vendredi 23 mai 2014

L'insoutenable légèreté des scones - Alexander McCall Smith / La madone de Notre-Dame - Alexis Ragougneau

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Voici deux romans que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je vous conseille.

D'abord, L'insoutenable légèreté des scones d'Alexander McCall Smith (Editions 10/18, 420 pages), le 5ème volume de la série "44 Scotland Street" (lire ma chronique précédente). Qu'est-ce que je l'ai attendu avec impatience, sachant qu'en 2010 (au moins), il était déjà paru en anglais! Je ne comprends pas pourquoi l'éditeur 10/18 n'a pas jugé bon de faire paraître cette Insoutenable... plus tôt. En plus, il y a encore quatre autres volumes à venir/traduire. Il faudrait que je remette à l'anglais. Bref. Pour en revenir au livre, comme pour les volumes précédents, l'écrivain passe d'un personnages à l'autre dans de courts chapitres. Nous les retrouvons là où nous les avions laissés. Bruce, après une déconvenue sentimentale que je vous laisse découvrir, va devenir nettement moins imbu de sa personne et même devenir sympathique. Matthew et Harmony, jeunes mariés, partent en voyage de noces aux antipodes, en Australie. Là, ils vont vivre une mésaventure. Cyril, le chien d'Angus, va devenir papa de quelques chiots. Domenica, la voisine d'Angus, envisagerait (pourquoi pas?) de se marier avec Angus. Quant à Bertie, qui est le seul personnage à avoir toujours le même âge (6 ans) depuis le premier volume, il va devenir scout, au grand dam de sa maman Irène. Sinon, le titre du roman me paraît énigmatique, car, sauf oubli de ma part, il n'est pas du tout question de scones dans les différentes histoires. Pour ceux qui n'ont jamais abordé cette série, je vous conseille quand même de les lire dans l'ordre en commençant par le premier.

Je continue avec La madone de Notre-Dame, le premier roman d'Alexis Ragougneau (Viviane Hamy, 200 pages), que j'ai estimé très réussi. L'intrigue tient la route et c'est bien écrit. Le roman se déroule sur une semaine. Un meurtre est commis dans la cathédrale de Notre-Dame à Paris au moment du week-end de l'Assomption. Il concerne Luna Hamache, une jeune "beurette" court vêtue que l'on retrouve étranglée. Une partie de son anatomie a été bouchée à la cire de cierge. Claire Kauffmann, une jeune procureur aidée par Landard, un policier borné, boucle rapidement l'enquête. Un coupable idéal est appréhendé, un jeune homme amoureux de la Vierge Marie. Mais ce n'est pas lui le meurtrier. A partir de là, un prêtre, le père Kern qui souffre d'une maladie mystérieuse depuis l'enfance (il a des poussées de fièvre et il ne mesure qu'1m48) et auquel on s'attache vite, reprend les investigations qui vont le mener à démasquer le vrai coupable. Ce roman a vraiment de grandes qualités. Tout au plus me semblerait-il que certains personnages ne sont peut-être pas assez fouillés et sont parfois laissés de côté un peu abruptement (comme par exemple la procureur et le policier Landard). J'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là.

Lire les billets de Claude Le Nocher, La petite souris, Valérie, ainsi que celui de Eeguab (suite à son commentaire ci-dessous).

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samedi 17 mai 2014

Cyber menace - Tom Clancy / L'appel du coucou - Robert Galbraith (pseudonyme de J.K Rowling)

Voici deux "pavés" relativement vite lus.

Cyber menace (Editions Albin Michel, 720 pages) est le premier roman de Tom Clancy que je lis. Tom Clancy (disparu en octobre 2013) l'a co-écrit avec Mark Greaney. J'ai été attirée par le titre, la menace cybernétique, le cyber espionnage, le cyber sabotage. Les "méchants" de l'histoire sont une poignée de Chinois qui travaillent en sous-main pour le gouvernement chinois, qui veut étendre son influence au large de la mer de Chine. Ce roman décrit l'affrontement entre deux grandes puissances, d'un côté les Américains et de l'autre les Chinois, par cyber attaques interposées. Au milieu, nous trouvons Jack Ryan, le président des Etats-Unis et son fiston, Jack Ryan junior, qui travaille dans une agence de renseignements très secrète. Le roman assez haletant comportent de nombreuses scènes d'action où les victimes ont surtout à voir avec l'informatique. Vous pouvez deviner la fin de l'histoire: le monde libre est sauvé grâce aux Américains (pour l'instant). Roman idéal pour l'été. 

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Maintenant, je passe à L'appel du coucou (Editions Grasset, 570 pages) de Robert Galbraith (pseudonyme de J.K Rowling), qui se lit très agréablement. Un certain John Bristow demande à Cormoran Strike, un détective privé unijambiste (il a perdu une jambe au combat en Afghanistan), de rouvrir une enquête. En effet, Bristow, qui a connu Strike pendant l'enfance, n'est pas convaincu par la thèse de la police qui a établi que sa soeur, Lula Landry, s'est suicidée trois mois auparavant en se jetant du balcon de son appartement en plein Londres. Lula Landry, une jeune femme noire, était un mannequin célèbre, riche à millions et vraiment très jolie. Spike accepte d'autant plus la demande qu'il est dans une passe financière difficile. Et sa fiancée vient de le quitter. Il vit et dort dans son bureau. Cette manne financière inespérée lui permet d'engager une secrétaire intérimaire, Robin Ellacott. A eux deux, ils vont dénouer les fils d'une intrigue retorse dans laquelle nous est révélée l'histoire d'une famille où se mêle la folie, l'appât du gain et la jalousie. Beaucoup de personnages sont des suspects potentiels, car Cormoran et Robin découvrent que Lula (surnommée "le coucou" par un des ses proches) a en effet bien été assassinée. L'intrigue est menée tambour battant, même si je trouve que le roman aurait été meilleur avec 60 pages de moins. Après Une place à prendre, J. K. Rowling confirme qu'elle a tourné la page "Harry Potter". Il semble qu'une suite avec Robin et Cormoran est prévue. 

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Lire les billets de sylire, dominique et Le Papou.

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dimanche 11 mai 2014

Quatre romans lus et non commentés depuis courant mars 2014 (suite)

Voici quatre romans que j'ai lus depuis ces trois derniers mois (dans la continuité de mon article du 14 avril 2014).

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Je commencerai par La bête de Kenneth Cook (Editions autrement). J'ai trouvé qu'il s'agissait d'une oeuvre un peu "fond de tiroir" parmi ce que j'ai lu du romancier disparu en 1987. Selon moi, la forme "nouvelle" aurait mieux convenu que celle du roman. Un père et son fils, dans le bush australien, essayent de chasser un énorme sanglier qui dévaste tout sur son passage. L'animal semble narguer les humains en général et ces deux hommes en particulier. Cette "bête" ne se laisse pas prendre et montre une sorte d'intelligence. Jusqu'au bout, on se demande qui va l'emporter. Je vous laisse le découvrir. De l'écrivain, préférez ses nouvelles ou d'autres romans.

 

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Ne deviens jamais vieux! de Daniel Friedman (Editions sonatine, 330 pages) avait eu de bonnes critiques dans la presse. Pour ma part, je suis restée sur ma faim en compagnie de Buck Schatz, un octogénaire (87 ans) ancien flic qui va de temps en temps prier à la synagogue. Il reprend du service flanqué de son petit-fils Tequila. Ils partent à la poursuite de lingots d'or cachés dans un coffre de banque. Ces lingots sont la possession d'un criminel nazi grabataire pensionnaire d'une maison de retraite. Buck et Tequila ne sont pas tout seuls à la poursuite du magot et les cadavres s'accumulent. Pour ce qui me concerne, ce livre ne m'a pas convaincue du tout. S'il y a de l'humour, cela m'a échappé. Et Buck ne m'a pas du tout attendrie.

 

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Le diable sur les épaules (Editions Pocket, 544 pages) de Christian Carayon se passe dans les années 20 dans la région du Tarn. Un jeune criminologue, Martial de la Boissière, est appelé en renfort par Camille, l'institutrice du villlage et amie d'enfance de Martial. Un, puis deux, puis trois crimes atroces sont commis à La Vitarelle. Les morts ont des liens. Les crimes ne sont pas commis au hasard. On découvre, en même temps que Martial, une sombre histoire familiale et un crime impuni qui remonte au tout début de la première guerre mondiale. Ce roman est aussi l'histoire de deux frères orphelins qui ont été recueillis par des fermiers mal dégrossis. Christian Carayon, pour son premier roman, fait preuve de talent en manageant le suspens. Le petit reproche que je ferais, c'est que j'ai trouvé le roman un petit peu long (surtout vers la fin). Mais très recommandable.

 

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Je termine avec Des noeuds d'acier (Editions Denoël, 260 pages) de Sandrine Collette. Après avoir lu moult billets élogieux, je me suis décidé à découvrir ce premier roman maîtrisé et haletant. Je l'ai dévoré en une soirée et le début de matinée du lendemain. Dès que l'on commence, on ne peut pas s'arrêter et on sort groggy (car on se dit que cela pourraît être un fait divers réel). Théo vient de purger une peine de 19 mois de prison pour avoir tabassé et réduit à l'état de légume son frère (ce dernier avait couché avec la femme de Théo). Etant parti se ressourcer dans un coin isolé en France, Théo va connaître l'enfer sur terre. En effet, capturé, enchaîné et réduit à l'état d'animal par deux frères septuagénaires (Basile et Joshua), Théo vit un cauchemar épouvantable. Jusqu'au bout, on attend que surgisse un deus ex machina car on a du mal à imaginer qu'il n'y ait personne pour lui porter secours. Sandrine Collette (dont un deuxième roman est paru) sait captiver son lectorat. Vraiment bien, je conseille. Lire les billets d'Aifelle, Sandrine, Valérie, Mon petit chapitre et Véronique

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mardi 29 avril 2014

Les sentiers du désastre / Comment voler une banque - Donald Westlake

Voici deux romans policiers très amusants du grand Donald Westlake (1933-2008). Ils ne comportent aucune violence manifeste, et tout ne se termine pas forcément très bien pour les malfrats qui sont les héros récurrents de ces deux histoires et de quelques autres. En effet, j'ai fait la connaissance de John Dortmunder et de ses deux acolytes: Andy Kelp et Stan Murch, des gangsters non violents, cambrioleurs et escrocs "à la petite semaine", embarqués dans des "coups" fumants et fumeux qui partent en vrille. Les histoires très divertissantes se passent toujours à New-York ou dans sa région sur la côte Est des Etats-Unis.

 

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Dans Les sentiers du désastre (Rivages/noir, 380 pages), sur une idée de Chester Fallon, un copain d'Andy, Dortmunder et sa bande se font engager comme majordome, secrétaire, garde du corps et chauffeur auprès de Monroe Hall, un milliardaire malhonnête. Ce dernier possède une magnifique collections de voitures que guignent les quatre compères. Bien évidemment, rien ne se passe comme prévu et quand les voitures partent dans un musée, Dortmunder et les autres, bien que contrariés, ne perdent  pas leur sang-froid. Ils feront mieux la prochaine fois... C'est distrayant au possible.

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Je continue avec Comment voler une banque, toujours de Donald Westlake (Rivages/noir, 280 pages), où Victor (ancien agent du FBI et neveu d'Andy) émet l'idée originale de voler une banque. En l'occurrence, il s'agit d'une banque provisoire installée dans un mobile home pendant que la banque "en dur" est reconstruite. Dortmunder, Andy et Stan vont en effet voler la banque avec l'aide de Victor et d'un complice. May, l'amie de Dortmunder sera aussi de la partie. J'ai trouvé l'histoire hilarante et la fin d'anthologie: la banque coule au fond de la mer. M. Westlake avait vraiment beaucoup de talent.

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Avec mon ami, nous avons visionné tout récemment le film Les quatre malfrats réalisé par Peter Yates, qui date de 1972, avec Robert Redford dans le rôle de Dortmunder. C'est une adaptation de Pierre qui roule (The Hot Rock) parue aussi chez Rivages/Noir: Dortmunder & Co sont engagés pour voler un diamant dans un musée pour le compte d'un dignitaire africain. Que de péripéties avant que Dortmunder puisse récupérer le diamant qui, après avoir été volé, transite par une prison, un commissariat et enfin une banque. Tout à fait réjouissant aussi. Je recommande ce DVD.

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lundi 14 avril 2014

Quatre romans lus et non commentés depuis courant mars 2014

Ayant été assez occupée ces temps-ci, j'ai été assez flemmarde sur la rédaction d'un billet "livres". J'ai attendu, attendu, et pourtant j'ai pas mal lu depuis la mi-mars 2014.

 Je commencerai par Les chiens de Belfast (Editions du Seuil, 264 pages) de Sam Millar. Après Poussière tu seras, Sam Millar nous raconte une histoire très noire. Cela se passe à Belfast. Il y a peu de mention de lieux de cette ville, l'histoire pourrait se passer ailleurs. Suzy, une jeune femme, prend pour cibles quelques hommes. Elle leur fait subir des morts raffinées. Elle exerce une vengeance dont on connaîtra les motifs (qui remontent loin dans le temps) à la toute fin du roman. Face à elle, Karl Kane, un détective privé qui souffre d'hémorroïdes, entre en scène. Il devra aussi lutter contre certains flics "pourris". Ce roman est le premier d'une trilogie où l'on retrouvera Karl Kane. Je ne sais pas si je lirai les deux autres. Lire les billets de Cathe et de Claude Le Nocher

 

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Avec La confrérie des chasseurs de livres (Actes sud, 315 pages) de Raphaël Jérusalmy (lire le billet de Dominique qui m'avait donné envie de découvrir ce roman), l'écrivain nous invente une suite à la vie de François Villon, disparu (et donc présumé mort) le 5 janvier 1463 à l'âge de 31 ans. Louis XI cherche à affaiblir le pouvoir du Vatican et à renforcer le sien en faisant développer l'imprimerie en France. Cela permettrait la diffusion de textes et d'idées progressistes. Villon et son acolyte Colin sont chargés de convaincre un imprimeur allemand de s'installer en France. Puis Villon va traverser les mers jusqu'à Jérusalem et Saint Jean d'Acre afin d'acquérir des textes rares; il est fin lettré sous ses airs de voyou et il va se trouver confronté à une mystérieuse confrérie de chasseurs de livres qui essayent de cacher certains textes. Le rythme du roman est trépidant, on s'y perd un peu mais la lecture est agréable.

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Un notaire peu ordinaire d'Yves Ravey (Les éditions de Minuit, 100 pages) est un court roman glaçant dont la fin m'a surprise. Je ne m'attendais pas au retournement de situation final. Le narrateur qui est un témoin neutre de l'histoire (il ne prend pas part à l'action) nous raconte de manière détachée l'histoire de Freddy, le cousin de sa mère, sorti depuis peu de prison. Freddy avait été accusé de viol sur mineure. Madame Rebernak, la mère du narrateur, ne veut pas que Freddy s'installe trop près de chez elle. Elle craint pour sa fille Clémence. Elle se confie au notaire de la famille, Maître Montussaint, qui offre de l'aider à éloigner Freddy. J'ai beaucoup aimé le style minimaliste mais très évocateur du roman. Lire les billets de Keisha et de Sandrine.

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Je termine avec un roman léger et fondant, Le théorème du homard de Graeme Simsion (Editions NiL., 380 pages sympathiques). En Australie, à Melbourne, Don Tillman, qui vient d'avoir quarante ans et reste toujours célibataire, est un excellent professeur de génétique mais complètement "à côté de la plaque" pour la vie en société. C'est pourquoi il décide de mener à bien son "Projet Epouse" en établissant un questionnaire détaillé qui doit éliminer beaucoup de candidates potentielles. Don Tillman est un maniaque de l'exactitude, il ne fume pas, il mange du homard tous les mardis, etc. Sa vie réglée va se retrouver chamboulée quand il rencontre Rosie, une jeune étudiante, barmaid dans un bar gay la nuit. Rosie veut découvrir qui est son père et Don grâce à l'ADN et la génétique va l'aider dans son "Opération Père". C'est un roman charmant qui fait du bien. Je conseille, tout comme Leiloona et Syl.

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 Et très prochainement, la suite de mes lectures... [cf. billet du 11/05/2014]

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dimanche 30 mars 2014

La fin du monde a du retard - J.M. Erre

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Grâce à Clara, j"ai eu le plaisir de constater que le J.M. Erre nouveau était paru. Lu en un week-end, courant février 2014, La fin du monde a du retard (Editions Buchet-Chastel, 400 pages) est plutôt amusant. On retrouve la verve stylisque de l'écrivain qui fait tout le sel de cette lecture. Je suis peut-être un tout petit moins enthousiaste sur l'histoire elle-même, qui m'a parue encore plus loufoque que celles des romans précédents. Julius et Alice, deux amnésiques de 30 ans et 25 ans, s'enfuient d'un hôpital psychiatrique du nord de Paris où ils étaient pensionnaires depuis quelques mois. Alice est la seule survivante de la cérémonie de son mariage dans laquelle plus de 200 personnes ont trouvé la mort suite à un court-circuit. Quant à Julius, il croit que la fin du monde est proche. Un pigeon à collerette blanche, borgne, laid et à qui il manque une patte et des plumes joue un rôle essentiel dans cette histoire de course-poursuite entre les deux aliénés poursuivis par des paparazzi appelés Albert et Raoul Volfoni (hommage à Georges Lautner et ses Tontons flingueurs? Bernard Blier et Jean Lefèvre incarnent les frères Raoul et Paul Volfoni dans le film), puis par Joseph Gaboriau, un commissaire à 6 jours de la retraite et son adjoint Matozzi. J'avoue que j'ai trouvé que le roman qui dure donc 400 pages s'étire un peu en longueur, mais on ne boude pas son plaisir en lisant certains paragraphes, comme par exemple [Julius et Alice sont dans une librairie]:
"Sur la gauche, une étagère consacrée à la poésie attendait depuis cinq ans, sept mois et quatorze jours qu'un lecteur s'approche.
Le libraire apparut, un casque de chantier sur la tête, une énorme masse à la main et un badge "Espèce en voie de disparition" sur la poitrine.
- Excusez-moi, fit l'homme, j'étais en train de mettre au pilon un carton de liseuses qu'on m'a livrées par erreur. Il n'y a rien de plus revigorant qu'une petite extermination d'ebooks de bon matin. Je peux faire quelque chose pour vous?
- Qu'est ce que c'est que ça? demanda Julius, furibard, en brandissant un exemplaire du Codex de Tiresias.
- Je savais bien qu'on finirait par me poser cette question un jour, fit l'homme en soupirant, mais je ne croyais pas que ce moment arriverait si tôt. Ca s'appelle un livre. L-I-V-R-E. C'est fait avec du papier."

 Lire les billets enthousiastes de Sharon, Cuné, Un autre endroit et Cathulu.

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jeudi 20 mars 2014

I am Spartacus! - Kirk Douglas

[Attention, ce n'est pas un billet de Dasola, mais le 28e billet de ta d loi du ciné, «squatter» sur son blog.]

J'ai acheté et lu récemment I am Spartacus !, de Kirk Douglas (192 pages, éditions Capricci, 2013, traduction française Marie-Bathilde Burdeau, édition américaine 2012 par Bryna [la société de KD]). Kirk Douglas est aujourd’hui âgé de quatre-vingt-dix-sept ans (il est né en décembre 1916).

Plus d’un demi-siècle après, l’auteur/acteur/producteur s’est replongé dans l’aventure de ce film qui a duré près de 3 ans : 1ère découverte par lui du roman de Howard Fast, Spartacus, le 9 décembre 1957, sortie du film en octobre 1960. Mais il nous raconte également l’histoire de la Commission sur les activités anti-américaines (HUAC) qui a amené la création des «listes noires» à Hollywood prévoyant l’exclusion de tout sympathisant communiste (juste après l’inculpation des «10 de Hollywood»: scénaristes, auteurs et réalisateurs – dont Dalton Trumbo – qui ont finalement été condamnés à une peine de prison et une amende).

Dans le 1er volume des mémoires de Kirk Douglas (Le fils du chiffonnier, publié en 1988, et que j’avais acheté en «poche» en 1994), la partie concernant Spartacus occupe 40 pages (sur 640). Après y avoir habillé Stanley Kubrick pour l'hiver, il termine le chapitre consacré à cette oeuvre en remarquant que faire le film Spartacus a occupé 3 ans de sa vie... davantage de temps que n'en passa le véritable Spartacus à affronter Rome. La «monographie 2012» est beaucoup plus détaillée et documentée. Kirk Douglas nous fait toucher du doigt la difficulté qu’il a eue à mener à bien ce projet. Acteur célèbre, ayant créé sa propre maison de production, bien introduit dans le milieu, il lui a fallu cependant trouver un scénariste (à partir du constat définitif que l’auteur d’un roman est toujours incapable d’en faire lui-même un film); des acteurs (en leur faisant lire à chacun un projet de scénario «personnalisé» pour le convaincre); un réalisateur… et finalement passer sous les fourches caudines de la censure, la « final cut » revenant à Universal Pictures (co-producteur et distributeur).

I am Spartacus nous décrit en détail l'accueil et le "vécu" du film. Kirk Douglas raconte ainsi "par le menu" (comment l'a-t-il appris?) le visionnage par Kennedy du film Spartacus en 1962 (il n'était pas si évident que cela, pour le Président des Etats-Unis, d'aller "incognito" voir un film au cinéma). Au final, c'est seulement en 1991 que la fameuse scène "des huitres et des escargots" a été réintégrée dans le film, du vivant donc de Stanley Kubrick (qui, malgré tout, a toujours plus ou moins désavoué ce film qui ne lui était pas "personnel").

Pour ma part, la première fois que j’ai vu Spartacus au cinéma, c’est mon père qui m’y avait emmené, je m’en souviens parce que c’était le soir de la première élection de Mitterrand comme Président de la République. Je n’avais pas encore le droit de vote. En sortant de la séance, on a demandé qui était le vainqueur… C’était (donc) le 10 mai 1981. Ca ne nous rajeunit pas.

Je terminerai en signalant avoir pu apprécier une citation du film Spartacus dans le récent dessin animé Mr Peabody & Sherman: je me demande ce qu'en a pensé Kirk? Je suppose que toutes les autorisations nécessaires avaient été demandées... Est-ce qu'il a fallu payer des droits aussi? Ca sera peut-être évoqué dans le prochain bouquin de KD... Pour son centenaire!

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lundi 17 mars 2014

Pain, éducation, liberté - Petros Markaris

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Après Liquidations à la grecque et Le Justicier d'Athènes, Petros Markaris termine sa trilogie de la crise grecque avec Pain, éducation, liberté (Editions du Seuil, 250 pages vite lues). Le roman, écrit à l'origine en 2012, verse presque dans la science-fiction. En effet, l'histoire commence le 31 janvier 2013, au moment où la Grèce revient à la drachme, tout comme l'Italie à la lire et l'Espagne à la peseta. Les finances grecques sont tellement catastrophiques que les fonctionnaires tels que le commissaire Charitos et ses collègues ne vont plus percevoir de salaires pendant trois mois (minimum). A Athènes, les manifestations se succèdent. Pendant ce temps, un tueur se met à sévir en s'en prenant à au moins trois anciens étudiants de l'école Polytechnique d'Athènes. Les étudiants de cette grande école avaient été à l'origine du début de la fin de la dictature militaire en Grèce en 1973. Les trois victimes visées ont quelque peu renié leurs idéaux par la suite en ayant des carrières fulgurantes par des moyens pas toujours orthodoxes. Chacun des meurtres est accompagné d'un message enregistré sur le portable des victimes: Pain, éducation, liberté. Comme dans les volumes précédents, on retrouve donc avec plaisir le commissaire Charitos, sa femme Adriani (qui ne veut même plus regarder les informations à la télé), sa fille Katérina et son gendre Phanis qui se partagent les frais de bouche car tout est cher et rationné. L'intrigue est plutôt bien menée. Un roman agréable que je vous conseille comme les deux autres. Ils peuvent se lire éventuellement dans le désordre.

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mardi 4 mars 2014

Trois romans policiers lus et non commentés depuis début février 2014

J'aime beaucoup lire des romans policiers très différents et écrits par des écrivains de toutes origines. Je dois dire qu'en ce moment, j'en lis pas mal.

 

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Je commencerai donc par le lauréat du prix du Quai des orfèvres 2014 (le gagnant reçoit comme prix un chèque de 777 euros, montant inchangé depuis plusieurs années, et les éditions Fayard publient le roman récompensé). Le sang de la trahison (430 pages) d'Hervé Jourdain (de son métier capitaine de police au sein de la brigade criminelle) se passe au sein du "36" (quai des Orfèvres) à Paris, sur l'île de la Cité. Quelques magistrats et journalistes sont assassinés avec un vieux pistolet. Sur eux, l'assassin a laissé des morceaux de sucre, des cartes postales (représentant des vues de Paris) ou des romans policiers (comme ceux écrits par Gaboriau ou Simenon) et encore des recueils de poèmes. Zoé Dechaume, jeune "brigadier" qui vient d'être nommée à la brigade criminelle, enquête avec l'inspecteur Bonnot et le capitaine Desgranges. L'histoire est rondement menée. Ce n'est pas trop mal écrit même si ce n'est pas de la grande littérature. Pour faire plus authentique, Hervé Jourdain utilise des termes d'argot de la police. Je ne trouve pas que cela rajoute grand-chose. Roman idéal à lire dans les transports.

 

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Maintenant, je passe à Une canaille et demie (Edition Liana Levi, 220 pages) de Iain Levinson. C'est le quatrième roman que je lis de cet auteur. L'histoire se passe dans l'est des Etats-Unis, Dixon, fraîchement libéré de prison, braque une banque avec quelques comparses. Rien ne se passe comme prévu (surtout pour le lecteur), car Dixon en cavale va retenir plus ou moins en otage un universitaire, Elias White, très porté sur les jeunes filles et et qui ne cache pas ses sympathie pour le Troisième Reich. Un troisième personnage apparaît, une femme, Denise Lupo, agent du FBI qui en a plus qu'assez du machisme au sein du bureau. L'avancement qu'elle peut espérer se fait attendre car elle est une femme. Je ne vous en dirais pas plus sur ce roman qui ne se termine pas du tout de la façon que j'avais imaginé. Je conseille.

 

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Après L'hiver du commissaire Ricciardi, nous retrouvons le commissaire Luigi Alfredo Ricciardi dans Le printemps du commissaire Ricciardi (Rivages noir, 420 pages), enquêtant toujours à Naples en avril 1931 (quelques semaines après l'histoire précédente). Avec son adjoint, le brigadier Raffaele Maione, il enquête sur la mort de Carmela Calie, une usurière qui est aussi cartomancienne, sauvagement assassinée. Le commissaire, lui-même, a un don pour voir les morts, surtout les décédés de morts violentes. Dans ce roman, j'avoue avoir été un peu perdue au début avec la grande quantité de personnages, suspects potentiels. Maurizio de Giovanni passe très vite d'un personnage à l'autre, à chaque paragraphe. Ce sont tous des suspects potentiels avec des mobiles. Il faut vraiment attendre la toute fin pour découvrir le coupable qui est un être perturbé. Comme dans L'hiver..., le monde du théâtre et les acteurs sont des éléments essentiels dans l'histoire. J'espère que Maurizio de Giovanni ne s'arrêtera pas là.

dimanche 23 février 2014

Le duel - Arnaldur Indridason

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Dès que j'ai vu qu'un nouveau roman d'Arnaldur Indridason était paru, je n'ai pu résister. Je me suis procuré Le Duel (Editions Métailié noir, 300 pages) sans connaître l'histoire. Ce roman est l'occasion pour Indridason de nous faire remonter le temps, en 1972 pour être précis, juste avant les JO de Munich. A Reykjavik, un duel aux échecs se prépare: Bobby Fisher, l'Américain, contre Boris Spassky, le Russe. Au même moment, dans un petit cinéma de cette ville, un meurtre a lieu. Un jeune homme, un peu simplet, passionné de cinéma, enregistre la bande sonore du film pendant la projection (il est coutumier du fait). Poignardé à mort et son magnétophone disparu, Ragnar était là au mauvais endroit, au mauvais moment. La police criminelle est chargée de l'enquête ou plus précisément le commissaire Marion Briem et son adjoint Albert. Pour ceux qui ont lu les autres romans d'Indridason, vous avez déjà croisé Marion Brem. C'est elle qui deviendra le mentor du commissaire Erlendur. Dans Le Duel, Indridason revient sur la vie de Marion Brem petite fille, atteinte de tuberculose (mal endémique en Islande), qui aura connu des traitements lourds dans des sanatoriums comme d'autres enfants. Un roman qui prend son temps, très agréable à lire. Je recommande, tout comme Dominique.

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