Le blog de Dasola

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11 juin 2009

Departures - Yojiro Takita

Après Still walking, je chronique un deuxième film japonais. Departures vient de recevoir l'Oscar du meilleur film étranger cette année (Entre les murs et Valse avec Bachir étaient aussi en compétition). Il paraît que, sans cette récompense, il ne serait jamais sorti en Europe (dont la France), et cela aurait été dommage. Car à la différence de Rob, j'ai beaucoup aimé (comme ffred ou Tinalakiller) ce film que j'ai vu dans une salle très recueillie (si je puis m'exprimer ainsi). Ce film a mérité son Oscar (quoi qu'en disent certains esprits chagrins). Daigo, jeune violoncelliste, se retrouve au chômage du jour au lendemain, quand l'orchestre dans lequel il jouait est dissous. Il décide de retrouver ses racines en venant habiter avec sa jeune épouse, Mika, dans la demeure de sa mère décédée (un genre de bar désaffecté). Pour subvenir à ses besoins, il répond à une annonce qui parle de voyage. Il est engagé immédiatement. L'annonce était incomplète: il s'agit de voyages dans l'au-delà. Le vieil homme, patron de cette entreprise, a eu du mal à recruter. C'est lui qui enseignera le métier à Daigo. La tanathopraxie (le mot n'est pas employé dans le film) n'est pas bien vue au Japon (comme peut-être partout ailleurs). D'ailleurs, Daigo n'ose pas avouer à sa femme son nouveau métier (c'est par hasard qu'elle le découvre et elle en est horrifiée). A partir de là, on est hypnotisé par le cérémonial de la toilette et de l'habillage des morts. Il faut voir les gestes étudiés de Daigo pour habiller, coiffer, maquiller la personne décédée. Juste avant la crémation. Chaque fois, la famille du (de la) défunt(e) est présente. Les réactions sont souvent vives, certains veulent retrouver la personne comme si elle était "vivante". Tout est fait avec un grand respect et beaucoup de pudeur. Un grand film pas triste du tout, bien au contraire. Le petit défaut du film est dû à quelques facilités scénaristiques mais rien de grave. Le générique de fin montre, encore une fois, Daigo en train de "préparer" un mort; les spectateurs sont restés jusqu'au bout.

9 juin 2009

Challenge Chick Litt For Men

Ceci n'est pas un billet de Dasola (mais bien de Ta d loi du cine). Il a pour objet le Challenge Chick Litt For Men proposé par Calepin. Le 12 janvier 2009, je (donc) m'étais inscrit en m'engageant sur trois titres de la collection "Audace" publiés par les éditions Harlequin (1). Vu qu'on avait jusqu'au 31 décembre, je suis encore dans les délais! Désolé de contrarier un peu la définition usuelle: la couverture de la collection n’est pas rose mais mauve. Et chez Harlequin, il semble y avoir un code pour les histoires à l’eau de rose: plus la couleur de la couverture fonce, plus la température monte…
Pour entrer de plain-pied dans la critique: je pense que la traduction, au moins au niveau des titres - ineptes! -, contribue sans doute à stéréotyper le produit (2). Voici les trois livres en question (respectivement N°93, 94 et 95 dans la collection):
- L'Ivresse de l'interdit de Karen Anders (Manhandling dans le texte - pourquoi pas "Prise en main masculine"?)
- Jusqu'au bout du désir de Suzanne Forster (Unfinished Business - pourquoi pas "Affaire inachevée"?)
- Intime proposition d'Isabel Sharpe (Thrill me - pourquoi pas "Fais-moi frémir"?).
Jouons un peu au Martien basique: quand j’ai commencé mes lectures (je ne vous parle pas des couv' accrocheuses!), je croyais plus ou moins monter à l’assaut sabre au clair pour triompher de titres aussi stéréotypes qu’un bon vieux SAS (j’avoue, j’en ai lu quelques-uns quand j’étais ado) où le nombre et le déroulement de scènes chaudes sont codifiées et même standardisées d’un épisode à l’autre de la saga, comme autant de repères pour les attentes des lecteurs – masculins. "Audace" est beaucoup plus diverse, et je dirais même parfois subtile.
Plantons nos trios de personnages: dans le 93, Laurel est une jeune femme d'affaires (au début) qui va virer créatrice artistique (ses premières amours refoulées) à la fin. Mélissa, dans le 94, a bidonné un best-seller, en fantasmant sur un mari de rêve - avec lequel elle n'a passé, en fait, qu'une seule nuit, mise au défi par ses copines après un resto trop arrosé. Enfin, dans le 95, May, jeune provinciale plus ou moins naïve, débarque à New-York après avoir accepté une passade d'une semaine dans un palace avec un chaud lapin, sur un coup de tête (elle venait de se faire rompre). Passons aux Roméos - j'allais écrire "Jules" -, par ordre décroissant, cette fois. 95: Brandon, écrivain au succès stagnant, cherche l'inspiration de son côté dans ledit palace - son éditrice lui a ordonné de cibler un lectorat plus féminin. Et, évidemment, à la fin, le rupteur débarque. 94: l'attachée de presse de Mélissa lui ramène son bel Antonio de mari sur un plateau (de télé). Evidemment, ce n'était pas le simple chevalier serveur qui l'avait happée au resto. Et il ne sera plus question de divorce. Dans le 93, Mac assure: certes, il a trompé Laurel sur sa qualité (hard, il ment - honni soit qui mal y pense - d'accord, je sors), mais ils se seront bisoutés pages 31, 47, 96, 121, 126 et 198, tout en couchant - c'est torride - pp. 62, 109, 138 avec remise de couvert pp. 144, 158, 175 et 180 (j'espère ne pas en avoir oublié, j'ai relu en diagonale). La crise survient p. 195, et se dénoue p. 209 (fin du livre p. 213). Ce genre de scènes est moins fréquent dans le 94 - seulement quand l'un ou l'autre a bu? Dans le 95, ils ne couchent carrément pas (ce qui s'appelle coucher, dans un lit et tout nus) ...avant la page 190 (sur 214). Tout est dans l'approche et la transformation.
Je crois avoir dit le principal? On peut d'autant moins parler de titres impérissables, que Wikipedia m'a appris que les invendus étaient rapidement pilonnés (info ne figurant pas sur le site officiel). Enfin, il n'y a pas trop de coquilles, pour le prix (une par volume, au maximum?). Voilà, mon incursion dans la littérature de poulette s'achève, ouf. Maintenant, quand je lis les collègues qui se sont contentés de Bridget Jones, je ricane (désolé Yohan).

(1) La communication d'Harlequin emploie bien le terme "Chick Litt" sur leur page de présentation... mais pour une autre collection?

(2) Mesdemoiselles coeurs tendres qui rêveriez de rédiger, pas de regrets: à la question «Puis-je écrire un roman pour Harlequin?», la réponse sur leur site est: «Harlequin France ne travaille pas en direct avec les auteurs. En effet, toutes les sources éditoriales de nos publications proviennent de notre maison-mère canadienne. Nos auteurs sont anglophones et nous ne publions, en France, que des romans traduits de l'anglais. Nous ne publions donc pas d'auteurs français, mais nous vous adressons nos souhaits de réussite dans vos candidatures auprès d'autres maisons d'édition».

PS du 10/10/2012: j'avais vu passer récemment une information comme quoi Harlequin lançait un concours d'écriture francophone... Après vérification, il s'agit d'un concours appelé "Nouveaux talents Harlequin", en partenariat avec "WeLoveWorld", jusqu'au 30/11/2012. Douze auteurs francophones sélectionnés gagneront une publication numérique au sein d'une nouvelle collection Harlequin. Le "grand gagnant" verra son texte édité en version papier.
Pour en savoir plus, cliquez ici.

7 juin 2009

Still walking - Hirokazu Kore-Eda

Du réalisateur du magnifique et poignant Nobody knows (2004), Still walking que je viens de voir deux fois pour mieux m'en imprégner est une chronique familiale qui se passe sur une journée et demie, à l'occasion de l'anniversaire de la mort du fils aîné, Fenjei, mort noyé accidentellement quelques années auparavant en voulant sauver un jeune homme. La première séquence s'ouvre avec deux femmes qui conversent dans une cuisine. La plus âgée, Toshiko Yokoyama, une soixantaine d'année, est en train de préparer des légumes pour les cuisiner, l'autre qui l'assiste, est sa fille, You. Elles parlent de recettes de cuisine et d'autres sujets. Dans une autre pièce de la maison, un vieil homme aux cheveux blancs, Atsushi, mari de la première et médecin à la retraite, s'ennuie; il n'est plus capable de soigner. You est venue avec son mari et ses deux jeunes enfants. Ryo, le fils cadet de la famille, arrive en train et bus avec sa jeune épouse, Yukari, et le fils de celle-ci (né d'un précédent lit). Ryo est au chômage mais ne veut rien dire à ses parents. Il leur fait croire au contraire qu'il a beaucoup de travail dans la restauration de tableaux. Leur bru, qui est pourtant bien gentille, est vue d'un mauvais oeil par les parents de Ryo. Ils ne comprennent pas cette "mode" des familles recomposées. Ils trouvent que, tant qu'à faire, une divorcée aurait mieux fait l'affaire car Yukari qui est veuve peut faire la comparaison entre son nouveau mari et le défunt (encore aimé?). Les enfants de You sont bruyants et un peu envahissants. Le fils de Yukari est plus posé. La journée se passe. Un hommage est rendu au fils défunt (qui devait prendre la succession de son père) avec une visite sur sa tombe où se déroule un petit cérémonial en présence d'un papillon jaune (qui pourrait être la réincarnation de Fenjei). La mère, Toshiko, a invité (comme tous les ans) l'homme que son fils a sauvé, c'est un être obèse qui mène une vie sans attrait. Après son départ, Toshiko dit le haïr. Elle en veut aussi à son mari de ne pas avoir été présent quand leur fils est décédé. A la fin de cette première journée, You et sa famille s'en vont. Seuls restent pour la nuit, jusqu'au lendemain, Ryo, Yukari et son fils. Toshiko explique qu'elle ne pourrait pas supporter ses petits-enfants bruyants très longtemps. Nous assistons encore à de belles scènes que je ne décrirai pas. J'ai été frappée par les extérieurs. La maison familiale, avec d'autres, semble se trouver en surplomb de la ville avec la mer au fond. Le cimetière aussi est en hauteur. Tout est pentu. Dans une des dernières scènes, on voit Toshiko et Atsushi monter les grands escaliers qui les mènent vers chez eux. L'épilogue se situe quelques années plus tard avec un rituel qui se perpétue. Sous des abords de comédie douce-amère, le film montre les rancunes, les petites mesquineries mais aussi les moments de bonheur d'une famille unie malgré tout. Cette histoire tend à l'universel. Quand le film se termine, on regrette d'avoir quitté la famille Yokoyama, on s'attendrait presque à une suite. C'est un des meilleurs films à voir actuellement. Depuis sa sortie, le succès ne se dément pas grâce à de bonnes critiques et au bouche-à-oreille. C'est mérité. Voir aussi l'article d'Oriane.

5 juin 2009

Monestarium - Andrea H. Japp

Grâce à BlogOBook, j'ai reçu Monestarium d'Andrea H. Japp, il y a plus d'un mois. J'ai mis du temps à y rentrer car j'avais d'autres préoccupations et d'autres romans à lire. Mais ça y est, le week-end de la Pentecôte m'a permis de me replonger dans le Moyen-Age déjà évoqué par l'auteure dans La Dame sans terre. Après vérification, l'essentiel de l'histoire se passe juste après que celle de La Dame sans terre soit terminée (avec un léger chevauchement), c'est-à-dire de septembre 1306 à janvier 1307, en plein règne de Philippe IV le Bel. On retrouve aussi le même décor de l'Abbaye de femmes des Clairets situé dans le Perche, composée de deux cloîtres. Mais, par la magie du roman, dans Monestarium, il n'y a aucun rapport (pas même une allusion), avec l'intrigue et les personnages fictifs de la Dame sans terre. Pour Monestarium, tout commence dix-huit ans auparavant en 1288, quand un négociant arménien, Firuz, récupère d'un Ethiopien agonisant une besace qui contient des os et des triangles de pierre taillée. Deux ans plus tard, en 1290, ce même marchand est assassiné à Saint Jean d'Acre. La besace arrive en France dans l'Abbaye des Clairets. Entretemps, on fait connaissance de quelques personnages dont les Soeurs principales de l'abbaye qui sont citées dès le début du roman. La mère abbesse, Plaisance de Champlois, a 15 ans, mais elle est dotée d'une grande maturité. Sa nomination par celle qui l'a précédée provoque des jalousies, dont la grande prieure d'un des deux cloîtres. Cette dernière est la soeur d'un évêque dont la perfidie nous est vite révélée. Quelques soeurs et moniales vont mourir assassinées. Une moniale en particulier, Angelique, est étranglée. Ce n'était pas elle qui était visée mais une autre, qui s'est réfugiée dans l'Abbaye depuis quelque temps pour fuir des tueurs car elle possède un diptyque qui excite les convoitises. Un fléau est aussi très présent dans le roman: la lèpre. Et les ossements me direz-vous? Pour le savoir, je vous conseille de lire ce roman de 360 pages qui se lit d'une traite. La résolution quoique un peu rapide est plausible. J'avais beaucoup aimé les trois premiers volumes de la Dame sans terre (le 4ème est en trop, je n'ai pas fait de billet dessus, voir celui de Pom'). Là, dans Monestarium, l'histoire est ramassée en un seul volume et c'est vraiment bien. Comme dans la Dame sans terre, l'addendum se compose d'une brève annexe historique et d'un glossaire sur les offices liturgiques, les monnaies, les mesures de longueur ainsi qu'une bibliographie.

3 juin 2009

Clara - Helma Sanders-Brahms

De cette réalisatrice, j'avais vu, lors de sa sortie (1980), Allemagne Mère Blafarde, que j'avais aimé (et qui a, paraît-il, beaucoup marqué à l'époque). Le film était un beau portrait de femme qui essayait de survivre avec mari et enfant pendant la 2ème guerre mondiale en Allemagne. Concernant Clara, Helma Sanders-Brahms a mis 12 ans (selon le dossier de presse) pour pouvoir tourner ce film sur Clara Schumann, femme de Robert, compositeur de la Symphonie Rhénane, d'un concerto et de très belles sonates pour piano. Mort dans un asile d'aliénés en 1856, à 46 ans, il laissa Clara veuve avec 5 enfants. Musicienne en plus d'être une pianiste de grand talent, elle a été du vivant de Robert Schumann plus célèbre que lui. C'est elle qui a interprété les oeuvres de son mari. Le film se concentre sur la rencontre du jeune Johannes Brahms avec le couple, vers 1850. Cela s'est passé à Dusseldorf où Robert, malgré ses maux de tête, devait diriger l'orchestre de la ville. Le film montre que Clara prenait souvent la place de Robert à la tête de l'orchestre au grand dam de certains musiciens qui n'admettaient pas d'être dirigé par une femme. Johannes Brahms, issu d'un milieu populaire, a voué une véritable adoration à Clara et peut-être plus (en tout cas au vu de ce que l'on voit dans le film). Il lui a écrit et dédié de nombreuses oeuvres musicales, et elle-même a interprété au moins un des deux concertos pour piano de Johannes. Clara Schumann a survécu 40 à son mari et Brahms est mort 1 an après elle en 1897. Pour parler du film proprement dit, Clara souffre de quelques défauts, dont l'interprétation de Pascal Greggory n'est pas des moindres. De film en film, je le trouve assez limité comme acteur. Il n'est pas très crédible dans le rôle de Schumann. Martina Gedëck qui joue Clara est bien. Elle fait ce qu'elle peut mais elle n'est pas "habitée" par le rôle. L'ensemble manque un peu de "consistance". La coproduction fait que les acteurs parlent dans leur langue et sont doublés. Cela ne fait pas naturel. C'est un film très sage mais on a quand même le plaisir d'écouter de la belle musique. Personnellement, j'aime la musique de Brahms depuis toujours mais quand je suis sortie de la projection, j'ai senti que les spectateurs n'étaient pas très enthousiastes. On peut le comprendre. Illustrer les affres de la création musicale constitue une gageure. Ken Russell l'avait partiellement réussi avec Music Lovers (1970) pour Tchaikovski.

1 juin 2009

Films vus et non commentés depuis le 23/04/09 (début)

Je constate une fois de plus mon retard impardonnable pour commenter les films que j'ai vu plus ou récemment (suite de ma série). J'ai déjà vu 66 films depuis le début de l'année.
En voici 4 que je ne conseille pas forcément. Vous pouvez attendre de les voir en location en DVD ou lors d'un passage à la télé.

Tulpan de Sergei Dvortsevoy est un film que j'ai vu il y a deux mois. Je considère que c'est plus un documentaire qu'une fiction. Ce film kazakh raconte les mésaventures d'un jeune homme qui voudrait se marier avec une jeune fille dont il ne connaît pas le visage. Cette dernière ne le trouve pas à son goût: il a les oreilles décollées. Et pourtant, former un couple et fonder une famille est nécessaire pour pouvoir continuer à vivre dans la steppe sous la yourte. Tout cela est un prétexte à voir une nature désertique et des brebis qui mettent bas avec difficulté. Le film m'a un peu ennuyée et il se termine en queue de poisson. J'avais nettement préféré L'histoire du chien jaune de Mongolie de Byambasuren Davaa (2006).

The other man (dans le texte) de Richard Eyre, réalisateur précédemment d'Histoire d'un scandale (cf. mon billet du 03/03/07): là, je m'attendais à un bon thriller. C'est complètement raté. Adapté d'une nouvelle de Bernard Schlink, un homme, Peter (Liam Neeson, très monolithique et pas très expressif) suspecte sa femme de le tromper. Il fait tout pour retrouver "l'autre homme", Ralph (prononcez Raife), joué par Antonio Banderas que j'ai vu meilleur. Entretemps, on ne revoit jamais la femme (Laura Linney, très bien). Le découpage du scénario est à mon avis maladroit car, au moment du générique de fin, je me suis dit que je n'avais rien compris. On assiste à des flash-back. Même le début du film est un long flash-back. C'est l'occasion de voir Romola Garai (l'héroïne d'Angel de François Ozon (2007) [cf. mon billet du 25/03/07]). Le film se passe entre Milan et Cambridge. Rien d'autre à dire.

La 1ère étoile de Lucien Jean-Baptiste: il y a quelques années, je m'étais divertie avec un film que je recommande si vous ne l'avez pas (encore) vu, Rasta Rocket en VF et Cool Runnings en VO (1993), qui narrait l'histoire de l'équipe de bobsleigh jamaïcaine en route pour les JO de Montréal (histoire authentique). C'était absolument hilarant. Pour la 1ère étoile, je m'attendais un peu à la même chose. Malheureusement, c'est nettement moins drôle et un peu répétitif mais la comédie est sympathique. Jean-Gabriel (joué par le réalisateur), un père de famille antillais marié à une femme blanche, a promis à sa progéniture de les emmener aux sports d'hiver. Le problème est qu'il a perdu aux courses la somme mise de côté pour les vacances. Qu'à cela ne tienne, avec le "système D", le père, les enfants et la grand-mère passeront une semaine à la montagne et la fille de la famille arrivera à gagner sa 1ère étoile de ski. Le film est encore un grand succès, tant mieux pour lui mais je m'attendais à autre chose.

Confessions d'une accro du shopping de P.J. Hogan n'est pas aussi réussi que Le Diable s'habille en Prada. Je n'ai pas lu les livres de Sophie Kinsella, mais j'ai l'impression que les intrigues sont mieux tournées. Moi, je suis allée le voir car j'avais envie de me changer les idées (mon hygiène mentale). Tout est hautement invraisemblable, mais le beau Hugh Dancy et quelques scènes sympathiques sauvent le film.

(à suivre...)

31 mai 2009

Les Falsificateurs (suivi de) Les Eclaireurs - Antoine Bello

Je chronique ces deux romans en même temps car le deuxième, Les Eclaireurs, est la suite et fin des Falsificateurs. J’ai découvert Antoine Bello il y a plus de 10 ans pour son roman (que l’on m’avait offert), L’éloge de la pièce manquante (1998), paru en Gallimard Noire; et puis plus rien (ou presque), jusqu’à ce que paraissent Les Falsificateurs en 2007 (Folio poche, 588 pages), et la suite, Les Eclaireurs (Gallimard, 470 pages), roman qui vient de recevoir le prix Télérama – France Culture 2009. J’ai lu les deux romans à la suite, d'une seule traite, tant c'est passionnant. Le narrateur et héros du roman, Sliv Dartunghuver, est islandais. Géographe de formation, il est engagé comme chef de projet, à 23 ans, dans un cabinet environnemental. Ce cabinet abrite aussi une organisation secrète, le CFR (Consortium de Falsification du Réel). Eriksson, son hiérarque, recrute Sliv comme agent du CFR. Cette organisation a des agents disséminés dans le monde entier qui produisent des scénarios qu’ils s’efforcent de mêler au réel. Pour ce faire, ils créent des fausses sources ou bien altèrent les documents existants. Vous découvrirez si vous lisez ces romans quel animal célèbre, par exemple, n’a en réalité jamais existé. Le CFR est très bien structuré et hiérarchisé avec trois corps d’élite: le Plan, l’Inspection générale et les Opérations spéciales. Sliv, de 1991 à 2003, période pendant laquelle se passent les romans, va gravir les échelons de simple agent débutant, de classe 1 à celui de classe 3. C’est lui qui propose de passer de la falsification physique à la falsification électronique. Remarqué par le Comex, instance suprême du CFR, Sliv (et quelques autres) voudrai(en)t découvrir la finalité de cette organisation. Pendant ces années-là, il se liera d’amitié avec des agents du CFR venus d’horizons différents, de pays différents. Il n’y a pas de discrimination raciale, ni religieuse. Parmi les amis proches de Sliv, nous trouvons Youssef, un Soudanais, et sa femme, Maga, indonésienne, tous les deux musulmans. D’autres personnages, dont un Français, côtoient Sliv. Un bon scénario demande une falsification sans faille. C’est là qu’intervient Lena Thorsen (falsificatrice hors pair), une Danoise engagée au CFR, trois ans avant Sliv, qui devient une rivale professionnelle pour Sliv qui commet à un moment donné une grossière erreur en tant que falsificateur. La jalousie de Lena va provoquer des événements graves. Je ne dévoilerai pas toute l’histoire sinon pour dire que le CFR (dont l’acronyme signifiait Compagnie Française des Rentes au moment de sa création pendant la Révolution Française) se trouvera menacé dans son existence au moment du 11 septembre 2001 (le CFR n’est pas malheureusement pas étranger à ce qui est arrivé). Mais les agents souhaitent que le CFR perdure car la réalité en a besoin. Le roman se termine juste avant les hostilités entre l’Irak et les Etats-Unis. Je disais donc que les deux romans se lisent agréablement. Comme, au début des Eclaireurs, on trouve un bon résumé de 3 pages des Falsificateurs, on nous avertit bien qu’on peut les lire indépendamment. On peut retirer de ces romans l’impression que des choses, des événements, des personnages du passé et du présent ne sont pas tels qu’ils paraissent ou auraient dû être. Du coup, je me demande: et nous, sommes-nous réels? Antoine Bello est-il bien un écrivain français né à New York et qui vit à Boston?

PS: Voir le billet de Keisha paru postérieurement (le 15/06/09) sur Les Falsificateurs.

29 mai 2009

La Sicilienne - Marco Amanta

Je vais encore parler d'un film, italien cette fois-ci, qui a déjà presque disparu des écrans. Et c'est bien dommage! Je ne connaissais pas le cinéaste Marco Amanta. Le scénario est tirée d'une histoire vraie: une jeune femme a osé affronter seule un clan de la mafia qui avait tué son père et plus tard son frère, eux-même mafieux. Le réalisateur a changé les noms, mais ceci mis à part, 90% de ce que le film raconte est vrai. L'histoire s'est passée entre 1985 et 1992. Rita, qui a 11 ans, voit son père abattu devant ses yeux dans un petit village de Sicile. Le règne de l'Omerta fait que personne ne dit rien. Les volets des maisons se ferment. Seule Rita n'oublie rien, et elle se met à écrire un journal dans des carnets où elle décrit les méthodes, les trafics de la mafia locale, elle écrits des noms. Pendant ce temps, tout le monde lui tourne le dos, on la prend pour une folle. Elle s'habille en noir comme une veuve. Sa mère, elle-même, lui est hostile. Rita avait une adoration pour son père mais pourtant on découvre que celui-ci était aussi peu recommandable que les autres: il tuait, violait, etc. Néanmoins, n'ayant pas voulu se lancer dans le trafic de drogue, le père de Rita était devenu gênant pour un autre parrain local. Rita grandit et, à 17 ans, elle tombe amoureuse d'un jeune du village qui dit l'aimer aussi. Voulant se venger de son père, elle part à Palerme sans rien dire à personne et se présente devant un juge avec ses carnets à charge contre la mafia. Ce juge qui s'appelle Borsellino est joué par Gérard Jugnot. C'est la seule critique notable que je ferai: Jugnot est très bien mais on voit qu'il joue en français et qu'il est doublé en italien. Cela donne une étrange impression. Ce juge va protéger et soutenir Rita au péril de sa vie. Exilée à Rome, elle est gardée au secret. Elle change d'identité. La mafia n'aura de cesse d'éliminer ces deux empêcheurs de tourner en rond jusqu'au jour du procès où une dizaine de mafieux doivent être jugés. On sent très vite que tout va mal finir mais pas comme on l'imagine, pour Rita tout au moins. A la toute fin, on voit un très court film avec la vraie Sicilienne. C'est très émouvant. La jeune actrice Veronica d'Agostino, qui joue Rita, est remarquable. On sent sa détermination, sa rage et pourtant elle montre aussi de la douceur. Elle se sait condamnée à mort mais rien ne l'arrête. Je ne saurais trop vous conseiller ce film qui mérite votre attention.

27 mai 2009

Etreintes brisées - Pedro Almodovar

Etreintes brisées (titre pas si facile à dire) de Pedro Almodovar, qui était en compétition à Cannes cette année, est reparti bredouille. C'est dommage car il aurait au moins mérité le prix du scénario. Film hommage au cinéma en général et à tous ceux qui le font en particulier, Etreintes brisées est, en effet, un film foisonnant qui se passe alternativement à deux moments dans le temps: en 1994 et et 2008. Comme j'ai eu la chance d'avoir récupéré un dossier de presse de ce film, je l'ai lu et des clés sur certains aspects du film m'ont été révélées. Par exemple, en commençant par le générique, les images à la texture sépia montrent un couple, une jeune femme et un homme: il s'agit des doublures lumières des deux acteurs principaux du film, Penelope Cruz et Lluis Homar. En 2008, Harry Caine (Lluis Homar) est un homme aveugle qui écrit des scénarios, des récits, etc. Il profite de la vie. Quatorze ans auparavant, il s'appelait Mateo Blanco et réalisait des films. Il a perdu en même temps dans un accident de voiture et la vue et Lena (Penelope Cruz), la femme qu'il aimait. Il venait de terminer un film, "Filles et valises", une comédie dont l'actrice principale était Lena. Le film fut un fiasco alors qu'il aurait pu être un succès si un homme, le producteur du film, Ernesto Martel (José Luis Gomez), fou amoureux de Lena lui aussi, n'avait pas voulu se venger. Etreintes brisées constitue une oeuvre où les notions de double, doublure, doublage, duplicité, duplication sont d'autres clés pour comprendre le film, ainsi que l'instantanéité de la photographie. Parmi les personnages qui gravitent autour d'Harry Caine, nous trouvons Judit Garcia (Blanca Portillo), l'ancienne et fidèle directrice de production, ainsi que son fils Diego, qui sert de secrétaire et de confident à Harry, et Ernesto Martel Jr qui a tourné en particulier le "making of" de "Filles et valises" (cela a son importance). Je veux aussi parler de la couleur de l'image, que j'ai trouvée magnifique, flamboyante comme le mélodrame auquel nous assistons. Je suis loin d'avoir raconté tout le film qui dure 2h05. Ce n'est certainement pas le meilleur film du réalisateur (et je n'ai pas été émue comme pour Parle avec elle (2002)), mais il vaut la peine d'être vu pour Pénélope Cruz et les autres acteurs, pour le montage (élément important du film dans le film), et pour l'image. Et je n'oublie pas la musique d'Alberto Iglesias. Pour les scènes tournées de "Filles et valises", Almodovar s'est inspiré de celles de Femmes au bord de la crise de nerfs (1987), et il les a d'ailleurs tournées dans les mêmes décors. En tout cas, je suis contente que, comme tous les films d'Aldomovar, il ait bénéficié d'une sortie nationale: ça m'a permis de le voir dans une salle en province (la salle était plutôt neutre, et il n'y avait pas grand-monde). Le dossier de presse (en espagnol) est téléchargeable sur internet. Le synopsis est en français.

26 mai 2009

Palmarès de Cannes 2009 - Billet intermédiaire

Comme beaucoup de personnes, j'ai entendu sur les ondes radio le palmarès de Cannes 2009, dimanche soir 24 mai 2009. A part le Pedro Almodovar dont je vais faire un billet (je vous le conseille) et le Ken[neth] Loach dont j'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais (il a reçu le grand prix oecuménique), les autres ne sont pas encore sortis excepté Vengeance de Johnny To. Je me réjouis d'abord et avant tout du Grand prix pour Jacques Audiard et j'attends avec impatience la sortie de son film primé, Un Prophète (le 26 août 2009), film de 2h30 réalisé caméra à l'épaule. Ce film était l'un des favoris pour la Palme. Et je dis, et je le répète, que Jacques Audiard est un grand réalisateur. Concernant la Palme, si j'avais mauvais esprit, je dirais que le fait qu'Isabelle Huppert soit présidente du jury explique en partie que Michael Haneke, réalisateur autrichien, ait reçu la Palme d'Or cette année pour le Ruban blanc (sortie le 21 octobre 2009). Grâce à son rôle dans La pianiste du même Haneke (2001), Isabelle Huppert avait été récompensée du prix d'interprétation féminine. D'ailleurs, c'est Isabelle Huppert elle-même qui a remis la Palme au réalisateur. Je le conçois comme un retour d'ascenseur (1). Pour le prix d'interprétation féminine, Charlotte Gainsbourg est, semble-t-il, justement récompensée pour son rôle dans Antichrist de Lars von Trier (sortie le 3 juin 2009). Quant au film, il a créé la polémique. On verra quand il sortira... Personnellement, je ne me précipiterai pas pour le voir. L'acteur récompensé, Christopher Walz, est autrichien, et une des raisons de voir le dernier film de Quentin Tarantino, Inglorious Basterds (sortie le 19 août). Par ailleurs, Alain Resnais a reçu un prix spécial honorifique (comme Eastwood l'année dernière). Je ne comprends pas ce système dans lequel, passé un certain âge ou un cap dans leur carrière, les réalisateurs sont récompensés pour l'ensemble de leur oeuvre et non pour un film précis. Petite remarque au passage, le film de Resnais qui sort le 21 octobre 2009, Les herbes folles (billet d'Alex), est le seul de la compétition qui dure moins de 2h00. A part ça. il y a quelques oubliés: Almodovar, Bellochio. En tout état de cause, les films récompensés ne sont pas "grand public", à mon avis.

(1) Finalement (une fois vu), je dis: chef-d'oeuvre. Cf. mon billet du 07/11/2009.

25 mai 2009

Un mariage de rêve - Stephen Elliot

Un mariage de rêve [titre français pas très approprié pour "Easy virtue" (petite vertu)] de Stephen Elliot, qui a aussi écrit l'adaptation, est un bon film très "british", assez pince-sans-rire autant dans le fond que dans le ton. A l'origine, il s'agit d’une pièce écrite en 1924 par Noël Coward (auteur presque oublié, et c'est bien dommage). Larita (Jessica Biel) (1), jeune femme émancipée (qui sort d’un drame personnel) et aventurière, vient de convoler en justes noces avec un jeune Anglais, John Wittaker, qui a eu le coup de foudre pour elle au premier regard. Après le voyage de noces, Larita est présentée à sa belle-famille (dont on apprendra au cours du film qu’elle est ruinée). Cette belle-famille se compose entre autres de Mrs Wittaker, la mère de John (Kristin Scott-Thomas, irrésistible en femme aigrie), qui prend aussitôt sa bru en grippe. La première faute de goût impardonnable pour Mrs Wittaker est que Larita est américaine! En revanche, Mr Wittaker (Colin Firth), un rien désabusé (la première guerre mondiale n’est pas terminée depuis si longtemps), ne reste pas insensible au charme de de la jeune femme qui compte bien profiter de la vie. Tout de suite, Larita se trouve mal à l’aise dans cette famille. L’ère victorienne est révolue mais Mrs Whittaker, qui n’en a cure, brime ses deux filles (soeurs de John) et montre de l'autorité envers ses domestiques. Mais Mrs Wittaker a aussi  la «main verte», preuve en est la serre (chauffée) attenante de la demeure (pas chauffée, elle). Je ne dévoilerai pas les péripéties de cette comédie enlevée excepté un «French Cancan» endiablé mais sans culotte, et le triste destin du chien "Poppy", qui a fait beaucoup rire la salle (moi compris), sans parler de la sonnette pour appeler les quelques domestiques qui ne sont pas encore partis. D'ailleurs, un en particulier vaut le détour. Il paraît un peu dérangé. Pour en revenir à Noël Coward, il est aussi l’auteur d’une pièce, Private Lives (une scène de ménage qui dure deux heures souvent jouée par de grands comédiens sur la scène londonienne ou américaine). Il a également été l’auteur de Brève rencontre (1945) de David Lean (mais non crédité au générique) ou de Design for Living (qui a inspiré Sérénade à trois d’Ernst Lubitsch en 1933). Stephen Elliot est le réalisateur et scénariste de Priscilla, Reine du désert (1994), film que je conseille.

(1) Et non Jennifer Biel comme je l'avais écrit par erreur (merci à Coming soonn).

23 mai 2009

Dix de derche - Pascal Jahouel

Avant tout, je vais ressortir des oubliettes le "Tag de la page 123" qui tournait sur les blogs littéraires il y a quelques mois. L'extrait pour Dix de derche donnerait:
"La jouvencelle suçotte une paille barbotant dans un coca light. Je la mate sans gêne, le nez dans une délicate Kilkenny. Je table sur sa curiosité, par excellence toute féminine, pour entamer le commérage. Bingo, elle l'amorce, fort courtoise:
- L'enquête sur le décès de Papa avance-t-elle?
Afin de l'indisposer, à mitan entre blasé et détaché, j'élude:
- Si on veut!
Elle se montre alors bigrement curieuse.
- Vous suivez une piste, au moins?
- Pour être franc, je patauge!
"

De ce troisième roman de l'auteur (qui m'a gracieusement envoyé un exemplaire), je suis un peu en peine de parler car j'ai été désarçonnée et même crispée par le style aux phrases interminables, le vocabulaire et les expressions employées que l'on avait déjà dans les deux premiers. Dans celui-ci, on a atteint le point limite, et il y en a comme ça pendant 252 pages. Au bout d'un moment, j'ai saturé. J'ai vraiment eu du mal (souvent) à comprendre Dix de derche (Editions Krakoen). Pascal Jahouel a privilégié la forme sur le fond. C'est d'autant plus dommage que comme c'est un "polar", cela gâche le plaisir d'avancer dans l'histoire. Et plus grave, l'humour est totalement absent. Cela se passe, comme les deux précédents, Archi Mortel et la Gigue des Cailleras [mes billets des 17/10/2007 et 12/07/2007], dans la région de Rouen (où vit l'auteur). Bertrand-Hilaire Lejeune (BHL pour les dames), inspecteur de police, est chargé d'enquêter sur la noyade "accidentelle" d'un ponte de la région. Je ne peux pas vraiment vous en dire plus à part que les suspects sont très proches de la victime. J'ai trouvé que "BHL" se regardait dans ce volume un peu trop le nombril en faisant du style à la première personne, et que ça étouffait complètement l'intrigue. J'espère que Pascal Jahouel ne m'en voudra pas pour cette critique négative mais ma déception a été à la hauteur de mon attente. Vivement un quatrième plus lisible. Car j'aime lire par plaisir et là ce n'en fut pas un. Ah, au fait, il a fallu que j'aille chercher la définition de "derche". Et vous?

21 mai 2009

Wendy et Lucy - Kelly Reichardt

Wendy et Lucy de Kelly Reichardt (une réalisatrice à découvrir absolument) est un film tendre et attachant qui montre une Amérique triste, dure, pauvre, menaçante et un peu désespérée, mais où l'amitié et l'entraide ne sont pas absentes. L'histoire qui se passe de nos jours (à l'automne?), commence quand Wendy (formidable Michelle Williams) et sa chienne Lucy arrivent dans l'Oregon en voiture. Elles sont en route pour l'Alaska où Wendy (cheveux courts à l'allure garçonne dans son bermuda) pense trouver du travail. Wendy compte son argent, il lui en reste peu et pourtant elle a encore du chemin à parcourir pour toucher son but, et le fait que sa voiture tombe en panne complique tout. Wendy aime sa chienne par-dessus tout. Elle vole même de la nourriture pour elle: deuxième complication. Pendant qu'elle est arrêtée et mise en prison pour 24 heures, sa chienne disparaît. Elle n'a de cesse de la retrouver par la suite. Le film dure 1H10 pendant lesquelles la réalisatrice ne lâche pas son héroïne marginale (en rupture avec sa famille?), qui est filmée au plus près. On ne tombe jamais dans le misérabilisme, c'est là sa force. On a peur pour Wendy qui ne se laisse pas abattre. Je vous conseille ce film s'il n'est pas trop tard. Je l'ai vu la semaine de sa sortie (suite à de bonnes critiques journalistiques). Il est projeté dans très peu de salles. Mais s'il passe par chez vous, il faut aller le voir. Ed en a dit beaucoup de bien et c'est mérité. Coming soonn en parle également.

19 mai 2009

Les chevelues - Benoît Séverac

Les chevelues de Benoît Séverac (2007) aux éditions TME est un roman policier (280 pages) qui m'a été offert par mon ami pour mon anniversaire (il l'avait repéré sur le blog de Claude Le Nocher). Le format du livre est rectangulaire (cela m'a fait penser aux Editions Actes Sud) et l'impression se fait sur un papier recyclé de bonne qualité. L'histoire se passe sous le règne de l'Empereur Auguste. Toute la Gaule est occupée (oui, oui, toute). C'est l'époque de la Pax Romana. En Aquitaine, à Lugdunum Converanum (aujourd'hui Saint-Bertrand-de-Comminges), les Romains et les Gaulois cohabitent pacifiquement. Un jeune Romain, Cracius, après une nuit d'orgie en compagnie d'une Gauloise (une Chevelue), se fait assassiner en pleine campagne sur le chemin du retour vers chez lui. Il devait épouser une Romaine, fille d'Hadrianus Trevius, premier magistrat de la civitas (ville). Ce même Hadrianus, membre du "quattuorvirat" (sic, 3 Romains et 1 Gaulois) qui gère la ville, veut d'abord faire croire à un suicide pour éviter le désordre dans la ville. Peine perdue. Quelques jours après, un autre jeune Romain, Balbius, ami de Cracius, est tué lui aussi, piqué par un serpent mortel. Il venait d'avoir une relation intime avec une autre jeune Gauloise. Valerius Falco, un centurion un peu désabusé, enquête. Il découvre que vingt jeunes Gauloises ont été déflorées par Cracius, Balbius et par trois autres jeunes romains (qui meurent eux aussi de mort violente). Tous les cinq sont fils de notables romains de Lugdunum Converanum. Entretemps, un terrible propréteur, Rufus Riego dépêché de Tolosa (Toulouse), qui hait les Gaulois, déclare que le coupable est Gaulois. Ce n'est pas l'avis de Valerius Falco. Ce roman est très agréable à lire car on se sent proche des personnages grâce à la description de certains us et coutumes tant romains que gaulois. Je regrette cependant que l'auteur qui emploie de nombreux termes latins pour désigner des objets ou des personnes n'ait pas fait un glossaire à la fin du livre. Mise à part cette mini-critique, je vous conseille de vous procurer ce roman. Je pense qu'il faut le commander chez votre libraire favori.

17 mai 2009

Chéri - Stephen Frears

Chéri de Stephen Frears est le genre de film que l'on va voir pour les toilettes que portent les actrices, ou les habits de ces messieurs, et pour admirer les décors d'hôtels particuliers ou autres résidences. L'ensemble a un charme suranné que j'ai apprécié. Nous sommes introduits dans l'univers de dames qui ont consacré leur âme et surtout leur corps à devenir riches et indépendantes. Quand le film commence, Léa de Lonval rencontre chez son amie Mme Peloux (Kathy Bates) le fils de cette dernière, Chéri, jeune homme ténébreux qui est un coeur à prendre. Chéri et Léa vont vivre quelques semaines de folle passion. Michelle Pfeiffer qui joue Léa est bien filmée. J'ai entendu dire sur des ondes radio (par des jalouses) que Michelle Pfeiffer (50 ans cette année)  s'était faite "lifter". Et alors! Que cela soit vrai ou non, elle très belle et son talent est intact. Il y a d'ailleurs un petit clin d'oeil, pour ceux qui ont vu le film, de la part de  Stephen Frears à son actrice. En effet, au tout début, une voix "off" présente la demeure de Léa, et on voit entre autre, sur une petite commode, un portrait de Michelle Pfeiffer, 20 ans plus tôt, dans Les Liaisons dangeureuses du même Stephen Frears. Sinon, j'ai aimé le procédé du récit en voix "off" pour faire avancer le récit. Ca donne du rythme au film. Pour connaître l'histoire, lisez Colette.

15 mai 2009

Maigret et la Grande Perche - Georges Simenon

Le 4 septembre prochain, cela fera 20 ans que Georges Simenon disparaissait. Je profite de l'occasion  pour parler d'une enquête du Commissaire Maigret: Maigret et la Grande Perche (écrit en 1951). Je viens de revoir un téléfilm avec Bruno Crémer dans le rôle de Maigret (c'est l'interprète de Maigret que je préfère). Face à lui, on retrouve Michael Lonsdale et Renée Faure. Comme j'ai trouvé l'histoire passionnante et bien menée, je me suis mise à lire le roman paru en Livre de poche, 190 pages. Ernestine dite La Grande Perche, qui avait été arrêtée pour un vol, 17 ans auparavant, par Maigret (jeune inspecteur à l'époque), vient le trouver Quai des Orfèvres car elle est inquiète: son mari, Alfred-le-triste, braqueur de coffre-fort dont elle n'a pas de nouvelles, l'avait appelée juste avant pour la prévenir que dans un pavillon à Neuilly qu'il s'apprêtait à cambrioler, il a vu le corps d'une femme morte, par terre. C'est l'occasion pour le commissaire de mener son enquête chez un dentiste, Guillaume Serre, de l'interroger ainsi que sa mère, vieille dame peut-être pas aussi digne qu'elle le paraît. Les non-dits, les secrets inavouables, les failles ne tardent pas à émerger, transcendés par l'écriture de Simenon. L'écrivain va à l'essentiel. On ne parle pas d'ADN. Seule la psychologie importe. On sent l'atmosphère pesante, presque la menace. A mon avis, la réputation de grand écrivain de Simenon n'est pas usurpée. Ses dialogues sans fioritures sont écrits pour le cinéma (ou la télé). C'est une lecture agréable, ai-je trouvé.

13 mai 2009

La vague - Dennis Gansel

D'après ce que j'ai lu, La vague (d'abord un livre, puis maintenant un film) est inspirée d'un fait divers qui s'est passé aux Etats-Unis. C'est le genre d'oeuvre que j'aurais bien vu dans une émission télé de mes jeunes années, "Les dossiers de l'écran", pendant laquelle on nous diffusait un film suivi d'un débat. En ce qui me concerne, j'ai trouvé La vague (Die Welle) bien écrite avec une montée de tension: on pressent que cela va mal finir. L'histoire se passe en Allemagne dans une classe de jeunes de 16-17 ans dans un lycée. Pendant une semaine, un professeur est chargé d'un cours/séminaire sur le thème de l'autocratie. C'est impressionnant de voir que les jeunes en face du professeur (surtout les garçons) lui obéissent aveuglément en agissant parfois plus que demandé. Il est terrible de constater que les élèves pas encore adultes sont très influençables. Ils ont besoin de repères, de guide. Un en particulier, assez perturbé, prend le professeur comme "maître à penser" et commet un acte irrémédiable. Ce qui n'était qu'une expérience fictive devient une tragédie. A mon avis, le seul vrai fautif est le prof qui n'a pas vu venir (ou qui n'a pas voulu voir) ce qui allait se passer. Il éprouve un sentiment de puissance (même inconscient) face à ses élèves. Il ne martèle pas assez que c'est un cours comme un autre. Il n'a pas mis assez de garde-fous. Lui-même semble avoir des problèmes avec sa compagne (professeur comme lui). Ce n'est pas facile d'expérimenter l'autocratie. Il faut rester vigilant. Le sujet du film m'a beaucoup fait penser à un autre, allemand lui aussi, l'Expérience, d'Olivier Hirschbiegel (2003), où des hommes "jouaient" les rôles de matons et de prisonniers dans une prison. Cela dégénérait très vite.

11 mai 2009

Dans la peau / La chambre écarlate - Nicci French

Pour celles (ceux) qui ne le savent pas, sous le pseudonyme de Nicci French se cache un couple d'écrivains anglais, Nicci Gerrard et son mari Sean French, journalistes de profession. Ils écrivent à quatre mains depuis plus de dix ans. Je viens de lire deux de leurs romans policiers: Dans la peau et La chambre écarlate. Comme cela m'a bien plu, je vais en commencer un troisième, Aide-moi... Les points communs des deux premiers sont évidents. Les histoires se passent à Londres et ce sont des femmes qui sont les narratrices. Dans les deux intrigues, les policiers n'ont qu'un rôle vraiment secondaires et ne paraissent pas très compétents. Les conclusions ne sont pas forcément très gaies avec des héroïnes fortes mais seules.

Pour Dans la peau, nous avons trois femmes dont les récits se succèdent: elles ne se connaissent pas mais un lien les relie: un tueur leur écrit qu'il va les tuer. Les deux premières ont une fin tragique, quant à la troisième...

Dans La chambre écarlate, l'héroïne est une jeune psychiatre qui arrive à résoudre une affaire tragique où les deux victimes sont aussi des femmes: une jeune SDF et une mère de famille, dont on apprend à la fin quel lien elles pouvaient avoir.

Petite anecdote en passant: j'avais acheté les deux romans en poche. Le premier, je l'ai lu tranquillement chez moi. Quant au deuxième, il faisait partie de ceux que j'avais emportés pendant mes vacances basques. Et je ne sais pas pourquoi, dans un moment de distraction (je l'avais lu aux trois-quarts), je crois l'avoir oublié sur un banc. Comme je voulais absolument le terminer, je l'ai trouvé à ma biblothèque d'entreprise. J'étais contente de ne pas être obligée de le racheter. Une mésaventure de ce type m'était déjà arrivée il y a quelques années et j'avais racheté le livre (mais je ne me souviens plus du titre). Sinon, le fait d'abandonner un livre terminé sur un banc, pourquoi pas? L'idée n'est pas mauvaise si cela peut faire plaisir à quelqu'un... (cf. ici, ou bien ).

9 mai 2009

Looking for Eric - Ken Loach

Grâce à Jérôme de Cinefeed/Cinefriends, nous avons eu la chance, mon  ami et moi, d'assister à une première publique (composée de "blogueurs cinéphiles") de Looking For Eric (en compétition cette année à Cannes, et qui sortira le 27 mai). Le scénario écrit (suite à une idée d'Eric Cantona) par Paul Laverty (It's a free world [cf. mon billet du 15/12/2007] et Le vent se lève) raconte une histoire grave, au début, et qui débouche sur une fantaisie légère et émouvante qui remonte le moral. La présence d'Eric Cantona et la solidarité entre les êtres y sont pour beaucoup. Eric Bishop (Steve Evets), homme grisonnant, pas bien gros, postier (à Manchester) de son métier, a été abandonné par sa seconde épouse qui lui a laissé deux grand beaux-fils plus doués à trafiquer qu'à travailler. La maison qu'il occupe, envahie par des télés dans toutes les pièces, semble aussi bien négligée. Lui-même se laisse aller à la déprime. Justement, sa fille, Sam, qui est jeune mère, tente de réconcilier ses deux parents, Eric et Lily, en leur faisant faire du baby-sitting de leur petite-fille en alternance (en effet, des années plus tôt, Eric avait quitté femme et enfant juste après le baptême de sa fille). De leur côté, tous les copains postiers essaient de dérider Eric sans beaucoup de succès. C'est à ce moment-là qu'ils recourent à un jeu thérapeutique: quelle serait la personne célèbre que chacun aimerait rencontrer afin de lui parler. Pour Eric Bishop, il s'agirait d'Eric Cantona dont il est fan (un poster grandeur nature trône dans sa chambre). Pour ceux qui l'ignorent, "Canto" est devenue une légende à Manchester où il a fait une partie de sa carrière. Eric Bishop pense tellement fort à lui dans un moment de déprime que, oh miracle, Cantona se matérialise devant lui. Il devient son confident et essaie de lui donner des conseils avec un ton sentencieux absolument irrésistible. Je recommande bien évidemment le film en VO car c'est l'occasion d'entendre Cantona parler l'anglais (très bien) avec l'accent marseillais. Il faut l'écouter dire "I'm not a man, I'm Cantona" (je ne suis pas un homme, je suis Cantona). C'est vraiment très drôle. On sent que Cantona s'amuse et nous aussi. Je ne vous dévoilerai pas davantage de l'histoire. Mais je dirai quand même que l'"Opération Cantona" vers la fin du film restera, je pense, dans les annales. Les acteurs principaux ne sont pas connus mais ils sont tous très bien. Après L'Outremangeur et le remake du Deuxième souffle, c'est la 3ème fois que je vois Cantona dans un film. Il dégage beaucoup de charisme. En revanche, il a encore des progrès à faire à la trompette (ceux qui verront le film comprendront).

PS du 17/05/09: je viens de revoir les 2 bandes-annonces de Looking for Erik, je trouve vraiment que, pour une fois, le film est bien mieux que ces BA.

7 mai 2009

Coco avant Chanel - Anne Fontaine

J'ai beaucoup aimé le dernier film d'Anne Fontaine (librement inspiré de l'Irrégulière ou Mon itinéraire Chanel d'Edmonde Charles-Roux). Et pourtant, j'appréhendais de le voir car je me demandais si Audrey Tautou serait à la hauteur du personnage incarné. Eh bien, je la trouve très bien. J'y ai cru dès le départ. Le film est humble et sobre, un peu lisse sans trop d'aspérités, mais moins "racoleur" que ceux d'Olivier Dahan sur Edith Piaf ou de Diane Kurys sur Françoise Sagan [billets du 15/02/07 pour La Môme, et du 25/07/08 pour Sagan]. Anne Fontaine n'a pas voulu retracer toute la vie de Chanel (1883-1971) et c'est tant mieux. De plus, il y a une période de la vie de Chanel (pendant la seconde guerre mondiale) qui n'est pas à son honneur (j'ai appris cela récemment). Pour en revenir au film, j'ai entendu des critiques dire que les époques que traverse la jeune Chanel ne sont pas évoquées (la Belle époque et la 1ère guerre mondiale), je suis d'accord sur ce point. Mais Anne Fontaine et ses scénaristes se sont concentrés sur l'histoire d'une jeune femme cévenole, orpheline, sans fortune, chanteuse de beuglant à ses débuts mais bonne couturière, qui arrive par sa volonté et avec l'aide de deux hommes (dans le film) à s'émanciper et à devenir la personne que l'on sait. Je pense que l'on peut "broder" sur la jeunesse de Chanel; après tout, elle n'a pas écrit ses mémoires, il n'y aucun document d'époque. Tout est connu par ouïe-dire. Chanel qui est restée célibataire toute sa vie (une des répliques du film est "je n'ai pas l'intention de me marier avec qui que ce soit") a connu le grand amour en la personne d'un jeune Anglais, Arthur Capel (Alessandro Nivola), et c'était réciproque. L'autre homme important fut Etienne Balsan (excellent Benoît Poelvoorde). Avant de créer des robes, Chanel s'est spécialisée dans la création de chapeaux. La dernière séquence est très belle avec Coco Chanel, assise en haut de marches avec son tailleur, en train d'assister à un défilé. Armelle a fait un billet nettement plus réservé sur ce film: à vous de voir. Personnellement, j'ai passé un excellent moment. Pour les blogueuses lectrices, vous pouvez vous procurer, en plus du livre d'Edmonde Charles-Roux, celui de Paul Morand, L'allure Chanel (Folio). Je rajouterai enfin que le film est produit (et distribué) par Warner Bros. On sent que le film est vraiment fait pour le marché étranger (dont celui d'outre-Atlantique).

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