Le blog de Dasola
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26 novembre 2023

La vie extraordinaire d'un homme ordinaire - Paul Newman

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Cette autobiographie, Paul Newman - la vie extraordinaire  d'un homme ordinaire (Edition La Table ronde, 2023, 334 pages dont une préface, une postface, des notes biographiques des témoins, une filmographie et un index) se lit pratiquement d'une traite. Elle a entre autre comme mérite de donner envie de (re)voir certains films de Paul Newman (1925-2008). Je fais partie des fans de cet acteur. Si vous attendez des révélations croustillantes, passez votre chemin. Cette autobiographie existe grâce aux souvenirs que Paul Newman a confié à un proche de la famille Newman, Stewart Stern. Ces souvenirs ont été recueillis entre 1986 et 1991. Il y avait plus de 14 000 pages de notes qui ont abouti à ce livre. Paul Newman commence par son enfance à Shaker Heights, une banlieue cossue de Cleveland dans l'Ohio. Il était membre de la seule famille juive du quartier très blanc (il n'y avait aucun Noir). Il avait un frère aîné d'un an, Arthur Jr. Son père Arthur Sr tenait, avec son frère Joe, un magasin d'articles de sport. La mère, Tress, était femme au foyer et elle vouait une adoration à Paul (au détriment d'Arthur). Paul Newman, avec ses yeux bleus très fragiles (et il était daltonien) a entretenu des relations très compliqués avec sa mère toute sa vie. Le livre parle de son enfance, de son adolescence, du fait qu'il a été tôt attiré par les filles. Il évoque son engagement dans la marine pendant la deuxième guerre mondiale. Il a fait un peu d'études universitaires à Yale avant de prendre des cours de théâtre. Il est passé par l'Actor's Studio. Il parle aussi pas mal de l'homme qu'il était dans le privé, sa rencontre avec sa première femme Jackie Witte, puis avec Joanne Woodward dans les années 50. Ils resteront mariés pendant 50 ans jusqu'au décès de Paul Newman. Il ne s'est pas remis du décès de son fils aîné Scott, mort d'une overdose. Il évoque aussi ses rencontres avec les réalisateurs ou certains acteurs et actrices. N'oublions pas qu'il a été aussi réalisateur de plusieurs films dont l'actrice principale était sa femme Joanne Woodward. Il parle sans détour du fait qu'il a beaucoup bu: surtout de la bière, qu'il éclusait par packs entier. Dans les années 60 et 70, il a soutenu des hommes politiques comme Eugene McCarthy et il est à l'initiative d'oeuvres caritatives pour des enfants très malades. Ce récit est ponctué de nombreuses interventions de témoins, réalisateurs, acteurs, producteurs, etc. Et il y a beaucoup de photos. Si vous connaissez des gens qui appréciaient Paul Newman, c'est un cadeau idéal. Et pour les autres aussi. La préface et la postface ont été rédigées par deux des filles de Paul Newman, Melissa et Cléa. 

21 janvier 2024

Le maître des livres - Umiharu Shinohara

Encore une série manga relativement longue (autant que Silver Spoon, mais moins que Les gouttes de Dieu) que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente après en avoir lu tous les tomes. Mais cette fois-ci, je ne les ai pas découverts au fur et à mesure de leur parution, mais sur une période rapprochée, et en bonne part grâce aux bibliothèques parisiennes. Juste retour des choses, puisque cette série très didactique nous fait découvrir... l'univers des bibliothèques au Japon.

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Le maître des livres, SHINOHARA Umiharu, Komikku, 15 tomes
(2011-2017 au Japon, 2014-2018 en France)

Le "maître des lieux" est selon toute vraisemblance Mikoshiba, un grand escogriffe coiffé "au saladier" ce qui le fait surnommer "champignon" par ses jeunes lecteurs irrespectueux. Le reste de l'équipe est constitué de deux jeunes femmes aux parcours plus ou moins improbables avant que la propriétaire les recrute, et de quelques bénévoles d'âges divers. La "mission" du bibliothécaire telle qu'elle est présentée dans cette "saga" est de pousser chaque lecteur à la découverte d'un livre qui lui conviendra... ce qui réclame un savoir encyclopédique, l'amour de son métier et des talents de psychologue!

Le "public'" qui gravite autour de la "Rose trémière" (bibliothèque privée, ainsi appelée du prénom de sa fondatrice, si j'ai bien compris) est constitué de différentes générations: des jeunes qui fréquentent l'établissement (écoliers, collégiens ou lycéens voire étudiants); leurs parents; les salariés de la bibliothèque (et leurs ami(e)s), cependant que nous sont narrés leurs parcours familiaux et professionnels avant d'atterrir dans ces lieux; quelques grands-parents ou vieillards sans enfants... Chaque petite intrigue impliquant quelques-uns des personnages et leurs interactions est l'occasion de mettre en valeur un pan des métiers du livre (essentiellement en bibliothèque): l'accès au livre en langue originale ou en traduction, en texte intégral ou en version pour enfant... 

Les suggestions de notre "maître des livres" offrent de leur côté l'opportunité de montrer des ouvrages soit "universels" (liés à la culture européenne, anglo-saxonne [souvent des livres initiatiques qui sont aujourd'hui des classiques, comme L'île au trésor, Le prince heureux, Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède]...) soit d'origine japonaise (La montre musicale). La découverte d'un livre donne souvent lieu à une morale applicable au lecteur auquel le livre a été conseillé. J'ai relevé qu'y figurent peu de livres d'origine africaine ou asiatique (autre que le Japon). 

Au fil des 15 volumes étendus sur plusieurs années, et des différentes tranches de vie avec quelques "fils conducteurs" ou arcs narratifs, on voit les enfants évoluer, changer de classe voire d'établissement. A noter que le dessin accentue me semble-t-il le côté "visages juvéniles", avec des adultes dessinés comme des ado- ou des adulescents. Si les adultes évoluent aussi, leur passé est évidemment plus riche pour donner matière à des "flash-back" (même pour les "seniors"... que l'on découvre donc "rajeunis"). N'oublions pas que, avant d'être rassemblés en volumes, les "chapitres" sont publiés dans des magazines spécialisés chacun dans un genre de manga. Les éditeurs faisant correctement leur travail, chaque dernier chapitre de chaque tome doit se terminer sur un suspense donnant envie d'aller plus loin... Les différents récits de vie qui s'entrelacent au fil des chapitres approfondissent les connaissances concernant tant les bibliothèques municipales, les bibliothèques au sein des établissements scolaires, que, comme c'est le cas de celle au coeur de l'ouvrage, les bibliothèques privées (financées par une entreprise voire un particulier). 

Je relève pour finir une citation dans le dernier tome, vraie sans doute dans tous les pays: "une bibliothèque non approvisionnée en livres perd sa raison d'être, elle devient inutile" (t.15). Enfin, c'est vrai surtout pour les bibliothèques "de lecture", moins pour les bibliothèques "de conservation"?

DocBird a chroniqué plusieurs volumes de la série, par exemple le tome 8. Juju Gribouille met quelques extraits dans ses chroniques (tome 1 ou tome 2). Le blog Chroniques d'un vagabond a parlé de la série. Galleane avait présenté le tome 1. Blog-O-Noisettes en a aussi chroniqué plusieurs tomes au fil des ans, tout comme Cap! Ô Capès doc. Liste non exhaustive que je complèterai éventuellement au fil de l'eau...

Peut-être cette série connaîtra-t-elle d'autres éditions dans quelques années (édition double - mais nombre impair de tomes! Ou édition "Perfect")?

21 octobre 2023

Au fil de ses lectures (et impressions au cinéma) - Présentation de Luocine, à l'occasion de son 500e commentaire chez dasola

Et de trois, en moins de six semaines! Il y a des périodes comme ça... Voici donc, après les récentes présentations de Manou et de Pascale, celle de Luocine. 
Celle-ci a fait, hier vendredi 20 octobre 2023 à l'heure du déjeuner, ses 499e et 500e commentaire chez dasola. Je (ta d loi du cine, "squatter" - et statisticien - chez dasola) lui ai envoyé aussitôt (enfin, à l'heure du dîner) un mail pour lui proposer une présentation sur le présent blog, grâce au petit questionnaire qui l'accompagnait. Une heure plus tard, j'ai reçu un mail me disant qu'elle était très contente et qu'elle me répondrait, et encore une heure plus tard, sont arrivées les réponses que vous pouvez lire ci-dessous. Une affaire rondement menée!

Je suis moi aussi content d'en avoir appris davantage sur elle et sur son blog.

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Luocine_blogBonjour Luocine, pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques (votre blog n’en contient aucun sauf erreur de ma part)? Ce pseudonyme a-t-il un sens particulier ? 

Je suis une lectrice compulsive, je l'ai toujours été depuis l'âge de 6 ans jusqu'à aujourd'hui. J'ai enseigné le français aux étudiants étrangers à l'université de Rennes.
Je suis à la retraite et la lecture reste mon passe-temps préféré. 
Luocine est un pseudo qui me rappelle ma mère qui m'a appris à lire et qui m'a donné le goût de la lecture. 
J'avais 14 ans quand elle m'a fait découvrir Marcel Proust. 

* Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un lecteur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, cette information a son importance)?

J'ai 76 ans. 

* Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ou l'art?

J'ai déjà répondu à cette question. 

* Parlons un peu de vous et de votre blog: Luocine (au fil de [vos] lectures et de [vos] impressions au cinéma). Son premier billet remonte au 27 août 2006. Dans quelles circonstances avez-vous souhaité le créer?  

J'ai souhaité créer ce blog pour ne pas oublier les livres que je lisais. Et j'ai peu à peu découvert le monde de la blogosphère surtout grâce à Babelio où je mets toujours mes lectures. 

* Vous utilisez aujourd’hui la plateforme « wordpress », pourquoi avoir quitté la plateforme « over-blog » en 2014? Vous pouvez nous raconter l’histoire (avec rapatriement des billets – mais non des commentaires – de l’un sur l’autre) ? Quid de l’achat du nom de domaine?

J'ai quitté overblog car il fallait accepter la publicité. C'est mon fils qui a rapatrié les articles mais il ne pouvait pas le faire pour les commentaires. 

* Vous n’y parlez plus aujourd’hui que de lectures… et plus de cinéma (depuis 2017, sauf erreur de ma part) ? Avez-vous cessé de voir des films?

J'ai cessé de parler de cinéma car il faut réagir très vite et je trouvais mes billets moins intéressants sur le cinéma que sur les livres. Mais je vais toujours au cinéma. 
Mais j'ai cessé d'aller au Festival du film britannique à Dinard, ce que je regrette.

* Vos billets sont classés selon différentes catégories (genre, nationalité de l’auteur, thème…) : comment avez-vous « pensé » ce classement ? Qu’est-ce qui décide du classement d’une œuvre ici plutôt que là? Vous êtes éclectique dans vos lectures? 

J'essaie de mettre les livres dans différentes catégories pour aider les lecteurs à se retrouver, je ne sais pas si c'est très utile.
Je suis d'autant plus éclectique que je participe à un club de lecture et le choix de ma médiatheque est éclectique. 

* En ce qui concerne la lecture: quel est votre but avec ce blog? Débroussailler le champ immense des lectures possibles, faire partager vos émotions de lectures…? 

Mon premier but c'est de garder des traces de ce que je lis. Mais je sais aussi qu'un certain nombre de personnes me suivent et le dialogue à travers les commentaires est passionnant. Comme je trouve souvent mes idées sur la blogosphère, je suppose que l'inverse est vrai. Et parfois je le vois grâce aux liens sur les billets. Je mets toujours (ou du moins à chaque fois que je le peux) un lien vers le blog où j'ai trouvé l'idée de la lecture d'un livre. 

* Votre système d’appréciation utilise des « coquillages » : pourquoi ? Est-ce un clin d’œil au terme de « coquille » utilisé dans l’édition (pour désigner une erreur d’impression)?

Les coquillages sont un clin d'œil à la plage où je vais me promener très souvent. 

* En moyenne et à titre indicatif, combien lisez-vous de bouquins par mois? Et pour rester dans les chiffres, quelle est la moyenne de fréquentation de votre blog par jour?

Je lis à peu près deux livres par semaine. 
Je vais tous les jours sur mon blog au moins pour enlever les commentaires indésirables (j'en reçois au moins 10 par jour).
Et je publie deux billets par semaine.  

* Suivez-vous les statistiques de votre blog? Avez-vous une idée du nombre de vos visiteurs?

Comme mon blog est régulièrement visité par des robots, je suis incapable de savoir combien de vrais lecteurs j'ai vraiment ... du coup j'ai supprimé les statistiques.

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie?

J'adore lire et je découvre beaucoup de problèmes du monde à travers les romans. 

* Combien de temps consacrez-vous à la lecture chaque jour?

Je ne peux pas imaginer une journée sans lecture.

* Salons du livre, rencontres avec les auteurs et séances de dédicaces … Les recherchez-vous?

Le seul salon près de chez moi c'est celui de Saint Malo, "Les étonnants voyageurs", mais je n'aime pas la foule. À chaque fois que j'ai vaincu cette réticence j'ai beaucoup aimé. 
Je n'ai aucun goût aux dédicaces. 
Je n'imagine aucun dialogue très intéressant avec un écrivain qui doit signer une centaine de livres par jour.

* Quelle blogueuse êtes-vous ? Challenges, Défi, lecture commune, tag, swap, … Vous ne semblez pas jouer à ces jeux émérites (sauf erreur de ma part) ? Est-ce que cela, à votre avis, peut inciter à lire un livre plutôt qu’un autre, ou pas ?

Je ne participe qu'à un challenge, "Le mois de littérature allemande". Je n'aime pas beaucoup être guidée dans mes lectures. 
D'autant plus que je suis déjà contrainte par mon club de lecture.

* Votre endroit favori pour lire?

Le coin du feu l'hiver, le jardin l'été. Le lit le soir.

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique? Vous avez un certain nombre de billets sur des livres lus en e-book, ou (beaucoup plus rarement) en audiolivres : que diriez-vous sur ces « modes » de lectures-là?

Je suis plutôt livre papier. Mais les e-book c'est parfait pour les voyages, en bateau particulièrement. Audiolivres: je n'aime pas écouter sans faire autre chose.
Tout mode de lecture se vaut, cela dépend de chacun, si on fait beaucoup de voitures, les livres en audiolivres c'est parfait.

* Comment choisissez-vous vos lectures? (bouche-à-oreille, cadeau, article de presse, hasard…)? Avez-vous un genre favori? Un auteur – vraiment – préféré?

Je l'ai déjà, dit le club de lecture me fournit beaucoup de livres, je lis aussi les livres coups de cœur des blogs que je suis.
J'ai été trop déçue par la presse, on sent que les journalistes ne lisent pas toujours les livres dont ils parlent. 
Je lis peu de polars car je déteste le Suspens. Je le dis souvent dans mes billets mais je commence souvent les livres par la fin. J'aime les livres qui font découvrir un problème social français ou étranger, historique ou contemporain. 
Je ne suis pas originale, mais pour moi Marcel Proust est un génie absolument inégalé. 

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

J'aime que la présentation soit soignée, et que le texte ne soit pas trop compact. 
Ensuite, dès la première phrase je suis happée par le livre et je vais voir aussitôt la dernière page.

* Offrez-vous des livres? Si oui comment les choisissez-vous?

Oui, c'est d'ailleurs le seul cadeau que je sache faire.
Je cherche des livres qui correspondent à ce que je sais de la personne.

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que vous avez pu lire?

La recherche du temps perdu.

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

* Pourquoi celui-ci?

Je trouve que chaque époque devrait avoir un Marcel Proust qui sache décrire la réalité sociale avec autant d'acuité. 
Et d'humour. 

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente?

Enfant je lisais tout le temps, je me rappelle avoir beaucoup pleuré à un livre qui s'appelait On demande une maman. J'avais adoré Le petit lord Fauntleroy. 
Adolescente j'ai beaucoup beaucoup lu.
Je retiens Martin Éden de Jack London, car j'aime toujours les récits de formation de l'esprit. 

* Comme d’autres «dévoreuses de bouquins», êtes-vous vous aussi tentée par l’écriture?

Non, je sais que je n'ai aucun style. 

* Vous rappelez-vous comment vous aviez découvert le blog de dasola, il y a près de 12 ans (décembre 2011)? (réponse facultative!)

Le plus souvent je découvre un blog grâce aux interactions entre blogs. 

* La question suggérée par Dominique: "êtes-vous parfois tentée d'arrêter le blog?"

Non, absolument pas. 

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle autre question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

"Est ce que cela vous manque que les auteurs des blogs que vous aimez ne soient que des connaissances virtuelles?"

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Cette fois-ci, je ne remets pas l'intégralité des liens vers les neuf présentations précédentes (vous les trouverez dans les deux [Pascale et Manou] indiquées en introduction - et via les icônes "Vous aimerez peut-être" avant les commentaires ci-dessous!). Plusieurs autres blogueurs et blogueuses ont dès à présent dépassé les 400 commentaires chez dasola, c'est donc une question de mois ou l'affaire d'un an ou deux avant qu'on leur propose à leur tour de se présenter ici... Mais patience, cela peut prendre plus longtemps: il s'est déjà passé plusieurs années, après plusieurs présentations à intervalle rapproché, sans qu'une nouvelle se fasse jour (pour cause de refus, de ralentissement de rythme...). Vous verrez bien, ce sera la surprise!

18 septembre 2023

Harry Potter et l'ordre du phénix - J. K. Rowling (livre) / David Yates (film)

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Bon, c'est de justesse que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) réussis à finaliser un troisième billet dans la dernière ligne droite (troisième mois) pour les challenges estivaux (l'automne sera bientôt là): "Les épais de l'été" que j'organise chez dasola, et "Les pavés de l'été", organisé de son côté par Sibylline sur son blog. Je continue dans la saga de J. K. Rowling en traitant cette fois-ci son cinquième volet, après mon billet précédent sur Harry Potter et La Coupe de feu.

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J. K. Rowling, Harry Potter et l'Ordre du Phénix, Folio junior N°1364, 2003, 1032 pages. 
David Yates, Harry Potter et l'Ordre du Phénix, 2007, 138 minutes.  

P1160686Cette fois-ci, je vais commencer mon billet par le film (sorti en 2007 - et chroniqué par dasola à l'époque). Lors d'une belle journée estivale, Harry qui se trouve dans un square se fait embêter par son cousin Dudley et ses acolytes, lorsqu'éclate un orage soudain. Puis tout va très vite: en même pas 10 minutes (correspondant à peu près à 75 pages du livre), nous voici arrivés au repaire du fameux "Ordre du Phénix". À la suite de cela, Harry découvre les plaisirs du Ministère de la magie avant la rentrée à Poudlard (29 minutes / 240 pages). Vous dirai-je que la préfecture ne revient pas à qui l'attendait? Encore une fois, la personne qui doit enseigner la "défense contre les forces du mal" ne se révèle guère sympathique, que ce soit en terme d'encre ou de postulats en cours (et nous voilà à la 40e minute et vers la p.320). À l'initiative du Ministère, l'Inquisition débarque à Poudlard, cependant que tel ou tel de nos héros réagit en protestant. Mais Dumbledore fuit Harry, et son parrain lui donne le meilleur des conseils: "vous devez vous débrouiller seuls!" (50e minute - et différence avec le livre). Bisous à la 103e minute (p.544). Les leçons d'occlumancie comme l'attaque du serpent sont expédiés en quelques courtes séquences. Evasion collective d'Azkaban à la 76e minute (p.647), et évaporation de Dumbledore à la 82e (p.741). Mais la révolte contre la nouvelle direction de l'école éclate en feu d'artifice à la 92e minute: un grand moment à l'écran! La bande d'Harry investit le ministère après la 100e minute (p.912). Et ça cavale, et ça cavale. 

Au final, dans ce cinquième volet de la saga, il se passe et se dit plein de choses à l'écran. Avec une phrase pour 10 minutes de film, je ne vous ai presque rien dévoilé, hein! Moins qu'une bande-annonce en tout cas. Je rajouterai juste que la tête de Sirius dans le feu est traitée différemment que dans le 4ème film (qui n'était pas de Yates). Le concierge Rusard tient une place non négligeable dans ce film, avec quelques gags récurrents et muets. Pas de Quidditch dans cet opus cinématographique par contre. Les géants n'apparaissent pas non plus à l'écran (ou guère). Et, anecdotiquement, j'ai eu l'impression qu'Hermione confondait quotient intellectuel et sensibilité dans la scène montée?

P1160685À chaque fois que je relis la phrase "Ce n'est pas parce que tu as la capacité émotionnelle d'une cuillère à café qu'il en va de même pour tout le monde" (p.547), je rigole. Mon édition du livre, achetée d'occasion en 2007 et relue plusieurs fois depuis, a... vécu (pages et couverture cornées...). Ce long livre (1032 pages, le plus long des cinq alors parus) retrace comme les autres une année de Poudlard, mais une année plus difficile que jamais encore pour Harry. Il devra y subir la mort d'un proche (ce n'est pas la première fois bien sûr), mais il sera aussi en butte à une forme de persécution institutionnelle, alors que sa "célébrité" passée (l'enfant qui a permis naguère la disparition de Qui-vous-savez) se retourne contre lui (l'adolescent perturbé qui veut se rendre intéressant en faisant croire que Qui-vous-savez est de retour).

Et leurs hormones travaillent nos adolescents, même si Hermione-la-surdouée garde ici la tête la plus froide. Quand certains piliers de l'équipe de quidditch de Gryfondor se font interdire de jeu par mesure disciplinaire, Hermione se mêle du choix de leurs suppléants. C'est elle encore qui a l'idée d'organiser la résistance des élèves à la tyrannie, alors que l'Ordre du Phénix s'apparente davantage à un mouvement d'anciens combattants. À un moment, entre renvoi d'un enseignant, départ à l'hôpital d'un autre, et profil bas de la plupart, Harry se retrouve en manque de soutien adulte à Poudlard. Les séances d'examen des BUSE (brevet universel de sorcellerie élémentaire) sont longuement développées dans le livre: cette cinquième année est bien une année-charnière.

Il y a bien évidemment dans le livre des séquences, des explications, des scènes entières, qui sont dans le film traitées très elliptiquement voire pas du tout, comme la grande explication finale entre Harry et Dumbledore, dans le bureau de ce dernier, où Harry pique une véritable crise de nerf. On recroise le personnage de l'elfe Dobby, ainsi que le centaure Firenze jadis rencontré dans la Forêt interdite, alors qu'ils ne figurent pas dans le film. Le concierge Rusard se fend de discours venimeux. Harry a l'occasion de se demander s'il n'a pas quelque peu idéalisé son père. À la fin du livre, Harry doit une fois de plus retourner chez sa tante, son oncle et son cousin, mais ces derniers récoltent une mise en garde mémorable.

Et voilà... Je pense qu'il va s'agit de ma dernière participation pour 2023 aux challenges sur de gros livres. Au moins, j'aurai réussi à en publier une par mois. 

Dans le cadre des challenges "Pavé de l'été" de Brize (organisés entre 2012 et 2022), Tiphanie l'avait lu en VO dans le texte en 2013. 

Edit du 21/09/2023: Bon sang mais c'est bien sûr, Harry Potter peut aussi participer au 11e Challenge de l'imaginaire! cli11-02

14 septembre 2023

Dans la Bulle de Manou - Présentation de Manou (après son 500e commentaire sur le blog de dasola)

Près de trois ans après la dernière présentation d'une blogueuse ayant dépassé les 500 commentaires sur le blog de dasola, voici celle de Manou, qui s'est pliée au jeu pour nous parler de son blog "Dans la Bulle de Manou", un peu moins de 7 ans après son premier commentaire ici (il remonte au 9 novembre 2016), en répondant au questionnaire "sur mesure" que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) lui ai transmis en fin de semaine dernière. Les présentations sont donc désormais au nombre de huit (1), cependant qu'une autre blogueuse qui a franchi presque en même temps le "cap des 500" a été sollicitée en parallèle mais n'a pas répondu à ce jour.

Pour le moment, donc, honneur à Manou, qui disait dans son mail d'accompagnement qu'elle ignorait que les commentaires étaient comptabilisés aussi minutieusement sur le blog de Dasola, ne pas avoir répondu tout de suite car très occupée, ne pas avoir l'habitude de se livrer ainsi, "mais, à partir du moment où on écrit dans un blog, on se dévoile forcément déjà un peu (j'avais d'ailleurs répondu à des tags au début de mon blog pour faire plaisir à de jeunes blogueuses, ils sont toujours disponibles sur mon blog). Alors pourquoi refuser cette sympathique interview ! J'ai répondu sans trop réfléchir le plus sincèrement possible et comme d'habitude je suis un peu longue. Difficile de faire plus court !"

Merci à Manou pour ses réponses que vous pouvez découvrir ci-dessous (en bleu)!

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DanslaBulledeManou_2 Bonjour Manou, pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un lecteur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, ou bien les disponibilités en temps [de rédaction de billets comme de parcours de la blogosphère] pouvant varier avec l’âge, cette information a son importance)? 

Je peux donner mon âge sans problème, je n’ai aucune réserve à ce sujet.
J’ai 70 ans, je suis mariée, j’ai deux fils qui pour l’instant, m’ont donné trois merveilleux petits-enfants (entre 14 et 3 ans).
Je suis née en Provence et vis actuellement à la campagne dans un hameau au milieu des vignes, mais comme ce n’est pas un secret non plus, j’ai des origines auvergnates par mon père et provençales par ma mère et ma seconde région de cœur est donc le Velay où j’ai la chance d’avoir pu conserver la maison familiale. 

* Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ou l'art?

J’ai une maîtrise de Sciences Naturelles et si rien au départ ne me prédestinait à me diriger vers un métier littéraire, c’est en faisant du bénévolat dans une petite médiathèque de campagne que j’ai eu envie de passer le CAFB jeunesse et adulte qui m’a permis de travailler comme bibliothécaire. Puis ensuite, j’ai passé un CAPES de documentation et je suis donc entrée dans l’enseignement comme enseignante-documentaliste. Là j’ai exercé en collège et Lycée pro essentiellement et plus de la moitié de ma carrière en ZEP. 

* Parlons un peu de vous et de votre blog: Dans la bulle de Manou. Dans quelles circonstances avez-vous souhaité le créer? Vous utilisez toujours la plateforme « overblog » (sur lequel vous l’aviez créé en avril 2012). Vous pouvez nous raconter l’histoire de cette création ? Pourquoi ce nom ? Quid de l’achat du nom de domaine ?

J’avais déjà créé plusieurs blogs essentiellement avec "wordpress" pour des projets précis avec des enseignants, ou des clubs de lecture et je connaissais donc bien la blogosphère. J’ai juste eu envie de rassembler mes lectures sur un seul support en mesurant tout ce que j’avais perdu de mes lectures passées. Ayant été nommée plus près de chez moi, faisant moins de trajets en voiture, j’avais davantage de temps pour moi, voilà donc pourquoi j’ai créé mon blog. J’ai choisi ce surnom parce que ma petite-fille dès qu’elle a su parler m’appelait Manou et j’ai trouvé cela tellement adorable que je lui ai en quelque sorte dédiée mon blog. Pour le nom de domaine, ce sont des blogueurs passionnés qui m’ont convaincu de le faire pour diverses raisons, et je ne le regrette pas. 

* Livres, découvertes, créations, voyages… De fait, les articles que l’on peut lire sur votre blog sont très diversifiés (aujourd’hui près d’une trentaine de « catégories », avec un regroupement dans six rubriques de la barre de menu). Etait-ce prévu dès le départ, ou vos centres d’intérêt bloguesques ont-ils évolué au fil du temps ?

Au départ, je voulais surtout garder une trace de mes lectures et je n’étais pas attirée du tout par les blogs uniquement littéraires donc je ne voulais pas que le mien soit littéraire. D’ailleurs les blogueuses et blogueurs littéraires « boudaient » mon blog qui ne leur paraissaient pas assez « sérieux », mais je n’ai pas renoncé, je voulais que mon blog soit le reflet de mes passions et j’ai toujours pensé que par d’autres sujets on pouvait atteindre des personnes non lectrices. Dès le début, durant l’année 2012, j’ai mis des articles sur les plantes, des photos sur mes balades, des recettes de cuisine et des articles sur les traditions provençales. Mais c’est surtout depuis que je suis à la retraite que je développe davantage en rédigeant des articles plus longs.
Avant, entre famille et travail, je ne disposais pas d’assez de temps. 

* Les grandes rubriques sont : voyages et balades ; plantes ; créations ; découvertes (paysages, patrimoine…) ; et bien entendu « bibliothèque ». Désormais, votre blog fait donc la part belle à la nature, aux plantes, aux oiseaux (et autres animaux !). Quel est votre but avec cet éclectisme ? Souhaitez-vous détailler, préciser ? Les lecteurs de votre blog semblent-ils réagir davantage à certains thèmes qu’à d’autres ?

Je n’ai pas de but précis, j’écris des articles en fonction de ma vie d’aujourd’hui, je m’adapte à mon quotidien, parfois cela fait des articles répétitifs comme les fleurs du jardin au printemps, par contre cette année je ne reparlerai pas des vendanges alors qu’elles ont commencé depuis 15 jours parce que j’ai d’autres sujets à partager. 
Les lecteurs de mon blog ne sont pas tous des lecteurs et je le dis assez souvent, ils ont le choix de ne commenter que les articles qui les intéressent vraiment, enfin c’est ce que je souhaite. 

* Vos aquarelles sont magnifiques. Depuis quand pratiquez-vous ? En autodidacte ou en l’ayant étudiée ?

Merci ! 
Cela ne fait pas longtemps… Comme je l’ai raconté d’ailleurs dans mon blog j’avais découvert la pratique de l’aquarelle lors de vacances pluvieuses en Bretagne avec un étudiant des Beaux-Arts qui avait proposé cette activité aux vacanciers. Mais je n’ai que rarement pratiqué ensuite. À ma retraite, j’ai suivi des cours pendant deux ans dans le cadre d’une activité MJC hebdomadaire, avec une enseignante formidable qui a su me donner confiance mais qui a arrêté son activité. Pour l’instant je n’envisage pas de trouver d’autres cours… peut-être des stages à l’occasion, qui sait ?

* Pour ce qui concerne les plantes : vous avez plusieurs potagers et vergers (confitures, gâteaux et autres plats en témoignent !), mais vous vous intéressez aussi aux plantes rencontrées en balade ? D’où vous viennent ces pratiques et cet intérêt ?

De mes études avant tout. Enfant j’ai toujours eu un jardin potager soit chez mes grands-parents soit chez mes parents car nous vivions en périphérie d’une petite ville et je m’amusais à planter comme les grandes personnes. En dehors de l’école je passais mes journées dehors dans la nature, je n’avais peur de rien… mais je ne m’intéressais pas de près à tout cela, je préférais jouer ! Mes études m’ont permis d’approfondir et je dois aussi beaucoup à mon mari qui est encore plus passionné que moi ! 

* La gourmandise : par hasard, le terme de « gourmande » serait-il signifiant ? Cuisinez-vous « pour vous » ou « pour les autres » ?

Je ne suis pas gourmande du tout ! Dans ma famille, nous avons toujours mangé simplement, très rarement fréquenté les restaurants par manque d’argent. J’ai gardé ces habitudes-là. Je cuisine pour partager avec les autres et faire plaisir et aussi pour savoir ce que j’ai dans mon assiette. Je préfère sélectionner rigoureusement ce que je mange car je fuis la malbouffe et la nourriture toute faite, mais je ne fais jamais rien de compliqué car je ne veux pas passer toute une matinée en cuisine pour autant. 

* En ce qui concerne la rubrique « La bibliothèque de Manou » (vos lectures), votre blog ne comporte pas d’index par nom d’auteur ? Pourquoi ce choix ?

Parce que ce n’est pas un blog littéraire. Si quelqu’un veut savoir si j’ai lu tel auteur, il lui suffit de taper le nom dans le moteur interne du blog (qui n’est pas toujours bien précis, je le sais mais c’est ainsi).

* En moyenne et à titre indicatif, combien lisez-vous de bouquins par mois? 

Une dizaine selon l’épaisseur, l’intérêt, la saison et la présence des membres de ma famille ou pas.

* Débroussailler le champ immense des lectures possibles, faire partager vos émotions de lectures…?

Je choisis souvent mes lectures au feeling, en me baladant dans les rayons des deux médiathèques que je fréquente ou en suivant le conseil des bibliothécaires. Je suis souvent les conseils des autres blogueurs, je fais partie d’un club de lecteurs et je note des titres qui m’intéressent que parfois je lirai des années après. Je suis aussi les conseils des libraires à l’occasion, ou je choisis en fonction des articles lus dans les médias ou sur Babelio. 

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie? Vous dites que, aimant les livres, vous avez eu la chance d’en faire votre métier : pouvez-vous préciser ici ?

Oui la lecture tient une place importante dans ma vie depuis que je sais lire. Elle permet de voyager, de rêver, de sortir de la réalité quotidienne bien mieux que l’image. Elle permet aussi d’apprendre sur nous et sur les autres.
J’ai expliqué comment j’avais pu exercer un métier autour des livres mais c’est vrai que je n’ai pas dit pourquoi. En fait je n’y songeais pas au départ, mais ayant des envies très diverses, je pense que si j’avais exercé un autre métier qui ne fasse appel qu’à une seule de mes compétences je me serais ennuyée… l’idée de travailler autour des livres s’est imposée à moi par chance, je peux le dire car c’est en rencontrant des personnes inconnues dans un lieu où je n’aurais pas dû me trouver que j’ai découvert que c’était cela que je voulais faire au fond de moi depuis des années… une sorte de révélation qui a changé ma vie.  

* Combien de temps consacrez-vous à la lecture chaque jour?

Cela dépend, en été au minimum 1 heure le soir… sinon ça me manque. En hiver, beaucoup plus. 

* Salons du livre, rencontres avec les auteurs et séances de dédicaces … Les recherchez-vous? 

Plus du tout maintenant, j’en ai beaucoup trop fréquenté durant mes années professionnelles. Mais si ces manifestations ont lieu près de chez moi, si je ne connais pas l’auteur par exemple, ma curiosité peut me pousser à y aller. Mais j’achète peu de livres. 

* Quelle blogueuse êtes-vous ? Challenges, Défi, tag, swap… Il y en a sans doute trop pour participer à tous, et du coup vous ne souhaitez sans doute pas participer à l’un et non à l’autre… Mais est-ce que cela, à votre avis, peut inciter à lire un livre plutôt qu’un autre ?

Au début de mon blog, je m’étais laissé tenter (certains tags ou défis lecture ou autres sont encore en ligne sur mon blog), et puis j’ai découvert que cela m’enfermait dans une contrainte qui ne me correspondait pas, donc j’ai arrêté. Pourtant certains sont très intéressants et me permettraient en effet de lire d’autres auteurs… Je participe seulement et encore pas tout le temps au défi de Céline ["Avec vos 10 doigts", blog aquarellement vôtre, NDLR] qui propose un sujet d’aquarelle car cela me permet de travailler un sujet auquel je n’aurais pas forcément pensé ! 

* Votre endroit favori pour lire?

Chez moi; je déteste lire dans un lieu public y compris dans une bibliothèque, tout comme dans la nature, je n’arrive pas à me concentrer sur ma lecture ! Je ne pourrais pas lire un roman dans un train par exemple… 

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique? Vous avez un certain nombre de billets sur des livres lus en e-book, ou (beaucoup plus rarement) en audiolivres : que diriez-vous sur ces « modes » de lectures-là ?

Je suis plutôt livres papier mais j’accepte de temps en temps de lire en e-book en vacances. Si les audiolivres avaient existé lorsque je faisais 1 heure de trajets matin et soir pour aller travailler, j’en aurais été une très grande consommatrice. Actuellement, je trouve rarement le temps et le lieu pour écouter tranquillement un livre, mais je suis certaine que la vie m’en donnera l’occasion un jour. 

* Comment choisissez-vous vos lectures? (bouche-à-oreille, cadeau, article de presse, hasard…)? Avez-vous un genre favori? Un auteur – vraiment – préféré?

Je viens de donner la réponse quant à ma façon de choisir. 
Je n’ai pas un genre favori parce que mes lectures varient en fonction de mon humeur, de mon degré de concentration et de mes envies du moment.
Je n’ai pas un auteur préféré mais quand je découvre ou redécouvre un auteur comme je l’ai fait cette année avec René Frégni, j’aime approfondir en lisant plusieurs de ses œuvres…  

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

À l’ambiance avant tout, aux émotions que les mots suscitent en moi, à l’analyse psychologique des personnages. Dès les premières pages, je sais si je vais aimer ou pas une lecture. 

* Offrez-vous des livres? Si oui comment les choisissez-vous?

J’offre beaucoup de livres et je les choisis en fonction des goûts des personnes à qui je les offre. 

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que vous avez pu lire?

J’ai été très marquée par ma découverte des écrits d’Alexandra David-Neel. À sa mort j’étais adolescente et je n’aimais lire que de la SF en dehors de ce que les enseignants nous donnaient à lire. 
Mon professeur de français nous avait conseillé de découvrir son récit Voyage d’une Parisienne à Llassa. Je n’en revenais pas ! 

ADN_JournalduneParisienneaLlassa

* Pourquoi celui-ci?

Je crois qu’il a ouvert mon monde sur des possibles… et que j’ai dû penser «alors les femmes peuvent faire tout cela »… ensuite j’ai lu Colette, Simone de Beauvoir, puis Annie Ernaux et beaucoup d’autres auteurs femmes que j’ai lues pendant des années ! 

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente? 

Aucun mauvais souvenir, je lisais beaucoup…et j’aimais lire ! 
Enfant j’étais une adepte des albums de « Caroline » (pas des « Martine » que je détestais !). Je n’avais pas beaucoup de livres alors je les connaissais par cœur et plus grande les « clubs des cinq » ont bercé mes vacances, ce n’est pas original. Mais je me souviens en sixième de ma découverte de George Sand, un auteur que j’ai abandonné à l’adolescence pour ne jamais cesser de la lire ou la relire ensuite. Puis de ma découverte de la SF et de Lovecraft que je dévorais tout en lisant en parallèle tous les Prévert qui me tombaient sous la main, déjà… je ne pouvais pas choisir entre les deux ! C’est amusant ! 

* Comme d’autres «dévoreuses de bouquins», êtes-vous vous aussi tentée par l’écriture?

Absolument pas. Malgré les apparences je n’aime pas parler de moi et tout écrivain parle d’abord de lui. Mais j’aime écrire dans mon blog, c’est stimulant intellectuellement !

* Suivez-vous les statistiques de votre blog? Avez-vous une idée du nombre de vos visiteurs?

Je ne suis pas particulièrement ces statistiques mais sur overblog elles s’affichent sur le tableau de bord à l’ouverture de l’administration, donc je ne peux que les voir ! 
Alors depuis la création de mon blog, j’ai eu 4 469 657 visiteurs (je prends le chiffre exact de ce jour). 

* Et pour rester dans les chiffres, quelle est la moyenne de fréquentation de votre blog par jour ?

Je n’ai jamais dévoilé ces chiffres qui me semblent peu importants. Par jour en moyenne j’ai 1000 visites actuellement, des chiffres en baisse ces dernières années surtout depuis le COVID. 

* Vous rappelez-vous comment vous aviez découvert le blog de Dasola? (réponse facultative!)

Honnêtement, pas précisément… Mais je sais que dans la colonne de droite de son blog il y a la date de mon premier commentaire ! Je crois que c’est elle qui est venue la première sur mon blog, sans doute par l’intermédiaire d’une autre blogueuse, peut-être de Miss Fujii ( ?) qui ne publie plus à présent. Je n’en garde aucun souvenir précis mais si je suis revenue c’est que j’ai aimé lire ses présentations de films (car j’allais beaucoup au cinéma avant) et de polars…

* La question suggérée par Dominique: "êtes-vous parfois tentée d'arrêter le blog?"

Pour l’instant non, j’ai été tentée d’aller sur d’autres réseaux mais j’avais peur que cela devienne beaucoup trop chronophage et je voulais continuer à pouvoir visiter mes blogs préférés en personnalisant mes commentaires et surtout à avoir une vie à côté du blog ! 

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle autre question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

Et bien par exemple pourquoi j’ai accepté de répondre à cette interview, moi qui n’aime pas me mettre en avant, ne raconte jamais ma vie privée sur mon blog, seulement mes balades, qui ne montre pas de photos de mes proches, ne raconte rien d’important finalement…
Et bien ma réponse c’est que cela me fait sortir de ma zone de confort, de ma fameuse « bulle » et que parfois c’est sympa d’être forcée de le faire de manière inattendue…
Merci de m’avoir demandé de le faire donc ! 

 DanslaBulledeManou

 *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *  *

(1) Ci-dessous les sept témoignages précédents (avec leur nombre de commentaires lorsqu'elles-ils avaient témoigné, et aujourd'hui):
Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017 (500 => 676)
Aifelle (le goût des livres) le 25 octobre 2017 (750 => 1179), 
Maggie (Mille et un classiques) le 12 août 2018 (600 => 921) 
Ffred (le ciné de Fred) le 23 octobre 2018 (500 => 540 / en pause depuis septembre 2021).

Keisha (en lisant en voyageant) le 26 avril 2019 (500 => 709)
Matching points "pour les femmes mais pas seulement" le 12 mai 2020 (500 => 609 / viennent d'"arrêter leur aventure du blog")
Alex-mot-à-mots (Mot-à-mots) le 23 novembre 2020 (500 => 624)

Une blogueuse ayant décliné l'invitation à répondre après son 500e commentaire sera de nouveau sollicitée pour son 600e, puis en cas de nouveau refus pour son 750e... Jusqu'à présent, il n'a jamais fallu attendre le 1000e commentaire pour une quatrième sollicitation!

7 septembre 2023

La vilaine veuve (Nice, le procès oublié) - Robert McLiam Wilson

Après celui sur les retraites, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente ce mois-ci le petit "Hors-série" noir de Charlie Hebdo sur le procès de l'attentat de Nice, titré La vilaine veuve. Je l'avais acheté en kiosque, à peu près à la même date que l'autre hors-série, en janvier 2023. 

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La vilaine veuve. Nice, le procès oublié. Robert McLiam Wilson (traduit de l'anglais par Myriam Anderson), Hors-série N°2H, 80 pages, 5 euros.

À la fin de l'année 2022 s'est tenu le procès concernant l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, qui avait fait 86 morts dont 15 enfants et plus de 400 blessés, écrasés par un camion conduit par un seul homme, finalement abattu (attentat revendiqué par Daech deux jours plus tard). Huit personnes de l'entourage du terroriste sont accusées d'avoir été complices dasn la préparation de l'attentat, de lui avoir fourni des armes ou d'avoir joué le rôle d'intermédiaire quand il cherchait à s'en procurer, d'avoir donc été au courant de son projet (il se serait radicalisé très rapidement, alors qu'il n'était pas religieux antérieurement)... 

Robert McLiam Wilson a couvert le procès pour le compte de Charlie Hebdo, où il a chaque semaine publié un article. Il y parle des parties civiles, des avocats, des juges, des accusés... à hauteur humaine. Il explique aussi avoir souvent éprouvé le besoin de se réfugier dans la boisson alcoolisée, seul ou en compagnie, pour supporter ces dures journées de procès. Il est plutôt féroce pour les hommes politiques qui viennent témoigner: Christian Estrosi, maire de Nice à l'époque; François Hollande, Président à l'époque, qui, semble-t-il, utilise les mêmes mots déjà servis lors des procès précédents (attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher en janvier 2015, attentat du Bataclan et des terrasses le 13 novembre 2015...): "quand il y a un attentat, il y a un échec" (p.32). 

Du coup, ce hors-série n'est pas seulement un récit chronologique d'un procès. Les "angles" sont diversifiés. Au fil des semaines, des témoignages, des choses difficiles à supporter sont évoquées: les vautours dépouillant, sur la chaussée même, les victimes (mortes ou blessées) de leurs téléphones portables; des prélèvements d'organes effectués sur les cadavres à l'insu des familles (pendant des "autopsies inutiles et cruelles" [p.68])... Robert McLiam Wilson est parfois amer sur le fait que ce procès, qui se tenait à Paris, a semblé drainer moins de public que les procès précédents: parce que les victimes étaient niçoises? Il s'est même déplacé pour un reportage de quatre jours à Nice. 

Dans l'un des chapitres, il remarque en passant que les journalistes qui couvrent le procès sont, pour la plupart, de jeunes femmes. Dans un autre, que le cumul de la représentation de nombreuses parties civiles (même si "ça ne fait pas grand-chose par client", p.69) peut constituer une "bonne affaire" pour certains avocats, avec l'aide juridictionnelle payé aux frais du contribuable. Je me permets aussi de citer le blog Ça passe crème de Thierry Vimal, qui a perdu sa fille de 12 ans lors de l'attentat (je l'ai découvert grâce à Robert McLiam Wilson qui l'évoque p.24): un style particulier, une scansion courte... et de longs textes.

J'ai apprécié la sorte d'anathème qui fait que (sauf ereur de ma part) l'identité exacte du chauffeur cinglé n'est nulle part écrite dans ce hors-série: l'"oubliable connard" qui a loué un camion et l'a conduit en zigzag pour faire le plus de victimes possibles est juste évoqué par un surnom, "Momo" (j'approuve cette damnatio memoriae). Et Robert McLiam Wilson n'est certes pas tendre avec une quelconque excuse liée aux antécédents familiaux du terroriste (p.41: "Unanimement, c'est le père, rustique et ratatiné, qu'on tient pour responsable. Le pauvre Momo aurait souvent été battu. il était pauvre, n'avait pas de jolis habits. Membre méprisé d'une famille qu'on prenait de haut. Moi pareil, mec. Et après, j'ai fait Cambridge.").

Autre citation: p.59, il demande à des témoins parties civiles ce qu'ils pensent des témoignages des accusés. "Ils se foutent de nous", a soufflé Jacques, d'une voix basse et tendue. Et Marie-Claude de l'interrompre (comme souvent, c'est leur manière). Ça, on pouvait s'y attendre, dit-elle. Mais n'oublie pas, le lendemain de l'attentat, ils ont rouvert les plages. Ça, c'est du vrai foutage de gueule." 

Après avoir lu ce hors-série pour la première fois, j'avais noté deux mots: brut. Brutal. En tout cas, Robert McLiam Wilson sait écrire (même si je ne connais pas sa "version originale", je suppose que la traduction se fait "au plus près"). Le titre du recueil, "La vilaine veuve", est utilisé comme une expression usuelle dès la page 4 (introduction), où il rappelle que dès 2016, il remarquait que cet attentat de Nice était moins inscrit dans la mémoire collective que ses prédécesseurs parisiens ou d'autres: "L'attentat de Nice fait tapisserie parmi les attentats terroristes en France des dix dernières années. Oui, c'est vraiment la vilaine veuve". Mais je n'ai pas la référence de cette expression. Anglicisme, peut-être, citation biblique, ou autre? Je ne sais pas...

Pour le Hors-série signé Gilles Raveaud, je m'étais vaguement demandé s'il s'agissait de la reprise de chroniques passées, d'une rédaction originale, ou d'un mixte des deux, mais je n'avais pas creusé plus que cela. Pour La vilaine veuve, où j'avais réellement eu une impression de "déjà-lu", j'ai pu vérifier la parfaite concordance avec les chroniques hebdomadaires dans Charlie. Ainsi, les deux articles publiés p.15 du N°1573 du 14/09/2022 correspondent aux p.7 à 9 et 10-11 du Hors-série. L'hebdo y ajoutait deux dessins de Biche. Les N°1586 du 14/12/2022 (p.10) et 1587 du 21/12/2022 (p.10 aussi) correspondent exactement à l'avant dernier chapitre (pp.71-75) et au dernier (p.76-80). Les 16 chapitres (dont l'introduction) doivent donc correspondre, je suppose, aux 16 numéros (1572-1587), même si je n'ai pas fait la vérification exhaustive).

Quelques mots concernant l'auteur. La page wikipedia le concernant (consultée le 6 septembre 2023) signale que "Robert McLiam Wilson est contributeur à Charlie Hebdo depuis fin janvier 2016. Son premier article a été publié le 20 février 2016". Il est aussi écrivain, et j'ai commencé à lire Ripley Bogle (360 pages), mais mes disponibilités en temps de lecture ne me permettaient pas de le chroniquer pour ce mois-ci. Je me souviens en tout cas que, lors du confinement, Robert McLiam Wilson avait rédigé un article sur le développement des livraisons à vélo de nourriture à vélo (Uber Eat, et autres), et je me rappelle son anecdote rédigée drôlement quand il expliquait avoir vu passer un (et un seul) de ces "forçats de la rue" [l'expression est de moi!] de type caucasien, mais ne pas avoir réussi à le rattraper pour l'interviewer... 

Enfin, je signale que le Hors-série peut toujours être commandé sur le site du journal (boutique). Yannick Haenel en avait fait une présentation en interviewant l'auteur dans le N°1590 du 11/01/2023.

PS: sans rapport avec le sujet de l'article, je signale aussi que j'ai bien apprécié que, cet été 2023, Charlie republie chaque semaine (dans sa série "un été avec..." qui rend hommage chaque année à un de leurs "anciens") des chroniques de Bernard Maris: salutaires... 

*** Je suis Charlie ***

7 décembre 2023

Ma tata Thérèse - Fabrice Nicolino / Catherine Meurisse

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) choisis ce mois-ci la présentation d'un livre pour enfants dans le cadre de mes "billets du 7". L'éditeur le suggère "dès 7 ans", je pense que cela peut être une idée de cadeau pour Noël... 

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Ma tata Thérèse, Fabrice Nicolino - Catherine Meurisse, éditions Sarbacane, 2012, 88 pages

Les deux auteurs de ce livre publié il y a 11 (ou 12?) ans font aujourd'hui partie des "survivants" de la rédaction de Charlie Hebdo après le massacre du 7 janvier 2015: Fabrice Nicolino a été grièvement blessé dans la salle de rédaction, tandis que Catherine avait eu une panne de réveil, était en retard et se trouvait dans la rue quand elle a entendu les tirs. Mais cet ouvrage n'a pas grand-chose à voir avec le contenu ordinaire du journal, si ce n'est que Fabrice Nicolino continue à tenir une rubrique "écologique" dans celui-ci, cependant que Catherine a publié il y a quelques années un album sur son enfance campagnarde, Les grands espaces. 

Ici, au contraire, nous avons un tout petit appartement parisien, durant les années 1960, du côté du Quartier Latin. Mais cet appartement nous est présenté comme une véritable arche de Noé. Je cite l'avertissement: "avant de commencer à découvrir ma tata Thérèse, il est nécessaire de préciser deux ou trois points. Ce sont des souvenirs de ce que j'ai vécu entre 1960 et 1966. J'avais entre 5 et 11 ans. Le récit qui suit n'est pas chronologique. Parfois j'ai huit ans, parfois j'en ai dix, parfois j'en ai six. Il ne faut pas faire attention. Ce qui compte, c'est que tout est réellement arrivé. Tout".

Racontés, donc, à hauteur d'enfant, 15 chapitres de texte sont accompagnés d'un total de 70 illustrations de Catherine, parfois courant sur la double page, parfois celle-ci en contenant trois petites. Ce "mariage" entre texte et dessins peut parfois rappeler (de loin!) Le petit Nicolas de Sempé et Goscinny. Mais ici, ce n'est pas des aventures de "chouettes copains" qu'il s'agit, mais de l'évocation de tout un bestiaire convenu ou plus inattendu: chez tata Thérèse, ses neveux ou sa petite-fille croisaient des chats, quelques fennecs, un singe, bien des oiseaux (moineau, perroquet, pigeons, faisan, ...), un mouton, et... non, a priori, pas de raton laveur. 

Je vous mets quelques citations illustrées ci-dessous.

P1160800 p.36-37: une formidable parabole sur ce qu'un "beau parleur" est capable de faire faire à un "être sensible" un tant soit peu crédule et irréfléchi... (pour ne pas dire bête). 

P1160801 p.60: cette magnifique pleine page ressemble bien à la rue Mouffetard... 

P1160802 p.68-69: ici, il est question d'un "mouton d'appartement". Pour ma part, l'allusion à la dernière ferme de Villemomble me rappelle un de mes innombrables projets (avortés), pour lequel j'avais commencé à collectionner des cartes postables anciennes montrant de l'élevage bovin en Ile-de-France, au début du XXe siècle, mais aussi cette idée de "nouvelle" que je procrastine depuis des années sur une "vache de balcon"... 

Les petits peuvent apprécier cet ouvrage au premier degré comme un conte fantastique, cependant que les plus âgés y trouveront de quoi rêver, avec réminiscence et nostalgie d'un monde disparu. 

Le livre est toujours disponible aux éditions Sarbacane bien entendu. Fabrice Nicolino en avait annoncé lui-même la parution sur son blog (où figurent certains des textes écrits les années précédentes).

*** Je suis Charlie ***

7 août 2023

Merci Hannukah Harry - Wolinski / Barkats

En ce mois de vacances estivales, je (ta d loi du cine, squatter" chez dasola) vous présente (dans le cadre de mes "hommages du 7") une drôle de bande dessinée, que j'ai chinée lors d'un voyage en province avec dasola. Je passe ainsi d'un Harry à l'autre, et ne parlerai donc pas ici de mes co-Harry, même si celui-là est vert...

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Merci Hannukah Harry, Pierre-Philippe Barkats & George Wolinski (préf. Nicolas Hulot), éditions Jungle, 2007, 65 pages (dont 52 de BD)

Avant ces dernières semaines, je n'avais jamais eu cet album entre les mains (même s'il figure bien entendu dans les listes d'oeuvres complètes de Wolinski). Mais qui est donc le "fameux" Hannukah Harry? Tant dans les textes récitatifs que dans la bande dessinée elle-même, les deux auteurs (l'idée originale ayant été amenée à Georges Wolinski par Barkats, un avocat spécialisé en droit américain qu'il connaissait depuis une dizaine d'années) nous présentent cet être mythique comme (à ce que j'en comprends moi-même) un croisement entre Prométhée et le Père Noël. Il a fait aux hommes, naguère, un cadeau (le feu) qui a pour lointaines conséquences, aujourd'hui, d'empoisonner notre planète terre. Que faire, donc?

D'abord, présentons les choses dans l'ordre. Dans le cadre d'un scénario général plutôt imaginatif ("délirant" m'était venu à l'esprit... mais c'est marqué p.58!), l'album est divisé en "chapitres", certaines saynettes ne comptant qu'une seule planche, une autre jusqu'à six, mais la majorité (sur un total de 15) en comportant au moins quatre. L'album est bourré de personnages variés et, selon ce que j'ai cru détecter, de références. On y croise ainsi un diablotin (qui a un peu la tête de Sarko tel que le dessinait notamment Cabu?). L'atmosphère familiale du prologue, tout comme l'ambiance générale, pourraient évoquer (en plus trash?) les contes de La divine sieste de papa scénarisés par Maryse Wolinski... et illustrés par Georges. La "machine à climat" au coeur de l'intrigue m'a fait un peu fait songer à une aventure des Schtroumpfs (Le schtroumpfeur de pluie). Il y a même un ouvrier rondouillard en salopette rayée, qui traite le monde d'enfoirés: Coluchon! Un important personnage avec un bonnet rouge peut évoquer un écologiste mondialement connu (surtout en France et aux Etats-Unis). Ou encore le prince Album de Manac, qui n'arrive pas à se faire prendre au téléphone par sa "cousine" la reine d'Angleterre (himself!). 

Au fil des pages, on découvre que réparer une machine en panne n'est pas simple (le problème, plutôt que la solution, venant davantage du machinisme lui-même), cependant que l'organisme "à l'origine du monde" est désormais bien malade... De quoi décourager un bon génie, si bienveillant soit-il au départ. 

Comme à mon habitude, voici ci-dessous quelques extraits en guise de citations du bouquin.  

P1160631 pp.36-37, quelques intellectuels mobilisés par notre héros pour sa cause. 

P1160628 p.11... P1160629 ... et p.12: comment, selon la légende, H....h H aurait donné ce bienfait qu'est le feu à l'humanité. Cela n'a pas été sans me rappeler Le premier amour (film de Marcel Pagnol non tourné).

P1160630 Un "bonnet rouge" au pôle (rappelons que l'album remonte à 2007!). 

P1160634 P1160633 pp.55 & 57: et retour à la case départ...

P1160632 p.64: signé Wolinski, un "message divin" qui me paraît parfaitement crédible.  

Pour en savoir plus et mieux que ce que j'ai pu dire, écoutez Wolinski lui-même: il en parlait gentiment, le 30 mai 2007 à 13 h, sur la 2 (les cinq dernières minutes). Et si le site www.mercihannukaharry.com cité en 3ème de couv' ne renvoie, en 2023, à rien du tout, on trouve encore une "mini-interview des auteurs en 10 questions" accessible via un vieux skyblog datant d'avril 2007 (aujourd'hui blog de Skyrock) dont on ne sait trop qui l'avait créé. Cet album m'a aussi rappelé qu'il faudra que je chronique, un mois ou l'autre, l'Inspecteur la bavure dessiné en 1980 par Wolinski sur un scénario dont, me semble-t-il, il n'était pas l'auteur...

En tout cas, Merci Hannukah Harry, oeuvre plutôt atypique, "polar polaire" comme dit la couverture, précédait de quelques années, et sous une forme originale, beaucoup de livres catastrophistes qui fleurissent de plus en plus à mesure que le climat se détraque visiblement. Il mérite lecture, ne serait-ce que pour Wolinski!

*** Je suis Charlie ***

21 mai 2023

L'Evangile de la colère - Ghislain Gilberti / Les filles de Caïn - Colin Dexter

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Avec L'Evangile de la colère de Ghislain Gilberti (Editions J'ai Lu, 537 pages), on assiste à une suite de meurtres dans la banlieue de Paris. Seth Kohl, qui est le chef du groupe chargé de l'enquête, fait partie de la Brigade criminelle du SRPJ de Versailles. Il est entouré d'une équipe solide. Assez vite, les policiers se rendent compte que le meurtrier suit un modus operandi qui sort de l'ordinaire. Il s'inspire des Danses macabres d'Holbein le jeune dessinées au XVIème siècle en commençant par la fin si je puis dire, puisque c'est un enfant et un agriculteur qui sont les première victimes. 100 pages avant la fin, le meurtrier est neutralisé mais un autre prend sa place. Je vous laisse découvrir toutes les péripéties de ce roman qui se lit bien.

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Après avoir évoqué Les enquêtes de Morse comme série télévisuelle, voici l'inspecteur Morse vieillissant, dans un des treize romans traduits en français et écrits par Colin Dexter (1930-2017). Ces romans parus aux Editions 10/18 à la fin des années 90 ne sont plus disponibles, sauf deux réédités aux éditions Archipoche. Je me suis procuré d'occasion Les filles de Caïn (Edition 10/18, 384 pages) dans une librairie spécialisée. J'ai beaucoup aimé ce roman dans lequel Morse et le sergent Lewis enquêtent sur la mort de deux hommes (dont un professeur d'université) qui ont été poignardés (pas par le même couteau). Il y a trois suspectes dont l'une tombe amoureuse de Morse. L'enquête comporte des rebondissements. Le personnage de Morse n'est pas forcément très sympathique car il est colérique, mais on s'habitue à lui comme le sergent Lewis, souvent un peu à la traîne. Et Morse est toujours un accro à la nicotine, à la bière et au whisky. Il est radin sauf exception et c'est un admirateur de la tétralogie de Richard Wagner. Si vous avez l'opportunité de trouver un des romans de Colin Dexter, n'hésitez pas à le lire.  

17 mai 2023

La révole nature - Aline Geller

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'ai pas réussi à emmener avec moi la "maîtresse de blog" découvrir dimanche dernier La révole nature, le film documentaire objet du présent billet, au cinéma L'Entrepôt (75014). C'est dommage, car la documentariste était présente, ce que j'ignorais lorsque j'ai décidé d'aller le voir.

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Ce documentaire a pour sujet le vin naturel, c'est-à-dire plus que "Bio": comme il est dit dans le documentaire, le jour où il sera obligatoire d'afficher sur l'étiquette d'une bouteille tous les produits utilisés pour le raisin d'abord, la vinification ensuite (ce qui semble prévu pour fin 2023?), le consommateur sera peut-être quelque peu désabusé par ce produit-phare en France, dont une bonne part de la production française est exportée. Les producteurs de "vin naturel", minoritaires voire marginaux, revendiquent de ne mettre dans leurs bouteilles que du raisin fermenté. Certains s'autorisent du sulfite (?) pour la conservation. L'association des vins SAINS (Sans Aucun Intrant Ni Sulfite), qui compte peut-être une quinzaine de producteurs, se veut encore plus intransigeante. Lors du film, nous assistons aux rencontres avec plusieurs paysans-vignerons, viti-viniculteurs, organisateurs ou -trices de salon professionnels, gérants de bar à vin... Chacun avec leurs personnalités et leurs parcours: beaucoup de barbus (baba cools) d'âge certain, mais aussi de jeunes "chefs d'entreprises" qui ont repris les vignes familiales pour les conduire et vinifier d'une manière différente des pratiques de leurs parents (ce qui n'est pas toujours simple). Tel ne touche pratiquement pas la terre ni les ceps, d'autres pratiquent le labour à traction chevaline, un autre rajoute du compost. La vinification se fait ici "en amphore" (cuve enterrée à côté des vignes), là en cuve de béton... Certains s'interdisent de vinifier d'autres raisins que ceux de leurs propres vignes, d'autres relèvent le "challenge" de chercher à faire quelque chose avec une "matière première" qui ne vient pas de leurs propres terres... ("négoce"). On assiste à plusieurs vendanges (événements festifs compris), à des dégustations (recrachées au seau!). Les producteurs peuvent être écoeurés de voir une bouteille qu'ils ont vendue 20 euros (oui, le vin naturel est plus cher que le "conventionnel" qu'on trouve en Grande Distribution!) revendue à 600 euros sur internet et devenue objet de spéculation au lieu d'être dégustée. La production est parfois confidentielle: 300 bouteilles pour une cuvée. Crève-coeur de refuser un carton de 6 bouteilles à un amateur qui s'est déplacé... Parfois, c'est plus de 75% de la production qui part à l'étranger. Chez certains revendeurs qui ont fait le choix de l'achat en fût et de la revente "à la tireuse", une bouteille peut par contre être vendue à moins de 10 euros aux amateurs peu fortunés. On peut en fin de film percevoir la crainte que cette notion de "vin naturel" finisse par être "récupérée", pour des raisons marketing, par des "marques" qui en feront une niche dans leurs ventes (comme cela s'est produit pour le commerce équitable ou pour le bio).

A l'issue de la projection, la petite trentaine de personnes (dont quelques professionnels!) s'est dirigée vers l'espace "restauration" de L'Entrepôt et a eu la possibilité de déguster telle ou telle production. C'est là que j'ai pu entendre la documentariste parler avec telle ou telle personne, et échanger moi-même durant quelques minutes avec elle. Elle appréciait ces toutes premières projections sur grand écran, dans une vraie salle de cinéma. Au départ, c'est une série qui était prévue, et il a fallu resserrer. Apparemment, par rapport à un montage précédent que certains avaient eu l'occasion de voir, 7 minutes avaient été retirées. Le film a été tourné en équipe très légère (2 ou 3 personnes), sauf pour les événements (salons ou vendanges) pour lesquels il fallait être en place avant, pendant et après, pour être sûr de capter tous imprévus. Je lui ai demandé si le documentaire passerait à la télé, si un DVD était prévu, si un livre serait publié en complément... Elle aimerait bien, mais dans l'immédiat, le film doit "vivre": sortir dans d'autres salles à Paris, puis tourner en province.

Le film devrait encore être visible cette semaine à L'Entrepôt. D'ici quelques semaines, si tout va bien, il devrait sortir dans quelques salles UGC (sauf s'il s'agissait d'une plaisanterie que je n'aurais pas comprise!) et dans quelques salles indépendantes, par exemple le Saint-André des Arts.

Pour ma part, j'apprécie de voir des documentaires et de pouvoir discuter avec l'équipe, même si cela ne donne pas toujours lieu à un billet: Bricks, Des bobines et des hommes (vus avec dasola). Il m'est aussi arrivé de me rendre à des projections-débats "militantes" organisées par telle ou telle association ou AMAP locale (voire d'y être "missionné" au titre  d'intervenant...), pour Traits de vie, Les petits gars de la campagne, La part des autres, ...

Je vais rajouter quelques éléments bibliographique "pour en savoir plus":

Plaidoyer pour le vin naturel, Eric Morain, éd. Nouriturfu, 2019 (que j'avais versé après lecture au système de prêt de livres de l'AMAP dont je fais partie). 
Deux livres de Christophe Beau, dans la collection "Pratiques utopiques" des éditions REPAS: La danse des ceps (1ère éd. 2003) et Pour quelques hectares en plus (2011).

Aline Geller m'a cité Valentin Morel, je pense qu'il s'agit de l'auteur du livre Un autre vin (Flammarion, 2023). Je ne l'ai pas (encore) lu.

9 mai 2023

Les enquêtes de Morse - 9ème saison

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Pour une fois, je vais parler d'une série télé dont je suis fan depuis la première saison. Cette série est la préquelle de la série Inspecteur Morse qui a débuté il y a 35 ans. Les enquêtes de Morse se déroulent fin des années 60, début des années 70. Après des études universitaires et avoir fait l'armée, Endeavour (Effort) Morse est devenu sergent dans un commissariat à Oxford. Son mentor et supérieur hiérarchique est l'inspecteur Frederik Thursday. D'autres policiers font partie du commissariat, dont le superintendant Bright et le sergent Strange. Ce que j'aime dans cette série, ce sont les intrigues policières et le fait que les policiers sont des hommes avant tout, avec leur vie de famille, leurs fêlures, leur problèmes quotidiens. Pour en venir à Morse, il est célibataire, aime les mots croisés et il boit trop, mais c'est un homme brillant, intelligent, intuitif et qui souvent résoud les crimes tout seul. A la fin de la saison 8, j'étais convaincue que la série était terminée, et puis, oh joie!, dimanche 7 mai,  je vois qu'une neuvième saison débutait sur France 3. Elle est composée de trois épisodes. Le premier épisode de cette ultime saison (semble-t-il) a été réalisé par l'acteur principal Shaun Evans. Prélude est le titre de ce premier épisode, où une violoniste meurt d'un choc anaphylactique. Et dans cet épisode, on retrouve quelques personnages, comme le fils de l'inspecteur Thursday et Joan, la fille du même inspecteur, qui vient de se fiancer. Je recommande cette série parue en DVD (sauf la 9ème saison). Et il faut voir les épisodes de préférence dans l'ordre, selon moi.

Et vous, connaissez-vous et regardez-vous cette série?

7 mai 2023

Pas complètement BÊTE... mais pas encore MÉCHANT (période bleue) - Cabu

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente, pour mon billet-hommage du jour, un album exhumé de ma PAC (pile à chroniquer). Je m'étais acheté dès février 2015 (quelques semaines après le massacre de Charlie Hebdo) ce recueil des dessins de jeunesse de Cabu, qu'il publiait alors dans une presse qui n'était pas encore très "contestataire", entre 1957 et 1960.

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Cabu, pas complètement BÊTE... mais pas encore MÉCHANT,
période bleue, Editions du Layeur, 2008, 162 pages

La préface de Cavanna, dans ses trois paragraphes percutants, évoque expressément Peynet et ses amoureux, pour vanter immédiatement le mouvement qu'a su insuffler Cabu à ses vignettes. 

Les près de 160 dessins de cet ouvrage mettent en scène de grands dadais dont certains ressemblent à Duduche, des jeunes filles timides évoquant Catherine... mais bien loin de Catherine saute au paf! et encore plus de Camille-le camé. On peut admirer dans ces pages force filles espiègles au sourire mutin et au regard en-dessous, avec parfois une petite fleur au coin des lèvres (laquelle n'a sans doute pas la même signification que le brin de paille de Lucky Luke?): pas encore de cigarette à remplacer? Parfois, ce sont les adultes qui sont tournés en dérision, parfois la jeunesse elle-même, innocente ou délurée, entreprenante ou trop timide... Fille affriolante ou garçon boutonneux, suis-moi, je te fuis / fuis-moi, je te suis! Et j'enfoncerai une porte ouverte en disant que cela reste très "fleur bleue" (comme le sous-titre le sous-entend).

L'ouvrage est subdivisé (plus ou moins arbitrairement?) en chapitres: l'ingénue (p.7), le flirt (p.33 - deux acteurs présents à l'image - sauf exception!), le lycée (p.75), le troufion (p.105), les autres (p.127), Châlons (p.153). Je vous en propose une courte sélection.  

P1150814 p.30: la couv' légendée, c'est mieux!  

P1150815 p.37: Paris, quelle image... 

P1150816 p53

P1150817 p.64 (c'est pas gentil, mais je rigole à chaque fois... CLAC!).

P1150824 p.87

P1150818 p.97

P1150820 p.102 (ça me parle, ça... Je porte toujours le même depuis 2016!)

 P1150821  p.134: le temps passe si vite... 

Dans le dernier chapitre, intitulé "Châlons", il est expliqué que le jeune Jean Cabut a envoyé à partir de 1953 des dessins à l'édition locale de L'Union de Reims, avec une collaboration épisodique qui se maintiendra jusqu'en 1958 et son appel sous les drapeaux, direction l'Algérie.  

P1150823 p.158. Dom Pérignon, dessiné par "K-bu" alors âgé de 17 ans: carrément de la préhistoire (1955)! 

Outre L'Union de Reims, la plupart des dessins du recueil sont paru dans Ici-Paris, Paris Flirt ou Paris-Match.

Le livre est sorti l'année des 70 ans de Cabu, dans une collection où deux ouvrages, l'un de Lefred-Thouron et l'autre de Willem (qui ont aussi dessiné pour Charlie), avaient été publiés avant le sien. Trois autres recueils de dessins de Cabu étaient aussi mentionnés chez le même éditeur. Aujourd'hui, le site des éditions du Layeur semble ignorer tous ces ouvrages (sans doute sont-ils épuisés de longue date?). 

Pour finir, de même que j'avais annoncé l'an dernier que je finirai par traiter cet ouvrage de Cabu, de même je peux à toutes fins utiles signaler que j'en ai encore bon nombre déjà en ma possession et à évoquer un mois ou l'autre! 

*** Je suis Charlie ***

13 mai 2023

A nous la terre ! - Collectif

Un billet express pour un petit recueil de nouvelles que j'ai (ta d loi du cine, "squatter "chez dasola) lu très rapidement!

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A nous la terre, 9 auteurs, 2021, Folio n°7003, 136 pages, 5 euros 

J'ai trouvé cet opuscule dans un bac de bouquinerie pour 20 centimes d'euros. le sous-titre "Les écrivains s'engagent pour demain", et certains des noms sur la couverture, m'ont fait m'en saisir. Je ne le regrette pas, même si (c'est le jeu de la diversité!) certaines nouvelles m'ont davantage "parlé", intéressé ou plu, que d'autres.

* Le côté gauche de la plage - Catherine Cusset (10 pages): souvenirs de baignade - nue, de l'enfance à l'âge mûr. Cela ne m'a pas trop parlé.

* J'ai été nature - Eric De Luca: deux pages, quasi-mystiques. Bof.

* Des coeurs battants - Jean-Baptiste Del Amo (10 pages). Je n'avais jamais entendu parler de l'auteur. j'ai bien apprécié cette nouvelle, qui retrace les évolutions écologiques sur quelques décennies.

*  Instinct - Sonja Delzongle (10 pages). Souvenirs éthologiques (fiction ou réalité?), qui ont fait joliment écho, pour moi, au livre de Jane Goodall chroniqué il y a quelques semaines. Bien.

* L'ordre des pierres - Luc Lang (14 pages): dans les Pyrénées, une randonneurs solitaire, en autonomie sac au dos, savoure sa balade. 

* Le sansonnet - Carole Martinez: 11 pages trop "poétiques" pour moi, où, entre les lignes, on sent l'emprise toxique et la déchéance d'un couple et de ses composantes... 

* Kephart - Ron Rash (17 pages - la nouvelle la plus longue): j'ignorais tout d'Horace Kephart, vu que la page wikipedia en anglais qui le concerne reste à traduire en français (consultée le 5 mai 2023)... Ron Rash tire de la vie de ce "naturaliste" américain une nouvelle intéressante. Un paragraphe m'a fait songer à Serena.

* Mont-Blanc, la mort lente - Jean-Christophe Ruffin (8 pages): j'y ai appris que des voies d'escalades ouvertes au XXe siècle dans les Massif des Drus, dans les Alpes, n'existent plus aujourd'hui, suite à des milliers de mètres cubes d'éboulements au XXIe, sans doute en lien avec l'accélération du réchauffement climatique d'origine humaine... On ne peut donc plus que rêver sur Premier de cordée (Roger Frison-Roche), qui nous parle d'un temps et d'escalades révolus.

* La pieuvre - Monica Sabolo (11 pages): de jolis souvenirs d'enfance, une initiation au "monde du silence" pour une fillette... 

Le livre est bien en vente sur le site de Folio (mise en avant des versions ".pdf" et ebook), mais l'opération ne semble pas avoir été renouvelée en 2022 ni 2023. Une recherche sur le site de Folio avec "WWF" ne ramène rien. Plus largement, via [moteur de recherche], une recherche sur les mots-clés "Partenariat Foliio et WWF" ramène surtout une foule d'entreprises dont on peine spontanément à imaginer le caractère "écologique", qui se seront offert ("à bon compte"?) un certificat de "greenwashing" grâce au WWF...

Les moteurs de recherche m'ont seulement ramené un billet sur le blog Au fil des pages. 

29 avril 2023

Tromelin, ses naufragés, ses esclaves abandonnés - quatre livres

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente aujourd'hui quatre ouvrages différents (mais tous bleus!) autour d'un même thème.  

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Comme tout le monde, j'avais entendu parler de Tromelin il y a déjà quelques années, lorsqu'ont été médiatisés les résultats des fouilles archéologiques sur le campement des esclaves qui y ont survévu abandonnés durant plusieurs années. En croisant de temps en temps sur des blogs les chroniques de tel ou tel livre sur le sujet, j'ai fini par avoir envie de les lire! Grâce aux différentes bibliothèques de la Ville de Paris, c'est chose faite.

On connaît l'histoire: le 31 juillet 1761, de nuit, le vaisseau L'Utile (flûte!) fait naufrage sur les récifs d'un ilôt localisé trop approximativement sur les différentes cartes de l'époque. Il transporte quelque 142 marins et officiers, et quelque 160 esclaves embarqués clandestinement à Madagascar à destination de l'Ile Maurice (alors nommée Ile de France). Sous la conduite du lieutenant Barthelemy Castellan du Vernet, les survivants construiront un nouveau navire à partir des bois de L'Utile. Mais il ne peut les transporter tous. Devinez qui sera, le 27 septembre (au bout de deux mois d'efforts communs), abandonné sur l'île, avec promesse solennelle de revenir les chercher? Les derniers des esclaves vont réussir à subsister 15 ans. Quand le quatrième des vaisseaux envoyés parvient à les évacuer par pirogue vers le navire, le 29 novembre 1776, seules survivent sur l'ilôt sept femmes et un bébé.

J'ai donc lu trois oeuvres de fiction et un rapport archéologique. Les trois font preuve d'imagination à partir des mêmes éléments connus.

Tromelin_Civard-Racinais_BureauLes Robinsons de l'île Tromelin. L'histoire vraie de Tsimiavo - Alexandrine Civard-Racinais, illustrations d'Aline Bureau (Belin jeunesse, 2016).

Alexandrine Civard-Racinais est journaliste, auteure, vulgarisatrice de contenus scientifiques, Aline Bureau s'est spécialisée en illustration jeunesse. Ce livre de fiction se présente comme un témoignage, écrit à la première personne au jour le jour, celui de la maman du bébé (dont la mère figurait également parmi les rescapées). Très "identificatoire", cet ouvrage paraît destiné à un public jeunesse. Il compte une trentaine d'illustrations, en couleur ou en noir et blanc, au format allant du cul-de-lampe à l'illustration couleur pleine page sans texte. Détail: j'ai cru voir qu'il respecte la réalité historique avec certains esclaves aux cheveux crépus et d'autres aux cheveux lisses, témoignant du brassage réalisé par les trafiquants de "bois d'ébène". La fin du livre comporte quelques vignettes explicatives très pédagogiques.

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P1150795 p.36-37 P1150796 p.38-39

Le blog de la dessinatrice Aline Bureau n'est plus alimenté depuis mars 2018. Le site internet de l'autrice Alexandrine Civard-Racinais annonce ses dates de conférences. 

Le pays des mots (4 billets!) l'avait chroniqué en 2017. 

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Tromelin_FrainLes naufragés de l'île Tromelin - Irène Frain (Michel Lafon, 2009 / J'ai lu n°9221, 2010).

Ce livre est classé comme un roman. Irène Frain a eu accès à la documentation rassemblée par l'archéologue Max Guérout et a elle-même séjourné sur l'île. Pour ma part, je lui reconnais surtout le mérite d'avoir fortement médiatisé cette histoire peu connue auparavant. Les naufragés de l'Île Tromelin est écrit "de l'extérieur" par une narratrice omnisciente (qui sait aussi ce que pensent les personnages), au présent de narration ou au passé composé, avec des phrases courtes et simples.

Toutes proportions gardées, son livre me fait songer à certains de ceux que j'ai pu lire jadis sur l'histoire du Bounty (par exemple celui de Sir John Barrow, classique paru en 1831, qui expose à la fois l'histoire de la mutinerie, puis tant la navigation du capitaine Blight que le sort ultérieur des mutins). 

Je n'ai pas l'impression que le "site officiel" "www.lesnaufragesdeliletromelin" indiqué en fin d'ouvrage soit toujours actif (si aucun ayant-droit n'a pris la peine de renouveler le nom de domaine, il a dû être racheté...)? Par contre, le site personnel d'Irène Frain est accessible et donne notamment des dates de rencontres avec les lecteurs.

Les blogs suivants (liste non exhaustive!) ont chroniqué le livre (parfois au moment de sa sortie, en 2009... à partir d'envois en service de presse ou en "partenariat"?): Grominou, Zofia, Fumet de lectures, BettyBook22, l'ancien blog d'Antigone, l'ancien blog de Lucie, Gangoueus, Keisha (qui recense plusieurs autres liens), Laël, Leiloona, Lou, Stephie, Hérisson (sur le blog délivrer des livres), Alicia, Géraldine (qui avait aussi publié un entretien avec Irène Frain). Cathulu n'a pas aimé, Gambadou non plus...

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Tromelin_SavoiaLes esclaves oubliés de Tromelin - Sylvain Savoia (Dupuis, coll. Aire libre, 2015).

Cette BD entrelace les passages d'époque, en présentation classique, avec des dialogues forcément fictifs, et les pages d'une sorte de "making off" de l'histoire du projet, dont j'ai trouvé la lecture nettement plus exigeante (pas de cases, beaucoup de texte à la première personne...).

Lorsque je suis rentré dedans dans un second temps, j'ai personnellement été captivé par "l'histoire de l'histoire" (ou plutôt la description de la vie de l'équipe d'archéologues là-bas, dans des conditions précaires). Il faut tout amener sur place, matériel et vivres, tout bien prévoir car les liaisons avion sont rares (il est bien sûr possible d'effectuer une évacuation médicale si indispensable)... et les équipements sont à la peine (éolienne qui ne marche plus, ordinateur qui tombe en panne, groupe électrogène principal aussi, tracteur...). Peut-on excuser l'erreur classique (p.47 et ailleurs): en archéologie, on ne met pas "à jour" des vestiges, on les met "au jour"? Les archéologues adorent le mot "perturber" (lorsque des vestiges en place ont été détruits par des constructions postérieures - ici p.82). Par contre, j'ai guetté en vain un "sol rubéfié" (témoignage d'incendie), ici remplacé par les "sols sablonneux" résultant d'épisodes cycloniques!

P1150798 p.20-21, le jour du naufrage. P1150797 p.82-83, les vestiges des cases de pierre mis au jour

Blog qui en ont parlé: Moka, JeanJacques, Krol.

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Tromelin_Guerout_RomonTromelin. L'île aux esclaves oubliés - Max Guérout & Thomas Romon (CNRS éditions / INRAP, 2010)

Max Guérout, ancien officier de la Marine nationale, a mené quatre expéditions qui s'étalent entre 2006 et 2013 (cette dernière non couverte, donc, par le présent livre, mais bien par la BD précédente). Il consacre de nombreuses pages (fruit de sa recherche documentaire dans les archives) à resituer le contexte historique, maritime, commercial, en métropole comme dans l'Océan Indien, de l'époque du naufrage. Ce livre apparaît comme extrèmement complet, et s'appuie sur des faits documentés.

Je n'ai pas trouvé de chronique le concernant, mais Docbird cite un autre ouvrage de Max Guérout, Esclaves et négriers, qui contient un DVD Les esclaves oubliés de Tromelin.

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Au final, j'ai classé dans cet article les quatre ouvrages dans l'ordre croissant de mon intérêt personnel: ce que j'ai le plus apprécié est bien ce qui raconte la démarche historique et archéologique basée sur des faits. Je pense que les différents profils de lectrices ou lecteurs peuvent être plus ou moins attirés par l'un ou l'autre... 

13 février 2023

Le disparu de Larvik - Jorn Lier Horst

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Le disparu de Larvik (Edition Folio, 471 pages) est le quatrième Jorn Lier Horst que je lis après Fermé pour l'hiver, Les chiens de chasse et L'usurpateur. J'ai eu du plaisir à retrouver l'inspecteur William Winsting et sa fille Line. Cette dernière qui est enceinte doit accoucher dans peu de temps. En attendant l'heureux événement, Line se lie d'amitié avec Sofie Lund qui vient d'emménager dans une maison voisine. Line apprend que Sofie Lund, jeune mère de famille, est la petite-fille d'un certain Frank Mandt décédé récemment. Il était chef d'un gang qui importait des amphétamines. Pendant ce temps, Winsting reprend une enquête sur la disparition six mois auparavant de Jens Hummel, un chauffeur de taxi, dont on ne sait pas ce qu'il est devenu. Sophie Lund fait ouvrir un coffre situé dans le sous-sol de sa maison. Dans ce coffre, il y a de l'argent, des papiers, des cassettes audio et surtout un revolver. Elle confie l'arme à feu à Line. Bien entendu, cette dernière fait passer l'arme à son père qui apprend que ce revolver a servi lors d'une fusillade au cours de laquelle une jeune femme a été tué, la nuit du jour de l'An. Ce meurtre a eu lieu peu de temps avant la disparition du chauffeur de taxi. L'arme n'avait jamais été retrouvée mais un suspect avait été très vite arrêté, et son procès est sur le point de démarrer, alors qu'il est peut-être innocent. Après avoir été déçue par Fermé pour l'hiver, j'ai trouvé l'intrigue du Disparu de Larvik plutôt complexe mais bien menée malgré que l'ensemble m'ait paru long. J'avais aimé Les chiens de chasse. Lire les billets d'Eva, Jean-Marc Laherrère, MAM & BMR. 

10 juin 2023

Challenge "Les épais de l'été" 2023 (21 juin au 23 septembre)

samedi 10 juin 2023 (dernière mise à jour de ce billet : samedi 23 septembre 2023)


 == Attention : le présent billet est resté "épinglé" en tête de blog jusqu'au 23/09/2023 inclus, mais les billets "réguliers" continuaient à arriver, juste en-dessous de celui-ci et de sa partie récapitulative ... ==

À la suite de Brize qui, après avoir créé et fait vivre durant 11 éditions son challenge "Pavé de l'été", n'a pas souhaité l'organiser en 2023, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous propose à mon tour de poursuivre un an de plus le défi, avec :

 

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[Challenge Les épais de l'été 2023, organisé chez dasola par ta d loi du cine]

* L'objectif reste le même: lire (et chroniquer) un livre de 600 pages minimum (dont l'édition papier -à mentionner- doit exister en un seul volume).
Il est indispensable de préciser quelque part dans votre billet le nombre de pages.
Dates de publication des billets: du mercredi 21 juin 2023 au samedi 23 septembre 2023 (inscriptions acceptées jusqu'au 31 août 10 21 23 septembre). 

* Une bonne motivation pour vider sa PAL d'un ou plusieurs volumes en profitant de la période estivale!

* Ces dernières années, Brize avait baissé la barre à 550 pages. Disons qu'en replaçant la barre à 600 pages, je laisse de l'espace à tout blogueur-euse qui souhaiterait aussi reprendre le concept, mais avec un plancher inférieur ;-)

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== À noter: Sibylline du blog La petite liste a repris le concept intégralement et a ouvert dès le 2 juin les inscriptions pour vos participations chez elle.

  - Si vous ciblez un livre entre 550 et 600 pages, vous pouvez donc vous inscrire chez elle.

  - Si c'est plus de 600, n'hésitez pas à vous inscrire aux deux (chez elle et ici) ;-) ==

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Quelques précisions tout de même sur celui que je vous propose pour ma part.

Bien entendu, je ne peux pas dire avoir, plutôt qu'un autre, le moindre aval de Brize pour reprendre le challenge pavé de l'été: comme elle l'a écrit, chacun est libre de reprendre l’idée de ce challenge s’il le souhaite et de s’organiser, pour le mener, comme bon lui semble.

* À part le nombre de pages, le challenge ne comprend aucune contrainte ni suggestion, ni aucun thème (il peut s'agit d'un ou plusieurs romans, d'une biographie, d'un essai...). Ce qui signifie qu'il est tout à fait possible, autorisé, voire même conseillé, de faire "d'un livre deux challenges", en dotant votre billet non pas d'un mais de plusieurs logos (classiques, littérature de l'imaginaire, mois thématique, ...ou que sais-je encore!).
Si vous ne savez où en trouver, bon nombre de challenges sont répertoriés chez Pativore.

* Je ne fréquente pas les livres numériques... mais je suppose qu'il me faudra les accepter le cas échéant (sauf si quelqu'un d'autre insiste pour créer un challenge à part?).

* Je ne m'occuperai d'aucune page f*ceb**k ni de relais sur Inst*gr*m (je n'y suis pas présent et n'ai aucune intention d'y être): là encore, s'en occupe qui veut!

* Vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire par un commentaire sous le présent article (qui sera mis à jour quotidiennement).
Je ne sais pas encore si j'utiliserai un système de "boite à liens" ou non (non fait pour les précédents challenges que j'ai déjà organisé ou co-organisé) [voir "Challenges en cours", colonne de droite, en haut, ou bien "Challenges terminés", colonne de gauche, en bas]. 

* Mon fonctionnement sera plutôt "light": sans doute pas de billets "de rappel" ni de "bilans intermédiaires. Mais le présent billet "récapitulatif" sera mis à jour tout au long du challenge, au fil des inscriptions d'une part, des publications de chroniques d'autre part.

* Un "Bilan final" sera bien entendu publié après la clôture, avec quelques statistiques (on ne se refait pas!) [Billet publié le 24 septembre 2023].

* À noter que, sur le blog de dasola, nous n'avons pas l'habitude de répondre systématiquement à chacun de vos commentaires.
Par contre, chaque billet référencé sera lu et commenté chez les blogueuses-eurs concerné-e-s (qui y auront intégré logo et lien vers la présente page).

* Je ne suis pas très chaud pour accepter des chroniques postées sur les plateformes monopolistiques que sont b*b*lio, livr*ddict et autres b**knode (je n'y suis pas inscrit et n'ai pas l'intention d'y aller).
Par contre, pourquoi ne pas aller "squatter" pour publier votre billet chez l'un ou l'autre blogueur-euse de votre connaissance (cela arrive à des gens très bien...)?
Ça peut aussi permettre de se motiver pour des lectures communes, pourquoi pas?

Edit du 17/06/2023 suite à la question de claudiaLucia de ce jour. Comment compter le nombre de pages? En regardant (aaaargh!) sur les sites de la Fn*c ou d'*m*z*n. Dans son cas, les deux donnent l'édition de 1954 d'Olympio pour 604 pages, donc, non-fiction ou pas, c'est bon ;-)

Edit du 21/06/2023 suite à la question d'Ideyvonne: comme dit "entre les lignes" plus haut, tout ce qui est "non-fiction" (études, livre d'histoire, "beaux livres", etc.) est acceptable (et pas seulement la littérature). Et aussi les "essais", bien sûr [Edit du 01/08/2023, après une question de Jigs].

Edit du 12/07/2023: je précise bien que l'édition "épaisse" doit exister, mais que ce n'est pas forcément celle que vous avez eue entre les mains... N'hésitez pas à participer si cette condition d'existence est remplie. Certain(e)s en seraient presque trop honnêtes à mes yeux et font preuve de trop de scrupules ;-)

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Inscriptions [43 (datées) parfois déjà dans la blogroll], objectifs annoncés à venir (4 pour 2 660 pages, par 4 participantes) & participations publiées (avec nombre si plus d'un billet) [106 "épais" pour 79 164 pages, par 34 participant(e)s, avec 92 livres différents, par 77 auteurs ou co-auteurs (avec date de publication du billet)]:

* Agnès (27/06/2023), 3 livres: Elizabeth Jane Howard - Etés anglais (La saga des Cazalet, tome 1) [608 pages - 27/06/2023] - Anne-Marie Garat - L'enfant des ténèbres [944 pages - 30/07/2023] - David Graeber et David Wengrow - Au commencement était... [752 pages - 10/09/2023]

* Aifelle (17/07/2023): Julia Glass - En ces temps de tempêtes [608 pages - 03/08/2023]

* Anne (24/06/2023): Yann Arthus-Bertrand - 365 jours pour réfléchir à la terre [800 pages - 24/06/2023]

* Athalie (10/06/2023), 3 livres: Zhang Yueran - Le Clou [640 pages - 12/07/2023] - Nicolas Mathieu - Leurs enfants après eux [608 pages, en gros caractères - 07/08/2023] - Michael Christie - Lorsque le dernier arbre [672 pages - 11/09/2023]

* Audrey (10/06/2023) [cf. colonne de droite]: Elena Armas - The Spanish Love Deception [672 pages]

* Belette2911 (12/06/2023), 15 livres: J. K. Rowling - Harry Potter et les reliques de la mort (Harry Potter, tome 7) [896 pages - 28/06/2023] - Nadine Matheson - L'équarisseur (Anjelica Henley, tome 1) [600 pages - 30/06/2023] - David Gemmell - Le coeur de corbeau (Rigante, tome 3) [640 pages - 04/07/2023] - Stephen King - Conte de fées [736 pages - 19/07/2023] - David Gemmell - Le cavalier de l'orage (Rigante, tome 4) [752 pages - 26/07/2023] - John Gwynne - Malice (Le livre des terres bannies, tome 1) [640 pages - 30/07/2023] - Jérôme Camut et Nathalie Hug - Le calice jusqu'à la lie (W3, tome 3) [992 pages - 04/08/2023] - Stephen King - Salem [832 pages - 10/08/2023] - Terry Hayes - Je suis Pilgrim [912 pages - 14/08/2023] - David Gemmell - Les épées de la nuit et du jour (Drenaï, tome 11) [600 pages - 19/08/2023] - Stephen King - Tout est fatal [704 pages - 22/08/2023] - Greg Iles - Brasier noir (Natchez Burning, tome 1) [1056 pages - 29/08/2023] - John Gwynne - Bravoure (Le livre des terres bannies, tome 2) [672 pages - 30/08/2023] - Ray Celestin - Mascarade (Michael Talbot et Ida Davies, tome 2) [624 pages - 12/09/2023] - Karl Marlantes - Faire bientôt éclater la terre [860 pages - 19/09/2023]

* Canel (31/07/2023) [cf. colonne de droite]

* Cannetille (20/08/2023)

* Carole Nipette (10/06/2023): Bret Easton Ellis - Les éclats [616 pages - 16/08/2023] 

* Claudialucia (10/06/2023), 4 livres: Stefan Zweig - Balzac [664 pages - 21/06/2023] - André Maurois - Olympio ou la vie de Victor Hugo [604 pages - 05/09/2023] - Jo Nesbo - Leur domaine [688 pages - 06/09/2023] - Jussi Adler-Olsen - Sel (les enquêtes du département V, tome 9) [672 pages - 11/09/2023]

* Dan (18/06/2023)

* Dasola (24/06/2023), 5 livres: Eva Garcia Saenz de Urturi - Les rites de l'eau [608 pages - 10/07/2023] - Ghislain Gilberi - Sa Majesté des ombres (La trilogie des ombres, tome 1) [740 pages - 21/07/2023] - Stefan Ahnhem - La neuvième tombe [736 pages - 12/08/2023] - Philippe Sands - Retour à Lemberg [768 pages - 15/08/2023] - Jo Nesbo - Leur domaine [688 pages - 05/09/2023] 

* Doc Bird (10/06/2023), 3 livres: Liane Moriarty - Neuf parfaits étrangers [672 pages - 11/07/2023] - Karine Giebel - Toutes blessent, la dernière tue [800 pages - 17/07/2023] - Margaret Atwood - Les testaments (La servante écarlate, tome 2) [650 pages en grands caractères - 20/09/2023]

* Doudoumatous (10/06/2023): Zhang Yueran - Le Clou [640 pages - 12/07/2023]

* Ecureuil bleu (11/06/2023): Edmonde Permingeat - Tu es moi [628 pages - 14/09/2023]

* Enna (26/06/2023), 2 livres: Jussi Adler-Olsen - Sel (les enquêtes du département V, tome 9) [672 pages, écouté en audiolivre - 26/08/2023] - Robert Galbraith - The Ink Black Earth (Cormoran Strike, tome 6) [1248 pages, en VO - 30/08/2023] 

* Erwelyn (23/06/2023) [cf. colonne de droite]: John Christopher - Les Tripodes [612 pages]

* Gaëtane (26/07/2023): Hans Fallada - Seul dans Berlin [768 pages - 16/07/2023]

* Gambadou (11/06/2023), 2 livres: Albert Cohen - Belle du Seigneur [852 pages - 30/08/2023] - Amor Towles - Lincoln Highway [640 pages - 06/09/2023]

* Gromovar (16/08/2023): Larry McMurtry - Lonesome Dove (Gus McCrae & Woodrow Call, tome 1) [848 pages, en VO - 16/08/2023]

* Ingannmic (10/06/2023), 8 livres: George Sand - Histoire de ma vie [864 pages - 27/06/2023] - Zhang Yueran - Le Clou [640 pages - 12/07/2023] - Jo Nesbo - Leur domaine [688 pages - 22/07/2023] - Michael Christie - Lorsque le dernier arbre [672 pages - 28/07/2023] - Joyce Carol Oates - Un livre de martyrs américains [864 pages - 22/08/2023] - Alexandre Dumas - Le comte de Monte Cristo [1504 pages - 28/08/2023] - Malcolm Lowry - Au-dessous du volcan [608 pages - 06/09/2023] - R. J. Ellory - Le carnaval des ombres [768 pages - 12/09/2023] 

* Isabelle (22/07/2023)

* Jigs (20/06/2023), 2 livres: Anthony Doerr - La cité des nuages et des oiseaux [704 pages - 29/07/2023] - Umberto Eco - Le pendule de Foucault [672 pages - 17/09/2023]

* Kathel (10/06/2023), 3 livres: Francesca Melandri - Tous, sauf moi [640 pages - 03/07/2023] - Elizabeth George - Une chose à cacher (Inspecteur Linley, tome 21) [864 pages - 18/07/2023] - Goliarda Sapienza - L'art de la joie [800 pages - 24/07/2023] - Sok-Yong Hwang - Le vieux jardin [704 pages] 

* Keisha (10/06/2023), 2 livres: Hélène Gestern - L'odeur de la forêt [704 pages - 10/07/2023] - Hanya Yanagihara - Vers le paradis [816 pages - 27/07/2023]

* Lhisbei (02/07/2023): Marie Robinette Kowal - Sur la lune [736 pages - 06/09/2023]

* L'or rouge (06/08/2023) [cf. colonne de droite]

* Maggie 76 (24/07/2023): Soren Sveistrup - Octobre [736 pages - 24/07/2023] 

* Manika 27 (26/07/2023): Alice Ferney - Cherchez la femme [720 pages - 12/07/2023]

* Mara (16/06/2023), 17 livres: Lucinda Riley & Harry Whittaker - Atlas (Les sept soeurs, tome 8) [768 pages - 21/06/2023] - Bernard Minier - M, le bord de l'abîme [640 pages - 24/06/2023] - Martha Hall Kelly - Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux (Les femmes Ferriday, tome 1) [672 pages - 25/06/2023] - Sarah Lark - Le chant des coquillages (Fleurs de feu, tome 2) [792 pages - 02/07/2023] - Lucinda Riley - L'ange de Marchmont Hall [710 pages - 04/07/2023] - Min Jin Lee - Pachinko [640 pages - 07/07/2023] - Santiago Posteguillo - Moi, Julia - un empire, une destinée [944 pages - 10/07/2023] - Pierre Lemaitre - Le grand monde (Les années glorieuses, tome 1) [768 pages - 15/07/2023] - Elizabeth Chadwick - Le chevalier d'Aliénor (Guillaume le Maréchal, tome 1) [672 pages - 29/07/2023] - Mazo de la Roche - La naissance de Jalna / Matins à Jalna (Jalna, la saga des Whiteoak, tomes 1-2) [800 pages - 06/08/2023] - Lucinda Riley - La chambre aux papillons [640 pages - 08/08/2023] - Anne Jacobs - La villa aux étoffes (tome 1) [648 pages - 13/08/2023] - Elizabeth Chadwick - L'hiver d'une reine (Aliénor d'Aquitaine, tome 3) [672 pages - 16/08/2023] - Margaret Atwood - Captive [624 pages - 22/08/2023] - Alexandre Dumas - La reine Margot [672 pages - 01/09/2023] - Anne Jacobs - Les filles de la villa aux étoffes (la villa aux étoffes, tome 2) [696 pages - 11/09/2023] - Annie Barrows - Le secret de la manufacture de chaussettes inusables [696 pages - 18/09/2023]

* Marilyne (10/06/2023) [cf. colonne de droite]

* Martine (15/06/2023): Elizabeth George - Une chose à cacher (Inspecteur Linley, tome 21) [864 pages - 30/08/2023] 

* MHF (22/08/2023), 4 livres: Alice Ferney - Cherchez la femme [720 pages - 12/07/2023] - Karine Giebel - Glen Affric [768  pages - 09/08/2023] - Robert Goddard - L'énigme des Foster [604 pages - 21/08/2023] - Robert Goddard - Sans même un adieu [800 pages - 29/08/2023] 

* Michel Tabras [Tabula rasa] (01/07/2023): Elizabeth Jane Howard - Etés anglais (La saga des Cazalet, tome 1) [608 pages - 01/07/2023]

* Miriam (27/07/2023) [cf. colonne de droite]: Barbara Kingsolver - Un autre monde [672 pages]

* Nathalie (17/07/2023): Daphné du Maurier - Rebecca [640 pages - 30/06/2023]

* Patrice (11/07/2023), 2 livres: Alexandre Dumas - Les Trois Mousquetaires [852 pages - 31/08/2023] - Anni Kytömäki – Gorge d’Or [640 pages - 20/09/2023]

* Sacha (01/07/2023), 3 livres: Thomas Hardy - Loin de la foule déchaînée [768 pages - 30/06/2023] - Alexandre Dumas - Les Trois Mousquetaires [852 pages - 28/08/2023] - Nino Haratischwili - La huitième vie [1200 pages - 04/09/2023]

* Sandrion (29/07/2023), 4 livres: Dolores Redondo - Tout cela je te le donnerai [768 pages - 16/07/2023] - Hans Fallada - Seul dans Berlin [768 pages - 29/07/2023] - Julia Glass - En ces temps de tempêtes [608 pages - 02/08/2023] - Ernest Hemingway - Iles à la dérive [672 pages - 24/08/2023]

* Sibylline (19/07/2023): J. K. Rowling - Une place à prendre [792 pages - 15/07/2023]

* Sunalee (26/06/2023), 5 livres: Larry McMurtry - Les rues de Laredo (Gus McCrae & Woodrow Call, tome 2) [784 pages - 23/07/2023] - Nino Haratischwili - La huitième vie [1200 pages - 30/07/2023] - Owen Hatherley - Landscapes of Communism. A History through Buildings [612 pages - 24/08/2023] - Bret Easton Ellis - The Shards [608 pages, en VO - 27/08/2023] - Luther Blissett - Q – L’oeil de Carafa [752 pages - 17/09/2023] 

* Ta d loi du cine (10/06/2023), 3 livres: J. K. Rowling - Harry Potter et la coupe de feu (Harry Potter, tome 4) [784 pages - 31/07/2023] - Michael Mann et Meg Gardiner - Heat 2 [704 pages - 26/08/3023] - J. K. Rowling - Harry Potter et l'Ordre du Phénix (Harry Potter, tome 5) [1040 pages - 18/09/2023] 

* Violette (07/08/2023), 2 livres: R. J. Ellory - Seul le silence [608 pages - 10/08/2023] - Philippe Jaenada - La petite femelle [744 pages - 12/09/2023]

31 juillet 2023

Harry Potter et la coupe de feu - J. K. Rowling (livre) / Mike Newell (film)

Epais  0 logo retenu_paves2023

Vu que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) croulais déjà sous une demi-douzaine de billets ou articles en cours dont je procrastine toujours la finalisation, j'ai bien évidemment, le weed-end dernier, consacré une quinzaine d'heures à tout autre chose, à savoir une n-ième relecture d'un "épais" livre, et le n-ième visionnage d'un long film et des bonus qui l'accompagnent en DVD. Voici donc ma première participation au challenge "Les épais de l'été" que j'organise chez dasola, et à celui, "Les pavés de l'été", organisé de son côté par Sibylline sur son blog. 

P1160624
[Edit 02/08/23] Image prise une fois l'appareil photo de dasola revenu de voyage!

L'idée de relire et de chroniquer le premier tome de la saga à avoir dépassé (en français) les 600 pages m'est donc venue (j'accuse personne, hein!) suite aux billets de Belette qui, dans le cadre de nos challenges estivaux sur de gros bouquins, a non seulement rédigé son premier billet de participation sur le septième tome de la célèbre heptalogie, mais a encore chroniqué successivement deux tomes d'une autre même saga. Bon, arrivons-en à nos coupes de feu. 

J'ai acquis mon exemplaire de Harry Potter et la coupe de feu en 2004, d'occasion, bien après sa sortie tant en "grand format" qu'en Folio jeunesse, mais avant la sortie du film qui en a été tiré. Dans ce quatrième tome de la saga principale de J. K.. Rowling, beaucoup de choses vont par quatre: qu'il s'agisse du nombre de "champions" pour le Tournoi des Trois sorciers, du nombre de défis que devra surmonter Harry Potter pour triompher des trois épreuves qu'il est censé compter, des triangles amoureux que comportent les différents couples de héros... Car cette quatrième année d'études, où notre héros a désormais 14 ans, est bien celle de la découverte que "les filles, c'est compliqué". Ce qui est bien plus important qu'une pierre philosophale, une chambre des secrets, ou un vrai-faux coupable, non? Et ne parlons pas des ravages du "quatrième pouvoir"!

Comme chacun sait, la "coupe de feu" du titre est censée ne pas contenir de nom d'élèves sorciers âgés de moins de 17 ans. Donc... vous avez lu le livre, ou bien le titre est un indice suffisant? Notre Harry va une nouvelle fois se trouver au coeur d'une sombre machination agencée par son ennemi de longue date, "vous-savez-qui". Mais il maîtrise de mieux en mieux sa baguette et ses sorts (non sans travail et sans mal), et finit par savoir se défendre. Sorts et baguettes magiques ne peuvent malheureusement pas grand-chose pour (ou contre) les problèmes relationnels. Le "meilleur copain" se retrouve en rivalité, la "meilleure copine" s'entiche des elfes de maison, et la fille qui tape dans l'oeil est déjà prise. Harry se montre un peu trop enclin à la procrastination et doit à diverses interventions extérieures ses propres avancées dans l'action. Mais le beau gosse finira mal... 

Comme chaque volume, l'histoire se finit avec l'arrivée des vacances et le départ de Poudlard... en attendant la nouvelle saison, pardon, le nouvel épisode / la prochaine année scolaire et le prochain livre! J'espère que je n'en ai pas trop dit sur ce livre paru en novembre 2000?

Parmi les quelque 160 participant-e-s à une ou plusieurs des 11 éditions (2012-2022) du "Pavé de l'été" de Brize, seules deux avaient chroniqué ce volume-là: Lutin82 en 2018, Belette en 2019.

* * * * * * * *

En ce qui concerne le film de Mike Newell (sorti cinq ans après, fin novembre 2005), je l'ai revu alors que je n'avais pas fini de relire le livre. Enfin, disons que je n'en avais pas achevé la lecture suivie, mais que j'avais déjà jeté quelques coups d'oeil furtifs pour me remettre en mémoire les principales péripéties. J'ai donc pu constater une nouvelle fois que, forcément, les 2H37 du film (générique compris, je suppose) sont loin de rendre compte de l'intégralité de nos 762 pages du livre. Je suis d'accord avec le constat de dasola (qui n'a lu aucun des sept livres) lors de son premier visionnage: les spectateurs non lecteur du livre n'ont pas toutes les clés pour comprendre... Il a fallu sabrer dans les personnages, les péripéties, compresser les durées... et faire des choix (je n'aurais pas voulu être à la place des scénaristes - c'est un métier!). 

Ainsi, les Dursley sont escamotés. Ceux (ou celles!) qui ont rêvé sur les pages décrivant la Coupe du monde de Quiddish risquent d'être déçus. L'un des personnages haut en couleur du livre est inexistant. Ce n'est pas dans cet opus qu'on verra agir les "grands frères" de Ron. Les longues et fastidieuses heures de recherche en bibliothèque sont à peine évoquées. Et il nous manque certains des tenants et aboutissants pour ce qu'il est advenu ou ce qu'il adviendra à l'un des principaux personnages du livre... me suis-je aperçu une fois "sorti" du film et en pouvant prendre un peu de recul sur ce que je venais de voir.

Du coup, comme dasola l'avait évoqué à l'époque, je pense personnellement qu'il vaut mieux avoir lu le livre pour comprendre certains détails (qui est qui, pourquoi telle action...). Mais peut-être qu'aujourd'hui, des spectateurs sont capables de savourer les images et l'histoire sans connaître de la saga autre chose que ce qu'en a rendu le cinéma.

Il y a eu, par contre, des "développements" apportés à certaines péripéties. Ainsi, l'épisode avec le dragon dure plus de quatre minutes à l'écran - dont des images de poursuite époustouflantes. Même si tout n'en a pas été conservé dans la version finale, la "scène du bal" ou la formation préalable ont apparemment été ... intéressants à tourner pour les jeunes acteurs (les bonus du DVD apportent un éclairage savoureux, entre scènes coupées et entretiens avec le trio principal). Et la rencontre finale est douloureuse à souhait (même si la jambe d'Harry semble plus valide que dans le livre?).

Parmi les blogueurs "cinéma" qui fréquentent le présent blog, seul Sélénie a chroniqué le film (sous réserve de mauvaise recherche de ma part bien entendu). Je pense que cela peut s'expliquer par l'ancienneté de sa date de sortie et par la disparition des blogs "allociné" (il y a une douzaine d'années).

Bon, un peu de sérieux, je vais essayer ces prochains jours de (finir de) rédiger au moins un billet ou deux avant de me lancer dans Harry Potter et l'ordre du phénix...

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Ouf, au moins, j'aurai réussi à participer à mon propre challenge avant la fin de son deuxième mois d'existence (avec un "épais" comptant pour 784 pages)... Si j'en reprends les chiffres à ce jour: lancé le 10 juin, il compte désormais avec moi 36 inscrit-e-s, dont 23 ont rédigé au moins un (pour 13 participantes) et jusqu'à neuf billets (six participantes en ont déjà inscrit 2, une en est à trois billet, une autre à quatre, cependant que la recordwoman est talonnée avec six billets). En outre, huit livres sont annoncés, dont six par six inscrites n'ayant pas encore rédigé de billet. Donc, avec ces 23 participations déjà répertoriées chez dasola (sans parler des inscriptions seulement chez Sibylline), je considère que le défi de succéder à Brize et à son "Pavé de l'été (2012-2022)" est d'ores et déjà relevé. À 40 participations, ce sera une réussite; à 60, un succès; à 80, un triomphe!

Edit du 21/09/2023: Bon sang mais c'est bien sûr, Harry Potter peut aussi participer au 11e Challenge de l'imaginaire! cli11-02

24 septembre 2023

Bilan du Challenge Epais de l'été 2023

L'été se termine, et avec lui le challenge "Les épais de l'été" (lancé par moi, ta d loi du cine, "squatter "sur le blog de dasola), dont le billet commençant par un énorme logo est resté épinglé en tête du présent blog tout l'été: c'est fini! Merci à toutes et tous pour vos participations ;-)

Epais

Il est temps de rédiger un billet de bilan.

Voici donc les chiffres finaux arrêtés au 23 septembre (et que l'on a pu voir monter, jour après jour, dans le billet récapitulatif, avec date de publication du billet): 106 "épais" pour 79 164 pages, par 34 participant(e)s, avec 92 livres différents, par 77 auteurs ou co-auteurs.

Je vais commencer avec un petit palmarès des participant-e-s par nombre de billets. Avec 17 participations, le pompon a été décroché par Mara qui arrive en tête, suivie dans l'ordre par Belette (15), Ingannmic (8), Dasola et Sunalee (5). En sont restés à 4 (ce qui est déjà fort bien!): Claudialucia, MHF et Sandrion. En ont lu 3 (et, n'est-ce pas, pour un challenge qui durait trois mois, c'est pas mal du tout!): Agnès, Athalie, DocBird, Kathel, Sacha... et Ta d loi du cine. Ont réussi à lire 2 épais bouquins (bravo!): Enna, Gambadou, Jigs, Keisha, Patrice, Violette. Les autres participant-e-s ont "rempli le contrat" avec une participation prise en compte dans les délais: merci à Aifelle, Anne, Carole Nipette, Doudoumatous, Ecureuil bleu, Gaëtane, Gromovar, Lhisbei, Maggie, Manika27, Martine, Michel Tabras, Nathalie, Sibylline. Et j'espère surtout que je n'oublie personne (participation de dernière minute, non signalée...)!

Neuf inscriptions n'ont pas été honorées (ce sera pour une prochaine fois), avec 3 ou 4 annonces que j'avais précisées (avec optimisme...) dans le "récapitulatif" (ils y sont désormais barrés). Comment avait dit Brize, une fois, dans l'un de ses 11 Bilan de Pavé de l'été? Ah oui: veni, vidi, non vici.

Si l'on veut avoir un aperçu des auteurs ayant eu le plus de succès (avec plus d'un livre): Alexandre Dumas a inspiré 4 participants (pour 3 classiques: six Mousquetaires, une Reine et un Comte). On compte 4 ou 5 J.K. Rowling (selon qu'on décompte ou non à part Robert Galbraith), pour 3 tomes différents de la saga Harry Potter et deux autres titres, et un total de 4 participant(e)s. Certains ont chroniqué plusieurs titres d'un même auteur (pas toujours dans le cadre de la même série), surtout parmi nos recordwomen: ainsi, Belette s'est "acharnée" sur David Gimmel et Stephen King (3 fois chacun) ainsi que sur John Gwynne (2), cependant que Mara a chroniqué 3 Lucinda Riley (dont un posthume), 2 Elizabeth Chadwick, 2 Anne Jacobs. Et Ta d loi du cine (si, si) a relu deux Harry Potter.

En regardant cette fois-ci les oeuvres (ce qui, bien sûr, recoupe le classement par auteurs): deux titres ont inspiré chacun trois participations: Le clou de Zhang Yueran, et Leur domaine de Jo Nesbo. Plusieurs titres ont été chroniqués par deux participants (parfois en VF et en VO): Bret Easton Ellis (pour Les éclats / The Shards). Mais aussi des oeuvres de Jussi Alder-Ossen, Michael Christie, Hans Fallada, Alice Ferney, Elizabeth George, Julie Glass, Nino Haratischwili, Jane Howard... que vous trouverez dans le "récapitulatif"! Quelques auteurs ont été chroniqués "à deux titres différents" (Margaret Atwood, R. J. Ellory, Robert Goddard, Larry McMurtry). Je signalerai juste pour mémoire la diversité des genres: nous avons eu aussi bien des livres contemporains que des classiques, des nouvelles oeuvres que des rééditions, représentant nombre de pays (nationalité de l'auteur, pays où se déroule l'intrigue - les deux ne coïncident pas toujours), des types d'ouvrages différents (fiction ou non-fiction, littérature, fantasy, polars, romans historiques ciblant des époques variées...), soit un panel très large. Pour le détail, allez voir le récapitulatif ;-)

0 logo retenu_paves2023Je souhaite aussi mentionner Les pavés de l'été 2023 que Sibylline a organisé sur son blog La petite liste, puisque nous avions en parallèle organisé indépendamment nos propres suites au challenge Le pavé de l'été que Brize avait lancé et maintenu durant 11 éditions (de 2012 à 2022), en annonçant ne pas l'organiser en 2023 (mais laisser qui voulait en reprendre l'organisation être libre de le faire). Sibylline a pris en compte ses participations à partir de 550 pages (contre 600 pour Les épais de l'été 2023).

Du coup, elle et moi, nous avons en commun 22 participants pour 82 livres de plus de 600 pages. Sibylline compte en outre 26 participations: 3 pour des publications sur Instagram que j'excluais expressément, 13 billets par 8 participants inscrits chez moi qui ont aussi chroniqué des livres entre 550 et 599 pages (qui n'entraient pas dans mon champ), une ancienne participante chez Brize qui a chroniqué cette année un seul livre de 576 pages, et quatre autres participants ayant au minimum un livre d'au moins 600 pages (7 chroniques au total, qui "auraient pu" venir chez moi...), à côté de deux de moins de 600 que je n'aurais pas pris.

De mon côté, malgré l'information qui figurait dans mon billet de présentation, 13 de mes participants se sont inscrits exclusivement sur Les épais de l'été (pour un total de 24 items). Il s'agit souvent de "fidèles commentateurs" chez dasola. Je pense que Sibylline aurait rejeté un des livres que j'ai accepté: 800 pages dont 365 avec une photo...

Pour promouvoir cette "suite" que nous donnions au Pavé de l'été que Brize n'organisait pas en 2023, j'avais pris la peine d'aller "tirer par la manche" à peu près tous les blogueurs ayant participé à au moins une des éditions chez Brize et ayant un blog encore actif en 2023 (environ 80 sur plus de 150), en tâchant autant que possible de déposer un commentaire sur leur blog. Mais il est possible que mes commentaires chez eux soient passés en "SPAM" et qu'ils ne les aient jamais lus (ce sont souvent des blogs sous la plateforme wordpress). En tout cas, 26 de mes 43 inscrits avaient participé à au moins une (et même à 11, pour Enna et Keisha!) des éditions du "Pavé de l'été" de Brize. Finalement, 23 des "anciens" de Brize ont contribué aux Epais de l'été avec au moins un billet en 2023. 

Quelques observations complémentaires (si ce n'est pas abuser de votre attention...):

Il est arrivé qu'un titre de livre soit annoncé des semaines voire des mois à l'avance (certaines lectures n'ont d'ailleurs pas été concrétisées, en tout cas pas jusqu'à la rédaction d'un billet); à l'inverse, en prenant la peine de signaler l'existence des challenges estivaux sur de gros bouquins, j'ai obtenu un certain nombre d'inscriptions rétrospectives. Je crois qu'il a exceptionnellement dû m'arriver de cligner des yeux s'il y avait bien le lien mais pas le logo, ou inversement. Il existe des blogs qui ne veulent pas (ou ne savent pas - ce ne sont pas forcément les mêmes) insérer un logo récupéré ailleurs et/ou un lien dans leur billet déjà publié... En tout cas, avec plus de 100 billets ayant participé au challenge qui se déroulait sur trois mois, il a en moyenne été rédigé plus d'un billet par jour sur de "gros bouquins". 

Dans mon "récapitulatif", j'ai pris le parti de mentionner le nombre de pages que compte une oeuvre chroniquée. Je revendique une part de subjectivité dans ces indications. Entre l'édition lue par le blogueur et l'édition "longue" existante, je privilégie la plus longue. Même si une oeuvre publiée en deux tomes existe et même si chacun suffisait à faire un pavé, j'ai privilégié pour mes comptages l'édition (en Pléiade!) qui existe en un seul volume. J'ai (exceptionnellement) rajouté des qualificatifs lorsque plusieurs éditions existaient, soit qu'il s'agisse de celle sur laquelle porte le billet, soit au contraire pour "justifier" la prise en compte dans le challenge via une édition en remplissant les conditions: "écouté en audiolivre; en VO; en grands caractères...". Je n'ai par contre jamais eu de cas où plus d'une de ces "précisions" soit nécessaire. Comme je l'avais précisé, certains sont trop honnêtes et "ne veulent pas tricher", parce que l'édition qu'ils ont lue ne compte pas le nombre de pages requis, cependant qu'il en existe une ou plusieurs autres remplissant les critères et faisant que j'aurais avec plaisir accepté leur billet...

En stricte arithmétique, si chaque participant-e avait fait un commentaire sous chaque billet rédigé par les autres (et avait aussi répondu chez lui), on aurait pu espérer la génération de ... beaucoup de commentaires sur la blogosphère (en tout cas, le billet "récapitulatif" a battu un record chez dasola: 123 commentaires - par 46 blogueurs différents). Certains déploreront peut-être de n'avoir eu que peu de commentaires malgré leur inscription aux challenges. La question qui se pose est: et vous, au fait, chez combien d'autres participants avez-vous fait des commentaires? Pour ma part, je m'étais engagé à aller en faire un sous chaque billet. Mais certaines plateformes (mais je ne vais pas dénoncer, hein wordpr...) semblent réfractaires à mes commentaires: j'ignore si mon "profil" est blacklisté par certains utilitaires antispam... ou par le blogueur lui-même (qui, peut-être, accepte exclusivement les commentaires de personnes déjà connues?), ou encore si mes commentaires attendent une validation expresse dans une catégorie "Indésirable" où le blogueur ne songe jamais à aller... et qui finit par les supprimer automatiquement au bout d'un certain délai. Il y a tellement de paramètres et de réglages possibles... 

À titre personnel, encore une fois, je n'aurai pas réussi à chroniquer ni même à finir de lire mon gros Stevenson. Ce sera pour une prochaine fois (prochaine édition, prochaine année...)! Et si j'avais mis la barre à 650 pages (comme je le ferai peut-être l'an prochain?), seuls 31 livres auraient été éliminés, et il y aurait encore eu 28 participant-e-s pour 75 billets! Peut-être qu'idéalement, il faudrait compter le nombre de caractères (hors espaces!) plutôt que le nombre de pages... Ce sera peut-être possible le jour où tous les livres seront disponibles sur "liseuse", je ne pense pas que ce soit déjà le cas (et vive le papier!).

Je termine en réitérant mes remerciements à toutes et tous les participant-e-s, et aussi à Brize qui avait initié en 2012, puis porté pendant 11 éditions, ce concept d'un challenge estival sur des "pavés" qui constituait un rendez-vous annuel connu, attendu et même préparé par certains et certaines, pour avoir laissé qui voulait le faire en reprendre l'organisation pour 2023. 

7 mars 2023

Les Russkoffs - Cavanna

Ça débute avec une histoire de pénurie d'obus pour lutter contre les Russes. Et "les provinces, ça va, ça vient, surtout les frontalières" (p.13).

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) commente ce mois-ci Les Russkoffs, où François Cavanna raconte la suite (durant la seconde guerre mondiale) de son célèbre premier volume autobiographique Les Ritals, que je chroniquerai un mois ou l'autre [chroniqué le 7 novembre 2023]. 

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(Le livre de poche N°5505 ****, 410 p., 3e trim. 1981)

Alors, pourquoi ce titre-là et pourquoi maintenant? Le numéro 1596 de Charlie Hebdo daté du 22 février 2023 se présentait comme un numéro spécial Cavanna, qui aurait eu 100 ans (né en février 1923). Du coup, j'ai sorti de ma liste d'idées d'articles-hommages "Charlie" puis de ma pochothèque personnelle le livre, redevenu d'actualité, Les Russkoffs. Il est construit avec quelques retours en arrière, et se termine abruptement. En exergue de ce livre figurent comme dédicataires d'abord "[à] Maria Rossipova Tatartchenko, où qu'elle puisse être", puis 24 autres prénoms slaves féminins, suivis d'une vingtaine de gars français. "(...) et aussi / à tous ceux et à toutes celles dont j'oublie le nom mais pas le visage, / à tous ceux et à toutes celles qui ramenèrent leur peau, / à tous ceux qui l'y laissèrent, / et, en général, à tous les bons cons qui ne furent ni des héros, ni des traitres, ni des bourreaux, ni des martyrs, mais simplement, comme moi, des bon cons, / et aussi / à la vieille dame allemande qui a pleuré dans le tramway et m'a donné des tickets de pain."

Les Russkoffs du titre, pour ce que j'en ai donc compris, ce sont en premier lieu les femmes "de l'Est" (slaves) elles aussi réquisitionnés pour le travail en usine d'armement, ensuite les prisonniers de guerre russes - plus mal nourris que les Français? -, et en dernier lieu les soldats de l'armée rouge victorieuse, croisés en fin d'ouvrage quand ils vainquent, pillent, violent, et aussi exécutent sommairement ceux qu'on leur désigne comme "fascistes". Mais procédons par ordre.

Le premier chapitre (sur 17), titré "le marché aux esclaves" nous pose le jeune François en train de travailler sur une presse pour fabriquer des ersatzs de pointe d'obus, chacun des "vingt petit[s] Français pâlichon[s] maigrichon[s] étant flanqué de deux bonnes femme", et nous narre comment il (en) est arrivé là. Prisonniers de guerre français croisés durant le voyage (ne pas parler mal de Pétain!), interprète belge (flamand) à l'arrivée... et mise au boulot (en trois-huit à l'usine d'armement) dès la première nuit d'installation au camp.

Maria, c'est l'une de ses deux assistantes, qu'il prend d'abord pour une Allemande avant de comprendre (p.46) qu'elle est, non pas russe, mais ukrainienne (d'un pays qu'il situe très vaguement sur la carte). Et notre François va se montrer très motivé pour apprendre sa langue... 

Le troisième chapitre, titré "Pour le tsar!" (à la Michel Strogoff), revient en arrière en une soixantaine de pages (53-114) pour narrer l'exode de juin 1940, vécu par notre jeune Cavanna de 17 ans. Après avoir vainement attendu le car promis par l'administration des PTT, notre jeune vacataire part à vélo en direction de Bordeaux où l'ordre est de se replier (sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'au licenciement!). Un voyage initiatique bien qu'inutile puisque les Allemands motorisés allaient plus vite que des réfugiés à pied ou même en vélo (notre François était parti avec son vélo de course tout neuf mais aux boyaux fragiles). N'ayant pas l'âge militaire, les Allemands le laissent revenir en région parisienne. Finis les PTT: voici Cavanna tireur de chariot pour aller sur les marchés, maçon... (court chapitre titré "Ma banlieue à l'heure allemande", p.203-221). Avant de se faire "piéger" dans l'entreprise où il venait d'entrer après une offre alléchante: et paf, requis pour le STO!

En Allemagne, Cavanna travaille donc d'abord pour l'industrie d'armement, puis est muté (par mesure disciplinaire) dans un Kommando des gravats, pour déblayer, jour après jour, Berlin bombardé quotidiennement. C'est entre autres sous les bombes alliées sur Berlin en 1944-45 qu'il s'est construit son opinion sur la guerre, de même que Cabu s'était forgé son propre antimilitarisme en tant qu'appelé en Algérie (entre mars 1958 et juin 1960). Il l'a vécue à hauteur d'homme. Il nous raconte une vie quotidienne de préoccupations alimentaires (à un moment, Maria refuse de manger un steack de cheval, contrairement au jeune Français habitué par sa mère), encadrée par des gardiens plus ou moins "peau de vache" ou "complaisants", une fragile survie de couple, de groupe, pour une histoire individuelle mais pleine d'anecdotes. Par exemple, p. 300-301, il raconte par suite de quel concours de circonstance il a été amené à casser la gueule à un gestapiste dans un tramway (sans conséquences, grâce à l'humanité d'un simple flic allemand pas spécialement pro-Gestapo). Il évoque la camionnette qui exhortait par haut-parleur les requis français à rejoindre la Waffen-SS... (p.310).

Mais je ne veux pas tout raconter (lisez le livre, écrit d'une langue drue, truculente et pressée). Fin février 1945 (p.317), le camp est évacué en train vers la Poméranie, pour aller y creuser de dérisoires fossés antichars dans le sable local. Puis ordre est donné de se diriger (à pied) vers "ailleurs". Et Maria et lui quittent la colonne malgré les risques, avant de rencontrer les "libérateurs" russes. Après quelques bivouacs, arrive la fin, ou comment un homme et une femme se perdent... Pendant que François était parti "au ravitaillement", Maria s'est fait rafler par les Russes malgré ses protestations. Et jamais Cavanna n'est arrivé à la retrouver, ni avant ni après son propre retour en France, dit le livre publié en 1979. Alors même que d'autres ont réussi à préserver leur "couple de guerre": qui a ramené "sa" Russkoff" (p.303: évasion, engagement dans la 2e DB, pour revenir en Allemagne chercher sa Klavdia), qui sa jeune Berlinoise brune (Ursula, p.308), qui envisageait de rester sur place (600 hectares de terre et la veuve allemande en prime, pour quelqu'un qui, au pays, ne possédait rien que ses deux bras, p.364). Le STO, finalement, ça aura donné les premières chansons de Brassens, mais aussi ces mémoires de Cavanna.

Pour les lecteurs et lectrices de 2023, je souhaite insister sur le fait qu'il ne s'agit pas là d'un roman, mais d'un témoignage de première main sur le quotidien vécu en particulier à deux et en général en groupe, dans un pays étranger où l'auteur n'est pas venu de son plein gré mais où il a vécu les horreurs de la guerre (y compris en assistant à des morts violentes).

J'ai trouvé peu de blogs en ayant parlé: Les plumes baroques (dernier billet en juillet 2020), Aspirant auteur (dernier billet en juin 2017). Je ne m'interdirai pas d'en rajouter "au fil de l'eau".

Et dans le numéro "centenaire" de Charlie que j'évoquais plus haut? En 16 pages, on trouve plus d'une douzaine de citations choisies par d'actuels rédacteurs ou dessinateurs (dont tous ne l'ont peut-être pas connu?), et quelques phrases à sa mémoire par rapport à Charlie dans la plupart des chroniques régulières. Jacques Littauer, notamment, évoquait Les Russkoffs (p.5). 

*** Je suis Charlie ***

26 février 2023

Azincourt par temps de pluie - Jean Teulé

Profitant de son absence, j'ai (ta d loi du cine, "squatter") chipé ce livre sur la PAL de la maîtresse de blog (dasola). J'espère que cela ne la découragera pas de rédiger, le moment venu, son propre billet après lecture!

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Pour ma part, je n'avais encore jamais lu de romans de Jean Teulé (mais juste chroniqué une biographie de Charlie Schlingo dont il avait écrit le scénario pour Florence Cestac). Je ne sais donc pas comment il traite (de) la Grande Histoire ailleurs. Dans Azincourt par temps de pluie (éd. J'Ai lu n°13668, 220 p., imprimé en décembre 2022, pour l'édition que j'ai entre les mains), il nous la donne à voir sous un jour plutôt sanglant. 

Le livre se déroule sur deux ou trois jours (avant, pendant et près la bataille), du 24 au 26 octobre 1415. De manière très vivante (beaucoup de dialogues), Jean Teulé nous expose ces sacrés Français, grands seigneurs, en train de se disputer la peau du lion anglais avant de l'avoir tué, cependant que le souverrain anglais maintient une discipline de fer dans sa petite armée professionnelle. Il a fait le choix de nous présenter un rapport de 1 à 5 pour les forces en présence, alors que les chiffres varient y compris parmi les chroniqueurs de l'époque. Je n'oserai pas m'avancer sur le fait que la "fille à soldats" (surnommée "Fleur de Lys") qui se retrouve seule parmi les quelque 30 000 Français d'abord, parmi leurs cadavres ensuite est bien un personnage attesté sinon historique, ou non... mais elle sert de témoin (et, ma foi, si on l'avait écoutée - le bon sens féminin -, l'Histoire aurait pu en être changée). Mais Jean Teulé n'a pas écrit une uchronie. Il est amusant de noter que, plutôt que de présenter une bibliographie, il crédite avec humour ses "collaborateurs involontaires" (sic!) en fin de livre (de Michelet à Charles d'Orléans). Pour ma part, la description de l'entretien des arcs anglais p.26 m'a fait penser à l'Odyssée, lorsque les prétendants s'efforcent d'assouplir l'arc d'Ulysse avant que celui-ci les massacre... Ironie de l'Histoire: Jean Teulé n'a pas manqué de nous rappeler que l'armée anglaise était dans un sale état sanitaire (chiasse - même s'il parle courtoisement de dysenterie) pour avoir consommé des moules avariées en guise de pique-nique. Deux mille soldats anglais en étaient mort avant la bataille.

Comme dans La controverse de Valladolid ou dans La négociation, on a ici des antagonistes. Mais cette fois-ci, on finit par se battre, une fois le temps des échanges diplomatiques terminé. Et dans ce cas, le meilleur gagne. Jean Teulé et Wikipedia sont d'accord! Il nous a clairement été exposé les raisons pour lesquelles les faits se déroulent de telle manière. Le combat proprement dit débute p.119. C'est un massacre. En première ligne, les Français et leurs lourdes armures sont plantées dans la gadoue, reçoivent les flèches anglaises, n'y voient rien par les petits trous de leurs visières, et ne peuvent qu'attendre passivement de se faire massacrer lorsque les arcs sont abandonnés pour les haches et autres armes anti-armures. La première vague de prisonniers est éliminée: il faut bien continuer à se battre jusqu'à la déroute adverse.

Et, une fois que les combattants ont quitté les lieux, y abandonnant les monceaux de cadavres français, l'auteur n'oublie pas de nous montrer la récupération par la population locale des moindres bouts de tissu ou de métal dont ils auront l'usage, brut ou refondu... Ce roman de "vulgarisation historique" se lit vite et avec aisance.

J'ai trouvé plusieurs blogs qui en avaient parlé: A livre ouvert, Au détour d'un livre, Les lectures de Cannetille, Plumefil, Canel. 

Philippe Dester n'a pas aimé. Nono a évoqué le livre pour rendre hommage à Jean Teulé (son blog cite encore un autre livre sur Azincourt). J'ai appris que Dominique Pinon lit la version audio grâce au blog Baz'Art.

Après coup, ce roman m'a fait penser au traitement que fait, en bande dessinée, Jean-Yves Delitte des grandes batailles navales. J'en ai lu quelques titres. Un billet à faire un mois ou l'autre?

3 août 2023

Claudine à l'école - Colette / Lucie Durbiano (BD)

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J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) découvert seulement il y a quelques semaines l'existence d'une adaptation en bande dessinée du premier roman de Colette, Claudine à l'école, grâce au thème du mois dernier du challenge "Les classiques c'est fantastique" et plus particulièrement au billet de Fanny. Après mon propre billet sur le roman (qui participait aussi au challenge "2023 sera classique" co-organisé par Nathalie et Blandine), j'ai emprunté la fameuse BD en bibliothèque. 

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Claudine à l'école, Lucie Durbiano d'après l'oeuvre de Colette, Gallimard Bande Dessinée, 2018, 116 pages

L'adaptation en bande dessinée commence "dans le vif du sujet", avec dès la première page ene entrée matinale de Claudine à l'école (si, si). Evidemment, la traduction en image du livre avec ce que le dessin peut montrer d'une manière plus explicite que les mots sur le papier (même si cela reste fidèle au parti-pris du livre de suggérer plus que de montrer) nous épargne les longues pages de "récitatif" où notre "Claudine" parle d'elle-même et de sa vie "bourgeoise".

Dans cet album au dessin de style très "ligne claire", l'action s'enchaîne à toute allure et sans temps mort. Tout passe par les dialogues. Par moment, les vignettes peuvent faire songer aux "enfants" d'Hergé: Jo et Zette, ou Quick et Flupke... A d'autres, des passages plus adultes ou en tout cas plus "lestes" qu'Hergé n'aurait jamais publiés nous transcrivent crûment les sous-entendus de Colette. On a droit à quelques extraits de Pierre Louÿs illustrés très explicitement devant lesquels les gamines tombent en arrêt.

Nous voyons "de l'extérieur" Claudine agir et réagir, parfois via cette "communication non verbale" que permet le "croquage" de ses expressions corporelles... voire tel phylactère à pensée imagée. Mais il constitue une exception. On ne voit guère Claudine penser, la plus grande partie du texte du roman est transposé en dialogues. Du coup, on trouve dans l'album beaucoup de "bulles" [phylactères] (tout le texte doit y passer), car il n'y a aucun encadré narratif, et seulement de rares onomatopées ou bruitages, ou des signes conventionnels (chagrin et pleurs avec gouttes encadrant un visage, éclairs indiquant un regard furibond...).

La composition est, elle aussi, classique. Les planches sont le plus souvent composées de trois bandes horizontales de deux ou trois cases chacune. Certaines planches sont un peu plus "irrégulières", avec par-ci-par-là une subdivision horizontale en deux vignettes dans une ligne. On a aussi quelques planches avec un "gaufrier" de quatre lignes de trois cases presque carrées, je n'ai pas réussi à trouver selon quelle logique. Et, de loin en loin, quelques planches "pleine page", telle celle (le bal) qui conclut l'album. Voici quelques pages à titre de "citations".

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P1160078 p.13...  P1160079 ...et p.14. Des images licencieuses (bien avant youporn). Je n'ai jamais eu l'occasion de parcourir les oeuvres originales de Pierre Louÿs ou Albert Guillaume (?).

P1160080 p.22-23. Un peu trop "tripoteur", le toubib belâtre. Et il y a pire quelques temps et pages après (cf. plus bas p.87). De nos jours, ce médecin des écoles se retrouverait certainement en prison. 

P1160082 p.24-25. On change radicalement de sujet. Notre Claudine apparaît très câline et tactile.

P1160086 p.36-37. Une évocation...

P1160087 p.56. Elle ne lui a pourtant rien fait, cette porte fermée...

P1160088 p.72. Notre Claudine apparaît parfois contradictoire, cyclothymique, ... et toujours gamine. Toujours ce décalage entre des dialogues qui peuvent être vifs (dans les "bulles" appelées phylactères) et la sagesse du trait.

P1160089 p.87. Et pan! Ce n'est certes pas ce qui était attendu.

P1160090 p.116. La fête continue... Le ridicule ne tue pas, mais fait rire.

Hein, en voilà une école différente de Poudlard (je suis encore en train de relire Harry Potter, mais chut!).

Plus sérieusement, Lucie Durbiano a déjà publié plusieurs oeuvres chez Gallimard depuis 2006, j'y jetterai un coup d'oeil si je les croise en bibliothèque. 

26 octobre 2023

Claudine à Paris / Claudine en ménage / Claudine s'en va - Colette & Willy

20232-300x300_2023seraClassiqueJe (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) liquide aujourd'hui la "tétralogie" de Claudine que j'avais abordée dans le cadre d'un challenge spécifique. Cette fois-ci, j'en inscris les trois derniers (!) volumes seulement pour le challenge "2023 sera classique" co-organisé par Nathalie et Blandine. Mais, pour le troisième tome, il s'est bien agi cette année de ma première lecture, quand le deuxième m'avait été offert en 1981 tandis que je m'étais offert en 2009 le quatrième (sans le relire depuis). Cela fait tout de même quatre mois que j'avais annoncé la chronique de ces trois volumes... 

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Claudine à Paris, Willy et Colette, 1901, Le livre de Poche N°213, impr. en 1980, 248 pages
Claudine en ménage, Willy et Colette, 1903, Folio N°335, impr. en 2005 (DL dans la collection: 1973), 243 pages
Claudine s'en va, Colette & Willy, 1903, Le Livre de Poche N°238, impr. en 2001, 191 pages

Comme déjà signalé, on remarquera que Le Livre de Poche "oubliait" Claudine en ménage... qui ne figure d'ailleurs pas davantage dans la liste des "parus dans le Livre de Poche" en 2001. Les mystères de l'édition... 

P1160755Claudine à Paris (paru en 1901) est la suite directe de Claudine à l'école, quelques semaines plus tard: père, fille, servante-cuisinière (Mélie) et chatte (Fanchette) sont partis s'installer à Paris pour que notre malacologue (le père, spécialiste des mollusques et plus particulièrement des limaces!) se rapproche des grandes bibliothèques et des collègues parisiens. Claudine fait la connaissance de sa tante (veuve), du petit-fils de celle-ci (un Marcel qui n'est pas sans faire songer à Proust), et du papa (veuf de la fille de la tante) de ce dernier, un certain Renaud. Celui-ci lui fait rencontrer des "gens de lettres", des journalistes, des personnages réels de l'époque: dans le roman, Maugis, par exemple, qu'elle rencontre à l'opéra où l'a emmenée le fameux oncle, est inspiré... d'un certain Willy; ailleurs, Claudine se voit comparée à Polaire (p.102). Mais les liens avec "Montigny" ne sont pas oubliés: nostalgie de Claudine, échange de correspondance avec telles ou telles, ... et retrouvailles avec Luce, désormais "installée" à Paris. C'est dans ce volume en particulier (et non dans Claudine à l'école comme je le croyais avant ma relecture de cette année) que j'ai retrouvé ce qui m'avait le plus frappé quand j'étais jeune: vieillard libidineux à la limite de l'inceste, fillette mère avant l'âge de 14 ans... De son côté, dans ces livres fortement autobiographiques, Colette s'est tout de même rajeunie de quelques années. 

P1160756Rappelons-le encore, les événements de Claudine en ménage semblent se dérouler de manière contemporaine à leur publication (à quelques mois près), cependant que le mariage de Colette suivi de son introduction par Willy dans le milieu des lettres et du théâtre parisien avait eu lieu, lui, à partir de 1893. Mais certains des événements transposés dans le roman sont intervenus, "dans la vraie vie", au début du XXe siècle seulement. Que se passe-t-il donc dans Claudine en ménage? La narratrice, qui est toujours Claudine elle-même, s'interroge sur "son ménage", et cherche à se remémorer et à "mettre en ordre" ce qui s'est passé dans les quinze derniers mois... Mariage après trois semaines de fiançailles, et le voussoiement de Claudine "épouse de 19 ans" à son époux qui la tutoie. Après les voyages post-noce tout juste évoqués ("retour d'Allemagne"), un passage à l'école de Montigny "il y a trois mois" occupe trois douzaines de pages. De son côté, papa fuit Paris pour retourner en cette proovince, et Renaud (c'est lui, le désormais époux de Claudine!) reprend un "jour pour recevoir" (faire salon). Une certaine Rézi y apparaît (p.92). Quinze jours plus tard, Claudine et elle se fréquentent. Agaceries et badinages... et pas mal de "prises de tête". Et les maris, là-dedans? Quel embêtement, quels empêcheurs de se connaître plus intimement! Mais l'un des partenaires est amusé par l'idée de trouver une "fillonnière" (p.174). Surprise et trahison, p.212: le ménage à trois, ce n'est pas toujours facile à supporter. Et Claudine fait ses paquets pour revenir à son tour à Montigny... (il reste encore une trentaine de pages ensuite!). Notons pour finir que le papa macologue cite la Maison d'édition Gauthier-Villars (p.224)!    

P1160757Le titre Claudine s'en va est en lui-même une pirouette. Colette s'amuse avec la mise en abyme de trois couples (dont Claudine et Renaud, qui ne sont guère que des comparses). La narratrice est ici Annie, qui a épousé à 20 ans Alain, plus âgé de 4 ans (ils se connaissaient depiuis l'enfance). Le livre est sous-titré "Journal d'Annie". Enfin, le couple formé par Marthe (soeur d'Alain, donc belle-soeur d'Annie) et son époux Léon, écrivain professionnel, a aussi son importance dans ce "récit". Au début de l'ouvrage, Alain laisse Annie à Paris en partant pour un voyage d'affaires en Amérique du Sud (y vendre un élevage de taureaux dont Annie a hérité par un oncle). Et voici une épouse soumise abandonnée à elle-même, avec pour consigne de visiter une seule fois Renaud et Claudine, "ménage réellement trop fantaisiste pour une jeune femme dont le mari voyage au loin". Elle doit par contre consulter souvent Marthe et sortir souvent avec elle. Mais quand le chat n'est pas là, les souris peuvent apprendre à danser. Entre séjour thermal (à Arriège, ville d'eau imaginaire... peut-être dans le département de l'Ariège qui en possède au moins trois?) et visite au festival de Bayreuth, la jeune Annie va se frotter à bien du monde et comprendre bien des choses (bon, ne nous illusionnons pas, on n'est pas chez Emmanuelle, hein!): jusqu'à finir par perquisitionner la correspondance privée de son cher et tendre au domicile conjugal, ce qui l'en fera partir. Difficile aujourd'hui (2023) de savoir à qui Colette s'identifie le plus: Annie, Claudine, Marthe? Je dirais: peut-être un peu aux trois, à des époques différentes, advenues ou à venir... lorsqu'est paru ce livre! Mais je suppose qu'il doit exister bien des thèses sur le sujet.

Maintenant, il me reste à lire le dernier de la série. Non pas La maison de Claudine (qui n'a en fait rien à voir avec la série, mais davantage avec des méditations de Colette ou des souvenirs mettant en scène sa mère Sido), mais La retraite sentimentale, que je n'ai jamais lu. 

7 février 2023

Le droit d'emmerder Dieu - Richard Malka

J'aurais pu (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) écrire qu'on m'avait offert pour Noël 2022 ce livre, Le droit d'emmerder Dieu, de Richard Malka. Mais il vaut mieux conserver mon éthique et ne pas enjoliver la réalité: je me le suis simplement offert (à) moi-même mi-janvier. Mon exemplaire provient d'un nouveau tirage, daté décembre 2022, alors que la première édition du livre remonte à octobre 2021. 

Cet ouvrage correspond à la plaidoirie rédigée par Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, pour la fin du procès des attentats de janvier 2015, procès qui a eu lieu devant la cour d'assises spéciale de Paris du 20 septembre au 16 décembre 2020, pour juger 14 personnes accusées d'avoir été complices des trois attentats ayant causé 17 morts du 7 au 9 janvier 2015. 

P1150696Au début de ce petit livre (93 pages, rappel chronologique compris), l'avocat Richard Malka explique qu'il a l'habitude d'écrire ses plaidoiries. Le 4 décembre 2020, port du masque dans la salle d'audience et épuisement après trois mois d'une audience parsemée d'attentats et de morts l'ont amené à écourter, à l'oral. L'éditeur et l'auteur ont choisi de livrer ce texte dans sa version écrite, plus longue que celle effectivement prononcée.

p. 10: "le sens de ce procès, c'est aussi de démontrer que le droit prime sur la force. (...) Les attentats de Charlie et de l'Hyper Cacher ne sont pas seulement des crimes. Ils ont une signification, une portée politique, philosophique, métaphysique". Richard Malka explique que ce procès est l'occasion de parler, non seulement des accusés, mais aussi des idées que l'on a voulu assassiner et enterrer. Il souhaite parler pour répondre aux terroristes qui demandent que nous renoncions à nos libertés.

À partir de la page 21, le livre retrace la chronologie des événements qui se sont achevés par le massacre perpétré contre la rédaction le 7 janvier 2015, des années après l'affaire des caricatures de M*h*m*t. Il décortique scrupuleusement la chronologie (Danemark), avant même la publication en France par France Soir en janvier 2006. Il rappelle que ce sont des imams danois ("de la mouvance des frères musulmans essentiellement, avec quelques salafistes") qui ont constitué un dossier à destination du "monde arabe", et ont affabulé en rajoutant, aux caricatures effectivement publiées au Danemark puis en Egypte, deux dessins tirés d'un site suprémaciste de blancs américains, et une photo n'ayant aucun rapport avec l'islam: un masque de cochon, que nos imams ont légendé en prétendant que c'était ainsi que leur prophète était représenté en Occident! "Cette falsification a fait descendre dans la rue des dizaines de milliers de personnes qui n'ont pas vu les véritables caricatures publiées" (p.28).

L'avocat qu'est Richard Malka ne se prive bien entendu pas de quelques effets rhétoriques en fustigeant entre autres le Président turc: massacrer des milliers de musulmans, ce n'est pas islamophobe mais publier des dessins, ce serait islamophobe? "Et puis j'ai un scoop pour le président Erdogan puisqu'il reproche à Emmanuel Macron d'avoir permis la publication de Charlie Hebdo [qui le caricaturait en octobre 2020]: nous ne soumettons pas nos caricatures au président de la République avant publication. Et même s'il voulait les empêcher, il ne le pourrait pas et il ne trouverait pas un tribunal pour le suivre. Cela s'appelle la liberté de la presse et l'indépendance de la justice (...)".

L'auteur retrace également l'histoire du blasphème en France, en remontant jusqu'aux Encyclopédistes du XVIIIème siècle, alors que le pape a mis L'Encyclopédie à l'index pour hérésie. Il rappelle que la Révolution française a abouti entre autre à ce que soit supprimé du code pénal, en 1791, le délit de blasphème. En 1881, lors des débats pour la grande loi sur la presse de la Troisième république, quand il est question de l'offense à la religion, Clemenceau répond, à l'Assemblée, à l'évêque Angers invoquant la blessure des catholiques outragés: "Dieu se défendra bien lui-même, il n'a pas besoin pour cela de la Chambre des députés". Formule que Richard Malka met en parallèle avec celle du mufti de la mosquée de Marseille à propos des caricatures: "un musulman qui croit que Dieu n'est pas assez grand pour se défendre tout seul est un musulman qui doute de la toute-puissance divine et n'est pas un bon croyant". Conclusion: "ce n'est pas compliqué à comprendre. Dieu peut se défendre tout seul contre les pauvres mortels que nous sommes, ce n'est pas la peine de supprimer ses créatures" (p.42). Richard Malka plaide donc, en toute logique, contre tout renoncement de l'esprit critique, du droit de caricaturer... Ce serait renoncer à ce merveilleux droit d'emmerder Dieu. "Et ça, Cabu, tout gentil qu'il était, hé bien il ne pouvait pas" (p.44). Il faudrait citer l'intégralité du texte, qui a l'unité d'un discours... Lorsqu'il retrace l'histoire de Charlie Hebdo (première puis seconde série), avant puis après l'affaire des caricatures, Richard Malka insiste sur la dégradation de la situation de Charlie Hebdo entre 2006 et 2015, qui a inexorablement conduit à l'attentat, en fustigeant la responsabilité des intellectuels et des politiques, pour lesquels il faudrait, au contraire, renoncer à tout ce qui peut "faire des vagues".

Pour ma part, j'ai lu cet opuscule très vite, en à peine plus d'une heure. Je vous invite à vous en imprégner.

J'ai trouvé quelques blogs qui ont eu aussi le courage d'en parler, bien avant moi: Vagabondageautourdesoi, Sin City, Lintervalle. Chacun donne aussi un ou plusieurs autres liens.

Le droit d'emmerder Dieu a reçu le Prix du livre politique en 2022. P1010613 

Je n'ai toujours pas chroniqué le livre Janvier 2015 - Le procès de Yannick Haenel (texte) et François Boucq (dessin), ouvrage paru en janvier 2021 aux éditions Les échappée. Pour le compte de Charlie Hebdo, ils ont suivi au quotidien le procès (près de deux mois et demi), avec des chroniques publiées sur le site internet et dans l'hebdomadaire. J'en parlerai certainement un mois ou l'autre.

************** 

En utile complément contemporain, je souhaite citer la conclusion d'une interview de Riss dans le Journal du Dimanche (22/01/2023, p.23) à propos du soutien apporté par Charlie Hebdo, avec ses moyens que sont articles et caricatures, à la révolte des jeunes iraniens et iraniennes contre le théocrate qui verrouille tout le pouvoir politique de leur pays: "À Charlie, quand on choisit un dessin, il ne s'agit pas d'insulter ou d'injurier. Notre critère, c'est que ça fasse réfléchir les gens."

*** Je suis Charlie ***

18 décembre 2022

Deux livres à offrir en cadeau à des jeunes d'âge scolaire

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais vous offrir deux idées de petits cadeaux pédagogiques.

Lorsque nous étions retournés à Guédelon avec dasola il y a quelques mois, j'avais été très intéressé par une démonstration de géométrie appliquée à la construction, au travers de laquelle percolait la passion du "formateur". Ses instruments? Le compas et la règle. Mais nous n'avions pas été accueillis sur le site, comme en 2008, avec une "introduction à l'usage de la corde à 13 noeuds". Du coup, j'avais acheté à la librairie du site l'opuscule que je vous présente aujourd'hui.

P1150598

Mesurer et tracer au Moyen-Âge, Guédelon, 2022, 64 pages

Le livre donne des informations sur les différentes unités de mesure, en lien avec le corps humain (donc, bien entendu, variables d'un lieu à l'autre, même si leurs rapports respectifs étaient stables).

P1150602 p.7.

Guédelon a "standardisé" ces différentes unités... 

P1150599 p.10-11.

Page 13, est évoquée la "fameuse" corde à 13 noeuds, dont il est dit qu'elle a été inventée par les Egyptiens il y a plus de 4000 ans. Le titre général de la page est "Les instruments de mesure et de tracés sur un chantier au Moyen Âge".

P1150600 p.21.

Par contre, Wikipedia (consulté le 16 décembre 2022) fait état d'une controverse et insiste sur l'absence de preuve d'usage de la "corde à 13 noeuds" au Moyen-Âge (que ce soit dans l'iconographie ou dans les textes). Conclusion: selon les chercheurs cités, ce serait un "mythe néo-pédagogique" qui remonterait à 1966. Si ce n'est pas vrai, c'est bien trouvé! Le livre peut en tout cas constituer un bon "aide-mémoire" pour des notions de géométrie appliquée: la démonstration du théorème de Pythagore, la définition d'un carré, d'un triangle, d'un trapèze...

Bien entendu, cela n'empêche pas d'aller faire, en saison, une visite familiale au Château-fort.

Et, pour finir sur une anecdote concernant les mathématiques: je connais un professeur de maths qui me chante parfois les louanges du système duodécimal (12), pour multiplier les compétences en calcul mental aux gamins, notamment. Mais, à ma connaissance, il n'a pas encore écrit de livre sur le sujet... 

*

*          * 

Le second ouvrage, que je viens de "cueillir" dans une librairie de quartier dans laquelle mon actuel club CIGALES vient d'investir, est encore plus polémique. 

P1150601

Le nucléaire n'est pas bon pour le climat, Hervé Kempf, Seuil coll. Seuil libelle, septembre 2022 

Hervé Kempf est journaliste et fondateur du site Reporterre. Il est aussi l'auteur de plusieurs livres sur les thématiques environnementales et la critique du capitalisme (et des capitalistes). Dans ce récent ouvrage, il critique le "pari" fait sur la relance du nucléaire en France, non sans des arguments qui me paraissent solides, d'une part sur le problème des déchets nucléaires, et surtout, d'autre part, sur le risque d'accident d'une centrale nucléaire en France (en contradiction avec le discours officiel comme quoi un accident nucléaire, tel que Tchernobyl ou Fukushima, ne pourra jamais avoir lieu en France). Je pense que la lecture de cet opuscule (54 pages en gros caractères) peut aider à se construire un avis sur le sujet. 

Pour conclure sur ce sujet en donnant ma propre opinion: je suis intimement persuadé que, lorsque se sera produit, en France, l'inéluctable accident aux conséquences catastrophiques clairement annoncées dans ce livre (territoire plus ou moins étendu contaminé et inhabitable, morts par centaines sinon par milliers [y compris pour des causes collatérales: accidents de la circulation, stress...], coût se comptant en centaines de milliards d'euros)... Une fois l'accident advenu, disais-je, tous les experts du monde seront sans conteste capables de nous expliquer par le menu, minute par minute, comment il s'est produit, à la suite de quelle intervention humaine intempestive et/ou de quel événement imprévu parce que totalement imprévisible... alors qu'on nous a seriné depuis des décennies qu'un tel accident était impossible. La question n'est pas là. La question est que nous devrions, le plus rapidement possible, décider de nous passer totalement d'une technologie aussi dangereuse. J'ai dit (et écrit).

A part ça, bonnes fêtes à tous, nous y sommes presque, ce n'est plus qu'une affaire de jours (pour les Fêtes, je veux dire).

7 décembre 2022

Charlie Hebdo, 1992-2015 - Charb

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne vois aucune raison de m'énorgueillir pour le n-ième "hommage à Charlie Hebdo" que j'ai péniblement réussi à rédiger vaille que vaille. S'il y a a sujet à appréciation, c'est bien sur l'objet lui-même, une "somme" sobrement intitulée Charb, Charlie Hebdo 1992-2015. 

P1150583

Cette "compilation" en 333 pages est parue en novembre 2016. Je me suis acheté mon exemplaire en août 2019. Je me rappelle avoir remarqué en début d'année 2022, au moment où ce recueil constituait le cadeau offert aux nouveaux abonnés à Charlie Hebdo, que l'"offre [était] valable jusqu'au 31/01/2022"... y compris dans le N°1541 paru mercredi 2 février! Comme quoi il peut arriver qu'une publication prenne un certain retard. 

Le livre commence par trois pages de préface où Luz s'adresse au lecteur (il y précise bien que le livre ne couvre pas toute la production de Charb, mais seulement celle publiée dans Charlie). Les dessins sont classés par année (de 28 [en 1992!] à jusqu'à 60 dessins par année): je suppose qu'il s'agit plutôt d'un recueil exhaustif que d'une sélection? A l'époque où je l'avais acquis, j'avais moi-même consulté les deux premières années de Charlie Hebdo nouvelle série, et il me semble que la plupart des dessins aperçus au fil des pages du journal se retrouvent dans les années concernées du livre (à l'époque, j'avais fait en bibliothèque un relevé des dessins "intemporels" dont je pensais suggérer à Charlie la "repasse" à raison d'un par semaine pour les numéros de ce XXIe siècle, dans une rubrique dédiée). Charlie Hebdo "seconde série" a désormais plus de 30 ans, depuis cette "refondation" en juillet 1992 où Charb - entre autres jeunes dessinateurs - a rejoint les "historiques" de la 1ère série!

Pour en revenir au recueil, on y trouve jusqu'à 6 dessins par page (mais c'est rare), et au total plus de 1000 dessins (en faisant le total des 24 années, j'en ai compté exactement 1055 - avec les habituelles approximations de comptage, entre une double-page foisonnante et un minuscule crobard, qui comptent tous deux pour "1"...). Chaque année s'ouvre souvent sur une couverture de Charb emblématique de cette année-là. Bien entendu, les couv' figurent dans le recueil "Les 1000 Unes 1992-2011" qu'il faudra bien que je finisse par présenter un jour.

J'ai décidé de vous présenter en "citations" uniquement ma propre sélection parmi les dix premières années (1992-2001). Du coup, voilà une bonne raison pour (vous) offrir ce recueil, un beau cadeau pour garder la mémoire!

P1150570 p.10, l'un des tout premiers dessins, en 1992 (n'apparaît-il pas daté aujourd'hui?).

P1150572 p.55, dessin de 1995.

P1150571 p.22, reprise de la couv' du N°40 (31 mars 1993).

P1150573 p.48, dessin de 1995 (en 2022, il ne s'agit plus des mêmes personnes, mais...?).

P1150574 p.63, dessin de 1996 (encore un dessin intemporel?).

P1150575 p.67, dessin de 1996 (avant qu'on parle d'économie circulaire?).

P1150576 p.80, dessin de 1997.

P1150577 p.94, est-ce que la situation s'est améliorée depuis 1998? On pourra bientôt passer un coup de fil à la machine pour qu'elle se mette en marche - et, après-demain, pour qu'un drone nous fasse boire la tasse?

P1150578 p.102 (dessin de 1998, bien sûr...).

P1150579 p.114 (1999): COP, COP, COP... Cocorico?

P1150580 p.136 (dessin de 2000).

P1150581 p.136 encore (2000 toujours). Points de vue et images du grand monde. 

P1150582 p.145: nous y voilà bientôt (2001).

*****

P.S.: dans Charlie Hebdo N°1585 de ce mercredi 7 décembre 2022, je me trouve particulièrement en accord avec l'édito signé par Riss p. 3, titré "Conseil d'ami pour le XXIe siècle", qui commence par "Vivre sans électricité, c'est le défi de la semaine". Je vous cite encore une phrase (vers la fin de la colonne): "En réalité, notre niveau de consommation d'énergie n'a pas été conçu pour satisfaire nos besoins vitaux, mais ceux du marché, qui a besoin de millions de consommateurs pour exister." Vous pouvez lire le texte complet sur le site du journal.

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