Le blog de Dasola
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23 janvier 2008

Quatre minutes - Chris Kraus

Je n'avais jamais entendu parler ni du réalisateur ni des actrices, et bien c'est un tort. Après La vie des autres [cf. mon billet du 01/02/07], voici un nouveau film allemand, Quatre minutes (Vier minuten), à voir pour les 4 dernières minutes (je vous garantis que vous n'avez jamais vu et entendu jouer du piano comme ça) - et pour toutes les autres minutes d'avant. Traude Kruger, vieille dame de 80 ans, donne des cours de piano à des détenues dans une prison pour femme. D'ailleurs, son logement n'est pas éloigné de la prison, et elle y a toujours vécu. Elle remarque une jeune femme, Jenny, qui a des dons musicaux, et entreprend de s'occuper d'elle. Cette Jenny est une meurtrière condamnée à une longue peine pour avoir tué un homme. La confrontation est souvent brutale, elles ne se font pas de cadeau. Des flashs-back montrent que Traude, jeune femme, a passionnément aimé une jeune militante communiste (pendue par les nazis dans cette même prison) pendant la seconde guerre mondiale. Tout le film est baigné par la musique classique (surtout Schumann et Beethoven) ou plus contemporaine, et c'est un régal. Je pense qu'il y a des imperfections dans le scénario et la mise en scène mais les actrices sont sensationnelles. Je recommande, même si mon billet n'est pas très long.

11 mars 2008

Films vus et non commentés depuis le 8 décembre 2007

Je poursuis ma série de films pour lesquels je n'ai pas envie de faire un billet (1).

La guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols avec Tom Hanks, Philip Seymour Hoffman et Julia Roberts.
Je m'attendais à mieux avec une telle distribution. Le film semble être une satire mais je n'ai pas ri une minute.

Le Tueur de Cédric Anger avec Grégoire Colin, Gilbert Melki et Mélanie Laurent. Le sujet m'a rappelé, pour ceux qui connaissent, le scénario de Mort à l'arrivée (D.O.A.). La victime a payé le tueur pour se faire tuer. Je l'ai vu pour Grégoire Colin qui a une carrière atypique dans le cinéma français. Regardable.

Into the wild de Sean Penn : et oui, je n'en fais pas un billet à part entière. Je suis peut-être un peu vieille mais l'histoire m'a laissée indifférente. Ce jeune homme, diplômé, qui a tout pour réussir avec une vie toute tracée, une soeur qui a l'air de bien l'aimer... Tout cela pour en arriver à mourir en Alaska, au milieu de nulle part dans un vieux bus, d'un empoisonnement en mangeant des racines de pomme de terre toxiques qu'il a confondues avec d'autres parce qu'il avait mal lu une note dans un livre. Il avait très faim.

Notre univers impitoyable de Léa Fazer est une réussite grâce à un scénario bien ficelé. Un jeune couple, Margot et Victor, travaille dans un cabinet d'avocats dans lequel un des associés meurt. Tout le film est basé sur deux hypothèses: admettons que ce soit Margot qui devienne associé et tout ce qui en découle; au contraire, admettons que Victor soit pris comme associé, et là aussi, nous avons toutes les conséquences qui peuvent survenir. La réalisatrice qui est aussi la scénariste a su très bien, et avec légèreté, dérouler et alterner les deux hypothèses. Le tout est enlevé. On passe un bon moment.

Le roi et le clown de Jun-ik Lee : film coréen qui se passe en 1504 sous le règne d'un roi de la dynastie qui a gouverné la Corée pendant 5 siècles. Nous faisons la connaissance de deux comédiens itinérants (dont l'un qui est certainement castrat joue les rôles féminins). Ils se retrouvent à Séoul après avoir fui un village. Par un concours de circonstances, ils se produisent (avec quelques autres) devant le roi, et arrivent à le faire rire. Dans le cas contraire, ils auraient été condamnés à mort pour s'être moqués de lui. D'après ce que j'ai lu, c'est l'adaptation d'une comédie musicale. Dans la salle où je l'ai vu, de nombreux spectateurs riaient beaucoup. Moi, malheureusement, pas du tout. Je n'ai pas "accroché" du tout à cette histoire qui m'a ennuyée. Et pourtant, le sujet m'avait paru prometteur. Dommage.

(1) ... films vus depuis le 8 décembre deux mille sept (et non 2008 comme marqué par erreur en titre et relevé malicieusement par Malaurie ci-dessous).

31 janvier 2008

XXY - Lucia Puenzo

Ce film argentin m'a été recommandé par une collègue, et je n'ai pas été déçue. XXY parle de la vie difficile d'une jeune fille de 15 ans, Alex, née hermaphrodite. Elle arrive à un âge où elle doit peut-être faire le choix de rester une fille en prenant des médicaments et en se faisant opérer car sinon, Alex va se masculiniser. Elle décide de ne plus prendre les médicaments (pour le moment). Elle est très protégée par ses parents (même si sa mère se sent responsable de l'état de sa fille) qui ont fui la ville pour se réfugier au bord de la mer à la frontière de l'Uruguay. Là, le père s'occupe de grosses tortues en détresse. La rencontre d'un jeune homme de son âge, venu avec ses parents à l'occasion d'un séjour, la bouleverse. Elle en tombe amoureuse. Mais rien n'est simple. Alex est considérée comme un anomalie de la nature. C'est un film qu'il faut voir pour le sujet délicat traité avec beaucoup de finesse. Les acteurs sont tous excellents avec une mention spéciale pour la jeune actrice aux beaux yeux bleus qui joue Alex (Inés Efron) et Ricardo Darin (9 Reines et El Aura) qui interprète le père.

1 février 2008

L'échelle de Dionysos - Luca di Fulvio

Roman policier italien, L'échelle de Dionysos (Editions Albin Michel) débute le 31 décembre 1899 et se termine dans les premiers mois de 1900 dans un quartier surnommé "La Mignatta" (la sangsue) mais sans que l'on sache dans quelle ville l'action se situe. La seule chose connue sur cette ville est qu'il fait froid et qu'il pleut en hiver. Milton Germinal, policier héroïnomane, enquête sur des crimes affreux perpétrés sur des femmes de riches nantis. Elles ont été massacrées avec un instrument métallique non déterminé. Des domestiques présents considérés comme des témoins gênants sont supprimés. Leurs corps servent comme objets de décoration sur les scènes de crimes successifs. Des personnes comme un médecin légiste phocomèle, Noverre (né sans bras et avec un visage difforme), ainsi que son assistant Zòla (un géant simple d'esprit), un homme Stigle (surnommé "le chimiste"), une très belle jeune femme (Inès), un directeur de cirque ancien médecin (Sciron), un nain (Tristante), croiseront le chemin de l'inspecteur. Enfin, un "Homme Mécanique" joue un rôle dans l'histoire. En ce tournant de siècle, à la Mignatta, les maisons sont lépreuses et les hommes et femmes qui y vivent travaillent pour un salaire de misère dans une grande usine de sucre implantée dans le quartier. Les conditions de travail sont épouvantables. Les morts ou blessés sont nombreux à cause des accidents du travail. Ils sont malnutris et s'enivrent souvent. La révolte gronde et on évoque même la grève. Et Dionysos, me direz-vous? A part que c'est un Dieu grec, c'est le vrai prénom du meurtrier, qui se prend pour ce dieu, et qui a préparé pendant seize ans sa vengeance. Les cent dernières pages dévoilent des faits qui ont abouti à comprendre pourquoi les crimes ont été commis et surtout le lien entre les victimes. Les 480 pages de L'échelle de Dionysos se lisent vite. Ce roman sort un peu de l'ordinaire. Cela se passe en Italie mais pourrait se passer dans n'importe quelle autre ville d'Europe ou même d'Amérique à cette époque. Les crimes et l'enquête ne sont qu'un prétexte pour brosser la mutation de cette société d'il y a un siècle en pleine révolution industrielle, avec d'un côté les riches et de l'autre les pauvres (ouvriers ou non), et la condition des femmes enceintes sans être mariées. Livre captivant.

8 octobre 2007

L'immense obscurité de la mort - Massimo Carlotto

Publié aux Editions Métailié, L'immense obscurité de la mort est vraiment très noir et on ressent un certain malaise en le lisant. Il a reçu le prix du meilleur roman noir étranger au Festival du film policier de Cognac. Le roman se compose de courts chapitre où le narrateur est, en alternance, Silvano ou Raffaello. Dans le prologue en 1989 dans une ville du nord-est de l'Italie, un braquage d'une bijouterie se termine tragiquement par la mort d'une femme et de son petit garçon tués à bout portant par un malfrat : Raffaello. Son complice s'échappe avec le butin. Raffaello est condamné à perpétuité. 15 ans plus tard, Silvano le mari et père des deux victimes du hold-up décrit la vie monotone qui est la sienne depuis le drame. Raffaello souffrant d'un cancer à un stade avancé demande une suspension de peine. Ivre de vengeance, Silvano, de victime, devient bourreau. Raffaello, sous la plume de l'écrivain, se sacrifiera. Il a sa rédemption. Le malaise que j'ai ressenti en lisant ce roman tient à ce que Silvano, par pure vengeance dérisoire qui ne lui donne aucun apaisement, devient excessivement antipathique dans la peau du justicier solitaire, alors que Raffaello devient presque sympathique. Ce sont deux êtres humains à la dérive concentrés sur leur douleur respective, l'une morale et l'autre physique. Un roman policier qui se lit d'une traite.

5 octobre 2007

Les Envahisseurs - Série des années 60

Edités depuis peu en 3 coffrets DVD qui regroupent les 43 épisodes de 50 minutes chacun, Les Envahisseurs (The Invaders) (1967-1968) font partie de ces séries télévisées qui ont bercé (si je puis dire) mon adolescence. David Vincent les a vus, les envahisseurs venus d'un autre monde dans des soucoupes volantes. Ils ont une forme humaine avec, comme signe distinctif, l'auriculaire qui ne peut pas se rétracter. Quand ils meurent, ils se consument dans un halo rouge (couleur du communisme ?). David Vincent veut convaincre le Monde que le cauchemar a déjà commencé. Ce n'est pas facile de prouver qu'ils existent. Tournés en pleine Guerre Froide, Les Envahisseurs montrent une série plutôt sombre et pessimiste. On ne sait pas combien ils sont. Au fur et à mesure des épisodes, on sent que la partie n'est pas gagnée. David Vincent est vraiment seul contre les extra-terrestres même si d'autres humains les ont vus.

1 septembre 2007

Un guide inspiré à la Maison Jacques Coeur - Bourges

En marge des sujets que j'aborde dans ce blog, je voulais rendre hommage à un parfait inconnu, guide-conférencier, acteur de théâtre, exerçant ses talents au Palais Jacques Coeur à Bourges, cette belle demeure du 15ème siècle. Nous étions plus de 40 personnes, alors que la normale autorisée est prévue pour 19 maximum, à déambuler dans les 15 pièces du Palais. Les explications claires et concises de ce guide, plutôt jeune et pas mal de sa personne, et qu'on nous avait annoncé comme "assez long", furent un vrai plaisir pendant plus d'une heure. Le troupeau des 40 visiteurs était très attentif. Le guide connaissait très bien son texte et il comprenait ce qu'il disait (ce qui n'est pas toujours le cas), il a même fait allusion à François Villon au sujet de la mort de Jacques Coeur, et à Stendhal. Dans une des salles du Palais, une reproduction en plâtre du gisant du Duc Jean de Berry (1340-1416, frère du roi Charles V) lui a permis de nous rappeler que ce Duc était le mécène pour lequel avaient été réalisés les manuscrits "Petites", "Grandes" et "Très riches heures du Duc de Berry". Pendant toute la visite, il a ménagé le suspense sur la mort de Jacques Coeur, argentier du roi Louis VII, qui connut la disgrâce, s'évada 3 fois alors qu'il était prisonnier, mourut loin de France et qui en définitive n'habita qu'une seule journée ce palais qu'il fit construire. C'est à la fin de la visite que le guide nous a confirmé qu'il faisait par ailleurs du théâtre. Si les visites guidées pouvaient toujours être de cette qualité, quel plaisir!

8 décembre 2007

Films vus non commentés depuis le 31 octobre 2007

Mon ami m'a demandé comment et sur quels critères je décidais de faire un billet sur un film, ou bien de le mentionner simplement avec 3 ou 4 autres (comme ci-après, dans la lignée de mon billet du 31/10/07). Je n'ai pas de raison particulière qui me vient à l'esprit. Peut-être que, pour tel ou tel film traité en 3 lignes, j'aurais pu me forcer à en écrire davantage, si je n'avais eu aucun autre sujet d'avance. Mais je préfère consacrer un billet à ceux qui m'ont vraiment plu. Bien sûr, il est parfois arrivé (faute de mieux!) que je fasse une chronique complète sur un film qui m'a déplu, ou même auquel je suis restée indifférente.
Sur les quatre d'aujourd'hui, 3 sont bien ou très bien et 1 m'a laissée perplexe. Mais je n'ai pas envie de me casser la tête à en raconter l'histoire.

Le Royaume de Peter Berg avec Jamie Foxx et Chris Cooper. Bon film d'action et pour une fois les Américains ne sont pas les rois du monde. Suite à un attentat en Irak (des centaines de civils américains s'étant fait mitrailler et exploser), un groupe de 5 Américains du FBI sont envoyés en mission pour découvrir le ou les coupable(s). Les scènes de fusillades sont spectaculaires. Regardable car on ne s'ennuie pas une seconde.

La France de Serge Bozon: Objet Cinématographique Non Identifié. Il y a Sylvie Testud déguisée en garçon pour partir à la recherche de son mari pendant la Guerre de 14-18. Elle croise le chemin d'un groupe de 10 hommes qui se trouvent être des déserteurs essayant de fuir la France pour se réfugier aux Pays-Bas. A quatre reprises, des chansons sont jouées et interprétées par les acteurs. Cela paraît saugrenu. Je n'ai pas compris le message du film, parce que je pense qu'il y en a un (?).

Once de John Carney: si vous aimez la musique et les chansons du film (ce qui est mon cas), interprétées par les deux acteurs principaux (touchants) même si Once n'est pas un film musical, il est très plaisant à regarder et à écouter. Sinon passez votre chemin.

Agent double de Billy Ray avec un face-à-face entre Chris Cooper et Ryan Philippe. Chris Cooper interprète Robert Hanssen, personnage réel,
agent du FBI et une "pointure" en informatique, qui, pendant 25 ans, a trahi les Etats-Unis en vendant des renseignements aux Russes. Le film est très classique, sans courses-poursuites effrénées mais avec beaucoup de psychologie. Très bien.

 

15 juillet 2007

L'homme qui tua Liberty Valance - John Ford

A l'occasion cette année du centenaire de la naissance de John Wayne, je voudrais évoquer un de ses meilleurs films, L'homme qui tua Liberty Valance de John Ford, qui date de 1962. Il partageait l'affiche avec James Stewart et le rôle de Liberty Valance est tenu par Lee Marvin. L'histoire est un long flash-back raconté par Ransom Stoddard (James Stewart) devenu Sénateur de l'Etat. Il vient assister à l'enterrement de Tom Doniphon (John Wayne), accompagné par sa femme Hallie (Vera Miles). Il se remémore les événements qui lui ont fait rencontrer Tom. Attaqué au cours d'un voyage en diligence par la bande à Liberty Valance, Stoddard est laissé pour mort. Il sera recueilli et soigné dans une ville voisine. Parmi ses sauveteurs figure Tom Doniphon. On ne saura qu'à la toute fin qui a tué Liberty Valance. Ce n'est pas très important. En revanche, Tom Doniphon aime Hallie mais il la laisse partir car elle est tombée amoureuse d'un autre, Ransom Stoddard qui lui apprend à lire. Beau film classique qui mérite d'être acheté en DVD. D'ailleurs, un grand nombre de films de John Wayne viennent de paraître en DVD. Même si je ne suis pas une immense fan de cet acteur, il faut reconnaître qu'il a tourné dans des films qui appartiennent à la légende du 7ème Art, comme la Chevauchée Fantastique de John Ford (1939).

26 juin 2007

Centre belge de la bande dessinée

En voyage touristique à Bruxelles, j'ai visité le Centre belge de la bande dessinée, ou Musée de la BD. Selon Wikipedia qui donne une définition très juste, "Le Centre est installé dans un bâtiment, chef-d’œuvre de l’art nouveau conçu par Victor Horta en 1906 pour abriter les grands magasins de tissus Waucquez. Après une complète restauration des lieux, le Centre belge de la bande dessinée a ouvert ses portes en 1989. Le centre abrite une exposition permanente, qui retrace l’histoire de la bande dessinée belge du début du XXe siècle à nos jours, ainsi que la plus grande bibliothèque de bandes dessinées et centre de documentation accessible au public. Il propose également de nombreuses expositions temporaires (plus de 60 depuis la fondation) et organise des rencontres entre les auteurs et le public". Il y a deux étages d'exposition. Nous avons admiré, mon ami et moi, en expositions temporaires: Greg, auteur très prolixe; ou Roba, le créateur de Boule et Bill. Sinon, Hergé tient une place de choix dans le musée. Au 1er étage, dans une salle peu éclairée, sont exposées, sous des cadres en verre et à l'abri de la lumière, des planches originales des années 50 et suivantes, ou des pages d'anciennes revues introuvables des années 30, considérées comme des trésors de la bande dessinée. "L'âge d'or de la BD" est évoqué par thèmes : détectives, agents secrets, etc. Une salle traite de la réalisation des dessins animés. Au deuxième étage, 5 thématiques sont évoqués, depuis la création du magazine "Pilote" jusqu'à "A suivre"; la bande dessinées des années 70 à nos jours est mise à l'honneur. Si les passionnés de bandes dessinées viennent à Bruxelles, c'est une étape incontournable. De plus, si vous vous y rendez jusqu'au 2 juillet 2007, il y a une exposition de dessins parus récemment dans la presse internationale sur la Paix.

5 avril 2007

En la Cama - Mathias Bize

Après le cinéma argentin découvert en France depuis peu, voici du cinéma chilien avec le film En la cama. Sorti dans très peu de salles (même à Paris), il serait dommage de le manquer. Huis-clos dans une chambre de motel. Un homme et une femme font l'amour. Ils ne se connaissent pas. Ils vont dialoguer, chacun essayant de savoir qui est l'autre, quitte même à fouiller l'un, le sac, l'autre, le portefeuille. Les trois unités de temps (une nuit), de lieu (la chambre), d'action sont respectées. Cette belle rencontre finira malheureusement au bout de la nuit : elle se marie, lui part finir des études universitaires en Belgique. Pourtant, quand à la fin, ils s'étreignent, on sent un certain désespoir dans la séparation. Les deux acteurs, complètement inconnus pour moi, sont excellents et le dialogue très juste. Allez le voir avant qu'il ne disparaisse des écrans. 

21 mai 2007

Rio Bravo - Howard Hawks

Rio Bravo d'Howard Hawks (1959) diffusé hier soir, dimanche 20 mai, est un classique dans le genre western. John T. Chance (John Wayne) est shérif de la ville de Rio Bravo. Il arrête un homme pour meurtre. Le frère de ce dernier encercle la ville pour obtenir sa libération. Chance réengage comme adjoint Dude (Dean Martin), qui était devenu alcoolique suite à un chagrin d'amour. D'autres personnages apparaissent, le vieux Stumpy, shérif adjoint, la belle Feathers (Angie Dickinson), dont ce fut le premier rôle, avec ses jambes interminables. Enfin Colorado (Ricky Nelson), garde du corps d'un dénommé Pat Wheeler, ami de Chance, qui vient d'être tué d'une balle dans le dos. Rio Bravo est célèbre par deux chansons : "Rio Bravo" et "My rifle, my pony and me". La confrontation finale avec de la dynamite est le morceau de bravoure du film que l'on peut voir et revoir sans se lasser.

29 janvier 2007

Théâtre filmé

Quand on ne peut pas aller au théâtre, pour cause d'éloignement géographique ou parce que le prix des places est onéreux, ou alors au contraire, quand on a adoré un spectacle et qu'on aimerait le revoir, une solution existe : le DVD ou la retransmission télévisuelle. Je sais que beaucoup de metteurs en scène n'aiment pas que leurs spectacles soient "captés" car ce n'est pas facile à faire à moins de mettre la caméra un peu éloignée de la scène et qu'elle reste immobile ; mais alors dans ce cas, le spectateur n'arrive pas, me semble-t-il, à être captivé ou même intéressé. En revanche, quand un réalisateur s'en donne la peine, il décide de filmer de manière subjective et même si le téléspectateur ne peut pas se rendre compte de toutes les nuances d'un spectacle, quelque chose reste quand même et c'est ce qui compte. Même s'il est vrai que pour beaucoup, le théâtre est un art éphémère. Une pièce se donne et quand la représentation est terminée, bienheureux sont les gens qui l'ont vue.

17 janvier 2007

Sophie Scholl, les dernières heures - Marc Rothemund

Pour les personnes intéressées par la période de la Seconde Guerre Mondiale, je recommande vivement Sophie Scholl, les dernières heures qui raconte comment de simples étudiants allemands ont été broyés par la machine nazie. L'histoire est tirée de faits réels, des archives de la Gestapo. A Munich, en 1943, un frère, Hans et une soeur, Sophie, de confession protestante font partie d'un groupe d'étudiants "La Rose Blanche" qui font de la résistance en diffusant des tracts dans des universités. Ils vont être arrêtés pendant une de leurs actions. Au début, on peut croire qu'ils vont être libérés mais tout à coup, tout s'accélère et Sophie Scholl, la soeur, est au centre de l'interrogatoire. Le personnage qui questionne Sophie pose des questions pouvant déranger. En effet, il fait remarquer que tous ces étudiants ont pu faire leurs études grâce au régime nazi et qu'ils en ont bien profité. Elle ne perd pas ses moyens, elle répond toujours et encore avec calme et intelligence aux mêmes questions d'un employé zélé qui la pousse dans ses derniers retranchements. Après qu'elle ait avoué, on assiste à un simulacre totalement terrifiant de procès avec une mention spéciale pour le juge. Elle sera condamnée à mort avec son frère et un autre étudiant, jeune papa. De nos jours, beaucoup de lycées en Allemagne portent le nom de Sophie Scholl. Le générique de fin est émouvant parce que nous pouvons voir des photos d'archives de la vraie Sophie Scholl.

5 décembre 2023

Perfect days - Wim Wenders

Sur les conseils de Pascale, je suis allée voir Perfect days de Wim Wenders qui a permis à l'acteur principal Koji Yakusho (qui est aussi producteur exécutif) de recevoir le prix d'interprétation masculine (très mérité) au dernier Festival de Cannes de 2023. Koji Yakusho interprète Hirayama, un homme qui est chargé de nettoyer des toilettes publiques à Tokyo. C'est un rôle avec très peu de dialogues mais il est de tous les plans et son visage est très expressif. Pendant la première heure, on suit Hirayama dans sa journée de travail. Toute sa vie est réglée du matin très tôt jusqu'au soir. Il vit seul dans une petite maison à un étage. Chaque chose est à sa place. Sa maison paraît spartiate mais on découvre une bibliiothèque  avec des livres bien rangés ainsi que des cassettes de Lou Reed, Van Morrison, Patti Smith, The Animals, etc, qu'il écoute dans sa camionnette où se trouvent tous ses intruments de travail. Il parcourt des kilomètres pour aller d'un endroit à l'autre. C'est l'occasion de voir des toilettes tokyoïtes assez extraordinaires dont celles qui deviennent opaques quand on ferme la porte au loquet. Il frotte et nettoie avec beaucoup de professionnalisme. Comme il termine de bonne heure, Hirayama a l'occasion d'aller dans un sentō, des bains publics japonais. Il fréquente aussi une librairie où il trouve des romans de William Faulkner et de Patricia Highsmith. Le week-end, il prend son vélo et va dans une laverie pour nettoyer ses vêtements. Sinon, il aime aussi aller dans un parc pour admirer les arbres qu'il prend en photo avec des pellicules argentiques. Il semble heureux avec son train-train quotidien. Un jour, sa nièce Niko qui a fait une fugue, débarque chez lui. La soeur d'Hirayama a du mal à concevoir que son frère soit nettoyeur de toilettes. On n'en saura pas plus de la vie d'Hirayama, de son passé, pourquoi il a choisi ce travail. Cette vie simple est pourtant très riche. Le film dure deux heures, j'ai adoré la première tandis que j'ai trouvé la seconde heure avec quelques longueurs, mais c'est un film que je conseille rien que pour voir Tokyo aujourd'hui, son architecture et la fameuse Sky Tree qui fait 634 mètres de haut (j'ai eu la chance d'y monter). 

25 juillet 2014

The face of Love - Arie Posin / Les hommes! De quoi parlent-ils? - Cesc Gay

Dans cette période estivale, certains films qui sortent ne bénéficient pas forcément de beaucoup d'échos dans la presse et ils sortent dans peu de salles.

Voici deux films sortis en juillet 2014 à Paris que j'ai beaucoup appréciés.

D'abord The Face of Love de d'Arie Posin (2013) avec Annette Bening et Ed Harris. A Los Angeles, Nikki (Annette Bening) n'arrive pas à se remettre de la mort de son mari Garrett, qui s'est noyé cinq ans auparavant au bord d'une plage au Mexique. Elle pense et rêve toujours à lui. Jusqu'au jour où elle croise la route de Tom (Ed Harris), un peintre qui est le sosie parfait de Garrett. Le traitement de l'histoire m'a plu car il n'est jamais mièvre. Les acteurs sont à l'aise dans leur rôle, on y croit. C'est une belle histoire d'amour, qui se termine mal, mais avec l'espoir que Nikki va enfin vivre au présent et non plus dans le passé. J'ai senti que les spectateurs dans la salle ont été touchés par cette histoire. "The Face of Love" est le titre d'un tableau que l'on découvre à la fin.

Les hommes! De quoi parlent-ils? de Cesc Gay (2012) est un film espagnol (Una pistola en cada mano en VO) qui risque de passer inaperçu, d'ailleurs Chris pensait qu'il ne serait pas distribué en France. En tout cas, sorti dans 3 salles le 9 juillet 2014, le film ne se donne plus qu'à 3 séances dans une petite salle à Paris (c'est tout à fait dommage). Nous étions 20 dans la salle. Le film qui dure 1H33 se décompose en 5 parties à peu près égales et une conclusion. Deux hommes se rencontrent au bas d'un ascenseur. Ils se sont perdus de vue depuis des années. En échangeant des propos, ils réalisent que leur vie est plutôt désastreuse. Dans la séquence suivante, un homme divorcé ramène son petit garçon chez son ex-épouse avec qui il entame une discussion: il aimerait bien reprendre la vie commune. Dans la troisième saynète, dans un parc, un homme attend sur un banc, un autre promène son chien. On apprend que l'un est l'amant de la femme de l'autre. Dans la quatrième partie, un homme observe une jeune femme au sein d'une entreprise. Nous sommes en début de soirée, il y a une sorte de petite fête. L'homme fait des avances à la femme qui lui répond du tac au tac et retourne la situation à son avantage: le dialogue est vif. Enfin, dans la dernière séquence, une femme prend en stop un homme et lui dit des choses gênantes sur l'homme avec qui elle vit. Parallèment, la copine du passager de la voiture fait de même avec l'ami de la conductrice. A la fin les deux hommes se retrouvent en compagnie de certains protagonistes des premières saynètes à une soirée dînatoire. J'ai été un peu longue sur ce film, mais c'est que les 5 séquences valent la peine d'être décrites; et le tout est très bien joué. Il faut dire que la distribution est de premier ordre: Javier Camara, Ricardo Darin, Eduardo Noriega, Luis Tosar et quelques autres moins connus. J'espère que ce film sortira en DVD. Les hommes! De quoi parlent-ils? a reçu pas mal de prix dans plusieurs festival. Il le mérite.

23 avril 2014

Les trois soeurs du Yunnan - Wang Bing

Tourné en 2011, le film Les trois soeurs du Yunnan est sorti mercredi 16 avril 2014 dans trois salles à Paris. J'espère que quelques salles en province ont eu la bonne idée de programmer ce documentaire de 2H25 sans musique qui se passe à 3200 mètres d'altitude dans la province du Yunnan en Chine. Yingying (10 ans), Zhenzhen (6 ans) et Fenfen (4 ans) sont trois soeurs qui vivent dans des conditions assez misérables. L'aînée tousse, la plus jeune a des poux, mais elles ne se laissent pas aller (il faut dire qu'elles n'en ont pas le temps). Leur mère semble être partie sans crier gare. Quant au père de 32 ans, qu'on a l'occasion de voir pendant le film, il travaille dans une ville éloignée. Le réalisateur suit la vie des fillettes qui dorment, mangent, se réchauffent auprès d'un feu allumé au centre de la pièce à "vivre" dans une masure, sans électricité, sans eau (il y a un robinet à l'extérieur), sans fenêtre (seule la porte d'entrée ouverte laisse pénétrer un peu le jour). Elles aident leur tante dans les travaux de la ferme: sortir les cochons, ramasser des pommes de terre, faucher l'herbe au milieu d'une nature ventée et assez aride (mais superbe). C'est surtout Yingying, la fille ainée, à laquelle le réalisateur s'attache. Elle ne parle pas beaucoup mais essaye tant bien que mal de faire quelques devoirs scolaires. La caméra n'est jamais indiscrète ni insistante. Nous, spectateurs, sommes immergés dans une Chine inconnue que je vous conseille de découvrir. Lire le billet de Chris.

20 avril 2014

The best offer - Giuseppe Tornatore / Tom à la ferme - Xavier Dolan

Voici deux films vus pendant ce week-end de Pâques 2014.

Je voudrais d'abord évoquer The best offer du réalisateur italien Giuseppe Tornatore qui a aussi écrit le scénario. Il semble que ce film n'a pas eu beaucoup d'échos dans la presse bien qu'il soit sorti dans pas mal de salles (à Paris et ailleurs). Le héros de l'histoire que j'ai trouvé cruelle et tragique s'appelle Virgil Oldman, la cinquantaine finissante et célibataire endurci. Commissaire-priseur réputé et lui-même riche collectionneur de tableaux (des portraits de femme), il tombe amoureux d'une femme, Claire Ibbetson, qui lui demande d'expertiser et de vendre divers biens plus ou moins précieux entreposés dans une demeure à l'abandon. C'est dans une aile de cette maison qui tombe en ruine que Claire, souffrant d'agoraphobie, vit recluse. Pendant longtemps, il n'y aura que des échanges téléphoniques entre Virgil et Claire. J'ai aimé l'atmosphère délétère qui se dégage de ce film (peut-être un peu long: 2H10). Goeffrey Rush qui interprète Virgil est remarquable jusqu'au bout. J'ai eu de la peine pour le personnage de Virgil (il ne méritait vraiment pas ce qui lui arrive), mais je ne vous dirais pas quoi ni pourquoi, ne voulant pas trop dévoiler de l'histoire dans laquelle un automate datant du XVIIIème siècle fabriqué par Jacques Vaucanson a un rôle à part. J'ai trouvé la musique du film écrite par Ennio Morricone très belle. Un film que je vous conseille.

Maintenant je passe à Tom à la ferme du Québécois Xavier Dolan (il est âgé de 25 ans) qui joue aussi le rôle principal de Tom. Venant de Montréal, Tom arrive à la ferme de la mère et du frère de Guillaume qui a été son petit ami. Guillaume vient de mourir et Tom vient assister à l'enterrement. Agathe, la mère de Guillaume, ignore que son fils était homosexuel. En revanche, Francis, le frère de Guillaume, le savait, et il commence à le faire payer très cher à Tom en le martyrisant. Car, dans cette province québécoise, l'homosexualité semble un sujet tabou. Francis est un "pauvre type" peu sûr de lui et violent. J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre le personnage de Tom qui change d'attitude d'un plan à l'autre. Il ne sait pas ce qu'il veut ou pas. Je ne comprends pas pourquoi il se laisse humilier et frapper par Francis. Psychologiquement, ce personnage est un mystère. A part ça, j'aurais aimé que l'on voit davantage Agathe (la mère) et Sarah, une amie de Tom et Guillaume qui apporte de la fraîcheur. Sans avoir aimé tout à fait Tom à la ferme, je le conseillerais tout de même car il y a de beaux moments, dont la séquence d'ouverture avec en fond sonore l'interprétation a cappella de Les moulins de mon coeur de Michel Legrand. Lire les billets d'Alex-6 et ffred.

14 septembre 2013

Une place sur la Terre - Fabienne Godet / Ilo, Ilo - Anthony Chen

Voici deux films que j'ai vus pendant les trois dernières semaines et qui m'ont plu.

Pour le premier, Une place sur la Terre de Fabienne Godet, j'y suis allée parce que j'apprécie beaucoup Benoît Poelvoorde. Dans le registre dramatique, il excelle. Il joue le rôle d'un photographe professionnel mal dans sa peau qui boit, fume et s'occupe occasionnellement du petit garçon d'une voisine. Un jour, de l'autre côté de la cour où donnent ses fenêtres, il entend jouer le début du 1er concerto de Tchaikovski. C'est une jeune femme, Elena (Ariane Labed), qui peu de temps après essaie de se suicider en se jetant du toit de son immeuble, et se rate. Il a eu le temps de la prendre en photo lors de ces instants tragiques. Il n'aura de cesse de se rapprocher d'elle et de la photographier à son insu. La fin de l'histoire est émouvante. Le film comporte des longueurs mais cela n'empêche pas de vous le conseiller. Ariane Labed est une actrice à suivre.

Maintenant, avec Ilo, Ilo d'Anthony Chen qui a reçu la caméra d'or (pour un premier film) au dernier festival du film de Cannes, nous sommes transportés à Singapour dans les années 90. Jiale, âgé d'une dizaine d'années, est un garçon infernal qui n'arrête pas de faire des bêtises. Il vit avec ses parents, la mère enceinte travaille dans un "pool" de secrétaire et le père un peu fâlot est représentant de commerce. Pour seconder la maman, le couple décide d'engager une Philippine, Teresa, qui devient le souffre-douleur de Jiale. Ne se plaignant jamais, Teresa arrive à trouver sa place dans cette famille car les chose changent à Singapour qui est une cité-Etat. En 1997, cette république jusque-là prospère est durement frappée par la crise économique de l'Asie du sud-est. La famille de Jiale va en pâtir comme d'autres. La grande qualité du film est qu'il ne tombe pas dans le misérabilisme; et pourtant, Teresa dort presque par terre à côté de Jiale. Elle n'a pas de vie privée. C'est presque une esclave. D'ailleurs, la mère confisque le passeport de Teresa dès son arrivée, craignant qu'elle ne s'enfuie. Les personnages évoluent à mesure que se déroule l'histoire. On s'attache à eux. Un film plutôt subtil. Je recommande. Lire le billet d'Alex-6.

23 août 2007

Disparition d'Ingmar Bergman

Le même jour, le 30 juillet 2007, on apprenait deux décès qui endeuillent le cinéma français et mondial. Quelques heures après Michel Serrault, le cinéaste suédois Ingmar Bergman disparaît à 89 ans. Son oeuvre n'est pas toujours accessible au grand public de par les sujets traités (les rapports difficiles dans le couple, la maladie, la mort), le langage et les situations parfois très crus. Je ne considère pas qu'il était un cinéaste féministe mais plutôt féminin. Il a fait tourner des actrices sublimes de beauté et de talent dont Ingrid Thulin, Liv Ullman, Bibi Andersson, Harriet Andersson, Gunnel Lindblöm, Ingrid Bergman. Il était très fidèle à ses comédiens. Il faisait souvent tourner les mêmes. Parmi les acteurs hommes, le plus connu est Max Von Sidow. Son fidèle chef-opérateur Sven Nykvist a mis en image tous ses films ou presque et c'est magnifique. En ce qui me concerne, je conseille de voir Monika (1953), Le Silence (1963), Persona (1966), Cris et Chuchotements (1973), l'Oeuf du serpent (1977), Sonate d'Automne (1978),  et Fanny et Alexandre (1982).

12 novembre 2024

Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde - Emanuel Pârvu / Chroniques chinoises - Lou Ye

Pendant le week-end de la Toussaint, j'ai vu Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde d'Emanuel Parvu, un film roumain qui m'a beaucoup plu. Il se passe de nos jours sur une île dans le delta du Danube. Adrian, un jeune étudiant qui vient de quitter un jeune touriste après une soirée, est violemment agressé. L'agression se passe hors champ. Il porte plainte. À partir de ce moment-là, son calvaire commence car Adrian (Adi) a été tabassé par les deux fils du notable du coin (qui a le bras long). Ils ont compris qu'Adi préférait les garçons aux filles. Adi très amoché se retrouve seul contre le village, et en premier lieu ses parents qui  ne comprennent rien et qui en appellent au curé pour pratiquer un exorcisme assez éprouvant. La seule alliée d'Adi est son amie Ilinca. Et les services sociaux s'en mêlent. C'est un film sur l'ignorance, l'intolérance et l'homophobie ordinaire dans un cadre champêtre. S'il passent par chez vous, allez le voir. Lire les billets de Pascale, Miriam, Selenie. 


Pendant ce même week-end, j'ai aussi vu Chroniques chinoises du réalisateur chinois Lou Ye. Le film s'apparente plus à un documentaire qu'à un film de fiction. Tout commence dans la région de Wuhan fin 2019 où un réalisateur décide de reprendre le tournage d'un film dix ans (!) après l'avoir interrompu. Tout le monde est partant pour cette aventure, mais c'est sans compter la Covid 19 dès janvier 2020 dans cette région. Certains membres de l'équipe de tournage se retrouvent confinés dans l'hôtel où ils logent, d'autres sont arrivés à partir. Ceux qui restent, dont l'acteur principal, rongent leur frein. Les seules visions sur l'extérieur c'est la télé (un peu), leurs téléphones portables et ce que les confinés peuvent voir par la fenêtre de leurs chambres. Et donc nous, spectateurs, on voit de plus en plus d'images filmées à l'époque par des portables. Certains moments sont émouvants comme les appels angoissés de la femme de l'acteur principal. Elle est toute jeune maman et son mari lui manque. Le réalisateur nous fait bien sentir la terrible situation vécue par la population, comme une jeune fille qui pleure en sachant sa mère morte du covid. Mais lors du Nouvel an chinois en février, on assiste à un moment de joie où les membres de l'équipe séparée mais ensemble grâce aux portables font la fête. Le confinement strict à Wuhan s'est terminé début avril 2020 mais il y a d'autres périodes plus tard jusqu'à fin 2021 début 2022. Un film intéressant. Lire le billet de Pascale. 

21 juillet 2020

Un fils - Mehdi Barsaoui / Exit - Rasmus Kloster Bro

Assez tentée par les bonnes critiques (lire les billets de Miss Fujii et ffred), je suis allée voir Un fils de Mehdi Barsaoui, film sorti avant le confinement. J'ai dû mal lire le résumé car je ne m'attendais pas à l'histoire qui nous est racontée. Après une réunion de famille, on retrouve Fares et Meriem Ben Youssef, un couple apparement harmonieux et heureux au premier abord, dans un hôpital de Tataouine en Tunisie. Ils sont arrivés en catastrophe car leur fils Aziz a été grièvement blessé dans un attentat. Blessé à l'abdomen, il doit subir une greffe du foie en urgence pour être sauvé. Un secret va être révélé quand des analyses seront faites pour savoir si les parents d'Aziz sont compatibles avec leur fils pour un don d'organe. Par ailleurs, l'histoire se passant en 2011, pas loin de la frontière libyenne, le réalisateur ne nous épargne rien en nous évoquant le trafic d'organes sur des gamins abandonnés. Le film est bien réalisé et bien joué mais si j'avais su,  je ne serai pas allée le voir: trop noir, trop pessimiste pour moi, surtout en cette période. Je voulais quelque chose de plus léger. Il faut noter que c'est le premier long-métrage du réalisateur qui en est aussi le scénariste....

.... Tout comme Rasmus Kloster Bro avec Exit. Son premier long-métrage dont il a co-écrit le scénario nous emmène dans les profondeurs d'un chantier, celui de la construction du métro de Copenhague. Le film est filmé à la manière d'un reportage. La première séquence est saisissante, quand on voit un tunnellier percer un mur de roche. Rie est une jeune journaliste, mère célibataire d'une petite fille. Elle prend toute seule un ascenseur qui l'emmène en "enfer". Elle fait un reportage sur le chantier, sur les conditions de travail des ouvriers, et essaye de savoir qui ils sont. Elle doit utiliser l'anglais pour se faire comprendre car les ouvriers, pour la plupart des immigrés, ne comprennent que cette langue. Très vite, elle fait la connaissance d'Ivo, un Croate, et de Bharan, un jeune Erythréen, qui occupent des postes mieux payés que les autres mais éminemment dangereux. Quand un incendie se déclare dans le tunnel, Rie, Ivo et Bharan sont enfermés dans un sas de décompression dans lequel la température monte vite. Moi qui suis claustrophe, je n'aurais pas voulu être à la place de ces personnages qui se dévoilent. Le réalisateur montre la face noire de Rie qui est prête à tout faire pour sauver sa peau sans s'occuper des autres. Le dernier quart d'heure filmé dans une quasi-obscurité dans la boue est le moment marquant de ce film qui constitue une vraie expérience.

Lire les billets d'Henri Golant et Pascale.

30 avril 2017

Cessez-le-feu - Emmanuel Courcol / Glory - Kristina Grozeva et Petar Valchanov

Cessez-le-feu, le premier long-métrage d'Emmanuel Courcol, commence par une plongée de la caméra partie de très haut qui atterrit dans une tranchée au plus près du fracas des obus et des hommes qui n'en peuvent plus dans les tranchées. Nous sommes en 1916 en Argonne. On voit quelques "Poilus" qui essayent de survivre. Parmi eux, il y a les frères Laffont, Georges, Marcel et Jean. Sept ans plus tard, en 1923, Georges s'est exilé en Haute-Volta (aujourd'hui Burkina-Faso). Marcel, devenu muet, vit avec sa mère Louise. Quant à Jean, il a été porté disparu. En Afrique, Georges est accompagné d'un Noir, Diofo, qui a aussi combattu dans les tranchées. De village en village, Diofo raconte les quelques événements plus ou moins tragiques qu'il a vécus et dans lesquels Georges est décrit comme un héros. Après avoir retrouvé Diofo blessé à mort dans l'obscurité de la brousse africaine, Georges repart en France. Là, il retrouve sa mère Louise et son frère Marcel, et surtout il croise Hélène, qui enseigne à Marcel la langue des sourds. En 1923, la guerre est déjà presque un souvenir, mais pas très loin de là où vit la famille Laffont, un hôpital s'occupe de soldats traumatisés. Pendant ce temps là en ville, la jeune génération tourne la page et se moque des combattants. Madeleine, une jeune veuve de guerre qui a à peine connu son mari, s'attache à Marcel. Elle pourrait peut-être l'épouser. Georges tombe amoureux de Madeleine. Le réalisateur a porté un grand soin à l'image, aux décors: les paysages africains sont beaux. L'histoire, surtout la fin, m'a fait penser au chef d'oeuvre de Roger Martin du Gard, Les Thibault, en plus lumineux et optimiste. Celine Sallette (Hélène) et Romain Duris (Georges) forment un bien joli couple. Grégory Gadebois qui incarne Marcel n'a pas un rôle facile, je l'ai préféré dans d'autres films. Maryvonne Schiltz (Louise) et Julie-Marie Parmentier (Madeleine) sont convaincantes. Le film est dédié au grand-père du réalisateur.
Lire les billets enthousiastes de ffred, Pascale, larroseurarrosé et princecranoir.

Maintenant je voudrais évoquer le premier film bulgare que je vois de ma vie: Glory. Il est programmé dans 4 ou 5 salles à Paris. Il s'agit d'une farce cruelle qui m'a fait réagir de manière épidermique. J'ai souvent poussé des soupirs, j'aurais voulu rentrer dans l'écran. Par principe, je n'aime pas que l'on se moque des gens qui ne peuvent pas se défendre. La bêtise ou la méchanceté me "hérissent le poil". Même si c'est du cinéma, cela me touche. Tzanko Petro, âgé d'entre 40 et 50 ans, est un cheminot qui fait correctement son boulot en marchant sur les voies, à desserrer ou resserrer les gros boulons des rails de chemin de fer. Il ne fait jamais d'erreur car il sait quand passent les trains en consultant sa montre (qui lui a été offerte par son père) et qui donne l'heure exacte. Quand Tzanko trouve une énorme somme d'argent sur une des voies, il est d'abord éberlué puis prévient les autorités. Que n'a-t-il pas fait? Tzanko souffre d'un gros problème d'élocution qui l'empêche d'avoir une conversation normale. C'est à mon avis une des causes de tous les ennuis qui vont s'accumuler sur lui. Pour le récompenser de son honnêteté, il reçoit une montre (qui avance) lors d'une cérémonie officielle au ministère des transports retransmise à la télévision. La montre de son père lui a été retirée temporairement par Julia Staykova, la responsable des relations publiques. J'aimerais évoquer ce personnage de Julia Staykova, la quarantaine, qui tente d'avoir un bébé par "FIV" et qui représente tout ce que je déteste chez un être humain: capable de tout pour arriver à ses fins, impolie, sans éducation, sans pitié et sans aucune considération pour les autres. Je n'en dirai pas plus. La fin semble logique. Tout se passe hors champ. J'ai aimé le film de Kristina Grozeva et Petar Valchanov, mais en grinçant des dents.

12 juin 2016

Ultimo Tango - German Kral

Je suis allée voir ce documentaire, Ultimo Tango, étant fan depuis longtemps de la musique de tango. Maria Nieves et Juan Carlos Copès ont formé un couple mythique de danseurs pendant un demi-siècle (jusqu'à Broadway). Ils se sont connus en 1948 dans un dancing, Maria avait 14 ans et Juan, 17 ans. Ils ont été aussi un couple dans la vie. Le documentaire est composé de documents d'époque (trop peu), où l'on voit le couple danser, complétés par des saynètes qui sont des sortes d'évocation de moments importants dans la vie du couple. Mais le documentaire est surtout centré sur Maria, une octogénaire au verbe haut, les cheveux roux et la voix de fumeuse: une femme à la forte personnalité, qui ne s'est pas remise de sa séparation d'avec Juan Copès qui l'a quittée pour une autre, plus de 40 ans auparavant. Ils ont continué à danser ensemble (elle avec beaucoup de rage), mais c'est tout. On sent de la rancoeur de la part de Maria, qui vit seule dans un grand appartement à Buenos Aires. J'ai retenu son conseil qu'aucun homme ne mérite qu'une femme pleure pour lui. Le documentariste fait parler de temps en temps Juan Copès, qui continue de danser à plus de 80 ans. Maria ne s'étend pas sur les raisons de leur séparation mais Juan Copès fait mention de leurs disputes incessantes quand lui et Maria vivaient ensemble. J'ai aimé ce documentaire parce que l'on entend du Tango, mais j'ai trouvé dommage que l'on ne voie pas plus Maria et Juan danser ensemble (faute de documents filmés j'imagine). Lire le billet très complet d'Alain.

4 février 2016

Les huit salopards - Quentin Tarantino

Ca y est, j'ai vu le dernier film de Quentin Tarantino. Après avoir lu quelques mauvaises critiques, je ne m'attendais à rien ou à un film pas terrible, et j'avoue avoir été agréablement surprise par ce long-métrage de 2H45 filmé en 70 mm. Néanmoins, j'émettrai tout de suite mes bémols:

- Les échanges interminables entre Kurt Russell et Samuel Jackson: qu'est-ce que la première partie qui se passe dans la diligence est bavarde!

- La violence et le sang qui gicle (même si c'est pour rire) et une certaine misogynie. Dès le début du film, Jennifer Jason Leigh est déjà bien amochée (et elle n'arrête pas de prendre des baffes).

Ceci mis à part, le film est bien construit avec quelques flash-back expliquant les tenants et les aboutissants de cette histoire policière où les personnages ne sont pas ceux qu'ils paraissent être. Qui sont les quatre hommes dans la demeure en bois devant laquelle fait halte la diligence ou se trouve un shérif chasseur de primes menotté à une jeune femme? Qui sont les huit salopards du titre? Qui a empoisonné le thé provoquant deux morts et pourquoi? Avec mon ami, on a dénombré pas moins de dix-neuf morts (dont les huit salopards) quand le film se termine. Ce huis-clos respecte l'unité de temps, de lieu et d'action. J'ajouterai qu'il est fait mention d'une lettre manuscrite d'Abraham Lincoln, mais cela n'a aucun lien avec le reste. Je ne regrette pas du tout d'être allée voir ce film qui réserve beaucoup de surprises. Lire les billets d'Alex-6, Carmadou.

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