Le blog de Dasola

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15 octobre 2007

Meurtre dans un jardin anglais - Peter Greenaway

Réalisateur anglais que j'ai beaucoup aimé à la fin des années 80, Peter Greenaway se fait plus discret depuis quelque temps. Et je le regrette. Je l'ai découvert grâce à un film qui a eu une grande notoriété, Meurtre dans un jardin anglais (The draughtman's contract, 1982). L'histoire est résumée dans le titre du film. Mr Neville (Anthony Higgins), peintre de son état, est engagé par Mrs Herbert(Janet Suzman) pour réaliser 12 esquisses du jardin de la propriété du couple Herbert. Mr Neville a la malchance de dessiner ce qu'il n'aurait pas dû : le meurtre de Mr Herbert dans le dit jardin. Entre deux dessins, Mr Neville a des relations intimes avec Mme Herbert. Devenu témoin gênant, il aura un destin tragique. Peter Greenaway, avant d'être réalisateur, a été monteur, et c'est un peintre avec une certaine notoriété. Cela se sent dans son cinéma. Tous les plans sont très travaillés. Les mathématiques et les formes géométriques ainsi que le jeu sur les couleurs jouent aussi un rôle important. On pourra critiquer que le cinéma de Peter Greenaway ne dégage pas d'émotion, que l'on n'est pas ému ou que c'est un peu trop cérébral. Mais, esthétiquement, on peut éprouver un grand plaisir des yeux et des oreilles pour ceux qui aiment Michael Nyman, compositeur attitré des films de Peter Greenaway.

14 octobre 2007

Et l'amour dans tout ça? - Kriss Graffiti et Chantal Pelletier

Mon ami vient de me faire découvrir un ouvrage (malheureusement épuisé), Et l'amour dans tout ça? Il date de 1989, déjà 18 ans ! Cela parle des hommes et des femmes, êtres très différents, nous ne fonctionnons pas pareil. C'est vu principalement, il faut bien le dire, sous un angle féminin à coups de plumes acérées. Les auteures commencent par provoquer en listant 7 "sexes" (hétéros mâle et femelle, télébaiseurs, abstinents, gays, lesbiennes, multisexuels). Mais le gros de l'ouvrage porte sur les relations homme-femme et leur changement par rapport aux décennies précédentes, évoquant le "nouveau couple" de cette fin des années 1980. Un couple, ce sont deux célibataires qui doivent vivre ensemble et ce n'est pas facile tous les jours et dans un couple, il y a le non-célibataire (souvent la femme) qui entretient la flamme (il en faut!). Mais 77% des divorces sont demandés par les femmes. Un court chapitre évoque les familles recomposées dans lesquelles les enfants se retrouvent avec 4 parents, 8 grands-parents, etc. Quelques "morceaux de bravoure" valent un bon fou-rire lors d'une lecture à haute voix, mais je ne peux pas tout citer: il faut lire "La force à dormir", p. 35. Ou, qui chouchoutera le jeune lycéen esseulé (puisque la jeune femme souhaite un homme "expérimenté", et la lycéenne un garçon nettement plus âgé qu'elle-même...)?
Dans l'ensemble, Et l'Amour dans tout ça? est très agréable à lire grâce à une impression en assez gros caractères et des chapitres courts au style enlevé qui distrait bien (même à lire aujourd'hui). Il serait intéressant de faire une mise à jour de ce livre avec de nouvelles données. Car, comme les moeurs ont pas mal évoluées depuis 1988 (mais si, mais si), l'inconvénient de cet ouvrage, c'est que c'est déjà un peu daté, pas de portables pour s'appeler n'importe où, n'importe quand. Il n'y avait pas non plus Internet mais seulement le minitel pour faire des rencontres. Qui se souvient encore de cet objet antique ? Les données ("Francoscopie" 1988, "L'Etat de l'opinion, clés pour 1987" et "...1988" de la SOFRES) ont autant vieilli que le papier ("J'ai Lu" de 1990 tout jauni). Et pour finir, je ne sais pas trop si ce qui était prédit, en 1989, pour le futur, correspond à notre réalité ?

13 octobre 2007

John Cassavetes

Acteur et réalisateur, John Cassavetes (1929-1989) est une personnalité à part dans le cinéma américain. Il a produit et réalisé ses films grâce à son métier d'acteur. Il a eu beaucoup de mal à les faire. Heureusement qu'il avait une bande de "potes" (dont sa femme, Gena Rowlands) qui tournaient souvent à titre gracieux dans ses films: Seymour Cassel, Ben Gazzara et Peter Falk parmi les plus connus ont joué dans beaucoup de long-métrages de Cassavetes. Je citerais Minnie et Moskowitz (1971 - qui vient de sortir en DVD), Meurtre d'un bookmaker chinois (1974), Gloria (1980), Une femme sous influence (1976). Dans Husbands (1970), Opening Night (1977) et Love Streams (1984), il était aussi acteur. John Cassavetes c'est aussi un des Douze Salopards (1967) de Robert Aldrich et le mari de Mia Farrow dans Rosemary's Baby (1968) de Roman Polanski, dans lequel il jouait un rôle très inquiétant et que je déconseille toujours aux femmes enceintes (ce film n'a rien perdu de son impact). Et puis, il a tourné dans onze épisodes d'une série télé, Johnny Staccato (1959). Les épisodes font moins de 30 minutes, ils sont en noir et blanc et ont une ambiance jazzy sensationnelle, et John Cassavetes en a réalisé cinq. John Cassavetes y était vraiment très bien en détective privé, pianiste de jazz. J'ai vu des épisodes, il y a plusieurs années, à la télévision française, diffusés après un magazine de cinéma (malheureusement disparu), "Cinéma, Cinéma" d'Anne Andreu et Michel Boujut. Cela serait bien qu'un jour Johnny Staccato soit édité en DVD zone 2.

12 octobre 2007

Spectacle au Palais Garnier à Paris

Je suis allée récemment à l'Opéra de Paris - Palais Garnier en plein coeur de Paris pour assister à un ballet. Quand on vient du dehors, on est déjà ébloui par le grand escalier tout en marbre face à l'entrée qui mène dans les étages où se situent les foyers et la salle de spectacle proprement dite. Les foyers vastes et décorés servent à déambuler pendant l'entracte où la coupe de champagne est vendue 10 euros et le demi-verre de vin, 5 euros. La salle à l'italienne possède plusieurs niveaux dont l'orchestre, la corbeille, des loges, deux balcons et un poulailler. L'éclairage se compose entre autre d'un immense lustre suspendu au plafond, lui-même décoré par Marc Chagall en 1964. Quand je me suis installée à ma place dans une loge à 6 places, j'ai entendu un jeune couple, manifestement pas des habitués, très admiratifs devant la beauté de cette salle, maintenant dédiée principalement à la danse depuis la création de l'Opéra Bastille. Ce lieu, lui-même consacré à l'art lyrique, fait penser à un gros bunker, et n'a pas du tout le charme que dégage l'Opéra Garnier qui fait un décor de cinéma incomparable.

11 octobre 2007

La Colline des hommes perdus - Sidney Lumet

Suite aux conseils et avis de Karamzin et Hartigan sur The Offence (voir les commentaires sur mon billet du 30 septembre), je me suis procurée, en DVD, La colline des hommes perdus (The Hill) de Sidney Lumet (1965) adapté d'une pièce de théâtre. Je viens de le voir confortablement avec mon ami. Effectivement, c'est très très bien et on est passionné dès le début en se demandant ce qui va se passer. Cela se déroule dans une prison militaire anglaise en Afrique pendant la seconde guerre mondiale. Sean Connery fait partie d'un groupe de 5 prisonniers britanniques qui viennent d'y arriver, condamnés pour des larcins ou insubordination. Dans cette prison à ciel ouvert qui s'avère être un enfer, les détenus subissent des punitions dont celle de la colline. Chargés d'un lourd barda, ils doivent grimper une haute dune de sable en plein soleil avec une température africaine. Ils endurent les humiliations des geoliers, anglais eux aussi. Parmi les 5, certains archétypes de personnalités sont représentés. Un noir nommé Jacko King en butte au racisme de tout le monde mais qui à la fin ne se laisse pas faire. Un "gros" lâche et bête qui ne supporte pas les 4 autres. Joe Roberts (Sean Connery) qui résiste aux mauvais traitements mais à quel prix. Enfin, un dénommé Stevens (marié mais vulnérable) qui succombe à une insolation. A partir de là, la machine à "mater" les prisonniers s'enraye. Mais l'histoire ne se finit maheureusement pas comme on peut l'espérer. Sean Connery est remarquable dans son rôle de prisonnier qui résiste. Les autres comédiens, maintenant tous décédés, sont peu ou pas connus du grand public mais tous excellents. Je citerais particulièrement Harry Andrews dans le rôle du responsable du camp qui a "une gueule". Un autre acteur, Ian Bannen, interprète d'Harris, un gardien, qui se ralliera aux prisonniers, donne aussi la réplique à Sean Connery dans The offence. Sidney Lumet signe là un film en noir et blanc méconnu qui mériterait d'être connu du grand public. Je le recommande.

Petite remarque : on peut se demander pourquoi pour le titre français, on a rajouté "des hommes perdus" qui ne veut pas dire grand-chose quant à l'histoire. 

10 octobre 2007

UGC + MK2 vs Gaumont

Ca y est, dans la rubrique "people", un divorce avec pertes et fracas, Pathé Gaumont et Mk2 se sont séparés pour différences irréconciliables comme disent les anglo-saxons. Cette désunion provient de la colère de Marin Karmitz, PDG de MK2, lorsqu'il a vu le chantier du nouveau multiplexe de Beaugrenelle (dans le 15ème arrondissement de Paris) lui échapper, en février dernier, au profit de Pathé. Marin Karmitz s'est senti trahi. Pour "se venger", MK2 vient de s'unir pour le meilleur et, je n'espère pas, pour le pire à UGC. Sur une décision du CNC, cette nouvelle association ne durerait, pour le moment, que jusqu'au 14 mars 2009. Petit rappel : je me souviens qu'en 2000, quand UGC a lancé l'idée, Marin Karmitz avait poussé des hauts cris et par mesure de retorsion, il s'était allié avec Gaumont-Pathé. Comme quoi, on peut changer d'avis...
En tout cas, détentrice de ce sésame depuis 2000, je viens de recevoir mon relevé de banque avec le montant du prélèvement de ma carte "UGC Illimité". Comme "ils" m'en avaient informé en juillet, ça a augmenté de 18 à 19,80 euros. En revanche pour les spectateurs Pathé-Gaumont, le montant de la carte "LE PASS" ne baisse pas. Elle reste à 19,80 euros, mais elle est valable dans toute la France. Etant une Parisienne, j'apprécie cette union, car la programmation MK2 complète bien celle des salles UGC.
Ces cartes d'abonnement sont presque devenues incontournables et sont une manne d'argent pour les grands distributeurs. Pour preuve, depuis l'annonce de cette nouvelle union, les demandes de souscription à la carte UGC ont augmenté. Je sais que ces formules d'abonnement ne font pas l'unanimité, tant s'en faut, et les "petites" salles "Art et Essais", surtout à Paris, se sont presque toutes affiliées à l'une ou l'autre voire les deux cartes pour attirer des spectateurs. En ce qui me concerne, je profite amplement de la carte d'abonnement UGC car si l'on va au cinéma en n'ayant aucune réduction, le prix de la carte est amorti dès la deuxième entrée dans le mois.

9 octobre 2007

Lawrence d'Arabie - David Lean

Lawrence d'Arabie (1962) de David Lean (1908-1991) fait partie de mes films fétiches vu lors d'une ressortie sur grand écran. L'entrée des chameaux à gauche de l'écran qui ressortent à droite est une vision inoubliable ainsi que les images du désert et des dunes à perte de vue. Juste avant que le film démarre à proprement parler, les spectateurs écoutent pendant 5 minutes la musique d'ouverture de Maurice Jarre devant un écran noir et puis le film commence et la magie opère. On apprend, en découvrant la première séquence, la fin accidentelle de Thomas Edward Lawrence en 1935. Et après, pendant 3h15, avec un entracte, on assiste à une épopée lyrique, romantique et guerrière avec des chameaux qui courent aussi vite, voire plus, que les chevaux. L'histoire se déroule en 1916, pendant que l'Europe est ravagée par la 1ère guerre mondiale. Lawrence, qui fait partie de l'Etat-Major britannique au Caire, aidera les Arabes à lutter contre les Turcs. Suite à la prise d'Aqaba qui est un moment phare du film, Lawrence devient une légende pour les Arabes et la situation géopolitique de cette partie du monde sera à jamais bouleversée. Peter O'Toole, qui avait 30 ans, deviendra une star grâce à ce film. David Lean était aussi virtuose dans les scènes avec un grand nombre de figurants (il faut tous aller à Aqaba) que dans l'intime. Film phare du 7ème art à voir et à revoir.

8 octobre 2007

L'immense obscurité de la mort - Massimo Carlotto

Publié aux Editions Métailié, L'immense obscurité de la mort est vraiment très noir et on ressent un certain malaise en le lisant. Il a reçu le prix du meilleur roman noir étranger au Festival du film policier de Cognac. Le roman se compose de courts chapitre où le narrateur est, en alternance, Silvano ou Raffaello. Dans le prologue en 1989 dans une ville du nord-est de l'Italie, un braquage d'une bijouterie se termine tragiquement par la mort d'une femme et de son petit garçon tués à bout portant par un malfrat : Raffaello. Son complice s'échappe avec le butin. Raffaello est condamné à perpétuité. 15 ans plus tard, Silvano le mari et père des deux victimes du hold-up décrit la vie monotone qui est la sienne depuis le drame. Raffaello souffrant d'un cancer à un stade avancé demande une suspension de peine. Ivre de vengeance, Silvano, de victime, devient bourreau. Raffaello, sous la plume de l'écrivain, se sacrifiera. Il a sa rédemption. Le malaise que j'ai ressenti en lisant ce roman tient à ce que Silvano, par pure vengeance dérisoire qui ne lui donne aucun apaisement, devient excessivement antipathique dans la peau du justicier solitaire, alors que Raffaello devient presque sympathique. Ce sont deux êtres humains à la dérive concentrés sur leur douleur respective, l'une morale et l'autre physique. Un roman policier qui se lit d'une traite.

7 octobre 2007

Quelques films de Clint Eastwood en tant que réalisateur

Grand western pour la critique, grand succès public en France et aux Etat-Unis, j'ai vu Impitoyable (évoqué dans mon billet du 20/07/2007) avec ma mère à sa sortie. Je n'ai pas du tout aimé. C'est violent. Les seuls personnages féminins sont des "putes", c'est paraît-il un film crépusculaire comme je l'ai lu et entendu.
Je préfère de beaucoup trois films dont Un monde parfait (1993) avec Kevin Costner et Minuit dans le jardin du bien et du mal (1997) avec Kevin Spacey et Jude Law. Ce dernier film comporte quelques longueurs mais il donne envie d'aller visiter la ville de Savannah. Je pense qu'il a très bien su recréer l'ambiance du Sud des Etats-Unis, un peu figé et décadent. Un monde parfait a permis à Kevin Costner, après Danse avec les loups (1991), de changer de registre. Il joue un évadé de prison qui kidnappe un petit garçon. Une sorte d'amitié naît entre les deux. Ce film dégage beaucoup de sensibilité. Sinon Bird (1988), avec Forest Whitaker retraçant la vie de Charlie Parker, pour ceux qui aiment le jazz ou même pour ceux qui ne l'aiment pas, est absolument magnifique. Je recommande donc vraiment ces trois films, essayez de les voir.

6 octobre 2007

Un secret - Claude Miller

Ayant été influencée par certaines bonnes critiques et par un battage médiatique, je viens d'aller voir Un secret, le dernier film de Claude Miller. J'ai été très déçue. Dès le milieu du film, on devine le secret. L'intérêt pour le film s'estompe très vite. Les comédiens ne sont pas vraiment en cause mais je n'ai pas trouvé que Patrick Bruel était très convaincant. Les oeillades entre lui et Cécile de France ne sont pas spécialement subtiles et elles sont souvent répétées de peur que le spectateur ne comprenne pas ce qui se passe. On est dans l'académisme. Vu le contexte historique tragique de la deuxième guerre mondiale, je m'attendais à plus de finesse de la part d'un réalisateur qui nous avait habitué à mieux avec La Petite voleuse (1988), l'Effrontée (1985) et Garde à vue (1981). Il est vrai que ces trois films ont plus de vingt ans. Certaines images saccadées au début du film n'ajoutent rien et puis le maquillage pour vieillir les protagonistes n'est pas du meilleur goût. Je pense qu'il vaut mieux lire le court roman de Philippe Grimbert dont est adapté le film.

5 octobre 2007

Les Envahisseurs - Série des années 60

Edités depuis peu en 3 coffrets DVD qui regroupent les 43 épisodes de 50 minutes chacun, Les Envahisseurs (The Invaders) (1967-1968) font partie de ces séries télévisées qui ont bercé (si je puis dire) mon adolescence. David Vincent les a vus, les envahisseurs venus d'un autre monde dans des soucoupes volantes. Ils ont une forme humaine avec, comme signe distinctif, l'auriculaire qui ne peut pas se rétracter. Quand ils meurent, ils se consument dans un halo rouge (couleur du communisme ?). David Vincent veut convaincre le Monde que le cauchemar a déjà commencé. Ce n'est pas facile de prouver qu'ils existent. Tournés en pleine Guerre Froide, Les Envahisseurs montrent une série plutôt sombre et pessimiste. On ne sait pas combien ils sont. Au fur et à mesure des épisodes, on sent que la partie n'est pas gagnée. David Vincent est vraiment seul contre les extra-terrestres même si d'autres humains les ont vus.

4 octobre 2007

Train de nuit pour Lisbonne - Pascal Mercier

Je viens de lire avec passion Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier, paru en 2006 aux Editions Maren Sell, dont le héros est professeur de latin et grec et enseigne aussi l'hébreu. Raimund Gregorius donne ses cours dans un lycée de Berne, ville de la Suisse alémanique. Quand le roman commence, Gregorius se prépare à partir au lycée à pied comme d'habitude. En traversant un pont, sa rencontre avec une femme qui se dit être "portuguès" puis l'achat d'un livre "Um ourives das palavras" (Un orfèvre des mots) d'un dénommé Amadeu de Prado qu'il trouve dans une librairie va lui faire tout quitter, sa ville de Berne, le lycée, ses élèves et sa petite vie tranquille. Il se retrouve au Portugal, à Lisbonne. Là, il mène une enquête pour savoir qui était ce Amadeu de Prado. Au début, il se fait traduire le roman oralement puis au fur et à mesure, il se met à apprendre le portugais pour bien s'en imprégner. Il rencontre des personnes qui ont cotoyé Amadeu décédé 30 ans auparavant, dont ses soeurs Adriana et Mélodie et un ancien ami de lycée. Amadeu, devenu médecin, culpabilisera d'avoir sauvé un des sbires du terrible général Salazar. Comme Gregorius, il joue aux échecs. Homme brillant et d'une intelligence supérieure, Amadeu souffre de fêlures intérieures que l'on découvre peu à peu grâce à des lettres qu'il a écrites et à ce livre qui est une suite de pensées personnelles à tendance philosophique. J'ai été sensible à l'atmosphère de ce livre qui se passe hors du temps. Tout est figé. L'histoire se passe vers 2004 et pourtant, il n'y a pas de portable, pas d'internet. Il n'y a que le téléphone fixe. Le roman est très agréable sans être toujours très facile d'accès, mais on se sent intelligent quand on lit ce genre d'ouvrage. Le romancier, Pascal Mercier, que je ne connaissais pas, est lui-même professeur de philo et cela se sent. Un roman à lire si vous pouvez.

3 octobre 2007

Excalibur - John Boorman

A l'époque, c'était la première fois que je voyais un film en salle deux fois. Excalibur de John Boorman (1981) reste pour moi une révélation et une très grande oeuvre. D'abord c'est la musique de Carl Orff, Carmina Burana, en musique additionnelle. Excalibur du nom de l'épée du roi Arthur retrace la légende de ce roi, la trahison de Guenièvre avec Lancelot et la rivalité entre Merlin et la fée Morgane. Le film en compétition à Cannes avait reçu le prix amplement mérité de la meilleure contribution artistique. Personnellement, je lui aurais donné une plus haute distinction. Les images sont souvent crues et violentes. Je me rappelle des corbeaux qui mangent les yeux des pendus. Certaines scènes sont sexuellement explicites. Deux scènes me restent en mémoire : la scène d'amour entre Igrayne (Katrine Boorman) et Uther Pandragon (Gabriel Byrne) qui la berne en se faisant passer pour son mari. L'autre est celle entre la Fée Morgane (Helen Mirren) qui prend l'apparence de Guenièvre et a une relation sexuelle avec Arthur (Nigel Terry) qui se trouve être son demi-frère. Je n'ai pas lu le roman de Thomas Malory dont est adapté Excalibur mais je pense que John Boorman recrée bien l'intemporalité de cette époque du fin fond des âges pleine de sang et de fureur. Si vous ne l'avez jamais vu, essayez de vous procurer le film en DVD. Cela en vaut la peine.

2 octobre 2007

Quelques livres pour une nouvelle lecture

1 octobre 2007

Guide de voyage : Lonely Planet

Je reviens d'une semaine de voyage d'agrément en Italie sur la Côte Amalfitaine (comme c'est beau!). Mes fidèles blogueurs ne s'en sont pas trop aperçu car j'avais réussi à rédiger près d'une dizaine de billets d'avance. Cependant, je n'ai pas rendu les commentaires reçus (presque une trentaine) durant tout ce temps. Je les validais quand je pouvais (j'ai aussi délégué leur validation).
Pour en revenir au titre du billet, pendant cette semaine, j'ai utilisé le guide Lonely Planet pour traquer les points cyber durant mes déplacements et cela m'amusait. C'était la première fois que j'achetais un titre de cette collection, suite aux conseils d'une de mes collègues qui m'en avait parlé. Jusqu'à présent, j'achetais le Guide du Routard, moins cher et peut-être moins lourd. En dehors d'Internet, j'aime avoir un support papier lors de mes voyages touristiques. Pour ce faire, je fais "une descente" dans une FNAC du centre de Paris qui a un choix étendu pour tout ce qui est guides touristiques et cartes routières. Il y en a tellement que la décision est souvent difficile entre tel ou tel ouvrage qui ont chacun leurs spécificités.
En ce qui concerne Lonely Planet, la présentation est claire, concise. Les illustrations en couleur égaient l'ensemble. Les données chiffrées se sont révélées exactes, ainsi les adresses indiquées pour les achats, les restaurants ou même les points cyber. Cela fait plaisir d'avoir entre les mains un guide fiable. On ne peut pas en dire autant de certains autres.

30 septembre 2007

The Offence - Sidney Lumet

Film inédit (en tout cas en France) de 1972 qui vient de sortir dans une seule salle à Paris, The Offence de Sidney Lumet met en scène Sean Connery dans un contre-emploi loin de son rôle de James Bond. Inspecteur moustachu, il est en proie à des démons intérieurs. Des images d'anciennes enquêtes le hantent. Des jeunes filles ont disparu, quand on les retrouve, elles sont mortes étranglées. Il mène l'enquête. Un suspect sera arrêté. Mais est-il coupable? L'inspecteur lui-même a-t-il quelque chose à se reprocher? Tout le film est filmé dans des tons gris métallisés. La musique est crissante. C'est un film à l'atmosphère pesante. The Offence était resté inédit car le personnage de Sean Connery est vraiment très sombre et à l'époque, on a pensé que cela nuirait à son image. Pourtant, j'ai lu dans le prospectus de 2 pages, distribué à l'entrée de la salle où j'ai vu le film, que c'était un des films préférés de Sean Connery.

29 septembre 2007

Théâtre en DVD - Jacqueline Maillan

Disparue en 1992, Jacqueline Maillan restera dans nos mémoires et celles des générations futures grâce à la captation de certaines pièces qu'elle a interprétées avec talent. Elle avait un abattage incroyable. C'était Louis de Funès au féminin avec peut-être plus de subtilité. Elle était capable de tout jouer. J'ai eu la chance de la voir en 1989 dans Retour au Désert de Bernard Koltès, mise en scène par Patrice Chéreau. Magnifique interprétation dans un rôle sérieux. Malheureusement cette pièce n'a pas été filmée. En revanche, quelle chance de pouvoir la voir ou la revoir dans Potiche de Barillet et Grédy ou Coup de soleil de Marcel Mithois. Elle est drôle, un vrai clown. Dès qu'une pièce était à l'affiche avec elle, c'était le succès assuré. Je ne vois pas à ma connaissance, à l'heure actuelle, des actrices qui soient de cette trempe. Le moule est cassé me semble-t-il.

28 septembre 2007

Avanti! - Billy Wilder

Film méconnu de Billy Wilder, Avanti! (1972) est un petit bijou de la comédie américaine avec Jack Lemmon en grande forme et Juliet Mills pulpeuse à souhait. Cela se passe dans l'île d'Ischia au large de la côte Amalfitaine dans le sud de l'Italie. Jack Lemmon, homme d'affaires américain pressé, doit venir chercher le corps de son père décédé dans un accident de voiture. Il apprend en même temps que son père n'était pas tout seul dans la voiture, qu'il y avait une femme, anglaise, manucure, décédée elle aussi. Le père et cette femme étaient amants depuis plus de vingt ans en passant un mois par an sur cette île idyllique. Le personnel de l'hôtel de luxe où ils séjournaient était parfaitement au courant de la situation. Juliet Mills est la fille de la femme décédée. Le film est plein de rebondissements, on voit même Jack Lemmon et Juliet Mills nus. C'est un film qui fait un bien fou. Il existe en DVD, achetez-le en urgence, vous le ne regretterez pas.

27 septembre 2007

Quentin Tarantino

Il y a deux films de Quentin Tarantino que j'apprécie, Reservoir Dogs et Jackie Brown. J'ai peu aimé Pulp Fiction, très long film de 2h40 qui m'a profondément ennuyé malgré sa Palme d'Or à Cannes en 1994 et j'ai tellement détesté Kill Bill 1 (2003) que je n'ai pas vu Kill Bill 2 (2004). Pour en revenir à Reservoir Dogs (1992), le scénario est malin et l'interprétation de premier ordre, Harvey Keitel et Tim Roth en tête. Mais cela manque singulièrement de personnage féminin. Jackie Brown (sorti en 1998) (1), en revanche, donne un très beau rôle à l'actrice Pam Grier et le scénario réserve bien des surprises. Un vrai plaisir. Rappelons aussi que Quentin Tarantino est l'un des réalisateurs d'un des trois segments de Sin City, celui avec Clive Owen et Benicio del Toro. Du délire pur. Quentin Tarantino est, pour moi, capable du meilleur comme du moins bon goût, mais il est brillant. A vous de voir.

(1) et non 2005 comme indiqué par erreur (merci à Jérémyah, cf. commentaire ci-dessous).

26 septembre 2007

Films vus et non commentés depuis le 14/07/2007

Billet sur trois films dont l'un m'a vraiment plu et les deux autres peuvent attendre une diffusion à la télé voire moins. A vous de voir. [Pour mémoire, les précédents sont ]

Trois amis de Michel Boujenah: suite de saynètes avec la dernière apparition de Philippe Noiret très marqué par la maladie. J'ai déjà presque oublié.

Die Hard 4 de Len Wiseman est très regardable, les méchants sont punis, les cascades sont très bien faites. Je ne me suis pas ennuyée une minute et c'est là l'essentiel.

Mr Brooks de Bruce A. Evans est à éviter bien que le rôle de William Hurt soit intéressant en âme damnée de Kevin Costner. Mr Costner, s'il vous plaît, refaites de bons films!

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