mercredi 29 juillet 2009

The Reader (Le liseur) - Stephen Daldry

Produite par feu Sydney Pollack et feu Anthony Minghella (excusez du peu), cette adaptation du roman Le Liseur, de l'auteur allemand Bernard Schlink, m'a beaucoup plu, pour diverses raisons, dont les interprétations dignes d'éloges des acteurs, en particulier celle du jeune David Kross qui interprète le rôle de Michael Berg jeune (une révélation), et puis pour l'histoire elle-même qui est prenante. Le Liseur (Der Vorleser en VO) est le roman qui a fait connaître Bernhard Schlink au grand public. Pour ceux qui n’ont pas encore vu le film, The Reader (pourquoi avoir gardé le titre en anglais?) commence par un flash-back en 1958 à Berlin. Michael Berg, âgé de 15 ans, rencontre fortuitement Hannah Schmitz qui a 20 ans de plus que lui. Chez elle, il découvre l’amour physique avec cette femme un peu fruste qui parle peu mais qui demande à Michael de lui faire la lecture pendant, avant ou après leurs ébats, ce que Michael fait avec plaisir (toutes ces scènes sont très belles). Cette liaison ne dure que quelques semaines avant qu’Hannah ne disparaisse sans rien dire, laissant Michael désemparé. Etudiant en droit, il la retrouve 8 ans plus tard, en 1966: il assiste à un procès où Hannah est une des accusées. Là, il apprend le passé de cette dernière. Pendant les 20 ans qui suivent, Michael refusera d’aller rendre visite à Hannah en prison mais il lui enregistrera des livres sur cassettes. Toute la vie d’homme de Michael sera hantée par ce qu’il a vécu avec elle. On suppose qu’il en veut à Hannah mais en même temps il aime encore cette femme qui a bouleversé sa vie. Malgré quelques longueurs sur la fin et le maquillage pour vieillir Kate Winslet (pas forcément une réussite), je vous conseille ce film que j’ai vu dans une salle pleine de spectateurs attentifs. Parmi les blogueurs que je lis [liste non exhaustive!], Wilyrah, Diane_Selwyn, Armelle, Vlad, Tinalakiller, Pimprenelle en disent du bien, Rob a trouvé le film impeccable mais ennuyeux, pL est aussi un peu mitigé.

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samedi 25 juillet 2009

L'amour en kilt - Alexander McCall Smith

Suite de 44, Scotland Street et de Edimbourg Express (cf. mon billet du 27/07/2008), ce 3ème opus L'amour en kilt (titre un peu "cucul" pour Love over Scotland, "De l'amour au-dessus de l'Ecosse" - le titre fait penser à un de ceux de la collection Harlequin, n'est-ce pas?) nous permet de retrouver, avec des incursions hors d'Edimbourg, la plupart des héros récurrents des deux précédents livres: Bertie, 6 ans, qui se retrouve à jouer du saxo ténor dans un orchestre pour adolescents à Paris (France), et Domenica à Malacca (Malaisie) qui fait une étude sur les pirates (qui attaquent les bateaux en mer). Pour se faire comprendre, elle parle en "Pidgin". A Edimbourg, Irène, la maman de Bertie, bien qu'enceinte, continue malgré tout à être insupportable et surprotectrice envers son fils: elle pense, parle, agit pour lui. Elle continue la mise en oeuvre "du projet Bertie" (pauvre Bertie!). Cyril, le chien à la dent en or, se fait voler presque sous les yeux de son maître Angus Lordie, lequel voit arriver d'un mauvais oeil Antonia, qui emménage dans l'appartement de Domenica pendant son absence. Toujours à la même adresse, Pat éprouve un tendre sentiment pour un dénommé Wolf qui suit le même cursus universitaire qu'elle. Matthew, qui tient une galerie (et est l'employeur de Pat), se retrouve riche et tombe amoureux de cette dernière. Enfin, Big Lou, la tenancière du bar où Matthew va régulièrement, connaît des déboires sentimentaux à cause d'un certain Eddie (qui, en plus, la dépouille de son argent). Le roman fait 400 pages (Editions 10-18) et on en redemande (d'ailleurs, je sais que la série continue). C'est une bonne lecture distrayante pour l'été.

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mardi 21 juillet 2009

Films vus et non commentés depuis le 7 juilllet 2009

Poursuivant ma série, voici cinq films (dont trois réalisés par des femmes) dont les personnages principaux sont des membres de la gente féminine pas toujours très bien dans leur peau. C'est le moins que l'on puisse dire. Quatre sont américains, le dernier est un film français qui se passe au Québec.

Coraline de Henry Selick (le réalisateur de l'Etrange Noël de Mister Jack) est un conte qui fait peur. Très beau visuellement, ce film d'animation m'a quand même paru long à démarrer. Coraline et ses parents se sont installés dans une grande maison isolée à la campagne. Ses parents sont tellement pris par leur travail que Coraline s'ennuie. Une nuit, attirée par une porte dérobée, elle suit un couloir bas à quatre pattes et se retrouve dans une maison (presque) identique où une autre mère et un autre père semblent être les parents idéaux. Petit détail sinistre, ils ont des boutons à la place des yeux. Je retiens du film les personnages annexes: Mesdames Spink et Forcible, femmes obèses, trapézistes à leurs heures qui se produisent devant des spectateurs d'un genre particulier: une multitude de chiens scottish terriers; Mr Bobinski, acrobate contorsionniste; un chat très intelligent qui ne donne que des bons conseils à Coraline. C'est un film ni aimable ni gentillet, bien au contraire, je l'ai trouvé très noir. Je le déconseille aux tout-petits. D'ailleurs, il est long: au moins 1h30. Nous étions une dizaine dans la salle où je l'ai vu: uniquement des adultes.

Sherrybaby, de Laurie Collyer, vaut pour Maggie Gyllenhaal, que l'on voit de la première à la dernière image. Elle interprète Sherry, une jeune femme assez paumée qui est en liberté conditionnelle (on ne connaît pas son délit). Bien qu'elle soit "clean" depuis quelques mois, elle est sur le point de "replonger" dans l'addiction à la drogue. Mais Sherry n'a qu'un bonheur dans sa vie: sa petite fille de 6 ou 7 ans, Alexis, qui est à la charge de son frère et de sa belle-soeur. Pour pouvoir la récupérer, Sherry est prête à tout (vraiment tout) pour se réinsérer en trouvant un travail. Au détour d'une scène, on devine peut-être pourquoi l'héroïne s'est droguée: son père, veuf qui s'est remis en ménage, a des gestes déplacés envers Sherry. Ceci explique peut-être cela. Ce film a été tourné en 2006 et est sorti en France seulement cette année: mystère de la programmation. Maggie Gyllenhaal crève l'écran.

Sunshine cleaning, de Christine Jeffs, raconte comment deux soeurs, Rose et Norah, se retrouvent à nettoyer les scènes de crimes ou de suicides. Malgré le sujet, le film dégage beaucoup de bonne humeur grâce au charme et au talent des deux actrices principales, Amy Adams et Rachel Blunt. Rose, qui avait des rêves de réussite étant plus jeune, fait des ménages. Mère célibataire, elle a du mal à joindre les deux bouts, et ceci d'autant plus qu'elle a inscrit son jeune fils, Oscar, dans une école privée. Norah, elle, cherche encore sa voie (si je peux m'exprimer ainsi). Grâce à Mac, son amant (qui-ne-peut-pas-quitter-sa-femme), flic de profession, Rose se met à exercer ce métier très lucratif de "nettoyeuse de scènes de crime". Elle s'associe avec sa soeur pour créer l'entreprise "Sunshine cleaning" dans ce nouveau boulot pas très ragoûtant. Le fait de travailler ensemble les rapproche même si des souvenirs douloureux reviennent à la surface. Comme l'affiche sa pub, il s'agit d'un film des producteurs de Little Miss Sunshine (cf. mon billet du 01/03/2007), mais avec un ton différent. Le père des deux femmes, joué par Alan Arkin (comme ressuscité du film précédent), donne un petit grain de folie supplémentaire.

Rachel se marie de Jonathan Demme a été tourné en vidéo. Ce qui explique que l'image bouge beaucoup. Mais cela permet une grande fluidité dans les scènes de groupe (comme le mariage, ou le dîner juste avant, par exemple). L'héroïne du film est la soeur de Rachel, Kym (Ann Hataway). En cure de désintoxication, on lui a accordé la permission de sortir pour cet événement: Rachel se marie avec un Afro-américain. L'histoire se déroule sur un week-end pendant lequel des rancoeurs refont surface. La mère de Rachel et Kym, Abby, divorcée depuis quelques années du père des deux jeunes femmes, fera une apparition (quel plaisir de retrouver la trop rare Debra Winger). Les scènes de groupes sont très bien filmées. J'ai lu que Jonathan Demme présente son film comme une sorte d'hommage à Un mariage de Robert Altman (1978). Le scénario est de Jenny Lumet (la fille de Sidney). Pour la scène du remplissage du lave-vaisselle (pour ceux qui ont vu le film), elle s'est inspirée d'une scène réelle qui s'est passée entre son père et Bob Fosse.

Romaine par -30 d'Agnès Obadia (seul film francophone de cette série) se passe au Canada par -30 degré celsius. C'est l'occasion de voir Sandrine Kiberlain de la première à la dernière image. Comédie farfelue qui n'apporte pas grand-chose à part qu'on a l'occasion d'entendre parler québécois avec l'accent, de constater que les Québecois sont des gens sympathiques et qu'il ne fait pas chaud au Québec en hiver. L'histoire est irracontable et se finit en queue de poisson.

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vendredi 17 juillet 2009

Dans l'or du temps - Claudie Gallay

Dans l’or du temps (Editions de poche Babel) m'a été recommandé par Aifelle lors de notre rencontre au Salon du livre à Rouen. Je l’en remercie.

C’était le premier livre que je lisais de Claudie Gallay (qui d'ailleurs m'a fait une dédicace). Quand j’ai commencé à lire ce roman, j’ai tout de suite été sensible au style: des phrases courtes avec ou sans verbes conjugués ou à l’infinitif. C’est peut-être pourquoi je l'ai lu très vite. Au tout début, je m’attendais à lire une chronique vacancière du narrateur (dont on ne connaîtra pas le prénom) avec sa famille (sa femme, Anna et ses deux filles jumelles) faisant un séjour dans leur maison près de Dieppe. Et puis, à l’occasion d’une rencontre du narrateur avec une vieille dame nommée Alice habitant une maison voisine, le récit nous fait remonter le passé. Nous nous retrouvons 60 ans en arrière grâce aux souvenirs d’Alice. Elle possède sur une armoire des statues que le narrateur devine être des kachinas, qui incarnent des esprits pour les Indiens hopi. C’est là que Claudie Gallay nous évoque André Breton et son voyage en Amérique, à New York et chez les Indiens hopi en Arizona, de 1941 à 1946. En effet, à cette époque, Alice, jeune adolescente, s’est exilée avec son père, sa mère et sa sœur aux Etats-Unis. Ils ont pris le même bateau que Breton et sa femme. Le père d’Alice était photographe et était l’ami d’André Breton à l’époque. Alice et son père ont suivi André jusqu’en Arizona. On apprend quelques-uns des us et coutumes, dont la danse du Serpent, de ces Indiens qui n’aimaient pas qu’on les prenne en photo ou qu’on les dessine. Le roman alterne ce récit dans le passé et ce que ces souvenirs provoquent pour le narrateur. Il remet sa vie en question sans s’en rendre compte. Avant la fin de leur séjour, sa femme Anna le quitte en emmenant les jumelles. C’est peut-être le point faible du roman comme l’a souligné Dominique. Je n’ai pas compris le lien entre les souvenirs d’Alice et ce qui arrive au narrateur. Ceci mis à part, c’est un roman qui donne envie de mieux connaître la culture amérindienne et de se plonger dans les ouvrages qui ont servi à écrire ce roman et qui sont indiqués dans la bibliographie à la fin de l’ouvrage. Quant au titre un peu mystérieux du roman, il s’agit d’une partie de l’épitaphe inscrite sur la tombe d’André Breton, au cimetière des Batignolles: «Je cherche l’or du temps».

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mercredi 15 juillet 2009

Blog d'or - Dernière minute

Je viens d'apprendre par Dominique qu'elle m'avait décerné un Blog d'or. Je la remercie, elle, fidèle commentatrice parmi quelques autres. Même si je ne suis pas très à l'aise avec les honneurs ne sachant pas quoi dire à part les banalités d'usage, cela me fait plaisir qu'on ait pensé à moi. Dans cette récompense, j'associe "Ta d loi du cine" sans qui j'aurais jeté l'éponge depuis longtemps.

BlogDeOuro

Selon les instructions ci-dessus, je dois décerner à mon tour des blogs d'or: quel dilemme cornélien!

Pour ne pas faire de jaloux, je décerne mes blogs d'or à tous les blogs qui sont en lien dans la colonne de droite de mon blog.

Et sinon plus particulièrement à :

Jade parce que ses textes sur les films et les livres qu'elle chronique sont de grande qualité. Ils sont peu nombreux et donc précieux.

Aifelle parce que je l'ai rencontrée (qu'elle a été de très bon conseil pour mes deux dernières lectures) et que j'aime son blog divers et varié qui parle de livres mais de tellement d'autres choses. En outre, on peut y admirer de belles photos.

Ffred parce qu'il a été le premier à me faire un commentaire sur mon blog balbutiant et que son blog chronique de façon claire les films à voir (ou à ne pas voir).

Coming soonn car son blog qui a moins d'un an est déjà très riche en billets intéressants sur le cinéma, les livres, les expos, etc.

Mettre le blog d'or sur son blog
- Mettre un lien vers le blog qui le lui a transmis
- Offrir cette récompense à un ou plusieurs autres blogs
- Informer les destinataires
- Recopier le règlement.

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lundi 13 juillet 2009

Jaffa - Keren Yedaya

Après Amerikka, voici Jaffa (de Keren Yedaya), du nom d'un faubourg de Tel Aviv en Israël, connu pour ses oranges. On sait moins que les Palestiniens et les Israéliens y cohabitent tant bien que mal et ce n'est pas toujours facile. La preuve en est l'histoire qui nous est racontée. Mali, une jeune femme israelienne âgée de vingt-et-un ans, travaille avec son frère Meir dans le garage de leur père, Reuven, marié à Osnat (Ronit Elkabetz) qui paraît beaucoup plus jeune. Reuven a deux employés palestiniens, le père et le fils, Malik. Mali et Malik s'aiment en secret, ils veulent même se marier. Les rapports entre Meir et ses parents sont difficiles. Mali, quant à elle, parle peu. Osnat est une femme choyée qui semble n'avoir qu'une occupation dans la vie: regarder la télé en se faisant masser les pieds. Je trouve qu'elle parle à sa fille comme si elle était une étrangère. Je n'ai pas ressenti d'affection entre elles. Un matin, au garage, Meir, qui n'est pas très bien dans sa peau, s'en prend violemment au père de Malik. Le drame éclate. Malik qui tue Meir accidentellement est incarcéré pour plusieurs années. Enceinte, Mali veut avorter (en Israël, il faut avoir l'accord des autorités) mais décide en fin de compte de garder le bébé. Bien entendu, ses parents ignorent tout de sa peine, de son désarroi et qui est le père de l'enfant. Se sentant coupable de ce qui arrive, Mali ne veut plus avoir de nouvelles de Malik. Sa fille Shiran naît. Quelques années passent... Peu à peu, Mali s'émancipe de l'autorité de ses parents qui apprennent la vérité sur le père de Shiran (ils le prennent très mal). Le conflit entre eux est palpable. Pendant ce temps, Malik sort de prison. Et la dernière séquence est pleine d'espoir. En y repensant, j'ai trouvé le film bien mais je n'ai pas été touchée par les personnages. J'ai même trouvé le couple formé par Reuven / Osnat assez antipathique malgré leur détresse. Jaffa m'a semblé lisse, un peu froid, même si je le répète, la fin peut faire espérer. Dans le dossier de presse en ma possession, la réalisatrice, dans une interview, donne des clés pour comprendre les personnages mais ce n'est pas visible à l'écran.

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dimanche 12 juillet 2009

Blog au ralenti

Vue la torpeur estivale qui s'installe sur la blogosphère, je ne publierai plus, à partir du 13 juillet jusqu'à fin août 2009, qu'un billet tous les 4 jours. Cela me permettra de prendre mon temps pour lire, voir ou visionner, et rédiger. A toutes et tous, bonnes vacances.

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samedi 11 juillet 2009

Les deux visages de Janus - André et Michèle Bonnery

Grâce à Blog-o-book, j'ai eu la chance de me plonger dans la période de l'Antiquité tardive avec ce roman historique, Les deux visages de Janus (Actes Sud), écrit à quatre mains. C'est une époque dont j'ignore tout. Après avoir terminé le roman, je ne suis pas sûre d'être plus érudite mais j'aurai entendu parler du monothélisme, du fait qu'il y avait un empereur à Constantinople qui gouvernait Rome de loin, que, l'Empire romain n'existant plus, les Arabes ont conquis beaucoup de territoires du pourtour méditerranéen jusqu'en Espagne où vivent les Wisigoths (même si les Sarrazins ne sont pas loin). L'histoire se passe essentiellement à Rome entre mars et septembre 680. La ville qui fut la plus puissante agglomération de la terre est devenue une modeste cité où demeurent essentiellement des Latins, des Juifs et des Orientaux ayant fui les invasions arabes. Les palais et autres monuments, bien que pillés ou démantelés, arrivent, pour quelques-uns, à être restaurés grâce aux riches notables issus de la vieille noblesse. Ces derniers vivent sur le Palatin dans de vastes maisons établies dans d'anciens palais impériaux. Il  y a aussi des groupes de pélerins venus de partout pour se prosterner devant des reliques ou des représentations saintes. C'est pourquoi Rome, qui s'enrichit grâce à l'afflux de ces pélerins, est devenue la capitale du monde chrétien. Le 79ème pape élu au trône de Saint Pierre depuis 678 se nomme Agathon. Evêque de Rome, il est l'un des personnages principaux du roman. Parmi les autres personnages, nous trouvons le Dux Romae, Etychès, chef de l'armée et de police; ses auxiliaires: Abdon, Paul et Pretextat; et un moine appelé Eucher, ami de longue date du pape, qui arrivera à trouver le coupable de plusieurs crimes. En effet, des mosaïstes de talent venus pratiquer leur art dans les églises romaines disparaissent ou meurent "accidentellement". Les Juifs font partie des premiers suspects. Au fur et à mesure que l'on avance dans le récit, on comprend le mobile de l'assassin (l'iconoclaste) qui trouve sacrilège la représentation des images saintes: la Vierge, Jésus et les Saints. Cette idôlatrie arrive à corrompre l'humanité. L'assassin a des raisons personnelles qui viennent de l'enfance pour perpétrer ces crimes. Spécialiste en histoire de l'Antiquité tardive, André Bonnery (1) nous livre un roman passionnant de 440 pages qui se lit facilement sur une période de l'histoire méconnue. En revanche, un petit préambule descriptif de l'époque n'aurait pas été superfétatoire à moins que (comme moi) vous ne vous plongiez dans un dictionnaire encyclopédique. Quant au titre, je crois comprendre que l'on parle d'un homme aux deux visages (ange et démon à la fois). Merci encore Blog-o-book.

(1) J'avais interverti avec Michèle, merci Madame Charlotte (cf. commentaire ci-dessous)

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jeudi 9 juillet 2009

Le Hérisson - Mona Achache

Librement inspiré du roman à succès L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery (éditions Gallimard) dont il n'a été gardé que la moitié du titre, Le Hérisson de Mona Achache m'a bien plu. C'est un film reposant. Je ne peux pas mieux le décrire. Je trouve que la réalisatrice s'est bien tirée de sa tâche de scénariste, en réussissant à retrouver le ton du livre, léger et grave à la fois, même s'il manque peut-être un peu de l'humour du roman. Personnellement, j'avais beaucoup ri. L'angle du récit a changé en faisant de Paloma l'unique narratrice de l'histoire. A l'aide d'une caméra, elle filme ce qui se passe autour d'elle et fait aussi du graphisme. Le récit se concentre essentiellement sur trois personnages: Paloma, Renée, la concierge, et un Japonais, Monsieur Kakuro Ozu, nouveau venu dans l'immeuble chic (cinq appartements, un par étage) d'un arrondissement chic de Paris où se déroule le récit. Paloma Josse (étonnante Garance Le Guillervic) veut se suicider le jour de ses 11 ans. Il lui reste donc moins d'un mois à vivre. Très intelligente, elle a décrété qu'elle ne veut pas devenir un poisson dans un bocal comme ses parents: son père, ministre sur le déclin, et sa mère, qui est dépressive et en analyse. Paloma a aussi une grande soeur qui traite la concierge avec mépris. Renée, veuve depuis 15 ans, la cinquantaine, pas belle, pas mince, et parfois à la mauvaise haleine, n'a comme compagnon qu'un chat débonnaire mais (fait rare) qui transpire des pattes. Il s'appelle Léon (comme Tolstoï). Dès qu'il a emmenagé, M. Kakuro devine tout de suite que Renée n'est pas celle que l'on croit. Lui aussi possède deux chats gris, Kitty et Levine (deux personnages d'Anna Karénine du même Léon Tolstoï). Il lui offre une édition rare de ce roman et l'invite à dîner chez lui. Renée n'en revient pas, elle, qui dans une pièce attenante à sa loge, cache au regard des autres une bibliothèque (les 4 murs sont tapissés de livres). Le film se termine comme le roman. Les trois comédiens prinicipaux sont bien. Josiane Balasko, toute en retenue, la jeune Garance Le Guillervic, une révélation pleine de fraîcheur, et Togo Igawa qui a appris son texte français phonétiquement. J'espère que ce film donnera envie de lire le roman très bien écrit. Et oui, Rob, je dois être une des trois petites vieilles qui ont aimé le film.

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mardi 7 juillet 2009

Films vus et non commentés (suite de la série)

Faisant suite au billet du 23/06/09, en voici un autre sur trois films, dont deux m'ont plu mais sans plus; ils sont encore largement à l'affiche du fait de leur succès.

Je commence par Tokyo sonata de Kiyoshi Kurosawa qui a été pour moi une grande déception. Je l'ai vu un jour après The Chaser, pendant la même opération des "séances de rattrapage" (cf. mon billet du 19/06/09). J'avais lu de très bonnes critiques dont celle d'Ed. A Tokyo, un père de famille se trouve licencié du jour au lendemain de la société de services qui l'employait. Il fait comme si de rien n'était, n'avouant rien à sa femme. D'ailleurs, il part le matin avec son costume cravate et sa serviette. Il trouve un travail de "technicien de surface" dans une galerie marchande. C'est là que sa femme le rencontre par hasard. Pendant ce temps, leur fils aîné s'engage dans l'armée américaine (oui, oui, les Américains ont décidé d'enrôler quelques dizaines de jeunes Japonais dans l'armée américaine - on est juste au début de la guerre d'Irak) et le plus jeune prend des cours de piano sans en parler à ses parents. Il paie ses leçons avec l'argent de la cantine. Et en l'espace de 6 mois, il devient un virtuose capable de jouer "Clair de Lune" de Claude Debussy. Je n'y ai pas cru une seconde (en plus, on voit bien que ce n'est pas lui qui joue). Ce film bizarre m'a laissé perplexe avec ses ellipses et quelques scènes un peu irréalistes: la mère et le cambrioleur d'un part et le père que je croyais mort, renversé par une voiture, d'autre part. L'ensemble paraît être une illustration de l'état du monde en général et du Japon en particulier. Un grain de sable provoque le chaos mais la sérénité peut revenir. Je n'avais encore jamais vu de film de ce réalisateur, Kiyoshi Kurosawa (ne pas confondre avec Akira), qui est plus connu pour des films d'horreur comme Kairo et Cure. Personnellement, je ne suis pas pressée de connaître le reste de son oeuvre.

Tout, dans Good Morning England du réalisateur de Love Actually (Richard Curtis), est un hommage aux années 60: la musique, les costumes, les coiffures. J’aime bien le titre original au double sens: "The boat that rocked" (allusion au rock n’ roll et au fait que le bateau chavire à la fin du film.) L'essentiel de l'histoire se passe sur un bateau genre cargo un peu épave, stationné au large de la Mer du Nord, où une bande de DJ's passait sur les ondes radio du rock'n'roll au grand dam de certains membres du gouvernement britannique. C'était une musique de "sauvages" avec des textes qui n'étaient pas pour toutes les oreilles. Personnellement, j'ai passé un bon moment à la projection mais sans plus. Je n'ai pas compris l'engouement "bloguesque" pour ce film qui manque un peu de scénario et beaucoup de réalisation. Et tant qu'à faire d'écouter la musique, on peut l'acheter ou la télécharger. En revanche, les acteurs sont tous excellents, mais on ne voit pas assez Bill Nighy (toujours très très drôle et "so British").

Tellement proches (de Eric Toledano et Olivier Nakache), sur lequel Jérome de cinefeed et cinefriends a rédigé un genre de journal de bord (il a été sur le tournage), est sorti depuis quelques semaines. J'ai beaucoup aimé les personnages tous attachants mais un peu disjonctés. C'est le genre de famille où, quand on en épouse un membre, on épouse la famille entière avec tout ce que cela signifie. C'est plus une suite de saynètes qu'autre chose. Nous avons le couple formé par Alain (Vincent Elbaz) qui a épousé Nathalie (Isabelle Carré), et sa famille, à elle, avec. Ils ont un garçonnet, Lucien, un hyperactif qui n'arrête pas de provoquer des catastrophes. Le beau-frère d'Alain, Jean-Pierre (François-Xavier Demaison), et sa femme Catherine (Audrey Dana), vivent à Créteil. Ils ont deux enfants dont Gaëlle qui chante faux. Pour Alain, le dîner de famille est chaque fois une corvée: il n'arrête pas de se perdre en voiture avant de trouver la bonne adresse. Il y a enfin Roxanne, la soeur de Nathalie et de Jean-Pierre. Roxane, dont l'horloge biologique tourne, rêve d'avoir un enfant et le papa qui va bien. Elle jette son dévolu sur un grand et beau noir, médecin interne des hôpitaux que l'on prend régulièrement pour un brancardier ou un infirmier. Personnellement, je n'aimerais pas vivre dans ce genre de famille formidable, ils s'agitent trop. A part ça, tous les comédiens jouent juste.

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