence avec l'incendie d'une maison avec un homme à l'intérieur. Cet homme noir, Tom Janders, était mort avant que le feu ne se déclare. Un ami d'enfance, Will Seems, un blanc qui vient d'être nommé adjoint du shérif de la ville où s'est passé le drame, décide d'enquêter. Il est revenu après dix ans d'absence qu'il a passés à Richmond. Zeke Hathom, un homme qui était près de la maison, est tout de suite soupçonné car il n'a pas vraiment d'alibi. Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Le shérif Mills est convaincu de sa culpabilité. J'ai cru au début que Mills était un flic pourri, ce qui n'est pas entièrement le cas, quoique... La femme de Zeke fait engager Bennico Watts, une femme noire, détective privée. Cette dernière collabore tant bien que mal avec Will pour trouver qui a tué Tom Janders. Tom était l'amant de Farriday Pace, une jeune femme blanche, la mère de sa fille, un bébé de 11 mois. Will Seems s'occupe aussi de Sam Hathom (qui a du mal à décrocher de la drogue), un autre copain d'enfance qui est par ailleurs le fils de Zeke. On se demande comment l'histoire va se terminer même si on sait avant la fin qui a tué Tom et pourquoi. Si vous avez aimé les romans de Chris Offutt ou S.A. Cosby ou même ceux de David Joy, ce roman peut vous plaire. 

8 février 2026

Proies - Andrée A. Michaud

J'ai à nouveau pris l'idée de cette lecture chez Alexandra (Je lis Je blogue) dans le cadre de son challenge Un hiver polar qu'elle organise jusqu'au 20 mars prochain. Proies d'Andrée A. Michaud (Editions Rivages Noir, 380 pages) m'a permis de découvrir cette romancière québecoise. J'avoue que je n'ai pas eu le coup de foudre. L'intrigue est plutôt mince et on connait le "méchant" de l'histoire assez vite. Je n'ai pas vraiment ressenti d'empathie pour les victimes. J'en suis désolée. J'ai d'ailleurs eu du mal à entrer dans ce roman. Je me suis demandée si je n'allais pas l'abandonner et puis à partir de la page 72, je l'ai lu assez vite. Abigail, Alexandre et Judith, 16 ans tous les trois, ont décidé de passé trois jours seuls à camper dans la forêt près du village Rivière-Brûlée. L'histoire se situe non loin de l'état du Maine aux Etats-Unis. Dès le premier jour, ils sentent qu'on les observe. Pendant ce temps, une fête foraine se prépare dans le village. Un habitant de Rivière-Brûlée, le "prédateur" de l'histoire appelé Gerry Nantel, un marginal qui porte un masque, attaque les trois jeunes gens. Abigail (Aby) après avoir été ligotée à un arbre et blessée au couteau va se vider de son sang sans que personne ne s'en aperçoive. Et elle meurt. Celle que Gerry voulait attraper était Judith. Cette dernière s'enfuit tout comme Alexandre. Judith est bien évidemment traumatisée avant de retrouver sa famille et Alexandre se perd dans la forêt. A partir de là, il ne se passe pas grand-chose. Pour me faire une idée plus favorable de Mme Michaud, il faudrait peut-être que je lise Baignades ou même Bondrée. J'ajouterais que les termes québécois pas toujours compréhensibles qui émaillent le récit ne m'ont pas gênée. 

 

7 février 2026

Charlie Débat : Festival d'Angoulême

Il est assez rare que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) choisisse, pour mes "hommages du 7", de mettre en avant l'un des articles parus récemment dans Charlie Hebdo (je l'avais déjà fait ici et ). Celui que je vous présente pour ce mois de février a retenu mon attention il y a quelques jours. Il est paru dans le N°1749 du 28 janvier 2026 (pp.14-15).

 

En cette année 2026, le Festival international de BD d'Angoulême, une institution depuis plusieurs décennies (1ère édition en 1974!), a été annulé tardivement, en décembre 2025, alors qu'il devait avoir lieu en janvier 2026, comme chaque année (plus précisément, sa 53e édition aurait dû se dérouler du 28 janvier [journée professionnelle] au 1er février 2026). 

Pour parler à cette occasion du Festival d'Angoulême en particulier mais aussi, beaucoup plus largement, de l'état de la bande dessinée aujourd'hui, Charlie a réuni quelques anciens lauréats du "Grand Prix" (Boucq, Schuitten, Cestac, Vuillemin) ainsi que des membres (dessinateurs ou non) de l'équipe du journal, pour un débat "en chambre" de quelques dizaines de minutes. Ces échanges ont été transcrits sous forme d'article de journal. 

Je ne vais pas le résumer ni le paraphraser intégralemen, en voici l'adresse en ligne sur le site du journal. Mêlant les moments d'ironie et les constats sérieux (ils savent de quoi ils parlent!), il est précisé au fil des échanges que, ces dernières années, au lieu de contribuer à "mettre en avant" des démarches artistiques originales et la diversité possible de la bande dessinée tant "franco-belge" qu'étrangère, "Angoulême" avait fini par n'être plus qu'une foire où, pour une trentaine d'euros, le visiteur avait le droit d'acheter des livres, de se les faire dédicacer, et de visiter des expositions pas très originales... Une perte d'âme (c'était mieux avant?), cependant que les auteurs, eux, n'étaient pas rémunérés pour ces séances de dédicaces. 

Plus largement, l'univers de la BD s'uniformise (les jeunes dessinateurs s'inspirent pour la plupart du "style manga", avec de gros yeux, ou des "styles d'autant plus impersonnels qu'ils ne dessinent, colorient ou lettrent plus forcément sur papier, mais sur tablette...), il n'y a plus de "création" ou de "BD d'auteur". Le "roman graphique" n'est pas forcément apprécié par tel ou tel présent autour de la table (le dessin n'ouvre pas la porte d'un univers original). 

Il est aussi question du "fonctionnement" des manga au Japon, des pages produites "à la chaîne" en atelier, avec une sorte de"coach" qui donne son avis sur le scénario, les dessins... Les présents échangent un peu sur le fait que Franquin ou Hergé avaient des collaborateurs, que les "héros" aujourd'hui "locomotives" pour des Maisons d'édition ont survécu à leurs créateurs (Astérix, Lucky Luke, Blake et Mortimer...). 

Constat est fait que l'uniformisation du "produit" bande dessinée a certainement un lien avec la disparition des journaux qui pré-publiaient les planches (et faisaient vivre les auteurs) avant qu'elles sortent éventuellement en album. Aujourd'hui, la BD est calibrée pour la publication directe en album (même à quelques centaines d'exemplaires). Et il faut que le "sujet" soit "à la mode", sinon la presse ne va pas en parler faute de distinguer cet album parmi les milliers qui paraissent...

 

Les échanges sont vivants et les interventions pertinentes. J'attendais en vain, à la lecture de l'article, quelques mots sur le dessin de presse (et ses spécificités). En visionnant la captation de l'échange lui-même (23 minutes, accessibles aussi sur le site de Charlie), j'ai vu que Riss en parle tout à la fin, pour signaler que leur choix est fait par des journalistes, et que du coup la question qui est posée pour chaque dessin est "qu'est-ce que veut dire ce dessin?", avant même de tenir compte du "style personnel" de chaque dessinateur, de son approche artistique ou provocatrice. En tout cas, j'ai constaté que, même "réécrit", l'article est très fidèle à la teneur des échanges verbaux. Je vous invite à faire vous-même la comparaison! 

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PS: je voulais rajouter un mot concernant un autre titre de presse (qui n'est pas étranger à Charlie Hebdo puisqu'il a accueilli à deux reprises sa rédaction après des catastrophes). Libération a consacré son numéro du vendredi 30 janvier 2026 (N°13851) à la bande dessinée, avec en première page "Le Libé tout en BD" et en p.4-5 un grand article titré "Et demain? 15 auteurs et autrices imaginent leur fête rêvée de la BD". Luz (ancien dessinateur de Charlie) y figure. Mais, vérification faite, parmi ces 15 "auteurs et autrices", le seul autre homme à part lui est "Serge Ewenczyk, éditeur". J'avoue que cela m'a fait rigoler (je ne vais pas dire "ricaner", quand même), indépendamment du contenu des interventions. "Auteurs et autrices"? Tout le monde connaît le célèbre pâté d'alouette et de cheval (moitié-moitié): une alouette, un cheval...

 

*** Je suis Charlie ***

4 février 2026

Kalmann - Joachim B. Schmidt

Grâce à Alexandra (Je lis je blogue) et à son challenge Un hiver polar, je viens de terminer en même pas deux jours Kalmann de Joachim B. Schmidt (Folio Policier, 367 pages haletantes,2023), un polar écrit par un "Suisse allemand" qui vit en Islande depuis 2007. Et l'histoire se passe justement en Islande, à Raufarhöfn (le village le plus septentrional d'Islande), 173 habitants dont Kalmann, le "simplet" du village. Il est le narrateur du roman. Depuis que son grand-père qui perd la tête est dans une maison de retraite, Kalmann, presque 34 ans, est le seul pêcheur de requin gris du Groenland (ou laimargue du Groenland) de la région. Il est très doué dans la fabrication du requin fermenté (faisandé) qui demande une longue préparation. Les morceaux de requin fermenté s'appellent Hakarl (requin en Islandais). J'ai appris que ce requin pouvait vivre presque 500 ans dans les profondeurs des eaux polaires de l'Atlantique nord. Pour en venir à l'intrigue, Kalmann, né d'un père américain qui est reparti aux Etats-Unis depuis longtemps, aime porter un chapeau de cow-boy et une étoile de shérif et il porte aussi un revolver a priori non chargé. Kalmann est quelqu'un qui peut piquer des grosses colères, qui n'aime pas la foule et qui déteste le changement. Il a une mère qui est infirmière à Akureyri. Elle vient le voir dès qu'il sent qu'il ne va pas bien. Kelmann est très seul, les gens se moquent parfois de lui. Un jour, alors qu'il est à la recherche d'un renard polaire à fourrure bleue baptisé Schwarzkopf, il voit une très grande tache de sang dans la neige. Après analyse, il s'avère que ce sang appartient à Robert McKenzie, un homme qui est en train de provoquer la ruine du village à cause des quotas de pêche. On se demande jusqu'au bout ce qui est arrivé à McKenzie. J'ai trouvé ce roman bien mené avec du suspense. Et on s'attache bien évidemment au personnage de Kalmann qui suggère que McKenzie pourrait avoir été tué par un ours polaire venu du Groenland. 

Lors du lancement du challenge, ce titre était une suggestion d'Alexandra que je remercie à nouveau. J'ai vu à la fin de l'ouvrage qu'un nouveau titre, Kalmann et la montagne endormie, avait été publié en 2025. Je pense que je le lirai. Lire les billets de Belette2911 et Actu du noir, Shangols.

 

1 février 2026

Nuremberg - James Vanderbilt

Voici un film dont je n'avais pas vu la bande-annonce. Nuremberg de James Vanderbilt commence avec Hermann Göring qui se rend aux autorités alliées en 1945. Cela se passe en Autriche et il va d'abord être interné dans une prison au Luxembourg avant d'être transféré à Nuremberg en ruines pour être jugé et certainement condamné avec 21 autres accusés. Ce procès est celui où pour la première fois il a été question de "Crime contre l'humanité". Je vous conseille à ce propos l'excellent ouvrage de Philippe Sands (Retour à Lemberg). Le film se concentre principalement sur les échanges entre Göring et un psychiatre dont je n'avais jamais entendu parler: Douglas Kelley (1912-1958) qui faisait passer aux gens les tests de Rorschach. Il l'a fait en particulier pour "Goering" et les autres nazis accusés. Russell Crowe dans le rôle du Reichsmarschall est impressionnant et imposant par sa stature et sa manière de jouer. Le personnage n'est jamais vraiment menaçant mais il pense manipuler le psychiatre. Rami Malek se tire plutôt bien de ce rôle. Mais j'ai aussi beaucoup apprécié les prestations de Michael Shannon et Richard E. Grant qui dans les rôles des procureurs américains et britanniques sont excellents. La séquence vers la fin du film où David Maxwell Fyfe (Richard E. Grant) mène le contre-interrogatoire d'Hermann Göring qui dévoile sa face sombre est un grand moment du film. Grâce à Nuremberg, j'ai appris que Göring maîtrisait la langue anglaise, il était capable de contester certaines traductions d'allemand en anglais et j'ai appris l'existence de ce psychiatre américain. Pendant quelques minutes, on assiste à la projection des films d'époque sur les camps de concentration, c'est toujours aussi éprouvant. Un film que je conseille pour la reconstitution, l'interprétation et pour le fait que 80 ans après, il ne faut pas oublier. C'est bien que ce procès ait eu lieu à l'époque. Il a duré un an et 10 prévenus sur 22 ont été exécutés, le 11ème condamné à mort, Göring, a pu se suicider avec une capsule de cyanure. Presque 12 ans après, Kelley s'est aussi suicidé de la même manière. Lire le billet de Selenie

29 janvier 2026

La dernière reine - Jean-Marc Rochette

C'est grâce à mon ami Ta d loi du cine que j'ai lu en une soirée une BD que j'ai beaucoup appréciée. Il s'agit de La dernière reine, un album écrit et dessiné par Rochette (Edition Casterman, 238 pages, 2022). J'ai trouvé l'histoire vraiment pas gaie dans l'ensemble. Dans le Vercors, il y a des centaines de milliers d'années, vivaient des ours (et des loups). En 1898, la dernière ourse est tuée, a priori. Emile Roux, un jeune garçon roux orphelin de père, aime bien se bagarrer, et a une passion pour les animaux en général et pour les ours en particulier. Avec sa mère, il vit dans les montagnes du Vercors. Quelques années plus tard, lors de la guerre de 14-18, il va être le seul survivant de son bataillon mais à quel prix. Il est devenu une "gueule cassée" qui va renaître, si je puis dire, grâce à une certaine Jeanne Sauvage qui fabrique des prothèses souples pour masquer les parties manquantes d'un visage. Elle est très douée et pleine de compassion. Entre elle et Emile, une histoire d'amour débute. Il l'emmène dans le Vercors, ils vivent une folle passion et il lui fait découvrir une grotte ornée où l'on peut admirer une très belle sculpture d'ourse (la dernière reine). Jeanne s'est spécialisée dans les dessins et les sculptures d'animaux. Emile l'incite à recréer une sculpture semblable. Elle pourrait enfin être reconnue comme une grande artiste. Mais c'est compter sans les aléas de la vie. Je vous laisse découvrir le reste de cette histoire d'où émane beaucoup de tristesse. Une histoire d'amour qui reste en mémoire. Il me faut noter tout de même que les couleurs sont très sombres sur tout l'album. Cela ne doit pas vous rebuter.  Lire le billet d'Hélène

 

 

 

 

 

Il faut noter que Jeanne et Emile croisent Picasso et Cocteau

Il y a des années, j'avais chroniqué un autre album de Rochette, Le loup.

25 janvier 2026

L'affaire Bojarski - Jean-Paul Salomé

Pascale n'a pas aimé plus que cela de L'affaire Bojarski de Jean-Paul Salomé. Pour ma part, j'ai apprécié un tout peu plus ce film qui manque néanmoins de rythme. Il dure plus de deux heures. J'ai trouvé Reda Kateb très bien dans le rôle de Jan Bojarksi, un émigré polonais arrivé pendant la deuxième guerre mondiale à Paris. L'histoire est adapté de faits réels. Jan Bojarski (1912-2003) a échappé pendant plus de vingt ans à la police. Ce fut un faux-monnayeur de grand talent. Sa plus belle réussite fut les faux Bonaparte, à la valeur faciale de 100 nouveaux francs. Auparavant, il avait créé d'autres faux billets. Il a tout fait tout seul dont la machine pour fabriquer les faux billets. C'est lui seul qui écoulait la fausse monnaie. Il a réussi à rester discret en écoulant un seul billet dans chaque magasin ou café où il passait. Quand il fut enfin arrêté (je vous laisse découvrir pourquoi et comment), la police a eu du mal à croire qu'il ait pu tout faire tout seul sans complicité. Le film s'attache donc à son "oeuvre" et aussi à sa vie avec sa femme Suzanne (Sara Giraudeau) issue d'une famille aisée. Pour sa belle-famille, Bojarski se présente comme un inventeur. Et en effet, il invente des objets mais l'essentiel de son occupation sont les faux billets. Face à lui, le commissaire Mattei (Bastien Bouillon) a sacrifié sa carrière et s'est fait mettre au ban de toute sa hiérarchie. C'est fut un vrai jeu du chat et de la souris. Le film peut sembler un peu "plan plan" mais cela ne m'a pas trop dérangée. J'ai aimé la reconstitution d'époque. Lire les billets de Selenie et Géraldine qui ont apprécié.

22 janvier 2026

Le mage du Kremlin - Olivier Assayas

Hier, mercredi 21 janvier 2026, est sorti un film français joué en anglais qui dure presque 2h20 et que j'ai énormément aimé dès les premières images. Je l'ai vu en avant première dans une salle assez pleine. Il s'agit donc du film Le Mage du Kremlin réalisé par Olivier Assayas avec dans les rôles principaux Paul Dano, Jude Law et Alicia Wikander. Je n'ai pas lu le roman de Giuliano da Empoli paru en 2022 et qui a reçu le Grand prix du roman de l'Académie française la même année. Il semble que le film soit très fidèle au roman sauf la fin. Le scénario adapté a été écrit par le réalisateur lui-même et Emmanuel Carrère. J'ai trouvé les deux acteurs principaux, Paul Dano et Jude Law, remarquables. L'histoire qui s'inspire bien entendu de faits et de personnages réels se déroule sur une vingtaine d'années à partir du début des années 90, au moment de la chute de l'Empire soviétique et des années Eltsine. Vadim Baranov (Paul Dano) commence sa carrière comme producteur d'émissions de téléréalité. Sa notoriété l'amène à approcher un lieutenant-colonel du FSB (ex-KGB), il s'agit de Vladimir Poutine (Jude Law). Baronov est pour beaucoup dans l'ascension de Poutine qui est un homme froid et sans état d'âme. C'est en tout cas le ressenti que j'ai eu. Le film consiste en un long flash-back qui est le récit par Baronov à un journaliste de sa vie et de ses différentes actions ayant amené à ce que Poutine soit élu. Et vingt-deux ans plus tard, ce dernier est toujours au pouvoir. Plusieurs événements sont évoqués dont la tragédie du Koursk et les JO d'hiver de Sotchi en 2014. Baronov, au début des années 2010, est retiré de tout. Il vit avec sa petite fille dans une belle datcha. J'ai été assez bluffé par le jeu de Jude Law et son incarnation de Poutine. Je n'ai pas vu passer les 2h36 que dure le film qui m'a passionnée de bout en bout. La fin que personne ne voit venir est brutale. 

20 janvier 2026

Un avenir radieux - Pierre Lemaitre

Après Le grand monde et Le silence et la colère, je viens de terminer Un avenir radieux de Pierre Lemaitre (Edition Calmann Levy, 585 pages haletantes), le troisième tome de sa série "Les années glorieuses", j'ai à nouveau côtoyé la famille Pelletier qui s'est agrandie avec les deux enfants de Nine et François et la fille d'Hélène, cette dernière étant à nouveau enceinte. L'histoire se passe cette fois ci entre avril et mai 1959 à Paris et sa banlieue et à Prague. Colette qui a désormais presque 11 ans vit avec ses grands-parents Louis et Angèle. Le couple est très attaché à leur petite-fille qui n'est pas vraiment aimée par sa mère Geneviève, qui avait failli la rendre handicapée dans le tome précédent. En revanche, Geneviève couve littéralement son petit garçon Philippe, un garçon très perturbé. Jean Pelletier, le mari de Geneviève et l'aîné de la famille, est martyrisé par sa femme qui le méprise. Il est toujours à la tête des magasins Dixie. Hèlene, la soeur de Jean et François, travaille dans une radio en animant une émission nocturne. Quant à François, il est toujours journaliste et il coproduit une émission d'informations à la télévision. Il va se retrouver au coeur d'une affaire d'espionnage en prenant la place d'un futur transfuge à Prague, en Tchécoslovaquie. Le récit composé de petits chapitres alterne le récit. C'est toujours aussi prenant. Geneviève est de plus en odieuse. Jean continue d'avoir des pulsions criminelles qui restent toujours impunies. La petite Colette va être éprouvée dans sa chair. Louis tombe gravement malade. Et François va passer par des épreuves que je vous laisse découvrir. Le roman se lit donc d'une traite et j'attends de lire le quatrième tome qui vient de paraître. Je conseille de lire les romans dans l'ordre, en commençant par le premier. Lire les billets d'Athalie, d'Enna, mhf, Alex-mot-à-mots

17 janvier 2026

La femme de ménage - Paul Feig

Pour commencer, une observation concernant les spectateurs de la séance de La femme de ménage, de Paul Feig, à laquelle j'assistais. Le public dans la salle était composé par au moins 80% voire 85% de personnes de sexe féminin. Les seuls hommes me paraissaient un peu isolés. Je fais partie des lecteurs (trices) qui ont au moins lu le premier tome (que je n'ai pas chroniqué) de cette série écrite par Freida McFadden qui est devenue un véritable phénomène littéraire. La femme de ménage, c'est Millie, une jeune femme qui vient de purger dix ans de prison pour meurtre. Elle est une libérée conditionnelle car elle a encore cinq ans à faire. Ayant répondu à une annonce, elle accepte l'emploi de femme de ménage dans une belle demeure luxueuse au service de Nina, de sa fille Cecilia et de son mari Andrews, homme d'affaires fortuné qui en plus a un physique de play-boy. Dès le départ, on se rend compte que Nina a un problème de comportement. Millie ne regimbe pas car elle a besoin de ce travail pour éviter de retourner en prison. De mémoire, le scénario est assez fidèle au roman sauf une partie de la fin. Je n'en dis pas plus car celles et ceux qui ont lu le roman pourront faire la comparaison. Quant à ceux qui n'ont pas lu le livre, notez qu'il y a un certain suspense avec un retournement de situation que vous découvrirez. Le rythme du film est trépidant et les acteurs font leur boulot. Ce n'est pas désagréable à voir. Je n'ai toujours pas bien compris à quoi sert le jardiner paysagiste italien, mais ce n'est pas grave. À la toute fin du film, on peut deviner qu'il y aura une suite (prévue en 2027). Lire le billet de Géraldine

15 janvier 2026

Midnight Express - William Hayes

Pour accéder au livre présenté ci-dessous, il a fallu que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) le fasse venir de la "Réserve centrale" des bibliothèques de la ville de Paris. Peut-être que certains ont déjà vu le film que l'ouvrage avait inspiré, ce n'est pas mon cas. Avec lui, je participe en tout cas au challenge "Escapades en Europe - Voyages dans les littératures européennes" de Cléanthe, dont le thème de ce mois de janvier est "Istanbul".

Billy Hayes (avec collab. William Hoffer), Midnight express, France loisirs, 1988
(fin rédaction août 1976, EO 1977, trad. Danielle Michel-Chic, Presses de la cité 1986)
222 pages [âge de lecture: à partir de 16 ans?]

 

Cette "histoire vraie" se lit comme un polar, et c'en est plus ou moins un, d'ailleurs (une fois mon billet rédigé, je verrai si je peux l'inscrire à d'autres challenges!). Voici les premières lignes du chapitre 1 (sur 25): "L'aéroport international Yesilkoy est situé en pleine campagne, à une trentaine de kilomètres d'Istanbul, non loin de la côte". Le 7 octobre 1970, le narrateur à la première personne (William Hayes, né en avril 1947 s'y fait "attraper" avec, cachés sur lui, deux kilos de haschich (malchance!). Américain ou pas, en Turquie, les Turcs ne plaisantent pas avec le trafic de drogue: il se retrouve d'abord au commissariat de Sirkeci (près du port d'Istanbul), puis très vite en prison, à Sagmalcilar (à l'autre bout de la ville).

 

Dès la cellule commune du commissariat, il semble avoir la chance de sympathiser avec un "caÏd" local, attrapé, lui, avec 60 kilos. La première nuit qu'il y passe est l'occasion de méditer sur sa vie. William Hayes, né en avril 1947 selon Wikipedia consulté ce 15/01/2025), était un jeune homme de la classe moyenne américaine: père qui n'a pas fait d'études supérieures mais dont le salaire assure l'existence de la famille, mère vraisemblablement au foyer. Sa voie semble toute tracée par ses parents: lui ira à l'Université (catholique), aura ainsi un bon emploi, puis se mariera... Or nous sommes dans les années 1960, les études ennuient le gamin, peu motivé, qui ne les poursuit que pour conserver le sursis lui garantissant de ne pas partir au Viet-Nam (cependant que papa est choqué qu'il ne souhaite pas servir son pays!). Et puis la fumette..

 

Bref, le lendemain, on lui propose une liste d'avocats turcs, il en choisit un ayant fait ses études et même enseigné en Amérique. La première lettre qu'il envoie à ses parents pose un repère temporel (8 octobre 1970), les lettres envoyées et datées apparaîtront de loin en loin (souvent en début de chapitre) dans ce qui va devenir un séjour au long cours dans l'univers carcéral turc. Au chapitre 4, il arrive véritablement en prison (il n'a pas encore été jugé). On l'amène dans le quartier des étrangers (le kogus). Il commence à s'inquiéter quand il apprend qu'un noir américain a pris douze ans et demi pour avoir eu 100 g de haschich sur lui. Il apprendra vite la musique... Ayant frappé le memisir Emin (le prisonnier chargé du kogus) qui l'importunait, il va faire connaissance avec la bastonnade, appliquée (par une matraque en bois dur d'un mètre de long) notamment sous la plante des pieds... (ce sera, semble-t-il, la seule fois de son séjour).

 

Je manque sans doute d'empathie, mais j'avoue que le "héros" de cette autobiographie ne m'est jamais apparu comme sympathique. Les deux kilos de "came", achetés 200 dollars à Istanbul, auraient eu une valeur de 5000 dollars (1970) à New York. il ne voulait pas les revendre (dit-il), mais les consommer personnellement et avec ses amis. Le livre se garde bien de dire si c'était son premier "voyage" ou non. Lors de son procès (attendu durant des mois), il écope de quatre ans et deux mois pour possession de haschich. À propos de voyage, j'ai été intéressé par la découverte, au détour d'une page, de ce que signifiaient différents trains possible, dont l'express de minuit, l'omnibus légal, ou plus loin le train de transfert.

 

Les années passent, politique intérieure turque, politique intérieure américaine (Nixon) et géopolitique (lutte contre la production... d'opium) influencent les relations entre les deux pays (William étant au mauvais endroit au mauvais moment!). Le procureur turc a fait appel a minima, un nouveau procès porte la peine de notre Américain à perpétuité (pour trafic de drogue cette fois-ci), ramenée à 30 ans par le juge qui ne peut réduire davantage. Ses parents le soutiennent (sans approuver ni ce qu'il a fait, ni ses plans d'évasion), le financent... Nous avons le récit de sa vie quotidienne, de ses interactions avec co-détenus et gardiens., de ses espoirs (être extradé vers son pays par un gouvernement turc plus compréhensif...), des démarches de ses parents et ami(e)s... 

 

Son "retour à la maison" interviendra en octobre 1975 (William cite p.181 une définition du [poète] Robert Frost: "la maison est l'endroit où l'on vous accepte toujours lorsque vous devez y aller"). L'une de ses premières démarches est de contacter plusieurs agents littéraires, directeurs de maisons d'éditions et producteurs de cinéma. Son "avance" pour le livre lui a permis de rembourser la seconde hypothèque prise par son père sur leur maison afin de lui apporter en prison nombre de billets de 100 dollars bien dissimulés... (un ex-co-détenu lui en a arnaqué une bonne partie). 

 

Le livre, et surtout le film, je suppose, ont dû donner une mauvaise image de la Turquie à l'étranger (particulièrement en Amérique). De la même manière, je pense, qu'aujourd'hui l'opinion publique américaine touchant notre capitale est certainement davantage forgée par leur feuilleton Emily in Paris que par ce que peut dire ou faire Emmanuel à l'Elysée ou par les actions des millions de Parisiens ou même de Français!

 

Mr K, du blog cafard at home (Le Capharnaüm éclairé), avait parlé de ce livre en 2013. 

 

Edit du 16/01/2026: j'inscris ce billet comme ma première contribution au challenge American Year (2025-2026, 3e édition) chez Belette2911.

 

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