Le blog de Dasola
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5 avril 2010

Téhéran - Nader T. Homayoun

Téhéran qui sort le 14 avril prochain est le premier long-métrage du réalisateur franco-iranien Nader T. Homayoun. Je l'ai vu en avant-première il y a quelque temps. On nous a dit le lendemain de la projection qu'il y avait un embargo pour que les critiques ne paraissent pas avant le 15 mars: j'ai eu d'autant moins de mal à m'y tenir que j'étais "en pause" à cette date! L'accroche du film dit: "un polar à l'iranienne, c'est une petite révolution!". Pourquoi pas? Je ne m'attendais pas en tout cas à un film si noir. Il s'agit en effet d'un portrait de Téhéran et de ses contrastes, une mégapole où n'importe quel moyen est bon pour obtenir un peu d'argent. Ici, en l'occurrence, dans les rues de Téhéran, un homme tient un bébé dans les bras et débite à longueur de temps que sa femme est partie et qu'il a besoin d'argent pour s'occuper de son enfant. Les gens (surtout les femmes) sont plus ou moins généreux. Mais on découvre vite qu'Ebrahim (le personnage central) n'est pas le père du bébé, une des nombreuses victimes d'un odieux trafic. Ebrahim a quitté sa province en laissant sa fiancée, Zahra, pour aller à Téhéran afin de gagner sa vie (Zahra le rejoint par la suite). C'est une histoire sur l'entraide entre trois hommes pour récupérer le bébé disparu (allez voir le film pour comprendre), sur la prostitution qui sévit en particulier dans les squares où des jeunes femmes (aux yeux de velours) portent le foulard et draguent des hommes peu expérimentés sur la chose. Le réalisateur montre un peu l'écart entre les riches vivant dans de belles demeures et les autres qui vivent dans des rues étroites et sombres aux maisons délabrées. J'ai appris que les autorités islamiques, par l'intermédiaire de l'imam dont on dépend, peuvent prêter de l'argent en cas d'absolue nécessité, mais il faut savoir demander. C'est le premier film du réalisateur iranien né en France (Le film est produit en grande partie par la France). Il a filmé en caméra numérique, procédé qui n'avait pas besoin d'autorisation particulière. La plupart des gens filmés ne sont que des figurants. La caméra numérique permet de filmer vite et souvent clandestinement. Les décors sont succincts. J'ai été sensible à la construction de l'histoire qui est bien écrite, et la fin inattendue est terrible alors que l'on croit à un éventuel happy-end. Malgré des maladresses dues à un certain manque de moyens, je vous conseille de le voir. Après les Chats persans, je suis contente de cette émergence d'un cinéma iranien.

19 avril 2010

Cinq matins de trop - Kenneth Cook

Après deux recueils de nouvelles hilarantes et qui m'ont beaucoup plu (lire mon billet), j'ai voulu aller plus loin dans ma découverte de cet écrivain australien. Cinq matins de trop (Wake in fright pour le titre original) de Kenneth Cook (Editions Autrement) est, semble-t-il, son roman qui le rendit célèbre en 1961 (il y a eu une adaptation cinéma sous le titre Outback en 1971). En Australie, John Grant, un jeune instituteur qui peine à exercer son métier avec 27 cancres sur 28 dans une petite bourgade d'une zone semi-désertique, se réjouit de passer ses 6 semaines de grandes vacances (scolaires) en décembre / janvier à Sydney à plus de 2000 km de là. Son voyage tourne au cauchemar dès qu'il atteint la première ville importante (Bundanyabba) d'où il doit prendre l'avion: dès le premier soir, il perd, à un jeu d'argent, son salaire et le montant de ses congés payés. A partir de là, voulant malgré tout aller à Sydney, il fait des rencontres: est hébergé, nourri, se retrouve dans le lit d'une fille, est pris en l'auto-stop et surtout est entraîné à boire et à boire encore, de la bière et d'autres boissons alcoolisées. L'organisme de John Grant a du mal à tenir l'alcool mais il ne peut faire autrement sinon il est en butte à l'hostilité et à un manque d'aide évident de la part des autochtones. Car comme il est dit à la 4ème de couverture tiré du roman: "...tu peux coucher avec leurs femmes, spolier leurs filles, vivre à leurs crochets, les escroquer, ...ils n'y prêtent guère d'attention. Mais refuse de boire un coup avec eux et tu passes immédiatement dans le camp des ennemis mortels...". Je ne vous raconterai pas la fin qui m'a surprise mais il n'ira jamais au-delà de Bundanyabba. Et en tout cas, les mésaventures de John Grant lui ont servi de leçon. Même si ce n'est pas aussi humoristique que les nouvelles (c'est le sujet qui le veut), on retrouve la verve et le style de Kenneth Cook nouvelliste. Un très bon conseil de lecture.

31 août 2009

Le responsable des ressources humaines - Avraham B. Yehoshua

Suite au billet positif d'eeguab du 21/07/2009 à propos de ce roman, je me suis procuré Le responsable des ressources humaines (sous titré: Passion en trois actes) d'Avraham B. Yehoshua (2005) aux Editions Calmann-Levy, que j'ai lu en 2 jours. Merci eeguab. J'avais déjà lu La mariée libérée (que je recommande) du même auteur israélien. Les deux romans sont parus en Livre de poche. Dans ce roman en trois parties: "Le responsable", "La mission" et "Le voyage", il faut noter que tous les personnages ne sont définis que par la fonction qu'ils occupent. Tous? Pas tout à fait; en effet, la seule personne nommément désignée est morte victime d'un attentat à Jérusalem. Elle s'appelait Julia Ragaiev, ingénieure. C'est par un papier en sa possession qu'elle est identifiée: une feuille de salaire anonyme mais à l'en-tête d'une usine qui fabrique et livre du pain industriel. Cette usine est mise en cause pour son manque d'humanité (elle ne s'était pas inquiété de l'absence de son employée) par un article de journal à paraître. Et, bien que Julia Ragaïev ne travaillât plus depuis quelques semaines dans l'entreprise, elle n'était pas encore rayée des effectifs. A partir de là, le Responsable des Ressources Humaines (autrefois appelé Directeur du personnel) est celui à qui incombe de mener la mission de rapatrier le corps de cette ex-salariée dans le pays lointain d'où elle était originaire (un des états de l'ex-Union Soviétique?) pour y être enterrée. D'ailleurs le fils de cette femme y vit. Le responsable des ressources humaines (dont la propre vie privée part à la dérive: sa femme veut divorcer) s'embarque dans un long périple (aux diverses péripéties) avec un consul et sa femme ainsi que deux journalistes. Ce roman est, pour moi, une fable sur la condition humaine, tout simplement. Le DRH va s'humaniser au fur et à mesure du roman. Lui qui avait recruté Julia Ragaïev, mais ne se souvenait plus d'elle, mettra un point d'honneur à ce qu'elle soit enterrée comme elle l'aurait souhaité, quitte à la ramener à Jérusalem, là où elle avait choisi de vivre. J'espère que ce billet incitera les lectrices(teurs) à découvrir M. Avraham B. Yehoshua, auteur peu connu, né à Jerusalem en 1936.

PS du 29/12/2010: un film en a été tiré: Le voyage du directeur des ressources humaines.

5 août 2009

Films deux par deux (8)

Comme c'est l'été et que je publie un billet tous les 2 ou 4 jours, j'ai décidé de refaire comme l'année passée et de chroniquer deux films dans un billet quand je le juge opportun. Je commence par deux oeuvres très différentes et qui m'ont plu.

D'abord, Whatever works que j'ai vu récemment. Grâce à ce film, j'ai retrouvé la verve (avec le débit rapide qui va avec) et l'humour de Woody Allen, même si, dans ce film bavard (à voir en VO), on ressent la misanthropie voire le désenchantement du réalisateur. Boris Yellnikov (le double de Woody mais un peu plus jeune), joué par un acteur pas connu en France, Larry David, vit dans un quartier bohême de New York. Cet homme qui a (presque) été lauréat du prix Nobel de physique n'arrête pas de se plaindre, en particulier de la nullité des jeunes élèves à qui il essaie d'apprendre les échecs. Un jour, il tombe sur une jeune fille un peu perdue, Melodie Ann Celestine (délicieuse Rachel Evan Wood), qu'il accepte de recueillir une nuit. Résultat, elle s'incruste et ils se marient. J'ai apprécié le fait que l'on ne tombe pas dans le libidineux: on ne les voit même pas s'embrasser. En revanche, le "ménage à trois" (en français dans le film) formé par la mère de Mélodie, Marietta (Patricia Clarkson), avec deux amis de Boris, est assez savoureux. Et la fin est particulièrement euphorisante avec un "coming out" bien sympathique. Cela m'a fait plaisir de voir Woody Allen revenu à New-York comme s'il ne l'avait jamais quitté. Même si les quelques années d'errance européenne ont donné de très bons films, comme, par exemple, Match Point ou Le Rêve de Cassandre.

Bronson du réalisateur danois de la trilogie Pusher, Nicolas Winding Refn, est à voir pour la performance de Tom Hardy, l'acteur principal qui a un visage "élastique" comme on dit. Un vrai "clown" au sens noble du terme. Bronson est un film qui sort de l'ordinaire (même si je suis consciente qu'il ne peut pas plaire à tout le monde). Visuellement, j'ai presque senti un hommage à Kubrick et au personnage d'Alex dans Orange mécanique au vu de certains travellings. Dans Bronson, on suit la vie de Michael Peterson (qui est une personne réelle) ayant pris le pseudo de Charlie Bronson. A la fin des années 70, après avoir eu une jeunesse agitée (pendant laquelle il n'hésitait pas à frapper ses petits camarades dès qu'on l'embêtait), il se retrouve à 20 ans derrière les barreaux, condamné à 7 ans de prison pour vol. Et comme il continue d'exercer sa violence contre des gardiens ou d'autres détenus, il est, à ce jour, détenu depuis 34 ans dont 30 en isolement. Il s'est même retrouvé un temps dans une institution psychiatrique. Tout cela se passe en Angleterre où l'on voit des conditions de détention inhumaine pour les fortes têtes comme lui qui doit être considéré comme "irrécupérable". Il n'y a aucune explication psychologique, pas de message. Charlie Bronson n'est ni antipathique, ni sympathique. On se demande jusqu'où il veut ou va aller. Le film laisse une impression durable pour certaines scènes.

23 avril 2009

Films vus et non commentés depuis le 29/03/09

Pour mon retour sur la blogosphère après une semaine de pause, je commence par un billet sur des films que j'ai vus depuis un certain temps et que je n'ai pas eu le temps de chroniquer (suite de ma série).

Je débuterai par 35 Rhums de Claire Denis qui a été projeté dans peu de salles et peu de temps. Personne ou presque n'en a parlé et c'est dommage. Claire Denis est une réalisatrice à part dans le cinéma français. Elle réalise des films qui sortent des sentiers battus (je recommande en particulier Beau Travail [que je chroniquerai un jour]). De film en film, elle reste fidèle à la même équipe technique dont Agnès Godard, la chef op', qui nous permet de voir des films beaux à regarder. Elle fait aussi tourner souvent les mêmes acteurs, dont Grégoire Colin et Alex Descas. Dans 35 rhums, ils jouent des personnages moins sombres que leurs rôles habituels. Lionel (Alex Descas), conducteur de RER, est veuf. ll vit avec sa grande fille Joséphine dans un immeuble genre HLM de banlieue. Une grande complicité les unit. Des voisins (ines) de l'immeuble, dont Noé (Grégoire Colin), gravitent autour d'eux, ainsi qu'un collègue de Lionel récemment mis à la retraite et qui s'ennuie beaucoup. Le film dégage une certaine chaleur humaine qui fait du bien. C'est un film doux et apaisé. S'il existe un jour en DVD, louez-le.

Espions de Nicolas Saada: ce film, qui est le premier long métrage du réalisateur, est une réussite grâce en particulier à Guillaume Canet et Géraldine Pailhas, tous les deux très convaincants. Pour ce qui est de l'histoire, Vincent (Guillaume Canet) se retrouve à être espion malgré lui à Londres (employé par la DST). Il est chargé de s'approcher d'un couple dont le mari anglais et homme d'affaires est soupçonné d'avoir des accointances avec des terroristes islamistes (même si lui-même ne l'est pas). Pour ce faire, Vincent se rapproche de l'épouse française, Claire (Géraldine Pailhas) et il en fait sa complice (malgré elle). Bien évidemment, il tombe amoureux d'elle. La fin n'est pas forcément attendue grâce à un scénario subtil. Vraiment une bonne surprise.

Duplicity: comme pour The International (l'enquête) [cf. mon billet du 29/03/09], je suis surtout (beaucoup) allée voir le film pour Clive Owen. Et en plus il y a Julia Roberts (très bien). Pour être brève, le film ne casse pas trois pattes à un canard. J'ai trouvé le scénario un peu compliqué. C'est d'ailleurs un scénariste (Tony Gilroy) qui a tourné le film. Ray (Clive Owen) est un ancien du MI5, et Claire (Julia Roberts) ne travaille plus à la CIA. Ils ont trouvé des emplois qui payent mieux avec peut-être moins de risques (encore que...). A la fin, ils se retrouvent, tous les deux, les dindons de la farce. Je n'ai pas tout compris de cette histoire où la repousse des cheveux et la calvitie sont au coeur de l'intrigue. A part ça, il y a Clive...

Loin de la terre brûlée de Guillermo Arriaga: pour une fois, j'ai trouvé que la bande-annonce ne rend pas justice au film qui est nettement mieux. J'y suis allée sur les conseils d'une collègue et je ne le regrette pas. Guillermo Arriaga est connu pour être le scénariste de Babel [cf. mon billet du 19/01/07], de 21 grammes et de 3 enterrements. L'histoire se passe dans deux endroits différents (Mexique et une région des Etats-Unis) et sur deux périodes séparées par une dizaine d'années. Une mère (Kim Basinger) et sa fille (que l'on retrouve à deux âges de la vie et qui se sent responsable de la tragédie à laquelle nous assistons) sont les héroïnes d'un film que l'on n'oublie pas. Les trois actrices, Kim Basinger, Charlize Theron et la jeune Jennifer Lawrence, sont formidables.   

7 avril 2009

La solitude des nombres premiers - Paolo Giordano

J'ai lu ce roman, La solitude des nombres premiers (éditions du Seuil) sans déplaisir, après avoir remarqué le grand nombre de billets (en général favorables) le concernant sur la blogosphère et en avoir lu la plupart (je ne mets pas de liens!). Du coup, l'ayant croisé d'occasion (déjà!), j'ai sauté sur cette chance. J'ai été un peu déçue par la fin "plate". Cela finit sans finir. Il n'y a pas d'événement précis qui clôt l'histoire. Le roman s'étale sur 24 ans entre 1983 et 2007. L'auteur trace le portrait parallèle de deux êtres "à part". D'abord Alice, âgée d'environ 8 ans, qui se blesse gravement au ski et reste boîteuse. Elle est mal à l'aise avec son corps. Les années passant, elle fait de l'anorexie. Elle a un père très autoritaire et une mère qui meurt d'un cancer. Son anorexie est autant mentale que physique (l'auteur décrit très bien ce phénomène). L'autre héros, Mattia, est plus mystérieux. Enfant "normal", il a eu le malheur d'avoir une soeur jumelle, Michela (son portrait craché), attardée mentale qu'il abandonne un jour sur un banc (ils ont huit ans) parce qu'il est honteux d'avoir une soeur pareille. Jamais on ne la retrouvera. Depuis, Mattia traîne son sentiment de culpabilité. II vit presque en marge des autres en devenant un surdoué en math. Ses parents sont peu disponibles pour lui et et ils n'apportent pas beaucoup d'aide. Que Mattia se punisse, on le comprend; pour Alice, beaucoup moins. Ce premier roman d'un jeune écrivain doué a reçu le prix "Stregha" (l'équivalent du Goncourt en Italie) en 2008. J'ai trouvé que ce livre se lit bien, sans style particulier (est-ce dû à la traduction?). Il n'y a pas de quoi se relever la nuit non plus.

5 avril 2009

Katyn - Andrzej Wajda

Wajda (aujourd'hui octogénaire) reste un des grands réalisateurs polonais. Katyn qui est sorti cette semaine dans quelques salles "Art et Essai" à Paris et aussi, j'espère, en province, retrace un épisode sanglant de la deuxième guerre mondiale. En 1939, la Pologne est prise en tenailles entre les Allemands qui l'envahissent par l'ouest et les Russes par l'est. Nous sommes en plein dans la période du pacte germano-soviétique. La première séquence illustre bien ce qui arrive. Elle se passe sur un pont: des civils polonais avancent dans un sens et dans l'autre sur ce pont, ils fuient, mais là, ils sont piégés. L'armée polonaise est en déroute. Les simples soldats sont laissés libres mais les officiers sont faits prisonniers. Pour la plupart, ce ne sont pas des militaires de carrière mais des intellectuels, des artisans, etc. Le réalisateur s'attache plus particulièrement à une femme qui est à la recherche de son mari, officier prisonnier. Elle a une petite fille qui espère bien revoir son papa. Toutes les deux le verront vivant avant qu'il ne parte dans un camp de prisonniers. Les universitaires sont arrêtés et envoyés en camp de concentration. La Pologne est partagée, elle n'existe plus vraiment: une séquence symbolique montre des soldats russes déchirer le drapeau polonais en deux dans le sens de la longueur (ce drapeau se compose d'une bande blanche et d'une rouge). La bande rouge sert de drapeau "communiste" et la bande blanche sert à capitonner leurs godillots. Les années passent, et on se retrouve en 1945, dans Cracovie où se déroule l'essentiel du film, avec un haut-parleur qui égrène les noms des morts dont on a retrouvé les corps dans les charniers de Katyn (découverts par les Allemands en 1941 - pour une partie - et surtout en 1943), en Russie près de Smolensk. Plus de 12000 officiers polonais ont été exécutés d'une balle dans la nuque en avril 1940. En 1945, la Pologne est occupée par les Russes. Wajda dit bien que ce sont les Russes (et plus précisément le NKVD, la police soviétiques), et non les Allemands, qui sont coupables de ce forfait. Les officiers exécutés étaient anti-communistes ou anti-nazis pour certains (Wajda n'en parle pas). Sur le plan narratif, le cinéaste montre l'avant et l'après de ce massacre (la fillette reçoit le carnet où son père prenait des notes, qui s'arrêtent juste avant), et c'est seulement pendant les quinze dernières minutes du film qu'on en voit toute l'horreur. En revanche, il montre bien qu'on ne pouvait pas dire qui étaient les vrais coupables (les Russes) sous peine de lourdes sanctions. Le film se finit sur un écran noir avec la musique de Penderecki en fond sonore qui accompagne tout le film. Le père du réalisateur a été une des victimes de Katyn. Je suis contente de voir qu'il sait encore faire un film de grande qualité: avec une narration, la mise en scène très sobre. On ne tombe pas dans le larmoyant ou le démonstratif. On voit que ce n'est pas un film "américain" (par exemple, je ne le mets pas sur le même plan que Walkyrie [mon billet du 11/02/09], il n'y a pas de "suspense"). J'ai vu le film dans une salle pleine de spectateurs très attentifs.

31 mars 2009

Les Trois royaumes - John Woo

Ce "Trois royaumes" est un film absolument somptueux tant par les décors, les costumes, que par le souffle épique qui se dégage de l'ensemble, avec des moments d'intimité bienvenus. Les 80 millions de dollars que le film a coûté se voient à l'écran. Des milliers de figurants entourent les personnages principaux, des hommes de guerre pour la plupart, dont l'adresse à l'épée comme l'efficacité au maniement de l'arc vous laissent béats d'admiration. On apprend quelques stratégies guerrières qui m'ont fait penser à celles de la Rome antique. J'ai oublié de dire que l'histoire se passe en 208 après J.-C., dans une Chine alors partagée en 3 royaumes. Quand le film commence, Cao Cao, premier ministre de l'Empereur du Nord, arrive à convaincre celui-ci de faire la guerre aux deux royaumes du Sud. Nous assistons pendant 2h20 à la Bataille de la Falaise Rouge, endroit mythique en bordure du Yang Tsé Kiang. Face à l'armée du Nord forte de 800 000 hommes (et qui peut se délester de 100 000 flèches en quelques minutes), les armées du Sud sont nettement moins nombreuses, seulement 30 000 hommes et 45 000 flèches au départ. En revanche, les généraux du Sud sont fins stratèges, et au moins deux femmes de la noblesse vont jouer un rôle capital dans l'issue de la bataille. Je connais le réalisateur John Woo par les quelques films qu'il a réalisés aux Etats-Unis dont Face/Off en 1997 et Paycheck en 2003 (réalisations très survitaminées avec des ralentis/accélérés, etc). Dans Les Trois royaumes, il use de ces mêmes procédés mais à bon escient. On sent qu'il a pris du plaisir à la réalisation. Les acteurs choisis me sont plutôt connus comme Tony Leung (In the mood for love), Takeshi Kaneshiro (Le secret des poignards volants), Chang Chen (Tigre et dragon). Le film a fait un "carton" dans les pays asiatiques depuis sa sortie en janvier 2009. Et pour ma part, j'ai vu le film avec mon ami devant une salle comble, attentive, et qui a applaudi à la fin.

24 janvier 2024

Godzilla minus one - Takachi Yamazaki

Je suis allée voir Godzilla minus one de Takachi Yamazaki sans connaître l'histoire. J'ai surtout lu que le film ne serait projeté que pendant deux semaines dans différentes salles à Paris et en Province. Avant le 31 janvier 2024, essayez d'aller voir, si vous pouvez, ce film très bien fait avec une vraie histoire. En 1945, le Japon est exsangue. Sur l'île d'Odo, un avion kamikaze se pose après avoir simulé une panne. Le pilote, Kōichi Shikishima n'a pas pu se résoudre à se sacrifier. Sur l'île, il y a une base aérienne qui va être détruite par un étrange monstre sorti de l'eau: une bête énorme avec une gueule toute dentue, qui écrase tout sur son passage avec ses grosses pattes. Kōichi et un mécanicien qui le traîte de lâche restent les seuls survivants. On retrouve Kōichi en 1946 à Tokyo. Il habite dans une maison délabrée au milieu des ruines de Tokyo qui a été bombardée. Un jour, une jeune femme, Noriko, s'invite chez lui. Elle tient un bébé dans ses bras, c'est une petite fillle appelée Akiko qui a perdu ses parents lors d'un bombardement. Pour subvenir aux besoins de Noriko et d'Akiko, Kōichi accepte de faire partie d'une équipe de dragage de mines dans l'océan. C'est lors d'une sortie en mer que Godzilla, qui est devenu de plus en plus grand et de plus fort, refait son apparition en émergeant de l'eau. A partir de là, le monstre va montrer de quoi il est capable. Je vous laisse le découvrir. Face à lui, quelques Japonais courageux dont Kōichi (pour se racheter) vont l'affronter et ils ont fort à faire face à une bête capable de cracher du feu atomique. J'ai été bluffée par les effets spéciaux (nommés aux prochains Oscar). L'histoire est bien menée. C'est nettement plus subtil que ce qu'aurait pu faire les Américains. Un film que je recommande avant qu'il ne soit trop tard. Lire les billets de Princecranoir, Henri Golant et Selenie (pas très enthousiaste). 

14 janvier 2024

Oppenheimer - Christopher Nolan

Je l'ai enfin vu. Quoi? Oppenheimer de Christopher Nolan. Dans une salle bien pleine, 26 semaines après sa sortie, j'ai passé 3H passionnantes. On n'a pas le temps d'aller aux toilettes car sinon, on peut perdre le fil de l'histoire. Le montage est brillantissime, il n'y a pas une image de trop mais c'est vrai que tout va très vite d'une image à l'autre. Je veux saluer tous les acteurs qui interprètent leur rôle de manière très convaincante. Dès le tout début du film, on est déconcerté car l'histoire n'est pas racontée de manière linéaire mais grâce à des séquences temporelles: le parcours du physicien J. Robert Oppenheimer ("le père de la bombe atomique") de Cambridge à Berkeley en passant par l'Allemagne de la fin des années 1920 à 1940, où sont évoquées sa vie privée et ses amours ainsi que ses idées politiques de gauche; son audition en petit comité dans les années 50 pour le maintien ou non de son habilitation "secret défense", au vu de ses sympathies pour le parti communiste. Nous sommes en effet en pleine Guerre Froide et c'est le temps du McCarthysme. Et enfin, il y a une très belle séquence en noir et blanc où, en 1959, Lewis Strauss passe une audience de confirmation pour le poste de secrétaire d'Etat au Commerce, pendant laquelle il est interrogé au sujet de la révocation de l'habilitation d'Oppenheimer. Les deux audiences et leurs coulisses s'entremêleront au long du film. Je me suis dit que ce début était un peu brouillon et puis non. J'ai été captivée de bout en bout. Pour en revenir à l'histoire, le moment le plus important est le recrutement d'Oppenheimer par le Général Richard Groves (ce dernier a supervisé la contruction du Pentagone en 1943) pour le projet Manhattan. Ainsi, pour fabriquer la bombe atomique, Oppenheimer demande à des scientifiques de le rejoindre et de s'installer à Los Alamos au Nouveau-Mexique dans un camp créé tout spécialement avec un laboratoire. Les cibles pour les bombes seront des villes du Japon qui tarde à capituler. Ces bombes de destruction massive feront 220 000 morts en tout (sur le moment et par la suite). Quand j'avais vu la bande-annonce au début de l'année dernière, j'étais restée dubitative car je ne garde pas un bon souvenir de certains films de Christopher Nolan comme Tenet ou Inception. Je ne m'attendais vraiment pas à si bien. Bravo Monsieur Nolan.

Lire les billets de Pascale, Selenie, Henri Golant, Princecranoir, Martin K, Carole Nipette, Wolvy128, Strum pas très convaincu tout comme Mymp. 

4 janvier 2024

Une affaire d'honneur - Vincent Perez / Chasse gardée - Antonin Fourlon et Frédéric Forestier

Voici deux films vus à la toute fin de 2023 et qui m'ont plu tous les deux, chacun dans leur genre.

Je commence par Une affaire d'honneur de Vincent Perez (vu le 31/12/2023) qui interprète un des rôles principaux. En 1887, les duels sont monnaie courante, même s'ils sont plus ou moins interdits, car ils permettaient de laver différents affronts. Les duellistes étaient souvent des militaires et des gens de la presse, en tout cas pas des prolétaires. Pendant le film, on assiste à quatre duels, deux à l'épée, un au pistolet et un au sabre. Dans trois d'entre eux, il y a le colonel Berchère (Vincent Perez), un militaire vindicatif qui par jalousie va affronter dans un premier duel un jeune homme de 19 ans qui a eu le malheur de le gifler. Le duel devra s'arrêter au premier sang. Ce jeune homme est le neveu de Clément Lacaze (Roschdy Zem), un maître d'armes aguerri. Ce maître d'armes va provoquer à son tour Berchère qui ayant eu le choix des armes, choisit le pistolet. Dans le troisième duel, une femme entre en jeu, il s'agit de Marie-Rose Astié de Valsayre (Doria Tillier), une femme ayant existé, qui a milité entre autre pour le port du pantalon par la gente féminine, car c'était interdit à l'époque. Le quatrième duel voit s'affronter à nouveau Berchère et Lacaze. J'ai aimé ce film ponctué par ces duels très bien filmés. Il y a une belle reconstitution d'époque. Un film agréable à voir qui ne m'a pas ennuyée et que je conseille tout comme Selenie. En revanche, Pascale l'a peu apprécié. 

Je passe à Chasse gardée, film (vu le 29/12/2023) auquel la bande-annonce ne rend pas justice. J'ai trouvé le film plus subtil, bon enfant et beaucoup mieux que ce à quoi je m'attendais. J'ai d'abord trouvé le film très amusant. Il se passe dans l'Orne. Un couple de Parisiens, Adélaïde et Simon, leurs deux enfants turbulents et une chatte appellée Cachette s'installent dans une vieille maison à retaper. Cette maison a un jardin et elle est attenante à un bois où abondent des sangliers et autre gibier. L'agente immobilière a omis de dire que le bois était une servitude de chasse pour les chasseurs du village voisin. Pendant cinq mois, les chasseurs ne manquent pas de venir tous les jours et de tirer à tout-va. Bien entendu, la famille est affolée et Adélaïde fait appel à son père pour résoudre le problème. Bien entendu, rien ne se passe comme prévu. J'ai trouvé le film amusant avec des moments touchants. C'est un film très sympathique qui vous permettra de faire la connaissance de Moshe. Je vous laisse découvrir qui c'est. 

16 décembre 2023

Mars express - Jérémie Perin

Avant Migration, film tous publics, j'avais vu avec mon ami Ta d loi du cine Mars Express, un film d'animation français de Jérémie Perrin qui se passe dans le futur, en 2200. Celui-ci, je ne le conseille pas aux enfants à cause du thème et de l'histoire qui se termine mal pour certains personnages, et il y a des moments assez violents. Il s'agit d'un scénario original co-écrit par le réalisateur et Laurent Sarfati. Nous sommes donc en 2220 où les humains, les androïdes et les robots cyber-tueurs se côtoient en bonne intelligence, semble-t-il. Je dis tout de suite que je n'ai pas forcément bien compris le début du film, ne sachant pas qui était qui. Aline Ruby, une humaine, et son collègue Carlos, une réplique androïde du partenaire d'Aline décédé cinq plus tôt, sont chargés de trouver sur terre une hackeuse de génie. L'ayant retrouvée, ils arrivent sur Mars mais ils sont obligés de la relâcher, car le mandat d'arrêt a disparu. Presque tout de suite après, on leur demande de retrouver Jun Chow, une jeune étudiante en cybernétique qui a disparu en même temps que sa colocataire. Jun Chow est poursuivie par des robots tueurs. L'essentiel de l'histoire se passe donc sur Mars à Noctis, la capitale martienne, une immense ville créée pour les terriens grâce au progrès de la robotique. Lentement, on se rend compte que quelque chose se dérègle dans les relations entre les humains, les androïdes et les robots. Je vous laisse découvrir pourquoi. L'image est belle, mais j'ai trouvé l'animation un peu statique par moment même si cela ne nuit pas à l'ensemble. Le réalisateur s'est inspiré entre autre de 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, de Blade Runner de Ridley Scott, de Terminator 2 de James Cameron, de RoboCop de Paul Verhoeven. Nous avons vu le film dans une salle pleine (uniquement des adultes plutôt jeunes). Il est encore à l'affiche dans de nombreuses salles, à vous de voir. Lire le billet de Henri Golant et Le bleu du miroir.

22 septembre 2023

Les feuilles mortes - Aki Kaurismäki

Prix du Jury au dernier festival de Cannes, Les feuilles mortes du cinéaste finlandais Aki Kaurismäki est un petit bijou même si le ton du film est un peu triste et morne. Il se passe de nos jours. En effet, Ansa, l'héroïne du film, écoute une radio d'info qui ne parle que de la guerre en Ukraine au moment du bombardement de Marioupol et de son théâtre. A Helsinki, ville grise, Ansa, qui est célibataire, vit dans un appartement hérité de sa marraine. Il est situé au rez de chaussée d'un immeuble. Elle travaille dans un supermarché à remplir des rayons. Du jour au lendemain, elle est virée car elle s'est permis de prendre dans son sac à main un produit périmé qui aurait dû être mis à la poubelle. Holappa, lui, travaille dans une usine. Il boit trop. Un soir, lors d'une soirée karaoké, Hoppala qui accompagne un collègue remarque Ansa qui fait un peu tapisserie dans la salle. Ils font plus ample connaissance en allant au cinéma "art et essai" où sont collées plein d'affiches de films français des années 50 et 60. Ils souhaitent se revoir mais des obstacles se dressent sur leur chemin. La dernière réplique du film se rapporte au prénom d'un chien appelé Chaplin. Ce film de 1H22 vaut vraiment la peine d'être vu. C'est une histoire simple qui fait du bien. A noter que le titre se réfère à la chanson "Les feuilles mortes" de Jacques Prévert que l'on entend chanter à la fin en finnois. Lire le billet de Selenie.

26 juillet 2023

Les herbes sèches - Nuri Bilge Ceylan

Ayant beaucoup aimé Winter Sleep du réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan, j'ai été contente d'apprendre que son nouveau film, Les herbes sèches, sortait. Il a été récompensé au dernier festival de Cannes pour l'interprétation féminine (et pour moi, c'est un mystère). J'avoue que j'ai moins accroché à ce film qu'à Winter Sleep, surtout pour la dernière partie. Le film Les herbes sèches dure 3H13 et tourne autour d'un homme nommé Samet. Alors que j'ai été passionnée par tout ce qui se passe au collège dans un coin reculé d'Anatolie, là où Samet enseigne comme professeur de dessin, le reste m'a moins intéressée et le dialogue entre Samet et Nuray, l'enseignante handicapée (elle a perdu une partie de sa jambe gauche dans un attentat) est tellement dense que je n'ai pas tout retenu alors que cela doit être passionnnant. Pour en revenir à Samet, cela fait quatre ans qu'il fait son service civil dans ce coin reculé d'Anatolie. Il a hâte de repartir à Istanbul, mais une plainte d'élèves à son encontre, et envers son collègue Kenan, risque de retarder son retour vers une contrée moins hostile. En effet, lors d'une confrontation avec le recteur, Samet et Kenan sont accusés de gestes déplacés envers quelques élèves. On apprend vite que c'est une vengeance d'une élève nommée Sevim (je l'ai détestée dès que je l'ai vue) qui semblait pourtant bien apprécier les deux professeurs. La séquence au rectorat, très bien écrite, est absolument passionnnante. Par ailleurs, le film est ponctué de photos prises par le réalisateur qui sont des portraits de différentes personnes. Le cadrage, la lumière, la mise en perspective sont sublimes. Un film à voir si la durée ne vous fait pas peur. Je reviens sur le personnage de Nuray qui est très accessoire et on se demande pourquoi l'actrice a été récompensée à Cannes.  

Lire les billets de Pascale et de Chris.

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Je serai absente pendant une huitaine de jours, loin du blog et d'internet. Je pars dans une contrée où il ne fait pas plus de 12 ou 13°. Je laisse les clés du blog à mon ami ta d loi du cine qui le veillera comme un papa poule. A bientôt. 

25 juillet 2023

Limbo - Soi Cheang

J'ai vu Limbo après avoir remarqué une affiche dans le métro. Je n'avais pas vu de bande-annonce. Il faut noter que ce long-métrage hong-kongais est interdit au moins de 16 ans, ce qui est tout de même assez rare. C'est vrai qu'il y a de la violence mais je trouve qu'elle est transcendée par une magnifique image en noir et blanc. L'histoire se passe à Hong-Kong de nos jours dans un endroit qui est une décharge à ciel ouvert et où l'on trouve de tout, même des cadavres de femmes en décomposition. En effet, un serial-killer sévit dans le coin. Il a une manie : il coupe la main gauche de ses victimes qui sont des droguées ou des filles paumées. Deux flics, Cham Lau et Will Ren, enquêtent. Will est un jeune flic débutant qui a mal à une dent de sagesse. Il fait donc équipe avec Cham, un homme mutique qui ne se remet pas de l'accident de circulation dont sa femme a été victime. Et puis il y a Wong To, une délinquante, voleuse de voitures (c'est elle la responsable de l'accident de la femme de Cham) et qui fait du trafic. Elle va aider à son corps défendant les deux flics. Elle va subir des outrages indescriptibles même si elle ne se laisse pas faire. C'est une vraie battante. Par ailleurs, je vous laisse découvrir l'antre du tueur où les statues de la vierge se mélangent avec des bras et des mains en plusieurs matières. Les sacs poubelles sont partout. C'est une vision dantesque. On suffoque. Un film que l'on n'oublie pas et que j'ai beaucoup aimé.

Lire les billets de Princecranoir, Selenie, Pascale et Henri Golant.

3 juillet 2023

Indiana Jones et le cadran de la destinée - James Mangold

Après le ratage que fut le 4ème opus des aventures d'Indiana Jones, Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal qui date de 2008, on a le plaisir, avec ce 5ème opus, de voir un très bon film plein de rebondissements. Tout commence vers la fin de seconde guerre mondiale, les Allemands sont battus mais ils continuent de piller les trésors archéologiques. Indiana Jones (Harrison Ford a été rajeuni de manière très réussie) avec son ami Basil Shaw sont prisonniers de soldats nazis dans un train. Ces derniers les interrogent sur une lance sacrée qui se trouve être un faux. Et puis, notre aventurier entre en possession d'un mystérieux cadran qui s'avère lui, authentique. C'est le "Cadran de la destinée" inventé par Archimède. Ce cadran permet de remonter le temps et peut-être de changer le passé. Dans toute cette partie, on assiste à une belle course-poursuite sur le toit d'un train. Elle ne sera pas la dernière. Nous voici maintenant en 1969, à New-York. Le professeur Jones vit ses derniers jours d'enseignement à l'université. La ville est en liesse pour fêter le retour des trois astronautes d'Apollo 11 qui ont marché sur la Lune. Et c'est là que surgit une jeune personne qu'il n'avait pas vue depuis 18 ans, Helena Shaw, la fille de Basil et qui est aussi sa filleule. Elle convoite le Cadran pour des raisons mercantiles. Des fâcheux vont aussi essayer de dérober le Cadran. Ils semble pour partie à la solde d'un certain professeur Schmidt (Mads Mikkelsen). La course-poursuite qui s'ensuit se passe dans les rues et le métro de New-York en voiture, à moto et à cheval. C'est spectaculaire. Puis direction Tanger au Maroc où Helena s'apprête à diriger une vente aux enchères clandestine. Tout s'emballe, on assiste à nouveau à  une poursuite haletante avant que les protagonistes se dirigent d'abiord vers la mer Egée, ensuite en Sicile, à Syracuse. Je m'arrête là pour l'histoire qui tient en haleine le spectateur de bout en bout. Le film tient toutes ses promesses. Une vraie réussite. Vers la fin du film, j'ai noté un clin d'oeil à une scène du premier Indiana Jones, Les Aventuriers de l'Arche perdue; et il y ausssi une référence à la série Game of Thrones avec des "dragons". Courez voir ce film seul ou accompagné. Lire les billets de Pascale, Selenie et Henri Golant.

30 avril 2023

Burning Days - Emin Alper

Dans Burning Days d'Emin Alper, Emre, un jeune procureur turc scrupuleux, vient d'être nommé dans une ville reculée d'Anatolie. Dès les premières scènes, on sent que tout ne va pas bien dans cette ville. De nombreux sangliers sont régulièrement pris en chasse en pleine ville. On les tire comme des lapins et pour l'un d'entre eux, il est traîné à l'arrière d'une voiture. Une traînée de sang en témoigne. Plus tard, deux notables de la ville, un avocat (et accessoirement le fils du maire) et un dentiste sont reçus dans le bureau du procureur. Avec leurs airs patelins, ils font tout pour amadouer le procureur à propos de ces chasses sauvages. Il faut noter qu'Emre est l'un des nombreux procureurs qui essaye d'exercer dans cette ville gangrénée par la corruption. Le manque d'eau est un problème majeur dans la ville. Les terre asséchées provoquent des gouffres. La maison qu'occupe Emre est envahie par les rats, d'où la nécessité de mettre de la mort-aux-rats dans tous les coins. C'est pendant une soirée arrosée au raki que le destin d'Emre bascule. Un drame survient. C'est pour lui le début d'une descente aux enfers. Emre n'a qu'un seul allié en la personne de Murat, un journaliste. Une relation trouble s'installe entre les deux. La juge d'instruction essaye aussi de faire quelque chose pour lui. Elle le met en garde mais rien n'y fait. La dernière partie, qui est une immense chasse à l'homme, constitue un grand moment du film qui reste dans les mémoires. J'ai trouvé ce film oppressant très bien fait et très bien joué. Il y a un travail intéressant sur la lumière, sur la musique. Je le conseille.

6 avril 2023

Le capitaine Volkonogov s'est échappé - Natalia Merkoulova et Alexei Tchoupov

Après avoir vu la bande-annonce, j'ai voulu voir Le capitaine Volkonogov s'est échappé réalisé par un couple de cinéastes russes. L'histoire se passe en 1938, au moment des purges ordonnées par Staline. Dorénavant, les militaires qui étaient responsables des purges sont eux-mêmes pris pour cible. Arrêtés, ils sont exécutés. Mais le capitaine Volkonogov échappe à la surveillance du garde en bas du bâtiment où il travaillait. Peu de temps après, il revient dans ce bâtiment où se commettent des tortures et des exécutions car il récupère plusieurs dossiers de personnes qui ont eu un "traitement spécifique" et qui en sont morts. Volkonogov (Youri Borissov, déjà vu dans Compartiment 6, est impressionnant) décide de retrouver les familles des victimes afin de leur demander pardon. Il est désormais poursuivi par ses collègues qui ne cherchent qu'à le tuer. Le film devient un thriller haletant, qui permet à Volkonogov de rencontrer les familles, mais on ne peut pas dire que l'accueil soit chaleureux. La première personne qu'il retrouve est une femme médecin généraliste dont le père a été exécuté. Désormais, elle vit dans une morgue. Son lit est à côté des cadavres. Elle l'insulte au lieu de lui pardonner. Toutes les autres familles auront la même réaction (sauf la dernière et pour cause), et pendant ce temps, les collègues de Vokonogov se rapprochent de lui de plus en plus. On devine que tout va mal se terminer. Je n'ai pas réussi à savoir où le film a été tourné: peut-être en Estonie puisque le film est une coproduction entre Russie, Estonie et France. J'ai appris qu'en russe, on dit "aérostat" pour désigner un dirigeable ou un zeppelin. On en voit un dans le film. J'ai trouvé ce film passionnant de bout en bout et j'étais dans une salle pleine. Je recommande ce film qui permet d'écouter parler russe. Lire les billets de Selenie et Choup aussi enthousiastes que moi. 

20 février 2023

La femme de Tchaïkovski - Kirill Serebrennikov

Je voulais voir La femme de Tchaïkovski du cinéaste russe Kirill Serebrennikov, à propos duquel je n'avais rien lu. Et je n'ai pas été déçue. Pendant deux heures vingt sept, on suit la sombre histoire d'Antonina Milioukova, jeune femme de la petite noblesse russe qui va peu à peu sombrer dans la folie après avoir épousé Piotr Ilytch Tchaïkovski. Le film est le portrait d'une femme qui, parce qu'elle était amoureuse, a épousé Tchaïkovski, un homme qui préférait les hommes (c'est encore un sujet tabou en Russie). En préambule, le spectateur est transporté en 1893, Tchaïkovski vient de mourir. Aux pompes funèbres, il se rèlève de son enveloppe mortuaire et déclare à sa femme qu'il la hait. En 1873, Antonina tombe amoureuse de Tchaïkovski qui ne la remarque pas. Elle lui écrit des lettres enflammées auquelles, contre toute attente, il répond. En 1877, le mariage est célébré. Le repas des noces se déroule dans une atmosphère mortifère. Le réalisateur montre indirectement que le mariage ne sera jamais consommé. Tchaïkovski ne la touche pas et ne veut pas être touché par elle. Elle le dégoûte. A partir de là, la caméra ne lâche plus Antonina (Alyona Mkhailova, sensationnelle) qui commence à se consumer. Elle endure toutes les humiliations de la part de Tchaïkovski et de l'entourage du musicien (uniquement des hommes). Ils veulent qu'elle accepte le divorce. Ils n'y arriveront pas. Antonina aime le musicien et ne veut pas s'en séparer. Les scènes se passent presque exclusivement dans des intérieurs, appartements, salons, wagon de train. On ressent une impression d'étouffement. Il faut noter le très beau travail sur la lumière, gris, bleu et ocre. Mais s'il y a une seule raison d'aller voir le film, c'est pour l'actrice russe de 27 ans Alyona Mikhailova, qui aurait amplement mérité un prix d'interprétation à Cannes. Son rôle est vraiment "casse-gueule". Elle s'en tire haut la main. Lire les billets de Pascale, de Mymp et du Bleu du miroir. Roland est nettement plus réservé.

26 janvier 2023

Caravage - Michele Placido / Tirailleurs - Mathieu Vadepied

J'ai enfin vu Caravage de Michele Placido. J'ai apprécié le film pour les décors, les costumes et l'atmosphère étouffante. Quand le film débute, on est en 1509, Michelangelo Merisi dit Caravage a été condamné à mort pour avoir tué un homme. Caravage attend la grâce du pape mais rien n'est simple. Un homme surnommé l'Ombre enquête pour mieux connaître le peintre né en 1571. Caravage s'agite beaucoup quand il prépare une nouvelle toile. Les modèles dont il se sert pour ses toiles sont des mendiants, des prostituées ou des gens du peuple. C'est ce qui trouble le clergé de l'époque car les thèmes des toiles du Caravage sont souvent d'ordre religieux. Par ailleurs, j'ai trouvé l'ensemble embrouillé à cause des retours en arrière et en avant continuels entre les années et il y a beaucoup de changement de lieux : Rome, Naples, Malte. Les acteurs ne sont pas mal du tout. Louis Garrel dans le rôle de l'Ombre est convaincant. Le film donne envie de (re)découvrir l'oeuvre et la vie du Caravage qui sont très liées. Lire les billets de Matching points et Selenie.

Tirailleurs de Mathieu Vadepied évoque de manière plutôt modeste, et c'est ce qui fait sa qualité, le fait que des centaines de jeunes Noirs d'Afrique ont été enrôlés de force pour aller combattre dans les tranchées pendant la première guerre mondiale. Bakary Diallo ne peut empêcher que son fils Thierno parte sur le front. Il décide de se faire enrôler pour être avec son fils. L'évocation de la guerre des tranchées est plutôt réussie. J'ai trouvé que c'était surtout une belle histoire d'un père et de son fils unis dans le combat. Un seul reviendra vivant. Omar Sy qui ne parle pas français dans le film est vraiment bien. Il est très sobre et ne sourit pas une seule fois. Alassane Diong qui joue le fils est le neveu d'Omar Sy dans la vie, et je trouve que c'est un acteur à suivre. Lire le billet de Pascale.

Les deux films rencontrent un certain succès en salle et c'est mérité.

6 janvier 2023

Hinterland - Stefan Ruzowitzky / Choeur de rockers - Ida Techer et Luc Bricault

J'ai suivi une fois de plus les conseils de Pascale et je suis allée voir Hinterland, film gothique et expressionniste absolument somptueux. L'histoire se passe à Vienne en 1921. Quelques soldats autrichiens reviennent de deux ans de captivité en Union Soviétique. Ils sont dans un triste état et sont oubliés de tous. Ils se retrouvent à mendier à l'Armée du Salut. Un seul s'en tire mieux, Peter Perg, qui fut inspecteur de police avant guerre. Il espère retrouver sa femme et sa petite fille Marlène qu'il ne connait pas. Très vite, quelques crimes aux modus operandi assez horribles ont lieu, les victimes sont des vétérans revenus avec Perg. On demande à ce dernier de mener l'enquête. Il est en quelque sorte aidé par la jeune médecin légiste qui ne reste pas insensible au charme de l'inspecteur. Ce film noir se passe dans une ville où tout est de guingois. Les immeubles ne se tiennent pas droit. Il y a de belles profondeurs de champ. La lumière et les couleurs des images sont très travaillées. J'adore ce genre de film et je savais que je ne serai pas déçue. Il faut noter que l'acteur principal d'origine turc et la jeune actrice qui interprète la médecin légiste ne sont pas étrangers au plaisir d'avoir vu ce film. Ils sont beaux à regarder.

Je passe à Choeur de rockers d'Ida Techer et Luc Bricault, qui est un film qui donne la pêche. Le scénario est inspiré d'une histoire vraie. A Dunkerque, Alex (Mathilde Seigner, très bien) est une femme divorcée avec deux enfants qui gagne sa vie en chantant du rock dans des arrière-salles de bars. Elle est plus souvent fauchée qu'autre chose. Un jour, une copine qui travaille à la mairie lui propose d'organiser un concert avec des seniors. Bien entendu, il est question de donner un concert "rassembleur" avec des chansons comme "Sur le pont de Nantes". Mais les seniors ne l'entendent pas de cette oreille. Ils veulent chanter du rock (français ou anglais). Et c'est ce qui va se passer. Après quelques obstacles, leur groupe, les "Salt and Pepper", va se produire devant un public. Les acteurs sont tous épatants: Andréa Ferreol, Anne Benoit (avec une voix très grave), Brigitte Rouan, Myriam Boyer ou Bernard Lecoq. Il y a des moments émouvants comme lorsque le groupe chante "Space Oddity" dans une église. Un film très sympathique que je conseille. Lire le billet d'Henri Golant. 

29 décembre 2022

Les banshees d'Inisherin - Martin McDonagh

Je suis allée voir Les banshees d'Inisherin de Martin Mc Donagh sorti le mercredi 28 décembre 2022 car j'apprécie beaucoup l'acteur Colin Farrell. L'histoire m'a fait penser au théâtre de Samuel Beckett. En 1923, dans l'île d'Inisherin au large de l'Irlande, deux hommes, Colm et Padraic, ont l'habitude d'aller au pub pour discuter de choses et d'autres. Et du jour au lendemain, Colm (Brendan Gleeson, impressionnant) ne veut plus voir Padraic (Colin Farrell). Il ne veut plus écouter les discours creux de Padraic. Il prèfère se remettre à composer de la musique. Pour Padraic, le monde s'écroule car cet homme célibataire qui vit dans une masure avec sa soeur Siobhan et ses animaux de la ferme (dont une ânesse appelée Jenny) vit au rythme de ses conversations avec Colm. C'est l'incompréhension totale. Il commence à harceler Colm pour essayer de renouer le dialogue, mais sans succès. Colm en arrive à se mutiler (il se coupe les doigts d'une main) pour que Padraic le laisse tranquille. Autour d'eux, personne ne prend partie. Le film se résume à une suite de va-et-vient entre les deux habitations de Colm et de Padraic et le pub. Il ne se passe pas grand-chose mais on sent qu'un drame couve. En guise de choeur antique, il y a une femme, une banshee (une créature féminine surnaturelle de la mythologie celtique irlandaise, considérée comme une magicienne ou une messagère de l'Autre monde) qui annonce ce qui va se passer. Pour son rôle de Padraic, Colin Farrell a été récompensé de la coupe Volpi du meilleur acteur à la dernière Mostra de Venise. C'est mérité, il est très bien.

26 décembre 2022

Godland - Hlynur Palmason

Godland d'Hlynur Palmason, qui est sorti le 21 décembre 2022, est un film islandais envoûtant qu'il ne faut pas louper. A la fin du XIXème siècle, Lucas, un jeune prêtre luthérien danois, est envoyé en Islande non pas pour évangéliser les autochtones mais pour faire construire une église. Il doit aussi prendre des photos de la population dans les paysages d'Islande à couper à le souffle. Après un voyage en bateau, il débarque sur la côte sud-est de l'Islande qui, je le rappelle, était sous la domination du royaume du Danemark. Le voyage à travers les paysages hostiles est éprouvant pour Lucas qui ne s'attendait certainement pas à cela. Il est accompagné par un traducteur car Lucas ne parle pas un mot d'islandais et il ne fait aucun effort pour comprendre et se faire comprendre par les cinq Islandais qui cheminent avec lui. Il y a aussi des chevaux islandais que j'ai trouvé très beaux. Lucas va de plus en plus mal mais il n'est pas au bout de ses épreuves. Et j'avoue que j'ai trouvé ce prêtre assez antipathique au fur et à mesure que se déroule l'histoire. Quand, très affaibli, il sera enfin parvenu à destination, rien ne se passera comme prévu à cause de l'hostilité de certaines personnes. Le cadrage du film est carré avec les bords arrondis. Cela donne un cachet particulier à l'ensemble et il faut noter que pendant le voyage, on entend une explosion phénoménale et le spectateur assiste à un moment magique et magnifique en pleine nuit : le réveil d'un volcan qui crache de la lave orange. Rien que pour cette scène, je conseille ce film qui dure plus de 2hH0. Un très beau moment de cinéma comme je les apprécie. Il faut noter que le titre original du film est double: Vanskabte Land en danois, Volada Land en islandais. Lire le très beau billet de Mymp.

23 décembre 2022

Palmarès cinéma 2022

Bien que je n'aie pas encore vu Godland, un film islandais sorti cette semaine, je veux, comme tous les ans, établir mon palmarès cinéma de cette année 2022. Comme en 2021, j'ai été frappée par la baisse du nombre de spectateurs dans certaines salles. Je trouve cela très triste. Mais, comme me l'a fait remarquer un de mes collègues, fan de cinéma comme moi, les films proposés dans les salles cette année n'étaient pas tous emballants. J'ai vu 89 films et j'en retiens 10.

La nuit du 12 de Dominique Moll, le meilleur film français de l'année.

Le serment de Pamfir de Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk pour l'histoire, l'ambiance et l'acteur qui interprète Pamfir.

RMN de Cristian Mungiu, un des oubliés du palmarès cannois.

La conspiration du Caire de Tarik Saleh, un grand succès critique et public très mérité.

Leila et ses frères de Saeed Roustaee. J'ai vraiment aimé ce film avec des acteurs de talents et je ne l'ai pas trouvé trop long.

Aucun ours de Jafar Panahi, pour ce réalisateur qui croupit en prison depuis juillet 2022. Le film est formidable.

The Card Counter de Paul Schrader, film vu au tout début de l'année 2022, il sort des sentiers battus. Des films américains comme on n'en voit plus beaucoup.

As Bestas de Rodrigo Sorogoyen pour le côté anxiogène, pour Marina Fois et pour les deux comédiens espagnols.

Les mystères de Barcelone de Lluis Danès, une splendeur visuelle. Cela m'a fait penser à deux films, Biancaneves de Pablo Berger et Balada trister d'Alex de la Iglesia (pour le côté baroque visuel).

Les femmes du square de Julien Rambaldi, un film qui fait un bien fou.

Et vous, quels sont les films qui vous auront plu cette année?

2 décembre 2022

Aucun ours - Jafar Panahi

Je suis assez sensible aux films du réalisateur iranien Jafar Panahi qui été l'assistant d'Abbas Kiarostami. Depuis le 11 juillet 2022, Jafar Panahi purge une peine de six ans de prison pour "Propagande contre le régime de Téhéran". Toujours est-il qu'il a pu terminer Aucun ours qui vient de sortir sur les écrans français. Ce film a reçu le prix spécial du Jury à la dernière Mostra de Venise. Dans Aucun ours, il est devant et derrière la caméra. Il a loué pour quelque temps une chambre chez l'habitant dans un village reculé en Iran situé pas loin de la frontière turque. Il tourne un film dont les prises de vues ont lieu en Turquie. Il donne des directives grâce à Internet par écran d'ordinateur interposé. Tous ses techniciens suivent ses instructions. Les personnages de l'histoire désirent partir vers la France grâce à des passeports subtilisés à des touristes de passage. En parallèle, Jafar Panahi est très sollicité par les notables du village Ils sont persuadés que Jafar aurait pris une photo. Sur ladite photo, on devrait voir une jeune femme et un jeune homme qui n'auraient jamais dû être ensemble. En effet, la jeune femme est promise à un autre depuis sa naissance. On se rend compte que Jafar est épié de jour comme de nuit par les villageois qui deviennent de plus en plus hostiles. C'est très inconfortable. Pendant ce temps-là, un drame se noue en Turquie avec le couple d'acteurs. J'ai énormément aimé ce film dans lequel Jafar Panahi montre que le sort des femmes n'est pas enviable dans son pays. Ce sont elles qui sont cantonnées à faire la cuisine et à s'occuper des enfants tandis que les hommes décident de tout. De guerre lasse, Jafar partira. Le film se termine avec le signal sonore de la voiture du cinéaste. Quelques séquences sont frappantes comme celles de deux futurs mariés à qui on lave les pieds dans une rivière. C'est bien entendu une affaire d'hommes. Il y a une belle séquence qui se passe la nuit : Jafar Panahi s'approche très près d'une frontière invisible qui sépare l'Iran de la Turquie. C'est un chemin connu pour la contrebande. On le met en garde. On sent la menace toujours présente même si on l'assure qu'aucun ours n'est dans les parages. J'ai énormément aimé ce film que je conseille. 

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