Le blog de Dasola
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29 juin 2008

Silex taillé - XXIème s. après J.-C.

Mon ami m'a entraînée hier samedi 28 juin 2008 à une "journée Portes ouvertes" sur un chantier archéologique à quelques stations de métro de chez moi, dans le 15ème arrondissement de Paris. Rue Henry Farman, les archéologues de l'INRAP, intervenant en archéologie préventive avant la construction d'un centre de tri sélectif des déchets, ont pu "fouiller dans les poubelles" d'un campement provisoire de chasseurs-cueilleurs remontant au Mésolithique (9000 à 6000 avant J.-C.). Seuls les piliers de fondation de l'ancien bâtiment qui a été démoli ont perturbé le site. Sur ce chantier de fouilles débuté depuis février et qui se terminera fin juillet, la journée Portes ouvertes, annoncée par voie de presse, était prévue de 10 à 12 h et de 14 à 18 h. Arrivés à 11 h, nous avons découvert une longue queue d'attente. Mais finalement, ils prenaient des groupes de 30 personnes toutes les 7 minutes. J'ai entendu une archéologue se réjouir qu'il y ait tant de monde manifestant un intérêt pour ce patrimoine archéologique. Une fois à l'intérieur, nous passions d'archéologue en archéologue, chacun expliquant un aspect (contexte préhistorique, stratigraphie, méthodes de fouilles...). La première intervenante nous a expliqué qu'ils ont d'abord ouvert une tranchée pour le diagnostic, fouillé rapidement un niveau "premier âge du fer" (-800 -500 av. J.-C.), puis décapé près de la surface de cette fameuse couche mésolithique (la plus intéressante, seulement la 2ème fouillée en Ile-de-France) à la pelle mécanique, avant de réaliser des sondages d'un mètre carré chacun. Je me suis un peu ennuyée ensuite durant la partie stratigraphie (devant une paroi de terre marron-grise séchée): c'était un peu aride, je n'y voyais rien, l'intervenant ne parlait pas assez fort, c'était un peu l'anarchie. Je me suis dit après coup qu'il aurait pu décaper un peu la terre desséchée devant nous et rafraîchir la coupe à la truelle, on aurait sans doute davantage apprécié les différences de couches. Pour l'aspect "exemple de fouilles", deux jeunes femmes, à genoux, remplissaient de terre des seaux en plastique, après avoir décapé délicatement presque à la petite cuillère quelques décimètres carrés, pendant qu'une autre parlait, parlait, parlait... L'équipe a dégagé plus particulièrement quelques emplacement où la densité de "microlithes" (petites lames de silex destinées à des pointes de flèches) était plus importante. Ils ont trouvé des ossements, des coquilles d'escargots. Les trouvailles seront examinées plus à fond dans quelques mois. Mon ami, lui, a été fasciné par l'atelier final, où avaient lieu des démonstrations d'allumage de feu par frottement de bois, du lancer de javelot, de sagaie avec un propulseur, de tir à l'arc, le tout par un excellent intervenant, très pédagogue, attentif aux enfants qui se trouvaient dans l'assistance... Sa maîtrise du sujet, de l'oral, m'a fait repenser au guide de Bourges qui m'avait bien plu l'an dernier (cf. billet du 01/09/07). Pour en revenir à Paris, j'ai appris des choses intéressantes et que j'ignorais, mais, au bout de presque trois heures de station debout, je commençais à trouver le temps long, et le soleil à taper... J'ai "zappé" le dernier atelier, la taille du silex (il faut choisir des nuclei qui ne soient pas gélifs!). Et il y avait encore un groupe derrière nous! J'ai peur que les archéologues n'aient pas disposé des deux heures de coupure de repas qu'ils avaient prévu. En tout cas, je n'aurais pas voulu être à leur place, au printemps, sous la pluie et dans le froid, pour dégager ces mètres carrés et cubes de terre!

9 juillet 2008

La nouvelle vie de Monsieur Horten - Bent Hamer

Film norvégien plutôt étrange, La nouvelle vie de Monsieur Horten est celle d'Odd Horten, cheminot mécanicien qui vient d'avoir 67 ans et, après 30 ans de bons et loyaux services, reçoit comme "médaille" la locomotive d'argent et ses droits à la retraite. Il effectuait la liaison Oslo - Bergen. A l'occasion de son dernier parcours avant la fin de sa vie active, on a l'occasion de voir des paysages enneigés qui succèdent à des tunnels qui semblent en tôle. Son rêve est de faire le voyage du retour en avion. Le jour effectif de sa retraite, et après avoir quitté son logement (près de la voie ferrée), il va vivre une ou deux journées pas comme les autres pendant lesquelles il va (dans le désordre) escalader un immeuble pour pouvoir atteindre un appartement en étage où on l'attend pour fêter sa retraite, rendre une visite à sa mère (ancienne championne de saut à ski) qui est maintenant devenue mutique (sénile?), s'apprêter à vendre son bateau auquel il tenait tant à un ami, faire un arrêt à la piscine en nocturne (où quelqu'un lui prend ses chaussures), croiser le chemin d'un homme, Sassener, (avec un chien que recueillera Odd par la suite). Sassener fait cadeau à Odd de chaussures de femme à hauts talons rouge (pour éviter qu'il soit pieds nus). Plus tard, dans la nuit, ce même Sassener essaie de conduire les yeux bandés. Fumeur de pipe, Odd va apprendre aussi que le buraliste chez qui il allait est décédé, et que sa femme le remplace. Entretemps, il dînera chez une femme qui est peut-être un ancien amour et qui pourrait faire un bout de route avec lui. Tout ce que je décris est une suite de scènes qui s'enchaînent naturellement sans que l'on se pose trop de questions. C'est tout le talent du réalisateur-scénariste qui a tenu à prendre des acteurs âgés et qui font leur âge, et c'est magnifique. J'ai constaté, lors de certains gros plans, que Bard Owe (qui joue Odd Horten) a un visage parcheminé que l'on n'oublie pas. Le film finit bien ou mal, c'est selon l'opinion que l'on en a, avec un côté onirique. Après Nous les vivants du Suédois Roy Andersson, cette oeuvre norvégienne confirme qu'il existe un cinéma nordique qui sort des sentiers battus.

1 juillet 2008

Eldorado - Bouli Lanners

Eldorado est le troisième film de l'acteur belge Bouli Lanners qui joue aussi l'un des deux rôles principaux (Yvan). Eldorado est une sorte de "film de route" où l'on découvre la Belgique comme un pays peu peuplée (pour partie) avec d'immenses étendues de terre et de forêts. Cela a beaucoup frappé mon ami qui a vu le film en ma compagnie. Yvan, revendeur de voitures américaines qu'il va directement acheter sur place, rentre un soir chez lui dans un hameau isolé. Là, il s'aperçoit que son appartement a été cambriolé et que le voleur (prénommé Elie, paraît-il) est planqué sous le lit par peur des représailles. Elie a "choisi" cette maison parce que c'est la seule où il n'y avait pas de chien. Son butin est maigre avec quelques euros dans un bocal mais il a semé beaucoup de désordre. De là, commence un voyage surréaliste dans lequel Yvan accepte d'emmener Elie (de son vrai nom Didier) jusqu'à la frontière française. C'est là qu'habitent les parents de ce dernier. Sur la route, ils feront des rencontres improbables : un collectionneur de voitures qui ont toutes des bosses (je ne vous dirai pas la cause de ces bosses), un naturiste prénommé Alain Delon, un chien jeté du pont, les pattes attachées. Arrivés à destination, la confrontation entre Elie et ses parents est mitigée. On entend hors champ que le père ne veut plus revoir son fils. En revanche, en compagnie d'Yvan, Elie va effectuer quelques travaux de jardinage afin d'aider sa mère. Le film se termine un peu abruptement avec Yvan qui se retrouve seul à enterrer le chien. Eldorado bénéficie d'une critique française élogieuse (à juste raison). Je donnerai une mention spéciale au chef opérateur photo: l'image est magnifique.

25 juin 2008

2 "thrillers" religieux

Voici un billet qui porte sur deux romans à suspense qui se lisent facilement. C'est bien fait, les intrigues sont menées habilement et tambour battant. Je me dis que certains écrivains ont une imagination débordante mais pourquoi pas? Et ces deux romans sont nettement supérieurs (selon moi) à Da Vinci Code de Dan Brown (que j'ai détesté).

Le troisième secret de Steve Berry. Il s'agit du troisième secret de Fatima au Portugal en 1917. Il a été révélé sous le pontificat de Jean-Paul II. Dans le roman, un nouveau pape Clément (beaucoup inspiré par Benoît XVI) règne sur le Vatican. Un cardinal italien, Valendrea, qui aimerait bien prendre la place de ce nouveau pape, sait que ce 3ème secret n'a pas été dévoilé dans son intégralité. Ce message avait mis par écrit par la jeune portugaise pendant les apparitions de la Vierge Marie. Ce bout du troisième secret peut ébranler les fondements du catholicisme. Valendrea fait éliminer un vieux prêtre qui avait traduit l'intégralité du message du portugais en italien. Heureusement qu'un ami du pape en place, Michener, arrivera à se mettre en travers de la route de Valendrea. Le roman se termine avec un point d'interrogation (optimiste?) sur l'avenir de l'église puisque le secret (avec un nouveau pape) peut tout chambouler, mais ceci (pour l'instant) est de la science-fiction.

Dans Le dernier templier de Raymond Khoury, tout commence à New York lors de l'inauguration d'une exposition d'objets rares venus du Vatican. 4 hommes à cheval, déguisés en templiers, sèment la terreur (ils décapitent un garde) et s'emparent de divers objets de grande valeur, dont un "encodeur à rotors" (objet important pour la suite de l'histoire). Une jeune chercheuse assiste à la scène et découvre assez vite qui est l'instigateur de ce hold-up, un certain Vance. En parallèle, un envoyé du Vatican, De Angelis, suit aussi de près l'enquête. On se rend compte assez vite que c'est un homme dangereux et sans scrupule qui ne veut absolument pas qu'un secret découvert par les Templiers en 1291 et coulé au fond de l'eau au large de la Méditerranée refasse surface. Il en va de la survie de la chrétienté toute entière. La solution de l'énigme ne m'a pas choquée plus que cela. Et cela aurait été intéressant de voir la suite des événements si....

Ces deux romans se lisent donc dans le train, sur la plage, en pensant à autre chose. Ils sont distrayants dans leur genre. A vous de juger.

3 juillet 2008

L'affaire de Road Hill House - Kate Summerscale

Ce livre, L'affaire de Road Hill House de Kate Summerscale, éditions Christian Bourgois (2008), est le récit d'une affaire judiciaire qui a défrayé la chronique en 1860, en Angleterre dans la région de Bath. Dans une belle demeure bourgeoise, dans la nuit du 29 au 30 juin 1860, Francis Saville Kent, garçonnet plein de vie, est étouffé et poignardé. Son corps sera retrouvé dans la fosse septique (à l'écart de la maison) le lendemain. Sur place, des policiers font les premières constatations puis un détective de Scotland Yard de Londres est mandé sur place. Jonathan Whicher, tel est son nom, est un fin limier et presque une légende. Les premiers romans "de détective" publiés à cette époque (écrits par Wilkie Collins, Charles Dickens ou Mary Elizabeth Braddon) prennent Whicher ou un de ses collègues comme modèle. D'autres livres s'inspirant de l'affaire sont parus en grand nombre. Le livre de Kate Summerscale est une reconstitution précise et très bien documentée de toute l'affaire grâce aux archives judiciaires, journaux, magazines, livres et brochures. Kate Summerscale nous présente les protagonistes principaux qui ont vécu cette tragédie. Il y a le père de la petite victime, Samuel Kent, sous-inspecteur des manufactures, et sa deuxième épouse, Mary, enceinte au moment du drame. Sa première femme, Mary-Ann, morte prématurément, avait souffert de problèmes neurologiques. Cela n'a pas empêché Samuel de lui faire au moins 10 enfants dont seulement quatre ont survécu (trois filles et un garçon), qui vivent tous ensemble dans la demeure de leur père. D'ailleurs Mary, avant de devenir la deuxième Mme Kent, a été plus ou moins la nourrice de deux d'entre eux: Constance et William. A part le petit Francis, Samuel et Mary ont eu quatre autres enfants dont deux nés après l'assassinat. Cette même demeure abrite aussi trois jeunes domestiques. D'autres vivent dans le village voisin. Après un ou deux jours d'enquête, quelques interrogatoires et grâce à une pièce à conviction d'ordre vestimentaire trouvée et disparue ensuite, Whicher a rapidement une intime conviction, comme on dit en français, sur l'identité du ou de la coupable (quelqu'un de la maisonnée) mais il n'a pas de preuves. C'est seulement 5 ans plus tard, en 1865, lorsque l'affaire sera presque oubliée, que la personne coupable fera des aveux, sera condamnée à 20 de prison, finira sa vie en Australie et mourra centenaire (Kate Summerscale laisse planer un doute sur le fait que la personne ait agi seule ou avec quelqu'un qu'elle protège). Le mobile du crime (qui est prémédité) reste un peu flou. C'est vraisemblablement la jalousie au sein de la famille. Je tiens à ne pas tout dévoiler. Je complèterais en disant que Kate Summerscale évoque bien cette époque où la notion de "classe" est essentielle. Elle explique que l'intrusion de policiers dans ces grandes familles bourgeoises était vécue comme une atteinte à leur vie privée. Les policiers n'appartenaient pas au même monde. Elle montre aussi que Samuel Kent n'était pas très aimé par les villageois et les gens des environs de par sa profession d'inspecteur des manufactures. C'était une époque où les enfants travaillaient à l'usine dans des conditions épouvantables, mais le maigre salaire qu'ils rapportaient était nécessaire, et pourtant Samuel Kent en faisait renvoyer quelques-uns pour les sauver au grand dam des familles. Ceci étant, ce meurtre va bien évidemment laisser des séquelles au sein de cette famille qui déménage peu après et part au Pays de Galles. Kate Summerscale nous fait part de ce qui arrive à tous les personnages de l'histoire, détective compris. Elle complète son récit en publiant quelques photos d'époque. La photo de la couverture du livre (prise par l'écrivain) représente, en noir et blanc, la demeure de Road Hill, aujourd'hui. A mon avis, ce récit présente davantage d'intérêt qu'un roman policier classique.

PS: j'ai été très touchée de découvrir que M. Claude Le Nocher, qui reprend régulièrement certains de mes billets "polars" ou "suspense" dans une rubrique de son blog, a, cette fois-ci, rédigé une gentille introduction avant de publier intégralement mon billet.

11 juin 2008

Livres en gros caractères

Une amie de ma mère (depuis le lycée), dame d'un âge certain, et qui a des problèmes et d'yeux et de locomotion, ne peut plus lire que ligne à ligne et munie d'une énorme loupe, en tenant le livre tout près. Or elle adore la lecture depuis toujours. C'est une championne de l'orthographe. Récemment (il y a quelques semaines), en retournant à la bibliothèque de notre quartier où je ne mettais plus les pieds depuis longtemps, mon attention a été attirée sur un rayon de livres en gros caractères. J'en ai d'abord emprunté sur la carte de mon ami, et l'amie s'est montrée ra-vie! En plus, elle était à l'hôpital à ce moment-là (elle est revenue chez elle depuis), et n'avait donc guère que la lecture pour passer le temps. Depuis, j'ai vérifié: on ne trouve pas ces livres dans toutes les bibliothèques municipales de Paris, nous avons eu de la chance. Chaque semaine, je lui en apporte 5 nouveaux qu'elle s'empresse de lire à toute allure. Par bonheur, j'ai constaté qu'il y a un bon "turn-over" dans ce qui est disponible: biographies, romans policiers ou non, romans contemporains. Certains partent, d'autres reviennent. Je ne sais pas, par contre, quelle est la cadence d'acquisition par la bibliothèque. Il semble exister au moins deux éditeurs pour ce genre de publication (peut-être y en-a-t-il d'autres): les Editions Feryane http://www.feryane.fr et A vue d'oeil http://www.avuedoeil.fr. Ces deux maisons d'éditions ont une politique éditoriale intéressante. Elles font paraître en gros caractères des nouveautés, comme, par exemple, Mille soleils splendides de Khaled Hosseini, La route de Cormac Mc Carthy [billet du 09/03/08] ou Chagrin d'école de Daniel Pennac [billet du 06/11/07]. Chacune édite environ 60 nouveaux titres par an. Il y a de quoi lire!

PS: Suite aux commentaires de Cuné et 4nn3 (ci-dessous), je signale que j'avais fait, les 3 et 4 mai 2007, deux billets sur les livres audio.
PS2: Lors de mon dernier aller-retour à la bibliothèque (samedi 28 juin 2008), j'ai noté, en plus de celles rajoutées dans les commentaires, trois autres maisons d'édition dans ce secteur:
les Editions de la loupe, http://www.editionsdelaloupe.com;
les Editions Corps 16, http://www.editionscorps16.com;
et Libra diffusio, http://www.editionslibradiffusio.com.

19 juin 2008

Mongol - Sergei Bodrov

Je suis allée voir (avant qu'il ne disparaisse des affiches) Mongol, du réalisateur russe Sergei Bodrov, il y a quelque temps. Tourné en 2005 et sorti en avril 2008, le film se termine au moment où certains autres films commencent. Il s'agit de l'histoire, depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, de Témoudjin (né en 1162) qui deviendra Gengis Khan. Dans les steppes de l'Asie centrale qui s'étendent à l'infini, des tribus sont disséminées sans chef pour les unir. Chaque tribu fait la guerre aux autres. Dans ce film, le réalisateur traite le sujet de façon intime. On découvre comment le futur Grand Khan choisit sa femme, Borte, quand il a neuf ans (et elle dix) lorsque son père à lui, chef d'un clan, l'emmène dans une autre tribu. Là, plusieurs jeunes filles sont alignées et le père de Témoudjin lui dit d'en prendre une avec des jambes robustes. Ceci fait, ils doivent attendre pour se marier parce qu'ils sont trop jeunes. Sur le chemin du retour, le père est assassiné par un guerrier jaloux, Targoutal, qui jure de tuer aussi Témoudjin quand il aura atteint l'âge adulte. Témoudjin se trouve un frère de sang, Jamukha, qui deviendra son pire ennemi. En attendant, Targoutal lui fait mettre une gangue autour du cou et il le garde prisonnier pendant plusieurs années. Par la suite, vendu comme esclave, il se retrouve enchaîné, dans une geôle d'où il n'aura de cesse de s'évader. Il y arrivera grâce à Borte, devenu une belle jeune femme déterminée, mariée contre son gré à un autre homme et mère de deux enfants (que Gengis Khan reconnaîtra comme les siens). A partir de là, Témoudjin, grâce à son génie militaire et son esprit de meneur d'hommes, va unir les Mongols et commencer ses grandes conquêtes sous le nom de Gengis Khan en 1206. Mais ceci est une autre histoire. J'ai été sensible au traitement du sujet. La violence est stylisée. Le sang qui gicle lors de batailles spectaculaires ne se réduit qu'à quelques gouttes. Pour cela, l'emploi du numérique est réussi. En dehors des deux acteurs principaux qui sont respectivement japonais et chinois, tous les autres sont des Mongols. Comme le film a été tourné en Chine, en Mongolie et au Kazakhstan, nous avons droit à des vues superbes. Je recommande ce beau film.

29 mai 2008

Disparition de Sydney Pollack

J'ai appris avec tristesse le décès lundi 26 mai 2008 de Sydney Pollack (né le 1er juillet 1934) à l'âge de 73 ans. Grand monsieur du cinéma américain, tour à tour et en même temps réalisateur (presque 20 films), producteur et même acteur (chez Kubrick, Danièle Thompson, et tout récemment dans Michael Clayton [cf. mon billet du 28/10/2007]). Qui n'a pas été ému devant Out of Africa (1985) avec le couple Streep/Redford? Out of Africa a d'ailleurs reçu l'Oscar du meilleur film, et Pollack celui du meilleur réalisateur. S'il a dirigé quelques grands acteurs, son acteur fétiche reste Robert Redford dans sept films dont Propriété interdite (1966, avec Natalie Wood), Jeremiah Johnson (1972), Les trois jours du condor (1975, avec Faye Dunaway) [chroniqué le 24/01/2021], Nos plus belles années  (The way we were, 1973, avec Barbra Streisand), Le cavalier électrique (1979, avec Jane Fonda) et Havana (1990, avec Lena Olin). Je retiendrai bien évidemment Bobby Deerfield (1977) avec Al Pacino et Marthe Keller, On achève bien les chevaux (1969, avec Jane Fonda) et bien sûr Tootsie (1982, avec Dustin Hoffman), et enfin, plus récemment, La firme (1993) avec Tom Cruise. Tous ces films, je les ai vus sur grand ou petit écrans et je les ai aimés. Je me rappelle les queues devant les cinéma quand Out of Africa est sorti: impressionnant. En 1975 (j'avais 13 ans), c'était la première fois que je voyais un film à suspense comme Les trois jours du condor avec le beau Robert Redford, c'était haletant, du grand cinéma sans effets spéciaux particuliers. Les trois derniers films de Pollack, Sabrina (1995), L'ombre d'un soupçon (Random Hearts, 1999), les deux avec Harrison Ford, et L'Interprète (The Interpreter, 2005), avec Sean Penn et Nicole Kidman, ont été des échecs publics et critiques. La plupart des autres films cités sont devenus des classiques du cinéma. Sydney Pollack savait raconter des histoires, il a formé des couples qui faisaient rêver même si les idylles finissaient rarement bien. Il faisait du cinéma populaire avec un grand respect pour le public. Je sais que beaucoup de spectateurs ont pleuré à la fin de Nos plus belles années ou d'Out of Africa (sans compter l'augmentation des ventes des livres de Karen Blixen). Il savait mettre en valeur les acteurs (et quels acteurs!). Assez récemment, il s'était associé à Anthony Minghella (disparu aussi cette année) pour créer une maison de production qui a financé notamment deux films de George Clooney (Michael Clayton et Jeux de dupes [Leatherheads]). La disparition de Sydney Pollack est une grande perte pour le cinéma américain.

27 mai 2008

Le violon du diable - Lincoln Child & Douglas Preston

Lincoln Child et Douglas Preston sont deux auteurs américains qui écrivent en solo (par exemple, Le codex pour Douglas Preston et Deep Storm [sic, pour la traduction française] pour Lincoln Child). En France et ailleurs, ils connaissent le succès et la notoriété en écrivant à quatre mains et ce pour notre plus grand plaisir. Quand vous prenez Le violon du diable (deuxième livre d'eux que je lis, après La chambre des curiosités), vous ne le lâchez plus. Et pourtant, il fait presque 700 pages en édition de poche J'ai lu. Dans la banlieue de New York, un homme, critique d'art, est retrouvé par sa femme de ménage. Son corps s'est carbonisé de l'intérieur. La veille, il avait invité 4 personnes mais il semblait inquiet. Le FBI, en la personne d'Aloysius Pendergast, homme érudit et mystérieux (déjà présent dans La Chambre des curiosités, puis que l'on retrouve dans au moins 4 autres romans du duo), mène l'enquête avec un policier appelé Vincent d'Agosta. Celui-ci est redevenu sergent suite à une sombre histoire, après avoir été inspecteur. L'enquête les mènera jusqu'à Florence après que deux autres personnes aient été assassinées de la même effroyable manière. Un violon surnommé "Stormcloud" fabriqué par Stradivarius et un soi-disant pacte avec le diable sont les motifs de ces morts suspectes. Mais je dirais que Satan n'a rien à voir dans l'histoire, et un humain du 21ème siècle est le seul responsable. Même si on peut deviner assez vite qui est le "méchant", cela n'empêche qu'il faut attendre les 60 dernières pages pour que les pièces du puzzle se mettent en place et que l'on ait les dessous de l'intrigue. A la fin, on craint pour la vie de Pendergast, mais pas d'inquiétude, puisque d'autres aventures l'attendent.

15 juin 2008

L'amour foot - Robert Lamoureux

Je viens de me racheter le DVD car mon premier, datant d'il y a quelques années, était malheureusement HS, et je voulais vraiment revoir cette pièce hilarante (je l'avais vue "en vrai" avec ma mère, à l'époque, vers 1990).
Robert Lamoureux a concocté là une pièce bien ficelée, aux dialogues percutants, qui parle de foot et de ses aléas, des magouilles politiques pour accéder au poste de maire, des quartiers "difficiles", d'adultère, du veau aux hormones. Il faut voir les mimiques de Lamoureux: inénarrables. C'est une pièce de "boulevard" sans autre prétention que de faire rire et c'est réussi. On rit de bon coeur sans arrière-pensée. Quand la pièce débute, des casseurs de la périphérie de Saint-Plonget viennent de mettre à sac une galerie commerciale où se situe un magasin appelé "Le soulier de satin". Parmi les casseurs, un s'est détaché du lot: Félicien Couré-Koulé (je ne suis pas sûre de l'orthographe). Il a le football dans le sang. L'entraîneur de l'équipe de Saint-Plonget (Jacques Balutin) veut l'engager car les scores de ladite équipe sont absolument catastrophiques. La maman de Félicien, "une tornade antillaise" demande au maire (Robert Lamoureux) de donner son accord pour intégrer Félicien, car après tout, le maire n'est-il pas le vrai père de Félicien? Le maire, éleveur de vaches nourries aux hormones, est marié et a un fils pharmacien aux idées d'extrême-droite dont la femme tombe amoureuse de Félicien. Dix-huit ans après, la pièce n'a pas pris une ride ainsi que l'humour de Robert Lamoureux qui en a écrit d'autres aussi savoureuses: Le charlatan, Ce diable d'homme. Il a aussi écrit des sketchs. En revanche, il a été moins heureux au cinéma: la série de La septième compagnie n'est pas un sommet de finesse. Mais bon, je lui pardonne.

31 mai 2008

La maison de la mosquée - Kader Abdolah

Publié chez Gallimard dans la collection "Du monde entier", La maison de la Mosquée a été écrit en néerlandais (sa langue d'adoption) par un Iranien qui a fui le régime des mollah. D'après la 4ème de couverture, Kader Abdolah est physicien de formation, a écrit deux romans en persan et a travaillé dans un journal d'opposition en Iran avant d'obtenir l'asile politique aux Pays-Bas. Pour résumer, l’histoire m’a, en partie, fait penser à Persépolis de Marjane Satrapi [mes billets des 01/07/2007 et 04/09/2007] dans le fait que l’auteur montre que la vie sous le Shah n’était pas facile, mais qu’avec l’arrivée d'un Ayatollah bien connu, ce fut pire. Là s'arrête la comparaison. Le roman se passe dans les années 70 jusqu'à nos jours. Avec La Maison de la Mosquée, on fait la connaissance de plusieurs familles apparentées, qui vivent depuis des siècles dans une maison attenante à la mosquée. Nous avons Aga Djan, fabricant et négociant de tapis qui possède le plus ancien magasin de la ville et chef du bazar de la ville de Sénédjan. C'est un homme sage et bon. Nous apprenons qu'un des cousins d'Aga Djan est l'Imam de la Mosquée, descendant du prophète Mahomet (Il meurt rapidement après le début du roman). Les Imams le sont de père en fils. Enfin, il y a le muezzin dont le fils Shahbal jouera un rôle important dans les événements qui ont bouleversé le pays. Plus tard, en exil (double de l'écrivain?), c'est Shahbal qui raconte l'histoire de la mosquée. Même en retrait, les femmes sont présentes dont deux grands-mères qui feront leur pélerinage à la Mecque mais n'en reviendront pas. Les changements politiques et religieux de l'Iran pendant cette trentaine d'années sont perçus à travers le prisme de la vie quotidienne de cette grande maisonnée (35 pièces). La Mosquée est le lieu de réunion, de ralliement de toute la ville. Un iman venu d'ailleurs va semer le trouble et la violence. Il se marie avec Sediq, une des filles de la maisonnée. Le frère d'Aga Dja, Nosrat, photographe, se retrouve à cotoyer de très près l'ayatollah Khomeiny et son épouse. De par ce côté chronique, on s'attache aux personnages qui ont, pour certains, une destinée tragique mais le roman se termine dans un certain apaisement. Le texte est ponctué de temps en temps par des extraits de sourates du Coran. On sent que l'écrivain est très "de parti pris" contre les mollah et le fondamentalisme religieux qui sévit désormais dans son pays natal. Dans l'épigraphe du livre, l'écrivain dédie le roman à Aga Djan (peut-être est-ce une personne réelle?). Lecture très agréable que je ne peux que conseiller.

21 mai 2008

Deux romans policiers français

Grâce à mon ami, j'ai fait l'acquisition de quelques romans policiers que j'ai décidé de chroniquer suite aux billets publiés sur le site de Claude le Nocher. Je trouve intéressant d'évoquer des auteurs français de polar peu connus du grand public. Tous ces romans en format de poche ne dépassent pas 9 euros. Voici les deux premiers publiés aux Editions Kraoken (http://www.krakoen.com).

Vice repetita d'Hervé Sard est un roman qui se lit très vite. Le roman commence et se termine en 2050. Un crime horrible est commis en 2004 dans la Forêt de la Vallée de chevreuse. On ne fait la connaissance du vrai meurtrier (qui écrira une confession sur son lit de mort) que 46 plus tard. Cet assassin a commis le crime parfait puisque c'est un faux coupable qui paie (lourdement) à sa place. La psychologie des personnages est un peu sommaire et l'intrigue se résoud grâce aux analyses ADN qui donnent des résultats (mais les apparences sont parfois trompeuses). Petit indice: il y a un troisième homme. Roman qui sans être inoubliable est d'une lecture agréable avec des petits chapitres. Cela m'a donné envie de lire le deuxième roman d'Hervé Sard, Mat à mort (également aux Editions Krakoen), très bien aussi.

Dans Les vieilles décences de Max Obione, Maurice Cintray (Mau ou le Mat) et Raymond Japhet (Raja), respectivement inspecteur et juge, tous les deux à la retraite, partent en Beauce dans la voiture de Maurice, une magnifique Panhard, afin de s'adonner au plaisir de la pêche. En guise de poisson, c'est un macchabée plus très frais que Maurice attrape. La victime a été égorgée. L'identité du mort est révélée grâce à un article de journal qui ne parle que d'une simple noyade par hydrocution. D'ailleurs, le pauvre journaliste qui a rédigé l'article ne fait pas de vieux os, il est renversé "accidentellement" par une voiture, à moins qu'il ne se soit suicidé? Mau et Raja mènent l'enquête et font justice eux-mêmes grâce à des méthodes peu orthodoxes mais qui donnent des résultats qui font du bruit. Des notables céréaliers, des gradés de la maréchaussée et même un instituteur écolo sont impliqués dans cette sombre affaire où les OGM jouent un rôle essentiel. Ce roman très bien structuré est agréable à lire grâce à un style enlevé et quelques expressions savoureuses. On retrouve les deux compères dans un autre roman, Le jeu du lézard.

7 mai 2008

Monkey Business - Norman Mc Leod

J'ai vu Monkey Business (Monnaie de singe, 1931), mon premier film avec les Marx Brothers, avec mon ami, parce qu'il fallait que nous utilisions des places de cinéma du réseau Action avant leur date de péremption. Franchement, je trouve que ce film a mal vieilli. Et puis, il faut vraiment être anglophone pour pouvoir savourer les jeux de mots: les dialogues vont à toute allure, bien trop vite pour que les sous-titres traduisent tout. L'histoire se résume à une suite de saynètes: 4 passagers clandestins sur un bateau de croisière (Groucho, Harpo, Chico et Zeppo Marx) vont y semer le trouble. Le film se finit en queue de poisson plutôt abruptement dans une grange avec une vache (je n'exagère pas). Les deux seuls moments de grâce sont les deux prestations musicales d'Harpo et Chico (à la harpe et au piano): quel talent! A part ça, je dirais qu'aujourd'hui, c'est plutôt un film pour cinéphiles qui veulent compléter leur connaissance du cinéma qu'autre chose.
Petite anecdote: il n'y avait pas beaucoup de monde dans la salle - dernière nous, une petite famille dont j'ai l'impression qu'au moins l'un des jeunes enfants s'est endormi pendant le film, et presque personne n'a ri.

25 mai 2008

La source thermale d'Akitsu - Kiju Yoshida

Je n'avais jamais entendu parler du réalisateur, j'ai des lacunes concernant le cinéma asiatique. J'ai lu une très bonne critique de Vierasouto renforcée par un commentaire élogieux de Dr Orlof. N'ayant pu assister à une projection à cause d'un incident technique, je n'ai pas renoncé à le voir et j'y suis allée le lendemain. A part la très belle photo de ce film (les couleurs sont magnifiques dans les tons ocre et jaune), je m'attendais vraiment à autre chose. La source thermale d'Akitsu de Kiju Yoshida (1962) m'a déçue. Le film débute au Japon à la toute fin de la seconde guerre mondiale. On voit des gens s'enfuir dans un train. Il y encore des bombardements. Un jeune homme, Shusaku Kawamoto, tuberculeux (à ce qu'il semble), se retrouve à Akitsu pour se soigner mais une dépression suite à la défaite du Japon le pousse à vouloir se suicider. Shinko, fille d'un aubergiste d’Akitsu, arrive à l’en dissuader. Petit à petit, elle en tombe amoureuse. Désormais, l’histoire est une suite de rencontres, souvent éphémères, entre Shinko et Shusaku, car ce dernier part vivre et travailler à Tokyo. Il se marie et a une petite fille. Shinko, elle, ne se mariera jamais. Shusaku sera son seul amour. La fin est bien évidemment tragique. Ma déception vient de deux éléments: d'abord, l’acteur principal que je trouve terne par rapport à l’actrice qui est lumineuse (Mariko Okada), on ne voit qu’elle. On se demande comment elle a pu tomber amoureuse de lui (mais l’amour est aveugle n’est-ce pas?). Mais surtout, ce qui m’a le plus gênée, c’est la musique romantique, omniprésente (que j’ai trouvée insupportable) tout le long du film, qui souligne les moments forts du film, et de ce fait m’a empêchée d’éprouver de l’émotion devant cette belle histoire d’amour. Cela m’a gâché mon plaisir. Dommage.

3 mai 2008

L'Ile nue - Kaneto Shindô

J'avais acheté ce DVD depuis au moins un an si ce n'est davantage. C'est mon ami qui l'a déniché dans une de mes "piles à voir" et nous l'avons regardé. L'Ile nue, Grand Prix du Festival de Moscou en 1960, n'est pas un film muet mais un film sans paroles avec de la musique et quelques bruits par-ci par-là. Aucune parole n'est échangée entre les protagonistes. C'est un parti pris du cinéaste qui n'est pas si gênant à la longue. On se concentre sur l'image, sur ce qu'on voit. Depuis l'île aride qu'ils habitent, un couple de paysans pauvres effectue encore et encore, à longueur d'année, les mêmes très longs trajets en barque pour conduire (vers le continent ou une plus grande île) un de leurs garçons à l'école, mais surtout pour aller chercher de l'eau douce qu'ils recueillent dans deux tonnelets très lourds placés à chaque bout d'une grosse perche pour former un balancier sur les épaules. Chaque pas est un effort, il ne faut pas tomber malgré la lourdeur de la charge. Cela leur permet, quand ils sont de retour sur l'île, d'arroser leurs cultures en terrasse sur cette île pentue. Ils s'échinent à faire pousser des grains et autres productions, qu'il pourront vendre pour se procurer un peu d'argent.
Sur l'eau, c'est soit le mari qui manie la godille, soit la femme. On note le contraste qui apparaît avec d'autres barques à moteur, qui vont bien évidemment plus vite et sans fatigue.
Le rapport au temps est intéressant: d'un côté, la répétition immuable des mêmes gestes (puiser l'eau, la transporter en barque, l'amener aux plantations, arroser...), jour après jour. De l'autre, le passage accéléré des trois saisons (annoncées à l'écran) que dure cette action immobile. Lors de la saison des pluies, le contraste est saisissant entre la violence de la pluie, qui inonde presque ces plantations, et leurs efforts dérisoires pour les arroser avec parcimonie le reste du temps. Une scène donne à penser que la famille sait se distraire: lors de la prise d'un poisson par les enfants qui pêchent à la ligne, l'occasion leur est offerte d'une sortie "à la ville". En revanche, j'ai été frappée par la violence qui apparaît à deux reprises: lorsque le mari gifle sa femme parce qu'elle a fait tomber un des deux tonnelets d'eau qu'elle transportait; et lors de la crise de désespoir de cette femme, folle de douleur après l'enterrement d'un de ses deux fils: elle arrache une partie de ces plantations pour lesquelles ils se donnent tant de mal, puis elle s'effondre à terre, sous le regard impuissant du mari, avant de se relever et de se remettre au travail. Pour ceux qui ne connaissent pas ce film et veulent tenter une expérience, essayez de le voir.

29 avril 2008

My Father, My Lord - David Volach

My father, My Lord est le premier des deux films israéliens (sortis la même semaine) que j'ai vus en une soirée. Dès le début de My father, My Lord, on sait qu'une tragédie a eu lieu, un rabbin pleure lors d'une séance de prière et le nom de Menahem Eidelman (écrit en hébreu) est inscrit sur une petite plaque vissée à un pupitre inoccupé dans une salle de synagogue. Le film, qui dure 1h20, est filmé en caméra numérique et avec une image dans les tons gris et ocre. La réalisation est sobre mais la musique est omniprésente. L'histoire est un long flash-back qui nous montre une famille dans le milieu des Juifs ultra-orthodoxes à Jérusalem. Le père, Rabbi Abraham, pas très jeune, passe ses journées à lire et à étudier les textes sacrés de la Torah et de la loi juive. Cela lui permet de faire des prêches à la synagogue en petit comité (on ne voit que des hommes). Esther, la maman, est nettement plus jeune. Femme au foyer, elle  s'occupe avec amour de son petit garçon Menahem, âgé d'une dizaine d'années. Les scènes entre elle et son fils sont tendres et touchantes. Menahem est un jeune garçon plein de vie dont le centre d'intérêt n'est pas la religion mais plutôt s'amuser avec ses camarades, faire des échanges d'images, etc. Abraham, bien que plus sévère, est bien évidemment très attaché Menahem mais il lui inculque les préceptes de la religion avec rigueur. Preuve en est une scène, où Menhamen vient d'avoir une image genre "collection panini" qui représente un héros quelconque. Le père lui demande de déchirer cette figure car c'est de l'idolâtrie. Menahem obéit devant son père qui est presque menaçant. Les relations entre Abraham et Esther sont un peu énigmatiques. Je n'ai pas bien perçu ce qu'Esther ressent pour son mari qui pourrait être son père. Un jour, Menahem arrive à convaincre ses parents d'aller passer une journée à la Mer Morte. Esther part à la plage réservée aux femmes, Menahem et son père vont à celle réservée aux hommes. La journée se déroule bien, Menahem fait des trouvailles. Quand le soleil commence à tomber, Abraham s'éloigne du bord de l'eau suivi par quelques hommes pour la prière. Menahem ne les suit pas car quelque chose l'attire vers l'eau. Il reste sans surveillance. C'est un garçonnet qui donne l'alarme. Les convictions d'Abraham à peine ébranlées lui permettent (peut-être) de surmonter le drame, ce n'est pas le cas pour Esther. Très beau film douloureux qui ne sombre pas dans le larmoyant mais plutôt dans la révolte d'Esther à la fin de l'histoire. L'histoire est un prétexte pour voir la réaction de personnes croyantes quand un drame profond les frappe. Ce sont des gens comme les autres. Le réalisateur est paraît-il issu de ce milieu juif ultra-orthodoxe.

19 mai 2008

Les citronniers - Eran Riklis

Deuxième film israélien vu dans la même soirée après My Father, My Lord (voir mon billet du 29/04/08), la tonalité des Citronniers est complètement différente. Une Palestinienne, Selma Zidane, veuve depuis 10 ans et vivant seule, prend soin d'une petite cinquantaine de citronniers plantés près de chez elle. C'est son gagne-pain. Elle fait des jus délicieux et des conserves. Elle est aidée dans son travail par un vieil homme qui la considère comme sa fille. L'ennui est que son logement se situe à la frontière des territoires occupés et d'Israël. Le ministre de la Défense israélien ne trouve rien de mieux que de s'installer côté israélien dans une maison dont les fenêtres donnent sur les citronniers. Ces arbres fruitiers deviennent une menace potentielle (des terroristes peuvent s'y cacher...). La sentence tombe, les citronniers doivent être coupés au grand dam de Selma. Elle prend un avocat (qui devient son amant) pour se défendre. Sa liaison est très mal vue car des gens lui font comprendre qu’elle n’a pas le droit de tromper son mari dont le portrait au visage renfrogné est en bonne place sur un mur. Elle va plaider sa cause jusqu’à la cour suprême de Jérusalem, soutenue par une alliée inattendue, la femme du ministre. Mais cette amorce d’entente n’empêche pas les citronniers d’être malheureusement condamnés à l’élagage. Ils redeviennent de tous petits arbustes. Entre-temps, le haut mur qui, désormais, sépare Israël des territoires occupés, est érigé et remplace la clôture qui séparait les citronniers de la maison du ministre. Quel gâchis, car ils étaient beaux, ces citronniers pleins de fruits victimes de la bêtise humaine. Ce très beau film est dominé par l’interprétation tout en nuances de Hiam Abbass, superbe actrice que je ne connaissais pas.

13 mai 2008

Films vus et non commentés depuis le 13 avril 2008

Une fois de plus (les précédents sont ici), voici un billet sur des films vus parce que j'aime aller au cinéma mais dont je suis sortie plutôt déçue.

Angles d'attaque (Vantage Point) de Pete Travis. J'ai bien aimé le procédé du film : revoir les mêmes 23 minutes sous des angles différents selon des personnages qui jouent un rôle dans un attentat meurtrier à Salamanque en Espagne. Il est vrai que cela peut sembler répétitif au bout d'un moment. En revanche, le mobile des terroristes n'est pas clair et il est dommage que Saïd Taghmaoui joue (une fois de plus) les méchants de service.

Ce que veut Lola (What Lola wants) de Nabil Ayouch: que dire à part que c'est terriblement factice. A New-York, Zack, un Egyptien, tombe amoureux (juste avant son retour au Caire) de Lola (très jolie blonde), postière (américaine) qui pendant son temps libre passe des auditions de danse sans succès. Mais comme elle rêve d'apprendre la danse du ventre, elle s'envole toute seule pour le Caire afin de prendre des cours auprès d'une grande danseuse. Il y a de la jolie musique, les comédiennes sont jolies à regarder. Le garçon qui joue Zack (pas à l'aise du tout) a les canines de Dracula (comme m'a dit ma voisine et collègue d'à côté). L'histoire est totalement invraisemblable. Dès le départ, les dialogues et les situations sonnent faux. On n'y croit pas une minute. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée mais je le déconseille. Peut-être qu'en "vraie" comédie musicale sur une scène, l'ensemble aurait été plus réussi.

Jeux de dupes (Leatherhead) de et avec George Clooney. Si vous n'êtes pas familier avec le football américain et ses règles, si vous n'êtes pas sensible au sourire du beau George (qu'il a sur les lèvres tout le long du film), si vous trouvez que Renée Zellweger n'est pas Katherine Hepburn, alors passez votre chemin. Le film n'a pas le charme des comédies d'antan. J'ai presque commencé à m'ennuyer dès les 3 premières minutes.

Le grand alibi de Pascal Bonitzer. A part Pierre Arditi et Miou-Miou, je ne sauve rien de ce film médiocre, ennuyeux dans lequel il n'y a pas un brin de fantaisie, de légèreté. J'ai trouvé des grossièretés dans les dialogues (des femmes) complètement hors de propos. C'est encore moins bon que L'Heure zéro (mon billet du 08/11/2007). Pauvre Agatha Christie!

5 mai 2008

Exposition "Le mystère Lapérouse" - Musée de la marine (Paris)

J'ai entendu parler pour la première fois de Jean-François Galaup de la Pérouse lors d'un séjour à Albi (où il est né en 1741). D'ailleurs, un petit musée lui est consacré dans cette ville. Pour les parisiens et tous les autres (si vous passez par Paris), allez voir l'exposition Le mystère Lapérouse qui a lieu au musée de la marine (au Trocadéro) jusqu'au 20 octobre 2008. L'exposition se passe dans un sous-sol qui doit presque faire toute la surface du Musée que l'on traverse. Pour ceux qui ne connaissent pas le musée, y sont rassemblées un nombre impressionnant de maquettes plus ou moins grandes de bateaux français et étrangers (une des plus belles collections au monde). A l'entrée de l'exposition proprement dite, sont proposés des audiophones (sans supplément de prix) qui permettent d'avoir les explications nécessaires et de bien comprendre l'expédition qu'effectuèrent le capitaine Lapérouse et 226 hommes répartis sur deux flûtes à coques larges, "la Boussole" et "l'Astrolabe", pendant plus de trois ans entre le 1er août 1785 et le 10 mars 1788 (date des dernières nouvelles de l'expédition). Des cartes maritimes, des textes, des lettres, des grands panneaux où sont inscrites les dates importantes des escales, des objets recueillis dans les épaves ou alors des instruments scientifiques similaires à ceux embarqués, permettent de retracer le long périple semés d'embûches et qui s'est tragiquement terminé près de l'île de Vanikoro au large de l'Australie. Cette expédition à caractère scientifique et géographique devait durer quatre ans, jusqu'en 1789. C'était une sorte de continuation des explorations de James Cook (tué par des indigènes à Hawaï en 1779). Les Français ont permis de faire et de confirmer la cartographie de la côte nord-ouest de l'Amérique et de la côte nord-est de l'Asie. Cette exposition prend en compte les découvertes archéologiques sur l'île de Vanikoro, y compris lors des dernières expéditions en 2005. Je déconseillerais aux personnes intéressées d'emmener de très jeunes enfants (comme c'était le cas le jour où j'y suis allée), ils se lassent vite et ont du mal à se concentrer sur les explications audiophoniques. Les personnes ayant des problèmes avec la station debout prolongée doivent savoir que, pour bien profiter de l'exposition, il faut rester presque deux heures, à cause de la longueur des commentaires à écouter devant chaque vitrine. Pour éviter de se ruiner dans l'achat du très beau livre aux Editions Musées Nationaux, achetez le petit fascicule à 6 euros à l'entrée du musée qui est très bien fait et l'essentiel y est.

17 avril 2008

Les toilettes du pape - Enrique Fernandez et César Charlone

Les toilettes du Pape, de Enrique Fernandez et César Charlone, est un film uruguyen qui s'inspire d'un événement authentique. L'histoire se passe en 1988 à Melo, en Uruguay, tout près de la frontière du Brésil. Beto est un contrebandier qui transporte des victuailles et d'autres produits sur une vieille bicyclette entre l'Uruguay et le Brésil, mais son rêve est d'acheter un scooter pour aller plus vite. Le pape Jean-Paul II visite l'Amérique du Sud et Melo est une des étapes prévues. Selon les média, un très grand nombre de fidèles sont annoncés. Beto trouve (selon lui) une idée originale pour gagner de l'argent : les milliers de visiteurs prévus auront besoin d'aller aux toilettes. Avec l'aide de son épouse et de quelques voisins, il fabrique des toilettes "en dur", mais il a besoin d'argent pour achever ce chantier. Pour ce faire, il prend de plus en plus de risques face aux douaniers en s'exposant plus et sa bicyclette hors d'âge casse. Tout ça débouche sur un fiasco. Le pape reste moins longtemps que prévu et au lieu des centaines de milliers de personnes qui devaient se déplacer, il n'y en a eu que 8000 (surtout des Brésiliens) qui ne sont restés qu'une heure. En dehors de Beto, les habitants de Melo ont souvent mis toutes leurs économies pour recevoir les pélerins: surtout des tonnes de nourritures préparées et invendues. On sent le gâchis. Film sympathique quoiqu'un peu décousu. Cela manque de structure dans le scénario et les personnages mais à voir quand même.

19 avril 2008

La cote 512 - Thierry Bourcy

La cote 512 de Thierry Bourcy (Folio Policier) est un roman de 250 pages qui a l'originalité de se passer dans les tranchées de la guerre 14-18. C'est le premier des quatre volets des enquêtes déjà parues du soldat Célestin Louise, inspecteur de police dans le civil. Dans La cote 512, Célestin reçoit son ordre de mobilisation dès la déclaration de guerre en septembre 1914. Au cours de ses enquêtes à Paris, il était très doué pour trouver et appréhender les cambrioleurs. Célibataire sans enfant, il rencontre peut-être l'âme soeur la veille de son départ sur le front. Il est affecté au 134ème régiment d'infanterie où il retrouve La Guimauve, le dernier cambrioleur qu'il avait appréhendé et relâché immédiatement. Ce régiment est commandé par le lieutenant Paul de Mérange. Au cours de la première offensive, de Mérange est tué, le problème est qu'il a été atteint dans le dos par une balle tirée par un fusil français. Célestin, persuadé que le lieutenant a été assassiné, décide de mener l'enquête. Celle-ci le conduira à connaître la famille du lieutenant, sa femme et son frère qui sont les personnages centraux de cette affaire de crime passionnel prémédité. Thierry Bourcy évoque en arrière-plan, comme dans le film Joyeux Noël, la fraternisation entre les deux camps ennemis, à la Noël 1914. Il fait aussi une description de ce qui va être la guerre des tranchées pendant 4 ans. Cela m'a rappelé les images du film de Jean-Pierre Jeunet, Un long dimanche de fiançailles. Roman honnête mais sans plus car l'intrigue est un peu superficielle. J'en verrais bien une adaptation au cinéma. J'attendrai la parution en édition de poche des 3 volets suivants dont le dernier Les traîtres vient juste de paraître aux Editions Nouveau Monde.

5 avril 2008

Les Golovlev - M.E. Saltykov-Chtchedrine

Je voudrais d'abord parler des éditions Sillage qui ont publié Les Golovlev. Je ne connaissais pas. Ce sont, paraît-il, huit étudiants férus de littérature qui ont créé cette maison d'édition en 2001. Ils publient des textes qui étaient indisponibles depuis longtemps et même parfois jamais édités. Dans leur catalogue, on trouve des textes peu connus de Conrad, Hoffmann, Baudelaire, Huysmans, Melville. Ils ont un site internet, http://www.editions-sillage.com. J'évoquerai maintenant le format du livre que j'ai en mains, c'est de la taille d'un missel (11x17,5 cm). Cela tient très bien dans un sac à main (sans s'abîmer). Les pages sont épaisses comme du velin. Au Salon du Livre à Paris où j'ai fait une petite visite, j'ai pu voir d'autres titres du catalogue.
Pour en revenir aux Golovlev, c'était la première fois que j'entendais parler de l'écrivain, M.E. Saltykov-Chtchedrine (1826-1889). Il s'est inspiré de sa propre famille pour certains personnages de cette histoire (publiée en 1880) qui décrit la décadence d'une famille de propriétaires terriens et d'âmes au temps du servage et des moujiks en Russie. Avant de paraître en un volume, le roman était paru entre 1875 et 1880 en fragments formant les différents chapitres du roman. On peut presque les lire indépendamment les uns des autres. Nous sommes dans les années 1860. Une femme, Aridna Petrovna, gère le domaine des Golovlev d'une poigne de fer. Mariée à un homme sans personnalité, elle a pris la direction du domaine. Elle est la mère de quatre enfants dont elle s'est complétement désintéressée. Même si elle les craint, en même temps, elle les domine. Elle en a fait des êtres faibles, hypocrites et veules. Aridna est radine et méchante et vit chichement. Les domestiques aussi en font les frais. Mais, en 1861, le servage est aboli et la chute de la maison Golovlev commence. Trois des enfants meurent relativement jeunes, alcooliques et tuberculeux. Le fils survivant, Porphyre Vladimirytch (surnommé Judas et peut-être pire que sa mère), verra le déclin de sa famille après la fin tragique de ses deux fils et deux nièces. Roman que j'ai lu très vite grâce à une écriture très enlevée et que j'ai été heureuse de découvrir. J'aime beaucoup ces romans russes du 19ème siècle. Cela m'a fait penser à Gogol.

23 mars 2008

The Dead Girl - Karen Moncrieff

Avant qu'il ne disparaisse des grands écrans, je parlerai du dernier Grand prix du Festival du cinéma américain de Deauville, The Dead Girl (littéralement, La jeune femme morte) de Karen Moncrieff. Cette oeuvre très bien ficelée est divisée en 5 parties dont les titres sont: l'étrangère, la soeur, l'épouse, la mère, la jeune fille morte. Chronologiquement, la dernière partie est celle qui précède toutes les autres. "L'étrangère" (Toni Collette) découvre le cadavre d'une jeune femme morte dans un champ derrière chez elle. L'événement permet à cette fille, mal dans sa peau, de s'émanciper enfin de sa mère tyrannique et de rencontrer un homme. La femme qui est au centre de la deuxième séquence, "La soeur", est médecin légiste. C'est elle qui est chargée de l'autopsie de la victime. Elle croit reconnaître en la victime, grâce à une marque de naissance, sa soeur disparue des années plus tôt. En revanche, la famille n'est pas convaincue. La troisième séquence met en scène "L'épouse". Il s'agit d'une femme au bout du rouleau qui découvre que son mari est un "serial-killer". Il en est à sa 8ème victime. C'est monsieur tout-le-monde mais avec une femme dominatrice. Dans la séquence "La mère", jouée magnifiquement par Marcia Gay Harden, cette mère reconnaît sa fille disparue (the dead girl) grâce à une photo. Dans le même temps, elle découvre qu'elle est grand-mère. La cinquième et dernière séquence, "La jeune femme morte", met en scène la Génèse de l'histoire. Krista, un peu "pute" mais très paumée, se dispute avec son ami et fait de l'auto-stop pour rejoindre sa petite fille afin de lui fêter son anniversaire. Elle rencontrera son destin. Je recommande ce film qui a un ton particulier avec des beaux rôles féminins.

7 novembre 2007

Derzou Ouzala - Akira Kurosawa

Je viens de visionner en DVD (éditions MK2) Derzou Ouzala d'Akira Kurosawa, Oscar du film étranger en 1976. C'est adapté d'un récit écrit en 1923 par Vladimir Arseniev (1872 - 1930), explorateur et cartographe du début du XXème siècle qui a parcouru la Sibérie jusqu'à Vladivostock où il est décédé. Pour en revenir à Derzou Ouzala, suite aux conseils de mon ami, je l'ai enfin vu et je ne le regrette pas. Le film est composé de deux parties: 1902 et 1907. En 1902, Vladimir Arseniev par,t accompagné de quelques hommes, en Sibérie, région assez méconnue à l'époque, afin d'explorer et de tracer des cartes géographique. Il rencontre Derzou Ouzala, un Golde, chasseur de zibelines, n'ayant pas d'attaches particulières mais connaissant très bien la taïga. Le morceau de bravoure de cette 1ère partie se déroule durant un blizzard qui surprend Arseniev et Derzou. Grâce à Derzou, ils vont cueillir des brassées de grandes herbes qui serviront à l'indigène à fabriquer un abri pour protéger les deux hommes. Dans la 2ème partie en 1907, Arseniev et son équipage retrouvent Derzou Ouzala et ils croiseront un tigre. Mais Derzou Ouzala, chasseur hors pair, voulant tuer le fauve, le rate et il ne s'en remettra pas. Le film dure 2h15 mais il pourrait être plus long. C'est un vrai plaisir des yeux, les paysages sont magnifiques avec, par exemple, dans un même plan le soleil et la lune. Le film dégage une grande chaleur humaine et cela fait du bien.
En ce qui concerne l'édition en DVD, je n'ai pas compris pourquoi la première partie du film figure sur 1 DVD et la deuxième... sur un 2ème DVD. Les bonus sont aussi répartis sur les deux disques (un peu maigrichons pour mon goût).

20 juillet 2007

Il était une fois dans l'Ouest - Sergio Leone

Réalisé en 1969 et difusé mardi dernier 17 juillet 2007 à la télévision, Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone est un film que j'ai vu pour la première fois, il y a quelques semaines, en DVD, grâce à mon ami qui voulait le revoir, lui. Il dure presque trois heures et pourtant, je ne me suis pas ennuyée une seconde. Henri Fonda joue pour la première fois un rôle très antipathique. Claudia Cardinale est la touche féminine du film. Charles Bronson est l'homme à l'harmonica. Le film est violent mais très stylisé et Ennio Morricone a fait une musique inoubliable. Sergio Leone a vraiment remis au goût du jour le western qui était un genre moribond. Par la suite, Clint Eastwood dont la carrière d'acteur doit beaucoup à Sergio Leone a en quelque sorte repris un peu le flambeau en devenant à son tour réalisateur de western. On lui doit L'Homme des hautes plaines en 1972, Pale Rider en 1985 et aussi Impitoyable en 1992 qui a obtenu 4 Oscars dont celui de meilleur réalisateur. Qu'en aurait pensé Sergio Leone, qui lui ne l'a jamais eu?

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