Le blog de Dasola
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21 juillet 2020

Un fils - Mehdi Barsaoui / Exit - Rasmus Kloster Bro

Assez tentée par les bonnes critiques (lire les billets de Miss Fujii et ffred), je suis allée voir Un fils de Mehdi Barsaoui, film sorti avant le confinement. J'ai dû mal lire le résumé car je ne m'attendais pas à l'histoire qui nous est racontée. Après une réunion de famille, on retrouve Fares et Meriem Ben Youssef, un couple apparement harmonieux et heureux au premier abord, dans un hôpital de Tataouine en Tunisie. Ils sont arrivés en catastrophe car leur fils Aziz a été grièvement blessé dans un attentat. Blessé à l'abdomen, il doit subir une greffe du foie en urgence pour être sauvé. Un secret va être révélé quand des analyses seront faites pour savoir si les parents d'Aziz sont compatibles avec leur fils pour un don d'organe. Par ailleurs, l'histoire se passant en 2011, pas loin de la frontière libyenne, le réalisateur ne nous épargne rien en nous évoquant le trafic d'organes sur des gamins abandonnés. Le film est bien réalisé et bien joué mais si j'avais su,  je ne serai pas allée le voir: trop noir, trop pessimiste pour moi, surtout en cette période. Je voulais quelque chose de plus léger. Il faut noter que c'est le premier long-métrage du réalisateur qui en est aussi le scénariste....

.... Tout comme Rasmus Kloster Bro avec Exit. Son premier long-métrage dont il a co-écrit le scénario nous emmène dans les profondeurs d'un chantier, celui de la construction du métro de Copenhague. Le film est filmé à la manière d'un reportage. La première séquence est saisissante, quand on voit un tunnellier percer un mur de roche. Rie est une jeune journaliste, mère célibataire d'une petite fille. Elle prend toute seule un ascenseur qui l'emmène en "enfer". Elle fait un reportage sur le chantier, sur les conditions de travail des ouvriers, et essaye de savoir qui ils sont. Elle doit utiliser l'anglais pour se faire comprendre car les ouvriers, pour la plupart des immigrés, ne comprennent que cette langue. Très vite, elle fait la connaissance d'Ivo, un Croate, et de Bharan, un jeune Erythréen, qui occupent des postes mieux payés que les autres mais éminemment dangereux. Quand un incendie se déclare dans le tunnel, Rie, Ivo et Bharan sont enfermés dans un sas de décompression dans lequel la température monte vite. Moi qui suis claustrophe, je n'aurais pas voulu être à la place de ces personnages qui se dévoilent. Le réalisateur montre la face noire de Rie qui est prête à tout faire pour sauver sa peau sans s'occuper des autres. Le dernier quart d'heure filmé dans une quasi-obscurité dans la boue est le moment marquant de ce film qui constitue une vraie expérience.

Lire les billets d'Henri Golant et Pascale.

30 avril 2017

Cessez-le-feu - Emmanuel Courcol / Glory - Kristina Grozeva et Petar Valchanov

Cessez-le-feu, le premier long-métrage d'Emmanuel Courcol, commence par une plongée de la caméra partie de très haut qui atterrit dans une tranchée au plus près du fracas des obus et des hommes qui n'en peuvent plus dans les tranchées. Nous sommes en 1916 en Argonne. On voit quelques "Poilus" qui essayent de survivre. Parmi eux, il y a les frères Laffont, Georges, Marcel et Jean. Sept ans plus tard, en 1923, Georges s'est exilé en Haute-Volta (aujourd'hui Burkina-Faso). Marcel, devenu muet, vit avec sa mère Louise. Quant à Jean, il a été porté disparu. En Afrique, Georges est accompagné d'un Noir, Diofo, qui a aussi combattu dans les tranchées. De village en village, Diofo raconte les quelques événements plus ou moins tragiques qu'il a vécus et dans lesquels Georges est décrit comme un héros. Après avoir retrouvé Diofo blessé à mort dans l'obscurité de la brousse africaine, Georges repart en France. Là, il retrouve sa mère Louise et son frère Marcel, et surtout il croise Hélène, qui enseigne à Marcel la langue des sourds. En 1923, la guerre est déjà presque un souvenir, mais pas très loin de là où vit la famille Laffont, un hôpital s'occupe de soldats traumatisés. Pendant ce temps là en ville, la jeune génération tourne la page et se moque des combattants. Madeleine, une jeune veuve de guerre qui a à peine connu son mari, s'attache à Marcel. Elle pourrait peut-être l'épouser. Georges tombe amoureux de Madeleine. Le réalisateur a porté un grand soin à l'image, aux décors: les paysages africains sont beaux. L'histoire, surtout la fin, m'a fait penser au chef d'oeuvre de Roger Martin du Gard, Les Thibault, en plus lumineux et optimiste. Celine Sallette (Hélène) et Romain Duris (Georges) forment un bien joli couple. Grégory Gadebois qui incarne Marcel n'a pas un rôle facile, je l'ai préféré dans d'autres films. Maryvonne Schiltz (Louise) et Julie-Marie Parmentier (Madeleine) sont convaincantes. Le film est dédié au grand-père du réalisateur.
Lire les billets enthousiastes de ffred, Pascale, larroseurarrosé et princecranoir.

Maintenant je voudrais évoquer le premier film bulgare que je vois de ma vie: Glory. Il est programmé dans 4 ou 5 salles à Paris. Il s'agit d'une farce cruelle qui m'a fait réagir de manière épidermique. J'ai souvent poussé des soupirs, j'aurais voulu rentrer dans l'écran. Par principe, je n'aime pas que l'on se moque des gens qui ne peuvent pas se défendre. La bêtise ou la méchanceté me "hérissent le poil". Même si c'est du cinéma, cela me touche. Tzanko Petro, âgé d'entre 40 et 50 ans, est un cheminot qui fait correctement son boulot en marchant sur les voies, à desserrer ou resserrer les gros boulons des rails de chemin de fer. Il ne fait jamais d'erreur car il sait quand passent les trains en consultant sa montre (qui lui a été offerte par son père) et qui donne l'heure exacte. Quand Tzanko trouve une énorme somme d'argent sur une des voies, il est d'abord éberlué puis prévient les autorités. Que n'a-t-il pas fait? Tzanko souffre d'un gros problème d'élocution qui l'empêche d'avoir une conversation normale. C'est à mon avis une des causes de tous les ennuis qui vont s'accumuler sur lui. Pour le récompenser de son honnêteté, il reçoit une montre (qui avance) lors d'une cérémonie officielle au ministère des transports retransmise à la télévision. La montre de son père lui a été retirée temporairement par Julia Staykova, la responsable des relations publiques. J'aimerais évoquer ce personnage de Julia Staykova, la quarantaine, qui tente d'avoir un bébé par "FIV" et qui représente tout ce que je déteste chez un être humain: capable de tout pour arriver à ses fins, impolie, sans éducation, sans pitié et sans aucune considération pour les autres. Je n'en dirai pas plus. La fin semble logique. Tout se passe hors champ. J'ai aimé le film de Kristina Grozeva et Petar Valchanov, mais en grinçant des dents.

12 juin 2016

Ultimo Tango - German Kral

Je suis allée voir ce documentaire, Ultimo Tango, étant fan depuis longtemps de la musique de tango. Maria Nieves et Juan Carlos Copès ont formé un couple mythique de danseurs pendant un demi-siècle (jusqu'à Broadway). Ils se sont connus en 1948 dans un dancing, Maria avait 14 ans et Juan, 17 ans. Ils ont été aussi un couple dans la vie. Le documentaire est composé de documents d'époque (trop peu), où l'on voit le couple danser, complétés par des saynètes qui sont des sortes d'évocation de moments importants dans la vie du couple. Mais le documentaire est surtout centré sur Maria, une octogénaire au verbe haut, les cheveux roux et la voix de fumeuse: une femme à la forte personnalité, qui ne s'est pas remise de sa séparation d'avec Juan Copès qui l'a quittée pour une autre, plus de 40 ans auparavant. Ils ont continué à danser ensemble (elle avec beaucoup de rage), mais c'est tout. On sent de la rancoeur de la part de Maria, qui vit seule dans un grand appartement à Buenos Aires. J'ai retenu son conseil qu'aucun homme ne mérite qu'une femme pleure pour lui. Le documentariste fait parler de temps en temps Juan Copès, qui continue de danser à plus de 80 ans. Maria ne s'étend pas sur les raisons de leur séparation mais Juan Copès fait mention de leurs disputes incessantes quand lui et Maria vivaient ensemble. J'ai aimé ce documentaire parce que l'on entend du Tango, mais j'ai trouvé dommage que l'on ne voie pas plus Maria et Juan danser ensemble (faute de documents filmés j'imagine). Lire le billet très complet d'Alain.

4 février 2016

Les huit salopards - Quentin Tarantino

Ca y est, j'ai vu le dernier film de Quentin Tarantino. Après avoir lu quelques mauvaises critiques, je ne m'attendais à rien ou à un film pas terrible, et j'avoue avoir été agréablement surprise par ce long-métrage de 2H45 filmé en 70 mm. Néanmoins, j'émettrai tout de suite mes bémols:

- Les échanges interminables entre Kurt Russell et Samuel Jackson: qu'est-ce que la première partie qui se passe dans la diligence est bavarde!

- La violence et le sang qui gicle (même si c'est pour rire) et une certaine misogynie. Dès le début du film, Jennifer Jason Leigh est déjà bien amochée (et elle n'arrête pas de prendre des baffes).

Ceci mis à part, le film est bien construit avec quelques flash-back expliquant les tenants et les aboutissants de cette histoire policière où les personnages ne sont pas ceux qu'ils paraissent être. Qui sont les quatre hommes dans la demeure en bois devant laquelle fait halte la diligence ou se trouve un shérif chasseur de primes menotté à une jeune femme? Qui sont les huit salopards du titre? Qui a empoisonné le thé provoquant deux morts et pourquoi? Avec mon ami, on a dénombré pas moins de dix-neuf morts (dont les huit salopards) quand le film se termine. Ce huis-clos respecte l'unité de temps, de lieu et d'action. J'ajouterai qu'il est fait mention d'une lettre manuscrite d'Abraham Lincoln, mais cela n'a aucun lien avec le reste. Je ne regrette pas du tout d'être allée voir ce film qui réserve beaucoup de surprises. Lire les billets d'Alex-6, Carmadou.

13 décembre 2010

Agatha Christie - Un numéro Hors-série du magazine Lire

Une fois n'est pas coutume, je vais évoquer le numéro hors-série de la revue Lire, comportant plus de 90 pages consacrée à Agatha Christie, et qui sort l'année du 120ème anniversaire de sa naissance. Je l'ai lu pendant les trois heures qu'a duré mon voyage de retour entre Limoges (où je me rends régulièrement) et Paris. La revue illustre de façon claire et très agréable la vie et l'oeuvre d'Agatha Christie (nom de son premier mari), née dans le sud de l'Angleterre dans le Devon (région qu'elle chérissait). Des chapitres sont consacrés:
- à sa disparition pendant 11 jours entre le 3 et le 14 décembre 1926, l'année où elle divorça de son mari Archibald Christie (qu'elle avait épousé en 1914) et où elle perdit sa mère;
- à son enfance (elle est née pendant l'ère victorienne) et à son obsession de cet âge de la vie (avec les comptines "nursery rhyme"). J'ai appris qu'elle n'avait jamais été à l'école, mais qu'elle était une bonne pianiste et qu'elle avait appris le français. Elle appréciait des écrivains français comme Emile Gaboriau, Gaston Leroux ou Jules Verne, et évidemment Arthur Conan Doyle et Wilkie Collins;
- au cadre de ses enquêtes dans des pays comme l'Egypte, la Syrie, l'Irak, qu'elle a parcourus du fait qu'elle s'était remariée en seconde noce avec un archéologue, Max Mallowan, de 14 ans son cadet, et bien sûr l'Angleterre (dans le Devon en particulier);
- à raconter pourquoi Hercule Poirot est belge;
- aux héros récurrents comme l'inspecteur Japp, le major Hastings,  le colonel Race, Miss Lemon ou Ariadne Oliver;
- aux Beresford (Tuppence et Tommy);
- sa prédilection pour les poisons (elle avait travaillé dans un hôpital militaire en 1916);

- à ses inventions narratives (où le narrateur est le coupable);
- etc.
Il est fait mention de son autobiographie parue après sa mort (en 1976), où elle écrit beaucoup sur son enfance, sa vie (sauf sur sa disparition de 1926), ses rencontres, ses voyages mais finalement assez peu sur la genèse de son oeuvre (comment elle imaginait ses intrigues, etc.).
Elle s'est offert des identités différentes comme celle de Mary Westmacott (elle a publié 6 romans sous ce pseudonyme) ou Ariadne Oliver citée plus haut (un double fictionnel d'Agatha Christie).
Il est à noter que les carnets de notes d'Agatha Christie, où elle jetait des idées pour ses oeuvres, sont en cours de traduction.
En conclusion, un hors-série de Lire à acheter et à conserver.

9 juin 2009

Challenge Chick Litt For Men

Ceci n'est pas un billet de Dasola (mais bien de Ta d loi du cine). Il a pour objet le Challenge Chick Litt For Men proposé par Calepin. Le 12 janvier 2009, je (donc) m'étais inscrit en m'engageant sur trois titres de la collection "Audace" publiés par les éditions Harlequin (1). Vu qu'on avait jusqu'au 31 décembre, je suis encore dans les délais! Désolé de contrarier un peu la définition usuelle: la couverture de la collection n’est pas rose mais mauve. Et chez Harlequin, il semble y avoir un code pour les histoires à l’eau de rose: plus la couleur de la couverture fonce, plus la température monte…
Pour entrer de plain-pied dans la critique: je pense que la traduction, au moins au niveau des titres - ineptes! -, contribue sans doute à stéréotyper le produit (2). Voici les trois livres en question (respectivement N°93, 94 et 95 dans la collection):
- L'Ivresse de l'interdit de Karen Anders (Manhandling dans le texte - pourquoi pas "Prise en main masculine"?)
- Jusqu'au bout du désir de Suzanne Forster (Unfinished Business - pourquoi pas "Affaire inachevée"?)
- Intime proposition d'Isabel Sharpe (Thrill me - pourquoi pas "Fais-moi frémir"?).
Jouons un peu au Martien basique: quand j’ai commencé mes lectures (je ne vous parle pas des couv' accrocheuses!), je croyais plus ou moins monter à l’assaut sabre au clair pour triompher de titres aussi stéréotypes qu’un bon vieux SAS (j’avoue, j’en ai lu quelques-uns quand j’étais ado) où le nombre et le déroulement de scènes chaudes sont codifiées et même standardisées d’un épisode à l’autre de la saga, comme autant de repères pour les attentes des lecteurs – masculins. "Audace" est beaucoup plus diverse, et je dirais même parfois subtile.
Plantons nos trios de personnages: dans le 93, Laurel est une jeune femme d'affaires (au début) qui va virer créatrice artistique (ses premières amours refoulées) à la fin. Mélissa, dans le 94, a bidonné un best-seller, en fantasmant sur un mari de rêve - avec lequel elle n'a passé, en fait, qu'une seule nuit, mise au défi par ses copines après un resto trop arrosé. Enfin, dans le 95, May, jeune provinciale plus ou moins naïve, débarque à New-York après avoir accepté une passade d'une semaine dans un palace avec un chaud lapin, sur un coup de tête (elle venait de se faire rompre). Passons aux Roméos - j'allais écrire "Jules" -, par ordre décroissant, cette fois. 95: Brandon, écrivain au succès stagnant, cherche l'inspiration de son côté dans ledit palace - son éditrice lui a ordonné de cibler un lectorat plus féminin. Et, évidemment, à la fin, le rupteur débarque. 94: l'attachée de presse de Mélissa lui ramène son bel Antonio de mari sur un plateau (de télé). Evidemment, ce n'était pas le simple chevalier serveur qui l'avait happée au resto. Et il ne sera plus question de divorce. Dans le 93, Mac assure: certes, il a trompé Laurel sur sa qualité (hard, il ment - honni soit qui mal y pense - d'accord, je sors), mais ils se seront bisoutés pages 31, 47, 96, 121, 126 et 198, tout en couchant - c'est torride - pp. 62, 109, 138 avec remise de couvert pp. 144, 158, 175 et 180 (j'espère ne pas en avoir oublié, j'ai relu en diagonale). La crise survient p. 195, et se dénoue p. 209 (fin du livre p. 213). Ce genre de scènes est moins fréquent dans le 94 - seulement quand l'un ou l'autre a bu? Dans le 95, ils ne couchent carrément pas (ce qui s'appelle coucher, dans un lit et tout nus) ...avant la page 190 (sur 214). Tout est dans l'approche et la transformation.
Je crois avoir dit le principal? On peut d'autant moins parler de titres impérissables, que Wikipedia m'a appris que les invendus étaient rapidement pilonnés (info ne figurant pas sur le site officiel). Enfin, il n'y a pas trop de coquilles, pour le prix (une par volume, au maximum?). Voilà, mon incursion dans la littérature de poulette s'achève, ouf. Maintenant, quand je lis les collègues qui se sont contentés de Bridget Jones, je ricane (désolé Yohan).

(1) La communication d'Harlequin emploie bien le terme "Chick Litt" sur leur page de présentation... mais pour une autre collection?

(2) Mesdemoiselles coeurs tendres qui rêveriez de rédiger, pas de regrets: à la question «Puis-je écrire un roman pour Harlequin?», la réponse sur leur site est: «Harlequin France ne travaille pas en direct avec les auteurs. En effet, toutes les sources éditoriales de nos publications proviennent de notre maison-mère canadienne. Nos auteurs sont anglophones et nous ne publions, en France, que des romans traduits de l'anglais. Nous ne publions donc pas d'auteurs français, mais nous vous adressons nos souhaits de réussite dans vos candidatures auprès d'autres maisons d'édition».

PS du 10/10/2012: j'avais vu passer récemment une information comme quoi Harlequin lançait un concours d'écriture francophone... Après vérification, il s'agit d'un concours appelé "Nouveaux talents Harlequin", en partenariat avec "WeLoveWorld", jusqu'au 30/11/2012. Douze auteurs francophones sélectionnés gagneront une publication numérique au sein d'une nouvelle collection Harlequin. Le "grand gagnant" verra son texte édité en version papier.
Pour en savoir plus, cliquez ici.

26 mai 2009

Palmarès de Cannes 2009 - Billet intermédiaire

Comme beaucoup de personnes, j'ai entendu sur les ondes radio le palmarès de Cannes 2009, dimanche soir 24 mai 2009. A part le Pedro Almodovar dont je vais faire un billet (je vous le conseille) et le Ken[neth] Loach dont j'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais (il a reçu le grand prix oecuménique), les autres ne sont pas encore sortis excepté Vengeance de Johnny To. Je me réjouis d'abord et avant tout du Grand prix pour Jacques Audiard et j'attends avec impatience la sortie de son film primé, Un Prophète (le 26 août 2009), film de 2h30 réalisé caméra à l'épaule. Ce film était l'un des favoris pour la Palme. Et je dis, et je le répète, que Jacques Audiard est un grand réalisateur. Concernant la Palme, si j'avais mauvais esprit, je dirais que le fait qu'Isabelle Huppert soit présidente du jury explique en partie que Michael Haneke, réalisateur autrichien, ait reçu la Palme d'Or cette année pour le Ruban blanc (sortie le 21 octobre 2009). Grâce à son rôle dans La pianiste du même Haneke (2001), Isabelle Huppert avait été récompensée du prix d'interprétation féminine. D'ailleurs, c'est Isabelle Huppert elle-même qui a remis la Palme au réalisateur. Je le conçois comme un retour d'ascenseur (1). Pour le prix d'interprétation féminine, Charlotte Gainsbourg est, semble-t-il, justement récompensée pour son rôle dans Antichrist de Lars von Trier (sortie le 3 juin 2009). Quant au film, il a créé la polémique. On verra quand il sortira... Personnellement, je ne me précipiterai pas pour le voir. L'acteur récompensé, Christopher Walz, est autrichien, et une des raisons de voir le dernier film de Quentin Tarantino, Inglorious Basterds (sortie le 19 août). Par ailleurs, Alain Resnais a reçu un prix spécial honorifique (comme Eastwood l'année dernière). Je ne comprends pas ce système dans lequel, passé un certain âge ou un cap dans leur carrière, les réalisateurs sont récompensés pour l'ensemble de leur oeuvre et non pour un film précis. Petite remarque au passage, le film de Resnais qui sort le 21 octobre 2009, Les herbes folles (billet d'Alex), est le seul de la compétition qui dure moins de 2h00. A part ça. il y a quelques oubliés: Almodovar, Bellochio. En tout état de cause, les films récompensés ne sont pas "grand public", à mon avis.

(1) Finalement (une fois vu), je dis: chef-d'oeuvre. Cf. mon billet du 07/11/2009.

23 août 2008

A Guédelon, ils bâtissent un...

... château-fort. Invitée quelques jours dans la Nièvre, j'ai visité un chantier de construction peu ordinaire qui, lui, se trouve dans l'Yonne, département voisin: celui d'un château-fort du type standardisé par Philippe II Auguste au début du XIIIe siècle. Le site, qui n'est accessible qu'en voiture parce qu'un peu loin de tout (le parking fut créé en tout premier), a été choisi en raison de la carrière de pierres à proximité et de la forêt de chênes autour. L'idée originale de se lancer dans un tel projet remonte à 1997. Elle a été portée par un propriétaire de château de la région. Il a fallu demander le permis de construire ad hoc auprès de la mairie voisine, etc. Trouver les premiers financements publics et privés ne fut pas une mince affaire. D'ailleurs c'est grâce à la curiosité dès la première année de 50 000 personnes, qui ont payé alors qu'il n'y avait rien (ou pas grand-chose) à voir, que le projet a pris de l'ampleur. Ce chantier a créé des emplois (5 salariés et 30 bénévoles dès la 1ère année). Et d'année en année, pierre par pierre, le château a commencé à sortir de terre. Aujourd'hui, les travaux en sont à peu près aux 2/5 des prévisions (l'achèvement est prévu entre 2022 et 2025). Les quelques 250 000 visiteurs par an (9 euros l'entrée adulte individuelle plus 2 euros pour la visite guidée par personne) permettent désormais au chantier de s'autofinancer et de salarier près d'une cinquantaine de personnes à l'année. Quand le visiteur arrive, il est accueilli, pour la visite guidée, par quelqu'un habillé à la mode du Moyen-Age. En l'occurrence, il s'agissait, pour nous, d'un jeune archéologue (Franck). Il nous a fait un véritable cours sur le contexte historique et technique, entrecoupé de questions pour voir si on suivait bien! Parmi les renseignements qu'il nous a donnés, il nous a signalé qu'il n'avait pas été simple de savoir quelle était l'épaisseur d'une porte de cuisine à cette époque. A chaque fois, des questions de détails de ce genre provoquent un débat qui va aboutir, dans quelques mois ou dans 5 ans voire plus, auprès des archéologues qui trancheront. Toutes les mesures sont en toises et en pieds car les autres ont été abandonnées (la coudée, la paume, le pouce, etc.): c'était trop compliqué pour s'y retrouver. Le chantier se présente avec le château au milieu et tout autour les ateliers pour les corps de métier qui sont nécessaires à la construction: les forgerons, les tailleurs de pierre, le four en briques (20ème siècle) pour cuire les tuiles (faites main), les charpentiers, le cordier. Nous avons vu aussi des animaux comme les chevaux, les ânes, les cochons, les moutons. Pendant les périodes de vacances scolaires, le chantier tourne au ralenti car avec le flot de visiteurs qui posent des questions diverses et variées aux ouvriers, ces derniers sont souvent interrompus pour y répondre. Comme échafaudage, une grande "roue à écureuil", mue par un homme pour hisser les blocs de pierre, a été installée au bas de l'édifice. Les conditions de sécurité sont draconiennes: le mortier qui sert de liant pour assembler les pierres est fait avec de la chaux qui arrive sur le chantier sous forme éteinte, et non de la chaux vive (comme dans les temps médiévaux), car nocive et dangereuse. Chaque matin, les bénévoles (qui peuvent venir travailler de 3 jours à 2 semaines) commencent par "gâcher" le mortier nécessaire à la journée de travail. Le château terminé, on le fera visiter et les gens pourront, entre autre, admirer les trois endroits qui caractérisent le château-fort philippien: la aula (grande pièce du logis, qui a donné "hall"), la camera (la chambre du seigneur, dans le donjon) et la capella (la chapelle, dans une autre tour).
L'adresse du site internet de Guédelon comporte beaucoup de renseignements bien intéressants. "Guédelon, chantier médiéval" est une marque déposée à l'INPI, Institut national de la propriété industrielle. Plus d'un million de personnes sont déjà venues ou revenues voir le chantier. Dans notre groupe, 2 personnes étaient déjà venues, 3 et 7 ans auparavant. Pour ma part, je pense bien y revenir d'ici 5 ans pour voir l'évolution des travaux. [Billet le 2 juin 2022 sur autre visite du 28/05/2022 - avec photos]

8 janvier 2025

Flow - Gints Zibalodis / La plus précieuse des marchandises - Michel Hazanavicius

Au tout début de cette année 2025, je suis allée voir deux films d'animation intéressants, mais quand je suis sortie de chacune des deux projections, mon moral était au plus bas.

Le premier, Flow, d'un jeune réalisateur letton, peut se définir comme un film survivaliste sans paroles. Flow, un petit chat noir, va tenter de survivre dans un monde envahi par les eaux où toute humanité semble avoir disparu. Il se retrouve sur un bateau à voile en compagnie d'un labrador sympathique, d'un capybara (un genre de gros rongeur), d'un grand oiseau (un messager sagittaire) et d'un lémurien. Ils vont naviguer au gré du courant entre de la végétation et des bâtiments. Malgré leurs différences, ces animaux vont s'entraider. Flow n'hésite même plus à sauter à l'eau pour attraper des poissons. J'ai trouvé le film empreint d'une grande tristesse, et son ton m'a chamboulée. Le film vient de recevoir le Golden Globe du meilleur film d'animation aux Etats-Unis début janvier 2025. Lire les billets de Pascale, Selenie.

Je passe à La plus précieuse des marchandises de Michel Hazanavicius, qui est très différent dans le style, mais l'histoire n'est vraiment pas gaie non plus. Elle évoque la deuxième guerre mondiale et la Shoah, certainement en Pologne, pas loin de camps d'extermination, dans les années 40. Le narrateur est le regretté Jean-Louis Trintignant, qui raconte l'histoire d'un pauvre bûcheron et d'une pauvre bûcheronne qui vont recueillir une petite fille encore bébé, jetée par son père d'un train en route pour la mort. Il s'agit d'une adaptation d'un roman du dramaturge Jean-Claude Grumberg. Le film est rythmé par le passage des trains et des arbres qu'on abat. Grâce à un voisin à la gueule cassée et à sa chèvre, la petite fille est nourrie. Il y a des moments joyeux mais d'autres beaucoup moins. La plupart du temps, cela se passe dans un paysage désolé et neigeux. Il y a un long passage sur le tragique destin des déportés dans les camps avant leur libération. La fin délivre une note d'espérance, mais elle est ténue. J'ai trouvé l'animation réussie. Mais je ne suis pas sortie guillerette de la projection. Lire les billets de Miriam, Pascale, Selenie.

20 octobre 2025

Lumière pâle sur les collines - Kei Ishikawa

J'annonce tout de suite que je n'ai pas lu le roman de Kazuo Ishiguro (Prix Nobel de Littérature 2017) dont le film Lumière pâle sur les collines est une adaptation. Kei Ishikawa, le réalisateur, en est aussi le scénariste. L'histoire alterne entre 1952 à Nagasaki et trente ans plus tard en Angleterre. En 1982, Etsuko, une femme d'âge mur, accueille sa deuxième fille Niki dans sa maison située en Angleterre. Elle a décidé de la vendre maintenant qu'elle est veuve pour la deuxième fois. Niki, elle, voudrait écrire sur Nagasaki et ce qui s'est passé. En 1952, Etsuko est une jeune femme mariée depuis peu avec Jiro dont on devine assez vite qu'il a la main droite atrophiée. 1952, c'est sept ans après la bombe atomique lancée sur la ville le 9 août 1945 qui a fait plus de 60 000 victimes et des milliers d'irradiés. Etsuko, qui est enceinte, est très dévouée à son mari un peu tyrannique. Elle a un beau-père, Ogata-san, qui ne se remet pas de la défaite du Japon. Elle se lit d'amitié avec Sachiko, une voisine mère célibataire qui a une petite fille assez agitée qui porte des stigmates suite au bombardement. En 1982, on apprend que Keiko, la première fille d'Etsuko, s'est suicidée. Elle n'a semble-t-il pas supporté l'exil. Niki, qui est eurasienne, est née de la deuxième union d'Etsuko avec un Anglais. Toute la partie qui se passe en 1952 bénéficie d'une belle lumière. La partie plus contemporaine qui se passe intégralement dans la maison d'Etsuko est filmée dans les tons plus sombres. Dans le film, il semble qu'il y ait un personnage qui n'est pas dans le roman et qui a beaucoup troublé les quelques spectatrices qui étaient dans la salle avec moi. Elles n'ont pas compris toute la fin du film. Je ne vous en dirais pas plus. C'est un film qui se laisse voir rien que pour les actrices. Lire le billet de Selenie (pas enthousiaste).

16 octobre 2025

3000e billet sur le blog de dasola... (déjà?!?)

Dans le 2000e billet publié sur le blog de dasola (il y a un peu plus de six ans, le 3 septembre 2019), on prévoyais le 3000e pour l'année 2029: en fait, nous voici donc / le voici donc avec plus de trois ans d'avance... Peut-être une des raisons est-elle qu'à l'époque sur ces 2000 billets, j'en avais rédigé moi-même (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) moins de 100, tandis que ces dernières années, environ un tiers des billets sont * de ma plume (et de mon style): sur ces 3000, plus de 400 me sont désormais dûs. 

 

Au-delà du symbole et de la simple "célébration", on peut à tout moment retrouver la (désormais longue) série des billets "bloganniversaire" ou "chiffre symbolique" précédents via le tag "Vie du blog" (colonne de gauche). Certains de ces billets ont déjà bien analysé, au fil des ans, manière de bloguer, chiffres, changements sur la blogosphère, et autres sujets de ce genre. Mais celle-ci a bien évolué en près de 19 ans (le blog de dasola célèbrera son 19e bloganniv' le 9 janvier 2026). Je pense que le contenu des billets y sera détaillé. Aujourd'hui, je vais plutôt parler des évolutions de la blogosphère et de ses usages.

 

Les blogs, il y a les anciens, et les nouveaux. En ce qui concerne les nouveaux blogs, parfois, des articles magnifiques... amènent à se demander quelle y est la part d'une rédaction assistée (à tout le moins) par une intelligence artificielle (et c'est sûr qu'on ne se posait pas la question il y a 10 ans ou même cinq). À l'inverse, dans des blogs "vétérans", l'on voit des billets intéressants apparaître, on se dit "chouette, une oeuvre que je connais, je vais pouvoir faire un commentaire..." et, vérification faite, il s'agit juste d'un billet déjà paru dont la date a été changée... comme en témoigne le commentaire, datant de plusieurs années, qu'on retrouve dessous! Je me refuse à cette "tricherie". Par contre, je me rappelle que, dans les premiers temps du blog de dasola où certains billets sont longtemps restés sans un seul commentaire, on publiait régulièrement des listes d'articles "orphelins de commentaires" (avec le lien y amenant)... et, à force (lointaine époque déjà!), on a fini par faire en sorte qu'il n'en reste plus un seul.

 

En caricaturant à peine, je dirais qu'il y a plusieurs attitudes possibles par rapport aux commentaires. Celle (un peu idiote?) consistant à se dire "ah, c'est super, ma prose est très intéressante et les lecteurs en reconnaissent le mérite" et ça s'arrête là (ni réponse ni "réciprocité"). Celle (plus polie) consistant à répondre systématiquement aux commentaires faits, sous ceux-ci. Et enfin, la bonne (selon moi), celle qui joue le jeu de la "réciprocité entre blogueurs", en allant voir le blog de l'internaute ayant fait un commentaire chez moi, jusqu'à y trouver quelque chose à dire (et cela ne m'empêche pas, en plus, de répondre sur mon propre blog, pourquoi pas?). Depuis quelques années, c'est vrai, les plateformes mettent de plus en plus de "bâtons dans les roues" aux échanges: difficulté à commenter si l'on n'est pas inscrit soit à la plateforme soit à un "système de profil" plus ou moins global (centralisation de données personnelles...), protection par Capchat, ou par "Askimet" (beaucoup plus draconienne? Je crois même que certains mots entraînent l'interdiction de publier un commentaire ici ou là - il faut alors utiliser une périphrase), passage en "SPAM" de tous commentateurs pas encore connus et "acceptés" sur le blog (SPAM dont la consultation n'est pas systématique faute d'alerte spécifique envoyée au blogueur concerné)... Et la machine de telle ou telle plateforme peut même avoir "la mémoire longue", en vous flanquant en rouge un "Vous avez déjà soumis ce commentaire récemment"!

 

Je pense qu'il est de plus en plus difficile de nouer de nouveaux liens "entre blogueurs (avec l'impression qu'il s'agit d'une volonté délibérée de "la profession" - celle des plateformes de blogs). Il y a 15 ans, on surfait "librement" sans se préoccuper de la plateforme. Désormais, chaque blog doit se contenter de sa poignée de contacts acquis, qui bien évidemment s'érode au fil du temps. Par exemple, la plateforme Wordpress, qui représente désormais peut-être la moitié des blogs actifs (et la plupart des nouveaux) ne donne plus que les liens vers les blogs "wordpress" ou éventuellement ceux qui utilisent les services d'un "avatar" (encore des données personnelles à mettre en ligne...)! Ses "pings" (avis automatique de lien figurant dans un billet de blog) prennent seulement en compte les billets publiés sur la plateforme (sauf erreur de ma part). 

 

Il est aujourd'hui quasiment impossible de trouver via un moteur de recherche les blogs ayant parlé d'une oeuvre (livre ou film). Ça, pour être protégées, elles sont protégées, nos données personnelles (merci, RGPD!), y compris à l'insu de notre plein gré. Résultat? Les algorithmes des moteurs de recherche invisibilisent désormais les blogs extrêmement vite. On ne peut plus guère en "découvrir" de nouveaux qu'au hasard des commentaires figurant sous des billets. Et même si l'on s'obstine à une quête de plus en plus difficile, je crois pouvoir assimiler la "chasse aux nouveaux blogs" à de la "prospection minière". Sachant que dasola et moi prenons plutôt l'option de ne laisser des commentaires que sous des billets parlant d'oeuvres que nous avons lues ou éventuellement pourrions lire, avec le temps, il faut se contenter de "gisements" où la teneur en "matière première utile" est de plus en plus faible... Et la recherche demande de plus en plus d'efforts pour être en fin de compte de moins en moins productive (évolution du "blogging" elle-même liée aux évolutions des plateformes qui ne font rien pour permettre de renforcer les liens entre des blogueurs "libres" - mais je radote, il est temps de conclure!). 

 

Deux mots encore, sur les challenges d'une part, sur la longueur des commentaires reçus chez dasola d'autre part. Participer à un challenge thématique présente plusieurs avantages. En s'y inscrivant à l'avance, cela aide au "passage à l'acte" pour un titre qui traînait en PAL ou en LAL depuis un certain temps, en donnant un objectif de date pour la rédaction d'un billet. La liste des autres participants permet soit de découvrir des titres inconnus, soit de varier les points de vue sur un livre déjà lu. Et puis, cela "mutualise" aussi la notoriété des blogs participants, pour autant que l'on fasse l'effort, donc, de regarder aussi les contributions des autres. Du coup, il est également intéressant de gérer d'éventuelles inscriptions "rétrospectives", en demandant le référencement d'un billet rédigé avant d'avoir eu connaissance du challenge mais durant sa période d'ouverture (il suffit en général de rajouter dans le billet rédigé nom et logo du challenge). Côté organisateur, certaines et certains (et j'en fais partie) arrivent à maintenir une bonne "veille" et à attirer l'attention des auteurs de billets sur la possibilité qu'ils ont de faire référencer le leur chez tel ou tel challenge. C'est bien, les challenges. De même qu'on repart d'un "Café philo" (où l'on était venu avec sa propre question) avec... les questions de tous les autres participants, de même on ressort d'un challenge avec une LAL à rallonge. Cela dit, ça génère du trafic en terme de commentaires, si tout le monde joue le jeu.

 

Côté longueur de commentaires, je suis retombé récemment sur une question d'une blogueuse désormais en pause (Erwelyn, sous le 2500e billet) qui se demandait si son propre commentaire allait figurer parmi les plus longs.  Je peux signaler qu'avec plus de 3050 caractères, elle rentrait dans le "top 15" parmi les plus de... 30 000 commentaires de l'époque [février 2023]. Le plus long dépassait les 4300 caractères et datait de 2021, tandis que les 13 autres à dépasser les 3000 caractères remontaient tous à avant 2012... Quatre consistaient en des réponses à des questionnaires cinéphiles. À l'autre bout du corpus, on a quelque 25 commentaires de 6 caractères ou moins (parfois quelques signes de ponctuation reconstituant un"smiley" avant les icônes). Chacun compte pour "1". On a désormais dépassé les 36 000 commentaires (par presque 1300 personnes différentes, dont environ 600 n'en ont fait qu'un chacune, et les autres... tout le reste).

 

Voilà, le "squatter" de l'équipage espère que vous avez passé une agréable lecture, et que nous aurons le plaisir de vous lire et relire prochainement sous nos lignes!

 

* "sont de ma plume" et non "ont de ma plume": merci Pascale, et haro sur la relectrice de mon billet (ici, chacun relit les billets de l'autre... Avantage d'être à deux sur le même blog - en principe).
J'en profite pour dire que je trouve extrêmement agaçante l'intrusion "obligée" des algorithmes d'"aide à l'orthographe" qui restituent d'autorité autre chose que ce que nous tapons nous-même, et derrière lesquels il ne faut jamais oublier de repasser... J'aurai sûrement l'occasion de développer dans le 3500 billet (d'ici trois ans?)!

31 août 2025

La femme qui en savait trop - Nader Saeivar

Sorti le mercredi 27 août 2025, je vous conseille fortement d'aller voir La femme qui en savait trop (Shahed pour le titre original) qui est un film germano-autrichien réalisé par Nader Saeivar qui l'a co-écrit avec Jafar Panahi (lequel a aussi fait le montage). Je rappelle que Jafar Panahi a reçu la Palme d'or à Cannes en 2025 pour son film Un simple accident qui sortira le 1er octobre prochain (et que j'ai eu la chance de voir fin mai 2025). La femme qui en savait trop (le film n'a rien à voir avec un film d'Alfred Hitchcock) met en lumière la corruption des hommes et les violences faites aux femmes en Iran de nos jours. Tarlan, une professeure de danse et d'histoire à la retraite et qui a aussi fait de la prison, est très attachée à sa fille adoptive, Zara, passionnée de danse et qui a ouvert une école. Zara est mariée à Salat, un cadre du régime qui voit d'un très mauvais oeil la profession de sa femme. Il voudrait qu'elle (1) lui obéisse et qu'elle ferme l'école. Il la bat régulièrement. La petite-fille de Tarlan et belle-fille de Salat est témoin comme sa grand-mère, à un autre moment, d'une scène qu'elles n'auraient pas dû voir. Pendant tout le film, les hommes n'ont pas le beau rôle. Le propre fils de Tarlan qui a fait aussi de la prison pour malversations financières est un lâche comme tous les autres. On assiste à la pression psychologique exercée sur Tarlan et sa petite-fille par tous ces hommes. C'est terrifiant. On sent une menace constante envers ces femmes. L'atmosphère générale est pesante dans un pays où les gens sont épiés. La scène qui clôt le film est très belle et amène un peu d'espoir. Il faut noter l'interprétation de premier ordre de Maryam Boubani qui joue Tarlan. Le réalisateur qui a tourné en Iran dans la clandestinité vit désormais en Allemagne. Lire le billet de Baz'art. 

(1) et non "il" (merci Pascale!)

6 mars 2016

Ave Cesar - Ethan et Joel Coen / Hector - Jake Gavin / Saint-Amour - Benoît Delépine et Gustave Kervern

Voici trois films que j'ai vus depuis une semaine.

De mon point de vue, Ave Cesar d'Ethan et Joel Coen n'est pas leur meilleur film, mais c'est un film distrayant et une évocation du Hollywood des années 50 qui a souffert du McCarthysme et de la "chasse aux sorcières". Le film est une suite de saynètes dans lesquelles on passe de la comédie musicale aux films aquatiques et aux péplums. Le fil rouge de l'hstoire est Eddie Mannix (Josh Brolin), un "Hollywood fixer" (celui qui est tenu à ce que tout marche pour le mieux dans le studio). On le suit durant une journée pendant qu'il est confronté au kidnapping de Baird Whitlock (George Clooney), une des stars du studio. Il passe d'un plateau à l'autre entre le tournage d'un film aquatique, celui d'une comédie musicale, d'un western, d'un mélodrame et même d'un peplum dans lequel Baird tourne le rôle principal et affronte deux journalistes, Thora et Thessaly Thacker, soeurs jumelles qui déversent des potins croustillants et des propos fielleux dans les colonnes de leurs journaux respectifs. Je qualifierais ce film de comédie déjantée avec quelques rebondissements inattendus. Pas désagréable. Lire les billets de Tinalakiller (pas convaincue du tout) et Ffred qui a été séduit.

 Je passe à Hector de Jake Gavin, un "petit" film anglo/écossais qui est sorti le 30/12/15 dans un nombre restreint de salle. Hector (Peter Mullan) est un SDF qui va d'une station-services à l'autre sur la route qui va de Glasgow à Londres. Il en profite pour s'y abriter et dormir, se restaurer, laver ses chaussettes. Hector ne se plaint pas. On apprend pourquoi il est SDF. C'est pratiquement un choix de sa part. On apprend aussi qu'il a un frère et une soeur qui le croient mort. Malgré le sujet et l'acteur principal, j'avoue que je m'attendais à autre chose: une histoire plus émouvante. Il ne se passe pas grand-chose sauf toute la séquence dans un refuge à Londres au moment de Noël où Hector se rend tous les ans. Pour l'anecdote, j'ai vu ce film à Limoges où je passe régulièrement des week-end et j'étais toute seule dans la salle à la séance de 22H15. Dommage. Lire le billet de Miriam.

Je termine avec Saint-Amour de Benoît Delépine et Gustave Kervern. Le film m'a globalement déçue. J'attendais certainement trop de la confrontation entre Benoît Poelvoorde et Gérard Depardieu qui jouent un fils et son père. Moi qui apprécie bien Poelvoorde en général, je l'ai trouvé pathétique dans son rôle d'homme qui boit et parle beaucoup. Le film début au Salon de l'Agriculture (décidément, c'est l'époque), Bruno (Benoît Poelvoorde) fait la tournée de la "route des vins" en allant d'un stand à l'autre. Il est accompagné par un ami. Il "descend" un verre après l'autre. Pendant ce temps, son père Jean (Gérard Depardieu), un agriculteur venu avec ses vaches et un taureau de concours appelé Nabuchodonosor, voudrait que son fils prenne la relève. Pour le convaincre, il décide de partir avec lui sur la "vraie" route des vins en prenant un taxi conduit par Mike (Vincent Lacoste). J'ai trouvé que le film n'était pas très drôle sauf la séquence hilarante avec Michel Houellebecq que je vous laisse découvrir. Il y a de jolies séquences avec Andréa Ferréol, Chiara Mastroianni, Izia Higelin et Céline Sallette. Celle-ci, en mal d'enfant avant qu'il ne soit trop tard, est en quête de géniteurs.

17 juillet 2025

Once upon in Gaza - Arab et Tarzan Nasser / Des feux dans la plaine - Ji Zhang

Après avoir lu le billet de Miriam, je me suis décidée à aller voir Once Upon in Gaza des réalisateurs palestiniens jumeaux Arab et et Tarzan Nasser (nés à Gaza), et je la remercie. Once Upon in Gaza a été réalisé en Jordanie. C'est une histoire tragi-comique avec trois morts: Abou (un policier véreux) tue Osama (un dealer de médicaments), mais Yahya, un étudiant idéaliste devenu complice d'Osama et engagé dans un film comme acteur par hasard, tue Abou avant d'être tué lui-même (je vous laisse découvrir comment). Yahya a été témoin du meurtre d'Osama. À Gaza, c'est la guerre et on a des images terribles qui ponctuent le film. Ce western urbain en territoire palestinien bénéficie d'un scénario solide, très bien interprété. J'ai noté qu'en voix off au tout début du film, il y a l'intervention de D. Trump, sur le fait que ce serait une bonne idée de transformer la bande de Gaza en Riviera de luxe... (sans commentaire). Un très bon film qui, j'espère, passera par chez vous.


Je passe à Des feux dans la plaine, un film chinois de Ji Zhang, qui date de 2021 mais qui est sorti seulement le 9 juillet 2025. L'histoire se déroule à Fentun en 1999 et 2007, dans un décor sinistre qui m'a fait penser à celui de Black Dog. Fentun, c'est une ville ouvrière dans le nord-est de la Chine avec des usines qui ferment et des ouvriers qui restent sur le carreau. Li Fei, une jeune femme dont le père vient d'être licencié, rêve de partir à Canton, loin de cette ville où les chauffeurs de taxi sont étranglés et les véhicules brûlés. Li Fei essaye en vain de convaincre son amoureux Zhuang Shu de venir avec elle. J'avoue que je n'ai pas forcément compris qui était qui, en particulier le méchant de l'histoire et le mobile pour ces meurtres. Li a un destin tragique, comme les autres principaux protagonistes de ce film très sombre avec des éclairs de couleurs (les taxis en feu). Avec ce film, on a à nouveau une vision pas très gaie de la Chine. Lire le billet d'Henri Golant.

31 mai 2025

L'agent secret - Kleber Mendonça Filho

L'agent secret du Brésilien Kleber Mendonça Filho est le 5ème et dernier film de Cannes que j'ai vu en avant-première. Il sortira en janvier 2026. L'agent secret a été récompensé par deux prix: celui de la mise en scène et le prix de la meilleure interprétation masculine pour Walter Moura (qui est aussi coproducteur du film). Je l'ai vu la même soirée que la Palme d'or. J'avoue que j'étais un peu fatiguée à la fin des deux projections avec seulement un petit battement d'un quart d'heure entre les deux. Il faut noter que L'agent secret dure deux heures quarante. L'histoire, qu'il est un peu difficile de narrer, se passe en 1977 pendant la dictature militaire dans la région de Recife. Le film est ponctué de moments surréalistes comme une jambe coupée sortie de la gueule d'un requin qui s'anime et blesse des gens. Marcelo (ou Armando), un veuf âgé d'une quarantaine d'années est ingénieur. Il revient en pleine période de carnaval à Récife où il compte récupérer son fils qui est gardé par les grands-parents. Assez vite Marcelo apprend que l'on veut sa mort. Cela se rapporte à son passé. Des tueurs dont des flics ripoux sont lancés à ses trousses. Mais il a aussi des soutiens dont des personnages haut en couleur. La mise en scène nerveuse et l'histoire très intrigante font que l'attention ne baisse pas. Rien que la première séquence dans une station service devant laquelle, un cadavre en train de se décomposer depuis au moins un jour sans que personne ou presque n'y prête attention, donne le ton de l'ensemble. Je n'ai pas adoré ce film, mais il a beaucoup de qualités dont l'ensemble de la distribution. À noter dans vos agendas. 

16 mai 2025

Tu ne mentiras point - Tim Mielants

J'avais été bouleversée en 2003 par le film de Peter Mullan, The Magdalene Sisters. Plus de vingt plus tard, Tu ne mentiras point du Belge Tim Mielants reprend un peu le même sujet, en le traitant de manière très différente. Entre 1922 et 1996, a priori, plus de 56 000 jeunes femmes irlandaises ont été enfermées dans des couvents. Elles avaient eu le malheur de se retrouver enceintes hors mariage, ce qui était inacceptable dans l'Irlande catholique. Parfois, c'était un comportement inapproprié qui les conduisaient dans ces lieux austères où elles passaient leur temps à faire des lessives, à être maltraitées et humiliées. Quand elles avaient accouché, leurs bébés leur étaient retirés et ils étaient mis à l'adoption. Dans Tu ne mentiras point, on fait la connaissance de Bill Furlong (Cillian Murphy), un charbonnier marié et père de cinq filles. Lors d'une livraison de charbon au couvent voisin, il assiste de loin à une scène qui le traumatise. Une mère de famille emmène de force sa fille au couvent malgré les pleurs de cette dernière. Cet épisode le fait repenser à sa propre enfance, car lui-même est né hors mariage et sa mère a eu de la chance de trouver une femme riche qui l'a prise à son service. On sent que l'église est présente partout. Personne n'ose rien dire sur ce qui se passe dans le couvent. À un moment donné, la confrontation entre la mère supérieure (Emily Watson, effrayante) et Bill Furlong est glaçante. Comme elle sait ce qu'il a vu, elle fait des menaces à peine voilées envers lui et ses filles qui profitent de l'éducation de ce couvent. L'histoire se passe dans une petite ville irlandaise grisâtre avec un ciel plombé pendant la période de fin d'année. C'est lugubre. Je me suis demandée si la fin n'était pas un rêve. Cillian Murphy avec son regard bleu et son air mutique est impressionnant. Un film à voir éventuellement même si j'ai nettement préféré The Magdalene Sisters qui abordait le sujet d'une manière plus frontale. À noter qu'Eileen Walsh qui interprète le rôle de la femme de Bill a joué dans le film de Peter Mullan. Elle était Crispina, la fille un peu simplette à qui on faisait subir les pires outrages. Lire les billets de Pascale et Selenie. 

13 mai 2025

Ghostlight - Kelly O'Sullivan et Alex Thompson / Les enfants rouges - Lofti Achour

J'ai vu ces deux films l'un après l'autre le 8 mai 2025. 

 

Ghostlight de Kelly O'Sullivan et Alex Thompson est un beau film sur le deuil et sur la manière dont une pièce de théâtre (Roméo et Juliette de William Shakespeare) et le triste destin des jeunes amoureux de Vérone servent de thérapie à une famille. Dan travaille sur un chantier près d'une salle de théâtre amateur. Sa fille Daisy est en pleine révolte et Sharon, la mère, fait ce qu'elle peut. Un jour, Dan entre par hasard dans la salle et de fil en aiguille intègre la troupe qui répète Roméo et Juliette. Face à Dan, on est conquis par Rita (Dolly de Leon) qui doit jouer Juliette. Elle a plus de 50 ans. Je vous laisse deviner qui va jouer Roméo. Et Daisy est acceptée dans la troupe dans le rôle de Mercutio. La thérapie par le théâtre est une belle chose. Toutes ces répétitions débouchent sur une seule représentation. C'est émouvant et magnifique de voir ces acteurs dans cette pièce dont on ne voit que des bribes. Il faut noter que la famille formée par Dan (Keith Kupferer), Sharon (Tara Mallen) et Daisy (Katherine Mallen Kupferer) est une vraie famille à la ville et ça se sent. Lire le billet de Pascale.

 

Je passe au film Les enfants rouges d'un réalisateur franco-tunisien. C'est un drame épouvantable qui s'est passé peu de temps après les attentats du Bataclan. Le scénario est donc tiré d'une histoire vraie qui a traumatisé les Tunisiens. Nous sommes donc en Tunisie, en 2015. Deux jeunes bergers de 14 et 16 ans, Ashraf et Nizar (ils sont cousins), emmènent leur troupeau de chèvre dans un paysage magnifique de montagnes au sol crayeux. Il semble que cela se soit passé pas loin de la frontière algérienne. Les deux garçons sont attaqués par derrière, on voit peu de choses si ce n'est que Nizar est décapité et Ashraf est contraint de prendre la tête de Nizar dans un sac et l'emporte dans sa famille. Ashraf est complètement traumatisé. On ne saura pas vraiment qui étaient les assaillants. Le réalisateur s'est concentré sur les victimes. Ashraf et sa famille vivent pauvrement au milieu de nulle part. La grande partie du film présente l'expédition des hommes de la famille pour récupérer le reste du corps. La mère de Nizar a accouché d'un homme en entier et son garçon doit être enterré en entier. En attendant que le reste du corps soit retrouvé, la tête est conservée au frigo. J'ai appris que le terme "rouge" du titre veut dire courageux. Un beau film interprété avec beaucoup de talent par des non-professionnels et, je le répète, les paysages sont magnifiques. Lire le billet de Selenie.

6 mai 2024

Petites mains - Nessim Chikhaoui

Avec Petites mains de Nessim Chikhaoui, j’ai passé un bon moment en compagnie de quelques femmes de chambre très sympathiques travaillant dans un palace à Paris. On ne voit aucun client mais les femmes de chambre sont bien là, travaillant à des cadences infernales pour des clopinettes. Elles doivent nettoyer et préparer une chambre en moins de trois quarts d’heure. Quand je dis chambre, il s'agit plutôt de suites immenses qui coûtent pour une nuit l’équivalent de presque un an de salaire d’une de ces femmes courageuses. Certaines sont en CDI et d’autres des externes employées par des sous-traitants. Ces « externalisées » souhaiteraient être « internalisées » pour vivre moins dans la précarité ou pour obtenir des papiers en règle. Il faut noter que ces femmes sont pour la plupart africaines ou antillaises. On remarque que ces «invisibles», ces «petites mains» ont leurs quartiers au sous-sol du palace. Quand Eva, une jeune femme blonde, trouve un emploi dans l’établissement (elle doit passer par la porte de service), c’est pour remplacer une femme de chambre en grève. En effet, la colère gronde. Plusieurs femmes de chambre manifestent devant l’hôtel mais cela n’a pas beaucoup d’effet. Elles réclament de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires. Quant à Simone (Corinne Masiero, vraiment très bien), elle va être reconnue inapte au travail à cause de son dos en compote. C’est elle qui forme Eva quand cette dernière est embauchée. J’ai trouvé le film sympathique avec un moment savoureux quand les femmes de chambre défilent devant l’hôtel dans de belles tenues au moment de la « fashion week ». Si vous avez un moment, allez voir ce film. 

Dameskarlette en a parlé. Lire un entretien avec le réalisateur sur le "webzine" Baz'Art. Pour le blog "Où va la CGT?", au terme d'une longue critique, c'est "un film à voir".

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Ceci n’ayant rien à voir avec cela, je viens d’apprendre la disparition de Bernard Pivot (1935-2024) le lendemain de ses 89 ans. C’était un homme qui en animant l’émission « Apostrophe » entre 1975 et 1990 a fait connaître la littérature au plus grand nombre. C’était au temps où la télévision ne prenait pas les téléspectateurs pour des idiots. 

29 septembre 2008

Paul Newman est mort...

...et je suis très triste car Paul Newman (1925 - 2008) a été le premier acteur dont j'ai été fan. J'avais 12 ans et je commençais à aller voir les films de "grandes personnes". En 1974, on a beaucoup parlé de La tour infernale de John Guillermin. J'étais bien entendu allée le voir. Cette année-là, Paul Newman avait 50 ans, ses cheveux étaient légèrement poivre et sel, il était beau et en plus, il avait du talent! A l'époque, j'ai lu une mini-biographie à son sujet et je me suis mise à voir beaucoup de ses films (au cinéma et à la télé). Je retiens dans les "vieux" films: La chatte sur un toit brûlant (Cat on a hot tin roof), Doux oiseaux de jeunesse (Sweet bird of youth), les deux réalisés par Richard Brooks, L'arnaqueur (The Hustler) de Robert Rossen dans lequel il joue le rôle d'Eddie Felson, joueur de billard "looser", Le gaucher (The Left-handed gun) d'Arthur Penn, Le plus sauvage d'entre tous (Hud, de Martin Ritt). Un tout petit peu plus récemment, Luke, la main froide (Cool Hand Luke) de Stuart Rosenberg [chroniqué le 27/01/2021], Butch Cassidy et le Kid et L'arnaque (The sting) de George Roy Hill (les deux). Le rideau déchiré (Alfred Hitchcock), Verdict (Sidney Lumet), Absence of malice (Sydney Pollack), La couleur de l'argent (The color of money, deMartin Scorsese) où il reprend son rôle d'Eddie Felson, joueur de billard professionnel dans L'Arnaqueur, un quart de siècle plus tard. Il a réalisé quelques films avec Joanne Woodward (sa femme pendant 50 ans) dont un qui vient de ressortir en salle à Paris, "De l'influence des rayons gammas sur le comportement des marguerites" (dans une salle "art et essai" parisienne, j'ai justement remarqué, samedi 27/09 après-midi, qu'il y avait une grande affluence dans la salle où il passait, et je ne comprenais pas pourquoi!). Les autres films en tant que réalisateur sont Rachel, Rachel, mais aussi Le clan des irréductibles et plus récemment la Ménagerie de verre ainsi que l'Affrontement (Harry and Son). A part le cinéma, il a été un coureur automobile passionné et a beaucoup oeuvré pour des oeuvres caritatives (maison pour enfants leucémiques). Tout cela pour dire que c'est encore une légende du cinéma américain qui disparaît.

4 septembre 2024

Tatami - Guy Nattiv et Zar Amir

Je vous conseille d'aller voir Tatami, un film tourné dans un très beau noir et blanc et coréalisé par un Israélien, Guy Nattiv, et une Iranienne, Zar Amir. Il sort aujourd'hui, mercredi 4 septembre 2024. Je l'ai vu en avant-première. J'avoue que je ne m'étais pas rendu compte immédiatement que la co-réalisatrice Zar Amir était l'une des deux actrices principales du film. Elle interprète Maryam, l'entraineuse de Leila, une judokate en lice pour être championne du monde de judo à Tbilissi en Georgie. Leila est une joueuse exceptionnelle qui bat ses concurrentes l'une après l'autre lors des éliminatoires. Jusqu'au moment où Maryam reçoit un appel des hautes instances de la République islamique qui demande que Leila abandonne la compétition afin d'éviter une confrontation éventuelle avec la concurrente israélienne. Cette histoire s'inspire de faits réels. Les sportifs iraniens sont soumis à beaucoup de menaces. En refusant les diktats du gouvernement islamique, Leila met en danger ses parents, son mari et son petit garçon. Même Maryam subit de grosses pressions. La tension reste soutenue jusqu'au bout. On est captivé car on ne sait pas ce qui va se passer. Les deux actrices sont vraiment très bien. Un bon film pour la rentrée.

20 août 2024

Gena Rowlands (1930-2024) - Alain Delon (1935-2024)

Gena Rowlands et Alain Delon qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre viennent de disparaitre à quatre jours d'intervalle: la première le 14 août 2024 et le second le 18 août 2024. Je voulais leur rendre un petit hommage.

L'Américaine Gena Rowlands est surtout connue pour avoir été la femme de l'acteur et réalisateur John Cassavetes (1929-1989). Cette actrice de grand talent a joué dans sept films de son mari dont Faces (1968), Minnie et Moskowitz (1971), Une femme sous influence (1974), Opening Night (1977) , Gloria (1980 - que je viens de revoir récemment et que je vous conseille) et Love Streams (1984). Par la suite, elle a tourné d'autres films comme Une autre femme de Woody Allen que Princecranoir vient de chroniquer ou N'oublie jamais (The Notebook) et elle a aussi participé à des séries télé. 

Maintenant, le Français Alain Delon dont on attendait la disparition depuis quelque temps. Quelle carrière! et puis Delon, c'était des yeux bleus, des cheveux bruns, une allure féline et des films inoubliables comme Rocco et ses frères (1960), Plein Soleil (1959), Le Guépard (1963), Le Samouraï (1967 - chroniqué par Princecranoir), La piscine (1969), La veuve Couderc (1971),  Le professeur (1972 - mais que j'ai découvert récemment),  Monsieur Klein (1976) que je vous recommande. Un acteur qui fut plus connu en Europe (Russie comprise) et en Asie qu'aux Etats-Unis. Il fut aussi producteur de nombreux films et il est même monté sur les planches. On a du mal à le dissocier de Romy Schneider, Nathalie Delon et Mireille Darc (quelques femmes de sa vie). Je n'en dirai pas plus. La télévision depuis dimanche soir nous a gâtés pour les hommages, films et documentaires. Lire l'hommage de Pascale.

13 décembre 2025

L'intermédiaire - David MacKenzie / The shadow's Edge - Larry Yang

Voici deux films d'action qui sont passés un peu inaperçus et c'est bien dommage. L'intermédiaire de David MacKenzie est un film américain qui se passe pour l'essentiel à New-York et The Shadow's Edge de Larry Yang est un film sino-hongkongais qui se passe à Macao.

Je commence par L'intermédiaire où un dénommé Ash se sert d'un relais téléphonique pour communiquer avec ses clients, en l'occurrence des lanceurs d'alertes qui souhaitent rendre des documents compromettants à ceux qu'ils ont volés contre des sommes conséquentes. Une certaine Sarah Grant le contacte. Elle vient d'être licenciée et se sent menacée par des gens qui la suivent. Elle est prête à rendre certains documents. Ash arrive dans un premier temps à ce que les poursuivants de Sarah la laisse tranquille et l'échange de documents semble bien engagé mais tout s'emballe avec un retournement de situation inattendu. Entretemps, on apprend à connaitre Aah qui assiste à des séances des Alcooliques Anonymes. On connaît vraiment ses motivations pour faire le métier qu'il exerce. Un bon film à suspense qui donne l'occasion de voir la ville de New-York. 

Je passe à The Shadow's Edge de Larry Yang, un film haletant qui débute sur les chapeaux de roues avec une attaque par un homme et ses six fils adoptifs d'une entreprise pour récupérer des millions en crypto-monnaie. La séquence d'ouverture où l'on voit les fils fuir en se déguisant ou en faisant des prouesses acrobatiques est virevoltante. La police impuissante engage un policier à la retraite interprété par Jackie Chan qui, à 70 ans exécute encore ses propres cascades sans doublure. Face à lui, dans le rôle du père (The Shadow), on retrouve l'Amant de Jean-Jacques Annaud (1992, d'après Marguerite Duras) que j'ai bien reconnu, Tony Leung Kai-Fai. Son personnage est un as du couteau capable de blesser ou tuer d'un seul coup bien placé. Entre les deux, on suit une jeune policière pleine de ressources et de colère. J'ai passé un très bon moment devant ce film sans temps mort. 

22 octobre 2007

La femme en vert - Arnaldur Indridason

 

Deuxième roman policier de l'écrivain islandais Arnaldur Indridason paru aux Editions Metailié (et depuis peu en Livre de Poche) après l'excellent la Cité des Jarres, La femme en vert est tout aussi remarquable. Dans la banlieue de Reykjiavik, on retrouve l'inspecteur Erlendur menant une enquête suite à la découverte macabre d'un squelette enfoui à côté d'une colline. Côté personnel, il connaît des problèmes avec sa fille droguée et enceinte de sept mois, qui se retrouve dans le coma. Deux récits se déroulent en parallèle : l'enquête de nos jours et l'histoire d'une famille, un couple et leur trois enfants pendant la seconde guerre mondiale, époque où les Anglais, puis les Américains s'étaient installés en Islande. Le mari bat sa femme comme plâtre sous les yeux impuissants des enfants, deux garçons et une fille qui est devenue une "tordue" suite à une maladie d'enfance. Tout finira mal et on saura qui était ce squelette qui en cache un deuxième. L'histoire est prenante. La description des sévices physiques et le harcèlement moral et psychologique que fait subir le mari à sa femme sont insoutenables. On comprend comment la femme, Margaret, ne peut que subir. Les enfants, de témoins, deviennent acteurs de cette tragédie. On a la gorge nouée. A l'heure où, "dans la vraie vie", un chanteur est libéré pour bonne conduite après 4 ans de prison pour avoir tabassé à mort sa compagne, ce roman prend une résonance tragique. La violence conjugale a toujours existé et n'est pas prêt de disparaître. J'ai hâte de lire le troisième roman, La voix, du même auteur, qui fait partie de ma liste à lire [chroniqué le 15/04/2008].

10 juillet 2007

Billet de bonne humeur : en attendant le Christ...

Lundi 9 juillet, je me suis préparée à aller voir, dans le cadre du Festival Paris Cinéma, toujours au cours de la rétrospective des films de Francesco Rosi [cf. mon billet du 07/07/07], Le Christ s'est arrêté à Eboli (1979) d'après un récit de Carlo Levi. La séance était prévue à 21h avec une introduction d'une "docteur ès cinéma". La présentation faite devant une salle archi-comble, les lumières s'éteignent, un vague son haché est audible, et puis plus rien. De nouveau, la lumière. Incident technique nous dit une dame, le projectionniste s'affaire. 5 minutes puis 10 minutes se passent, rien n'arrive. Et ne voilà-t-il pas qu'une des spectatrices nous communique assez fort que Carlo Levi était le frère de Primo Levi. "Mais pas du tout" répond un charmant et jeune Italien, une rangée devant moi. Carlo et Primo Levi, originaires de Turin, n'étaient que des cousins très éloignés. Et cet Italien, lui-même, est natif d'un village très proche de celui qui ne s'appelle plus Eboli mais Uliano ou quelque chose d'approchant dans la province de Basilicate. Comme le monde est petit. Une autre spectatrice prend la parole disant qu'elle avait hâte de revoir le film pour admirer les paysages qu'elle avait vus en vrai à une époque. Une ambiance bon enfant s'installe. Et pendant ce temps-là, toujours pas de film, un technicien était en train de faire du dépannage par téléphone. Quelques spectateurs impatients sont quand même partis, mais pas tant que cela. Au bout de 35 minutes, l'obscurité s'est faite et le film a enfin commencé vers 21H45. Il dure 2H30. Je suis sortie du cinéma à minuit et quart. C'est beau d'aimer le cinéma et de partager un bon moment avec des passionnés mais cela prend du temps !

31 octobre 2007

Films vus et non commentés depuis le 21/09/2007

Voici encore (dans la lignée de mon billet précédent) quelques films que j'ai vus en salle, et qui ne m'inspirent pas assez pour en tirer dix lignes chacun.

Joyeuses funérailles de Frank Oz (2007): Humour à l'anglaise (pas toujours du meilleur goût), qui m'a fait sourire souvent. Comment deux personnes, l'une qui avale des comprimés composés de substances pas très licites, et l'autre, un homme de petite taille, transforment un enterrement en délire complet. A voir.

L'ennemi intime de Florent Emilio Siri (2007): Sujet rarement traité dans le cinéma français, cette tentative d'évoquer la Guerre d'Algérie n'est pas totalement aboutie à cause d'effets de mise en scène un peu mode (pour faire comme les Américains). Les comédiens comme Benoit Magimel, Albert Dupontel et Marc Barbé sont bien. L'histoire de Patrick Rothman est bien écrite mais il manque un petit quelque chose.

Le mariage de Tuya de Wang Quan'an (2006): Pour une fois, je me suis retrouvée d'accord avec l'allusion à ce film dans une critique de Eric Loret dans "Libération" du mercredi 3 octobre 2007 : désolant. C'est décousu, pas vraiment de scénario et c'est beaucoup n'importe quoi sans être ni amusant, ni triste. Seul le dernier plan émeut : Tuya qui pleure.

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