lundi 24 octobre 2011

La Brindille - Emmanuelle Millet

Je voudrais évoquer un film français (vu hier après-midi 23 octobre). Sorti le 21 septembre 2011, il n'est plus projeté que dans une salle à Paris avec deux séances dans la semaine. Il s'agit de La brindille d'Emmanuelle Millet, "petit" film de très grande qualité à tout point de vue. Il nous parle d'un sujet délicat, le déni de grossesse suivi d'un accouchement sous X. A Marseille, Sarah, 19 ans, une jeune femme filiforme, apprend qu'elle est enceinte de 6 mois. Tout de suite, elle fait un rejet et un déni sur cet enfant à naître. Si elle avait appris la nouvelle plus tôt, elle aurait avorté. Cet enfant n'est pas du tout dans ses projets, elle veut d'abord et avant tout trouver un travail dans les arts. La solution qui lui reste est de faire adopter le bébé à la naissance. On suit Sarah dans les 3 derniers mois de sa grossesse, où elle fait comme si de rien n'était. Elle suit une formation, a une relation éphémère avec un étudiant en chimie. Logée dans une "maison maternelle", elle ne se mêle pas aux autres jeunes femmes enceintes. Sarah est très seule avec une mère distante au sens propre et figuré. Elle manque régulièrement ses rendez-vous pour son suivi de grossesse, elle ne fait aucune préparation. Cet enfant n'existe pas pour elle. Le film passe d'une séquence à l'autre avec des fondus au noir. C'est sobre et sans atermoiement inutile. C'est certainement pourquoi je suis sortie assez secouée de ce film, et je n'étais pas la seule. Il faut noter la prestation remarquable de tous les comédiens, Christia Theret en tête qui interprète Sarah. C'est dommage que La brindille n'ait pas eu plus de succès en salle. Essayez de le voir en DVD quand il sortira, je vous le conseille vraiment.

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mardi 18 octobre 2011

De bon matin - Jean-Marc Moutout

De Bon matin de Jean-Marc Moutout (qui a aussi réalisé Violence des échanges en milieu tempéré) est un film glacial et glaçant assez remarquable, à mon avis. Jean-Pierre Darroussin trouve l'un de ses meilleurs rôles en interprétant Paul, un cadre supérieur (il vend des produits bancaires) dans une banque d'affaires. Le film est une suite de flash-back où l'on se rend compte comment Paul, au bout du rouleau, commet l'irréparable avant de se suicider. C'est un film qui peut faire réfléchir sur les nouvelles méthodes managériales qui éliminent ceux qui ne plaisent pas pour différentes raisons, ou que l'on considère comme des "has been". C'est l'histoire d'un homme, père de famille, qui fait une dépression (on lui retire certains clients importants, on le fait changer de bureau pour le mettre dans un bureau "open space"). Le film traite de la souffrance au travail, de sa déshumanisation lorsque l'on n'est plus qu'un produit. On vous presse et l'on vous jette. Cela se passe dans un décor gris bleu où tout est feutré. Je sais que ce film a ses détracteurs. Personnellement, j'ai aimé sa sobriété.

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lundi 3 octobre 2011

Films vus et non commentés depuis le 23/07/2011 (suite)

Avant qu'il ne soit trop tard, voici trois films à voir absolument.

Le cinéaste allemand Werner Herzog a eu l'autorisation de filmer les peintures rupestres polychromes vieilles de 35 000 ans de la grotte Chauvet (du nom du découvreur). Cette grotte située en Ardèche, découverte en décembre 1994 par une équipe d'archéologues, a tout de suite été interdite au public (pour éviter les mêmes dégradations qu'à Lascaux). Ce que la caméra nous montre à hauteur d'homme est grandiose et émouvant, surtout filmé en 3D (à bon escient). On ne se lasse pas de voir et revoir pendant de longues minutes ces peintures (quatre magnifiques chevaux, par exemple) ou certaines roches en calcite (on dirait de la dentelle). Mais, selon moi, ce documentaire, La grotte des rêves perdus, aurait pu encore être plus passionnant si certaines questions avaient été posées comme: quelle est la signification de ces dessins? Comment ont-ils été faits? Avec quels ingrédients? Et quels instruments? Comment nos ancêtres fabriquaient-ils leur couleur? Nulle explication. Des interviews comme celle du parfumeur (qui a un "nez") n'ajoutent rien. Seule l'intervention de la conservatrice du site m'a semblé intéressante mais trop courte. Mais rien que pour les peintures, courez voir ce film.

Blackthorn de Matteo Gil, un film que je vous conseille (et je ne suis pas la seule), bénéficie d'une interprétation épatante de Sam Shepard en grande forme, qui trouve un de ses plus beaux rôles en incarnant Butch Cassidy vieillissant. Le film m'a d'autant plus plu qu'il se passe en Bolivie, pays où j'aimerais bien retourner pour visiter des endroits comme le désert de sel d'Ayuni (le peu que j'avais vu en 2001 m'avait enthousiasmée). En 1927, Butch Cassidy que tout le monde croit mort depuis longtemps (voir les flash-back ponctuant l'histoire dans lesquels on retrouve aussi Sundance Kid et Etta Place), décide de revenir au pays. Sur son chemin, il fait la connaissance d'un Espagnol poursuivi par des ouvriers d'une mine. Les rôles féminins ne sont pas que figuratifs. Dommage que ce film sorti en catimini n'ait pas eu plus d'échos car il aurait mérité un succès public. Blackthorn, d'un réalisateur espagnol que je ne connaissais pas, est un excellent film.

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal est une fable tragi-comique à laquelle il manque peut-être un peu de profondeur et une vraie réalisation pour se substituer à un scénario truffé d'invraisemblances. Mais qu'est-ce que j'ai ri (et je n'étais pas toute seule) aux (més)aventures de Jafaar et de son cochon du Vietnam. Le film se passe bien évidemment à Gaza, où le porc est considéré comme une "souillure". C'est donc sur le mode humoristique que le réalisateur a pris le parti de raconter la cohabitation difficile entre deux peuples qui s'affrontent. Jafaar, pêcheur endetté et pas très en veine (du point de vue pêche), voit apparaître dans ses filets un cochon noir vietnamien. C'est le ciel qui lui tombe sur la tête, il veut s'en débarrasser à tout prix (il n'arrive même pas à en prononcer le nom: "borc" [pig - big]). Sans dévoiler davantage l'histoire, je peux évoquer (dans le désordre) le cochon dopé au Viagra, comment Jafaar n'est pas capable de tirer sur ce cochon avec une kalachnikov à 1m50, comment Jafaar vit misérablement avec sa femme dans une masure (avec un trou d'obus en guise de fenêtre et qui sert de poste de garde à des Israéliens), comment un bel olivier devient une victime expiatoire du conflit, comment le cochon se retrouve déguisé en mouton, etc. C'est un film revigorant avec une fin optimiste.

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dimanche 18 septembre 2011

Tu seras mon fils - Gilles Legrand

Tu seras mon fils de Gilles Legrand (qui est aussi co-scénariste du film, avec Delphine Le Vigan dont le dernier roman vient de recevoir le prix du roman Fnac 2011) est un très bon film classique, bien interprété par Niels Arestrup, Lorant Deutsch, Patrick Chesnais et Valérie Mairesse, sans oublier Anne Marivin. L'histoire se passe de nos jours dans les vignobles du bordelais. Un père et un fils ne s'entendent pas. Paul de Marseul (Niels Arestrup) est déçu par son fils Martin qui n'a pas l'étoffe d'un grand vigneron. Il  n'arrête pas de l'humilier. En parallèle, le régisseur du domaine (Patrick Chesnais) se meurt d'un cancer. Le fils de ce dernier revient des Etat-Unis après plusieurs années d'absence. Là-bas, il avait des responsabilités sur un vignoble californien. C'est lui que Paul de Marseul voit comme son héritier. Bien entendu, un drame éclate et la fin, même si on la prévoit, est inattendue. On peut trouver quelques facilités dans le scénario, les dialogues. Le rôle est taillé sur mesure pour Arestrup. L'intermède à Paris m'a semblé inutile. Cette oeuvre se hisse au niveau d'un excellent téléfilm. Ceci étant, du fait que les acteurs sont tous excellents, et en attendant sa sortie en DVD, je vous conseille ce film.

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lundi 5 septembre 2011

Océans - Jacques Perrin & Jacques Cluzaud

Cherchant désespérément sur quoi écrire, je [Ta d loi du cine, squatter] retrouve quelques notes prises il y a fort longtemps pour un billet que j'ai toujours eu la flemme de rédiger. Hop!

Océans, sorti le 27 janvier 2009, nous l'avions vu, Dasola et moi, en avant-première, presque deux mois auparavant. En fait, je m'étais fait "racoler" devant l'UGC Ciné Cité Les Halles et m'étais vu proposer l'invitation, parce que je rentrais dans les quotas nécessaires au panel (et, oui, j'avais eu le droit d'y aller accompagné!). A la fin, il y avait un long questionnaire à remplir, mais je ne pense pas que, à ce stade, ça pouvait changer quoi que ce soit au film...

La presse en ayant abondamment parlé et reparlé, notamment à l'occasion de ses passages à la télé (je ne l'ai pas regardé, pour ma part), je me bornerai à "critiquer" les défauts (à mon avis) de ce film.

Je me rappelle encore les très belles images du début, les oiseaux de mer qui pêchent en piqué, filmés alternativement dans les airs et sous l'eau (comme dans La marche de l'empereur?). En général, les parties concernant les animaux sont magnifiques. On nous montre des oiseaux, des morses, des iguanes et des poissons magnifiques et spectaculaires, d'accord. Je n'ai vraiment pas vu la nécessité du vieil homme et de l'enfant, qui n'apportent pas grand-chose si ce n'est une pseudo-réflexion philosophique. Et ça manque un peu de sous-titres. Il me semble enfin avoir regretté un défaut d'explications (d'incrustations?) sur les lieux concernés (notamment, les musées). Sans doute que ce film était taillé sur mesure pour le marché anglo-saxon (le peu de texte qu'il y avait était en anglais, dans la version vue en avant-première)? Le fait qu'aucun requin n'ait été martyrisé pour ce film (ceux à qui on coupe les ailerons avant de les rejeter à la mer sont des "animatronix"), c'est bien, mais c'est anecdotique. Personnellement, en tant que carnivore (et piscivore!) qui s'assume, la mention "Aucun animal n’a été maltraité durant le tournage" m'avait paru un peu ridicule voire hypocrite, alors que les opérations de pêche reconstituées existent bel et bien. Il n'est pas non plus question de pollution. Ca a un côté un peu "bien-pensant", un peu moralisateur (comme si on jugeait le spectateur quelque peu débile?). Enfin, peut-être est-ce un film destiné à prendre date, et à revoir en 2050 (restera-t-il des dauphins, des requins... et des pêcheurs?).

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samedi 23 juillet 2011

Films vus et non commentés depuis le 02/07/11

Juste avant de songer à prendre une petite pause de quelques jours, voici un premier billet sur 3 films que j'ai vus récemment. Je recommande les deux derniers.

Switch de Frédéric Schoendoerffer est tiré d'un scénario original de Jean-Christophe Grangé (que j'apprécie très moyennement). Une jeune canadienne de Montréal avec des problèmes existentiels et de boulot, se retrouve, à Paris au coeur d'une machination meurtrière dont elle est la cible (une usurpation d'identité). On découvre tout à la fin les liens qu'elle entretient avec celle qui lui en veut à mort (et je pèse mes mots). J'y suis allée parce qu'il y avait Eric Cantona qui se débrouille pas mal comme acteur habituellement mais là, il dit un dialogue truffé de lieux communs. Karine Vanasse, l'actrice principale, n'est pas mal, mais l'ensemble manque de crédibilité, avec quelques scènes comme celle avec la mère de l'héroïne et son fusil, sans parler d'une scène de poursuite où la caméra est accrochée sur les acteurs qui courent à perdre haleine. On en a la tête qui tourne. J'avais préféré Scènes de crimes (1999), du même réalisateur.

Omar m'a tuer de Roschy Zem m'a plu car il reste modeste dans son propos. Sami Bouajila qui joue Omar Raddad est très sobre. L'acteur / réalisateur a réussi son pari d'évoquer cette affaire qui a défrayé la chronique, il y a déjà 20 ans en juin 1991. A Mougins, sur les hauteurs de Cannes, un jardinier marocain, Omar Raddad, qui parlait peu le français, est accusé d'avoir tué sa patronne, Ghislaine Marchal, chez elle, dans sa cave. Celle-ci aurait réussi, avant de mourir, à écrire la phrase qui accusait le jardinier "Omar m'a tuer" avec la célèbre faute de grammaire à la fin. Le film retrace toute l'histoire, de 1991 à 1998, année où Omar Raddad fut libéré après avoir écopé de 18 ans de prison avec des circonstances atténuantes. Il fut défendu par Maître Jacques Vergès, qui a cette répartie (de mémoire!): "Pour une fois, j'ai un client qui est innocent". On voit en préambule qu'Omar aimait jouer au casino et perdait beaucoup d'argent aux machines à sous. Il aurait tué sa patronne pour l'argent. C'est une histoire d'un homme qui ne sait pas se défendre car il ne sait ni lire, ni écrire. On sent le bouc émissaire. Roschdy fait vaguement allusion aux liens de parenté et autre de Ghislaine Marchal avec quelques sommités du monde politique, diplomatique et autre. Mais aucune autre piste, aucun autre mobile pour un tel assassinat ne nous sont donnés. Omar Raddad est peut-être innocent mais alors qui sont le ou les coupable(s) et pourquoi? D'autres films sont certainement à faire sur cette affaire passionnante.

Hannah de Joe Wright est un thriller atypique qui se passe de nos jours, dans lequel les personnages principaux sont joués par des femmes ou plus exactement par une femme (la "méchante": Cate Blanchett, impeccable) et une jeune fille de 16 ans (Saoirse Ronan, vraiment bien) qui est une machine à tuer redoutable. Au bout du compte, l'enjeu de l'affrontement aux implications génético-scientifiques n'a rien d'original, mais le film est bien mené et sans temps mort et les décors des contes de Grimm (dans un parc d'attractions à Berlin) où se déroulent l'affrontement final ont beaucoup d'allure. Je conseille.

Dans le prochain billet à paraître le 26/07/11, j'évoquerai The murderer de Hong-jin Na (Le réalisateur de The Chaser).

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dimanche 17 juillet 2011

Le moine - Dominique Moll

Comme Ffred, j'ai beaucoup aimé le dernier film de Dominique Moll, Le moine (sorti cette semaine), d'après le roman anglais de Matthew Gregory Lewis. On était trois spectatrices dans la salle de la ville de province où je me trouve en ce moment (c'était l'après-midi). Le film se caractérise par une atmosphère qui devient de plus étrange et lourde de menaces à mesure que l'histoire avance, ponctuée par trois assassinats brutaux, de très beaux décors et la musique d'Alberto Iglesias (le compositeur de musique des films d'Almodovar) qui contribue un peu plus à la tension qui s'installe. Parmi les acteurs, Vincent Cassel est très bien en soutane, ainsi que Catherine Mouchet (impeccable comme d'habitude). Il faut noter le personnage effrayant de mère abbesse interprété par Géraldine Chaplin, et celui de Sergi Lopez, dans un rôle diabolique. L'histoire se passe en Espagne au XVIIème siècle. Un nourrisson avec une tache de naissance à l'épaule en forme de main (celle du Diable?) est abandonné aux portes d'un monastère. Devenu adulte, il devient frère Ambrosio (Vincent Cassel) et par là même un confesseur et une figure centrale du monastère. La qualité de ses sermons amène de plus en plus de fidèles fervents, dont un jeune homme étrange, Valerio, portant un masque. Ambrosio fait un rêve récurrent et on assiste aussi à un soudain retournement de situation qui fait qu'Ambrosio n'est peut-être pas l'homme de Dieu que l'on croit. Cela donne envie de lire le roman (publié en 1796) de Matthew Gregory Lewis, que personnellement je n'ai jamais lu. Certains vont peut-être se demander pourquoi filmer cette histoire maintentant? Je n'ai pas la réponse, mais je conseille vivement ce film vénéneux qui est le premier que j'apprécie de Dominique Moll.

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samedi 21 mai 2011

Films vus et non commentés depuis le 07/03/2011 (fin)

Voici mon deuxième billet sur 5 autres films que j'ai vus. Les deux derniers sont à voir toutes affaires cessantes.

La fille du puisatier de Daniel Auteuil se laisse voir si on accepte les dialogues très datés, des situations un peu "cuculs", d'entendre Auteuil avec un accent à couper au couteau. L'histoire de cette fille du puisatier qui perd sa virginité (à cause d'un bel aviateur, fils d'un marchand de la ville) et qui se retrouve "fille-mère" peut faire sourire. C'est un film plein de bon sentiments et désuet, comme le film de Pagnol dont il est le "remake". Jean-Pierre Darroussin est très bien.

L'homme d'à côté de Mariana Cohn et Gaston Duprat, film argentin où le principal décor se trouve être la seule construction (la maison Curutchet) bâtie par Le Corbusier en Amérique du sud, en 1948. Là vit une famille: un homme, sa femme et sa fille. L'homme a acquis une notoriété grâce à un fauteuil révolutionnaire de son invention. Sa femme (que je n'ai pas trouvée sympathique du tout) donne des cours de relaxation, et la gamine vit dans son monde avec des écouteurs et de la musique plein les oreilles toute la journée. Leur vie à tous les trois se trouve bouleversée du jour au lendemain par un voisin installé récemment dans un immeuble mitoyen de la maison. Ce voisin, Victor, a en effet décidé (pour bénéficier du soleil) de percer une fenêtre qui donne sur la cour intérieure de l'édifice classé (celui-ci a été conçu pour la transparence... à l'usage de ses occupants, mais non depuis l'extérieur!), violant ainsi l'intimité de la famille au style de vie "bourgeois bohême". Le film repose sur l'affrontement de ce voisin récalcitrant, à la tessiture de voix grave, qui arrive à avoir de l'emprise sur cette famille. Le film est un peu long. On sent une menace qui pèse dans la relation entre ces êtres, mais le danger ne vient pas de là où on l'attend. La fin m'a quand même laissée perplexe.

Il était une fois un meurtre (Le grand silence en VO) de Bo Odar n'a pas rencontré que des avis favorables. En ce qui me concerne, j'ai trouvé ce film allemand assez remarquable avec cette histoire de meurtre pédophile qui se passe sur une période de 23 ans. En 1986, une jeune fille est assassinée et violée dans un champ. Le crime reste impuni (mais nous, spectateurs, nous savons qui a tué). De nos jours, dans une bourgade peu éloignée du lieu de ce premier meurtre, une deuxième jeune fille disparaît (on la retrouvera morte). Il semble que cela soit le même modus operandi (mais nous, les spectateurs, on ne sait rien). La police rouvre l'enquête depuis l'origine. C'est un film glaçant et glacial car les meurtriers mènent une vie banale sans histoire dans cette bourgade. L'un des deux, devenu architecte, est marié et père de famille. C'est un film sur le mal qui peut se nicher chez les individus. Un film qui reste en mémoire. Et pourtant, ce film comporte quelques défauts comme le personnage caricatural du policier pertubé.

Je veux seulement que vous m'aimiez de Rainer Werner Fassbinder était un film inédit tourné pour la télévision. Il date de 1976. Je ne peux que vous le recommander. Il est sorti dans très peu de salles à Paris, je ne sais ce qu'il en est en province. C'est un drame social qui se passe en 1976 mais qui pourrait se passer de nos jours. Peter, un jeune homme courageux, n'ose pas affronter ses parents qui semblent le mépriser. Ils sont très ingrats envers leur fils qui leur a construit une maison. Peter épouse Erika qu'il veut rendre heureuse à tout prix. Parti à Munich, il s'endette pour elle, il n'arrête pas d'acheter davantage que ses moyens financiers ne le lui permettent. Bien qu'apprécié par son patron, il a un petit salaire. Il se crève à la tâche. C'est la triste histoire d'un homme surendetté qui commet l'irréparable. Les acteurs (que je ne connaissais pas) sont formidables. Ce film n'a pas pris une ride. Voir le billet du ciné d'Alain.

Tomboy de Céline Sciamma est une merveille de délicatesse. Ce très beau film (qui rencontre un joli succès) nous raconte l'histoire de Laure (garçon manqué), âgée de 9 ou 10 ans, qui se fait appeler Mickael. Elle/Il fait comme si elle était un garçon, s'habille comme eux, crache, joue au foot, fait tout comme un garçon (à l'extérieur de chez elle). Elle apprécie aussi de tenir le volant de la voiture familiale installée sur les genoux de son père. Vivant dans une famille unie entre un papa qui travaille avec les ordinateurs et une maman très enceinte, Laure est très complice avec sa petite soeur, Jeanne, une petite fille absolument irrésistible. Laure/Mickael attire l'attention d'une fille de son âge qui trouve qu'elle est un garçon pas comme les autres. On ne sait pas pourquoi Laure se voit comme un garçon. Aucune explication ne nous est donnée. Simplement, Laure semble plus à l'aise dans sa peau de garçon. La réalisatrice nous montre une jeune fille en quête d'une identité sexuelle. La jeune Zoé Héran est une révélation. Voir les billets de Wilyrah et de Phil Siné.

PS: Pour finir, une bonne nouvelle, le 22 juin ressort un chef d'oeuvre du cinéma: Il était une fois en Amérique de Sergio Leone (1984) en version numérique entièrement restaurée. Cela dure presque 4 heures. Je peux vous dire que sur grand écran, cela vaut la peine.

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dimanche 15 mai 2011

Films vus et non commentés depuis le 07/03/2011

Comme je me rends compte que je prends du retard dans mes comptes-rendus sur les films vus depuis 1 mois, voici un billet sur 5 d'entre eux, le prochain billet rendra compte de 5 autres. Je les ai tous assez appréciés et je vous conseille de les voir en salle ou en DVD si vous pouvez.

Le film étant chaudement recommandé sur la blogosphère (voir par exemple le billet d'Aifelle), je suis allée voir Tous les soleils du romancier Philippe Claudel et bien m'en a pris. Il s'agit d'une histoire sympathique qui se passe à Strasbourg où Alessandro, veuf, vit seul avec sa fille Irina, jeune adolescente plutôt bien dans sa peau. Il héberge depuis quelque temps son frère, Luigi, qui a fui l'Italie depuis l'arrivée de Berlusconi au pouvoir. Alessandro enseigne la musique baroque en université et chante dans une chorale. C'est un film qui finit bien. A voir quand vous êtes d'humeur morose.

Coup d'éclat de José Alcala avec une Catherine Frot comme je l'aime. Cette actrice est formidable dans le rôle de Fabienne, une femme flic (presque) au bout du rouleau entre ses problèmes d'alcool (elle boit pas mal de vin) et sa vieille mère qui la harcèle souvent. Fabienne, qui s'occupe plutôt des "sans-papiers", décide d'enquêter sur le suicide d'une jeune prostituée venue de l'est qui a laissé un petit garçon derrière elle. L'action se passe à Sète et dans ses environs. Le film donne l'occasion de voir Tcheky Karyo de plus en plus rare sur nos écrans (et c'est dommage). Le scénario tient la route même si la fin est un peu en suspens.

Animal Kingdom de David Michôd est un polar australien très noir qui se passe à Melbourne dans un quartier sans âme. Là vivent les Cody, une famille "ordinaire" composée de quelques hommes sous la domination de la mère, Janine, qui avec de grands sourire et beaucoup de gentillesse demande la "disparition" de quelqu'un quand elle sent que sa famille proche (ses fils) est menacée. Les garçons pillent des banques, tirent des coups de feu, tuent quand c'est nécessaire. Il se trouve qu'un "maillon faible" va entrer dans cette famille: le petit-fils, qui vient d'assister sans ciller à la mort de sa mère morte d'une overdose d'héroïne. Je ne suis pas prête d'oublier le personnage de Janine et la scène finale inattendue et violente.

Où va la nuit de Martin Provost avec Yolande Moreau en femme battue qui se venge (on la comprend!) de son mari violent qui a tué accidentellement une jeune fille en la renversant avec sa voiture. C'est un film qui possède de grandes qualités avec une Yolande Moreau attachante. Le bémol que je mettrais tient au personnage du fils, que je n'ai pas trouvé bien écrit. Il est crispant au possible. De son côté, le personnage du flic qui a deviné tout ce qui s'est passé n'est pas banal. Et il faut noter la présence notable, vers la fin du film, d'Edith Scob, même si son personnage m'a paru improbable. Et je pense qu'il y a clin d'oeil voulu au film Thelma et Louise de Ridley Scott, avec la scène des deux mains l'une sur l'autre dans la voiture en surplomb au bord du quai. Un film à voir.

Voir la mer de Patrice Leconte: 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités. Clément et Nicolas doivent partir vers Saint-Jean-de-Luz voir leur mère. Clément, qui travaille dans un garage, vient d'être plaqué par sa copine. Thomas rencontre Prudence dans un bal. Celle-ci vient de quitter son amant plus âgée qu'elle. Elle décide d'accompagner les deux frères. On sent que Patrice Leconte a voulu se faire plaisir. C'est un film libre, assez drôle, parfois coquin: la fille qui couche avec les deux frères à tour de rôle, et le vieil amant qui les poursuit. C'est un film idéal à voir l'été.

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mardi 1 mars 2011

Les femmes du 6ème étage - Philippe Le Guay

Pour me remettre de mes émotions "black swanesques", je suis allée voir Les femmes du 6ème étage, dans la foulée. Qu'est-ce que j'ai apprécié ce film sympathique et sans prétention! J'ai passé un excellent moment en compagnie de ces Espagnoles vivant dans des chambres de bonnes (sans le confort élémentaire), au dernier étage d'un immeuble parisien cossu. L'histoire débute en 1962. Jean-Louis Joubert (Fabrice Luchini, très bien), agent de change de père en fils depuis 3 générations, mène une vie (très) bourgeoise avec sa femme Suzanne (Sandrine Kiberlain) et ses deux garçons (têtes à claques). Leur domestique bretonne venant de les quitter, ils engagent Maria qui vient de débarquer d'Espagne et qui loge dans l'une de ces chambres du 6ème étage accessibles par un escalier de service, l'ascenseur leur étant interdit. Suite à quelques événéments que je ne dévoilerai pas, la vie de Jean-Louis Joubert va changer du tout au tout, au point qu'il va laisser femme et enfants pour se réfugier au 6ème. Je vous conseille vraiment ce film sans vulgarité et qui met de bonne humeur.

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