Le blog de Dasola
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23 mai 2018

Everybody knows - Asghar Farhadi

Sur les conseils de Pascale et Aifelle, je suis allée voir Everybody knows (Tout le monde sait) du cinéaste iranien Asghar Farhadi. J'ai hésité, j'y suis allée et verdict: j'ai aimé mais sans plus. Cela n'a pas la force de Une Séparation (2011 - pour moi, c'est son meilleur film), A propos d'Elly (2009) ou même Les enfants de Belle Ville (2004). C'est en revanche plus réussi que Le passé et même que Le client. Comme Matchingpoints, je me demande pourquoi le film porte un titre anglais (plus vendeur?). En effet, l'histoire se passe en Espagne avec des acteurs qui parlent espagnol. Tout le début du film est réussi, en particulier la séquence du mariage puis le repas et la fête qui s'ensuivent. Laura (Penelope Cruz) est venue assister au mariage de sa soeur dans un village espagnol. Elle arrive d'Argentine avec ses deux enfants dont Irène, l'ainée, une jeune fille assez insupportable. Le mari de Laura, Alejandro (Ricardo Darin), est resté en Amérique du sud. Après la cérémonie et les réjouissances, l'histoire vire au tragique, quelqu'un est enlevé et une rançon est rapidement demandée. Ce ressort dramatique ne m'a pas convaincue, je ne l'ai pas trouvé vraisemblabe surtout quand on fait la connaissance des ravisseurs vers la fin. La famille ne voulant pas appeler la police, chacun mène l'enquête et les jalousies et les rancoeurs sont mises au jour. Seul Paco (Javier Bardem), l'ancien amant de Laura, m'a paru sympathique. Quand le film se termine, c'est là que l'histoire commence vraiment. On aimerait connaître ce qui va se passer. On peut aller voir le film pour les acteurs, même si j'ai trouvé que Ricardo Darin, qui est un acteur que j'adore, joue les utilités. Dommage pour lui. Lire le billet de ffred pas très convaincu non plus.

20 mai 2018

Senses 1, 2, 3, 4 et 5 - Ryûsuke Hamaguchi

senses

A Paris et j'espère ailleurs, on peut voir un film japonais de plus de 5 heures divisé en 3 parties et donc trois séances, Senses (Toucher, écouter, voir, sentir et goûter) de Ryûsuke Hamaguchi. La version intégrale des trois parties en continu a été projetée lors de séances spéciales. Le film qui date de 2015 ne sort que maintenant. Mieux vaut tard que jamais. Les quatre actrices principales été très justement récompensées par un prix d'interprétation au festival de Locarno en 2015. Akari (une infirmière divorcée), Sakurako (la mère au foyer mère d'un grand adolescent), Fumi (mariée qui s'occupe d'une galerie) et Jun (enceinte qui veut divorcer de son mari) sont bonnes amies, même si on se rend compte au fur et à mesure de l'histoire que les liens qui les relient sont fragiles. Elles se sont connues par l'entremise de Jun. Ce film permet de suivre le chemin personnel de chacune de ces femmes après que l'une disparait (Jun). Certaines séquences sont longues (le stage de développement personnel ou la lecture publique d'une histoire) mais jamais ennuyeuses. J'ai aimé ces portraits de femmes dans le Japon contemporain où l'on assiste à un procès en divorce dans un tribunal avec un débat assez violent. Le film est riche même s'il ne se passe pas grand-chose. Par ailleurs, les personnages masculins sont en retrait mais cela ne minimise en rien leur importance. Je retiens la beauté de certains plans, le travail sur la mise en scène et les quatre actrices dont c'est le premier fim. Elles sont magnifiques. Lire les billets de Chris et ffred.

PS: en parlant de film japonais, je suis ravie que Hirokazu Kore-Eda dont j'ai vu presque tous les films jusqu'à présent ait été récompensé par une Palme d'or hier soir, 19 mai 2018, au Festival de Cannes. J'ai hâte de voir le film récompensé.

11 mai 2018

La route sauvage - Andrew Haigh / Une femme heureuse - Dominic Savage

Ayant suivi le conseil de Pascale, je suis allée voir La route sauvage d'Andrew Haigh qui narre l'histoire du jeune Charley, 16 ans, vivant dans l'Oregon. Peu après le début du film, son père volage se fait tuer par un mari jaloux. Quant à sa mère, il ne la connaît pas puisqu'elle est partie juste après sa naissance. Depuis peu, Charley s'occupe d'un cheval de course appelé "Lean on Pete" qui appartient à Del (Steve Buscemi). Ce Del n'est pas tendre avec ses chevaux. Dès qu'ils commencent à perdre des courses hippiques (comme Lean on Pete qui a mal aux jambes) il s'en débarrasse en les revendant au Mexique. Charlie, dévasté par le décès de de son père, kidnappe Pete avant qu'il ne soit revendu. Il s'embarque en sa compagnie vers le Wyoming où Charlie espère retrouver sa tante Margie. Pendant son périple, entre l'Oregon et Laramie, une ville du Wyoming, soit une distance de presque 2000 km, Charlie va affronter plusieurs épreuves dont une violente et terrible. Il va souffrir en particulier de la faim et de la soif. On se demande s'il va triompher de tous les obstacles. Une jolie histoire qui aurait gagné à être un peu plus courte. Le film qui dure deux heures m'a permis de découvrir un jeune acteur prometteur: Charlie Plummer.

Je passe à Une femme heureuse de Dominic Savage, un film qui m'a beaucoup plu malgré les critiques tièdes le concernant. Tara (Gemma Arterton, très inspirée) a tout pour être heureuse, un mari aimant, deux beaux enfants, une grande maison dans la banlieue de Londres. Mais Tara s'ennuie, elle n'est pas heureuse. C'est une des premières répliques qu'elle dit. Il faut noter qu'il y a peu de dialogues mais beaucoup de plans rapprochés sur les acteurs et en particulier sur le visage de Gemma Arterton. J'ai trouvé que le réalisateur avait très bien su montrer par sa manière de filmer ce que peut ressentir Tara. Elle étouffe, elle ne se sent pas bien. Elle est au bord de la dépression. La caméra illustre bien ses sentiments. Et pourtant son mari Mark l'aime, il n'arrête pas de le lui dire, même si, par ailleurs, il fait des remarques pas gentilles à son encontre. J'ai moi-même trouvé le personnage de Mark assez pénible. On peut comprendre que Tara veuille changer de vie malgré Florie et Ted, ses deux enfants. Elle ne se sent pas à la hauteur pour les élever. Le personnage de Tara m'a beaucoup fait penser aux femmes d'Arlington Road de Rachel Cusk, ces femmes enfermées dans un rôle, celui de mères de famille qui s'occupent de leur intérieur tandis que leur maris gagnent l'argent du ménage. J'ai aimé la fin ambiguë. Il faut noter la prestation toujours juste de Marthe Keller dans un petit rôle. Lire le billet de Baz'art.

8 mai 2018

La révolution silencieuse - Lars Kraume / Comme des garçons - Julien Hallard

Cela serait dommage que vous passiez à côté de La révolution silencieuse de Lars Kraume. Je ne sais pas si le film rencontre son public d'autant plus que j'ai constaté que les critiques étaient un peu tièdes: "film académique, mise en scène convenue", etc. Ce film allemand raconte comment quelques lycéens, en 1956 à Berlin-Est pendant un cours d'histoire, ont respecté deux minutes de silence en hommage aux victimes de l'insurrection de Budapest en Hongrie. La répression par les soviétiques fut terrible. C'est l'année du bac pour Kurt, Théo, Erik, Lena et les autres. C'était cinq ans avant le construction du mur. Les habitants de Berlin-Est étaient autorisés à passer à l'Ouest pour rendre visite à de la famille. Kurt va souvent sur la tombe de son grand-père enterré à Berlin-Ouest. Il emmène la plupart du temps Theo avec lui. Ils allaient souvent deux par deux au cas où l'un des deux serait arrêté. Un jour, ces jeunes gens vont écouter une radio clandestine chez l'oncle d'un des leurs. C'est là qu'ils apprennent les événéments de Budapest. Les deux minutes de silence décidée par l'un d'entre eux et accepté par les autres provoquent la colère de leur professeur qui en réfère au directeur. Un engrenage s'enclenche et une envoyée du pouvoir est-allemand mène l'enquête. Il lui faut un coupable qui sera sévèrement puni. Elle met la pression sur tous ces élèves qui résistent. Tous les coups, même les coups bas, sont permis. On fait connaissance des familles de ces élèves. Certains sont des notables, d'autres des ouvriers. Les convictions de chacun sont différentes et le nazisme reste dans les mémoires. D'ailleurs, ce passé douloureux joue un rôle partiel dans le dénouement du film que j'ai trouvé passionnant. Les jeunes comédiens sont tous remarquables. Un très bon film.

Je voudrais maintenant parler de Comme des garçons de Julien Hallard, un film sans prétention et sympathique qui raconte comment une équipe de France de foot féminine fut créée en 1970 à Reims. Un journaliste sportif du journal local a l'idée de créer une équipe de football féminine pour qu'elle joue à l'occasion d'une kermesse. Les candidates passent un entretien, elles sont jeunes ou moins jeunes, plus oui moins jolies, salariées pour quelques-unes et presque toutes mariées. A cette époque encore, le mari doit donner la permission pour que sa femme puisse jouer au football. Nous sommes pourtant après mai 68! Ces femmes toutes motivées pour jouer au foot s'entraînent malgré les obstacles administratifs, le machisme ambiant et la misogynie. Il faut voir Emmanuelle Bruno (Vanessa Guide), une secrétaire compétente et fille d'un ancien footballeur, dribbler de manière magistrale. Allez voir le film pour l'originalité du sujet.

2 mai 2018

Sonate pour Roos - Boudewijn Koole / Game Night - Jonathan Goldstein / Jersey Affair - Michael Pearce

Après avoir écouté les conseils d'une critique de l'émission Le Masque et la Plume, je suis allée voir Sonate pour Roos de Boudewijn Koole (un réalisateur hollandais). Roos, une femme photographe, revient auprès de sa mère (professeur de piano) et de son jeune frère Bengt, dont le passe-temps favori est d'enregistrer des sons. L'histoire se passe en Norvège dans des paysages enneigés loin de tout. Le film baigne dans une atmosphère ouatée. On comprend très vite qu'entre Roos et sa mère, une femme austère, les rapports sont tendus. En revanche, Roos et Bengt sont très complices. Roos (Rifka Lodeizen, magnifique) est revenue parce qu'elle doit faire une annonce à sa mère et à son frère. Nous, spectateurs, on sait très vite ce qu'il en est. Le film traite des relations mère-fille et d'autres choses. Le tout est traité avec délicatesse et douceur et j'ai aimé la fin, mais je n'avais vraiment pas le moral quand je suis sortie de la projection.

C'est pour ça que deux jours après, je suis allée Game Night de Jonathan Goldstein. J'ai trouvé le film distrayant. Les acteurs jouent le jeu (si je puis dire). Max (Jason Bateman) et Annie (Rachel McAdams), qui ont une libido au point mort, se rattrapent en s'amusant à des jeux de sociétés avec deux autres couples une fois par semaine. Un jour, Brooks, qui a réussi dans ses affaires, vient rendre visite à son frère Max. Il l'invite lui, sa femme Annie et les deux autres couples, à une soirée jeu inoubliable. Je m'arrête là pour le résumé, car l'histoire comporte plein de rebondissements où il est question d'un oeuf de Fabergé, d'un Bulgare, d'un kidnapping, d'une liste, d'une belle voiture rouge, d'un voisin étrange, policier de son état. Ce n'est pas la comédie du siècle mais c'est plaisant.

Je termine avec Jersey Affair de Michael Pearce. Comme son titre l'indique, l'histoire se passe dans l'île de Jersey, île où est né le réalisateur qui a aussi écrit le scénario. J'ai découvert à cette occasion la beauté de l'île très pentue. Moll (Jessie Buckley, une révélation) est une jeune femme perturbée qui vit avec sa mère despote et le père qui perd la tête. Un jour, elle fait la connaissance de Pascal Renouf, un jeune blond aux ongles sales, à l'allure sauvage. Elle tombe amoureuse de lui (et réciproquement). Pendant ce temps, l'île vit dans la peur, des jeunes femmes sont assassinées. Et Pascal devient vite le suspect numéro 1. On est assez vite pris par cette histoire à l'atmosphère inquiétante. Pascal est-il coupable ou non? Qu'en est-il de Moll? Le film m'a plu, sauf les cinq dernières minutes que j'ai trouvé ratées, car un peu "gore" à mon goût. C'est dommage car le reste du film vaut la peine. Lire le billet de Pascale.

23 avril 2018

Place publique - Agnès Jaoui / Luna - Elsa Diringer

N'étant pas très fan des films du couple Jaoui/Bacri, je suis très à l'aise pour dire que Place publique m'a plu et que j'ai souvent ri. La réalisation est signée d'Agnès Jaoui tandis que le scénario et les dialogues ont été écrits par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. L'histoire se passe le temps d'une après-midi et une soirée de pendaison de crémaillère dans la nouvelle demeure d'Hélène (Léa Drucker) une productrice d'émission de radio avec le smartphone greffé à l'oreille. La demeure se situe à 35 minutes (à vol d'oiseau) de Paris. Quelques célébrités sont présentes, dont Castro, un animateur de télévision dont l'audimat dégringole. D'ailleurs, Hélène suit les négociations par téléphone pour savoir si Castro est viré ou non de l'émission. Castro est l'ex-mari de Nathalie (Agnès Jaoui), la soeur d'Hélène. Ils ont une fille, Anne, qui vient d'écrire un livre assez caustique sur ses parents. Castro est devenu cynique et il est de très mauvaise foi tandis que Nathalie a encore quelques convictions, comme de défendre une Afghane menacée d'expulsion du territoire français. Elle essaye de convaincre Castro de l'inviter dans son émission. La fête bat son plein, les voisins ne sont pas contents à cause du bruit. Avec sa moumoute, Jean-Pierre Bacri est irrésistible. J'ai trouvé ce film sympathique et la fin avec le générique où Jean-Pierre Bacri chante accompagné d'une guitare vaut le détour comme l'a bien écrit Pascale. D'ailleurs les spectateurs sont restés jusqu'au bout du générique.

Je passe à Luna, un film français qui semble être passé inaperçu (et je trouve cela dommage). Luna (sorti le 11 avril 2018) permet de révéler une jeune actrice épatante, Laëtitia Clément, que je ne connaissais pas. Elle crêve l'écran face à Rod Paradot (découvert dans La tête haute). Dans la région de Montpellier, Luna est une jeune femme qui travaille chez un maraîcher. Elle est amoureuse d'un garçon, Ruben, un chef de bande qui profite bien d'elle. Un soir dans un hangar, la bande s'en prennent à un jeune "grafeur", Alex (Rod Paradot). Quelques semaines après, Alex fait un stage chez le maraîcher où travaille Luna. Evidemment, elle se met à avoir des sentiments pour Alex. J'ai aimé le ton du film, la douceur. Et, je le répète, Laëtitia Clément est une jeune actrice à suivre.

18 avril 2018

The Third murder - Hirokazu Kore-Eda

Après Nobody knows, Tel père, tel fils, I wish, Notre petite soeur, Après la tempête et Still walking, je suis allée sans hésitation voir The Third murder (le troisième meurtre en VF). J'ai beaucoup aimé même si j'ai trouvé le rythme de ce film très lent, et il dure deux heures. Il ne s'agit pas vraiment du même genre d'histoire que dans les films précédents. La scène d'ouverture montre Misumi, un homme d'une cinquantaine d'années, tuer un homme d'un coup mortel à la tête au bord d'une rivière. Dans la scène suivante, Misumi qui avait déjà été arrêté 30 ans auparavant pour un meurtre, est emprisonné et attend son procès. Il risque la peine de mort. Pour le défendre, Shigemori, un jeune avocat, vient le voir souvent pour lui parler et il se met à douter de la culpabilité de son client. En effet, Misumi est un homme énigmatique et peu bavard mais qui dit tout et son contraire quand on l'interroge. Les scènes de parloir sont passionnantes. Le réalisateur a une manière de placer sa caméra qui nous fait oublier qu'il y une vitre de séparation entre les deux hommes. Il faut noter l'importance de la fille de la victime. Jusqu'à la fin, le spectateur s'interroge sur la culpabilité de Misumi. Le film est très bien interprété. Pascale est du même avis. Et, petite question pour ceux qui auront vu le film, "Quel est le troisième meurtre en référence au titre car pour moi, avec les sous-titres, il n'est fait mention que de deux meurtres": la peine de mort elle-même, "meurtre légal"?

12 avril 2018

Red Sparrow - Martin Lawrence/ L'île aux chiens - Wes Anderson / La mort de Staline - Armando Iannucci / Hostiles - Scott Cooper

Voici quatre films vus en quatre jours (1 par jour). Je suis contente d'avoir pu retourner au cinéma. En effet, j'ai été privée d'un de mes loisirs favoris pendant presque une semaine (l'angoisse) car ma carte d'abonnement avait été perdue et/ou volée. J'en ai une nouvelle, je suis contente.

Red Sparrow de Martin Lawrence (le réalisateur des Hunger Games) est un bon thriller qui se regarde agréablement même si c'est un peu violent. Cela se passe de nos jours avec des espions russes et américains. Lors d'une représentation, une jeune danseuse étoile du Bolchoï, Dominika, se casse la jambe (son partenaire y est pour quelque chose). Sa carrière est brisée mais son oncle, agent du SVR (Service du renseignement extérieur de la Fédération de Russie), l'engage comme "Red Sparrow" (moineau rouge). Elle est chargée de séduire des hommes à éliminer par les services secrets russes. En particulier, elle doit s'approcher d'un agent secret américain qui connaît un agent double. Le scénario est un peu complexe mais on est pris dans l'histoire. Le film dure 2H20 et se regarde sans ennui.

Je passe à L'ïle aux chiens de Wes Anderson qui est sorti hier, mercredi 11 avril 2018. Je l'ai vu en avant-première et j'en attendais beaucoup. J'avoue avoir été déçue. Le film a été tourné en "stop motion", image par image, avec des marionnettes. En 2040, au Japon, le maire d'une ville juge qu'il y a trop de chiens infectés par la grippe canine. Il les condamne à la déportation sur une île "poubelle" au large des côtes nippones. Atari, 12 ans, un garçon, pupille du maire, part à la recherche de Spot, son chien qui a été le premier à être envoyé sur l'île. Des compagnons à quatre pattes vont l'aider dans sa recherche. J'ai vu le film en VO sous-titrée, c'est-à-dire en anglais et en japonais. Déjà, ce parti pris m'a perturbée. Les humains parlent japonais, les chiens parlent anglais (pourquoi pas?), mais le dialogue en japonais était parfois traduit, parfois non. J'ai été un peu perdue. Il y a quelques "flash-back", et somme toute, visuellement, j'ai trouvé l'ensemble laid. Une déception donc.

La mort de Staline d'Armando Iannucci (In the Loop) est un film anglais qui va vite à tous points de vue. Les dialogues fusent, la caméra ne tient pas en place. L'histoire est une adaptation d'une bande dessinée française écrite et dessinée par Thierry Robin et Fabien Nury (Editions Dargaud). En mars 1953, Joseph Staline est victime d'une hémorragie cérébrale. Ses proches collaborateurs dont Khrouchtchev (Steve Buscemi, excellent) vont attendre 2 jours pour annoncer le décès du Petit Père des peuples. Pendant ces deux jours, on assiste à une lutte pour savoir qui va devenir le nouveau chef de la Russie. En l'occcurence, c'est Malenkov qui est choisi. Khrouchtchev est désigné volontaire pour l'organisation des obsèques. Pendant ce temps, les listes de noms de personnes à exécuter continuent de circuler grâce à Lavrenti Beria, le responsable des purges staliniennes en tant que chef du NKVD. Un film à voir pour les acteurs qui sont tous excellents.

Je termine avec Hostiles de Scott Cooper, un film qui m'a beaucoup plu. Tinalakiller et Pascale sont totalement conquises. Une histoire qui prend son temps, qui émeut. La séquence d'ouverture, le massacre d'une famille (sauf la mère) par des guerriers comanches, est saisissante. En 1892, le capitaine Joseph Blocker (Christian Bale, impeccable), devenu une légende dans l'armée américaine, est chargé à son corps défendant de ramener un Indien mourant et la famille de celui-ci dans le Montana. Blocker déteste les Indiens. Dès le début du voyage, le cortège croise la route de Rosalie Quaid (Rosamund Pike, magnifique), la mère survivante. Elle décide de les accompagner. Il y a peu de dialogues, aucune scène en trop. Les paysages et la lumière sont magnifiques et la fin bouleversante. Un très beau film que je recommande.

2 avril 2018

La prière - Cédric Kahn

J'ai vu La prière de Cédric Kahn car j'avais apprécié la bande-annonce. J'ai été plutôt déçue contrairement à Pascale ou Ffred.
L'histoire est intéressante. Elle se déroule dans les Alpes. Thomas vient de rejoindre une communauté de jeunes drogués. Leur seule thérapie pour s'en sortir est la prière. Thomas, âgé d'une vingtaine d'années, a du mal, au bout d'un certain temps, à accepter la discipline et la vie monacale, bien qu'il soit aidé par les autres. Puis, miracle, suite à deux rencontres féminines, Thomas change d'attitude et son cheminement vers la foi est très rapide. Et à partir de là, c'est moi qui n'y ai pas cru. Et par ailleurs, je n'ai pas été convaincue par le jeune acteur Anthony Bajon qui a pourtant reçu un prix d'interprétation au dernier festival de Berlin. J'ai noté qu'au moins deux spectateurs sont partis avant la fin. Pour résumer, je n'ai pas grand-chose à dire sur ce fim. J'ai nettement préféré L'apparition de Xavier Giannoli.

8 mars 2018

Wajib, L'invitation au mariage - Annemarie Jacir / Lady Bird - Greta Gerwig

Voici deux films réalisés par des femmes. Ces deux films plutôt modestes sont très réussis. Je vous les recommande.

Je commence par Wajib, l'invitation au mariage (Miriam en dit beaucoup de bien) de la Palestinienne Annemarie Jacir. En Palestine, à Nazareth, Abu Shadi et Shadi, un père et son fils,partent en voiture distribuer l'invitation au mariage d'Amal, la fille du premier et la soeur du second. C'est une tradition dans cette région. Plutôt que de l'envoyer par la Poste, on la livre à domicile. Pendant des années, Abu Shadi, un professeur à la retraite, a élevé seul ses deux enfants, sa femme l'ayant quitté pour un autre. Shadi, son fils devenu architecte, vit désormais à Rome avec une italienne. Il est revenu exprès pour le mariage de sa soeur. Dans son pantalon rouge et ses cheveux en catogan, il détonne un peu dans le décor. Lui et son père discutent de choses et d'autre. Dans leur parcours en voiture, on constate que les ordures ne sont pas toujours ramassées dans les rues; et de même, les façades de certaines maisons sont défigurées par des bâches plastiques. La mère qui vit désormais aux Etats-Unis a aussi promis de venir. Les deux hommes passent d'une maison à l'autre jusqu'au coup de théâtre final au moment où Abu Shadi se confronte à son fils. C'est un dialogue très fort. Les deux acteurs principaux qui sont palestiniens, Mohammad et Saleh Bakri, père et fils dans la vie sont excellents. J'avais beaucoup apprécié Saleh Bakri dans Salvo (2013), Girafada (2013) et La visite de la fanfare (2007) dans lequel joue aussi son père.

Je passe à Lady Bird de l'actrice et maintenant réalisatrice Greta Gerwig. Pour son premier film dont elle a aussi écrit le scénario, il semble qu'elle se soit plus ou moins inspirée de sa propre jeunesse. A Sacramento, en 2002, Christine McPherson, presque 18 ans, qui se fait appeler Lady Bird, vit des moments difficiles entre sa mère, infirmière protectrice envers elle, son père qui vient de faire licencier de sa boîte, et le fait que Sacramento, elle en a "ras le bol". Elle rêve d'entrer dans une grande université sur la côte Est. Pour les nuls en géographie, Sacramento est la capitale de la Californie. J'ai aimé le ton du film pas niais du tout. C'est léger et tendre. Greta Gerwig: une réalisatrice prometteuse. Un joli film que Valérie et le Bison ont bien apprécié aussi.

1 mars 2018

La Forme de l'eau - Guillermo del Toro

Décidément, après Phantom Thread qui se passe à Londres dans les années 50, je constate que les années 50 et le début des années 60 ont les faveurs des réalisateurs. Dans La forme de l'eau de Guillermo del Toro, nous voilà aux Etats-Unis sur la côte Est à la fin des années 50, en pleine Guerre froide. Elisa, une jeune femme célibataire, muette (mais pas sourde), vit dans un appartement au-dessus d'un grand cinéma en activité mais peu fréquenté. Tous les jours, elle prend un bain, s'y masturbe avec vigueur, puis, avant de partir travailler, se prépare des oeufs durs qu'elle mange comme repas à midi. Giles, son voisin de palier entouré de chats, s'entend bien avec elle. C'est un homosexuel pas très chanceux, ni en amour, ni dans le domaine professionnel. Bon dessinateur, il n'arrive pas à vendre ses dessins à une agence publicitaire. Elisa, elle, travaille comme agent d'entretien dans un genre de base secrète qui accueille un jour un homme amphibien. Il arrive dans une grande cuve remplie d'eau. Elisa tombe immédiatement sous le charme de cet homme poisson avec qui elle communique en langue des signes. Lui-même ne reste pas insensible. Elle va tout faire pour le sauver de son triste destin en étant aidée par Zelda, sa meilleure collègue, ainsi que par Giles. Car, face à eux, il y a Strickland, un être raciste, méchant, bête qui fait pipi avec les deux mains sur les hanches (!), qui se lave les mains avant mais jamais après. Ce homme veut autopsier "the asset", cette chose, l'homme amphibien. On a l'impression que je raconte tout le film mais pas du tout. Il se passe plein de chose pendant les deux heures du film. Je vous laisse découvir la séquence "comédie musicale" filmée dans un noir et blanc éclatant; la fin tragique d'un des chats de Giles, etc. Il y a du suspense (les espions russes ne sont pas loin) et j'ai aimé la fin de ce conte. L'univers visuel ainsi que les couleurs du film lorgnent beaucoup vers ceux des films de Jean-Pierre Jeunet. Cette belle histoire d'amour est assez invraisemblable, on adhère ou pas. J'ai adhéré mais sans plus. Je n'ai pas éprouvé beaucoup d'émotion. En revanche, dans la salle où j'étais, des spectateurs ont applaudi à la fin.

Lire les critiques de Pascale, ffred et Strum.

26 février 2018

Phantom Thread - Paul Thomas Anderson

Voici un film où la musique est omniprésente, les décors somptueux et la mise en scène virtuose. J'ai aimé Phantom Thread (Le fil invisible en VF) pour toutes ces raisons et parce que c'est un plaisir de retrouver Daniel Day Lewis avec ses cheveux gris et son sourire toujours aussi ravageur. Je me suis laissée embarquer tout de suite et pendant deux heures dans l'histoire de Reynolds Jeremiah Woodcock, un couturier de renom des têtes couronnées et de l'aristocratie dans les années 50. Il vit au mileu des tissus et des femmes (dont sa soeur Cyril qui régente tout), dans une très belle demeure londonienne. Reynolds, célibataire endurci qui parle souvent au fantôme de sa mère, collectionne les conquêtes éphémères jusqu'au jour où il croise Alma. En effet, un jour dans une auberge, Reynolds passe une commande d'un petit-déjeuner pantagruélique à une serveuse appelée Alma. Elle rougit. Il l'enlève littéralement et l'emmène chez lui pour lui faire essayer une robe. Elle devient son égérie et Cyril considère cette jeune femme d'un air sceptique. Alma veut être plus qu'une simple passade, elle veut Reynolds tout à elle. Ce dernier ne se laisse pas faire en retour, quoique.. L'une des dernières scène dite "de l'omelette aux champignons" reste dans les mémoires et en dit long sur les rapports entre Reynolds et Alma. Face à Daniel Day Lewis, deux actrices exceptionnelles: Lesley Manville qui interprète Cyril (un prénom masculin) et Vicky Krieps et son petit accent allemand. Rien que pour ces trois acteurs, je vous conseille d'aller voir et même revoir ce film pendant lequel je ne me suis pas ennuyée une seconde.

Chris et ffred ont détesté la musique de Jonny Greenwood et trouvent que ce film est un gâchis voire une purge. Comme quoi, les goûts et les couleurs...

Heureusement que Pascale a aimé comme moi, Tinalakiller, Matchingpoints, Strum et Mymp.

20 février 2018

L'apparition - Xavier Giannoli

Attirée par sa bande-annonce, je ne voulais pas manquer L'apparition, le nouveau film de Xavier Giannoli. J'ai beaucoup aimé l'histoire d'Anna, une jeune fille d'environ 16 ans à qui la Vierge est apparue dans un paysage montagneux dans le sud-est de la France. Face à elle, les autorités religieuses vaticanes veulent enquêter pour savoir ce qu'il en est. Pour ce faire, Jacques Mayano (Vincent Lindon remarquable et très sobre), un grand reporter de guerre revenu traumatisé de son dernier reportage (il souffre d'une oreille et son meilleur ami est mort sur un lieu de combat), accède à la demande d'un cardinal, à Rome, de mener les investigations nécessaires. Jacques n'est pas spécialement croyant même s'il a fait sa communion solennelle. Anna, une jeune fille simple qui souhaite entrer dans les ordres, draine derrière elle des centaines de fidèles. Elle est très protégée par une congrégation religieuse et par un prètre, le père Borrodine. Galatéa Bellugi qui interprète Anna a un visage lumineux, qui convient très bien au rôle. Que l'on soit croyant ou pas, on ne peut qu'être touché par cette histoire avec une fin inattendue qui laisse plein de questions en suspens. Le réalisateur évite tous les écueils sur un tel sujet. Il ne prend pas parti et personne n'est tourné en ridicule. Un film inspiré que je conseille, tout comme Pascale et Ffred.

18 février 2018

The Passenger - Jaume Collet-Serra / Gaspard va au mariage - Antoine Cordier

J'ai vu The Passenger réalisé par Jaume Collet-Serra, car j'aime bien ce genre de thriller "pas cassant", avec beaucoup d'action (de ce côté-là, on est servi). J'ai été attirée par la bande-annonce et j'ai un petit faible pour Liam Neeson. Michael McCauley, un ancien policier devenu vendeur en assurances (il vient mallheureusement d'apprendre qu'il est licencié) prend un train de banlieue tous les jours pour se rendre à son travail et revenir chez lui. Un jour, on lui vole son portable, et une belle femme étrange lui propose un marché. En échange d'une grosse somme d'argent dissimulé dans un wagon (facile!), il doit retrouver avant le terminus une personne qui se trouve dans le train. On ne sait pas qui est cette personne et Michael doit faire appel à ses anciens réflexes de policier pour le découvrir et sauver tous les passagers du train par la même occasion. J'ai trouvé le rythme du film haletant. Il y a un peu d'humour et beaucoup d'invraisemblances (le déraillement de la rame du train est un grand moment) et j'ai donc passé un bon moment.

Je passe à Gaspard va au mariage d'Antony Cordier. Cette petite comédie française se passe dans un zoo (le Parc du Reynou) à 10 km au sud de Limoges. Gaspard rencontre Laura dans le train qui l'emmène à Limoges. Laura avait l'intention d'aller jusqu'à Biarritz. Gaspard convainc Laura de l'accompagner jusque dans sa famille, c'est-à-dire son père qui doit se remarier, son frère Virgil et sa soeur Coline vêtue d'une peau d'ourse. Je ne vous raconterai pas l'histoire car il n'y en a pas vraiment. Cela se veut peut-être poétique, avec une pointe de fantastique. C'est un ton décalé  qui ne me touche pas. J'ai entendu les critiques élogieuses du Masque et la Plume à propos de ce film qui me laisse perplexe. Ce n'est pas du tout un genre de cinéma qui me "parle". Du même réalisateur, j'avais préféré Douches froides (2005).

14 février 2018

Three billboards - Martin McDonagh / In the Fade - Fatih Akin

Un mois après sa sortie, je vais enfin évoquer Three billboards de Martin McDonagh. Ce film devrait être récompensé aux prochains Oscars (après les Golden Globes), au moins dans les catégories "Actrice" et "Acteur dans un second rôle". Tout a été déjà écrit sur les blogs ou ailleurs, et dit à la radio. A Ebbing, une petite ville du Missouri, Mildred Hayes (Frances McDormand, impressionnante) ne décolère pas contre la police locale depuis sept mois. Sa fille a été violée et tuée (son corps a été retrouvé brûlé). Malheureusement, le meurtrier n'a toujours pas été appréhendé. Mildred a un sacré caractère et elle jure comme un charretier. Divorcée d'un mari qui l'a quittée pour une fille (nettement) plus jeune, elle vit avec son fils. Afin que la police reprenne l'enquête, Mildred loue trois panneaux publicitaires plantés juste à la sortie de la ville sur une petite route. En gros caractères sur fond orange, elle interpelle le chef de police (Woody Harrelson, très bien) qui prend évidemment très mal la chose. L'histoire est pleine de rebondissements Les personnages dont Dixon, l'adjoint du shérif, ne sont pas spécialement sympathiques, mais ce sont des humains avec leurs défauts. J'ai aimé le film pour les dialogues très écrits (cela s'apparente presque à du théâtre), mais j'ai trouvé tout de même que l'ensemble manquait parfois de finesse. A voir pour les prestations des acteurs avec une mention spéciale à Sam Rockwell qui joue Dixon. C'est un acteur que j'apprécie beaucoup. Mention aussi à Peter Dinklage (James), en amoureux éconduit qui sauve la mise à Mildred. Lire les critiques enthousiastes de Pascale, Tinalakiller, Miriam, Anne et celle plus mesurée de ffred (dont je me sens proche).

Je passe à In the Fade de Fatih Akin. L'histoire m'a touchée. C'est beaucoup dû à la prestation exceptionnelle de Diane Kruger. Elle interprète une femme qui se fait justice elle-même en pratiquant la loi du talion. Katja formait un beau couple avec Nuri. Ils ont eu un petit garçon, Rocco. Nuri et Rocco sont victimes d'un attentat à la bombe dans l'officine de Nuri. Le film est découpé en trois parties. Celle du milieu, le procès, est passionnante. On pourra trouver que le scénario n'est pas très bon, que Fatih Akin a été plus inspiré dans ses long-métrages précédents. Mais, pour Diane Kruger, allez voir le film. Elle a amplement mérité son prix d'interprétation féminine au dernier festival de Cannes en 2017. Lire le billet de Matchingpoints.

10 février 2018

Jusqu'à la garde - Xavier Legrand

J'ai vu Jusqu'à la garde de Xavier Legrand en avant-première dans une salle relativement pleine. C'est une histoire très dure. Un couple divorce. Antoine (Denis Menochet, impressionnant) et Miriam (Lea Drucker) passent devant une femme juge. Cette dernière doit décider les conditions de la garde du plus jeune enfant du couple. La fille aînée, qui vient d'avoir 18 ans et vit avec sa mère, a un petit copain. Le fils, Julien, qui appelle son père "l'autre", ne voudrait plus le revoir. Il l'a écrit noir sur blanc. Et pourtant, quelques jours après l'audition pendant laquelle les avocates ont plaidé pour leur client respectif, il a été décidé que le père aurait un droit de garde sur son fils. La scène en huis-clos avec la juge montre la maîtrise du réalisateur dans sa manière de filmer. Julien se force à aller avec son père un week-end sur deux. Les relations sont tendues, c'est le moins que l'on puisse dire. Au fur et à mesure que se déroule le film, on se rend compte que ce père, un peu rondouillard et à l'air larmoyant, peut devenir menaçant voire violent. La séquence finale laisse les spectateurs tétanisés. Le film qui est le premier long-métrage du réalisateur a été récompensé à juste titre du prix de la mise en scène et du prix du premier film au dernier Festival du film de Venise. A voir. Lire le billet d'Anne (larroseurarrose).

5 février 2018

L'insulte - Ziad Doueiri

Des 17 films vus depuis ce début d'année dont beaucoup déjà chroniqués, voici mon film préféré de 2018 (pour l'instant). Il s'agit de L'insulte de Ziad Doueiri, un réalisateur franco-libanais dont j'avais aimé L'attentat (l'adaptation du roman de Yasmina Khadra). A Beyrouth, au Liban, Toni, un Chrétien libanais propriétaire d'un garage, arrose ses plantes sur le balcon de son appartement. Ceci étant, la gouttière d'évacuation mal positionnée arrose les ouvriers d'un chantier voisin qui passaient par là. Le contremaitre, Yasser, un Palestinien mariée à une Chrétienne et vivant dans un des camps alentour, veut réparer cette gouttière. Il se fait "rembarrer" vertement par Toni. Plus tard, Yasser va traiter Toni de "sale con". Les choses vont s'envenimer, Yasser n'arrivant à s'excuser. Il y aura une escalade verbale malheureuse de la part de Toni et des violences physiques de la part de Yasser. Cette confrontation va les mener jusqu'au tribunal. Dans ce lieu, on se rend rapidement compte qu'il ne s'agit pas simplement d'insultes verbales et de violence physique. C'est plus profond. On constate la remontée de haines recuites entre communautés. Je rappelle que la guerre au Liban, qui a duré 15 ans entre 1975 et 1990, a été terrible. Chrétiens et Palestiniens se sont durement affrontés. Il s'agit d'une guerre où il n'y a pas eu de vainqueurs. J'ai trouvé le film absolument passionnant. Les personnages ont beaucoup d'épaisseur. Chaque point de vue se défend. La note humoristique, si je puis dire, est que l'on apprend au détour d'une phrase du juge que les avocats qui représentent d'un côté Toni et de l'autre Yasser sont père et fille. Un très bon film que je recommande toutes affaires cessantes. Ce film est sélectionné dans la catégorie "Meilleur film étranger" aux prochains Oscars (c'est amplement mérité), et l'acteur Kamel El Basha qui interprète Yasser a reçu le prix d'interprétation masculine au dernier festival de Venise en septembre dernier. Lire le billet du blog du Bleu du miroir (Wilyrah).

2 février 2018

Pentagon papers - Steven Spielberg

Pentagon papers de Steven Spielberg vaut la peine d'être vu pour ce qu'il raconte et pour l'évocation d'une période passionnante où Internet n'existait pas encore. En 1971, aux Etats-Unis, à la suite des premières révélations publiées par le New-York Times, le Washington Post, qui était un quotidien au tirage plus confidentiel, va publier à son tour des articles portant sur un rapport confidentiel de plus de 7000 pages. Rédigé à la demande de Robert McNamara (Secrétaire de la Défense entre 1962-1968), ce document mettait en évidence que la guerre au Vietnam n'avait aucune chance d'être gagnée par les Américains, et ce depuis pratiquement le début du conflit. Les présidents républicains et démocrates se sont succédés à la Maison blanche entre 1955 et 1971 mais aucun n'a décidé d'arrêter cette guerre qui a fait des milliers de morts côté américain. En 1971, le Washington Post était dirigé par Katherine Graham (Meryl Streep, excellente) qui avait pris la suite de son mari suicidé (elle n'avait jamais travaillé auparavant). Devenue directrice de la publication, c'est elle qui prendra la décision de faire publier ces articles sur les "Pentagon Papers" malgré les réticences de son entourage (des hommes pour la plupart). Dans ce monde très masculin (et qui l'est toujours), elle montre une détermination qui force l'admiration. Pour l'aider dans son entreprise, elle est épaulée par le rédacteur en chef du Washington Post, Ben Bradlee (Tom Hanks). Elle se met au service des "gouvernés" et non plus des "gouvernants", et ce malgré une injonction du gouvernement fédéral. Heureusement, la Cour suprême des Etats-Unis mettra fin aux poursuites et levera la censure. Les articles continueront à être publiés. J'ai aimé voir fonctionner les rotatives et les coulisses d'un journal où on écrivait avec un papier et un crayon, il n'y avait pas d'ordinateur. Tout était fait manuellement (nostalgie, quand tu nous tiens...). En 1972, éclatera le scandale du Watergate révélé par deux journalistes du Washington Post. Revoyez Les hommes du président de Alan J. Pakula (1976).

Lire les billets de Pascale et Strum qui devraient finir de vous convaincre d'aller voir le film.

30 janvier 2018

La douleur - Emmanuel Finkiel

Parmi les cinq films vus récemment et pas encore chroniqués, je voudrais m'attarder sur La douleur d'Emmanuel Finkiel, d'après l'oeuvre de Marguerite Duras. Je suis certainement la seule à le penser au vu de ce que j'ai lu et entendu, mais j'ai trouvé le film beaucoup trop long: plus de deux heures, c'est interminable! Le texte magnifique de Duras que l'on entend par bribes est dilué, noyé dans les images et les sons. Je fais partie des chanceux qui avaient vu Dominique Blanc sur scène dirigée par Patrice Chéreau il y a presque 10 ans, qui interprétait ce texte dans un décor nu avec une table et une chaise. Le spectacle durait 1H20 (seulement) et c'était sublime. On entendait le texte et rien que le texte. On sortait la gorge serrée. A la fin du film de Finkiel, rien de tout cela. Mélanie Thierry n'est pas en cause, elle est très bien dans le rôle de Marguerite, mais j'ai été gênée par la manière, par le parti pris du réalisateur, de filmer Paris à travers des volets ou avec des prises de vue improbables, sans parler des images floues. Le réalisateur a voulu recréer Paris de 1944/1945 avec l'atmosphère qui y régnait. Personnellement, cela m'a barbée. Au bout d'une heure, j'ai commencé à regarder ma montre. Et puis, je voudrais savoir pourquoi on voit les personnages fumer. Ils ne font que ça ou presque pendant deux heures. Marguerite et Dionys attendent le retour de Robert Antelme, le mari de Marguerite. L'attente est longue aussi pour le spectateur. Pour résumer, je me suis ennuyée et je le regrette. J'en attendais trop. Lire le billet de Pascale sur le film et celui d'Aifelle sur le livre. Sinon (tout de même), je trouve l'affiche très belle.

24 janvier 2018

Les heures sombres - Joe Wright

J'ai d'abord hésité à aller voir Les heures sombres de Joe Wright car je n'avais pas été convaincue par l'adaptation filmique Reviens-moi du roman Expiation de Ian McEwan mise en scène par ce réalisateur. Je ne regrette pas d'être allé voir Les heures sombres (bien au contraire). Cela m'a plu (comme à Pascale). L'histoire se passe entre le 9 et le 26 mai 1940. L'armée allemande avance écrasant tout sur son passage. L'Europe (dont la France) est déjà pratiquement vaincue. Plus de 300000 soldats anglais sont à Dunkerque et ils attendent. A Londres, Neville Chamberlain, gravement malade, laisse sa place à Winston Churchill rappelé en urgence malgré l'opposition contre lui dans son propre parti conservateur. Même le roi George VI a des doutes sur les capacités de Winston Churchill à mener un combat contre Hitler "le peintre en bâtiment", comme Winston le surnomme à un moment donné dans le film. Seul mais avec le soutien indéfectible de son épouse Clementine (Clemmie) depuis 1908, le premier ministre prendre des décisions qui changeront le cours de l'histoire,et en particulier il ne négociera aucun traité de paix avec Hitler ou son "valet" Mussolini. C'était un temps où les discours passaient à la radio, ce qui nous permet d'entendre des extraits mémorables. Le film se termine quand les soldats britanniques vont être rapatriés grâce à des embarcations civiles. Gary Oldman (que j'apprécie beaucoup) se sort très bien du rôle écrasant de Winston. Il recevra très certainement l'Oscar du meilleur acteur en mars prochain à Hollywood. Je n'ai pas été gênée par le fait qu'il porte des prothèses qui le rendent méconnaissable. A ses côtés, Kristin Scott Thomas dans le rôle de Clemmie est divine. Grand buveur et surtout fumeur de cigares, Winston Churchill (prix Nobel de littérature en 1953) ne fut pas exempt de défauts et a eu des positions discutables sur certaines questions, mais beaucoup lui a été pardonné pour s'être montré à la hauteur pendant la deuxième guerre mondiale. Un grand nombre d'hommes politiques d'aujourd'hui devrait s'en inspirer. Un film à voir.

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