mercredi 6 août 2014

Hôpital psychiatrique - Raymond Castells / Roman américain - Antoine Bello

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Hôpital psychiatrique de Raymond Castells (Editions Rivages Noir, 600 pages) a comme toile de fond le quotidien et les conditions effroyables dans lesquelles vivaient des centaines de personnes dans un hôpital psychiatrique entre 1937 et 1942 dans la région de Toulouse. En février 1937, le personnage principal de l'histoire, Louis Dantezzi, 17 ans, est accusé d'avoir massacré toute sa famille et, par ordre d'un juge, interné de cet établissement. Louis est un jeune homme costaud, intelligent, lettré (admirateur de Dumas) et qui sait se défendre. Et tout le monde est contre à lui, à commencer par les gendarmes qui l'ont amené à l'institut. Les gardes et quelques détenus lui font subir un bizutage brutal. Je n'oublie pas le directeur de l'établissement, être ignoble à tout point de vue. Mais Louis survit, et, grâce à son intelligence et ses bonnes relations avec le médecin aliéniste, on suit son ascension au sein de l'établissement (il va en devenir l'économe). Sa rencontre avec Louise, une jeune internée, va bouleverser sa vie. Tel Edmond Dantès, Louis compte s'évader avec sa belle et la fortune que le directeur a détournée. Avec ce roman, Raymond Castells, psychologue clinicien de formation, brosse un portrait épouvantable sur les traitements infligés aux "fous" sans oublier que beaucoup sont morts de faim pendant la deuxième guerre mondiale (comme Camille Claudel et Séraphine de Meaux). C'est un livre qui se lit très bien. Il n'y a rien d'insoutenable malgré certaines descriptions. Je conseille vraiment ce roman policier. Lire le billet de dominique.


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Maintenant, je passe à Roman américain d'Antoine Bello (Gallimard, 280 pages). C'est un livre très agréable à lire malgré le sujet qui peut paraître rébarbatif: le marché du "Life settlement", c'est-à-dire la revente à des tiers des assurances-vie en cours de constitution. Cela se passe aux Etats-Unis de nos jours (ce n'est pas encore possible en France... du moins pour le moment). Pendant sept semaines, un journaliste, Vlad Eisinger publie sept articles se rapportant à ce phénomène. Il a pris comme exemple quelques individus habitant une petite ville de Floride, Destin Terrace. Dans cette petite ville vit aussi Dan Siver, écrivain raté et observateur de ce qui se passe. Il échange des mails avec Vlad et on a droit à des extraits de son journal. Ce roman reste ludique et léger mais un brin cynique quand est évoquée la "maturité" d'un contrat (quand l'assuré vient de décéder). Cela parle surtout des sommes d'argent colossales qui sont en jeu, des tables de mortalité, du fait qu'une entreprise peut prendre une assurance-vie sur un de ses employés sans que ce dernier en soit informé et de beaucoup d'autres choses. Mais après tout, ce n'est qu'un roman (très instructif au demeurant).

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jeudi 31 juillet 2014

Expo 58 - Jonathan Coe / Ils désertent - Thierry Beinstingel

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 Voici deux romans que je conseille même si j'ai trouvé que le roman de Jonathan Coe n'était pas le meilleur de l'écrivain.

Je commence donc par Expo 58 de Jonathan Coe (Editions Gallimard, 300 pages), que j'ai lu il y a déjà plus d'un mois. J'ai trouvé que l'histoire qui s'étire en longueur n'était pas spécialement passionnante (il ne se passe pas grand-choses), et cela manque de nerf (quoi qu'en dise la 4ème de couverture); et pourtant cela avait tout pour me plaire: l'évocation de la foire-exposition universelle de Bruxelles en 1958 (entre avril et octobre de cette année-là), sur fond de guerre froide avec un zeste d'espionnage, peut-être une histoire d'adulturère, surtout des personnages qui sortent de l'ordinaire. Thomas Foley, marié à Sylvia et père d'une petite fille depuis peu, travaille au ministère à l'information à Londres. Il vient de rédiger avec brio le texte d'une brochure vantant les mérites du Royaume-Uni. Cette brochure est destinée à être vendue dans le pavillon britannique au sein de la foire-exposition. De plus, étant belge par sa mère et ayant eu un père qui a tenu un pub pendant 20 ans, Thomas est choisi par ses supérieurs pour superviser la gestion du pub Britannia qui doit être un des bâtiments vedettes de la foire-exposition. Thomas s'installe pour six mois à Bruxelles en laissant sa famille derrière lui. Arrivé sur place, il croise quelques jolies jeunes femmes, un journaliste russe et deux compères, Wayne et Radford (très Dupont et Dupond mais nettement moins sympathiques). L'histoire s'accélère vers la fin, mais cela n'a pas suffi à mon bonheur. Lire le billet nettement plus positif de veranne.

Je recommande en revanche haut et fort (en remerciant Aifelle) un livre que j'ai emprunté à la bibliothèque, Ils désertent de Thierry Beinstingel (Fayard, 250 pages lues d'une traite en une journée). Dans cette oeuvre décomposée en chapitres courts, le narrateur s'adresse alternativement à deux personnes. Il emploie le "Tu" quand il s'agit de la jeune femme diplômée de commerce et "Vous" quand il s'agit de l'"ancêtre", un homme de 58 ans, VRP en papier peint que sa boîte voudrait virer. Cette même entreprise vient d'embaucher la jeune femme comme directrice des ventes et lui demande de licencier l'"ancêtre" qu'elle ne connaît même pas. Lui est un passionné de Rimbaud (sa correspondance plus que ses poèmes), tandis qu'elle apprécie quelques oeuvres d'Hannah Arendt dont La condition de l'homme moderne. Quand il va voir ses clients fidèles depuis 40 ans, il sort ses échantillons reliés comme un beau livre. La jeune femme ("la petite sportive" comme l'"ancêtre" la surnomme) a des doutes sur la mission qu'on lui confie. Je vous laisse apprécier cette histoire touchante et dont la fin m'a plu. Je n'avais jamais découvert cet écrivain, c'était un tort.

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samedi 19 juillet 2014

Les fantômes de Belfast - Stuart Neville / L'énigme de Saint-Olav - Indrek Hargla / Le cercle - Bernard Minier

 

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Voici trois romans lus récemment qui n'ont pas de rapport entre eux (si ce n'est que ce sont des romans policiers) et qui m'ont procuré d'agréables moments de lecture.

Je commencerai par celui que j'ai préféré des trois: Les fantômes de Belfast de Stuart Neville (Rivages Noir, 423 pages qui se lisent d'une traite). A Belfast, Gerry Fegan, un ex-tueur de l'IRA, est hanté par les fantômes de 12 personnes  qu'il surnomme les "12 suiveurs". Il les a assassinées plusieurs années auparavant. C'étaient des meurtres commandités. Venant de sortir de prison, il commence à éliminer ceux qu'il juge responsable de ces morts. Petit à petit, les fantômes cessent de le harceler tandis que Gerry supprime des êtres peu recommandables. L'histoire est bien menée et tant pis si l'on juge que Gerry ne devait pas se faire justice lui-même. C'est un personnage que l'on n'oublie pas. Stuart Neville est un écrivain à suivre car Les fantômes de Belfast est son premier roman.

Je continue avec un roman policier estonien. C'est le premier d'une série. Dans L'énigme de Saint Olav - Melchior l'Apothicaire, livre 1 (Babel noir, 420 pages intrigantes), Indrek Hargla situe son intrigue entre le 15 et le 22 mai 1409 à Tallinn en Estonie. Cette ville était partagée entre ville basse et ville haute où se situait la forteresse de l'ordre des chevaliers teutoniques. Le bailli de la ville demande à Melchior Wakenstede, l'apothicaire, de l'aider à découvrir qui a décapité un ancien commandeur de l'ordre Teutonique de Gotland. Dans la bouche du mort, l'assassin a placé une vieille pièce de monnaie. Trois autres morts suspectes vont suivre dont deux empoisonnements. Il est question de position des pions dans un jeu d'échecs, de brasseur de bière, de la guilde des Maîtres Chanteurs de Nuremberg et de bâtisseurs d'églises. L'arrière-plan historique n'est pas forcément très simple car assez méconnu, mais cela ne m'a pas empêché de bien apprécier ce roman que je vous conseille.

Je terminerai avec Le cercle de Bernard Minier (Pocket, 780 pages) où l'on retrouve le commandant Servaz (dont on avait fait connaisance dans Glacé).  Dans la région de Toulouse à Marsac, Hugo, un étudiant, est retrouvé dans la maison où l'on découvre le corps d'une prof. Elle a été ligotée et laissée sans vie dans sa baignoire. Servaz est chargé de l'enquête par sa hiérarchie et surtout par Marianne, la mère d'Hugo. Ce dernier apparaît être le principal suspect. D'autres morts vont suivre. Les victimes ont un lien commun. J'ai trouvé que 780 pages, c'était un peu long. Il y a pas mal de digressions, de sous intrigues. J'ai préféré Glacé.

dimanche 13 juillet 2014

Trente-six chandelles - Marie-Sabine Roger (Présélection du prix FNAC 2014 [2/5])

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Je continue avec Trente-six chandelles (coll. La brune, aux éditions du Rouergue, 277 pages) (1) le nouveau roman, épatant, de Marie-Sabine Roger (il paraîtra le 20/08/2014). C'est le premier que j'ai lu des cinq reçus. Mortimer Decime, le narrateur, sait qu'il mourir le jour de ses 36 ans tout comme son père, grand-père, arrière-grand-père et arrière-arrière-grand-père avant lui. Il s'est préparé pour l'occasion (il a rendu son appartement, il a démissionné de son travail). Mais le jour funeste qui doit sceller sa fin, rien ne se passe (on apprend pourquoi par la suite). Mortimer est toujours vivant et il va peut-être enfin se mettre à faire des projets et à vivre tout simplement. Le récit alterne le présent et le passé. Il est aussi l'occasion de faire la connaissance du couple Paquita et Nassardine qui sont les amis les plus proches de Mortimer qui les a connus quand il avait 18 ans. Jusqu'à ses 36 ans, fonctionnaire dans un ministère à la "Gestion préventive des accidents fortuits", Mortimer a mené une existence sans intérêt jusqu'à sa rencontre avec Jasmine...
Je remercie Mme Roger de m'avoir fait passer quelques heures de lecture tonique et gaie. C'est très bien écrit. J'espère que vous serez nombreux à partager mon plaisir.

(1) Merci à Margotte pour la précision. Il ne fallait donc pas se contenter du simple "la brune au rouergue" qui figure sur la couverture...

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lundi 7 juillet 2014

Et rien d'autre - James Salter (Présélection du prix FNAC 2014 [1/5])

Entre les 2 et 26 juin 2014, ayant été sélectionnée pour faire partie du prix du jury du roman FN*C, j'ai lu les cinq romans que l'on m'avait envoyés. Je dois dire que la pioche fut bonne. Les cinq ouvrages m'ont plu chacun dans leur genre. Mon plaisir de lecture a été nettement supérieur à celui de l'année dernière.

Je commence par Et rien d'autre (Editions de l'Olivier, 364 pages), le nouveau roman de l'Américain James Salter (né en 1925). Le roman paraîtra le 21 août 2014. Pendant 40 pages, il brosse un portrait de personnages dans l'Amérique de la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'aux années 90. Ce n'est pas une histoire linéaire mais plutôt des moments dans la vie d'un certain Philip Bowman: c'est lui qui sert de fil conducteur. Démobilisé de la Marine en 1945, Bowman n'a pas connu son père avocat. Ce dernier a quitté sa femme pour une autre. Bowman fait des études à Harvard, et devient directeur littéraire dans une petite maison d'édition. Salter évoque, de-ci de-là, quelques grands noms de la littérature (Tolstoï, Ezra Pound, Hemingway). La rencontre de Bowman avec Vivian, riche héritière, va changer sa vie, mais ils n'appartiennent pas au même monde. Ils se marient puis divorcent. Philip Bowman connaîtra d'autres femmes. Les repères chronologiques des années qui passent se font au détour d'une phrase. Des personnages que cotoie Philip Bowman sont mis en lumière sous la plume de Salter, qui écrit un roman foisonnant sur les succès et aussi les échecs d'une génération. Mais j'avoue m'être un peu perdue parfois dans les méandres de ces histoires plus ou moins imbriquées. C'est pourtant un roman que je vous conseille pour son style brillant. Ce roman paraît après 10 ans de silence de la part de l'écrivain.

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vendredi 13 juin 2014

Les brumes de l'apparence - Frédérique Deghelt / Les amants imparfaits - Pierrette Fleutiaux /Caprice de la reine - Jean Echenoz

En préambule, je voudrais dire que les trois livres ci-dessous n'ont pas vraiment été des coups de coeur même si du point de vue littéraire, je n'ai rien à redire. Mais les sujets ne m'ont pas enthousiasmée surtout les deux premiers.

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Les brumes de l'apparence de Frédérique Deghelt (Actes sud, 360 pages, paru en mars 2014) est le premier roman que je lis de cette auteure. Et je l'ai fait par hasard. J'avoue que l'histoire m'a laissée perplexe. Gabrielle, une Parisienne dans la quarantaine, apprend qu'elle a hérité d'un domaine composé de deux maisons en ruine au milieu d'une forêt traversée par un cours d'eau en plein centre de la France. Gabrielle a une vie active bien remplie, un grand fils et un mari chirurgien esthétique. Avant de les mettre en vente, elle est amenée à passer une nuit dans une des maisons sans électricité et sans réseau téléphonique. Coupée du monde des vivants, dans cet endroit hanté par un ancêtre malfaisant, elle va se découvrir médium: elle voit des personnes décédées. Sa vie privée va s'en trouver bouleversée. Je ne m'attendais pas à ce genre d'histoire. Frédérique Deghelt va jusqu'au bout de son propos avec exorcisme à l'appui. Surprenant.

 

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Les amants imparfaits de Pierrette Fleutiaux (Babel, 300 pages, 2007). J'ai acheté ce roman (paru en 2005 aux éditions Actes Sud) à la foire "Lire à Limoges" en avril dernier. Il m'a été gentiment dédicacé par Mme Fleutiaux. Comme pour Frédérique Deghelt, c'est le premier roman que je lis de cet écrivain. A nouveau, je ne peux pas dire que j'ai été emballée par l'histoire de Raphaël et des jumeaux Camille et Léo. Pierrette Fleutiaux écrit d'une façon qui m'a paru complexe en prenant beaucoup de chemins détournés (ce qui ne m'a pas rendu la lecture facile) pour nous raconter comment Raphaël, 20 ans, Léo et Camille, 17 ans, comparaissent devant un tribunal. Il faut attendre presque 300 pages pour le savoir. Raphäel qui est aussi le narrateur raconte sa rencontre avec Léo et Camille quand il avait 9 ans et les jumeaux 6 ans, dans une petite ville de province au centre de la France. Issus d'une famille aisée, Léo et Camille qui se ressemblent beaucoup fascinent Raphaël (né, lui, dans une famille modeste). Son père est décédé et c'est sa mère qui l'élève. Et pourtant Léo et Camille m'ont paru être des êtres assez ambigus (j'ai cru deviné qu'ils avaient une relation incestueuse), ni très sympathiques ni intéressants. Je suis restée très en dehors de cette histoire et j'ai fini soulagée d'avoir été jusqu'au bout.

 

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Je termine avec Caprice de la reine de Jean Echenoz (Editions de Minuit, 120 pages), qui rassemble sept récits disparates de longueurs inégales. J'ai retenu le premier, intitulé "Nelson". En 7 pages concises et précises, Echenoz nous raconte un moment dans la vie de l'Amiral Nelson en 1802. Borgne, manchot, souffrant de sequelles du paludisme et du mal de mer (!), il est invité à un dîner dans le Suffolk. Là entre deux plats, il quitte la table des convives, s'en va à l'orée des bois alentour et plante des glands qui donneront des arbres. Ces mêmes arbres serviront à contruire des bateaux et des tonneaux. C'est d'ailleurs dans un tonneau rempli d'eau-de-vie que le corps de l'amiral sera conservé, quand il mourra à la bataille de Trafalgar. On retrouve tout l'art d'Echenoz dans ce récit. J'ai aussi beaucoup aimé "Génie civil" (40 pages), sur l'histoire des ponts en général, et d'un pont en particulier, situé en Floride. Un dénommé Gluck, ingénieur en génie mécanique et spécialiste des ponts, est le fil conducteur de cette histoire. Ayant donné rendez-vous à une jeune femme près d'un pont en Floride, il va être le témoin impuissant de la collision d'un bateau contre le pont et tout ce qui s'ensuit à cause d'un orage hors norme. Une fois encore, Echenoz déploie son talent d'écrivain en peu de mots mais tellement évocateurs. Les cinq autres récits m'ont moins convaincue. De cet écrivain, je préfère les quatre romans que j'ai déjà lus.

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dimanche 1 juin 2014

Depuis le temps de vos pères - Dan Waddell / Les sept fils de Simenon - Ramon Diaz-Eterovic

Voici deux romans que je vous recommande.

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Dans Depuis le temps de vos pères de Dan Waddell (Editions du Rouergue, 300 pages), on retrouve Grant Foster qui se remet doucement des différents traumatismes corporels qui lui a été infligés précédemment (lire Code 1879) et Nigel Barnes le généalogiste. A Londres, de nos jours, plusieurs personnes sont assassinées et des adolescentes de 14 ans enlevées. Grâce à Barnes, à un cheveu et à l'ADN, on apprend qu'ils sont tous des descendants d'un couple, Sarah et Horton, qui à la fin du XIXème siècle ont commis un péché mortel aux yeux de leur communauté religieuse, les Mormons pour les citer. L'histoire emmène notre généalogiste et une jeune femme policier jusque dans l'ouest des Etats-Unis, en Utah, où sont archivés des millions de noms rassemblés par les Mormons sur un registre des morts. Depuis le temps de vos pères est un roman que j'ai lu en moins d'un week-end. J'ai trouvé l'histoire peut-être moins passionnante que celle de Code 1879 car l'enquête généalogique est nettement plus vite expédiée. L'intrigue m'a paru bien menée. Le troisième tome des enquêtes du généalogiste m'attend sur une de mes nombreuses PAL. Lire les billets de Corinne, Soie, Titine,

Je continue avec Les sept fils de Simenon de Ramon Diaz-Eterovic (Metailié Noir, 280 pages) où j'ai eu le plaisir, une fois de plus, de revenir à Santiago du Chili pour retrouver le détective privé Heredia et son chat Simenon (qui à force de conter fleurette aux chattes de gouttière devient papa de sept chatons). Heradia est toujours fauché mais cela ne l'empêche pas de nourrir son chat à qui il voue une grande affection. Il donne une réponse que j'aime beaucoup quand on l'interroge à propos de son amour pour son chat. Il reprend une citation de Cocteau: "Je préfère les chats aux chiens parce qu'il n'y a pas de chats policiers" (p. 110). Heredia devient suspect d'un meurtre perpétré sur la personne d'un expert-comptable/avocat dans un hôtel miteux où notre privé se trouvait en même temps. L'enquête que mène Heredia lui fait découvrir des malversations à propos de l'attribution de marchés publics à des entreprises peu respectueuses des gens et de la nature. La victime qui s'appelait Gordon était incorruptible. Pour l'aider dans ses investigations, Heredia a l'appui de son ami Anselmo, le kiosquier, de Madame Zara, sa voisine de palier, voyante extra-lucide, et d'un américain grand amateur de bière. La ville de Santiago et ses habitants sont toujours très présents dans ce roman vraiment plaisant.

vendredi 23 mai 2014

L'insoutenable légèreté des scones - Alexander McCall Smith / La madone de Notre-Dame - Alexis Ragougneau

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Voici deux romans que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je vous conseille.

D'abord, L'insoutenable légèreté des scones d'Alexander McCall Smith (Editions 10/18, 420 pages), le 5ème volume de la série "44 Scotland Street" (lire ma chronique précédente). Qu'est-ce que je l'ai attendu avec impatience, sachant qu'en 2010 (au moins), il était déjà paru en anglais! Je ne comprends pas pourquoi l'éditeur 10/18 n'a pas jugé bon de faire paraître cette Insoutenable... plus tôt. En plus, il y a encore quatre autres volumes à venir/traduire. Il faudrait que je remette à l'anglais. Bref. Pour en revenir au livre, comme pour les volumes précédents, l'écrivain passe d'un personnages à l'autre dans de courts chapitres. Nous les retrouvons là où nous les avions laissés. Bruce, après une déconvenue sentimentale que je vous laisse découvrir, va devenir nettement moins imbu de sa personne et même devenir sympathique. Matthew et Harmony, jeunes mariés, partent en voyage de noces aux antipodes, en Australie. Là, ils vont vivre une mésaventure. Cyril, le chien d'Angus, va devenir papa de quelques chiots. Domenica, la voisine d'Angus, envisagerait (pourquoi pas?) de se marier avec Angus. Quant à Bertie, qui est le seul personnage à avoir toujours le même âge (6 ans) depuis le premier volume, il va devenir scout, au grand dam de sa maman Irène. Sinon, le titre du roman me paraît énigmatique, car, sauf oubli de ma part, il n'est pas du tout question de scones dans les différentes histoires. Pour ceux qui n'ont jamais abordé cette série, je vous conseille quand même de les lire dans l'ordre en commençant par le premier.

Je continue avec La madone de Notre-Dame, le premier roman d'Alexis Ragougneau (Viviane Hamy, 200 pages), que j'ai estimé très réussi. L'intrigue tient la route et c'est bien écrit. Le roman se déroule sur une semaine. Un meurtre est commis dans la cathédrale de Notre-Dame à Paris au moment du week-end de l'Assomption. Il concerne Luna Hamache, une jeune "beurette" court vêtue que l'on retrouve étranglée. Une partie de son anatomie a été bouchée à la cire de cierge. Claire Kauffmann, une jeune procureur aidée par Landard, un policier borné, boucle rapidement l'enquête. Un coupable idéal est appréhendé, un jeune homme amoureux de la Vierge Marie. Mais ce n'est pas lui le meurtrier. A partir de là, un prêtre, le père Kern qui souffre d'une maladie mystérieuse depuis l'enfance (il a des poussées de fièvre et il ne mesure qu'1m48) et auquel on s'attache vite, reprend les investigations qui vont le mener à démasquer le vrai coupable. Ce roman a vraiment de grandes qualités. Tout au plus me semblerait-il que certains personnages ne sont peut-être pas assez fouillés et sont parfois laissés de côté un peu abruptement (comme par exemple la procureur et le policier Landard). J'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là.

Lire les billets de Claude Le Nocher, La petite souris, Valérie, ainsi que celui de Eeguab (suite à son commentaire ci-dessous).

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samedi 17 mai 2014

Cyber menace - Tom Clancy / L'appel du coucou - Robert Galbraith (pseudonyme de J.K Rowling)

Voici deux "pavés" relativement vite lus.

Cyber menace (Editions Albin Michel, 720 pages) est le premier roman de Tom Clancy que je lis. Tom Clancy (disparu en octobre 2013) l'a co-écrit avec Mark Greaney. J'ai été attirée par le titre, la menace cybernétique, le cyber espionnage, le cyber sabotage. Les "méchants" de l'histoire sont une poignée de Chinois qui travaillent en sous-main pour le gouvernement chinois, qui veut étendre son influence au large de la mer de Chine. Ce roman décrit l'affrontement entre deux grandes puissances, d'un côté les Américains et de l'autre les Chinois, par cyber attaques interposées. Au milieu, nous trouvons Jack Ryan, le président des Etats-Unis et son fiston, Jack Ryan junior, qui travaille dans une agence de renseignements très secrète. Le roman assez haletant comportent de nombreuses scènes d'action où les victimes ont surtout à voir avec l'informatique. Vous pouvez deviner la fin de l'histoire: le monde libre est sauvé grâce aux Américains (pour l'instant). Roman idéal pour l'été. 

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Maintenant, je passe à L'appel du coucou (Editions Grasset, 570 pages) de Robert Galbraith (pseudonyme de J.K Rowling), qui se lit très agréablement. Un certain John Bristow demande à Cormoran Strike, un détective privé unijambiste (il a perdu une jambe au combat en Afghanistan), de rouvrir une enquête. En effet, Bristow, qui a connu Strike pendant l'enfance, n'est pas convaincu par la thèse de la police qui a établi que sa soeur, Lula Landry, s'est suicidée trois mois auparavant en se jetant du balcon de son appartement en plein Londres. Lula Landry, une jeune femme noire, était un mannequin célèbre, riche à millions et vraiment très jolie. Spike accepte d'autant plus la demande qu'il est dans une passe financière difficile. Et sa fiancée vient de le quitter. Il vit et dort dans son bureau. Cette manne financière inespérée lui permet d'engager une secrétaire intérimaire, Robin Ellacott. A eux deux, ils vont dénouer les fils d'une intrigue retorse dans laquelle nous est révélée l'histoire d'une famille où se mêle la folie, l'appât du gain et la jalousie. Beaucoup de personnages sont des suspects potentiels, car Cormoran et Robin découvrent que Lula (surnommée "le coucou" par un des ses proches) a en effet bien été assassinée. L'intrigue est menée tambour battant, même si je trouve que le roman aurait été meilleur avec 60 pages de moins. Après Une place à prendre, J. K. Rowling confirme qu'elle a tourné la page "Harry Potter". Il semble qu'une suite avec Robin et Cormoran est prévue. 

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Lire les billets de sylire, dominique et Le Papou.

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dimanche 11 mai 2014

Quatre romans lus et non commentés depuis courant mars 2014 (suite)

Voici quatre romans que j'ai lus depuis ces trois derniers mois (dans la continuité de mon article du 14 avril 2014).

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Je commencerai par La bête de Kenneth Cook (Editions autrement). J'ai trouvé qu'il s'agissait d'une oeuvre un peu "fond de tiroir" parmi ce que j'ai lu du romancier disparu en 1987. Selon moi, la forme "nouvelle" aurait mieux convenu que celle du roman. Un père et son fils, dans le bush australien, essayent de chasser un énorme sanglier qui dévaste tout sur son passage. L'animal semble narguer les humains en général et ces deux hommes en particulier. Cette "bête" ne se laisse pas prendre et montre une sorte d'intelligence. Jusqu'au bout, on se demande qui va l'emporter. Je vous laisse le découvrir. De l'écrivain, préférez ses nouvelles ou d'autres romans.

 

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Ne deviens jamais vieux! de Daniel Friedman (Editions sonatine, 330 pages) avait eu de bonnes critiques dans la presse. Pour ma part, je suis restée sur ma faim en compagnie de Buck Schatz, un octogénaire (87 ans) ancien flic qui va de temps en temps prier à la synagogue. Il reprend du service flanqué de son petit-fils Tequila. Ils partent à la poursuite de lingots d'or cachés dans un coffre de banque. Ces lingots sont la possession d'un criminel nazi grabataire pensionnaire d'une maison de retraite. Buck et Tequila ne sont pas tout seuls à la poursuite du magot et les cadavres s'accumulent. Pour ce qui me concerne, ce livre ne m'a pas convaincue du tout. S'il y a de l'humour, cela m'a échappé. Et Buck ne m'a pas du tout attendrie.

 

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Le diable sur les épaules (Editions Pocket, 544 pages) de Christian Carayon se passe dans les années 20 dans la région du Tarn. Un jeune criminologue, Martial de la Boissière, est appelé en renfort par Camille, l'institutrice du villlage et amie d'enfance de Martial. Un, puis deux, puis trois crimes atroces sont commis à La Vitarelle. Les morts ont des liens. Les crimes ne sont pas commis au hasard. On découvre, en même temps que Martial, une sombre histoire familiale et un crime impuni qui remonte au tout début de la première guerre mondiale. Ce roman est aussi l'histoire de deux frères orphelins qui ont été recueillis par des fermiers mal dégrossis. Christian Carayon, pour son premier roman, fait preuve de talent en manageant le suspens. Le petit reproche que je ferais, c'est que j'ai trouvé le roman un petit peu long (surtout vers la fin). Mais très recommandable.

 

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Je termine avec Des noeuds d'acier (Editions Denoël, 260 pages) de Sandrine Collette. Après avoir lu moult billets élogieux, je me suis décidé à découvrir ce premier roman maîtrisé et haletant. Je l'ai dévoré en une soirée et le début de matinée du lendemain. Dès que l'on commence, on ne peut pas s'arrêter et on sort groggy (car on se dit que cela pourraît être un fait divers réel). Théo vient de purger une peine de 19 mois de prison pour avoir tabassé et réduit à l'état de légume son frère (ce dernier avait couché avec la femme de Théo). Etant parti se ressourcer dans un coin isolé en France, Théo va connaître l'enfer sur terre. En effet, capturé, enchaîné et réduit à l'état d'animal par deux frères septuagénaires (Basile et Joshua), Théo vit un cauchemar épouvantable. Jusqu'au bout, on attend que surgisse un deus ex machina car on a du mal à imaginer qu'il n'y ait personne pour lui porter secours. Sandrine Collette (dont un deuxième roman est paru) sait captiver son lectorat. Vraiment bien, je conseille. Lire les billets d'Aifelle, Sandrine, Valérie, Mon petit chapitre et Véronique

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