Le blog de Dasola

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24 novembre 2007

L.A. Confidential - Curtis Hanson

Je viens de revoir en DVD avec mon ami (qui ne le connaissait pas), L.A. Confidential de Curtis Hanson avec Russell Crowe, Guy Pearce, Kevin Spacey, Danny De Vito et Kim Basinger, sorti en 1997 et vu en salle à l'époque. Certains spectateurs avaient applaudi pendant le générique de fin. Adaptée d'un roman de James Ellroy, l'histoire se passe dans les années 50 à Los Angeles. Oscarisé pour le scénario et pour la meilleure actrice dans un second rôle, ce film est excellent grâce aux acteurs, aux décors, aux costumes et à la musique (tubes de ces années-là). La réalisation est nerveuse sans temps mort. Dans le prologue du film, une voix de speaker au débit rapide comme à la radio narre les dernières nouvelles concernant un certain Mickey Cohen qui trempe dans des histoire louches et qui vient d'être arrêté pour fraude fiscale comme Al Capone. Comme nous avons vu le film en VO, les sous-titres vont tellement vite que l'intrigue paraît un peu compliquée mais au bout du compte on comprend tout. L'enjeu est de découvrir qui reprend les affaires de drogue, de chantage et de prostitution après l'arrestation de ce Mickey. En lice dans l'histoire, des flics ripoux, d'autres intègres, des arrivistes, des prostituées de luxes sosies de stars de l'époque et leur souteneur, et même un journaliste (Danny de Vito) en quête de nouvelles à sensation. Moi qui connaissais déjà l'épilogue en sachant qui étaient les bons et les méchants, je ne me suis pas ennuyée une seconde. 10 ans après, c'est toujours aussi bien.

23 novembre 2007

Christine Masson, journaliste radio

J'ai eu l'occasion d'être interviewée en 2004 par Christine Masson, excellente journaliste à France Inter. Elle a su garder la "substantifique moelle" de ce que j'avais dit suite à ma énième vision du film italien La Meglio Giovientù (Nos meilleures années) de Marco Tullio Giordana (2003). Plus tard dans l'année, elle est venue à mon domicile et cette fois-là avec un caméraman afin de me filmer parmi mes objets personnels. Le tournage a duré plus de deux heures pendant lesquelles elle m'a interrogée. J'étais debout et déambulais dans mon appartement.  Son ambition était de faire un documentaire sur des personnes pour qui un film en particulier a changé leur vie. Depuis, Mme Masson continue son métier sur cette radio en faisant des émissions sur le cinéma. Courant 2007, je l'ai rencontrée par hasard dans un cinéma à Paris. Je lui ai demandé des nouvelles sur le documentaire. A priori, elle est en attente d'un financement pour poursuivre cette entreprise. Dans tous les cas, elle est productrice et animatrice d'une très bonne émission sur le cinéma tous les vendredis en fin d'après-midi de 17h à 18h sur France Inter et je vous recommande de l'écouter au moins une fois.

22 novembre 2007

Le trou - Jacques Becker

Tourné en 1960, Le Trou fut le dernier film de Jacques Becker décédé la même année. C'est un excellent film très sobre joué par des acteurs pas trop connus comme Philippe Leroy, Jean Keraudy, Mark Michel ou Raymond Meunier et Michel Constantin. Sans aucun effet spécial mais la caméra au plus près des comédiens, Jacques Becker nous tient en haleine pendant 2h10. Même l'absence de musique donne une tension à l'ensemble. Adaptée d'un roman de José Giovanni, l'histoire se passe à la prison de la Santé à Paris à la fin des années 50. Dans une cellule à quatre détenus, un cinquième arrive. Assez vite, il est mis dans la confidence: les quatre autres, qui risquent de lourdes peines de prison, ont décidé de s'évader avant de passer en jugement. Roland, un des quatre, n'en n'est pas à sa première tentative d'évasion. Son plan est de faire un trou dans un coin de la cellule, de creuser pour arriver dans les sous-sols de la prison et passer par les égouts. Malgré les personnages peu recommandables (mais on ne connaît pas leur délit), on aimerait bien qu'ils y arrivent. Ils sont solidaires, ils s'épaulent en permanence. Dans d'autres circonstances, ils pourraient être amis. Je ne raconterai pas la fin à savoir s'ils parviennent à s'évader ou non. Le suspense est soutenu jusqu'au bout. J'ai visionné ce film avec une image et un son de très grande qualité grâce à la collection DVD Criterion, éditée par les Américains en zone 1. Le Trou existe aussi en DVD zone 2. [cf. aussi seconde chronique le 7 juillet 2015]

21 novembre 2007

Paranoid Park - Gus Van Sant

J'ai eu du mal à m'intéresser à cette histoire de "skateboarders" post-adolescents qui s'entraînent dans un terrain vague surnommé Paranoid Park, spécialement aménagé dans la ville de Portland en Oregon. Paranoid Park raconte comment un de ces jeunes, Alex, à cause d'un geste malencontreux, provoque la mort d'un gardien du parc. Il ne se dénonce pas et il ne semble pas très concerné par ce qu'il a fait. Une enquête est ouverte et ensuite il ne se passe plus grand-chose. On entend beaucoup de musique, moderne et classique. Le chef opérateur a pris grand plaisir à faire de magnifiques ralentis sur des skateboarders en train de s'entraîner car cette jeunesse ne vit que pour le skate. Ils n'ont pas l'air d'avoir d'autre vie sociale. La vie de famille semble réduite à la portion congrue. Après Elephant, Palme d'Or à Cannes en 2003, Gus Van Sant prend à nouveau de jeunes inconnus comme acteurs principaux. Alors qu'Elephant, sur une fusillade dans un lycée, pouvait provoquer un choc, en revanche, Paranoid Park m'a laissée froide. Mon esprit n'a pas arrêté de vagabonder, j'ai éprouvé de l'ennui à voir ce film. Le seul film de Gus Van Sant qui m'a énormément plu est Finding Forrester (A la recherche de Forrester) (2000) avec Sean Connery, peut-être parce qu'il est très classique dans sa narration.

20 novembre 2007

De l'autre côté - Fatih Akin

Après Head on (2005) [cf. mon billet du 15/01/07], Fatih Akin nous offre un très beau film, De l'autre côté, où s'entrecroisent des êtres qui auraient pu ne jamais se rencontrer. Le dernier plan du film est magnifique: en Turquie, sur les bords de la Mer Noire, un fils, assis sur le sable, attend son père qui doit revenir de la pêche. Le film est divisé en trois parties grâce à des intertitres par lesquels on sait que la mort est au rendez-vous. La première partie se déroule en Allemagne, à Brème. Un vieil homme d'origine turque va voir les prostituées; il décide l'une d'entre elles, turque elle aussi, à se mettre en ménage avec lui. Il est déjà père d'un fils, professeur de littérature allemande. Une mort plus ou moins accidentelle change le destin de ces personnages. Dans la deuxième partie qui se passe en Turquie, à Istanbul, une jeune femme, membre d'un groupe révolutionnaire, est obligée de s'enfuir. Elle part rejoindre sa mère dont elle n'a aucune nouvelle en Allemagne, à Hambourg. Sur place, elle fait la connaissance d'une jeune Allemande avec qui elle se lie d'amitié et même plus. Des circonstances malheureuses mettent un terme à cette relation. Dans la troisième et dernière partie, on retrouve, à Istanbul, ceux qui restent et se soutiennent. Le scénario de Fatih Akin est bien écrit avec des personnages bien campés. Quel plaisir de revoir Hannah Schygulla, une des égéries de Fassbinder et de Ferreri. Ce réalisateur germano-turc est vraiment un talent à suivre. J'attends avec impatience son prochain long-métrage.

19 novembre 2007

Pierre Granier-Deferre est décédé

Pierre Granier-Deferre (1927-2007) vient de disparaître vendredi 16 novembre à l'âge de 80 ans après une carrière de réalisateur de cinéma et de télévision. Parmi les films qu'il a réalisés, j'ai beaucoup aimé La Horse (1970), Le Chat (1971), La Veuve Couderc (1971), Le Train (1973), Une Femme à sa fenêtre (1976), Une Etrange affaire (1981) (1), L'Etoile du Nord (1982). De facture classique, la plupart des films de Pierre Granier-Deferre étaient de grande qualité grâce aux acteurs et aux scénarii, adaptés de romans de Simenon (Le Chat, La Veuve Couderc, le Train, l'Etoile du Nord) voire de Drieu La Rochelle (Une femme à sa fenêtre). J'ai fait découvrir Le Chat, il y a quelques mois, à mon ami (en DVD). Cette histoire d'amour et de haine, magistralement interprétée par Jean Gabin et Simone Signoret, pourrait être résumée en une phrase : Ni avec toi, ni sans toi. Les autres oeuvres citées ont aussi bénéficié d'un casting de premier ordre : Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant, Philippe Noiret, Michel Piccoli. Dans les dernières années, il a tourné, pour la télévision, une quinzaine d'épisodes de Maigret (toujours d'après Simenon, dont il faisait l'adaptation) interprété par Bruno Cremer. J'en possède quelques-uns, dans la série des Maigret édités par One plus One Production en DVD zone 2. Un réalisateur discret mais de talent s'en est allé.

(1) Chroniqué le 09/07/2020.

18 novembre 2007

La bête qui meurt - Philip Roth

Grâce à une amie, j'ai découvert une partie de l'oeuvre de Philip Roth et je l'en remercie. Je viens d'achever un court roman publié en 2001, La bête qui meurt, où le narrateur est David Kepesh, héros de deux romans précédents de Philip Roth: Le sein (1975) et Le Professeur du désir (1977). Dans La bête qui meurt, David Kepesh, âgé de 70 ans (double de Philip Roth?), raconte sa brève mais torride liaison, 8 ans plus tôt, avec une jeune femme, Consuelo, âgée de 24 ans, fille d'immigrés cubains. Consuelo est belle et a des seins magnifiques. Jusqu'à présent, David Kepesh était un homme qui aime les femmes en trompant la sienne allègrement. Avec Consuelo, il connaît pour la première fois les affres de la jalousie car elle fréquente d'autres hommes et il le vit mal. Leur liaison dure un an et demi avant que Consuelo n'y mette un terme de façon brutale. Huit ans plus tard, elle reprendra contact avec lui dans des circonstances dramatiques. En plus de cette histoire, l'écrivain fait un plaidoyer sur le fait qu'un homme ne peut pas être fidèle. Il compare le mariage à la prêtrise pour ce qui concerne le voeu de chasteté. C'est une des raisons de son divorce. Le roman est très cru dans les termes employés mais pas vulgaire et l'écriture de Philip Roth est tellement brillante que je n'ai pas été choquée en le lisant.
Et, pour finir, voici un petit message personnel: ayant compris que Karamzin aime les romans de Philip Roth (voir son commentaire sous mon billet du 24 octobre 2007), je le lui conseille vivement à moins qu'il ne l'ait déjà lu.

17 novembre 2007

7h58, ce samedi-là - Sidney Lumet

Je viens enfin de voir la dernière oeuvre de Sidney Lumet, 7h58, ce samedi-là, sortie il y a plus d'un mois en France. J'avais un peu hésité mais j'aurais eu tort de l'avoir manqué car j'ai beaucoup aimé. Le titre original anglais est "Before the Devil knows you're dead" (littéralement Avant que le Diable ne sache que vous êtes mort). Un hold-up minable dans une bijouterie tourne à la tragédie. En effet, une famille est complètement anéantie car deux frères ont la mauvaise idée à cause d'un besoin d'argent pressant de cambrioler la bijouterie familiale. On ne sait pas pourquoi ils choisissent cette option. L'ainé, Andy (Philip Seymour Hoffman), drogué et comptable dérobant de l'argent dans la caisse de l'entreprise où il travaille, a, semble-t-il, un compte à régler avec son père. Il propose à son frère cadet Hank (Ethan Hawke) qu'il n'arrête pas d'humilier, de faire ce casse. Hank, complètement fauché, accepte. Un grain de sable fait de ce hold-up un fiasco complet. Le film est monté dans un ordre a-chronologique: une heure avant le casse, puis 3 jours avant le casse, puis 1 heure après le casse enfin 1 semaine après le casse. Le père des deux frères est interprété par Albert Finney, un peu grimaçant mais convaincant. Le film se termine en point d'interrogation sur ce qu'il advient à l'un des frères. C'est un très bon Sidney Lumet où je ne me suis pas ennuyée une seconde.

16 novembre 2007

Humeurs et Divers sans succès pour le moment

N'étant pas de très bonne humeur en ce moment, notamment pour cause de grrr... de grève de la RATP, et donc trop fatiguée pour rédiger de bons billets, je me dis que cela peut encore être l'occasion de faire lire à de nouveaux lecteurs mes billets des catégories "Humeur" ou "Divers", enfouis dans les tréfonds de mes bientôt 300 billets, qui n'ont eu aucun commentaire jusqu'à aujourd'hui (comme je l'avais fait pour les livres ou pour le cinéma). Il est vrai que certains de ces 16 billets (8 + 8) remontent aux débuts de ce blog, qui se cherchait encore.

Humeurs:
Les livres, les garder ou savoir s'en séparer (20 février 2007) (1)(1)(1)
De l'importance de la lecture et de l'écrit en général (23 février 2007) (1)
Distribution des films - Remarques (14 mars 2007)
Retour (22 mars 2007)

Rubrique cinécrologique (16 juin 2007)
Date de sortie des films (suite d'un billet précédent)(28 juin 2007)
Billet de bonne humeur: en attendant le Christ... (10 juillet 2007)
UGC + MK2 vs Gaumont (10 octobre 2007)

Divers:
Tintin - Hergé (11 janvier 2007)
Le Masque et la Plume - Emission sur France Inter (11 février 2007)
Les bouquinistes, quais de la Seine à Paris (11 mars 2007)
Matériels publicitaires pour les fans de cinéma (20 mars 2007)
(1)
Lire à Limoges - 30 mars au 1er avril 2007 (1er avril 2007)
Editions de l'Avant-Scène (9 mai 2007) (1)
Un guide inspiré à la Maison Jacques Coeur - Bourges (1er septembre 2007)
Spectacle au Palais Garnier à Paris (12 octobre 2007)

(1) Commentaire suscité par le présent billet durant les 20 jours où il est resté en page d’accueil de mon blog.

15 novembre 2007

Millenium 3 - La reine dans le palais des courants d'air - Stieg Larsson

Je viens de terminer le tome 3, La Reine dans le palais des courants d'air, de la trilogie Millenium (voir mon billet du 21 janvier 2007) qui est en train de faire du bruit. Des panneaux immenses dans le métro parisien annoncent qu'un coffret des trois volumes est disponible. Et en cadeau, les lecteurs ont la chance d'avoir un fascicule "collector" d'une vingtaine de pages contenant les derniers mails échangés entre l'écrivain Stieg Larsson et son éditrice. L'auteur est mort subitement d'une crise cardiaque juste avant que les romans ne sortent en librairie. Tout cela pour dire que ce troisième et dernier volume termine en beauté cette entreprise. Il est la suite et fin de Millenium 2. C'est un roman à suspense où se mêlent des journalistes d'investigation, des "hackers", des policiers, des hommes politiques et des services secrets, et des proxénètes. Certains personnages comme la journaliste Erika Berger sont plus étoffés, d'autres font des apparitions. On s'attache à tous les protagonistes qui sont inspirés parfois par des personnages existants ou ayant existés. Stieg Larsson était lui-même rédacteur en chef d'une revue très semblable à Millenium. La trilogie est à lire dans l'ordre, même si le premier tome peut se lire séparément. Ne lisez pas le troisième avant le second. Mais lisez la trilogie, je pense que vous ne regretterez pas.

14 novembre 2007

Mars et Vénus au théâtre

C'est amusant, la genèse de ce billet. J'ai offert à mon ami Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, best-seller de John Gray. Mais je précise que c'est à sa demande que je le lui ai acheté. Et à peine en avait-il lu quelques dizaines de pages, qu'il s'est rappelé avoir vu il y a quelque temps dans le métro des affiches pour un spectacle tiré du livre, et c'est ainsi que nous sommes allés le voir, toujours à sa demande. Pour en revenir à cette pièce de théâtre, j'ai passé un excellent moment sans prétention. Le spectacle est un one man show interprété par un acteur que je ne connaissais pas du tout, Paul Dewandre (d'origine belge), qui a rencontré l'auteur du livre et a supervisé sa traduction en français. Cette rencontre a donné naissance, après un gros travail, à ce spectacle, visant à rendre plus positives et plus saines les relations entre hommes et femmes. C'est hilarant et le public est extrèmement réceptif. Le chapitre sexuel est abordé à la fin avec des comparaisons culinaires: il y a le "fait à la maison", le "quickie" et le "gastronomique". C'est le spectacle anti-morosité par excellence qui a été déjà vu par plus de 50.000 spectateurs en Belgique, au Canada, en Suisse et en France! Hautement recommandable pour les couples ou même pour les autres, au théâtre du Gymnase à Paris jusqu'au 31 décembre 2007.

13 novembre 2007

Judex - Georges Franju

Judex (1963) et Nuits rouges (1973) de Georges Franju viennent de sortir en DVD double. Georges Franju, connu comme le réalisateur de ce chef-d'oeuvre fantastique français, Les yeux sans visage (1959), fut le co-fondateur de la Cinémathèque française avec Henri Langlois en 1936. Disparu en 1987, Franju était un grand admirateur des feuilletons et de Louis Feuillade, réalisateur de plus de 800 courts-métrages dont le premier Judex en 1916 et la série des Fantomas. Dans les interviews en bonus des films, Jacques Champreux (petit-fils de Louis Feuillade) révèle que Franju, avec qui il a travaillé, aurait voulu réaliser un film sur ce personnage Fantomas, mais cela ne s'est pas concrétisé.

Je parlerai seulement de Judex (justice en latin), merveilleux film en noir et blanc, baigné dans une atmosphère d'onirisme et de fantastique. Judex n’existe que pour rendre la justice, comme Fantomas n’existe, lui, que pour faire peur. L’histoire est très simple: au début du 20ème siècle, un banquier, Favraux, reçoit des menaces par lettres anonymes signées d'un certain "Judex" l’accusant d’avoir acquis sa fortune de manière illicite. Il lui demande de rendre cet argent. La première apparition de Judex est magnifique. Elle se produit lors d’un bal où tous les invités portent un masque d’oiseau. Judex, très grand, a une tête d’oiseau de proie et il fait apparaître des colombes. L’acteur américain qui fait Judex, Channing Pollock, était un grand magicien connu pour ce genre de tour.
La «méchante de l’histoire» est jouée par Francine Bergé. A un moment donné, habillée en collant noir, elle a une scène sur des toits qui est un hommage direct à Musidora et Irma Vep dans les films de Feuillade.
Pour ponctuer le film, quelques cartons d'intertitres sont insérés entre les séquences comme dans les films muets. Michel Vitold dans le rôle du banquier et Edith Scob dans le rôle de sa fille complètent la distribution de Judex dont le co-scénariste est Jacques Champreux (cité plus haut)
. Ce film que je n'avais jamais vu est une très agréable surprise.

12 novembre 2007

La pub d'avant séance sur grand écran - France vs USA

Allant très souvent au cinéma, je suis de plus en plus agacée, pour ne pas dire plus, par le quart d'heure publicitaire avant que ne démarre enfin le film. Et selon mon avis, les régies publicitaires font passer des publicités de plus en plus laides esthétiquement et pas spécialement drôles. Interminables pour la plupart, ce sont souvent les mêmes qui sont projetées d'une séance à l'autre, et en tant que fidèle du grand écran, je pousse un "ouf" de soulagement quand l'annonceur de la régie arrête cette torture des yeux et des oreilles dans une obscurité totale ou presque qui empêche même de lire.
Je ne suis pas contre la publicité, au contraire. Avant que celles pour l'alcool et le tabac ne soient proscrites, certaines étaient des merveilles qui racontaient une histoire. Maintenant, c'est du simple matraquage.
Dans les salles d'art et d'essai, bien sûr on attend moins longtemps avant de voir le film, mais on n'est pas agressé. Pouvoir bavarder à voix basse avec de la musique douce dans les oreilles, mmmmh...
Je ferais une comparaison avec les Etats-Unis, en particulier dans les salles new-yorkaises: l'on y voit seulement des bandes-annonces et cela peut durer très longtemps, jusqu'à huit annonces de films. Cela donne une idée des prochaines sorties sur le sol américain.
En France, si on ne peut pas échapper à la pub, au moins, qu'elle redevienne belle à regarder!

11 novembre 2007

Les promesses de l'ombre - David Cronenberg

Tout d'abord, attention aux âmes sensibles, Les promesses de l'ombre de David Cronenberg (qui pourrait à nouveau s'appeler A History of violence - la suite) est un film "gore" pour trois scènes. Dès la scène d'ouverture, un homme est égorgé avec un rasoir et sa tête est presque entièrement détachée du corps, on ne nous épargne aucun détail. On peut dire que l'on est tout de suite dans le bain (de sang). Les murmures des spectateurs dans la salle étaient éloquents. Dans la 3ème scène de massacre, dans un sauna public, Viggo Mortensen, nu, est confronté à deux hommes voulant l'égorger avec une petite serpe. La scène est magnifiquement chorégraphiée mais à la limite du soutenable. Sinon, le film de 1h39 est bien mené. L'action se situe à Londres dans le milieu de la mafia russe. Après la première scène d'égorgement, tout commence dans une pharmacie où une jeune fille enceinte saigne. Elle meurt en couches à l'hôpital après avoir donné naissance à une petite fille. A partir de là, une sage-femme (Noami Watts) trouvant un journal intime écrit en russe dans les affaires de la jeune femme décédée, se trouve à cotoyer des individus comme Semian (Armin Mueller-Stahl), un chef  de la mafia qui dissimule ses activités de trafiquant de filles de l'Est sous une activité respectable. Puis le fils de Semian, Kirill (Vincent Cassel), un pas-grand-chose à la sexualité trouble. Enfin, Nicolaï (Viggo Mortensen, croque-mort, chauffeur et exécuteur de basses oeuvres), aux tatouages abondants sur tout le corps. Ce dernier doit faire ses preuves pour être accepté dans cette organisation criminelle. J'ai bien aimé le film malgré les scènes dures mais il faut être prévenu. Je regrette quand même que Vincent Cassel accepte de jouer ce genre de rôle un peu caricatural. Le film est à vraiment à voir (quitte à mettre ses mains devant les yeux par moments, comme je l'ai fait) et on n'oublie pas de sitôt cette expérience.

10 novembre 2007

Agatha Christie aux Champs Elysées

Lorsqu'il a su que j'avais L'Heure zéro (voir mon billet du 08/11/07) dans le colimateur, mon ami m'a spontanément rapporté de sa maison de campagne familiale son vieil exemplaire du "policier" d'Agatha Christie, dans une édition qui a plus de 20 ans. Et là, revoir cette couverture m'a flanqué un grand coup de cafard. En effet, dans ma jeunesse, j'avais 77 (soixante-dix-sept) titres d'Agatha Christie dans cette même collection "Club du masque" des éditions "Librairie des Champs-Elysées" (qu'on trouvait dans toutes les gares). Je me rappelle très bien, un été, avoir passé mon temps à tous les lire à la queue leu leu, le premier que j'ai lu c'est Le Train bleu. J'en posais un et j'en reprenais un autre. Et on me les a dérobés lors d'un cambriolage de ma maison de campagne où je les avais entreposés. Ce vol, qui remonte déjà à 1996, m'avait traumatisée. Ce n'était pas pour le prix des bouquins (ça avait dû rapporter à peine quelques sous aux cambrioleurs, et j'aurais pu me les racheter sans problème), mais à cause, vraiment, de la violation de propriété de ces objets-livres pour lesquels j'avais une affection particulière. Heureusement, mes "bibliothèque verte" d'enfant avaient échappé au même pillage, je me suis dépêchée de les rapatrier à Paris. Tout cela pour dire que ces éditions d'Agatha Christie avec des couvertures dessinées caractéristiques représentaient toute une période de ma vie. Un me reste qui était en grand format: Hercule Poirot quitte la scène.

9 novembre 2007

Le messager - Joseph Losey

Adapté par Harold Pinter d'un roman de L.P. Hartley, Le Messager (The Go-betweeen) de Joseph Losey, Palme d'Or à Cannes en 1971, vient enfin d'être édité en DVD avec 7 autres oeuvres de ce grand réalisateur disparu en 1984, dans un coffret (1). Il n'existe malheureusement pas séparément. C'est un très beau film sur un petit garçon qui se trouve confronté aux mondes des adultes et à leurs mensonges ou non-dits. Leo, orphelin de père qui va fêter ses 13 ans, est accueilli pendant un été chaud dans la demeure d'une famille aristocratique dans une région du nord de l'Angleterre. Nous sommes juste à la fin de la guerre des Boers au début des années 1900. Leo trouve un compagnon de jeu en la personne du jeune fils de la famille et il tombe sous le charme de Marian (Julie Christie), âgée d'une vingtaine d'années et héritière de cette famille. Marian s'attache à Leo jusqu'à lui offrir des cadeaux. Leo ferait n'importe quoi pour elle. Marian est promise en mariage à un homme de sa classe sociale mais en secret, elle entretient une liaison coupable avec un métayer, Ted Burgess (Alan Bates). Très innocent, Leo va servir de messager entre les deux amants mais sans connaître leur relation exacte. Provoquant indirectement un drame, il en restera marqué à vie. L'histoire est un flash-back puisqu'au début et à la fin du film on voit Leo adulte. J'aime l'atmosphère du film où règne une certaine cruauté sous le vernis de la gentillesse (et c'est Leo qui en fait les frais). La partition de Michel Legrand donne de la légérété dans la gravité du sujet. Le scénariste Harold Pinter, plus connu comme dramaturge, est entre autres, l'auteur de The Servant aussi réalisé par Joseph Losey.

(1) Suite à la question d'eeguab dans son commentaire ci-dessous, les autres films du coffret édité par Studio Canal sont Eva, Accident, Pour l'exemple, The criminal, Mr Klein, The Servant, complétés par un 8ème film qui est un portrait de Joseph Losey, Jo le magnifique, de Philippe Saada.

8 novembre 2007

L'heure zéro - Pascal Thomas

D'après un roman d'Agatha Christie sans Miss Marple ni Hercule Poirot mais avec le Commissaire Bataille (Battle en VO), Pascal Thomas a situé l'Heure zéro en Bretagne, dans la région de Dinard, puisque la mer a de l'importance pour l'histoire et surtout certains à-pics qui dominent la grande Bleue. J'ai eu grand plaisir à voir Danielle Darrieux qui connaît malheureusement une fin tragique et brutale dans ce film. Laura Smet, très limitée dans son jeu, tient le rôle d'une jeune épouse assez insupportable, on lui flanquerait volontiers une gifle avec ses airs d'enfant gâtée. Chiara Mastroianniani a un personnage un peu effacé d'épouse divorcée. François Morel joue le rôle du commissaire et Melvin Poupaud complète la distribution. Plusieurs personnages sont suspects après la mort d'un juge d'instruction, Maître Trevoz (Jacques Seyres), et de Camille Tressillian (Danielle Darrieux), cette dernière laissant une fortune de 10 millions d'euros. Mais est-ce l'argent qui est la cause du meurtre? Pas sûr. Bien que l'action soit située en 2007, le film dégage un côté rétro sans portable ni internet mais avec des voitures et des tenues vestimentaires qui fleurent bon les années 30. Agréable à voir, et passer ne serait-ce qu'un week-end dans la maison de Camille Tressillian en aplomb de la mer ne serait pas pour me déplaire.

7 novembre 2007

Derzou Ouzala - Akira Kurosawa

Je viens de visionner en DVD (éditions MK2) Derzou Ouzala d'Akira Kurosawa, Oscar du film étranger en 1976. C'est adapté d'un récit écrit en 1923 par Vladimir Arseniev (1872 - 1930), explorateur et cartographe du début du XXème siècle qui a parcouru la Sibérie jusqu'à Vladivostock où il est décédé. Pour en revenir à Derzou Ouzala, suite aux conseils de mon ami, je l'ai enfin vu et je ne le regrette pas. Le film est composé de deux parties: 1902 et 1907. En 1902, Vladimir Arseniev par,t accompagné de quelques hommes, en Sibérie, région assez méconnue à l'époque, afin d'explorer et de tracer des cartes géographique. Il rencontre Derzou Ouzala, un Golde, chasseur de zibelines, n'ayant pas d'attaches particulières mais connaissant très bien la taïga. Le morceau de bravoure de cette 1ère partie se déroule durant un blizzard qui surprend Arseniev et Derzou. Grâce à Derzou, ils vont cueillir des brassées de grandes herbes qui serviront à l'indigène à fabriquer un abri pour protéger les deux hommes. Dans la 2ème partie en 1907, Arseniev et son équipage retrouvent Derzou Ouzala et ils croiseront un tigre. Mais Derzou Ouzala, chasseur hors pair, voulant tuer le fauve, le rate et il ne s'en remettra pas. Le film dure 2h15 mais il pourrait être plus long. C'est un vrai plaisir des yeux, les paysages sont magnifiques avec, par exemple, dans un même plan le soleil et la lune. Le film dégage une grande chaleur humaine et cela fait du bien.
En ce qui concerne l'édition en DVD, je n'ai pas compris pourquoi la première partie du film figure sur 1 DVD et la deuxième... sur un 2ème DVD. Les bonus sont aussi répartis sur les deux disques (un peu maigrichons pour mon goût).

6 novembre 2007

Chagrin d'école - Daniel Pennac

Dans la lignée de Comme un roman (cité dans mon billet du 19/04/2007), le dernier livre de Daniel Pennac (de son vrai nom Pennaccioni) est très autobiographique. Chagrin d'école permet à DP de raconter comment, petit dernier d'une fratrie de 4 frères, enfant de militaires, cancre de son état avec d'énormes problèmes en orthographe et mauvais dans presque toutes les matières, il a été "sauvé" grâce aux livres (surtout ceux qui n'étaient pas imposés en classe). Il adorait lire. Et il rend aussi grâce à quatre professeurs, en math, en philo, en histoire et en français, qui ne se sont pas posés de questions et ont tout fait pour le sortir de sa "cancritude". Puis l'ouvrage part un peu dans tous les sens mais j'ai retenu qu'il chante les louanges de tous ces enseignants qui ne laissent pas tomber ces enfants en difficulté. Lui-même, devenu professeur de français pendant 25 ans, a tout fait pour que des élèves dans des classes aménagées et non pas "à ménager" deviennent bons en orthographe ou qu'ils puissent apprécier la poésie sans qu'elle reste pour eux de la récitation imposée. Cela m'a ramené à ma scolarité personnelle. Moi qui étais une élève excellente en primaire, j'ai connu une désillusion dès la 6ème où je me suis retrouvée dans les dernières et j'ai eu le niveau "Passable" pendant mes 7 années de collège-lycée. Et sauf amnésie partielle ou totale, je n'ai malheureusement pas connu de professeur aussi proche de ses élèves que M. Pennac. J'aurais bien aimé l'avoir comme enseignant. A mon avis, il fait une description un peu idyllique (l'exception plutôt que la règle) sur le métier de professeur au collège et lycée.
PS: je viens d'apprendre que ce livre, dont j'avais rédigé la chronique d'avance (après l'avoir lu la semaine dernière), a obtenu le Prix Renaudot lundi 5 novembre 2007.

5 novembre 2007

Le rêve de Cassandre - Woody Allen

Malgré des critiques tièdes, je conseille ce film comme à voir. Le dernier Woody Allen, le Rêve de Cassandre, est une tragédie, on ne rit pas une seule fois. Cela se passe à Londres et sur la Côte anglaise. Il met en scène deux frères, Ian (Colin Farrell) et Terry (Ewan Mc Gregor) Blaine. Quand le film commence, ils achètent à deux un bateau nommé "Le rêve de Cassandre". Sinon, Ian travaille dans un garage, Terry aide son père propriétaire d'un restaurant. Ils ont des rêves de fortune. Ian joue aux courses de lévriers et au poker, il gagne parfois mais perd plus souvent des sommes conséquentes. Terry, lui, voudrait investir dans des hôtels en Californie. Leur oncle Howard, homme d'affaires fortuné de passage en Angleterre, accepte de les aider financièrement à condition qu'ils lui rendent "un service", faire disparaître un collaborateur qui risque de le compromettre et de l'envoyer pour quelques années en prison. Je ne dévoilerai pas la suite qui aboutit à la tragédie prévisible. Colin Farrell, fumeur, buveur et plein de remords fait une excellente composition. Ewan Mc Gregor, dans un rôle plus lisse, un peu frimeur auprès des filles et sans beaucoup de scrupules, est très crédible et me fait beaucoup penser au personnage qu'il a joué dans Young Adam de David McKenzie (2003). Après plus de 35 ans de carrière, Woody change chaque fois de registre et c'est tant mieux.

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