Le blog de Dasola
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11 mai 2012

Saya Zamouraï - Hitoshi Matsumoto

 

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Le mercredi 9 mai 2012 est sorti à Paris, dans deux salles seulement, Saya Zamouraï d'Hitochi Matsumoto, une tragi-comédie nippone émouvante et plutôt drôle, à l'image de la mimique de clown triste sur le visage de l'acteur (non professionnel), comme vous pouvez le voir sur l'affiche. Au Japon, dans une période indéterminée, Kanjuro Nomi (Takaaki Nomi), un samouraï mutique et sans sabre (le fourreau qu'il porte est vide), erre dans la campagne en compagnie de sa petite fille (qui le rabroue souvent). C'est un veuf inconsolable. Sa tête est mise à prix depuis un certain temps car il refuse de combattre. Capturé par un seigneur rival de son clan, il a 30 jours pour faire sourire le fils dudit seigneur par tous les moyens imaginables. Si, au bout de ce laps de temps, le petit garçon ne rit pas, il devra mourir comme un samouraï en pratiquant le "seppuku". Nomi se donne beaucoup de mal pour dérider le garçonnet, il se transforme même en homme-canon. Il se grime, se maquille, fait des dessins sur son torse et d'autres choses de ce genre, mais en ne prononçant jamais une parole. Au fur et à mesure que le temps passe, il recueille le soutien des villageois qui sont enthousiastes devant les performances de Nomi.

C'est le troisième film du réalisateur, que je ne connaissais pas. Hitoshi Matsumoto a plusieurs cordes à son arc puisqu'il est aussi acteur, humoriste et animateur de spectacles à la télévision japonaise. C'est d'ailleurs lors d'une de ces émissions qu'il a rencontré Takaaki Nomi qui devait faire le clown devant une caméra. Il semblerait que Takaaki Nomi, qui ignorait tout du scénario, n'a su qu'à la fin qu'il tournait un long-métrage. Si vous voulez voir un film bizarre, poétique, humoristique, décalé, et qui se termine avec une chanson, allez le voir. J'espère qu'il sera projeté dans quelques salles en province.

11 juillet 2011

Le perroquet des Batignolles - 1. L'énigmatique Monsieur Schmutz - Boujut, Tardi, Stanislas

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Je voulais rendre hommage par le biais d'une BD adaptée d'une pièce radiophonique diffusée sur les ondes de France Inter en 1997 au journaliste écrivain producteur de télé, Michel Boujut, récemment disparu.
Michel Boujut fut le producteur réalisateur (avec Anne Andreu et Claude Ventura) de "Cinéma, cinémas", cette émission génialissime qui parlait de cinéma dans les années 80 (1982 à 1991). Diffusée sur France 2, elle a égayé le paysage audiovisuel français. Il fut une époque encore récente où la télévision française fabriquait des émissions de qualité qui ne prenaient pas les téléspectateurs pour des imbéciles.
Pour en revenir à la BD proprement dite, Le perroquet des Batignolles - 1. L'énigmatique Monsieur Schmutz, il s'agit de la première partie de l'histoire. La suite paraîtra l'année prochaine (hélas, il faut attendre). Il est prévu 5 volumes en tout. Très agréable à lire, l'histoire policière menée par un preneur de son à Radio France, Oscar Moulinet, "vieux, très vieux... 35 ans...", se passe au tout début du XXIème siècle. Je vous donne quelques éléments importants de l'intrigue: des petits canards en or boite à musique (qui jouent "L'entrecôte" chantée par les Frères Jacques), des bandes magnétiques audio dissimulées dans ces mêmes canards, une cantatrice noyée, un sommelier étranglé, la petite amie d'Oscar menacée, un faussaire en tableaux et objets d'art. J'aime beaucoup les dessins de Stanislas (voir la couverture). Il y a quelques clins d'oeil à des hommes de radio connus à France Inter, et un bulletin de météo marine d'anthologie. J'ai hâte de découvrir la suite où il sera, j'espère, question du perroquet du titre, que l'on ne voit pas du tout dans ce 1er tome. [T.2 chroniqué le 16/11/2014]

25 janvier 2013

Le 27 janvier 1983 disparaissait Louis de Funès

Et oui déjà 30 ans que "Fufu" disparaissait victime d'une crise cardiaque. Il y a cinq ans, j'avais déjà écrit un billet sur ce comédien.
Pour moi cet acteur hyper-nerveux a incarné à merveille le maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot dans Le gendarme de Saint-Tropez et ses suites, Victor Pivert dans Les Aventures de Rabbi Jacob, Don Salluste dans La Folie des grandeurs, Bertrand Barnier dans Oscar, Michel Duchemin, le père de Coluche, dans L'aile et la cuisse, sans oublier le duo génial qu'il a formé avec Bourvil dans Le Corniaud et La Grande Vadrouille de Gérard Oury.

Pour l'occasion, Télérama vient de publier un hors-série assez complet sur la vie et la carrière de ce comédien plutôt unique dans son genre.

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Et vous, que pensez-vous de ce comédien et de ses mimiques? Est-ce qu'il vous faisait rire? Et quels sont les films dans lesquels vous le préférez?

27 mars 2022

Avec la permission de Gandhi - Abir Mukherjee

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Paru en janvier 2022, voici le troisième volume de la série. Après L'attaque du Calcutta-Darjeeling et Les princes de Sambalpur, Avec la permission de Gandhi (Liana Levi, 314 pages) nous permet de retrouver le capitaine britannique Sam Wyndham et le sergent Sat Banerjee. L'addiction à l'opium de Wyndham s'aggrave. L'histoire se passe entre la soirée du 21 décembre et le 25 décembre 1921. Le 21 décembre, suite à une descente de police, Wyndham est obligé de s'enfuir d'une fumerie d'opium et en s'enfuyant, il voit un homme énucléé et poignardé qui rend son dernier soupir. Wyndham pense que c'est un Chinois. Pendant ce temps là, des foules de manifestants pacifistes sous l'instigation de Gandhi décident de défiler dans les rues de Calcutta alors que le prince de Galles (le futur Edouard VIII) vient en visite officielle. Un jour plus tard, c'est une femme que l'on retrouve énucléée de la même façon. Un troisième crime similaire suivra. Le point commun entre les victimes est qu'elles ont travaillé ensemble lors d'expériences sur le gaz moutarde juste après la première guerre mondiale. Il y a un assassin qui veut se venger. Bien entendu, les deux histoires vont se télescoper. Un très bon cru qui permet à Wyndham de se distinguer une fois de plus, même s'il n'est pas au top de sa forme et si sa hiérarchie lui met des bâtons dans les roues. Vivement le quatrième tome!

27 décembre 2021

Météor - Raoul Giordan

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Voici, je pense, l'un de mes derniers billets de 2021 concernant le Challenge de la planète Mars (la récente inscription de Keisha m'a remotivé!). J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) pioché l'inspiration dans l'un des quelques milliers d'albums de BD que j'ai accumulés chez moi depuis plus de 30 ans. Il s'agit d'une réédition de fascicules qui étaient commercialisés en kiosque dans les années 1950-1960, avec une logique d'"histoire complète" et un prix moins cher que les hebdomadaires Spirou ou Tintin qui proposaient, eux, quelques planches de nombreuses histoires "à suivre" en parallèle. Météor était l'un des nombreux titres (chacun dédié à une série en particulier) dessinés par différents auteurs (payés "à la case") proposés par la Maison d'édition Artima. Les frères Robert et Raoul Giordan sont entrés chez Artima en 1950 et ont d'abord travaillé ensemble sur deux séries. En 1953, Raoul entame seul Météor. 

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Météor, Il était une fois... Artima, Arédit / éd. Lefrancq, 1990

Du second tome, je ne dirai pas grand-chose, si ce n'est que je l'avais acheté il y a plus de 20 ans, dans une librairie de BD d'occasion aujourd'hui disparue. La première aventure de ce volume, titrée "Titania", commence par un résumé: "Après avoir quitté la planète Mars, la fusée du docteur Spencer s'est posée sur une planète atteinte de gigantisme (...)". Du coup, après quelques recherches pour trouver trace du premier, j'ai finalement investi dans l'achat sur internet d'un Tome 1 "dans son jus" (poster compris) de cette réédition parue aux éditions Lefrancq.

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La série d'aventures publiée dans Météor constitue un "space opera" qui a dû faire rêver bien des gamins des années 1950-1960. Je ne connais pas assez les précédesseurs ou éventuelles sources d'inspiration pour en parler, mais à la lecture des épisodes successifs de Météor, j'y ai trouvé quelques ressemblances (au moins thématiques) avec d'autres BD comme Objectif lune (Hergé, album paru en 1953 après prépublication dans le journal Tintin) pour le départ de la terre, ou les premières aventures de Dan Cooper (créé en 1954 par Albert Weinberg) pour la mise en place d'une station spatiale en forme de roue et l'invention d'un appareil volant révolutionnaire par un savant charismatique... Le traitre de service accompagne même nos Terriens sur la lune, où le trio principal et quelques acolytes vivent des aventures assez semblables à celles de Tintin et ses compagnons dans On a marché sur la lune, aux prises entre autres avec la poussière lunaire qui n'est pas encore nommée régolithe. Puis une fusée destinée spécialement à l'exploration intersidérale est contruite. A partir de là, seuls trois Terriens vivront les aventures: le professeur Spencer (scientifique de l'équipe), le pilote Sam Spade (le "héros"?), et le mécanicien Texas (qui correspond à peu près à Sonny Tuckson dans Buck Danny...).

P1140157 Interlude pédagogique p.127.

Une mystérieuse soucoupe volante, d'abord entrevue sur la lune, se révèle vénusienne dans le cinquième épisode (Antos, l'ami vénusien, offre même une première nouvelle fusée, à la technologie plus avancée que la terrienne, à notre équipe). Et enfin, le sixième, qui commence p.105, est titré "Invasion martienne". p.122, il s'avère que les Martiens, avec lesquels les relations avaient commencé difficilement (un "canardage" de vaisseau spatial par erreur en entraînant un autre...), ont besoin d'aide sur leur planète: celle-ci étant totalement déshydratée (épisode "Au secours de Mars", à partir de la p.124). 

P1140152P1140151Heureusement, nos héros avaient trouvé, juste après la lune, une planète jumelle de la terre (et logiquement dénommée Terra) juste habitée par quelques dinosaures et autres hommes préhistoriques, que les Martiens assoiffés pourront pacifiquement coloniser! Mais le dernier épisode de l'album présente notre trio terrien repartant, nanti d'une nouvelle fusée "spéciale pour grande croisière" (ils ont cassé la précédente!), derechef offerte par les Vénusiens, vers de nouvelles aventures "vers les astres les plus lointains"... On remarquera que la plupart des planètes visitées possèdent une atmosphère (le plus souvent respirable), une flore, une faune, voire même abritent des humanoïdes, avec lesquels nos héros n'ont pas plus de difficultés à communiquer que n'en ont les Pionniers de l'espérance, autre série de SF emblématique (publiée dans le journal Pif gadget). Autres temps, autres visions (naïves?) de l'espace, pour faire rêver la jeunesse... 

Ci-dessous, encore quelques planches extraites du tome 1 de cette réédition d'une série de BD de "l'âge d'or", malheureusement ignorée des bibliothèques municipales parisiennes.

   P1140159 p.111, première vision d'un "Martien".

  P1140156 (p.124)  P1140158 (p.131) 

A défaut des deux pages de préface (identiques dans les deux volumes que je possède), présentant les éditions Artima, Météor et Raoul Giordan, on trouve quelques informations succinctes sur Wikipedia (consulté le 27 décembre 2021). Enfin, un site (de fan?) semble faire référence sur Météor. Raoul Giordan est décédé en 2017 après avoir pu apprécier la redécouverte de son oeuvre. A cette occasion, Gilles Ratier, l'un des piliers de l'ACBD (Association des critiques et journalistes de bande dessinée) avait publié sur BDZoom (compléments bibliographiques, relecture et mise en page) un article très complet signé Henri Filipini. 

28 janvier 2022

Un tueur sur mesure - Sam Millar

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J'ai lu quelques romans de cet écrivain ancien membre de l'IRA qui a fait de la prison comme activiste politique et qui, aux Etats-Unis, a été prisonnier de droit commun pour un hold-up spectaculaire. Depuis son retour à Belfast, il s'est reconverti dans l'écriture et c'est plutôt réussi. C'est le quatrième roman que je lis de Sam Millar. C'est aussi noir que les trois autres mais il faut lire cela au deuxième degré, et Millar met une certaine distance dans ce qu'il raconte. Il y a même de l'humour. Un tueur sur mesure (Editions Métailié, 284 pages) se passe à Belfast de nos jours. Trois truands ont l'idée de braquer une banque le soir d'Halloween, déguisés en loups. Et bien, ils ratent leur coup, la banque visée n'ayant plus de liquidités, alors que les trois lascars se rejouissaient d'avance. Qu'à cela ne tienne, l'un des trois s'empare d'une mallette que détient un client retenu en otage, pas commode du tout. Et là bingo, c'est le jackpot, la mallette contient un demi million de livres sterling. Ce qu'ils ne savent pas (ou pas tout de suite), c'est que l'argent appartient à un groupuscule appelé La Fraternité pour la liberté irlandaise. Son leader s'appelle Connor O'Neill, et ce n'est pas un tendre même s'il va à la messe tous les matins. Il engage un certain Rasharkin, le tueur du titre, pour récupérer l'argent et se débarrasser des coupables. Avant de les tuer, Rasharkin aime bien torturer les gens. Et pendant ce temps, la police mène aussi l'enquête. J'ai lu ce roman d'une traite car il est découpé en petits chapitres et puis j'avais hâte de savoir ce qui allait se passer. A la fin, on pourrait s'attendre à retrouver des personnages dans un roman ultérieur. J'ai beaucoup apprécié ce polar tout comme Actu du noir - Jean-Marc Laherrère, Nyctalopes, Yv et Blacknovel.

24 mai 2021

La croisière du Snark - Jack London

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Bon, ça commence à devenir de moins en moins drôle que je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) me retrouve désormais tout seul à participer au Challenge Jack London proposé de mars 2020 à ... "plus soif, je veux dire plus lire!" par ClaudiaLucia. Du coup, cette parution sera la dernière de mes huit billets, pour lesquels j'aurai quand même soutenu un bon rythme de croisière, depuis le 08/02/2021.

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De son côté, le récit de voyage La croisière du Snark est paru en 1911. Il se présente sous l'apparence de 17 chapitres, peut-être (?) rédigés par Jack London sous forme de reportages concernant le voyage effectué avec sa femme Charmian, d'avril 1907 à novembre ou décembre 1908, depuis la Californie jusqu'en Australie (initialement, ils devaient être 7 ans absents et rêvaient de faire le tour du monde). Le texte est précédé d'Un mot sur le Snark, quatre pages rédigées par Louis Postif, le traducteur du texte publié chez Hachette en 1936. Pour ce qui me concerne, il s'agit de l'un des deux bouquins que j'ai retrouvé dans mes étagères, déclassés par rapport au gros de mes London parce qu'achetés à des années d'intervalle. Mon édition est parue cette fois chez Le Livre de poche (en date du 3e trimestre 1976), et j'ai acheté le bouquin (d'occasion) en 2006. J'ai regretté l'absence d'un "apparat critique" qui m'aurait informé des dates exactes de publication dans tel ou tel support. J'ai dû glaner ailleurs les informations m'apprenant que, en parallèle à ce "reportage au fil de l'eau", London a trouvé moyen de rédiger aussi Martin Eden (commencé à Honolulu et terminé à Papeete), L'Aventureuse, Contes des mers du Sud, Radieuse aurore, et de nombreuses nouvelles, ce qui lui permettait de financer les frais du voyage. Il faudrait quand même que j'arrive à feuilleter une édition en 10-18... une année ou l'autre. Ça se finit un peu en queue de poisson... Jack London fait justice, dans le dernier chapitre, de la rumeur comme quoi tous les frais de la croisière étaient intégralement payés par un magazine. 

Le premier chapitre, titré La réalisation d'un rêve, expose comment est née l'idée du voyage sur une embarcation de moins de 15 mètres de long à la flottaison. J'en extirpe ce qui paraît une bonne "profession de foi" ou "philosophie de vie" de London, pour répondre à ceux (ses amis...) qui prenaient le projet pour une folie (p.15): "Et si cela me plaît, à moi! Voilà les mots qui résument tout. Plus profonds que la philosophie, ils poussent l'ivrogne à boire et le moine à endosser un cilice; ils incitent celui-ci à poursuivre la gloire, celui-là à conquérir l'or, cet autre à vivre pour l'amour, ce quatrième à ce consacrer à Dieu. La philosophie est très souvent pour l'homme, un moyen individuel d'exprimer ses goûts et ses désirs". 

Pour dire quelques mots des autres chapitres qui composent cette oeuvre quelque peu décousue, j'ai retrouvé dans la description des mésaventures du fameux bateau, avant et après l'appareillage, la verve qui était déjà à l'oeuvre pour raconter les déconvenues du "correspondant de guerre" en Corée. Dès le second chapitre, London "règle ses comptes" avec tous ceux qui sont intervenus sur la fabrication du bateau: budgeté pour 7000 dollars, celui-ci lui en a finalement coûté plus de 30 000, et a pris la mer sans avoir mené à bien tous les essais qui se seraient probablement imposés avant un départ pour le tour du monde. Je n'ai rien compris aux explications données dans le chapitre Le navigateur amateur. Tout le sel des plaisanteries m'est passé au-dessus de la tête... Plus généralement, les  différents chapitres peuvent porter sur un thème (ah, la découverte du "surf-riding" à Hawai par London: le chap. VI y est consacré!), ou décrire un lieu, une excursion à terre... Ou les rencontres avec des personnages hauts en couleurs, indigènes ou bien Européens expatriés "dans les Îles". J'ai tiré de cette lecture le constat qu'encore une fois, London a nourri de ses observations personnelles sur le terrain, qu'on peut qualifier de "sociologiques", nombre de ses oeuvres ultérieures. J'ai relevé (p.256) la première notation (chronologiquement) des oreilles percées des "naturels" des Îles Salomon (qui lui resserviront dans Jerry dans les Îles et dans Fils du soleil). Et (p.268-269) l'histoire de l'aveugle qui a résisté toute la nuit à coup de flèches aux trois hommes qui venaient le tuer (mais ici, il subit le sort de la chèvre de Monsieur Seguin...).

Pour sa part, son épouse Charmian London a rédigé et publié le "journal de bord", cependant que leur cuisinier réalisait une captation photographique de la croisière. Ce dernier s'est ensuite lancé dans un documentaire cinématographique sur les Îles, dont, semble-t-il, il a pu tirer un bon prix, en capitalisant sur la notoriété des London.

Bien conscient que ma description est trop sommaire (je trouve particulièrement difficile de résumer ce  livre!), je signale que Chinouk en a parlé en 2018, avec des photos d'une exposition "Jack London dans les Mers du Sud" de 2017-2018, qu'a aussi présentée dans un long article publié en 2018 le blog Casoar (créé par des étudiants de l'Ecole du Louvre). Sur le livre seul, voir aussi le blog tour du monde (de Grenadine). 

Et c'est avec cette croisière du Snark que je vais arrêter mes propres survols 2021 de l'oeuvre de Jack London - un peu frustré d'être resté le seul participant au Challenge depuis que j'ai entamé ma participation, en février 2021. Peut-être reprendrai-je dans quelques années - qui sait, en proposant moi-même un Challenge London-ien? Pour le moment, dans les prochains mois (jusqu'au 31 mars 2022), je vais me concentrer sur mon Challenge de la planète Mars! 

PS: il y a quelques semaines, en librairie, j'ai eu une lueur d'espoir, en y apercevant Martin Eden en 10-18 "neuf". Mais en regardant les copyrights, j'ai découvert que "10-18 est une marque d'Univers Poche" (groupe Editis?), et c'est tout... Enfin non, j'ai découvert sur leur site internet une autre marque, "12-21", qui propose quelques titres de JL en édition numérique et bilingue! Je suppose que la marque "15-25" a déjà été réservée pour publier du "young adult"... 

8 mars 2021

Belliou la fumée - Jack London

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Dans le cadre du Challenge Jack London proposé de mars 2020 à mars 2021 par ClaudiaLucia, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) poursuis mes relectures. Après tout, un billet toutes les deux semaines, c'est un rythme soutenable, non?

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L'édition en "10-18" ci-dessus, titrée Belliou la fumée (1982, 342 pages), regroupe les 12 nouvelles publiées en recueil en VO sous le titre "Smoke Bellew" en 1912. Elles étaient/avaient paru(es) initialement dans Cosmopolitan (mensuel) de juin 2011 à mai 2012. Pour ma part, cela fait encore partie des London que j'avais découvert dans de vieilles éditions "Bibliothèque Verte" - collection familiale que j'ai progressivement enrichie en courant les bouquinistes en mes jeunes années. Dans la Bibliothèque Verte, le second tome qui contient les nouvelles 7 à 12 (sauf erreur de ma part) est titré La fièvre de l'or.

Ce recueil dont Christopher "Kit" Belliou (Bellew en VO) et son copain Le courtaud (Shorty) sont les fils conducteurs comprend des nouvelles de différents genres, parfois picaresques et pleines d'humour, d'autre fois plus sombres... La Fumée représente ici le héros idéal: intelligent, fort, jeune, plein d'entrain et de grandeur d'âme... et assez chanceux, aussi! London tel qu'il se rêvait? Un jeune citadin cultivé qui part, un peu par hasard, participer à la ruée vers l'or de 1897 au Kondike y trouvera la gloire, la richesse et l'amour. Il s'agit pratiquement du dernier ouvrage de Jack London consacré au Klondike, qui a nourri son oeuvre durant 13 ans (comme le remarque Francis Lacassin dans l'introduction du volume en 10-18). Si London a ramené de l'or de ces mois passés dans le froid, c'est essentiellement celui que doit transmuter l'écrivain, "l'homme à la cervelle d'or" tel que le métaphorisait Alphonse Daudet. Pour ce qui est de l'or physique, il en a tout juste ramené l'équivalent de 4,50 dollars en poudre d'or, ayant semble-t-il passé davantage de temps dans les bars à faire parler les mineurs qu'à prospecter sur le terrain, même s'il a arpenté celui-ci suffisamment pour savoir de quoi il parlerait. 

L'oeuvre romanesque se nourrit donc de ce qu'a pu capter London lors de son propre séjour au Klondike, de l'automne 1897 au printemps 1898: des hommes rudes cherchant chacun la fortune, ce qui n'exclut pas une certaine solidarité entre pairs, ni ce qui apparaît au premier abord comme de l'altruisme désintéressé pour sauver des Amérindiens victimes de la famine (épisode à rapprocher cependant de la chasse à l'élan par laquelle nos héros avaient gagné leurs premiers sous, quelques nouvelles plus tot - concurrence pour les "ressources naturelles" locales!). L'organisation en nouvelles fait que chacune doit avoir un thème et une "chute". On a en arrière-plan la faim, le froid, la fatigue (manquent juste les fluides, et on a tout ce qui fait pleurer les bébés - encore que, tomber dans de l'eau glaciale sous une mince couche de glace...?), l'avidité, la maladie (nouvelle titrée "un rebut de l'humanité")... C'est après la mort de London que l'acide ascorbutique (ou vitamine C) a été identifié dans des fruits et légumes frais. Ma nouvelle préférée reste, je pense "la course pour le numéro trois", située au milieu du recueil, pour son côté épique et son final inattendu. On termine en tout cas le volume en se demandant ce qui pourrait arriver ensuite, sur place ou ailleurs, au héros et à la charmante fille de mineur - il y a aussi une héroïne, mesdames! - qu'il a conquise (enfin, ...il se sont conquis mutuellement). 

Je possède encore quelques "10-18" regroupant des nouvelles du Klondike, je tâcherai de publier quelque chose à leur sujet (puisque ClaudiaLucia a confirmé que le Challenge Jack London continue sans limitation de durée pour le moment). Aucun(e) autre participant(e) au Challenge n'a chroniqué à ce jour Belliou la fumée, mais Chinouk en parlait il y a 5 ans.

Je dois dire, pour finir, que j'ai été très déçu en regardant ce qui est disponible en "occasions" dans la pochothèque d'une grande librairie du Quartier Latin à Paris (celle qui ne va pas fermer...), alors que je souhaitais cette fois compléter ma collection pour découvrir enfin de nouveaux titres (je possède seulement un tiers des 43 -au moins- volumes parus naguère en 10-18!): ce ne sont plus les éditions que j'y voyais et achetais il y a vingt ans (celles imprimées quelques décennies avant) qu'on y trouve, mais seulement celles parues essentiellement au XXIe siècle... comme si on ne pouvait plus trouver couramment, en "occasion", que ce qui est également disponible en "neuf" (offre purement tarifaire, donc, et non "élargissement de choix" avec une politique de fonds). Non seulement le choix est moins large, mais j'ai surtout l'impression que "c'était mieux avant", c'est-à-dire quand j'étais moi-même plus jeune! Si je veux compléter ma série 10-18 "vintage", il va falloir que je recommence carrément à courir les bouquinistes, c'est essentiel (mais sans violer le couvre-feu pour autant: pas si facile quand on travaille en horaire de bureaux). Ou alors, les bibliothèques municipales...

22 février 2021

Jerry chien des îles / Michaël chien de cirque - Jack London

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Dans le cadre du Challenge Jack London proposé de mars 2020 à mars 2021 par ClaudiaLucia, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) poursuis ma participation avec deux livres que j'ai lus en mes vertes années, car les deux font la paire. 

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Je connaissais le premier sous le titre (en Bibliothèque Verte) Jerry dans l'île, lorsque je le lisais, enfant (ce titre est resté celui de l'oeuvre, en France, jusqu'en 1982, apparemment). Le titre en VO? Jerry of the Islands. Dans mon édition en 10-18 parue en 1983, il est titré Jerry chien des îles. Pour l'autre ouvrage, on est resté sur Michaël chien de cirque. Ces deux livres figurent parmi les derniers rédigés par London, et sont parus après son décès intervenu en 1916. 

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Il s'agit bien de l'un des premiers Jack London que j'ai lu pour ma part (peut-être même avant Croc-blanc, dont je n'ai disposé qu'après). A l'époque, j'avalais le contenu de ces bouquins "jeunesse" au premier degré, que ce soit le Club des Cinq (Blyton) ou le Clan des Sept (Bonzon), Nomades du Nord (Curwood) ou Le Monde du Silence (Cousteau). J'étais bien incapable de différencier fiction ou réalisme, d'avoir un recul critique par rapport à ces "aventures" de blancs plus ou moins "négriers" ou "esclavagistes" qui recrutaient de la main-d'oeuvre "sauvage" pour faire marcher des plantations... tout en étant en danger d'y perdre la tête et de se faire manger le reste du corps. Cette édition doit toujours être au fond d'une bibliothèque ou d'un carton dans l'une ou l'autre des résidences secondaires familiales. Celle que j'ai extraite de ma pochothèque personnelle pour la prendre en photo (ci-dessus en 10-18), je me la suis offerte en 1995. C'est le texte intégral (trad. Claude Gilbert, 271 pages). L'histoire se déroule dans les Iles Salomon. London connaissait ces contrées pour y avoir mené une croisière. Dans un avant-propos, il évoque les réactions à un de ses livres précédents, également situé dans les mers du Sud, qui semblaient l'accuser d'affabuler sur le cannibalisme (pas celui des chiens). Dans ces contrées coloniales, blancs et "sauvages" se parlent en "bêche de mer". Bizarrement, les indigènes entre eux utilisent les mêmes tournures. Un de ses maîtres enseignera à Jerry à communiquer avec lui. Au fil du roman, Jerry passe de mains en mains (plusieurs de ses maîtres périssant de mort violente). D'abord jeune chiot élevé par le maître de la plantation où vivent ses parents, il est donné par lui au capitaine Van Horn, auquel il s'attache de tout son coeur canin. Avec le chien à bord, le bateau cabote d'île en île. La dernière escale sera funeste. Van Horn et Lerumie, l'ennemi intime de la famille chiens, seront parmi les premiers à mourir. Notre chiot appartiendra ensuite à Lamaï, le jeune fils (12 ans) de Lumaï (indigène indolent) et Lunerengo (mégère), puis à Agno, prêtre machiavélique, qui devra le céder à Bashti, le "Napoléon" de l'île. Il sera encore récupéré in extremis, échangé contre un porcelet plus succulent que lui, par le meilleur de ses maîtres indigènes, le vieil aveugle Nalasu. Enfin, le village indigène ayant subi une expédition punitive, Jerry aura l'occasion de rejoindre de nouveaux maîtres blancs, le couple de riches navigateurs Villa et Harley Kennan.

Les héros de l'histoire sont bien les chiens (deux intelligents terriers irlandais), dont l'auteur nous livre davantage les sensations instinctives (inscrites dans l'instant - et sans doute assez loin de tous "droits des animaux" tels que certains les entendent au XXIe siècle) que les pensées conscientes. Nos chiens ne disent pas "je", l'auteur leur est extérieur. Mais entre innocence canine et duplicité indigène, son coeur d'écrivain du début XXe s. semble balancer. Petite citation (p.175): "[l'un des maîtres de Jerry] était un philosophe archifroid qui attendait son heure, différent de Jerry en cela qu'il possédait le sens humain de la prévision et qu'il savait adapter ses actes à des objectifs éloignés". Je termine par une "colle": je n'ai pas réussi à mettre la main sur un Tintin où Milou aurait dit "Kaï-kaï" (j'en ai trouvé deux où il couine "Aïe aïe"...). C'est le kai-kai de London qui m'y a fait penser... Qu'en diraient mes lecteurs?

Passons maintenant à Michael chien de cirque. La prime jeunesse de ce chien-ci se déroule dans le même univers (les Iles Salomon), avant son vol par un pittoresque soulographe qui lui enseigne quelques tours en espérant pouvoir le revendre un bon prix. La première moitié du livre concerne presque davantage les pérégrinations dudit steward et de son "boy", et Michael y joue essentiellement le rôle d'un "accompagnant". On a quelques chapitres à la recherche d'une île au trésor, comme si London ne se contentait pas de s'être recueilli sur la tombe de Stevenson mais y avait aussi trouvé l'inspiration. 

P1120198Revenus à terre, et grâce aux quelques tours qu'on lui a déjà enseignés, Michael contribue à faire bouillir la marmite pour la troupe lépreuse qui l'entoure. Puis il devient enfin le héros principal à partir du moment où son talent suscite la convoitise d'un médecin puis d'un premier dompteur. Enlevé par celui-ci, il arrive en Amérique du Nord et tombe entre les griffes d'un second dresseur d'animaux, bon mari et bon père, mais au coeur de fer concernant les affaires ou les animaux. London en profite pour nous dévoiler les coulisses des tours avec animaux, en ce début de XXe siècle (une allusion au naufrage du Titanic nous donne une indication de date). Quant à Michael, une fois redécouvert son talent de chien savant, il est exhibé de de piste en piste durant plusieurs années. Avant, dans les toutes dernières pages, de retrouver les Kennan et Jerry. Voilà... Mais croyez-vous que je vous aie tout dévoilé en dix lignes? Je n'ai pas donné le titre en VO, par exemple. Ce vieil exemplaire de bibliothèque verte (sans sa jaquette!), dont les pages aujourd'hui jaunies ont été imprimées en 1957 (j'étais pas né!) compte tout de même 250 pages. Je l'avais déniché à l'époque où j'avais commencé à caresser l'idée d'installer une bouquinerie dédiée aux arts circassiens sous le chapiteau d'un cirque... sans jamais aller beaucoup plus loin que cet achat. 

Pour finir, j'ai trouvé quelques chroniques concernant ces deux livres sur la blogosphère. Pour Jerry, chez Shangols ou sur un site canin (billet non commentable). Concernant Michael, dans le blog d'une "écrivain public" (sans écriture inclusive?) et chez Cirk75, chroniques d'un circophile amateur (qui m'a appris l'existence d'un film à la fin des années 1970). 

PS: les deux titres sont aujourd'hui disponibles dans la collection Libretto.
Merci GirlyMamie, j'avais oublié de le mentionner! 

14 décembre 2020

Les princes de Sambalpur - Abir Mukherjee

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Après L'attaque du Calcutta-Darjeeling, je viens de terminer Les princes de Sambalpur d'Abir Mukherjee (Editions Liana Levi, 356 pages haletantes). Je l'ai préféré au premier tome. En juin 1920, c'est le début de la mousson, on retrouve le capitaine Sam Wyndham et le sergent Sat Banerjee à Calcutta. Ils sont les témoins directs de l'assassinat perpétré sur Adhir, un prince héritier (yuvraj) du royaume de Sambalpur situé dans l'Etat côtier d'Orissa dans l'Est de l'Inde. L'assassin se suicide peu après mais Wyndham n'est pas satisfait par ce dénouement. Il sent qu'il y a quelque chose de pas net dans cette histoire. Adhir avait reçu des messages de mise en garde peu avant son décès. Wyndham et Sat sont invités à assister à la crémation du prince à Sambalpur. Pour ce faire, ils vont parcourir plus de 650 km entre Calcutta et Sambalpur dans un train somptueux. Arrivés sur place, ils vont mener une enquête difficile car ils n'arrivent pas à savoir quel était le mobile du meurtrier. A Sambalpur règne un vieux Maharajah entouré de ses deux épouses (la troisième est décédée), de sa centaine de concubines et de plus de deux cent cinquante rejetons n'ayant aucun droit au trône. Punit, le frère cadet d'Adhir, doit devenir l'héritier de royaume de Sambalpur qui vit grâce à l'extraction de diamants, même si le gisement s'épuise. Ce livre permet au romancier de nous emmener dans une chasse au tigre, d'assister à des exécutions par éléphant, et surtout il nous fait visiter un zenana (logement réservé aux femmes en Inde), lieu où se trament des complots. Je ne vous dirai rien de plus sauf que je vous conseille cette lecture dépaysante avec une intrigue bien menée. J'espère que les deux titres suivants parus en Angleterre seront traduits bientôt. 

1 octobre 2020

Covid-19 2.0 (elle revient, et elle serait plus méchante?) - N°6

[Je reprends mes "à faire" que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'avais cessé de noter avec tous mes soins ces dernières semaines]

C'est affreux, le virus est méchamment de retour. Bon, bah il va falloir reconstituer les stocks de PQ et de pâtes...

Rentrée scolaire il y a un mois: en théorie, un gamin malade à l'école, on ferme sa classe. Trois gamins malades dans l'école, on ferme l'école? J'imaginais déjà le trafic de plans foireux entre gamins...
Par contre, j'ai entendu dire, en septembre, que ces fermetures, certains Directeurs d'établissement étaient un peu dans l'attente d'instructions claires du Rectorat pour les officialiser... Cette Rentrée ne tarderait-elle pas à sortir par la petite porte?

Ça commence à devenir gavant, cette interdiction de réunions à plus de 10 personnes! Soyons justes, aujourd'hui, on n'en est pas encore au moment où, dans un appartement privé, on sonnera à la porte: "Bonjour, c'est la police de sûreté de l'Etat. Vos voisins nous ont informés que plus de dix personnes étaient entrées chez vous. En raisons des risques inconsidérés que vous avez pris, nous devons vous emmener dans un lieu de quartorzaine. Préparez le minimum d'affaires nécessaires". ...Mais demain?

Ces masques sont des BAILLONS!

Le dimanche, dans le Journal du même nom, lire Anne Roumanoff m'est un régal. Il va falloir que j'arrête de le faire, si je veux garder l'illusion de rédiger une oeuvre originale... Allez, je vous cite un extrait de sa dernière rubrique "Rouge vif" (JDD du 27/09/2020, p.42): "Pessimiste: la dernière fois qu'ils ont fermé les bars à Paris à 22 heures, quinze jours après on était confinés. Je dis ça je dis rien". 

Vous avez lu cette histoire sur ces contrôleurs de la SNCF qui ont continué à travailler alors qu'ils se savaient positifs au Covid-19, pour ne pas perdre une fraction de leur salaire (selon la presse)? Le coronid sur rail, encore un nouveau concept... (plus vertueux que ceux à roues?)

Et sinon, c'est fou la quantité de personnel d'accueil qui vous répond, quand on s'inquiète parce qu'ils/elles toussent derrière leur paroi vitrée: "j'ai de l'asthme!"... (ont besoin de bosser, aussi?)

Selon une étude aux E-U, le virus mute et serait plus contagieux (mais pas forcément plus mortel) [une histoire de pointe G...]. Et si un vaccin était créé, il pourrait le contourner, il faudrait donc se faire revacciner chaque année? Tout bénéf' pour l'industrie des vaccins, ça... Mais tintin pour l'immunité collective, alors? On ne sait pas...

Ai rigolé en lisant un témoignage d'un "centre de test mobile": "Ça n'est plus possible. La semaine dernière, la moitié des gens venaient sans ordonnance. Une femme est même venue se faire tester 3 fois!". Là, ça tourne au compulsif. Très pulsif, même.

On va devoir apprendre à draguer "à l'aveugle", face à un visage masqué (qui pleure ou qui rit?): "t'as de beaux yeux, tu sais?".
Retour aux fondamentaux (j'ai pas dit fondamentalistes!).

Ai eu du mal à comprendre comment c'est censé fonctionner, les bisous labiaux, dans la rue, entre personnes consentantes, avec le Masque. Bien la peine que les moeurs se soient libéralisées depuis le début des années 1960, tiens. Ou alors, si l'hôtel n'est plus obligatoire, il faut toujours aller consommer dans un café?

Ah si, ça y est, je les ai vus, dans la rue, mes premiers gamins (enfin... Lycéens ou étudiants!) qui se fricassaient le museau masque contre masque!

Enfin, l'info est lâchée: oui, il est possible de laver les masques jetables sans en diminuer significativement l'efficacité (c'est entre autres Top santé qui le répercute, alors...). Le bon sens triomphe!
== [j'avais plein d'autres choses à dire sur ces masques jetables - j'y reviendrai dans une prochaine chronique!].
A un moment, je me demandais par exemple si, pour éliminer la charge virale du masque jetable, il vaudrait mieux passer par un lavage à 95 degrés, par autoclave, ou par irradiation... ==

Après, si on est vraiment parano, on peut penser que, pendant que nous laverons consciencieusement nos "masques jetables" (nous devrions être 80% à le faire, selon M. Perruchot?), l'oligarchie, elle, recourra à d'autres méthodes, de type scaphandre autonome, pour respirer de l'air purifié?

Voir une piste évoquée jadis par Charb:

Charb_compteur_a_air (dessin déjà cité ici, tel que publié en 1996 dans l'album Je suis très tolérant)

P1120093 Version différente, publiée en couverture de Charlie Hebdo N°123 du 02/11/1994 (source: Charlie Hebdo, les 1000 Unes, 1992/2011, 4e éd., février 2015, p.47). Remarquez la crête rabattue du quidam de droite dont la bride s'est allongée... mais j'exagère mon exégèse!

Il y en a qui ne savent plus quoi inventer pour faire parler d'eux... Patrick Chaize, sénateur LR de l’Ain, a déclaré le 17/09/2020 au micro de France info: "si [l'application StopCovid] a une utilité, il faut la rendre obligatoire". Mais ça va pas, non?!? Et l'application StopConneries, c'est quand qu'elle sera obligatoire? Y a un marché, coco...

Evolution des moeurs: jadis, un gamin qui débitait des insanités, on pouvait lui laver la bouche au savon noir (hello, Joe Dalton...). Aujourd'hui, faudrait-il faire prendre un bain de bouche avec du gel hydroalcoolique?

Vu à un feu rouge un trio de fl policiers en vélo arrêtés en file indienne. Le premier parfaitement masqué, le deuxième les narines à l'air, et le 3ème le masque sous le menton. Ca m'a fait rire (derrière mon propre masque), mais je n'ai pas pris de photo...

- Bonjour M'sieurs-dames, c'est pour un sondage: pourquoi donc portez-vous, dehors, un masque sur le visage? "- Bah c'est pour pas attraper... une prune de 135 euros!" ... peur des prunes... prunes... pour des prunes... prunes... prunes... Efficacité pédagogique garantie!

55 millions de masques seront distribués gratuitement pour les plus précaires, nous disait-on fin août. Fort bien. De quoi parle-t-on, plus précisément? S'agit-il de masques lavables (10 ou 20 fois), ou jetables (à usage unique - à l'époque)? Quelle dotation individuelle est prévue? Pour quelle durée? Qu'est-ce qu'un "précaire"? En compte-t-on 550 000? Ou 1,1 million (pour rester dans des "chiffres ronds")? Les seuls bénéficiaires du RSA doivent représenter 2 ou 3 millions de personnes, et ce, sans doute, sans compter les jeunes de plus de 11 ans pas encore en âge d'être "au RSA" en personne. Bref, en terme d'affichage, c'est bien beau, mais tout est relatif...

La communication gouvernementale brasse sûrement beaucoup d'air. Ensuite, dans quelle mesure ce brassage combat ou non le virus, ... qui suis-je pour le savoir? Je ne suis en tout cas pas "en responsabilité" (ouf!). 

Il paraît que notre application nationale, StopCovid, est incompatible avec la plateforme commune mise en place par 17 pays européens. Cocorico! Merci, Cédric O (tousse, tousse...).
[le nom de domaine stopcovid19 était déjà pris par des petits malins?]

Mon rêve personnel par rapport à ce foutu virus: l'attraper, le savoir tout de suite et pouvoir me claquemurer le temps nécessaire sans contact risquant de contaminer autrui. Etre malade s'il le faut, mais pas plus que de par les gros rhumes que j'attrape plusieurs fois dans l'année depuis un demi-siècle (l'odorat, on peut s'en passer - tant que c'est temporaire). Ne conserver aucune séquelle bien entendu, mais par contre toute l'immunité nécessaire pour ne pas le ré-attraper. Et le tout, sans avoir eu besoin de m'inoculer quelque vaccin que ce soit ni même de médicaments pour soigner mes petits symptômes (juste le temps nécessaire pour que cela passe). Un pur rêve, hein, je vous le disais bien...

Bon, j'arrête là pour ce mois-ci.

Si mes propres petits délires amateurs vous font déjà rire, allez donc encore découvrir ceux d'un écrivain et journaliste professionnel: Patrick Besson dans Le Point N°2506 du 3 septembre 2020...

A la prochaine!

24 octobre 2020

Lucky Luke - Un cow-boy dans le coton - Jul et Achdé

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Quel plaisir de retrouver Lucky Luke dans une aventure qui va l'amener jusqu'en Louisiane. Un cow-boy dans le coton (46 pages, Editions Lucky Comics) est paru le 23 octobre 2020 (hier). Un notaire vient annoncer à Lucky Luke qu'un vieille dame, admiratrice des exploits du cow-boy, l'avait fait unique héritier de l'une des plus grandes plantations de coton de l'Etat. Lucky Luke est maintenant un homme riche! Avant de partir pour voir ce qu'il en est, Lucky Luke va assister à l'arrestation des quatre Dalton par un cow-boy Noir, Bass Reeves, qui faisait partie des 25% des cow-boys noirs qui oeuvraient dans l'Ouest. Reeves était une fine gâchette, ce qui lui a permis d'arrêter plus de 3000 hors-la-loi. Parmi les cow-boys, il y avait aussi un grand nombre d'Hispaniques. Bref, pour rejoindre la plantation, Lucky Luke va parcourir presque 1500 km sur son Jolly Jumper. Il va être vite poursuivi par les quatre Dalton qui se sont évadés au bout de trois jours (je vous laisse voir par quel moyen). Arrivé sur place, Lucky annonce aux Noirs travaillant sur la plantation qu'il leur lègue la terre et le coton. Bien entendu, les planteurs aux alentours dont un certain "QQ" ne sont pas d'accord. J'ai lu l'album en très peu de temps. C'est très sympa à lire.

10 avril 2018

Un mois à la campagne - Ivan Tourgueniev - Mise en scène d'Alain Françon

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Une fois n'est pas coutume, je fait un billet "théâtre". Au théâtre Déjazet à Paris, jusqu'au 28 avril 2018, on peut voir la pièce d'Yvan Tourgueniev datée de 1850, Un mois à la campagne. La traduction et l'adaptation sont de Michel Vinaver. Dans une maison à la campagne, pendant un été, sont réunis autour de Natalia Petrovna son mari Arkadi, son fils Kolya, sa belle-mère avec sa dame de compagnie, la pupille de Natalia, Alexei le précepteur de Kolya ainsi que Takitine, un ami de la famille. Se joignent à eux un médecin et un propriétaire terrien voisin. Natalia s'ennuie malgré les attentions de Takitine qui l'aime sans lui dire. Elle se rend compte qu'elle est en train de tomber amoureuse d'Alexei, le jeune précepteur de son fils. Par ailleurs, la pupille de Natalie n'est pas non plus insensible à Alexei. La pièce dure deux heures sans entracte. J'y suis allée pour le metteur en scène Alain Françon et pour les acteurs: j'étais contente de revoir Anouk Grinberg et j'apprécie Micha Lescot et Catherine Ferran. Et en fin de compte, j'ai été sensible au jeu d'India Hair qui joue Vera, la pupille de Natalia. Elle est très à l'aise sur scène. Je l'avais découverte dans Crash Test Aglaé où elle était irrésistible. Le décor est lumineux, ce qui va bien avec la sobriété du spectacle. Le petit bémol que j'émettrai, c'est l'acteur Nicolas Avinée qui joue Alexei. Il fait "paysan mal dégrossi". J'ai eu un peu de mal à croire qu'il soit l'objet d'une passion amoureuse. Néanmoins, j'ai passé une agréable soirée.

13 décembre 2017

Les Vieux fourneaux : La magicienne - Cauuet et Lupano

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Depuis deux ans que je les avais quittés, j'avais hâte de retrouver Pierrot, Antoine et Emile, nos "vieux fourneaux". Il est conseillé de lire les tomes précédents pour situer les personnages dans ce tome-ci. Je vous avoue qu'à la première lecture, j'ai été un peu déçue. Je viens de le relire pour écrire ce billet et je l'ai bien apprécié, même si j'ai préféré les tomes précédents. Je l'ai trouvé moins humoristique. C'est peut-être le sujet qui le veut.

Antoine suit la tournée de marionnettes de sa petite-fille Sophie, car il veille sur Juliette, la fille de cette dernière. Ce tome porte le sous-titre "La magicienne". Cela se réfère au nom d'une sauterelle, appelée "la magicienne dentelée", qui se reproduit par "parthénogénèse télythoque" (son vrai nom est Saga pedo, après vérification dans wikipedia - je croyais qu'il s'agissait d'une invention des auteurs!). Cet insecte vit sur un terrain jouxtant l'usine Grand-Servier qui voulait s'agrandir. Bien entendu, les écolos veulent protéger la zone où vit cet insecte protégé, au grand désespoir d'Antoine qui considérait que l'extension de l'usine aurait permis une relance économique du département du Tarn-et-Garonne avec de la création d'emplois. Sophie, le personnage central de ce tome, est aussi surnommée "la magicienne dentelée", en raison du mystère qu'elle laisse planer sur l'identité du papa de sa fille. Toujours est-il qu'à la fin de cet épisode, on connaît les identités des pères de Sophie et de Juliette. Et on devine que Sophie a peut-être enfin trouvé l'homme dont elle rêvait. Enfin, on observe comment Emile, revenu d'Ecosse, reçoit du lisier sur la figure malgré ses bonnes intentions. J'avais cru, quand le premier tome était paru, qu'il n'y aurait que 4 tomes. A posteriori, en raison du succès de ces "Vieux fourneaux", un cinquième tome est prévu, puisqu'il est écrit sur la dernière vignette "fin de l'épisode". Il faut noter qu'il y a un "merchandising" autour de cette série: des mugs (j'en ai acheté un) et des tee-shirts entre autres.

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27 mai 2017

Quand sort la recluse - Fred Vargas

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Je me suis plongée avec plaisir dans le nouveau roman de Fred Vargas Quand sort la recluse (Editions Flammarion, 477 pages lues en deux jours), où il est question de l'araignée recluse (Loxosceles rufescens), très peureuse, qui se cache et dont la morsure non mortelle peut provoquer des nécroses, des femmes recluses du Moyen-Age et de nos jours (cela a existé), de pigeons et de pigeonniers, de ramiers, de chèvres (comme celle de M. Seguin), d'une famille de merles, d'un chat dormant sur une photocopieuse, d'une tête de murène pas très fraîche. Par là même, on a le plaisir de retrouver Jean-Baptiste Adamsberg, le commissaire béarnais qui est obligé de quitter l'Islande (où on l'avait laissé dans le roman précédent). Il revient dans les locaux de la brigade criminelle du XIIIème arrondissement de Paris pour résoudre une énigme: qui, du mari ou de l'amant putatif, est coupable d'avoir écrasé par deux fois avec un 4x4 une jeune femme de 37 ans, mariée au premier et peut-être maitresse du second? Grâce aux déductions d'Adamsberg, le crime est résolu en deux temps, trois mouvements. A partir de là, Adamsberg et son équipe, sauf son adjoint Danglard qui file un mauvais coton, vont enquêter sans autorisation sur la mort de quelques hommes de plus de 80 ans habitant dans la région de Nîmes. Ces vieillards sont morts d'une piqûre d'araignée appelée la recluse. Dès que la nécrose s'installe, la mort survient dans les trois jours. Convaincu qu'il s'agit de crimes et non d'accidents, Adamsberg nous fait partager ses proto-pensées (des pensées avant les pensées, ses bulles gazeuses). L'enquête n'aboutit par deux fois à rien. On est embarqué entre Nîmes, Rochefort, l'Ile de Ré et Lourdes avec quelques retour vers Paris. Je ne dirai rien de plus. Lisez-le d'autant plus que c'est très bien écrit.

Lire les billets enthousiastes de Brize et de Cathulu.

1 novembre 2016

Mamie dans les orties - Aurélie Valognes / Abbesses - Hélène Clerc-Murgier

Voici deux premiers romans qui se lisent agréablement.

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Je commence par Mémé dans les orties d'Aurélie Valogne (Livre de poche, 255 pages), un premier roman qui été autoédité. Je l'ai lu en une matinée. L'histoire très sympathique est vite lue (et assez vite oubliée). Dans une ville de province, Ferdinand Brun est un vieil "ours" de 83 ans qui habite au 1er étage d'un bâtiment d'une résidence régentée par Mme Suarez, une gardienne "garde-chiourme". Ferdinand occupe l'appartement de son ex-femme récemment décédée. Il y vit avec sa chienne Daisy, un dogue allemand. Mme Suarez déteste M. Brun (et surtout Daisy) depuis le premier jour où ils sont arrivés. Elle les accuse de tous les maux qui surviennent dans la résidence et elle aimerait bien les voir déguerpir pour que la vie reprenne un cours normal. Je vous laisse découvrir les quelques péripéties qui ponctuent cette histoire dans laquelle une nonagénaire et une adolescente vont faire changer les choses.

Je passe à Abbesses d'Hélène Clerc-Murgier (Editions Babel Noir, 368 pages ) qui se passe dans les années 1620 à Paris. Un tapissier et valet ordinaire du roi a été sauvagement assassiné et son corps mutilé a été retrouvé sur une berge de la Seine. Un vagabond est rapidement arrêté, jugé et condamné à être pendu au gibet de Montfaucon. Avant de partir au gibet, ce condamné, Franscaroube, délivre au lieutenant criminel Jacques Chevassut (qui vient de le condamner) un message confus où il est question d'un trésor de Marie près d'un temple de Mercure à Montmartre. Grâce à ce roman, j'ai appris qu'il y avait à Montmartre une abbaye où vivaient des moniales bénédictines. Elle fut fermée en 1790. Le nom de la station de métro "Abbesses" vient de là. La romancière a dû étudier un plan de la villle de Paris à cette époque, car elle est d'une grande précision dans l'énoncé des noms de rues aujourd'hui disparues. Composé de courts chapitres, c'est un roman qui se lit bien. Je lirai certainement le tome suivant déjà paru.

25 avril 2016

Rester groupés - Sophie Henaff / Jugan - Jérôme Leroy

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Avec Rester groupés de Sophie Henaff (Albin Michel, 326 pages), on retrouve l'équipe de policiers dont on avait fait la connaissance dans Poulets grillés. Le commissaire Anne Capestan est chargée d'enquêter sur trois morts dont l'un est Serge Rufus, son propre ex-beau-père. A l'approche de Noël, l'équipe bien soudée trouve un lien commun entre les victimes qui vivaient éloignées les unes des autres: un braquage de banque qui tourna mal 25 ans auparavant. Capestan renoue avec son ex-mari, Paul. L'intrigue est bien menée. C'est peut-être un "chouïa" moins drôle que Poulets grillés mais Sophie Henaff, qui m'a fait une gentille dédicace au salon de Quai du Polar, est un écrivain à suivre. A la fin de Rester groupés, on sent que l'on retrouvera "les Poulets".

 

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Jugan (Editions La Table Ronde, 213 pages) est le troisième roman que je lis de Jérôme Leroy, écrivain dont j'aime l'écriture. Après ses deux romans, Le bloc et L'Ange-gardien, situés dans le milieu d'extrême-droite, Jugan (du nom d'un des personnages principaux) se passe dans une mouvance d'extrême-gauche. Le narrateur se remémore, dans des rêves récurrents, les tragiques événements survenus 10 ans auparavant, au début des années 2000 à Noirbourg. Justement, Joël Jugan vient de sortir de prison après 18 ans d'emprisonnement, il est en liberté conditionnelle. Il revient s'installer dans la ville de Noirbourg en Normandie. C'est là qu'avec son groupe d'extrême-gauche ,"Action Rouge", il avait tué le patron d'une entreprise de la région. Jugan, complètement défiguré, n'a rien perdu de son magnétisme. C'est un prédateur qui va jeter son dévolu sur une jeune "beurette", Assia Rafa. On devine très vite que l'histoire va très mal se terminer. Moins emballée que pour ses deux romans précédents, je le conseille tout de même. J'ajouterais que M. Leroy est un homme affable très sympathique.

31 janvier 2013

Blancanieves - Pablo Berger

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Avant d'évoquer Lincoln de Steven Spielberg (qui m'a assez déçue, c'est pourquoi j'ai du mal à en parler), je voudrais vous conseiller Blancanieves de Pablo Berger, ce très beau film espagnol sonore (très belle musique), muet et en noir et blanc. Il s'agit d'une transposition du conte "Blanche Neige et les sept nains" des frères Grimm dans l'Espagne des années 1910-20 dans le milieu de la tauromachie. Pour les "anti corridas" dont je fais plutôt partie, on ne voit aucune scène révoltante et un taureau est même épargné vers la fin du film. Lors d'une corrida, un grand torero, Antonio Villalta, est encorné. Gravement blessé, il survit tandis que le même jour, sa femme Carmen meurt en couches en donnant naissance à une petite fille. Elevée par sa grand-mère, la petite Carmencita voue une adoration à ce père absent qui s'est remarié à son infirmière, Encarna, qui se révèle être une femme belle mais très méchante. Après quelques péripéties, Carmencita, devenue une jolie jeune fille, deviendra toréro à son tour, entourée de six (et non sept) nains toréros. La fin du conte est tragique mais très belle. Il faut noter que les actrices sont bien mises en valeur, dont Maribel Verdù qui interprète la marâtre. C'est un cinéma expressionniste où les voix ne sont, en effet, pas nécessaires. Il y a des plans magnifique comme ceux des arènes de Séville où se déroulent les corridas. Un très grand film que j'ai vu dans une salle où les spectateurs avaient l'air aussi enthousiastes que moi. Lire les billets d'Alex et de Miriam.

20 juin 2011

Serena - Ron Rash

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Voici encore un roman chaudement recommandé par quelques blogueuses comme Aifelle ou Mango (et Le Canard Enchaîné ne fut pas en reste). Je les en remercie. Je l'ai lu d'une traite, n'arrivant pas à me détacher de cette histoire où les morts violentes s'enchaînent les unes aux autres. Il faut dire que la Serena du titre est une femme dangereuse et sans état d'âme et qui supprime tout ce qui la gêne. L'histoire se passe dans les années 30 (en pleine dépression économique) dans les Smoky Mountains en Caroline du nord. George Pemberton, riche exploitant forestier, vient d'épouser Serena dont il est fou amoureux. Il avait eu le temps auparavant de faire un enfant à Rachel Harmon, une jeune ouvrière travaillant sur l'exploitation. Serena n'aura de cesse de la faire supprimer, elle et l'enfant, sans compter un médecin, un contremaître, un shérif et j'en passe. Pour ce faire, elle a un bras armé en la personne de Calloway, un ouvrier de l'exploitation dont elle avait sauvé la vie après un accident de travail. Il la suit comme son ombre. Serena, qui sait aussi dompter les aigles, est un personnage peu fouillé, peu décrit. On ne sait rien d'elle et de son passé sauf qu'elle a perdu sa famille dans un incendie (intentionnel?). L'ambition de Serena est sans limites. Elle rêve de déforester tout l'Est américain, et tant pis s'il n'y a plus un arbre debout. Après, elle s'attaquera aux forêts brésiliennes. Tels les choeurs antiques dans les tragédies, le récit est ponctué de commentaires de certains ouvriers qui pressentent ce qui va se passer. Je n'en dévoilerai pas plus. A découvrir absolument.

11 juin 2011

Le pays oublié du temps - Xavier-Marie Bonnot

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Enfin une toile de fond originale pour ce roman policier publié aux Editions Actes sud noir.

Je me suis donc plongé dans Le pays oublié du temps de Xavier-Marie Bonnot grâce aux conseils éclairés de Dominique et Dominique (je les remercie toutes les deux). Lu en 3 jours, ce roman donne envie de mieux connaître les peuples d'Océanie (aux coutumes que l'on peut trouver violentes voire barbares) et de faire une visite au musée des Arts premiers à Paris. A Marseille, l'inspecteur Michel de Palma (passionné d'opéra), à peu de temps de sa retraite, enquête sur l'assassinat d'un vieil homme de 96 ans (scientifique de renom et explorateur), Fernand Delorme (tué chez lui, son crâne transpercé par une flèche en bambou, un livre de Sigmund Freud face au cadavre, Totem et tabou). A quelques jours d'intervalle, à Paris, deux hommes (dont un antiquaire) sont assassinés de la même façon. Il semble qu'ils aient entendu un son étrange avant d'être tués. Plus tard, le crâne de Delorme va être subtilisé dans sa tombe, ce ne sera pas le seul. Le roman nous fait remonter dans le temps, 70 ans auparavant, en 1936, avec la rencontre entre les papous et les hommes blancs. On sait malheureusement qui prendra le dessus (avec la christianisation). L'auteur fait référence à deux ethnographes, Claude Levi-Strauss et Margaret Mead. Cette histoire nous parle des réducteurs de têtes, des crânes de d'ancêtres, des crânes surmodelés, certains se négociant une fortune. J'ai trouvé l'intrigue passionnante et je vous recommande chaudement la lecture de ce roman d'un auteur dont je n'avais rien lu et qui mérite le détour.

PS: Pendant ce week-end de Pentecôte, vous devez aller voir Une séparation d'Asghar Farhadi, film iranien récompensé à juste titre de l'Ours d'or au dernier festival de Berlin: un immense film (billet à venir) [chroniqué le 17/06/2011].

26 juillet 2016

Les vivants et les morts - Nele Neuhaus

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Des vivants et des morts de Nele Neuhaus (Edition Actes Noirs, Actes Sud, 490 pages) est le 5ème roman que je lis de cet écrivain. Je l'ai trouvé assez réussi du point de vue du déroulement de l'intrigue, même si, comme pour les précédents, je trouve que Mme Neuhaus devrait être plus concise dans sa narration. Il y a un peu de redondance. L'histoire a comme toile de fond les dons d'organes. A la fin de 2012, plusieurs personnes sont abattues par un même tueur qui se fait appeler "Le juge" (il envoie à la police de courtes missives assez énigmatiques). Ce "juge" se fait justice en tuant des personnes qui ont un lien direct avec des employés (médecin, infirmière, ambulancier) d'une clinique qui, des années auparavant, ont pratiqué avec un manque d'éthique évident plusieurs prélèvements d'organes et même d'os sur une jeune femme victime d'une hémorragie cérébrale. Le commissaire Oliver von Bodenstein et Pia Kirchhoff mènent à nouveau l'enquête dans laquelle les suspects sont relativement peu nombreux (c'est pourquoi le roman aurait pu faire 100 pages de moins). Mais je conseille tout de même.

23 juillet 2016

Dictée à l'ancienne en Limousin

Dimanche 17 juillet 2016, en compagnie de mon ami, j'ai eu le plaisir de faire deux dictées. Explications: une institutrice à la retraite du petit village de Montrol-Sénard près de Bellac organise depuis des années, au mois de juillet, ce moment bien sympathique, sous l'égide de l'association touristique syndicat d'initiative. Les dictées (niveau certificat d'études et brevet supérieur) permettent à une trentaine de personnes (chacune dûment munie du ticket d'inscription) de se réunir dans la vieille école communale du village. Dans la salle sont disposés des pupitres d'écoliers avec des encriers "à l'ancienne". On retrouve les tableaux et les craies, les vieilles cartes géographiques Vidal Lablache. Au fond (comme sur la première photo), on voit des porte-manteaux avec des manteaux ou des blouses. Ce jour-là, il faisait chaud dehors mais très bon à l'intérieur: j'ai été impressionnée par l'épaisseur des murs.

La dictée que l'institutrice avait choisie pour le certif était de Marguerite Audoux (1863-1937). Son titre: "Repas du soir à la ferme". Mon ami et moi, on a fait une faute: "à pleines dents" s'écrit au pluriel et non au singulier. On a bien orthographié "du pain bis" et "on eût dit". On a appris que ce temps de verbe (conditionnel passé) n'était plus enseigné, au profit de "on aurait dit". En ce qui concerne la dictée du brevet, on était moins nombreux, et les jeunes qui avaient fait la première dictée ont passé leur tour (ils jouaient à P*kemon!). La dictée proprement dite était plus longue mais pas plus difficile. Son titre: "Une école de village", de Pierre Manse (un illustre inconnu, en ce qui me concerne) J'ai fait une faute à "ânonner". En revanche, on a été plusieurs à ne pas être d'accord avec l'orthographe de "l'extrêmité" (sic!). Après vérification sur un Larousse et un Petit Robert, j'ai constaté qu'extrémité s'écrivait bien avec un accent aigu et non un accent circonflexe... Extrême vient du latin "extremus" tandis qu'extrémité vient du latin "extremitas" (non mais!).

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Ces deux épreuves nous ont pris pas mal de temps dans l'après-midi, mais cela ne nous a pas empéché de visiter ce village dont certains lieux sont entretenus par des bénévoles, comme la forge du Maréchal-ferrant ou la grange à cidre. On s'est aussi sustenté au café-buvette en dégustant de bonnes tartes faites maison et des jus de fruits.

29 mai 2014

Il était une fois l'Orient-Express

Pour une fois, je ne parlerai ni de livres ni de cinéma (quoique...). A l'Institut du Monde Arabe à Paris, se tient, jusqu'au 31 août prochain, Il était une fois l'Orient-Express, une exposition évoquant le train mythique qui traversa l'Europe d'Ouest en Est et inversement pendant plus de 90 ans (avec des interruptions). L'expo se décompose en deux parties: la première permet d'admirer trois wagons de la Compagnie internationale des Wagons-Lits qui ont été rachetés récemment par la SNCF. Les wagons présentés datent des années 1925-1930, époque de l'âge d'or de l'Orient-Express. Un des wagons a été restauré en 2014. Ils sont installés sur le parvis devant l'entrée de l'IMA.

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C'est assez spectaculaire et l'ensemble a beaucoup d'allure. Il est écrit, selon une brochure que je me suis procurée, que chaque wagon pèse 60 tonnes!

Vous remarquez que les caisses où acheter les billets ressemblent à un wagon: 2ème photo au milieu à gauche.

Puis, comme j'y suis allée à l'heure du déjeuner, il n'y avait pas foule et l'attente fut courte. Une jeune guide "conducteur" nous informe brièvement de ce qu'on verra dans les trois wagons: le premier est le restaurant, salle à manger. Le deuxième wagon est composé de compartiments (les photos y sont interdites) dans lesquels sont reconstituées quelques scènes d'ambiance dont le fameux crime de l'Orient-Express (Christie/Poirot); et enfin le troisième wagon est un grand salon avec des fauteuils très confortables. C'est là qu'a été tourné la scène finale du film Le crime de l'Orient-Express de Sidney Lumet (1974) où l'on voit Poirot qui a rassemblé tous les suspects pour révéler qui est coupable du crime.

Voici des photos prises à l'intérieur des wagons avec en particulier les panneaux en verre de René Lalique dans les boiseries en acajou de Cuba.

 

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Puis je me suis dirigée vers la suite de l'expo (dans l'IMA aux niveaux -1 et -2) où sont présentés pas mal de documents, d'affiches, des reconstitutions des couchettes.

J'ai appris que c'est M. Georges Nagelmackers (1845-1905), un Belge né à Liège, fils et petit-fils de banquier et fondateur de la Compagnie internationale des Wagons-Lits, qui a imaginé le train de ses rêves (après un séjour aux Etats-Unis), en s'inspirant des wagons Pullman (Pulman a inventé le wagon-lit). Il a voulu, grâce à ce train, faire l'unité de l'Europe à travers les Balkans dans les années 1880. L'Orient-Express a été créé en 1883. Istanbul a été choisie comme terminus du fait que c'était la pleine période de l'orientalisme à la fin du XIXème siècle. Le voyage durait quatre jours. La clientèle de ce train de luxe (le prix du billet était très cher) était essentiellement composée de militaires anglais, d'archéologues, des écrivains, ainsi que les premiers touristes, et des diplomates. Il y avait aussi des demi-mondaines. Entre les deux guerres mondiales, le réseau s'étend avec une ligne qui partait d'Istanbul jusqu'à Bagdad et Le Caire en passant par Alep en Syrie. Les lignes de l'Orient-Express ont été un reflet de la géopolitique d'époques différentes. Le dernier direct Orient-Express vers Istanbul et Athènes a cessé en 1977.

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Personnellement, j'ai bien aimé cette exposition car ce serait un rêve de pouvoir prendre un jour ce genre de train où tout est luxe et volupté.

2 avril 2014

Braddock America - Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler

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Comme je n'ai pas trouvé pas beaucoup de films de fiction qui m'ont tentée en mars 2014, j'ai été contente de voir un documentaire. Donc, avant qu'il ne soit trop tard, je voulais évoquer Braddock (sorti dans 1 ou 2 salles à Paris, le 12 mars 2014 qui a été réalisé par deux français qui se sont rendus aux USA, en Pennsylvanie dans les environs de Pittsburgh, dans la ville berceau de l'industrie de l'acier. Braddock est désormais une ville sinistrée, victime de la désindustrialisation et de la mondialisaton, les quatre aciéries ayant fermé. Les habitants réduits au chômage sont partis dans la ville voisine, abandonnant des centaines de maisons qui ne trouvent pas preneur. La ville est en friche. L'hôpital, pas assez rentable, a été détruit comme les maisons. Ces démolitions sont une lourde charge financière pour cette petite ville, où les habitants qui restent se confient aux documentaristes, qui, eux, n'interviennent pas. Ce film donne priorité aux voix, à l'humain, au policier qui recense les maisons abandonnées, à d'anciens ouvriers des aciéries qui ont des sanglots dans la voix. Mais l'ensemble reste digne. Dans ce pays très individualiste, une certaine solidarité est née entre ces personnes qui font tout pour que Braddock ne devienne pas une ville morte. Un documentaire vraiment intéressant.

23 février 2014

Le duel - Arnaldur Indridason

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Dès que j'ai vu qu'un nouveau roman d'Arnaldur Indridason était paru, je n'ai pu résister. Je me suis procuré Le Duel (Editions Métailié noir, 300 pages) sans connaître l'histoire. Ce roman est l'occasion pour Indridason de nous faire remonter le temps, en 1972 pour être précis, juste avant les JO de Munich. A Reykjavik, un duel aux échecs se prépare: Bobby Fisher, l'Américain, contre Boris Spassky, le Russe. Au même moment, dans un petit cinéma de cette ville, un meurtre a lieu. Un jeune homme, un peu simplet, passionné de cinéma, enregistre la bande sonore du film pendant la projection (il est coutumier du fait). Poignardé à mort et son magnétophone disparu, Ragnar était là au mauvais endroit, au mauvais moment. La police criminelle est chargée de l'enquête ou plus précisément le commissaire Marion Briem et son adjoint Albert. Pour ceux qui ont lu les autres romans d'Indridason, vous avez déjà croisé Marion Brem. C'est elle qui deviendra le mentor du commissaire Erlendur. Dans Le Duel, Indridason revient sur la vie de Marion Brem petite fille, atteinte de tuberculose (mal endémique en Islande), qui aura connu des traitements lourds dans des sanatoriums comme d'autres enfants. Un roman qui prend son temps, très agréable à lire. Je recommande, tout comme Dominique.

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