Titanic - Michelluzzi
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De l'auteur de bandes dessinées italien Attilio Michelluzzi (1930-1990), j'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) cité deux de ses séries parmi les quinze "valant le coup d'oeil" évoquées naguère sur ce blog (Air Mail et Johnny Focus). Alors quand je suis tombé, en bibliothèque, sur un album que je ne connaissais pas mais qui m'a paru dans le thème du Book trip en mer (saison 3) chez Fanja, je l'ai emprunté...
Attilio Michelluzzi, Titanic, Mosquito, 2012 (trad. Michel Janz, EO 1988), 76 pages
On sait tous comment la traversée inaugurale de ce bateau se termine. Mais j'avoue que je m'attendais à ce que le navire soit au centre de l'histoire, or il n'est guère que le "décor" de l'intrigue (ou des intrigues). Je dirais que cette bande dessinée a pour principal mérite d'avoir été publiée neuf ans avant que James Cameron fasse le film homonyme avec de tout autres personnages, pas plus historiques que ceux de Michelluzzi.
Dès la page 2, notre bédéiste nous présente ses héros (d'illustres inconnus!), mais on ne le comprend qu'a posteriori... De gauche à droite en partant du bas: John Hubbard Hall, journaliste (apparaît p.11); Raymond Desvilles, français (p.30); Madeleine Desvilles, son épouse infidèle (p.12); Olivier de la Bretonne, gigolo, à voile et à vapeur (p.10); Mora l'espagnol, anarchiste (alias Dorado Martinez), p.17; Molly, une femme de ménage des premières classes (p.37); George Barton Putman, self-made man dans le placard, candidat à un poste de sénateur (p.6); Viktor Dessinevitch Medel, prince Moussin, grand Boyard (etc.), russe (p.24), rival du dernier de la liste; et enfin, Lord Alfred Brudenell, sixième duc de Westmeath, coureur automobile (p.22).
Ces neuf personnages vont être réunis à l'occasion de cette traversée inaugurale, événement mondain incontournable... Mais avant d'en arriver au naufrage (l'iceberg est rencontré p.55), on a le temps de suivre divers récits enchevêtrés... (entortillés?) dont certains auraient (à mon avis) été plus dispensables que d'autres. Le compte à rebours commence, en gros, le 8 avril 1912 à 11 h 10.
Entre celui qui veut mettre une bombe symbolique contre les riches (anglais), la caricature de Russe qui ne veut pas tant gagner une course automobile pour la Russie qu'empêcher son rival de la gagner, les couples de la haute ou ceux d'en bas, l'efféminé qui n'exclut pas d'ajouter à ses charmes le métier de maître-chanteur, le self-made man qui n'est pas un enfant de coeur... Trois personnages périront par coups de feu avant que le bateau coule.
Ci-dessus, p.56. Ci-dessous, p.74.
Je ne l'ai pas dit, mais certaines planches montrent les personnages historiques (armateur, capitaine, riches passagers morts dans le naufrage avec plus ou moins de panache...). Aujourd'hui, la liste des victimes du Titanic est accessible en quelques clics (par exemple sur Wikipedia consulté le 25/07/2026 - même si elle y est signalée "non exhaustive"). Si vous voulez en savoir davantage, je vous laisse lire la BD. Il me semble (mais cela n'engage que moi!) que j'aurais davantage apprécié cet album s'il avait fait l'effort de "décalquer" le Titanic vers un autre nom de navire... (le Chrématic, par exemple?). Je ressors de ma lecture avec un avis mitigé et ne m'achèterai probablement pas cet ouvrage, à cause de son scénario. Il plaira sans doute aux vrais "fans" de Michelluzzi (scénario et dessin). Mais je ne conseillerais pas de commencer par cet album pour découvrir son oeuvre.