Le blog de Dasola
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23 mars 2019

Jusqu'ici tout va bien - Mohamed Hamidi / Rebelles - Allan Mauduit

Je chronique deux films vus l'un à la suite de l'autre.

J'ai trouvé Jusqu'ici tout va bien, de Mohamed Hamidi, très plaisant. Une petite agence de com, dirigée par Fred Bartel (Gilles Lellouche, en grande forme), vient de remporter un gros marché, mais dans le même temps, rien ne va plus avec le fisc. En effet, à cause d'une malheureuse domicilation non respectée, l'agence aurait dû être implantée dans le 93 à La Courneuve, dans une zone franche et non en plein Paris, Fred Bartel est redevable de plus d'1,7 millions au Trésor public. Pour éviter cette grosse amende, Fred et toute son équipe s'installent donc à La Courneuve où des bandes de gamins font du racket et les trafiquants de drogue prospèrent. Le ton du film est très "bon enfant". Tout ce petit monde s'entend plutôt bien. Bartel arrive même à trouver une grosse somme d'argent (sans l'aide des banques) pour faire face à une demande d'un client. Les personnages sont sympathiques même s'ils manquent un peu d'épaisseur. J'ai passé un bon moment. Lire le billet de Matchingpoints.

Je passe à Rebelles d'Allan Mauduit, un western urbain qui se passe à Boulogne sur Mer. Sandra (Cécile de France, que je n'ai pas reconnue immédiatement), ex-Miss Pas-de-Calais avec un coquard à l'oeil, revient chez sa mère qui vit dans un bangalow. Sandra trouve un travail dans la conserverie de poissons de la ville. Le travail est dur et astreignant et Jean-Michel, le chef d'équipe, un peu trop entreprenant. D'ailleurs, un soir, lors d'une astreinte, Sandra blesse grièvement Jean-Michel après que celui-ci ait cherché à la violer. Deux collègues, Nadine (Yolande Moreau, impayable) et Marilyn (Audrey Lamy, très bien), témoins du drame, veulent d'abord appeler les secours, mais y renoncent après qu'elles aient trouvé un sac rempli d'argent dans l'armoire du futur défunt. Je vous laisse découvrir comment les trois femmes vont se débarrasser du corps et prendre l'argent. Bien entendu, les ennuis commencent car l'argent appartient à quelqu'un. Le rythme du film est trépidant. J'ai souri et parfois ri devant une scène un peu "gore" dans le début du film. La séquence de la fusillade dans une maison vers la fin est digne d'un western d'antan. Les méchants sont plus bêtes qu'autre chose. On n'oublie pas de sitôt Sandra, Nadine et Marilyn, des femmes pleines de ressources avec du caractère, du culot et du courage qu'elles payent parfois assez cher. Un film sympa, pas très moral mais ce n'est pas grave. Lire les billets de ffred et Pascale.

13 novembre 2016

Jack Reacher: Never go back - Edward Zwick / Mr Wolff - Gavin O' Connor / Doctor Strange - Scott Derrickson

Jack Reacher: Never go back est la deuxième adaptation cinématographique d'un roman de Lee Child produite et interprétée par Tom Cruise. Comme j'avais pas mal aimé le premier Jack Reacher (avec quelques réserves), je n'ai pas hésité longtemps à voir ce deuxième volet. Le scénario tient sur un ticket de métro mais ce n'est pas grave car on ne s'ennuie pas une minute en compagnie de Jack, plus très jeune (Tom Cruise s'est empâté), qui apprend qu'il a peut-être une fille. Il doit surtout découvrir qui en veut à une femme militaire qui devait dîner avec lui et qui a été jetée en prison. Pour lui donner la réplique, Tom Cruise a choisi Cobie Smulders, une comédienne canadienne britannique qui m'est inconnue. Elle est très bien. Un bon film du samedi soir.

Dans Mr Wolff de Gavin O'Connor, je n'ai pas pu comptabiliser les cadavres (il y en a beaucoup), mais le film est distrayant. Lire le billet de Pascale. Christian Wolff (Ben Affleck, impavide) est un homme hors du commun. Autiste doué pour les chiffres, il est devenu le comptable de personnes véreuses. C'est aussi un tueur redoutable, grâce à un entraînement intensif depuis qu'il est petit avec des armes à feu de haute précision. Des flash-back montrent ce que fut son enfance avec un père militaire qui lui a appris à se battre. Pour faire suite à une demande d'une entreprise de haute technologie qui a un "trou" dans ses comptes, Wolff et une jeune employées vont devenir les cibles de tueurs redoutables. Il y a du rythme et des révélations inattendues sur certains personnages (sauf pour mon ami qui avait deviné).

Je finis avec Doctor Strange de Scott Derrickson dans lequel il faut louer les effets spéciaux, dont certains m'ont fait penser à ceux d'Inception: les immeubles distordus et les passerelles dans l'espace-temps. Stephen Strange (Benedict Cumberbatch) est un neuro chirurgien de talent qui est victime d'un grave accident de voiture. Ses mains ne réagissent plus. Il part à Katmandou dans un genre de temple où il est initié aux arts divinatoires et à la magie. Bien entendu, ses mains vont guérir. Il va affronter un groupe de zélotes dont le chef est Kaecilius (Mads Mikkelsen). Leur but? Détruire la terre. C'est le genre de film plaisant à voir sur grand écran. Pour une fois, j'ai trouvé le son moins assourdissant que d'habitude. Pourquoi pas?

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Je termine avec une mauvaise nouvelle (une de plus), la disparition de Robert Vaughn (22 novembre 1932 - 11 novembre 2016), qui incarna Napoléon Solo avec classe (avec son compère Illya Kuriakin [David McCallum]) dans la série Agents très spéciaux (1964-1968), une série que les jeunes de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et il était le dernier survivant des Sept mercenaires de John Sturges.

7 novembre 2016

Moi, Daniel Blake - Ken Loach

Moi, Daniel Blake de Ken Loach a reçu la Palme d'or au dernier festival international du film de Cannes en 2016. C'est la deuxième fois que le réalisateur britannique octogénaire est récompensé dix ans après Le vent se lève (qui m'avait passablement ennuyée). Je n'aime pas tous les films de Ken Loach. Celui-ci m'a plu mais sans plus. Je m'attendais à être plus émue. Daniel Blake âgé de 59 ans a eu un problème cardiaque. Les médecins qui l'on soigné jugent qu'il ne peut pas retravailler de sitôt. Cependant, une "professionnelle" de santé n'est pas de cet avis suite à un entretien téléphonique et refuse qu'on lui octroie une pension d'invalidité. Daniel Blake est sommé de s'inscrire à Pôle emploi (Job center) où il devra prouver qu'il cherche un emploi afin de pouvoir toucher des indemnités chômage. Daniel n'est pas familier avec Internet ce qui l'handicape beaucoup. Néanmoins, en faisant "du porte à porte", il arrive à intéresser des employeurs, mais son état de santé l'empêche d'occuper un poste. C'est un cercle infernal. Au "Job center" où les employés ont un discours formaté et brutal, Daniel fait la connaissance d'une jeune femme, Katie, mère célibataire avec deux enfants de deux pères différents. Elle n'est pas dans une meilleure situation que Daniel. Elle vit dans un appartement sans chauffage et souffre de la faim. Il y a une scène marquante dans une banque alimentaire. Le film décrit avec Daniel et Katie les misères et tracas de deux personnes démunies et en état de détresse psychologique dans un pays tel que l'Angleterre. Le constat est amer. Et j'ai connu Ken Loach plus inspiré (dans Sweet Sixteen ou It's a free world, par exemple). Lire les billets de matching points, Alain, wilyrah, tinalakiller, ffred (qui n'a pas aimé) et mymp (mitigé).

17 septembre 2016

Clash (Eshtebak) - Mohamed Diab

Après Les femmes du bus 678 qui m'avait beaucoup plu, voici Clash de Mohamed Diab. L'histoire se situe au lendemain de la chute du président égyptien Morsi en 2013, un an après son élection. Morsi, appartenant au parti islamiste, a été renversé par un coup d'Etat organisé par l'armée. A la suite de ce coup d'Etat, les manifestations se succèdent et l'armée arrête et entasse des individus, jeunes et vieux, femmes et enfants, dans des paniers à salade aux vitres grillagées, les prisons étant pleines. Le cinéaste, la caméra à l'épaule, s'est enfermé dans cet espace confiné où une vingtaine de personnes représentatives de la société égyptienne se regardent avec hostilité, délimitent des frontières avant de s'épauler néanmoins au gré des événements qui se passent dehors. Le panier à salade en mouvement ou à l'arrêt essuie des jets de pierre ou est atteint par des balles de fusil. Le film qui dure presque deux heures ne m'a pas ennuyée. J'étais vraiment curieuse de savoir comment cela se terminerait. J'avoue avoir été un peu frustrée par la dernière image dissoute dans des faisceaux de lumière. Lire le billet d'Alex-6 et Chris.

29 juin 2018

Ocean's 8 - Gary Ross / Bécassine - Bruno Podalydès

Ocean's 8 de Gary Ross n'est certes pas le film de l'année, mais je ne me suis pas ennuyée lors de sa projection. J'ai lu que le scénario est paresseux, pas vraiment original et bourré d'invraisemblances, que la fin est prévisible, que les actrices principales ne sont pas à leur avantage, que certaines scènes sont peu ragoûtantes (celle où l'un des personnages vomit dans les toilettes): et, oui, je suis plutôt d'accord avec ces remarques. Mais comme je suis assez fan de Sandra Bullock, Cate Blanchett, Helena Bonham-Carter, je n'ai pas boudé mon plaisir. L'une des premières séquences, qui montre comment Sandra Bullock, tout juste sortie de prison après avoir purgé une peine de cinq ans pour vol, "achète" des produits de beauté et autres "babioles" dans des magasins de luxe new-yorkais sans débourser un dollar, m'a paru jubilatoire. Elle le fait avec un certain culot et beaucoup de classe. A voir un samedi soir ou quand il passera un dimanche soir à la télé.

C'est en visionnant la bande-annonce de Bécassine! de Bruno Podalydès (dont je n'ai pourtant pas trop apprécié les productions précédentes) que j'ai eu envie de voir ce long-métrage, qui est une libre adaptation des aventures de Bécassine, écrites par Jacqueline Rivière, Emile-Joseph-Porphyre Pinchon et Caumery et parues dans La Semaine de Suzette pour la première fois en février 1905. Bruno Podalydès en fait un personnage plein de poésie et de tendresse. C'est d'abord une petite fille ayant perdu une de ses dents de lait cachée sous son oreiller qui attend un cadeau de la petite souris. Bécassine (Emeline Bayart, étonnante), devenue une jeune femme simple (mais pas simplette), rêve de partir à Paris. Elle est soutenue dans son projet par son oncle Corentin (Michel Vuillermoz): c'est lui qui trouve au fond d'une armoire, la tenue verte et la coiffe qui rendront célèbre Bécassine. Peu après son départ, elle est engagée par la marquise de Grand Air (Karine Viard, très bien en marquise), qui vit dans un château avec quelques domestique et son homme d'affaires, Adelbert Proey-Minans), qui souhaiterait l'épouser. Bécassine devient la nounou de Loulotte, une petite fille que la marquise vient d'adopter par un concours de circonstances que l'on ne nous dévoile pas. Les années passent, Loulotte grandit et Bécassine se révèle une jeune femme pleine d'idées, qui voit le bon côté des choses malgré les revers de fortune de la marquise. Le rythme du film est parfois un peu lent, on se demande où Bruno Podalydès, qui joue un des rôles principaux, veut nous emmener. Certaines scènes sont féériques comme celle des ballons lumineux dans la nuit étoilée. Ne vous attendez pas à vous esclaffer, mais vous passerez un moment sympathique en compagnie de Bécassine. Un film idéal pour petits et grands.

Pour un autre avis (très négatif) sur ces deux films, lire le billet de Pascale.

9 juin 2018

Opération Beyrouth - Brad Anderson / Une année polaire - Samuel Collardey

Je suis contente car je viens de voir en une semaine cinq (5) bons films qui viennent de sortir.

Voici les deux premiers. Je les chronique dans l'ordre où je les ai vus.

Opération Beyrouth de Brad Anderson est un thriller politique très honorable que je vous conseille tout comme Pascale. Le scénario bien écrit est de Tony Gilroy qui a fait les adaptations des "Jason Bourne" et qui est aussi le réalisateur et le scénariste Michael Clayton. En 1972, à Beyrouth, un diplomate américain Mason Skiles organise une soirée avec le "tout Beyrouth". Marié, il est sur le point d'adopter un petit Libanais de 12 ou 13 ans, Karim. Peu après le début de la réception, un ami de Skiles, Cal Riley membre de la CIA, apporte des informations inquiétantes sur Karim. Une fusillade éclate et Karim est enlevé. 10 ans plus tard, en 1982, Mason devenu alcoolique vit à Boston et travaille comme médiateur dans des entreprises. Ce métier va lui servir quand il retourne à Beyrouth un peu à l'insu de son plein gré. Il retrouve Beyrouth ravagé par la guerre. Son ami Cal a été kidnappé et les ravisseurs ne veulent traiter qu'avec Mason. Je m'arrête là pour le résumé. Le film bien rythmé tient en haleine jusqu'au bout. Skiles interprété par Jon Hamm (un acteur à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas la série Mad Men) doit louvoyer entre la CIA, Tsahal et Israël et l'OLP. Il est épaulé par Sandy Crowder (Rosamund Pike, toujours très bien). Elle n'est pas qu'une simple faire-valoir. Je crois que le film passe inaperçu (comme aux Etats-Unis) et c'est bien dommage. Je recommande.

Je passe à Une année polaire de Samuel Collardey qui un docu fiction. Anders, un grand Danois barbu a fait des études pour devenir instituteur au grand dam de son père qui comptait qu'Anders, son enfant unique, reprenne la direction de l'immense ferme familiale depuis huit générations. Dans la première scène, dans un bureau, on voit Anders admirer une photo qui pourrait être une partie du Groenland. C'est là qu'il choisit de partir pour son premier poste, dans un village de 80 habitants, des Inuits qui voient les Danois comme des colonisateurs. La plupart des adultes parlent groenlandais, l'une des quatre langues inuit. Dès le premier jour de classe, Anders se rend compte qu'il n'est pas le bienvenu. Les jeunes élèves dont Asser (haut comme trois pommes) sont insolents envers lui. Anders constate tout de suite un absentéisme des élèves. Il mène son enquête. Asser, par exemple, soutenu par sa grand-mère, préfère partir chasser le phoque avec son grand-père que d'aller à l'école. Il s'interroge aussi sur le fait que les enfants ne vivent pas forcément avec leurs parents mais plutôt avec une famille d'accueil, cousins ou autres. Les conditions de vie sont rudes. En particulier, il faut aller chercher de l'eau potable dans une citerne. Une petite partie du film se déroule dans des étendues glacées à perte de vue. Grâce à ce film, j'ai appris comment, pendant la période des neiges, on entreposait les personnes décédées dans leur cercueil. En effet, on ne peut pas creuser la terre. Le cercueil est placé dans un genre de niche avec une croix sur le côté en attendant la fonte des neiges. Petit à petit, Anders s'acclimate en se mettant à la langue groenlandaise et en partant pêcher et chasser le phoque et l'ours blanc. Les Inuits se nourrissent de chair de phoque tous les jours. Pour l'ours blanc, je vous laisse découvrir ce qui arrive et si Anders restera ou pas dans ce village. Un joli film très dépaysant.

23 septembre 2017

Faute d'amour - Andrey Zvyagintsev

Le mercredi 20 septembre 2017 est sorti, parmi d'autres films, le film russe Faute d'amour  (qui a reçu le prix du Jury au dernier Festival de Cannes) du réalisateur Andrey Zvyagintsev. C'est le quatrième film que je vois de ce réalisateur après Le retour, Elena et Leviathan.

Faute d'amour raconte l'histoire très triste d'un gamin de 12 ans, Aliocha, qui m'a fait beaucoup de peine. Et pourtant, on ne le voit qu'au tout début du film, soit en colère soit en train de beaucoup pleurer, avant qu'il ne disparaisse. Genia et Boris, ses parents qui n'arrêtent pas de se disputer, font peu de cas de leur fils, qui est plus un embarras qu'autre chose. Ils envisage même de le mettre dans un internat pour ne plus s'en occuper. Ils sont en train de divorcer et ils mettent leur appartement en vente. Désormais, Genia fréquente un homme aisé, tandis que Boris a mis une jeune femme enceinte et vit maintenant avec elle. Un matin, Aliocha part pour l'école et on ne le reverra plus, mais on sent malgré tout sa présence. Les parents mettront 36 heures à se rendre compte qu'il a disparu. Pendant le reste du film, on suit un groupe de bénévoles volontaires qui cherchent les personnes disparues. Cette association de bénévoles existe dans la réalité et ils font ces recherches gratuitement par principe. On voit la manière dont ils ratissent systématiquement les bois alentour dans la banlieue de Moscou. Ils interrogent ceux qui connaissaient les habitudes d'Aliocha. Entretemps, Genia et Boris vont jusqu'à rendre visite à la mère de Génia sur la route vers Kiev. La confrontation est terrible. J'avoue que les parents, surtout la mère, m'ont paru antipathiques. Elle a les yeux vissés sur son portable et puis c'est tout. Et elle dit des choses terribles sur son accouchement, que la naissance d'Aliocha était une erreur. C'est une vraie tragédie. J'ai beaucoup aimé ce film comme les précédents du réalisateur. Je vous le conseille. Lire le billet de Chris.

5 janvier 2019

Qui a tué Lady Winsley? - Hiner Saleem

Ayant beaucoup aimé My sweet Pepper land du même réalisateur, je me suis précipitée pour aller voir Qui a tué Lady Winsley? Le titre convient tout à fait car dès les premières images, on voit le cadavre d'une femme, une Américaine dans une sorte de morgue. Un homme en blouse blanche est penchée vers elle. Il n'est pas médecin légiste mais simple infirmier. Il n'a fait qu'une inspection superficielle du corps. Un autre homme est présent dans la pièce: Fergan, un inspecteur stambouliote. Plutôt bel homme (selon mon goût), Fergan, d'origine kurde, a fort à faire pour trouver le ou la coupable dans cette communauté turque raciste et mysogine (on montre bien que les femmes sont d'un côté et les hommes de l'autre, selon les traditions). Tout le monde est plus ou moins apparenté. L'histoire se passe sur l'île de Büyükada, dans la mer de Marmara, au large d'Istanbul. Qui a donc tué cette Américaine, une femme écrivain qui était venue vivre sur cette île en plein hiver, et quel est le mobile du meurtrier? Elle a été tuée d'une balle de revolver avec une arme ayant déjà servi 20 ans plus tôt: un jeune Kurde de 20 ans avait été assassiné. Les tests ADN sur la population masculine et féminine ne donnent rien. Je vous laisse découvrir le coupable. Le film dégage pas mal d'humour malgré le sujet. Cela se passe en hiver et l'image du film reflète bien la saison, elle n'est pas lumineuse, elle tire vers le gris et blanc. J'ai aimé la fin avec ce début d'histoire d'amour entre le bel inspecteur et la jeune patronne d'un hôtel. Un film que je conseille. Lire le billet d'Anne.

12 juillet 2018

Dogman - Matteo Garrone / Au poste! - Quentin Dupieux

Dogman de Matteo Garrone a permis à Marcello Fonte de recevoir le prix d'interprétation masculine au Festival du film de Cannes en 2018. Dans une sorte de "no man 's land" en bord de mer, pas loin de Rome, se dressent des bâtiments délabrés. Au pied de l'un deux, on voit une enseigne de magasin, "Dogman". Dans ce local travaille Marcello (alias Marcé), toiletteur pour chiens (des petits et des gros molosses qu'il toilette avec amour). Marcé est le papa d'une préadolescente qui adore son père même si elle vit avec sa mère. Marcello, au physique frêle, a de bonnes relations avec des commerçants voisins. A la nuit tombée, il joue au foot avec eux. Mais Marcello a aussi de mauvaises fréquentations en la personne de Simone, un ami plutôt "balèze" qui vient de sortir de prison. Simone, "accro" à la cocaïne, harcèle Marcello pour qu'il lui en fournisse. Il l'implique aussi dans des cambriolages. Marcello, très attaché à Simone, ira jusqu'à faire de la prison pour ce dernier. J'avoue avoir été un peu déçue par l'histoire et sa conclusion. Je m'attendais à ce qui arrive mais pas de la manière dont c'est montré. Et je n'ai pas compris le comportement de Marcello vis-à-vis de Simone, de se laisser ainsi battre et humilier. Même si Marcello Fonte est bien, le film n'est pas forcément à voir en priorité.

Sur les conseils de Pascale, j'ai vu Au poste! de Quentin Dupieux, un "petit" film (1H13) très distrayant. L'histoire loufoque se passe dans un commissariat pendant une soirée. Un certain Fugain est interrogé par le commissaire Buron (Benoît Poelvoorde, excellent) dans une grande salle pleine de bureaux et d'armoires très années 70-80. Fugain a eu le malheur (si je puis dire) d'appeler la police après avoir trouvé un cadavre baignant dans son sang au bas de son immeuble. Ayant laissé un fer à repasser qu'il avait en main sur le lieu du crime, il est tout de suite considéré comme suspect n°1 et donc interrogé. L'histoire pleine de rebondissements et de flash-back se termine de manière inattendue avec un petit épilogue à la toute fin du générique. Quand je suis sortie de la salle, le match France-Belgique venait de commencer mais cela n'a pas empêché qu'il y avait pas mal de public dans la salle. C'est mérité. Lire aussi le billet de princecranoir.

2 décembre 2018

Mille neuf centième [1900e] billet sur le blog de dasola - quelques considérations statistiques

Dans un peu plus de cinq semaines, le blog de dasola fêtera son 12e "bloganniversaire" (avec un billet à la clé j'espère). Le présent billet de "centaine" a déjà l'ambition de faire un petit bilan chiffré. Comme l'indiquent les statistiques en bas de la colonne de droite, le cap des vingt-quatre mille (24 000) commentaires a déjà été franchi (le 9 novembre 2018, pour être précis).

Je (ta d loi du cine, "squatteur", secrétaire de rédaction et statisticien du blog de dasola) constate un "changement climatique" dans le monde des blogs, avec une diminution (pour ne pas dire un effondrement) du nombre moyen de commentaires par billets, voire du nombre total de commentateurs dans l'année.

Sur la blogosphère en général, pour ce que je peux en voir, les blogs qui tournent en "circuit fermé" avec quelques dizaines de "fidèles" qui mettent systématiquement un petit mot sous chaque billet (auquel répond non moins systématiquement le propriétaire du blog) manifestent évidemment une bonne résilience. Mais ce n'est pas le fonctionnement du blog de dasola (qui n'a elle-même fait "que" 224 commentaires sur son propre blog - j'en ai fait pour ma part exactement un par mois accompli, soit 143). Et Aifelle elle-même, "recordwoman" qui en est aujourd'hui à 873 commentaires, est loin d'en avoir déposé même un seul sous chacun des désormais 1900 billets du présent blog.

Côté commentaires, le 1er passage de la 1163e commentatrice sur le blog remonte au 26/11/2018. Bien entendu, l'année 2018 n'est pas encore terminée, mais le fait est qu'ici, seules 148 personnes différentes ont laissé à ce jour, en 2018, un commentaire sur ce blog (dont seulement 16 sont venues pour la première fois cette année, une seule de ces 16 étant déjà devenue "fidèle" avec au moins 5 commentaires). Et désormais, parmi tous ceux ayant fait au moins 5 commentaires chez dasola (et répertoriés à ce titre dans la colonne de droite), le nombre de blogs "en pause" ou supprimés est supérieur à celui des blogs en activité (tous ceux-ci n'ayant pas forcément fait un commentaire cette année pour autant!).

En ce qui concerne l'activité rédactionnelle du blog, ces 11 mois ont donné lieu de la part de la propriétaire du blog à 31 billets "Livres", 70 "billets Cinéma", 11 billets "Divers - culture", 3 billets classés en "Humeur", 1 billet "Théâtre" et un "Télévision"; ce qui, avec les 15 miens, doit donner un total de 132 billets pour le moment. A noter, en 2018, deux nouvelles présentations de blogueur ou blogueuse - il s'agissait de Ffred et de Maggie - ayant passé le cap des 500 commentaires chez dasola (ce qui porte à 4 le nombre des interviewés, totalisant aujourd'hui 2620 commentaires [pas loin de 11% du total!]).

Pour arriver au "top 10" de ces commentateurs fidèles, les 6 actifs suivants totalisent juste 2400 commentaires, soit encore 10% (pour Alex-6, le curseur s'est définitivement arrêté à 445 en août 2017...). A noter que l'on n'est pas non plus, sur le blog de dasola, dans le système des "dialogues" que l'on peut voir chez d'autres blogs, où quelques "happy fiews" se répondent entre eux, en quelques dizaines de commentaires, sous un seul et même billet.

Je peux encore démontrer cet effet de concentration en remarquant que le "top 10" ci-dessus cité totalisait à lui seul, sur les 11 premiers mois de l'année 2018, 505 commentaires sur 1756 (soit près de 29%). Petit cou(cou)p de chapeau pour conclure, donc, à (par ordre antialphabétique): MatchingPoint, Maggie, Keisha, Ffred, Dominique (Nuage et vents), Dominique (à sauts et gambades), Alice in Oliver, Alex-mot-à-mot, Aifelle, A_girl_from_earth. Pour toutes autres informations plus détaillées sur les situations individuelles, merci de vous reporter à la colonne de droite.

18 août 2017

Que Dios nos perdone - Rodrigo Sorogoyen

Après La Isla minima (sorti aussi en plein été il y a deux ans) qui bénéficiait d'une histoire prenante hors des sentiers battus, je vous conseille d'aller voir, cet été, un autre polar espagnol, Que Dios nos perdone (recommandé aussi par Pascale et alex). A Madrid en 2011, le Pape Benoît doit venir dans la capitale espagnole. Le pays est en plein marasme économique. C'est dans ce contexte que deux policiers, Velarde (qui souffre de bégaiement) et Alfaro (au comportement parfois incontrôlable) enquêtent sur le meurtre et le viol de plusieurs dames âgées. L'enquête piétine vite car le tueur ne laisse pas d'empreintes. Les policiers ne sont pas aidés par leur chef qui veut des résultats et une arrestation discrète. Le réalisateur s'attarde beaucoup sur la vie des deux flics: Velarde, qui vit seul dans un appartement sans fenêtre, et Alfaro, marié et père de deux enfants. Son couple va mal. Velarde, quant à lui, a un problème dans ses relations avec les femmes. Quant au tueur, on apprend qui il est vers le milieu du film lors d'une course poursuite mémorable dans le métro madrilène. Car les quatre premiers crimes sont montrées post-mortem. En revanche le dernier crime (sur une vieille dame très sympathique) est filmé de bout en bout. La violence du tueur est effrayante. L'épilogue laisse un goût amer. Un très bon film servi par de bons acteurs. Lire aussi les billets de ffred et Tinalakiller.

15 février 2016

El Clan - Pablo Trapero

Parmi les cinq films que j'ai vus la semaine dernière (semaine 6), et après Chocolat, je veux chroniquer El Clan, film argentin de Pablo Trapero (Leonera) produit par Pedro Almodovar. El Clan est tiré de faits réels qui se sont déroulés au début des années 80. Après la chute de la junte militaire, le retour de la démocratie n'empêche nullement Arquimedes Puccio, un ancien des renseignements militaires, notable marié et père de famille, de continuer de kidnapper et torturer des gens afin de demander une rançon aux familles. Il est aidé dans sa besogne par ses deux fils (dont l'un est un joueur de rugby célèbre) et des hommes de main. Les victimes sont toujours exécutées avant d'être libérées. Une femme enlevée sera retenue des mois (la famille ne voulant pas verser un sou) dans la cave de la maison où vivent Arquemedes et sa famille. Sa femme et ses filles font comme si de rien n'était malgré le son de certains râles venus d'en bas. Ce film est frappant à plus d'un titre en particulier la musique avec des standards du rock n' roll pendant les scènes de kidnapping. Mais ce que l'on note surtout, c'est l'acteur qui interprète Arquimedes Puccio: il s'appelle Guillermo Francella et on ne voit que son regard bleu glaçant. Son personnage de patriarche dominateur n'a aucun état d'âme. Le film au rythme trépidant est dans l'ensemble assez violent mais avec une certaine dose d'humour (même si ce n'est pas du tout une comédie). Personnellement, j'ai aimé ce film pas moral. Lire les billets d'Alain et d'Alain.

30 mars 2016

The Lady in the Van - Nicholas Hytner / Triple 9 - John Hillcoat

Je suis allée voir The Lady in the Van pour Maggie Smith. Je n'ai pas été déçue par sa prestation de vieille clocharde nauséabonde au caractère bien trempé. Avant d'être un film, The Lady in the Van écrit par Alan Bennett a été joué au théâtre et interprété déjà par Maggie Smith en 1999 et 2000 à Londres. Alan Bennett s'est inspiré d'un fait qui lui est arrivé entre 1974 et 1989. L'allée qui menait à sa demeure londonienne dans un quartier très chic a servi de parking à un vieux van appartenant à une certaine Miss Shepherd. L'histoire nous apprend que Miss Shepherd a passé sa vie à avoir peur que son passé ne la rattrape. Cette personne au "mauvais" caractère ne dit jamais merci. Tout lui est dû (ou presque). Mais cela n'empêche pas qu'on s'attache à elle le temps du film, qui aurait gagné à être un peu plus court. Mais pour Maggie Smith, le film vaut la peine d'être vu. Lire le billet d'Armelle.

Dans Triple 9 de John Hillcoat, ça tire à tout va. Les personnages de l'histoire ne sont pas anges. De nos jours, à Atlanta (Georgie), ville sudiste gangrénée par la violence, on note la présence de la mafia russo-israélienne dirigée par Irina Vlaslov, la femme d'un mafieux en prison. Cette femme est interprétée par Kate Winslet, méconnaissable avec ses cheveux longs en arrière. Elle suinte la vulgarité et le danger. On la sent prête à tout pour arriver à ses fins. Pour récupérer des documents mettant en cause son mari, Irina engage des policiers corrompus. Ces derniers pour faire diversion décident de tuer un de leur collèque. Le terme « triple 9 » (ou 999) est une alerte lancée en cas d'extrême urgence, quand un policier est touché lors d'une fusillade. Evidemment, rien ne se passe comme prévu, et on dénombre un nombre de morts impressionnant à la fin du film dont le rythme ne faiblit pas. C'est le genre de film que je vois une fois mais pas deux. Lire les billets de ffred et mymp.

25 novembre 2014

Mommy - Xavier Dolan

Je me suis enfin décidée à aller voir ce film couronné du prix du jury ex-aequo (avec le film de J.-L. Godard) au dernier Festival international du film de Cannes. Mommy de Xavier Dolan (Maman en VF) est en effet l'histoire d'une maman, Diane, complètement dépassée par le comportement de son fils, Steve, un garçon de 15 ou 16 ans, hyperactif, violent, incontrôlable, qui alterne les "hauts" et les "bas". Diane est veuve depuis 3 ans et elle galère pour trouver un travail. car elle vient d'être renvoyée de chez son dernier employeur. Steve, responsable d'un incendie dans l'institution où il suivait un traitement, doit revenir auprès d'elle. En face de chez eux vit Kyla, entourée de son mari et de sa fille. Elle ne se remet pas du deuil d'un enfant. Les problèmes d'élocution qu'elle a développés ne l'empêchent pas de donner des cours du soir à Steve pour qui elle s'est pris d'affection. Le film tourné en format carré, qui dure 2H15, n'est pas exempt d'affèterie et de maladresses (la dernière séquence peut paraître de trop). Mais je l'ai aimé (beaucoup) pour le formidable trio de comédiens composés d'Anne Dorval (Diane) - elle crève l'écran -, Suzanne Clément (Kyla) et Antoine-Olivier Pilon (Steve). Malgré un sujet très dur et des séquences éprouvantes (et je ne l'ai pas trouvé trop hystérique grâce au talent des acteurs), le film comporte de très belles scènes comme celle où Diane, Kyla et Steve dansent sur une chanson de J.-J. Goldman chantée par Céline Dion. Des trois films de Xavier Dolan (25 ans) que j'ai vus, c'est celui que j'ai préféré (et de loin).

Lire les billets d'Alex-6, Chez sentinelle, matchingpoints, Colette, Kathel, Tinalakiller, Wilyrah, Chris, Mior et Pierre D.

13 décembre 2014

La French - Cédric Jimenez / Les héritiers - Marie-Castille Mention-Schaar

Si vous en avez l'occasion, allez voir La French de Cédric Jimenez, un film qui m'a agréablement surprise. Pendant 2H15, on ne s'ennuie pas une minute. Jean Dujardin dans le rôle du juge Pierre Michel et Gilles Lellouche dans celui de Gaëtan Zampa font merveille ainsi que tous les seconds rôles. Seul le personnage féminin, bien interprété (Céline Sallette), est un peu sacrifié. Pour ceux qui l'ignorent encore, Marseille dans les années '60 et '70 fut la plaque tournante du trafic de drogue, de sa fabrication jusqu'à son exportation vers d'autres pays dont principalement les USA. Les "chimistes" français avaient la triste réputation d'être les meilleurs dans leur domaine (fabrication de l'héroïne à partir de la morphine-base). Un juge des mineurs, Pierre Michel, va être chargé des affaires sur le trafic de drogue qui sévit à l'époque dans la ville phocéenne. Il espère faire tomber Gaëtan (Tany) Zampa, le "parrain" marseillais de la drogue, avec l'aide de policiers de la brigade des stupéfiants. Tous les coups sont permis pour trouver les labos clandestins et prendre les trafiquants en flagrant délit: les "planques", les filatures et les ruses, et surtout la patience, arrivent à porter leurs fruits. Pourtant, le juge constate qu'il n'a pas toujours le soutien nécessaire de la part de ses supérieurs, sans parler de personnages politiques de la mairie de Marseille... Je rappelle que le juge Michel fut assassiné le 21 octobre 1981, tué de trois balles (il rentrait chez lui à vélomoteur pour déjeuner). La ville de Marseille est bien filmée. L'affrontement entre Dujardin et Lellouche m'a fait penser à Gabin, Ventura et Delon (c'est dire). Un bon moment de cinéma populaire.

Je passe assez vite sur Les héritiers qui est un film de fiction plein de bons sentiments et bien pensant. On ne peut que souscrire à l'entreprise. Le scénario est inspiré d'une histoire vraie: à Créteil, des lycéens d'un établissement en ZEP (enfin je pense) ont la chance d'avoir eu, pendant leur année de Seconde, un professeur qui va les inciter à participer au concours national de la résistance et de la déportation qui a été créé en 1961. [Pour la petite histoire, j'ai participé deux fois à ce concours en individuel, en 3ème et en Terminale et j'ai reçu un prix à chaque fois]. Le sujet de 2009 (les enfants et adolescents dans l'univers concentrationnaire nazi) pour ces lycéens assez dissipés, de milieux sociaux culturels différents, semble assez loin de leurs préoccupations. Mais le miracle se produit: ils réussissent un travail de groupe qui va leur permettre de gagner un premier prix. Je pense que sur ce sujet, un vrai documentaire aurait été plus pertinent. D'autant plus qu'un survivant de la Shoah, Jean Ziegler, intervient dans le film en tant que Jean Ziegler. On voit aussi des interventions de Simone Veil. C'est ce mélange "fiction et réalité" qui m'a gênée, et je ne me suis pas rendu compte de l'évolution de la pensée de chacun des élèves. Pour Ariane Ascaride qui est très bien comme toujours, allez voir le film. Pour le reste, à vous de juger.

20 décembre 2012

Amour - Michael Haneke

Préparée psychologiquement, j'ai enfin vu Amour de Michel Haneke, Palme d'or du dernier festival de Cannes. C'est un film que l'on peut trouver éprouvant mais je l'ai apprécié pour son interprétation et pour la distanciation que met le réalisateur entre nous et ce qui se passe à l'écran, afin de nous permettre de suivre l'intimité d'un couple face à la maladie, sans que cela tombe dans le voyeurisme et le larmoyant. Georges et Anne forment un duo indissociable jusqu'au bout. Tout le film se passe dans un lieu dont on sort jamais: l'appartement du couple où trône un piano. Anne donnait des cours de piano. Un jour, au petit déjeuner, elle semble "absente": Anne vient d'avoir une attaque. Paralysée du côté droit, sa santé va empirer. Comme l'a écrit Cocteau dans les dialogue additionnels des Dames du bois de boulogne de Robert Bresson (film de 1945 que je vous recommande), il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour. Dans Amour, il n'y a que cela, des preuves d'amour: des gestes, des attitudes très touchants de la part de Georges, cet homme et époux qui fait ce qu'il peut pour soulager sa femme, jusqu'à l'acte final. Ce couple s'isole du monde, ne voulant la pitié de personne. Dans une scène, Georges dit à sa fille, venue lui rendre visite, que ce qui se passe ne la regarde en rien. Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant sont exceptionnels dans les rôles de Georges et Anne. On a vraiment l'impression qu'ils vivent ensemble depuis très longtemps. Je trouve que le film a mérité sa Palme d'or.

18 octobre 2012

Dans la maison - François Ozon / Le magasin des suicides - Patrice Leconte

Voici deux films qui n'ont rien en commun l'un avec l'autre, que j'ai été voir tout dernièrement et dont je voulais parler.

D'abord Dans la maison de François Ozon encensé par la critique. Pour ma part, je m'attendais peut-être à autre chose par rapport au déroulement de cette histoire. Un élève, Claude Garcia, fraîchement arrivé dans un collège "pilote", écrit des dissertations sur la vie d'une famille (qu'il côtoie en donnant des cours de maths au fils de la famille). Il ménage le suspens en terminant chaque dissertation par "A suivre". Germain, le prof de français, lit cette prose à haute voix chez lui, sa femme étant une auditrice attentive. Responsable d'une galerie d'art contemporain, elle devine assez vite que Claude est peut-être dangereux voire pervers sous son visage d'ange. Germain, écrivain raté, s'attache plus au style des textes et trouve que Claude a du potentiel. Bien entendu, un grain de sable va tout faire exploser. J'ai noté le clin d'oeil du réalisateur à Fabrice Luchini (très bien) quand ce dernier est assommé dans une séquence par un gros exemplaire du Voyage au bout de la nuit de Céline (un des textes que Luchini a interprété sur scène). Kristin Scott Thomas et Emmanuelle Seigner sont aussi pas mal du tout. C'est l'arrière-plan de l'histoire qui est bancal avec des personnages caricaturaux, comme celui du père de famille épié par Claude. Pas mal mais pas génial à mon avis.

En revanche - et tant pis pour les mauvaises critiques lues et entendues - j'ai beaucoup apprécié Le magasin des suicides de Patrice Leconte. Adapté d'un roman de Jean Teulé que je n'ai pas encore lu, ce film d'animation nous fait rencontrer une famille pas banale, les Tuvache: Mishima, Lucrèce et leur trois enfants qui sont propriétaires d'un magasin où l'on trouve tout pour se suicider. Tout est fait "maison" ou presque. Parmi les trois enfants, le petit dernier fait figure de vilain petit canard car il est heureux de vivre et sourit tout le temps à la différence des deux autres. L'histoire est ponctuée de morceaux de musique et de chansons pas mal du tout (pour mes oreilles). J'ai passé un très bon moment et je n'ai pas boudé mon plaisir.

26 avril 2012

Films vus et non commentés depuis le 05/04/12

Voici deux films qui n'ont aucun rapport l'un avec l'autre. Je veux les évoquer avant qu'ils ne disparaissent complètement des écrans.

D'abord My week with Marilyn de Simon Curtis, qui semble avoir rencontré peu de succès public et critique. Personnellement, j'ai trouvé cette évocation de Marilyn assez touchante. Une pléiade de bons comédiens sont au rendez-vous dont Kenneth Branagh et Judy Dench. Je dirais que j'ai vu ce à quoi je m'attendais: 4 mois de la vie de Marilyn (dans les années 50), venue en Angleterre pour tourner au côté de Laurence Olivier dans Le Prince et la danseuse (il faudrait que je revoie ce film peu diffusé). Elle vient juste d'épouser Arthur Miller. Colin Clark, un jeune anglais, va se lier d'amitié avec l'actrice (il est 3ème assistant réalisateur) pendant le tournage. Le film est tiré de ses mémoires qu'il écrivit par la suite. On peut reprocher au film son manque de profondeur, cela reste anecdotique. Michelle Williams ne s'en tire pas si mal pour incarner la star disparue il y a 50 ans. Mais Marilyn est inimitable et unique. C'est le seul défaut du film.

Twixt de Francis Ford Coppola peut dérouter par son ton mais il y a une unité de lieu, d'action et de temps dans ce film qui oscille entre rêve et réalité. Un romancier en mal d'inspiration (Val Kilmer) cherche un sujet. Il se retrouve à faire des dédicaces de son dernier roman dans une quincaillerie (qui vend aussi des livres) d'une petite ville où séjourna Edgar Allan Poe, dans l'Est des Etats-Unis. Il apprend que des crimes touchant des enfants ont été commis dans une vieille maison au toit pointu. Une autre étrangeté domine la ville: un haut bâtiment, où plusieurs pendules ne donnent pas la même heure, est visible de partout dans la ville. Tout le film est bercé d'une atmosphère étrange, menaçante. Cela fait penser au Chevalier sans tête (Sleepy hollow) de Tim Burton. On sent aussi une influence de David Lynch et Twin Peaks. L'image est superbe. Coppola, qui n'a plus rien à prouver, se fait plaisir. On aime (comme moi) ou on n'aime pas, à vous de voir. Il faut noter que la voix "off" que l'on entend pendant tout le film est celle de Tom Waits (chanteur que j'aime beaucoup).

5 décembre 2011

Hara-Kiri: mort d'un samouraï - Takashi Miike

Dès le générique de Hara-Kiri: mort d'un samouraï de Takashi Miike (sorti mercredi dernier, 30 novembre 2011), j'ai été subjuguée par la couleur de l'image (dans les tons noirs et rouges), les décors, les costumes, la musique. C'est en lisant quelques bonnes critiques de la part de blogueurs que je me suis décidée à aller voir ce film. Je n'ai en effet pas été déçue. En 1634, dans la cour d'un temple dans lequel vit un chef de clan japonais, un samouraï veut se faire hara-kiri. A partir de là, le film nous raconte comment il en est arrivé à prendre cette décision. Deux mois auparavant, un homme encore jeune est mort suite à un seppuku (suicide ritualisé) par éventration. La lame de son sabre court était faite en bambou. Cette séquence m'a parue éprouvante. L'histoire est un long flash back se passant sur 17 ans (entre 1617 et 1634) de l'histoire d'une famille de samouraï pauvre, un père veuf qui fabrique des ombrelles, sa fille à la sante précaire et un fils adoptif qui épousera la fille. L'histoire assez mélodramatique m'a touchée. Le combat final entre un homme armé d'un sabre en bambou seul face à plusieurs dizaines de samouraïs armés d'acier est exceptionnel. Ce film qui dure 2 heures (que je n'ai pas vu passer) est le remake d'un film homonyme de Masaki Kobayashi datant de 1962, qui vient de ressortir dans une salle à Paris.

2 décembre 2011

Tous au Larzac - Christian Rouaud

S'il y a bien un film que je vous conseille, c'est Tous au Larzac, un documentaire passionnant de 2H00 de Christian Rouaud. A l'issue de la projection à laquelle j'ai assistée, des spectateurs ont applaudi. Le Larzac est un plateau dans l'Aveyron au sud de Millau. En 1971, l'armée qui occupait déjà pas mal d'hectares de terrain sur ce plateau avait décidé de s'aggrandir en expropriant les 103 familles de bergers qui vivaient alentour en faisant l'élevage de brebis. Le film nous conte leur lutte non-violente qui dura 10 ans, jusqu'à l'élection de François Mitterrand en 1981. Le film nous donne à entendre les témoignages d'"anciens", ceux qui n'ont pas baissé les bras et qui ont créé un collectif pour ne pas perdre leur terre et leur ferme. Les hommes et femmes interviewés, au final très à l'aise devant la caméra, égrènent leur histoire ponctuée d'anecdotes souvent drôles mais parfois tragiques comme celle de la ferme d'un fermier qui avait été plastiquée. Grâce à leur élan solidaire, ils ont gagné face à l'administration, aux politiques, à l'armée. Le tout est illustré d'images et de films d'époque qui montre que cette lutte qui a fait tache d'huile a rallié les Maoïstes, les pacifistes, les hippies, etc. C'est là que José Bové s'est fait connaître. Ce documentaire m'a paru d'autant plus émouvant et intéressant que je ne me rappelais pas que cette lutte avait duré si longtemps, je ne me rappelais pas non plus les brebis au Champ de Mars; et surtout, cela réconforte de voir que des gens de tous horizons ont pu fraterniser et rallier à pied (710 km tout de même!) le Larzac à Paris. On peut se demander ce qu'il en serait si cette lutte se passait en 2011, contre les hommes politiques d'aujourd'hui, et compte tenu des rapports plus égoïstes qu'entretiennent les gens. Bref, courez voir Tous au Larzac. Lire le billet d'Aifelle qui en pense aussi beaucoup de bien.

30 mai 2011

Le gamin au vélo - Luc et Jean-Pierre Dardenne

Le gamin au vélo des frères Dardenne vient de recevoir le Grand prix (ex-aequo avec le film du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan) lors du dernier festival de Cannes. A la différence des précédents, ce long-métrage s'achève sur une note optimiste, pourquoi pas? En revanche, c'est la façon dont on arrive à cette conclusion qui me gène un peu. *spoiler* Tel Lazare, Cyril se relève de sa chute de l'arbre sans une égratignure et sa nouvelle vie va commencer, à moins que...*fin du spoiler*. Pour en arriver là, les réalisateurs ne laissent pas aux spectateurs le temps de souffler. Comme toujours chez les frères Dardenne, tout est filmé au plus près des acteurs. Il n'y a aucune psychologie (ce n'est pas un défaut) mais j'avoue que ce gamin, Cyril, m'a beaucoup crispée. Je comprends qu'il soit un écorché vif, mais pendant le déroulement de l'histoire, on a envie de le prendre entre 4 yeux et de lui dire de se calmer. Cyril, âgé d'une dizaine d'années, a été confié à une institution par son père qui ne peut pas s'occuper de lui. Cela devait être une situation provisoire. Cyril veut retourner chez son père parti sans laisser d'adresse. Il veut aussi récupérer son vélo (son père l'a vendu). Cyril a quand même de la chance de trouver en Samantha, une coiffeuse célibataire (Cécile de France, très bien), un foyer de substitution, mais Cyril est un enfant obstiné qui fugue tout le temps. Voilà l'histoire, et elle ne se termine donc pas trop mal, mais je préfère les Dardenne filmant des histoires plus sombres (plus vraisemblables?) ou avec des fins incertaines. Ceci étant, je vous conseille ce film qui dégage une grande énergie.

25 mars 2011

True Grit - Joel et Ethan Coen

Trois semaines après sa sortie, j'ai vu True Grit et je dois dire que j'ai passé un très bon moment en compagnie de Rooster Cogburn et Matty Ross qui poursuivent en territoire indien (ils n'en croiseront guère) l'homme qui a tué le père de Matty. Je ne qualifierai pas ce film de chef d'oeuvre mais c'est un western assez humoristique même si la fin est plutôt désenchantée. Tout le début avec la première rencontre entre Mattie et Rooster, Mattie qui dort dans un cercueil à côté de pendus, Mattie et la grand-mère qui ronfle, Mattie qui négocie le rachat des poneys, consiste en des scènes très bien faites et assez drôles. Après, mon intérêt s'est peut-être un peu émoussé avec le "méchant" plus bête qu'autre chose qui apparaît très tard dans le film. Mais le Texas Ranger joué par Matt Damon et une bande de hors-la-loi mettent du piment dans l'histoire. On ne devine pas forcément que c'est un film des frères Coen, qui aiment changer de genre à chaque film. Appréciant Jeff Bridges depuis longtemps (et c'est un des raisons qui m'a donné envie de voir le film), j'ai constaté qu'il en fait des tonnes mais avec beaucoup de talent. Il est touchant. La jeune actrice qui joue Mattie s'en sort très bien. Un bon film.

31 décembre 2010

Un feu amical - Avraham B. Yehoshua

C'est le troisième roman que je lis de cet écrivain israélien né en 1936, Avraham B. Yehoshua (voir mon billet sur Le Directeur des ressources humaines). Je l'avais découvert avec La mariée libérée. Ce fut de nouveau un grand plaisir de lecture. L'histoire se passe alternativement avec une parfaite régularité entre Israël (Tel Aviv et Jérusalem) d'une part et la Tanzanie en Afrique Orientale d'autre part. Nous sommes pendant la période de la fête d'Hannoukka avec le rituel de l'allumage des bougies. Plus précisément, le roman se passe sur une semaine entre la deuxième et la huitième bougie. Mariée depuis 37 ans à Yaari, Daniella, 57 ans (mère et grand-mère), s'est décidée à partir en Afrique pendant sept jours pour terminer le deuil de sa soeur Shouli, décédée un an plus tôt. Elle va loger chez son beau-frère, Jérémie, en pleine brousse. Yaari, mari aimant et surprotecteur, a hésité à la laisser partir seule. Mais son travail de concepteur d'ascenseur le retient en Israël. Il doit résoudre un problème de vent qui souffle dans un ascenseur d'une tour récemment construite. Dans la famille, on est ascensoriste de père en fils. Le "feu amical" du titre se réfère à l'allumage des bougies, au feu dans la brousse, mais aussi au "tir ami" qui tua Eyal, le fils de Jérémie et neveu de Yaari et Daniella. Il fut tué par un autre Israélien lors de son service militaire. Beaucoup de choses se passent cette famille pendant les sept jours (je vous laisse les découvrir). L'alternance des récits rend le roman agréable à lire sans perdre le fil. On se sent très proche des protagonistes. J'en redemande. Lisez-le (Livre de poche, 2010, 476 pages).

21 décembre 2010

Le Grand Tremblement de terre du Kantô - Akira Yoshimura

Sous ce titre, l'auteur Akira Yoshimura (1927-2006) (que je ne connaissais pas) nous conte en détail le tremblement de terre survenu le 1er septembre 1923 à 11H58 du matin, qui détruisit la ville de Tokyo et ses faubourgs environnant ainsi que la ville de Yokohama. C'est suite à la lecture du Poids des secrets, qui évoque ce tremblement de terre, que je suis tombée sur cet ouvrage paru aux éditions Actes Sud. C'est un récit très factuel, qui commence avec un premier chapitre, "L'essaim sismique", où l'auteur nous énonce qu'avant 1923, Tokyo et le Japon en général avaient subi des secousses importantes faisant beaucoup de dégâts et pas mal de morts. Puis l'auteur décrit tout ce qui s'est passé sur une période de plus de deux mois. La secousse principale fut suivie par une centaine de répliques pendant une semaine. Les pertes et les destructions furent immenses: plus de 200000 morts, brûlés pour la plupart, ensevelis ou noyés. Car plus que le séisme lui-même, ce sont les incendies qui ont provoqués le plus de morts. L'auteur explique tout de façon exhaustive en expliquant ce qui s'est passé dans quelques lieux ou quartiers notables. D'autres conséquences issus de ce tremblement de terre furent terribles: des millions de gens se retrouvèrent sans-abris, souffrirent de la famine, et certaines maladies comme la dysenterie ou la fièvre typhoïde se propagèrent. Il y eut aussi la création de milices d'auto-défense pour punir les Coréens accusés d'avoir allumé les incendies (aidés de certains socialistes). Ils servirent de boucs émissaires. En effet, les Coréens (dont le pays était un protectorat japonais depuis les années 1910) étaient très mal vus, ainsi que les socialistes considérés comme des créateurs de désordre. Cet état de fait est venu de rumeurs qui se sont mises à circuler sans que l'on sache leur origine. L'auteur explique longuement tout le mal que ces rumeurs ont provoqué, surtout des morts inutiles ajoutées aux autres. D'ailleurs, pour que ces exactions s'arrêtent, une loi martiale fut instaurée. Une partie de l'économie japonaise a beaucoup souffert. Il fallu aussi brûler les morts, dont beaucoup dans un état de décomposition avancée qui ne permettait pas de savoir s'il s'agissait d'hommes ou de femme. C'est un ouvrage vraiment passionnant qui m'a appris plein de choses du point de vue historique que j'ignorais. En postface, l'auteur dit que ses parents ont vécu ce tremblement de terre. Il s'est servi aussi de témoignages de survivants. Un mémorial existe à Tokyo en hommage aux 200 000 victimes. J'émettrais une critique sur Le Grand Tremblement de terre du Kantô, c'est qu'il n'y a aucune carte géographique. Pour ceux qui ne les connaissent pas, il est donc un peu dur de se représenter les lieux décrits. C'est dommage.

27 décembre 2010

Le narcisse noir (Black Narcissus) - Michael Powell & Emeric Pressburger

Ressorti le 15 décembre dernier dans trois salles à Paris en version restaurée, Le narcisse noir de Michael Powell et Emeric Pressburger (1947) était un film que je n'avais jamais vu (cet oubli est enfin réparé). Pendant 100 minutes, on admire une image en technicolor qui a fait date. Cinq religieuses, qui doivent renouveler leurs voeux tous les ans, sont envoyées dans un ancien harem situé sur les contreforts de l'Himalaya pour le transformer en dispensaire. Un certain Mr Dean, vivant sur place depuis des années, prédit qu'elles ne resteront pas longtemps (juste avant la saison des pluies) tout comme les religieux venus avant elles. Ce lieu où souffle un vent incessant fait naître des tensions où le corps et l'esprit sont mis à rude épreuve. Le film est l'occasion de voir Deborah Kerr, David Farrar et Jean Simmons dans un petit rôle muet, et aussi une actrice dont le visage ne me disait rien: Kathleen Byron (Soeur Ruth), dont le visage ravagé par la colère et la jalousie vous hante longtemps. On devine assez vite que l'endroit (un à-pic vertigineux) où se trouve la cloche que les soeurs font sonner régulièrement va jouer un rôle tragique. Le film considéré comme un chef d'oeuvre à juste titre déroule une histoire où tous les plans sont importants et d'où se dégage une atmosphère pareille au parfum envoûtant du narcisse noir. Du grand art. Deborah Kerr avec sa belle voix rauque, et face à elle David Farrar en short et chemise ouverte (la virilité personnifiée), ont trouvé un de leurs meilleurs rôles. A voir absolument.

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