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3 septembre 2014

Huit heures de sursis (Odd Man Out)- Carol Reed / Mon épouse favorite - Garson Kanin / Violence à Park Row - Samuel Fuller

Comme je l'ai annoncé dans un billet précédent, la période de l'été est l'occasion de (re)voir de "vieux" films qui sont projetés certains jours dans des salles "Art et Essai" à Paris. Le cinéma Action Christine dans le 6ème arrondissement à Paris remplit très bien sa mission. C'est mon ami qui a eu envie de voir Huit heures de sursis (Odd Man Out en VO) de Carol Reed (1947), un film qui dure presque deux heures. Le film tourné dans un très beau noir et blanc est d'une grande densité et âpreté. A Belfast, Johnny McQueen (James Mason), chef d'un groupe irlandais clandestin, vit caché depuis plusieurs mois dans la maison de Kathleen et sa mère. Johnny organise le hold-up d'une banque avec quelques comparses. Les choses tournent évidemment mal, un homme est tué et Johnny gravement blessé. Une chasse à l'homme est organisée, Belfast est quadrillée et Johnny est en train de se vider de son sang. Se réfugiant d'un endroit à l'autre, Johnny rencontre des personnes plus ou moins bien disposées à son égard. La ville vit dans la peur, la police est partout présente mais cela n'empêche pas qu'une certaine solidarité de la part de quelques individus se fasse jour pour essayer de sauver Johnny. La fin du film où Johnny est acculé par les forces de polices est un moment poignant. James Mason livre une prestation inoubliable qui lui a ouvert les portes de Hollywood. Le film existe en DVD. Je vous conseille de le voir.

Je continue avec un film nettement plus léger, Mon épouse favorite de Garson Kanin (1940), où Irene Dunne donne la réplique à Cary Grant. Irene Dunne (1898-1990) est une actrice que j'ai découverte grâce à ce film. Elle avait un grand tempérament comique. Quand le film commence, Nick (Cary Grant) vient de se remarier et part en voyage de noces. C'est à ce moment là qu'Ellen, sa première épouse portée disparue depuis 7 ans (elle était naufragée sur une île déserte) fait sa réapparition. Le pauvre Nick se retrouve donc bigame. C'est une comédie enlevée et vraiment très sympathique que je vous conseille aussi.

Je termine par Violences à Park Row de Samuel Fuller (1952). Dans les années 1880, plusieurs journaux de presse sont établis dans le périmètre de Park Row à New York, Etats-Unis. Phineas Mitchell, un journaliste qui a une certaine éthique de son métier, décide de fonder son propre journal. Il rencontre immédiatement le succès, au grand dam d'un journal rival (dirigée par une femme) pour qui il travaillait auparavant. Le succès de ce nouveau titre est d'autant plus grand que l'Allemand Ottmar Morgenthaler, l'inventeur de la première machine linotype, se met à son service, et que Mitchell a l'idée de soutenir la souscription qui permettra l'édification du socle de la statue de la liberté. Toute cette histoire est racontée en 1H20 sans temps mort. C'est passionnant. Un très bon film qui n'est sorti en France qu'en 1971.

28 août 2014

Les combattants - Thomas Cailley / Lucy - Luc Besson / Opération casse-noisette - Peter Lepeniotis

Vous pourrez constater que mes choix récents de cinéma sont éclectiques; mais il se trouve que pendant cet été, il y a eu peu de films nouveaux à se mettre sous les yeux. Dans un futur billet, j'évoquerai quelques "vieux" films que j'ai vus pendant cette période.

Cette fois-ci, je commence par Les combattants de Thomas Cailley avec Adèle* Haenel** (une jeune actrice qui monte) et Kévin Azaïs. C'est le premier long-métrage du réalisateur. Le film a été présenté dans la section de la Quinzaine des réalisateurs au dernier festival international du film de Cannes. A cette occasion, il a été récompensé par plusieurs prix et les critiques sont élogieuses. Je ne savais pas du tout ce que racontait le film. Je ne suis pas sûre d'en savoir plus maintenant. Dans les Landes, Madeleine décide de faire un stage commando dans l'armée de terre (le plus dur qui soit). C'est un vrai garçon manqué. Arnaud, lui, est apprenti-menuisier auprès de son frère dans l'entreprise familiale. Il est captivé au premier regard par Madeleine lorsqu'il vient faire des travaux chez les parents de cette dernière. Ni une, ni deux, il s'inscrit au stage pour être avec elle. Elle lui en fait voir de toutes les couleurs. Je trouve que le film démarre très bien, il y a de l'énergie, de l'humour; mais à partir du moment où les deux jeunes gens s'enfoncent seuls dans la forêt landaise, j'ai un peu décroché. Le côté "robinsonade" que prend l'histoire m'a laissée indifférente. Pour ma part, j'ai trouvé le film sympa mais sans plus.

Je continue avec Lucy de Luc Besson que mon ami voulait voir. Je l'ai accompagné en me disant "pourquoi pas". L'histoire n'a aucun intérêt et n'a ni queue ni tête (selon moi). Les effets psychédéliques sont plus ou moins réussis. Scarlett Johansson est très bien. Les méchants sont des Asiatiques (Coréens). Quelques scènes ont été filmées à la Sorbonne à Paris et j'ai trouvé la fin très frustrante: pauvre Scarlett réduite à devenir une clé USB. Le film a rapporté plus de 100 millions de dollars aux Etats-Unis (je pense que c'était l'objectif de Luc Besson).

Je termine par Opération casse-noisette, dessin animé destiné à un public à partir de 5 ans (ça va, je suis dans la tranche d'âge). Roublard (Surly en VO), un écureuil individualiste, est en quête de nourriture. Il compte bien garder pour lui tout seul ce qu'il va trouver car il vient d'être banni du parc où il vivait après avoir malencontreusement provoqué la destruction des réserves de nourriture stockées pour l'hiver. Dans la ville pleine de dangers, il repère un magasin où sont entreposés des sacs de noisettes. Avec l'aide de son copain Buddy, un rat mutique, il prépare une mise à sac pour récolter le plus de noisettes possible. Sa quête est semée d'embûches que je vous laisse découvrir. Le film m'a paru bien fait. J'ai aimé l'histoire et l'animation est réussie, mais il faut noter que les bambins dans la salle (1 pour 2 adultes...) n'ont pas ri. Je pense que les adultes (comme moi) l'apprécient plus que les enfants. Un film à voir une fois (mais pas plus) comme m'a dit mon ami en sortant de la salle.

* (et non Anaïs comme Bertfromsang (dans son commentaire ci-dessous) me l'a fait gentiment remarquer).

** (et non Hanael comme Martin (dans son commentaire ci-dessous) me l'a fait gentiment remarquer)

14 mai 2014

D'une vie à l'autre - Georg Maas / Girafada - Rani Massalha

Voici deux films que j'ai vus la semaine dernière.

Je commence par D'une vie à l'autre de Georg Maas. Je trouve assez exagéré (mais l'accroche publicitaire est ainsi) que l'on puisse dire que ce film est "le croisement réussi entre La vie des autres et Borgen". On est quand même loin du compte. Le film traite d'une histoire peu connue et traitée: les enfants du "Lebensborn". Entre 1936 et 1945, en Allemagne, des femmes célibataires ou mariées accouchaient dans des maisons du Lebensborn et confiaient leur nouveau-né à cette association. Les enfants que l'on élevait étaient destinés à faire partie de la future élite du Reich. L'histoire du film se déroule en Norvège qui a tenue une place particulière dans les Lebensborn. Les Norvégiens, considérés comme les descendants directs des Vikings, correspondaient à la conception idéale de l'homme germanique. Plus de 10 000 enfants sont nés des liaisons entre femmes norvégiennes et soldats allemands entre 1940 et 1945. Les bébés étaient enlevés à leur mère pour être élevés dans des foyers en Allemagne. L'action du film (inspirée de faits réels) se passe en 1990, (un an après la chute du Mur). Nous faisons la connaissance d'une Norvégienne, Katrine Evensen (Juliane Köhler), qui fut élevée dans un foyer du Lebensborn dans les années 50 en Allemagne de l'Est. Ayant réussi à s'enfuir de RDA 25 ans plus tôt, elle a miraculeusement retrouvé Ase, sa mère norvégienne (Liv Ullmann). Depuis, Katrine a mené une vie rangé entre son mari, un marin de l'armée norvégienne, et sa fille qui vient de la faire grand-mère. Mais on apprend assez vite que Katrine n'est pas celle que l'on croit. Le film comporte des "flash back" avec une image granuleuse (pas terrible comme procédé). J'aurais aimé être plus émue par cette histoire qui nous montre le rôle qu'a joué la terrible Stasi (les services secrets de la RDA). C'est un film honnête mais sans plus.

Maintenant, je passe à Girafada de Rani Massalha, qui ne se donne plus que dans une seule salle à Paris. J'ai trouvé le film "gentillet". Dans une petite ville de Palestine, Yacine, vétérinaire dans un zoo, a une idée insensée pour faire plaisir à Ziad, son petit garçon. En effet, ce dernier qui vouait une adoration au couple de girafes du zoo est devenu inconsolable depuis la mort de Brownie, le mâle, blessé à mort suite un bombardement. Depuis, la femelle Rita refuse de se nourrir bien qu'elle attende un petit. Avec l'aide d'une journaliste française et d'un vétérinaire israélien, Yacine va réussir à faire passer clandestinement, d'Israël en territoire palestinien, une girafe appelée Roméo. Tout ne se termine pas forcément très bien pour tout le monde et certains personnages (les israéliens) m'ont paru caricaturaux. En revanche, les girafes sont très photogéniques et ont beaucoup de grâce.

11 avril 2014

I am Divine - Jason Schwarz / De toutes nos forces - Niels Tavernier

I am Divine est un documentaire américain de Jason Schwarz qui rend un hommage sage à un homme qui ne l'était pas. Cet homme, c'était Harris Glen Milstead, devenu Divine (1945-1988) pour le public. Il s'est rendu célèbre en se travestissant en femme alors qu'il était d'une corpulence imposante. Il s'habillait avec des tenues moulantes. Il a été rendu célèbre par les films du réalisateur John Waters qui fait partie de ceux qui interviennent dans ce documentaire alternant témoignages (dont la mère de Divine à qui est dédié le film) et images d'archives. Divine, personnage "trash" hors norme, était né à Baltimore. Enfant martyrisé par ses camarades, il prendra une sorte de revanche par la vie qu'il va mener, où le bon goût n'est pas de mise. J'ai trouvé cet homme touchant. Il est connu pour avoir joué dans les films Polyester, Hairspray, Pink Flamingo et Female Trouble, tous réalisés par John Waters. Divine est mort d'une crise cardiaque à 42 ans. Pour ma part, je l'avais découvert dans le seul film où il interprétait le rôle d'un homme, dans Trouble in mind (1985 - Wanda's Café, en VF) d'Alan Rudolph. Lire les billets de Neil et de ffred.

Et maintenant un film complètement différent: De toutes nos forces de Niels Tavernier (le fils de Bertrand), qui a aussi écrit le scénario (il s'est inspiré d'une histoire vraie). Julien Amblard, un jeune homme, souffre d'une paralysie cérébrale. Cloué dans une fauteuil roulant, il arrive à convaincre son père, Paul (Jacques Gamblin), qui semble se désintéresser de lui, pour qu'ils concourent ensemble dans un triathlon à Nice. Sans dévoiler la fin que l'on peut deviner, cette histoire montre surtout comment une famille arrive à se retrouver et à se ressouder face à ce défi sportif. Presque un tiers du film nous permet de suivre l'épreuve sportive, cela n'est pas "de la tarte" pour les concurrents. Pour Paul, l'exploit est d'autant plus remarquable qu'il a son fils (qui est presque un poids mort) avec lui. Film qui dégage beaucoup de chaleur humaine. Lire le billet de Géraldine.

1 mars 2014

Films vus et non commentés depuis le 1er janvier 2014

Ayant déjà vu 22 films depuis le début de l'année, je ne les ai pas encore tous chroniqués; avec ce billet, je vais essayer de réparer quelques oublis.

Pompéi de Paul W. S. Anderson est un film agréable à voir même si la fin de l'histoire (que tout le monde connaît) est tragique. On prend le temps de s'attacher aux personnages, dont deux gladiateurs et une jeune femme de Pompéi. Pour ceux qui l'ignorerait encore, Pompéi, Herculanum et au moins deux autres petites villes furent détruites en 79 après J.-C. suite à l'éruption du Vésuve situé dans la province de Campanie, proche de Naples. Les effets spéciaux sont assez spectaculaires, un bon film de genre.

The Ryan initiative de Kenneth Branagh n'est pas à mon avis un film indispensable car il a le gros défaut d'avoir comme acteur principal Chris Pine (inconnu au bataillon et aussi charismatique que mon genou). Le scénario n'est pas tiré d'un des romans de Tom Clancy, mais les scénaristes se sont basés sur le personnage de Jack Ryan. L'histoire se passe à Moscou. Le méchant est interprété par Kenneth Branagh lui-même. Je ne sais pas ce qui lui a pris de tourner ce film.

Mea culpa de Fred Cavayé. C'est le troisième long-métrage du réalisateur que je vois (après Pour elle et A bout portant). Le réalisateur a le sens du rythme (un peu trop d'ailleurs). Un flic, Franck (Gilles Lellouche), et un ex-flic, Simon (Vincent Lindon), n'arrêtent pas de courir et de tirer tous azimuts contre des méchants qui en veulent au petit garçon de Simon. L'enfant a assisté à une scène violente (un homme a été tué). L'histoire se passe entre Toulon et Marseille. Il faut noter les dernières séquences qui se passe dans un TGV. Le pauvre train subit les derniers outrages, il est durement touché. Film pas non plus indispensable.

Mr Peabody et Sherman de Rob Minkoff avec, comme voix française pour Mr Peabody, Guillaume Gallienne. Mr Peabody est un chien intelligent, diplômé et inventeur de génie. Et il a adopté Sherman, un petit garçon qui n'en fait qu'à sa tête et n'est pas très obéissant (les choses vont s'arranger par la suite). Grâce à une machine à remonter le temps que Mr Peabody a fabriqué, ils vont voyager dans le temps, se retrouver au début en 1789, au début de la Révolution Française, puis sous la Terreur, puis pendant le siège de Troie, puis sous le règne de Toutankhamon et enfin au temps de la Renaissance à Florence chez Léonard de Vinci. Je vous passe toutes les péripéties qui les ont entraînés dans ces aventures. C'est distrayant pour les enfants (un petit garçon dans la salle faisait des remarques amusantes). Mais les Américains ont une vision simpliste de la révolution avec une Marie-Antoinette grassouillette qui aime la brioche, ou Robespierre, un vrai "Rouge". Et je pense qu'Homère doit se retourner dans sa tombe en voyant ce que sont devenus Achille, Menelas et les autres. Nous faisons aussi la connaissance de la vraie Mona Lisa et de son célèbre sourire. Tout cela est bien gentillet. A vous de voir si ce film vous tente.

9 janvier 2015

8e bloganniversaire (mise à jour du Tableau) - Charlie

Pour le 8e anniversaire de création du blog de dasola, j'ai (ta d loi du cine, 'squatter") effectué une mise à jour (jusqu'au 08/01/2015 inclus) du tableau figurant dans le 1200e billet à la date du 08/09/2013 (les explications y figurent aussi). Certains chiffres ont varié à la hausse, d'autres à la baisse...  comme il est logique (et certains restent à finaliser - parce que j'ai changé de priorité).

 

A

B

C

D

E

F

G

H

I

J

2007

328

114

114

53

897

53

765

27

431

39

2008

188

254

198

117

1950

82

1735

46

1188

79

2009

178

323

202

140
142

2253

69
66


2016


40


1461

85

2010

172

348

165

144
151

2401

45
42


2199


32


1716

84
86

2011

129

291

108

108
120

2216

31
27


2067


19


1722

53
56

2012

119

277

98

95
122

2040

22
15


1904


14


1729

51
60

2013 

124
86

318
260

107
77

 142

2356
1485

24
4


1323

14
4


1289

55
51

2014 

131

253

56

242

2615

9

 

 9

 

32

2015 *

2

50

3

-

62

 -

 

 -

 

3

Total

1372
1200

-

1050
962

-

16790
13242

331
289

12009

182

9536

456

* Au 08/01/2015 (comme tous les chiffres du tableau d'ailleurs)

J'attends de pied ferme les commandes de blogueurs-euses (sous canalblog!) qui souhaiteraient que j'analyse leurs chiffres de commentaires... On arrivera bien à s'entendre sur le prix!

*****************

Par ailleurs, ci-dessous simplement la liste des quelque 45 BD, recueils de dessins de presse et autres ouvrages que j'ai accumulés (en 25 ans) de Cabu, Charb, Tignous, Wolinski (pour Honoré, ma commande est en cours), extraits un par un de ma vaste BDthèque.

La maîtresse des lieux m'autorisera bien à en chroniquer prochainement quelques-uns pour être Charlie sur le blog de dasola...

Cabu:

Le grand Duduche, Dargaud, 1984
Le grand Duduche "il lui faudrait une bonne guerre", Dargaud, 1974
A bas toutes les armées, Editions du square, 1977
Le journal de Catherine, Dargaud, 1982
Catherine saute au paf!, éditions du square, 1978
Les aventures de Madame Pompidou, Editions du square, 1979
Camille-le-camé contre mon beauf, Albin Michel / Le square, 1980
"Passe ton bac, après on verra!", éditions du rond-point, 1980
Le grand Duduche: à bas la mode, Dargaud, 1981
Le grand Duduche et la fille du proviseur, Dargaud, 1982
Votez mère Denis, Le square / Albin Michel, 1981
Showbiz, Albin Michel, 1986
A consommer avec modération (mon beauf 4), Albin Michel, 1989
Les nouveaux beaufs sont arrivés, Le cherche-midi éditeur, 1992 (préface de Cavanna)
Adieu Tonton, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1992
Responsables mais pas coupables!, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1993
Secrets d'Etat, Albin Michel, 1994
A votre bon coeur! (l'Abbé Pierre chez les exclus), L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1995
Les aventures épatantes de Jacques Chirac, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1996
Chirac flippe, L'Archipel, 1996
Grossesse nerveuse, Le cherche-midi éditeur, 1995 (préface de Philippe Val)
Le retour du grand blond, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1997
Etre ou ne pas être beauf (manuel à l'usage des contemporains des beaufs), Editions du Layeur, 2007

Charb:

Je suis très tolérant!, Soleil, 1996
Police partout, Bichro éditions, 1998
Le capitalisme en 10 leçons, La Découverte (Zones), 2012 (texte de Michel Husson)
La vie de Mahomet (par Charb & Zineb), 1ère et 2ème parties, Hors-séries de Charlie Hebdo, 2013

Honoré:

Je hais les petites phrases, Charlie Hebdo / éditions Les échappés, 2011

Tignous:

Pourquoi faire simple..., La Découverte, 1993
Tas de pauvres, Denoël, 2000
Pandas dans la brume, Glénat / drugstore, 2010

Wolinski:

La vie compliquée de Georges le tueur!, éditions du square, 1970
C'est dur d'être patron, Editions du square, 1979
A bas l'amour copain!, Albin Michel, 1982
Mon corps est à elles, Dargaud, 1982
Junior, L'Echo des Savanes / Albin Michel, 1983
On ne connaît pas notre bonheur, Dargaud, 1983
Le programme de la droite, Denoël, 1986
Je ne pense qu'à ça!, Glénat, 1986
Bonne année, Denoël, 1987
Il n'y a plus d'hommes!, Flammarion, 1988
J'hallucine!, Flammarion, 1991
Vous en êtes encore là, vous?, Albin Michel, 1992
Scoopette (la nympho de l'info), Canal+ éditions, 1994
Trop beau pour être vrai, Albin Michel, 1998
+ quelques dessins repris dans l'album collectif 25 ans de dessins à L'Etudiant, 1975-2000

21 décembre 2013

Bilan lecture 2013

Avant de faire mon bilan ciné annuel, je vous propose mon palmarès lecture 2013.

J'ai lu environ 80 livres (BD comprises) dont 38 romans policiers (je ne les ai pas tous chroniqués).

J'ai retenu 10 titres: cela semble peu, mais, en définitive, j'ai eu très peu de coups de coeur. Voici ma liste par ordre décroissant:

Confiteor de Jaume Cabré : 770 pages d'un grand plaisir de lecture.

Dans l'ombre de la lumière de Claude Pujade-Renaud : superbement écrit.

Hilarion de Christophe Estrada : un roman policier historique de très bonne tenue, j'espère que l'écrivain ne s'arrêtera pas là.

2666 de Roberto Bolano : pour le premier segment qui fait 150 pages.

Etranges rivages d'Arnaldur Indridason : le plaisir de retrouver Erlendur faire une enquête dans le passé.

Tokyo Zodiac murders de Soji Shimada : un roman policier dans lequel l'écrivain demande au lecteur de résoudre plusieurs devinettes.

Le trésor de la baie des orques de Kenneth Cook : exotique en diable.

Les fiancées d'Odessa de Janet Skeslien Charles : pour l'histoire.

Wallflower de William Bayer : si vous ne connaissez pas William Bayer, essayez avec ce roman.

L'analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson : ce deuxième roman de l'écrivain est presque aussi trépidant que le premier.

Sinon au moins 150 romans m'attendent dans ma PAL, mes piles se multiplient mais je reste zen car j'aime avoir des livres autour de moi. Et vous?

17 mars 2013

No - Pablo Larrain

Après Tony Manero (que je n'ai pas encore vu) et Santiago 73, Post-mortem, voici No, le nouveau film de Pablo Larrain. C'est pratiquement du docu-fiction (l'histoire est vraie). Avec No, le réalisateur continue son exploration de la période de la dictature du Général Pinochet. En l'occurence, il filme la fin de ce régime en entremêlant images d'archives télévisées et fictionnelles de façon habile. Pour ce faire, le réalisateur a filmé en vidéo analogique avec une image de format presque carré et des couleurs baveuses. Pablo Larrain nous raconte comment la campagne publicitaire du "No" qui n'avait rien de virulente (elle prônait la joie du changement) a chassé du pouvoir le Général Pinochet en 1988. Le général avait eu l'idée d'organiser un référendum pour savoir si le peuple chilien voulait encore de lui. Le "No" a gagné et la démocratie a triomphé. Cette campagne du "No" a été orchestrée par un jeune publicitaire René Saavedra issue d'une famille militante de gauche, père divorcé d'un jeune garçon et passionné de skate-board. Quand on voit les bribes de film de la campagne pour le "No", on se demande comment le parti du "No" a fait pour gagner: c'est assez ringard et laid, mais elle a convaincu. Et nous spectateurs, on jubile. Je vous conseille donc d'aller voir ce film dont le principal atout est Gaël Garcia Bernal qui s'impose de plus en plus dans des rôles intéressant. Il a mûri et il est vraiment très bien.

3 octobre 2012

Monsieur Lazhar - Philippe Falardeau / Cherchez Hortense - Pascal Bonitzer

Comme je l'avais écrit dans mon billet "pause", je reviens sur deux films vus il y a un mois, - même si la "rentrée" des enseignants est déjà loin aujourd'hui.

D'abord Monsieur Lazhar d'un réalisateur québecois, Philippe Falardeau. Dans un collège à Montréal, Bachir Lazhar (arrivé d'on ne sait d'où) propose de remplacer, au pied levé, une jeune femme professeur qui s'est pendue dans sa salle de classe. Bachir Lazhar (formidable Fellag) se fait accepter par des élèves plus ou moins traumatisés, car c'est un bon professeur (j'aurais adoré avoir un prof comme lui). Mais Bachir n'est pas celui que l'on croit... Des secrets douloureux nous sont révélés. Les grands atouts de ce film sont sa sobriété, le jeu des acteurs (enfants compris) et j'ai apprécié d'entendre l'accent québécois. Un film vraiment à voir.

Quant à Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer, ce film est agréable à voir pour plusieurs raisons, mais il n'est pas exempt de défauts. Côté positif, on a le plaisir de retrouver Jean-Pierre Bacri (en prof de civilisation chinoise pour managers pressés) au mieux de sa forme et Claude Rich (qui joue son père) savoureux dans un rôle de grand commis de l'état qui sait profiter de la vie. Et on sait qui est Hortense vers la fin du film. Damien marié à Iva (Kristin Scott-Thomas), metteur en scène de théâtre, a un fils (rebelle et insolent). Le couple enfoncé dans la routine va mal. Bien que ses relations avec son père soient très distantes, Damien se décide à aller le voir pour intercéder en faveur d'une jeune sans-papier (Isabelle Carré), à la demande d'Iva. Les scènes entre les deux hommes sont ce qu'il y a de mieux dans le film. En revanche, dommage que les personnages féminins soient sacrifiés. Elles ne font que fumer pendant tout le film, et pas grand-chose d'autre. Un film à voir si vous aimez Bacri et Rich.

12 août 2012

Terri - Azazel Jacobs / Laurence Anyways - Xavier Dolan

Voici deux films vus très récemment. Je n'ai eu de coup de foudre pour aucun des deux malgré de bonnes critiques.

Je commencerais tout d'abord avec Terri d'Azazel Jacobs sorti le mercredi 8 août dernier, dans quelques salles à Paris. Je m'attendais à autre chose au sujet de cette histoire sur ce grand garçon obèse. Terri ne sait pas ce que sont devenus ses parents, il va au collège en pyjama (ce vêtement dissimule ses rondeurs) et vit avec son oncle dont il s'occupe (ce dernier souffrant d'un début de maladie d'Alzheimer semble-t-il). Garçon sensible, Terri reste malgré tout assez imperméable aux quolibets dont il est l'objet de la part de certains de ses camarades. En revanche, à l'occasion de cette année scolaire, il trouve quelques alliés comme le directeur du collège et deux élèves, dont une fille, Heather qui le fascine. C'est un film qui dure 1H45 sans qu'il se passe grand-chose même si on peut deviner qu'au contact d'Heather, Terri quittera peut-être son pyjama. Cette histoire m'a laissée indifférente.

Maintenant, Laurence Anyways, qui est le troisième film du québecois Xavier Dolan (je n'ai pas vu les deux autres) qui a aussi écrit le scénario et monté ce long-métrage (2H50). Agé de 23 ans, ce réalisateur maîtrise son sujet, mais j'avoue n'avoir pas trop "accroché" à cette histoire qui se déroule sur 10 ans (entre 1989 et 1999), et où Laurence Alia (Melvil Poupaud), professeur de lettres, poète et marié, décide du jour au lendemain de s'habiller en femme car il ne se sent pas bien dans sa peau d'homme. Bien évidemment, sa vie va en être bouleversée: renvoyé du collège, il va devenir écrivain à temps complet. Il se sépare de sa compagne, Fred (formidable Suzanne Clément). Cet amour fusionnel qui ne peut durer entre ces deux êtres est au coeur du film. Mais je n'ai malheureusement pas été bouleversée (à la différence d'une collègue qui a déjà vu le film deux fois). Je pense que c'est peut-être le fait d'avoir croisé deux ou trois fois dans la rue des hommes habillés en femme (ils n'avaient pas l'air heureux). Cette vision m'avait paru pathétique. Et ils n'avaient pas le physique agréable de Melvil Poupaud.

22 juillet 2012

Films vus et non commentés depuis le 29/05/12

Voici trois films vus très récemment. Je vous conseille vraiment les deux derniers.

Autant j'étais sortie enchantée de Midnight in Paris, autant To Rome with love de Woody Allen a été une grosse déception dans l'ensemble, par la faute d'un scénario un peu faiblard. On assiste à une suite de saynètes pas très drôles sans liens véritables. Je ferais une exception avec les séquences où Roberto Benigni, un monsieur Tout-le-monde, se retrouve sous les feux des projecteurs de télévision et puis retombe dans l'oubli très vite (c'est vraiment très bien vu). Il faut noter que le film parle autant italien qu'anglais, et Woody filme relativement peu Rome.

Summertime (The Dynamiter) est un de mes coups de coeur estival. C'est le premier long-métrage d'un réalisateur à suivre, Matthew Gordon. Le film qui dure 1H15 suit au plus près des acteurs non-professionnels, dont William Ruffin, qui interprète Robbie Hendrick, le personnage central de l'histoire, un garçon de presque 15 ans. L'histoire se déroule de nos jours, pendant l'été au début des vacances scolaires, dans l'état du Mississipi (très pauvre). Dépressive, la mère de Robbie et de son petit frère Fess les a pratiquement abandonnés pour partir en Californie refaire peut-être sa vie. Livrés à eux-mêmes, ils  partagent une masure avec leur grand-mère mutique et un chien. Le film qui a été primé au dernier festival du film américain de Deauville ne tombe jamais dans le misérabilisme, bien au contraire. Il faut dire que Robbie est un garçon qui garde l'espoir que tout peut s'arranger. C'est lui qui tient sa famille à bout de bras. Il accepte un travail saisonnier fatigant dans une station-service. Il ne s'abandonne jamais au désespoir. Je vous laisse découvrir ce film qui en vaut vraiment la peine car on voit l'Amérique des gens de peu.

Quand je suis sortie de la projection d'Historias (des histoires qui n'existent que lorsque l'on s'en souvient) de Julia Murat, film franco-brésilo-argentin (sorti cette semaine dans deux salles à Paris), je me suis sentie agressée par les bruits de la ville. En effet, pendant 1H30, Historias nous plonge dans une histoire hors du temps qui se passe quelque part dans un paysage brésilien verdoyant où les seuls bruits sont ceux des insectes, des oiseaux et de la cloche de l'église. La dizaine d'habitants d'un hameau oublié du monde, Jotuomba, vivent au rythme de la messe quotidienne et du repas partagé avec le prêtre. Madalena est celle qui pétrit la pâte la veille pour livrer des petits pains (faits avec des oeufs et de la farine) dans le magasin d'Antonio le lendemain matin. Il faut la voir installer les petits pains dans une niche du magasin réservée à cet effet. Pendant ce temps-là, Antonio prépare le café (pas bon paraît-il) qu'ils boivent avant d'assister à la messe. Madalena, la soixantaine, veuve, écrit tous les soirs à la lumière d'une lampe à pétrole des lettres à son mari disparu. L'arrivée inattendue de Rita, une jeune femme photographe, ne va pas trop déranger ce rythme de vie immuable où quelques interrogations affleurent comme le fait que personne ne peut plus entrer dans le cimetière et que depuis plus de trente ans, le nom des personnes décédées ne sont plus inscrites sur un panneau de l'église. C'est un film magnifique sur le temps qui passe, la vieillesse, l'oubli et le souvenir. Je me suis sentie dans un état de "zenitude" quand le film s'est terminé. Cela m'arrive rarement.

4 juillet 2012

Starbuck - Ken Scott

Comme, en ce moment, je suis un peu paresseuse pour chroniquer des livres (et vu que je n'ai eu aucun vrai coup de coeur), je continue avec un billet cinéma. Surtout qu'actuellement, il y a sur les écrans quelques films assez divertissants: la preuve en est avec Starbuck (sans le "s" à la fin), surnom de David Wosniak, le père aux 533 enfants dont 142 qui veulent connaître ce géniteur inconnu. Dans la province de Québec, le David en question, 42 ans, fils d'un émigré polonais, est endetté jusqu'au cou et est poursuivi par des créanciers peu recommandables. David Wosniak travaille dans la boucherie familiale: il charge et décharge la viande (il oublie d'ailleurs souvent d'effectuer une tâche ou l'autre). A part ça, David est amoureux d'une charmante petite fliquette qui tombe enceinte de ses oeuvres. Monsieur Wosniak, qui aime faire le bien autour de lui, devient l'ange gardien de ces jeunes adultes (ils ont tous entre 18 et 20 ans) nés grâce aux dons de sperme que le jeune David a fait dans une clinique pendant deux ans presque 20 ans auparavant (cela lui a rapporté pas mal d'argent à l'époque). Je ne saurais trop vous conseiller ce film très sympathique, qui ne tombe jamais dans la niaiserie, et vous apprécierez les sous-titres qui émaillent le film... car la langue québécoise, ce n'est pas de la tarte, quand on n'est pas habitué. Film idéal à voir en ce début d'été.

Sinon, 4 ans et demi après mon billet sur la pub au cinéma, je trouve que la situation est bloquée à un pitoyable statu quo. Les pubs sont toujours les mêmes ou presque et elles sont toujours aussi laides. Je suis souvent excédée avant même que le film ne commence. Mention spéciale du mauvais goût à la pub Orangina.

28 juin 2012

L'assassin - Elio Petri / Adieu Berthe - Bruno Podalydès

J'espère que vous aurez profité de la fête du cinéma pour aller voir un film jamais sorti en salle en France qui bénéficie d'une version restaurée remastérisée, L'assassin d'Elio Petri (1961), le premier long-métrage du réalisateur (1929-1982). Personnellement, ce fut une découverte assez enthousiasmante. Marcello Mastroianni et Micheline Presle interprètent les deux rôles principaux. Ce film est d'abord une ambiance, une musique très "jazzy années 60". Un matin de bonne heure, à Rome, Alfredo Martelli revient chez lui, prend un bain, semble insouciant. Peu après, il est arrêté pour être interrogé par des membres de la police. On l'accuse d'avoir assassiné sa maîtresse, Adalgisa de Matteis (Micheline Presle) que l'on retrouve dans des scènes en flash-back. C'est un film au rythme alerte sans temps mort. La copie restaurée est superbe et met bien en valeur les comédiens. Marcello Mastroianni est à l'aise dans un rôle inattendu, et Micheline Presle, que j'ai peu vue au cinéma, est vraiment très bien (dans ce film, ce n'est pas elle qui parle, elle est doublée en italien). Le rire de Marcello quand le film se termine est assez réjouissant. Si vous en avez l'occasion, allez le voir.

Sinon, vous pouvez à mon avis vous dispenser d'aller voir Adieu Berthe (l'enterrement de mémé) de Bruno Podalydès, qui ne casse pas trois pattes à un canard (bien que j'aie lu et entendu de très bonnes critiques). C'est une "fantaisie mortuaire" qui m'a presque ennuyée. Valérie Lemercier n'est pas drôle, surtout dans sa scène au cimetière. Bruno Podalydès est égal à lui-même en interprétant un rôle, qui lui ressemble, d'homme indécis qui n'arrive pas à choisir entre deux femmes et deux maisons dans sa banlieue proprette. Son moyen de locomotion est une trottinette, et des textos ponctuent le film. J'ai retenu que Haroun Tazieff s'appelait en réalité Haroun Taziouff (cela ne vous fait pas rire? Moi non plus). Je passe.

19 juin 2012

La colline des potences - Delmer Daves

Mon ami a voulu revoir récemment (en DVD) La colline des potences (The Hanging tree) de Delmer Daves (1959) car il gardait un bon souvenir de la chanson du générique interprétée en anglais (ou en français selon que l'on regarde le film en VO ou en VF). Cette chanson est une sorte de synthèse de l'histoire qui nous est racontée. La colline des potences qui est, selon nous (mon ami et moi), un très bon western, réunit Gary Cooper, Maria Schell, Karl Malden, et George C. Scott dans un rôle de prédicateur plus intéressé par l'or que par Dieu. L'histoire se passe en 1873 pendant la ruée vers l'or dans le Montana (The golden Trail). Le docteur Joseph Frail (Gary Cooper), arrivé en même temps que des chercheurs d'or, ouvre un cabinet de consultations. C'est un homme tourmenté qui cache un secret. Une diligence qui transporte quelques passagers voulant s'installer dans la région est attaquée par des bandits. Tous les passagers sauf un sont tués. En l'occurrence, la survivante s'appelle Elizabeth Mahler, émigrée de Suisse qui voulait s'installer dans la région avec son père. Elle n'est retrouvé qu'au bout de quelques jours, devenue temporairement aveugle à cause des brûlures du soleil. Soignée par Frail, elle décide d'acheter un bout de terrain et se met aussi à chercher de l'or. Elle est aidée dans sa tâche par un jeune homme qui est l'homme à tout faire du docteur, et par Frenchy Plante (Karl Malden) qui a des vues sur elle. Le film est une réussite grâce à la très bonne interprétation des acteurs principaux avec un Gary Cooper impérial, Maria Schell émouvante et très à l'aise et Karl Malden qui joue "le méchant" de façon convaincante. Je vous recommande La colline des potences.

29 mai 2012

Films vus et non commentés depuis le 26/04/12

Voici quatre films que je n'avais pas encore chroniqués.

Pour un premier long-métrage, Margin call de J. C. Chandor est une réussite. Il nous fait découvrir les prémices de la crise financière de 2008 au sein d'une grande banque d'investissement où interviennent des licenciements secs (aux Etats-Unis, la façon de faire est brutale). Juste avant de quitter les lieux, un des licenciés qui fut à la tête du département "management des risques" prévient qu'un gros problème va arriver, la banque est proche de la banqueroute. En 24 heures, on peut voir quelques personnages importants de cette banque essayer de s'en sortir au mieux et tant pis pour les autres. C'est un film qui prend son temps, il n'y a aucune agitation, on parle beaucoup autour d'une table ou ailleurs. Cela pourrait se jouer au théâtre. Les personnages sont tous plus cyniques les uns que les autres. Ce n'est jamais qu'une histoire d'argent comme dit le directeur joué impeccablement par Jeremy Irons. Les autres acteurs sont tout aussi excellents: Stanley Tucci, Kevin Spacey, Simon Baker (vu dans The Mentalist), Paul Bettany et Demi Moore. Un bon film.

Dark Shadows de Tim Burton (qui semble beaucoup s'être inspiré de la famille Addams) se regarde avec plaisir, mais la fantaisie y fait défaut. Exceptés Angélique (la sorcière) et Barnabas Collins (le vampire, revenu d'entre les morts au bout de 200 ans), les autres personnages manquent de consistance. La mort d'Angelique est un moment très poétique: elle se fèle comme une poupée de porcelaine. J'ai retenu deux autres scènes notables: quand Barnabas très pâle se lave les deux canines devant une glace avec une brosse à dent et la scène "torride" entre Angélique et Barnabas: ça déménage! A part ça, une grande partie de l'histoire que je ne raconte pas se passe surtout dans un manoir gothique en 1752 puis en 1972, où vivent les Collins qui forment une famille décomposée constituée par Elizabeth (Michelle Pfeiffer) et de son frère Roger (Johnny Lee Miller), père lâche et indigne, tandis que les deux enfants de la maisonnée sont perturbés l'un et l'autre pour des raisons différentes. Vit aussi là, une psychologue, Helen Bonham-Carter qui se met à rêver d'immortalité. Ce n'est pas forcément le meilleur film de Tim Burton pour ceux qui ne le connaissent pas encore.

Babycall du Norvégien Pål Sletaune est un thriller qui commence de façon plutôt banale, et qui, au fur et à mesure, change de ton pour entrer dans le genre paranormal et fantastique. Le film est porté par Noomi Rapace qui interprète Anna, une maman inquiète pour Anders, son petit garçon de 8 ans. Elle a quitté le domicile conjugal car son mari les battait, elle et son garçon. Elle loge dans l'appartement qu'on lui a alloué, situé dans une espèce de HLM impersonnel et très laid. N'étant pas tranquille la nuit, elle achète un "babycall" (autrement dit un interphone bébé) qui intercepte des cris et des pleurs venant d'ailleurs dans l'immeuble. Le fantastique intervient par petites touches et la fin assez inattendue qui lorgne vers Le 6ème sens est très réussie. Le réalisateur nous a bien manipulés. C'est un film que je vous recommande. (Lire le billet enthousiaste de ffred).

Moonrise Kingdom de Wes Anderson est le premier film que je vois de ce réalisateur. C'est en lisant un billet de Wilyrah que j'ai eu envie de le découvrir. Je n'ai pas été déçue car le film dégage un charme poétique et champêtre. En 1965 (on entend une chanson de Françoise Hardy), deux jeunes adolescents vivent une jolie histoire d'amour sur une île au large de la côte est des Etats-Unis. Le garçon est un scout rebelle qui n'a plus ses parents, la jeune fille est l'ainée d'une famille de quatre enfants qui vivent avec leurs deux parents un peu excentriques. Une des tempêtes du siècle qui va balayer tout sur son passage va aussi jouer un grand rôle. Il faut noter le casting impressionnant: Bill Murray, Frances Mc Dormand, Edward Norton, Bruce Willis, Tilda Swinton et en grand chef scout: Harvey Keitel! C'est un film pour petits et grands. Lire le billet enthousiaste de Wilyrah.

5 mai 2012

Barbara - Christian Petzold / Avengers - Joss Whedon

Avant Cannes, j'avais un peu craint que les sorties soient peu exaltantes; et bien j'avais tort, car cette semaine du 3 mai sont sortis quelques films dont Barbara de Christian Petzold. Je vous conseille d'aller voir ce film qui se passe en 1980, dans une petite ville au bord de la Baltique en ex-RDA. Barbara (Nina Hoss, actrice très connue en Allemagne) est une belle et grande jeune femme qui ne sourit pas et ne dit rien. Elle se déplace à vélo et demande à rien à personne. Elle vient d'être nommée médecin dans l'hôpital de la ville. Berlin-Est l'a envoyée dans ce coin paumé car ils soupçonnent qu'elle veut passer à l'Ouest où l'attend peut-être quelqu'un. Barbara vit dans un logement lugubre à l'électricité défaillante. En quelques plans, le réalisateur arrive à nous faire ressentir l'atmosphère étouffante et menaçante que provoquait le régime en place. C'est un film peu bavard mais où les regards sont importants. Barbara sous son air indifférent nous montre son empathie vis-à-vis des malades, surtout vis-à-vis d'une jeune fille en mauvaise posture. Elle-même est observée par son collègue médecin et sa logeuse ainsi que par un agent de la Stasi. La fin que j'avais plus ou moins devinée m'a semblée logique et très belle. Un film vraiment à voir.

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Je voulais évoquer en trois phrases Avengers de Joss Whedon qui semble rencontrer un grand succès. J'avoue m'être passablement ennuyée (je suis sortie de la salle assez abrutie par tant de bruit et de fureur) en compagnie de super-héros (Iron Man, Hulk, Thor, etc.), dotés de super-pouvoirs, qui s'unissent pour combattre de très gros méchants qui veulent envahir la Terre. En l'occurrence, c'est New-York qui est le théâtre de l'affrontement final. Je pense qu'il y aura une suite, que je ne suis pas sûre d'aller voir.

23 mai 2012

I Wish - Hirokazu Kore-Eda / 11 fleurs - Wang Xiaoshuai

Je voudrais évoquer deux films venus d'Asie, ayant comme point commun que les rôles principaux y sont tenus par des enfants.

Tout d'abord, I Wish, du Japonais Hirokazu Kore-Eda (le réalisateur du sublime Nobody Knows), qui dirige à nouveau des enfants avec talent et délicatesse. Au Japon, sur l’île de Kyushu, deux frères sont séparés par une distance de plus de 500 km après le divorce de leurs parents. Koïchi, l'ainé, vit au sud de l'île avec sa mère et ses grands-parents au pied d'un volcan en activité qui rejette des nuages de cendres. Ryunosuke, le plus jeune, vit avec son père, guitariste de rock un peu bohême, dans le nord de l'île. Koïchi souhaite (wish) que sa famille soit à nouveau réunie. Lorsqu’un nouveau TGV relie enfin les deux régions, Koïchi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques copains de classe jusqu’au point de croisement des trains où, dit‐on, il suffit de formuler un souhait pour qu'il se réalise. C'est un très beau film sur l'enfance insouciante malgré le divorce, la séparation et le volcan en éruption. Toute l'histoire se focalise sur ce voyage effectué par des enfants sans qu'aucun adulte ou presque n'intervienne. Je ne vous dirai pas si les souhaits se réalisent ou non, mais peut-être que quelque chose va se passer. J'ai été un peu moins convaincue que pour Nobody Knows et même Still walking. J'ai trouvé le film un peu (trop?) léger. Mais il vaut la peine d'être vu pour ceux qui ne connaissent pas ce réalisateur, qui sait très bien diriger les enfants.

Maintenant, 11 fleurs du Chinois Wang Xiaoshuai, vu grâce au conseil avisé d'Aifelle (qui n'a pas écrit de billet sur ce film) que je remercie. Voici un film dont l'histoire, tirée d'un souvenir du cinéaste, se passe en 1975, un an avant la fin de la "Révolution culturelle" et la mort du grand Timonier Mao Tsé-toung. L'action se situe dans un village ouvrier situé au sud-ouest de la Chine, niché dans un décor magnifique de collines et de rivières Les habitants vivent au rythme des paroles et des chants révolutionnaires diffusés par des haut-parleurs. Wang, un gamin de 11 ans, qui vit entre une mère assez dure et un père féru de peinture impressionniste, est toujours fourré avec une bande de trois copains inséparables. Une belle chemise blanche dont le tissu a été acheté et cousu par sa mère (grâce à des tickets de rationnement) va faire basculer la vie de ce jeune garçon dans le monde des adultes, où il va connaître la violence et le crime. En 1H50, le réalisateur ne fait qu'évoquer la Chine sous Mao, mais on sent que la vie de ces gens est dure, même s'ils ne se révoltent pas: peu d'électricité, rarement de la viande, pas de loisirs. Et l'on voit un homme pleurer car sa fille a été violentée et que son fils est devenu un meurtrier. Tout est décrit par petites touches comme chez les impressionnistes. C'est un film prenant que je vous conseille.

26 février 2012

La rivière de nos amours (The Indian Fighter) - André de Toth / La ville abandonnée (Yellow sky) - William Wellman

Avant de reparler des dernières sorties, je vais évoquer deux "vieux" films que j'ai vus en début d'année, projetés à une semaine d'intervalle dans une salle "Art et Essais" à Paris. Ce sont deux westerns de très bonne qualité et à peu près inconnus (surtout par moi).

La rivière de nos amours, titre français sirupeux pour The Indian Fighter d'André de Toth (1955) avec Kirk Douglas (qui a produit le film), une très jolie brune italienne, Elsa Martinelli, qui joue le rôle d'une indienne, et Walter Matthau dans le rôle du méchant. On voit pas mal d'Indiens qui sont de vrais personnages. Occupant un territoire où se trouve une mine d'or très convoitée par des blancs indélicats, ils savent se défendre. J'ai retenu la séquence où les Indiens sur leurs chevaux font le siège d'un fort avec des lances enflammées. Kirk Douglas interprète un homme qui comprend les Indiens, et il tombe même amoureux d'une Indienne. Un bon western.

La ville abandonnée (Yellow sky), de William Wellman (1948), avec Gregory Peck, Richard Widmark et Anne Baxter (elle débutait). La salle, composée d'un public pas très jeune et cinéphile, était presque pleine. Le film a été tourné en en noir et blanc. On a bénéficié d'une belle copie. Pendant 1H40, j'ai été captivée par cette histoire qui se passe dans l'Ouest en 1867. Un groupe de 7 hommes attaquent une banque, puis ils sont poursuivis et se retrouvent à traverser un grand désert (cette séquence est marquante). Ils arrivent dans une ville fantôme, "Yellow sky", où une jeune femme et son grand-père les ont précédés. Richard Widmark, dont c'était le deuxième film, est un "méchant" convaincant face à Grégory Peck qui va changer au cours de cette aventure. J'avoue avoir une préférence pour ce western-ci. Voir le billet d'Eeguab.

Il faut redire que voir ce genre de film autrement que sur un écran télé est une belle expérience.

12 janvier 2012

Les Acacias - Pablo Giorgelli

Les Acacias de Pablo Giorgelli a bénéficié d'une sortie assez large puisqu'il a reçu le prix de la Caméra d'or du premier film  au dernier festival de Cannes. Et bien, cette récompense est méritée quoi qu'en pensent certains critiques du "Masque et la Plume". C'est un film dur et tendre à la fois. Il nous raconte la rencontre difficile entre un chauffeur routier bourru et mutique et une jeune maman avec sa petite fille de 6 mois "qui n'a pas de père" dans une cabine de camion en route vers Buenos-Aires. Au Paraguay, pour rendre service à quelqu'un, Ruben, la petite cinquantaine, a accepté de prendre une jeune femme dans son camion à destination de l'Argentine. Il n'avait pas prévu qu'il y aurait un bébé de 6 mois qui a faim, qui pleure, qui crie, qui rit et qui a besoin qu'on lui change sa couche. C'est un film quasiment muet qui se passe presque exclusivement dans la cabine du camion avec 4 personnages: Ruben, Jacinta, la petite fille Anahi et la caméra. Le camion s'arrête de temps en temps mais il ne se passe pas grand-chose de particulier. En revanche, petit à petit, Ruben sort de son mutisme, il commence à s'intéresser à la petite fille, il livre des bribes de sa vie en dévoilant qu'il a un fils qu'il n'a pas vu depuis 8 ans. Les Acacias représente un joli film à voir avec une fin "ouverte" très touchante.

5 septembre 2011

Océans - Jacques Perrin & Jacques Cluzaud

Cherchant désespérément sur quoi écrire, je [Ta d loi du cine, squatter] retrouve quelques notes prises il y a fort longtemps pour un billet que j'ai toujours eu la flemme de rédiger. Hop!

Océans, sorti le 27 janvier 2009, nous l'avions vu, Dasola et moi, en avant-première, presque deux mois auparavant. En fait, je m'étais fait "racoler" devant l'UGC Ciné Cité Les Halles et m'étais vu proposer l'invitation, parce que je rentrais dans les quotas nécessaires au panel (et, oui, j'avais eu le droit d'y aller accompagné!). A la fin, il y avait un long questionnaire à remplir, mais je ne pense pas que, à ce stade, ça pouvait changer quoi que ce soit au film...

La presse en ayant abondamment parlé et reparlé, notamment à l'occasion de ses passages à la télé (je ne l'ai pas regardé, pour ma part), je me bornerai à "critiquer" les défauts (à mon avis) de ce film.

Je me rappelle encore les très belles images du début, les oiseaux de mer qui pêchent en piqué, filmés alternativement dans les airs et sous l'eau (comme dans La marche de l'empereur?). En général, les parties concernant les animaux sont magnifiques. On nous montre des oiseaux, des morses, des iguanes et des poissons magnifiques et spectaculaires, d'accord. Je n'ai vraiment pas vu la nécessité du vieil homme et de l'enfant, qui n'apportent pas grand-chose si ce n'est une pseudo-réflexion philosophique. Et ça manque un peu de sous-titres. Il me semble enfin avoir regretté un défaut d'explications (d'incrustations?) sur les lieux concernés (notamment, les musées). Sans doute que ce film était taillé sur mesure pour le marché anglo-saxon (le peu de texte qu'il y avait était en anglais, dans la version vue en avant-première)? Le fait qu'aucun requin n'ait été martyrisé pour ce film (ceux à qui on coupe les ailerons avant de les rejeter à la mer sont des "animatronix"), c'est bien, mais c'est anecdotique. Personnellement, en tant que carnivore (et piscivore!) qui s'assume, la mention "Aucun animal n’a été maltraité durant le tournage" m'avait paru un peu ridicule voire hypocrite, alors que les opérations de pêche reconstituées existent bel et bien. Il n'est pas non plus question de pollution. Ca a un côté un peu "bien-pensant", un peu moralisateur (comme si on jugeait le spectateur quelque peu débile?). Enfin, peut-être est-ce un film destiné à prendre date, et à revoir en 2050 (restera-t-il des dauphins, des requins... et des pêcheurs?).

3 août 2011

Avant-première du Palmarès Wikio cinéma

Allez comprendre... C'est moi (Ta d loi du cine), et non Dasola en personne, qui ai reçu par mail la proposition de Wikio de publier "en avant-première" le palmarès cinéma de Wikio pour ce mois d'août.
Je me permets de supposer [quel mauvais esprit, hein!] que les blogueurs habitués à effectuer ces publications en avant-première sont actuellement en vacances...

Ci-dessous en copier-coller le tableau transmis (après consultation de Dasola par moi et accord de principe) par le "communauty manager" de Wikio, listant les 20 premiers dudit palmarès (suite de l'article après les mots "classement réalisé par Wikio").

1 Lyricis Interactive
2 Filmosphère
3 IN THE MOOD FOR CINEMA
4 FilmGeek
5 CineHeroes
6 CinéBlogywood
7 Twilight-Belgium
8 Rob Gordon a toujours raison
9 Sur la route du cinema
10 cinemateaser
11 Le blog de Dasola
12 IN THE MOOD FOR CANNES
13 Critiques cinémas d'hier et d'aujourd'hui
14 CloneWeb
15 Cinefeed
16 Blog d'une ciné-Geekette
17 Journal de Vance
18 CinéComics
19 IN THE MOOD FOR DEAUVILLE
20 MyScreens

Classement réalisé par Wikio

Sur ce "top Wikio" cinéma d'août 2011, je (Ta d loi du cine, "statisticien" du blog de Dasola) ferais juste remarquer qu'une même personne truste 3 places du "top 20" pour ses 3 blogs différents "IN THE MOOD FOR". Cela ne peut qu'être bien mérité...
Vous pouvez aussi en savoir plus sur l'ensemble de l'historique des classements Wikio du blog de Dasola pour 3 catégories: cinéma (présence constante dans le "top 20" depuis janvier 2009; "pire" place = 16e en mars 2011, meilleure = 4e à trois reprises en 2009); culture (depuis avril 2010; entre 87e et 136e); et enfin, classement général des blogs (depuis janvier 2008; entre 552e et 2351e).

15 mai 2011

Films vus et non commentés depuis le 07/03/2011

Comme je me rends compte que je prends du retard dans mes comptes-rendus sur les films vus depuis 1 mois, voici un billet sur 5 d'entre eux, le prochain billet rendra compte de 5 autres. Je les ai tous assez appréciés et je vous conseille de les voir en salle ou en DVD si vous pouvez.

Le film étant chaudement recommandé sur la blogosphère (voir par exemple le billet d'Aifelle), je suis allée voir Tous les soleils du romancier Philippe Claudel et bien m'en a pris. Il s'agit d'une histoire sympathique qui se passe à Strasbourg où Alessandro, veuf, vit seul avec sa fille Irina, jeune adolescente plutôt bien dans sa peau. Il héberge depuis quelque temps son frère, Luigi, qui a fui l'Italie depuis l'arrivée de Berlusconi au pouvoir. Alessandro enseigne la musique baroque en université et chante dans une chorale. C'est un film qui finit bien. A voir quand vous êtes d'humeur morose.

Coup d'éclat de José Alcala avec une Catherine Frot comme je l'aime. Cette actrice est formidable dans le rôle de Fabienne, une femme flic (presque) au bout du rouleau entre ses problèmes d'alcool (elle boit pas mal de vin) et sa vieille mère qui la harcèle souvent. Fabienne, qui s'occupe plutôt des "sans-papiers", décide d'enquêter sur le suicide d'une jeune prostituée venue de l'est qui a laissé un petit garçon derrière elle. L'action se passe à Sète et dans ses environs. Le film donne l'occasion de voir Tcheky Karyo de plus en plus rare sur nos écrans (et c'est dommage). Le scénario tient la route même si la fin est un peu en suspens.

Animal Kingdom de David Michôd est un polar australien très noir qui se passe à Melbourne dans un quartier sans âme. Là vivent les Cody, une famille "ordinaire" composée de quelques hommes sous la domination de la mère, Janine, qui avec de grands sourire et beaucoup de gentillesse demande la "disparition" de quelqu'un quand elle sent que sa famille proche (ses fils) est menacée. Les garçons pillent des banques, tirent des coups de feu, tuent quand c'est nécessaire. Il se trouve qu'un "maillon faible" va entrer dans cette famille: le petit-fils, qui vient d'assister sans ciller à la mort de sa mère morte d'une overdose d'héroïne. Je ne suis pas prête d'oublier le personnage de Janine et la scène finale inattendue et violente.

Où va la nuit de Martin Provost avec Yolande Moreau en femme battue qui se venge (on la comprend!) de son mari violent qui a tué accidentellement une jeune fille en la renversant avec sa voiture. C'est un film qui possède de grandes qualités avec une Yolande Moreau attachante. Le bémol que je mettrais tient au personnage du fils, que je n'ai pas trouvé bien écrit. Il est crispant au possible. De son côté, le personnage du flic qui a deviné tout ce qui s'est passé n'est pas banal. Et il faut noter la présence notable, vers la fin du film, d'Edith Scob, même si son personnage m'a paru improbable. Et je pense qu'il y a clin d'oeil voulu au film Thelma et Louise de Ridley Scott, avec la scène des deux mains l'une sur l'autre dans la voiture en surplomb au bord du quai. Un film à voir.

Voir la mer de Patrice Leconte: 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités. Clément et Nicolas doivent partir vers Saint-Jean-de-Luz voir leur mère. Clément, qui travaille dans un garage, vient d'être plaqué par sa copine. Thomas rencontre Prudence dans un bal. Celle-ci vient de quitter son amant plus âgée qu'elle. Elle décide d'accompagner les deux frères. On sent que Patrice Leconte a voulu se faire plaisir. C'est un film libre, assez drôle, parfois coquin: la fille qui couche avec les deux frères à tour de rôle, et le vieil amant qui les poursuit. C'est un film idéal à voir l'été.

24 mars 2011

Liz nous a quittés

Ca y est, Liz [Taylor] (1932-2011) vient de s'éteindre suite à une insuffisance cardiaque à 79 ans. Elle représentait le Hollywood d'antan, le glamour, c'était une star. Je n'étais pas une inconditionnelle de cette actrice (qui a commencé sa carrière à l'âge de 10 ans) mais je l'avais bien apprécié dans des films tels que La chatte sur un toit brûlant de Richard Brooks (1958), Reflets dans un oeil d'or de John Huston (1967) ou Cléopâtre (1963) et Soudain l'été dernier de Joseph L. Mankiewicz (1959), Une place au soleil de George Stevens (1951) ou dans les deux films de Joseph Losey: Boom et Cérémonie secrète (1968). Elle était plus connue pour ses frasques conjugales que pour ses rôles sur grand écran (et c'est dommage). Mariée 8 fois avec 7 hommes différents (2 fois avec Richard Burton), elle a eu 4 enfants. Je n'ai pas grand-chose à dire de plus si ce n'est que c'est une nouvelle bien triste. Cette belle femme aux magnifiques yeux violet va manquer.

3 décembre 2010

Les rêves dansants (Sur les pas de Pina Bausch) - Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Avant de reprendre mes billets "livres" ou autre, je voulais encore parler d'un film à voir si ce n'est déjà fait.

Les rêves dansants est un bel hommage a posteriori à la fondatrice du
Tanztheater de Wuppertal (Allemagne), j'ai nommé Pina Bausch, décédée en juin 2009 à 68 ans. Sans être une grande fan de son oeuvre (qui personnellement me paraît dérangeante par certains côtés) dans laquelle elle mélangeait la danse et le théâtre, je reconnais que ses spectacles ne laissent pas indifférent et sont admirés par beaucoup. Chaque année, depuis plus de trente ans, sa troupe se produit au Théâtre de la Ville à Paris à guichets fermés. Pour en venir à ce documentaire passionnant qui dure 1H30, les réalisateurs ont choisi de filmer les répétitions d'un spectacle, Kontakthof, interprété par des jeunes âgés de 14 à 18 ans. Ce même spectacle a aussi été joué par des personnes de plus de 60 ans. Ce n'est pas Pina Bausch elle-même qui les fait répéter, mais deux de ses assistantes, anciennes danseuses dont une qui avait interprété un des rôles du spectacle en 1978. On apprend assez vite que ces garçons et filles ne se connaissent pas, qu'ils n'avait jamais dansé auparavant et qu'ils viennent répéter tous les samedi après-midi. Ils sont issus de milieux sociaux différents. Certain(e)s ont connu des drames familiaux douloureux. De ce que l'on voit des répétitions, on sent que ce n'est pas facile pour ces jeunes d'avoir des contacts hysiques (surtout entre garçon et fille). Il sortent transformés de l'expérience. Ils feront la connaissance de Pina Bausch quand les répétitions se terminent. Je vous conseille absolument d'aller voir ce documentaire très bien fait qui donne envie de voir le spectacle dans son intégralité. Depuis sa sortie, le film rencontre un succès qui ne se dément pas et de nombreux blogueurs dont Aifelle en disent beaucoup de bien.

29 novembre 2010

Les Mystères de Lisbonne - Raul Ruiz

Par manque de temps, j'ai ralenti mes lectures tout dernièrement. C'est pourquoi je continue de faire des billets "cinéma" sur des films (à voir en ce moment) que j'ai beaucoup appréciés.
Pour commencer, voici un film hors norme (4H30!) sorti depuis le 20 octobre et que je vous conseille vivement d'aller voir. Vu qu'il est projeté en VO sous-titrée, vous aurez le plaisir d'écouter la belle langue portugaise. Les Mystère de Lisbonne (hommage aux Mystères de Paris d'Eugène Sue) du réalisateur d'origine chilienne (
naturalisé français) Raul Ruiz sont adaptées d'un roman (non traduit en français (1)) de Camilo Castelo Branco (1825-1890), écrivain lisboète que l'on a pu comparer à Alexandre Dumas. L'histoire se passe au 19ème siècle à Lisbonne et un peu ailleurs (en France et à Venise). Un jeune garçon Joao, s'appelant en réalité, Pedro da Silva va découvrir quelles sont ses origines, qui sont ses parents. Pensionnaire dans un internat religieux lisboète, on le traite de bâtard. C'est grâce à un prêtre, le père Dinis, qui s'attache à cet adolescent, que l'on va découvrir peu à peu la famille de Joao/Pedro: il fait d'ailleurs la connaissance de sa mère. J'ai été frappée par le rythme immuable du film. Il n'y a aucun ralentissement ni accélération. La musique est belle. On se laisse porter par cette histoire qui nous est contée dans des décors magnifiques. Les costumes ne sont pas en reste. Tout est feutré. De nombreux personnages (interprétés par des acteurs portugais remarquables que je ne connaissais pas) apparaissent au fur et à mesure de ce récit foisonnant sous des identités différentes pour certains (comme le père Dinis par exemple). Tout le talent de Raul Ruiz est de ne jamais nous faire perdre le fil de l'histoire. En revanche, malgré un entracte bienvenu à la moitié du film, j'ai ressenti une certaine fatigue sur la fin (La séance commençait à 19H00 et s'est terminée à minuit!). J'essaierai de revoir Les Mystères de Lisbonne en version longue, soit 6 téléfilms d'une heure chacun qui doivent être diffusés sur Arte au printemps prochain. Voici le lien sur le site du film.

(1) Rectificatif du 26/04/2011: le roman a été traduit et publié en mars 2011 aux éditions Michel Lafon

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