mardi 26 mars 2019

La transparence du temps - Leonardo Padura

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Avant que j'évoque des polars plus ou moins réussis, je veux vous convaincre de lire le nouveau Leonardo Padura, La transparence du temps (428 pages, Editions Métailié) dans lequel on retrouve Mario Conde, l'ancien policier devenu un commerçant de livres anciens. Le roman se déroule entre le 4 septembre et le 9 octobre 2014 (le jour des 60 ans de Conde), et un épilogue se passe le 17 décembre 2014 (le jour où Obama et Raùl Castro ont entamé des négociations pour la normalisation des relations entre les USA et Cuba et la restauration des relations diplomatiques). Comme Keisha, j'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Conde qui rêve toujours de boire du bon café, qui fume des cigarettes et ne boit pas toujours du bon rhum. Entouré de ses amis fidèles et de son amoureuse Tamara, ainsi que son chien Basura II, Conde va reprendre son métier d'enquêteur pour rendre service à Bobby, un ancien camarade de lycée. Bobby, amateur d'art, s'est fait plaquer par son petit ami Raydel qui en a profité pour vider l'appartement qu'ils partageaient. lI a en particulier dérobé une très ancienne vierge noire en bois de grande valeur, importée d'Europe au moment de la guerre civile espagnole dans les années 30. Cette vierge va malheureusement provoquer quelques morts violentes. Pour Padura, ce roman est surtout l'occasion de faire une description de Cuba et de ses habitants en pleine décrépitude où la richesse côtoie la misère. Même pour Conde et ses proches, les produits de première nécessité manquent. Pour se déplacer, Conde prend les taxis collectifs ou marche longtemps. Il y a des descriptions de quartiers où les maisons sont des simples assemblages de tôles. Le récit est ponctué par l'histoire de la vierge noire et ses origines datant au moins de la chute de Saint-Jean d'Acre en 1291. Un magnifique roman avec un Conde un peu bougon qui n'est pas pressé de fêter ses 60 ans.

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mercredi 20 mars 2019

Salon du livre 2019 à Paris

Ayant eu une invitation par une collègue, je me suis décidée à aller au salon du livre de cette année. J'y suis restée relativement peu de temps: la foule et la chaleur m'incommodent assez vite. J'ai déambulé dans les allées. J'ai vu des files d'attente pour des dédicaces. J'ai aperçu Daniel Pennac conversant avec Guillaume Gallienne tandis que l'écrivain turc Orhan Pamuk quittait le stand Gallimard entouré de gardes du corps. J'ai aussi vu Bernard Minier, Jean-Louis Debré et Katherine Pancol. Point d'Amélie Nothomb, mais j'ai eu le plaisir d'avoir une gentille dédicace de Javier Cercas, un homme très sympathique. Lire le billet de Marilyne sur cet écrivain.

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Comme l'a mentionné Marilyne, cette année, c'était l'Europe qui était à l'honneur. J'ai trouvé l'initiative excellente.

J'ai acheté seulement trois livres: un de J.-H. Rosny Aîné, l'énigme de Givreuse et autres contes, collection Les orpailleurs science-fiction, édité par la BNF (j'ai été attirée par la couverture), Les Limousins à vol d'oiseau d'Onésime Reclus (le frère d'Elisée et Elie) et Les soldats de Salamine de Javier Cercas.

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Je ne regrette pas ma visite même si elle fut courte.

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jeudi 14 mars 2019

4 3 2 1 - Paul Auster

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Pour ce roman de 1015 pages, je ne vais pas en écrire trop long. J'ai mis presque un mois et demi à lire 4 3 2 1 (Edition Actes Sud) de l'Américain francophone Paul Auster. Ce n'est pas qu'il soit difficile, mais il est très dense. Il ne s'agit pas du genre de roman qu'on lit en diagonale. Il faut saluer le travail remarquable du traducteur. 4 3 2 1 met en scène Archie Ferguson, un "double" de Paul Auster. Pourquoi 4 3 2 1? Si vous êtes impatient de le savoir, vous le saurez en lisant les quatre dernières pages du roman. Après une introduction sur les grand-parents d'Archie Ferguson venus de Minsk, l'histoire se décompose en quatre variations de la vie d'Archie Ferguson, né en 1947, la même année que Paul Auster. Chaque Archie (diminutif d'Archibald, d'après Archibald Leach [le vrai nom de Cary Grant]) aura une vie courte mais intense grâce des rencontres et des amours diverses. En compagnie d'Archie, on côtoie beaucoup de personnages recurrents que l'on retrouve dans les récits, comme Amy Schneiderman, une cousine d'Archie, ou Rose, la mère de ce dernier. Chaque récit est exposé l'un après l'autre sans qu'ils soient toujours synchro dans le temps. Le roman permet une évocation de l'Amérique (et de la France) des années 60. Archie, qui est un fan de cinéma et de base-ball, deviendra écrivain après des études universitaires. Il va d'ailleurs jouer un rôle dans les mouvements étudiants de l'époque. Le personnage d'Archie auquel on s'attache tout de suite fait que le lecteur ne lâche pas le roman bien construit. On ne se perd pas dans les méandres des différents récits. Il faut noter qu'Auster a dédié son roman à sa femme, l'écrivain Siri Hustvedt. Si vous n'avez pas peur d'un roman de 1000 pages,  je le conseille.

Lire les billets de Krol, Papillon, Kathel, Keisha (qui a lu le roman en VO).

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jeudi 7 mars 2019

Mémé, femme pratique - Riss

Je me suis aperçu récemment, après une grosse trentaine de billets d'hommages publiés depuis 4 ans, que je (ta d loi du cine, "squatteur" chez dasola) n'ai pratiquement jamais mentionné Riss, à l'unique exception près d'un dessin dans Petits principes de langue de bois économique, de Bernard Maris. Or, non seulement Riss a été blessé (omoplate fracassée en petits morceaux par balle...) lors du massacre du 7 janvier 2015, mais encore il est, depuis, "Président [de la SAS Rotative], Directeur de la publication" de Charlie Hebdo, poste qui, vraisemblablement, ne lui donne guère le loisir de veiller à la publication d'albums ou de livres à partir de ses propres oeuvres. Riss avait été co-dirigeant de Charlie Hebdo avec Charb après le départ de Philippe Val, il en a été un temps, je crois, actionnaire largement majoritaire (sans minorité de blocage face à lui), je n'ai pas vérifié si c'est toujours le cas aujourd'hui. Comme Gotlib une fois que celui-ci a été à la tête de Fluide glacial, il ne publie plus guère d'albums - même s'il dessine, y compris régulièrement la couv' de l'hebdomadaire (selon wikipedia, dernier livre co-écrit en 2016, avant-dernier en 2014...).

Pour combler vite fait ce manque, j'ai choisi de disséquer l'un des anciens albums de lui que je possède (je pense que dasola se serait opposée à ce que je rédige un billet complet sur l'autre), acheté le 27/01/2015 dans une bouquinerie que je fréquente. Voici donc Mémé et ses pratiques infâmes.

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J'ai choisi d'en citer quelques dessins "parlants" et en résonnance avec l'actualité contemporaine (20 ans après).

P1100657 p.48: mais qui a eu cette idée folle un jour d'inventer... (un dessin qui avait dû peiner Luce Lapin)? L214 n'existait pas encore en 1999...

P1100660 p.40-41: nos amis les paysans... C'était bien après la découverte du trou dans la couche d'ozone, mais bien avant le Grenelle de l'environnement.

Et la page précédente, tout d'même: P1100661 (est-ce plus clair?)

P1100656 p.30: le bourreau n'aime pas les morpions? (il ne sait pas jouer...).

P1100655 p.15: Mémé chevalière du ciel à la guerre de 14-18 (!)? L'autre ne levait-il pas les bras au bout de son parachute? Quelle connerie la guerre...

P1100654 p.8: ça vaut bien les bagnoles électriques - même si la dictature de Mémé n'a rien à envier à celle du Bretzelberg!

P1100658 p.18-19: maison de retraite "comme son nom l'indique" Beauséjour (EHPAD, comme on ne disait sans doute pas encore au XXe s.?). 

P1100659_vaches p.26-27: vaches en chaleur (un gros manque en page de droite: aucune ne monte sur une autre! Personne n'est parfait...).

Enfin, un dessin relativement récent avec le personnage de Mémé: P1100684 (extrait de la double page centrale [p.8-9] titrée "Cahier de doléance des gilets jaunes" du N°1376 du 05/12/2018, p.9).

PS: et le second album de Riss que je possède, me direz-vous? Je l'avais acheté le 07/01/2015 (... après). En voici, tout de même, la couverture:

P1100686 Dépôt légal: novembre 2014

*** Je suis Charlie ***

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mercredi 27 février 2019

Qui a tué l'Homme-homard? - J.M. Erre

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Après Clara, je conseille la lecture de Qui a tué l'Homme-homard? (Edition Buchet-Chastel, 354 pages savoureuses) le nouveau J.M. Erre qui a une fois de plus écrit un roman désopilant même si quelques meurtres émaillent le récit. Je n'ai pas hésité une minute à l'acheter sachant que je ne regretterai pas. De nos jours, dans un village perdu de Lozère, à Margoujols, l'un des bourgs les plus reculés du Gévaudan, un meurtre puis d'autres sont commis. Quatre gendarmes sont envoyés sur place pour mener l'enquête dont l'adjudant Pascalini. La première victime est donc un homme détesté par tout le monde que personne ne pleure, Joseph Zimm, l'homme-homard (né avec une ectrodactylie, une absence de plusieurs doigts), un ancien artiste d'un cirque de "freaks" dont les membres se sont installés depuis des années dans le village. Dans la troupe de ce cirque venu de Roumanie à la fin de la 2ème guerre mondiale, on trouve des octogénaires, dont une femme à barbe, un colosse, un lilluputien, un homme-éléphant et un homme-caoutchouc, ainsi que des soeurs siamoises. Mais une personne est plus monstrueuse que tous les autres, c'est Julie de Creyssels, la narratrice du récit. Fille du maire, Julie de Creyssels, âgée de 23 ans, est clouée dans un fauteuil roulant depuis la naissance. Elle est tétraplégique et ne peut bouger que le majeur gauche. Elle peut dialoguer grâce à lui et à un équipement informatique ultra-performant. Elle aussi mène l'enquête. D'une grande intelligence, elle fait montre d'un humour pince-sans-rire ravageur. Je vous laisse découvrir ce roman qui m'a fait souvent sourire. Si vous ne connaissez pas J.M. Erre, lisez aussi Le mystère Sherlock, Série Z, La fin du monde a du retard, Le grand n'importe quoi.

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lundi 18 février 2019

La neuvième heure - Alice McDermott

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J'ai suivi les conseils de Dominique (que je remercie) sur ce roman. La neuvième heure d'Alice McDermott (Editions Quai Voltaire, 282 pages) a reçu le prix Fémina étranger en 2018. J'ai trouvé le contexte original: au début du XXème siècle à Brooklyn, un quartier de New-York (où est née l'écrivain), Jim, un homme d'une trentaine d'année (irlandais catholique) qui vient d'être licencié, se suicide au gaz dans l'appartement où il habite avec sa femme Annie. Il avait demandé à cette dernière d'aller faire des courses. Arrivée sur les lieux, la soeur Saint-Sauveur appartenant à une congrégation religieuse s'occupant des pauvres et des malades prend tout de suite Annie, enceinte de quelques mois, en affection. Malheureusement, la soeur n'arrivera pas à faire enterrer Jim en terre consacrée car il s'est suicidé. Qu'à cela ne tienne, les soeurs vont prendre soin d'Annie et lui donner un travail à la blanchisserie du couvent. C'est là que va naître Sally, une "enfant de couvent". Le roman se passe sur plusieurs années. Annie et Sally vont cotoyer quelques soeurs aux personnalités attachantes comme Soeur Illuminata ou Soeur Jeanne, qui sont toutes dévouées aux personnes malades qu'elles visitent, comme Mme Costello. L'histoire se termine sur un meurtre que je ne vous révélerai pas. C'est un roman qui se lit vite. J'ai aimé, même si je n'ai pas eu le coup de foudre.

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jeudi 7 février 2019

Le procès Colonna - Tignous & Dominique Paganelli

J'ai (ta d loi du cine, squatter chez dasola) déjà parlé, dans ma rubrique d'hommage aux victimes de l'attentat à Charlie Hebdo, du reportage dessiné effectué par Tignous sur les prisons françaises. Ce mois-ci (février 2019), je vais présenter un autre reportage produit à deux mains (par Tignous et Dominique Paganelli): Le procès Colonna.

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Il y a vingt-et-un ans et un jour, vendredi 6 février 1998 après 21 h, le préfet Claude Erignac était assassiné par un commando indépendantiste à Ajaccio (Corse). En 2003, Yvan Colonna, soupçonné d'être le tireur des coups mortels et qui avait "pris le maquis" le 23 mai 1998, était arrêté après 5 ans de cavale.

Extrait de l'avant-propos, signé Tignous et Paganelli, de cet album: "Du 12 novembre 2007 au 13 décembre 2007, la cour d'assises spécialement constituée a jugé Yvan Colonna, l'assassin présumé du préfet Claude Erignac... Le 13 décembre, elle a dit qu'il était coupable et l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Durant quatre semaines s'est déroulée devant nous qui étions dans la salle d'audience une tranche de vie, une sorte de comédie humaine tragique (...). Pour parler de la mort d'un homme, il y a eu de la vie. C'est ce que nous avons voulu raconter. Nous ne présentons pas ici les "minutes" ou "l'intégrale" du procès, mais ce qui nous a touché. En un mot nos impressions de ces trente-quatre journées d'audience."

J'ai acheté ce livre (daté de juin 2008) il y a quelques mois. Je n'avais pas lu en 2007 les reportages consacrés par Charlie Hebdo au procès. Je n'ai pas cherché à les retrouver (pour comparer). Si j'avais eu à faire un exposé dans un cadre universitaire, ou à écrire un article (rémunéré) dans la presse professionnelle, je l'aurais fait.

Je pense que les textes de l'album ont été rédigés par Dominique Paganelli. Ce journaliste a surtout réalisé des documentaires ou ouvrages sur le monde du football. Dans Charlie Hebdo, je crois que sa couverture du procès Colonna était illustrée par d'abondants croquis de Tignous. Dans l'album, beaucoup des textes commencent par la date du jour concerné, en bleu avec le jour en blanc sur un carré rouge. De son côté, Tignous a rédigé et lettré des textes abondants pour ses illustrations (reprises de phrases entendues, textes explicatifs...), mettant en scène témoins, policiers, avocats, juges, Corses divers, décors... J'ai compté 23 représentations d'Yvan Colonna (dont une fois avec seulement ses mains). Les multiples demandes de P à T "t'as dessiné Ulrike Weiss?" (magistrate en charge des relations avec les média, dont le visage apparaît seulement en dernière page de l'album) peuvent faire sourire.

Après la lecture de l'ouvrage, tout ce qu'on a comme certitude, c'est que le préfet Erignac a été assassiné, qu'Yvan Colonna a pris le maquis après une interview télévisée, a été désigné comme le tueur par les membres arrêtés du "commando" ou leurs épouses (qui se sont ensuite rétractés), a été arrêté, n'a jamais avoué (a protesté de son innocence durant le procès), a été reconnu coupable et condamné. Depuis la parution de l'album, il y a eu un procès en appel en 2009 (rajout d'une peine de sûreté de 22 ans), annulé par la Cour de Cassation en 2010, et un nouveau procès en juin 2011 (de nouveau perpétuité, sans peine de sûreté). La condamnation est désormais définitive. Yvan Colonna est en prison depuis 2003 (bientôt 16 ans).

Je vous mets juste quelques extraits des 120 pages de l'album.

P1100801  p.101, Tignous croqué par Pétillon, de passage durant le procès.

P1100799  p. 12bis (sic! Dans les albums publiés par cet éditeur, elle remplace la p.13), ou comment un "croquis d'attitude", un peu retravaillé, peut devenir un élément de composition d'une couverture d'album...

P1100797  p. 83 (une page avec coquille dans le texte, et un croquis "brut" [non travaillé, avec du "texte parasite"?]).

Je fais aussi le lien avec ce qui m'avait frappé en 2016, à savoir le "retour" de Renaud dans les pages de Charlie Hebdo. Rappelons que Renaud avait fait partie des premiers associés de la société (Kalachnikof) créée pour relancer Charlie en 1992 (il avait sauf erreur de ma part mis 200 000 F au pot, là où Cabu et Val en mettaient 50 000 chacun). Puis, quelques années plus tard, à l'occasion de la création des éditions Rotative, il était sorti du "tour de table". Bref, après avoir repris contact avec l'équipe suite au 7 janvier 2015, il a retrouvé une rubrique régulière à partir du 2 mars 2016. Je me rappelle avoir trouvé navrant, à l'époque, qu'il n'y parle guère que d'Yvan Colonna, au détriment de beaucoup d'autres sujets sur lesquels je pense qu'il aurait pu dire des choses intéressantes (à mon avis, du moins). Elle s'était en tout cas arrêtée assez vite. Ci-dessous 3 extraits (liste non exhaustive bien entendu!).  

P1100802  2 mars 2016, p.2

P1100804  18 mai 2016, p.3  P1100803  20 avril 2016, p.3

Enfin, en dernier "point d'actualité" liée à l'assassinat idélogique d'un Préfet de la République Française (par des "militants perdus"), on peut signaler qu'hier, 6 février 2019, a eu lieu dans le Grand amphithéâtre de la Sorbonne le "3e Colloque Claude Erignac", organisé par l'ACP (Association du Corps Préfectoral), sur le thème "L'intégration républicaine en péril: comment la refonder?". On pourrait relever qu'il avait lieu aussi 85 ans après les émeutes anti-républicaines du 6 février 1934 (manifestations des ligues d'extrême-droite)...

*** Je suis Charlie ***

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lundi 4 février 2019

Un questionnaire sur "Les douze maladies connues des grands lecteurs"

Je suis tombée par hasard sur ce questionnaire (tag des "maladies livresques") auquel ont répondu plusieurs blogueuses dont Karine:), Fondant grignote et Marie-Claude. Il me plaît bien.

Maladie n°1 - Refus d'abandonner à la moitié.

Je ne refuse rien du tout. Si le livre me tombe des mains, j'en prends un autre. Je ne peux pas me forcer à terminer un ouvrage.

Maladie n°2 - Acheteuse de livres compulsive.

Malheureusement oui, je suis une acheteuse de livres plutôt compulsive. Il faudrait que je n'entre plus dans une librairie et ça j'ai du mal. 

Maladie n°3 - Amnésie associée à la lecture.

C'est vrai que j'oublie assez vite mes lectures, comme j'oublie assez vite les films que j'ai vus, à de rares exceptions près. D'où l'intérêt de tenir un blog.

Maladie n°4 - Tenir un journal de lecture.

Oui, mon blog. Et c'est bien de pouvoir relire ses billets.

Maladie n°5 - Être rebuté par le battage médiatique.

Le battage médiatique me laisse assez indifférente. Je lis à l'instinct et en me fiant aux conseils d'autres blogueurs. Grâce à eux, j'ai souvent de bonnes surprises.

Maladie n°6 - Culpabilité associée au temps de lecture.

Non, je ne me sens pas coupable, si ce n'est que je me dis que je pourrais faire autre chose de mon temps, mais c'est mon choix.

Maladie n°7 - Prêter des livres que l'on ne nous rend pas.

J'aime bien prêter voire donner mes livres (romans) surtout quand je les ai lus. Si cela peut faire plaisir à quelqu'un, je suis contente.

Maladie n°8 - Tendance à lire plutôt qu'à vivre.

J'espère que je vis plus que je ne lis.

Maladie n°9 - Être séduite par les nouveaux livres.

Oui, c'est bien le problème, car je lis moins vite que je n'achète de livres et le retard s'accumule d'année en année. J'ai une centaine de livres qui m'attendent.

Maladie n°10 - Submergée par le nombre de livres chez soi.

Oui, mais j'assume.

Maladie n°11 - Incapacité à retrouver un livre.

Ca m'arrive, mais au bout du compte, je remets la main dessus.

Maladie n°12 - Ne pas savoir quels livres emporter en vacances.

En général, je prends toujours trois ou quatre romans et il m'arrive d'en acheter un ou deux sur place pour faire bonne mesure.
Est-ce que c'est grave docteur?

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Pour vous donner une idée de mes PALs

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vendredi 1 février 2019

La guerre des pauvres - Eric Vuillard

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Après 14 Juillet et L'ordre du jour, je viens de lire en une petite heure La guerre des pauvres d'Eric Vuillard (68 pages, Actes Sud). L'écrivain nous fait à nouveau remonter dans le temps, à l'époque de la Réforme protestante, au début du XVIème siècle. Dans ce "Récit", il évoque Thomas Müntzer (1489-1525), un réformateur radical, et prédicateur qui puisa dans la Bible les arguments théologiques d’une rébellion sociale contre les princes, une authentique ­révolution dans laquelle il entraîna les paysans, du Saint-Empire. Il s'est rallié à Luther dont il s'est éloigné par la suite. Il trouvait ce dernier trop proche des princes. Muntzer a écrit quelques textes dont Le manifeste de Prague et Protestation. Pour lui, aucune réforme religieuse n’est possible sans une réforme sociale. Dieu parle à tous, même aux pauvres. Il s'attaque au latin, la langue dans laquelle était publiée la Bible. Luther a traduit à la Bible en allemand, Muntzer, lui, en tant que prédicateur, s'est adressé en allemand à ceux qui ne savaient pas lire, les pauvres laïcs et paysans. Sa messe en allemand a provoqué un tollé. Même si "Muntzer est fou, mettons. Sectaire. Oui. Messianique. Oui. Intolérant. Oui. Amer. Peut-être. Seul. En quelque sorte" (p44), on sent que Vuillard prend fait et cause pour lui. Un texte qui m'a fait connaître un homme mort décapité à 35 ans dont la tête sera empalée et le reste du corps jeté aux chiens.

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lundi 31 décembre 2018

Palmarès livres 2018

En ce dernier jour de l'année, je tenais à faire un palmarès "livres". Je me suis rendu compte que sur ces derniers cinq ans, 2018 est l'année où j'aurais le moins lu. Je ne sais pas vraiment pourquoi. J'ai lu environ 70 livres plus quelques BD. Parmi ces titres, j'en retiens dix :

Habemus piratam de Pierre Raufast : jubilatoire.

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Le chagrin des vivants d'Anna Hope : très beaux portraits de femmes de l'entre-deux-guerres à Londres.

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Le démon de Gotland d'Indrek Hargla, le 6ème de la série avec Melchior l'apothicaire estonien. Je conseille aussi les cinq précédents, à lire de préférence dans l'ordre.

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Pyromane de Wojciech Chmielarz : un très bon roman policier polonais.

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Scherbius (et moi) d'Antoine Bello : un bon moment de lecture. Antoine Bello ne m'a encore jamais déçue.

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Dans les angles morts d'Elizabeth Brundage : une histoire sombre avec un personnage principal peu recommandable.

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Pour services rendus de Iain Levison : où comment on se rend compte que mentir peut être un vilain défaut et vous apporter beaucoup d'ennuis.

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Cartons de Pascal Garnier : si vous n'avez jamais lu de roman de Pascal Garnier, lisez celui-ci.

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Comment la France a tué ses villes d'Olivier Razemon : un essai intéressant.

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Six quatre d'Hideo Yokoyama : un roman policier japonais qui n'est pas très facile à lire du fait de son côté statique et à cause de ses nombreux personnages, mais il est passionnant. La résolution de l'enquête est remarquable.

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Et pour ce soir, je vous souhaite de passer un très bon réveillon.

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