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11 juillet 2026

Canoë Bay - Patrick Prugne (des.) & Tiburce Oger (scén.)

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'avais jamais eu entre les mains cette "vieille" BD (2009), jusqu'à ce que je l'aperçoive récemment dans une bibliothèque parisienne où j'accompagnais dasola qui avait des livres à rendre (pendant qu'elle attendait, je me suis faufilé vers le rayon BD...). L'image d'un bateau en couverture m'a bien entendu fait penser au Book trip en mer (saison 3) de Fanja. Du coup, j'ai pris un siège et l'ai parcourue... avant de finir par l'emprunter.

Patrick Prugne (des.) & Tiburce Oger (scén.), Canoë Bay, éd. Daniel Maghen, 2009, 76 pages
(premier album des "Sagas indiennes" ensuite créées par Prugne seul)


L'album commence par deux pages et demi de vignettes silencieuses, avant les premières bulles (qui ne sont pas vraiment un dialogue...). Et on est jeté en pleine action, avant un flash-back biographique puis la reprise du récit jusqu'à la fin de l'album. Nous sommes sur le continent américain, au XVIIIe siècle, bien avant la Guerre d'indépendance. Nous avons là un album de BD d'aventures juvéniles (mais pas forcément à mettre entre les mains d'enfants trop jeunes - ayant l'âge du héros principal par exemple). 

 

Jack, orphelin: c'est lui le narrateur de l'histoire, racontée "à hauteur de gamin" - parfois en "décalage" par rapport à ce que nous en voyons ou comprenons en filigrane. L'histoire (mais pas l'album) commence avec sa naissance le 22 septembre 1746 en Acadie (mère qui meurt des suites de ses couches).

L'orphelinat le fait embarquer à 12 ans comme mousse dans la marine marchande britannique. Il y devient copain "à la vie à la mort" avec un autre mousse, Gallois lui, Andrew. Leur chemin croise rapidement, sur le bateau, celui d'un marin style Obélix, avec un anneau à une oreille et une croix à l'autre. Le vieux matelot, Lucky Roberts, n'est pas sans rappeler Long John Silver, même s'il a bon pied bon oeil. En juin 1758, leur navire, le Virginia, accompagne le Saint Georges pour prendre en charge une cargaison de bois d'ébène (du côté des actuels Sierra Leone ou Liberia) à destination des Amériques. L'aimable marin se révèle alors être un pirate qui cherchait à faire se mutiner un bateau, et les aventures commencent vraiment... (ci-dessous, planche 19, un équipage pas emballé, de prime abord, par les perspectives proposées, malgré la vibrante hargne de... John Place). 

Malgré tout, la p.22 se conclut par "Nous étions devenus des pirates!". 

 

Pas si simple que cela, d'organiser une vie de piraterie... Notre mutin en chef rêvant d'être pirate semble ne jamais passer vraiment à l'acte offensif contre d'autres navires (toujours fuyant les autorités, toujours courant après ses rêves de trésors...). On a un aperçu de l'île de la Tortue, l'équipe de pirates (augmentée d'une otage, la fille du commandant d'un des bateaux mutinés) joue au chat et à la souris avec les Anglais ou les Français... Et puis, après l'aventure maritime avec les pirates, l'intrigue bifurque vers l'aventure terrestre avec les Indiens, à la recherche d'un trésor au bout du Nouveau Monde. Notre petite troupe (dont un autre pré-ado, Sitouh, un des esclaves qui avaient été embarqués puis délivrés...) se retrouve coincée entre deux feux, avec les Français en lutte contre les anglais, et des alliés indiens de part et d'autre sur le sentier de la guerre. Et la planche 42 finit par reprendre l'action où l'avait laissée la planche 3.


L'antagoniste principal est toujours l'officier de marine britannique dont notre Lucky Rogers (alias John Place) avait eu l'idée saugrenue de garder la fille Angela tout en le laissant partir avec ses marins. L'officier poursuit donc la troupe pirate depuis les Caraïbes jusqu'au fin fond de la région des Grands Lacs canadiens jusqu'à ce que mort s'ensuive. Mais le récit reste à hauteur d'enfant (dessinés avec des visages poupins?), à la différence de la série Les pionniers du nouveau monde (qui met en scène des adultes). Comme déjà dit plus haut, ce n'est pas un album pour de trop jeunes enfants (quelques vignettes très "réalistes" quand il s'agit de voir un de nos jeunes mousses en butte aux assauts d'un violeur, ou les gamins jouant les voyeurs alors que fricote un jeune couple d'Indiens...). Les dessins sont magnifiques et les couleurs à l'aquarelle, il s'agit plutôt de grandes vignettes peintes (sans traits traçant un cadre). À la fin de l'album se trouve tout un cahier de "dessins préparatoires" qui peut faire songer à ceux de Hugo Pratt dans certains de ses albums (Fort Weeling, Ticonderoga, Billy James). Pour ma part, Canoë Bay m'a évoqué aussi bien (influences...?) L'Île au trésor (Stevenson), que la série BD Jérémie (Paul Gillon), ou l'album Le trésor de Barbe-rouge (série Barbe Rouge, de Hubinon & Charlier)... 

 

À noter, une morale finale plutôt pessimiste? p.58, l'aventure du "frère de la côte" idéaliste qui voulait fonder une république libertaire en Amérique du Nord s'est aussi avérée un fiasco, les hommes étant ce qu'ils sont... et ce n'est pas l'or qui fait le bonheur, puisque "l'infortuné" en disposait à foison!

 

Quand l'album se termine, nos héros se trouvent en Louisiane, en 1760 (les gamins ont désormais 13-14 ans...).

 

Blogs ayant parlé de cet album (liste pas forcément exhaustive): Tampopo24 (Les blablas de Tachan, Anne-Sophie (blog Mes petits bonheurs)

Et vous, l'avez-vous déjà croisé?

J'inscris également ce billet au challenge Littérature jeunesse chez Pativore et au challenge American Year chez Belette2911

 

9 juillet 2026

Notre histoire : Chroniques du Caire - Abu Bakr Shawky

En ces temps de disette cinématographique, je ne sais vraiment pas quoi aller voir comme film: il y a beaucoup de films d'horreur qui ne m'intéressent pas. Mais je suis tout de même allée voir Notre histoire : Chroniques du Caire qui est semble-t-il assez autobiographique pour le réalisateur austro-égyptien Abu Bakr Shawky. Le film commence en Egypte en 1967, au moment de la guerre des six jours et du retour au pouvoir du président Gamal Abdel Nasser. On fait la connaissance, au Caire, d'une famille de la petite classe moyenne égyptienne qui ne loupe aucun des matchs de football du club Zamalek  Ce sont surtout les hommes de la famille et les voisins qui sont assis devant le poste de télévision selon un certain ordre. Ahmed, l'un des fils de la famille, est le seul à faire exception. Il s'exerce au piano en jouant des morceaux classiques au grand mécontentement du voisin de dessus. Et Ahmed vient de commencer une correspondance avec Liz, une jeune Autrichienne férue aussi de musique. Dans cette famille, il y a aussi la mère Fayrouz qui peste devant sa gazinière qui ne marche pas bien. On ne sort pas beaucoup de l'appartement familial, sauf quand Ahmed part en Autriche pour rencontrer Liz. Ce film est l'occasion de retracer à une vitesse accélérée plus de 20 ans de l'histoire de l'Egypte, avec 1973 et la guerre du Kippour et en 1981, l'assassinat d'Anouar El Sadate, et ces événements influent beaucoup sur la famille. C'est un film qui dure deux heures et qui se regarde avec intérêt même si j'ai trouvé le film un peu trop sonore. Peut-être que le son était mal réglé lors de la projection. J'ajouterai que les acteurs sont tous très bien. Lire le billet de Miriam.

7 juillet 2026

Tant qu'il y a l'océan - Coline Renault

C'est à partir d'un reportage de Coline Renault pour Charlie Hebdo que j'avais (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) initié mes participations au premier Book trip en mer chez Fanja en 2024 (je viens d'ailleurs tout juste de découvrir que son reportage avait obtenu le Prix "Jeune journaliste" de la Fondation Varenne à l'époque). Je présente aujourd'hui (27 mois plus tard), toujours dans le cadre de mes "hommages du 7", un livre où elle a développé quelques chroniques parues dans l'hebdomadaire entretemps, et je l'inscris cette fois-ci pour la 3e saison (2026) du Book trip en mer chez Fanja

Coline Renault, Tant qu'il y a l'océan, Les échappés, 2026, 284 pages

 

La journaliste expose comment, lors d'une conférence de rédaction "du journal qui [l']emploie" (p.13), ils s'étaient demandé si des Français des classes populaires françaises pouvaient vivre le même genre de vie que des Américains fortunés ayant carrément "acheté" une cabine de luxe à bord d'un navire de croisière pour n'en plus descendre. En effet, des conditions plus abordables peuvent permettre de naviguer à partir de 500 euros la semaine (à comparer au tarif des EHPAD en France?). Cela a été le point de départ d'une enquête... et d'un embarquement dans un des bateaux de Costa Croisières en septembre 2025 (on peut trouver plusieurs articles en ligne sur le site de Charlie). Tant qu'il y a l'océan raconte cette croisière d'une semaine dans la cabine 523 et ses deux lits jumeaux. 

 

C'est une "croisiériste", Nicole, 74 ans, interrogée dans le cadre de son enquête préalable, qui l'a convaincue d'embarquer. Elle fera bien entendu partie des témoins, avec quelques autres "back-to-back" (ceux qui enchainent les croisières sans "rentrer chez eux" à la fin). Mais intervient aussi dans le livre la grand-mère paternelle de Coline, Mamie Dédée, 75 ans pour 1,50 m, veuve depuis 18 ans, et qu'elle a convaincue (en juin) de l'accompagner dans l'aventure maritime (elles avaient déjà visité Santorin ensemble, pour ses 70 ans). Du coup, parti d'une interrogation sociologique, le livre s'enrichit de méditations métaphysiques sur la mort, le vieillissement, le sens de la vie, les relations familiales et intergénérationnelles, la modification de celles-ci selon qu'on est enfant ou adulte... L'enquêtrice constate encore les inégalités face au vieillissement, avec les plus précaires qui profitent peu de leur retraite... (p.127: "plus on trime à la sueur de son front pour arriver à la retraite, moins on a de chances d'en jouir"). 

 

En ce qui concerne les conditions économiques de cette "vie à bord", la Compagnie accorde des remise aux croisiéristes fidèles ce qui rend les tarifs dégressifs (environ 61 euros par jour pour ceux qui restent en mer "à l'année"). Alors, bien sûr, les paquebots de croisière polluent (je ne sais pas dans quelle mesure la comparaison avec des "vols Paris-New York" est pertinente, au-delà de l'image? J'aurais préféré des informations "en valeur absolue"). Et le fait que ce genre de séjour soit considéré comme revenant nettement moins cher qu'un séjour en EHPAD m'interpelle aussi, car j'ai trouvé que comparaison n'était pas raison: précisément, ces "croisiéristes seniors" ne sont pas - pas encore - des "personnes âgées dépendantes" (malgré problèmes de mémoire ou d'addiction par exemple)... Elles ont fait un choix de vie, elles profitent - ou non - des escales (excursions payantes en supplément!). Et si certains parmi les jeunes personnels sous-payés (d'origine étrangère) sont prêts à payer de leur corps au service des dames d'un certain âge, celles-ci ne se montrent pas vraiment dupes quand ceux-ci les poursuivent avec un peu trop d'assiduité... 

 

La vie à bord est décrite, avec tous les petits "trucs" que connaissent les habitués: l'accès ou non au restaurant "VIP", le choix dans les distractions proposées, les "animations" (casino, discothèque...). Mémé Dédée, ne parlant pas anglais, hésite à s'aventurer toute seule hors de leur cabine, et attend stoïquement le réveil de Coline, à l'agacement de celle-ci. La journaliste spécialisée dans les sujets sociaux en profite pour aborder d'autres thèmes concernant nos seniors: leur rapport à l'IA (ce que celle-ci peut leur apporter, en contrepoint d'un manque de rapports véritablement "humains"), l'attitude de l'hôpital par rapport aux "vieux patients" (pas rentables, traitements de longue durée, "bloqueurs de lits"...), le fait même qu'ils bénéficient moins souvent que de plus jeunes qu'eux de molécules innovantes ou d'opérations onéreuses...

 

Quand la croisière s'achève, on ressent le cafard de la grand-mère à la fin de cette trop courte semaine de "sortie de routine", ce qui l'amène à la décision... non, pas de devenir croisiériste à vie, mais de vendre sa maison individuelle pour rejoindre plutôt une résidence "adaptée" (pour seniors) pour y (re)vivre en collectivité. En ce qui concerne sa petite-fille (qui s'interroge aussi sur la qualité de ses relations avec ses grands-parents maternels), j'avoue avoir rigolé en lisant pages après pages ses affres d'hypocondriaque, son constat qu'à 28 ans on ne fait pas la fête comme à 18 ans, ou la phrase de la pas encore trentenaire (p.264) "Je sais que mes questions [aux seniors sur la mort] en diront plus sur ma propre frousse de passer l'arme à gauche". 

 

J'ai vu que le Costa Favolosa (baptisé il y a 15 ans, selon wikipedia consulté le 6 juillet 2026) sur lequel elles avaient embarqué possède une bibliothèque, mais je me demande combien de volumes elle comporte et quelle y est la part de ceux en français... 

 

Comme souvent, Charlie promeut ce livre de différentes manières, soit par un encart annonçant sa disponibilité en librairie,

soit en en faisant le "cadeau" pour un abonnement à l'hebdomadaire (ici, CH N°1770 du 24 juin 2026, pp.3 & 14).

 

J'ai trouvé un billet sur ce livre: Nicole (Mots pour mots). 

 

*** Je suis Charlie ***

6 juillet 2026

Exposition Marilyn Monroe à la cinémathèque française

Trois essais de tenues pour Niagara. C'est la première qui a été retenue pour le film. Personnellement, j'aime beaucoup la troisième.

Jusqu'au 26 juillet 2026, vous pouvez aller visiter l'exposition à la cinémathèque de Paris sur Marilyn Monroe qui aurait eu 100 ans cette année (1er juin 1926-4 août 1962). L'exposition est riche de photos de tournage ou autre. Je ne les connaissais pas toutes. Plusieurs films sont présentés, en particulier Niagara d'Henry Hathaway (1952) - ce film fit d'elle une star. C'est le seul film où elle meurt à la fin. Elle interprète une femme fatale. Il y une évocation de Sept ans de réflexion de Billy Wilder (1955), Les hommes préfèrent les blondes d'Howard Hawks (1953), Certains l'aiment chaud de Billy Wilder (1959). Les films cités sont illustrés par un extrait de chacun de ces longs métrages. Il est aussi fait mention de Bus Stop de Joshua Logan (1956) - on peut voir un bustier qu'elle porte dans le film -, Troublez-moi ce soir (Don't Bother to Knock) de Roy Ward Baker (1952), Le Milliardaire de George Cukor (1960), The Misfits (Les désaxés, 1960) de John Huston. Mais à mon grand regret, mis à part l'affiche, il n'y rien sur Rivière sans retour d'Otto Preminger (1954). Marilyn a été sous contrat avec la Fox au début de sa carrière jusqu'à presque à la fin de sa carrière. Il y a des panneaux de texte en français et en anglais. C'est une expo intéressante pour la jeune génération qui ne connaît pas Marilyn. Pour les autres, c'est une bonne révision. Comme objets et accessoires présentés, il y a évidemment un flacon de N°5 de Chanel, et quelques vêtements qui ont appartenu à Marilyn.

Marilyn en baby-sitter

Marilyn lisant les lettres de ses admirateurs

Avec Jane Russell pour les Hommes préfèrent les blondes

 

Les deux photos ci-dessus ont été prises dans le métro New-Yorkais dans les années 50.

4 juillet 2026

Descendre vers la mer - Isabelle Blochet

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) lu très vite ce "premier roman" paru en février 2023 dont j'avais glané les "épreuves non corrigées" dans un "Circul'Livres" parisien tout récemment. Il y est question de mer et de bateau - même si ces thèmes maritimes ne forment pas le principal de l'oeuvre. 

Isabelle Blochet, Descendre vers la mer, Christian Bourgeois éditeur, 2023, 187 pages

 

La navigation sur le Monplaisir, dans les années 1970, est essentiellement évoquée dans les pages 19 à 32: on découvre le bateau (un "Rocca" à moteur de 5,80 mètres, acheté au Salon nautique de Paris), tiré sur sa remorque par la DS familiale. Il amènera la famille dont il est question au large de la Côte d'Azur, de la Corse, de l'Espagne... Vie à bord, baignades, découverte du naturisme qui heurte la pudeur des adolescentes... Premières fêlures: papa a oublié de remplir les réservoirs de gasoil (y compris le réservoir de secours!). Ou récit de la colère du père qui part au quart de tour lorsque la mère hésite à prendre la barre pour qu'il puisse faire du ski nautique...

 

Ce roman est surtout une histoire d'un demi-siècle de vie, celle de deux prolétaires plus ou moins orphelins, deux âmes esseulées, chacune avec ses rêves, qui s'allient pour le meilleur et pour le pire entre les années 1950 et 1980... Elle (Suzanne), que son papa prématurément disparu rêvait institutrice (élévation sociale) prendra des cours à Pigier et finira meilleure vendeuse (payée à la commission!) dans un magasin de meubles. Lui (surnommé "Jany"), qui rêvait de construire de ses mains sa maison à défaut d'un bateau pour partir faire le tour du monde en famille, finira intellectuel raté mais ouvrier déclassé, chômeur et dépressif... Ils se sont mariés en 1952, quand elle avait 19 ans et lui 22. L'histoire plutôt triste est racontée du point de vue de la troisième et dernière fille, Hélène (la maman, à 36 ans, aurait voulu enfin un garçon - ses grandes soeurs ont 7 [Fanny] et 11 ans [Véra] de plus qu'elle). Le récit raconte, quelque part, la lente déchéance du père, qui veut d'autant plus tout régenter dans sa famille que le contrôle du reste de sa vie lui échappe. Je me suis demandé si, de nos jours, IRM ou autre technique n'auraient pas permis de lui diagnostiquer un problème médical qui aurait pu expliquer certains des symptômes décrits...

 

Suzanne, au final, se révoltera contre ce mari devenu maniaque avec l'âge (il est âgé de 52 ans à la fin de l'histoire), regrettant de lui avoir tout payé quand il l'a souhaité, les vacances à la montagne, le bateau (dont elle payait les traites, avec son salaire "supérieur à celui d'un ingénieur") et d'avoir en quelque sorte sacrifié sa vie pour lui... au lieu de vivre en s'occupant davantage d'elle-même. Elle va jusqu'à regretter de ne pas avoir laissé partir puis oublié ce jeune homme (futur boulet), en 1951, le jour où il lui avait dit, en substance: "séparons-nous, tu es une fille trop bien pour moi, je vais descendre vers le sud, prendre un bateau et partir comme marin...". Pauvre Marius manqué... Encore une fois, je songe à l'homophonie "la mer / la mère / l'amer". 

 

J'ai vu que la marque de bateaux à moteur "Rocca", qui avait été vendue en 1995 par son fondateur, avait été rachetée en 2020 avec dans l'idée de la faire revivre (je ne sais pas ce qu'il en est en 2026). Le chantier nautique initial avait construit 350 000 bateaux, de l'après-guerre jusqu'aux années 1990 [information que je dois au site internet d'un passionné du motonautisme]. 

 

L'autrice, bibliothécaire, disait en 2023 à L'Echo Républicain qu'il ne s'agissait pas d'une autobiographie. «Il y a des éléments de ma vie personnelle. Mais c’est avant tout un roman, écrit et construit comme tel». 

Pour le chapitre de souvenirs d'enfance sur le bateau (auquel il est quelquefois fait allusion dans le reste du roman), j'inscris ce petit livre au Book trip en mer (saison 3) chez Fanja.

3 juillet 2026

Les belles promesses - Pierre Lemaitre

Quatrième et dernier volume de la quadrilogie se passant pendant les Trois Glorieuses, Les belles promesses de Pierre Lemaitre (Edition Calmann Levy, 502 pages) permet de terminer en beauté et aussi de manière tragique, l'histoire de la famille Pelletier. Pierre Lemaitre s'est refocalisé sur la vie du fils aîné des Pelletier, Jean (alias Bouboule) et sur son épouse Geneviève, une femme épouvantable qu'on n'aimerait pas rencontrer. C'est une caricature de la mégère. Quand l'histoire débute en septembre 1963, Jean, plutôt peureux d'habitude, commet un acte de bravoure. En effet, il sauve in extremis un bébé de la mort lors de l'incendie d'un immeuble à Paris. Geneviève va tirer le maximum de cet événement pour que son époux devienne célèbre. Pendant ce temps-là, le frère cadet de Jean, François, journaliste et romancier, commence à s'interroger sur des meurtres non résolus de jeunes femmes perpétrés depuis 1948 ou 1949 en France, dans des lieux où se trouvait peut-être Jean (merci de lire les trois premiers tomes dans l'ordre, ici, ici et ). Il va mener son enquête de son côté en ne révélant rien à la famille. Pour en revenir à Jean et Geneviève, leur fils Philippe qui a 11 ou 12 ans connaît ses premiers émois amoureux en espionnant sa tante Thérèse par le trou d'une serrure. Cela donne des moments plutôt amusants. Et enfin, Les Belles promesses évoquent la construction du boulevard périphérique autour de Paris. Une vaste opération financière dans laquelle Jean (et Geneviève) vont être très impliqués. Comme pour les précédents, j'al lu ce volume en deux jours. Quand on le commence, on ne le lâche plus. Lire les billets d'Alex-mot-à-mots, Clete (Nyctalopes), Athalie, Aude bouquineGambadou et Delphine-Olympe.

Comme ce roman fait plus de 500 pages, je participe une fois de plus au challenge Les pavés de l'été chez Sibylline (La petite liste).

1 juillet 2026

L'heure du loup - Robert McCammon

 

Je viens de "dévorer" L'heure du loup de Robert McCammon (né en 1952), publié une première fois en français par Presses de la Cité en 1990 (et il y a eu d'autres éditions depuis). Cette nouvelle édition est publiée par les éditions Monsieur Toussaint Louverture, 480 pages pour chacun des deux volumes. Pour être tout à fait exact, le volume 2 est divisé en deux : 373 pages pour L'heure de loup (suite et fin) et 110 pages pour une longue nouvelle L'aigle et le loup dans laquelle on retrouve Michael Gallatin, le héros de L'heure du loup.

Moi qui ne suis pas fan d'histoire de loup-garou et autres histoires fantastiques, j'ai aimé L'heure du loup qui se passe à partir de 1918 jusqu'en 1944. L'histoire débute en 1944 au Caire, Michael Gallatin, un agent britannique, arrive à s'emparer d'un document qui aurait pu aider le Maréchal Rommel. Le fait d'être un loup-garou l'a grandement aidé. Né en 1910, Mikhaïl Gallatinov devenu Michael Gallatin était un petit garçon heureux en Russie avec son père, sa mère et sa soeur. Le père était un proche du tsar. L'histoire débute en 1918 dans une forêt, Mikhaïl assiste de loin aux meurtres de ses parents et de sa soeur. Les meurtriers sont tués par une meute de loups et lui-même est mordu. La vie de Mikhaïl ne sera plus le même. Il va intégrer la meute composée d'humains pouvant se transformer en loups à volonté. Mikhaïl  va beaucoup souffrir avant de pouvoir se métamorphoser, cela lui prendra plusieurs années. La meute devient sa famille et il s'attachera à eux jusqu'à leur mort précoce. Le roman alterne entre l'enfance et l'apprentissage de Michael et sa longue mission derrière les lignes ennemies dans la France occupée et puis en Allemagne de mars à juin 1944. lI est chargé de trouver ce qu'est le projet "Poing d'acier" qui permettrait peut-être aux Nazis de gagner la guerre face aux Alliés. Les méchants nazis sont vraiment méchants. Face à eux, Michael s'en sort bien et il séduit quelques femmes avec beaucoup de douceur. J'ai lu les 753 pages en à peine deux jours. Lire le billet de Carolivre sur le tome 1. 

L'édition de 2008 chez Milady en un volume de 708 pages permet la participation de ce billet au challenge Les pavés de l'été chez Sibylline (La petite liste). J'avais trouvé une information comme quoi elle comptait 896 pages, mais ta d loi du cine n'en a pas voulu comme épais de l'été 2026?

 

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