Le blog de Dasola

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13 juin 2007

Audiard par Audiard - Répliques savoureuses

J'ai la chance d'être en possession d'un livre malheureusement épuisé, Audiard par Audiard aux Editions René Château (1995), qui rassemble quelques répliques d'anthologie de films dialogués ou réalisés par Michel Audiard. Ce matin, sur une radio nationale, un journaliste qui choisit de parler d'un blog tous les matins, en a évoqué un qui donnait son "top ten" des répliques de Michel Audiard. Cela m'a donné l'idée de faire un peu la même chose mais sans "top ten". Je veux plutôt en retranscrire quelques-unes, il y en a 15, qui me font particulièrement rire toute seule. Les voici. C'est un choix totalement subjectif et la liste est ouverte.

Bernard Blier - Archimède le Clochard
"- N'oublie pas ce qu'a dit le médecin: cinq gouttes. La posologie ça s'appelle. Et de la posologie au veuvage, c'est une question de gouttes."

Jean-Paul Belmondo - 100 000 dollars au soleil
"- Quand les types de cent trente kilos disent certaines choses, les types de soixante kilos les écoutent."

Michel Serrault - Garde à vue
"- Les médiocres se résignent à la réussite des êtres d'exception. Ils applaudissent les surdoués et les champions. Mais la réussite d'un des leurs, ça les exaspère."

Lino Ventura - Mireille Darc - Ne nous nous fâchons pas
"- Vous savez on a toujours tendance à prendre les bruns trapus pour des gangsters mais c'est un préjugé idiot.
- J'en connais un autre qui consiste à prendre les grandes blondes pour des imbéciles."

Jean Gabin - Le Gentleman d'Epsom
"- Dans la vie il y a deux expédients à n'utiliser qu'en dernière instance: le cyanure ou la loyauté."

Bernard Blier - Les yeux de l'Amour
"- Vieille fille! Et allez donc pourquoi pas! Faut dire tu fais tout ce qu'il faut pour t'en donner le genre... ta robe, ta coiffure... tu frisottes dans le gris, toi. Tu faufiles dans le triste."

Jean Gabin - Le Sang à la Tête
"- Pendant douze ans on a fait chambre commune mais on a fait rêve à part."

Jean-Claude Brialy - Carambolages
"- Assassiner un étranger a toujours un petit côté ennuyeux. Tandis que l'étripage en famille, c'est régulier, c'est traditionnel, c'est bourgeois. Et puis, ça a tout de même plus d'allure. Tuer un étranger, on pense à France Soir. Un parent, on pense à Sophocle."

Jean Gabin - Mélodie en sous-sol
"- Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus."

Maurice Biraud - Un Taxi pour Tobrouk
"- Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche."

Jean Gabin - Le Pacha
"- Quand on parle pognon à partir d'un certain chiffre tout le monde écoute."

Jacques Villeret - Jean-Paul Belmondo - Les Morfalous
"- Qu'est-ce qu'on peut bien faire avec six milliards?
- Rien! C'est ça l'agrément. Ca permet de plus rien foutre."

Bernard Blier - Dominique Zardi - Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages
"- Attention! J'ai le glaive vengeur et le bras séculier! L'aigle va fondre sur la vieille buse!...
- Un peu chouette comme métaphore, non?
- C'est pas une métaphore, c'est une périphrase.
- Fais pas chier!...
- Ca, c'est une métaphore."

Philippe Noiret - Pile ou Face
"- La justice, c'est comme la Sainte-Vierge, si on la voit pas de temps en temps, le doute s'installe."

Jean Gabin - Le Président
"- On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis."

A SUIVRE... [suivant = billet du 11/11/2008]

12 juin 2007

La belle lurette - Henri Calet

Henri Calet (1904-1956) n'est pas un écrivain très connu et, après sa mort, il est tombé dans l'oubli. Dans les années 80, certains jeunes écrivains l'ont découvert ou redécouvert. Olivier Adam dans Falaises aux Editions de l'Olivier (2005) lui dédie son roman. D'Henri Calet je viens de terminer La belle lurette parue en 1935 et rééditée dans la collection L'Imaginaire Gallimard. C'est plus ou moins autobiographique. Le récit est à la première personne. Dans le roman, le narrateur Henri naît le 14 juillet 1902 d'une mère Sophie, faux-monnayeuse et, d'un père, sans boulot fixe, buvant un peu. Avec cette hérédité, souvent malade, mis en pension, il a vécu la première guerre mondiale à Bruxelles en Belgique avec sa mère, le père ayant disparu. Cette chronique, aussi misérabiliste et triste qu'elle peut paraître, ne l'est pas. Henri prend la vie comme elle vient et il profite au mieux. Le vocabulaire est souvent cru avec des tournures de phrases poétiques. J'ajouterai que la belle lurette du titre n'est pas employée pour dire "il y a bien longtemps". L'expression est employée deux fois où lurette a sa signification première d'heurette (diminutif d'heure) (Le Petit Robert). La première, au début du livre, quand les parents déménagent en pleine belle lurette et, la deuxième fois, dans la dernière phrase du livre : "Le chômage et les cris dans la crise, ce n'est plus la belle lurette". La belle lurette compte 168 pages et se lit très vite et agréablement.

11 juin 2007

L'Avocat de la terreur - Barbet Schroeder

Je n'ai pas vu le documentaire que Barbet Schroeder a fait sur Idi Amin Dada en 1974, mais celui-ci, L'avocat de la terreur, est absolument remarquable. C'est pratiquement un film à suspense de plus de 2 heures qui retrace des pages d'histoire du terrorisme de 1954 en Algérie jusqu'à la fin des années 90. En effet,  Jacques Vergès semble s'être impliqué à vouloir défendre l'indéfendable aux yeux de beaucoup. Le documentaire débute par un plan moyen de Jacques Vergès donnant une explication face à la caméra sur le fait que "son ami" Pol Pot n'est pas le génocidaire que l'on dit. Au vu de photos de milliers de squelettes, Jacques Vergès admet qu'il y a eu des morts mais sans plus. Le film est une suite d'entretiens avec Jacques Vergès et de personnes qui le connaissent peu ou prou, de documents d'époques ou plus récents et d'extraits du film La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo (1966) tournés après les événements. Les seuls éléments biographiques donnés sur Jacques Vergès sont qu'il a un frère et qu'il est né d'une mère Vietnamienne et d'un père Réunionnais et qu'il a passé le CAPA (Certification d'Aptitude à la Profession d'Avocat). Son ami le dessinateur Siné dit que c'est un bon vivant aimant la bonne chère. Un journaliste émet l'avis que l'avocat s'est toujours senti un colonisé de par ses origines. Ceci explique peut-être ses "combats" pour la défense des poseurs de bombes en Algérie dont Djamila Bouared, qu'il épousa par la suite, des terroristes de la bande à Baader comme Magdalena Kopp ainsi que l'assassin de l'ancien ministre Iranien Chapour Baktiar, Anis Naccache. Il a défendu l'extrême gauche et droite, la cause palestinienne, etc. Il restera célèbre comme le défenseur de Klaus Barbie. C'est fascinant de l'entendre et de le voir raconter comment il s'est retrouvé seul et sûr de lui face à tous pendant ce procès qui a été filmé. Le personnage est très ambigu, ni antipathique, ni sympathique. Il a "disparu" sans laisser de traces entre 1970 et 1978. L'énigme n'est pas résolue. Il ne dit rien sur cette période. Et puis après tout c'est sa vie. Je m'arrête là mais ce documentaire pourrait se prêter à plusieurs billets tant il y a à dire. Inutile de préciser que je conseille ce film. 

10 juin 2007

Coeurs perdus - Todd Robinson

Coeurs perdus (Lonely Hearts, 2006) de Todd Robinson est un film très classique et très noir tiré d'un fait divers qui défraya la chronique à la fin des années 40. Un long-métrage, Les tueurs de la Lune de Miel (Honeymoon Killers, 1970), l'unique réalisation de Leonard Kastle, a déjà relaté cette histoire. Coeurs perdus est un long flash-back narré par un des policiers (John Travolta) qui, dans la réalité, était le grand-père du réalisateur. Ce dernier lui a dédicacé le film. Un homme, Ray Fernandez (Jared Leto), beau parleur, séduit les femmes esseulées qui ont de l'argent. Un jour, l'une d'entre elles, Martha Beck (terrifiante Selma Hayek), infirmière, deviendra son amante et sa complice. Après avoir dépouillé de leur argent les femmes séduites, ils disparaissent et trouvent d'autres victimes que Ray appâte en répondant à des petites annonces. Mais un facteur humain entre en jeu. Martha est jalouse et elle n'accepte pas que son amant puisse tomber amoureux d'une autre femme. Cela semblant se produire, les meurtres commencent au cours d'une odyssée sanglante. Là, le film bascule dans l'horreur. Les policiers sont à leur poursuite mais néanmoins plusieurs femmes, un vieux monsieur et une adorable petite fille sont massacrés par le couple qui sera appréhendé, jugé et condamné à mort. L'exécution par chaise électrique montrée de bout de bout est une expérience éprouvante pour le spectateur. Le film est vraiment à voir pour John Travolta et Selma Hayek et la reconstitution d'époque mais pas plus d'une fois.

9 juin 2007

Robert de Niro

Robert De Niro (né en 1943), je l'ai découvert il y a plus de 30 ans déjà. Immense acteur, interprète du Dernier Nabab (1976), ultime film d'Elia Kazan, Taxi Driver (1976), New York-New York (1977), Raging Bull (1981), La Valse des pantins (1983) (trop méconnu), Les Affranchis (1990), Casino (1995), tous réalisés par son ami "Marty" Scorsese, Voyage au bout de l'Enfer (1977) de Michael Cimino, Il était une fois en Amérique (1983), dernier film de Sergio Leone, Heat (1995) de Michael Mann. La liste est encore longue de ces films qualifiés par beaucoup de critiques et de spectateurs de chefs-d'oeuvres. Il n'a pas hésité non plus à ne faire seulement que des apparitions comme dans Brazil (1993) de son ami Terry Gilliam où sa prestation est savoureuse. Robert De Niro, fils d'un Italien (peintre) et d'une Irlandaise, est un acteur qui m'a fait aimer le cinéma. Depuis quelques années, le choix de ses rôles a été quand même moins heureux et c'est dommage. En revanche, il s'est mis à la mise en scène avec un certain talent pour A Bronx tale (1993) et The Good Shepherd (2006), celui-ci inédit en France. Il est aussi l'heureux créateur du Festival de Tribeca dont il a eu l'idée à la suite des événements tragiques du 11 septembre 2001 endeuillant la ville de New-York. C'est maintenant un festival qui compte et où le grand public peut accéder aux séances.

8 juin 2007

Flash Info : Les vendeurs de tickets de cinéma sont de retour - enquête concluante

Bonne nouvelle, les vendeurs de tickets d'un de mes cinémas favoris (UGC Cité les Halles) sont revenus. Il semble qu'ils n'avaient pas complètement disparus, mais ils étaient dans l'attente de nouveaux guichets tout nouveaux, tout beaux. Les vendeurs sont maintenant enfermés au niveau 0 dans des grands blocs éclairés avec une lumière assez crue au demeurant. Des écrans LCD au dessus des têtes des vendeurs donnent le titre, l'horaire de la séance et le nombre de place disponible pour chaque film. En ce qui concerne les bornes, il n'y a pas de queue, on en trouve toujours une de libre. Pour le moment, le système fonctionne. A suivre... 

 

 

 

7 juin 2007

Al Pacino

Al Pacino, heureusement pour lui, n'a pas tourné que 88 minutes, son dernier film sorti en France. Il a été révélé, entre autre, grâce à Panique à Needle Park (1971) et L'épouvantail (Scarecrow) (1973, Palme d'Or à Cannes), tous les deux réalisés par Jerry Schatzberg, puis par Un Après-midi de chien (Dog Day Afternoon) de Sidney Lumet (1975), la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola et Scarface (1983) de Brian de Palma dans lequel son interprétation paroxystique de Tony Montana a marqué toute une génération de spectateurs, ou Cruising de William Friedkin (il y joue un flic qui se fait passer pour un homosexuel). Il a fait aussi des films plus intimistes comme Bobby Deerfield  de Sydney Pollack (1977) avec Marthe Keller (à découvrir ou redécouvrir), et un de mes films "chouchou", Frankie et Johnny (1991) de Gary Marshall avec Michelle Pfeiffer dans une histoire qui vous fait croire au Prince Charmant. Al Pacino est un acteur de talent, amoureux de Shakespeare, qui fait aussi beaucoup de théâtre aux Etats-Unis. D'ailleurs, il a réalisé Looking For Richard (1996) entouré d'amis comédiens dont Winona Ryder et Kevin Spacey, et il a interprété, en 2004, Shylock dans Le Marchand de Venise (2004) de Michael Radford. Dans mes recherches web, j'ai appris une bonne nouvelle : il va rejouer après Heat (1995) de Michael Mann avec Robert de Niro dans Righteous Kill (2008) de Jon Avnet. Je me réjouis d'avance devant cette nouvelle rencontre entre ces deux monstres sacrés du cinéma.

 

 

 

 

 

 

 

6 juin 2007

Le Scaphandre et le papillon - Julian Schnabel

Le réalisateur américain Julian Schnabel est d'abord un artiste peintre reconnu. J'ai vu ses deux premiers films, Basquiat (1996), et Avant la Nuit (2000) avec Javier Bardem, que j'avais beaucoup appréciés. Le réalisateur a un ton bien à lui en insérant des images un peu psychédéliques. Le Scaphandre et le papillon (2007) est adapté de l'histoire de Jean-Dominique Bauby (Jean-Do), victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) qui lui a détruit le tronc cervical en le paralysant des pieds à la tête. Il ne pouvait plus contrôler que la paupière gauche. Pour voir ce qu'il voit, la caméra est l'oeil gauche de Jean-Do. Cela fait un drôle d'effet de ressembler à un scaphandrier dont le champ visuel est réduit en n'ayant aucune vision latérale et verticale. Le film est émouvant mais pas larmoyant. Au moment de recevoir son Prix de la Mise en Scène à Cannes, Julian Schnabel a dit que c'était un film qui célébrait les femmes. C'est vrai. Et j'ai été très touchée que ce soit un Américain qui fasse entendre aussi bien l'alphabet français qui devient une comptine. Magnifique film.

5 juin 2007

Ouest - François Vallejo

Je m'interroge. Ouest de François Vallejo (Editions Viviane Hamy), que j'ai acheté depuis 8 mois, vient de recevoir le Prix du Livre Inter 2007, lundi 4 juin 2007. Peu après l'achat, j'en ai lu 128 pages et je me suis arrêtée. Je n'ai pas pu continuer. Ni l'histoire, ni le style ne m'ont accrochée, je ne sais pas pourquoi. J'ai même failli le revendre. Les critiques sont bonnes, il a même été en lice pour certains prix littéraires 2006. Le prix du Livre Inter est décerné par un jury de lecteurs comme vous et moi. Ouest est sur ma table de nuit depuis tout ce temps. Peut-être arriverai-je à le lire en entier cette fois-ci, rien n'est moins sûr.

4 juin 2007

Les temps difficiles - Edouard Bourdet

Jusqu'au 23 juin 2007, la pièce d'Edouard Bourdet Les temps difficiles (écrite en 1934) est jouée au théâtre du Vieux Colombier. Son sujet ? Comment une grande famille bourgeoise, frappée de plein fouet par le crack boursier de 1929, arrive plus ou moins à s'en sortir de façon peu reluisante, en sacrifiant une jeune femme comme dans le mythe d'Iphigénie. Le texte est brillant, très bien écrit et d'une modernité assez confondante. Les interprètes de la Comédie Française sont excellents. On passe trois heures (avec entracte) très agréable.

3 juin 2007

Abandonnée - Nacho Cerda

Je ne suis pas une grande passionnée du cinéma d'horreur auquel appartient Abandonnée (2007) de Nacho Cerda mais de temps en temps, je me laisse tenter. L'originalité de ce film, réalisé par un Espagnol, tient en ce qu'il est interprété en anglais par des acteurs d'origine russe. Il est très bien fait grâce à une bande son bruissante, craquante et inquiétante à souhait. Sauf une scène à la fin, on voit très peu d'effets "gore". Tout est plutôt suggéré et dans l'atmosphère. L'action se passe dans une maison abandonnée au milieu d'un paysage de forêt grandiose et très verte en Russie. En 1966, ont eu lieu de tragiques événements avec une maman et deux bébés. 40 ans plus tard, une quarantenaire vivant aux Etats-Unis, divorcée, une fille, débarque en Russie pour prendre possession d'une maison ayant appartenu à sa famille et dont elle est l'unique héritière, semble-t-il. Elle aurait mieux fait de rester aux Etats-Unis car comme je l'ai lu dans une critique : Famille, je vous hais ! Le film n'est pas exempt de défauts surtout certains effets appuyés mais le réalisateur est à suivre. Petite remarque : le titre original est The Abandoned (Les abandonnés) qui est plus exact que le titre français.

2 juin 2007

13 Tzameti - Géla Babluani

13 Tzameti de Géla Babluani diffusé en mai et juin 2007 sur Canal+ est filmé dans un très beau noir et blanc. J'arrête là les compliments. Le film est un exercice de style à ne pas mettre sous les yeux des âmes sensibles (le film a été interdit aux moins de 16 ans à sa sortie en salle). Pour se donner des sensations, mieux que dans un jeu vidéo, des hommes se rassemblent dans un domaine à l'écart, dans une province du Centre de la France. Là, ils parient sur des hommes numérotés qui mettent leur vie en jeu à la roulette russe avec une seule balle dans le barillet. Chaque individu met en joue la nuque de son voisin. Une ampoule s'éteint, chacun tire sur l'autre. Certains s'écroulent morts. Je dois dire que l'on ne voit pas une goutte de sang, ce qui donne une certaine distanciation au propos. Les paris augmentent, le nombre de balles dans le barillet aussi. A la fin, le n°13 gagne. C'est un jeune ouvrier qui, par hasard, a pris la place d'un autre et se trouve pris dans cet engrenage infernal et complètement dérisoire. Le noir et blanc rend le propos du film irréel et c'est tant mieux. A vous de voir si vous voulez tenter l'expérience. 

1 juin 2007

Jean-Claude Brialy

Jean-Claude Brialy (1933-2007) vient de nous quitter le 30 mai, pratiquement 25 ans, à deux jours près, après la disparition de Romy Schneider dont il avait été le confident et l'ami. A part dans les films le Beau Serge (1958) de Claude Chabrol et Le genou de Claire (1970) d'Eric Rohmer, il n'a jamais été un acteur de premier plan mais plutôt un excellent second rôle, s'autoparodiant lui-même parfois. Il a réalisé son premier film, Eglantine avec Valentine Tessier, en 1971. J'avais 9 ans mais je me rappelle très bien l'avoir vu et aimé à l'époque. C'était très nostalgique et semble-t-il assez autobiographique. Etant aussi acteur de théâtre, il était propriétaire du théâtre des Bouffes Parisiens à Paris. Il a écrit deux livres de souvenirs. C'est une figure du cinéma français qui s'éteint.

31 mai 2007

La Dame à la Licorne - Tracy Chevalier

Au Musée du Moyen Age des Thermes de Cluny à Paris, parmi la très belle collection d'objets, se trouvent les six tapisseries qui composent la série de la Dame à la Licorne. La romancière américaine Tracy Chevalier, auteur de la Jeune Fille à la perle, a imaginé la genèse de ces tapisseries dans un roman très bien écrit, La Dame à la Licorne, paru dans la collection Folio Gallimard. Les six tapisseries sont appelées les "verdures" ou aussi "mille-fleurs". Cinq d'entre elles représentent les cinq sens : le goût, le toucher, l'odorat, l'ouïe et la vue. La sixième est connue sous le nom de "A mon seul désir". Elles auraient été fabriquées à Bruxelles. Le livre se compose de cinq grands chapitres : 1490 Pâques et Pentecôte, 1491, mêmes périodes et 1492. Le récit est raconté à tour de rôle par les principaux protagonistes de l'histoire. Ils font chacun avancer l'action. On apprend beaucoup sur la façon de faire de la tapisserie à l'époque. C'était un travail long, fastidieux et très fatigant. C'est absolument passionnant. Il ne me reste plus qu'à retourner voir les tapisseries suspendues dans la salle ronde qui leur est spécialement dédiée au Musée de Cluny. Je les admirerai d'un oeil nouveau.

30 mai 2007

Bond, James Bond

Bond, James Bond. Le 21ème opus, Casino Royale, sort en DVD. Le 22ème est en préparation avec encore le "beau" blond Daniel Craig. Ce qui est formidable dans cette série, c'est James Bond lui-même, ou plus exactement, les comédiens qui l'ont incarné avec plus ou moins de bonheur. Mon préféré, c'est quand même Sean Connery, le beau brun ténébreux écossais, qui a débuté la série. Il a interprété 007 dans 7 films (de 1962 à 1967, en 1971 et 1983). Roger Moore m'a toujours paru un peu falot et peut-être un peu âgé pour le rôle et pourtant il a aussi été James Bond dans 7 films (de 1973 à 1985). Timothy Dalton n'a pas eu le temps de faire ses preuves, il n'a interprété le rôle que dans 2 films (en 1987 et 1989). L'irlandais Pierce Brosnan était très crédible dans 4 films (de 1995 à 2002). George Lazenby, pratiquement oublié, a interprété le rôle 1 fois en 1969. Sean Connery, grâce à James Bond, a vu vraiment sa carrière "décoller". Le "petit nouveau", Daniel Craig, a déjà une filmographie intéressante surtout dans des films indépendants comme The Mother de Roger Michell ou tout récemment dans Scandaleusement célèbre (Infamous) de Douglas McGrath. Beaucoup d'amoureux de la série l'attendaient au tournant. Il s'en est très bien tiré en renouvelant complètement le personnage en 2006 sans qu'on le compare à ses prédécesseurs. C'est un exploit. Longue vie à ce nouveau James Bond.

29 mai 2007

Still Life - Jia Zhang Ke

Still Life de Jia Zhang Ke m'a fait beaucoup penser au documentaire A l'ouest des Rails de Wang Bing qui a filmé, de 1999 à 2001, la lente agonie des usines et des hommes dans l'effondrement final d'un système. Le documentaire dure plus de 11 heures et il est sorti il y a presque 2 ans. Still Life se passe dans la région des Trois Gorges où le 2ème plus grand barrage hydroélectrique du monde est en construction. Des villes et villages vont être engloutis et des populations déplacées. Un homme arrive de la province de Sechouan, il a perdu de vue sa femme et sa fille depuis 16 ans. Il voudrait surtout revoir sa fille. Une femme arrive aussi de la même province. Elle n'a aucune nouvelle de son mari depuis deux ans. Des petits intertitres rythment le film : cigarettes, alcool, thé et bonbons. Ils symbolisent les petits échanges entre les personnes. On sent une certaine solidarité. Ils acceptent leur sort avec résignation. Une page se tourne. La nouvelle Chine est en marche avec tous les dégâts collatéraux que cela implique, surtout sur les paysages qui changent et s'enlaidissent, et la vie de misère des gens qui ne s'améliore pas.

28 mai 2007

Affiche du Festival International du Film de Cannes 2007

Au moment de la clôture du Festival du Film, j'aimerais évoquer l'affiche que j'ai découverte récemment de cette manifestation. J'ai été un peu étonnée par la photo montage qui célèbre le 60ème anniversaire de ce Festival. Cela se veut guilleret avec les personnes sautillantes qui sont photographiées, festiv' comme on dit. Moi, je trouve cela un peu incongru. Je ne pense pas que Bruce Willis, que j'aime beaucoup au demeurant, soit représentatif du cinéma plutôt d'auteurs que défend le Festival International du Film de Cannes. J'ai dans mes souvenirs plusieurs affiches absolument magnifiques, dont celle illustrée par un dessin de Fédérico Fellini pour la 47ème édition de cette manifestation en 1994 (année du décès de ce grand maître du cinéma).

27 mai 2007

Adam's Apples - Anders Thomas Jensen

Film qui raconte une histoire complètement déjantée, Adam's Apples d'Anders Thomas Jensen est un film danois du réalisateur des Bouchers verts. C'est une fable cruelle mais assez hilarante. C'est terrible à dire mais je n'ai jamais autant ri à la mort d'un chat. Adam Pedersen (Ulrich Thomsen), mutique, plutôt extrême-droite, un portrait d'Hitler dans ses bagages, a été condamné à des travaux d'intérêt général. Il arrive dans un presbytère perdu au milieu de nulle part. Là, le pasteur, Ivan (Mads Mikkelsen), fait des sermons devant un auditoire très clairsemé. Un kleptomane, ancien champion de tennis devenu obèse, et un "bronzé" genre terroriste sont les 2 autres "pensionnaires" du presbytère. Un pommier colonisé par les corbeaux puis les vers avant de tomber foudroyé jouera un rôle important. Tout cela résumé, ce film est absolument génial. A voir car je n'ai pas tout dit...

26 mai 2007

Laurel et Hardy

Grâce à des sorties en DVD présentes et à venir, on peut voir ou revoir le duo inoubliable de Stan Laurel et Oliver Hardy dans des courts et moyens métrages plus désopilants les uns que les autres dont Les As d'Oxford, Les Montagnards sont là, etc. Les gags sont visuels pour la plupart. Stan Laurel, même s'il semble être le faire-valoir et le souffre-douleur d'Oliver Hardy, peut avoir des réactions inattendues d'auto-défense. Les personnages de Stan Laurel plutôt mince et pleurnichard et d'Oliver Hardy à la silhouette plus enveloppée et un peu ronchon sont vraiment des archétypes comiques. A la différence de Charlie Chaplin, ils n'ont jamais réalisé de films, ils n'avaient pas droit de regard sur les scénarios qui ne se renouvelaient pas beaucoup. C'était seulement du comique de situation. Mais quel talent ! Qu'ils restent encore longtemps dans les mémoires des générations de spectateurs.

25 mai 2007

Pourquoi ne pas aller voir un film

Dans les "grosses" sorties, après Spiderman 3, le troisième opus des Pirates des Caraïbes de Gore Verbinski (2007) est projeté dans un nombre pharaonique de salles. Il y a Johnny Depp. Il y a le "beau" Orlando Bloom pour les jeunes filles, Keira Knightley pour les garçons. Les films avec des pirates plaît à beaucoup de monde surtout aux jeunes. Moi, je ne suis plus si jeune et je n'ai pas d'enfant à emmener. J'ai vu le premier volet. C'était pas mal, mais un peu long. Inspiré d'une attraction de Disneyland, le scénario est assez inconsistant car adapté d'un concept. Je ne suis pas allée voir le deuxième opus qui était paraît-il pas mal et je n'irai certainement pas voir le troisième qui dure 2h45. Gagner de l'argent avec ce genre de film, c'est bien, mais l'art cinématographique qui est un art fragile n'en sort pas grandi. Comme ce troisième épisode va aussi bien marcher que les précédents, il n'y a pas de raison que cela s'arrête tout de suite, et c'est dommage. 

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