samedi 11 février 2012

Les nouveaux chiens de garde - Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

"Pluralisme", "Objectivité", "Indépendance" devraient être les maîtres-mots de ce "contre-pouvoir" que sont les médias. Depuis 30 ans, c'est malheureusement le contraire qui se passe. Comme je sais que vous pouvez trouver 100 minutes (1H40, qui passent très vite) de temps de cerveau disponible, je vous conjure d'aller voir Les nouveaux chiens de garde, documentaire salutaire, subjectif, sans nuance et très parti pris sur les liens plus qu'incestueux qu'entretiennent les médias avec la finance et la politique. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les télévisions, la presse et les radios appartiennent à de grands groupes industriels intimement liés au pouvoir en place. C'est pourquoi, à longueur d'année, on voit et on entend les mêmes individus (journalistes, économistes, etc.) qui disent tout et le contraire. Les postes de directeurs (presse ou radios) sont interchangeables d'une année sur l'autre entre le public et le privé. On rit souvent jaune devant ce documentaire tragi-comique quand on constate par exemple qu'un journaliste anciennement trotskyste est devenu animateur de meeting de l'UMP ou qu'un ancien de Charlie Hebdo est devenu directeur d'une grande chaîne de radio publique. Car on se glisse dans le moule, ou on tombe dans les oubliettes. Une grande partie de ce petit monde (issu souvent de la même classe sociale privilégiée) se réunit le dernier mercredi de chaque mois dans un bel hôtel parisien lors d'un dîner organisé par un club très fermé, Le Siècle, d'où rien ne filtre de ce qui se décide ou se dit. Ce que je trouve de plus triste, c'est qu'un journal comme Le Monde est devenu comme les autres.

Ce documentaire qui est sorti depuis le 11 janvier 2012 rencontre un bon succès d'estime car le bouche-à-oreille marche remarquablement bien. C'est mérité. Voir les billets élogieux d'Ed et de Phil Ciné.

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lundi 30 janvier 2012

Films vus et non commentés depuis le 01/01/12

Avant de reparler livres, je voulais évoquer cinq films vus au mois de janvier 2012.

Je commencerai par L'Irlandais de John Michael McDonagh (le frère de Martin McDonagh, réalisateur de Bons baisers de Bruges). Ce film vaut éventuellement d'être vu pour Brendon Gleeason qui interprète un des deux seuls flics intègres du Connemara, région du sud de l'Irlande où se déroule l'histoire. Des trafiquants de drogue venant des Etats-Unis règlent leurs comptes. L'une des notes originales de l'histoire est qu'ils sont poursuivis par un flic noir (Don Cheadle) qui détonne dans ce décor où les personnages parlent le gaélique. La fusillade finale dans un port n'est pas mal du tout. Sinon, c'est un film éventuellement évitable si vous payez la place plein tarif. Pour les autres, pourquoi pas?

Une nuit de Philippe Lefebvre nous donne l'occasion de voir Paris la nuit, un Paris des noctambules, des boîtes de nuit, des cabarets, des clubs échangistes et j'en passe. On suit pendant une nuit Simon Weiss (Roschdy Zem, très bien), de la brigade des moeurs, qui connaît bien ce milieu qu'il côtoie régulièrement. Accompagné d'une femme sous-brigadier (Sara Forestier) qui lui sert de chauffeur, il va d'un endroit à un autre, retrouve les mêmes personnages plus ou moins louches. On devine que Simon trempe dans certains trafics, il négocie, s'arrange avec la légalité. Il se salit les mains. Pendant ce temps-là, la sous-brigadière, Laurence Deray, observe... C'est un film qui respecte l'unité de temps, de lieu et d'action. Il y a quelques invraisemblances quand Simon croise certains personnages simultanément ou presque dans plusieurs endroits à la fois. Ceci mis à part, c'est un film agréable qui se suit sans déplaisir.  

Parlez-moi de vous de Pierre Pinaud n'est pas une comédie. C'est une histoire triste d'une jeune femme, Mélina, une "voix". Animatrice à la radio, la nuit, elle résoud les problèmes affectifs d'auditeurs, ce qu'elle est incapable de faire pour elle-même. Car Melina/Claire Martin est une femme seule qui dort souvent dans un placard de son bel appartement cossu. Elle a de gros problèmes relationnels, elle fuit les autres. Karine Viard est très crédible dans le rôle de Mélina. Elle porte le film que j'ai vu comme un hommage à Macha Béranger qui fut la voix nocturne de France Inter pendant des années. Film à voir mais sans plus.

Malveillance de Jaume Balaguerò est un film "flippant" bien que l'histoire débute de façon anodine. César, aux tendances suicidaires, vient d'être engagé comme gardien d'un immeuble barcelonais. Il rend des menus services à ses occupants dont une en particulier, Clara, qu'il observe, épie de jour comme de nuit en s'introduisant chez elle subrepticement. Car, étant le gardien, il a les clés des appartements. Le titre espagnol "Mientres duermes" (Pendant que tu dors) dévoile bien une partie de l'intrigue. C'est un film que je déconseille aux âmes sensibles (surtout si vous n'aimez pas les cafards). Personnellement, j'ai bien aimé ce film où Luis Tosar interprète un rôle que l'on n'oublie pas de sitôt.

Je terminerai par Sherlock Holmes II - jeux d'ombres de Guy Ritchie où l'on prend les mêmes (Robert Downey Jr et Jude Law dans les rôles de Holmes et de Watson) et l'on recommence. C'est toujours le même réalisateur. On ajoute Noomi Rapace qui joue une diseuse de bonne aventure, et le dangereux Professeur Moriarty qui fait dans la fabrication d'armes de destruction massive (nous sommes en 1898). Je n'oublie pas Mycroft (le frère de Sherlock) interprété par l'irrésistible Stephen Fry. A part ça, j'avoue que j'ai moins aimé ce deuxième volet auquel je n'ai pas compris grand-chose. C'est trépidant avec beaucoup d'effets spéciaux mais vous pouvez vous dispenser d'y aller.

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mercredi 18 janvier 2012

Louise Wimmer - Cyril Mennegun

Ce film étant un coup de coeur pour ffred et neil, je me joins à leurs louanges en ce qui concerne Louise Wimmer. Durant une heure 20, Louise Wimmer (Corinne Masiero, une actrice que je ne connaissais pas du tout) crève l'écran de sa présence, de sa voix, de son allure, de sa détermination à ne pas lâcher prise. Louise dort dans sa voiture même si elle a un travail. Depuis 6 mois, elle attend qu'on lui attribue un appartement qui lui rendra un peu plus de dignité. Louise travaille dans un hôtel (dans le Territoire de Belfort), elle fait les chambres et prépare les petits-déjeuners. Elle est aussi, de temps en temps, employée de maison. Elle reçoit son courrier par l'intermédiaire d'une tenancière de bar. Sa voiture lui joue des tours mais elle reçoit de l'aide. Sa fille et son ex-mari n'ont pas trop de considération pour elle. Louise "craque" de temps en temps mais ne baisse pas les bras. Ce n'est pas une femme "aimable". Elle ne veut pas que l'on s'apitoie sur elle. D'ailleurs on ne saura pas pourquoi Louise Wimmer se trouve dans cette situation. C'est ce passé que l'on ne connaît pas qui rend ce film passionnant. Il n'y a pas de scène en trop. C'est un film concis sans atermoiement inutile. Ne passez pas à côté de Louise Wimmer, un film à voir en ce début d'année.

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mercredi 21 décembre 2011

17 filles - Delphine et Muriel Coulin

FestAut01 J'ai été voir vendredi dernier 17 filles, avant-dernier film du Festival d'automne initié par Chris. Je l'ai trouvé long (et pourtant il ne dure qu'1H30). J'avoue ne pas avoir été intéressée par les envies de grossesse de lycéennes de 17 ans vivant à Lorient. Cette ville est montrée de manière peu accueillante et l'on peut comprendre que des jeunes filles qui se cherchent soient tentées par y avoir un bébé. D'ailleurs, il suffit qu'une des filles, Camille, tombe enceinte, pour que d'autres aient envie de tenter l'expérience. Elles décident d'élever leurs enfants ensemble loin des parents. Elles ne veulent pas entendre parler des difficultés qui les attendent. Parmi les adultes, c'est l'incompréhension. J'ai surtout remarqué le désarroi du directeur du lycée (Carlo Brandt, dans un rôle quasi-muet, a l'air de se demander pourquoi il est là). Et en tout, 17 filles se retrouvent enceintes en continuant de fumer des joints. Elles ne se posent pas de questions sur les maladies sexuellement transmissibles. Bien entendu, à la fin, tout ne se termine pas comme prévu pour l'une d'elle. C'est tiré d'une histoire vraie qui s'est passée aux Etats-Unis. Je ne m'attendais à rien. Et en effet, 17 filles ne m'a pas apporté grand-chose.

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vendredi 9 décembre 2011

Carnage - Roman Polanksi

FestAut01 [Festival d'automne animé par Chris]. Comme je l'avais annoncé, voici donc un film qui ne m'a pas trop convaincue. Carnage réalisé par Roman Polanski est l'adaptation de la pièce de théâtre de Yasmina Reza, Le dieu du carnage, que j'avais vue lors de sa création. Le film dure 1H20 (à peu près comme la pièce). Cette durée m'a parue bien suffisante pour ce crépage de chignon d'un quatuor d'adultes. A New-York, deux jeunes garçons d'une même bande se sont battus. L'un des deux y a laissé deux incisives. Les parents catastrophés essayent de trouver un arrangement à l'amiable. Ils se sont réunis dans l'appartement des parents de l'"agressé". Ces personnages aux manières très policées font partie de la bourgeoisie bien-pensante. Pourtan,t très rapidement, des propos aigre-doux sont échangés souvent interrompus par la sonnerie du téléphone portable de l'un des deux pères qui est avocat. Le fait marquant qui fait s'envenimer les choses est quand la maman de l'"agresseur" vomit (stress?) sur les catalogues d'exposition (épuisés et introuvables) appartenant à la mère du jeune "agressé". Je reconnais que la mise en scène est brillante, et les acteurs tous excellents sont très bien dirigés (Jodie Foster, Kate Winslet, Christopher Waltz, John C. Reilly), mais je trouve que les dialogues et la dramaturgie en général sont assez faiblards. Le fait que la pièce est traduite en anglais ne la bonifie pas. Dans la salle où j'étais, des spectateurs riaient et avaient l'air contents. Je vous laisse juge.

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vendredi 2 décembre 2011

Tous au Larzac - Christian Rouaud

S'il y a bien un film que je vous conseille, c'est Tous au Larzac, un documentaire passionnant de 2H00 de Christian Rouaud. A l'issue de la projection à laquelle j'ai assistée, des spectateurs ont applaudi. Le Larzac est un plateau dans l'Aveyron au sud de Millau. En 1971, l'armée qui occupait déjà pas mal d'hectares de terrain sur ce plateau avait décidé de s'aggrandir en expropriant les 103 familles de bergers qui vivaient alentour en faisant l'élevage de brebis. Le film nous conte leur lutte non-violente qui dura 10 ans, jusqu'à l'élection de François Mitterrand en 1981. Le film nous donne à entendre les témoignages d'"anciens", ceux qui n'ont pas baissé les bras et qui ont créé un collectif pour ne pas perdre leur terre et leur ferme. Les hommes et femmes interviewés, au final très à l'aise devant la caméra, égrènent leur histoire ponctuée d'anecdoctes souvent drôles mais parfois tragiques comme celle de la ferme d'un fermier qui avait été plastiquée. Grâce à leur élan solidaire, ils ont gagné face à l'administration, aux politiques, à l'armée. Le tout est illustré d'images et de films d'époque qui montre que cette lutte qui a fait tache d'huile a rallié les Maoïstes, les pacifistes, les hippies, etc. C'est là que José Bové s'est fait connaître. Ce documentaire m'a paru d'autant plus émouvant et intéressant que je ne me rappelais pas que cette lutte avait duré si longtemps, je ne me rappelais pas non plus les brebis au Champ de Mars; et surtout, cela réconforte de voir que des gens de tous horizons ont pu fraterniser et rallier à pied (710 km tout de même!) le Larzac à Paris. On peut se demander ce qu'il en serait si cette lutte se passait en 2011, contre les hommes politiques d'aujourd'hui, et compte tenu des rapports plus égoïstes qu'entretiennent les gens. Bref, courez voir Tous au Larzac. Lire le billet d'Aifelle qui en pense aussi beaucoup de bien.

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samedi 26 novembre 2011

L'art d'aimer - Emmanuel Mouret

FestAut01 Voici le deuxième film de la sélection du festival d'automne animé par Chris. L'art d'aimer est un film à sketchs où l'on nous montre différentes variations sur l'art d'aimer, les relations entre hommes et femmes qui ne sont pas simples. Ce film nous dit qu'il n'est pas facile de s'engager avec un ou une partenaire, de trouver l'âme soeur. Les atermoiements de certains personnages féminins lassent un peu avec leurs scrupules sur le fait de coucher ou non avec quelqu'un sans éprouver des sentiments. Car comme dit Zoé à Isabelle, les rapports physiques sont très bon pour la santé et le moral. Elle serait même prête à accepter que son compagnon aille avec une autre si besoin est. Dans le prologue sans paroles mais où l'on entend le narrateur (dont les commentaires ponctuent tout le film), un pianiste compositeur meurt jeune sans avoir connu l'amour. S'ensuivent quelques situations où deux voisins de paliers, un homme et une femme (surtout elle) ne se décident pas à passer à l'acte, où un couple essaie de vivre une aventure séparément, où une femme d'âge mûr ressent tout à coup une attirance irrésistible envers d'autres hommes que le sien, où une jeune femme incite une amie à prendre sa place pour une rencontre dans une chambre d'hôtel dans l'obscurité complète avec bien évidemment quelques quiproquo. Je trouve dommage qu'Emmanuel Mouret, le réalisateur et le scénariste, ne se soit pas donné un rôle plus important comme dans les deux autres films où je l'avais vu et apprécié: Changement d'adresse et Un baiser s'il vous plaît. L'art d'aimer est un film sympathique mais un peu languissant à mon goût. Pas le meilleur du réalisateur, mais les acteurs sont tous vraiment très bien (même s'ils surjouent pour certains), Julie Depardieu, Frédérique Bel et Judith Godrèche en tête.

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jeudi 17 novembre 2011

Et maintenant on va où? - Nadine Labaki / Mon pire cauchemar - Anne Fontaine

 Avant d'aborder le festival d'automne lancé par Chris, voici deux fims à voir:

Mon ami et moi vous recommandons tout particulièrement Et maintenant on va où? de la réalisatrice franco-libanaise Nadine Labaki qui interprète aussi un des personnages principaux. Ce film nous conte une belle histoire sur la tolérance et la cohabitation entre musulmans et chrétiens dans un petit village au Liban, situé pas loin d'une ligne de conflit. Le film commence comme une tragédie grecque avec un choeur de femmes qui s'avancent vers un cimetière, et elles chantent en même temps. Car chacune a perdu un être cher. C'est une très belle séquence. Les femmes luttent pour que les hommes ne se battent pas entre eux. Il suffit de tellement peu... Il y a plusieurs scènes savoureuses (comment un vieux poste de télé antédiluvien vient égayer les soirées de ce village) et des moments tragiques, comme celui où une mère n'ose pas annoncer aux autres que son fils a été tué d'une balle perdue. Elle a trop peur que les hommes mettent le village à feu et à sang. La séquence finale est magnifique car elle donne l'espérance d'un monde de paix. Après Caramel, je trouve que la réalisatrice a un talent à suivre. Le film est sorti depuis le 14 septembre 2011 et continue son bonhomme de chemin.

Dans un autre registre, Mon pire cauchemar d'Anne Fontaine vaut le déplacement pour l'histoire d'amour improbable entre Agathe (Isabelle Huppert) et Patrick (Benoit Poelvoorde), que tout oppose. Agathe, grande bourgeoise un peu coincée, directrice de la fondation Cartier pour l'art contemporain, est la mère d'un jeune adolescent pas très doué, et la compagne d'un éditeur à succès, François (André Dussolier, excellent comme d'habitude). Patrick vit dans des conditions précaires dans le 6ème arrondissement de Paris car son fils qui est surdoué va au lycée Henri IV. Patrick se retrouve à effectuer des travaux de maçonnerie chez Agathe. Il faut voir Agathe se laisser aller dans les bras de Patrick quand François la quitte. C'est assez pétillant et on rit souvent. J'ai passé un très bon moment.

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vendredi 11 novembre 2011

Films vus et non commentés depuis le 03/10/11

Voici un billet sur trois films qui m'ont marquée pour différentes raisons.

D'abord We need to know about Kevin de Lynn Ramsay qui est adapté d'un roman de Lionel Schriver que je n'ai pas lu. Je suis allée voir ce film sachant que Tilda Swinton tenait le rôle principal. Elle est magistrale dans le rôle de cette mère qui a enfanté un monstre. C'est un film anxiogène car on devine dès le départ (l'histoire est racontée en flash-back) qu'il manque à un moment donné des personnages au tableau: le père et la petite soeur. Eva (Tilda Swinton) semble être la seule à voir que son fils de 16 ans, Kevin, a un comportement à part depuis qu'il est bébé. La scène d'ouverture, rouge sang, m'a beaucoup déroutée. Je me suis demandée ce que j'allais voir. Puis on se rend compte que la réalisatrice raconte l'histoire d'une femme, d'une mère, Eva, qui expie les péchés de son fils, même si Dieu est absent du film. D'ailleurs, Eva est sûre d'aller brûler en enfer (comme elle l'annonce à des évangélistes qui font du porte-à-porte). C'est son fils Kevin qui fait le mal, et pourtant c'est Eva qui est stigmatisée par les voisins, les collègues. Ils la rendent responsable de ce qui s'est passé. Le film ne donne aucune explication sur la raison (?) pour laquelle Kevin, qui a un rapport d'amour-haine avec sa mère, commet l'irréparable. C'est peut-être cela qui est le plus terrible. Mon bémol sur ce film, c'est le personnage de Kevin, un peu monolithique, et je me suis demandé pendant le film pourquoi Eva ne l'emmène pas chez un psy? En tout cas, un film à voir.

Il était une fois en Anatolie du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan a reçu le Grand Prix au dernier festival de Cannes 2011. Pour ceux qui aiment les films longs dans lesquels il ne se passe pas grand-chose, ce film est fait pour vous. Ce que je retiens le mieux du film, c'est le travail sur l'éclairage, puisque les 3/4 du film sont éclairés grâce à des phares de voitures et à des lampes à gaz. Après une première longue séquence filmée derrière une vitre embuée, au cours de laquelle on voit trois hommes discuter dans un bar, on suit, dans le crépuscule de ce paysage désolé d'Anatolie, trois voitures qui roulent lentement, dans lesquelles un procureur, un médecin, un commissaire, deux prisonniers et quelques gendarmes sont entassés. Ils sont à la recherche d'un cadavre enterré. Le réalisateur est arrivé à m'intéresser à cette histoire même si j'ai eu parfois du mal à rester attentive. Mais j'ai été fascinée par certains plans, par la séquence où la fille du maire ressemble à une Madone face à ces hommes qui la regardent. Un film qu'il faut voir quand on est bien reposé et pas après une dure journée de boulot comme moi. Voir aussi mon billet sur Les trois singes du même réalisateur.

The Artist de Michel Hazanavicius qui a fait gagner le prix d'interprétation masculine à Jean Dujardin au dernier Festival de Cannes est un film muet en noir et blanc. Je dirais que ce n'est pas mal, surtout la séquence finale et les scènes avec le chien, mais je ne comprends pas la démarche du réalisateur: qu'a-t-il voulu nous raconter, nous prouver? En 1927, Georges Valentin, acteur star du muet, est au sommet de sa gloire. Il rencontre une jeune ingénue, Peppy Miller, qui va devenir célèbre à la venue du cinéma parlant. Georges Valentin ne croit pas à ce changement dans le cinéma. Il se ruine à filmer son propre film qui s'avère un "bide". Sa femme le quitte, sa maison brûle, mais la descente aux enfers de Georges n'émeut pas vraiment. Jusqu'à la fin, le film reste muet (sauf deux répliques échangées) mais sonore. C'est un hommage sympathique au cinéma d'antan mais ce n'est pas un film exceptionnel. En revanche, Bérénice Bejo aurait mérité d'avoir un prix: elle est vraiment très bien. 

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samedi 5 novembre 2011

Intouchables - Eric Toledano et Olivier Nakache

J'ai eu l'occasion de voir ce film en avant-première il y a plusieurs semaines grâce encore à Florian (que je remercie). A la différence de Neil qui a moyennement aimé le film, je reconnais que j'ai souvent ri. Omar Sy, le grand noir avec un sourire éclatant, est irrésistible. Le rôle qu'il interprète a été écrit pour lui. Il crève l'écran. Je dirais que ce film tirée d'une histoire vraie est une suite de saynètes avec comme fil conducteur la cohabitation explosive entre Driss, un Noir des banlieues, et Philippe, devenu tétraplégique à la suite d'un accident, lui-même issu de la grande bourgeoisie. En effet, après plusieurs candidats peu engageants, Philippe embauche Driss un mois à l'essai pour l'aider dans sa vie de tous les jours, du lever jusqu'au coucher. A partir de cette rencontre, les deux personnages vont bien évidemment évoluer: l'un va se sortir du chômage et de sa banlieue, et l'autre va retrouver goût à la vie. C'est une bonne comédie très sympathique mais qui aborde un sujet que les réalisateurs auraient pu traiter avec parfois plus de gravité. Mais ils nous ont bien dit, à la fin de la projection, qu'ils voulaient faire une comédie. C'est le "vrai" Philippe qui acceptait que l'on parle de lui mais sur le ton de la comédie, pourquoi pas?

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Séance de rattrapage inavouable.
Je n'avais jamais vu Rowan Atkinson dans Mr Bean ni dans le premier Johnny English. J'avoue avoir ri tout le long du film Johnny English le retour d'Oliver Parker. Cela ne vole pas très haut, mais comme divertissement, c'est bon pour les zygomatiques. La séquence d'ouverture dans un monastère du Tibet restera dans ma mémoire. La course-poursuite entre Johnny English (agent calamiteux du MI7) - qui ne se presse pas - et un jeune asiatique virevoltant qui court avant d'être rattrapé par Johnny English est assez mémorable. Ce film est une suite de scènes gaguesques de bon aloi où j'ai eu le plaisir de revoir Gillian Anderson (X-Files). Je n'ai pas boudé mon plaisir.

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