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8 février 2007

Une exécution ordinaire - Marc Dugain

Après la Malédiction d'Edgar, roman qui relatait une histoire de l'Amérique sous le règne, si je puis dire, du redoutable Edgar J. Hoover, patron du FBI pendant plus d'un demi-siècle, dans Une exécution ordinaire, Marc Dugain nous plonge dans l'histoire de la Russie depuis juste avant la mort de Staline jusqu'à nos jours en mettant en scène une famille, sur trois générations voire quatre. Le récit commence en 1952, la mère du narrateur est urologue et elle a un don de guérisseuse avec les mains. Sa réputation arrive jusqu'à Staline qui n'a plus que deux ans à vivre. Les grandes "purges" ont déjà eu lieu. Par force, elle devient la guérisseuse du chef d'Etat mais dans le plus grand secret. Sa vie est bouleversée. Elle se sépare de son mari. Le narrateur ne naîtra que bien des années après ces événements, sa mère s'étant réconciliée entre-temps avec son mari. Ce même narrateur, Pavel, est devenu professeur à l'âge adulte. Il s'est marié et a deux enfants: un garçon et une fille. Le récit continue et on apprend que Pavel va toucher une grosse indemnité, qu'il a le droit à un grand appartement à Saint-Pétersbourg et qu'il prend sa retraite alors qu'il est encore très jeune. Pourquoi ? C'est vers la fin du livre que l'on apprend qu'une tragédie a eu lieu. Marc Dugain s'est inspiré de l'histoire du Koursk, Oskar dans le livre, le sous-marin nucléaire dans lequel plus de 120 jeunes sous-mariniers sont morts suite à une explosion non identifiée de l'avant du bateau en 2000. Il semble qu'ils auraient pu être sauvés, mais les autorités russes ont refusé pendant plusieurs heures que des sous-marins occidentaux s'approchent de l'épave. Plusieurs versions ont circulé: une torpille a explosé, un sous-marin américain a percuté Oskar. Il semblerait plutôt que c'est le manque d'entretien des pièces du sous-marin, les fuites diverses et variées qui ont provoqué le drame. Poutine, Plotov dans le livre, est décrit comme responsable du fait que l'on ne porte pas secours assez vite aux éventuels survivants, il ne faut pas de témoins. La Russie, après avoir connue le communisme pendant plus de 70 ans, vit dans un régime où la corruption est partout, tout est à vendre et à acheter même les pièces détachées de sous-marins. Le constat que Marc Dugain fait de la Russie actuelle semble assez consternant. 

PS du 19/02/2010: Marc Dugain vient d'adapter lui-même une partie de son livre au cinéma (cf. mon billet de ce jour).

7 février 2007

Hommage au public de cinéma

Quand j'adore un film, il m'arrive de retourner le voir pour sentir l'atmosphère d'une salle et constater si le public ressent la même chose que moi. C'est assez jouissif. La plus belle chose qui peut arriver à un film, en dehors du bouche à oreille, c'est quand, à la fin de la séance, le public applaudit. D'aucuns diront que c'est ridicule d'applaudir devant un écran blanc, n'étant pas au théâtre ou au concert ou dans un autre spectacle vivant. Mais je dirais que cette marque de satisfaction est peut-être plus marquante au cinéma. A contrario, je n'ai jamais entendu de sifflets à la fin d'un film. Je pense que si les spectateurs n'aiment pas ce qu'ils ont vu, ils le diront en sortant dehors ou ils le garderont pour eux.

6 février 2007

Les Mystères de l'Ouest - Série TV

Récemment, je me suis fait plaisir en achetant l'intégrale de la série des années 60, Les Mystères de l'Ouest. Elle comporte 104 épisodes sur 4 saisons. J'ai appris que la série avait été arrêtée parce que jugée trop violente: autre temps, autres moeurs. La saison 1 est peu connue. Elle a été tournée en noir et blanc et certains épisodes n'ayant pas été doublés, sont en VO sous-titrée. Je pense qu'elle n'a pas été diffusée en France, tout au moins les épisodes en VO. Tout cela pour dire que c'est un véritable plaisir de regarder ces épisodes, chacun divisé en chapitre : une intro, le générique, 3 ou 4 parties et la conclusion. Les deux héros de la série, James West et Artemus Gordon sont des agents du gouvernement mandatés par le général Ulysse Grant (président de 1869 à 1877) pour enquêter sur des affaires dans lesquelles sont impliqués des savants fous, des illuminés, des criminels dangereux. La sécurité des Etats-Unis est souvent menacée. La durée de chaque épisode est d'environ 48 mn et le titre de chaque épisode comporte le mot "nuit". Tous les ingrédients du fantastique, du policier, ou de la science fiction y sont. Il fallait une sacrée imagination aux scénaristes pour inventer toutes ces histoires. Cette série a fait les beaux jours des samedis après-midi sur la 1ère chaîne, il y a 30 ans ; les téléspectateurs devaient voter pour leurs séries préférées, et c'est souvent Les Mystères de l'Ouest qui gagnaient. En regardant ces épisodes, 40 ans après sa création, je constate que cela n'a pas pris une ride, ce qui n'est pas le cas de toutes les séries de l'époque.

5 février 2007

Cinéma Le Balzac - Paris 8ème

Le cinéma le Balzac est la dernière salle de cinéma indépendante de la Rive droite, le directeur se bat année après année pour continuer. L'année 2005 a été dure. Pour lui, c'est le nombre d'entrées à chaque séance qui lui permet de continuer. Il arrive à avoir le monopole de la programmation pour un film donné dans le quartier des Champs Elysées pour ne pas être en concurrence avec les multiplexes voisins. La programmation est de qualité. En complément, il organise des séances spéciales de films muets, des avant-premières, des mini-concerts avant la séance du samedi soir dans la grande salle. Il est en partenariat pour faire des "journées" cinéma à thème, en principe un dimanche de temps en temps de 10h du matin à minuit. Les 3 salles de différentes tailles sont confortables, surtout la grande. Il faut que des cinémas comme le Balzac continuent à vivre. Il a un site internet: www.cinemabalzac.com, et vous pouvez vous abonner à la newsletter.

4 février 2007

Snow Cake - Marc Evans

Dans les sorties de la semaine, un film m'a paru digne d'être vu: Snow Cake. J'aime beaucoup les acteurs qui jouent dedans (Sigourney Weaver et Alan Rickman), l'histoire m'intéressait (la perte d'un être cher et l'autisme). C'est pourquoi je suis allée le voir. J'ai été excessivement déçue. Je n'ai absolument pas été touchée, on reste en dehors. Les comédiens ne sont pas en cause, Sigourney Weaver est très crédible en autiste. On peut tout à fait se passer de voir ce film dont le titre prend sa signification dans la dernière scène du film.

3 février 2007

Films en VO et doublures françaises

Quand je vais au cinéma, je vais voir, en général, les films en VO car la voix des acteurs est une part importante d’un film. En revanche, à la télévision, j'ai l'habitude, depuis toute petite, de voir les films en version française. Par exemple, pour les films américains, les voix françaises qui doublent des acteurs comme John Wayne, Robert Mitchum et tant d’autres, sont bien caractéristiques. Quand, sur grand écran, j’ai écouté ces mêmes comédiens en VO, je me suis parfois dit : « ah je préfère la voix française » ou « je préfère la voix originale ». Dans un cas plus récent, j’ai entendu, par hasard, la voix française de John Malkovich dans les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears. J’ai eu un choc. La voix originale est très particulière et plutôt grave alors que la doublure française est une voix aiguë qui m’a beaucoup gênée. Pour les séries TV, c'est souvent la même voix française qui double des acteurs différents. Cela prête parfois à confusion.

2 février 2007

Helen Mirren

Je voudrais rendre hommage à une immense actrice, Hélène Mirren, que j'avais découverte dans Excalibur de John Boorman. Elle représente l'incarnation du talent. Elle a joué beaucoup au théâtre en Angleterre, en particulier Shakespeare à la Royal Shakespeare Company. Chaque fois que je la vois, à l'égal de Maggie Smith, je jubile. Cette année 2007 est Son année, elle vient de rafler de nombreux prix à Hollywood en attendant les Oscars pour son interprétation d'Elisabeth II dans The Queen de Stephen Frears et d'Elizabeth Ière dans un téléfilm produit par la HBO et récemment diffusé sur Canal+. Dans The Queen, elle est d'une sobriété remarquable, elle ne tombe jamais dans la caricature, elle EST la reine. C'est fascinant de la voir. Pour ceux qui ne la connaissent encore, je recommande vivement, en dehors d'Excalibur, le film de Peter Greenaway, Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant, celui de Robert Altman, Gosford Park, film choral à voir absolument, et les téléfilms Suspect n°1, s'ils sont rediffusés un jour sur le câble. De la part d'une fan de cette merveilleuse actrice.

1 février 2007

La vie des autres - Florian Henckel von Donnersmarck

Ce film qui est le premier du réalisateur confirme le renouveau du cinéma allemand. La Vie des autres (Das Leben der Anderen) débute en novembre 1984, en ex-Allemagne de l'Est à Postdam. A la demande d'un ministre du gouvernement, un fonctionnaire zélé de la Stasi est chargé de surveiller un couple, lui écrivain, elle actrice (le ministre en est amoureux). Ils sont considérés comme trop irréprochables envers le régime pour être honnêtes. Le fonctionnaire est le héros du film. D'espion à l'oeil bleu et froid, il s'humanise et devient dans l'ombre l'allié du couple sans que personne le sache. Grâce à lui, l'écrivain sera sauvé des griffes de la Stasi après avoir réussi à écrire un texte subversif (sur le taux de suicide en Allemagne de l'Est) qu'il arrivera à faire publier à l'Ouest. Le titre La Vie des autres se rapporte au fait que sous le régime communiste, beaucoup de gens dont les intellectuels pouvaient être sur écoute, être espionnés 24 heures sur 24, et le début du film montre les méthodes insidieuses et efficaces pour faire parler les gens qui en sortaient brisés. Certains écrivains n'ont plus écrit. Sur le film proprement dit, les acteurs sont sensationnels avec en tête Ulrich Mühe et l'atmosphère oppressante est très bien rendue avec le travail sur la couleur (pas de rouge mais de l'orange).

31 janvier 2007

Du comportement de certains spectateurs

Depuis la création des cartes d'abonnement de cinéma dans les grands circuits comme UGC et Gaumont-Pathé-MK2, j'assiste à un phénomène assez fréquent et pas très agréable, la sortie pas toujours discrète de certains spectateurs au bout d'un quart d'heure, d'une demi-heure ou même d'une heure, ayant décidé qu'ils en avaient assez vu. Comme quelqu'un me l'a dit, ils "zappent". En ce qui me concerne, je ne comprends pas cette attitude. J'ai une carte d'abonnement, je décide de voir un film, je le vois jusqu'au bout, même si je regarde ma montre tous les 1/4 d'heure, que le film ne me plaît pas, et qu'à la sortie, je suis furieuse parce que je me dis que j'aurais dû voir autre chose. C'est un principe auquel je tiens car parfois, par exemple, le dernier quart d'heure du film est très bien. Et rien que pour ce dernier quart d'heure, je suis contente d'être restée jusqu'au bout. Pour en revenir aux "zappeurs", je considère qu'ils consomment des films, mais je ne suis pas sûre qu'ils soient vraiment cinéphiles. Moi, quand je ne veux pas voir un film, je n'y vais pas même avec ma carte d'abonnement.

30 janvier 2007

Little Children - Todd Field

Sur les conseils de deux collègues, je suis allée voir Little Children. Je dois dire que j'ai un avis mitigé. Tout d'abord, le film aurait dû être interdit aux moins de 12 ans, sans se limiter à un simple avertissement, vu le sujet et certaines scènes. Il y a deux films en un, dans une petite ville américaine comme tant d'autres, nous assistons à la rencontre et la liaison entre une femme (Kate Winslet) qui s'ennuie profondément (incarnation de Mme Bovary), elle est mariée et mère au foyer d'une petite fille, et Brad (Patrick Wilson) qui n'arrête pas d'échouer à un examen, père au foyer d'un petit garçon, marié à une sorte de wonderwoman,  il traîne son spleen. En parallèle, un pédophile, Ronnie, après un séjour en prison, revient vivre dans cette même ville. Il vit avec sa mère qui cherche à le marier. Ceci étant dit, il émane du film un malaise réel qui vient d'un je ne sais quoi, et la fin est très moraliste, très américaine et c'est dommage. A voir mais avec des réserves.

29 janvier 2007

Théâtre filmé

Quand on ne peut pas aller au théâtre, pour cause d'éloignement géographique ou parce que le prix des places est onéreux, ou alors au contraire, quand on a adoré un spectacle et qu'on aimerait le revoir, une solution existe : le DVD ou la retransmission télévisuelle. Je sais que beaucoup de metteurs en scène n'aiment pas que leurs spectacles soient "captés" car ce n'est pas facile à faire à moins de mettre la caméra un peu éloignée de la scène et qu'elle reste immobile ; mais alors dans ce cas, le spectateur n'arrive pas, me semble-t-il, à être captivé ou même intéressé. En revanche, quand un réalisateur s'en donne la peine, il décide de filmer de manière subjective et même si le téléspectateur ne peut pas se rendre compte de toutes les nuances d'un spectacle, quelque chose reste quand même et c'est ce qui compte. Même s'il est vrai que pour beaucoup, le théâtre est un art éphémère. Une pièce se donne et quand la représentation est terminée, bienheureux sont les gens qui l'ont vue.

28 janvier 2007

Black Book - Paul Verhoeven

Selon l'un de mes journaux de cinéma qui n'est plus mon préféré, je viens d'apprendre que le dernier film de Paul Verhoeven, Black Book, a été un "bide" en France. Et bien quel dommage ! Les acteurs ne sont pas connus, certes, mais quel talent dans la narration et la réalisation. L'histoire est enlevée, haletante, l'héroïne (messieurs) est belle comme le jour. On sait que tout finit bien pour elle dès le début donc nous ne sommes pas inquiets pour elle, même dans les pires situations. L'histoire se passe pendant la deuxième guerre mondiale en Hollande. Le traître est vraiment traître, les Allemands ne sont pas tous "méchants" et les Hollandais ne sont pas tous "gentils" surtout quand ils sont responsables de la mort de dizaines de juifs pour récupérer leurs bijoux, or, argent... Malgré la gravité du sujet, le film est un excellent divertissement hautement recommandé, il méritera sa seconde carrière en DVD.

27 janvier 2007

Confidences trop intimes - Patrice Leconte

Une adaptation étant jouée dans un théâtre à Paris, je me permets de faire un commentaire sur le film tourné précédemment qui aurait mérité un plus grand succès critique qu'il n'en a eu. Confidences trop intimes est une très belle histoire avec un scénario bien construit. Les dialogues sont brillants, plutôt drôles. Les deux comédiens principaux, Sandrine Bonnaire et Fabrice Luchini sont remarquables, surtout lui qui est d'une grande sobriété, et les rôles secondaires sont très bien. Le décor est important, un long couloir avec des portes qui ont une grande importance dans l'histoire puisque Sandrine Bonnaire se trompe de porte et frappe chez Fabrice Luchini, conseiller fiscal, en croyant que c'est un psychanalyste chez qui elle a pris rendez-vous. Le piquant de l'histoire est que même quand la méprise est découverte, ils font comme si de rien n'était et des rapports amoureux naissent entre eux. Ils ne pourront plus se passer l'un de l'autre. Film très intelligent à voir si vous ne pouvez pas assister à la pièce de théâtre. Quant à la pièce, aussi mise en scène par Patrice Leconte, j'ai constaté, ayant acheté le texte, qu'il n'y a plus que quatre personnages, cela doit permettre d'aller à l'essentiel.

26 janvier 2007

Robert Hirsch - Le Gardien - Harold Pinter

Récemment, j'ai eu le plaisir de voir le retour sur scène de Robert Hirsch dans la pièce Le Gardien d'Harold Pinter dans une adaptation de Philippe Djian. Quel bonheur d'aller au théâtre où les acteurs sont en chair et en os et le plaisir est décuplé quand des acteurs comme Robert Hirsch sont sur scène, le moment est magique. Même les silences sont parlants. Ce monsieur, qui est aujourd'hui octogénaire, a une jeunesse, une souplesse qui donne la joie de vivre. Il donne tout au public qui le lui rend bien. Il fait partie de cette génération d'acteurs qui ont appris à dire les textes, à articuler. La diction est très importante, on entend la moindre syllabe jusqu'au poulailler. Tout cela pour dire, si vous êtes à Paris, courez voir la pièce pour apprécier ce qu'est le talent.

25 janvier 2007

Short cuts - Robert Altman

Ce soir, jeudi 25 janvier 2007, sur Arte, est diffusé le film Short Cuts de Robert Altman (décédé récemment) d'après des nouvelles de Raymond Carver. Je l'ai vu au moment de sa sortie en 1993 en salle. Les critiques ont été très élogieuses à l'époque et je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi. J'avoue avoir trouvé le film interminable (3h). J'avais lu à l'époque, avant de voir le film, des nouvelles de Raymond Carver parues en biblio poche, Les Vitamines du bonheur (12 nouvelles) et Parlez-moi d'amour (17 nouvelles). Les deux recueils se lisent très vite puisque les nouvelles ne dépassent pas 10 pages chacune et encore. Chaque nouvelle est concise et dépeint la vie d'Américains ordinaires. Je conseille à tout le monde de les lire plutôt que de voir le film.

24 janvier 2007

L'armée des ombres - Jean-Pierre Melville

Adapté d'un roman de Joseph Kessel (disponible en édition de poche), L'Armée des ombres sorti en 1969 en France vient de remporter un vif succès aux Etats-Unis où il n'avait jamais été distribué. Il vient même d'obtenir le prix du meilleur film étranger 2006 auprès des critiques New-Yorkais avec une mention de part des critiques de Los Angeles. Après avoir parcouru différents articles en anglais, cette carrière américaine est beaucoup due à la magnifique restauration de la couleur par Pierre Lhomme (chef opérateur du film). Les copies présentées ont retrouvé les nuances de vert et bleu qui permettent de rendre l'atmosphère oppressante qui régnait à l'époque. Le film, en 1969, a été un échec provoqué certainement par le fait que De Gaulle avait quitté le pouvoir et que le sujet n'était plus à l'ordre du jour. Après plusieurs visions grâce à la TV ou au DVD, l'Armée des ombres peut être considéré comme un chef-d'oeuvre représentatif d'une certaine qualité française. Il est à noter que ce film aurait pu représenter la France aux Oscars de cette année au même titre qu'Indigènes. On leur aura préféré Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson qui n'est pas sélectionné, et Indigènes va représenter l'Algérie. Peut-être faudrait-il changer les membres du comité de sélection.

23 janvier 2007

La métamorphose - Franz Kafka

Je ne sais pas si on lit encore de nos jours Franz Kafka (1883-1924). En tout cas, je conseille pour découvrir cet auteur de lire la nouvelle La Métamorphose, l'histoire de Grégoire Samsa, homme ordinaire qui, un matin, se réveille en se rendant compte que quelque chose ne va pas. Seul dans sa chambre, il constate qu'il n'a plus un aspect humain mais qu'il s'est transformé en un gros insecte, genre cafard. Il a une carapace. Ne pouvant plus sortir de cette chambre, il mourra comme un insecte desséché rejeté par toute sa famille qui ne cherche pas à le soulager de ses maux. On peut considérer que c'est une parabole sur la condition humaine dès que l'on n'est pas dans la norme, que l'on n'est pas comme les autres, tant physiquement qu'intellectuellement. Cette Métamorphose est une bonne initiation à l'univers fantastique absurde de Kafka et certainement le livre le plus accessible. Ses autres oeuvres célèbres comme le Château, l'Amérique et le Procès sont inachevées et ont été publiées après la mort de Kafka.

22 janvier 2007

The Touch of Evil - Orson Welles - Voir les films en DVD

Récemment, j'ai commencé de voir des films en DVD que j'ai achetés depuis un certain temps déjà. Il est certain que l'ambiance n'est pas la même que dans une salle de cinéma, mais en ayant le matériel adéquat pour le visionnage (écran LCD et ampli), j'éprouve tout de même une grande joie et quand on les regarde au moins à deux, le plaisir s'accroît. Et j'ai remarqué qu'on ne perçoit pas toujours la même chose entre un film en salle et un DVD dans son salon. Pas plus tard qu'hier soir, j'ai vu The Touch of Evil (La soif du mal) d'Orson Welles. Dans la version que je possède, en forme d'avant-propos, nous sommes prévenus que la version du DVD est celle qui est la plus fidèle à celle que voulait Orson Welles. Quand j'écris "vu", cela veut dire que j'avais vu le film, il y a très longtemps, et des scènes m'ont semblé avoir été ajoutées dans le DVD, en particulier, les scènes avec Marlène Dietrich, brune, très gitane. Le film est une très bonne redécouverte avec sa lumière en noir et blanc, son ambiance moite et la musique d'Henri Mancini. Le support DVD est utile pour faire connaître à un public plus jeune et pourquoi pas plus large, ce genre de film.

21 janvier 2007

Trilogie Millenium - Stieg Larsson

Les deux premiers tomes sont parus et j'attends avec une grande impatience le 3ème qui doit sortir à la fin de l'année. L'auteur, Stieg Larsson, a remis cette trilogie à son éditeur en 2004 et est décédé peu après d'une crise cardiaque. Cette trilogie parue aux Editions Actes Sud est à lire toutes affaires cessantes. Les intrigues des deux premiers tomes sont passionnantes de bout en bout. L'auteur suédois situe ses intrigues en Suède. Les principaux protagonistes sont un journaliste et une jeune femme qui semble être désaxée mais qui dans les deux premiers tomes se révèle être pleine de ressources et une "hacker" hors pair, ce qui lui permet de se sortir de situations inextricables. Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, T1, et La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, T2 (les titres sont singuliers surtout le deuxième) vous laissent un sentiment de frustration car on n'attend qu'une chose, le 3ème tome, qui doit paraître sous le titre La reine dans le palais des courants d'air. (chroniqué le 15/11/2007)

20 janvier 2007

Les Thibault - Roger Martin du Gard

Certaines personnes doivent avoir peur de la longueur du roman Les Thibault de RMdG, et bien ils ont tort. Quand on commence à le lire, on ne lâche plus. L'histoire se déroule de l'été 1914 et se conclut à la fin de 1918. Ce livre, pendant les deux tiers, est d'abord un excellent témoignage sur les prémices de la Grande Guerre, nous avons l'impression d'être les acteurs des événements qui se déroulent, RMdG a un grand talent de raconter une petite histoire dans la grande et quelle écriture! Les personnages du père, et des deux fils Antoine et Jacques aussi antinomiques que peuvent l'être deux frères sont attachants, nous nous sentons proches d'eux. Livre magnifique des années 20-30 que l'on relit très volontiers (ce qui a été mon cas).

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