Le blog de Dasola

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13 septembre 2009

The Molly Maguires - Martin Ritt

Le titre français de ce film de 1969, pas très bien trouvé (pour ne pas dire nul), est Traître sur commande. Quand mon ami ta d loi du ciné m'a dit que cela le tentait (il n'en avait lu que du bien dans le "pavé" Amis américains de Bertrand Tavernier), je lui ai dit: "Pourquoi pas?". La distribution est de premier ordre: Sean Connery, Richard Harris et Samantha Eggar. Je n'avais jamais entendu parler de ce film qui mérite vraiment sa ressortie (cette semaine) sous son titre original, The Molly Maguires. C'est un projet qui tenait à coeur à Martin Ritt (réalisateur et producteur du film), qui fut lui-même une des personnalités victimes du Maccarthysme dans les années 50. De ce réalisateur disparu en 1990, je vous conseille, comme eeguab (son commentaire ci-dessous): Hud, Stanley et Iris ainsi que Norma Rae, et un film méconnu, Paris Blues. The Molly Maguires se donne sur grand écran en version intégrale inédite avec 19 minutes de plus (à Paris, il est projeté dans 2 salles; et en province, dans 4 salles: à Toulouse, Bordeaux, Avignon et Rennes). L'histoire se passe en 1876 en Pennsylvanie dans des mines de charbon où travaille une colonie d'Irlandais. Pendant le premier quart d'heure avant même le générique du début, on voit se dérouler une journée dans la mine sans qu'une parole ne soit échangée. En revanche, on ressent tout de suite le côté harassant et étouffant du labeur produit par ces centaines d'ouvriers, "les gueules noires", dont une partie sont de jeunes garçons. A la fin de cette journée, les derniers à sortir du trou de la mine viennent de commettre un acte de sabotage (on apprend que ce n'est pas le premier). Les responsables forment un groupe de quatre hommes dont le chef est Jack Kehoe (Sean Connery, impeccable). Ces quatre hommes (dont deux mariés) font partie d'une société secrète: les "Molly Maguires" venus d'Irlande. Leur credo est de se venger comme ils peuvent (en allant jusqu'au meurtre) pour dénoncer les conditions de travail et l'exploitation dont souffrent les mineurs, sans parler des maladies pulmonaires puisque les grèves sont durement réprimées. Peu de temps après, un homme arrive par le train. Il dit s'appeler John McKenna (Richard Harris). Assez rapidement, on comprend qu'il infiltre le groupuscule en gagnant leur confiance quitte à leur prêter main-forte (on pourrait croire qu'il est de leur côté). Arriviste, il a été engagé par la police (qui garde la mine) pour faire cesser les agissements des "Molly". Qui dit Irlandais, dit religion et catholicisme. Le prêtre de la paroisse a un rôle intéressant et somme toute ambigu. On ne sait s'il défend ou non les agissement des "Molly". L'histoire est concentrée sur les mineurs. On ne voit guère les propriétaires exploiteurs. En revanche, une scène en particulier résume la situation: la paye hebdomadaire qui se réduit comme une peau de chagrin, puisque le mineur paye au patron la pioche dont il se sert (surtout si elle casse) ou la lampe sur son casque... Le chef opérateur, James Wong Hoe, a réalisé un travail exceptionnel sur la couleur. Tout réside dans les contrastes entre l'obscurité de la mine (filmée en lumière naturelle avec les seules lampes des mineurs, paraît-il) et les extérieurs jour. La musique est de Henri Mancini. Le film est semble-t-il sorti une première fois en 1970 à Paris dans un quasi-anonymat. Il dure 2H04. Il faut le voir.

11 septembre 2009

Le guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre - Brock Clarke

Le guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre de Brock Clarke (Editions Albin Michel) est un des romans étrangers de la rentrée littéraire. Je l'ai d'abord acheté pour le titre qui m'a intriguée (je n'avais jamais entendu parler de l'auteur): il se lit bien. Sam Pulsifer est le narrateur. Quand il commence à nous raconter son histoire, il est en train de purger une longue peine de prison. C'est la deuxième fois. La première a duré 10 ans: à l'âge de 18 ans, il a été reconnu coupable d'avoir provoqué pendant une nuit un incendie qui a détruit la maison de la poétesse américaine Emily Dickinson (1). Plus grave, deux personnes sont mortes dans l'incendie: une des guides qui faisait visiter la maison et son mari. Petite précision, il faut que je vous dise que presque tous les événements du roman se passent dans l'état du Massachussetts au nord-est des Etats-Unis, plus particulièrement à Amherst (ville natale d'Emily Dickinson qui vécut recluse toute sa vie dans la maison familiale). Sam prend la vie avec philosophie malgré ce qui lui arrive. Il ne sent pas coupable: il avait par mégarde jeté un mégot mal éteint qui a embrasé la maison historique. Le roman de 400 pages nous fait découvrir toutes les mésaventures de Sam. Ayant purgé sa première peine, et sortant de prison, il est rejeté par ses parents (professeur de lettres pour l'une, éditeur pour l'autre). Le père de Sam a reçu et gardé, pendant la détention de son fils, des centaines de lettres émanant de personnes qui adressaient des demandes (voire offraient de l'argent) pour que d'autres maisons d'écrivains célèbres soient brûlées (comme celle de Mark Twain). Par la suite, Sam apprendra des faits qu'il ne soupçonnait pas concernant ses parents. Notre héros se marie sans rien révéler de son passé à sa femme (mal lui en prend). Le passé le rattrape en la personne du fils des victimes de l'incendie. Sam se retrouve seul, et, quand le roman se termine, il est en prison pour avoir, cette fois-ci sciemment, brûlé une maison. Laquelle? Vous le saurez si vous lisez ce roman foisonnant. Attendez peut-être sa parution en poche (il coûte 22 euros).

(1) Que les lectrices (teurs) soient rassuré(e)s, la maison d'Emily Dickinson (1830-1886) n'a pas été détruite et elle se visite (voir le site internet américain).

9 septembre 2009

Numéro 9 - Shane Hacker

J'ai hésité à voir ce Numéro 9, mais quelques bonnes critiques comme celles de ffred et Alex m'ont convaincue et je ne le regrette pas. Numéro 9 est d'abord un film d'animation visuellement très beau. Le scénario (écrit par une femme) n'est pas d'une originalité folle avec ces machines très "terminatoresques". En revanche, je me suis tout de suite attachée aux petits personnages qui portent des numéros et ont des jumelles à la place des yeux. L'histoire est sombre. Au commencement, sur une planète que l'on devine être la Terre, tout n'est que ruines et désolation. Seule une grande église (peut-être une cathédrale) tient encore debout. Une horrible machine arachnéenne sème la terreur autour d'elle et son repaire est une ancienne usine désaffectée. Jusqu'à présent, elle était seule. Quand Numéro 9 "se réveille", il ne sait pas trop où il est. Il a en sa possession une sorte de clé électronique avec des signes kabbalistiques. Par inadvertance, il l'emboite dans l'alvéole correspondante sur l'araignée de métal, ce qui active la machine infernale et déclenche une fabrication à la chaîne de robots, volants ou non, très destructeurs. Puis Numéro 9 fait la connaissance de Numéro 1 (le chef pas très sympa) assisté du numéro 8 (un gros balourd) et de quelques autres numéros dont un numéro "fille". Malheureusement certains sont déjà morts tragiquement. Les survivants vont s'unir pour combattre les machines. On découvre à la fin qu'ils sont les éléments d'une seule entité que je vous laisse découvrir. Numéro 9 fut une bonne surprise en ce qui me concerne. Mais je ne conseillerai pas ce film aux jeunes enfants (il n'y avait que des adultes dans la salle où je l'ai vu) et j'ai moi-même eu peur devant certaines scènes.

7 septembre 2009

2 romans de Thierry Jonquet

Pour rendre hommage à Thierry Jonquet qui vient de disparaître cet été à l'âge de 55 ans (voir le blog de Stephie), j'ai tenu à lire deux romans à la suite. C'est un grand écrivain français qui vient de disparaître. Personnellement, j'avais découvert l'oeuvre de Jonquet il y a quelques années avec Moloch, Les Orpailleurs, Ad Vitam Aerternam, Mon vieux, Mygale (cf. mon billet du 17/03/2008).
Je viens donc de lire coup sur coup Le manoir des immortelles et Comedia parus dans la collection Folio Policier. Ils ont été écrits tous les deux dans les
années 80.
Le premier m'a beaucoup fait penser à Mygale dans le ton. C'est une histoire à la limite du fantastique. A Paris, entre les Buttes-Chaumont et le 14ème arrondissement, Hadès (Dieu des morts dans la mythologie grecque - c'est un pseudo ici) se met en tête de supprimer des hommes en leur tranchant la tête avec une faux. Ces hommes à qui il attribue des numéros avaient répondu à une annonce "coquine" les menant à une certaine adresse dans le 14ème. C'est là qu'ils sont pris en filature par Hadès qui décide, selon une raison que je vous laisse découvrir, s'il les tue ou non. Hadès vit en grande banlieue avec une femme, Lola, dans un manoir en décrépitude. Qui est Lola et que fait-elle? Le manoir des immortelles est un roman de 165 pages très noir qui se lit en 1H30 (j'ai testé pour vous).

Le deuxième est assez différent. L'histoire se passe entre Etretat, Paris (les Buttes-Chaumont) et Berlin Est. Nous sommes au début des années 80 avant la Chute du mur. Comedia est le pseudonyme d'un vieil homme qui en traque deux autres surnommés Géronte et Pantalone car il veut savoir pourquoi un certain Scapin (toujours un pseudo) ne fut pas arrêté dans les années 50 en RDA (aujourd'hui ex-Allemagne de l'Est) et ce qu'il est devenu. Dès le début du roman, dans la région parisienne, Géronte (un vieil acteur impliqué peut-être dans un trafic international d'armes) est tué par Comedia qui s'est adjoint des collaborateurs: l'équipe statique Arlequin avec 5 personnes, et l'équipe mobile Sganarelle avec aussi 5 personnes. Par la suite, ces deux équipes sont chargées de surveiller Matamore, un jeune cinéaste qui était un ami de Géronte. Matamore est en train d'écrire (peut-être un scénario) sur Géronte qui a été un figurant de films célèbres dans les années 30 comme par exemple La grande illusion et la Marseillaise de Jean Renoir ou La belle équipe de Julien Duvivier. S'ensuit une évocation en accéléré d'une remontée dans le temps des années 30, de la seconde guerre mondiale, des années 50 et 60 en Allemagne et France. Tout cela finit très mal malgré le côté Comedia dell'Arte et Moliéresque des noms des personnage. C'est un roman qui se lit bien et qui montre encore une fois que Thierry Jonquet avait le talent de créer une fiction à partir de faits divers de la petite ou grande histoire.

PS [09/09/2009]: Stephie (qui avait donc lancé dès le 12 août l'idée d'un hommage de la blogosphère à Thierry Jonquet par la lecture et la chronique de ses oeuvres) centralise les billets ici.

Deux autres romans de Thierry Jonquet, lus ultérieurement, ici  >>>

5 septembre 2009

Tu n'aimeras point - Haim Tabakman

Je viens d'aller voir ce premier film Tu n'aimeras point (Eyes wide open) sorti cette semaine, réalisé par un jeune réalisateur israélien, parce qu'il a reçu de bonnes critiques (justifiées). Il était sélectionné en 2009 dans la section "Un certain regard" au Festival de Cannes. L'histoire se passe dans le milieu de la communauté juive ultra-orthodoxe de Jérusalem. Aaron prend la relève de son père (récemment décédé) comme boucher casher. Ezri, suite à une annonce affichée sur la porte du magasin, devient un employé de la boucherie en attendant une place dans une école talmudique. Agé de 22 ans, Ezri est jeune et beau. Aaron, marié à Rivka et père de 4 enfants, semble heureux dans sa vie. Contre toute attente, une passion homosexuelle naît entre Aaron et Ezri. Mais dans le monde orthodoxe, l'homosexualité n'existe pas. Elle n'est pas reconnue comme une possibilité. Tout le film repose sur cette passion somme toute assez pudique qui se déroule essentiellement dans la boucherie et la communauté qui regarde d'un oeil sévère ce qui arrive. Ezri et Aaron sont profondément religieux indépendamment de ce qu'ils ressentent. Ils vont ensemble étudier la Torah. On assiste à des lectures de la Torah qui se terminent par des chansons. Mais cela n'empêche pas qu'il y a un sentiment de pesanteur avec Dieu au-dessus du reste. De son côté, Rifka sent qu'il se passe quelque chose mais elle attend, elle ne pose aucune question. J'ai été sensible au rythme du film qui prend son temps, à la photo dans les tons gris et bleus, au décor un peu délabré. Le réalisateur, Haim Tabakman, a été aussi monteur sur My Father, My Lord de David Volach (chroniqué sur ce blog). Même si son film (davantage "d'auteur" que "grand public") n'a pas la même force que celle du long-métrage de David Volach, je vous le conseille malgré tout. Et décidément, le cinéma israélien révèle des cinéastes à suivre.

3 septembre 2009

De l'eau pour les éléphants - Sara Gruen

J'ai lu d'une traite en une journée les 460 pages de De l'eau pour les éléphants. Je me suis plongée dans la vie d'un cirque aux Etats-Unis, dans les années 30. La grande dépression de 1929 fait encore les ravages économiques que l'on sait. Jacob Jankowski, 23 ans, fils de vétérinaire et qui allait passer son ultime examen pour devenir lui-même vétérinaire, apprend la mort tragique de ses parents dans un accident de la route. N'ayant plus rien, il s'embarque sur un convoi ferroviaire qui transporte un cirque ambulant, celui des frères Benzini, et se fait engager comme homme à tout faire. Pendant toute ma lecture, je n'ai pu m'empêcher de me rappeler le film de Cecil B. de Mille Sous le plus grand chapiteau du monde (1952), avec des histoires un peu similaires. Mais, dans le roman, les anecdotes sont plus tristes et sordides (les employés n'étaient pas payés ou alors on les faisaient mourir en les faisant tomber du train quand ils étaient malades). Nous faisons connaissance avec des phénomènes de foire comme la femme obèse ou le nain ainsi que les machinistes qui tiennent le coup grâce au whisky. Jacob tombe amoureux de la belle écuyère Marlène (mariée à August, un homme violent, responsable des animaux et directeur équestre). Il y a aussi Rosie, l'éléphante, qui ne comprend que la langue polonaise (elle joue un rôle central dans le dénouement donnant une certaine morale à l'histoire). Tout ce petit monde est dirigé par le directeur Oncle Al, personnage peu recommandable. Sara Gruen s'est appuyée sur de nombreux documents de cette période pour raconter cette fiction; elle évoque, en particulier, les alcools frelatés (nous somme en pleine prohibition) vendus clandestinement qui provoquaient des paralysies ou faisaient mourir des gens comme certains protagonistes de l'histoire. Des photos d'époque (la plupart de la collection du cirque Barnum) insérés en tête ou en fin de chapitres aèrent l'ensemble. Publié aux éditions Le Livre de poche, c'est le genre de roman que je ne lâche plus une fois que je l'ai commencé.

1 septembre 2009

Films vus et non commentés depuis le 21/07/2009

Avant de reprendre, j’espère, mes billets tous les deux jours, voici quelques mini-critiques de films que je n’avais pas encore chroniqués et que j'ai vu depuis mon billet précédent fin juillet 2009.

Public enemies de Michael Mann est un film que je ne conseille pas vraiment (à moins d'être fan du réalisateur): il consiste en une suite de fusillades tournées en caméra numérique sans profondeur de champ. Mon oeil ne s’est pas habitué pendant le film et cela donne une impression étrange. Dillinger, joué par un Johnny Depp légèrement empâté, s'évade de prison avec des complices. Tout le film repose sur la traque de Dillinger par Melvin Purvis (Christian Bale), agent du FBI. Marion Cotillard joue très bien les utilités mais ce n’est pas suffisant. C’est un film qui manque d’âme.

Victoria, les première années d'une reine du Canadien Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.) constitue un beau livre d'images avec de belles toilettes, de beaux décors, et Emily Blunt est crédible dans le rôle de la jeune Victoria, mais l’ensemble reste un peu anecdotique. On ne sait pas trop qui est qui et pourquoi. Il manque un contexte historique dans lequel on apprendrait pourquoi la jeune reine a été, par exemple, la cible d'attentat (ce que je ne savais pas). Le couple formé par Victoria et Albert (Rupert Friend tout droit sorti de Chéri) est très "glamour" et ravira les âmes romantiques.

Là-haut, dessin animé de Pete Docter et Bob Peterson, m'a plu pour les 10 premières minutes du film, qui narrent presque sans paroles la vie d'un couple, Carl et Ellie, du jour où ils se rencontrent jusqu'à la mort d'un des deux. Et pour la scène de l'envol de la maison grâce à des ballons gonflés à l'hélium. A part ça, le film m’a paru un peu niais comme certains personnages (le petit garçon tête à claques et le chien qui vient en aide à Carl).

Adieu Gary de Nassim Amaouche a été tourné dans la ville blanche du Teil en Ardèche (d’après ce qui est annoncé dans le générique de fin). Cette ville "fantôme" est un beau décor de cinéma très "western. C’est une tranche de vie de quelques personnes qui (sur)vivent dans cet endroit sinistré (plus d’industrie, plus d'emploi) perdu au milieu de nulle part. Parmi ceux-ci, un père ouvrier (à la retraite ou au chômage?) joué par Jean-Pierre Bacri, ses deux fils (l’un sortant juste de prison), son amie Maria (Dominique Reymond) qui accepte d'être cobaye pour tester des médicaments, le fils de cette dernière, José mutique, attendant son père Gary parti depuis des années. Le film dégage une atmosphère étrange, pas désagréable. Ce film permet de voir Yasmine Balmadi (un des deux fils) dans son dernier rôle. Il vient de disparaître tragiquement cet été. Je l’avais découvert dans Wild Side de Sébastien Lifshitz (2004).

Simon Konianski de Micha Wald donne l’occasion de voir Popeck dans un rôle émouvant de grand-père juif qui aimerait bien que son fils Simon (Jonathan Zaccaï, parfait dans le rôle d’un homme un peu immature) trouve une nouvelle compagne qui ne soit pas "goy" comme celle qui vient de le quitter. Ce grand-père meurt brusquement. Simon et son fils partent en Ukraine avec le frère et la soeur d'Ernest pour l'enterrer. Après moult péripéties, ils arriveront sur le pays natal d'Ernest, rescapé des camps de la mort. Le film est sympathique mais décousu avec une scène qui m’a semblée invraisemblable (le passage de la frontière pour arriver en Ukraine). 

31 août 2009

Le responsable des ressources humaines - Avraham B. Yehoshua

Suite au billet positif d'eeguab du 21/07/2009 à propos de ce roman, je me suis procuré Le responsable des ressources humaines (sous titré: Passion en trois actes) d'Avraham B. Yehoshua (2005) aux Editions Calmann-Levy, que j'ai lu en 2 jours. Merci eeguab. J'avais déjà lu La mariée libérée (que je recommande) du même auteur israélien. Les deux romans sont parus en Livre de poche. Dans ce roman en trois parties: "Le responsable", "La mission" et "Le voyage", il faut noter que tous les personnages ne sont définis que par la fonction qu'ils occupent. Tous? Pas tout à fait; en effet, la seule personne nommément désignée est morte victime d'un attentat à Jérusalem. Elle s'appelait Julia Ragaiev, ingénieure. C'est par un papier en sa possession qu'elle est identifiée: une feuille de salaire anonyme mais à l'en-tête d'une usine qui fabrique et livre du pain industriel. Cette usine est mise en cause pour son manque d'humanité (elle ne s'était pas inquiété de l'absence de son employée) par un article de journal à paraître. Et, bien que Julia Ragaïev ne travaillât plus depuis quelques semaines dans l'entreprise, elle n'était pas encore rayée des effectifs. A partir de là, le Responsable des Ressources Humaines (autrefois appelé Directeur du personnel) est celui à qui incombe de mener la mission de rapatrier le corps de cette ex-salariée dans le pays lointain d'où elle était originaire (un des états de l'ex-Union Soviétique?) pour y être enterrée. D'ailleurs le fils de cette femme y vit. Le responsable des ressources humaines (dont la propre vie privée part à la dérive: sa femme veut divorcer) s'embarque dans un long périple (aux diverses péripéties) avec un consul et sa femme ainsi que deux journalistes. Ce roman est, pour moi, une fable sur la condition humaine, tout simplement. Le DRH va s'humaniser au fur et à mesure du roman. Lui qui avait recruté Julia Ragaïev, mais ne se souvenait plus d'elle, mettra un point d'honneur à ce qu'elle soit enterrée comme elle l'aurait souhaité, quitte à la ramener à Jérusalem, là où elle avait choisi de vivre. J'espère que ce billet incitera les lectrices(teurs) à découvrir M. Avraham B. Yehoshua, auteur peu connu, né à Jerusalem en 1936.

PS du 29/12/2010: un film en a été tiré: Le voyage du directeur des ressources humaines.

27 août 2009

Un prophète - Jacques Audiard

Enfin un grand film, et qui plus est français. Allez voir Un prophète, 5ème film très réussi de Jacques Audiard, joué en français, en corse et en arabe. La BA ne lui rend pas hommage. Presque toute l'histoire se passe dans une prison centrale. Malik, jeune Arabe de 19 ans, analphabète, vient d'y arriver afin de purger une peine de 6 ans. Il est assez vite repéré par le clan des Corses dont le chef, Luciani (Niels Arestrup, grandiose), l'oblige à tuer un Arabe, s'il ne veut pas être tué lui-même. Et il promet sa protection. Son forfait accompli, Malik deviendra, par la suite, calife à la place du calife grâce à son intelligence (il apprend à lire), à son sens de l'observation et à sa détermination. Grand Prix (amplement mérité) au dernier festival de Cannes 2009, Un prophète dure 2H30, et on est captivé dès le départ. Ce n'est pas facile de parler de ce film découpé en chapitres tellement il est riche. On peut le résumer ainsi: c'est l'itinéraire d'un agneau qui devient un loup. Il n'y a aucune psychologie dans ce que l'on voit. Jacques Audiard nous montre l'univers carcéral quotidien avec ses clans arabes et corses (qui restent entre eux). Il nous épargne le côté misère sexuelle et la religion, et pourtant il y a du surnaturel en la personne du fantôme de l'Arabe tué par Malik qui est souvent là comme l'Ange Gabriel. Malik est considéré comme Corse par les Arabes et inversement. Devenu le "larbin" de Luciani, cela lui sert dans son ascension. Luciani s'attache à lui et lui fait confiance: grave erreur. Le film comporte des scènes fulgurantes et est baigné par la musique d'Alexandre Desplats et quelques chansons. Pour ceux qui sont familiers des films d'Audiard, ils retrouveront sa façon de filmer caméra à l'épaule et certaines images entourées de noir, un peu floues dans certains plans. J'ai eu la chance de voir Un prophète en avant-première, le 25 août 2009, en présence de l'équipe du film, Jacques Audiard et cinq comédiens dont Niels Arestrup et Tahar Rahim. A l'issue de la projection, ils ont reçu une ovation debout. Il y a eu une séance de questions/réponses qui était surtout adressée à Audiard. J'ai moi-même posé une question à Niels Arestrup: est-ce que c'était le rôle ou le fait de retravailler avec Audiard qui lui avait plu? Il a répondu, en substance, "les deux". Il considère Jacques Audiard comme un grand réalisateur. Concernant le titre, Jacques Audiard n'a pas vraiment su répondre à cette question qui lui était posée. Et pourtant, à un moment donné dans une scène, on entend un personnage dire à Malik: "Tu es un prophète?". Cette soirée m'a laissé un très bon souvenir.

26 août 2009

Lancement d'un site de chroniques sur la rentrée littéraire

Restez à l'antenne pour un peu de publicité. Il faut aujourd'hui que je signale que j'avais publié un peu vite (le 1er août 2009, faute d'informations et d'instructions claires) ma chronique sur La patience de Mauricette. L'opération "Masse critique / Babelio" par laquelle j'avais obtenu gracieusement ce livre s'inscrivait cette fois-ci dans le cadre de partenariats plus larges ("cette opération a été montée à l’initiative du Social Media Club France, qui s’est chargé de récolter les romans de la rentrée littéraire 2009 auprès des éditeurs pour les faire critiquer en avant première par les blogueurs. Le SMC s’est alors associé à trois communautés: Babelio, Ulike et Chermedia pour diffuser ces livres aux blogueurs"), et l'échéance "officielle" du lancement du projet était aujourd'hui 26 août 2009, date où aurait dû être publié mon billet "pour que le lancement bénéficie d’un effet d’annonce de la part des participants". Je reprends donc textuellement le message qui m'a été fourni (ouvrez les guillemets):
« Ce blog a décidé de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des romans de la rentrée littéraire !
Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire (http://chroniquesdelarentreelitteraire.com) qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus, c'est ici. »
A vous les studieux/ses!

23 août 2009

Questionnaire cinéphile estival

Avant que l'été ne s'achève et après au moins quatre éminents blogueurs cinéphiles (Ed, Dr Orlof, Vincent et T.G.) qui ont répondu avant moi (il doit y en avoir d'autres!), voici donc mes réponses à 38 questions qui ont pour but de raviver les souvenirs, de susciter la curiosité et éventuellement de polytraumatiser les amateurs de Robert Altman. En ce qui me concerne, j'ai eu du mal avec certaines questions dont j'ignore le pourquoi du comment.


1) Quel est votre second film favori de Stanley Kubrick?
Pourquoi second? Je ne sais pas. Surtout que la filmographie de Kubrick est diverse et variée. Mais je mettrais en second Full Metal Jacket pour la première partie de ce film qui est un modèle de mise en scène. Je l'avais vu au moment de sa sortie en salle. Je me rappelle avoir été secouée.

2) Quelle est l'innovation la plus significative / importante / intéressante dans le cinéma de la dernière décade (pour le meilleur ou pour le pire)?
En entendant certaines conversations dans les magasins qui vendent des DVD ou maintenant les "Blue Ray", force est de constater que les gens téléchargent les films sur Internet et ne se déplacent plus dans les salles de cinéma. Je dirais que cela concerne la jeune génération de spectateurs mais les autres ne sont pas en reste.

3) Bronco Billy (Clint Eastwood) ou Buffalo Bill Cody (Paul Newman)?
Je choisis Paul Newman pour ses yeux bleus et son engagement pour les enfants malades mais je n'ai pas vu Buffalo Bill et les Indiens de Robert Altman (1976).

4) Meilleur film de 1949.
Noblesse oblige (Kind Hearts and Coronets) de Robert Hamer (Studio Ealing): un chef-d'oeuvre.

5) Joseph Tura (Jack Benny) ou Oscar Jaffe (John Barrymore)?
Je n'ai vu aucun film avec l'un ou l'autre.

6) Le style de mise en scène caméra au poing et cadre tremblé est-il devenu un cliché visuel?
Ce n'est pas un cliché mais une façon de filmer qui peut être réussie comme Rachel is getting married de Jonathan Demme.

7) Quel est le premier film en langue étrangère que vous ayez vu?
Cela doit être Lawrence d'Arabie de David Lean, Autant en emporte le vent de Victor Fleming ou West Side Story de Robert Wise sur grand écran au Kinopanorama dans le 15e arrondissement de Paris (cinéma aujourd'hui disparu), je n'arrive plus à départager leur ordre de vision dans mes souvenirs.

8) Charlie Chan (Warner Oland) ou Mr. Moto (Peter Lorre)?
Plutôt Peter Lorre, je ne connais pas l'autre.

9) Citez votre film traitant de la seconde guerre mondiale préféré (période 1950-1970).
La grande évasion (The Great escape) de John Sturges avec une pléthore de bons acteurs dont Steve McQueen.

10) Citez votre animal préféré dans un film.
Ex-aequo, les chats Pyewacket dans L'adorable voisine (Bell, Book and candle) de Richard Quine et Le Chat dans Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's) de Blake Edwards.

11) Qui ou quel qu'en soit le fautif, citez un moment irresponsable dans le cinéma.
Il y en a certainement, mais je ne vois pas.

12) Meilleur film de 1969.
Impossible de choisir et soyons chauvins, deux grands Chabrol: La femme infidèle et Que la bête meure (sortis la même année) ainsi que L'armée des ombres de Jean-Pierre Melville.

13) Dernier film vu en salles, et en DVD ou Blu-ray.
En salle, Les poupées du diable de Tod Browning (1936), et en DVD, Le trésor du pendu de John Sturges.

14) Quel est votre second film favori de Robert Altman?
The player (le premier c'est Gosford Park).

15) Quelle est votre source indépendante et favorite pour lire sur le cinéma, imprimé ou en ligne?
Positif / Studio-Ciné-live / Première / Brazil (heu, pas dans l'ordre, je précise).

16) Qui gagne ? Angela Mao ou Meiko Kaji?
Kesako?

17) Mona Lisa Vito (Marisa Tomei) ou Olive Neal (Jennifer Tilly)?
Je ne sais pas de quels rôles il s'agit. Mais j'aime bien les deux actrices.

18) Citez votre film favori incluant une scène ou un décor de fête foraine.
Gun crazy de Joseph H. Lewis (1950).

19) Quel est à aujourd'hui la meilleure utilisation de la video haute-définition sur grand écran?
Je réponds comme presque tous les autres: L'anglaise et le duc d'Eric Rohmer (2001).

20) Citez votre film favori qui soit à la fois un film de genre et une déconstruction ou un hommage à ce même genre.
Les westerns spaghetti de Sergio Leone.

21) Meilleur film de 1979.
Le tambour (Die Blechtrommel) de Volker Schlöndorff.

22) Quelle est la plus réaliste / Sincère description de la vie d'une petite ville dans un film?
Comme j'ai (parfois) mauvais esprit, je vais dire Le corbeau d'Henri-Georges Clouzot (1943); sinon, plus contemporain: Loin du paradis (Far from Heaven) de Todd Haynes (2002) avec la sublime Julianne Moore.

23) Citez la meilleure créature dans un film d'horreur (à l'exception de monstres géants).
Predator.

24) Quel est votre second film favori de Francis Ford Coppola?
Dracula (d'ailleurs, je n'ai pas de premier film favori).

25) Citez un film qui aurait pu engendrer une franchise dont vous auriez eu envie de voir les épisodes.
Aucun.

26) Votre séquence favorite d'un film de Brian De Palma.
La mort d'Al Pacino dans L'impasse (Carlito's way) (1993). Cela vous remue.

27) Citez votre moment préféré en Technicolor.
Tout Lawrence d'Arabie.

28) Votre film signé Alan Smithee préféré.
Je ne sais pas.

29) Crash Davis (Kevin Costner) ou Morris Buttermaker (Walter Matthau)?
Kevin Costner dans Bull Durham, je n'ai pas vu l'autre film.

30) Quel film post-Crimes et délits de Woody Allen préférez-vous?
Whatever works, Match Point, Meurtres mystérieux à Manhattan et Maudite Aphrodite.

31) Meilleur film de 1999.
Ce n'est pas forcément le meilleur film de 1999 mais j'avais beaucoup aimé Tabou (Gohatto) de Nagisa Oshima.

32) Réplique préférée.
Au tout début des Dames du bois de Boulogne de Robert Bresson: Jacques en voix "off" dit "... Il n'y a pas d'amour, Hélène, il n'y a que des preuves d'amour".

33) Western de série B préféré.
Les sept mercenaires de John Sturges (1960) [Allo? Oui, on me fait remarquer que ce n'est peut-être pas une "série B". Mais c'est le remake des sept samouraï].

34) Quel est selon vous l'auteur le mieux servi par l'adaptation de son oeuvre au cinéma?
Mort à Venise de Thomas Mann.

35) Susan Vance (Katharine Hepburn) ou Irene Bullock (Carole Lombard)?
Joker, je préfère Joan Crawford et Susan Hayward.

36) Quel est votre numéro musical préféré dans un film non musical?
Alex chantant "Chantons sous la pluie" dans Orange mécanique.

37) Bruno (Le personnage si vous n'avez pas vu le film, ou le film si vous l'avez vu): une satire subversive ou un stéréotype?
Une chose vulgaire.

38) Citez cinq personnes du cinéma, mortes ou vivantes, que vous auriez aimé rencontrer.
Robert Mitchum, Audrey Hepburn, Luchino Visconti (mais seulement de loin), Louis Jouvet et Billy Wilder.

19 août 2009

Joueuse - Caroline Bottaro

Pour un premier film, Joueuse de Caroline Bottaro (adapté d'un roman que je n'ai pas lu: La joueuse d'échecs, de Bertina Henrichs, Edition Liana Levi) est une réussite malgré quelques maladresses dans le scénario (par exemple les rapports entre Sandrine Bonnaire et sa fille: les deux actrices ne jouent pas sur le même registre).

Voici quelques raisons pour aller voir Joueuse:

- pour Sandrine Bonnaire, son sourire éclatant et son talent dans un de ses plus beaux rôles;

- pour la Corse hors des sentiers battus et loin des clichés habituels: la réalisatrice donne envie d'y partir tout de suite;

- pour Kevin Kline avec un accent délicieux qui joue le rôle d'un homme un peu mystérieux. Veuf, il vit dans une grande maison isolée dont on ne le voit jamais sortir. Kevin Kline ne fait rien mais avec talent. Et quelle présence!

- pour les échecs, jeu de stratégie plutôt difficile dont mon ami, ta d loi du cine, m'a appris depuis les rudiments de base;

- pour une belle histoire où Hélène, femme de chambre dans un hôtel, se découvre une passion pour les échecs au grand dam de son mari. Elle est entraînée par un homme mystérieux appelé Krüger chez qui elle fait aussi des ménages. Ces rencontres régulières font naître une relation qui m'a paru ambiguë. D'ailleurs, vers la fin du film, on assiste à une belle scène entre Krüger et Hélène, chargée d'émotion: ils annoncent à tour de rôle le n° des cases (H8, B5, C6, etc.) sur lesquelles, en pensée, ils avancent leurs pions d'une partie imaginaire.

C'est un film que je conseille et on se sent bien quand on sort de la salle.

15 août 2009

Le coeur cousu - Carole Martinez

Deuxième très bon conseil de lecture de la part d’Aifelle, Le cœur cousu de Carole Martinez a déjà été beaucoup chroniqué sur les blogs. Lauréat de 9 prix littéraires, il vient de paraître en édition de poche Folio Gallimard. Personnellement, le titre de ce roman ne m’attirait pas et pourtant cela aurait été dommage que je ne découvre pas ce premier roman de Carole Martinez. Il est divisé en trois parties: la première partie," Une rive", qui fait pratiquement la moitié du roman, est une réussite narrative incontestable qui m’a enthousiasmée. Elle vous emporte. Les deux autres parties, "La Traversée" et "L’Autre Rive", m’ont un peu moins touchée voire intéressée, et pourtant on ne perd pas de vue le personnage de Frasquita. L'histoire commence en Espagne dans un village isolé et se termine en Afrique du Nord. La narratrice, dont le prénom est Soledad (Solitude), résume ce que sera sa vie. Acceptant de ne pas se marier, elle sera la dernière de la lignée à endurer, pour le meilleur et pour le pire, les sortilèges qui touchent les femmes de sa famille. Pendant tout le roman, Soledad raconte principalement l’histoire de sa mère Frasquita Carasco, analphabète mais couturière aux doigts de fées (par la magie d’une boîte), capable de coudre un cœur sur une vierge de paille et de métal d’une procession sainte (il semble battre), de recoudre un coq de combat plutôt mal en point ou bien le visage d’un homme, de concevoir des robes de mariée adaptées à toutes les situations: pour une bossue ou une femme enceinte. Mariée elle-même très jeune à un charron, José Carasco, Frasquita va donner naissance à 5 filles et 1 garçon: Anita, la mutique, Angela à qui pousse des plumes d'oiseaux, Martirio, capable de donner la mort par un baiser, Clara qui s'endort dès que le soleil se couche et qui luit dans la nuit, et Soledad, la petite dernière. Le garçon, Pedro, aux cheveux rouge, dessinateur de talent et lutteur de foire, commettra l'irréparable, mais je n'en dis pas plus. J'ai trouvé le style ample, et l'écriture travaillée. C'est du bel ouvrage. Je n'ai jamais lu de roman d'Isabel Allende, il paraît que cela y fait penser.

11 août 2009

Signore et Signori - Pietro Germi

Si vous ne savez pas quoi aller voir au cinéma ces temps-ci (c'est un peu mon cas); si vous avez envie d'apprécier ce qu'est une histoire à la mécanique bien huilée (digne de Feydeau et Labiche (en plus acide) pour le théâtre, et de Billy Wilder pour le cinéma); si vous vous posez la question: quel film a gagné la Palme d'Or à Cannes en 1966?; si vous voulez rire et sourire pendant 2 heures; si vous voulez entendre parler italien; si vous voulez voir des hommes mariés (pas si jeunes) issus de la bourgeoisie locale qui ne pensent qu'à "ça", si cela ne vous dérange pas de voir des hommes et des femmes qui n'hésitent pas à se donner des gifles; si vous voulez voir un film à la morale corrosive où l'argent résoud bien des choses; si vous voulez voir une peinture au vitriol d'une certaine classe de la population; si vous aimez Virna Lisi; si le fait de découvrir des acteurs italiens pas très connus (enfin pour moi), ne vous dérange pas... Alors allez, que dis-je, courez voir Signore & Signori (Ces messieurs dames) de Pietro Germi (film que je n'avais jamais vu, honte à moi!) qui me paraît être UNE des comédies de l'année. Deux salles à Paris le projettent. C'est dans le cadre d'une rétrospective de films italiens. J'espère que des copies circulent en province (et/ou que la sortie en DVD ne va pas tarder). Ce film tourné en noir et blanc se divise en 2 parties et 3 mouvements. Il se passe à Trevise en Vénétie (où le film fit scandale). L'histoire se concentre sur un groupe d'amis constituant la bourgeoisie locale qui navigue entre sauteries et coucheries. 1er mouvement: avant une sauterie, Toni Gasparini confesse son impuissance à son médecin à qui il demande de garder le secret. Ce dernier, bien entendu, s'empresse d'en faire part à tout le monde. Mais "est pris qui croyait prendre". 2ème mouvement: le comptable Bisigato séduit une caissière de bar (Virna Lisi), en tombe amoureux et veut donc quitter sa femme, une mégère pas apprivoisée du tout. Mais, à cette époque, le divorce étant interdit avec une Eglise omnipotente, le pauvre Bisigato se retrouve à avoir tous ses amis, sa femme, la cousine de sa femme et même la police face à lui pour le faire renoncer à son projet. 3ème mouvement: une jeune fille aguichante, arrivée en ville pour faire du shopping, se retrouve en butte à la concupiscence de membres du groupe d'amis (ils se la "repassent" tour à tour). Sur ces entrefaites, le père de la jeune fille (un paysan mal dégrossi) arrive: sa fille est mineure et il porte plainte. Le rythme du film est effréné, sans temps mort, et la musique ne laisse aucun répit. Un grand film à revoir ou à découvrir.

7 août 2009

Les tribulations d'une caissière - Anna Sam

J'ai acheté récemment et lu en 2 heures ce court récit (ce n'est pas vraiment un roman). J'ai trouvé que Les tribulations d'une caissière (Le Livre de poche) était trop anecdotique. En courts chapitres, nous avons une suite de situations mettant en scène des clients resquilleurs, menteurs, pas polis, colériques, pressés, etc. Je m'attendais au moins à sourire au vu du titre, et bien pas du tout. Cela manque d'humour et c'est répétitif. Anna Sam n'explique pas pourquoi elle est restée caissière 8 ans (malgré ses diplômes supérieurs). Je veux bien croire que les temps sont durs, mais quand même! Et puis à la fin, pourquoi démissionne-t-elle? Je pense qu'il y avait une vraie étude sociologique à faire sur ce sujet à l'heure où, petit à petit, les grandes surfaces remplacent les caissières (pardon les hôtesses de caisse) par des machines. A emprunter (éventuellement) à la bibliothèque (attention aux horaires de vacances), mais pas plus.

5 août 2009

Films deux par deux (8)

Comme c'est l'été et que je publie un billet tous les 2 ou 4 jours, j'ai décidé de refaire comme l'année passée et de chroniquer deux films dans un billet quand je le juge opportun. Je commence par deux oeuvres très différentes et qui m'ont plu.

D'abord, Whatever works que j'ai vu récemment. Grâce à ce film, j'ai retrouvé la verve (avec le débit rapide qui va avec) et l'humour de Woody Allen, même si, dans ce film bavard (à voir en VO), on ressent la misanthropie voire le désenchantement du réalisateur. Boris Yellnikov (le double de Woody mais un peu plus jeune), joué par un acteur pas connu en France, Larry David, vit dans un quartier bohême de New York. Cet homme qui a (presque) été lauréat du prix Nobel de physique n'arrête pas de se plaindre, en particulier de la nullité des jeunes élèves à qui il essaie d'apprendre les échecs. Un jour, il tombe sur une jeune fille un peu perdue, Melodie Ann Celestine (délicieuse Rachel Evan Wood), qu'il accepte de recueillir une nuit. Résultat, elle s'incruste et ils se marient. J'ai apprécié le fait que l'on ne tombe pas dans le libidineux: on ne les voit même pas s'embrasser. En revanche, le "ménage à trois" (en français dans le film) formé par la mère de Mélodie, Marietta (Patricia Clarkson), avec deux amis de Boris, est assez savoureux. Et la fin est particulièrement euphorisante avec un "coming out" bien sympathique. Cela m'a fait plaisir de voir Woody Allen revenu à New-York comme s'il ne l'avait jamais quitté. Même si les quelques années d'errance européenne ont donné de très bons films, comme, par exemple, Match Point ou Le Rêve de Cassandre.

Bronson du réalisateur danois de la trilogie Pusher, Nicolas Winding Refn, est à voir pour la performance de Tom Hardy, l'acteur principal qui a un visage "élastique" comme on dit. Un vrai "clown" au sens noble du terme. Bronson est un film qui sort de l'ordinaire (même si je suis consciente qu'il ne peut pas plaire à tout le monde). Visuellement, j'ai presque senti un hommage à Kubrick et au personnage d'Alex dans Orange mécanique au vu de certains travellings. Dans Bronson, on suit la vie de Michael Peterson (qui est une personne réelle) ayant pris le pseudo de Charlie Bronson. A la fin des années 70, après avoir eu une jeunesse agitée (pendant laquelle il n'hésitait pas à frapper ses petits camarades dès qu'on l'embêtait), il se retrouve à 20 ans derrière les barreaux, condamné à 7 ans de prison pour vol. Et comme il continue d'exercer sa violence contre des gardiens ou d'autres détenus, il est, à ce jour, détenu depuis 34 ans dont 30 en isolement. Il s'est même retrouvé un temps dans une institution psychiatrique. Tout cela se passe en Angleterre où l'on voit des conditions de détention inhumaine pour les fortes têtes comme lui qui doit être considéré comme "irrécupérable". Il n'y a aucune explication psychologique, pas de message. Charlie Bronson n'est ni antipathique, ni sympathique. On se demande jusqu'où il veut ou va aller. Le film laisse une impression durable pour certaines scènes.

1 août 2009

La patience de Mauricette - Lucien Suel

Le roman La patience de Mauricette de Lucien Suel (La Table ronde) va sortir courant septembre 2009. Grâce à Babelio (que je remercie) et son opération Masse critique, je l’ai lu en avant-première. L’histoire se passe de nos jours avec des retours en arrière à partir de 1938 dans la région d’Armentières et Comines en Flandres près de Lille. En août 2008, Mauricette Beaussart, 75 ans, est admise pour cause de troubles mentaux à la «Clinique» faisant partie d’un EPSM (Etablissement publique de santé mentale). Trois semaines plus tard, elle s’enfuit. En apprenant cela, Christophe Moreel, la soixantaine, un ami qui s’occupe d’elle, espère que rien de grave n’est arrivé et qu’on va la retrouver. Christophe est traducteur de romans (ou «âneries romantiques», dixit Mauricette) des éditions Charles-Quint (suivez mon regard). Mauricette et Christophe se sont rencontrés 20 ans auparavant, en prenant des cours d’informatique. Et bien que cela fasse des années que Mauricette souffre de crises de mélancolie profonde, cette femme passionnée de poésie a quand même pu exercer le métier de professeur de français. La narration alterne des chapitres courts écrits en italique, transcrivant le discours décousu de Mauricette (peut-être tiré d’un journal à moins que cela ne soit un monologue intérieur) où elle joue avec les mots: «Je broute mes médicaments», «Je suis ta soignée», avec des chapitres de narration pure qui racontent, entre autre, l’histoire de Mauricette (expliquant peut-être son état) jalonnée de quelques grands malheurs familiaux (touchant sa mère, son père, son petit frère Emile). Ce roman est l’occasion, pour l’auteur, de faire état des traitements dans le domaine psychiatrique à l’heure actuelle. D’ailleurs, Lucien Suel (originaire des Flandres artésiennes où il est né en 1948) a écrit son roman dans les lieux où se déroule l’histoire. Un petit clin d’œil «bloguesque» en passant: avec l’aide de Christophe, Mauricette a créé un blog, "etoilepointetoile.blogspot.com", où elle postait (avant ses derniers troubles) des extraits d’«Une anthologie du veau dans la littérature». Autant les chapitres de narration sont très faciles à lire, autant les chapitres en italique méritent toute notre attention, j’ai dû les lire et relire plusieurs fois: des bribes de la vie de Mauricette sont dévoilées d’une autre façon. Quant à la partie du titre «La patience», elle peut se comprendre de plusieurs façons, dont celle du jeu de patience ou réussite. A priori, c’est le deuxième roman que publie Lucien Suel après Mort d’un jardinier (La Table ronde) en 2008. J’espère que La patience de Mauricette va rencontrer son public, il le mérite.

PS: Suite au commentaire de l'auteur, voici son adresse de blog: http://academie23.blogspot.com.

29 juillet 2009

The Reader (Le liseur) - Stephen Daldry

Produite par feu Sydney Pollack et feu Anthony Minghella (excusez du peu), cette adaptation du roman Le Liseur, de l'auteur allemand Bernard Schlink, m'a beaucoup plu, pour diverses raisons, dont les interprétations dignes d'éloges des acteurs, en particulier celle du jeune David Kross qui interprète le rôle de Michael Berg jeune (une révélation), et puis pour l'histoire elle-même qui est prenante. Le Liseur (Der Vorleser en VO) est le roman qui a fait connaître Bernhard Schlink au grand public. Pour ceux qui n’ont pas encore vu le film, The Reader (pourquoi avoir gardé le titre en anglais?) commence par un flash-back en 1958 à Berlin. Michael Berg, âgé de 15 ans, rencontre fortuitement Hannah Schmitz qui a 20 ans de plus que lui. Chez elle, il découvre l’amour physique avec cette femme un peu fruste qui parle peu mais qui demande à Michael de lui faire la lecture pendant, avant ou après leurs ébats, ce que Michael fait avec plaisir (toutes ces scènes sont très belles). Cette liaison ne dure que quelques semaines avant qu’Hannah ne disparaisse sans rien dire, laissant Michael désemparé. Etudiant en droit, il la retrouve 8 ans plus tard, en 1966: il assiste à un procès où Hannah est une des accusées. Là, il apprend le passé de cette dernière. Pendant les 20 ans qui suivent, Michael refusera d’aller rendre visite à Hannah en prison mais il lui enregistrera des livres sur cassettes. Toute la vie d’homme de Michael sera hantée par ce qu’il a vécu avec elle. On suppose qu’il en veut à Hannah mais en même temps il aime encore cette femme qui a bouleversé sa vie. Malgré quelques longueurs sur la fin et le maquillage pour vieillir Kate Winslet (pas forcément une réussite), je vous conseille ce film que j’ai vu dans une salle pleine de spectateurs attentifs. Parmi les blogueurs que je lis [liste non exhaustive!], Wilyrah, Diane_Selwyn, Armelle, Vlad, Tinalakiller, Pimprenelle en disent du bien, Rob a trouvé le film impeccable mais ennuyeux, pL est aussi un peu mitigé.

25 juillet 2009

L'amour en kilt - Alexander McCall Smith

Suite de 44, Scotland Street et de Edimbourg Express (cf. mon billet du 27/07/2008), ce 3ème opus L'amour en kilt (titre un peu "cucul" pour Love over Scotland, "De l'amour au-dessus de l'Ecosse" - le titre fait penser à un de ceux de la collection Harlequin, n'est-ce pas?) nous permet de retrouver, avec des incursions hors d'Edimbourg, la plupart des héros récurrents des deux précédents livres: Bertie, 6 ans, qui se retrouve à jouer du saxo ténor dans un orchestre pour adolescents à Paris (France), et Domenica à Malacca (Malaisie) qui fait une étude sur les pirates (qui attaquent les bateaux en mer). Pour se faire comprendre, elle parle en "Pidgin". A Edimbourg, Irène, la maman de Bertie, bien qu'enceinte, continue malgré tout à être insupportable et surprotectrice envers son fils: elle pense, parle, agit pour lui. Elle continue la mise en oeuvre "du projet Bertie" (pauvre Bertie!). Cyril, le chien à la dent en or, se fait voler presque sous les yeux de son maître Angus Lordie, lequel voit arriver d'un mauvais oeil Antonia, qui emménage dans l'appartement de Domenica pendant son absence. Toujours à la même adresse, Pat éprouve un tendre sentiment pour un dénommé Wolf qui suit le même cursus universitaire qu'elle. Matthew, qui tient une galerie (et est l'employeur de Pat), se retrouve riche et tombe amoureux de cette dernière. Enfin, Big Lou, la tenancière du bar où Matthew va régulièrement, connaît des déboires sentimentaux à cause d'un certain Eddie (qui, en plus, la dépouille de son argent). Le roman fait 400 pages (Editions 10-18) et on en redemande (d'ailleurs, je sais que la série continue). C'est une bonne lecture distrayante pour l'été.

21 juillet 2009

Films vus et non commentés depuis le 7 juilllet 2009

Poursuivant ma série, voici cinq films (dont trois réalisés par des femmes) dont les personnages principaux sont des membres de la gente féminine pas toujours très bien dans leur peau. C'est le moins que l'on puisse dire. Quatre sont américains, le dernier est un film français qui se passe au Québec.

Coraline de Henry Selick (le réalisateur de l'Etrange Noël de Mister Jack) est un conte qui fait peur. Très beau visuellement, ce film d'animation m'a quand même paru long à démarrer. Coraline et ses parents se sont installés dans une grande maison isolée à la campagne. Ses parents sont tellement pris par leur travail que Coraline s'ennuie. Une nuit, attirée par une porte dérobée, elle suit un couloir bas à quatre pattes et se retrouve dans une maison (presque) identique où une autre mère et un autre père semblent être les parents idéaux. Petit détail sinistre, ils ont des boutons à la place des yeux. Je retiens du film les personnages annexes: Mesdames Spink et Forcible, femmes obèses, trapézistes à leurs heures qui se produisent devant des spectateurs d'un genre particulier: une multitude de chiens scottish terriers; Mr Bobinski, acrobate contorsionniste; un chat très intelligent qui ne donne que des bons conseils à Coraline. C'est un film ni aimable ni gentillet, bien au contraire, je l'ai trouvé très noir. Je le déconseille aux tout-petits. D'ailleurs, il est long: au moins 1h30. Nous étions une dizaine dans la salle où je l'ai vu: uniquement des adultes.

Sherrybaby, de Laurie Collyer, vaut pour Maggie Gyllenhaal, que l'on voit de la première à la dernière image. Elle interprète Sherry, une jeune femme assez paumée qui est en liberté conditionnelle (on ne connaît pas son délit). Bien qu'elle soit "clean" depuis quelques mois, elle est sur le point de "replonger" dans l'addiction à la drogue. Mais Sherry n'a qu'un bonheur dans sa vie: sa petite fille de 6 ou 7 ans, Alexis, qui est à la charge de son frère et de sa belle-soeur. Pour pouvoir la récupérer, Sherry est prête à tout (vraiment tout) pour se réinsérer en trouvant un travail. Au détour d'une scène, on devine peut-être pourquoi l'héroïne s'est droguée: son père, veuf qui s'est remis en ménage, a des gestes déplacés envers Sherry. Ceci explique peut-être cela. Ce film a été tourné en 2006 et est sorti en France seulement cette année: mystère de la programmation. Maggie Gyllenhaal crève l'écran.

Sunshine cleaning, de Christine Jeffs, raconte comment deux soeurs, Rose et Norah, se retrouvent à nettoyer les scènes de crimes ou de suicides. Malgré le sujet, le film dégage beaucoup de bonne humeur grâce au charme et au talent des deux actrices principales, Amy Adams et Rachel Blunt. Rose, qui avait des rêves de réussite étant plus jeune, fait des ménages. Mère célibataire, elle a du mal à joindre les deux bouts, et ceci d'autant plus qu'elle a inscrit son jeune fils, Oscar, dans une école privée. Norah, elle, cherche encore sa voie (si je peux m'exprimer ainsi). Grâce à Mac, son amant (qui-ne-peut-pas-quitter-sa-femme), flic de profession, Rose se met à exercer ce métier très lucratif de "nettoyeuse de scènes de crime". Elle s'associe avec sa soeur pour créer l'entreprise "Sunshine cleaning" dans ce nouveau boulot pas très ragoûtant. Le fait de travailler ensemble les rapproche même si des souvenirs douloureux reviennent à la surface. Comme l'affiche sa pub, il s'agit d'un film des producteurs de Little Miss Sunshine (cf. mon billet du 01/03/2007), mais avec un ton différent. Le père des deux femmes, joué par Alan Arkin (comme ressuscité du film précédent), donne un petit grain de folie supplémentaire.

Rachel se marie de Jonathan Demme a été tourné en vidéo. Ce qui explique que l'image bouge beaucoup. Mais cela permet une grande fluidité dans les scènes de groupe (comme le mariage, ou le dîner juste avant, par exemple). L'héroïne du film est la soeur de Rachel, Kym (Ann Hataway). En cure de désintoxication, on lui a accordé la permission de sortir pour cet événement: Rachel se marie avec un Afro-américain. L'histoire se déroule sur un week-end pendant lequel des rancoeurs refont surface. La mère de Rachel et Kym, Abby, divorcée depuis quelques années du père des deux jeunes femmes, fera une apparition (quel plaisir de retrouver la trop rare Debra Winger). Les scènes de groupes sont très bien filmées. J'ai lu que Jonathan Demme présente son film comme une sorte d'hommage à Un mariage de Robert Altman (1978). Le scénario est de Jenny Lumet (la fille de Sidney). Pour la scène du remplissage du lave-vaisselle (pour ceux qui ont vu le film), elle s'est inspirée d'une scène réelle qui s'est passée entre son père et Bob Fosse.

Romaine par -30 d'Agnès Obadia (seul film francophone de cette série) se passe au Canada par -30 degré celsius. C'est l'occasion de voir Sandrine Kiberlain de la première à la dernière image. Comédie farfelue qui n'apporte pas grand-chose à part qu'on a l'occasion d'entendre parler québécois avec l'accent, de constater que les Québecois sont des gens sympathiques et qu'il ne fait pas chaud au Québec en hiver. L'histoire est irracontable et se finit en queue de poisson.

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