03 avril 2008
Richard Widmark avait 93 ans
J'aimais bien Richard Widmark, né le 26 décembre 1914 et qui vient de décéder le 24 mars dernier à 93 ans. C'était pratiquement le dernier grand acteur de l'âge d'or d'Hollywood. Il a commencé tard sa carrière d'acteur au cinéma après avoir fait de la radio et du théâtre. Il avait 33 ans quand il a débuté devant la caméra dans Kiss of death d'Henry Hathaway (1947). Il y jouait avec beaucoup de conviction le rôle d'un tueur qui lui a valu l'Oscar du meilleur second rôle masculin. Je le connaissais surtout dans des films noirs, Panique dans la rue (Panic in the streets) d'Elia Kazan (1950), Les forbans de la Nuit (Night and the City)(1950) de Jules Dassin (qui vient aussi de disparaître ces jours-ci) et Le port de la Drogue (Pickup on South Street) de Samuel Fuller (1953), des drames psychologiques comme La Toile d'araignée (The cobweb) de Vincente Minnelli (1955), avant de l'avoir vu comme acteur de westerns (cité dans mon billet du 25/11/07). Plus récemment, suite au succès de Madigan, long métrage de Don Siegel en 1968, une série télé éponyme de 6 épisodes, dans lequel Widmark jouait un détective, a été tournée en 1972-73. J'avais vu cette série en son temps, c'était très bien. Il est dommage que les chaînes de télévision n'aient pas rendu un hommage digne de ce nom à cet acteur qui ne fut jamais une star mais un bon acteur, tout simplement.
27 janvier 2008
Louis de Funès - Génie comique ?
Je viens de revoir récemment trois films joués par Louis de Funès qui est mort il y a juste 25 ans aujourd'hui, le 27 janvier 1983. Cet acteur a bercé ma jeunesse. Jo de Jean Girault (1971) est le premier film (pour grandes personnes) que j'ai vu au cinéma avec une vieille dame qui me gardait, j'avais 9 ans. Je me rappelle que j'étais tellement enthousiaste que j'avais raconté l'histoire à ma maman et j'étais retournée le voir avec elle. Je dois dire que ma mère n'aimait pas Louis de Funès, elle ne supportait pas ses grimaces (elle n'a pas aimé Jo). Ceci étant dit, j'aimais beaucoup cet acteur clownesque jouant souvent des rôles de colérique et qui trouvait toujours des souffre-douleur pour exercer sa tyrannie (par exemple Bourvil dans la Grande vadrouille). Les trois derniers films que je viens de revoir en DVD et que je voudrais évoquer sont :
Le grand restaurant de Jacques Besnard (1971) dans lequel L. de Funès joue M. Septime, patron d'un grand restaurant tyrannisant ses employés et qui se retrouve au coeur d'un kidnapping d'un homme d'Etat. Le scénario est un peu n'importe quoi. Ce n'est pas son meilleur film, mais je suis indulgente. Rien que la scène de répétition d'entrée et sortie des plats vaut la peine.
La folie des grandeurs de Gérard Oury (1971) : libre adaptation de Ruy Blas de Victor Hugo avec le duo De funès / Montand et la grande Alice Sapritch. Un régal. Les répliques "Il est l'or, Monseignor", "Il en manque une" sont devenues des classiques.
Enfin, je n'ai pas besoin de présenter en détail Les aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury (1975), classique du comique français, comédie géniale où chaque scène est hilarante : le bain dans le chewing-gum vert, la lecture de la Torah, la danse de Rabbi, etc.
Et si je devais en citer encore? A part les 4 dont j'ai parlé ci-dessus, je ferais une mention spéciale à La Grande vadrouille (1966) et Le corniaud (1965), deux films réalisés aussi par Gérard Oury, qui ont permis à Louis de Funès et Bourvil de former un duo inoubliable.
20 décembre 2007
Le désossé est décédé - Au revoir Philippe Clay
La presse semble en avoir assez peu parlé, et en tout cas je n'avais pas entendu la nouvelle à la radio. Philippe Clay, qui a joué Valentin le désossé dans French Cancan de Jean Renoir (1954) avec notamment Jean Gabin et Françoise Arnoul, est décédé le jeudi 13 décembre 2007 à 80 ans. Coïncidence, je l'avais cité récemment dans mon billet du 30/11/07 sur L'Adorable voisine où il avait un petit rôle de danseur et chanteur de cabaret. Mais je me souviens surtout de lui à cause d'une chanson, "Mes Universités", qui avait fait du bruit à l'époque. C'était assez virulent contre Mai 68. Et je l'avais vu sur scène, il y a 4 ans, au théâtre La Bruyère à Paris, dans Les Visites à Mr Green qui lui avait valu une nomination amplement méritée aux Molières.
Je n'ai pas l'impression que beaucoup de blogueurs aient réagi, je citerais cependant Coinducinéphage qui est toujours exact à rendre hommage aux acteurs lors de leurs disparitions.
23 octobre 2007
Tant qu'il y aura Deborah Kerr (1921-2007)
Deborah Kerr vient de décéder, le 16 octobre 2007. Née Ecossaise, cette très belle rousse n'est jamais devenue une star mais sa filmographie impressionnante comporte des pépites comme deux films d'Emeric Pressburger et Michael Powell, The Life and Death of Colonel Blimp (Colonel Blimp) (1943) et Black Narcissus (Le narcisse noir) (1947). Dans d'autres films que j'ai vus, elle a joué des rôles très différents, dont celui d'une femme d'officier dans From here to Eternity (Tant qu'il y aura des hommes) de Fred Zinneman (1953), resté célèbre grâce à la scène du baiser échangé avec Burt Lancaster sur une plage à la veille de Pearl Harbour. Elle fut "une vieille fille" dans La nuit de l'Iguane de John Huston (1964) entourée de Richard Burton et Ava Gardner. Un autre film dont je me rappelle est l'adaptation de The Turn of the screw (Le tour d'écrou) d'Henry James porté à l'écran sous le titre Les innocents, réalisé par Jack Clayton (1961), dans lequel elle est remarquable en gouvernante de deux enfants en proie à des démons. Elle jouera deux fois des rôles de religieuses dans Black Narcissus (1947) et Heaven knows, Mr Allison (Dieu seul le sait) de John Huston (1957). Dans ce dernier film, elle a comme partenaire Robert Mitchum qu'elle retrouvera dans The Sundowners (1960) de Fred Zinneman et The Grass is greener (Ailleurs l'herbe est plus verte) de Stanley Donen (1960). On se rappellera aussi d'elle dans An Affair to remember (Elle et Lui) de Leo Mc Carey (1957), Tea and Sympathy (Thé et sympathie) de Vincente Minelli (1956), The King and I (Le roi et moi) de Walter Lang (1956). Je ne citerai pas toute sa filmographie, d'autres blogueurs l'ont fait avant moi (notamment eeguab, Gaël, Coinducinéphage...). Son dernier film sur grand écran sera L'arrangement d'Elia Kazan (1969). Une grand dame disparaît.
22 septembre 2007
Robert Mitchum
Ah! Robert Mitchum (1917-1997), je fais partie des fans. Déjà 10 ans qu'il nous a quittés, un jour avant James Stewart (autre grand acteur). Je ne l'ai jamais vu mauvais et il a souvent joué dans des films qui sont devenus des classiques. Il était aussi crédible en amoureux victime dans Un si doux visage (Angel Face) (1952), en veuf dans Rivière sans retour (River of no return) (1954), deux films d'Otto Preminger, qu'en psychopathe. Impossible d'oublier le pasteur de La nuit du Chasseur (Night of the hunter) (1955) de Charles Laughton. Ses mains tatouées avec "Love" et "Hate" font partie des plans inoubliables du septième art. On le retrouve en faux pasteur dans un western méconnu, Five card Stud (Cinq cartes à abattre) (1968) d'Henry Hathaway. Jusqu'à la fin des années 70, il a interprété des rôles intéressants dans Adieu ma jolie et le Dernier Nabab (The last tycoon), dernier film d'Elia Kazan (1976). Je vous conseille de visionner Yakuza (1974) de Sydney Pollack, le DVD existe en DVD zone 1 avec sous-titres français. Sinon j'ai un gros faible pour deux de ses films, Celui par qui le scandale arrive (Home from the Hill ) (1960) de Vincente Minnelli et Dieu seul le sait, Mr Allison (Heaven knows, Mr Allison) de John Huston (1957) avec Deborah Kerr. Toute cette énumération de films démontre la richesse de sa filmographie. Il a déclaré que si Rintintin (le chien) pouvait jouer devant une caméra, il n'y avait pas de raison que lui-même n'y parvienne pas. Il a été chanteur de calypso, j'en ai la preuve par le disque, et il a écrit des contes pour enfants qui, à ma connaissance, n'ont jamais été publiés. C'était un des géants du cinéma américain, lui qui avait du sang norvégien et irlandais dans les veines.
20 août 2007
Hommage à Michel Serrault
Avec la disparition de Michel Serrault le 29 juillet, après celle de Philippe Noiret, Jean-Pierre Cassel et plus récemment Jean-Claude Brialy, le bilan est lourd pour le cinéma français en l'espace de neuf mois. Né dans une famille chrétienne, Michel Serrault voulait rentrer dans les ordres après avoir été au séminaire. Sur les conseils d'un prêtre, il est devenu acteur. Mais sa foi chrétienne lui a été, à mon avis, d'une grande aide quand sa fille ainée Caroline est morte dans un accident de voiture il y a 30 ans. Je me rappelle de cette annonce à l'époque dans un journal à gros tirage. Pour moi, Michel Serrault, je l'ai beaucoup apprécié dans des rôles inquiétants comme Les fantômes du chapeliers (1982) de Claude Chabrol ou alors dans les films de Jean-Pierre Mocky comme le Miraculé (1986). Le Viager de Pierre Tchernia (1972) que j'ai vu à l'âge de 10 ans reste une référence dans la comédie française. Garde à Vue de Claude Miller (1981) est un chef-d'oeuvre : un huis-clos de 1h25 écrit par Michel Audiard et joué par Michel Serrault, Lino Ventura et Guy Marchand et avec une apparition de Romy Schneider. Dans Nelly et Mr Arnaud de Claude Sautet (1995), en vieil écrivain face à Emmanuelle Béart, il est magnifique. Il a tourné des "nanars" et des grands films avec beaucoup de talent. Il pouvait devenir délirant comme dans la Cage aux folles au théâtre puis au cinéma dans le rôle de Zaza. Il a accepté de jouer dans des "petits" films comme Artémisia d'Agnès Merlet (1997). Il faisait parfois des apparitions seulement comme dans Buffet froid de Bertrand Blier (1979). Il tournait dans les films de ses "potes" comme Jean-Pierre Mocky et Jean Yanne. Il été honoré de 3 Césars de meilleur acteur (La Cage aux Folles, Garde à vue et Nelly et Mr Arnaud). Au revoir, Monsieur Serrault.
25 juillet 2007
Ulrich Mühe - Disparition d'un acteur de talent
Je viens d'apprendre le décès d'Ulrich Mühe, à 54 ans, des suites d'une longue maladie. Cela m'attriste car il venait de connaître la célébrité dans le rôle de l'agent de la Stasi dans le film étranger oscarisé cette année : La vie des Autres (voir mon billet du 1er février 2007). Né en ex-Allemagne de l'Est, il avait été lui-même, d'après ce que j'ai lu, victime des agissements de la Stasi. J'ai découvert cet acteur la première fois dans Amen (2002) de Costa-Gavras où il jouait un médecin nazi dans le genre Mengele. Il faisait froid dans le dos par sa façon complètement détachée d'envoyer des handicapés à la chambre à gaz. Je n'ai pas vu le film de Michael Hanecke, Funny Games (1997), dans lequel il jouait le père. Sinon, en ce moment sur Arte, on peut le voir dans une série allemande, le Dernier témoin, où il joue un médecin légiste. C'est un nouveau visage du cinéma mondial plein de talent qui disparaît.
09 juin 2007
Robert de Niro
Robert De Niro né en 1943, je l'ai découvert il y a plus de 30 ans déjà. Immense acteur, interprète du Dernier Nabab (1976), ultime film d'Elia Kazan, Taxi Driver (1976), New York-New York (1977), Raging Bull (1981), La Valse des pantins (1983) (trop méconnu), Les Affranchis (1990), Casino (1995), tous réalisés par son ami "Marty" Scorsese, Voyage au bout de l'Enfer (1977) de Michael Cimino, Il était une fois en Amérique (1983), dernier film de Sergio Leone, Heat (1995) de Michael Mann. La liste est encore longue de ces films qualifiés par beaucoup de critiques et de spectateurs de chefs-d'oeuvres. Il n'a pas hésité non plus à ne faire seulement que des apparitions comme dans Brazil (1993) de son ami Terry Gilliam où sa prestation est savoureuse. Robert De Niro, fils d'un Italien (peintre) et d'une Irlandaise, est un acteur qui m'a fait aimer le cinéma. Depuis quelques années, le choix de ses rôles a été quand même moins heureux et c'est dommage. En revanche, il s'est mis à la mise en scène avec un certain talent pour A Bronx tale (1993) et The Good Shepherd (2006), celui-ci inédit en France. Il est aussi l'heureux créateur du Festival de Tribeca dont il a eu l'idée à la suite des événements tragiques du 11 septembre 2001 endeuillant la ville de New-York. C'est maintenant un festival qui compte et où le grand public peut accéder aux séances.
07 juin 2007
Al Pacino
Al Pacino, heureusement pour lui, n'a pas tourné que 88 minutes, son dernier film sorti en France. Il a été révélé, entre autre, grâce à Panique à Needle Park (1971) et L'épouvantail (Scarecrow) (1973, Palme d'Or à Cannes), tous les deux réalisés par Jerry Schatzberg , puis par Un Après-midi de chien (Dog Day Afternoon) de Sidney Lumet (1975), la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola et Scarface (1983) de Brian de Palma dans lequel son interprétation paroxystique de Tony Montana a marqué toute une génération de spectateurs, ou Cruising de William Friedkin (il y joue un flic qui se fait passer pour un homosexuel). Il a fait aussi des films plus intimistes comme Bobby Deerfield de Sydney Pollack (1977) avec Marthe Keller (à découvrir ou redécouvrir), et un de mes films "chouchou", Frankie et Johnny (1991) de Gary Marshall avec Michelle Pfeiffer dans une histoire qui vous fait croire au Prince Charmant. Al Pacino est un acteur de talent, amoureux de Shakespeare, qui fait aussi beaucoup de théâtre aux Etats-Unis. D'ailleurs, il a réalisé Looking For Richard (1996) entouré d'amis comédiens dont Winona Ryder et Kevin Spacey, et il a interprété, en 2004, Shylock dans Le Marchand de Venise (2004) de Michael Radford. Dans mes recherches web, j'ai appris une bonne nouvelle : il va rejouer après Heat (1995) de Michael Mann avec Robert de Niro dans Righteous Kill (2008) de Jon Avnet. Je me réjouis d'avance devant cette nouvelle rencontre entre ces deux monstres sacrés du cinéma.
01 juin 2007
Jean-Claude Brialy
Jean-Claude Brialy (1933-2007) vient de nous quitter le 30 mai, pratiquement 25 ans, à deux jours près, après la disparition de Romy Schneider dont il avait été le confident et l'ami. A part dans les films le Beau Serge (1958) de Claude Chabrol et Le genou de Claire (1970) d'Eric Rohmer, il n'a jamais été un acteur de premier plan mais plutôt un excellent second rôle, s'autoparodiant lui-même parfois. Il a réalisé son premier film, Eglantine avec Valentine Tessier, en 1971. J'avais 9 ans mais je me rappelle très bien l'avoir vu et aimé à l'époque. C'était très nostalgique et semble-t-il assez autobiographique. Etant aussi acteur de théâtre, il était propriétaire du théâtre des Bouffes Parisiens à Paris. Il a écrit deux livres de souvenirs. C'est une figure du cinéma français qui s'éteint.
