mardi 31 mai 2016

Elle - Paul Verhoeven

Voici un film qui peut ne pas plaire à tout le monde. Personnellement, Elle, le nouveau film du néerlandais Paul Verhoeven, m'a beaucoup plu. J'ai aimé l'ironie, l'humour, la crudité, l'ambiguïté, l'amoralité qui s'en dégagent. Isabelle Huppert, une fois de plus, est géniale, en co-directrice d'une entreprise florissante de jeux vidéos. Divorcée récemment mais ayant une liaison avec le mari de sa meilleure amie (Anne Consigny, très bien), Michèle Leblanc (Isabelle Huppert) est la mère d'un grand fils amoureux d'une fille enceinte. Michèle vit seule avec son chat (magnifique, le chat!) dans un pavillon de banlieue. Un soir, elle se fait violer chez elle par un homme cagoulé. Dès le lendemain, dans un restaurant, elle fait comme s'il ne s'était rien passé  pendant un dîner entre amis (avec son ex-mari [Charles Berling]). Mais juste avant qu'on vienne lui prendre la commande, elle annonce qu'elle a été violée mais qu'elle n'a pas jugée bon d'aller porter plainte. Elle ne veut surtout pas que la police s'immisce dans sa vie (on apprend pourquoi par la suite). Son violeur se met à la harceler. Je me suis demandée jusqu'au milieu du film qui était cet individu qui semble si bien la connaître et qui s'introduit facilement chez elle. Un couple de voisins, Patrick et Rebecca (Virginie Efira), sont plein de sollicitude envers Michèle; et en retour, cette dernière fantasme sur Patrick (Laurent Lafitte). Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue. Je ne me suis pas ennuyée pendant les 2H10 que dure le film. Je trouve que c'est un film décoiffant qui vaut la peine d'être vu. Lire le billet de Cathulu.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [27] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 28 mai 2016

Mémoire de fille - Annie Ernaux

P1030354

En relisant le billet d'Aifelle qui m'a donné envie de lire le livre d'Annie Ernaux, je me rends compte que je suis passée à côté de Mémoire de fille (Editions Gallimard) et je le regrette. Mémoire de fille n'est pas un roman mais une plongée dans les souvenirs d'Annie Ernaux, qui raconte la fille de 1958, c'est-à-dire elle-même. Elle a presque 18 ans et pour la première fois elle quitte Yvetot et sa famille catholique pour être monitrice durant un mois dans une colonie de vacances laïque et mixte dans l'Orne. En deux pages, elle nous raconte sa première "nuit d'amour" du 16 au 17 août 1958, qui lui laissera un souvenir traumatisant. "Il me semble que je ne peux peux m'approcher davantage de la réalité. Qui n'était ni l'horreur ni la honte. Seulement l'obéissance à ce qui arrive, l'absence de signification de ce qui arrive." Peut-être parce que j'ai 22 ans de moins qu'Annie Ernaux et que j'avais 6 ans en mai 68, j'ai du mal à me sentir concernée voire même touchée par ce que l'auteur raconte. Cela ne m'empêche pas de recommander ce livre de 150 pages écrites au scalpel.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 25 mai 2016

Café Society - Woody Allen

Café Society, le nouveau Woody Allen, est un film très plaisant à regarder. Dans les années 30, Bobby, un jeune homme du Bronx, vit encore chez ses parents qui n'arrêtent pas de se disputer, et côtoie un oncle gangster. Il décide de partir à Hollywood afin de trouver du travail auprès de son oncle Phil, un agent de plusieurs stars de l'époque. Là, il rencontre une des secretaires de Phil, appelée Vonnie, dont il tombe amoureux (et c'est réciproque). Mais Vonnie n'est pas libre, elle entretient une liaison avec un homme qui lui promet le mariage. Revenu à New-York, Bobby se marie et devient gérant d'un nightclub couru par le "Tout New-York". Le ton du film est en même temps léger et profond avec de l'humour. Il y a une belle reconstitution de l'Amérique de l'époque. Jesse Eisenberg (Bobby) et Kirsten Stewart (Vonnie) forment un couple charmant. Les derniers plans du fllm les montrent chacun séparément, le regard lointain, en pensant peut-être que le cours de leur vie aurait pu être différent. Café Society est bien le film de Woody Allen que j'ai préféré depuis Blue Jasmine en 2013. Lire le billet de Matchingpoints.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 22 mai 2016

Julieta - Pedro Almodovar

Julieta, le nouveau film de Pedro Almodovar en compétition dans la sélection officielle de cette année 2016 au festival de Cannes, est une merveille tant sur le fond que sur la forme. Le scénario est inspiré de trois nouvelles du recueil Fugitives d'Alice Munro (Prix Nobel de littérature 2013). Une fois de plus, Almodovar rend hommage aux femmes dans ce film empreint de douceur, de sensualité, mais aussi de cruauté. L'histoire alterne le présent (en 2015) et le passé à partir de 1985. Tout commence avec Julieta voyageant en train de nuit. Il y a un côté hitchcockien dans cette séquence dans laquelle la jeune femme rencontre Xoan. Julieta est assise dans un compartiment, un homme s'installe en face d'elle et se met à lui parler. Julieta ne se sent pas à l'aise et va dans le wagon restaurant où elle fait la connaissance de Xoan, un pêcheur. Dans l'intervalle, le voyageur du compartiment se suicide en tombant sur la voie. De la rencontre entre Julieta et Xoan naîtra Antia. C'est à Antia que Julieta écrit ce début d'histoire et tout ce qui se passera par la suite. Elle ne sait pas si sa fille partie à 18 ans sans donner signe de vie depuis douze ans lira un jour ce récit. Je ne veux pas en dévoiler plus sur cette histoire poignante. L'image, les décors, les couleurs sont un plaisir des yeux. La musique d'Alberto Iglesias, relativement discrète, est bienvenue, et surtout les quatre actrices principales (dont les deux "Julieta" -c'est la bonne idée d'Almodovar-, la jeune âgée d'une vingtaine d'année et Julieta avec trente ans de plus) sont magnifiques sans oublier Rossy de Palma* et son visage asymétrique qui joue Marian, une domestique revêche, avec beaucoup d'humour. Je me rends compte qu'il n'est pas facile d'évoquer ce film qui m'a vraiment beaucoup plu (il m'a réconciliée avec le cinéma d'Almodovar). Je ne peux que le conseiller haut et fort. Je ne suis pas la seule. Lire les billets d'Alain et de Chris.

*et non Paz de la Vega comme me l'a fait justement remarquer Eva (lire son commentaire ci-dessous).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : , ,
jeudi 19 mai 2016

La passion d'Augustine - Léa Pool

Grâce à Sylire que je remercie encore, j'ai vu La passion d'Augustine de Léa Pool, un très bon film québécois sorti dans très peu de salles et qui ne rencontre pas le succès qu'il mérite. Il faut dire que, sur le papier, le sujet peut rebuter plus d'un spectateur et c'est bien dommage. Nous sommes dans les années 60, Vatican II va bientôt se terminer. Dans la province de Québec, Soeur Augustine (née Simone Beaulieu), la quarantaine, ancienne concertiste de talent, est la mère supérieure d'un internat religieux de filles, qui met en avant l'étude de la musique chantée et jouée. La musique sous toutes ses formes constitue la passion de Soeur Augustine, qui dirige l'école avec fermeté et douceur. L'école remporte depuis longtemps des prix de piano dans les concours de la province. Un jour, Soeur Augustine accepte comme élève sa nièce Alice Champagne, car la maman d'Alice a des problèmes de santé et ne peut plus s'en occuper. Alice se révèle une pianiste prodige mais manquant de discipline. Pendant ce temps, les choses changent au Québec: les écoles religieuses (en premier lieu celles des filles) sont menacées de fermeture car on nationalise l'enseignement. Une très belle scène montre la transformation vestimentaire des soeurs qui quittent leurs habits de nonne et se mettent à porter jupe, corsage et bas avec une simple croix en guise de broche. Et ce film donne l'occasion d'écouter du Chopin divinement interprété par Lysandre Menard (Alice) qui est pianiste dans la vie. Si le film passe par chez vous, allez le voir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,

mardi 17 mai 2016

Meurtres à Willow Pond - Ned Crabb

P1030289

Meurtres à Willow Pond de Ned Crabb (Edition Gallmeister, 420 pages) remplit son contrat de lecture distrayante (si, si). C'est un vrai "page turner". Les morts sont violentes, les personnages (presque) tous antipathiques (même la première victime). Cela se passe dans le Maine de nos jours, au bord d'un lac, dans un lodge où viennent des gens fortunés. Iphigene (Gene) Seldon, 77 ans, est la maîtresse des lieux. Elle se comporte en tyran au langage peu châtié qui humilie ses neveux et nièce futurs héritiers de la fortune familiale. Mais Iphigene a décidé de changer son testament et veut en faire part lors d'un week-end. Pour ce faire, outre ses neveux Brad (un alcoolique), Merrill (une accroc à la cocaïne) et Kipper (un homosexuel), elle a demandé à Alicia et Six Goodwin, ses cousins, d'être présents. Il faut préciser que Brad et Merrill, considérés comme les meilleurs pêcheurs de l'Etat, sont séparés et en instance de divorce de leurs conjoints qui ne valent pas mieux. Excepté Alicia et Six, tous les personnages ne pensent qu'à l'argent et ne rêvent que de se débarrasser de Gene. Leurs voeux sont exaucés quand, lors d'un gros orage, Gene est assassinée de manière brutale. Bien évidemment, les suspects sont nombreux. Je vous laisse découvrir les rebondissements de l'intrigue (dans laquelle le lecteur se perd un peu) et faire connaissance avec les enquêteurs: le shérif Benson et son adjoint Caleb ainsi que Tom (Thomasina) Barclay, une inspectrice et docteur en psychologie criminelle. Un roman vraiment sympa à lire pour la galerie des personnages.

Lire les billets d'Hélène et de Sandrine.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 14 mai 2016

Red amnesia - Wang Xiaoshuai

Du même réalisateur (Wang Xiaoshuai), j'avais vu 11 Fleurs. Red Amnesia qui date de 2014 n'est sorti que dans trois salles à Paris (et c'est bien dommage). Je ne sais pas ce qu'il en est en province. Toujours est-il que si ce film est programmé par chez vous, allez le voir. Comme dans 11 Fleurs, le réalisateur s'attache à décrire la Chine contemporaine sous Mao et après. Deng, une vieille femme d'environ 70 ans, vit seule dans un grand appartement à Pékin. Quand elle déjeune à table, elle parle au fantôme de son mari. Encore très active, Deng s'imisce dans la vie de famille de ses deux fils. L'un est marié et a un fils et l'autre est homosexuel. Un jour, Deng reçoit un appel téléphonique, puis deux, puis trois sans qu'il y ait personne au bout du fil. Dans le même temps, elle se rend compte qu'elle est suivie par un jeune homme portant une casquette rouge. Le réalisateur ne lâche pas ou presque l'actrice principale, la suivant avec sa caméra. Elle est quasiment de tous les plans. Deng n'est pas un personnage très sympathique mais on arrive à s'attacher à elle. C'est une femme dure mais qui est capable de pleurer. On peut le comprendre. On retrouve le même plan de bâtiments en briques au début et à la fin du film: la boucle est bouclée. Un film que je conseille. Lire le billet de Pascale.

P1030291

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,
jeudi 12 mai 2016

Adopte un veuf - François Desagnat / Desierto - Jonas Cuaron / Baden Baden - Rachel Lang

Parmi les sorties cinéma de fin avril / début mai 2016, il n'y a eu rien de transcendant à l'exception d'un film chinois sorti la semaine dernière que j'évoquerai dans mon prochain billet.

Je commence par Adopte un veuf de François Desagnat, qui vaut mieux que son titre et que l'affiche. Hubert Jacquin (André Dussollier), veuf depuis peu, est un septuagénaire qui file un mauvais coton, en vivant (débraillé, pas rasé) dans un immense appartement en désordre. Chez sa boulangère, Hubert récupère un numéro de téléphone d'une éventuelle femme de ménage. A la place se présente Manuela, pétante de vie. Elle cherche une colocation. A force de persuasion, elle arrive à amadouer Hubert, qui accepte de sous-louer par la suite à deux autres personnes: Paul-Gérard, un avocat (allergique au gluten) quitté par sa femme, et Marion, une jeune infirmière travaillant dans un hôpital. Le film est sympa même si j'ai trouvé qu'il manquait de rythme. Pourquoi pas? Lire le billet de Pascale.

Je passe à un film mexicain, Desierto, réalisé par le fils d'Alfredo Cuaron, Jonas. C'est en lisant le billet du Bison (que je remercie) que j'ai eu envie d'aller voir ce film interdit aux moins de 12 ans (et pour cause). Dans des paysages grandioses à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, une quinzaine de migrants mexicains clandestins voyagent dans une camionnette bâchée. Le véhicule tombe en panne au milieu de nulle part et les clandestins commencent une longue marche sous un soleil brûlant. Ils sont bientôt tirés comme des lapins par Sam, un Américain dangereusement fêlé, et son chien. Il tire avec une carabine à lunette et atteint sa cible à chaque fois. Bilan: une dizaine de morts. Le spectateur est ébranlé. Parmi les 5 survivants, des retardataires qui marchaient moins vite que les autres et que Sam et son chien se mettent à traquer, il y a Moises (Gael Garcia Bernal qui a produit le film). Pendant plus d'une heure, on assiste à la course poursuite entre Sam et les pauvres clandestins. Je vous laisse découvrir comment tout se termine. J'ai trouvé ce film haletant très bien fait. J'émettrai un bémol sur la psychologie du "méchant": on ne sait pas pourquoi il agit comme il le fait. Comme dirait l'autre, c'est un "vrai malade". Il a un discours incohérent. A part ça, le film vaut le coup d'oeil.

Je terminerai par Baden Baden, premier long-métrage de Rachel Lang, qui a reçu de bonnes critiques. J'avoue ne pas m'être sentie concernée par l'histoire d'Ana, 26 ans. Salomé Richard (très bien) lui prête sa silhouette longiligne. Avec ses cheveux brun et courts, elle fait garçon manqué. Quand le film débute, elle arrive à la fin d'un contrat de chauffeur sur un tournage. Elle rentre à Strasbourg après avoir été arrêtée pour excès de vitesse grâce à la voiture de location qu'elle a "oubliée" de rendre. Ana, qui aime sa grand-mère (épatante Claude Gensac), est aux petits soins pour elle. Sinon, Ana est partagée entre Simon (son meilleur ami) et Boris (son ex avec qui elle renoue). C'est un film léger qui ne m'a pas vraiment touchée, dommage. Lire le billet de Carmadou.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
lundi 9 mai 2016

Territoires - Olivier Norek

Comme me l'a fait remarqué Didi avec raison dans son commentaire sur mon billet précédent du 07/05/16, j'avais mentionné Territoires d'Olivier Norek dans l'en-tête de mon billet précédent mais je n'avais rien rédigé dessus. Voici l'oubli réparé.

P1030278

Territoires est un des nombreux romans policiers rapporté du salon du Quai du Polar de cette année. Le romancier m'a fait une dédicace très sympa. Après Code 93 déjà très réussi, Territoires (Editions Pocket, 377 pages haletantes) nous permet de retrouver le capitaine Vincent Coste et son équipe à Malceny dans le 93. Trois importants caïds du coin sont abattus l'un après l'autres de manière brutale. Quelqu'un est en train de "faire le ménage" pour contrôler seul le trafic de drogue dans la ville et ses environs. Norek a le sens du rythme: j'ai suivi l'enquête de la police avec beaucoup d'intérêt. On fait entre autre la connaissance de Moniseur Jacques, un retraité de plus de 70 ans obligé d'entreposer une grande quantité de drogue dans son armoire, de Bibz, un petit noir haut comme trois pommes mais très dangereux, aux méthodes brutales pour se faire obéir et faire avouer ses victimes (même un chat n'est pas épargné), ainsi que de Madame le maire de Malceny, Andrea Vesperini, qui ne s'embarrasse d'aucun scrupule pour administrer sa ville, etc. L'intrigue est menée de main de maître. J'ai lu ce roman en une journée. Je sais que je lirai le troisième roman de Norek, Surtensions qui vient de paraître. Je trouve que le polar français se porte bien. 

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 7 mai 2016

Trois jours et une vie - Pierre Lemaitre

    P1030277 

J''ai acheté Trois jours et une vie de Pierre Lemaître (Albin Michel, 279 pages) au dernier Salon du livre 2016 à Paris. Je voulais le faire dédicacer par le romancier mais il y avait une telle queue que j'ai renoncé. J'annonce tout de suite que je n'ai pas lu Au revoir là-haut et je ne ferai pas de comparaison. En revanche, j'ai retrouvé dans ce roman l'écriture de Robe de marié et de Travail soigné. L'histoire de Trois jours et une vie est un peu moins anxiogène que les deux autres, quoique... Antoine, 12 ans, tue accidentiellement Remi, 6 ans, dans un bois jouxtant la petite ville de Beauval dont les deux garçons sont originaires. Cela se passe en 1999 à la veille de la tempête dite "du siècle". Cette exposition du drame tient en treize pages, suivies par plus de 250 pages dans lesquelles le lecteur se demande si Antoine va se dénoncer ou être démasqué. L'intrigue se déroule sur une période de 16 ans. Je suis partagée sur le personnage d'Antoine qui aura un comportement de lâche pendant toute cette période, mais je n'arrive pas à le condamner. J'ai lu le roman en deux fois avec un arrêt d'une semaine, étant passé à d'autres lectures. Peut-être n'ai-je pas été passionnée plus que cela. Lire les billets d'Inganmic, Sylire, Clara, Monpetitchapitre, noukette, gambadou, sandrine.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : , , ,