jeudi 21 octobre 2021

Le nouveau - Keigo Higashino

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Avant de revenir en Lituanie, je veux vous conseiller un roman policier japonais, Le nouveau de Keigo Higashino (Actes noirs, Actes Sud, 329 pages). J'ai aimé comment l'écrivain a structuré son roman. Kaga Kyoichiro, "le nouveau" policier, vient enquêter sur le meurtre d'une femme divorcée de 45 ans qui a été étranglée dans son appartement situé à Tokyo. Elle venait d'emménager pour se rapprocher de son fils. Kaga n'est pas un policier ordinaire, il mène une enquête de voisinage en restant affable. Il m'a fait penser par moment à l'inspecteur Colombo même s'il ne trouvera pas immédiatement le ou la coupable. Le mobile du crime n'est pas évident. On n'a rien volé à la victime qui devait connaître son meurtrier. Il interroge des employés de restaurants ou une vendeuse d'un magasin de biscuits, ou bien encore une employée d'un magasin de vaisselle. Ce sont des endroits où était passée la future victime avant d'être tuée. Le policier est un fin observateur qui avance plus vite que nous dans l'enquête, mais pas tant que cela. Ce roman est aussi une description d'un Japon traditionnel. Les chapitres courts font que l'on lit ce roman très vite. J'ai passé un très bon moment au coeur de Tokyo avec ce roman que je recommande.

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jeudi 7 octobre 2021

Du goudron et des plumes - Collectif

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) rends hommage ce mois-ci à Charlie Hebdo en citant un ouvrage paru il y a 10 ans. Du goudron et des plumes est sur-titré Charlie Hebdo fête les 100 ans de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux).

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Editions Les Échappés, 2011, 143 p.

On peut découvrir dans cet ouvrage un large panel (ou éventail) de plumes, avec même des dessinateurs anciens collaborateurs de Charlie hebdo que je n'avais encore jamais eu l'occasion de mentionner dans d'autres billets, pas forcément tous mentionnés dans la.présentation sur le site de la Maison d'édition, qui dit: "À quoi sert l’oiseau ? se demande Allain Bougrain-Dubourg, à l’occasion des 100 ans de la LPO. Marc Jolivet, Albert Jacquard, Luc Jacquet, Laetitia Barlerin, Maud Fontenoy, Patrick Pelloux, Laurent Baffie, Pierre Rabhi et François Cavanna ont pris la plume pour lui répondre et accompagner les meilleurs dessins d’oiseaux parus dans Charlie Hebdo, signés Bernar, Cabu, Catherine, Charb, Coco, Gébé, Honoré, Jul, Luz, Riss, Tignous, Willem, Wolinski. Dans ce livre à thème, c’est toute la société qui passe sous la « plume » des dessinateurs, au gré des marottes de chacun. Un regard d’aigle sur des problématiques toutes politiques, un angle original et ébouriffant sur notre société !". Comme l'écrit A. Bongrain-Dubourg dans sa préface de l'ouvrage (p.4-5), les dessins ont été ressortis de leurs cartons ou tracés, au gré de l'émotion. 

Voici ma propre sélection subjective, piochée sur 22 pages, parmi les plus de 240 dessins que comporte l'ouvrage.

P1120346 p.23, Gébé se payait l'appeau de Jospin.

P1120345 p.10, Honoré, le dodo.

P1120344 p.8, un magnifique dessin de Coco!

P1120343... précédé d'un autre (p.6).

P1120347 p.29, Tignous et Charb.

P1120348 p.35, sur le thème des colombes, Cabu et Gébé.

P1120349 Honoré brocarde p.44.

P1120350 Riss, en deux mots, beaucoup de bruit pour rien? (p.49).

P1120351 p.55, Jul, Cabu et Honoré.

P1120353 p.57, Bernar (très joli dessin!), Charb, et Wolinski (thème récurrent...).

P1120355 p.61 (Wolinski et Tignous)

P1120354 p.60, Honoré (je ne sais pas coment le prendre, si ce n'est qu'il ne faut pas confondre fiction et réalité?).

P1120356 p.62 (Tignous): déjà un virus asiatique effrayait la planète...

P1120357 p.66, Charb et Wolinski

P1120358 Willem, p.81.

P1120359 Gébé, p.93.

P1120360 Cabu, piquant... (p.98).

P1120361 p.105 (Riss, Willem, Catherine).

P1120362 Cabu, p.106 (Juppé hors contexte?).

J'en profite pour dire que la page de texte de Laurent Baffie, p.107, m'a fait rire.

P1120363 Charb (prémonitoire?) p.117.

P1120364 p.134, Lagarde en autruche, par Mougey (?).

P1120368 Kamagurka (p.79)

Bien entendu, on peut trouver des dessins d'oiseaux dans d'autres ouvrages de nos dessinateurs. 

P1120446 Mes fidèles lecteurs reconnaîtront le dessin de gauche, qui provient de Une vie compliquée...  P1120447 ... de Wolinski (chroniqué le mois dernier)... Je ne sais pas si les deux dessins sont contemporains ou non? 

P1140091 Et puisque je complète ce billet avec quelques autres dessins aviens, voici encore un dessin magnifique par Coco, dans son livre Dessiner encore que je chroniquerai un mois ou l'autre (il contient plusieurs autres images d'oiseaux). 

Pour cette fois-ci, j'espère que tout le monde aura bien noté que la LPO a 110 ans désormais? Quand j'étais jeune, pour moi, Allain Bougrain-Dubourg, c'était le masochiste qui allait une fois par an se faire casser la figure par les chasseurs de palombes. Ensuite, la LPO, ça a été le démazoutage médiatisé de quelques-uns des malheureux oiseaux touchés par les marées noires. Aujourd'hui, je suis davantage sensible à leurs actions de soutien au replantage des haies champêtres sur des terres agricoles...

J'ai trouvé mention de ce livre seulement sur quelques sites ou blogs de libraires, ou en rapport avec la LPO (partenaires, antennes locales...), mais pas sur des blogs de lecture. En tout cas, si vous avez des cadeaux à faire, Du goudron et des plumes est toujours en vente dans la boutique des éditions Les échappés...  

 *** Je suis Charlie ***

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vendredi 17 septembre 2021

Un vaisseau fabuleux (et autres voyages galactiques) - Philip K. Dick

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Philip K. Dick (1928-1982) est l'auteur de plusieurs romans adaptés au cinéma dans des films célèbres (Blade Runner, Minority Report, ou encore... Total Recall), et de nombreuses nouvelles de science-fiction. Il était donc normal que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) puisse chroniquer quelques-unes de ses oeuvres dans le cadre de mon Challenge de la planète Mars. Aujourd'hui, pour mon 10e billet (déjà!), j'aborde cet auteur avec un recueil de nouvelles dickiennes, que j'inscris également pour le 9e Challenge de l'Imaginaire et le XIIe Challenge Star Wars.

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Traductions de l'américain revues et harmonisées par Hélène Collon, 375 pages, 2010 (1er DL 2005, copyright Gallimard), copyright éditions Denoël pour la traduction française

Un vaisseau fabuleux (et autres voyages galactiques) rassemble 12 nouvelles, écrites entre 1952 et 1954. L'édition française précise "Cet ouvrage est publié avec l'accord de l'auteur et de son agent [nom de l'agent...]". J'ai acheté mon exemplaire il y a quelques semaines, sur la foi du texte de 4ème de couverture. Les Martiens dont il est souvent question (souvent des colons terriens) y sont à chaque fois différents... Je commence par dire quelques mots de présentation pour les 9 nouvelles évoquant Mars (1).

L'heure du wub qui ouvre le recueil a été la première nouvelle publiée par Philip K. Dick, et bénéficie de 5 pages d'introduction. Elle a conservé un "peps" indéniable, en étnt excessivement savoureuse. Quelques allusions semblent indiquer qu'elle débute sur Mars, avec le chargement d'un vaisseau à destination de la terre, qui embarque des animaux et des oiseaux fournis (sur réquisition?) par les "optus" martiens (1).

Dans Les joueurs de flûte, un médecin tâche de se renseigner à propos des autochtones qui se seraient trouvés sur un astéroïde, et obtient en réponse: "Oh, on raconte qu'ils sont originaires de Mars. Cela dit, ils ne ressemblent guère à des Martiens. Ils ont la peau sombre, plutôt cuivrée. Il sont minces. Très agiles, à leur manière. Ils chassent, ils pêchent. Pas de langage écrit. Nous ne leur accordons pas beaucoup d'attention" (p.113).

Monsieur le vaisseau remarque, p.88, que "Le monde s'est toujours battu, d'abord contre lui-même, puis contre les Martiens, et maintenant contre ces créatures de Proxima du Centaure dont nous ignorons tout". Quant au vaisseau, véritable héros de cette nouvelle, il a acquis une conscience humaine, volens nolens.

Dans Colonie, un équipage débarqué depuis 3 semaines sur une planète se méfie, rappelant que les sables martiens contiennent "une saloperie en forme d'hélice", comparable à l'eberthella typhi que nous avons sur terre (sauf erreur de ma part, ce nom correspond à salmonella typhi, le germe responsable de la fièvre typhoïde!). Je dirai juste qu'ils avaient raison de se méfier...

J'ai trouvé particulièrement forte la nouvelle Tant qu'il y a de la vie... Préserver les sources d'approvisionnement de matériaux devenus indispensables à une société de consommation exacerbée la conduit au désastre. Sur Mars, ce sont des "gisement de rexéroïde" qui sont l'enjeu. Ce produit (?) est indispensable pour le servomécanisme qui fait fonctionner les voitures terriennes! Mais Vénus, Callipso, Neptune, Saturne... sont également sources uniques de matières premières, d'où conflits après conflits.

La crypte de cristal voit les autorités martiennes se montrer plus subtiles que trois agents terriens alors que se profile un conflit entre les deux planètes.

Pour Un vaisseau fabuleux, Mars est juste une destination devant tester un vaisseau pris aux Ganymédiens. Mais il n'y arrivera jamais... alors que le Grand Emetteur martien est le plus puissant du système solaire, arrosant les neuf planètes et portant même au-delà, dans les profondeurs de l'espace (p.352).

L'ancien combattant qualifie les Vénusiens de "pieds-palmés" et les Martiens de "corbeaux", alors que les deux types de mutants descendent de colons terriens (la colonisation de Vénus est citée comme étant intervenue à la fin du XXe siècle!), et que les croisements restent fertiles... Le racisme ne passera pas.

La Mission d'exploration sur Mars y fera une terrible découverte, décourageante.

Les trois (1) nouvelles qui ne citent pas Mars ne manquent pas d'intérêt pour autant. Dans Le canon, un vaisseau d'exploration arrivant sur une planète anonyme se fait abattre par un engin automatique toujours en état de fonctionner, alors que les habitants de ladite planète semblent avoir disparu depuis longtemps. Les braconniers du cosmos, les "Adharans", vont léguer une méchante surprise au vaisseau terrien qui les ont arraisonnés. Enfin, la nouvelle Tony et les "Bêtes" montre l'impérialisme terrien, sûr de lui et dominateur, qui a fini par faire l'erreur de s'aventurer une planète trop loin... avant de devoir commencer à refluer, inéluctablement.

Une belle découverte pour moi que ce recueil, donc. J'espère avoir donné envie de le lire!

Voici pour terminer quelques autres chroniques trouvées sur la toile: le site Vous, humains (pas de commentaire possible?). Erwelyn a présenté plusieurs  des nouvelles du recueil ici ou , et plus globalement par ce lien. Enfin, Snow de Bulles de livre avait parlé du recueil en 2010.

(1) Edit du 27/09/2021: merci Erwelyn! Je viens de voir, sur un des billet récemment mis en ligne sur son blog, que j'avais lu beaucoup trop vite L'heure du Wub, qui est, donc, bien en lien avec Mars, contrairement à ce que j'avais écrit initialement...

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mercredi 15 septembre 2021

Le petit joueur d'échecs - Yoko Ôgawa

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J'ai terminé Le petit joueur d'échecs de Yoko Ôgawa (Editions Actes sud, 332 pages) depuis quelques jours. J'ai mis du temps à le lire, le laissant souvant de côté sans raison précise. J'ai trouvé l'histoire très triste. Je n'ai pas réussi à situer ce roman dans l'espace (au Japon?) et dans le temps (dans un passé récent ou lointain?). Par ailleurs, les personnages, à deux exceptions près, n'ont pas de nom. Nous avons le petit joueur d'échecs, son grand-père, sa grand-mère, son petit frère, une jeune fille appelée Miira, une éléphante nommée Indira et d'autres personnages identifiés par leur profession ou leur physique. J'oublie le maître, ancien gardien d'usine, un homme obèse adorant les aliments sucrés qui habite dans un bus. Il y vit avec un chat noir et blanc appelé Pion. Ce petit joueur d'échecs, né avec les lèvres scellées, subira une opération chirurgicale qui lui ouvrira les lèvres mais désormais, elles sont recouvertes d'un duvet dru et épais. En effet, les lèvres ont été refaites avec de la peau d'une de ses jambes. Le petit joueur d'échecs et son petit frère vivent avec leurs grand-parents maternels suite au décès de leur mère. Désormais, le petit joueur d'échecs va très souvent sur la terrasse d'un grand magasin, où vécut trente-sept ans Indira, une éléphante qui ne put jamais redescendre car elle était trop grosse pour passer par l'escalier. Plus tard, il rencontre un homme que le petit joueur d'échecs nomme le maître. Ce dernier enseigne les échecs au petit joueur d'échecs âgé de sept ans. Il mettra quatre ans pour battre le maître lors d'une partie. Le grand-père est ébéniste et il répare les meubles cassés. C'est lui qui va construire pour son petit-fils, un lit clos avec un échiquier au plafond car le le petit joueur d'échecs a pris l'habitude de jouer aux échecs en s'installant sous l'échiquier. C'est pourquoi il craint de grandir: "Grandir est un drame". Son voeu est exaucé, sa croissance s'arrête brusquement. Il va garder toute sa vie ce corps d'enfant. Le maître devient, lui, de plus en plus gros. Il lui conseille d'aller exercer ses talents et de continuer à s'améliorer aux échecs dans un club, le Pacific Chess Club. Le petit joueur lit beaucoup d'ouvrages sur les échecs et sur les joueurs de légende. Il voudrait ressembler à un joueur en particulier, Alexandre Alekhine (1892-1946). Au sous-sol du club, on trouve un endroit appelé "Le club du fonds des mers". C'est là que ses talents vont se confirmer. Et grâce à une vieille demoiselle mécène, le petit joueur d'échecs va se mettre à manipuler "Little Alekhine", un automate transformé en joueur d'échecs avec une cavité créée spécialement pour qu'il puisse se glisser sous l'échiquier. Enfin, le petit joueur d'échecs terminera sa courte existence dans une résidence Senior étude.
J'avoue être restée assez en dehors de cette histoire sur la filiation et la transmission. Peut-être parce que je ne connais rien aux échecs. Mais j'ai été contente d'avoir l'occasion de faire connaissance de ce petit joueur d'échecs. Lire le billet de Krol qui a aimé.

PS de ta d loi du cine: c'est moi qui avais signalé à dasola la "lecture commune" organisée pour le 15 septembre 2021 en l'honneur de Goran. Il nous arrivait, à dasola comme à moi, de visiter le blog de ce dernier, Des livres et des films, et même d'y commenter tel ou tel billet. Un ultime rendez-vous, donc, à l'occasion de ce petit joueur d'échecs.

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lundi 13 septembre 2021

Les femmes ne viennent pas de Mars, mais elles y vont - Anneliese Mackintosh

 

Les femmes ne viennent pas de Mars, mais elles y vont, d'Annelise Mackintosh: voilà bien un livre que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'arriverai à inscrire sur aucun des challenges que je suis, ... si ce n'est mon propre Challenge de la planète Mars. Je suis tombé sur ce bouquin par hasard l'autre jour, dans les bacs à tarif doux devant chez Gibert au Quartier Latin. Je ne l'ai lu, bien entendu, qu'après avoir investi 2 euros pour cet achat. Neuf, ce livre sorti en juin 2020 coûte 18,90 euros. Une fois n'est pas coutume, je présente donc un roman paru très récemment! Hors challenge, je n'aurais jamais songé à l'acheter ni même à le feuilleter. Et voilà que je l'ai lu, pour en tirer un billet de plus.

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Selon ce qui figurait sur le site de l'Agence culturelle de la région Aquitaine (ECLA), la traductrice, Aurélie Montaut-Pernaudet, "a acquis une solide expérience dans le domaine de la littérature populaire et sentimentale": voilà qui pourrait suffire à qualifier l'ouvrage. De quoi s'agit-il donc? Solvig, 37 ans, plongeuse professionnelle en couple avec James, un tatoueur amputé d'un pied, court deux lièvres à la fois: tomber enceinte, et participer à un concours pour partir sur la planète Mars (sans l'avouer à son cher et tendre). Le roman est écrit sous forme de récit à la première personne. On partage donc avec notre héroïne les instants de plongée en saturation (avec les collègues qu'il faut supporter), le passage des différentes étapes pour sa candidature au projet médiatique Objectif Mars... et par-dessus tout, ses questionnements sur sa vie de famille, passée, présente ou future, mais plus ou moins dysfonctionnelle. 

De mon côté, je le répète, la seule chose qui m'a attiré vers ce livre qui ne correspond guère à la littérature que je lis usuellement, c'est Mars. Je peux dire que je l'ai lu sans déplaisir, mais avec une indifférence certaine, et que je ne le relirai pas. Quant à cette histoire de recrutement de futurs colons martiens, ça me disait vaguement quelque chose. Il me semblait avoir vu passer des infos dans la presse à ce sujet, fut un temps. J'ai vérifié, et il est explicite que c'est le véritable projet Mars Horizon porté par la société Mars One, lancé en 2011, qui a inspiré le "pitch" de ce bouquin. Il faut malheureusement (?) noter que l'article qui la concerne sur Wikipedia (consulté le 5 septembre 2021) signale la mise en liquidation en 2019 de la société suisse qui l'avait rachetée. Mais Elon Musk reste en embuscade avec ses propres projets de départ vers Mars. Et, plus sérieusement (plus modestement, aussi), la NASA recrute semble-t-il des volontaires (américains!) pour vivre un an, à Houston, comme s'ils étaient sur Mars...

Pour en revenir au livre, j'ignore s'il a attiré beaucoup de lectrices (sinon de lecteurs). J'ai trouvé un petit nombre de blogs qui ont l'ont chroniqué: Charlene, une des cinq chroniqueuses du blog Alice in Neverland, en parle. Mais aussi La bibliothèque de Céline ou Les petites lectures de Scarlett.

Ah, tiens, finalement, une idée: il faudrait que je propose mon exemplaire en "livre voyageur". Et ce serait aussi l'occasion de reprendre contact avec les blogueuses à qui je n'ai toujours pas demandé leur adresse ou un RV pour leur faire parvenir les livres pour lesquels elles s'étaient dites intéressées dans les délais lors d'une opération précédente!

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vendredi 10 septembre 2021

L'enfant de Mars - Cyril M. Kornbluth & Judith Merril / Le Marquis de la Dèche - Roland Dorgelès

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Encore de la littérature pour le Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola). Comme je l'avais fait naguère pour des livres de Paul Féval ou Howard Fast, je vais profiter d'achats en bouquineries pour présenter deux livres.

Je suis tombé sur le premier par hasard, il y a quelques semaines, en fouillant dans les bacs d'une librairie d'occasion boulevard Saint-Michel, rayon SF / Fantaisy. Aux côtés d'ouvrages très contemporains (pas mal de volumes du Trône de Fer, d'autres "Fantaisies", et de la SF "classique" en Pocket, J'ai Lu et autres Présence du Futur [Denoël]), sur un des "format poche" dont ma main rendait visible un titre après l'autre, un mot m'a accroché l'oeil: "... Mars"! Je l'ai bien sûr sorti du bac et amené jusqu'à la caisse.

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L'enfant de Mars, Cyril M. Kornbluth & Judith Merril,
collection Le Masque - Science Fiction (N°84), Librairie des Champs-Elysées, 1979.

La collection tout d'abord. Je ne la connaissais pas (n'y avais jamais porté attention). Quelques recherches suffisent à n'importe qui pour découvrir que "Le Masque - Science Fiction", créée en 1974 et clôturée en 1981, a publié 116 titres". J'ai eu de la chance en tombant sur le seul volume de cette collection à comporter "Mars" dans son titre. Parmi les auteurs publiés: Philip K. Dick (8 titres), Jack Vance (3 titres), Isaac Asimov (2 titres), Frank Herbert (2 titres), Arthur C. Clarke (1 titre), Robert Heinlein (1 titre)... et bien d'autres auteurs connus (dont quelques Français) dont je n'ai jamais rien lu encore. On y trouve encore Le fusilier Cade, des mêmes Kornbluth & Merril (N°100). Quant à la "Librairie des Champs-Élysées", cette Maison d'édition fut fondée en 1925 par Albert Pigasse, et perdura jusqu'à sa radiation en décembre 1995, après avoir rejoint Hachette en 1971. Sa plus célèbre collection fut celle du Masque.
Aujourd'hui, la marque « Éditions du Masque » est déposée par les Éditions Jean-Claude Lattès, appartenant au groupe Hachette, depuis le 22 février 1996. Pour ma part, j'ai collectionné jadis les 247 tomes de la collection "Western" - ils doivent désormais gésir dans des cartons dans une résidence secondaire à usage de garde-meuble...

J'en viens (enfin!) à L'enfant de Mars. Pour une exégèse du titre, je dirai juste que ça aurait tout aussi bien pu s'appeler "Les enfants de Mars" (il existe au moins un autre livre portant ce dernier titre - rien à voir). On est tout de suite plongé dans l'action sur Mars, alors que le médecin, Tony Hellmann, héros principal, vient de veiller à la mise au monde (martien) d'un nouveau-né tout ce qu'il y a de plus humain, puisque né de colons d'origine terrienne. C'est en suivant le docteur dans ses pensées, ses actions, ses rencontres... que nous est brossé par petites touches, rappelées incidemment par l'un ou l'autre des personnages principaux ou secondaires, l'univers dans lequel ils évoluent, dans un futur indéterminé où la terre est surpeuplée. A noter que les tout premiers colons à avoir "atterri" sur Mars y étaient morts de faim, car le vaisseau-cargo qui devait les précéder avec tout le matériel nécessaire avait été détruit à l'atterrissage.

Désormais, les humains ont découvert une substance, l'oxygène enzyme (OxEn), produite à grand frais sur Mars même, qui, prise régulièrement, leur permet de survivre sur cette planète (atmosphère, atmosphère... et autres inconvénients). Mais tous ne s'y acclimatent pas. Parmi les produits exportés vers la Terre depuis Mars figure une une substance, la "marcaïne", qui peut devenir une drogue dont raffolent les Terriens, et qui rapporte de gros bénéfices - légaux - à ses producteurs. Pour sa part, le docteur Tony Hellmann fait partie d'une communauté, "Sun Lake", qui semble en autogestion, contrairement aux autres implantations terriennes sur Mars (un centre administratif, des mines appartenant à de grandes entreprises, des usines privées, quelques fermes familiales des "pionniers"...). L'équipement dans lequel ont investi les colons de Sun Lake, leur outil de travail et leur moyen d'existence, un laboratoire de chimie, est convoité par d'autres, et une crise éclate avec les autorités.

Après diverses péripéties (la pression ne se relâche pas un instant!), le "deux ex machina" sera un journaliste qui "n'est pas un simple rapporteur reporter" [p.109]. Son quatrième pouvoir l'emporte, très symboliquement, sur les autres: il éclaire le judiciaire, et il se permet de "manipuler" l'exécutif lorsque celui-ci exerce un "excès de pouvoir" règlementaire sinon législatif. Quant à l'enfant, disons juste qu'il a muté...

En deux mots, j'ai trouvé ce roman écrit à l'origine en 1952 particulièrement attachant et facile à lire. Je n'ai rien de spécial à dire sur les auteurs (dont j'ignorais jusqu'au nom avant de découvrir ce livre). Je vous renvoie donc à internet (et notamment à Wikipedia) si vous voulez d'autres informations sur Kornbluth et Merril!

*

*      *

L'autre titre chroniqué dans ce billet contient un mot qui commence par "MAR" et finit par un "S". Le lien peut paraître un peu ténu pour en parler ici, alors je vais user d'une pirouette et arguer du privilège de l'organisateur du Challenge! Plus sérieusement, je rapproche les deux ouvrages parce que j'ai aussi "chiné" celui-ci dans une librairie d'occasion (pas la même).

L'étal de celle-ci (qui s'affiche "Livres anciens et modernes") m'avait attiré depuis l'autre côté de la rue, avenue Denfert-Rochereau. Pour fouiller dans les bacs de "Poche", il fallait écarter les livres à la couverture passée, posés à l'horizontale, qui les protégeaient du soleil. Le libraire m'a rappelé que les livres craignaient l'humidité, la moisissure, ...et aussi le soleil. En ce qui concerne l'humidité, son arrière-boutique et les livres qu'elle contenait ont subi un dégât des eaux l'an dernier, en provenance du voisin du dessus qui était parti se confiner en province sans couper son arrivée d'eau... Depuis, ça sèche péniblement. Bref.

Je n'avais, je crois bien, jamais croisé (ou, en tout cas, jamais prêté attention à) un "Poche" de Roland Dorgelès autre que son célébrissime Les croix de bois. Alors, quand je suis tombé par hasard sur celui-ci, Le Marquis de la Dèche, bradé à 1,50 euro, je me le suis offert. 

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Il s'agit d'un livre dont le copyright Editions Albin Michel est millésimé de 1971 (du vivant, donc, de Roland Dorgelès), cependant que l'édition "poche" semble avoir été imprimée en octobre 1974 (après son décès - même si celui-ci n'est pas mentionné dans la présentation de l'auteur en page de garde). A l'époque (pas encore un demi-siècle, alors que j'étais collégien), quatre titres étaient mentionnés "Dans Le Livre de Poche" en début de livre, et une vingtaine étaient listés en fin d'ouvrage comme "Oeuvres de Roland Dorgelès". Je reviendrai sur l'auteur plus bas, intéressons-nous donc au livre pour commencer. Ce fameux Marquis de la Dèche, notre héros (ou presque!), campe un personnage pittoresque parmi d'autres qui ne le sont pas moins, sur une Butte Montmartre imprécisément datée de "peu avant la Grande Guerre". Le livre se présente en 13 (oui, 13! Superstition?...) chapitres dont on imagine tout à fait la publication en feuilleton. Les bons mots fleurissent, les "types" sont parfois quelque peu caricaturaux: la bohème et ses artistes fauchés, géniaux, méconnus, enragés de réussite; les anarchistes; les indics; les (petites) crapules, et autres filous ou escroc (personnage attachant!); les "bourgeois" qui viennent s'encanailler; et tout un monde de bars et autres bouges plus ou moins interlopes (souvent tenus par des femmes). Mais tout tourne autour d'un jeune... non pas futur écrivain, mais chansonnier qui rêve d'écrire une opérette sinon un opéra (et d'y trouver la fortune!). Ses amis ou compagnons sont sculpteur, peintre, danseuse, chanteuse, accordéoniste... On sent parfois que Dorgelès a la plume facile du journaliste, avec de grands "morceaux de bravoure" sous forme de discours ou de descriptions, tandis qu'ailleurs quelques phrases suffisent à marquer les jours qui passent et/ou à faire avancer l'action... En ce qui concerne le "genre", il n'y a guère de mise en avant d'homosexuel(le)s - je n'ai pas dit qu'il n'en était nulle part fait mention! Les hommes apparaissent plutôt soucieux de leurs intérêts ou de leur orgueil d'artiste, mais aussi intéressé par la bagatelle, cependant que les femmes semblent plutôt volages... On est davantage dans le registre comique que tragique. Bref, c'est une pochade qui se laisse lire, même si le monde décrit paraît aujourd'hui bien suranné.

Par associations d'idées, je lierais ce livre à deux autres que j'ai lus dans le temps. L'un, pour la jeunesse, Fanchette (le jardin de l'espérance), de Saint-Marcoux, est aussi situé sur la Butte Montmartre, mais dans les années 1950. L'autre, Nuits de princes de Joseph Kessel, se déroule à Pigalle, après la 1ère guerre mondiale.

Je reviens à Roland Dorgelès, dont je ne savais pas grand-chose, comme -je suppose- la plupart des lycéens puis lecteurs de ma génération. Un coup d'oeil sur Wikipedia consulté le 16 août 2021 (je vous laisse vous y reporter - je ne veux pas allonger la sauce davantage!) m'en a appris bien plus que la biographie succincte du livre de poche. J'avoue ne pas m'être reporté à une biographie de Dorgelès, qui m'en aurait sans doute encore appris davantage sur mon livre du jour et son auteur. En tout cas, ce sont une cinquantaine d'ouvrages qui semblent avoir été publiés par notre prolifique auteur, membre de l'académie Goncourt de 1929 à sa mort, et qui l'a même présidée de 1954 à sa mort en 1973. J'ai l'impression que tout cela est bien oublié aujourd'hui. Pour son passage dans le domaine public et une éventuelle exhumation, attendons 2044: peut-être assistera-t-on à un retour à la surface éditorial(e) de toute son oeuvre?

Et pour finir ce long billet, une question subsidiaire: d'ici 2044, l'homme aura-t-il, ou non, posé le pied sur la planète Mars? 

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mardi 7 septembre 2021

Une vie compliquée / La vie compliquée de Georges le tueur! - Wolinski

Cette fois-ci, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) consacre mon hommage mensuel à Wolinski, avec deux de ses albums aux titres qui se ressemblent. Pour la petite histoire, je ne connaissais pas Une vie compliquée et suis tombé dessus récemment dans une solderie, tandis que j'avais l'autre album dans ma BDthèque depuis plusieurs décennies. Je commence par le plus récent (et sans doute le plus méconnu?).

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 Une vie compliquée, Albin Michel / SEFAM, mai 2005 (après une première édition en 2004?)

L'hstoire semble bien avoir été publiée dans L'Echo des Savanes, ce que les mentions "Albin Michel / SEFAM" me laissaient supposer. Ce magazine semble avoir eu lui-même une histoire compliquée... Est-ce que la fin abrupte serait en rapport avec la suspension de L'Echo des Savanes fin 2005, avant la reprise du mensuel en 2008 par Glénat?

Lors de sa sortie en album, Une vie compliquée avait été présenté (selon ce que j'ai pu lire ces jours-ci sur le web) comme la première "véritable" bande dessinée de Georges Wolinski. Le contenu consiste en une aventure "unique" qui court sur 48 pages, sans que le thème en soit trop introspectif (?). Comme on peut le lire partout (et notamment en 4e de couv'), le "Jules" héros de l'album est présenté comme un play-boy bien garni en femmes comme en comptes bancaires.

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Dans l'album de la SEFAM, notre Jules apparaît plutôt comme un membre de la classe moyenne supérieure, un Français normal, avec une double vie, quelques maîtresses par-ci-par-là, et aucune inquiétude à avoir pour ses fins de mois. A noter encore que, dès la première page, on aperçoit des oiseaux qui... P1120442  P1120443 Mais non, j'en parlerai le mois prochain. Disons que le héros se prélasse en hamac dans une île. Dès la page 3, sa légitime l'appelle (au téléphone). Retour prévu à Paris, en passant par Stockholm... Trajet comme retour sont torrides. Et générateurs de quiproquos. Et Jules se retrouve dans de mauvais draps. Notre infortuné héros est pris pour ce qu'il n'est pas, un tueur. Ce n'est pas lui, c'est l'autre, monsieur "X"! Ah, en passant, ne prêtez jamais votre PC à votre chérie, quel que soit le prétexte invoqué! Elle va le pister dans son paradis puis à Stockholm. Les mafieux comme la police sont aussi sur ses traces. Son seul soutien: "X", dont on découvre qu'il a embarqué Jules dans son repaire. Devenu méconnaissable, il s'ennuie. Mais ses poursuivant(e)s rappliquent... Bref, vous l'aurez compris, ça fourmille de péripéties. Les 48 pages ne sont absolument pas numérotées. Par moment, un court récitatif suffit à faire avancer l'action. En dernière page, cet album commencé par des oiseaux s'achève en queue de poisson (à suivre / suite attendue?).

Quelques images du refuge en montagne. P1120444  P1120445 "X" est un vrai professionnel.  

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Je passe maintenant à l'autre ouvrage que je possédais de longue date [septembre 1998!], au titre un peu similaire: La vie compliquée de Georges le tueur! (éditions du Square, 1970 - 36 ans avant avant l'autre!). Ce second album (le premier chronologiquement) consiste, lui, en un regroupement de plusieurs épisodes plus ou moins philosophiques. Je dirais presque qu'il s'agit d'un album "à sketches". 

P1120441 Editions du Square, dépôt légal 4e trim. 1970

Le premier a pour titre "Le matraqueur". La première "victime" de celui-ci ne lui rapporte, comme butin, que deux sachets de graines... spéciales. Ces femmes empotées qui poussent doucement sont, je suppose, à ne pas prendre au pied de la lettre (ce serait bien trop méchant). Cette bande dessinée de 1970 nous montre une première "belle plante" dont le héros doit se séparer prématurément, tandis que la seconde s'attache longuement...  Faut-il voir dans cette historiette de 9 pages des (sex-symbol), entre celles qui dépérissent vite d'avoir été cueillies trop vite, et celles qu'il faut tenir à distance si on les a laissées nous envahir? Après quelques planches d'interlude, place à "La vie sentimentale de Georges le tueur", qui court en vain derrière le succès (10 pages d'histoire, + 2 planches-interlude).

Voici la planche d'ouverture du troisième épisode: le tueur réfugié dans le chalet, la grosse voiture qui vient le chercher... P1120561 ...Est-ce que ça nous rappelerait quelque chose? Il y est question d'un petit pays dangereux, s'il exporte une terrible invention: non, pas une religion, juste la découverte du professeur Cavanna, qui peut rendre l'humanité immortelle... 

Quatrième épisode: "C'est bien fait pour eux!". Georges (le tueur) revient, et il est plus méchant: dictateur, c'est à lui qu'il revient d'exterminer cette humanité qui le lasse. Encore deux pages d'interlude, et une conclusion ("Sex-shop") en dix pages encore: Georges est tout seul sur terre... ou presque.

Mais que je sache, à part sur le papier, Wolinski n'avait jamais agressé qui que ce soit!

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Je profite de ce billet pour signaler l'appel co-signé par Maryse Wolinski et six dessinateurs de presse, dont Coco, Riss et Juin, pour réclamer la création, à Paris, d'une Maison du dessin de presse et du dessin satirique. Cette création avait été annoncée à grand son de trompe le 7 janvier 2020, à l'occasion du cinquième anniversaire de l'attentat contre Charlie, par le Ministre de la Culture, qui était à l'époque Frank Riester. Aujourd'hui, si j'ai bien compris, pour boucler le plan de financement, il ne manque plus que l'engagement financier de l'Etat... Peut-être n'est-ce plus assez "attractif"?
Appel publié dans le Journal du Dimanche du 05/09/2021, p.37.

*** Je suis Charlie ***

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dimanche 29 août 2021

La guerre des mondes - Herbert-George Wells

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J'ai poursuivi mon Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola), en relisant un grand classique. Cette fois-ci, il ne s'agit pas d'un "space opera", même si je viens de découvrir que l'oeuvre chroniquée aujourd'hui a connu une ou plusieurs suites (que je vais tâcher de me procurer pour une prochaine lecture...). Mon billet du jour comptera, en tout cas, aussi pour le 9e Challenge de l'Imaginaire.

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H.-G. Wells (1866-1946) est l'un des pionniers de la littérature de science-fiction. La guerre des mondes, comme tout le monde le sait, dépeint le débarquement des Martiens en Angleterre, aux alentours de Londres (et non dans le New-Jersey aux Etats-Unis!). Mon Folio (ci-dessus) possède un premier cahier "collector", imprimé en biais, et une couverture illustrée par Folon (ça ne s'invente pas!). C'est mon grand frère qui m'avait offert (et fait découvrir) ce bouquin, pour un de mes anniversaires, il y a plus de 40 ans... Dans cette édition en français (je ne me suis évidemment pas reporté au texte en anglais), l'action se déroule en 1894, et est "racontée" six ans plus tard (alors que le livre, lui, a été publié en 1898).

Un lecteur français aura sans doute autant besoin d'une carte, pour y repérer les innombrables lieux cités au cours des pages, qu'un étranger pour se repérer en banlieue parisienne. J'ai trouvé un site en anglais (je suis bien certain qu'internet offre une multitude d'autres outils!).

Pour envahir la terre, la science martienne utilise, selon ce que reconstituent les savants terriens, une sorte de canon tirant des projectiles de 20 à 30 mètres de diamètre, qui "mettent minables" ceux envoyés sur la lune par la "Columbia" de Jules Verne. Au départ destination d'excursion, le premier cratère formé par la chute d'un de ces "météores" se révèle rapidement source d'un danger mortel, et très vite en surgit un engin inconnu, cependant que les cyclindres (contenants) continuent d'arriver depuis Mars au rythme d'un par jour. Les tripodes (célèbres dans notre "imaginaire collectif") sont aussi décrits (par un artilleur - qu'on reverra par la suite dans le livre) comme mesurant eux-mêmes 30 mètres de haut. Nos envahisseurs semblent ignorer la roue. Leurs "machines de guerre" principales se déplacent à vive allure, si j'ai bien compris, en basculant de l'une à l'autre de leurs trois longues pattes dans une sorte de tournoiement (?).

L'auteur-narrateur (roman à la 1ère personne) se positionne en témoin de première main, mais raconte également ce qui arrivait à son frère, de son côté. Très vite, c'est le chaos dans la banlieue londonienne, alors que les Martiens sèment la panique et la mort, malgré la résistance, qu'on pourrait croire de mieux en mieux organisée, de l'armée britannique, puis de sa marine. Ce livre écrit à la fin du XIXe siècle annonçait déjà les gaz de combat (la "fumée noire" inconnue répandue par les Martiens sur soldats comme civils) et le rayon laser de la saga Guerre des étoiles (puisque le laser n'a toujours, à ma connaissance, été utilisé jusqu'à maintenant que pour guider une bombe vers un objctif, et non comme "rayon de la mort" tel que décrit dans nos oeuvres d'anticipation). L'exode des Londoniens fait penser à celui de juin 1940 sur les routes de France (selon ce que j'ai pu en lire). Le narrateur s'attarde jusqu'à se retrouver isolé beaucoup trop près d'un campement martien avant de pouvoir s'échapper.

Dans ce livre, Herbert-George Wells nous donne entre autres la vision d'un futur où la majorité des humains ne seraient guère plus que du bétail (les Martiens sont quelque peu vampires...), cependant qu'une minorité résisterait (le narrateur passe quelques jours aux côtés de l'artilleur croisé précédemment, avant de comprendre qu'il ne s'agit guère que d'un rêveur velléitaire). Un premier indice d'insuccès de l'invasion est donné par la dégénérescence rapide de l'herbe rouge extraterrestre... qui, après avoir crû très vite, meurt subitement. Et il s'avère au bout de quelques semaines à peine que la cinquantaine de Martiens, dont les militaires britanniques n'ont réussi à détruire que deux ou trois tripodes (tuant leurs conducteurs), a été exterminée par les micro-organismes terrestres, alors que les envahisseurs s'apprêtaient à étendre leur rayon d'action (vers le continent?) grâce à une machine volante qu'ils finissaient de construire...

Désormais, on peut espérer que la Terre veillera au grain! Ce ne sont pas les hommes, n'est-ce pas, qui auraient l'idée d'envoyer aux confins de notre galaxie un message disant en substance: "Ohé, amis, nous avons plein de protides à vous offrir, dans la 3e planète autour du soleil! Venez, soyez les bienvenus, miam-miam!".

La moindre recherche sur internet ramène des dizaines de chroniques sur ce classique de la SF qu'est La Guerre des Mondes (le roman). J'ai tâché de "mixter" entre des blogs que je connais déjà ... et d'autres (sans prétendre, bien sûr, à l'exhaustivité!), mon principal critère étant que le blog soit toujours actif en 2021 (ce n'est pas le cas de tous ceux sur lesquels je suis tombé, on peut même dire que ça réduit sérieusement le champ...). Ainsi, en ont parlé: SF Emoi, La bibliothèque éclectique, L'ourse bibliophile, Ju lit les mots, Ewylyn, Bruce Kraft (qui a aussi consacré un autre billet au film de 2005), Le cafarnaüm éclairé de Nelfe et Mr K. (liste incomplète, j'insiste). Plusieurs autres blogs dont Le chien critique, Les lectures de Cyrlight, Culturellement vôtre, Welcome to Nebalia ...m'ont mis sur la piste d'une édition présentant aussi une suite!

** Pour prolonger le livre **

En plus d'être illustré, traduit, réédité, le livre a aussi donné lieu à bien des adaptations sous diverses formes toutes plus notables les unes que les autres. Il semble que la fameuse histoire de la panique causée par l'adaptation radio d'Orson Welles soit surtout une invention de journaliste. Pour ma part, j'ai dû voir au moins deux ou trois fois le film de 2005 avec Tom Cruise au fil des ans. Mais j'aimerai bien laisser dasola participer au Challenge avec l'un ou l'autre film concernant Mars! Une adaptation manga (3 volumes au Japon) est en cours de parution en France, j'y reviendrai vraisemblablement si le T.3 sort avant mars 2022. Et voici les titre de deux suites: La cage de Londres (il faudrait que je passe - notamment - à la librairie québécoise de Paris, afin de pouvoir en parler ultérieurement...), et Le massacre de l'humanité (évoqué par certains autres blogs listés ci-dessus).

Je savais aussi qu'Edgar P. Jacob avait illustré La guerre des mondes alors publié en feuilleton dans les tout débuts du Journal de Tintin, en 1946-1947, et pensais mettre ici un extrait du livre que je possède sur le dessinateur. Mais je viens de trouver mieux: Vivianne Quittelier, la petite-fille de sa dernière compagne, possède un blog (elle a d'ailleurs publié un livre de souvenirs où elle évoque le Maître). Et on y trouve donc en ligne plusieurs versions d'une image iconique représentant trois tripodes.

Pour finir, j'espère ne pas avoir trop déboussolé les lecteurs de ce billet par les mélanges entre fiction et réalité, fin du XIXe siècle et notre XXIe siècle. Si c'est le cas, je m'en excuse, et ne peux que suggérer... une deuxième lecture de l'article! ;-)

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mardi 24 août 2021

La vallée - Bernard Minier

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J'ai lu plusieurs romans de Bernard Minier, dont les deux premiers, Glacé et Le cercle. Avec La Vallée (Editions Pocket, 569 pages), on retrouve à Toulouse Martin Servaz, qui a été suspendu de ses fonctions de commandant de police. Cette sanction est survenue lors d'une enquête précédente. Il n'a plus de plaque, plus de revolver, mais il s'occupe de son petit garçon Gustav et partage la vie d'une femme doctoresse de grande valeur. Néanmoins, au beau milieu d'une nuit, le télephone sonne et une voix l'appelle. Cette voix féminine le renvoie à un passé douloureux. Il devine assez rapidement d'où la femme, Marianne, son ex-compagne, l'a appelé. Il se rend dans une petite ville, Aigues-Vives, aux confins de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées où se trouve une abbaye. Aux alentours d'Aigues-Vives, des meurtres violents sur des hommes ont été commis. Près de chaque cadavre sont disposés une croix, un triangle, un cercle et un X. Martin qui cherche Marianne va prêter main-forte à une femme policier, Irène Ziegler, qu'il connaît depuis longtemps. L'enquête s'avère difficile, d'autant plus qu'un glissement de terrain sur l'unique route qui mène à Aigues-Vives va isoler la population. Gabrielle Dragoman, une psychiatre et pédopsychiatre, va jouer un rôle essentiel dans l'intrigue. Je ne dirai rien de plus à part que j'ai trouvé le roman un peu long. Ce roman, qui m'a permis de participer au challenge "Pavé de l'été" de Brize, aurait pu être plus court d'au moins cent pages. Mais l'intrigue tient suffisamment en haleine. 

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dimanche 15 août 2021

Le secret de Khâny (Yoko Tsuno T.27) - Roger Leloup

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Quatre challenges avec un seul billet - je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) deviens peut-être trop gourmand...  en ce sixième mois depuis le début du Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola). Mais bon, cela fait tellement plaisir d'y voir répertorié mes petits billets... Ici pour le 9e Challenge de l'Imaginaire, là pour le XIIe Summer Star Wars "The mandalorian". Cette fois-ci, mon sujet est une bande dessinée.

Yoko Tsuno, c'est LA série personnelle de Roger Leloup, qui a débuté sa carrière comme assistant de Jacques Martin, d'Hergé, de Peyo... Il a l'idée du personnage à Noël 1968 et quitte définitivement les Studios Hergé fin décembre 1969. La publication dans le journal de Spirou commence par quelques histoires courtes (je dois les avoir en reliures du journal!) sous la signature du scénariste Maurice Tillieux (reprises dans le 4ème album de la série, Aventures électroniques). La première histoire complète en un album met en scène la rencontre de Yoko et de ses deux faire-valoir masculins avec les Vinéens, dont Khâny, dans Le trio de l'étrange (album sorti en 1972). Mais commençons par Le secret de Khâny (27e album, sorti en 2015 - je reviendrai sur la série plus loin dans le billet). 

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Un soir, Yoko (à droite sur la couverture ci-dessus) et sa "tribu" sont dérangées dans leur vie de château en Ecosse par un robot volant manifestement vinéen. Occasion d'appeler en visioconférence Khâny (à gauche sur l'image)... qui commence par ne pas répondre. Lorsqu'elle se pose enfin, une heure plus tard, c'est pour proposer à la fine équipe un petit tour, non pas dans les étoiles (la routine!), mais sur la planète rouge, avec départ deux jours plus tard (oui, dans cet album, les choses ne traînent pas trop) vers la lune d'abord, puis, en une seule journée, vers Mars.

P1120461 (p.23-23) Arrivée en vue de la planète.

   On y tombe assez vite sur des créatures patibulaires (p.26-27)... P1120462

 ... dont il faut encore se dépétrer, après quelques péripéties (p.41) P1120464

Je crois avoir réussi à ne rien spoiler pour préserver le plaisir de parcourir chaque page.

P1120463 Au final, l'action sur Mars (de la page 22 à la page 46) se déroule très vite: cela a juste pris quelques heures à Yoko (et à ses comparses) pour sauver le monde terrien et conclure l'album.

Quelques blogs (parfois participants aux Challenges Summer Star Wars proposés par Lhisbei) ont écrit des billets plus complets sur cet album en particulier. Je pense à Anudar (fidèle participant, qui a aussi évoqué d'autres albums), ou à Fanaeries (plus épisodique, aujourd'hui inactif). En 2015, Blog-o-noisettes ou Prosperyne en avaient aussi parlé. Enfin, voici ce qu'en disait l'auteur lui-même en mai 2015.

Passons maintenant à la série (il manque dans cette image de Quatrième de couverture du N°27 les deux derniers titres parus).

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En guise de transition, je tenais aussi à montrer des citations des albums Message pour l'éternité (à gauche) et Les trois soleils de Vinéa (les deux autres extraits). Comme quoi, l'oxyde de fer est bien un élément répandu dans l'univers...

P1120548   P1120549   P1120550 des paysages déjà très "martiens"... L'un sur terre (avec un peu de végétation ou de mousse?) et l'autre à deux millions d'années-lumière!

Comme j'avais commencé à l'évoquer plus haut, la série de Roger Leloup (qui va sur ses 88 ans) compte une trentaine de volumes, dont une dizaine constituent un "space opera" avec extraterrestres et visites de planètes lointaines (très lointaines: à deux millions d'année-lumière!). Cette héroïne de papier est graphiquement âgée d'une trentaine d'années (mettons qu'elle était fraîchement diplômée en électronique en 1970...). L'originalité de la série consiste en ce qu'elle alterne des aventures en lien avec les "extra-terrestres" que sont les Vinéens (installés sous terre depuis des centaines de milliers d'années... en léthargie pour la plupart), et des aventures plus "terre-à-terre" même si exceptionnelles. Ainsi, Yoko a d'abord travaillé pour la télévision, plutôt "à la pige" qu'en tant que salariée en pied (un peu comme Tintin?). Ses aventures l'entraînent aux quatre coins du monde, de l'Allemagne à l'Asie voire la Suisse ou même la Belgique. Elle a des accointances avec les services secrets britanniques et, depuis déjà quelques albums, plus vraiment de soucis matériels pour faire vivre les enfants ou adolescentes qu'elle a plus ou moins prises sous sa tutelle au fil de ses aventures. Dans une interview reprise dans tel ou tel des 9 tomes de l'édition "intégrale" parue à ce jour, Roger Leloup précise avoir souhaité ne pas en faire une épouse ni une mère de famille "classique", et laisser libre part à l'imaginaire de ses lecteurs.

Les dix albums "vinéens" constituent la partie proprement "Space opera" de cette série. Le premier (Le trio de l'étrange, qui voit la rencontre avec Khâny) pose le cadre: sous notre terre vit une communauté extra-terrestre, technologiquement bien plus avancée que les terriens, des "réfugiés climatiques" avant la lettre, puisque leur planète d'origine, Vinéa, devenait invivable de par la fusion de leurs deux soleils, il y a deux millions et 400 000 de nos années. Pour évacuer toute leur population, "cent vaisseaux étaient prévus, on termina avec difficulté le onzième"... qui finit par atteindre la Terre en nos temps préhistoriques. Les Vinéens s'enfoncèrent sous terre. Au fil des siècles, deux projets ont vu le jour dans leur communauté: soit s'imposer par la force à la surface de notre globe (sujet évoqué dans le deuxième album "vinéen", La forge de Vulcain, et encore dans Le secret de Khâny); soit rapatrier les exilés vers Vinéa, après un voyage exploratoire auquel participera Yoko (dans Les 3 soleils de Vinéa, 3ème album de ce cycle, Yoko et ses amis passent deux mois en léthargie par trajet de deux millions d'années-lumière...). Notre héroïne y retournera à plusieurs reprises ensuite (11 albums, au total, voient intervenir les Vinéens, avec une intrigue se déroulant parfois sous nos pieds et non dans l'espace). Mais à force de voyages dans les étoiles, quelques années se sont donc bien passées! Le blog d'Anudar (La grande bibliothèque d' - ) a chroniqué au fil des ans une dizaine d'albums de la série. Il existe aussi au moins un site de fans.

Je me demandais si on pouvait attendre un 30e album en cette fin d'année 2021. Je viens de dénicher sur ce qui se présente comme "blog auteur copyright Roger Leloup", deux lignes datées du 28 juillet 2021, qui annoncent que "Les gémeaux de Saturne est terminé" (sans date de parution à date). Enfin, en ce qui concerne les droits audio-visuels de Yoko, ils restent propriété totale de la SA Créations Roger Leloup.

Cette question (d'un nouvel album) ayant semble-t-il trouvé réponse, il me reste, à titre personnel, une interrogation. Je me demande si Roger Leloup a jamais songé à "donner les clés" à de jeunes auteurs pour prolonger, sans Yoko, l'univers vinéen, en suivant la piste qu'il avait lui-même donnée dans Le trio de l'étrange puis dans Les 3 soleils de Vinéa: aller explorer d'autres mondes, en racontant ce qui a pu arriver à tel ou tel des neuf vaisseaux partis de Vinéa (il y a deux millions d'années...) avant le 11ème, où se trouvait Khâny, celui qui a atteint la terre (je crois qu'un des 10 a déjà été retrouvé)? Ainsi, (un exemple entre des dizaines - tant il existe d'univers extraterrestres "de papier"!), pourrait-on, qui sait, rêver d'un "croisement" avec Les mondes d'Aldébaran de Léo (Luiz Eduardo de Oliveira)? Ou avec d'autres graphismes comme avec d'autres galaxies imaginaires?

Il ne me reste plus qu'à écrire à Roger Leloup - aux bons soins des Editions Dupuis - pour le lui suggérer!

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