dimanche 2 septembre 2012

Nos voisins du dessous - Bill Bryson / Silex and the City (3. Le néolithique, c'est pas automatique) - Jul

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Je viens de terminer "mon" deuxième Bill Bryson, Nos voisins du dessous (Chroniques australiennes), un régal de lecture (Petite bibliothèque Payot, 445 pages, 1ère éd. 2000). Merci Mr Bryson de nous donner envie de faire 35 heures d'avion pour aller visiter ce pays qui est d'abord un continent méconnu dont les premiers habitants blancs furent des marins hollandais, ainsi que des forçats et autres prisonniers de droit commun relégués là par l'Angleterre. Cette terre aride à plus de 80% abrite le plus grand nombre d'espèces animales connues du monde, des végétaux rares, des paysages saisissants et la grande barrière de corail. Pour donner une idée de l'étendue de l'Australie qui fut d'abord peuplée d'aborigènes depuis plus de 50000 ans, Bill Bryson ne cesse de nous communiquer les distances phénoménales en milliers de kilomètres qui séparent les grandes villes comme Melbourne, Sidney, Cairns, Canberra, Darwin, Adélaïde, etc., où vit la majorité de la population (sur ce continent, il y avait à l'époque environ 20 milllons d'Australiens). Au détour des pages, il narre des anecdotes sur l'histoire de ce pays, sur ce dont il a été témoin, j'ai éclaté de rire de nombreuses fois. Une fois le livre terminé, je me suis dit qu'il faudrait que j'aille visiter l'Australie.

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Si vous avez aimé Silex and the City I et II (voir le billet de ta d loi du cine), je vous conseille ce troisième tome (sous-titré "Le paléolitique, c'est pas automatique") où l'on retrouve la famille Dotcom avec Blog, Spam, Web et Url qui font la découverte en 40 000 avant J.C. de "flèche book", de l'éruption d'une centrale nucléaire - pardon d'un volcan EDF, de l'évolution légale et non de l'évolution clandestine, etc. C'est très drôle, bourré de références à l'actualité contemporaine. Un bon cru.


lundi 27 août 2012

Home - Toni Morrison

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Hier, dimanche 26 août, j'ai lu dans la matinée Home de Toni Morrison (Editions Christian Bourgois). En un mot, ce roman est une merveille de concision, d'écriture et de traduction. C'est le premier roman que je lisais de cet écrivain. Parmi les plus de 600 romans de la rentrée littéraire, je vous conseille absolument celui-ci. Home nous raconte pendant 150 pages les destins d'une fratrie afro-américaine, Franck Money et sa petite soeur Ycidra (dite Cee). Dans les années 50, à Lotus, en Georgie où se déroule l'essentiel de l'histoire, règnent la discrimination, la pauvreté, mais aussi surtout l'entraide. Toni Morrison a une grande maîtrise de la narration. J'ai été éblouie par la façon dont elle passe d'un personnage à l'autre, d'une situation à l'autre, avec quelques flash-back. Le roman se termine comme il commence, par un enterrement (le deuxième réparant l'indignité du premier). Entre les deux, nous suivons Franck, arrêté pour vagabondage (il n'a qu'une médaille de fantassin sur lui pour toute fortune) après être revenu meurtri de la guerre de Corée. Il va aller porter secours à sa soeur, Cee, qui est en danger de mort. Cette belle histoire entre un frère et une soeur ne tombe jamais dans le larmoyant. Je ne vous dévoilerai rien de plus.

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mardi 21 août 2012

Karoo - Steve Tesich

 

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Karoo de Steve Tesich (1942-1996), publié aux Editions Monsieur Toussaint Louverture, est un roman étrange d'un écrivain américain d'origine serbe (il fut aussi scénariste) qui le termina peu avant son décès. Les 600 pages se lisent d'une traite. L'histoire se passe entre 1990 et 1991 aux Etats-Unis. Saul Karoo, la cinquantaine bedonnante, alcoolique, fumeur et associal, ne sait pas aimer les gens autour de lui. Doté d'une mémoire auditive exceptionnelle (élément important pour l'histoire) mais écrivain médiocre (il le sait et l'assume), Karoo réécrit pour Hollywood les scénarios écrits par d'autres ou fait remonter des films déjà terminés (il mutile parfois des chefs-d'oeuvre). Séparé mais non divorcé de sa femme Dianah et père d'un fils adoptif (Billy), "Doc" Karoo devient attachant au long de cette histoire tragique qui se passe entre New-York, Los Angeles et Pittsburgh. On va découvrir Karoo, qui ne semblait pas éprouver de sentiment, rongé par le remords moral et la déliquescence physique dans les 100 dernières pages de ce roman narré à la première personne. Pendant cette histoire, on va faire aussi la connaissance du rire de Leila Millar (serveuse devenue actrice le temps d'un film) et de Jay Cromwell, producteur de films et homme mauvais assimilé au Néant (dixit Karoo). Ce roman, dense avec pas mal de rebondissements et que j'ai beaucoup aimé (même si j'ai un peu calé sur la toute fin), est aussi conseillé par Incoldblog.

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Ceci étant écrit, j'ai appris une nouvelle passionnante (?!) le 20 août 2012 en écoutant la radio: cela fait 20 ans qu'Amélie Nothomb nous gratifie d'un roman par an. Personnellement, je n'ai lu aucun de ses romans. J'en eu l'occasion mais pas le désir. Et vous?

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mercredi 15 août 2012

American Rigolos - Bill Bryson

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Ca y est, je viens de terminer mon premier "Bill Bryson" et j'en redemande. American rigolos (titre français crétin), qui a pour sous-titre Chroniques d'un grand pays (Petite bibliothèque Payot, 371 pages), rassemble 75 chroniques écrites entre 1996 et 1997 pour un supplément d'un hebdomadaire britannique. Bill Bryson, né à Des Moines dans l'Iowa aux Etas-Unis, revient dans son pays après 20 ans d'absence pour s'installer à Hanover, petite ville du New Hampshire avec femme (anglaise) et enfants (4). Ces chroniques, caustiques en général, sont hilarantes. Bill Bryson décrit avec délectation les travers des Etats-Unis et de ses habitants: ceux qui prennent leur voiture pour faire 10 mètres; le grand nombre de ceux d'entre eux qui ne connaissent rien de ce qui se passe dans le monde ou presque; certaines aberrations administratives, téléphoniques voire informatique; sans parler du fait que tout le monde surveille tout le monde, que les avocats gagnent des fortunes en procès divers et variés. Les travers décrits sont universels et restent encore très actuels, plus de 15 ans après. Il transparaît néanmoins une certaine tendresse, car les Américains sont décontractés et savent s'entraider. Chaque chronique qui fait environ 3 ou 4 pages se lit indépendamment. Un régal.

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jeudi 9 août 2012

Storyteller - James Siegel

C'est en lisant pas mal de billets sur ce roman que je me suis décidée à m'y intéresser. Lire les billets de Claude Le Nocher, Clara, Keisha et Ys,

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Storyteller de James Siegel (Editions du Cherche Midi, 460 pages) constitue une lecture idéale pour l'été. Quand on le commence, on le lit d'une traite car on ne peut plus le lâcher. Le narrateur Tom Valle, journaliste déchu après avoir écrit des des dizaines d'articles inventés de toutes pièces pour un grand quotidien new-yorkais, se retrouve à traiter les "chiens écrasés" dans un petit journal californien. Dans sa chute, il a provoqué des dégâts collatéraux. Lhistoire démarre vraiment quand Tom se rend sur les lieux d'un accident d'automobile mortel dans lequel le mort n'est pas celui que l'on croit ni celui qui est responsable de l'accident non plus. Tom se met à mener sa propre enquête. Le problème est que personne ne le juge crédible puisque tout le monde juge que c'est un menteur. Surtout alors qu'il met au jour une histoire abracadabrante de radioactivité, d'essais sur les bombes nucléaires dans les années 50 aux Etats-Unis, d'expériences épouvantables. James Siegel, comme son Tom Valle, est un conteur qui sait nous mener par le bout du nez. En revanche, je me pose la question de savoir s'il s'est inspiré de faits réels ou non? Vérité ou mensonge? Délire paranoïaque ou pas? Je conseille cette lecture en tout cas.

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mardi 31 juillet 2012

Mensonges sur le divan - Irvin Yalom / Enigma - Antoni Casas Ros

Voici deux livres qui n'ont aucun rapport l'un avec l'autre.

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Mensonges sur le divan d'Irvin Yalom (Point Seuil, 560 pages) est le deuxième roman que je lis de cet écrivain après Le Problème Spinoza qui m'avait enthousiasmée. Je n'en dirais peut-être pas autant de celui-ci où j'ai trouvé des passages un peu longs par moment. Je résumerais l'histoire en disant qu'Irvin Yalom qui est psychiatre égratigne pas mal ceux qui exercent ce métier. Après un prologue éblouissant de plus de 50 pages, l'histoire traîne un peu pendant les 500 pages suivantes avec quelque baisse de rythme. Peut-être est-ce que je ne connais pas grand-chose à la pyschanalyse et que le fait de payer (cher) pour raconter sa vie à un parfait inconnu me trouble beaucoup (même si c'est partie intégrante de la thérapie). Nos deux héros psychiatres, Ernest Lash et Marshal Streider, dont on découvre la naïveté (le second étant le superviseur du premier), vont être victimes de deux tours pendables commis par des patients qui leur ont menti alors qu'ils sont censés dire la vérité. J'ai surtout retenu le coup du double harpon: une escroquerie de haute volée. Je vous recommande ce roman rien que pour le prologue. Après, c'est à vous de juger.

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Maintenant, je passe à Enigma (Folio, 261 pages) d'Antoni Casas Ros, écrivain catalan d'expression française. C'est une jeune femme qui m'a prêté ce roman et je la remercie pour cette découverte. Le roman paru en 2010 est aussi étrange que la page de couverture. Deux hommes, Joaquim (professeur de lettres universitaire et écrivain raté) et Ricardo (poète et tueur à gages) et deux femmes Naoki (Japonaise, musicienne sans profession fixe qui "moissonne du silence") et Zoë, étudiante et serveuse dans un bar à ses heures, sont à tour de rôle les narrateurs de cette histoire pas banale. A Barcelone, peut-être de nos jours, Enigma nous conte le destin de Joachim, un écrivain médiocre qui  dissèque les oeuvres d'autres auteurs en leur reprochant la plupart du temps les fins, qu'il se met à réécrire lui-même. Il va former un "ménage à 4" avec Ricardo, Naoki et Zoë. Enigma est un roman sensuel et sexuel empreint de cruauté où les ombres de Sade et de quelques autres sont très présentes. Sans dévoiler la fin, je dirai que trois des personnages sur quatre connaîtront la même fin que des personnages de romans évoqués. C'est un roman qui m'a donné envie de découvrir l'oeuvre de Bolaño et La fille aux yeux d'or de Balzac. C'est le premier roman que je lis de cet écrivain. Il faudrait que je découvre un des ses précédents: Le théorème d'Almodovar.

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vendredi 13 juillet 2012

L'Invisible - Robert Pobi / Mma Ramotswe, détective - Alexandre McCall Smith

Les deux polars ci-dessous n'ont aucun point commun entre eux.

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Je commencerai avec L'invisible (425 pages), le polar de l'été, selon les éditions Sonatine qui l'édite. Il s'agit du premier roman de Robert Pobi, écrivain canadien britannique. L'histoire se déroule sur 4 jours, avec, comme arrière-plan, Dylan, un ouragan électrique  monstrueux qui dévastera tout sur son passage. Jake Cole, agent spécial du FBI (il travaille en indépendant), revient à Montauk, en Nouvelle-Angleterre, plus de 25 ans après avoir quitté la région. Il vient rendre visiteà l'hôpital à son père, peintre célèbre à l'égal de Jackson Pollock. Gravement brûlé et souffrant de la maladie d'Alzheimer, Jacob Coleridge n'a pas arrêté pendant toute sa vie de peindre, entre autre la silhouette d'un homme sans visage: l'homme de sang. Son fils, Jake (qui a pris le dimunutif de Cole), est une sorte d'artiste lui-même, puisqu'il est capable de s'isoler psychologiquement pour se mettre dans la tête de psychopathes dangereux. Deux corps écorchés vifs, une mère (surnommée Mme X) et son fils, sont retrouvés dans une maison pas loin de celle du père de Jake. On confie l'enquête à ce dernier. D'autres meurtres suivront avec le même modus operandi qui rappelle quelque chose à Jake de sa vie passée. Je ne vous en dirai pas plus, si ce n'est que j'ai lu le roman avec plaisir mais sans passion. J'ai été surtout frustrée du fait que l'écrivain (quand on connait le ou la coupable) donne peu d'indications et d'explications sur les mobiles de cette personnalité torturée. En revanche, sans me vanter, il y a un fait au milieu du roman qui m'a mis la puce à l'oreille sur le nom du coupable. Pour résumer, je trouve que l'intrigue est "tirée par les cheveux". A vous de voir. Valérie ne semble pas non plus avoir été totalement convaincue.

 

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Préférez plutôt Mma Ramotswe, détective, le premier tome d'une série écrite par Alexander McCall Smith. Les 250 pages se lisent d'une traite. Mma Ramotswe est une femme noire d'une trentaine d'années, bien en chair, qui, grâce à l'héritage que lui a laissé son papa, a ouvert une agence de dames détectives à Gaborone, capitale du Bostwana. Alexander McCall Smith a le don de raconter des histoires où se rencontrent plusieurs personnages. Il nous fait même un bref résumé de la vie de Mma (Precious) Ramotswe, avant qu'elle devienne détective. Mariée puis divorcée d'un trompettiste, elle semble guérie de l'amour pour toujours, et pourtant un voisin garagiste a des vues sur elle. Il l'aide dans ses enquêtes. Mma Ramotswe est une personne perspicace qui a beaucoup de bon sens et sait démasquer les escrocs, les maris volages. Elle sait donner de bons conseils car il n'y a pas une seule intrigue mais plusieurs. Un excellent moment de lecture en sirotant une tasse de thé rouge, la boisson favorite de Mma Ramotswe. Je ne manquerai pas de lire les 8 ou 9 tomes suivants.

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samedi 7 juillet 2012

La 7ème femme - Frédérique Molay / Empereurs des ténèbres - Ignacio del Valle / La soif primordiale - Pablo de Santis

J'ai terminé récemment trois romans. Même si je n'ai pas eu un gros coup de coeur, je les conseille néanmoins.

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D'abord, La 7ème femme de Frédérique Molay (Editions Fayard, 300 pages). Tout commence par un coup de foudre d'un chef de la PJ parisienne, Nico Sirsky, pour une jeune femme médecin (la 7ème femme du titre), et la fin de l'histoire laisse entrevoir une suite heureuse. Entre les deux, pendant une semaine, 6 femmes vont être retrouvées chez elles, mutilées et tuées d'une façon que je vous laisse découvrir. Le déroulement de l'histoire tient la route mais n'a rien d'exceptionnel. Les scènes de crimes se situent dans des quartiers plutôt huppés de Paris, c'est-à-dire le Quartier latin, Jussieu, La Contrescarpe, Le Marais, etc., et le policier enquêteur vit dans le 7ème arrondissement. Le tout m'a paru assez léger pour en faire une lecture idéale pour un voyage dans le train. Voir le billet d'Yv qui m'avait donné envie.

 

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Je passe à Empereurs des ténèbres (Libretto - Editions Phebus, 400 pages), écrit par un auteur espagnol, Ignacio del Valle, et que j'ai trouvé d'une lecture agréable. Couronné de nombreux prix, ce roman a comme toile de fond le front russe pendant l'hiver 42-43, où les températures descendaient à -30° et -40°. Arturo Andrade, un Espagnol, sergent dans la 250° division hippomobile, autrement dit la divison Azul, est chargé par sa hiérarchie d'enquêter sur la mort d'un phalangiste espagnol trouvé égorgé sur le champ de bataille avec une inscription sur la clavicule "Prends garde, Dieu te regarde". C'est un roman où il est question des francs-maçons, de la violeta (variante de la roulette russe), de violences faites aux femmes (une fois de plus), mais surtout de vengeance jusqu'au bout de l'enfer. Je pense que je lirai Les démons de Berlin du même auteur dès que le roman paraîtra en poche, car le personnage d'Arturo Andrade est intéressant.

 

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Enfin La soif primordiale (Editions Métailié, 246 pages), d'un écrivain argentin, Pablo de Santis. L'histoire, un conte fantastique, commence en 1950 à Buenos Aires et sort vraiment des sentiers battus. Si je vous dis que la soif primordiale est celle du sang, vous pouvez imaginer que le sujet a un certain rapport (même de loin) avec le vampirisme. Le narrateur du récit est Santiago Lebron, qui a fait connaissance des livres, et donc du plaisir de la lecture, lors d'une punition à l'école (il fut envoyé à la bibliothèque municipale) [Commentaire personnel: il y a pire comme punition]. Ayant quitté son village à l'âge de 20 ans pour rejoindre la ville, il commence par loger chez son oncle, réparateur de machines à écrire, qui va le former. Il se retrouve par là même à réparer des vieilles machines à écrire au sein de la rédaction d'un jounal. De fil en aiguille, on lui propose de tenir une ou deux rubriques dont celle des mots croisés et des affaires occultes. C'est le ministère de l'occulte qui le charge d'enquêter dans le monde ésotérique et étrange des "antiquaires": "quelqu'un qui n'est pas affecté par le passage du temps, ni par la maladie et qui ne peut connaître qu'une mort violente" (page 46). Vivant entourés de vieux objets, livres rares et d'occasion, ces antiquaires évitent certains aliments et la lumière du jour et un certain élixir mystérieux leur est nécessaire. Je vous laisse découvrir les péripéties qui amènent Santiago à devenir l'un d'eux. D'ailleurs, 50 ans plus tard, il tient encore une librairie de livres d'occasion ayant appartenu précédemment à un Français qui l'a infecté d'immortalité par son sang.

Pour rédiger ce billet, j'ai relu pas mal de passages de ce roman, car il n'est pas facile d'en rendre compte, mais je vous le conseille. Vous découvrirez le rôle que joue une épingle d'or.

vendredi 22 juin 2012

Le rêve du Celte - Mario Vargas Llosa

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Décidément, Dominique m'inspire beaucoup dans mes lectures. Je viens de terminer une "biographie romancée" très dense, Le Rêve du Celte (520 pages, Editions Gallimard), écrite par l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa (prix Nobel de Littérature 2010). Le "Celte" de l'histoire est Roger Casement, né en Irlande, à Dublin, en 1864, mais élevé en Ulster et mort pendu en 1916. Roger Casement est l'auteur d'un rapport qui porte son nom dans lequel il a dénoncé les atrocités commises au début des années 1900 (sous le règne du roi Léopold II de Belgique) au Congo Belge, puis en Amazonie (au Pérou) dans le Putumayo, où il fut envoyé pendant un an en 1910 en tant que Consul britannique. Les victimes étaient les indigènes spoliés de leur terre, exploités, torturés, asservis (les descriptions des instruments de tortures - chicotte et cep - font froid dans le dos) qui travaillaient sur les plantations de caoutchouc. J'avoue que je ne connaissais pas cet homme courageux, avec quelques faiblesses, qui fut exécuté pour haute trahison. Orphelin de mère de bonne heure, il rêva très jeune de voyages et d'Afrique. Il y vécut pendant 20 ans durant lesquels il rencontra l'explorateur Stanley et l'écrivain Joseph Conrad. Il est resté pas mal de temps au Congo (grand comme 3,5 fois la France), "propriété" du roi Léopold II de Belgique pendant 25 ans. Plus tard, nationaliste irlandais (qui regretta de ne pas parler gaélique), il milita pour l'indépendance de l'Irlande. Le roman comporte trois parties: Congo, Amazonie, Irlande. Vargas Llosa arrive a retracer avec passion l'itinéraire de cet homme qui, après sa mort, sombra dans l'oubli pendant 50 ans. C'est un livre qui prend un peu de temps à lire, mais il en vaut la peine.

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dimanche 10 juin 2012

L'oeil du léopard - Henning Mankell / Le royaume des voleurs - William Ryan

Voici deux romans, lus depuis un petit moment, que je voulais chroniquer.

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D'abord L'oeil du léopard d'Henning Mankell (Editions du Seuil, 343 pages) qui a été écrit en 1990 mais qui vient seulement d'être publié en français cette année (2012).

Hans Olofson est un jeune Suédois, fils d'Erik Olofsson, un marin devenu bûcheron et alcoolique, et de Mary, disparue un matin sans laisser de traces quand Hans était tout petit. Après une enfance un peu chaotique, avec des rencontres surprenantes comme une jeune femme sans nez, Hans part en Zambie en 1969 à l'âge de 25 ans pour quelques jours sur les traces d'un missionnaire. Il y demeurera 18 ans. Devenu responsable d'un domaine de production d'oeufs, il va vite se rendre compte de la barrière invisible mais réelle qui sépare les blancs et les noirs. Il y un monde entre eux. Le récit alterne le passé et le présent qui se confondent dans l'esprit de Hans, qui souffre de paludisme. En effet, le roman commence avec Hans délirant de fièvre. Pendant 18 ans, Hans n'aura de cesse de se faire accepter par les noirs qui l'entourent. Il va s'accomoder des compromissions, des "pot-de-vins" à verser pour éviter les problèmes, etc. Il va connaître la violence inouÏe à l'encontre des blancs, la sorcellerie, les superstitions et même peut-être croiser l'oeil d'un léopard (animal insaisissable) dans la nuit africaine. Beau roman à découvrir.

 

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Voici maintenant Le royaume des voleurs (Editions 10/18), un roman policier écrit par un Irlandais, William Ryan, dont l'histoire se passe à Moscou en 1936, en pleine période stalinienne, où la faim et la terreur règnent. Plusieurs corps affreusement mutilés sont retrouvés. Un inspecteur de la Milice, Alexeï Dmetrievitch Korolev enquête. Le suspense n'est pas aussi glaçant qu'annoncé sur la 4ème de couv', mais c'est un roman bien fait quoique un peu long (on sent que l'écrivain a voulu recréer au mieux Moscou à cette époque). L'intrigue, assez embrouillée selon moi, se passe au royaume des voleurs, "la haute pègre moscovite", où les trafics, les meurtres sont nombreux. Mais ils ne sont pas les seuls impliqués, car le NKVD, la police secrète de Staline n'est pas en reste. Sans dévoiler beaucoup de l'histoire, les motifs des meurtres ont des liens avec un vol d'icône de grande valeur. Je dirais que ce roman n'est pas mal mais sans plus. Je ne me précipiterai pas sur le volume suivant des enquêtes de Korolev qui s'intitule Film noir à Odessa. Voir aussi le billet d'Yv.

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