Le blog de Dasola
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8 octobre 2018

The Little Stranger - Lenny Abrahamson

Voici un film qui risque de passer inaperçu dans les salles et ce serait dommage.

Le scénario de The Little Stranger de Lenny Abrahamson (sorti le 26 septembre 2018) est une adaptation d'un roman éponyme de Sarah Waters de 2009, publié en français sous le titre L'indésirable. Il s'agit d'une histoire gothique qui se passe dans les années 40, dans un immense manoir du XVIIIème siècle tombant en ruine. Un jeune médecin de campagne, le docteur Faraday, est appelé au chevet de la servante des lieux qui est tombée malade et qui ne se sent pas à l'aise dans cet endroit (elle a été embauchée il y a peu de temps). Sur place, Faraday fait la connaissance de Caroline Ayres, pas encore mariée, de son frère Roderick, défiguré à la suite d'une blessure, et de Mme Ayres, leur mère. Faraday se lie rapidement d'amitié avec cette famille. Il espère se marier avec Caroline bien qu'il n'appartienne pas à la même classe sociale. Faraday connait la demeure, car sa propre mère y a été femme de chambre. On se rend compte rapidement que la demeure est peut-être hantée. Elle ensorcelle ceux qui y vivent ou s'en approche... Il y a des bruits bizarres, une petite fille morte il y a des années (la soeur de Carolyn et Roderick), un labrador qui attaque une jeune invitée lors d'une soirée. J'ai aimé cette atmosphère horrifique où les morts violentes s'enchaînent. J'ai apprécié le fait qu'à la fin, on reste avec des interrogations sur ce que l'on a vu ou pas. Les acteurs sont tous bien: Domhall Gleeson, Ruth Wilson et Charlotte Rampling. Un film que je conseille tout comme Trillian.

19 septembre 2018

Mademoiselle de Joncquières - Emmanuel Mouret

Le film Mademoiselle de Joncquières est adapté d’un épisode de Jacques le Fataliste de Diderot, le même que Robert Bresson pour les Dames du bois de Boulogne.

Mme de la Pommeraye (Cécile de France), jeune veuve qui n’a pas aimé son mari, se réjouit d’en avoir terminé avec l’amour. Riche et indépendante, elle résiste au charme du marquis des Arcis (Edouard Baer), un libertin notoire qui passe d’une conquête à l’autre. Il se lasse vite. Un jour, enfin, Mme de Pommeraye tombe dans les bras et le lit du marquis. Quelques mois passent et Mme de Pommeraye se rend compte que des Arcis s’est lassée d’elle. Il est de moins en moins présent. Mme de Pommeraye, en femme rouée et machiavélique, veut se venger de cet homme. Pour ce faire, elle va monter une machination impliquant deux femmes, une mère et sa fille (Mademoiselle de Joncquières), qui, issues de la noblesse, sont devenues des prostituées. Ce film vaut pour les décors, les costumes, les dialogues (l'histoire fait penser aux oeuvres de Choderlos de Laclos et de Marivaux) et la fluidité de la mise en scène. La seconde partie est passionnante après un début un peu long à se mettre en place. Un film à voir pour les actrices. Cécile de France est remarquable. Elle passe de la gentillesse à la cruauté en une phrase. J’ai été moins convaincue par Edouard Baer, un peu trop moderne et que je n’ai pas trouvé toujours à l’aise. En revanche, mon côté « midinette » a bien aimé l’épilogue. Lire les billets de Pascale et d'Anne.

1 octobre 2018

Charles Aznavour n'est plus... (22 mai 1924 - 01 octobre 2018)

Depuis le temps, on s'est dit que ce grand monsieur de la chanson française, compositeur et chanteur (qui fut aussi acteur) était immortel. Et bien non, la grande Faucheuse ne l'a pas oublié.

 j'ai eu le plaisir de voir et entendre Charles Aznavour sur scène. Il avait beaucoup de présence et quelle voix!

Parmi le millier de chansons qu'il a écrites, j'ai retenu Le temps, Comme ils disent, Je me voyais déjà, La Bohème, Emmène-moi, For me formidable.

Et puis n'oublions pas les trois films notables dans lesquel il a joué : Tirez sur le pianiste de François Truffaut (1960), Un taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière (1961) et Les fantômes du chapelier de Claude Chabrol (1982).

Un grand artiste est parti.

8 octobre 2017

Blade Runner 2049 - Denis Villeneuve

J'avais adoré Blade Runner de Ridley Scott sorti en 1982. Sans faire de comparaison, j'ai trouvé Blade Runner 2049 très réussi du point de vue visuel d'une part et du point de vue scénaristique d'autre part. L'histoire renvoie à certains moments de Blade Runner, en particulier sur ce que sont devenus Rick Deckard et Rachel. A Los Angeles noyée dans un brouillard de pollution, K (Ryan Gosling), un répliquant (un androïde ou "robot à peau" pour parler crûment) qui fait partie du LAPD (la police de Los Angeles), doit éliminer un autre répliquant. Cela se passe dans un paysage "de fin du monde". Pas très loin, les monceaux de détritus et de ferraille s'accumulent. Au pied d'un arbre mort, K trouve un coffre enfoui avec un squelette à l'intérieur. Ce sont les restes d'une répliquante dont on apprend qu'elle a mis au monde un enfant avant de mourir. Cet événement s'est produit 28 ans auparavant, en 2021. K est chargé de mener l'enquête pour retrouver l'enfant. Pour ce faire, il va croiser la route de plusieurs femmes dont Joi, une femme hologramme, et Luv, une répliquante très dangereuse. Son chemin va aussi l'amener à rencontrer Deckard (Harrison Ford, avec 35 ans de plus) qui vit avec un chien dans un casino abandonné. Malgré sa décrépitude, l'endroit est beau. Je n'en dirai pas plus sur l'histoire car le film est avant tout une expérience visuelle. Comme spectateur, on est complètement immergé dans les images jaunes, orange et grises. Avec mon ami, quand on est sorti de la salle, on s'est dit qu'on ne voudrait pas vivre dans ce genre de monde sans soleil, sans ciel bleu. Le film dure 2H43. Vous pouvez tenter l'expérience. Et dans la foulée, je vous conseille de revoir Blade Runner de 1982 qui est un chef d'oeuvre.

Lire les billets de Strum, Pascale, Wilyrah.

22 juin 2017

Billet d'humeur: la grande distribution discount par abonnement

Une fois n'est pas coutume, je voudrais évoquer la grande distribution avec abonnement. Cela fait suite à la lecture aujourd'hui d'un article dans un journal et et au fait que j'en ai entendu parler à la radio ce matin.

Costco arrive! Vous ne connaissez certainement pas encore cette enseigne qui existe depuis longtemps aux Etats-Unis. Il s'agit de l'antithèse de La Louve ouverte récemment dans le 18ème arrondissement de Paris.

Costco vient d'ouvrir un immense magasin dans un entrepôt dans l'Essonne. Comme c'est loin de tout, il faut y aller en voiture ou prendre un car! Pour acheter, il faut payer un abonnement de 36 euros par an pour avoir droit d'acheter des produits à des prix défiant toute concurrence. Il y a énormément de catégories de produits mais pas de beaucoup de références. Cela va de la nourriture et aux boissons jusqu'aux vêtements et aux ordinateurs. Et donc, les clients (particuliers et professionnels) n'auront souvent le choix (ou pas) qu'entre une marque ou deux [pas forcément connue(s) ou la(es) meilleure(s)] par produit. Bien évidemment, Costco affirme que tout est de bonne qualité. Je ne suis pas sûre qu'ils vendent du bio. Il semble qu'il y ait pour l'instant que 7000 abonnés (252 000 euros). Cela n'empêche pas Costco d'ouvrir bientôt d'autres magasins.

J'en ai assez de cette uniformisation à tous les étages: on trouve les mêmes enseignes partout en France et ailleurs. L'uniformisation se retrouve dans notre assiette, dans ce que l'on porte (vêtements et chaussures). C'est d'un triste! Et payer pour avoir le droit d'acheter du pas très haut de gamme, c'est fort!

2 septembre 2016

Le fils de Jean - Philippe Lioret

J'ai trouvé très réussi Le fils de Jean, le nouveau film de Philippe Lioret (Welcome). Il comporte des moments drôles et émouvants, et l'ensemble dégage beaucoup de pudeur. En France, Matthieu travaille dans un service de com d'une société vendant des croquettes pour chiens. Suite à un coup de téléphone inattendu, Matthieu apprend que son père Canadien, dont il n'avait jamais entendu parler, même par sa mère, vient de mourir noyé dans un lac. Matthieu apprend par la même occasion l'existence de ses deux demi-frères Ben et Sam. Arrivé au Canada, il est accueilli par Pierre Lesage (Gabriel Arquand, exceptionnel), un médecin et le meilleur ami de son père décédé. Matthieu, séparé de sa femme et père d'un petit garçon, est très impatient de connaître ses deux frères. Sa quête l'entraîne de surprise en surprise que je ne vous dévoilerai pas. Les acteurs sont tous justes mais mention spéciales à Pierre Deladonchamps et surtout à l'acteur québecois Gabriel Arcand (le frère du réalisateur Denys Arcand) que j'avais apprécié dans Le Démantèlement. Le fils de Jean, très librement adapté du roman Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois, vaut la peine d'être vu.

12 août 2016

L'économie du couple - Joachim Lafosse

En cette période de disette cinématographique (encore que la situation s'améliore), j'ai voulu voir L'économie du couple du réalisateur belge Joachim Lafosse dont j'avais bien apprécié A perdre la raison. Je suis quand même étonnée que le film soit sorti en plein mois d'août, le public de ce genre de film risquant de ne pas être au rendez-vous. Le sujet est prenant et le réalisateur nous plonge tout de suite dans l'intimité de cette famille: Marie, Boris et leurs deux filles jumelles, Jade et Margaux. Dès les premières images, on sent tout de suite une certaine tension. En effet, Boris est relégué (comme un chien dans sa niche) à vivre et à dormir dans la pièce qui sert de bureau. Boris et Marie partagent le même toit en attendant que Boris trouve à se loger. Ils sont en train de se séparer mais Boris ne lâche pas l'affaire: il veut la moitié du prix de la maison qui appartient à Marie par héritage, considérant qu'il a donné de la plus-value à cette maison en faisant des aménagements: il est architecte d'intérieur mais ne gagne pas beaucoup d'argent. C'est là où le bât blesse. Marie est celle qui fait "bouillir la marmite" du ménage. La cause de la séparation tourne autour de cette gestion du foyer que Marie ne veut plus assumer toute seule. Les quelques échanges vifs entre Marie et Boris portent sur ce problème et sur la confiance qu'elle n'a plus en Boris. En revanche, ce dernier s'occupe bien de ses filles. Par intermittence, on sent qu'il pourrait y avoir une réconciliation entre ces deux adultes. Dans le rôle de Boris, j'ai découvert un acteur assez exceptionnel, Cédric Kahn, qui est aussi réalisateur. Il crève l'écran, et j'avoue que si on me demandait de choisir, je prendrais son parti à lui. Bérénice Bejo avec ses grands yeux noirs est émouvante dans le rôle de Marie, mais je suis arrivée à trouver son personnage presque antipathique (sans raison précise). En tout cas, c'est un film que je conseille. Lire le billet d'Alex.

18 juin 2016

Dans les forêts de Sibérie - Safy Nebbou

Sorti cette semaine, Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou n'a pas répondu à mon attente. Raphaël Personnaz est très bien dans le rôle de Teddy, un Français parti se "ressourcer" près du lac Baïkal. Il s'agit d'une adaptation très libre du livre de Sylvain Tesson (que je n'ai pas encore lu). Dans le film, un personnage a été rajouté. Safy Nebbou, le réalisateur et co-scénariste présent à l'issue de la projection, nous a dit que le public s'ennuierait peut-être en suivant un seul personnage à l'écran dans sa vie quotidienne dans des conditions extrêmes. Toujours est-il que Teddy doit faire face à des températures très basses, à des tempêtes de neige, au lac Baïkal gelé (800 km de long) transformé en patinoire, à un ours affamé et curieux. Personnellement, j'ai aimé cettte partie même si je m'attendais à des images plus spectaculaires. Quand Teddy rencontre Aleksei qui lui sauve la vie, il y a une rupture de ton. C'est presque un autre film, qui m'a moins intéressée. Ce long-métrage dure 1H45 et a été très applaudi par les spectateurs à la fin du générique. Il faut dire qu'en plus du réalisateur, étaient présents Raphaël Personnaz, et Ibrahim Maalouf qui a composé la musique du film. Il y a eu un échange sympathique où j'ai appris que les lieux du tournage n'étaient pas très éloignés de la vraie cabane où vécut Sylvain Tesson pendant presque un an, que l'ours était "bio" (pas comme celui dans The Revenant), c'était un vrai ours prêté par un cirque d'Irkoutsk accompagné de son dresseur, et que le réalisateur en tournant le film avait en tête Derzou Ouzala d'Akira Kurozawa. Honnêtement, on est quand même loin du compte si l'on compare les deux.

15 juin 2016

Retour chez ma mère - Eric Lavaine / Diamant noir - Arthur Harari / Bienvenue à Marly-Gomont - Julien Rambaldi

La semaine dernière, je suis allée trois fois de suite au cinéma pour voir des films français. J'avoue ne pas avoir été totalement convaincue par ce que j'ai vu...

Retour chez ma mère d'Eric Lavaine est une comédie "gentillette" avec Josiane Balasko qui recueille l'une de ses filles, Stéphanie, 40 ans, architecte et sans emploi car sa "boîte" vient de déposer le bilan (elle en était la gérante). Stéphanie (Alexandra Lamy) a du mal à s'habituer à l'appartement surchauffé de sa maman et aux chansons de Francis Cabrel passant en boucle toute la journée. Au bout de quelques jours, Stéphanie craint que Jacqueline (Josiane Balasko) n'ait la maladie d'Alzheimer. Nous, public, on sait que ce n'est pas vrai car Jacqueline n'ose pas tout dire à ses enfants. Elle veut leur faire la surprise. Tout se termine très bien. Je le repète, une comédie "gentillette".

Je passe à Diamant Noir d'Arthur Harari qui est une sorte de polar assez noir se déroulant dans le milieu des diamantaires à Anvers. Pier Ullman, un jeune truand vivant à Paris et doué d'une excellente mémoire visuelle, apprend que son père est mort dans le dénuement le plus complet. Il fut jadis un tailleur de diamant réputé avant d'avoir la main broyée. Pier se jure de demander des comptes à sa famille et de venger son père. J'ai trouvé le film bien filmé mais assez lent. J'ai aussi trouvé tous les personnages antipathiques. Je me suis passablement ennuyée.

Je termine avec Bienvenue à Marly-Gomont de Julien Rambaldi qui se passe en Picardie en 1975. Le village de Marly-Gomont dans l'Aisne est en émoi. Bien que manquant de médecin, les habitants voient d'un très mauvais oeil l'installation de Sayolo Zantoko, un médecin (noir), sa femme et ses deux jeunes enfants arrivant tout droit de Kinshasa au Zaïre. Personnellement, si j'étais Picarde, je porterais plainte contre la production du film car les personnages (blancs) sont  caricaturaux voire demeurés, même s'il y a certainement un fond de vérité. Il est certain qu'on voyait peu de Noirs dans les campagnes françaises il y a 40 ans. Sayolo va avoir beaucoup de mal à se faire accepter mais heureusement qu'il y a ses enfants: sa fille fan et joueuse de foot, et son fils, Kamini, qui sera à l'origine d'un spectacle d'école bien apprécié. La salle a pas mal ri. Sympathique mais avec des réserves.

29 juin 2016

Love and Friendship - Whit Stillman

Contrairement à Chris, j'ai beaucoup aimé le film Love and Friendship de l'Américain Whit Stillman, qui est sorti la semaine dernière. Il s'agit de l'adaptation d'un court roman épistolaire peu connue de Jane Austen, Lady Susan, qui a été écrit en 1794. Cela se passe dans le milieu de l'aristocratie anglaise. Lady Susan Vernon (Kate Beckinsale) qui a perdu son mari récemment est une femme rouée et manipulatrice (mais très jolie) qui n'a aucun scrupule à séduire les hommes, surtout ceux qui sont mariés comme Lord Manwaring chez qui elle loge. Elle cherche à marier Frédérica sa fille, âgée de 16 ans, à un certain Sir James Martin, un homme riche mais idiot. De son côté Frederica craint sa mère mais ne veut surtout pas épouser Sir Martin. Elle ne reste en effet pas insensible au charme de Reginald de Courcy, jeune frère de Lady Catherine, elle-même belle-soeur par alliance de Lady Susan (vous suivez?). En préambule, il nous est fait une présentation succincte de chaque personnages (il y a en a une bonne dizaine), avec leurs liens de parenté plus ou moins proches. J'ai eu peur de ne pas comprendre qui était qui. Heureusement, cela n'a pas duré longtemps. On suit très bien les intrigues de Lady Susan qui se confie à sa meilleure amie, Alicia Johnson. En revanche, le mari de cette dernière n'aime pas du tout Lady Susan. C'est un film beau à regarder tant du point de vue des décors (les intérieurs des demeures) que des costumes. Pour terminer en beauté ce "mois anglais", je conseille ce film devant lequel on sourit souvent.

31 mai 2016

Elle - Paul Verhoeven

Voici un film qui peut ne pas plaire à tout le monde. Personnellement, Elle, le nouveau film du néerlandais Paul Verhoeven, m'a beaucoup plu. J'ai aimé l'ironie, l'humour, la crudité, l'ambiguïté, l'amoralité qui s'en dégagent. Isabelle Huppert, une fois de plus, est géniale, en co-directrice d'une entreprise florissante de jeux vidéos. Divorcée récemment mais ayant une liaison avec le mari de sa meilleure amie (Anne Consigny, très bien), Michèle Leblanc (Isabelle Huppert) est la mère d'un grand fils amoureux d'une fille enceinte. Michèle vit seule avec son chat (magnifique, le chat!) dans un pavillon de banlieue. Un soir, elle se fait violer chez elle par un homme cagoulé. Dès le lendemain, dans un restaurant, elle fait comme s'il ne s'était rien passé  pendant un dîner entre amis (avec son ex-mari [Charles Berling]). Mais juste avant qu'on vienne lui prendre la commande, elle annonce qu'elle a été violée mais qu'elle n'a pas jugée bon d'aller porter plainte. Elle ne veut surtout pas que la police s'immisce dans sa vie (on apprend pourquoi par la suite). Son violeur se met à la harceler. Je me suis demandée jusqu'au milieu du film qui était cet individu qui semble si bien la connaître et qui s'introduit facilement chez elle. Un couple de voisins, Patrick et Rebecca (Virginie Efira), sont plein de sollicitude envers Michèle; et en retour, cette dernière fantasme sur Patrick (Laurent Lafitte). Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue. Je ne me suis pas ennuyée pendant les 2H10 que dure le film. Je trouve que c'est un film décoiffant qui vaut la peine d'être vu. Lire le billet de Cathulu.

19 avril 2016

Rosalie Blum - Julien Rappeneau

Rosalie Blum de Julien Rappeneau est un film charmant que je vous recommande avant qu'il ne soit trop tard. L'histoire est adaptée d'une BD en plusieurs tomes écrite et dessinée par Camille Jourdy. Nous découvrons la même histoire selon trois points de vue. Dans une ville de province, Vincent Machot, la trentaine, célibataire (il vit avec son chat) et coiffeur de son état, loge dans le même immeuble que sa maman, Simone (Anémone, géniale en mère possessive et abusive). La vie routinière de Vincent (il a abandonné l'espoir de vivre un jour avec sa petite amie qui lui a posé un énième "lapin) va être chamboulée quand un jour il entre dans une "supérette" tenue par Rosalie. Il commence à la suivre pour mieux la connaître (?). A partir de là intervient Aude, la nièce de Rosalie. Aude vient d'abandonner ses études et elle est engagée par Rosalie pour suivre Vincent, car Rosalie a remarqué le manège de Vincent et elle se demande ce qu'il lui veut. La dernière partie du récit se focalise sur Rosalie dont on apprend qu'elle a un passé qu'elle voudrait oublier. Le film de Julien Rappeneau (c'est son premier) est une vraie réussite. Tous les acteurs y contribuent beaucoup.

31 juillet 2015

La femme au tableau - Simon Curtis

Conseillée par un de mes collègues, je suis allée voir La femme au tableau et je ne le regrette pas. Inspirée d’une histoire vraie, la femme au tableau représente Adèle Bloch Bauer, qui a posé pour l’un des tableaux les plus célèbres de Gustav Klimt dans les années 1900: la femme en or. Comme son nom de famille l’indique, Adèle était juive et née dans une famille très aisée. En 1998, sa nièce Maria Altmann, vivant aux Etats-Unis depuis des années, confie à un jeune avocat (petit-fils du compositeur Arnold Schoenberg) la mission de récupérer le tableau qui se trouve depuis la dernière guerre mondiale au musée du Belvédère à Vienne. Sa famille a été spoliée par les Nazis comme beaucoup d’autres familles juives. Pendant une heure cinquante, on suit avec beaucoup d’intérêt comment l’avocat Randol Schoenberg mène sa mission et arrive à assigner l’Etat autrichien devant un tribunal américain. En parallèle, le film comporte des retours en arrière qui décrivent la fuite de Maria (toute jeune mariée) et son époux en 1938 juste après l’Anschluss. Les quelques scènes où l’on voit les exactions des Nazis envers les Juifs sont marquantes. C’est un film prenant qui vaut vraiment la peine d'être vu. Les spectateurs semblaient très attentifs. Il faut noter une fois de plus qu’Helen Mirren qui interprète Maria Altmann est remarquable ainsi que tous les autres acteurs.

21 février 2015

Les merveilles - Alice Rohrwacher

Les Merveilles, ce film italien réalisé par une femme, a été récompensé du Grand prix du jury au dernier festival international du film de Cannes 2014. Il n'est pas exempt de défauts dans la mise en scène, avec une histoire qui part un peu dans tous les sens, mais il m'a plu parce que, pour une fois, le personnage central est une jeune fille, qui s'appelle Gelsomina. Agée de 14 ans, elle est l'aînée de quatre filles. Gelsomina s'occupe habilement des abeilles de 42 ruches sous la férule de son père. Les abeilles sont des personnages à part entière dans cette histoire qui se passe a priori l'été, pendant les grandes vacances, dans une région isolée d'Italie. Gelsomina, Marinella, Catarina et Luna vivent avec leurs parents Wolfgang et Angelica ainsi que Coco (une tante?) dans un grand bâtiment en mauvais état. Le père, tyrannique envers sa fille aînée, a des problème financiers. Sa fabrique de miel est menacée de fermeture faute de moyens pour se mettre aux normes obligatoires d'hygiène. L'arrivée dans la région de caméras de télévision pour une émission de télé-réalité animée par une sorte de fée à natte blanche (Monica Bellucci) va peut-être chambouler la vie de cette famille qui a accepté de s'occuper de Martin, un jeune pré-délinquant. Ce que j'ai retenu de ce film est le comportement de Gelsomina, qui est comme une "petite maman" pour ses trois soeurs. Elle-même cherche toujours la reconnaissance de son père, qui crie beaucoup et ne montre pas beaucoup de tendresse envers elle (à part lui offrir un chameau). Il est en butte aux quolibets de voisins qui le charrient de n'avoir que des filles. Cela n'empêche pas qu'on aurait souvent envie de lui dire ses quatre vérités pour son comportement vis-à-vis de Gelsomina qui est capable de garder une abeille dans la bouche sans se faire piquer. Un film que j'ai été contente de voir. La fin laisse plein de questions en suspens.

Lire les billets plus ou moins positifs de Pierrre Darracq, ffred, Pascale, Alex-6.

12 février 2015

L'enquête - Vincent Garenq

J'ai choisi de voir L'enquête, de Vincent Garenq, parce que j'aime bien ce genre d'histoire, et que la bande-annonce m'a donné envie de le voir. J'avoue que je l'ai apprécié, mais je n'ai pas été aussi enthousiaste que je m'y attendais.

L'enquête de Vincent Garenq nous plonge dans l'affaire de la vente des frégates à Taïwan et dans celle de Clearstream (2001 et 2002). Je n'avais suivi que de loin ces affaires à l'époque. Il était question de plusieurs millions d'euros de commission bancaire suite à des transactions mises sur des comptes non publiés (dans le film, certaines transactions sont effacées d'un coup de souris d'ordinateur ). Tout cela s'est fait grâce à Clearstream (basée au Luxembourg, paradis fiscal bien connu) qui est une chambre de compensation (et aussi une banque). Grâce à cette chambre, les banques règlent les montants dus et reçoivent les actifs correspondants aux transactions qu'elles ont effectuées sur les marchés. L'histoire est basée sur les deux ouvrages écrits par le journaliste Denis Robert. Le rythme du film est haletant mais j'ai trouvé que tout était survolé. Le réalisateur a résumé en 1H45 une histoire très complexe. Il aurait peut-être pu s'attarder sur un point précis de cette affaire financière hors norme dans laquelle ont trempé des hommes d'affaires et des politiques à haut niveau. Je pense qu'il aurait fallu que j'étudie l'affaire avant de voir le film. Il est très bien interprété, mais il ne m'a pas vraiment permis de comprendre tous les tenants et les aboutissants de ce scandale financier.

28 janvier 2015

Loin des hommes - David Oelhoffen / Discount - Louis-Julien Petit

Voilà deux films, très différents à tous points de vue, que je vous recommande.

Le scénario de Loin des hommes de David Oelhoffen est librement inspiré d'une nouvelle d'Albert Camus, L'hôte, tiré du recueil L'exil et le royaume (1957) qui rassemble six nouvelles. L'acteur Viggo Mortensen, coproducteur du film, est un grand admirateur de l'écrivain. En Algérie, en 1954, quelque part dans les montagnes de l'Atlas, Daru, un instituteur, fait la classe en français à des jeunes élèves algériens. Un jour, Daru est chargé d'escorter Mohamed, un Algérien accusé de meurtre, jusqu'à la ville voisine pour y être jugé. Daru qui a mené jusqu'ici une vie plutôt calme va se trouver au coeur de la tourmente puisque nous sommes à l'époque du début de la Guerre d'Algérie. L'histoire se déroule sur 4 ou 5 jours. Daru, d'origine espagnole et traité de "Français" par les Arabes et d'"Arabe" par les Français, se sent proche de Mohamed qui devrait payer le "prix du sang" pour son crime. J'ai beaucoup aimé le rythme un peu lent, les magnifiques paysages, et puis Viggo Mortensen avec son improbable accent français est bien.

Je passe maintenant à Discount, une très sympathique comédie française. Le maître-mot de l'histoire est "solidarité". Les héros de l'histoire sont cinq employés corvéables à merci. Ils travaillent pour un salaire en-dessous d'un SMIC mensuel dans un magasin "discount" au milieu de nulle part dans le nord de la France. Aux caisses, ils doivent être performants, accélérer les cadences entre chaque client, car il est question de remplacer l'humain par des machines. Les licenciements sont décidés. Seuls les plus rapides resteront. Ni une, ni deux, Christiane (Corinne Masiero, excellente comme d'habitude) et les autres prélèvent des produits divers et variés sans se faire voir. Certaines de ces denrées étant périmées, elles étaient destinées à être arrosées de javel dans une benne. Ces scènes de destruction de nourriture sont choquantes (et pourtant vraies), quand on pense aux gens qui meurent de faim. Je vous laisse découvrir comment les personnages font des heureux avec ces denrées. Le scénario aurait pu être un peu plus travaillé, l'ensemble est un peu décousu, mais j'ai eu beaucoup de plaisir à suivre cette histoire grâce des personnages bien campés. Je retournerai peut-être le voir avec mon ami.

3 août 2014

La planète des singes : l'affrontement - Matt Reeves

Dans cette suite de La planète des singes : les origines, nous retrouvons les chimpanzés et autres grands singes autour de César leur chef. Quelques années ont passé depuis qu'une épidémie de grippe simienne a décimé la population humaine. La séquence d'ouverture est spectaculaire: les singes en nombre s'apprêtent à attaquer... un troupeau de cerfs; et ils y arrivent, en tuant un gros ours par la même occasion. Pendant ce temps-là, quelques centaines d'humains qui n'ont pas été touchés par l'épidémie et vivent retranchés à San Francisco en ruine cherchent à remettre en marche un barrage qui leur permettrait de se fournir en énergie. Or ce barrage est situé dans le territoire qu'occupent les singes. L'affrontement entre hommes et animaux a lieu quand un chimpanzé, Koba, veut prendre la place de César (qu'il trouve trop proche des humains) et devenir le chef. Je retiens que les singes arrivent à prononcer des mots mais qu'ils s'expriment surtout en langage des signes. Il y a des "méchants" et des "gentils" tant du côté humains que du côté des singes. J'ai trouvé le film bien fait (de ce côté-là, rien à dire) mais à mon avis son défaut principal est que les grands singes ont des comportements trop anthropomorphes dans leurs travers comme dans leurs qualités. Cela m'avait moins sauté aux yeux dans le film précédent. Cela n'empêche pas que vous pouvez aller voir le film (un western en 2D, c'est très bien).

22 juillet 2014

L'homme qu'on aimait trop - André Téchiné

Je suis assez âgée pour me rappeler ce fait divers qui défraya la chronique en 1977: la disparition d'Agnès Le Roux, héritière du Palais de la Méditerranée où se trouvait un casino situé sur la promenade des Anglais à Nice. A ce jour, on n'a jamais retrouvé son corps. Dans L'Homme qu'on aimait trop (j'ai trouvé ce titre plutôt étrange), André Téchiné reprend le sujet en débutant l'histoire environ un an avant la disparition d'Agnès (Adèle Haenel). Cette dernière, un peu garçon manqué, vient juste de revenir d'Afrique. Désirant ouvrir une librairie cadeaux, elle veut récupérer sa part d'héritage venant de son père. Cela obligerait sa mère Renée (Catherine Deneuve) à lui racheter ses parts; or elle n'en a pas les moyens. Dans le même temps, Agnès tombe amoureuse de l'avocat d'affaires Maurice Agnelet (Guillaume Canet) devenu l'homme de confiance de Renée. Suite à un différend avec cette dernière, Agnelet n'hésite pas à faire alliance avec Jean-Dominique Fratoni, l'"Empereur des jeux" de la Côte d'Azur, qui a des vues sur le Palais de la Méditerranée. Agnès est mise en relation avec Fratoni et va trahir sa mère. Le film vaut surtout pour l'interprétation des deux actrices qui sont exceptionnelles dans leur confrontation. A côté, Guillaume Canet paraît un peu terne. Le film qui dure 1H56 m'a vraiment passionnée pendant 1H30 (jusqu'à la disparition d'Agnès). La dernière partie qui se passe presque trente ans plus tard s'éternise et j'ai été gênée par les acteurs grimés pour se vieillir (cela alourdit l'ensemble). Rien que pour les premières quatre-vingt-dix minutes, allez voir le film.

1 juillet 2014

Jersey Boys - Clint Eastwood

Jersey Boys de Clint Eastwood, qui est l'adaptation d'une pièce à succès donnée à Broadway, m'a fait passé un très bon moment sans ennui malgré ses 2H14. Jersey Boys retrace, pratiquement au style direct (les protagonistes s'adressent très souvent à la caméra), la création, l'ascension et la dissolution d'un groupe légendaire aux Etats-Unis: "Frankie Valli [avec un i] and the Four seasons". Nés dans le New Jersey dans les années 30 et d'origine italienne, Frankie, Bob, Tommy et les autres ont d'abord été à la fin des années 50 des filous protégés par un "Parrain" local. Le film m'a permis de découvrir que "Can't take my eyes off you", standard moult fois repris par d'autres chanteurs (comme Gloria Gaynor), a été composé par un des membre du groupe et interprété par Frankie Valli, qui avait une voix haut perchée qui faisaient se pâmer la gente féminine. Un autre de leur "tube" célèbre est Sherry. Même si le film ne constitue certainement pas le meilleur de Clint Eastwood, j'ai trouvé la réalisation classique, élégante, fluide (comme j'aime). Et il est très bien interprété par les acteurs qui ont joué Jersey Boys à Broadway. Je n'en connaissais aucun. En "guest star", Christopher Walken, toujours impeccable, joue le "Parrain" local. Et le final m'a plu: on y retrouve tous les protagonistes, qui font des pas de danse dignes des très bonnes comédies musicales des années 60. Lire l'excellent billet de princecranoir.

1 janvier 2014

NOUVELLE ANNEE

L'année 2013 s'achève, l'année 2014 commence.
En 2014, j'espère voir autant de bons films que pendant l'année qui vient de s'écouler. 
Dans mes résolutions pour cette nouvelle année, je compte diminuer ma PAL avant de me procurer de nouveaux livres. Je n'arrive plus à ranger ce trop-plein de livres. Je continuerai bien entendu à vous faire partager mes avis à propos de mes lectures et de films vus sur mon blog qui va fêter dans une semaine ses 7 ans d'existence (déjà).
Je souhaite donc à tous les blogueurs qui me rendent visite
une excellente année 2014 toute pleine de bonnes choses dont la santé encore et toujours.

Je vous embrasse tous.

29 juillet 2013

L'inconnu du lac - Alain Guiraudie

Et voici le deuxième film vu juste avant de partir en voyage. Dans un registre particulier, L'inconnu du lac d'Alain Guiraudie (interdit aux moins de 16 ans) est avant tout un film d'atmosphère (assez crépusculaire). Tout se passe au bord d'un lac pendant l'été. Il n'y pas de musique mais on entend le bruit de l'eau et du vent dans les feuillages. Quelques hommes se prélassent nus (du bas) sur le sable. D'autres vont dans les fourrés pas loin pour faire l'amour. Tous ces hommes semblent se connaitre. C'est un lieu de drague. On ne sait pas qui ils sont, quel est leur milieu social (c'est le côté intéressant du film). Ce sont des hommes qui aiment les hommes. Franck, le héros de l'histoire, est un de ceux-là. Il tombe amoureux d'un nouveau venu, Michel, dont on se rend compte rapidement que c'est un dangereux meurtrier qui n'hésite pas à supprimer ceux qui risquent d'être un danger pour lui. Il y a aussi Henri, qui s'est mis à l'écart des autres (mais il observe), plus très jeune, un gros ventre et qui se prend d'amitié pour Franck. Henri est le personnage que j'ai préféré. Et puis il y a le policier maigrichon qui mène l'enquête sur une noyade suspecte. L'histoire, tout en respectant l'unité de lieu et d'action, se déroule sur plusieurs jours. Si on fait abstraction de certaines scènes et de plans plus ou moins scabreux, on peut voir ce film, noir et violent dans tous les sens du terme. Je suis contente de l'avoir vu même si ce n'est pas un sujet qui me touche. Ffred, Neil, Mymp et d'autres en parlent.

PS : pour répondre au commentaire de Pyrausta (antidaté par rapport à la date de parution de mon billet: celui-ci avait été publié par erreur le 25/07/13 pendant quelques minutes...), je ne suis pas du tout allée voir ce film par voyeurisme (j'ai longtemps hésité). Certains dialogues et plans ne mettent pas très à l'aise. J'ai parfois regardé ailleurs. Mais j'ai une (et non un) collègue qui l'a vu et qui me l'a conseillé. Ce n'est pas un film grand public mais j'ai été surprise de voir presque autant de femmes que d'hommes dans la salle où j'étais. En revanche, quand ma collègue l'a vu, c'était dans une grande salle pleine avec seulement trois spectatrices dont elle.

15 juin 2013

The call - Brad Anderson

Voici un film vu le jour de sa sortie, le 29 mai 2013, qui m'a beaucoup plu.

The Call de Brad Anderson est un thriller hautement stressant et on en redemande. Jordan Turner (Halle Berry) est une des opératrices du "911", le numéro que l'on compose quand on veut joindre les urgences de la police (aux Etats-Unis). L'histoire commence quand Jordan essaie de sauver une jeune fille d'un ravisseur. La future victime appelle grâce à un portable, le prédateur n'est pas loin. L'appel teléphonique est coupé. Quand Jordan rappelle, le tragique destin de la victime est scellé. 6 mois se passent pendant lesquels Jordan a du mal à se remettre, et un jour, le même cauchemar se reproduit, une jeune femme, Casey Welson (Abigail Breslin) est enlevée et enfermée dans le coffre de la voiture du ravisseur. Grâce à son portable, Casey appelle le "911" et c'est Jordan qui répond. C'est là que les nerfs des spectateurs commencent à être mis à rude épreuve, c'est vraiment bien fait. D'autant plus que Jordan comprend que c'est le même homme qui a enlevé les deux jeunes femmes à 6 mois d'intervalle. Je recommande ce film de genre qui a une fin somme toute assez inattendue. Lire les billets de Marcozeblog, de Phil siné et de Géraldine.

9 juin 2013

Joséphine - Agnès Obadia / Tip Top - Serge Bozon

Je voudrais évoquer deux films pas encore sortis que j'ai vus en avant-première.

D'abord Joséphine d'Agnès Obadia (sortie prévue le 19 juin 2013) qui s'inspire du personnage de la bande dessinée éponyme créée par Pénélope Bagieu (je n'ai pas lu la BD). Joséphine (interprétée par Marilou Berri), presque 30 ans, célibataire, les fes**es rebondies (elle en souffre pas mal), travaille dans la pub. Entourée de trois copines/copain très sympas, d'un chef de service distrait et maladroit, d'une soeur parfaite, Joséphine cherche le mari idéal qui sache cuisiner et aime les chats. Elle en possède un appelé "Brad Pitt" (un chat, je veux dire). Quand sa soeur (parfaite) lui annonce qu'elle va se marier, Joséphine prend une décision qui aura des conséquences incalculables sur sa vie. Je ne veux pas être trop négative, mais n'est pas Billy Wilder ou Ernst Lubistch qui veut. La comédie est poussive et traîne en longueur (et pourtant elle ne dure qu'1H28), et on ne rit pas souvent même si c'est une comédie. C'est truffé d'invraisemblances (et on les voit). Pour résumer, le film manque d'une réalisation plus inspirée. Agnès Obadia a réalisé quelques films dont Romaine par moins 30 (qui déja ne m'avait pas convaincue).

Maintenant, voici Tip Top de Serge Bozon (sortie prévue le 11 septembre prochain) qui a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs au dernier festival de Cannes. Juste avant que la projection ne débute, on nous a annoncé que le film détonnait par rapport au reste de la sélection, j'ai compris pourquoi... Le réalisateur et l'un des acteurs étaient dans la salle, un mini-débat devait avoir lieu à l'issue de la projection. Je résumerais le film en un adjectif: loufoque. Après, c'est vous qui décidez. Deux inspectrices de la police des polices, Esther Lafarge et Sally Marinelli (Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain), viennent enquêter dans la région de Lille sur la mort d'un "indicateur" qui travaillait avec un inspecteur (François Damiens). L'enquête n'a aucune importance car ce sont les comportements des protagonistes qui font tout le sel de l'histoire. Esther (Isabelle Huppert) aime l'amour vache qui fait mal. Elle dort même avec un marteau sous son oreiller. C'est Sami Nacéri qui joue son mari et que l'on voit dans une scène mémorable. Quant à Sally (Sandrine Kiberlain), elle a des problèmes avec sa hiérarchie car elle aime "mater", c'est une voyeuse "grave". Je ne vous dirai rien de plus si ce n'est que je n'ai pas assisté au débat. Les autres spectateurs ont applaudi à la fin de la projection, moi pas. Cela ne m'empêche pas de dire qu'Huppert se "lâche" complètement et que Sandrine Kiberlain n'est pas en reste. A vous de juger, encore une fois.

5 janvier 2011

Another year - Mike Leigh

Je voulais dire beaucoup de mal du dernier Mike Leigh, et bien c'est raté. Another year est LE film qui me réconcilie avec ce réalisateur dont j'avais beaucoup beaucoup aimé Naked en 1993 (prix de la mise en scène et prix d'interprétation masculine au festival de Cannes de cette année là), mais qui par la suite m'avait toujours déçue: je n'avais pas aimé Secrets et mensonges, Vera Drake ni Be Happy (ce dernier film m'avait particulièrement horripilée). Pour en revenir à Another year, l'histoire se passe sur quatre saisons: printemps, été, automne et hiver. Tom et sa femme Gerry forment un couple uni depuis de nombreuses années. Ils vivent dans une maison agréable et ont un fils de 30 ans, Joe. Gerry est psychologue et Tom géologue. Tom et Gerry dont la passion commune est le jardinage sont à l'écoute des autres, et en particulier de Mary (une collègue de Gerry), une femme paumée, handicapée de la vie, seule, mariée et divorcée deux fois, qui boit et parle beaucoup. Elle vient souvent chez eux, cette maison lui sert de refuge (elle reste parfois la nuit). En revanche, Mary n'est pas toujours aimable: il faut voir le regard meurtrier qu'elle lance à Katie, la petite amie de Joe, quand celui-ci vient la présenter à ses parents. En effet, Mary ressent un tendre sentiment pour Joe. Elle se fait des illusions à tout point de vue. Ken, une autre connaissance du couple, fait aussi peine à voir quand il est invité chez eux. Il boit beaucoup trop et fume pas mal. La dernière partie se passe en hiver où survient un décès et où Mary semble au bout du rouleau (elle se raccroche à Gerry comme à une bouée). Son état de détresse extrême rejoint celui d'une patiente de Gerry que l'on voit au tout début du film et que l'on ne revoit plus après. Le film dure un peu plus de deux heures, je n'ai pas vu le temps passer. Les comédiens sont tous formidables. Another year (sélectionné au dernier festival de Cannes) fut, je le confirme, le grand oublié du palmarès. Allez le voir.

21 janvier 2011

Bilan lectures 2010

Après mon bilan ciné 2010, et avant la reprise de billets sur des livres lus, voici un petit bilan lecture 2010.
Je précise que, pour ce qui concerne mes livres lus en 2010, je ne les ai pas tous chroniqués.
Voici en tout cas sept coups de coeur pour 2010 sur lesquels j'avais rédigé un billet. Pour cinq d'entre eux, c'était le premier roman que je lisais de l'auteur.

Rosa Candida d'Ava Audur Olafsdottir, parce que ce premier roman est une bouffée de fraîcheur.

Indignation de Philip Roth. J'espère que Philip Roth obtiendra le prix Nobel prochainement.

Les brumes du passé de Leonardo Padura. L'histoire donne envie de partir visiter Cuba.

Contrebande d'Enrique Serpa. Ce journaliste n'a écrit semble-t-il que ce roman, quel dommage qu'il n'ait pas continué dans cette voie.

Série Z de Jean-Marc Erre. Absolument hilarant et bien écrit.

Sylvia de Leonard Michaels. Ce roman autobiographique est déchirant.

Des éclairs de Jean Echenoz. Quel style! Et la vie de Nicolas Tesla valait bien un roman.

Et enfin, je n'oublie pas ma découverte du romancier victorien Anthony Trollope avec Quelle époque!

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