Le blog de Dasola

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5 septembre 2007

4 mois, 3 semaines et 2 jours - Cristian Mungiu

Palme d'Or en 2007 au Festival International de Cannes, 4 mois, 3 semaines et 2 jours se passe en 1987 pendant la dictature de Ceaucescu. L'avortement est interdit et puni de prison. Pourtant grâce à l'obstination qui va jusqu'au sacrifice d'Ottila, sa colocataire dans un foyer de jeunes filles, Gabita arrivera à se faire avorter. La vraie héroïne est Ottila, suivie au plus près par la caméra numérique. La couleur grise ou noirâtre est dominante dans le Bucarest de cette époque et pratiquement toute l'histoire se passe la nuit ou à la fin de la journée. Une immense tristesse se dégage de l'ensemble. On ressent les privations de la dictature, le marché noir est roi. La suspicion est partout. Pendant presque un quart du film, Ottila cherche une chambre d'hôtel pour qu'un certain monsieur Bebe (nom prédestiné) puisse pratiquer l'avortement en posant une sonde qui évacuera le foetus au bout d'un certain temps, 2 heures ou 2 jours. Pendant sa recherche, Ottila croise son petit ami qui l'invite à l'anniversaire de sa mère le soir même. Elle accepte d'y faire une apparition. Dans la chambre trouvée grâce à un bakchich (un paquet de cigarette) donné à la réceptionniste de l'hôtel, M. Bebe (personnage plutôt immonde) fera ce qu'il faut après s'être fait payer "en nature" (les deux jeunes femmes y passeront). La confrontation sordide entre cet homme ordinaire et médiocre et les deux filles se joue dans une chambre aux tons gris bleutés plutôt glauque. La scène forte du film se situe quand Ottila se rend chez sa peut-être future belle-famille alors qu'elle vient de laisser son amie toute seule dans la chambre d'hôtel. Dans un appartement exigu, Ottila est physiquement là avec plein de monde autour d'elle mais on la sent ailleurs. Son anxiété est palpable. Je pourrais encore en parler longtemps mais toujours est-il que c'est un film qui ne s'oublie pas. La Palme d'Or est amplement méritée.

4 septembre 2007

Persepolis la BD - Marjane Satrapi

J'ai fini par lire la BD qui m'a été offerte suite à mon billet du 1er juillet 2007 sur le film Persepolis de Marjane Satrapi. Ce gros volume se compose de 4 parties: 1ère et 2ème parties, Marjane à Téhéran; 3ème partie: Marjane en Autriche; et 4ème partie: Marjane de retour à Téhéran avant le départ définitif ? Ce qui m'a frappée après en avoir terminé la lecture est que le texte de la BD pourrait devenir un roman. Par rapport au film d'animation, l'histoire est plus étoffée mais l'importance des personnages n'est pas la même en proportion. Par exemple, la grand-mère m'a semblé beaucoup plus présente dans le film que dans la BD. Lisez la BD puis allez voir le film ou inversement. Cela n'a pas d'importance. Vous pourrez comparer. A mon avis, les deux se valent tant par la qualité des dessins que par le scénario.

3 septembre 2007

Lire dans le train

Je remercie le train (hors TGV), qui, lors de longs voyages, me permet (en dehors de remplir des grilles de Sudoku), de lire des revues (un peu), des livres (beaucoup). Souvent, mon esprit est distrait et vagabonde car ce moyen de locomotion, au moment de la transhumance de retour de vacances, se trouve souvent bondé : les enfants crient ou pleurent, les lecteurs MP3 s'entendent en sourdine avec parfois en écho ceux qui ont les écouteurs et qui chantent en même temps,  les portables sonnent et il y en a même qui répondent en répétant 5 fois qu'ils sont dans le train à voix haute. De temps en temps, les chats miaulent, sinon les gens discutent ou regardent leur écran d'ordinateur pour travailler ou pour regarder des films, les contrôleurs passent (pas toujours), les voyageurs déambulent avec leurs (gros) bagages pour trouver une place assise libre (ça devient amusant quand ils se croisent), la restauration ambulante parcourt les rames de l'arrière à l'avant du train en proposant divers solides et liquides à des prix pas vraiment compétitifs. Tout cela pour dire qu'il m'arrive d'avoir du mal à me concentrer, mais cahin-caha, j'arrive à lire un quart, la moitié voire plus d'un livre qui ne demande pas un effort intellectuel intense. Vive le train!

2 septembre 2007

Antonioni - l'un des derniers des grands réalisateurs italiens est décédé

Michelangelo Antonioni qui vient de s'éteindre à 94 ans, fin juillet 2007, a fait un cinéma plutôt ardu. Le thème central de ses films est l'incommunicabilité entre les êtres. Lui aussi, comme Ingmar Bergman (voir mon billet du 23 août), aimait les femmes et son actrice qui a été sa compagne, Monica Vitti, a joué dans l'Avventura, l'Eclipse et Désert Rouge. J'ose avouer que je suis plutôt hermétique à l'oeuvre d'Antonioni à part Blow-Up (1966) qui a été certainement son plus grand succès public. Désert Rouge (1964), son premier film en couleur, réunit Monica Vitti et Richard Harris. Victime d'un accident vasculaire cérébral en 1984, qui le laissera très diminué physiquement et aphasique, il ne tournera plus que deux films dont un qui fait partie du triptyque Eros en 2004. Grâce à Wim Wenders qui l'assistait, il avait pu arriver à tourner Par delà les nuages sorti en 1995, que je n'ai pas vu.

1 septembre 2007

Un guide inspiré à la Maison Jacques Coeur - Bourges

En marge des sujets que j'aborde dans ce blog, je voulais rendre hommage à un parfait inconnu, guide-conférencier, acteur de théâtre, exerçant ses talents au Palais Jacques Coeur à Bourges, cette belle demeure du 15ème siècle. Nous étions plus de 40 personnes, alors que la normale autorisée est prévue pour 19 maximum, à déambuler dans les 15 pièces du Palais. Les explications claires et concises de ce guide, plutôt jeune et pas mal de sa personne, et qu'on nous avait annoncé comme "assez long", furent un vrai plaisir pendant plus d'une heure. Le troupeau des 40 visiteurs était très attentif. Le guide connaissait très bien son texte et il comprenait ce qu'il disait (ce qui n'est pas toujours le cas), il a même fait allusion à François Villon au sujet de la mort de Jacques Coeur, et à Stendhal. Dans une des salles du Palais, une reproduction en plâtre du gisant du Duc Jean de Berry (1340-1416, frère du roi Charles V) lui a permis de nous rappeler que ce Duc était le mécène pour lequel avaient été réalisés les manuscrits "Petites", "Grandes" et "Très riches heures du Duc de Berry". Pendant toute la visite, il a ménagé le suspense sur la mort de Jacques Coeur, argentier du roi Louis VII, qui connut la disgrâce, s'évada 3 fois alors qu'il était prisonnier, mourut loin de France et qui en définitive n'habita qu'une seule journée ce palais qu'il fit construire. C'est à la fin de la visite que le guide nous a confirmé qu'il faisait par ailleurs du théâtre. Si les visites guidées pouvaient toujours être de cette qualité, quel plaisir!

31 août 2007

Harry Potter et l'ordre du phénix - David Yates

Je viens récemment de voir sur grand écran le 5ème opus de la série, après ma révision et vision des 4 premiers en DVD (voir billet d'avant-hier 29 août 2007). J'ai été très agréablement surprise car je pense avoir tout compris si ce n'est que l'on m'a précisé que le contenu du livre adapté a été très fortement élagué.
Pour une fois, je dirais qu'un adulte a un rôle prépondérant dans Harry Potter : Ombrage (Dolores Umbridge en anglais) jouée divinement par Imelda Staunton que j'avais découverte dans Vera Drake de Mike Leigh. A elle toute seule, son personnage d'Ombrage arrive presque à mettre en danger l'existence de Poudlard (Hogwarts). J'ai été aussi très impressionnée par les effets spéciaux dans le département des Mystères et les scènes aériennes féériques au-dessus de Londres. Cette cinquième partie confirme que les jeunes sorciers sont presque devenus des adultes. Je pense que j'irai voir la 6ème partie dès sa sortie, même si je ne lis pas encore les romans. Cela ne tardera pas.

30 août 2007

Places préférées dans une salle de cinéma

Ce n'est pas si simple que cela en a l'air de définir ce qu'est "une bonne place" au cinéma. Je connais des gens qui veulent toujours être au fond de la salle, loin de l'écran. On rentre ensemble, et on se sépare, car ce n'est pas ma position favorite. Je n'aime pas être trop près de l'écran non plus, car cela me fait mal aux yeux. Lorsque je vais seule voir un film, je me mets plutôt de préférence au milieu de la salle, et tout bonnement au centre (s'il y reste de la place!). Par contre, que cela peut être agréable de se nicher sur deux sièges tout à fait sur le côté, entre le mur et l'allée, sans voisins proches... On est tout à fait tranquille pour faire ce que l'on veut, même jeter un coup d'oeil sur l'écran de temps en temps. Dans certaines grandes salles, c'est un écran de TV qui informe en temps réel qu'il reste encore 20... 10... 5 places. On sait alors qu'on sera collé à l'écran! Dans les salles d'art et d'essai, c'est la longueur de la queue qui vous donne l'information. Que c'est frustrant de s'entendre dire, alors que la personne qui vous précède vient d'entrer: "c'est fini, il n'y a plus de place!". Et tout cela, parfois, pour une minute de plus ou de moins... Inversement, il m'est arrivé, une fois, de retenir 4 sièges à moi toute seule en attendant des connaissances pour lesquelles j'avais été chargée de le faire. J'avais éparpillé mon sac, mon parapluie, et ma veste... Et je les ai attendus près d'une demi-heure, ils sont arrivés juste avant le film. Ils se sont assis sans discuter à l'endroit que j'avais choisi.

29 août 2007

4 Harry Potter en DVD - Divers réalisateurs

Je viens de visionner les 4 premiers épisodes d'Harry Potter grâce à mon ami qui m'a gentiment offert le coffret des 4 films à un prix raisonnable (coup de marketing oblige). J'avais vu les trois premiers en salle mais pas le 4ème. Je me répète (cf. mon billet du 29/06/2007): je n'ai jamais lu la série ni en anglais ni en français. Après vision et/ou re-vision des 4 premiers, je ferais quelques remarques :
- Les intrigues des deux premiers (réalisés par Chris Colombus) sont claires et linéaires. Et le regretté Richard Harris interprétait Dumbledore, remplacé au pied levé par Michael Gambon à partir du 3ème opus. Dans le même ordre d'idée, tous les rôles d'adultes moldus ou sorciers sont interprétés par de très grands comédiens britanniques.

- le 3ème réalisé par Alfonso Cuaron, qui a été considéré comme le meilleur de la série par une partie de la critique française, m'a semblé, à moi, nettement plus obscur, avec beaucoup d'ellipses et de raccourcis et un peu trop d'animaux fantastiques. Du coup, je n'ai pas été voir le suivant au cinéma quand il est sorti.
- Découvert en DVD, le 4ème (réalisé par Mike Newell) est tout autant mystérieux, toutes les clefs ne sont pas données aux simples spectateurs.
En y repensant, les films ont été faits pour les lecteurs des tomes successifs d'Harry Potter.
En ce qui concerne les jeunes sorciers, le passage des années est notable entre les 1er et 4ème, surtout quand on les voit dans les 4 films à la suite. Ils sont devenus presque adultes. Harry Potter échange même son premier baiser. Et il reste encore trois films!

28 août 2007

Motel - Nimrod Antal

Honnête film de genre vu dans le cadre de l'opération "3 jours, 3 euros" du 19 au 21 août, Motel (Vacancy) de Nimrod Antal est le type même du film à regarder en DVD, le soir, entre copains avec du coca et du pop-corn. C'est sans prétention, le scénario tient la route. On pense à Psychose pour le motel, peut-être à des films de Carpenter pour les masques. Un jeune couple en détresse a le malheur de tomber en panne de voiture sur une route américaine peu fréquentée, de trouver un motel cradingue tenu par un gérant taciturne. Des cris de détresse s'entendent de son bureau. Epuisé, le couple, Amy (Kate Beckinsale, craquante) et David Fox (Luke Wilson) louent une chambre (suite) qui se trouve être le lieu de supplice de malheureux avant eux. Chut, je n'en dirais pas plus. La fin est un tout petit peu trop "Happy end", mais à voir.

27 août 2007

La fille coupée en deux - Claude Chabrol

Bon cru chabrolien à part peut-être l'extrême fin un peu ratée. Il y a une séquence en trop. A part cela, grâce à ce film, Ludivine Sagnier est beaucoup remontée dans mon estime en tant qu'actrice. Le scénario original de Claude Chabrol est bien écrit avec quelques ellipses bienvenues dans la mise en scène. La description des moeurs bourgeoises de province est au vitriol avec les non-dits et les perversions cachées de quelques-uns. Aucun personnage n'est vraiment sympathique à part Gabrielle Laneige (Ludivine Sagnier). C'est elle, La fille coupée en deux au sens propre, dans la dernière séquence et au sens figuré pendant tout le reste du film, tiraillée entre deux hommes. Elle aimera l'un à la folie (François Berléand), écrivain de talent, mais elle épousera par dépit l'autre (Benoit Magimel), jeune héritier milliardaire qu'elle n'aime pas. Quand l'histoire touchera à sa fin, après un assassinat et l'incarcération du meurtrier, Gabrielle sera congédiée comme une simple domestique par sa future ex-belle-mère, magistralement interprétée par Catherine Sihol. Film à voir.

26 août 2007

Le fils de l'épicier - Eric Guirado

Dans la région des Alpes, le Fils de l'épicier, c'est Antoine (Nicolas Cazalé), jeune homme un peu "chien fou" qui a quitté sa famille 10 ans auparavant afin de fuir le cercle familial dominé par le père (Daniel Duval). Il a un frère, François, qui lui, resté non loin de ses parents, est devenu coiffeur. A la ville, Antoine fait des petits boulots, dont celui de serveur dans un grand restaurant. Il a un béguin pour une grande brune aux yeux bleus qui, à 26 ans, va passer son Bac. Vers le début du film, le père d'Antoine, victime d'une crise cardiaque, devient incapable de reprendre le commerce dans sa boutique d'épicier, et surtout ne peut plus, avec sa grosse camionnette, faire ses tournées dans les hameaux environnants qui ne sont plus habités que par des personnes plus ou moins âgées non motorisées. Abandonnant son boulot et la grande ville, Antoine emmène la jeune Claire (Clotilde Hesme) et commence une nouvelle vie comme "épicier volant". Le film est l'occasion de montrer un mode de vie disparu ou sur le point de l'être. Les gens n'allaient pas s'approvisionner au supermarché ou dans une grande surface mais ils attendaient le passage de l'épicier comme dans le film, du boulanger ou du boucher. La vie de tous les protagonistes va changer. C'est un très joli film tout en sensibilité. Les comédiens jouent tous très juste avec une mention spéciale pour Liliane Rovere dans le rôle de Lucienne. Je voulais voir ce film et deux collègues qui ont été le voir m'en ont dit le plus grand bien. Je ne le regrette pas.
Petite anecdote, je suis allée au cinéma pour ce film, un soir, lors de la manifestation "3 jours, 3 euros". Un incident de spectateur (sic) a retardé la séance de plus de 20 minutes. Personne n'a manifesté trop d'impatience.   

25 août 2007

Le metteur en scène de mariage - Marco Bellochio

J'ose avouer que je n'ai pas compris grand-chose à ce que voulait dire Marco Bellochio dans Le metteur en scène de mariage, film étrange joué par l'impeccable Sergio Castellitto, avec en "guest star" le toujours ténébreux Samy Frey, coproduction avec les Français oblige. J'ai voulu y aller car j'aime le titre de ce film. J'avais beaucoup aimé Le sourire de ma mère (2002) et Buongiorno notte (2003) du même Bellochio, mais là, je cale. Pour les blogueurs qui viennent me rendre visite, je serais très heureuse que l'on éclaire ma lanterne. Après une longue et fastidieuse journée de labeur, je pense que j'étais fatiguée et mon esprit n'a pas arrêté de vagabonder pendant que les images défilaient. Après la projection, j'ai pris connaissance du synopsis que j'ai à peu près compris de la manière suivante: Franco Elica (Sergio Castellito) est un réalisateur qui ne supporte pas que sa fille se marie avec un catholique extrémiste. Il provoque un incident pendant la cérémonie. Durant un casting, il est accusé de vouloir violer des apprenties comédiennes postulantes pour le tournage d'un film que Franco Elica prépare. Ce scandale l'oblige à partir en Sicile. Là, il rencontre le Prince de Gravina (Samy Frey) qui lui propose de filmer les funérailles de sa fille, car il considère ce mariage comme des funérailles. Il est un Prince ruiné et le mariage est une union d'intérêt. La mère du marié rêve d'un film à la manière de Visconti comme dans le Guépard. Le résultat est que Franco, en organisant ce mariage filmé, tombe amoureux de la future mariée et il n'aura de cesse de s'enfuir avec elle. Le scénario est plutôt décousu. Franco, réalisateur, a, semble-t-il, une petite caméra numérique cachée sur lui et qui n'arrête pas de filmer. On a donc un mélange d'images en noir et blanc de film dans le film (vous me suivez?) et d'images couleur. Il me semble que dans les deux films précédents de Bellochio, on trouvait une dimension politique. Dans celui-ci, je n'ai rien vu de la sorte. Je cherche vraiment la signification de tout cela. Dommage.

24 août 2007

Ratatouille - Brad Bird

N'étant pas toujours une grande fan des dessins animés sortis ces dernières années, je ferai une exception avec Ratatouille de Brad Bird, dernier-né des studios Pixar. C'est magistralement fait. L'histoire, pas niaise du tout, tient la route, c'est drôle et enlevé et comme l'ont dit certains critiques, le film est un bel hommage de l'Amérique à la France de la baguette de pain et d'une certaine douceur de vivre. Rémy, un rat des champs appréciant la bonne cuisine, se retrouve à Paris, par un concours de circonstances que je ne décrirai pas, dans les cuisines d'un restaurant étoilé dont le chef est mort. Il improvise avec un grand talent des recettes dont la ratatouille remise au goût du jour. Pour ce faire, il devient une sorte de marionnettiste en manipulant, au sens propre du terme, Linguini, jeune aide-cuisinier complètement nul en cuisine lui-même. Cela fait penser à Gepetto et Pinocchio. Un petit méchant moustachu, une jeune aide-cuisinière amoureuse, un critique onctueux et tout en longueur et la famille de Rémy complètent la distribution haute en couleur. A voir et à déguster toutes affaires cessantes.

23 août 2007

Disparition d'Ingmar Bergman

Le même jour, le 30 juillet 2007, on apprenait deux décès qui endeuillent le cinéma français et mondial. Quelques heures après Michel Serrault, le cinéaste suédois Ingmar Bergman disparaît à 89 ans. Son oeuvre n'est pas toujours accessible au grand public de par les sujets traités (les rapports difficiles dans le couple, la maladie, la mort), le langage et les situations parfois très crus. Je ne considère pas qu'il était un cinéaste féministe mais plutôt féminin. Il a fait tourner des actrices sublimes de beauté et de talent dont Ingrid Thulin, Liv Ullman, Bibi Andersson, Harriet Andersson, Gunnel Lindblöm, Ingrid Bergman. Il était très fidèle à ses comédiens. Il faisait souvent tourner les mêmes. Parmi les acteurs hommes, le plus connu est Max Von Sidow. Son fidèle chef-opérateur Sven Nykvist a mis en image tous ses films ou presque et c'est magnifique. En ce qui me concerne, je conseille de voir Monika (1953), Le Silence (1963), Persona (1966), Cris et Chuchotements (1973), l'Oeuf du serpent (1977), Sonate d'Automne (1978),  et Fanny et Alexandre (1982).

22 août 2007

Bullitt - Peter Yates (billet N°1)

Emblématique des films de la fin des années 60, Bullitt de Peter Yates (1968), que je viens de revoir récemment en DVD, est resté célèbre pour la poursuite en voiture dans les rues de San Francisco et aux alentours. Pas d'effets spéciaux, seulement deux voitures. Dans l'une, Frank Bullitt (Steve Mc Queen), et dans la seconde deux hommes, tueurs professionnels qui n'échangent pas une parole. La séquence qui dure plus de 5 minutes est passionnante et haletante. Sinon comme me l'a fait remarquer mon ami, la caméra s'attache beaucoup aux regards échangés entre les protagonistes. Je pense que l'on n'ose plus faire des films comme cela avec ce minimum de dialogues. Pendant la séquence finale dans l'aéroport, cette chasse à l'homme dégage de la tension sans qu'une parole soit échangée mais le regard traqué du fugitif en dit très long. Steve Mc Queen et Robert Vaughn (Chalmers) sont parfaits et Jacqueline Bisset donne la touche féminine indispensable.

[ré-évoqué le 12 janvier 2011 (décès de Peter Yates)]

21 août 2007

La nuit des tournesols - Jorge Sanchez-Cabezudo

Ne tenez pas compte des critiques des journaux pas toujours tendres pour ce film et allez le voir quand il sortira dans votre ville pour vous faire une idée par vous-même. La Nuit des tournesols de Jorge Sanchez-Cabezudo, production espagnole, se passe dans les Pyrénées. Malgré la couleur jaune ocre de la photo, le film dégage une noirceur certaine. Le film est découpé en 6 séquences qui ont chacune un titre et se chevauchent dans le temps. La première donne le ton général du film. On assiste à une agression par un violeur en série, voyageur représentant en aspirateur, marié, au physique banal. Il s'en prend à une jeune femme noire très jolie. Elle sera "sauvée" par ses compagnons que l'on entend de loin. Justement, la deuxième séquence présente la jeune femme et ses compagnons spéléologues. Un pauvre homme pris pour l'agresseur par erreur sera leur victime expiatoire dans la troisième séquence. Un jeune flic, pas très honnête, qui aimerait se sortir de sa vie médiocre, joue un rôle moteur dans la suite de l'histoire dans laquelle intervient son beau-père, flic lui aussi. Il n'y a aucun personnage véritablement sympathique. La Nuit des tournesols montre bien des personnes plutôt ordinaires voire médiocres face à une situation extraordinaire. La vie reprendra son cours pour certains mais pas pour d'autres. Tous les comédiens inconnus en France sont très bien dans leur rôle. Film à voir.

20 août 2007

Hommage à Michel Serrault

Avec la disparition de Michel Serrault le 29 juillet, après celle de Philippe Noiret, Jean-Pierre Cassel et plus récemment Jean-Claude Brialy, le bilan est lourd pour le cinéma français en l'espace de neuf mois. Né dans une famille chrétienne, Michel Serrault voulait rentrer dans les ordres après avoir été au séminaire. Sur les conseils d'un prêtre, il est devenu acteur. Mais sa foi chrétienne lui a été, à mon avis, d'une grande aide quand sa fille ainée Caroline est morte dans un accident de voiture il y a 30 ans. Je me rappelle de cette annonce à l'époque dans un journal à gros tirage. Pour moi, Michel Serrault, je l'ai beaucoup apprécié dans des rôles inquiétants comme Les fantômes du chapeliers (1982) de Claude Chabrol ou alors dans les films de Jean-Pierre Mocky comme le Miraculé (1986). Le Viager de Pierre Tchernia (1972) que j'ai vu à l'âge de 10 ans reste une référence dans la comédie française. Garde à Vue de Claude Miller (1981) est un chef-d'oeuvre : un huis-clos de 1h25 écrit par Michel Audiard et joué par Michel Serrault, Lino Ventura et Guy Marchand et avec une apparition de Romy Schneider. Dans Nelly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet (1995), en vieil écrivain face à Emmanuelle Béart, il est magnifique. Il a tourné des "nanars" et des grands films avec beaucoup de talent. Il pouvait devenir délirant comme dans la Cage aux folles au théâtre puis au cinéma dans le rôle de Zaza. Il a accepté de jouer dans des "petits" films comme Artémisia d'Agnès Merlet (1997). Il faisait parfois des apparitions seulement comme dans Buffet froid de Bertrand Blier (1979). Il tournait dans les films de ses "potes" comme Jean-Pierre Mocky et Jean Yanne. Il été honoré de 3 Césars de meilleur acteur (La Cage aux Folles, Garde à vue et Nelly et Monsieur Arnaud). Au revoir, Monsieur Serrault.

19 août 2007

De retour

Que d'événements souvent tristes se sont déroulés pendant ma période de coupure estivale ! Pas moins de 3 disparitions dans le monde du cinéma et toujours de très grandes personnalités. Pour chacun d'eux, je publierai un billet ces jours prochains. Je remercie infiniment tous les blogueurs qui m'ont mis un commentaire pour me souhaiter de bonnes vacances et je remercie les autres (et même un auteur, cela fait toujours plaisir) pour être passés sur mon site en y commentant ou non des billets antérieurs. Me voici de retour pour un billet quotidien car cette mise en ligne journalière me manquait. Je vous en souhaite, d'avance, bonne lecture.

26 juillet 2007

200ème billet - Rythme de vision de films ou de lecture et congé estival

Ce 200ème billet marque le début de ma pause estivale.
En faisant un peu un bilan pré-vacances, je m'aperçois que j'ai été 68 fois au cinéma en 2007 jusqu'à ce jour, sans même parler des films vus ou revus en DVD ou en K7. Ce qui fait 200 heures plus ou moins. Sachant que je lis en moyenne 40 pages à l'heure, cela représente donc 8 000 pages non lues. Dans ce même temps, je n'ai lu que 20 livres. Quant au théâtre, c'est une catastrophe: je n'ai vu que 4 pièces ou spectacles depuis le début de l'année. Mais on ne peut pas tout faire. Et il est vrai que ma vie a quand même changé depuis fin 2006, par ma rencontre avec quelqu'un qui disait à la fois ne pas avoir de temps disponible et lire beaucoup, ce qui m'avait intriguée et amenée à le contacter. Et ce blog lui-même me prend davantage de temps que je ne le pensais au départ.

J'ai besoin de vacances. Depuis le 100ème billet, j'ai changé de plate-forme. Aceblog, c'était bien mais depuis début juin, je n'ai eu que des problèmes techniques dont celui de ne plus pouvoir y accéder. C'était stressant et frustrant au possible.
Pendant que je faisait le copier/coller de tous les messages et commentaires d'Aceblog sur Canalblog, j'ai maintenu les deux blogs. La durée de cette opération a pris 3 semaines.
J'ai choisi Canalblog car certains de mes blogueurs préférés y sont et c'est une plate-forme assez généraliste qui me convient bien. Je peux modérer les commentaires avant publication, ce qui n'est pas possible sur Aceblog. On peut mettre les liens d'amis de Canalblog mais aussi des autres. Sur Aceblog, ce n'est pas possible. Sur Canalblog, les derniers commentaires apparaissent bien en évidence. Par contre, un des inconvénients de Canalblog par rapport à Aceblog, est que je ne peux pas faire apparaître tous les titres de mes billets à droite, seuls les dix derniers apparaissent.
En revanche, l'avantage de Canalblog est de pouvoir programmer le jour et l'heure dans le futur d'un billet rédigé qui se mettra en ligne tout seul à la date choisie.
Je reprendrai la publication d'un billet quotidien vers fin août et en attendant, je continuerai bien entendu à consulter mon blog plusieurs fois par semaine (pour publier les commentaires), et continuerai donc à "rendre" ceux que les blogueurs me font... du moins ceux qui ne sont pas, aussi, en vacances! Mais je passerai sans doute moins de temps sur internet (en temps ordinaire, je visite plus ou moins entre 15 et 20 nouveaux blogs chaque semaine).

25 juillet 2007

Ulrich Mühe - Disparition d'un acteur de talent

Je viens d'apprendre le décès d'Ulrich Mühe, à 54 ans, des suites d'une longue maladie. Cela m'attriste car il venait de connaître la célébrité dans le rôle de l'agent de la Stasi dans le film étranger oscarisé cette année : La vie des Autres (voir mon billet du 1er février 2007). Né en ex-Allemagne de l'Est, il avait été lui-même, d'après ce que j'ai lu, victime des agissements de la Stasi. J'ai découvert cet acteur la première fois dans Amen (2002) de Costa-Gavras où il jouait un médecin nazi dans le genre Mengele. Il faisait froid dans le dos par sa façon complètement détachée d'envoyer des handicapés à la chambre à gaz. Je n'ai pas vu le film de Michael Hanecke, Funny Games (1997), dans lequel il jouait le père. Sinon, en ce moment sur Arte, on peut le voir dans une série allemande, le Dernier témoin, où il joue un médecin légiste. C'est un nouveau visage du cinéma mondial plein de talent qui disparaît.

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