samedi 21 mai 2011

Films vus et non commentés depuis le 07/03/2011 (fin)

Voici mon deuxième billet sur 5 autres films que j'ai vus. Les deux derniers sont à voir toutes affaires cessantes.

La fille du puisatier de Daniel Auteuil se laisse voir si on accepte les dialogues très datés, des situations un peu "cuculs", d'entendre Auteuil avec un accent à couper au couteau. L'histoire de cette fille du puisatier qui perd sa virginité (à cause d'un bel aviateur, fils d'un marchand de la ville) et qui se retrouve "fille-mère" peut faire sourire. C'est un film plein de bon sentiments et désuet, comme le film de Pagnol dont il est le "remake". Jean-Pierre Darroussin est très bien.

L'homme d'à côté de Mariana Cohn et Gaston Duprat, film argentin où le principal décor se trouve être la seule construction (la maison Curutchet) bâtie par Le Corbusier en Amérique du sud, en 1948. Là vit une famille: un homme, sa femme et sa fille. L'homme a acquis une notoriété grâce à un fauteuil révolutionnaire de son invention. Sa femme (que je n'ai pas trouvée sympathique du tout) donne des cours de relaxation, et la gamine vit dans son monde avec des écouteurs et de la musique plein les oreilles toute la journée. Leur vie à tous les trois se trouve bouleversée du jour au lendemain par un voisin installé récemment dans un immeuble mitoyen de la maison. Ce voisin, Victor, a en effet décidé (pour bénéficier du soleil) de percer une fenêtre qui donne sur la cour intérieure de l'édifice classé (celui-ci a été conçu pour la transparence... à l'usage de ses occupants, mais non depuis l'extérieur!), violant ainsi l'intimité de la famille au style de vie "bourgeois bohême". Le film repose sur l'affrontement de ce voisin récalcitrant, à la tessiture de voix grave, qui arrive à avoir de l'emprise sur cette famille. Le film est un peu long. On sent une menace qui pèse dans la relation entre ces êtres, mais le danger ne vient pas de là où on l'attend. La fin m'a quand même laissée perplexe.

Il était une fois un meurtre (Le grand silence en VO) de Bo Odar n'a pas rencontré que des avis favorables. En ce qui me concerne, j'ai trouvé ce film allemand assez remarquable avec cette histoire de meurtre pédophile qui se passe sur une période de 23 ans. En 1986, une jeune fille est assassinée et violée dans un champ. Le crime reste impuni (mais nous, spectateurs, nous savons qui a tué). De nos jours, dans une bourgade peu éloignée du lieu de ce premier meurtre, une deuxième jeune fille disparaît (on la retrouvera morte). Il semble que cela soit le même modus operandi (mais nous, les spectateurs, on ne sait rien). La police rouvre l'enquête depuis l'origine. C'est un film glaçant et glacial car les meurtriers mènent une vie banale sans histoire dans cette bourgade. L'un des deux, devenu architecte, est marié et père de famille. C'est un film sur le mal qui peut se nicher chez les individus. Un film qui reste en mémoire. Et pourtant, ce film comporte quelques défauts comme le personnage caricatural du policier pertubé.

Je veux seulement que vous m'aimiez de Rainer Werner Fassbinder était un film inédit tourné pour la télévision. Il date de 1976. Je ne peux que vous le recommander. Il est sorti dans très peu de salles à Paris, je ne sais ce qu'il en est en province. C'est un drame social qui se passe en 1976 mais qui pourrait se passer de nos jours. Peter, un jeune homme courageux, n'ose pas affronter ses parents qui semblent le mépriser. Ils sont très ingrats envers leur fils qui leur a construit une maison. Peter épouse Erika qu'il veut rendre heureuse à tout prix. Parti à Munich, il s'endette pour elle, il n'arrête pas d'acheter davantage que ses moyens financiers ne le lui permettent. Bien qu'apprécié par son patron, il a un petit salaire. Il se crève à la tâche. C'est la triste histoire d'un homme surendetté qui commet l'irréparable. Les acteurs (que je ne connaissais pas) sont formidables. Ce film n'a pas pris une ride. Voir le billet du ciné d'Alain.

Tomboy de Céline Sciamma est une merveille de délicatesse. Ce très beau film (qui rencontre un joli succès) nous raconte l'histoire de Laure (garçon manqué), âgée de 9 ou 10 ans, qui se fait appeler Mickael. Elle/Il fait comme si elle était un garçon, s'habille comme eux, crache, joue au foot, fait tout comme un garçon (à l'extérieur de chez elle). Elle apprécie aussi de tenir le volant de la voiture familiale installée sur les genoux de son père. Vivant dans une famille unie entre un papa qui travaille avec les ordinateurs et une maman très enceinte, Laure est très complice avec sa petite soeur, Jeanne, une petite fille absolument irrésistible. Laure/Mickael attire l'attention d'une fille de son âge qui trouve qu'elle est un garçon pas comme les autres. On ne sait pas pourquoi Laure se voit comme un garçon. Aucune explication ne nous est donnée. Simplement, Laure semble plus à l'aise dans sa peau de garçon. La réalisatrice nous montre une jeune fille en quête d'une identité sexuelle. La jeune Zoé Héran est une révélation. Voir les billets de Wilyrah et de Phil Siné.

PS: Pour finir, une bonne nouvelle, le 22 juin ressort un chef d'oeuvre du cinéma: Il était une fois en Amérique de Sergio Leone (1984) en version numérique entièrement restaurée. Cela dure presque 4 heures. Je peux vous dire que sur grand écran, cela vaut la peine.

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dimanche 15 mai 2011

Films vus et non commentés depuis le 07/03/2011

Comme je me rends compte que je prends du retard dans mes comptes-rendus sur les films vus depuis 1 mois, voici un billet sur 5 d'entre eux, le prochain billet rendra compte de 5 autres. Je les ai tous assez appréciés et je vous conseille de les voir en salle ou en DVD si vous pouvez.

Le film étant chaudement recommandé sur la blogosphère (voir par exemple le billet d'Aifelle), je suis allée voir Tous les soleils du romancier Philippe Claudel et bien m'en a pris. Il s'agit d'une histoire sympathique qui se passe à Strasbourg où Alessandro, veuf, vit seul avec sa fille Irina, jeune adolescente plutôt bien dans sa peau. Il héberge depuis quelque temps son frère, Luigi, qui a fui l'Italie depuis l'arrivée de Berlusconi au pouvoir. Alessandro enseigne la musique baroque en université et chante dans une chorale. C'est un film qui finit bien. A voir quand vous êtes d'humeur morose.

Coup d'éclat de José Alcala avec une Catherine Frot comme je l'aime. Cette actrice est formidable dans le rôle de Fabienne, une femme flic (presque) au bout du rouleau entre ses problèmes d'alcool (elle boit pas mal de vin) et sa vieille mère qui la harcèle souvent. Fabienne, qui s'occupe plutôt des "sans-papiers", décide d'enquêter sur le suicide d'une jeune prostituée venue de l'est qui a laissé un petit garçon derrière elle. L'action se passe à Sète et dans ses environs. Le film donne l'occasion de voir Tcheky Karyo de plus en plus rare sur nos écrans (et c'est dommage). Le scénario tient la route même si la fin est un peu en suspens.

Animal Kingdom de David Michôd est un polar australien très noir qui se passe à Melbourne dans un quartier sans âme. Là vivent les Cody, une famille "ordinaire" composée de quelques hommes sous la domination de la mère, Janine, qui avec de grands sourire et beaucoup de gentillesse demande la "disparition" de quelqu'un quand elle sent que sa famille proche (ses fils) est menacée. Les garçons pillent des banques, tirent des coups de feu, tuent quand c'est nécessaire. Il se trouve qu'un "maillon faible" va entrer dans cette famille: le petit-fils, qui vient d'assister sans ciller à la mort de sa mère morte d'une overdose d'héroïne. Je ne suis pas prête d'oublier le personnage de Janine et la scène finale inattendue et violente.

Où va la nuit de Martin Provost avec Yolande Moreau en femme battue qui se venge (on la comprend!) de son mari violent qui a tué accidentellement une jeune fille en la renversant avec sa voiture. C'est un film qui possède de grandes qualités avec une Yolande Moreau attachante. Le bémol que je mettrais tient au personnage du fils, que je n'ai pas trouvé bien écrit. Il est crispant au possible. De son côté, le personnage du flic qui a deviné tout ce qui s'est passé n'est pas banal. Et il faut noter la présence notable, vers la fin du film, d'Edith Scob, même si son personnage m'a paru improbable. Et je pense qu'il y a clin d'oeil voulu au film Thelma et Louise de Ridley Scott, avec la scène des deux mains l'une sur l'autre dans la voiture en surplomb au bord du quai. Un film à voir.

Voir la mer de Patrice Leconte: 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités. Clément et Nicolas doivent partir vers Saint-Jean-de-Luz voir leur mère. Clément, qui travaille dans un garage, vient d'être plaqué par sa copine. Thomas rencontre Prudence dans un bal. Celle-ci vient de quitter son amant plus âgée qu'elle. Elle décide d'accompagner les deux frères. On sent que Patrice Leconte a voulu se faire plaisir. C'est un film libre, assez drôle, parfois coquin: la fille qui couche avec les deux frères à tour de rôle, et le vieil amant qui les poursuit. C'est un film idéal à voir l'été.

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mardi 1 mars 2011

Les femmes du 6ème étage - Philippe Le Guay

Pour me remettre de mes émotions "black swanesques", je suis allée voir Les femmes du 6ème étage, dans la foulée. Qu'est-ce que j'ai apprécié ce film sympathique et sans prétention! J'ai passé un excellent moment en compagnie de ces Espagnoles vivant dans des chambres de bonnes (sans le confort élémentaire), au dernier étage d'un immeuble parisien cossu. L'histoire débute en 1962. Jean-Louis Joubert (Fabrice Luchini, très bien), agent de change de père en fils depuis 3 générations, mène une vie (très) bourgeoise avec sa femme Suzanne (Sandrine Kiberlain) et ses deux garçons (têtes à claques). Leur domestique bretonne venant de les quitter, ils engagent Maria qui vient de débarquer d'Espagne et qui loge dans l'une de ces chambres du 6ème étage accessibles par un escalier de service, l'ascenseur leur étant interdit. Suite à quelques événéments que je ne dévoilerai pas, la vie de Jean-Louis Joubert va changer du tout au tout, au point qu'il va laisser femme et enfants pour se réfugier au 6ème. Je vous conseille vraiment ce film sans vulgarité et qui met de bonne humeur.

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vendredi 11 février 2011

Films vus et non commentés depuis le 29/12/2010

Voici quelques films qui ne méritent pas vraiment un billet à part entière. Il y en a pour tous les goûts (surtout si on n'est pas trop exigeant pour certains).

Les chemins de la liberté de Peter Weir narre le périple de 7 hommes évadés d'un camp de Sibérie en 1941, dont certains ont parcouru plus de 6500 km à pied pour arriver en Inde. Les acteurs ne jouent pas mal, les paysages sont beaux, mais il manque un souffle épique et je trouve que le réalisateur a du mal à faire croire que ces hommes ont marché autant de kilomètres. Changer de paysage et de climat ne fait pas tout.

Si vous voulez voir un film plutôt risible (surtout la fin), allez voir Le dernier templier de Dominique Sena. Si j'étais Satan, je porterais plainte pour atteinte à mon image démoniaque. A part ça, Nicolas Cage s'est fait plein de cheveux et Ron Perlman finit en cendres. Pour résumer l'histoire, on assiste à une suite de tueries lors de croisades sur plus d'une dizaine d'années, la peste fait des ravages, et tout cela est l'oeuvre de Satan qui cherche à détruire tous les exemplaires du livre de Salomon dont des passages lus à haute voix servent d'exorcismes contre lui. Film évitable même s'il a fait déjà pas mal d'entrées en salles en France.

J'ai vu Rien à déclarer de Dany Boon pour Benoît Poelvoorde, car le réalisateur et ses ch'tis ne m'avaient pas fait rire. L'histoire: à la veille de 1993 avec l'ouverture des frontières européennes, le métier de douanier est menacé. On sourit parfois à des scènes que l'on a l'impression d'avoir déjà vues. Comme dirait Ffred, cela ressemble quand même à du sous-De Funès. Mais Karine Viard, Benoît Poolvoerde, Bouli Lanners sont très bien. Pour le reste, bof, surtout que les dialogues ne sont pas un modèle de finesse.

Carancho
(Rapace en espagnol) de Pablo Trapero m'a laissé une impression mitigée. En pré-générique, on nous annonce qu'il y a des centaines de milliers de morts par accidents de la route en Argentine. Je voulais voir le film pour Ricardo Darin, et la BA me semblait prometteuse. J'avoue que, comme d'autres blogueurs, j'ai été déçue, car les tenants et les aboutissants de l'histoire sont nébuleux. Le film a été tourné caméra au poing, très près des acteurs: cela bouge beaucoup. Concernant le thème central de l'histoire, l'escroquerie aux assurances, on ne sait pas trop comment cela fonctionne si ce n'est que tout le monde semble dans le coup: les hôpitaux, les avocats véreux, les policiers et même les victimes consentantes (quand elles ne sont pas déjà mortes). A cela se greffe une histoire d'amour improbable entre l'avocat (Ricardo Darin) et une jeune urgentiste (Martina Gusman) qui se drogue pour tenir. Je n'y ai pas vraiment cru. En revanche la fin du film vous laisse tétanisé. Un film qui ne peut pas plaire à tout le monde. Pedro Trapero est le réalisateur d'un film que j'avais bien apprécié, Leonera, interprété déjà par Martina Gusman (sa compagne dans la vie).

L'avocat, de Cédric Anger, se laisse voir grâce à un scénario bien ficelé et un Benoît Magimel pas mal du tout en avocat idéaliste qui ne rêve que de plaider devant une cour. En face de lui, Gilbert Melki, patron véreux d'une entreprise de retraitement de déchets toxiques, est inquiétant à souhait, surtout qu'il est entouré d'acolytes peu recommandables. Une diffusion à la télé aurait peut-être été suffisante.

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samedi 5 février 2011

Poupoupidou - Gérald Hustache-Mathieu

Poupoupidou de Gérald Hustache-Mathieu ressemble à un bonbon fondant mais qui laisse un goût un peu acide au fond de la bouche, car l'héroïne du film, une certaine Martine Langevin qui a pris comme pseudonyme Candice Lecoeur (elle est, en effet, jolie comme un coeur) est déjà morte quand l'histoire commence. David Rousseau (Jean-Paul Rouve), écrivain en mal d'inspiration, se retrouve à Mouthe (ville la plus froide de France), dans le Jura, en Franche-Comté. Il apprend qu'une jeune femme, célébrité locale, a été retrouvée morte dans la zone franche qui sépare la Suisse de la France. Il décide de savoir ce qui est arrivé à Candice. Il est aidé en cela par un gendarme inconsolable de la mort de cette dernière. David Rousseau retrouve le journal intime de Candice, qui se compose de plusieurs carnets. De nombreux flash-back ponctuant le film donnent l'occasion d'admirer, en plus de son talent, les formes rebondies et attrayantes de Sophie Quinton, qui, de rousse, se transforme en jolie blonde. Des scènes restent en mémoire comme celle de la séance photo du calendrier des pompiers, ou celle de la présentation de la météo. Le film est un bel hommage réussi aux films américains des années 50 (comme All about Eve) et même ceux plus contemporains comme Barton Fink des frères Coen (la chambre d'hôtel et l'écrivain), C'est aussi une sorte de transposition d'une partie de la vie de Marilyn Monroe. Ce film, au scénario très original mais qui reste modeste, mérite toute votre attention. S'il passe par chez vous, allez le voir sinon attendez sa sortie en DVD.

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mercredi 29 décembre 2010

Films vus et non commentés depuis le 21/11/10

Juste avant la fin de l'année, je veux évoquer quelques films vus récemment, dont un qui sort vraiment de l'ordinaire.

Le voyage du directeur des ressources humaines d'Eran Riklis (réalisateur du film Les citronniers) est adapté du roman qui porte le même titre et que j'avais beaucoup apprécié (ici), j'avoue que j'ai été déçue par le film que j'ai trouvé un peu longuet et sage. L'histoire est très fidèle au roman (peut-être trop?). Il y manque un grain de folie. C'est une des premières fois où cela m'arrive mais je n'imaginais pas du tout le DRH du roman comme le DRH du film. Ce n'est qu'un détail mais cela m'a perturbée pendant toute la projection. Voir le billet de ffred.

Le nom des gens de Michel Leclerc constitue une comédie réjouissante qui rencontre un succès certain depuis sa sortie. Il faut dire que la rencontre et les amours d'Arthur Martin (Jacques Gamblin, excellent) et de Bahia Benmahmoud (Sara Forestier) valent le détour. Arthur (qui a failli s'appeler Jacques) est jospiniste, spécialiste en épizootie, fils d'un employé de centrale nucléaire et d'une mère d'origine juive qui ne veut pas le dire. Bahia n'est pas brésilienne comme son prénom semblerait l'indiquer, mais française par sa mère et algérienne par son père. A l'époque où elle rencontre Arthur, elle n'hésite pas à user des ses charmes pour convertir à ses idées politiques (de gauche) des hommes de droite. Il y a des moments tendres ou émouvants. Quelles que soient les idées politiques des spectateurs, je pense qu'ils tomberont sous le charme du duo. Voir le billet de véranne.

Les émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris fut
en revanche une petite déception. Je suis moi-même une émotive et je ne me suis pas du tout reconnue dans les comportements des deux protagonistes: Jean-René Van Den Hugde (Benoît Poelvoorde), patron d'une chocolaterie en faillite, et Angélique Delange (Isabelle Carré), une chocolatière de génie qui n'arrive pas à l'avouer au grand jour. Bien entendu, ils finiront dans les bras l'un de l'autre, mais pour en arriver là, on assiste à des séquences plus ou moins réussies. Parmi celles qui sont réussies, on peut noter les deux qui se passent dans un restaurant. Poelvoorde y donne toute la mesure de son talent. Pour le reste, comme celle avec la"webcam": bof. Et j'ai été frustrée par la fin abrupte. Je m'attendais à un épilogue. Je trouve que le film aurait dû s'intituler "Les timides anonymes". J'ai préféré le couple Poelvoorde/Carré dans Entre ses mains d'Anne Fontaine. Voir le billet d'Aifelle.

Je terminerai par Le soldat dieu (Caterpillar) de Koji Wakamatsu, sorti dans une seule salle à Paris. Un film étonnant qui mêle les images d'archives (dont l'explosion des bombes d'Hiroshima et Nagasaki) et des images de fiction. Cela se passe de 1940 à 1945, pendant la guerre sino-japonaise. Un lieutenant japonais, Kyuzo Kurokawa, amputé des deux bras et des deux jambes (il est aussi devenu sourd), est rendu à son épouse, Shigeko, qui est chargée de s'occuper de lui en tant que soldat dieu. Car il faut faire honneur à l'empereur et au Japon. Cet homme-tronc est un être abject vis-à-vis des femmes en général et de sa femme en particulier (on l'apprend par des flash-back). Malgré son handicap, il a des exigences sexuelles continuelles auxquelles sa femme se soumet. Les relations entre le mari et la femme sont violentes. De soumise, Shigeko devient un peu bourreau. L'actrice principale, Shinobu Terajima, est remarquable. Elle a reçu l'Ours d'argent de la meilleure actrice au dernier festival de Berlin en 2010. Je vous conseille vraiment ce film s'il passe par chez vous. Voir le billet de Dr Orlof.

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mercredi 15 décembre 2010

De vrais mensonges - Pierre Salvadori / A bout portant - Fred Cavayé

Je voudrais parler de deux films français qui ne resteront pas (selon moi) dans les annales mais qui se laissent regarder chacun dans leur genre.

Concernant A bout portant de Fred Cavayé, je parie que ce thriller qui va certainement bénéficier d'un "remake" américain très prochainement (comme Pour elle). Le film démarre sur les chapeaux de roue avec un homme blessé (Roshdy Zem) poursuivi par deux individus. Renversé par une voiture, il se retrouve à l'hôpital sous la garde d'un aide-soignant (futur infirmier) Gilles Lellouche. De là s'ensuivent des ennuis graves pour ce dernier. C'est donc l'histoire d'un homme ordinaire, futur père de famille qui va devenir un fugitif, prêt à tout pour sauver la vie de sa femme mise en danger. Le film ne souffre d'aucun temps mort (le reproche que l'on pourrait faire est que le rythme est un peu trop rapide). Preuve en est la poursuite dans le métro (très réussie au demeurant). Les flics ripoux dont Gérard Lanvin font des méchants très convaincants. Gilles Lellouche est bien dans son rôle. L'épilogue est un peu hors de propos. Mais après Pour elle, je considère que Fred Cavayé est un cinéaste à suivre.

Pour De vrais mensonges, Pierre Salvadori réunit Nathalie Baye, Audrey Tautou et Sami Bouajila. Cette comédie se passe à Sète sous un beau soleil. Maddy (Nathalie Baye) souffre de dépression depuis que son mari l'a quittée. Sa fille, Emilie, co-gérante d'un salon de coiffure, essaye de lui remonter le moral comme elle peut. C'est là qu'intervient Jean, récemment embauché au salon, qui est tombé fou amoureux d'Emilie et qui se retrouve grâce à une lettre dans les bras de Maddy (je résume). C'est une comédie qui prend son temps, un peu languissante. Il nous tarde de savoir la fin. J'ai trouvé quelques répétitions dans les situations. Le personnage d'Audrey Tautou, de plus en plus maigrichonne, m'a paru crispant dans ses tergiversations. Après Hors de prix (que j'avais moyennement aimé), De vrais mensonges reste sur le même registre. J'espère que Pierre Salvadori se renouvellera dans son prochain film.
Dans la salle où j'étais, j'ai constaté qu'un certain nombre de spectateurs sont partis avant la fin de la projection.

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mardi 7 décembre 2010

Holiday - Guillaume Nicloux

Holiday de Guillaume Nicloux sort demain, mercredi 8 décembre 2010. Je sais qu'il ne va pas plaire à tout le monde, mais personnellement j'ai beaucoup aimé ce film vu en avant-première. Dès le départ, on a un doute sur ce qu'on va voir, car en guise de générique de début, on voit apparaître des noms inconnus. Et en effet, ce sont les noms des personnages qui sont mentionnés et non le nom des acteurs. L'essentiel du film se passe dans un beau château près de Cahors où Michel (Jean-Pierre Darroussin), sa femme Nadine (Judith Godrèche), et sa belle-mère, Christiane Mercier, viennent passer le week-end. Quand ils arrivent dans le château transformé en hôtel, un intertitre nous indique que l'on est 16 heures avant le crime. En effet, en préambule, on voit Michel hagard, seul, se réfugiant dans une pharmacie de la ville voisine. Il vient de rater son train pour repartir. Pendant ces 16 heures, que de péripéties! Les personnages croisés dans l'hôtel sont haut en couleur: un réceptionniste, une femme de chambre, un serveur, un détective aux dents pourries, un gynécologue pleureur plaqué par sa femme, un Don Juan qui ne dédaigne pas le SM, un proxénète qui donne du plaisir à Christiane, un nain avec une copine pas mal du tout, sans parler de la propriétaire des lieux, Eva Lopez, chanteuse qui répète la nuit, et de deux policiers qui mènent l'enquête suite au crime annoncé. L'isolation phonique entre les chambre est inexistante, tout comme les serviettes de toilette. L'histoire n'est pas toujours subtile, avec des scènes pas très ragoûtantes, mais les acteurs jouent le jeu à fond dans la dérision, dans le 2ème degré. Ils sont très à l'aise. C'est une farce macabre mais très drôle et bien construite, et j'avoue que je n'avais pas deviné la fin. Le scénario a été co-écrit par Guillaume Nicloux, Nathalie Leuthreau et Jean-Bernard Pouy. Du même Nicloux, j'avais déjà apprécié Le Poulpe (1998) et Cette femme-là (2003). A vous de juger.

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mercredi 17 novembre 2010

Potiche - François Ozon (d'après la pièce de Barillet et Grédy)

Sorti le 10 novembre, Potiche de François Ozon est l'adaptation d'une pièce de théâtre à succès de Barillet et Grédy créée par Jacqueline Maillan dans les années 80 (les deux auteurs semblent toujours vivants). Dans le film, on peut voir dans la première séquence, Catherine Deneuve courir dans les bois en bigoudis et en tenue de jogging et écrire des petits poèmes. Elle joue le rôle de Suzanne Pujol née Michonneau mariée depuis 30 ans à Robert (Fabrice Luchini, peut-être le moins convaincant de tous), un rustre et un goujat qui la trompe allègrement depuis plusieurs années avec sa secrétaire Nadège (Karine Viard assez irrésistible) et quelques autres. Il considère sa femme comme une potiche qui doit tenir son rang. C'est pourtant Suzanne qui a apporté en dot l'usine de parapluies dont Robert s'occupe d'une poigne de fer. Suzanne et Robert ont deux enfants, Joëlle et Laurent. La première jouée par Judith Godrèche (qui a le rôle le plus antipathique du film) est très proche de son père, le deuxième, Jérémy Renier (clone de Claude François), a un tempérament artistique. Nous sommes en 1977 à Sainte-Gudule, la révolte gronde dans l'usine occupée où Robert est pris en otage par des syndicalistes. Les revendications sont légitimes. C'est Suzanne qui se montre à la hauteur pour négocier et faire libérer son mari. Elle a eu l'appui du député maire communiste de la ville, Babin (Gérard Depardieu), dont on apprend qu'il fut son amant 25 ans auparavant. L'histoire nous montre l'émancipation d'une femme qui est peut-être "une potiche mais pas une cruche" (dernière réplique du film dite par Robert Pujol sur sa femme). Le film donne l'occasion d'entendre quelques chansons de ces années-là par Michèle Torr et le groupe Il était une fois. Quelques répliques comme "Travailler plus pour gagner plus" (Pujol aux ouvriers) ont été ajoutées par rapport à la pièce originale ("casse-toi pauv' c..." a été ajusté). Et on a le plaisir d'écouter à la toute fin Catherine Deneuve chanter une chanson de Jean Ferrat: "C'est beau la vie". Pour résumer, allez voir Potiche (1H40 de bonheur). La salle où nous avons vu le film, mon ami et moi, était bourrée et les spectateurs semblaient enchantés.

Une fois rentrés à la maison, nous avons regardé le DVD de la pièce (2H15, dans la collection "Au théâtre ce soir"). Le film est fidèle à la pièce tout en l'ayant aérée et resserrée.

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dimanche 7 novembre 2010

No et moi - Zabou Breitman

Voici un deuxième film vu en avant-première (il sort le 17 novembre 2010). No et moi de Zabou Breitman est une adaptation du roman de Delphine Le Vigan (que je n'ai pas lu). No, c'est Nora, une jeune SDF de 19 ans abandonnée par sa mère depuis l'âge de 12 ans. Elle erre de gare en gare. C'est à la gare d'Austerlitz qu'elle rencontre Lou, une lycéenne précoce âgée de 13 ans qui est déjà en Seconde au lycée. Lou a décidé de faire un exposé (qui recueille les louanges du prof et de la classe) sur les SDF (surtout les femmes). No accepte d'être interviewée et pourtant même si elle parle beaucoup, elle dévoile peu d'elle-même et de sa vie. En revanche, elle boit pas mal (surtout de la vodka). Lou, qui vit entre sa mère dépressive et son père qui fait ce qu'il peut pour maintenir une vie de famille, se sent mal-aimée et n'a pas d'amis en classe. Leur rencontre va changer la vie de ces deux jeunes filles. Un garçon dans la classe de Lou (qui lui aussi a ses problèmes) va se lier avec No et Lou. Cette dernière arrive à convaincre ses parents d'héberger No pour un temps. Mais rien n'est simple, car No, qui a trouvé un travail de femme de chambre dans un hôtel, a des difficultés d'adaptation malgré l'attachement de Lou à son égard. En revanche, la mère de Lou semble sortir de son état dépressif. Au bout du compte, l'histoire qui se termine presque au même endroit où elle a débuté, dans une gare (la gare du Nord), a permis à quelques personnages d'évoluer, de se sentir moins seuls, de changer tout simplement, même si leur futur est dans l'incertain. C'est un beau conte triste et gai à la fois sur l'amitié. Je vous conseille ce film rien que pour les deux jeunes actrices, Julie-Marie Parmentier qui joue No et Nina Rodriguez qui interprète Lou. Elle a un sourire qui ferait fondre un iceberg. Zabou Breitman a réalisé un joli film qui mérite que l'on s'y attarde.

Voir la bonne critique d'Ariane.

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